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le monde 09 mars 2008

  1. 1. Collection Grands Cinéastes Tombe les filles et tais-toi de Woody Allen Supplément TV & Radio 1,30 ¤ ou 9,90 ¤ avec le livre et le DVD (en France métropolitaine uniquement). Ne peut être vendu sans « Le Monde TV & Radio ». www.lemonde.fr La première Shoah 64 e Année - Nº 19635 - France métropolitaine --- Dimanche 9 - Lundi 10 mars 2008 Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur : Eric Fottorino Espagne L’ETA ensanglante les élections Cinq raisons Municipales : le grand jeu des nouvelles qui expliquent alliances la flambée des ans les 36 683 communes de métro- D pole et d’outre-mer, les citoyens français et les résidents d’autres pays de l’Union européenne sont appelés à voter, dimanche 9 mars, pour renouve- ler les conseils municipaux. Les électeurs prix en France français sont aussi invités, dans la moitié des cantons, à voter pour leurs conseillers généraux. Un second tour est prévu, pour ces deux scrutins, le 16 mars. La stratégie d’ouverture pratiquée par Nicolas Sarkozy, l’éclatement de Consommation Les géants de la distribution se l’UDF provoqué par l’entreprise centris- partagent le territoire sans grande concurrence te de François Bayrou et l’affaiblisse- ment des partenaires traditionnels du Parti socialiste modifient les contours a campagne des élections municipa- les concentrations des grandes ensei- des alliances dans de nombreuses villes. L les s’est largement focalisée sur le pouvoir d’achat. Dans les sondages, ce sujet est devenu la préoccupation gnes dans certaines régions. Par ailleurs, héritage de la loi Galland de 1996, les dis- tributeurs ne peuvent négocier libre- L’UMP soutient parfois des maires sor- tants ayant rompu avec le PS. Celui-ci a passé quelques accords avec le MoDem, majeure des Français, devant l’emploi. ment les tarifs en France. Au nom du prin- lequel est allié, dans d’autres cas, avec le Depuis plus d’un an, les matières pre- cipe de non-discrimination, lorsque parti au pouvoir. a mières agricoles flambent, blé et lait en Danone veut vendre ses yaourts ou Coca- Lire pages 10-11 tête. Contenues jusqu’en octobre 2007, Cola ses sodas, ils doivent proposer le et l’éditorial page 2 ces hausses se répercutent désormais sur même prix, à quantité égale, que ce soit à le consommateur. Selon des chiffres Leclerc, Auchan, Carrefour ou System U. récents du cabinet Nielsen Panel, les prix Aujourd’hui, l’ensemble de ces lois est alimentaires en grande surface ont aug- menté de plus de 2,39 % en janvier et en cours de réforme, mais il faudra un cer- tain temps avant que ces aménagements Débats et divisions devraient connaître un pic d’inflation en avril de 4 %. Le mensuel 60 millions de donnent toute leur mesure. Et ils ne vont pas aussi loin que ce que préconisait Jac- dans la nébuleuse consommateurs a, lui, fait état de hausses de prix fulgurantes sur le beurre, le ques Attali dans son rapport pour « la libération de la croissance française ». Al-Qaida camembert, les pâtes, les yaourts et le jam- Par ailleurs, indépendamment du cor- iscussions sur la guerre d’Irak, sur bon… allant de 5 % à 48 %. La direction générale de la concurrence et de la répres- sion des fraudes (DGCCRF) a, de son côté, pus législatif, les distributeurs se sont ins- tallés sur le territoire français de telle sor- te que bien souvent, à l’échelle locale, la D celle d’Afghanistan, sur la légitimi- té des attentats-suicides, le meur- tre d’innocents, et sur la notion même de mené l’enquête, concluant à des hausses concurrence n’est plus une réalité. Enfin, « guerre sainte » : le monde du djihad des prix en rayon allant de 0 à 27 %. Internet, qui dans l’habillement ou les international vit depuis quelques semai- La flambée des matières premières produits électroniques permet de faire nes à l’heure du débat « idéologique ». n’est cependant pas seule responsable de baisser les prix, ne joue pas ce rôle JOSEBA ETXABURU/REUTERS Les polémiques sont si vives que l’Egyp- la forte volatilité à la hausse des prix des d’amortisseur dans l’alimentaire. Les Deux policiers recueillent des indices sur la voiture d’Isaias Carrasco, tien Ayman Al-Zawahiri, bras droit d’Ous- produits alimentaires et de leur rigidité à prix y sont même fréquemment supé- ancien élu socialiste tué de cinq balles dans la tête et l’abdomen, vendredi 7 mars, sama Ben Laden et principal idéologue la baisse. Nombre de facteurs autres par- rieurs à ceux inscrits en magasin. par un commando de l’ETA, dans la localité basque espagnole de Mondragon. d’Al-Qaida, a estimé nécessaire de publier ticipent de ce phénomène. Nathalie Brafman Dénonçant ensemble cet assassinat, le chef du gouvernement socialiste sortant, un livre de 358 pages, mis en ligne sur La législation en vigueur en France est Lire la suite page 12 José Luis Zapatero, et son rival conservateur du Parti populaire, Mariano Rajoy, Internet. Il y réplique au « Dr Fadl », très indéniablement l’un d’eux. Les lois ont annoncé la fin de la campagne pour les élections générales du dimanche influent idéologue du djihad, qui, de sa Royer et Raffarin, instaurées en leur 9 mars. Les dernières prestations médiatiques et réunions publiques ont été geôle égyptienne, appelle Al-Qaida à temps pour protéger le petit commerce, Supplément immédiatement suspendues. Isaias Carrasco, âgé de 43 ans, a été tué vers renoncer à la lutte armée, dans un docu- ont freiné en réalité l’implantation de magasins maxidiscompteurs et favorisé argent 13 h 30, devant sa famille, alors qu’il montait dans sa voiture. Lire page 7 et Grand entretien page 14 ment intitulé « Révisions ». a Lire page 4 « Les Ch’tis » à la poursuite PAGE TROIS Enquête Théâtre UK price £ 1,40 de « La Grande Vadrouille » L’Ardèche, Brice Hortefeux dans Brillante, bouleversante terre d’élus le rôle du méchant création au Français Depuis ses 18 ans, il est dans le sillage de Jean-Luc Lagarce, mort à 38 ans, en 1995, masculins Nicolas Sarkozy. Il a accepté le ministère le plus controversé, celui de l’immigration, est l’auteur dramatique français le plus joué à l’étranger. Sa pièce Juste la fin du L’un des derniers conseils généraux de France à ne conçu, selon un expert, pour « fixer les voix monde entre au répertoire de la Comédie- compter aucune femme du Front national ». Et pourtant… Page 16 Française. Du pur théâtre. Page 21 est celui de l’Ardèche, dirigé par le PS. Enquête sur une exception qui touche sans doute à sa fin. Patronat Laurence Parisot explique la crise La présidente du Medef, dans un entretien au Monde, se dit toujours indignée que l’UIMM ’est un démarrage record : Mieux : le taux de satisfaction lui ait « caché des pratiques C sortie en salles le 27 février, la comédie Bienvenue chez les Ch’tis, de et avec Dany Boon, a déjà enregistré à la sortie des salles est exceptionnel, et le film touche tou- tes les générations, toutes les illégales qui pervertissent le dialogue social ». Elle a appris par la presse attiré plus de 5 millions de specta- régions. Il pourrait ainsi dépasser les sorties d’argent teurs. Le film, qui a coûté 11 mil- au box-office La Grande Vadrouille, lions d’euros, est déjà rentable. qui avait réuni 17 millions de spec- en liquide et le parachute Une bonne affaire pour Pathé, son tateurs à sa sortie, en 1966. a doré de Denis photos Marie Hennechart www.lafuma.com producteur et distributeur. Lire page 20 Gautier-Sauvagnac. Page 9 Algérie 60 DA, Allemagne 1,90 ¤, Antilles-Guyane 1,90 ¤, Autriche 2,00 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 400 F CFA, Canada 3,25 $, Côte d’Ivoire 1 400 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 20 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 400 F CFA, Grande-Bretagne 1,40 £, Grèce 2,00 ¤, Hongrie 650 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,00 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 24 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 1,90 ¤, Sénégal 1 400 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 25 KRS, Suisse 2,90 FS, Tunisie 1,8 DT, USA 3,30 $, Afrique CFA autres 1 400 F CFA,
  2. 2. 2 0123 Dimanche 9 - Lundi 10 mars 2008 Editorial Sarkozy ou la mue présidentielle Adieu au département ? C et homme est une énigme. D’autant pressible propension à mettre en scène sa vie pri- conquête du pouvoir. Il en a également repensé plus indéchiffrable qu’il affiche depuis vée, ce goût du luxe trop voyant ou cette façon l’exercice à l’ère du quinquennat et de la démocra- longtemps la transparence et la sincéri- d’électriser les rapports avec le premier venu. Poli- tie d’opinion. En lien direct avec le pays qui l’a élu, Q uelle est aujourd’hui la pertinence d’un décou- té comme deux de ses vertus cardinales. tiques, avec une frénésie d’initiatives et de réfor- le président, a-t-il théorisé, doit assumer sa res- page politico-administratif conçu, il y a plus En janvier 2007 – une éternité –, Nico- mes tournant peu à peu à l’overdose. Economi- ponsabilité politique en première ligne. Il ne peut de deux siècles, avec le souci qu’aucune locali- las Sarkozy avait réussi son entrée en campagne ques, avec ce « président du pouvoir d’achat », plus se réfugier dans les ambivalences de la posi- en martelant, devant les milliers de militants contraint d’avouer aux Français, non sans désin- tion d’arbitre, instaurée par le fondateur de la té de la nouvelle circonscription ne soit à plus venus le soutenir porte de Versailles, qu’il avait volture, en janvier, que « les caisses sont vides ». Ve République et usée jusqu’à la corde par ses suc- d’une journée de cheval du chef-lieu ? L’obso- « changé », que les épreuves politiques et person- Diplomatiques, avec la réception à grand specta- cesseurs ; il ne doit plus s’abriter derrière le pre- lescence de ce découpage est l’un des argu- nelles l’avaient transformé, qu’il n’était plus cet mier ministre en cas de turbulences ou de coup ments mis en avant pour justifier la suppression des cent ambitieux pressé, péremptoire et brutal que cha- dur, comme si souvent depuis un demi-siècle. départements, désormais pris en sandwich dans l’empile- ment des collectivités territoriales. L’émergence de la cun avait vu gravir quatre à quatre les marches du pouvoir, mais, déjà, cet homme nouveau, inspiré Analyse En d’autres termes, Nicolas Sarkozy entendait bien « désacraliser » la fonction pour mieux la région, la montée en puissance des agglomérations, sans par la gravité de la fonction présidentielle à laquel- moderniser. Et il avait raison – n’en déplaise à parler des « pays », réduisent leur espace. le il aspirait. Gérard Courtois quelques gardiens du temple – tant elle avait fini Indéniablement, il avait convaincu. Sa brillante Directeur éditorial par apparaître empesée, lointaine et inefficace. A Il est souvent reproché au département d’être un repai- élection, le 6 mai, devait beaucoup, certes, au pro- un détail près, qui fait aujourd’hui toute la diffé- re du clientélisme, par le biais des embauches de person- fessionnalisme de sa campagne, à ses talents de cle du Libyen Khadafi, les fréquentes maladresses rence : dépouiller le président de ce qui lui restait nel du conseil général et aussi parce qu’il est le bailleur communicateur et à des intuitions justes des européennes ou la croisade trop vite oubliée pour d’oripeaux monarchiques, le « désacraliser », de fonds des villages dans de nombreux domaines. Dans attentes des Français. Mais il avait surtout distan- la défense des droits de l’homme, en Russie, en n’avait de sens que s’il s’agissait de le laïciser. Or le les grandes villes et les agglomérations, les cantons n’ont cé sa concurrente socialiste sur un point essen- Chine ou en Arabie Saoudite. Sans oublier, enfin, chef de l’Etat a si bien tordu le bâton dans l’autre plus guère de sens. Plus du tiers des électeurs, en moyen- tiel : il était, lui, préparé à la charge et prêt à l’exer- cette insistance étrange à rallumer des guerres de sens pendant les premiers mois de son mandat ne, s’abstiennent aux élections cantonales, bien qu’elles cer immédiatement, avec énergie et détermina- religion que l’on préférerait éteintes. qu’il a, en réalité, banalisé, trivialisé et privatisé sa tion, sans hésitations ni bourdes. S’il ne s’agissait que d’emballements de débu- fonction. Et qu’il l’a, du coup, instantanément aient été associées, depuis dix ans, à des scrutins réputés Dix mois plus tard, cette image s’est démantibu- tant, les dégâts pourraient être réparés en mettant indexée sur sa propre personnalité, ses travers et plus mobilisateurs (cette année, il s’agit des municipales lée, et son crédit s’est effondré, comme en témoi- dans l’exercice du pouvoir davantage de « sobrié- ses foucades. Sans même la protection tradition- des 9 et 16 mars). gnent tous les sondages depuis quatre mois. Pis, le té », de « cohérence » et de « concertation », pour nelle de la distance, de la solennité et de la durée. Les défenseurs du département mettent en avant les président de la République se voit reprocher, y com- reprendre les remèdes recommandés récemment missions que lui confère la loi et qui requièrent une certai- pris dans son camp, tous les défauts dont il affu- par Edouard Balladur dans ces colonnes. Mais le Antisarkozysme primaire ne proximité. L’action sanitaire et sociale est sa compé- blait, hier, Ségolène Royal : impulsif, narcissique, mal dont souffre le chef de l’Etat est probable- Quoi qu’il lui en coûte, sans doute, il vient de tence essentielle, à côté des transports ou de la gestion brouillon dans ses annonces, approximatif dans ment plus profond : au-delà de ces épisodes symp- l’admettre dans le long entretien qu’il a accordé des collèges. Or l’attribution du RMI et la mise en place leur mise en œuvre, comme flottant dans son costu- tomatiques, c’est bien sa conception de la fonc- au Figaro le 6 mars : « On porte toujours sa propre me présidentiel, bref, déroutant, voire inquiétant. tion présidentielle qui est en jeu. part de responsabilité. J’aime l’engagement, j’aime d’un volet insertion, de même que l’efficacité de la protec- Les principaux épisodes de ce stupéfiant retour- Car Nicolas Sarkozy ne s’est pas contenté, prendre mes responsabilités, je suis quelqu’un qui ne tion maternelle et infantile supposent un maillage serré, nement sont connus. Personnels, avec cette irré- depuis des années, de préparer soigneusement la triche pas, alors cela peut surprendre, voire déranger qui ne peut pas être assuré par la région. Les structures parfois. Pour autant, le rôle du chef de l’Etat, c’est de de coopération intercommunales peuvent-elles prendre garder une certaine distance par rapport au quoti- en charge ces missions ? L’attachement des citoyens au département est réel. « De quoi, de quoi ? » par Cagnat dien. Il n’a pas le droit de céder à l’agitation. (…) Mon devoir est d’envisager les choses dans la durée, La grogne qui s’est exprimée à propos de la future sup- avec du recul, du sang froid. » Et d’ajouter : « Qui pression des plaques minéralogiques départementales serais-je si je ne reconnaissais pas mes erreurs ? On en commet, j’en ai commis. » en témoigne. Il faut aussi avoir conscience que l’édifice On croirait presque, dans cette amende hono- administratif de l’Etat est construit, autour du préfet, à rable, entendre à nouveau le « J’ai changé » de l’échelon départemental. Sa suppression supposerait janvier 2007. Mais Nicolas Sarkozy aura beau- donc une reconstruction de l’appareil étatique, occasion coup plus de mal, cette fois-ci, à en convaincre peut-être de modernisation et de rationalisation, mais les Français, tant il a incarné jusqu’à présent, et chantier dont il ne faut pas sous-estimer la lourdeur. L’ar- jusqu’à la caricature, une présidence trépidante, gument de la proximité vaut également pour les services tapageuse et, à l’évidence, beaucoup plus exaltée qu’exaltante. Il n’a pourtant pas le choix, et il le de l’Etat : ce n’est pas à l’échelon régional que peut être sait : ne pas changer de ton, de style et de métho- décidé le dispositif de maintien de l’ordre face à une de – fût-ce contre sa nature – pourrait conduire manifestation, par exemple. les Français à passer de leur mauvaise humeur Recommandée par la commission Attali sur la « libéra- actuelle à une grogne beaucoup plus vindicative tion de la croissance », la suppression des départements et imprévisible. a été écartée par Nicolas Sarkozy. Elle peut néanmoins Pour réussir cette mue présidentielle et espérer être envisagée, à long terme, si elle s’inscrit dans un pro- reconquérir la confiance indispensable à l’action, jet politique mûri et réfléchi, donnant un nouveau dyna- le résident de l’Elysée dispose d’un atout essen- tiel : une fois avalée la purge annoncée des élec- misme aux territoires et améliorant la gestion locale. Elle tions municipales et cantonales, il restera maître n’est possible et souhaitable qu’à condition que les servi- du jeu tant que l’opposition de gauche, Parti socia- ces rendus aujourd’hui par cette collectivité territoriale liste en tête, ne sera pas sortie de l’antisarkozysme ne soient pas diminués, mais soient assurés, au contrai- primaire qui lui tient lieu de viatique depuis un an. re, de façon plus efficace et à moindre coût. a Mais il aurait tort de s’en réjouir trop vite. C’est en effet le singulier paradoxe du moment : l’im- puissance de la gauche, son absence de leader et Société éditrice du « Monde » SA de projet convaincants, bref, l’absence de contre- Président du directoire, directeur de la publication : Eric Fottorino pouvoir sérieux ont probablement encouragé Vice-président, directeur général : David Guiraud Nicolas Sarkozy à céder à sa pente naturelle – et à Secrétaire général du directoire : Pierre-Yves Romain se fourvoyer. Il est donc le premier à avoir besoin Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer d’une opposition combative pour se convaincre Directeur général délégué : Patrick Collard plus sûrement de sortir des chemins de traverse Directeur de la rédaction : Alain Frachon où il s’est engagé tout seul. Le premier, mais pas le Directeur adjoint de la rédaction : Jacques Buob seul. Pour la bonne santé de la démocratie aussi, il Directeur éditorial : Gérard Courtois y a urgence. a Rédacteurs en chef : Sophie Gherardi, Patrick Jarreau, Michel Kajman et Franck Nouchi (« Le Monde 2 ») Responsable de la conception : Eric Azan Courriel : courtois@lemonde.fr Directeur artistique : Quintin Leeds ; chef d’édition : Françoise Tovo Délégué général : Olivier Biffaud ; secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Directeur des relations internationales : Daniel Vernet Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président La journée de l’homme Anciens directeurs : Hubert Beuve-Méry (1944-1969), Jacques Fauvet L (1969-1982), André Laurens (1982-1985), André Fontaine (1985-1991), ’institut de sondage TNS-Sofres a deman- Il n’y a pas encore de journée consacrée aux hom- La déstabilisation leur provient aussi d’un monde Jacques Lesourne (1991-1994), Jean-Marie Colombani (1994-2007) dé on-line à 400 individus de sexe mascu- mes, mais quelques études pointent, qui relèvent les en mouvement : moins industriel, moins axé sur le Le Monde est édité par la Société éditrice du Monde SA lin âgés de plus de 15 ans quel homme ils métamorphoses de la masculinité. Certains la travail, plus individualiste. La famille n’est plus cen- Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 15 décembre 2000. Capital social : aimeraient être. L’homme idéal aux yeux disent en crise. Evidemment, il y a toujours des bas- trée sur le père. La virilité traditionnelle ne s’épa- 149 017 497 ¤. Actionnaires directs et indirects : Le Monde SA, Le Monde et Partenaires Associés, Société des rédacteurs du Monde, Société des cadres du Monde, Société des employés du Monde, des hommes, en somme. A choisir parmi tions où dominent dans les têtes viriles réfractaires nouit plus à l’usine. Enfin, face au miroir, les hom- Société des personnels du Monde, Fonds commun de placement des personnels du Monde, Société des une liste fermée de people émanant du sport, des au doute de solides schémas ancestraux. Pourtant, mes découvrent leur âme et leur corps, des territoi- personnels du groupe des publications de la Vie catholique, Association Hubert-Beuve-Méry, Société des lecteurs du Monde, Le Monde Entreprises, Le Monde Europe, Le Monde Investisseurs, Le Monde médias ou des spectacles, de la politique… La com- relevaient des experts à Toulouse, en 2004, lors res intimistes. Parmi les sondés, ceux qui aime- Presse, Le Monde Prévoyance, Claude-Bernard Participations, Investmonde. mande venait du magazine masculin FHM. d’un colloque sur les résistances masculines au raient avoir le look d’un viril ont dit vouloir être… En tête, loin devant, est arrivé l’acteur Jean Dujar- changement : « La déstabilisation des certitudes des Romain Duris. Rédaction : 80, boulevard Auguste-Blanqui,75707 Paris Cedex 13 Tél. : 01-57-28-20-00 ; télex : 202806F ; télécopieur : 01-57-28-21-21 din (Brice de Nice, OSS 117, 99 francs) avec 13 % des mâles est patente. » La perte de légitimité de la phallocratie (pas mor- Courrier des lecteurs : par télécopie : 01-57-28-21-74 ; réponses (16 % chez les plus de 50 ans). Soit près de Parfois, cela se fait sous le poids d’injonctions te tout de même) débouche sur des changements, Par courrier électronique : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Médiateur : mediateur@lemonde.fr deux fois plus que Zinédine Zidane (7 %), et devant paradoxales : qu’on insiste pour dire que la force des résistances, mais aussi… des angoisses. Car la Abonnements : Par téléphone : de France 0-825-000-778 (0,15 TTC/min) ; un lot de célébrités : Yannick Noah, Vincent Cassel, volonté égalitaire n’efface pas d’un trait des années de l’étranger : (33) 3-44-31-80-48. Sur Internet : www.lemonde.fr/abojournal/ PPDA, Nicolas Sarkozy (autour de 5 % chacun). de socialisations différenciées. « Là où les femmes Changement d’adresse et suspension : 0-825-022-021 (0,15 TTC/min) Tarif 1 an : France métropolitaine : 374 ¤ Internet : site d’information : www.lemonde.fr Pourquoi Jean Dujardin ? Non pas pour son corps (celui du rugbyman Frédéric Michalak lui est large- Chronique attendent un échange verbal constructif, remarquait le sociologue Daniel Welzer-Lang, que ces attentes finances : http://finance.lemonde.fr Emploi : www.talents.fr/ Immobilier : http://immo.lemonde.fr ment préféré). Pas plus pour son cerveau (ceux de concernent le propre et le rangé, la gestion des désirs, la Télématique : 3615 lemonde. Documentation : http://archives.lemonde.fr Jean d’Ormesson ou de Bernard Pivot font plus bonne éducation d’un enfant, les hommes n’ont pas Collection : Le Monde sur CD-ROM : CEDROM-SNI 01-44-82-66-40 Epoque Jean-Michel Dumay Le Monde sur microfilms : 03-88-04-28-60 recette). Ni pour son portefeuille (ceux de François- (encore) les mots, les modèles explicatifs. » Consé- Henri Pinault ou de Zidane prêtent plus aux rêves). physique n’est plus signe de supériorité, on admire- quence ? « Quand les valeurs diffèrent et que les mots 0123 est édité par la Société Editrice du Monde (SA). La reproduction de tout Alors pour quoi ? « Pour son look », ont répondu ra quand même les corps et les performances physi- sont impossibles, quand la frustration ou la colère article est interdite sans l’accord de l’administration. Commission paritaire des publications majoritairement les sondés. Mais quel look, s’est ques. Qu’on plébiscite la sensibilité, on redemande- envahissent l’espace personnel et/ou conjugal, il était et agences de presse n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037 donc demandé TNS ? Surfeur ? Agent secret ? Dan- ra de la force et des émotions tenues. C’est ainsi. Les fréquent [hier] que les hommes usent de leurs armes de Imprimerie du Monde dy ? Businessman ? Avant de conclure : « C’est cer- hommes doivent être sensibles et décidés, respec- virilité. Aujourd’hui… ils fuient. » S’éloignant du 12, rue Maurice-Gunsbourg 94852 Ivry cedex tainement ce caractère fantasque et ses rôles d’anti- tueux et entreprenants, puissants et vulnérables… mythe de la fusion conjugale. Se réfugiant pour cer- Président : Patrick Collard héros qui véhiculent autant de proximité et de sympa- Ils changent donc, mais pas toujours, bien sûr, tains dans le célibat. Se surinvestissant, pour Directeur général : Stéphane Corre thie. » Il faut donc imaginer Dujardin comme arché- comme le souhaiteraient les femmes, ni au rythme d’autres, dans le travail. a 80, bd Auguste-Blanqui 75707 PARIS CEDEX 13 type masculin contemporain. Un homme qui se que celles-ci désireraient. C’est que leurs change- PRINTED IN FRANCE Tél : 01-57-28-39-00 - Fax : 01-57-28-39-26 cherche : un homme-caméléon. ments ne se mesurent pas à la seule aune égalitaire. Courriel : dumay@lemonde.fr
  3. 3. 0123 Dimanche 9 - Lundi 10 mars 2008 Page trois Electionscantonales 3 A Privas siège l’un des trois conseils généraux entièrement masculins de France. Une exception que son président, Pascal Terrasse (PS), voudrait voir disparaître. Mais les préjugés et les résistances persistent L’Ardèche cherche la femme PRIVAS (Ardèche) ENVOYÉE SPÉCIALE D es moustaches, des barbes, des costumes- cravates, mais aucune jupe. Trente-trois can- tons et autant d’hom- mes. Le conseil général de l’Ardè- che, l’un des trois derniers en France à ne compter aucune fem- me, est le mauvais élève de la pari- té. De toute son histoire, l’assem- blée n’a jamais accueilli en son sein une élue. « On a deux particu- larités : ni femme ni chemin de fer », plaisante un conseiller. A un jour du premier tour des cantonales, le 9 mars, ces mes- sieurs de l’Ardèche se retrouvent à Privas, siège du conseil général, pour la dernière commission avant les élections. A son arrivée, chacun va saluer de sa bise les deux jeunes femmes de l’accueil. « On n’est pas des misogynes ni des machistes », soulignent-ils, goguenards. Le député socialiste Pascal Terrasse, l’un des deux plus jeunes présidents de conseil général, espère mettre fin à cet anachronisme. Le PS présente sept candidates sur les dix-sept cantons renouvelables. Pas acquis Pour sécuriser son affaire, Pas- cal Terrasse a investi une candida- te, Martine Finiels, dans le canton le plus à gauche du département, celui de Vernoux-en-Vivarais, où le sortant ne se représente pas. La candidate, directrice d’un centre spécialisé dans la prise en charge des femmes alcooliques, n’a aucun mandat, mais elle est l’épouse du premier secrétaire fédéral du PS, et belle-fille de l’an- Les membres du conseil général de l’Ardèche, lors de leur dernière réunion avant les élections cantonales des 9 et 16 mars. BRUNO AMSELLEM/SIGNATURES POUR « LE MONDE » cien conseiller général et maire de Vernoux. « Si elle n’est pas élue, cat communal local, un divers conseils municipaux. » L’UMP, de En accédant à la présidence du quée par l’exode rural. « Les for- M. Manifacier. Pour le reste, c’est c’est à désespérer ! », s’emporte gauche, proche du PCF. son côté, ne présente qu’une seu- conseil général, Pascal Terrasse ces vives qui auraient pu œuvrer la règle du panachage. Sur un peu M. Terrasse. Pourtant, l’élection « Ce n’est pas une opposition à le femme. reconnaît avoir dû batailler pour pour faire évoluer le pays sont par- plus de 340 communes, une ving- n’est pas acquise. une femme, mais j’ai l’habitude de Pourquoi cette réticence à confier des postes de responsabi- ties. Ceux qui sont restés étaient les taine seulement sont gérées par des Le conseiller général sortant travailler avec lui, se défend accueillir des élues ? Relent de lité, dans l’administration, à des plus fermés, les plus repliés sur eux- femmes. Et une femme qui n’est (PS) Daniel Barral, comme beau- Daniel Barral. Martine Finiels est machisme ? Lorsqu’on le titille femmes. « Avant moi, il n’y en mêmes, avec leurs habitudes. » pas investie dans une municipalité coup d’élus locaux, a décidé de ne moins impliquée dans la vie du can- un peu trop, le langage du prési- avait aucune. J’ai réussi à en nom- Le conseiller note que l’Ardè- a peu de chances de se faire élire au pas soutenir la candidate, lui pré- ton. Les femmes arriveront en poli- dent du conseil général verdit. mer trois à la tête des directions de che se repeuple, accueille d’an- conseil général. » férant un représentant de la gent tique en se présentant à la base, « Je peux vous assurer qu’il n’y a l’éducation, de la culture et de la ciens urbains ou des retraités qui Autre obstacle, la topographie masculine, le président du syndi- quand elles figureront dans les aucune misogynie de la part des communication », raconte l’élu. reviennent au pays, mais les men- du département, très accidentée, Ardéchois. Ça commence à me cas- talités évoluent doucement. L’ab- qui rend les déplacements diffici- ser les burnes, cette histoire de Ni députée ni sénatrice sence de femmes est générale : les. Il faut du temps pour balayer Seules trois présidentes machistes ! Les Ardéchois ne sont pas des machos. La preuve : Ségolè- Jean-Paul Manifacier, conseiller général PS et maire aucune députée ni sénatrice, peu de maires, et une seule conseillè- son canton. « Ici, note Pascal Ter- rasse, une campagne, c’est du por- ne Royal, lors des primaires inter- des Vans, est un fervent partisan re régionale. te-à-porte chez les gens, dans les bis- sur 101 conseils généraux nes du PS, avait été majoritaire. » Mais au second tour de la prési- de la parité. Mais l’élu se fait peu d’illusions. « Aux législatives, L’Ardèche ne compte pas de grosse commune urbaine, suscep- trots. Il faut passer dans chaque commune, avaler des kilomètres. dentielle, dans le département, la dans notre circonscription, nous tible de faire émerger des fem- Les gens veulent de la proximité. QUEL est le point commun entre le avancée : la loi du 31 janvier candidate avait été battue par avions désigné une femme. J’étais mes. Annonay, la plus importan- C’est peu compatible avec une vie Nassimah Dindar (La Réunion), 2007, qui prévoit d’instituer dans Nicolas Sarkozy, 51,62 % contre son suppléant. Eh bien, c’est la seu- te, ne dépasse pas 18 000 habi- de famille. » Si les plans de Pascal Anne d’Ornano (Calvados) et ce scrutin uninominal un (e) rem- 48,38 %. Mme Royal avait pour- le circonscription que nous n’avons tants. « Nous avons, sur tout le Terrasse se réalisent, le deuxiè- Marie-Françoise Pérol-Dumont plaçant (e) de sexe opposé à celui tant lancé sa campagne pour pas gagnée, alors que Ségolène département, seulement douze com- me tour, le 16 mars, sera histori- (Haute-Vienne) ? Elles forment des candidats (e) s. Ainsi cette dis- l’investiture du PS, le 8 mars Royal y avait été majoritaire ! » munes de plus de 3 500 habitants que en Ardèche. a la liste complète des femmes pré- position, permettant d’éviter l’or- 2006, à Privas. Pour lui, l’Ardèche reste mar- où la parité s’applique, explique Sophie Landrin sidant un conseil général. Trois ganisation d’une élection partiel- sur 101. le en cas de vacance, aurait-elle En l’absence de législation dû avoir un effet d’entraînement. contraignante, il est toujours Las. L’examen des candidatu- © Francesca Mantovani aussi difficile pour les femmes res pour le scrutin cantonal des 9 de franchir les portes des assem- blées départementales. En 2004, date du dernier renouvel- et 16 mars montre qu’il n’en a rien été. Le pourcentage de candi- datures féminines (1 780 sur Par l’auteur du Chasseur zéro lement cantonal, le seuil des 10 % a été franchi : on compte 8 520, soit 20,9 %) est même en léger retrait par rapport au renou- et de L’eau rouge aujourd’hui 415 conseillères vellement de 2004 (21,5 %). générales pour 4 015 sièges L’UMP (15,4 % de candidates) se (10,4 %). Champion de la fémini- montre la moins empressée. sation : le Finistère (15 femmes Le parti présidentiel est aussi sur 54 élus, 27,8 %). bon dernier aux municipales (14,3 % de femmes têtes de lis- Léger retrait te). Les craintes exprimées par La loi du 6 juin 2000 sur la l’Observatoire de la parité le parité contraint les partis politi- 23 janvier sur ce scrutin se trou- ques à présenter un nombre égal vent confirmées. « Il reste visible- d’hommes et de femmes dans les ment nécessaire de rappeler aux scrutins de liste (municipales, partis politiques qu’ils doivent régionales, européennes) et pré- non seulement respecter la loi (…), voyait une retenue sur le finance- mais également, comme il est ins- ment des partis politiques qui ne crit dans la Constitution, respecteraient pas le principe de “contribuer à sa mise en œuvre” parité dans la désignation de en respectant l’esprit de la loi lors- leurs candidats aux législatives. que celle-ci n’est pas directement Depuis 2003, le scrutin propor- contraignante », soulignait sa tionnel, imposant la parité des lis- rapporteure générale, Marie-Jo tes, s’applique aux élections séna- Zimmermann. A l’arrivée, toriales dans les départements éli- 83,5 % des têtes de liste dans les sant au moins quatre sénateurs. villes de plus de 3 500 habitants Les cantonales n’ont pas été concernées par ces réformes. Seu- sont des hommes. a Patrick Roger Stock

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