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La culture numérique… chemin de traverse ou voie royale vers l’éducation pour tous tout au long de la vie ?

  1. 1. La culture numérique… chemin de traverse ou voie royale vers l’éducation pour tous tout au long de la vie ? Pietro Sicuro Directeur de l’Institut de la Francophonie numérique Organisation internationale de la Francophonie Chers collègues, Mesdames, Messieurs, en vos titres et qualités, Une grande partie de notre avenir et de notre destin commun se joue au sein de la société de l’information qui, du Sud au Nord, de l’Est à l’Ouest, est en train de bouleverser, non seulement nos modes d’information, de communication, de production et de consommation, mais aussi, nos modes de réflexion, de création et d’accès aux savoirs, ouvrant à notre jeunesse des perspectives inédites. Et je voudrais souligner que la nécessaire réflexion que nous sommes tous appelés à mener sur la culture numérique et l’enseignement à distance se fait aujourd’hui, lors de ces cinquièmes ateliers de recherche EDEN, ici, au cœur de l’organisation internationale chargée du devenir de la culture, de l’éducation et la science, l’UNESCO. Je n’aurai pas la prétention de me substituer aux experts que vous êtes. Je souhaiterais bien plutôt partager avec vous un certain nombre de questionnements, de convictions aussi, dans la mesure où, évoquant l’éducation, nous touchons certes à un droit fondamental de l’Homme, mais également à un accélérateur de progrès sur la voie de la démocratie, du développement humain et de la paix. Face aux grands enjeux planétaires, la Francophonie – une organisation internationale représentant 70 États et gouvernements ayant le français en partage – a très tôt saisi la nécessité de se mobiliser, de se concerter et de faire front. Sa présence active et concertée au sein des instances internationale de décision, lui permet de donner résonance à ses positions, de se 1
  2. 2. constituer en force de propositions, de peser de tout son poids pour infléchir les décisions internationales dans le sens des aspirations de ses États et gouvernements membres. Je voudrais, tout d’abord, mettre en perspective le débat pour dire que les pays francophones du Sud – dont 24 font partie des pays les moins avancés de cette planète – sont touchés au cœur lorsqu’on parle de droit à l’éducation pour tous, singulièrement pour les filles, lorsqu’on parle d’analphabétisme, lorsqu’on parle d’éducation de base, d’enseignement professionnel et technique, ou encore d’enseignement supérieur et de recherche. Cette priorité à l’éducation s’impose surtout à la Francophonie du fait des besoins importants et des insuffisances que l’on constate dans plusieurs systèmes éducatifs de certains de nos États membres les plus pauvres. On le sait, même si d’indéniables progrès ont été constatés dans les pays en développement, les Objectifs du Millénaire qui concernent l’éducation ne seront pas atteints en 2015 et « l’éducation pour tous » reste une gageure à soutenir plus encore qu’un défi à relever. L’accès à l’éducation ne peut être dénié à des pans entiers de la population : femmes, enfants non scolarisés, mal scolarisés ou déscolarisés, minorités ethniques ou zones rurales. La scolarisation massive ne peut cependant en aucun cas se faire au prix d’une éducation de moindre qualité. Nous partageons tous la conviction qu’une éducation de qualité a pour but non seulement l'acquisition des connaissances et des compétences nécessaires au développement de chaque société, mais aussi, dans et par le respect des identités linguistiques et culturelles, la socialisation, l'éducation à la citoyenneté, l'ouverture aux autres cultures. C’est la raison pour laquelle, certes avec des moyens beaucoup trop modestes en regard de ses légitimes ambitions, l’Organisation internationale de la Francophonie a depuis toujours développé plusieurs projets visant à soutenir ses États membres du Sud dans la mise en œuvre de leur politique éducative. Mais il faut aussi dire, dans le même temps, que les pays du Nord connaissent presque tous, aujourd’hui, une crise de l’École. Une crise de nature très différente, mais qu’il convient de rappeler pour nous convaincre que nous avons tous à apprendre les uns des autres, à partager des expériences, à imaginer, ensemble, des pistes d’avenir au bénéfice de chacun, singulièrement lorsqu’il s’agit de mettre la culture numérique au service de l’éducation. Nous devons néanmoins nous tenir à sage distance de ces postures hyperboliques qui consistent à penser, d’un côté, que ces technologies numériques suffiront à résoudre le défi de l’éducation pour tous, et de l’autre, que l’École aurait, somme toute, peu à attendre de ces outils. En d’autres termes, si la question se pose, les espoirs fondés que nous plaçons dans les technologies de l’information et de la communication ne sauraient nous dédouaner de notre responsabilité et de notre devoir de solidarité pour que s’érigent des murs d’école là où il font encore trop souvent défaut, pour que soient formés en nombre suffisant les enseignants et qu’ils soient convenablement rétribués, pour que l’obligation de scolarité soit partout respectée, pour 2
  3. 3. que continue à exister le livre, pour que soient disponibles les infrastructures de première nécessité, pour que soit démocratisé l’accès à l’internet. Nous devons mener de front tous ces combats. Cette mobilisation est d’autant plus utile que l’école n’est pas simplement une institution où se transmettent des savoirs et s’approprient des connaissances. C’est également un lieu où se façonnent les dispositions ultérieures à vivre en harmonie, en confiance avec les autres, un creuset où se forment les hommes et les femmes des sociétés à venir, les acteurs d’un futur collectif. Aujourd’hui, l’éducation et la formation ne peuvent plus ignorer le numérique, et en particulier l’Internet, car il est présent partout dans la société, avec laquelle l’école est nécessairement en interaction. Le temps est donc venu de voir l’apport des technologies de l’information et de la communication renouveler les approches pédagogiques, les démarches didactiques, la diffusion et l’assimilation des savoirs et des savoir-faire. La finalité de l’intégration des technologies dans les systèmes éducatifs est une question préalable centrale : comment peuvent-elles contribuer à l’efficacité des systèmes éducatifs ? Il est admis que les technologies numériques stimulent la capacité de raisonner, d’apprendre à apprendre, de créer et de collaborer. Mais, installer des dispositifs numériques dans les écoles ne suffit pas pour mieux enseigner et pour mieux apprendre, encore faut-il savoir comment travailler avec ces outils dans les classes en développant de nouvelles pratiques pédagogiques pertinentes et motivantes, encore faut-il des enseignants formés, maîtrisant suffisamment les dispositifs et les contenus numériques. Si nous partageons les mêmes convictions, il subsiste cependant certaines interrogations que les ateliers de travail EDEN ont le mérite d’aborder et auxquelles ils apporteront des réponses : • Comment appréhender et intégrer des pratiques pédagogiques fondées sur l’usage du numérique dans l’univers scolaire ? • Qu'apportent les technologies en termes de facilitation dans l'appropriation des savoirs par les élèves, dans quelle mesure modifient-elles le rapport enseignant- apprenant, à quelles situations pédagogiques correspondent-elles le mieux ? • Comment éviter que les enseignants soient souvent en situation de déstabilisation devant un environnement technique rapidement évolutif et des attentes nouvelles de l'encadrement et des élèves ? • L’école doit-elle donner à tous les élèves les instruments intellectuels et sociaux de la maîtrise des usages de ces outils, incluant un regard critique nécessaire vis-à- vis de la multiplicité des informations qu’ils véhiculent ? 3
  4. 4. Dans la recherche des réponses à ces différentes questions, la mise en évidence et la valorisation des « bonnes pratiques » d’enseignement à distance constituent sans doute des pistes intéressantes. Nous savons bien que l’intégration des technologies numériques dans l’espace éducatif, lorsque celles-ci sont correctement mises en place, est à même de faire progresser l’efficacité de l’école, dans l’enseignement et la prise en charge des élèves, mais aussi dans son fonctionnement et son ouverture. Il convient également de dégager une vision partagée des enjeux et des attentes et d’agir de manière ciblée pour impulser des dynamiques d’usages là où leur pertinence éducative est avérée, en conformité avec les valeurs de l’école. On le voit, le développement des usages du numérique est un véritable enjeu pour l’évolution de l’éducation car il repose sur des changements profonds de pratiques qui ne peuvent être que progressifs. Ces évolutions demandent du temps et une prise en charge attentive et différenciée de l’acquisition de la compétence numérique. Dans ce contexte, le rôle des enseignants s’avère capital dans l'accompagnement à la scolarité par les TIC. La diversification des outils technologiques dont ils disposent ouvre sur une grande variété de pratiques d’enseignement et de processus de formation. Ce profond changement dans les conditions d'exercice du métier exige la formation et la mobilisation accrues des enseignants. Conscients de cet enjeu et de cette urgence, les chefs d’État et de gouvernement francophones ont ainsi décidé de lancer un projet innovant et exemplaire. Je veux parler de l’initiative francophone pour la formation à distance des maîtres, IFADEM, copilotée par l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Agence universitaire de la Francophonie et, très prochainement, expérimentée dans quatre pays – le Bénin, le Burundi, Haïti et Madagascar. Cette expérimentation se donne pour objectifs d’améliorer les compétences professionnelles des enseignants du primaire, de mettre en place des formations professionnelles à distance adaptées au besoin des enseignants prioritairement dans le domaine de l’enseignement du français, d’aider les pays à accéder à des plates-formes de ressources pédagogiques libres de droits et d’accompagner les pays à créer eux-mêmes des contenus numériques didactiques endogènes. Un tel dispositif suppose la formation de ceux qui sont destinés à l’utiliser : les producteurs de contenus de formation, les animateurs d’ateliers et les tuteurs des regroupements. Quant aux maîtres, si l’initiative IFADEM vise à les aider à parfaire leur formation professionnelle, elle les conduira immanquablement à entrer dans des logiques de travail collaboratif et de mutualisation des bonnes pratiques. Dans le domaine de l’éducation comme dans celui de la culture et du numérique, la Francophonie entend faire pièce à l’uniformisation et préserver les valeurs dans lesquelles une société trouve, en même temps que son identité, les ferments de son développement ou de son renouveau. 4
  5. 5. Conscients de la nécessité d’accroître une présence plurielle dans l’univers numérique, il s’agit avant tout d’aider les pays du Sud à exprimer leur créativité, bien plus que d’offrir une vitrine toujours plus importante aux pays du Nord. La faiblesse des offres nationales en matière de ressources numériques didactiques expose ainsi la plupart des pays en développement à une offre de contenus et de services mal adaptés aux besoins de leurs systèmes éducatifs parce que conçus et diffusés par des opérateurs extérieurs prioritairement sinon exclusivement soucieux de prendre des parts sur « le marché international de l’éducation ». D’où l’importance de l’Appel de Bruxelles, lancé le 23 mai 2008 à l’initiative de la Communauté française de Belgique, afin qu’une action volontaire soit entreprise pour : • encourager les États et gouvernements à s’engager à maintenir un service public d’éducation équitable et de qualité et veiller à ce que les services privés agréés par l’autorité publique répondent aux mêmes objectifs ; • développer des outils de pilotage du système éducatif dans son ensemble visant à mesurer en continu la qualité des services éducatifs offerts et, le cas échéant, à prendre les mesures nécessaires au maintien de cette qualité. Les interventions de la Francophonie, résolument placées sous le signe de la solidarité et de la diversité, veulent aussi se caractériser par une certaine démarche : celle qui consiste à prendre en compte les besoins réels des populations, à recourir aux compétences locales, à favoriser les libertés de choix et à promouvoir plus particulièrement les jeunes et les femmes. Les combats d’aujourd’hui en faveur de « l’éducation pour tous tout au long de la vie » préparent les victoires de demain. Et c’est à la faveur d’événements comme ces cinquièmes ateliers EDEN que nous sommes tous en mesure d’enrichir nos propres réflexions, d’élaborer des initiatives concertées et de nouer des partenariats pour relever avec succès les défis – nombreux mais à notre portée – qui se présentent à nous. Je vous remercie de votre attention. 5

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