ISARA-Lyon                                             Centre d’Elevage de POISY
23 rue Jean Baldassini                   ...
Ce document ayant été réalisé par un Elève - Ingénieur de l'ISARA-Lyon dans le cadre d'une
convention avec le Centre d’Ele...
Remerciements,




       Je tiens à remercier l’ensemble des personnes ayant contribué au bon déroulement de
mon stage de...
Liste des sigles et des abréviations

D.A.C. : Distributeur Automatique de Concentrés
D.E.C. : Détecteur Electronique de C...
Table des matières


INTRODUCTION............................................................................................
a. La méthode « Caméra - 3x30 » : ...........................................................................................
Ce mémoire de fin d’études fait la synthèse d’une étude de terrain qui s’est déroulée
au Centre d’Elevage « Lucien Biset »...
Après l’alimentation, la reproduction est le second poste à maîtriser dans les élevages
laitiers car la marge d’améliorati...
« vêlage-vêlage », et par conséquent la production laitière. Améliorer l’efficacité de la
détection des chaleurs peut augm...
I. Détection de l’œstrus en élevage laitier
       Cette partie a pour but de faire un point de la bibliographie sur la dé...
Figure n°1 : Le cycle oestral d’une vache.
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     Etudes       ...
Le metoestrus : Cette période se caractérise par l’ovulation qui se fait 10-12
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L’acceptation au chevauchement est confirmée comme étant le signe le plus fiable
pour détecter visuellement l’œstrus.
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Répartition des catégories d'oestrus
                                                   40%                               ...
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augmentation du nombre de chevauchement (8,5 vs 13,6) entre des troupeaux observés en été
et ceux observés en hiver.
     ...
-   Le nombre de fausses chaleurs, ainsi que la fertilité des vaches inséminées un
même jour, sont les indicateurs utilisé...
% de vaches                         % de vaches détectées
Fréquence des observations
                                détec...
vues entre 14 et 18 heures, et moins d’une sur 10 après 18 heures. Pour LACERTE (2003),
70 % des activités de monte survie...
plus de 90 % des vaches devraient montrer des signes de chaleur 50 jours après le vêlage. Il
est important d’y enregistrer...
chevauchement, la femelle en chaleur est marquée sur la croupe. On peut également utiliser
des animaux porteurs de puces é...
Un détecteur de pression mécanique : il s’agit d’un dispositif contenant un réservoir
d’encre que l’on colle sur la croupe...
Photo n° 4 et 5 : Les deux principaux types de détecteur de pression mécanique.




          Photo n° 6: Un Détecteur Ele...
- Dans un élevage où les résultats sont bons, il peut y avoir des vaches avec des
chaleurs “discrètes”. Sur ce type de fem...
cyclicité, de savoir s’il y a eu oestrus ou de prévoir approximativement la prochaine chaleur
ou encore de recommander l’u...
Echantillons de …      Nombre d’essais Identification correcte (%)
Fluides vaginaux (A)          4140                     ...
odorantes ou si elle est juste porteuse de substances odorantes prélevées lors de son passage
dans le vagin ou sur la vulv...
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Detectiion Dess Chaleurss Dess

  1. 1. ISARA-Lyon Centre d’Elevage de POISY 23 rue Jean Baldassini Le Crêt - 74330 POISY 69364 LYON CEDEX 07 MEMOIRE de FIN D’ETUDES DETECTION DES CHALEURS DES VACHES LAITIERES PAR VIDEOSURVEILLANCE : EVALUATION DE METHODES D’UTILISATION. EVALUATION DE METHODES D’UTILISATION Mémoire de Fin d’Etudes GIROUD Olivier 35e Promotion (2002-2007) Elève - Ingénieur ISARA-Lyon Date : Le 21 Septembre 2007 Enseignant Responsable : M. Alain GAY Directeur de Mémoire : M. Thierry HETREAU
  2. 2. Ce document ayant été réalisé par un Elève - Ingénieur de l'ISARA-Lyon dans le cadre d'une convention avec le Centre d’Elevage de POISY, toute mention, communication ou diffusion devra faire état de l'origine ISARA-Lyon et du Centre d’Elevage « Lucien Biset » de POISY. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -2-
  3. 3. Remerciements, Je tiens à remercier l’ensemble des personnes ayant contribué au bon déroulement de mon stage de fin d’étude et à la réalisation de ce mémoire de fin d’études : En premier lieu, M. Thierry HETREAU, mon maître de stage pour son encadrement et sa disponibilité tout au long de mon stage. M. Alain GAY, mon professeur suiveur I.S.A.R.A., pour ses conseils et son soutien. Le directeur du Centre d’Elevage « Lucien Biset » de POISY, Mr Philippe PLUVINAGE, l’ensemble des formateurs : Emilie BERTHOLDY, Adeline GAILLOT, Marcel DELABRE, Dominique DUBONNET, Bruno MANIGLIER, Hervé PERDRIX, Jacques PRADAL, Romaric PUTHOD, ainsi que les secrétaires : Cindy DURET, Geneviève FOURNIER, Françoise GRAVIER, et Nathalie OPPIZZI, pour la qualité de l’accueil qui m’a été réservé. L’équipe ayant participé à la mise en place de l’essai, Mme Claire PONSART de l’U.N.C.E.I.A., M. François BADINAND de l’E.N.V.L. et M. Pierre PACCARD de l’Institut de l’Elevage. Les stagiaires avec qui j’ai partagé mon temps de travail, Cédric, Aurélien, Gaëlle, Aissam, Pierre et Franck. Sophie, ma famille, mes amis de longue date, ceux de l’I.S.A.R.A., plus ou moins moutes, pour leur présence physique ou téléphonique. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -3-
  4. 4. Liste des sigles et des abréviations D.A.C. : Distributeur Automatique de Concentrés D.E.C. : Détecteur Electronique de Chevauchement E.L.I.S.A. : Enzyme Linked Immuno Sorbent Assay F.S.H. : Follicule Stéroïde Hormone GnRH : Gonadotropin Releasing Hormone I.A. : Insémination Artificielle I.A.1 : Première Insémination Artificielle I.A.F. : Insémination Artificielle Fécondante I.A.R. : Increase Activity Ratio I.A.C. : Increase Activity Count I.N.R.A. : Institut National de la Recherche Agronomique I.S.A.R.A : Institut Supérieur d’Agriculture et d’Agroalimentaire en Rhône Alpes I.V.V. : Intervalle Vêlage Vêlage L.H. : Luteinizing hormone M.F.E : Mémoire de Fin d’Etude N.E.C. : Note d’Etat Corporel P.O. : Phase Ovulatoire P.L. : Phase Lutéale U.N.C.E.I.A. : Union Nationale des Coopératives d’Elevage et d’Insémination Artificielle U.R.C.E.O. : Union Régionale des Coopératives d’Elevage de l’Ouest V.L. : Vache Laitière vs : versus Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -4-
  5. 5. Table des matières INTRODUCTION.......................................................................................... - 5 - 1 I. DETECTION DE L’ŒSTRUS EN ELEVAGE LAITIER .................... - 4 - I.1 COMPRENDRE L’ŒSTRUS D’UNE VACHE LAITIERE ET SES COMPORTEMENTS:..................- 4 - a. L’œstrus, l’une des quatre phases du cycle oestral. ...............................................................- 4 - b. Les principales modifications comportementales au cours de l’œstrus:................................- 5 - b.1 L’acceptation du chevauchement ................................................................................................... - 6 - b.2 Les signes secondaires entre vaches .............................................................................................. - 7 - b.3 Autres signes .................................................................................................................................. - 9 - b.4 Validité relative des signes........................................................................................................... - 10 - c. Facteurs influant la manifestation de signes de chaleurs : ..................................................- 11 - c.1 Des facteurs intrinsèques à la vache :.......................................................................................... - 12 - c.2 Des facteurs d’ambiance et de conditions d’élevage.................................................................... - 13 - I.2 BIEN DETECTER LES CHALEURS DES VACHES LAITIERES : .............................................- 15 - a. Passer du temps à surveiller le troupeau. ............................................................................- 16 - b. S’aider d’outils spécifiques à la détection des chaleurs : ....................................................- 17 - b.1 Le planning d’élevage :................................................................................................................ - 17 - b.2 Les systèmes d’enregistrement de l’activité :............................................................................... - 18 - b.3 Les animaux détecteurs :.............................................................................................................. - 18 - b.4 Les détecteurs de chevauchement : .............................................................................................. - 19 - b.5 Les autres systèmes ...................................................................................................................... - 21 - c. Synchroniser les chaleurs pour simplifier la surveillance : .................................................- 23 - II. EXPERIMENTATION: « COMPARAISON DE DIFFERENTES METHODES D’UTILISATION D’UN DISPOSITIF DE VIDEO- SURVEILLANCE POUR LA DETECTION DES CHALEURS »......... - 25 - 2.1 PROTOCOLE DE L’ETUDE « SURVEILLANCE DES CHALEURS PAR VIDEOSURVEILLANCE »....- 25 - a. Matériels...............................................................................................................................- 25 - b. Méthodes...............................................................................................................................- 26 - c. Analyses ................................................................................................................................- 28 - 2.2 RESULTATS DE L’ETUDE :............................................................................................- 31 - Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -5-
  6. 6. a. La méthode « Caméra - 3x30 » : ..........................................................................................- 31 - b. Comparaison des différentes méthodes d’observation :.......................................................- 32 - b.1. Durée d’observation.................................................................................................................... - 32 - b.2. Temps réel observé : ................................................................................................................... - 33 - b.3. Sensibilité et spécificité ............................................................................................................... - 36 - c. L’intérêt d’un visionnage 24h/24 : .......................................................................................- 38 - c.1 Répartition des premières acceptations du chevauchement :....................................................... - 38 - c.2 Répartition des jours selon le nombre de VL en chaleur: ............................................................ - 40 - d. Profils de cyclicité ...............................................................................................................- 40 - III. DISCUSSION SUR L’UTILISATION DE LA VIDEOSURVEILLANCE ........................................................................... - 42 - 3.1 DISCUSSION SUR LES RESULTATS. ................................................................................- 42 - a. La détection des phases ovulatoires :...................................................................................- 42 - b. Optimisation du délai début de chaleur - IA : ......................................................................- 44 - 3.2 LIMITES DES RESULTATS DE L’ETUDE ET PERSPECTIVES ...............................................- 46 - a. Les conditions matérielles de l’essai:...................................................................................- 46 - b. Les méthodes utilisées dans l’essai: .....................................................................................- 50 - 3.3 SOLUTION INNOVANTE : UTILISATION D’UN SYSTEME DE VIDEOSURVEILLANCE. .........- 51 - a. Avantages du système de vidéosurveillance. ........................................................................- 51 - b. Limites du système de vidéosurveillance. .............................................................................- 53 - b. Conséquences technico-économiques de l’utilisation de la vidéosurveillance :..................- 57 - CONCLUSION............................................................................................. - 61 - LISTE DES TABLEAUX ............................................................................ - 64 - LISTE DES FIGURES ................................................................................ - 66 - LISTE DES PHOTOS.................................................................................. - 67 - BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................... - 68 - ANNEXES………………………………………………………………… - 74 - Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -6-
  7. 7. Ce mémoire de fin d’études fait la synthèse d’une étude de terrain qui s’est déroulée au Centre d’Elevage « Lucien Biset » de POISY (74) : utilisation d’un système de vidéosurveillance pour détecter les chaleurs des vaches laitières. On retrouvera dans cet écrit les connaissances bibliographiques sur le sujet, les résultats de l’essai, leurs discussions et les limites de l’étude. Ce mémoire a été précédé d’un travail de groupe de quatre étudiants en 5ème année à l’I.S.A.R.A.1 durant leur domaine d’approfondissement P.A.Q.T.2. Ce travail en amont a aidé à la mise en place de l’essai. L’idée d’utiliser ce type de système de vidéosurveillance pour surveiller les chaleurs est celle de Thierry HETREAU, formateur au Centre d’Elevage « Lucien Biset » de POISY. La ferme du Centre fonctionne grâce à du personnel qui habite loin du site, ce qui rend la surveillance du troupeau difficile et pénible. Les résultats de reproduction sont en baisse depuis quelques années. De plus, les contacts que M. HETREAU a avec des éleveurs au cours de formations de reproduction, l’ont conforté dans l’idée d’utiliser un moyen nouveau pour la détection des chaleurs. Le Centre d’Elevage « Lucien Biset » de POISY est un centre de formation support d’expérimentations. Il s’y est déjà déroulé de nombreux essais : impact de la températures de litières sur les mammites, recherche des meilleurs facteurs d’appétence, effets de la spartamine dans l’alimentation…La ferme du Centre d’Elevage « Lucien Biset » de POISY était donc le support idéal pour accueillir cette expérimentation. 1 Institut Supérieur d’Agriculture et d’Agroalimentaire de Rhône Alpes 2 Production Animale Qualité et Traçabilité Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -1-
  8. 8. Après l’alimentation, la reproduction est le second poste à maîtriser dans les élevages laitiers car la marge d’amélioration est importante dans ce domaine. La détérioration de la fertilité observée depuis 15 ans, surtout dans les troupeaux à hauts potentiels laitiers, s’est accompagnée d’un allongement de délai de mise à la reproduction des femelles (CHEVALLIER et HUMBLOT - 1998). La pratique de l’Insémination Artificielle (I.A.) utile à l’amélioration de la génétique a été adoptée par la majorité des éleveurs pour rester compétitifs (GEERS et al. - 1998). D’après l’U.N.C.E.I.A3, avec un total de 3 455 684 inséminations en 2002 en troupeaux laitiers français, l'insémination est le principal outil de l'amélioration génétique et de la reproduction, avec un taux de pénétration de l'ordre de 70 à 80 % selon les régions. Cependant la pratique de l’I.A. contraint à identifier les chaleurs des vaches pour pouvoir les inséminer au bon moment. Actuellement, d’après un article de BARBAT et al. (2006), le taux de réussite à la première IA chez la vache en lactation est relativement stable, proche de 55 %, en Montbéliarde. En Holstein, la baisse est de 1 % par an pour les trois premières lactations depuis les années 2000, avec un taux inférieur à 40 % en 2003 à partir de la deuxième lactation. Cette baisse est supérieure à la dégradation qui semblerait être expliquée par la sélection laitière estimée entre 0,3 et 0,5 % par BOICHARD (1998). L’intervalle entre vêlage s’est accru d’un jour par an en Holstein depuis quelques années, pour atteindre plus de treize mois aujourd’hui (408 jours). Cette tendance est moins marquée et plus récente en Montbéliarde (388 jours) (BARBAT et al. - 2006). Ces chiffres montrent une dégradation continue et rapide des résultats de reproduction chez les bovins laitiers. De nombreux facteurs peuvent expliquer cette baisse des résultats de reproduction. La sélection de plus en plus importante des vaches laitières visant à produire plus de lait va à l’encontre de bons résultats de reproduction. Mais cette sélection n’est pas la seule responsable de cette dégradation. La conduite d’élevage et notamment le temps que l’éleveur consacre à la surveillance des chaleurs, apparaît comme un élément de plus en plus déterminant dans les résultats de fertilité d’un troupeau. (KINSEL et ETHERINGTON - 1998, DISKIN et SREENAN - 2000). La détection des chaleurs affecte directement l’intervalle 3 Union Nationale des Coopératives d’Elevage et d’Insémination Animale Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -2-
  9. 9. « vêlage-vêlage », et par conséquent la production laitière. Améliorer l’efficacité de la détection des chaleurs peut augmenter significativement les profits d’une exploitation laitière (PECSOK et al. - 1994) Cependant, les éleveurs ont de moins en moins de temps à consacrer à la surveillance de leur troupeau, ou du moins estiment devoir y consacrer moins de temps, pour diverses raisons : baisse de la main d’œuvre, augmentation de la taille des troupeaux, participation à des réunions, besoin de temps libre… Un système de surveillance automatisé, permettant d’enregistrer les activités du troupeau de façon continue, pourrait pallier ce manque de temps, en particulier pour la surveillance des vêlages et le repérage des chaleurs. Un tel système pourrait contribuer à l’amélioration des performances de reproduction, sachant que les conditions de vêlage et la détection des chaleurs sont deux leviers importants pour la maîtrise de la fécondité. De plus ce système de surveillance vidéo peut-être employé à d’autres utilisations, comme la surveillance générale du troupeau ou le suivi d’une vache en particulier (vêlage, maladie…). Le fonctionnement de ce système en continue, y compris la nuit permet d’augmenter la plage de surveillance, limitée aux heures de présence de l’éleveur dans les surveillances classiques. Parmi l’ensemble des facteurs à améliorer pour mieux maîtriser les résultats de reproduction chez la Vache Laitière (V.L.), nous avons choisi de nous concentrer sur la simplification et l’amélioration du taux de détection des chaleurs. Un système de vidéosurveillance peut-il être utilisé pour surveiller plus efficacement les chaleurs des vaches laitières ? Dans une première partie nous ferons un point bibliographique sur la détection des chaleurs. Nous commencerons par décrire ce qu’est le cycle oestral d’une vache, en développant plus précisément la période d’œstrus, avec ses manifestations de chaleurs. Puis nous donnerons les principaux conseils pour une détection efficace des chaleurs et développeront les facteurs favorisant l’expression de celles-ci. Dans une seconde partie, nous exposerons les conditions et les résultats de l’expérimentation menés au Centre d’Elevage de POISY « Lucien Biset » sur la vidéosurveillance des chaleurs. Dans une dernière partie, nous discuterons des résultats obtenus et de l’utilisation de cette nouvelle méthode de détection des chaleurs par vidéosurveillance. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -3-
  10. 10. I. Détection de l’œstrus en élevage laitier Cette partie a pour but de faire un point de la bibliographie sur la détection de l’œstrus. Après une partie relativement théorique autour du cycle oestral, les modifications comportementales d’une vache au cours de l’œstrus et les facteurs favorisant les manifestations de signes de chaleurs, le second chapitre est plus axé sur des recommandations éleveurs. Les deux chapitres ont pour but de mieux comprendre ce qu’est l’œstrus et d’aider à sa détection. I.1 Comprendre l’œstrus d’une vache laitière et ses comportements: L’œstrus est une phase du cycle oestral ou sexuel (Cf. Figure n°1). a. L’œstrus, l’une des quatre phases du cycle oestral. Le cycle oestral se définit comme l’ensemble des modifications comportementales, anatomiques et physiologiques qui traduisent, chez la femelle, les modifications cycliques de l’ovaire. La durée du cycle chez la vache, en moyenne de 21 jours, peut être comprise entre 18 et 24 jours (VAILES - 1992, NEBEL - 2004). Les cycles ovariens débutent au moment de la puberté et peuvent se manifester pendant toute la vie. La vache est une femelle à reproduction non saisonnière, elle présente une activité cyclique toute l’année. La gestation fait suite à l’ovulation, dans le cas d’une réussite à l’I.A. C’est donc la principale cause d’interruption des cycles. Chez beaucoup de mammifères, une période d’anovulation de durée variable suit la parturition. (PONSART – 2003) L’évolution de la composition des ovaires permet de définir quatre phases aux cours du cycle oestral. Le découpage du cycle en quatre phases suit la maturation des follicules, des follicules primordiaux jusqu’au corps jaune : L’œstrus : La période d’œstrus correspond à la période de vraies chaleurs. Au cours de cette phase, le follicule de « De Graaf » mûrit. Le follicule de « De Graaf » est le dernier stade du follicule ovarien qui va libérer l’ovocyte lors de l’ovulation. La durée de cette phase est très variable selon les publications, mais on peut s’accorder à dire qu’elle est comprise en moyenne entre 6 heures et 14 heures. Cette variation est probablement due aux diverses conditions des essais (Cf. Tableau n°1): L’acceptation du chevauchement est le signe comportemental spécifique d’une vache en chaleur : le premier et le dernier marquent le début et la fin de l’œstrus et donc des chaleurs. D’autres signes de manifestations sont visibles mais ne sont pas spécifiques à cette période. L’ensemble de ces signes est décrit au § I.1.b. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -4-
  11. 11. Figure n°1 : Le cycle oestral d’une vache. (NYSENHOLC J. et al. - 1996) Etudes Conditions de l’essai Durée moyenne de l’oestrus HURNICK - 1975 - 7,5 h à 10,1h PIGGOTT et al. – 7,2 h 1996 SENGER, 1994 12,1 h. (entre 0,4 et 37,8h.) WALKER et al. - Prim’Holstein – Système 9,5 h 1996 HeatWatch® DRANSFIELD et al. 2055 Oestrus – 7,1h. (+/- 5,4h) -1998 Système HeatWatch® NEBEL - 1998 Génisses Prim’Holstein 10,3h. 48 Frisonnes et 41 Jersiennes à la XU et al., (1998) 8,6 h. Pâture - HeatWatch® AT-TARAS - 2001 - 5,75 h ANONYM – 2003 1500 vaches 8-9h (mini 4,5h.) NEBEL – 2004 2600 Prim’Holstein 7,3 h. (dont 30% < 4,4h.) 15 Prim’Holstein – Observation KERBRAT – 2004 14,1 h. (+/- 4,5 h.) vidéo 24h./24. ROELOFS et al. - 67 Prim’Holstein – 94 ovulations – 11,4 h. (+/- 4,4 h.) 2005 Observation 30 min. toutes les 3h. Tableau n° 1 : Durée moyenne de l’oestrus selon différentes sources.
  12. 12. Le metoestrus : Cette période se caractérise par l’ovulation qui se fait 10-12 heures après le début de cette période. L’ovocyte est pondu par le follicule de « De Graaf », qui se transforme en corps jaune. Ce dernier atteint sa taille maximum 8 à 18 jours après les chaleurs. Il produit une hormone, la progestérone, qui prépare l’utérus à recevoir un éventuel fœtus. Cette période dure en moyenne 72 heures. le dioestrus : Si l’ovocyte n’a pas été fécondé, le corps jaune régresse en quelques jours pendant cette phase. La lyse du corps jaune, ou lutéolyse, est provoquée par une prostaglandine, produite par l’utérus. La production de progestérone chute. Entre-temps, plusieurs follicules sont recrutés pour se développer. Si l’ovocyte est fécondé, il va s’implanter dans l’utérus et la période de gestation commence. L’utérus ainsi stimulé produit de la progestérone, tout comme le corps jaune qui persiste. La progestérone bloque le départ d’un nouveau cycle, ce qui empêche une nouvelle fécondation. Le di-oestrus s’étale sur 17 jours en moyenne. le pro-oestrus : Durant cette phase, un seul follicule est recruté, pour se transformer en follicule de « De Graaf » au cours de l’œstrus. La production d’œstrogènes est alors maximum. Sa durée est en moyenne de 10 heures. Selon certaines sources, seulement deux phases sont distinguées : la période ovulatoire (P.O.) et le diœstrus. Dans ce cas, la P.O. est découpé en 3 périodes de pro-oestrus, suboestrus (ou oestrus) et metoestrus. L’évolution des hormones aux cours du cycle oestral est décrit en ANNEXE n°1 (Cf. ANNEXE n° 1 : Les hormones aux cours du cycle oestral). Pour les deux principales hormones de la reproduction, la L.H.4 et la progestérone, on peut dire que leur concentration est inverse, la concentration en progestérone est élevée au cours du di-œstrus, celle de la L.H. élevée pendant la phase ovulatoire. b. Les principales modifications comportementales au cours de l’œstrus: La vache change de comportements pendant la phase de la P.O. : ces manifestations sont appelées « chaleurs ». Selon le Larousse Agricole de MAZOYER (2002), « la chaleur est le comportement particulier d’une femelle correspondant à la période appelée oestrus, pendant laquelle cette femelle accepte l’accouplement avec un mâle et peut être fécondée. Afin de déterminer le moment le plus propice à l’insémination, il est important de bien 4 L.H. : Luteinizing hormone Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -5-
  13. 13. connaître les signes de chaleur et surtout les trois stades du développement de la chaleur, soit pré-chaleur au moment du pro-oestrus, vraie chaleur au moment de l’œstrus, et après-chaleur au cours du metoestrus ». Certains signes, au cours du pro-oestrus annoncent la venue de l’œstrus, d’autres signalent que l’œstrus est terminé, au cours du metoestrus. Les signes de manifestation de chaleurs varient donc en fonction de la période du cycle : pro-oestrus, oestrus, metoestrus. LACERTE (2003) présente le tableau suivant pour synthétiser les différents signes observables selon les périodes du cycle (Cf. Tableau n°2) : Les vaches se montrent dans l’ensemble plus discrètes qu’avant dans la manifestation de leurs chaleurs (PHILIPOT - 2001). La durée des vraies chaleurs correspond à la durée de l’oestrus décrit ci-dessus (Cf. Tableau n°1, § I.1.a). b.1 L’acceptation du chevauchement Photo n° 1 : Une acceptation du chevauchement L’acceptation du chevauchement définit l’œstrus. Ceci est reconnu de tous. La vache en oestrus reste immobile quelques secondes, malgré l’autre vache qui pèse sur sa croupe et l’enserre généralement de ses pattes avant (Cf. Photo n°1). La plupart du temps, une durée minimale de 2 secondes est prise en compte pour différencier une acceptation d’un refus. La vache chevauchée doit avoir la possibilité physique de se dégager. La durée moyenne d’une acceptation est comprise entre 2,5 et 3,5 secondes (DRANSFIELD et al. – 1998, XU et al. - 1998). Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -6-
  14. 14. Période du Pro-oestrus Oestrus (vraie Metoestrus cycle (pré chaleur) chaleur ou rut) (après chaleur) - Agitation de l’animal - Vulve très - La vache ne se laisse plus - Crainte des autres congestionnée, monter mais peut parfois vaches couleur rougeâtre. monter les autres - Tentative de monte - Mucus très filant et - Ne fait que sentir les autres chez d’autres vaches clair - Plus souvent redevient - Vulve congestionnée - Vaches nerveuse, calme. humide et légèrement aux aguets - Mucus visqueux et Signes rosée - Beuglements d’apparence laiteuse externes - Mucus pouvant être - Vulve décongestionnée - Beuglements. fréquents - Le saignement survient 24 à - Moins d’appétit. - Peut retenir sont lait 48 heures après le début de - La vache se laisse cette période et est observée monter sans se chez environ 50% des vaches. dérober, seul signe fiable du rut. Tableau n° 2 : Signes observables en fonction de la période du cycle. (LACERTE et al., 2003)
  15. 15. L'acceptation du chevauchement reste le signe décrit le plus spécifique (HAFEZ et al. - 1969), bien qu’il ne soit pas assez sensible. Il ne se rencontre que chez 37 % à 58 % des vaches en oestrus (Cf. Tableau n°3). De plus, même parmi les vaches concernées, cette activité ne se répète qu'un nombre de fois limité, en moyenne entre 5 et 16 fois par période d’œstrus (Cf. Tableau n°4) soit 1 à 3 fois par heure durant cette période. L’ensemble des acceptations de chevauchement est inclus dans la période d’œstrus. Il existe donc des oestrus courts ainsi que des chevauchements peu nombreux et de courte durée. Le très faible nombre de "faux positifs"5 est mis en évidence par une très bonne spécificité supérieure à 95 % (HEERCHE et NEBEL - 1994, ORIHUELA - 2000). C'est le signe le plus fiable rencontré pour l’étude d’un ensemble d'animaux. Cependant l’activité d’acceptation du chevauchement ne représente qu’une infime partie d’apparition des signes de chaleurs, environ 1 % (SENGER - 1994, KERBRAT et DISENHAUS - 2004). Le plus intéressant pour l'observateur est donc de recueillir le (ou les quelques) signe(s) lui permettant la détection de la plus grande part du troupeau. Car si l’acceptation du chevauchement reste plébiscité (diffusion et validité), la prise en compte de ce seul comportement laisse des failles qui expliquent l’intérêt des signes secondaires. En effet, ce signe très spécifique est peu sensible compte tenu du fait que toutes les vaches ne l’expriment pas pendant la période d’œstrus potentiel, que sa durée est courte et qu’il peut donc être difficile voire impossible à détecter au cours de la période d’œstrus. b.2 Les signes secondaires entre vaches Les signes secondaires au cours de l’œstrus autre que l’acceptation du chevauchement ne sont donc pas à négliger. Mais, s'ils ne font pas consensus, leur étude reste intéressante ne serait-ce que par leur persistance et leur diffusion dans les élevages. Voici une liste des signes secondaires pouvant être observés en élevage : Les chevauchements : Une vache peut se faire chevaucher sans accepter le chevauchement (VAN EERDENBURG et al. - 1996, DISKIN et SREENAN - 2000). Dans ce cas, il faut faire attention, car la vache qui chevauche peut également être dans la période d’œstrus. Une vache en chaleur peut donc chevaucher d’autres congénères (GRAY et VARNER - 1993, HEERCHE et NEBEL - 1994, HERES et al. - 2000). Lorsqu’une vache en chevauche une autre, au moins une, dans 90 % des cas serait en oestrus, et les deux dans 71% 5 Faux positif : un faux positif est une vache acceptant le chevauchement hors d’une période d’oestrus. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -7-
  16. 16. % d’œstrus accompagnés Sources d’acceptations du chevauchement ROELOFS et al. (2005) 58 % KERBRAT et DISENHAUS (2004) 50 % VAN EERDENBURG et al. (1996) 37 % LYIMO et al. (2000) 53 % Tableau n° 3 : Nombre d’oestrus accompagnés de l’acceptation du chevauchement selon différentes sources. Nombre Etudes Conditions de l’essai d’acceptations par chaleur Prim’Holstein - WALTON et al. – Observation caméra 5,5 1987 continue Détecteur de SENGER - 1994 14,1 chevauchement PIGGOTT et al. - - 4,6 1996 WALKER et al., 1996 Holstein – HeatWatchTM 10,1 DRANSFIELD et al. - 2055 Oestrus - 8,5 (+/- 6,6) 1998 Système HeatWatchTM AT-TARAS et SPAHR 6,2 - - 2001 NEBEL - 1993 Génisses Prim’Holstein 16,3 (+/- 11,6) 48 Frisonnes et 41 XU et al. - 1998 Jersiennes à la Pâture - 11,2 (+/- 0,93) HeatWatchTM KERBRAT et 15 Prim’Holstein - 8,2 DISENHAUS - 2004 Observation vidéo 24h./24 Tableau n° 4 : Nombre d’acceptation du chevauchement par période d’oestrus selon différentes sources.
  17. 17. des cas. Et si ce rapport n’est pas constaté par tous, certains trouvent cependant que dans un grand nombre de cas (85 %) la vache chevauchant (et non chevauchée) est en oestrus (ORIHUELA - 2000, ROELOFS et al. - 2005). Cela affecte donc au chevauchement (ou tentatives) une bonne sensibilité à la détection des comportements d’œstrus. Par contre la spécificité est faible : plus de 90 % des vaches qui chevauchent ou tentent de chevaucher sont également en dehors de leur période d’œstrus (WILLIAMSON et al. - 1972). Certains conseillent d’attendre la répétition jusqu’à six fois de ce signe avant d’en lire là un signe de chaleur (VAN EERDENBURG et al. - 1996). Le chevauchement par l’avant (ou tentative) est reconnu comme être un signe spécifique par différents auteurs avec une sensibilité acceptable : 25 % des vaches en oestrus l’expriment (VAN EERDENBURG et al. - 1996). Les contacts : Une vache en chaleur peut appuyer son menton sur une autre vache, au niveau de la croupe ou de l’encolure (WILLIAMSON et al. - 1972, VAN EERDENBURG et al. - 1996). Elle peut également en cajoler un autre se frotter contre elle (HERES et al. - 2000), lui donner de petits coup d’épaules ou de tête (GRAY et VARNER - 1993). Léchage ou flairage : La vache peut avoir tendance à renifler la zone périnéale d’une autre vache. Elle a tendance à lécher les autres sur la tête ou vers l’arrière train. (WILLIAMSON et al. - 1972, VAN EERDENBURG et al. - 1996, HERES et al. - 2000) Ces signes doivent être considérés comme secondaires : c'est-à-dire qu'ils complémentent d’autres informations (et en premier lieu l’acceptation du chevauchement, signe primaire). Mais ils ne peuvent pas conduire seuls à un "diagnostic" d’œstrus. Selon leur fréquence (VAN EERDENBURG et al. - 1996, HERES et al. - 2000) et/ou leur association (SENGER - 1994), ils peuvent cependant laisser penser qu'une vache est probablement en chaleur. Ajoutés à la connaissance individuelle des vaches par l'éleveur, ces signes peuvent amener ce dernier à inséminer. Ce type de décision repose plus sur l’appréciation personnelle que sur des faits objectifs. Cette appréciation reste nécessaire dans certains cas comme celui des vaches à « chaleurs discrètes » (pas d’acceptations du chevauchement). Ces signes en eux-mêmes ne sont pas nouveaux, ils sont observés par les éleveurs depuis toujours. Ce qui est nouveau, c’est leur grand intérêt dans la détection des chaleurs. Les signes secondaires peuvent constituer de bons repères par leur détection aisée et leur bonne répartition au sein des troupeaux (Cf. Figure n°2) mais ils manquent de spécificité, puisqu’ils peuvent être couramment observés, même en dehors des périodes d’œstrus. Pour conclure à la Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -8-
  18. 18. 50 44%b 100 % 100 % 56 % 90 % 22 % 58 % Nombre observé(s) pendant l'oestrus 40 30 20 10 0 Lech Ren Fro Est chev Chev ChevAv Accept a Signes Figure n° 2 : Moyenne du nombre d’apparition des différents signes au cours de l’œstrus (KERBRAT et DISENHAUS, 2004) a Lech = Lèche d’autres vaches ; Ren = Renifle ; Fro = Se frotte à d’autres vaches ; Est chev = Est chevauchée sans accepter ; Chev = Chevauche ; ChevAv = Chevauche par l’avant ; Accept = accepte le chevauchement. b Le chiffre en rouge représente le pourcentage d’œstrus au cours desquels on a observé ce signe
  19. 19. venue en chaleur, il faut avoir observé la répétition de ces comportements à de nombreuses reprises, dans un laps de temps court, moins d’un quart d’heure (PHILIPOT - 2002). b.3 Autres signes D’autres signes, observables sans la présence d’autres vaches peuvent être observés. L’activité générale de la vache est augmentée (Cf. Figure n°3): La quantification des déplacements de la vache est également un signe exploité pour la détection de l’oestrus. L’augmentation de la marche et la diminution des couchages peuvent être les témoignages d’une certaine fébrilité oestrale. Elle a tendance à être plus nerveuse, à aller plus aux contacts des autres. Elle peut marcher sur un cercle ou suivre une congénère « à la trace » (GRAY et VARNER - 1993, HEERCHE et NEBEL - 1994, DRANSFIELD et al. - 1998, HERES et al. - 2000). . Lorsque cette activité est quantifiée, elle peut servir de moyen de détection. Elle se note soit par l’appréciation globale de l’éleveur, soit par l’utilisation de podomètres. Un graphique issu d’un tableau de KERBRAT et DISENHAUS (2004), montre la proportion de temps passé aux principaux comportements, durant les jours précédent et suivant l’œstrus (Cf. Figure n° 4). Grâce à cette figure, on peut voir qu’une vache en chaleur passe plus de temps à se déplacer, à être debout dans les passages, à changer de place. Elle reste aussi moins couchée. On voit qu’une vache en chaleur à tendance à être plus agitée qu’une autre. Une étude de KIDDY (1978), démontre que l’activité augmenterait de 3,9 en aire paillée et 2,8 fois en logettes, entre la phase d’œstrus et les autres phases du cycle. L’effet habitat a un impact sur l’augmentation de l’activité. De plus, dans cette étude, une différence d’activité significative a été observée entre V.L., ce qui a permis de déduire qu’une variation d’activité doit être calculée par rapport à une base propre à chaque V.L. Une étude plus récente de BERNY et PACCARD (2003), a permis de comparer ce phénomène entre des vaches à la pâture et celles en stabulation : une vache marche 3 fois plus lorsqu’elle est en oestrus en stabulation, et seulement 2 fois plus lorsqu’elle est en pâture. On peut observer un mucus vaginal filant lors de l’œstrus. La vulve devient rose, humide et enflée (DISKIN et SREENAN - 2000). Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 -9-
  20. 20. activité motrice alimentation repos Figure n° 3 : Variation d’activité 15 autour de l’œstrus (HURNIK et al., 1975) 10 Durée (en heures) 5 0 -4 -2 0 +1 +3 Jours par rapport à l'oestrus 220,1c 187,3 196 346,2 146,5 100% Légende b : 90% Boit NS 80% Temps passé (en %) Mange NS 70% 60% Marche *** 50% Est debout dans les passages ** 40% Est debout dans l’air de couchage * 30% 20% Est couché ** 10% 0% Lut1 Lut2 Oest-1 Oest Oest+1 Période du cycle oestral a Figure n° 4 : Temps passé aux principaux comportements par jour, aux cours des jours précédent et suivant l’oestrus (n VL = 11) (KERBRAT et DISENHAUS - 2004) a Oest = jour de l’oestrus ; Oest+1 = jour suivant l’oestrus ; Lut1 = premier jour de la première moitié de la phase lutéale ; Lut2 = premier jour de la seconde moitié de la phase lutéale ; Oest – 1 = jour précédent l’oestrus b NS = Non Significatif ; * = P<0,05 ;** = P<0,01 ; *** = P<0,001 c Le chiffre en rouge représente le nombre de changement de position au cours des cinq périodes.
  21. 21. La résistance électrique du tractus génital est modifiée au cours de l’œstrus (Cf. Figure n° 5) Les beuglements peuvent être plus fréquents (Cf. Figure n° 6): Une baisse d’ingestion, et baisse de la production de lait (DISKIN et SREENAN - 2000, GRAY et VARNER – 1993, HEERCHE et NEBEL - 1994) peuvent être observées. Cependant, de nombreux autres facteurs peuvent influencer la production de lait ou l’ingestion (maladies essentiellement). Ainsi ces deux facteurs ne peuvent pas être choisis comme comportement de chaleur, mais peuvent être utiles en temps qu’indicateurs. D’autres changements de comportements peuvent être constatés, mais sont peu spécifiques à la période d’œstrus : - Tremblements et levé de la queue en crosse (GRAY et VARNER - 1993) ; - Museau plissé et lèvres retroussées, attitude de flairage de l'environnement, gueule entrouverte, respiration attentive (GRAY et VARNER - 1993) ; - Oreilles repliées vers l’arrière, ou au contraire pointées vers l’avant - Gratte le sol (BOUISSOU - 1964) ; - Immobilisation au pincement lombaire (WILLIAMSON - 1972) ; Des solutions, comme des outils d’aide à la détection, existent pour exploiter ces informations. Leur recoupement permet d’améliorer la spécificité globale de la détection. L’activité globale regroupe d’ailleurs déjà plusieurs signes en elle-même. b.4 Validité relative des signes. VAN EERDENBURG et al. (1996) ont attribué à chaque signe de manifestation de chaleurs, un nombre de points en fonction de la fiabilité du signe concerné. Ils considèrent une vache en chaleur quand elle totalise un nombre de points strictement supérieur à 50 à la suite de plusieurs observations consécutives (Cf. Tableau n°5) : Signes de chaleurs Points Ecoulement de glaires 3 Contact 3 Agitation 5 Renifle la vulve d’autres vaches 10 Pose le menton sur croupe 15 Chevauchement non accepté 10 Chevauche ou essaie de chevaucher d’autres vaches 35 Chevauche par l’avant 45 Chevauchement accepté 100 Tableau n° 5 : Table des points des signes de manifestation de chaleur. (VAN EERDENBURG et al. - 1996) Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 10 -
  22. 22. 170 6 5 166 Concentration (en ng/ml) Résistance (en ohms) 4 162 3 158 2 154 1 150 0 -10 -8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8 10 Jours du cycle Résistance du tractus génital Progéstérone Oestradiol Figure n° 5 : Evolution de la résistance électrique du tractus génital au cours du cycle. (LEWIS et al., 1989) 250 200 Nombre par jour 150 100 50 0 -3 -2 -1 0 1 Jour du cycle par rapport à l'oestrus Figure n° 6 : Nombre de vocalises par jour en fonction du jour du cycle (SCHÖN et al., 2007)
  23. 23. L’acceptation au chevauchement est confirmée comme étant le signe le plus fiable pour détecter visuellement l’œstrus. Il vaut mieux comparer l’état de la vache et les signes qu’elle extériorise non pas à une norme pré-établie mais à elle-même en dehors de son état d’œstrus, ou au moins à un groupe de vaches situées dans des états physiologiques proches. Deux vaches ne se comportent pas de manière identique, seuls certains détails sont communs, et ils ne sont partagés qu’avec une partie de leur groupe. Certains signes apparaissent valides, mais restent à interpréter en fonction des facteurs tels que la vache, ses congénères, les locaux : augmentation de l’activité et des beuglements. D’autres sont intéressants dans la mesure où ils annoncent (nervosité, chevauchement), confirment (glaires) ou infirment (certaines métrorragies et métrites) l’état d’œstrus, même s’ils ne peuvent l’assurer. Les antécédents de traitements (notamment à visée reproductive), ainsi que d’autres signes permettent de se repérer dans le cycle de la vache : un peu de sang à la vulve, par exemple, peut être en relation avec le metoestrus, soit 2 à 3 jours après l’œstrus (DISKIN et SREENAN - 2000, GRAY et VARNER - 1993). L’intensité et la durée de la période d’œstrus ont également un impact sur le taux de gestation (Cf. Figure n° 7). DRANSFIELD et al. (1998) ont utilisé des détecteurs électroniques de chevauchement HeatWatchTM (Cf. § 1.2.c) et sont arrivés à la conclusion que 24% des périodes d’œstrus sont d’une faible (<1,5 acceptation/h) et courte (<7h) intensité. C’est l’existence de manifestations de chaleurs fugaces qui peut en partie expliquer la faible efficacité de la surveillance visuelle. Les signes de chaleurs observés avant l’I.A. ont un impact sur la réussite à l’I.A. comme le montre HEERCHE et NEBEL (1994) (Cf. Tableau n° 6). Au cours de l’étude NEC + Repro (PONSART et al. - 2006) a répertorié les pratiques d’appel de l’inséminateur. Pour les 10 élevages de l’étude, il ressort que 50% seulement des appels sont liés à l’observation de l’acceptation du chevauchement, associée ou non à un autre signe. 35% se sont faits sur 1 seul signe, non spécifique (glaire, nervosité, …). 80% des femelles inséminées au mauvais moment sont dans ce groupe de vaches. c. Facteurs influant la manifestation de signes de chaleurs : L’acceptation du chevauchement étant le signe le plus fiable, il faut faciliter celui-ci. Passer du temps à surveiller son troupeau ou installer des détecteurs de monte si les vaches ne se chevauchent pas est inutile. Plusieurs facteurs influencent les vaches à chevaucher ou non. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 11 -
  24. 24. Répartition des catégories d'oestrus 40% 52% 50% Taux de gestation 30% 48% 20% 46% 10% 44% 0% 42% Faible intensité etFaible intensité etHaute intensité etHaute intensité et courte durée. longue durée. courte durée. longue durée. Catégorie d'oestrus a Répartition des différentes catégories d'oestrus Taux de gestation Figure n° 7 : Répartition des périodes d’oestrus selon leur intensité et leur durée, identifiées à l’aide d’HeatWatch®, et leur impact sur le taux de gestation. (DRANSFIELD et al. – 1998) a Un oestrus d’une faible intensité et d’une courte durée = moins d’1,5 acceptations/h., un intervalle premier – dernier acceptation inférieur à 7h. Un oestrus d’une haute intensité et d’une longue durée = plus d’1,5 acceptations/h., un intervalle premier – dernier acceptation supérieur à 7h. Taux de Signes de chaleurs réussite à l’I.A. Acceptation du chevauchement 51,3 % Pas d’acceptation du Chevauchement 45,7 % Beuglements 50 % Augmentation de l’activité 49,6 % Baisse de la production de lait 49,3 % Chevauchements d’autres avec 49,2 % vaches Marques sur le haut de la 48,8 % queue Mucus 44,2 % Ecoulement de sang 33 % Tableau n° 6 : Relation entre les signes de chaleurs observés avant l’I.A., et la réussite à l’I.A. (HEERCHE, 1994)
  25. 25. Il faut rappeler que seulement 10 % des raisons pouvant expliquer une mauvaise détection des chaleurs peuvent être attribuées à la vache et 90 % à un problème de gestion de l’élevage (DISKIN et SREENAN - 2000). c.1 Des facteurs intrinsèques à la vache : Des facteurs de variation individuelle de l’expression des chaleurs sont la race, l’âge, le rang de lactation, le stade physiologique. Avec l’âge et le rang de vêlage, la durée de l’œstrus diminue, ainsi que le nombre de chevauchements (NEBEL - 2003, ROELOFS et al.- 2005) (Cf. Tableau n° 7 et n° 8). La sélection génétique a été faite ces 20 dernières années sur la production laitière. Les vaches hautes productrices ont tendance à moins exprimer de signes de chaleurs. (DISKIN et SREENAN - 2000). La Prim’Holstein est l’exemple par excellence de la vache sélectionnée pour faire du lait. Cette race forte productrice a tendance à moins manifester ses chaleurs (ORIHUELA - 2000). Ainsi, plus une vache produit du lait, moins on risque de la voir en chaleur, car elle sera plus discrète (Cf. Tableau n° 9). On peut cependant penser qu’à niveau de production égale, les races manifestent leurs chaleurs de la même façon. La Note d’Etat Corporel (NEC) au moment du vêlage, des chaleurs, affecte l’expression de signes. (PENNINGTON et al. - 1986, FRERET et al. - 2005). La vitesse de reprise d’état corporel post-partum a également une importance. L’étude NEC + Repro (PONSART et al. - 2006) a permis de prodiguer trois conseils majeurs pour qu’une vache ait les meilleurs résultats de reproduction, passant par une bonne manifestation de chaleurs: la vache ne doit pas être trop grasse au vêlage (une N.E.C. de 3,3 points), une perte d’état post- partum limitée, en durée et en importance. (perte de moins d’1,5 points en 60 jours) et une reprise rapide après 60 jours. Ces chiffres sont issus de données de Prim’Holstein Hautes productrices. Les conseils sont les mêmes pour les autres races mais la valeur des chiffres peut être légèrement différente. Les anomalies de cyclicité jouent également sur la baisse du taux de détection. Il faut savoir que les vaches aux cycles anormaux ont des chaleurs plus difficiles à détecter. Plusieurs études réalisées en station, en race Prim’Holstein, ont montré que les anomalies sont plus fréquentes et peuvent concerner 30 à 50 % des vaches. Les plus fréquentes sont les phases lutéales prolongées (12 à 35 %) et l’inactivité ovarienne prolongée (10 à 20 %) (DISENHAUS et al. - 2005). M. PHILIPOT classe les vaches en trois catégories suite à une étude de l’I.N.R.A.6: 6 Institut National de Recherche Agronomique Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 12 -
  26. 26. Parité Primipares Multipares Durée de l’oestrus 13,6 (+/- 4,8) 10,8 (+/- 3,8) Tableau n° 7 : Effet de la parité sur la durée de l’oestrus (ROELOFS et al. - 2005) Durée de Nombre de Races de vache l’acceptation chevauchements acceptés Prim’Holtsein 7h. (+/- 7h.) 7 (+/- 7) Vaches Jersey 8h. (+/- 5h.) 10 (+/- 10) Prim’Holtsein 11h. (+/- 7h.) 17 (+/- 7) Génisses Jersey 14h. (+/- 6h.) 30 (+/- 17) Hereford 16h. (+/- 8h.) 60 (+/- 19) Tableau n° 8 : Variation de l’oestrus en fonction de l’âge et du génotype - détection de l’oestrus par HeatWatch. (NEBEL et al. - 1993) Cyclicité Profils de cyclicité Cyclicité normale Anœstrus irrégulière Pas d’activité ou Cycles Caractéristiques des Irrégulières ou Régulières phase lutéale irréguliers ou chaleurs suboestrus prolongée traitements Apparition de la 1ère Précoce intermédiaire tardive Intermédiaire chaleur après vêlage Chaleurs détectées Régulières, Risque de entre 30 et 80 jours bien chaleur non rares Irrégulières après vêlage exprimées détectée Très hautes productrices Paramètres laitiers Taux satisfaisants (30 jours de lactation) % TP/TB < 0,7 Taux élevé Etat corporel (30 Ni trop grasses ni trop Plus ou moins Maigres jours de lactation) maigres grasses Tableau n° 9 : Relations entre cyclicité, production laitière, état corporel et manifestations de chaleurs (PONSART et al. - 2006)
  27. 27. - Celles qui ont une chaleur dans les 50 jours suivant le vêlage, le plus souvent vers 3 à 4 semaines précédant des cycles réguliers. Pour ces animaux il n’y a pas de raison de ne pas arriver à bien détecter les chaleurs. Cette catégorie représente six vaches sur dix. - D’autres vaches sont en anœstrus (10 %). Aucune chaleur n’est visible. - D’autres enfin, manifestent une première chaleur dans les 50 jours après le vêlage, puis il ne se passe plus rien. C’est le cas de trois vaches sur dix. Pour certaines, les ovaires se sont mis au repos. Pour d’autres, c’est un kyste ou un corps jaune persistant. De plus en plus de vaches ont des cycles bloqués, pour des raisons alimentaires ou génétiques. Le tableau n°9 (Cf. page précédente), issu de l’étude NEC + Repro (PONSART et al. – 2006), montre la relation entre les profils de cyclicité, les paramètres laitiers, l’état corporel et les manifestations de chaleurs d’une vache. Ainsi, certaines vaches cumulant l’ensemble de ces critères, sont à qualifier « à risque » au niveau de la détection des chaleurs : ce sont en général les Prim’Holstein hautes productrices, maigres après le vêlage, qui ne reprennent pas d’état après la parturition. c.2 Des facteurs d’ambiance et de conditions d’élevage L’environnement tient aussi un grand rôle dans l’expression de l’œstrus, et donc dans sa détection. L’alimentation tout d’abord joue sur la NEC de l’animal et sur sa cyclicité. Ce sont des facteurs intrinsèques à l’animal. D’après diverses publications, l’effet groupe est un facteur qui va permettre de déceler les chaleurs plus facilement. Dans la plupart des cas, les vaches chevauchées, le sont par des vaches elles même en chaleur. En effet, d’après NYSENHOLC et WATTIAUX (1996), plus il y a de vaches plus la chance de détecter leur chaleur est important, car il y a un effet de « groupe sexuellement actif ». Ce qui n’est pas fréquent lorsque les vêlages sont répartis toute l’année, et que la taille du troupeau est petite. D’après HURNIK et al. (1975), la durée des chaleurs augmente de 7,5 heures à 10,1 heures pour 1 à 3 vaches en chaleur. L’effet groupe conditionne la longueur des chaleurs et donc les chances d’observer des chevauchements. (Cf. Tableau n° 10 et 11). L’effet de l’habitat semble également jouer un rôle sur l’intensité des chaleurs d’après GWAZDAUSKAS et al. (1983) et SILVA (de) et al. (1981). Les vaches entravées montrent plus de signes de chevauchements lorsqu’on les détache que des vaches qui sont en Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 13 -
  28. 28. Nombre de vaches en Nombre moyen de chevauchement Durée de l’oestrus chaleur simultanément par vache par chaleur. 1 11,2 7,5 h 2 36,6 - 3 52,6 10,1 h 4 et + 49,8 - Tableau n° 10 : Effet du nombre de vaches en chaleur sur l’activité de chevauchement. (HURNICK et al - 1975) Nombre de vaches en Durée de l’oestrus chaleur simultanément 1 11,3 h. (+/- 4,2 h.) 2 11,4 h. (+/- 5,3 h) 2 et + 12,8 (+/- 3,2 h.) Tableau n° 11: Effet du nombre de vaches en chaleur sur la durée de l’oestrus. (ROELOFS et al. - 2005)
  29. 29. stabulation libre. Cette observation est encore plus justifiée quand on passe des vaches entravées au pâturage. Si l’espace à l’intérieur du bâtiment est trop important, l’interaction entre vaches sera plus rare et l’effet groupe diminué (DISKIN et SREENAN - 2000). Les lieux de rencontre (points d’eau, Distributeurs Automatiques de Concentrés (DAC), ouvertures ou portes) favorisent les interactions tandis que les zones souillées sont le plus souvent évitées (GRAY et VARNER - 1993). BRITT et al. (1986) ont reporté que la structure du sol est le facteur le plus important pour le chevauchement. En effet le sol sur lequel les vaches circulent conditionne la durée de monte. VAILES (1990) a prouvé que l’activité de monte est 3 à 15 fois meilleure sur un sol souple que sur un sol dur. Les vaches observées sur un sol souple (prairie, litière, terre battue…), ont des chaleurs plus longues et chevauchent plus par rapport à des vaches qui circulent sur du béton, surtout si celui-ci n’est pas rainuré et qu’il glisse. PENNINGTON et al. (1985), suite à une observation en continue, a noté 70 % des chevauchements dans la zone de couchage paillée. Les autres comportements en revanche (signes secondaires) ne sont pas affectés par le type de sol. Voici ci-contre représenté le schéma de l’essai, duquel sont issues ces informations (Cf. Figure n° 8 et Tableau n° 12). BRITT (1982), WALKER et al. (1996) et PENNINGTON et al. (1986) ont fait les mêmes conclusions lorsque les vaches avaient des pieds en bon état. Une vache qui boite par exemple n’acceptera pas le chevauchement, le poids de sa congénère étant trop important pour son membre endolori. Elle chevauchera encore moins d’autres vaches. Les 10 minutes suivant un changement de lieu (passage d’un sol dur à un sol souple en particulier) facilitent la manifestation (BRITT et al. - 1986). Il peut être intéressant de faire migrer les vaches sur un sol souple pour l’observation des chaleurs (VAILES - 1990). Une aire d’exercice non bétonnée (sol de sciure ou de terre battue par exemple), différenciée de l’aire de couchage, peut être un lieu propice à la manifestation de chaleurs. Au cours des différentes saisons, la durée de la manifestation des chaleurs peut être modifiée. SILVA (de) et al. (1981) ont montré par observation visuelle que l’expression des chaleurs était plus importante durant l’hiver (Novembre à Mai) que durant l’été (Juin à Octobre). AT- TARAS et SPAHR (2001) ont constaté que la durée de l’œstrus était affectée par le temps et par la chaleur. L’œstrus est plus court en été (2,97 heures en été vs 6,76 heures en hiver), à noter que ces durées d’œstrus sont relativement réduites. Il faut préciser que l’essai s’est déroulé au Maroc, pays où le climat est chaud et sec. XU et al. (1998) ont observé une augmentation de la durée de l’œstrus (7,3 heures vs 9,7 heures) additionnée d’une Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 14 -
  30. 30. A Sol souple A B Sol dur A Vache A B Vache B VT VT Vache Test 2,5 VL A et B en oestrus Nombre de chavauchement en 30 VL A et B en anoestrus 2 1,5 min. 1 0,5 0 Sol souple Sol dur Surface testée Figure n° 8 : Protocole et résultats de l’essai de VAILES sur l’influence du type de sol sur la manifestation de signes de chaleurs. (VAILES – 1990) Chevauchement Durée de présence (en min.) Sol souple Sol dur Sur sol souple Sur sol dur A et B en oestrus 3,2 (+/- 0 ,8) 1,2 (+/- 0 ,4) 20.43 (+/- 2. 56) 9.57 (+/- 2. 56) A et B en anoestrus 0 (+/- 0) 0 (+/- 0) 23.46 (+/- 2. 92) 6.54 (+/- 2. 92) Seul A en oestrus 1,5 (+/- 0 ,7) 0,1 (+/- 0 ,1) 23.90 (+/- 2. 82) 6.10 (+/- 2. 82) Seul B en oestrus 0,2 (+/- 0 ,2) 0,8 (+/- 0 ,4) 18.56 (+/- 3. 08) 11.42 (+/- 3. 08) Tableau n° 12 : Influence du statut de deux vaches (en oestrus ou non) et du type de sol sur le comportement du chevauchement de vaches test. (VAILES – 1990)
  31. 31. augmentation du nombre de chevauchement (8,5 vs 13,6) entre des troupeaux observés en été et ceux observés en hiver. La température de l’environnement au moment de l’œstrus a aussi une influence sur l’expression des signes de chaleur d’après GWAZDAUSKAS et al. (1983). Quand la température augmente jusqu’à environ 25° C, les chevauchements détectés par observation visuelle augmentent. Au dessus de 30° C, on observe une diminution du nombre de chevauchements par heure. Ces données suggèrent que les températures très chaudes diminuent l’expression des chaleurs. WALKER et al (1996) ont prouvé qu’aucun effet sur la manifestation des chaleurs n’est observé quand la température augmente de 3,9°C à 13,4°C. I.2 Bien détecter les chaleurs des vaches laitières : Certains éleveurs imputent la dégradation des résultats de reproduction à l’accroissement de la production par vache et se résignent à vivre avec ce problème. Ce n’est pourtant pas une fatalité. La baisse des résultats de reproduction est un phénomène inquiétant sur le plan économique, fortement lié à la dégradation du taux de détection des chaleurs (CALDWELL - 2003). Il existe des solutions pour mieux détecter les chaleurs. Il appartient à l’éleveur de pallier ce phénomène à travers le choix d’outils et de temps consacré à la surveillance de son troupeau. (ORIEUX et SERAI - 2002). La qualité de la détection des chaleurs est déterminée par son efficacité et par sa précision. Son inefficacité entraîne un retard du délai de mise à la reproduction, quant à l’imprécision, elle engendre une dégradation de la réussite à l’I.A. Voici les indicateurs proposés par BERTIN-CAVARAIT (2006) pour juger la qualité de la détection des chaleurs : - Le nombre de retour en chaleur à six semaines, mais aussi les diagnostics de gestation négatifs et le nombre de traitements pour induction de chaleurs permettent de juger l’efficacité de la détection. L’efficacité de la détection de chaleur représente le nombre de chaleurs détectées sur la totalité des périodes ovulatoires réelles: on peut la comparer au taux de détection. La méthode de référence employée pour dénombrer l’ensemble des périodes ovulatoires réelles est à préciser, la méthode par dosage de progestérone est souvent utilisée (Cf. ANNEXE n° 2 : Fiche Technique Biovet : Détermination du taux de progestérone dans le lait – Ovucheck® Milk). Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 15 -
  32. 32. - Le nombre de fausses chaleurs, ainsi que la fertilité des vaches inséminées un même jour, sont les indicateurs utilisés pour évaluer sa précision. La précision de la détection des chaleurs est la capacité de l’éleveur de détecter des vaches réellement en chaleur. On estime qu’entre 15 et 30 % des saillies manquent complètement la cible et sont faites alors que le niveau de progestérone sanguin est élevé, donc en présence d’un corps jaune fonctionnel, période durant laquelle il est impossible de saillir avec succès (BRASSARD - 1997). a. Passer du temps à surveiller le troupeau. Les pratiques d'élevage les plus répandues se ramènent à la méthode traditionnelle de détection de la période d’œstrus : l'observation visuelle des comportements de chaleurs. Le temps passé à la détection des chaleurs est le facteur principal d’amélioration du taux de détection. Voici ci-contre les résultats d’études sur l’influence du temps d’observation visuelle sur le taux de détection des chaleurs des V.L. (Cf. Tableaux n° 13 et 14 et Figure n° 9). AT-TARAS et SPAHR (2001), en passant 2 x 30 minutes par jour, n’arrivent à détecter que 54,4 % des P.O. L’efficacité d’une observation visuelle, telle qu’elle est pratiquée en élevage, est proche de 50 % (SENGER - 1994, KASTELIC - 2001, NEBEL - 2003, PERALTA et al. - 2005). Ce qui va dans le sens des pratiques de l’éleveur de passer de moins en moins de temps au milieu de son troupeau pour la surveillance des chaleurs. Une enquête du contrôle laitier de l’Orne en 2003 réalisée auprès de 900 éleveurs, révèle que ceux-ci affirment consacrer en moyenne douze minutes par jour à la surveillance des chaleurs. L’agrandissement des structures se traduit par une moindre disponibilité des personnes. Nombre d’éleveurs en ont d’ailleurs fait l’expérience : « il suffit d’une période de gros travaux comme la mise aux normes ou la construction d’un bâtiment pour que les résultats de fertilité du troupeau accusent le coup ». Le désir des éleveurs d’avoir aussi du temps libre, une vie de famille, accentue encore ce manque de disponibilité. Pour détecter la majorité des chaleurs, ALLRICH (1994) recommande de passer au minimum 20 à 30 minutes de surveillances 3 fois par jour. Il faut passer du temps à surveiller les chaleurs, mais pas à n’importe quel moment. Les périodes d’alimentation et de traite ne sont pas propices à l’expression des chaleurs. Il faut surveiller le troupeau à des périodes calmes. Certains rapportent que les manifestations de chaleurs ne sont pas réparties uniformément dans la journée. D’après BERNY et PACCARD (2003), 30 % des chaleurs sont vues dès 8 heures du matin, 50 % sont Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 16 -
  33. 33. % de vaches % de vaches détectées Fréquence des observations détectées en en chaleur (15 min. / observation) chaleur Durée d’une observation 3 : à l’aube, le midi et le Nombre 86 5min. 10min. 20min. soir d’observation 2 : à l’aube et le soir 81 1 26 52 63 1 : à l’aube 50 2 36 72 86 1 : le soir 42 3 39 79 95 1 : le midi 24 4 49 82 98 Tableau n° 13 et 14 : Pourcentage de vaches détectées en fonction du temps d’observation 13 14 (LACERTE et al. – 2003) (GRAVES – 2002) Figure n° 9 : Effet de la durée, la fréquence et le moment d’observation sur le taux de détection des chaleurs (VAN EERDENBURG - 1996)
  34. 34. vues entre 14 et 18 heures, et moins d’une sur 10 après 18 heures. Pour LACERTE (2003), 70 % des activités de monte surviennent durant la nuit, entre 18 et 6 heures et entre 19 et 7 heures pour HURNICK (1975). D’autres ne sont pas d’accord avec ces affirmations : « Contrairement aux idées reçues, les chaleurs des vaches laitières ne se manifestent pas plus la nuit que le jour » réplique M. SAUMANDE, vétérinaire spécialisé en reproduction à l’I.N.R.A. Selon le spécialiste, les études qui ont mis en avant le contraire ne sont pas fiables. Soit les observations étaient trop courtes, soit les animaux étaient filmés la nuit, avec une lumière qui les a perturbés. Cette dernière affirmation n’a été prouvée par aucune étude en bovins laitiers d’après Mme FABRE-NYS, chercheur sur les comportements de reproduction animal à l’I.N.R.A. Il serait intéressant de faire une étude sur l’influence de la lumière sur le système endocrinien de la vache laitière. Même en passant du temps dans son élevage, certaines vaches ont des chaleurs fugaces : elles manifestent peu de signes de chaleurs et sur une courte durée (Cf. § I.1.b). Pour ces raisons, il est difficile de repérer la totalité des chaleurs dans un troupeau et il peut être opportun de s’aider d’outils d’aides à la détection des manifestations de chaleurs. b. S’aider d’outils spécifiques à la détection des chaleurs : Des outils fiables peuvent aider à la détection des chaleurs, mais ne sauraient en aucun cas remplacer l’éleveur, l’outil ne venant qu’en complément. L’enquête du contrôle laitier de l’Orne, citée ci-dessus, montre que seulement 6,3 % des éleveurs utilisent un outil d’aide à la détection des chaleurs. b.1 Le planning d’élevage : Photo n° 2 : Un planning de reproduction rotatif. « Le planning d’élevage, qu’il soit rotatif, linéaire ou calendrier est le seul outil indispensable » insiste A. CHEVALLIER responsable reproduction à l’U.R.C.E.O.7 en 2002. D’après GRAVES (2002), l’utilisation d’un calendrier de reproduction ou planning d’élevage peut aider à la détection des chaleurs car 7 U.R.C.E.O. : Union Régionale des Coopératives d’Elevage de l’Ouest. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 17 -
  35. 35. plus de 90 % des vaches devraient montrer des signes de chaleur 50 jours après le vêlage. Il est important d’y enregistrer toutes les chaleurs et notamment la première après le vêlage. En répertoriant précisément les dates de chaleurs, il est alors possible de repérer les vaches susceptibles d’être en chaleur et de concentrer son attention sur ces individus. Le planning est indispensable pour noter les chaleurs, mais encore faut-il les observer. D’autres outils existent pour détecter les chaleurs en repérant les différentes variations principalement comportementales des vaches pendant l’œstrus. b.2 Les systèmes d’enregistrement de l’activité : L’activité d’une vache augmente au cours des chaleurs. Le paragraphe I.1.b.3 décrit ce phénomène. Ainsi l’utilisation d’un podomètre, permettant d’enregistrer les variations d’activité d’une vache, a été envisagé pour détecter la période d’œstrus. Un podomètre est aussi efficace que 3 x 30 minutes de surveillance visuelle, mais moins efficace que 6 x 30 minutes ou 4 x 60 minutes, d’après PENNINGTON et al. (1986). De nombreuses études se sont succédées pour essayer de tester l’efficacité des podomètres : LEHRER et al. (1992) a commencé par rapporter qu’un podomètre détectait 70 à 80 % des V.L. en chaleur. Deux technologies sont ensuite apparues : la technologie IAR (Increased Activity Ratio) et l’IAC (Increased Activity Count). LIU et SPAHR (1993), grâce à l’I.A.R., détectent 74 % des oestrus. En 2001, AT-TARAS et SPAHR testent la seconde méthode, l’I.A.C. et découvrent qu’elle est meilleure que l’I.A.R. (respectivement de 79,2 % à 87 % pour l’I.A.R. vs 82,6 % à 90,6 % pour l’I.A.C.) BERNY et PACCARD (2003) ont utilisé les podomètres en stabulation et à la pâture et ont comparé leur sensibilité (83 % vs moins de 75 %), leur spécificité (99 % vs 92 %), leur valeur prédictive négative (99 % vs 95 %) et leur valeur prédictive positive (80 % vs % très faible) b.3 Les animaux détecteurs : Les animaux utilisés sont une taure, une vache androgénisée8, une vache nymphomane9 ou un taureau avec déviation du pénis. Le taureau est plus risqué. Il faut un animal pour 30 V.L. Le taux de détection se situerait entre 70 et 90 %, avec une période d’observation par jour. On peut utiliser ces animaux avec un système de détection des animaux qu’ils chevauchent. Le plus traditionnellement, on utilise un licol marqueur : à chaque 8 Une vache androgénisée est une vache à qui on injecte régulièrement des androgènes, hormones provoquant l’apparition des caractères sexuels mâles. 9 Une vache nymphomane a un taux anormalement élevé d’œstrogènes, ce qui fait qu’elle est attirée par les femelles en chaleur. C’est souvent une vache ayant un kyste folliculaire. Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 18 -
  36. 36. chevauchement, la femelle en chaleur est marquée sur la croupe. On peut également utiliser des animaux porteurs de puces électroniques : ces puces électroniques, aussi appelées « transpondeurs R.F.I.D.10 » permettent une identification par fréquence radio. Il s’agit d’un microcircuit, placé sur les femelles, contenant des données d’identification et capable de transmettre un signal radio lorsqu’il est stimulé par un lecteur. Ce signal est alors capté à distance par l’appareil de lecture. Le principe est simple, l’animal détecteur est pourvu d’un lecteur spécial qui détecte, à chaque chevauchement, la puce électronique de la femelle et enregistre son numéro d’identification. Il permet ainsi de repérer les femelles acceptant le chevauchement, son numéro et l’heure d’acceptation. Les données sont ensuite transférées par liaison sans fil pour être analysées. Ce dispositif a été validé par les chercheurs de l’I.N.R.A., en ovins, par confrontation avec des enregistrements vidéo, mais on peut l’envisager en bovins. (BOCQUIER - 2004) b.4 Les détecteurs de chevauchement : Du simple crayon marqueur au capteur de chevauchement à distance, pour détecter les chevauchements, différentes techniques existent. Les crayons marqueurs sont utilisés pour marquer la base de la queue des animaux susceptibles de venir en chaleur. Quand l'animal se fait monter, la marque est modifiée ou presque effacée. Cette technique est très économique mais la vache peut devoir être Photo n° 3 : Des marquée à nouveau tous les jours. Cette méthode est une alternative crayons marqueurs aux détecteurs de monte qui seraient faussement activités par des branches basses ou pressés contre les barreaux d'une stalle individuelle. Certains éleveurs aiment les utiliser simultanément: quand l'animal est chevauché, le détecteur est activé et la marque de crayon est estompée. Si le détecteur est activé mais que la marque reste intacte, on peut suspecter un faux-positif. Ce système couplé à une observation visuelle de 2 x 20 minutes, sur des V.L. à la pâture, donna de bons résultats à XU et al. (1998), avec un taux de détection de 98,4 %. Les conditions d’étude sont sans doute responsables de ce taux relativement élevé (essai en pâture, production laitière par vache peu élevée…) 10 R.F.I.D. : Radio Fréquence IDentification Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 19 -
  37. 37. Un détecteur de pression mécanique : il s’agit d’un dispositif contenant un réservoir d’encre que l’on colle sur la croupe de la femelle. Lorsqu’elle accepte le chevauchement, le réservoir éclate et l’encre diffuse dans toute la capsule qui ainsi se colore. Il peut y avoir quelques cas où le système ne fonctionne pas. Si la vache n’est pas à l’aise pour accepter le chevauchement (sols glissants...), le dispositif ne se déclenche pas. Dans d’autres cas, présence de brosses, branches, …, il se déclenche alors que la vache n’est pas en chaleur. Deux détecteurs sont principalement répandus : Kamar® et OestruFlash® (Cf. Photo n°4 et n° 5) La coque du réservoir de l’OestruFlash® est plus rigide, ce qui limite les déclenchements par excès. L’encre est fluorescente pendant une douzaine d’heures ce qui permet de bien visualiser l’Oestruflash® dans l’obscurité. AT-TARAS et SPAHR (2001) ont détecté entre 71,7 % et 86,8 % des chaleurs grâce à ces détecteurs, PIGGOTT et al. (1996) 90 %. Il existe un troisième type de détecteur de monte, c’est le Détecteur de pression Electronique de Chevauchement ou D.E.C. Une base en textile est posée sur la croupe de la vache. On y introduit un détecteur électronique préréglé qui se déclenche au bout d’un certain nombre de chevauchements (Cf. Photo n°6). Un D.E.C. qui clignote toutes les 10 secondes indique que la vache a accepté le chevauchement et qu’elle est en chaleur. Contrairement aux autres outils, le DEC n’est pas à usage unique, il peut servir pour plusieurs vaches. Enfin il existe des capteurs de pression à distance qui enregistrent et transmettent, grâce à un mini transmetteur radio, les données en temps réel et produisent des rapports identifiant les vaches et mentionnant la date et la durée des montées. Leur portée atteint 400 mètres. Différents systèmes commerciaux existent : HeatWatchTM, DDxInc., Denver, CO. (KASTELIC – 2001). Dans une étude préliminaire sur l’HeatWatchTM Système (BAILEY – 1997), il a été noté que la sensibilité du système était de 94 % et sa spécificité de 95 %. TIMMS et al. (1997) ont trouvé une sensibilité du même système de 89 %. La spécificité a été de 88 % de Mai à Octobre et 77 % de Novembre à Avril, et le taux de détection visuelle de 68 %. Au cours d’une étude en Nouvelle Zélande (troupeau extensif), sur 189 V.L. à la pâture (XU et al. – 1998), l’HeatWatchTM a affiché une sensibilité de 91,7 % et une spécificité de 100 %. Avec ces différents outils, on peut adopter ainsi différentes stratégies : Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 20 -
  38. 38. Photo n° 4 et 5 : Les deux principaux types de détecteur de pression mécanique. Photo n° 6: Un Détecteur Electronique de Chevauchement.
  39. 39. - Dans un élevage où les résultats sont bons, il peut y avoir des vaches avec des chaleurs “discrètes”. Sur ce type de femelles, l’éleveur peut poser un détecteur de monte s’il n’a pas observé de chaleurs sur une vache dans le délai de 50 jours. Un programme comme NEC + Repro permettrait de repérer dans un premier temps les vaches à problème, pour pouvoir les cibler. Si trois semaines plus tard, la poche d’encre (dans le cas d’un détecteur de chevauchement simple) n’a pas éclaté, c’est le signe d’un disfonctionnement de reproduction qu’il faut analyser. - D’autres éleveurs mettent des détecteurs sur la totalité d’un lot de génisses parquées dans des parcelles éloignées et procèdent à l’insémination dès que le détecteur est activé. - Autre solution : mettre des détecteurs sur la totalité d’un troupeau de vaches, 50 jours après vêlage. Cette pratique n’est pas encouragée car dans ce cas, l’éleveur se décharge complètement de l’observation de ses animaux. Or certaines chaleurs sont quand même bien visibles. Ces divers outils ont pour objectif de détecter les chevauchements. Encore faut-il qu’il y ait chevauchement. Ce n’est pas toujours le cas en présence de bétons glissants, d’aires d’exercice sombres, ... Le rainurage des bétons, la sortie des vaches en pâture sont autant de facteurs favorables aux chevauchements (Cf. § I.1.c.2). b.5 Les autres systèmes Dosage de progestérone (lait ou sérum): En comparant le niveau de progestérone au jour de l’I.A. avec celui au jour 22-24 après l’I.A., on peut savoir avec 95 % de certitude si l’animal est en chaleur. Le niveau de progestérone est alors bas. Si la vache ne manifeste pas de chaleur, il peut y avoir eu une chaleur silencieuse, chaleur détectable avec la progestérone. Il faut se méfier si le taux de progestérone est élevé, car cela ne veut pas nécessairement dire que la vache est gestante, mais qu’elle est présumée gestante, une anomalie pouvant bloquer le cycle. Un test E.L.I.S.A.11, le plus rapide, prend environ 10 minutes (Cf. ANNEXE n° 2 : Fiche Technique Biovet : Détermination du taux de progestérone dans le lait – Ovucheck® Milk). Les délais de dosage de la progestérone rendent les courbes de progestérone inexploitables si on veut inséminer une vache après la détection de son oestrus. Cette technique de détection est généralement utilisée comme référence dans les expérimentations. Palpation ou échographie des organes génitaux : un examen de routine par le vétérinaire 35 à 40 jours près vêlage permet de reconnaître les causes d’une anomalie de 11 E.L.I.S.A : Enzyme Linked Immuno Sorbent Assay Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 21 -
  40. 40. cyclicité, de savoir s’il y a eu oestrus ou de prévoir approximativement la prochaine chaleur ou encore de recommander l’usage d’hormones. Les ovaires peuvent être scannés par voie rectale (LANE et WATHES - 1998). Les sondes vaginales : Une relation existe entre la résistance électrique vulvaire et la période d’œstrus. (LEWIS et al. - 1989) (Cf. §I.1.b.3) Le dispositif est inséré dans la partie antérieure du vagin. Ceci nécessite de faire des manipulations délicates et exigent beaucoup de travail. Les variations pour une même vache et entre les vaches nuisent à la fiabilité des résultats. Systèmes de détection adaptés au système de traite : Plusieurs compagnies d’équipements de traite proposent des options qui servent à la détection des chaleurs : - Mesure de la conductivité du lait : à chaque traite on mesure la conductivité du lait, une variation de celle-ci indique une chaleur probable de l’animal. - Quantité de lait : on sait depuis longtemps que la quantité de lait peut être affectée au moment de la chaleur. Grâce à un capteur volumétrique, on peut enregistrer les variations, signe possible d’une chaleur. Une baisse de l’ordre de 5 % à la traite du matin du jour des chaleurs peut être observée. Cette technique est plus fiable au pâturage qu’en stabulation. Reconnaissance des odeurs particulières à l’œstrus : Un nez électronique, composé de 12 capteurs sensoriels a été utilisé par LANE (1998), et a permis de prouver les changements d’odeurs périnéales au moment de l’œstrus. Ainsi cette odeur particulière dégagée par les vaches en chaleur peut être reconnu par des chiens entraînés. KIDDY et al. (1978) ont réalisé des essais avec deux races de chiens (Berger Allemand et Labrador Retriever) ayant des expériences passées dans la reconnaissance olfactive d’explosifs. Trois types d’essais ont été réalisés: - identification d’échantillons de fluides vaginaux de vaches en oestrus. (A) - identification d’échantillons d’urines de vaches en oestrus. (B) - identification directe de vaches en oestrus. (C) Les résultats montrent qu’une odeur particulière est présente dans le tractus urogénital d’une vache en oestrus (Cf. Tableau n°15). Cette odeur semble s’atténuer durant la période de diœstrus. Les résultats obtenus avec l’urine indiquent qu’une odeur particulière est présente dans ce composant du fluide urogénital au moment de l’œstrus, ce qui n’est pas une surprise. L’urine est connue pour contenir des odeurs sexuellement stimulantes dans de nombreuses espèces (SHOREY - 1976). Reste à déterminer si l’urine est la source des substances sexuelles Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 22 -
  41. 41. Echantillons de … Nombre d’essais Identification correcte (%) Fluides vaginaux (A) 4140 81,6 Urines (B) 720 77,8 Vaches (C) 899 87,3 Tableau n° 15: Principaux résultats d’essais de détection des chaleurs par des chiens (KIDDY – 1978)
  42. 42. odorantes ou si elle est juste porteuse de substances odorantes prélevées lors de son passage dans le vagin ou sur la vulve. Voici un tableau récapitulatif, faisant le point sur les avantages et inconvénients de l’utilisation des différents outils d’aide à la détection (Cf. Tableau n° 16). Chaque éleveur a ses propres pratiques pour mieux détecter les chaleurs. Un tel effectue un tour dans le troupeau avant de mettre en route la machine à traire. Un autre observe en s’abritant derrière un mur. Un troisième a installé une veilleuse dans la stabulation pour mieux observer. Ce sont autant de détails, de petites astuces qui contribuent à faciliter la détection des chaleurs. c. Synchroniser les chaleurs pour simplifier la surveillance : Des méthodes pour contrôler ou synchroniser la reproduction des VL ont été développées dans l’objectif de grouper la période de vêlages. Ces méthodes peuvent aussi jouer un rôle dans la détection des chaleurs. On utilise la GnRH12 et les prostaglandines (Cf. ANNEXE n°1 : Les hormones au cours du cycles sexuelles) de manière à synchroniser l’ovulation à un moment où l’insémination pourra se faire avec le plus d’efficacité sans même avoir à détecter visuellement les chaleurs. Avec la GnRH et les prostaglandines on est capable de démarrer une vague folliculaire (redémarrage du cycle oestral), peu importe le stade du cycle oestral. On arrive même à préciser le temps opportun de la saillie pour avoir un taux de fécondité identique aux conditions normales (Cf. Tableau n°17, page suivante). Plusieurs programmes d’injections existent. Par exemple « Insémination à temps fixe » (BRASSARD - 1997) préconise une première injection de GnRH, suivie d’une injection de prostaglandines, puis d’une seconde de GnRH et une insémination à temps fixe (Cf. Tableau n° 18, page suivante). L’administration de GnRH à n’importe quelle période du cycle oestral empêche un retour en oestrus pendant une période de 5 à 7 jours suivant la première injection. Ce traitement s’accompagne de la libération d’importantes quantités de L.H. et de F.S.H.13 dans la circulation sanguine dans les 2 à 4 heures suivantes. La L.H. ainsi libérée est responsable de l’ovulation des follicules présents, en fonction de leur stade de développement. La disparition des gros follicules empêche la manifestation de l’œstrus. Le cycle est relancé, la poussée 12 Gonadotropin Releasing Hormone 13 Follicule Stéroïde Hormone Mémoire de Fin d’Etudes – Année 2007 - 23 -

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