La valorisation de la fin de vie des produits

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En tant que structure experte sur les thématiques liées à l’économie circulaire, Efficycle a été sollicitée par l’association Futuribles pour participer au rapport VIGIE 2014 « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique ». Le rôle d’Efficycle a été notamment de réaliser la note d’analyse n° 6 sur « la valorisation de la fin de vie des produits ».

Afin de promouvoir au plus grand nombre les enjeux liés à l’économie circulaire, Efficycle a le plaisir de partager la note d’analyse ainsi que le rapport complet avec vous !

A propos de la note d’analyse n° 6 sur « La valorisation de la fin de vie des produits » :

L’objectif de cette note est d’étudier la valorisation des déchets plastiques, car seule 5,3% de la production de plastique en France est issue de déchets plastiques. Ce taux atteint à l’inverse 40,9 % pour les métaux ferreux, 46,4 % pour les métaux non ferreux, 49,5 % pour le verre et 59,8 % pour les papiers-cartons. Actuellement, on recense plusieurs centaines de types de matières plastiques aux noms que seuls certains scientifiques sont capables de prononcer correctement. Ces matières, bien que possédant des propriétés bien diverses, sont appelées communément dans notre quotidien des « plastiques ». Certains forment une barrière contre l’humidité, les odeurs, la lumière ou les acides, d’autres sont résistants à des températures extrêmes ou des hautes pressions. De plus, l’adjonction d’additifs permet à des mêmes plastiques d’obtenir des caractéristiques très différentes et ainsi d’être insensibles à la chaleur, élastiques ou très résistants.

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La valorisation de la fin de vie des produits

  1. 1. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 1 Futuribles International Produire et consommer à l’ère de la transition écologique Note d’analyse 6 : Valorisation de la fin de vie des produits Fabien Baceiredo Cette note d’analyse est issue de l’étude de Futuribles International, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », qui vise à analyser le potentiel de développement de modes de production et de consommation aujourd’hui émergents, et leurs impacts sur la consommation de ressources et les externalités. Après une première phase de diagnostic de la production et la consommation en France et dans le monde, un catalogue de 100 pratiques émergentes innovantes a été constitué. Il a permis d’identifier 10 familles d’innovations qui sont autant de leviers possibles de réduction de la consommation de ressources. La présente note constitue l’un de ces leviers. Dans la dernière phase de l’étude, des scénarios présentant des modes de production et de consommation durables à l’horizon 2030 ont été rédigés. Présentation de l’étude et documents publiés : http://www.futuribles.com/fr/groupes/produire-et-consommer-en- france-en-2030/ I. Définition/champ couvert Dans un contexte de renchérissement et de raréfaction des matières premières et de volatilité des cours, le recyclage est un atout stratégique pour les économies nationales. Il permet de limiter la consommation de matières premières vierges, tout en diminuant l’impact de la gestion des déchets sur l’environnement. Pour cela, la valorisation des produits en fin de vie est donc cruciale : elle peut concerner la matière ou l’énergie. La valorisation de la fin de vie des produits est devenue primordiale pour les économies nationales. Pour ce faire, elles multiplient les filières de recyclage pour optimiser cette valorisation. Ainsi en 2010, 40,9% des métaux ferreux, 46,4% des métaux non ferreux, 49,5% du verre et 59,8 % des papiers-cartons consommés par l’économie française étaient des matières régénérées c’est-à-dire issues de déchets. Principale ombre au tableau, seule 5,3% de la production de plastique en France en 2010 était issue de déchets plastiques. L’objectif de cette note est donc de présenter des initiatives visant à améliorer le traitement de la fin de vie des produits, en étudiant le cas particulier des produits plastiques, qui présentent les moins bons taux de recyclage et qui cristallisent la plupart des problèmes rencontrés par les différents secteurs du recyclage : diversité de composition des matières, diversité de conception des produits finaux, problématiques des additifs, pertes de qualité dans les processus de recyclage… II. Fondements / courant à l’origine de l’innovation Actuellement, on recense plusieurs centaines de types de matières plastiques. Ces matières, bien que possédant des propriétés bien diverses, sont appelées communément dans notre quotidien des « plastiques ». Certains forment une barrière contre l’humidité, les odeurs, la lumière ou les acides, d’autres sont résistants à des températures extrêmes ou des hautes pressions. De plus, l’adjonction d’additifs permet à des mêmes plastiques d’obtenir des caractéristiques très différentes et ainsi d’être insensibles à la chaleur, élastiques ou très
  2. 2. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 2 résistants. Leur point commun est qu’ils sont tous produits à partir de polymères dérivés des énergies fossiles, sauf les bioplastiques, qui sont fabriqués à partir de ressources renouvelables. Dans une société où le « tout plastique » est quasiment devenu une norme, cette diversité dans la composition des « plastiques » est précisément l’un des problèmes majeurs de leur valorisation des produits en fin de vie. Cette problématique est notamment accentuée par la conception des produits, qui peuvent contenir plusieurs types de plastiques ou qui combinent une matière plastique à d’autres matières (papier, métal…). Ces problèmes de conception entraînent des pertes de qualité dans le processus de recyclage qui implique que le produit de recyclage destiné à certaines applications ne constitue pas un remplaçant à part entière du plastique « vierge ». Ainsi, la plupart du temps, seul un pourcentage limité du produit de recyclage peut être utilisé dans la conception d’un produit fini ou bien le produit de recyclage ne peut être utilisé que pour des applications de qualité inférieure. Dans ce contexte et à l’aube d’une raréfaction des ressources, cette note n’a pas pour objectif de dresser un panorama exhaustif de la filière de la prise en charge de la fin de vie des produits, mais d’étudier le potentiel de certains leviers en étudiant la gestion des déchets plastiques, et d’envisager les conditions d’une amélioration de cette prise en charge. Pour ce faire, nous nous intéressons dans un premier temps à deux initiatives privées (TerraCycle et FREITAG) qui s’inscrivent en parallèle des filières bien établies de recyclage. Dans un deuxième temps, nous étudierons les enjeux majeurs pour la filière des déchets plastiques en France, avant d’identifier les leviers qui permettraient d’améliorer la prise en charge de la fin de vie des produits à l’horizon 2030. III. Innovation phare / principale et autres innovations repérées TerraCycle et FREITAG IV. TerraCycle Sources : entretien avec Susy Barreau (Manager Général France) + Données site internet + Données document interne TerraCycle de présentation des démarches 1) L’histoire de TerraCycle En 2001, lors d’un séjour à Montréal, Tom Szaky, alors étudiant en première année à l’Université de Princeton (Etats-Unis), découvre les principes du lombricompostage qui permet de supprimer les déchets organiques tout en produisant un engrais naturel et efficace. Fort de cette découverte, il décide d’utiliser ce concept pour participer au Concours de nouvelles idées d'entreprises de Princeton. Après s'être classé cinquième, il décide de continuer sur sa lancée en créant TerraCycle et commence à produire de l'engrais à plus grande échelle, à partir des déchets de la cafétéria de Princeton. L’engrais ainsi produit était ensuite conditionné dans des bouteilles de sodas récupérées. En 2002, après avoir transformé en engrais plusieurs tonnes de restes de la cafétéria de Princeton , Tom Szaky rencontre un investisseur qui lui permet de louer ses premiers bureaux. Dès lors, il décide de quitter Princeton pour se consacrer à TerraCycle à plein-temps. En 2003, Tom Szaky gagne le grand prix du « Carrot Capital Business Plan » qui permet de bénéficier d’un investissement d’un million de dollars. Constatant que les investisseurs ne montrent qu’un intérêt limité pour le respect de l'environnement, il décide de refuser cet
  3. 3. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 3 investissement afin de continuer à produire son engrais dans le plus grand respect de l’environnement. Dès lors, TerraCycle est lancé pour de bon et commence à enregistrer ses premières commandes d’engrais par The Home Depot et Wal-Mart au Canada. Ces commandes impliquent pour TerraCycle d’augmenter ses capacités de production. Pour ce faire, TerraCycle décide d’installer son usine à Trenton, ancienne ville industrielle sur le déclin. Le loyer bon marché est un avantage pour une jeune start-up mais c’est surtout l’idée de revitaliser cette ville via l’entraide sociale qui plaît particulièrement à Tom Szaky. Ainsi, TerraCycle devient tout de suite l'employeur de la seconde chance pour les anciens prisonniers ou militaires du coin. En 2006, les engrais TerraCycle sont disponibles sur l'ensemble du territoire américain dans les magasins Wal-Mart et The Home Depot. En parallèle, Tom Szaky est nommé meilleur PDG de moins de 30 ans aux États-Unis par un magazine national. 2) Le concept de « déchet sponsorisé » En 2007, TerraCycle lance le concept de « déchet sponsorisé » qui consiste à créer des partenariats avec des marques de produits de grande consommation pour organiser des programmes de collecte. L’objectif est d’éliminer le concept de déchet en créant des réseaux de collecte (les « Brigades ») pour des déchets qui aujourd’hui finissent dans les poubelles de déchets ménagers non valorisables, et pour lesquels TerraCycle a développé des solutions de valorisation : • 1% de réutilisation en l’état ; • 4% d’upcycling (« recyclage vers le haut » ou comment valoriser des matières pour que le résultat soit plus « beau » que le produit initial : cerfs-volants en emballages de cookies, sacs en bâches publicitaires…) ; • 95% de recyclage matière. Quel que soit le pays, le principe est le même. TerraCycle travaille avec des marques qui produisent des objets et donc des déchets, et qui sponsorisent la collecte et le recyclage de ces déchets. Ces entreprises partenaires sont intéressées par ces matières qu’elles réintègrent dans leurs procédés de fabrication ou qu’elles réutilisent comme supports promotionnels dans le cadre de l’upcycling (cadeaux, stands…). Les consommateurs bénévoles intéressés rejoignent la ou les « Brigades » correspondant au type de déchet visé, qu’ils vont collecter au fur et à mesure de leur consommation. Une fois un nombre seuil de déchets collectés atteint, le bénévole demande à son antenne nationale une
  4. 4. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 4 étiquette de transport prépayée et envoie le colis de déchets. Le colis est réceptionné par l’antenne nationale, puis cette dernière crédite un certain nombre de points sur le compte du bénévole qu’il pourra convertir en cadeaux solidaires pour une association ou en un don financier au profit d’une association ou d’une école de son choix. TerraCycle a développé des process de recyclage aux Etats-Unis qui sont utilisés par les recycleurs locaux pour valoriser les déchets collectés. Ces derniers sont la plupart du temps transformés en granulés de plastique qui seront ensuite utilisés par des fabricants d’objets en plastique plutôt que de la matière vierge. Aujourd’hui, TerraCycle est présent dans 22 pays, et collecte plus de 40 types de déchets (paquets de chips, mégots de cigarettes, papiers de bonbons, brosses à dents, tongs, couches usagées, chewing-gums, pots de yaourt, déodorants, …) grâce à ses « Brigades », qui comptent près de 40 millions de personnes dans le monde. Elles ont permis le détournement de plus de 2,5 milliards d’unités de déchets de l’enfouissement ou de l’incinération tout en reversant plus de 5 millions d’euros à des associations ou des écoles. En France, quatre programmes de collecte sont actuellement proposés par des marques partenaires de TerraCycle pour des déchets qui ne sont pas ou peu valorisés par les filières classiques : les gourdes de compote, les instruments d’écriture (stylos, crayons, effaceurs…), les emballages de savon liquide et les capsules de café. Depuis 2007, ces programmes ont permis le détournement de plus de 8 millions d’unités de déchets de l’enfouissement ou de l’incinération tout en reversant plus de 100 000 euros à des associations ou des écoles. L’année 2013 marque le lancement en France (après le Canada, les Etats- Unis et l’Espagne) du programme de recyclage de l’un des déchets les plus jetés au monde : les mégots de cigarette. Ils seront collectés puis recyclés en granulés de plastique pour fabriquer entre autres des palettes de stockage. Les parties organiques (papier, cendres, tabac) seront quant à elles compostées pour un retour au sol. TerraCycle met donc en œuvre un modèle qui associe une pluralité d’acteurs (producteurs, consommateurs, recycleurs et associations) qui échangent des flux de matières et de communication dans le but de favoriser une économie plus circulaire (voir note d’analyse 7). L’entreprise est à but lucratif mais ne cherche pas à faire des profits exponentiels, l’objectif est d’être rentable et de pouvoir réinvestir dans leurs systèmes pour pérenniser les démarches de collecte et étendre le concept à de nouveaux types de déchets qui finissent actuellement dans nos poubelles faute de filières dédiées. V. FREITAG Sources : données du site internet et informations fournies par Romain Ferrari 1 1) L’histoire de FREITAG Au début des années 90, les deux frères Freitag, Markus et Daniel, quittent leur campagne natale pour s’installer à Zurich pour poursuivre leurs études dans le design. Avec des moyens modestes, ils s’installent en collocation dans un petit appartement qui borde 1 Voir la fiche consacrée à Freitag dans le catalogue des innovations de l’étude.
  5. 5. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 5 l’axe routier Zurich-Turin. En 1993, les deux frères cherchent une idée pour concevoir un « sac messager » à la fois fonctionnel, étanche et solide. En effet, de nombreux Zurichois se déplacent à vélo et se trouvent bien souvent sous la pluie. Inspirés par le trafic coloré de poids-lourds qui passe devant leur appartement et par une philosophie de récupération qu’ils cultivent depuis leur enfance (compostage des déchets organiques, fabrication de vélos à partir de pièces de récupération…) ils décident de concevoir ce sac à partir d’une vielle bâche de camion récupérée dans une zone industrielle à proximité. Ils utilisent une ceinture usagée de voiture en guise de bandoulière ainsi qu’une vieille chambre à air de vélo pour les coutures. Le premier sac FREITAG était ainsi né : une pièce unique, sortant tout droit du petit appartement zurichois des deux frères. Sans le savoir, ils venaient de lancer une nouvelle mode dans l’univers des sacs. Depuis, FREITAG s’est développé chaque année pour devenir aujourd’hui le leader mondial des sacs en bâches de camion recyclées. Chaque année, FREITAG vend près de 400 000 produits issus d’une cinquantaine de modèles. Cette production correspond à 440 tonnes de bâches de camions recyclées (ce qui équivaut à une file de camions de 110 km de long), 35 000 chambres à air de vélo et 288 000 ceintures de sécurité. Aujourd’hui, FREITAG emploie plus de 150 employés, possède 11 boutiques et dispose de 450 revendeurs dans le monde entier. Comme à leurs débuts, les frères Freitag s’occupent de la conception des produits : ils imaginent, dessinent, réalisent et accompagnent chaque nouveau produit FREITAG. 2) Les 3 étapes clés de la fabrication d’un sac FREITAG 1 – La matière première : la mise en pratique de l’upcycling nécessite les meilleurs et les plus beaux déchets pour obtenir un résultat le plus esthétique possible. Aussi, FREITAG doit acheter un très grand nombre de bâches de camion obsolètes (après 5 à 10 années d’utilisation) pour sélectionner celles qui donneront le meilleur rendu esthétique. 2 – La préparation et la lessive des bâches : une fois sélectionnées, les bâches doivent être préparées de façon à retirer tous les éléments de renforcement (boucles, courroies, œillets…) puis nettoyées dans de grandes machines à laver pour retirer les saletés (neige fondue, pluies acides, gaz d’échappement, particules fines…).
  6. 6. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 6 3 – Le design et la couture : une fois nettoyées, les bâches sont découpées en différents morceaux par les designers de FREITAG. Ces derniers, une fois assemblés permettent à chaque produit FREITAG d’être unique. Pour ce faire, les bâches de camion découpées sont acheminées vers des sous-traitants en Suisse et à l’étranger. Ils sont notamment assemblés par une usine de fabrication employant des personnes handicapées. 3) NOERD, une usine conforme à la maxime de Lavoisier Le quartier général de FREITAG se nomme NOERD et se situe au nord de Zurich. Ce centre de 7 500 m2 a été construit sur un ancien terrain industriel pollué. Après avoir recyclé les terres polluées, les frères Freitag ont décidé d’y installer un espace industriel créatif qui respecte les normes environnementales les plus élevées. En effet FREITAG : • Réutilise l’eau de pluie collectée sur les toits pour laver leurs bâches ; • Réutilise l’eau relativement propre des derniers cycles de lavage d’une charge pour une seconde charge ; • Utilise la température des eaux usées pour chauffer l’eau de pluie entrante. De plus, FREITAG récupère 50% de ses besoins de chauffe via une usine de retraitement de déchets qui se trouve à proximité, utilise des toitures végétalisées et des matériaux pensés pour une isolation optimale, et consomme une électricité issue exclusivement des énergies renouvelables. En définitive, tous les process de production de FREITAG sont pensés selon la maxime de Lavoisier où « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». VI. Bilan et impact environnemental de TerraCycle et FREITAG Chaque année, FREITAG valorise en moyenne, 440 tonnes de bâches de camions recyclées, 35 000 chambres à air de vélo et 288 000 ceintures de sécurité. TerraCycle de son côté, a permis en France de détourner de l’incinération et/ou de l’enfouissement plus 8 millions d’unités de déchets depuis 2007. Ces réponses privées à la problématique de la valorisation de la fin de vie de certains produits sont pertinentes et innovantes. Néanmoins, elles n’ont quasiment aucune influence sur les quantités totales à traiter chaque année. Par exemple, TerraCycle collecte chaque année en France près de 100 000 gourdes de compote, soit environ 0,017 % du nombre de gourdes vendues en France en 20092 (plus de 560 millions). De plus, ces réponses privées ne s’intéressent qu’à certains produits bien spécifiques et il paraît inenvisageable de calquer ces démarches à l’ensemble des produits mis sur le marché car cela équivaudrait à créer une filière de recyclage pour chaque produit. Aussi, pour trouver des solutions globales pérennes, il parait primordial de s’interroger sur les enjeux du secteur du recyclage pour déterminer des leviers à mobiliser pour l’améliorer. Pour ce faire, nous allons nous intéresser au cas des produits plastiques, qui cristallise la plupart des problèmes du secteur du recyclage. Ainsi, nous allons dresser un état des lieux de la situation en France et nous intéresser à l’impact environnemental du recyclage de ces matières plastiques. 2 Source : http://www.pointsdevente.fr/visualisation-darticles/detail/compotes.html | Juin 2010
  7. 7. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 7 VII. Potentiel de développement des initiatives visant à améliorer la prise en charge de la fin de vie des produits 1) Les enjeux liés à la valorisation de la fin de vie des déchets plastiques 3 En 2010, 4 690 000 tonnes de matières plastiques vierges ont été utilisées par les divers secteurs industriels français. Le premier secteur consommateur est celui des emballages (42,8% du total), suivi par la construction (19,5%,) l’automobile (8,5%) et les appareils électriques et électroniques (5,5%). Les matières plastiques peuvent être classées en deux grandes catégories, les thermoplastiques et les thermodurs : — Les thermoplastiques : ce sont des plastiques qui sous l’effet de la chaleur, se ramollissent et peuvent être mis en forme par diverses technologies (moulage, extrusion…). Leur transformation étant réversible, ils sont facilement recyclables tout en conservant leurs propriétés. Il existe deux types de thermoplastiques : les thermoplastiques de grande diffusion et les plastiques techniques. — Les thermodurs : ce sont des plastiques qui prennent une forme définitive lors de leur première transformation. Leur transformation n’étant pas réversible, ils ne peuvent pas être recyclés car ils se dégradent et brûlent sous de trop fortes températures. Les thermodurs regroupent notamment les résines époxy, les phénoplastes et les polyuréthanes. Source : ADEME. En 2010, plus d’un million de tonnes de déchets plastiques ont transité par la filière de recyclage française, soit 73% du volume total de déchets plastiques. Près de 60% de ce gisement a été exporté à l’étranger et seuls 25% ont été transformé en matières plastiques régénérées par les plasturgistes français 4 . 3 Source : ADEME | 4 Source : CGDD – Chiffres & Statistiques – n° 385 – Janvier 2013
  8. 8. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 8 2) Impact environnemental du recyclage des matières plastiques en France en 20105 L’impact environnemental du recyclage des matières plastiques peut être évalué par comparaison entre la production réalisée à partir de matières premières primaires et celle à partir de matières plastiques régénérées. L’évaluation repose sur des données issues d’analyses de cycle de vie des plastiques de l’ADEME (qui prennent en compte les consommations d’énergie et de matières liées au recyclage). Indicateur Unité Impact Ressources primaires Tonne - 173 290 Energies non renouvelables GJ - 10 712 803 Gaz à effet de serre Kg eq. CO2 - 660 950 400 Eau m3 455 558 Eutrophisation Kg eq. PO4 792 Déchets non dangereux Kg - 108 609 600 Oxydation photochimique Kg eq. C2H4 - 722 832 Energies renouvelables GJ - 137 702 Acidification Tonne eq. SO2 - 4 154 Toxicité humaine Tonne eq. 1-4 dichlorobenzene - 23 981 Ecotoxicité eau douce Tonne eq. 1-4 dichlorobenzene 1 354 Ecotoxicité marine Tonne eq. 1-4 dichlorobenzene - 40 234 286 Ecotoxicité terrestre Tonne eq. 1-4 dichlorobenzene - 3 556 Les 264 000 tonnes de matières plastiques régénérées utilisées en 2010 dans la production française, outre les économies en matières premières primaires, ont permis : — D’éviter l’émission d’environ 660 000 tonnes équivalent CO2, soit : • 0,13% des émissions brutes de gaz à effet de serre (GES) en France métropolitaine (hors puits de carbone) ou • la contribution de 76 000 individus aux émissions nationales de CO2. — D’économiser 455 000 mètres cube d’eau, ce qui représente : • 0,008% de la consommation annuelle nette française ou • les prélèvements annuels d’environ 8 000 habitants. — D’économiser 11 millions de gigajoules d’énergie non renouvelable, soit : • 0,1% de ressources énergétiques primaires d’origine non renouvelables de l’économie française ou • la consommation énergétique non renouvelable annuelle de 69 000 habitants ou • la consommation énergétique de 1,8 million de barils de pétrole. A contrario, le recyclage des plastiques peut augmenter faiblement certains impacts. C’est le cas en particulier des émissions de phosphates (792 kg en 2010) qui sont responsables de l’eutrophisation des eaux continentales. 5 Source : ADEME, « Bilan du recyclage 2001-2010 – Volume 1 : Synthèse », 2012. Voir notamment l’étude réalisée par Intertek RDC.
  9. 9. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 9 3) Potentiel de développement du recyclage des déchets plastiques en France en 2030 Actuellement, en France, seuls 23 % des emballages en plastique sont recyclés, ce qui est plus faible que dans d’autres pays, même si aucun pays européen n’a réussi à dépasser 55 %. Et le recyclage ne concerne pour l’instant que les bouteilles et flacons, qui ne représentent que 40 % du gisement d’emballages ménagers en plastique. Des marges de manœuvre théoriques existent donc pour accroître le recyclage des déchets plastiques en France à l’horizon 2030. Pour le confirmer, Ecoemballages a mené en 2012 et 2013 une expérimentation sur l’extension de la consigne de tri et le recyclage des emballages ménagers en plastique 6 . L’expérimentation, qui a concerné 51 collectivités, a permis d’aboutir à plusieurs conclusions importantes concernant le potentiel de valorisation des emballages ménagers en plastique : - Les filières de recyclage en place actuellement pourraient permettre de traiter la moitié des emballages en plastique mis sur le marché, correspondant aux bouteilles, aux pots et à certaines barquettes. Ceci supposerait néanmoins de modifier certains des process de recyclage actuels. - Pour 30 % des emballages plastiques, le recyclage est techniquement possible, mais supposerait des évolutions des filières actuelles (notamment techniques). En effet, la diversité, la légèreté et la complexité des nouvelles catégories d’emballages les rendent beaucoup plus difficiles à trier et à recycler que les bouteilles et flacons ; - Enfin, 20 % d’emballages en plastique sont aujourd’hui impossibles à trier et à recycler, parce qu’ils sont trop petits, composés de résines non recyclables ou mélangées, etc. Au total, à l’issue de l’expérimentation, il est apparu que 85 % des centres de tri ne sont pas conçus pour l’extension des consignes de tri, parce qu’ils sont trop petits, ne disposent pas des équipements nécessaires, etc., ce qui rend le tri coûteux, voire impossible. Des investissements seraient nécessaires, notamment dans des technologies de tri optique. En l’état actuel des technologies, il existe donc des marges de manœuvre pour accroître le taux de recyclage des déchets d’emballage plastiques, mais cela supposera notamment des investissements, des progrès technologiques et une hausse des tonnages de déchets collectés. Or, l’expérimentation menée par Ecoemballages a révélé que des efforts doivent encore être faits du côté des ménages pour améliorer le geste de tri, surtout dans la perspective d’une extension de la consigne de tri. Par ailleurs, l’extension du tri des plastiques menée dans l’expérimentation a entraîné une hausse du coût du tri de 30 % en moyenne dans les collectivités participantes. Selon Ecoemballages, une extension immédiate des consignes de tri à l’ensemble du territoire n’est donc pas envisageable. Par ailleurs, l’ADEME a récemment publié les résultats d’une étude prospective visant à analyser les évolutions possibles des activités de collecte et de tri réalisées par le secteur public de gestion des déchets à l’horizon 2030 7 . À partir de l’analyse de l’organisation actuelle du secteur de la collecte et du tri en France et dans d’autres pays européens, une dizaine de scénarios à l’horizon 2030 ont été construits, qui ont fait l’objet d’une évaluation comparative de leurs impacts économiques, sociaux et environnementaux. Chaque scénario est construit autour de trois paramètres principaux : le nombre (un, deux ou trois) et le type de schémas de collecte existant sur le territoire ; le nombre d’étapes de tri (une ou deux étapes), ainsi que l’intensité de la première étape de tri ; la taille des centres de tri, en 6 Synthèse de l’expérimentation du tri et du recyclage des emballages ménagers en plastique autres que bouteilles et flacons, Rapport 1 : résultats, enseignements, recommandations, 18 mars 2014. Document confidentiel. 7 BIO IS / INDDIGO, Etude prospective sur la collecte et le tri des déchets d’emballages et de papier dans le service public de gestion des déchets. Synthèse, Paris : ADEME, 2014, 30 p. URL : http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?sort=-1&cid=96&m=3&id=92195&ref=14227&nocache=yes&p1=111
  10. 10. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 10 fonction de la densité de la population. Tous ces scénarios envisagent une hausse de 25 % des volumes de déchets collectés auprès des ménages et traités par l’industrie du recyclage, principalement grâce à l’extension de la consigne de tri à l’ensemble des emballages plastiques. Ainsi, le taux de recyclage des déchets d’emballages et de papiers pourrait passer de 42 % à 65 %. En conséquence, les volumes d’emballages et de papiers non triés dans les déchets ménagers pourraient diminuer de moitié d’ici 2030. Cette hausse du recyclage permettrait de réduire la production de matière première vierge, et ainsi d’éviter l’émission de plus d’un million de tonnes équivalent CO2 (contre 0,4 million aujourd’hui). Ces scénarios mettent en avant plusieurs défis pour le secteur du recyclage des déchets ménagers à l’horizon 2030, notamment dans une perspective d’accroissement des volumes de déchets plastiques collectés : - le parc de centres de tri fait face au vieillissement de ses équipements et à un manque de concentration (par rapport aux autres pays européens) qui contribue à accroître les coûts de gestion. Selon les auteurs, d’ici 2030, le renouvellement de l’ensemble du parc français pourrait coûter entre 1,2 et 1,8 milliard d’euros. - l’amélioration de la gestion et de la préparation des déchets destinés à être recyclés. Du côté des ménages, il s’agit d’améliorer le geste de tri, et de l’étendre à l’ensemble des emballages plastiques. Cela permettrait de compenser en partie la stabilisation voire la baisse des volumes de déchets à la source (liée à l’évolution des modes de vie et à la baisse du poids des emballages). Du côté des acteurs du recyclage, il s’agit de veiller à la qualité des déchets collectés et des matières premières produites, afin d’accroître leurs débouchés. Ces travaux semblent donc indiquer qu’en l’état actuel, il est impossible de recycler 100% des emballages plastiques mis sur le marché en France. Cependant, deux autres pistes peuvent être envisagées : - une meilleure valorisation énergétique des déchets plastique ; - un recours accru aux bioplastiques, qui peuvent être compostés en fin de vie. Par ailleurs, la prise en compte du recyclage et de la valorisation des plastiques (et des autres matières) dès leur conception, afin d’accroître leur recyclabilité constitue un enjeu majeur pour les années à venir. Impact environnemental d’une hausse du taux de recyclage et de valorisation des déchets plastiques L’expérimentation menée par Ecoemballages indique que l’extension du recyclage à d’autres catégories d’emballages en plastique présente un bilan environnemental positif, de même que la valorisation énergétique des plastiques non recyclables. Pour le recyclage de ces déchets, les bénéfices environnementaux sont comparables à ceux liés au recyclage des bouteilles et des flacons. VIII. Effets rebonds ou contre-productifs en cas de diffusion des pratiques de valorisation des déchets Dans l’hypothèse d’une hausse importante du taux de recyclage et de valorisation des déchets, certains effets rebonds ou contre-productifs pourraient être observés.
  11. 11. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 11 Augmentation des consommations (effet rebond) L’optimisation du triptyque conception-collecte-valorisation des produits pourrait conforter les producteurs et les consommateurs dans l’idée d’un problème « réglé ». Ainsi, les producteurs pourraient être amenés à ne plus innover dans leurs démarches de réduction à la source, et ainsi produire des objets de plus en plus consommateurs de matières. De même, les consommateurs pourraient ne plus être sensibilisés dans leurs choix de consommation vertueux. Or, comme le rappelle François Grosse, le recyclage ne peut suffire à lui seul à diminuer la consommation de matières vierges. Ceci suppose en effet parallèlement que la consommation de matières premières soit durablement inférieure à 1% par an 8 . Ne pas sortir de notre « pétrole-dépendance » L’optimisation du triptyque conception-collecte-valorisation des produits plastiques ne règle pas pour autant notre dépendance au pétrole. En effet, même avec un recyclage optimal tant d’un point de vue technique qu’organisationnel, il y aura toujours des plastiques non recyclés et des pertes de matières : mauvais gestes de tri, pertes et/ou dégradations des matières dans le processus de recyclage… on ne pourra donc pas fonctionner dans un système de boucle fermée. Il faudra nécessairement réinjecter des matières premières vierges issues du pétrole dans notre système de production-consommation. Refus des alternatives existantes ou à venir Depuis quelques années, de nombreuses alternatives émergent concernant nos modes de consommation et de production : consommation collaborative, économie de la fonctionnalité, économie circulaire, développement des produits biosourcés… L’optimisation du triptyque conception-collecte-valorisation des produits pourrait ainsi freiner voire stopper l’émergence de ces alternatives existantes ou à venir. Ce processus pourrait nous être notamment dommageable dans une perspective de sortie de notre « pétrole-dépendance ». Avoir des volumes de déchets suffisants à valoriser Pour être rentables, les industries de valorisation des déchets doivent disposer de flux suffisants et réguliers. Or, la multiplication de filières matières peut aboutir à des pénuries plus ou moins temporaires, car les volumes de déchets produits par l’économie nationale ne sont pas forcément suffisants, surtout lorsque des politiques de réduction à la source sont mises en place. Ainsi, grâce à d’importants investissements, la Suède ne met en décharge qu’1% de ses déchets ménagers. Cependant, les capacités d’incinération du pays sont aujourd’hui supérieures aux flux de déchets. En conséquence, les villes de Stockholm et d’Oslo sont désormais obligées d’importer des déchets d’autres pays européens pour rentabiliser leurs usines 9 . Et il s’agit là « juste » de valorisation énergétique : pour le recyclage, la question des flux peut être encore plus cruciale. Selon l’étude de l’ADEME sur le recyclage des déchets ménagers, d’ici 2030, le volume d’emballages produit par les ménages devrait diminuer, en raison de la moindre utilisation d’emballages en verre et de l’impact des politiques de prévention. De plus, les volumes de déchets papier pourraient diminuer de 25 % à cet horizon. 8 Grosse François, “Le découplage croissance / matières premières. De l’économie circulaire à l’économie de la fonctionnalité : vertus et limites du recyclage”, Futuribles, n° 365, juillet-août 2010. 9 http://ecologie.blog.lemonde.fr/2012/09/22/a-force-de-trop-recycler-la-suede-doit-importer-des-dechets/ ; http://www.nytimes.com/2013/04/30/world/europe/oslo-copes-with-shortage-of-garbage-it-turns-into- energy.html?_r=0
  12. 12. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 12 IX. Potentiel d’amélioration de la valorisation de la fin de vie des produits 10 Le défi de la valorisation de la fin de vie des produits concerne d’autres secteurs comme les équipements électriques et électroniques (DEEE). Selon Eco-systèmes, l’organisme français agréé pour la collecte et le recyclage des appareils électriques et électroniques usagés, en moyenne, 80% des composants de ces appareils peuvent être recyclés 11 . Pourtant, ces déchets font aujourd’hui l’objet de collectes partielles et très dispersées, et ne sont pas systématiquement valorisés. Par exemple, en 2010, le taux de retour des petits appareils électriques et électroniques à Écosystèmes (par rapport à la mise sur le marché) était de 21% 12 . Selon le CLCV (Association nationale de défense des consommateurs et usagers), en 2012, seuls 24 % des clients français ont bénéfice de la reprise en magasin de leur ancien EEE lors de l’achat d’un nouvel équipement, et 14 % sur Internet, et ces taux restent relativement stables 13 . Ces appareils, une fois arrivés en fin de vie, peuvent en effet être stockés par leurs propriétaires, donnés à des associations ou mis en décharge. Et, même s’ils sont collectés, ces déchets ne seront pas forcément recyclés, et pas forcément en France. Dans ce contexte, quels seraient les leviers pour améliorer le recyclage des produits en fin de vie à l’horizon 2030 ? 1) Améliorer la collecte des déchets 14 Entre 1998 et 2003, le taux de couverture de la population française desservie par une collecte séparée est passé de 40 à 95%. A la fin 2011, ce taux était de 98,5%, si bien qu’il ne reste plus qu’un million d’habitants non desservis par ce type de collecte. Pour améliorer la collecte des produits en fin de vie, il est donc nécessaire de compléter ce processus pour atteindre 100% de la population couverte. De plus, la collecte en porte à porte pourrait être privilégiée par rapport aux points d’apport volontaire qui donnent des résultats bien inférieurs concernant la participation de la population. Néanmoins, des systèmes de reprise de certains déchets contre des bons d’achat ou le remboursement de l’écotaxe peuvent aussi être envisagés. 2) Améliorer la conception des produits La réduction à la source La réduction à la source par les industriels des poids unitaires des produits, sans substitution de matériau et sans modification de l’ensemble des fonctionnalités, arrive bien souvent aujourd’hui à un point critique. Les perspectives d’amélioration ne s’orientent donc pas vers une réduction à la source mais vers une prise en compte des enjeux liés à la fin de vie des produits dès les phases de conception pour éviter de dégrader le caractère valorisable des produits. Sur ce sujet, voir les notes d’analyse 1 et 7. La conception des produits en vue de leur recyclage Aujourd’hui, de nombreux déchets sont considérés comme « perturbateurs » c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas être recyclés ou que certaines de leurs caractéristiques perturbent la 10 Sur les leviers à mobiliser pour améliorer la prise en charge des déchets plastiques, voir notamment le Livre vert de la Commission européenne sur ce sujet : http://www.cniid.org/Livre-vert-sur-les-dechets-plastiques- la,636 11 http://www.eco-systemes.fr/qui_sommes_nous_adherer_en_bref.html 12 http://www.smartplanet.fr/smart-people/recyclage-de-dechets-electriques-eco-systemes-deploie-3-500- nouveaux-points-de-collecte-1368/ 13 http://www.clcv.org/communiques-de-presse-archives/recyclage-des-appareils-electriques-et-electroniques- les-distributeurs-doivent-faire-plus.html ; 14 Source : ADEME | « Emballages ménagers (Données 2011) » | Octobre 2012
  13. 13. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 13 qualité finale des matières recyclées, le tri, le process de recyclage ou augmente les coûts. Pour faire face à cette problématique et pour améliorer le recyclage des déchets plastiques, le COTREP (COmité Technique pour le Recyclage des Emballages Plastiques) a dressé une liste de recommandations15 pour une meilleure conception des emballages plastiques qui peut s’appliquer à l’ensemble des produits en fin de vie. Inciter les industriels à mieux concevoir À l’heure actuelle, les deux éco-organismes que sont Adelphe et Eco-Emballages gèrent un système de contribution des industriels calculés pour chaque unité d’emballage. Cette contribution ne concerne actuellement que les emballages. Dans une perspective de recyclage de l’ensemble des produits en fin de vie, un système de contribution incitatif devrait être instauré pour l’ensemble des produits mis sur le marché. Conclusion À l’aube d’une raréfaction des ressources, cette note avait pour objectif d’étudier le traitement de la fin de vie des produits, en se basant sur le cas particulier des produits plastiques, qui présentent les moins bons taux de recyclage et qui cristallise la plupart des problèmes rencontrés par les différents secteurs du recyclage. L’étude des cas de TerraCycle et de FREITAG a permis de mettre en avant la pertinence d’initiatives privées face à une problématique de société. Bien qu’innovantes, ces démarches ne peuvent avoir un impact significatif sur les quantités totales de produits en fin de vie à traiter chaque année. Afin de trouver des solutions globales pérennes, nous avons fait un état des lieux de la situation du recyclage des déchets plastiques en France et nous en avons étudié l’impact environnemental. Bien que présentant des atouts environnementaux indéniables par rapport à l’utilisation de matières vierges, nous avons constaté que ce recyclage ne concernait qu’une partie infime des flux en jeu. Pour améliorer cette situation, nous avons identifié un certain nombre de leviers pour optimiser la collecte des déchets et pour repenser la conception des produits en vue de leur recyclage en fin de vie. Les études disponibles sur le sujet indiquent que plusieurs freins limitent le potentiel de recyclage des déchets d’emballages plastiques. Pour accroître leur taux de recyclage, des progrès technologiques et organisationnels devront être réalisés, et une évolution des pratiques des industriels et des consommateurs sera indispensable. Les potentiels de la valorisation énergétique des déchets plastiques et de l’écoconception (y compris pour les bioplastiques) semblent aussi prometteurs. Cependant, une hausse des taux de recyclage des déchets plastiques pourrait aussi entraîner un certain nombre d’effets rebonds ou contreproductifs. Le recyclage des déchets plastiques n’est pas le seul enjeu à prendre en compte à l’horizon 2030 : le recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques constitue aussi un défi majeur pour l’avenir. Pour améliorer la gestion des produits en fin de vie à l’horizon 2030, de nombreux leviers d’action doivent être encouragés auprès des professionnels, comme ceux liés à la conception des produits, aux modalités de distribution et aux fonctionnalités du produit tout au long de son cycle de vie. La réussite de ces actions ne passera que par une démarche conjointe des producteurs, des conditionneurs, des distributeurs et des consommateurs. En effet, chaque 15 Source : COTREP | « Recueil d’expérience pour l’aide à la conception en vue du recyclage des emballages en matière plastique » | Octobre 2010
  14. 14. © Futuribles, « Produire et consommer à l’ère de la transition écologique », mai 2014 14 consommateur détient un pouvoir de choix par rapport aux produits qui lui sont proposés et peut par ses comportements et ses demandes, faire évoluer les offres de produits. La sensibilisation aux enjeux environnementaux ainsi que le développement des pratiques d’éco- conception, permettront d’inciter les consommateurs vers des choix de consommation de plus en plus favorables à l’environnement, et donc d’améliorer notamment la gestion des produits en fin de vie.

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