Alice dossier pédagogique

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Le "Pas à Pas" d'Evelyne Aguilée, CPD Arts Visuels en Essonne sur "Alice"

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Alice dossier pédagogique

  1. 1. Pas à Pas Dossier pédagogique
  2. 2. « PAS A PAS » Alice, Jan Svankmajer (1988) LES PISTES PEDAGOGIQUES PROPOSEES SONT NOMBREUSES. A VOUS DE CHOISIR LES AXES QUI VOUS PARAISSENT LES PLUS PERTINENTS EN FONCTION DE LA RECEPTION DU FILM PAR VOS ELEVES. Dans le catalogue des enfants de cinéma, ce film est proposé pour les cycles 2 et 3. Le comité de pilotage le propose cette année pour le cycle 2. La préparation du film et les pistes pédagogiques sont à travailler en conséquence. LE FILM 1. L’accès aux rubriques du cahier de notes sur : http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/alice.html Voici la note d’intention que vous pouvez y découvrir : « Très librement inspiré du récit de Carroll, Alice conte [donc], comme sa lointaine cousine littéraire, une dégringolade au pays des rêves qui se teinte parfois de cauchemars. Jan Svankmajer, né à Prague en 1934, se revendique comme un membre du groupe surréaliste pragois. Les mélanges (Alice : petite actrice, le lapin blanc : marionnette, ver à soie : champignon à repriser, Roi et Reine : papier découpé…), la poésie du film, la multitude de chemins imaginaires vers lesquels il entraîne, nous ont conduits, entre autres raisons, à choisir un film qui peut déranger – les adultes bien plus que les enfants – chacun, en définitive s'y reconnaissant, « parce qu'(il) parle de la difficulté d'être enfant, de l'angoisse de grandir »1. Trois photos dont : Les affiches · Celle sur le site des enfants de cinéma : 1 http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/alice.html Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 1
  3. 3. · Une autre affiche et des photogrammes en suivant le lien : http://www.cinemotions.com/photos-n004-Alice-tt112674 2. La séquence vidéo Cet extrait correspond à l'analyse de séquence du Cahier de notes sur…, "La boîte de Pandore" par Pascal Vimenet, p.17. La séquence vidéo est accessible en suivant le lien : http://www.transmettrelecinema.com/film/alice/#video Thématique : Qu’est-ce que grandir ? Faut-il avoir peur de grandir ? Quelle audace faut-il y mettre ? Grandir n’est certainement pas un chemin tranquille. Grandir, c’est ouvrir la boîte de Pandore et affronter l’inconnu, l’étrange, l’angoissant… Mais si on en a le courage, alors, la clé qui ouvre la porte de la liberté nous deviendra accessible. 3. Des éléments sur le film En suivant le lien http://svankmajer.free.fr/pageprincipale.htm, vous avez accès à d’autres éléments sur le film qui recoupent ceux des Cahiers de notes sur… Un synopsis Extrait : « Alice se dit en elle-même » « Je vais vous montrer un film » « Un film pour les enfants » « Peut-être » « Peut-être si on se fie au titre » « Pour ça il suffit de fermer les yeux » « Car sans cela vous ne verrez rien du tout » Dans la chambre de la jeune Alice, un lapin blanc empaillé se réveille, s'apprête, saisit ses ciseaux et s'échappe de sa prison de verre pour disparaître dans un tiroir. Alice part à sa poursuite et le retrouve dans sa tanière, qui consulte sa montre et mange de la sciure, celle-ci s'échappant sans cesse de ses coutures défaites. Pressé et effrayé par Alice, il prend la fuite et celle-ci tombe dans un trou qui, se transformant en ascenseur, l'amène dans une pièce remplie de feuilles mortes, ne possédant qu'une seule porte, fermée à clé, percée d'une seconde, minuscule… Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 2
  4. 4. Une critique de Milos Forman : "Buñuel plus Disney égal Svankmajer." dont voici un extrait : « Oui, ce film, largement fabriqué à partir d'animations laborieusement manuelles, devenues maintenant impensables à l'ère informatique où tout y est si artificiel, n'est peut-être pas aussi réconfortant que le produit commercial des américains, mais il respecte de A à Z l'intention originale de Carrol, déformée sans arrêt par la superficialité du merveilleux monde du marketing. L'idée originale de Carrol était bien d'explorer le côté original de l'imagination enfantine, celle aucunement affectée par l'aspect dérivatif des jouets stéréotypés qu'on lui présente constamment.» Un rêve, pas un conte Ce film est une libre adaptation d’Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll. « La plupart du temps, on le présente comme un conte pour enfants. Pour moi, ce n’est pas un conte de fées mais un rêve.»2, explique Jan Svankmajer. · Un conte onirique. Conte onirique, il frôle le fantastique qui joue des limites entre le rationnel et l’irrationnel, le rêve et la réalité, le présent et le passé. L’événement fantastique crée de l’angoisse soit à cause d’un personnage, d’un lieu particulier, d’un décor. Le cinéma fantastique peut se définir par la tentative de rendre visible ou tout au moins présent l’étrange, l’anormal, la monstruosité, l’au-delà, le mystère dans un monde "ordinaire"... · Un conte initiatique. Tout n’est donc pas rose dans cet univers puisque grandir est une épreuve. Vous avez accès à l’intégralité du conte, version téléchargeable en suivant le lien : http://cinema.ia80.ac-amiens.fr/IMG/file/2012-2013/film%203-12-13%20Alice/texte_integral-Alice_illustrations_originales.pdf La représentation des personnages de Jan Svankmajer n'est pas éloignée de celle de John Tenniel dans l'ouvrage original de Lewis Caroll en 1869. S'y rajoute ici l'effet surréaliste, inexistant dans l'oeuvre originale. Jan Svankmajer offre ici un festival de créativité surréaliste tant dans l'image que dans le son.3 Le décor « En pénétrant chez lui, j’ai [ Pascal Vimenet] vu immédiatement, ressenti physiquement, le rapport qui pouvait exister entre l’esthétique de son film et lui-même. Sa maison, située sur les hauteurs de Prague, dans l’un des plus anciens quartiers, celui des alchimistes du XVIe siècle, […] était un carpharnaüm où je reconnus d’abord certains des éléments du décor d’Alice.4» La symbolique du décor, fragments hétéroclites, vient mettre en place le thème de la disjonction du corps : le corps d’Alice opposé à son double-poupée…Tous les éléments du collage utilisés ultérieurement dans le cours du film sont rassemblés dans ce décor. Par rapport au livre, où tout se passe dans la nature, tout se passe dans la chambre dans le film. L’espace de la chambre est le réceptacle qui abrite Alice et ses rêves. 4. Jan Svankmajer Sur le site mentionné plus haut, vous trouverez également des informations concernant le réalisateur : http://svankmajer.free.fr/pageprincipale.htm 2 Cahier de notes sur…, p. 4 3 http://cinema.ia80.ac-amiens.fr/IMG/file/2012-2013/film%203-12-13%20Alice/Fiche1_ALICE_presentation2.pdf 4 Cahier de notes sur…, p. 3 Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 3
  5. 5. A partir de ce lien, vous pouvez accéder à : · sa biographie en complément de celle des Cahiers de notes sur… : Extrait « Poète, dessinateur, peintre, céramiste, cinéaste, Jan Svankmajer est un artiste multiforme difficile à définir, sinon par sa volonté de donner une forme et un espace à l'inconscient, à l'irrationnel de l'esprit humain… il résume son art de cette manière : "Dans les vieux grimoires des sorcières, on disait que pour chasser un démon ou un monstre, il fallait trouver son nom. C'est la méthode que j'utilise pour chasser mes angoisses et mes peurs. Je les nomme dans mes films… » Alors qu'il travaille depuis la fin des années 50, son oeuvre est restée peu diffusée ce qui a changé brusquement en 1983 lorsque le public du festival international d'Annecy a découvert, son court-métrage intitulé Les possibilités du dialogue (http://www.dailymotion.com/video/x2wlhz_possibilite-du-dialogue_creation), grand prix du festival cette année-là. Jan Svankmajer est reconnu comme l'un des maîtres de l'animation inspirant d'autres créateurs aussi divers que Les frères Quay qui lui consacre le documentaire Le Cabinet de Jan Svankmajer (http://www.cinefamily.org/films/the-cabinet-of-jan-svankmajer/) en 1984, Tim Burton (L'étrange Noël de Mr Jack), Daren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream), ou Terry Gilliam (Brazil).» En effet, certaines figures de l’Etrange Noël de Mister Jack semblent être le reflet de celles de Svankmajer : · sa filmographie · quelques exemples de ses oeuvres qui peuvent être source d’inspiration pour des pratiques plastiques en classe telles que le détournement, le montage et le collage chers aux surréalistes. Poème tactile C ollage Archimboldesque Puppet Alice (marionnette) Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 4
  6. 6. PISTES PÉDAGOGIQUES 1. Avant la projection La projection d’un film, dans le cadre du dispositif Ecole et cinéma, nécessite une préparation. L’enseignant est un passeur de cinéma. La posture de l'enseignant est en question par rapport à la force de cette oeuvre. La perception par l'enfant n'est pas de la même nature que celle de l'adulte qui y projette son vécu personnel et se questionne sur ce que l'enfant peut éprouver ou non à l'école. La présentation de l’affiche, éventuellement comparée à d’autres affiches permet de créer des horizons d’attente et de formuler des hypothèses sur ce que l’on va voir. « Repérer les éléments visuels : • Le personnage dont on ne voit que le visage et un bras sur l’affiche de gauche • La porte ouverte dans le bas d'un mur • La différence de taille de l'un par rapport à l'autre • Les nombreux objets sur l’affiche de droite Repérer les éléments textuels : • le titre « Alice » • Le nom du réalisateur Hypothèses à formuler sur le sens de cette affiche : · différence de taille : notion de petit ou grand. (Rapetisser ou grandir ?) · le titre : Alice qui fait référence à l'oeuvre de Lewis Caroll mais aussi à d'autres versions cinématographiques. (Walt Disney ou Tim Burton que les enfants connaissent peut-être). · « Neco z Alenky » le titre original tchèque qui annonce la version sous-titrée. Préciser qu'il y a très peu de dialogue et que certains sont répétitifs (le lapin est toujours en retard). »5 Mettre en lien cette proposition avec l’émission d’hypothèses à propos de la phrase prononcée par la bouche d’Alice au générique : « « Alice se dit en elle-même : Je vais vous montrer un film, un film pour les enfants. Peut-être… Peut-être si on se fie au titre. Pour ça il suffit de fermer les yeux. Car sans cela vous ne verrez rien du tout. » · Pourquoi Alice se parle-t-elle à elle-même ? Dans quel cas se parle-t-on à soi-même ? · « Fermer les yeux » : proposer aux enfants de se concentrer et de fermer les yeux. Avez-vous vu quelque chose les yeux fermés ? D'où sortent ces images ? Imagination, souvenirs, rêves... Variante : dessiner ce que l'on a vu les yeux fermés. Le film que l'on va voir raconte un rêve. 5 http://cinema.ia80.ac-amiens.fr/IMG/file/2012-2013/film%203-12-13%20Alice/Fiche1_ALICE_presentation2.pdf Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 5
  7. 7. Peut-être les élèves évoqueront-ils Alice de Walt Disney ou le livre de Lewis Caroll. S’appuyer sur cette connaissance pour évoquer les personnages et l’essentiel de la narration. Cela pourra constituer un point d’appui pour une comparaison avec le film de Jan Svankmajer. Sinon, leur faire découvrir l’oeuvre de Lewis Caroll pour accompagner la projection. Proposition issue d’une projection-débat autour du film avec une intervention de Marie Diagne, auteur, engagée dans la transmission du cinéma, en présence d’enfants et d’enseignants. Je vous invite vivement à lire l’intégralité du compte-rendu de cette projection-débat6. Elle est très éclairante sur la façon dont les élèves reçoivent le film et sur la façon dont vous pouvez préparer la projection pour eux. Dire aux élèves : « Qui est-ce qu’on va rencontrer ce matin (au cinéma ?) Un drôle de bonhomme qui s’appelle Jan Svankmajer. […] Monsieur Svankmajer, est très empreint de rêves. Il s’est toujours dit que les yeux fermés c’était quand même drôlement mieux que les yeux ouverts parce qu’on peut, les yeux fermés, emprunter à ce qu’on voit les yeux ouverts. On prend des éléments ici ou là, et puis on les métamorphose, on les change à loisir et on se raconte des histoires en images ; des histoires que l’on voit dans nos rêves, qui n’ont parfois ni queue, ni tête et qui ont parfois des assemblages un peu étranges, des collages un peu bizarres […] Alors Monsieur Svankmajer ferme les yeux et puis voilà il invente des histoires les yeux fermés à hauteur d’enfant. Il a d’abord été marionnettiste, vous savez ce que c’est ? Donc il a fabriqué des personnages et il a inventé des histoires pour ses personnages. Il a donc toujours été un petit peu comme cela Monsieur Svankmajer, et puis il se trouve que très rapidement il a eu le souvenir d’une histoire qu’il avait découverte quand il était petit ; que cette histoire est remontée et peut-être voilà une histoire qu’on va se raconter et dont on va relire quelques extraits. Elle a été écrite par un autre monsieur qui s’appelle Lewis Caroll.» Il est possible, sans dévoiler le film de lire quelques extraits du livre de Lewis Caroll, voire même les quelques lignes de la fin de le l’oeuvre : Fin du conte d'Alice au pays des merveilles / CHAPITRE XII : DÉPOSITION D’ALICE. « .../... Les longues herbes se mirent à bruire à ses pieds tandis que le Lapin Blanc passait en hâte... La Souris effrayée traversa la mare voisine avec un léger clapotis... Elle entendit le bruit des tasses à thé du Lièvre de Mars et de ses amis, éternellement attablés devant leur éternel goûter, et la voix aiguë de la Reine ordonnant l'exécution de ses malheureux invités. Une fois encore le bébé-cochon éternua sur les genoux de la Duchesse, tandis que plats et assiettes s'écrasaient autour de lui... Une fois encore le cri du Griffon, le grincement du crayon sur l'ardoise du Lézard, les faibles soupirs des cochons d’Inde étouffés, remplirent l'espace, mêlés aux sanglots lointains de l'infortunée Simili-Tortue. Elle [Alice] resta ainsi, les yeux fermés, croyant presque être au Pays des Merveilles, tout en sachant fort bien qu’il lui suffisait de les rouvrir pour retrouver la terne réalité. » 2. Après la projection Ce travail est tout aussi nécessaire pour pouvoir mettre à distance les émotions éprouvées, au moins dans son approche sensible. Avant tout, l’approche sensible. Le rôle de l’enseignant consiste à accueillir la parole de l’élève sans donner son avis et sans projeter ses propres sentiments. 6 http://cinema.ia80.ac-amiens.fr/IMG/file/2012-2013/film%203-12-13%20Alice/Fiche1_ALICE_presentation-M-Diagne.pdf Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 6
  8. 8. · Faire verbaliser les élèves pour qu’ils puissent livrer leurs émotions, leurs ressentis, leurs points de vue : - Qu’avez-vous vu ? - Quels passages du film ont été perçus comme les plus forts ? - Quels passages ou détails n'ont pas été compris ou ont fait peur ? - Qu’est-ce qui a semblé curieux, étrange ? L’évocation d’une scène peut également se faire par le dessin. · Faire une liste de ce qui a été compris, une autre des questions qui se posent encore, sans toutefois donner de réponses. C’est le travail ultérieur sur le film qui permettra d’apporter des éclairages, travail effectué par des retours sur des séquences de films qui ont fait débat. Ce travail est l’équivalent de ce qui se fait pour la compréhension d’un album de littérature. Les promenades pédagogiques mentionnées dans le Cahier de notes sur… constituent des thématiques qu’il est intéressant d’aborder au service de la compréhension et dans le domaine des arts visuels. · Le rêve L’un des enjeux du film est de faire comprendre qu’il raconte un rêve et que, comme tous les rêves, cela peut parfois être cauchemardesque. Le temps de ce film est le temps d’un rêve ou du collage de plusieurs rêves. Le rêve apporte au film la notion de coq à l'âne, d'images qui se succèdent sans pour autant rechercher une logique de la raison, même si le déroulement du film est linéaire. La bouche qui parle au début du film inscrit le personnage dans la voix intérieure du personnage d'Alice. C'est donc bien d'un rêve dont il s'agit, rêve principalement axé sur la difficulté pour un enfant de grandir. Faire parler les élèves sur leurs propres rêves et cauchemars de façon à en faire ressortir certaines caractéristiques que l’on retrouve dans le film : - les gros plans qui mettent l’accent sur certains objets, certaines situations ; - le caractère obsessionnel de certaines images récurrentes ; - l’absence de logique, de lien réel entre les différentes images (ici, seule la poursuite du lapin constitue un fil) ; - le sentiment d’impuissance face à certaines situations ; - une solution trouvée pour sortir des situations inextricables (la clé dans le film) ou le réveil. · Le surréalisme : sans doute une clé pour entrer dans ce film et le comprendre. A l’occasion d’une interview, Jan Svankmajer explique ses influences artistiques : Question : « vous n'utilisez pas seulement des poupées ou des jouets anciens, mais choisissez et accumulez aussi, avec le même soin et le même raffinement, des matières ou des objets, jusqu'à relier le surréalisme à un certain esthétisme " baroque ". N'est-ce pas paradoxal ? Vos films récents, il est vrai, sont plus sobres. Auraient-ils aussi évolué, en ce sens, sous l'influence du groupe surréaliste ? Réponse : « Certains de mes premiers films sont plus proches du maniérisme que du surréalisme… Le maniérisme du temps de Rodolphe Il a d'après moi laissé en Tchécoslovaquie - surtout à Prague une trace indélébile (c'est d'ailleurs l'une des raisons de l'enracinement du surréalisme dans ce pays). Comme vous l'avez bien senti, mes Films, à partir des années 70, subissent une sorte d'épuration, en se débarrassant de leur charge maniériste - même si des récidives occasionnelles ne sont pas exclues (cf. les têtes arcimboldesques des Possibilités du dialogue). Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 7
  9. 9. Le surréalisme est un mouvement littéraire et culturel de la première moitié du XXe siècle comprenant l’ensemble des procédés de création et d’expression, utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) libérées du contrôle de la raison et en lutte contre les valeurs reçues. (source Wikipedia) Dali La persistance de la mémoire ou Les montres molles, 1931 Il est considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme. Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion. La Persistance de la mémoire est l'une de ses toiles surréalistes les plus célèbres. Max Ernst (1891-1976) Le rossignol chinois, 1920 Max Ernst est un des plus grands artistes surréalistes. C’est en 1919 que Max Ernst, qui se révélera comme le grand magicien du collage, crée ses premiers collages dada. Ernst fait de la technique du collage une utilisation singulière qui se différencie des papiers collés cubistes ainsi que des photomontages dadaïstes. Contrairement à Braque, Picasso ou aux autres dadaïstes qui n’effacent pas les traces de la facture de l’oeuvre, emprunts d’images, colle, etc., Ernst trompe le regard du spectateur en gommant toute allusion à sa réalisation technique. L’image qu’il présente est donc uniforme, même si elle est absurde. Chez lui, le collage naît de la rencontre entre des réalités différentes « sur un plan qui n’y semble pas approprié – et l’étincelle de poésie qui surgit du rapprochement de ces réalités ». De tels collages évoqueront de plus en plus l’activité mentale de libre association et le processus de figuration dans le rêve, dont Freud avait élucidé la logique inconsciente. Mais, avant de plonger dans la dimension de l’inconscient chère aux surréalistes, les collages dadaïstes de Max Ernst s’attachent à des thématiques comme la guerre ou la destruction, communes aux autres dadaïstes allemands, pour les traiter avec une esthétique qui lui a été toujours chère, celle de la distance et de l’ironie.7 René Magritte La chambre d’écoute, 1958 8 7 http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ens-dada/ens-dada.htm 8 http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=Oeuvressurreal&e_id=6057 Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 8
  10. 10. Nous assistons là à une perturbation de l’ordre réel : on ne retrouve pas la pomme dans la nature mais emprisonnée dans une pièce, dans laquelle elle est surdimensionnée. Cette pomme disposée dans un environnement nouveau perturbe le regard du spectateur et l’ensemble devient incompréhensible pour quelqu’un qui cherche la réalité ou qui est habitué aux visions banales et quotidiennes. Le maniérisme : à la Renaissance, des artistes tels que Le Parmesan initient en Italie une nouvelle orientation artistique et imposent une nouvelle élégance régie par de nouveaux codes : déformation et torsion des corps, recherche du mouvement, exagération des formes. - Arcimboldo Vertumne (Rodolphe II) (~ 1590) Giuseppe Arcimboldo, Arcimboldi ou Arcimboldus (1527 à Milan, Italie - 1593 à Milan) est un peintre maniériste, célèbre comme auteur de nombreux portraits par des végétaux, des animaux ou des objets astucieusement disposés. Plusieurs des artistes de la Renaissance artistique, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés. Les peintures d’Arcimboldo sont donc conformes aux penchants maniéristes. Son chef-d’oeuvre est manifestement son portrait de Rodolphe II en Vertumne (dieu étrusque des récoltes et de l'abondance) daté de 1591 · Les personnages Des personnages réels : - Alice - La bouche Des personnages conçus pour l’animation : - Alice, poupée-marionnette - Lapin Blanc, marionnette - Roi et Reine, cartes à jouer et papier découpé - Ver à soie, champignon à repriser et chaussette · Le langage cinématographique Pour ce film, il semble particulièrement intéressant de travailler la notion d’échelle de plan (général, moyen, américain, gros plan), et la notion d’angle de vue (plongée, contre-plongée). Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 9
  11. 11. Pour chacune de ces notions, collecter et classer des images fixes, dessiner ou composer une scène par collage, avec la caméra ou l’appareil photo numérique, produire des images en lien avec la notion étudiée. Cette notion est à distinguer de celle de différence d’échelles qui questionnent plus spécialement la plongée dans le rêve d’Alice. Des idées de réalisation d’élèves en 3D pour travailler cette notion en suivant le lien : http://cinema.ia80.ac-amiens.fr/IMG/file/2012-2013/film%203-12- 13%20Alice/Port%20Folio%20autour%20du%20film%20ALICE/album/index.html · Le décor « Listing des lieux trouvé dans le dossier de Ciné-Gamin sur le film : Chambre d'Alice, champ labouré (table - tiroir puis souterrain) cave (bassine, plate-forme d'ascenseur puis plafond) première pièce avec table - tiroir (porte) royaume du lapin blanc (table - tiroir), pièce - baignoire (table - tiroir puis porte) rivière, village, maison, chambrette du lapin (table - tiroir puis chaudron) cave - prison, deuxième pièce – celle des chaussettes vers à soie - , troisième pièce - celle de la maison de poupée - , quatrième pièce - celle du chapelier et du lièvre -, cinquième pièce - grenier -, pièce de la reine (escalier), salle du jugement, chambre d'Alice. »9 Un quatrième lieu qu’est le tiroir est un passage de transition entre le monde familier et le monde enchanté. C’est le lieu de passage qui marque le début de l’aventure, de l’épreuve que l’on doit accepter de surmonter pour grandir. En lien avec les lieux du film et la question de la lumière, recréer une scène intérieure en deux dimensions ou en trois dimensions (à l’intérieur d’une boîte en carton par exemple). · Les objets inanimés - Le cabinet de curiosités Revenir sur les objets identifiés sur l’une des affiches présentées avant la projection. Revenir aussi sur le premier plan du film pour faire retrouver dans la suite du film tous les éléments de décor. Juste après le générique, les plans du film s’attarde sur la chambre d'Alice et sur les objets qui la décorent. Tous les objets animés que l'on retrouve dans la suite du film sont montrés dans le détail. Il sera intéressant de les lister pour prendre conscience de l'aspect «cabinet de curiosités» qui émane de l'endroit. Domenico Remps 1690 Museo dell'Opificio delle Pietre Dure, Florence « Les cabinets de curiosités désignent aux XVIe et XVIIe siècles des lieux dans lesquels on collectionne et présente une multitude d'objet rares ou étranges représentant les trois règnes : le monde animal, végétal et minéral, en plus de réalisations humaines. Avec le développement des explorations et la découverte de nouvelles terres au XVIe siècle, plusieurs princes, savants et amateurs de cette époque se mettent à 9 http://cinema.ia80.ac-amiens.fr/IMG/file/2012-2013/film%203-12-13%20Alice/Fiche2_ALICE_pistes-de-prolongements.pdf Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 10
  12. 12. collectionner les curiosités en provenance des nouveaux mondes. On définit en général le cabinet de curiosités comme un microcosme ou résumé du monde où prennent place des objets de la terre, des mers et des airs (minéral, végétal et animal), à côté des productions de l'homme.»10 - Les transformations Caractériser les poupées et Alice pour comprendre que les premières sont les doubles rêvés de la seconde. (cheveux, robe etc…) En appui sur les transformations des objets de la chambre d’Alice, faire subir des transformations à des objets, des images etc. : montage, collage et détournement Réalisations plastiques à partir de dessins, de photomontages, réalisations en 3D avec des objets de récupération Cadavre exquis : jeu de papier plié où chaque participant dessine ou écrit puis replie le papier pour rendre invisible au suivant sa production. Dans le cas du dessin, on peut laisser dépasser un trait que le suivant réutilisera. Le nom du jeu vient de la première production des surréalistes. Travail sur la métamorphose, les êtres hybrides : utilisation d’imagiers pour la création d’animaux fantastiques Détournement d’objets ou d’animaux comme le poisson transformé en laquais, les poules en chevaux. Des idées de séquence d’arts plastiques en suivant le lien http://cinema.ia80.ac-amiens.fr/IMG/file/2012- 2013/film%203-12-13%20Alice/Fiche3_ALICE_pistes-de-prolongements-suite.pdf Attention, le concours mentionné dans cette fiche ne concerne pas notre département. · Le son - Repérer les bruitages et essayer de les reproduire avec des matériaux ou objets à disposition - Inventer une musique à l’aide de corps sonores sur une séquence (par exemple dans la cave) - chercher à raconter la même histoire avec des ambiances différentes : la peur, la décontraction, le calme, le comique… · Mise en résonance - avec des histoires de rêves ou de cauchemars Max et les Maximonstres, Maurice Sendak, 1963 Il y a un cauchemar dans mon placard, Mercer Mayer, 2001 La petite géante, Philippe Dumas, 1998 - d’autres films Alice, Tim Burton, 1994, USA Alice au pays des Merveilles, de Disney Les 5 burlesques américains La séquence de la « voiture-poule » qui fait éclore ses oeufs trouve un rebond dans Alice avec une autre séquence d'éclosion d'oeufs tout aussi irraisonnable. L'une des sources de Jan Svankmajer est l'oeuvre de Charley Bowers présente dans le programme des 5 burlesques où le mélange prise de vues réelles et technique d'animation procure une piste de création surréaliste. 10 http://pages.infinit.net/cabinet/index.html Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 11
  13. 13. Princes et Princesses La technique des ombres et silhouettes du film Princes et Princesses est à mettre en lien avec celle des personnages des cartes à jouer qui se battent en duel dans « Alice » derrière un drap tendu. Le spectacle d'ombre chinoise, ancêtre du spectacle d'image animée, est à replacer dans l'histoire des arts et le lien avec l'histoire du cinéma. On pourra inciter les enfants, avant le film, à ouvrir le regard pour rechercher cette piste de comparaison puisque ces deux derniers films ont fait partie d’une précédente programmation. Evelyne Aguilée, CPAV, Coordinatrice Ecole et cinéma 91 Page 12

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