Le meilleur des défilés

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De New York à Paris, en
passant par Milan et Londres,
décryptage des tendances qui
feront la mode de l’automnehiver
2010-2011.

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Le meilleur des défilés

  1. 1. RM o d e De New York à Paris, en passant par Milan et Londres, décryptage des tendances qui feront la mode de l’automne- hiver 2010-2011. S i la mode joue, ce printemps, un match entre la bourgeoise et la bimbo, les créateurs ont dé- finitivement choisi leur camp pour l’hiver pro- chain. Exit le sexy outrancier, place à un clas- sicisme bon ton qui ferait passer l’avenue de Passy pour la plus trendy de la planète. Tenues en laisse par la courbe des ventes, les griffes ont laissé leurs excès au placard pour imaginer un vestiaire construit, que l’on imagine glisser sans mode d’emploi du podium à la rue. Trois voies se dessinent dans cette déferlante bon chic bon genre. Celle des années 1980 et de l’executive woman, manteau camel glissé sur les épaules (Chloé), pull à côtes ou blouse à lavallière sur un pantalon à pinces (Ferra- gamo), quand elle ne renfile pas ses jodhpurs (Christian Dior). Celle des années 1960 et de l’épouse modèle, cam- pée au foyer, qui fait tournoyer ses jupes corolle et se love dans son cardigan en mohair (Louis Vuitton, Prada, Dries Van Noten). Et celle tracée par Phoebe Philo chez Céline, qui transcende les références (le futurisme à la Cardin et le minimalisme des années 1990) par la radicalité des lignes. Pour les échappées arty, il faut voir du côté de la tête chercheuse Nicolas Ghesquière (Balenciaga), qui as- semble les couleurs de sorbet et les matériaux high-tech, quand Stefano Pilati se replie sur une austérité trouble et bunuélienne chez Yves Saint Laurent. Question relève, les nouveaux talents se recrutent plutôt du côté de New York ou de Londres, avec des signatures fortes (Christopher Kane, Phillip Lim, Erdem…). Certaines maisons repren- nent leurs marques, comme Sonia Rykiel, esquissant une vraie dégaine avec ses costumes oversized et ses manteaux d’officier en maille, ou Jean Paul Gaultier, qui prend la Prada parole sur l’identité nationale. Une melting-mode dont l’association trench, marinière bretonne, jupon slave et turban en wax reste la plus belle expression. G A.-L.Q. Sonia Rykiel Céline Le meilleur des défilés PHOTOS : DR 34 G 25/3/2010 25/3/2010 G 35
  2. 2. G. CATTERMOLE/GETTY IMAGES/AFP – F. CALFAT/AFP – I. GAVAN/GETTY IMAGES/AFP – F. HARRISON/AFP – G. SOMOZA – P. ROSSIGNOL/REUTERS – C. SIMON/AFP – F. MONTEFORTE/AFP – DR Beige obligatoire Si l’on devait ne retenir qu’une pièce des défilés, toutes capitales confon- dues, ce serait le manteau camel. De mémoire de mode, on n’avait jamais vu une telle déferlante. Ce classique revigoré a fait l’unanimité chez les créateurs les plus opposés, propul- sant Max Mara et son manteau créé Ralph Lauren en 1981 au firmament des ten- dances. Et Chloé d’imposer un total Salvatore Ferragamo GilesGiles Hermès look beige, qui devrait logiquement s’émanciper des trottoirs de Neuilly pour se voir recopier à vitesse grand V par les chaînes de prêt-à-porter. Emporio Armani Vivienne Westwood stwood Max Mara Barbara Bui Dans la peau... lainée Hiver sous haute protection oblige, elle a occupé une place de choix. Un clin d’œil aux canadiennes et aux bom- bardiers des pionnières de l’aviation, réinterprétés avec talent par Christo- pher Bailey (Burberry) et ses blousons Paul Smith Véronique Leroy à maxicol. A associer à une robe en mousseline pour un bon équilibre des genres. Hussein Chalayan y va de sa touche d’humour avec une paire de jumelles gainée de mouton retourné. 3.1 Philipp Lim Hussein Chalayan Paule Ka Erdem Rue du Mail Chloé Gucci Lanvin Just Cavalli Paul and Joe DKNY Burberry Prorsum 36 G 25/3/2010 25/3/2010 G 37
  3. 3. Nina Ricci Anne Valérie Hash Issey Miyake Haider Ackermann Jean Paul Gaultier Givenchy Leonard L’ethnique, c’est toujours chic! En grande forme, les maîtres du mix mode mondial John Galliano et Jean Paul Gaultier livrent des collections où les références ethniques s’entremêlent, en une ode au mé- tissage culturel et vestimentaire. Inspiré par les steppes et les nomades, Galliano brille avec une partition flamboyante, John Galliano Hussein Chalayan tandis que Gaultier ironise sur l’identité nationale. Valentino Impudique dentelle B. TESSIER/REUTERS – D. ET C. LECCA/DR – G. CACACE/AFP – G. FUENTES/REUTERS – IMAGE FORUM/AFP – GETTY IMAGES/AFP P. VERDY/AFP– AFP – DR Sensuelle et vénéneuse, la dentelle continue d’en- Brioni Matthew Williamson sorceler, entre références gothiques et chics. Ric- cardo Tisci chez Givenchy Le gris sourit a fait sa signature de cette Support d’une élégance matière dark, sexy, trou- stricte, le gris s’impose sur blante. Si Valentino la traite un mode tailleur à la Savile en robe du soir transpa- Gucci Christopher Kane Row, comme chez la Bri- rente façon princesse tannique Stella McCartney, rebelle, Christopher Kane qui épure son propos et s’amuse à l’associer à de initie une nouvelle austé- stricts cols en cuir brodé rité à renfort de pardessus et à des motifs floraux. Un masculins ou de pantalons torride mélange chaud/ de flanelle. Même propos froid. radical et élégant chez Jil Sander ou Haider Acker- mann. On est grisé ! Pringle of Scotland Jil Sander Stella McCartney Ralph Lauren Elie Saab Givenchy 38 G 25/3/2010 25/3/2010 G 39
  4. 4. Pastels d’hiver Rose poudre, abricot ou vert d’eau… Une palette douce et féminine prend le dessus pour égayer l’hiver, sur des robes aux G. CACACE/AFP – S. FUJII/DR – IMAXTREE – I. GAVAN/GETTY IMAGES/AFP – S. VLASIC/AFP – F. GUILLOT/AFP – F. HARRISSON/AFP – N . BARNARD/AFP – DR plissés flatteurs (Alberta Fer- retti, Bottega Veneta) ou des Alberta Ferretti jupes de jeune fille en fleur (Paul Smith, Proenza Schou- Jean-Charles de Castelbajac Balmain ler). Des tonalités précieuses qui n’empêchent pas la radi- calité des lignes (Balenciaga). Esprit militaire Vent de rigueur et kakima- nia : la mode revisite encore les classiques du vestiaire militaire, des vestes d’offi- cier en épais lainages (Bur- berry) jusqu’aux manteaux stricts à liseré rouge portés avec chapka de fourrure (chez Marc by Marc Jacobs) qu’on croirait sortis de la grande Russie. Sans oublier McQueen, les pattes d’épaule et les dernière boutons dorés. Etro Burberry Prorsum Marc by Marc Jacobs C’est un travail époustouflant Felipe qu’ont présenté les équipes Oliveira Baptista d’Alexander McQueen au nom du créateur défunt, qui avait person- nellement mis la dernière main D&G Pourvu que ça maille à une quinzaine de modèles. Réfé- L’hiver prochain, impossible d’échapper aux motifs montagnards, qui passent de l’ultime rences à la peinture religieuse ringardise aux cimes de la mode, lancés à Milan par le show D&G. Si le graphisme du XVIIIe siècle, comme aux dorures naïf « étoile des neiges » peut laisser perplexe, les opulents lainages s’imposent de l’art byzantin, la collection partout avec ce zeste rétro (Prada, Galliano) qui plane sur la saison. Reine de la maille, Sonia a des résonances bouleversantes. Rykiel la traite en douceur sur d’amples robes pull-over dans lesquelles on rêve de se lover. Un souffle créatif auquel tentera de donner suite Sarah Burton, ex-bras droit du couturier. Balenciaga Miu Miu RM by Rue du Mail Cerruti Roland Mouret Proenza Schouler Christian Dior Rodarte Missoni Lacoste Maison Martin Margiela 40 G 25/3/2010 25/3/2010 G 41
  5. 5. Calvin Klein Loewe Tommy Hilfiger Chanel Isabel Marant Diesel Black Gold Balenciaga Sportmax Winter white Dures en cuir Difficile d’échapper au manteau nei- Exit les rockeuses glorifiées par Balmain. geux qui s’abat sur les tendances de l’hi- Le cuir se défait des Zip et des clous pour ver. Décor d’icebergs à l’appui, le blanc s’afficher dans toute sa pureté animale. joue les effets givrés chez Chanel dans Plus vraiment rebelle, il habille l’ambi- un enchevêtrement de tweed et de four- guïté des Belles de jour dans un regis- rure. Chez Céline ou Gucci, le message tre austère (jupes au genou, blouses à est plus radical que virginal, en réfé- lavallière…) mais à forte tension éro- rence au héraut du minimalisme Hel- tique. Chez Hermès, Jean Paul Gaultier mut Lang. A adopter en milieu stérile l’a dans la peau, avec une Lily Cole re- plus que dans la vraie vie. jouant Chapeau melon et bottes de cuir. Comme des Garçons Louise Goldin Céline Christian Dior Yohji Yamamoto Hermès Giambattista Valli Thierry Mugler Gucci P. KOVARIC/AFP – G. CACACE/AFP – P. STABLE/DR – C. SIMON/AFP – DR Versace Gianfranco Ferre Karl Lagerfeld 42 G 25/3/2010 25/3/2010 G 43
  6. 6. Yves Saint Laurent Dsquared2 Viktor & Rolf S. GOSATTI/AFP – P. ROSSIGNOL/REUTERS – J. M. HEKIMIAN/GETTY IMAGES/AFP – C. SIMON/AFP – AFP – P. KOVARIK/AFP – F. MONTEFORTE/AFP – V. ZUNINO CELOTTO/GETTY IMAGES/AFP – G. CACACE/AFP – DR Dolce & Gabbana Toutes en vestes Zac Posen Dans une saison qui revisite les essentiels du power dressing, la veste prend toute sa carrure. Si le blazer droit masculin reste une valeur sûre (Paul Smith, Emilio Pucci, Bottega Veneta), les versions ajustées à la taille Fendi sont légion, comme chez Dolce & Gabbana, qui en ont fait la Une fourrure pièce maîtresse de leur défilé, avec un final 100 % dentelle sinon rien Alexis Mabille Emilio Pucci Vanessa Bruno Bottega Veneta et veste noire. Giorgio Armani Rassurons tout de suite les militants Peta et autres « éco-warriors » : la garde- Dries Van Noten Louis Vuitton robe cocasse d’ours polaire chez Chanel, sur fond de banquise, était en fourrure synthétique (« fantaisie », préfère dire Karl). Vraie ou fausse, elle sera en tout cas la star de l’hiver prochain, mais est-ce utile de dire qu’on préférera la distiller par petites touches sur la silhouette, comme chez Chanel Yves Saint Laurent. Marc Jacobs Prada Marni Rochas Baby pop Tom Ford, passé derrière la caméra avec A Single Man in- fluencerait-il encore la mode ? C’est l’impression que donne le revival sixties qui a fait swinguer les podiums. Très hitch- cockien chez Vuitton ou Prada, quand Marco Zanini (Rochas) va voir du côté de Ma sorcière bien aimée avec ses beautés choucroutées. Et Dries Van Noten de faire écho Sonia Rykiel Roberto Cavalli Kenzo à Julianne Moore dans Loin du paradis, de Todd Haynes. 44 G 25/3/2010

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