le monde 2008 03 11

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le monde 11 mars 2008

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le monde 2008 03 11

  1. 1. Municipales 2008 Avec France Inter www.lemonde.fr 64e Année - N˚19636 - 1,30 ¤ - France métropolitaine --- Mardi 11 mars 2008 Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur : Eric Fottorino Le PS en quête d’un net En Espagne, les socialistes remportent une succès au second tour Municipales L’Elysée estime avoir évité, le 9 mars, un « vote sanction » courte victoire MADRID ENVOYÉES SPÉCIALES epuis des heures déjà, la rue Fer- D raz, au centre de Madrid, n’était plus qu’une forêt de drapeaux rou- ge et blanc, agités par une foule immen- se : la foule des grands soirs de victoire, venue en masse, en ce jour d’élections législatives, devant le siège du Parti socialiste, dès l’annonce des résultats des sondages de sortie des urnes. Ceux- ci évoquaient une possible victoire abso- lue pour le parti. Il n’en est rien. Et lors- que, à 23 heures, dimanche soir 9 mars, le président du gouvernement sortant, a Nicolas Sarkozy récuse l’idée d’un José Luis Rodriguez Zapatero, vient vote sanction. Page 4 dans la rue annoncer lui-même la victoi- a Les batailles électorales du re, une victoire claire mais somme toute 16 mars. Le Parti socialiste et le MoDem. décevante, l’enthousiasme fléchit un Le sort de François Bayrou à Pau. Page 5 moment pour mieux reprendre : « Zapa- a Le revers de la droite. Le bon score tero président ! », « L’Espagne ce soir est des ministres. Le rude combat de Rama socialiste ! » Yade à Colombes (Hauts-de-Seine). Rayonnant, mais déjà conscient des Le sort de Xavier Darcos à Périgueux défis qui l’attendent, M. Zapatero s’est (Dordogne). Page 6 posé en rassembleur. Le score le lui impo- a Bordeaux : la réélection d’Alain Juppé, se : 169 sièges pour les socialistes, contre une large victoire qui efface l’humiliation 153 pour le Parti populaire (PP) du conser- des législatives de 2007. Page 7 vateur Mariano Rajoy. Tous deux progres- a Le PS se garde de crier victoire sent de cinq sièges. L’écart entre eux reste prématurément. Strasbourg va-t-elle le même. Loin de reculer, le PP fait l’un de basculer à gauche au second tour ? Le ses meilleurs scores. « Les Espagnols ont PS conquiert Rouen dès le premier tour. décidé d’ouvrir une nouvelle étape sans cris- La gauche en tête à Blois. Page 8 pation, une étape de dialogue, qui exclut la a Parti communiste : mieux qu’un confrontation », dit M. Zapatero dans une sauvetage. Le PCF a reconquis Dieppe nette allusion à l’opposition. (Seine-Maritime) et Vierzon (Cher). Page 9 Le président réélu entend maintenir le a Marseille : la poussée de la gauche et cap. Il énumère ses priorités, toujours les le sort incertain de Jean-Claude Gaudin. a gauche, et notamment le PS, enre- nal, contre 45 % à celles de la droite. bonne tenue du PCF. Les Verts, en bais- mêmes : les femmes, les jeunes, les retrai- La droite menacée à Toulouse. Page 10 a Paris : la gauche réunie plus forte que jamais ; Bertrand Delanoë, sûr d’un L gistre une nette poussée ; la droite résiste mieux que prévu et se refuse à parler d’un vote sanction. Au lende- L’avantage en faveur de la gauche est plus clair encore aux cantonales : elle obtient 48 % des suffrages contre 41 % à se, ne se sont pas effondrés. La majorité résiste. Outre le succès d’Alain Juppé à Bordeaux, confortable- tés, les plus démunis. Mais il y apporte un peu plus d’ouverture en insistant à nou- veau : « Je gouvernerai avec la main ferme, nouveau mandat, porté par un « vote main du premier tour des élections muni- l’UMP et à ses alliés. ment réélu dimanche, la plupart des minis- mais la main tendue. » Sa réélection, d’adhésion » ; le parti de M. Bayrou cipales et cantonales, dimanche 9 mars, Assuré de garder Paris et Lyon et de tres candidats l’ont emporté ou sont bien M. Zapatero la doit largement au vote uti- n’est pas en position d’arbitre. Page 11 les deux camps appelaient à confirmer reconquérir un certain nombre de villes placés. L’UMP préserve ses chances à Mar- le des électeurs des autres partis de gau- a Lyon : le maire sortant socialiste dans une semaine le profil de ce scrutin. moyennes, le PS a dès le premier tour fait seille et à Toulouse. Le premier ministre, che. Les ex-communistes d’Izquierda uni- Gérard Collomb est assuré d’être Dix mois après l’élection de Nicolas basculer Rouen, Bourg-en-Bresse et plu- François Fillon, parle de « résultats équili- da perdent leur groupe, et les indépendan- reconduit. Echec cuisant pour l’UMP Sarkozy, la montée de la gauche est incon- sieurs autres villes dans son escarcelle. brés ». Le Front national accentue sa chute. tistes catalans d’Esquerra republicana, Dominique Perben. Page 12 testable. Avec une participation en baisse Désireux de ne pas démobiliser l’électo- Si François Bayrou est légèrement dis- ERC, s’effondrent. a Les élections cantonales : le vote (65,67 % contre 67,18 % en 2001), les lis- rat, les dirigeants socialistes se gardaient tancé par le PS à Pau, son parti, le Cécile Chambraud en faveur de la gauche amplifié. Page 13 tes de gauche et des Verts obtiennent de tout triomphalisme. Les résultats à MoDem, peut jouer l’arbitre dans quel- et Marie-Claude Decamps Lire aussi notre cahier de résultats plus de 47 % des voix sur le plan natio- gauche ont encore été marqués par la ques villes, mais pas à Paris. a Lire la suite page 14 Le marché affiche sa puissance PAGE TROIS UK price £ 1,40 à la Foire de l’art de Maastricht Les Mémoires d’une taupe russe De 1995 à 2000, Sergei Tretyakov était l’œil de Moscou à l’ONU, haut lieu de l’espionnage international. Retourné par les services secrets américains, il a fait défection. Il livre ses recettes d’agent de l’ex-KGB dans un livre paru en anglais, Comrade J. Medef-UIMM La polémique s’envenime Denis Gautier-Sauvagnac et Daniel Dewavrin accusent Laurence Parisot de mentir. Elle leur retourne le compliment et annonce qu’elle portera plainte. L’affrontement entre la présidente du Medef et deux anciens présidents de l’UIMM porte sur la date à laquelle Mme Parisot aurait appris l’existence d’importantes distributions occultes d’argent liquide par l’UIMM. Page 13 Le plus grand marché de l’art exposé au public. HOLLANDSE HOOGTE Finance ntiquités grecques et égyptien- diffuser une étude commandée à Subprimes : les fonds touchés A nes, meubles du XVIIIe siècle, tableaux de diverses époques, vidéos d’avant-garde, une valeur une économiste irlandaise. Les chif- fres sont stupéfiants : entre 2002 et 2006, si le nombre de transactions a Après les banques, les grands fonds d’investissement américains subissent à leur tour le contrecoup de la crise des crédits immobiliers à risque. Page 18 des œuvres estimée à 1 milliard de augmenté de 24 %, la croissance en dollars : la Foire européenne de l’art valeur a été de 95 % ! Pour la seule de Maastricht, aux Pays-Bas, réunit jusqu’au 16 mars les plus grands Europe, le marché de l’art totalise un volume d’affaires de 19,2 mil- Théâtre nô marchands du monde et les plus riches clients, acheminés par trois liards d’euros. La France ne repré- sente que 6 % du marché : les objets A Kurokawa, depuis 500 ans… cents avions privés. vendus n’y dépassent pas, à 83 %, Une tradition villageoise pluriséculaire du théâtre sacré Dans un marché qui n’en finit les 5 000 euros. a japonais est présentée à Paris, et pour la première fois plus d’exploser, la Foire a choisi de Lire page 23 en France, le 12 mars. Enquête page 20 Algérie 60 DA, Allemagne 1,90 ¤, Antilles-Guyane 1,90 ¤, Autriche 2,00 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 400 F CFA, Canada 3,25 $, Côte d’Ivoire 1 400 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 20 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 400 F CFA, Grande-Bretagne 1,40 £, Grèce 2,00 ¤, Hongrie 650 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,00 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 24 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 1,90 ¤, Sénégal 1 400 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 25 KRS, Suisse 2,90 FS, Tunisie 1,8 DT, USA 3,30 $, Afrique CFA autres 1 400 F CFA,
  2. 2. 2 0123 Mardi 11 mars 2008 Editorial La France profonde contre les experts Droite sur la défensive L es taxis parisiens, personne ne peut plus avare change le fonctionnement du marché concer- réformer (Hachette Littératures, 2007). Faisant l’ignorer, sont moins nombreux aujour- né. Elle donne un avantage aux premiers installés, courageusement l’inventaire de ce qui leur appa- d’hui qu’en 1925. On en comptait alors mais devient ensuite une barrière pour les nou- raît comme l’ensemble des rentes françaises, les I l y a dix mois, Nicolas Sarkozy, nouvellement élu 25 000, ils ne sont plus que 15 000. Aucun veaux entrants. Dans le cas des taxis, les nouveaux auteurs concluent à un coût global des réformes président de la République, pratiquait l’ouvertu- Parisien ne peut espérer sortir de chez lui titulaires doivent payer cher le droit de s’installer. de près de 380 milliards d’euros ! Dans le cas des re en faisant entrer au gouvernement des respon- et héler un taxi pour se rendre à l’aéroport ou à un On parle aujourd’hui d’un tarif allant de 150 000 à seuls taxis parisiens, le coût pourrait atteindre rendez-vous en ville. Malgré les rapports qui se sont 200 000 euros pour ce qu’on appelle, dans la profes- 2,5 milliards. Les chiffres effraient, mais la métho- sables politiques engagés à gauche. Il entendait succédé, du rapport Armand-Rueff remis en 1960 sion, le « pas de portière ». de est claire : la réforme coûte cher, à ses victimes pousser l’avantage que représentait, pour lui, la au premier président de la Ve République au rap- ou aux contribuables. troisième défaite consécutive du Parti socialiste à port Attali rendu à l’actuel chef de l’Etat, les taxis L’idée de compenser, fût-ce partiellement, les per- l’élection présidentielle. Cette stratégie visait à assurer à la droite une large majorité aux élections législatives tiennent bon ! Comment comprendre cette formida- ble force de résistance ? Faut-il y voir une métapho- Analyse dants n’a toutefois pas été retenue par la commis- sion Attali (Jacques Delpla en faisait pourtant par- de juin et devait se prolonger aux municipales et aux re des difficultés françaises à « se réformer » ? tie). L’explication officielle est qu’il eût été impossi- cantonales. Les taxis parisiens sont soumis à une autorisa- Daniel Cohen pour « Le Monde » ble de racheter des plaques dont le commerce est La réalité contredit cette dernière attente. Les criti- tion d’installation de la préfecture. Cette règle n’est Editorialiste associé illégal. La véritable raison est plus simple : le pas aberrante en elle-même. La plupart des pays dis- « paquet fiscal » ayant déjà été voté, la commission ques se sont accumulées contre le pouvoir. Non seule- posent de telles procédures, ne fût-ce que pour s’as- Comment faire, dans un tel contexte, pour restau- a rédigé un rapport pour libéraliser la croissance, ment la majorité ne sort pas renforcée du premier tour surer que le conducteur sait conduire et est de bon- rer un équilibre raisonnable entre l’offre et la mais sans disposer d’aucune ressource budgétaire. de ces scrutins, dimanche 9 mars, non seulement la gau- ne moralité. Au fil du temps, la régulation s’est tou- demande ? On a, a priori, le choix entre deux métho- On sait ce qu’il advint. Deux jours de grèves ont suf- che n’est pas enfoncée, mais le Parti socialiste fait la tefois transformée en gestion de la rareté. L’insuffi- des. On peut, par décret, abolir les rentes, en libérali- fi à enterrer la réforme des taxis, ces derniers obte- démonstration d’une capacité d’attraction intacte, et ses sance des licences par rapport à l’évolution des sant le marché. C’est la méthode que tenta Turgot, nant, au passage, une revalorisation de leurs tarifs. alliés communistes et Verts bénéficient eux aussi, à leur besoins, qui aurait pu rester transitoire, est devenue en 1776, en voulant supprimer les corporations. Il niveau, d’un regain de sympathie. On est loin de la droi- une donnée permanente du parc de taxis. sera vite limogé, et il faudra attendre la Révolution Le cœur de l’alliance politique Il y a de multiples raisons qui conduisent un dis- pour y revenir. Hors contexte révolutionnaire, une Les taxis ne sont que le cas particulier d’une ques- te conquérante et de la gauche démoralisée du prin- positif censé réguler un marché à dégénérer en seconde méthode, plus respectueuse des personnes tion plus générale dont un précédent rapport rédigé temps et de l’été 2007. fabrication d’une rareté artificielle. Dans les pays concernées, consiste à dédommager les victimes par Pierre Cahuc et Francis Kramarz en 2004 – et Il est vrai que le niveau de participation, comparable à les plus corrompus, le régulateur est intéressé à potentielles de la libéralisation. En rachetant, à leur remis au ministre des finances de l’époque, Nicolas celui des précédentes élections de même catégorie, créer de la rareté pour donner aux licences une valeur de marché, les licences en circulation, l’Etat Sarkozy – avait fait l’inventaire. Le rapport Attali en témoigne d’une mobilisation sensiblement égale dans valeur plus grande, qu’il peut ensuite monnayer. (ou la collectivité locale concernée) ouvre le marché a repris quasiment ligne à ligne les termes dans le les deux camps. La déception d’une partie de l’électorat Dans les pays industrialisés, hors tout phénomène à de nouveaux entrants, sans créer de perdants par- chapitre qu’il consacre aux professions réglemen- de la majorité ne l’a pas conduit à bouder massivement de corruption, il arrive bien souvent que le régula- mi les anciens. tées. Les cafés, les pharmaciens, les notaires, les les urnes au moment où les sympathisants de l’opposi- teur soit « capturé » par le régulé, épousant, sans L’idée de dédommager les perdants des dérégle- vétérinaires… : la France de Balzac et de François de en avoir toujours conscience, les intérêts de ses mentations est au cœur d’un ouvrage iconoclaste Closets, des petits et grands privilèges, est bien tion étaient incités, au contraire, à s’y rendre en nombre. administrés. et provocateur de Jacques Delpla et Charles vivante, où chacun, sauf les exclus, peut croire qu’il En outre, l’affaiblissement du Front national est tel qu’il Quelle qu’en soit la cause, une réglementation Wyplosz intitulé La Fin des privilèges, payer pour dispose d’une rente qui le protège. n’a pas représenté un exutoire aussi attirant que par le Les cafetiers, par exemple, bénéficient d’un quasi- passé pour les électeurs protestataires de droite. numerus clausus, hérité d’une époque où la lutte La majorité n’est donc pas à terre, mais elle encaisse les coups. Elle a déjà perdu Rouen. Elle doit livrer des Premiers résultats par Pancho contre l’alcoolisme était prioritaire, alors même que 95 % des achats d’alcool ne transitent plus par eux. batailles intenses pour conserver, au second tour, les Les vétérinaires, pour des raisons curieuses, ne peu- mairies de tout premier plan que sont Marseille, Tou- vent avoir plus de deux assistants. Les coiffeurs doi- vent avoir un brevet professionnel lorsqu’ils exer- louse et Strasbourg, celle-ci paraissant la plus mena- cent en ville, mais un CAP seulement lorsqu’ils exer- cée. Elle est aussi en difficulté à Amiens, Caen et Péri- cent à domicile. Rentiers lorsqu’on les analyse de gueux. Vaincue ou risquant de l’être dans ses bastions, l’extérieur, ces métiers sont moins reluisants vus de la droite est bien loin des succès dont elle avait caressé l’intérieur. Comme pour les taxis, les rentes dont l’ambition : reprendre Lyon ou conquérir Tourcoing, bénéficient ces professions se sont payées cher. Des qui lui aurait donné le contrôle de la Communauté études difficiles pour les uns, une mise de fonds urbaine de Lille. importante pour les autres, parfois les deux, comme pour les notaires. La seule vraie satisfaction de la majorité est la réélec- Un consensus de droite et de gauche a longtemps tion d’Alain Juppé, dès le premier tour, à Bordeaux. Il fermé les yeux sur ces questions. La gauche, c’est un n’est pas sûr que M. Sarkozy puise une joie sans mélan- euphémisme, n’a jamais été en pointe sur les ques- ge dans cette victoire d’un ancien rival qui, dans sa cam- tions de politique de la concurrence, le débat euro- pagne municipale, s’est gardé de toute référence à la poli- péen sur « la concurrence libre et non faussée » ayant tique du président de la République. suffi à ses peines. D’un strict point de vue électoral, A trop présenter les votes de dimanche comme « équi- c’est pourtant à droite que réside le principal problè- librés », de portée locale et sans signification nationale, me. La plupart des métiers concernés – les taxis, les cafetiers, les pharmaciens ou les notaires – en sont François Fillon, dans son discours officiel, et l’Elysée, les soutiens. Bon nombre des réglementations dont dans des commentaires officieux, risquent d’inciter les la France a aujourd’hui besoin de se débarrasser électeurs mécontents à s’exprimer plus fortement le ont été mises en place par la droite, les lois Royer et 16 mars. La sanction, aujourd’hui niée ou minimisée par Raffarin étant les plus connues. On touche ici au la droite, pourrait alors s’alourdir. a cœur de l’alliance politique nouée par la droite entre les classes populaires et les notables. Devenir cafetier, avoir sa petite boutique est toujours resté Société éditrice du « Monde » SA l’ambition, le rêve secret, des classes populaires. Président du directoire, directeur de la publication : Eric Fottorino C’est l’utopie que la droite peut leur offrir. Vice-président, directeur général : David Guiraud On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, que le Secrétaire général du directoire : Pierre-Yves Romain rapport de la commission Attali ait échoué. Sans res- Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer sources, sans soutien politique, sans conscience clai- Directeur général délégué : Patrick Collard re de son propre mandat, son échec retentit comme Directeur de la rédaction : Alain Frachon la victoire de la France profonde contre la Républi- Directeur adjoint de la rédaction : Jacques Buob que des experts. De leurs tombes, Armand et Rueff Directeur éditorial : Gérard Courtois en souriront peut-être. a Rédacteurs en chef : Sophie Gherardi, Patrick Jarreau, Michel Kajman et Franck Nouchi (« Le Monde 2 ») Responsable de la conception : Eric Azan Courriel : Daniel.Cohen@ens.fr Directeur artistique : Quintin Leeds ; chef d’édition : Françoise Tovo Délégué général : Olivier Biffaud ; secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Directeur des relations internationales : Daniel Vernet Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président Une exigence de bonheur pour tous Anciens directeurs : Hubert Beuve-Méry (1944-1969), Jacques Fauvet C (1969-1982), André Laurens (1982-1985), André Fontaine (1985-1991), ’est la question qui tue. Une question soi- Le bonheur, ça n’existe pas ! » Il faut bien sûr, à cet Louise Michel (1833-1905) : « Vous cherchez le Jacques Lesourne (1991-1994), Jean-Marie Colombani (1994-2007) gneusement gardée pour la fin. Le prési- instant, imaginer le ton rogue, bourru, du géné- bonheur, pauvres fous ? Passez votre chemin : le bon- Le Monde est édité par la Société éditrice du Monde SA dent de la République parlait l’autre jour ral, sa voix caverneuse, autoritaire, et pleine de heur n’est nulle part. » Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 15 décembre 2000. Capital social : devant cinq journalistes du Figaro, et bon sens. Pour la petite histoire, la scène se pas- On pourrait continuer ainsi longtemps. Le bon- 149 017 497 ¤. Actionnaires directs et indirects : Le Monde SA, Le Monde et Partenaires Associés, Société des rédacteurs du Monde, Société des cadres du Monde, Société des employés du Monde, l’un d’eux lui a demandé in fine : « Peut- sait dans un ascenseur. heur s’apparente le plus souvent à un mirage. Société des personnels du Monde, Fonds commun de placement des personnels du Monde, Société des on être président de la République et être heu- Le général savait depuis longtemps, avec Mada- Dire qu’on l’a atteint, c’est presque à coup sûr le personnels du groupe des publications de la Vie catholique, Association Hubert-Beuve-Méry, Société des lecteurs du Monde, Le Monde Entreprises, Le Monde Europe, Le Monde Investisseurs, Le Monde reux ? » Nicolas Sarkozy a répondu du tac au tac : me de Staël, que « la gloire est le deuil éclatant du perdre. C’est une notion trop récente, trop moder- Presse, Le Monde Prévoyance, Claude-Bernard Participations, Investmonde. « Il se trouve que je le suis. » Mais que pouvait-il bonheur ». Mais dire cela, c’est encore y croire. ne pour que nous l’ayons complètement adoptée. répondre d’autre ? Croit-on qu’il puisse se permet- Imaginer que la gloire puisse définitivement met- L’amour tel qu’on l’imagine est apparu en Occi- Rédaction : 80, boulevard Auguste-Blanqui,75707 Paris Cedex 13 Tél. : 01-57-28-20-00 ; télex : 202806F ; télécopieur : 01-57-28-21-21 tre de dire : « Il se trouve que je ne le suis pas ! » tre un terme au bonheur, c’est supposer que cet dent au XIIe siècle. Mais le fait d’être heureux – Courrier des lecteurs : par télécopie : 01-57-28-21-74 ; Alors Le Figaro le relance : « Pendant la campa- état de grâce a une chance de se manifester hors état stationnaire mais toujours provisoire – a fait Par courrier électronique : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Médiateur : mediateur@lemonde.fr gne, vous aviez dit qu’être président de la Républi- de l’omniprésent regard public. Il y a donc plu- irruption bien plus tardivement. Selon le mot célè- Abonnements : Par téléphone : de France 0-825-000-778 (0,15 TTC/min) ; que, c’était renoncer au bonheur… » Nicolas Sarko- bre du jeune révolutionnaire Saint-Just de l’étranger : (33) 3-44-31-80-48. Sur Internet : www.lemonde.fr/abojournal/ zy met un terme à l’entretien avec une chute bien (1767-1794), « le bonheur est une idée neuve en Changement d’adresse et suspension : 0-825-022-021 (0,15 TTC/min) Tarif 1 an : France métropolitaine : 374 ¤ Internet : site d’information : www.lemonde.fr à sa manière : « Eh bien, il a dû se passer quelque chose de nouveau… » Chronique Europe ». Elle reste encore fraîche. On ne s’y est pas habitué. C’est en option. Vous prendrez bien finances : http://finance.lemonde.fr Emploi : www.talents.fr/ Immobilier : http://immo.lemonde.fr Bien sûr, M. Sarkozy est une exception, celle un peu de bonheur ? Oh ! juste pour voir, ne m’en Télématique : 3615 lemonde. Documentation : http://archives.lemonde.fr qui confirme la règle. Car les politiques ont natu- mettez pas trop ! Collection : Le Monde sur CD-ROM : CEDROM-SNI 01-44-82-66-40 Société Laurent Greilsamer Le Monde sur microfilms : 03-88-04-28-60 rellement du mal à apprivoiser le bonheur. Ils ten- On ne sait pas encore si on y a vraiment droit. dent la main pour le caresser, mais il leur échap- sieurs écoles, comme en matière religieuse : ceux Une partie de notre cerveau nous rappelle avec 0123 est édité par la Société Editrice du Monde (SA). La reproduction de tout pe. Comme une chimère, il se dérobe et s’enfuit qui y croient ; ceux qui n’y croient pas ; ceux qui y sagesse que l’Histoire est tragique. Mais un jour, article est interdite sans l’accord de l’administration. Commission paritaire des publications toujours. C’est une ombre évanescente et somme croient un peu, beaucoup, passionnément, à la peut-être, existera-t-il une exigence de bonheur et agences de presse n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037 toute irréelle. folie ; et les agnostiques, évidemment. Car le bon- pour tous, un droit au bonheur, et l’on verra des Imprimerie du Monde Le général de Gaulle n’y croyait pas. Un jour heur n’a pas de contours. C’est un sort qui échap- citoyens se scandaliser de n’y avoir pas accès auto- 12, rue Maurice-Gunsbourg 94852 Ivry cedex qu’un de ses pairs, le général Leclerc ou de Lattre pe à la définition, même si de fines plumes s’y sont matiquement. Il y aura de belles manifestations, Président : Patrick Collard de Tassigny (la mémoire nous fait défaut), s’aven- essayées. et il sera trop tard pour comprendre que le bon- Directeur général : Stéphane Corre tura à lui demander, après la Libération, s’il était Chamfort (1741-1794) : « Le bonheur n’est pas heur est triste, comme l’a dit le poète. a 80, bd Auguste-Blanqui 75707 PARIS CEDEX 13 heureux, le général lui jeta un drôle de regard et le chose aisée. Il est très difficile de le trouver en nous, et PRINTED IN FRANCE Tél : 01-57-28-39-00 - Fax : 01-57-28-39-26 rabroua : « Mais vous déraillez, c’est des conneries ! impossible de le trouver ailleurs. » Courriel : greilsamer@lemonde.fr
  3. 3. 0123 Mardi 11 mars 2008 Page trois Espionnage 3 Sergei Tretyakov a été, sous Boris Eltsine, le maître espion de la Russie à New York, avant de faire défection, en 2000. Il raconte son expérience dans un livre paru fin janvier, « Comrade J » L’agent double qui venait du froid NEW YORK (Nations unies) CORRESPONDANT S ergei Tretyakov veut croire que ses jours ne sont pas menacés. « Si un chauffard me renverse, tout le monde saura que c’est Moscou », explique au Monde l’ancien agent secret russe, passé à l’« ennemi ». Agé de 51 ans, le transfuge, qui se décrit comme « le véritable James Bond », vit une retraite dorée dans une localité américaine dont il tait le nom. Il habite une maison conforta- ble, dans un quartier où ses voisins jouent au golf et l’invitent à des barbecues. Son épouse, Helen, conduit une Porsche, et sa fille, Ksenia, est diplômée d’une université appartenant à la prestigieuse Ivy League. La famille Tretyakov goûte au rêve améri- cain aux frais de la CIA (Agence centrale de renseignement). L’ex-colonel du KGB affiche la ferveur des nouveaux convertis. « Je ne suis pas un traître, je suis un patriote américain », affir- me-t-il. Sous une couverture de responsa- ble de la presse à la représentation de la Russie à l’ONU, Sergei Tretyakov a été, d’avril 1995 à octobre 2000, le maître espion de son pays à New York. Durant plus de deux ans, il a aussi informé le FBI et la CIA des intentions les moins avoua- bles de la Russie de Boris Eltsine et de Vla- dimir Poutine, livrant quelque 5 000 télé- grammes « top secret » et plus de 100 rap- ports classifiés. Considéré comme une des meilleures recrues de l’histoire récente du contre-espionnage américain, il est aussi le transfuge russe le mieux payé. Pour comble d’insulte envers le service de renseignement extérieur russe (SVR, issu de l’ex-KGB), Tretyakov s’est confié à un ancien journaliste du Washington Post, Pete Earley. Le résultat est un livre singu- lier (Comrade J, sorti le 24 janvier aux édi- tions Putnam et très rapidement entré dans Sergei Tretyakov chez lui, dans une localité américaine dont il tait le nom, et où il vit une retraite dorée aux frais de l’Agence centrale de renseignement (CIA). DR les listes de best-sellers), qui démystifie le monde de l’espionnage. Le « Camarade hissaient leur pays et risquaient d’être exécu- voler », affirme Tretyakov, qui à l’époque Jean » (son nom de code) ne s’est épanché tés comme espions pour quelques centaines de juge l’épisode honteux pour la Russie. ni pour l’argent – il n’en a pas réclamé – ni dollars de babioles en or » achetées en gran- Mais l’espionnage a aussi ses ratés. L’ONU, « un nid d’espions » pour la gloire – il a abdiqué tout contrôle de surface, ironise l’espion dans le livre. Après avoir pris rendez-vous avec Henry éditorial. « Toute personne qui tourne le dos Les journalistes sont aussi une cible. « Si Kissinger à travers sa firme de consultants, NEW YORK (Nations unies) étaient pas à leur coup d’essai. A la fin à sa patrie éprouve le besoin de s’expliquer », un diplomate russe vous invite dans un cinq un faux diplomate russe doit faire marche CORRESPONDANT des années 1990, la CIA était parvenue à avance Pete Earley. L’intéressé dit avoir étoiles et paye sans demander de reçu, c’est un arrière lorsqu’il réalise que l’entretien avec C’est un secret de Polichinelle : l’ONU infiltrer la mission des inspecteurs onu- voulu « réveiller l’Amérique » sur « la mena- agent du SVR », prévient Tretyakov. A son l’ancien secrétaire d’Etat américain est sur est un haut lieu de l’espionnage interna- siens en Irak. ce russe ». Après la parution du livre, fin jan- époque, un reporter japonais, nom de code le point de lui être facturé 100 dollars la tional, un « nid d’espions », selon l’ex- L’ONU s’était aussi contentée d’expri- vier, le SVR a cru bon de rappeler que « la « Samouraï », a été recruté de la sorte. minute. pression du transfuge russe, Sergei mer sa « déception » lorsque, en trahison est un crime punissable par la loi ». Beaucoup des affirmations de l’agent Quand et comment Sergei se met-il à Tretyakov. « On part du principe que tout février 2004, l’ancienne ministre britanni- Lorsqu’il arrive à Manhattan, en secret russe sont impossibles à recouper. espionner pour le compte du FBI et de la le monde écoute tout le monde », explique que Clare Short avait révélé que son pays avril 1995, Sergei Tretyakov est un autre Mais, selon lui, Eldar Kouliev, nommé CIA ? Il n’est pas autorisé à le dire. « Ma un responsable onusien. Diplomates et avait placé Kofi Annan, le secrétaire géné- homme : un espion prometteur et conscien- ambassadeur de l’Azerbaïdjan à l’ONU en famille et moi avons conclu qu’il était immo- journalistes présument que leurs télé- ral de l’organisation, sur écoutes. Quel- cieux, formé à l’école soviétique. Il prend 1994, était en fait un des agents du SVR, ral de servir notre gouvernement », expli- phones sont écoutés, et plaisantent lors- ques mois plus tard, pendant des rénova- ses quartiers dans le « sous-marin » du recrutés souvent dès l’université, et infil- que-t-il seulement, insistant sur le fait qu’il que des « clics » suspects perturbent tions, l’ONU avait trouvé un micro SVR, au 8e étage de la mission russe auprès trés dans la diplomatie de leurs propres n’a « jamais demandé un penny ». A cette leurs lignes. Pour les discussions confi- « sophistiqué », de fabrication russe ou de l’ONU, au-dessus des diplomates « nor- pays. Rashid Alimov (nom de code Emir), époque, il se plaît à New York et s’entiche dentielles, beaucoup préfèrent les européenne de l’Est, dans le « salon fran- maux ». On y pénètre en actionnant un l’ambassadeur du Tadjikistan, aurait été de séries comme « Seinfeld » ou face-à-face, parfois hors de l’ONU. çais » de son quartier général, à Genève, mécanisme secret au moyen recruté avec la promesse d’un « Friends ». Selon Pete Earley, la « clé » Pour un agent de renseignement, où passaient des dignitaires. d’une pièce ou d’une alliance. appartement et d’un poste de est sa fille, qu’il ne voulait pas voir faire sa l’ONU est « un magasin de bonbons », Avant même sa création, en 1945, l’Or- Les murs sont doublés de pla- L’ex-colonel professeur à Moscou. Pour vie dans la nouvelle Russie. De ces années, avait expliqué au Los Angeles Times un ganisation attirait les convoitises des ser- ques de fer et d’un quadrillage du KGB affiche retourner Alisher Vohidov, l’am- Sergei se souvient que « la peur, dans ce ancien responsable de la CIA, affecté à la vices de renseignement du monde entier. vibrant en permanence pour blo- la ferveur bassadeur de l’Ouzbékistan, le contexte, est le pire ennemi », surtout représentation américaine auprès des Selon l’historien américain Stephen quer les écoutes. L’endroit est des nouveaux SVR l’aurait fait chanter sur son sachant que, s’il est découvert, il sera Nations unies. Et d’ajouter : « Toutes nos Schlesinger, durant les négociations qui sans fenêtre, isolé de la structu- convertis : « Je ne passé d’informateur du KGB. « envoyé 6 pieds sous terre ». cibles sont là : les Nord-Coréens, les Russes, ont précédé l’adoption de la Charte de re de l’immeuble par des suspen- suis pas un traître, Un des coups de maître du Le 11 octobre 2000, en se levant, Sergei les Cubains. Rien, personne n’est à l’abri. » l’ONU, les Etats-Unis ont intercepté les sions. Pour appeler leurs « sour- je suis un patriote SVR fut, selon Tretyakov, de Tretyakov décide que « le jour est venu » Le microcosme onusien ne s’est donc télégrammes diplomatiques des pays fon- ces », les agents du SVR utili- américain » nommer un de ses agents, d’en finir avec cette double vie. Accompa- guère ému lorsque l’Observer a révélé, en dateurs, pour mieux les influencer. Ce sent les téléphones publics du Alexander Kramar, au cœur du gné de sa femme, de sa fille, et de son chat mars 2003, que la National Security n’est qu’en 1946 qu’a été adoptée la magasin Bloomingdale’s, sur la 59e rue. programme onusien « Pétrole contre nour- Matilda, il charge quelques valises dans le Agency (NSA, l’agence américaine d’in- Convention sur les privilèges et immuni- La fin de la guerre froide n’a rien changé riture », censé atténuer les effets de l’em- coffre de sa voiture, dans le sous-sol de l’im- terception des communications) avait tés de l’ONU, qui déclare que les locaux aux priorités russes : « Les principales bargo sur la population irakienne. A partir meuble insalubre de Riverdale, dans le espionné les conversations des ambassa- de l’organisation sont « inviolables » et cibles sont restées les Etats-Unis, l’OTAN et de juillet 1999, Kramar est seul à contrôler Bronx, où vivent les diplomates russes. deurs des pays siégeant au Conseil de doivent rester exempts de toute forme la Chine », explique l’agent secret. Pour col- le cours du brut irakien, et permet à des per- Pour la dernière fois, il décline son identité sécurité, avec une attention particulière d’« interférence ». Cette convention est lecter du renseignement, tous les coups sonnalités russes de faire des profits de au garde de sécurité, attend, selon la procé- pour ceux qui auraient pu permettre aux depuis allégrement violée, sans grandes sont permis : manipulation, chantage, et, 35 cents par baril sur les bons d’achat que dure, que la barrière se ferme derrière lui, et Etats-Unis d’obtenir une autorisation de conséquences : chaque fois qu’un faux souvent, l’exploitation de sentiments anti- leur consent Saddam Hussein, pour un commence une nouvelle vie. Sans regret ? la guerre en Irak (Angola, Cameroun, diplomate ou journaliste est pris en fla- américains chez des diplomates étrangers, total estimé par Pete Earley à 500 millions « Je n’ai aucune nostalgie, car mon pays Chili, Bulgarie et Guinée). Les Etats- grant délit d’espionnage, il est discrète- y compris ceux de pays amis de Washing- de dollars. Kramar « aidait les membres de n’existe plus », assure-t-il aujourd’hui. a Unis, qui, en tant que pays hôte, ont tou- ment renvoyé dans son pays. a ton. Certains s’offrent à bas prix. « Ils tra- l’oligarchie autour du président Eltsine à Philippe Bolopion te facilité pour surveiller l’ONU, n’en Ph. Bo. DIALOGUE Le téléphone sonne ALAIN BEDOUET Photo : C. Abramowitz 19H20 - 20H FRANCE INTER : LA DIFFÉRENCE. franceinter.com mardi 11 mars : spécial municipales avec

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