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Les tables rondes de Tarn & Dadou 2013 sur l’économie circulaire

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En tant que structure experte sur les thématiques liées à l’économie circulaire, Efficycle a été sollicitée par la communauté de communes de Tarn & Dadou pour l’assister dans l’organisation de la 4ème édition des Tables Rondes de Tarn & Dadou. Le rôle d’Efficycle a été de définir les thématiques clés à aborder lors de cet événement, d’identifier les intervenants les plus pertinents de chaque thématique, de promouvoir l’événement auprès des acteurs économiques, médias et réseaux, et de réaliser une synthèse des débats.

Afin de promouvoir au plus grand nombre les enjeux liés à l’économie circulaire, Efficycle a le plaisir de partager cette synthèse avec vous !

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Les tables rondes de Tarn & Dadou 2013 sur l’économie circulaire

  1. 1. Les tables rondes de Tarn & Dadou c’est quoi ? Les Tables Rondes de Tarn & Dadou explorent des thématiques clés pour les décideurs écono-miques et politiques désireux d’impulser un développement territorial éco-responsable. Lancées en 2010, elles illustrent la volonté de la Communauté de communes Tarn & Dadou de promouvoir un développement économique durable. Rassemblant les acteurs de la vie politique et écono-mique (élus, représentants de l’État, entreprises, organismes professionnels, chercheurs, associa-tions, etc.) et éclairées par des spécialistes reconnus nationalement, les Tables Rondes de Tarn & Dadou proposent des points de repères. Les expériences présentées constituent des pistes crédibles de développement économique durable et facilitent la création de synergies entre acteurs d’horizons différents. Les précédentes éditions étaient consacrées aux filières d’avenir (photovol-taïque, construction éco-responsable et valorisation énergétique des ressources locales). cap sur l’économie circulaire 3ème révolution industrielle, biomimétisme, économie de fonctionnalité, éco-conception, écologie indus-trielle… autant de concepts qui invitent à revoir le système productif pour tendre vers une économie circulaire. Ce modèle, efficient dans l’utilisation des ressources et générateur d’emplois locaux, constitue une opportunité pour relancer et repenser l’économie. chiffres clés 12 intervenants 300 participants 145 entreprises et acteurs privés 120 institutions ou organismes publics 15 associations 5 universitaires 160 interactions sur Twitter #TRécocirc @TablesRondesTeD 60 questions SMS posées pendant les débats 2
  2. 2. L’économie circulaire «L’économie circulaire concrétise l’objectif de passer d’un modèle de réduction d’impact à un modèle de création de valeur, positive sur un plan social, économique et environne-mental. » Institut de l’économie circulaire Quelle définition ? Il n’existe pas de définition juridique de l’économie circulaire. La définition qui apparaît comme la plus partagée est proposée par le Conseil économique social et environnemental (CESE) : « Le concept d’économie circulaire consiste à rechercher au maximum la réutilisation des sous-produits de chaque processus de production ou de consommation, pour réintégrer ces derniers et éviter leur dégradation en déchet, en les considérant comme des ressources potentielles […].» Le terme d’économie circulaire est donc envisagé dans un sens large : c’est une économie du flux, de l’accès, des boucles et des liaisons. Cette acception ouvre la voie à de multiples pratiques déjà répan-dues : l’éco-conception, l’écologie industrielle et territoriale, l’économie de fonctionnalité... qui vont bien au-delà du strict recyclage, du réemploi et de la valorisation des ressources. Si cette prolifération de termes illustrant la notion d’économie circulaire peut complexifier la compréhension du concept, la multiplicité des déclinaisons démontre aussi que l’application de l’économie circulaire peut s’envisager à tous les stades de conception, de production et de consommation. 3
  3. 3. 4 Table Ronde 1 Les intervenants Emmanuel Delannoy Spécialiste du « biomimétisme », il est le fondateur de l’Institut Inspire, une initiative d’entrepreneurs, de scientifiques et d’individus unis par la convic-tion qu’économie et biosphère se doivent de marcher d’un même pas. Il est l’auteur d’un livre pédagogique et plein d’humour à la portée de tous les curieux : «L’économie expliquée aux humains». Raymond Cointe Conseiller spécial au Cabinet du ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, il a été chargé de mission pour l’équipement et les transports à la Mission intermi-nistérielle de l’effet de serre (1993-97), conseiller technique au Cabinet du ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement (1999-2001). Arnaud Gossement Spécialiste en droit public et droit de l’environnement, il est membre du comité de pilotage des États généraux de modernisation du droit de l’envi-ronnement, maître de conférences à Sciences Po Paris et chroniqueur juri-dique de l’émission BFM GreenBusiness. Francois-Michel Lambert Président de l’Institut de l’économie circulaire, député et vice-président de la commission Développement durable et Aménagement du territoire de l’Assemblée nationale. Raréfaction des ressources, renchérissement du prix de l’énergie, des matières premières et des trans-ports : notre système de production et de consommation s’essouffle. De nouveaux modèles émergent, que certains appellent la IIIème révolution industrielle, l’économie de fonctionnalité, l’écologie industrielle ou encore l’économie circulaire. Impulser une nouvelle économie respectueuse des milieux et res-sources, renforcer la compétitivité des entreprises, fédérer les acteurs pour façonner durablement un territoire : tels sont les enjeux du 21ème siècle.
  4. 4. 5 L’heure de la transition environnementale L’économie circulaire, un modèle vieux comme le Monde L’économie circulaire est une approche de l’économie qui s’oppose au système économique actuel, fondé sur le concept d’économie linéaire. Cette dernière s’est développée au cours de la première révo-lution industrielle, par l’application de la chaîne suivante : prélever les ressources - transformer - consom-mer - jeter. Ce modèle linéaire a ainsi tourné le dos aux principes de développement de la Terre et de l’Humanité, et à ce qu’était l’économie avant la Ière révolution industrielle, à savoir optimiser et réutiliser ce que fournit la nature. Or, depuis quelques années émerge une prise de conscience collective de la non-viabilité de ce sys-tème : la croissance infinie n’est pas envisageable dans un monde fini, les ressources sont limitées et les consommateurs de plus en plus nombreux. Il devient urgent de sortir du carcan de l’économie linéaire, en s’inspirant par exemple de la maxime d’Antoine Lavoisier selon qui « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». François-Michel Lambert : «L’économie circulaire sera ce que l’hygiène a été au XIXème siècle pour l’humanité : un changement en profondeur, structurant et préservant l’humanité.»
  5. 5. 6 L’heure de la transition environnementale changer de référentiel La mise en place d’une économie circulaire suppose de grands changements dans de multiples domaines. En effet, 150 ans d’économie linéaire ont donné lieu à 150 ans d’une réglementation, d’une législation et d’une logique de pensée construites autour de ce modèle. Comment dépasser le modèle linéaire ? par l’éducation : l’économie circulaire est une économie de la complexité, qui est vidée de son sens si l’éducation aux sciences du vivant et les écoles de pensée économique n’en tiennent pas compte. Ces apprentissages doivent aborder l’économie de manière plus globale, afin d’intégrer plus tôt la gestion de la complexité et de la multiplicité des paramètres. par la fiscalité : la fiscalité actuelle n’encourage pas l’investissement vers la transition écologique. Il faut se saisir de cet outil pour inciter à économiser les ressources plutôt qu’à les détruire. par une nouvelle gouvernance : l’économie circulaire doit intégrer une politique circulaire, c’est-à-dire une manière de prendre les décisions qui s’appuierait sur un véritable dialogue environnemental et une co-construction permanente entre les acteurs d’un territoire. Emmanuel Delannoy : «Il faut se reconnecter au vivant en inventant de nouvelles relations : nous ne sommes ni maîtres ni possesseurs de la nature et des ressources naturelles. Nous appartenons au système vivant.» Et si le déchet devenait une ressource ? Les positions face à l’usage du déchet ne sont pas consensuelles. La législation actuelle est matricée par l’économie linéaire, ce qui induit qu’un déchet ne peut être réutilisé ou considéré comme une ma-tière première. C’est pourquoi certains intervenants de la table ronde préconisent une «sortie du statut du déchet» afin de pouvoir l’envisager comme une ressource et l’inclure dans un nouveau processus de production ou de consommation. Pour autant, la sortie du statut du déchet peut induire l’effet inverse : si le déchet devient une ressource, cela peut encourager un système pervers qui aura intérêt à produire du déchet, puisqu’il représenterait alors une richesse potentielle. Le conseil lecture d’Arnaud Gossement : «No impact man», de Colin Beavan (la vie d’une famille qui a décidé de ne plus produire de déchets).
  6. 6. 7 L’heure de la transition Table Ronde 1 environnementale Vers la mise en place d’une loi-cadre Une loi-cadre sur l’économie circulaire peut être l’occasion de créer un consensus français et de porter le changement de modèle au niveau européen. Une loi sur l’économie circulaire doit permettre, d’une part, de s’accorder sur la définition et les implications de cette nouvelle économie et, d’autre part, d’im-pulser des mesures nécessaires comme un système de reconnaissance pour les territoires à l’instar des Agenda 21 et Plans Climat-Énergie Territoriaux. Conférence environnementale « Ne perdons pas de temps pour organiser le modèle de l’économie circulaire» Les 20 et 21 septembre derniers, l’économie circulaire faisait partie des 5 axes prioritaires de la Confé-rence environnementale. Pour le Président de la République, «l’économie circulaire est un principe d’évidence, faire que les déchets soient une matière première, que nous puissions en tirer un argument en termes d’indépendance économique ou énergétique». «Quand une économie peut permettre de régler une question environnementale - le déchet - et en même temps nous donner une performance supplémentaire, allons dans cette direction», a déclaré François Hollande, tandis que Jean-Marc Ay-rault réaffirmait la nécessité d’accélérer la transition écologique et d’aller plus loin dans l’économie circulaire. De concert, le message porté par le ministre de l’écologie, Philippe Martin, est de concevoir l’économie circulaire comme un projet de territoire. «Un projet stratégique, économique, d’emploi territorial, de compétitivité natio-nale autant qu’un projet environnemental.» Les régions pourraient, selon lui, intervenir dans cette stratégie de planification de l’économie circulaire décloi-sonnée : en veillant aux conditions d’approvisionnement du territoire en res-sources nécessaires aux activités économiques, en planifiant les conditions de l’émergence et de la pérennisation de filières professionnelles et en accompagnant l’innovation technologique associée. Jean-Marc Ayrault a conclu en annonçant la mise en place prochainement d’États généraux de l’éco-nomie circulaire, une idée qui a fait consensus parmi les intervenants. Ceux-ci permettraient la mise en place d’une concertation participative de l’ensemble des acteurs concernés, tant au niveau national que régional. chiffre clé Le rapport de la fondation Ellen MacArthur et du cabinet McKinsey & Company indique que le basculement d’une partie de l’économie européenne (celle sur les biens) dans une économie circulaire permettrait de générer au moins 450 milliards d’euros d’économie annuelle de matières premières. Thomas Samson / AFP
  7. 7. 8 Table Ronde 2 Les intervenants Éric Fromant Spécialiste de l’économie de fonctionnalité, il est le fondateur du bureau d’étude Sefior et a travaillé près de dix ans au sein du Comité européen de normalisation (Cen). Michel Lopez Responsable «Économie circulaire et déchets» à la Direction du dévelop-pement durable de la SNCF. Comme société industrielle et comme société de transport de voyageurs, l’entreprise est engagée dans la réduction de la consommation des ressources et travaille en partenariat pour intégrer dans ses «process» aussi bien l’éco-conception que le développement des filières de recyclage. Susy Barreau Manager général France de la start-up internationale TerraCycle, fondée par Tom Szaky, un jeune entrepreneur américain qui développe des pro-cess révolutionnaires pour valoriser des déchets jusqu’alors destinés à l’incinérateur : cigarettes, couches, chewing-gums... et qui à l’arrivée sont transformés en un plastique hybride recyclable à l’infini. Fabrice Lodetti Gérant de la société les Filatures du Parc, il a développé un réseau de récupération de tricoteurs européens et renouvelé intégralement l’outil de production, ce qui lui a permis d’accentuer les performances de cette entre-prise tarnaise de fil cardé. La «philosophie circulaire» s’illustre dans différents domaines (éco-conception, économie de fonction-nalité, écologie industrielle...). Cette nouvelle économie permet de développer les innovations techno-logiques au sein des entreprises, mais aussi organisationnelles et économiques, de façon à promou-voir les filières d’excellence et/ou à renforcer les maillons faibles ou manquants dans les chaînes de valeur des entreprises. À travers les retours d’expériences d’entrepreneurs d’horizons différents, cette table ronde fait le point sur les enjeux de l’application de cette économie circulaire.
  8. 8. 9 Les nouveaux modèles économiques réutiliser Les Filatures du Parc, la déclinaison de l’économie circulaire dans une petite entreprise Les Filatures du Parc est une entreprise familiale tarnaise créée en 1975 dont l’activité repose sur la fabrication de fils, principalement pour les secteurs de l’habillement et de l’ameublement. Elle produit entre 600 et 800 tonnes de fils par an à destination d’une trentaine de pays. Fabrice Lodetti : «L’économie circulaire pérennise notre activité et sera indispensable dans l’économie de demain. Le recyclage nous permet de maîtriser nos intrants.» La PME a déposé il y a 5 ans un brevet sur la fabrication de fils 100% recyclés. L’utilisation de matières recyclées n’est pas une nouveauté, mais elle nécessite l’introduction de matière vierge pour obtenir une qualité acceptable. Grâce à ce brevet, l’entreprise transforme la maille recyclée en fibres ayant des longueurs comparables aux fibres vierges et donc de qualité comparable. Les fils recyclés représen-tent aujourd’hui entre 25 et 30% de la production des Filatures du Parc pour des prix similaires à ceux issus de fibres vierges. Si cette branche du fil recyclé se développe pour la PME tarnaise, c’est entre 30 et 40 emplois qui seront créés. Pour s’inscrire dans une démarche d’économie circulaire, l’entreprise intègre des réseaux (associa-tifs, professionnels…) qui s’inscrivent dans une dynamique de développement durable. Ainsi, elle a rencontré des administrations, des industriels… qui ont des problématiques environnementales et sur lesquelles les Filatures du Parc essaient de répondre avec cette solution de fils 100% recyclés. En attendant une éventuelle mise en place d’un étiquetage environnemental des vêtements textiles qui permettrait de consolider son activité dans le fil recyclé, l’entreprise tarnaise continue son chemin dans l’économie circulaire en s’appuyant notamment sur la motivation de son dirigeant pour qui « le dire ça fait sourire, le faire ça fait taire ».
  9. 9. 10 Les nouveaux modèles économiques recycler TerraCycle, l’entreprise internationale innovante et militante qui élimine les déchets Fondée en 2001 par Tom Szaky, alors étudiant en 1ère année à l’Université de Princeton (États-Unis), TerraCycle a créé des réseaux citoyens de collecte (les Brigades) pour des déchets qui aujourd’hui finissent dans nos poubelles et pour lesquels, TerraCycle développe des solutions de valorisation. Aujourd’hui, TerraCycle et présent dans 21 pays, collecte 40 types de déchets (paquets de chips, mégots de cigarettes, papiers de bonbons, brosses à dents, tongs, couches usagées, chewing-gums…) grâce à ses « Brigades » qui comptent près de 30 millions d’actifs. Quel que soit le pays, le principe est le même. TerraCycle travaille avec des marques qui produisent des objets, donc des déchets, et qui défendent la bonne collecte et le recyclage de ces déchets. Les bénévoles intéressés rejoignent la ou les « Brigades » correspondant au type de déchet visé. Quand un seuil de déchets collectés est atteint, le bénévole demande à son antenne nationale une étiquette de transport prépayée et envoie le colis de déchets. Une fois le colis réceptionné par l’antenne natio-nale, celle-ci crédite des points sur le compte du bénévole qu’il peut convertir en cadeaux solidaires ou en don financier au profit d’une association de son choix. Pour valoriser les déchets collectés, TerraCycle développe des process de recyclage aux États-Unis, utilisés par les recycleurs locaux. Les matériels collectés sont la plupart du temps transformés en granulés de plastique, ensuite utilisés par des fabricants d’objets en plastique à la place de la matière vierge. En France, quatre programmes de collecte sont proposés par des marques partenaires de Ter-raCycle : les gourdes de compote, les instruments d’écriture (stylos, crayons, effaceurs…), les embal-lages de savon liquide et les capsules de café. TerraCycle met en oeuvre un modèle qui associe une pluralité d’acteurs (producteurs, consommateurs, recycleurs et associations) échangeant des flux de matières et de communication visant la mise en oeuvre d’une économie circulaire. Susy Barreau : «Nos employés apprécient leur mission et sont contents de travailler, ils font quelque chose d’utile et de nouveau. C’est gagnant-gagnant, y compris pour les entreprises qui sont satisfaites.» L’entreprise ne cherche pas à faire des profits exponentiels. L’objectif est d’être rentable et de pouvoir réinvestir dans leurs systèmes pour pérenniser les démarches de collecte et étendre le concept à de nouveaux types de déchets qui ne bénéficient pas de filières dédiées.
  10. 10. 11 Les nouveaux modèles économiques Éco-concevoir La SNCF, ou comment appliquer l’économie circulaire dans le service public La SNCF produit des déchets, comme toute entreprise, et s’intéresse de près à l’économie circu-laire. En effet, elle analyse le cycle de vie de ses outils, c’est-à-dire la manière dont sont conçus les trains et les services, leur usage et leur destruction ou démantèlement. Au niveau de ses achats, la SNCF réfléchit en termes de coût global. Ainsi, elle estime qu’il est plus pertinent d’acheter un train à grande vitesse qui coûte 1 à 2 millions d’euros de plus la rame mais dont elle sait qu’à l’usage, il consomme 30% d’électricité en moins. Lorsque la SNCF démantèle un train après trente années d’usage en moyenne, 80% du poids du pro-duit est directement recyclé dans la filière des métaux ferreux. Concernant la valorisation des 20% res-tants, la SNCF travaille sur des boucles courtes, avec des partenaires régionaux, pour limiter le trans-port. À travers cette démarche, elle entend favoriser l’emploi local et l’économie sociale et solidaire. La SNCF est engagée depuis deux ans sur la valorisation « matière » des uniformes de ses agents. Elle est membre de l’association Prorecyclage au sein de laquelle elle a créé un club-métiers spéci-fique sur les mousses et textiles. Ce groupe - dont fait partie l’entreprise Les Filatures du Parc - intervient sur l’intégralité de la chaîne de vie de l’uniforme : production du vêtement, livraison aux agents, recyclage, etc. L’objectif est de mettre en place des filières de valorisation ou de recyclage pour les vêtements professionnels, qui n’existent pas encore contrairement aux vêtements domestiques, notamment avec l’éco-organisme Eco-TLC ou des structures comme Le Relais ou Emmaüs. Dans cette optique, la SNCF travaille avec Les Filatures du Parc dans la recherche du process adéquat pour transformer les uniformes des agents SNCF en fils recyclés en vue d’une seconde vie, voire davantage.
  11. 11. 12 Les nouveaux modèles économiques Repenser le modèle de vente SEFIOR ou inciter à l’usage plutôt qu’à l’achat du bien L’économie de fonctionnalité, qu’est-ce que c’est ? L’économie de fonctionnalité consiste à remplacer la notion de vente du bien par celle de la vente de l’usage du bien, ce qui entraîne le découplage de la valeur ajoutée et de la consommation d’énergie et de matières premières. exemples • Dans une station de lavage automatique, c’est l’usage du bien qui est payé et non le bien en lui-même. • Les vélib’ : l’entreprise loue des vélos au lieu de les vendre, ce qui l’incite notamment à investir dans des vélos durables et à réparer son parc plutôt qu’à acheter de nouveaux vélos. Cette pratique permet de lutter partiellement contre l’obsolescence programmée des produits, c’est-à-dire la tendance à la réduction de la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Cette dérive s’exerce dans un but de surconsommation et donc de profit pour le producteur.
  12. 12. 13 Les nouveaux modèles économiques Le « besoin de propriété », un véritable frein à la généralisation de l’économie de fonctionnalité ? Les études de marché sur le comporte-ment des consommateurs vis-à-vis du développement durable affirment que la notion de propriété n’est pas un facteur clé d’un acte de consommation. Par ailleurs, les places de marchés (plates-formes d’échange virtuelles d’offres et de demandes pour un secteur d’activité par-ticulier) de location d’objets dont l’usage est ponctuel (perceuse, barbecue…) ne Je loue des outils rencontrent pas de difficultés vis-à-vis du redu ets. fr sentiment de propriété. is onsnosd ec h Ce non-transfert de propriété, inhérent à l’économie de fonctionnalité entraîne aussi un changement de relation entre le client-utilisateur et le fabricant-vendeur. En effet, le seul revenu est la vente de l’usage, tout le reste étant à la charge du fabricant-vendeur. Il ne s’agit donc pas d’une vente ponctuelle mais d’une vente à moyen/long terme. Ce changement de relation entraîne parallèlement un abaissement des coûts de fidélisation de la clientèle, élément particulièrement important dans une relation commerciale. Dans le même ordre d’idée, le fabricant-vendeur a tout intérêt à faire durer ses pro-duits le plus longtemps possible par la qualité de fabrication (production à haute va-leur ajoutée et non plus dans les pays à bas coûts), par l’entretien (création d’emplois locaux et non délocalisables), mais aussi par l’évolution du produit. Il est notable de remarquer que faire durer un produit ne casse pas l’innovation : ainsi, le fabricant-vendeur privilégie des nouveautés « utiles » à ses produits pour fidéliser sa clientèle. Le fabricant-vendeur peut aussi faire évoluer ses produits pour coller davantage aux besoins de ses clients-utilisateurs. Pour que cela fonctionne, il faut que les mentalités évoluent à tous les niveaux : que les industriels développent l’éco-responsabilité, que les décideurs politiques se projettent sur le long terme, que chacun devienne un consom’acteur. Éric Fromant : «Cette nouvelle donne change la relation client/vendeur qui devient une relation de partenariat.»
  13. 13. 14 Table Ronde 3 Les intervenants Grégory Lannou Coordinateur du Club d’écologie industrielle de l’Aube dont le but est de sensibiliser et de mettre en relation les acteurs économiques locaux dans le cadre de projets de territoire en écologie industrielle et territoriale. Alpha Dramé Directeur de l’Institut international d’écologie industrielle et de l’économie verte, vice-président de Fondetec, spécialiste et expérimentateur de l’éco-logie industrielle sur le canton suisse de Genève. Il a été élu municipal de la ville de Genève. Nathalie Boyer Déléguée générale de l’association Orée. Ingénieur agronome diplômée de l’École nationale supérieure d’agronomie de Toulouse (Ensat), elle a été pendant 10 ans responsable du «pôle Entreprises» à l’Agence régionale pour l’environnement - Midi Pyrénées (Arpe). Cyril Adoue Premier doctorant français en écologie industrielle et territoriale, il a accompagné de très nombreux projets territoriaux sur cette thématique dont il est le spécialiste national. Il est l’auteur de « Mettre en oeuvre l’écologie industrielle », dans lequel il développe les avantages et inconvénients liés à l’impulsion de cette nouvelle économie. Bien que les initiatives se multiplient à l’échelle d’un parc industriel, force est de constater que l’impulsion de cette transition à l’échelle d’un territoire s’avère plus ardue (manque de ressources, d’ingénierie, de coordination). Les acteurs politiques, chefs de file dans l’investissement et la dynamique économique territoriale, ont leur place dans la mise en place de cette nouvelle économie. Le concours de la puissance publique est aussi nécessaire puisque les élus définissent les conditions cadres qui structurent la poli-tique industrielle de demain. Comment favoriser l’émergence et la pérennisation des projets ?
  14. 14. 15 Les synergies territoriales s’inspirer des écosystèmes naturels L’écologie industrielle et territoriale propose de considérer un territoire et ses acteurs comme un éco-système. L’objectif est de développer des synergies entre différentes activités pour économiser de la matière et de l’énergie. Il existe deux types de synergies : Les synergies de substitution (échanges de flux de vapeur, échanges de flux d’eau, échanges de co-produits ou de sous-produits, etc.) Les synergies de mutualisation (approvisionnement commun, mutualisation de services, partage d’équipements, etc.) Si les entreprises constituent des acteurs clés de tout programme d’écologie industrielle et territoriale, les collectivités ont également un rôle primordial à jouer. Elles peuvent initier le processus, le porter, en être actrices ou également stratèges en lançant par exemple des appels à projets pour favoriser la mise en oeuvre de ce type de démarches. zoomzoomzoomzoomzoomzoom Kalundborg (Danemark) a permis la généralisation des échanges entre les industriels d’un parc d’activités pour créer une « symbiose industrielle ». Elle permet de réutiliser 3 millions de tonnes d’eau et de matières par an pour une économie de l’ordre de 15 millions de dollars. Des projets existent aussi en Chine, en Belgique, en Australie, aux États-Unis, au Mexique, au Royaume-Uni, et tendent à se multiplier.
  15. 15. 16 Les synergies territoriales L’écologie industrielle et territoriale, ca existe en France ? Une quarantaine de projets ont été lancés, mais sont à différents stades d’avancement. Les deux projets, à la fois pionniers et les plus avancés, sont le projet Écopal à Dunkerque et celui porté par le Club d’écologie industrielle de l’Aube. La mise en oeuvre d’un processus d’écologie industrielle et territoriale varie nécessairement d’un territoire à l’autre, en fonction notamment de ses caractéristiques propres, de son tissu d’entreprises ou des secteurs d’activités représentés localement. C’est ainsi que peuvent être concernés des territoires industriels comme à Roanne ou des territoires agricoles dans le département de la Lozère. Le principal point commun de ces projets réside dans le fait que la démarche ne peut se développer que sur la base des caractéristiques propres du territoire. ? François-Michel Lambert : «L’économie circulaire, c’est un peu la rencontre des contraires.»
  16. 16. 17 Les synergies territoriales Les facteurs clés de succès L’impulsion nécessaire de la puissance publique La contrainte environnementale accélère la nécessaire conversion écologique de l’ap-pareil productif. Les politiques publiques, dont découlent des activités économiques ou environnementales, doivent intégrer l’écologie industrielle et territoriale qui est une opportunité écologique et économique intéressante. Le rôle de l’État est primordial car il doit être un catalyseur, tant sur le plan législatif et réglementaire que sur le plan financier. De plus, l’État semble le plus légitime pour être à l’initiative de plates-formes de discussion entre les sphères économique, sociale, environnementale et politique. Alpha Dramé : «Le politique, l’État, l’administration sont un catalyseur de l’écologie industrielle et de la dynamique économique. Leur rôle est déterminant, mais ils doivent avoir les moyens d’agir et sortir du cadre classique pour entrer dans celui de la transversalité.» L’INCONTOURNABLE leader Les projets d’écologie industrielle et territoriale nécessitent un temps d’échange im-portant, car une des clés de la réussite est de parvenir d’abord à instaurer la confiance entre acteurs pour ensuite les faire collaborer dans la durée. Il faut donc dans un pre-mier temps qu’ils échangent des informations, qu’ils aient confiance les uns avec les autres pour dans un second temps investir ensemble. Grégory Lannou : «La confidentialité des données peut constituer un véritable frein dans la construction d’un projet. Pour échanger des flux entre acteurs, il est nécessaire de transmettre des informations, notamment sur la quantité de ces flux et leur composition. Celles-ci peuvent être considérées comme un échange d’informations stratégiques de l’entreprise.» Le succès de certaines démarches réside dans la présence d’un fort leadership (la collectivité, une entreprise ou un réseau d’entreprises) et sa capacité à faire colla-borer différents acteurs dans des secteurs très variés et donc aux langages, aux va-leurs et aux préoccupations qui peuvent être différents.
  17. 17. 18 Les synergies territoriales Le besoin d’ingénierie et d’animation durables Selon les intervenants, il est relativement aisé de réaliser la première étape d’une démarche d’écologie industrielle, à savoir l’étude de flux au sein de chaque enti-té concernée. En revanche, il est plus complexe de faire vivre la démarche dans le temps. De nombreuses actions sont ainsi laissées en suspens faute d’animation territoriale, d’anticipation sur les moyens humains et financiers en ingénierie à mobi-liser tout au long de l’action, alors que ces éléments sont décisifs. La capacité d’investissement et la rentabilité économique du projet Lorsqu’une synergie potentielle est repérée, il s’agit de définir les moyens pour la mettre en oeuvre et d’évaluer le retour sur investissement pour chacun, facteur indis-pensable pour déclencher toute réalisation au sein d’une entreprise ; cela fonctionne-ra d’autant mieux que le couplage bénéfice environnemental / bénéfice économique sera mis en évidence. Cependant, le bénéfice économique se calcule différemment selon qu’il est ques-tion d’une PME ou un grand groupe. En outre, les centres de décisions des grands groupes sont rarement situés à l’endroit où la synergie est repérée, ce qui peut com-pliquer le passage à l’action. Sur certaines ressources, la problématique du coût se pose également. Il est en effet moins onéreux immédiatement pour deux entreprises de consommer de l’eau plutôt que d’investir dans un pipe-line entre deux sites pour favoriser les échanges de flux d’eau. Il est donc nécessaire d’intégrer à toute réflexion la notion de coût global et de changer de temporalité : un investissement peut ainsi devenir rentable dans 20 ans et pour 20 ans de plus en générant au final de réelles économies vis-à-vis par exemple des consommations d’énergies ou de matières. zoomzoomzoomzoomzoomzoom Le territoire de l’Aube a débuté en 2003 une réflexion sur la mise en oeuvre de démarches d’écologie industrielle et territoriale entre entreprises. En 2004, le territoire a identifié une piste de synergie : un flux de sable généré par le process de lavage de betteraves d’une entreprise. Les eaux de lavage sont décantées, la terre est remise à la terre, l’eau est remise à l’eau, mais il reste le sable, non-désiré par les agriculteurs car il contient des graminées. L’entreprise a donc été mise en relation avec une société de travaux publics qui, après analyses réalisées sur le sable en question, a défini des usages pour sa réutilisation dans l’activité de travaux publics. Aujourd’hui, le sable est récupéré via une convention d’échange de type fournisseur/client, mais sans échange financier. Lorsqu’un camion arrive avec des betteraves, il repart avec du sable, utilisé sur les chantiers du territoire. C’est donc une synergie de substitution d’une matière première (issue des carrières) par une matière première secondaire qui permet d’allonger la durée de vie des carrières.
  18. 18. 19 scribbing Le scribing (facilitation graphique), c’est l’utilisation de techniques de visualisation pour matérialiser et modéliser graphiquement. ici-joint : le contenu des débats des Tables Rondes de Tarn & Dadou. Par Stéphane Béguin (Simplixi) partenaires

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