Mer d’Aral en OuzbékistanDossier de candidature en vue de l’obtention d’une bourse pourla réalisation d’une exposition de ...
Cinq touristes belges à la mer d’Aral...   Constat d’une catastrophe écologique.
IntroductionJai eu loccasion de partir en mai 2008 pour lOuzbékistan avec un petit groupe de 4 personnes.Nous voulions déc...
Limpression des images se fera sur un support « Personnal-Strat-ajv » qui est un support rigide pouvant être mis àlextérie...
Présentation des « aventuriers »                                           Françoise, 75 ans                Eve, 33 ans Pl...
Ariane a voulu voir la Mer d’Aral.                                                Elle connaissait son sort et savait que ...
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Ouzbekistan eve van_soens

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Ouzbekistan eve van_soens

  1. 1. Mer d’Aral en OuzbékistanDossier de candidature en vue de l’obtention d’une bourse pourla réalisation d’une exposition de photographies.
  2. 2. Cinq touristes belges à la mer d’Aral... Constat d’une catastrophe écologique.
  3. 3. IntroductionJai eu loccasion de partir en mai 2008 pour lOuzbékistan avec un petit groupe de 4 personnes.Nous voulions découvrir les villes mythiques de la route de la soie mais surtout, voir la Mer d’Aral qui, nous le savions,agonise à petit feu : un drame écologique, humain et social provoqué par les grands travaux d’irrigation nécessairesà la culture intensive du coton, instaurée par le régime soviétique dans les années ‘60.Malgré l’abondante documentation consultée avant le départ, jabordais ce voyage très naïvement, mais, dès masortie d’avion, mes a priori se sont envolés.La plupart des touristes arrivent à Tachkent (capitale du pays), prennent un avion pour Nukus (200km avant la merdAral) et redescendent vers la capitale en visitant Khiva, Boukhara et Samarkand en car.Nous avons bien compris que cet itinéraire était le voyage « type » suggéré par les autorités.Nous, nous avons fait le voyage à lenvers parce que nous désirions nous imprégner du pays et apprendre à leconnaître un peu avant d’aborder la mer d’Aral.5 touristes accompagnés par une guide uzbek et un chauffeur tatar ont parcouru le pays sur 2500km d’est en ouest...Nous avons bien senti que nous bousculions notre guide qui comprenait mal notre désir de surtout rencontrer des gens,voir la vie des uzbeks sans trop sattarder sur les monuments historiques. D’ailleurs, plus nous avancions dans notrepériple, plus les sites ressemblaient à des décors de théâtre.Comme cétait propre et net. L’effort pour le développement du tourisme dans le pays est manifeste.Où étions-nous? Cette tour ? Elle datait de quand exactement? 13ieme ou 20ieme siècle?Des sentiments étranges nous envahissaient et peu à peu, un certain malaise nous poussait à fausser compagnie ànotre guide pour nous perdre dans les ruelles foisonnantes de vie et riches en possibilités de rencontres.Étonnamment, la communication passait bien malgré l’absence de langue commune.Finalement, beaucoup de détails sont restés flous, en dépit des explications savantes fournies par notre guide.Et la mer dAral?Les touristes n’y viennent qu’exceptionnellement et c’était la première fois que notre guide s’y rendait. Elle était assezfataliste par rapport à la situation.Mais peut-on réagir autrement ?Plus tard, de retour à Nukus, nous avons eu l’occasion de visiter un centre dédié à la préservation de la mer.Nous espérions y trouver des réponses à nos questions mais nous avons surtout eu l’impression de provoquer un certainmalaise comme si nos interlocuteurs ne voulaient pas avouer qu’un point de non-retour avait été atteint et que tous lesefforts étaient vains.Une politique agricole favorisant les cultures moins gourmandes en eau est mise en place mais est difficilementapplicable car elle dessert les paysans.Ceux-ci qui doivent verser une grosse partie de leurs revenus à lÉtat ne peuvent y parvenir qu’en cultivant le coton. Ilstrouvent donc souvent un arrangement avec les contrôleurs.Paradoxe? Là bas il y en a beaucoup!A Nukus, nous avons visité la Fondation Savitsky et nous y avons rencontré sa conservatrice Madame Babanazarova,qui, à la suite du travail de sauvetage du peintre Savitsky, soccupe de préserver les innombrables œuvres dartistesdéclarés décadents par le régime soviétique et déportés au goulag.Cette dame est une personnalité extraordinaire qui se bat comme un beau diable, seule, pour sauvegarder cepatrimoine. Elle est soutenue moralement par des personnalités internationales. Elle n’a pas peur de défendre sacause face au régime.Exposé du projet• Réaliser une grande exposition de photographies couleur avec des tirages dont la taille varierait entre 60x40cm et 80x60cm. Il y aurait différentes sections commentées par nos impressions subjectives au moment de la prise de vue. La partie la plus importante de lexposition serait consacrée à la mer dAral.• Présenter le musée de Nukus en exposant des photos d’oeuvres emblématiques de la collection Savitsky. Enfin, inviter Mme Babanazarova pour quelle donne une conférence (en anglais).Mes compagnons de voyage et moi-même pourrions sans problème laccueillir chez nous.Eux-mêmes sont très impliqués dans le projet et maideraient à le réaliser.
  4. 4. Limpression des images se fera sur un support « Personnal-Strat-ajv » qui est un support rigide pouvant être mis àlextérieur (résistant donc aux intempéries).Cela signifie quune exposition en extérieur est possible.Présentation nette et soignée, pouvant être accrochée directement sur nimporte quel type de support (mur, grille,cimaise, dans une salle ou dans un parc…)LieuJe suis en contact avec différentes galeries et centres culturels (notamment celui dUccle).Rien n’est encore finalisé mais cette exposition sera montée quoiqu’il advienne.Mon souci principal nest pas de trouver un lieu (il existe de nombreuses possibilités) mais bien de rassembler les fondsnécessaires pour le tirage et le montage des photographies à exposer.Les photos existent, il ne reste quà les mettre en scène.Intérêt du projetJe ressens le profond désir de partager lexpérience extraordinaire que fût ce voyage.Monter une telle exposition est un moyen de faire connaître la situation dramatique de la mer dAral mais aussidonner une voix au peuple uzbek qui na guère loccasion de parler ou voyager librement.Ce peuple nous a fait cadeau d une telle générosité, que cette exposition le mettrait modestement (mais sûrement )en lumière.. « Le taureau » de Lysenko. Une Rencontre avec œ u v r e M a r i n i k a emblématique de Babanazarova, la collection conservatrice du Savitsky. musée Savitsky.
  5. 5. Présentation des « aventuriers » Françoise, 75 ans Eve, 33 ans Plasticienne Claude, 55 ans Photographe Médecin Mer d’Aral Axel, 61 ans Ariane, 24 ans Brocantiquaire Physicienne « Autoportrait» de groupe au bord et au fond de la mer d’AralLes 5 membres du groupe participent activement à ce projet d’exposition.Chacun à sa manière.La cohésion de ce groupe était extraordinaire. On ne se connaissait pas tous au départ mais aujourd’hui,une sincère amitié et un profond respect nous unissent. Mais nous sommes où là? C’est la question que l’on se pose quand nous marchons sur le fond de ce qui fût la mer d’Aral. Une terre lunaire, spongieuse, souple, brune, jaune, complètement craquelée, qui ploie sous le pied, suscite un léger sentiment d’insécurité. C’est mouvant. Parce qu’il y a de quoi ne pas se sentir bien. Á cet endroit où, il y a 60 ans, il y avait la mer, il n’y a plus rien à perte de vue sur des centaines de kilomètres! Des coquillages échoués attestent du passé. C’est un lieu oppressant où le silence s’impose et la tristesse l’emporte devant cet endroit unique au monde où l’irresponsabilité humaine aprofondément modifié notre planète.On reste hébété et stupéfait devant l’ampleur d’un tel désastre écologique.Les enjeux économiques et politiques ont été presque jusqu’à rayer une mer de la carte.Hallucinant !26 juin 2008Axel Quackels
  6. 6. Ariane a voulu voir la Mer d’Aral. Elle connaissait son sort et savait que même si elle comprenait ce qui s’y passait, elle devait y aller. On s’est donc tous laissé emporter par ce voyage insufflé par Ariane.Avant de partir, je m’étais demandé pourquoi je voulais aller àla Mer d’Aral, et ce que je comptais y faire.Comme d’autres voyages m’avaient appris qu’il est importantpour les gens (même pour des gens très simples) que leursituation ne soit pas ignorée, j’avais envie de faire savoir auxpersonnes rencontrées que le monde entier savait ce qui s’étaitpassé chez eux, et que c’est pour cela que j’étais là.Mais dans la ville sinistrée de Moynaq, le choc était trop fort.Nous nous sentions voyeurs, et nous n’avons pas pu passer là lesdeux nuits prévues. Nous avons fui…Je le regrette un peu, évidemment. Mais il me reste la possibilitéde faire mieux connaître autour de moi leur réalité même s’il n’ensauront probablement rien.27 juin 2008Claude Descamps La ville de Moynaq. Voici un des nombreux lieu complètement sinistré qui à directement subi les conséquences de la disparition de la mer. Il y a 50 ans, les bateaux de pêche rentraient au port, leur cale pleine à craquer de poisson. A l’époque, on allait jusqu’à dire qu’il y en avait trop du poisson! Cette ville est aujourd’hui livrée à elle-même, ses habitants errent dans les rues, discrètement. Cela ressemble à une ville fantôme, les gens chuchotent et les bruits sont rares. On s’y sent mal...
  7. 7. ARAL "Elle est où la mer?" Cest la question que posent de temps en temps les voyageurs qui sont chahutés pendant des heures et des heures sur des pistes improbables, dans une voiture 4 fois 4, au milieu de la steppe... Un horizon toujours le même, pas de village, un soleil de plomb, une végétation avare et du vent. Le chauffeur est muet, (et pour cause, ils nont pas le même langage!) ses yeux bridés braqués sur le chemin à prendre au milieu de mille chemins qui se croisent, il roule vite en évitant les trous et les ornières trop difficiles, un tangage incessant. De temps à autre il a pitié et il sarrête, ses passagers sextirpent de lengin et, les jambes flageolantes, avancent un peu hagards sur cette terre ingrate. Ils sen vontRencontre avec Orsta à Boukhara chacun de leur côté, très contents de goûter un peu cette grande solitude, se penchent pour ramasser des cailloux très blancs qui savèrent être desbouts dos danimaux on ne sait lesquels, ou pour observer une plante qui, par extraordinaire, porte une petite fleur.Cest comme s ils avaient quitté le monde, le leur, et même si cest une grosse voiture qui les a amenés ici, cest biendun autre monde dont il sagit. Personne nose simaginer tout seul dans ce dénuement que certains appellent désert!...Ils sont venus pourquoi? ils étaient daccord pour saventurer très au nord, se rendre compte de ce quétait lephénomène de cette mer en train de disparaître. Mais au fur et à mesure, une espèce de stupeur les gagne, on leurdit quil ny a pas longtemps encore, elle était à leurs pieds la mer. A leurs pieds car maintenant ils se trouvent aubord dune falaise, et devant eux des collines, des ravins, encore des collines, tout cela verdâtre, jaune, bleu, ilscomprennent que tout cela était des fonds marins, maintenant cest un paysage lunaire.Leur chauffeur toujours silencieux se soulage derrière la voiture, leur guide, une jolie femme à la longue chevelurenoire, sest avancée un peu pour accompagner la petite troupe, mais pas trop loin, elle semble un peu réticente, enfait elle nest jamais venue jusquici, alors comme pour se rassurer avec des gestes familiers, elle sort un petit miroir deson sac qui ne la quitte pas, et envisage de se refaire une beauté. Elle non plus ne dit rien. Ses discours habituels ethistoriques sur les monuments fastueux des villes nont plus cours ici.Les autres qui sont venus pour tout cela shabituent à cette terre, ils éprouvent comme une empathie pour elle, seprosterneraient volontiers pour prier Allah, les dieux de la pluie et de lorage pour que leau revienne avec sespoissons rutilants qui étaient la richesse des villageois autrefois.Plus tard, la voiture est descendue de cette falaise et a parcouru ce paysage étrange, accidenté, magnifique,jusquà un plateau où elle sest arrêtée. De là, ils peuvent la voir, la mer ou ce quil en reste. Ils ont marchélonguement, pour sen approcher, se sont enfoncés dans une vase nauséabonde et sont arrivés à une plage ocre etblanche de coquillages minuscules et éblouissants. De petites vagues dérisoires viennent mourir sur cette grève putride.Et comme une suprême ironie, le coucher du soleil qui répand sa lumière somptueuse sur cette eau comme il le faitpartout, au cap Sounion ou à la pointe du Finistère!Bien des heures plus tard, le lendemain, et des cahots encore, ils sont arrivés à un village très loin de la mer, lespêcheurs sans poissons sont là, cachés dans leurs maisons misérables, leurs bateaux rouillés abandonnés sur le sablesont là, leur désespoir et leur résignation. Presque personne à voir, - que faire dehors quand des voyageurs arrivent,sarrêtent un moment avec lidée folle de leur venir en aide?Il vaut mieux repartir quajouter des sourires et des bonjours à leur honte de navoir rien, rien à montrer que leurdénuement, rien à offrir aux étrangers alors que partout dans ce pays on est heureux de les faire entrer et de leurpréparer un bol de thé.On a beau savoir que cette mer diminue depuis un siècle, que leau des deux fleuves qui lalimentaient a étédétournée pour irriguer les champs de coton, quelle sévapore joyeusement de tous les fossés, il reste que:"Si tu comprends, les choses sont comme elles sont, si tu ne comprends pas, les choses sont comme elles sont."Proverbe zen19 mai 2008Françoise Gerard Heymans

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