Guide Business Brésil 2012 Le Moci

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Interview Crescendo Kea & Partners dans le MOCI- avril 2012

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Guide Business Brésil 2012 Le Moci

  1. 1. BrésilLe guidebusiness2012Comment éviter les piègeset saisir les opportunités
  2. 2. EN COUVERTUREBrésilGuide business 2012Une classe moyenne qui émerge, des investissements massifs dans lesinfrastructures, une politique industrielle volontariste, des efforts enR&D et des événements sportifs qui vont dynamiser l’économie. Legéant de l’Amérique latine offre des opportunités réelles pour lesentreprises françaises à condition qu’elles investissent et s’adaptent àun environnement des affaires complexe. Le Moci vous expliquecomment avec ce premier « guide business » consacré au Brésil. ébut avril, le fabricant consommateurs » n’achètent pas nique Fruchter, économiste enD de cosmétiques Coty a présenté une offre de rachat de son rival, Avon, pour 10 milliardsde dollars. L’une des raisons decette opération était de prendre lecontrôle de la filiale brésilienne, seulement des biens traditionnels : ils acquièrent des ordinateurs, voya- gent, etc. On considère que 44 % de la population brésilienne a accès à Internet et 23 % a déjà réalisé un achat via la Toile. La croissance du trafic aérien est telle que, selon une charge de l’Amérique latine chez Coface. Le secteur public brésilien n’a pas de problème de solvabilité et le pays est noté A3 par cet orga- nisme : il figure dans la meilleure catégorie de risque. Cette bonne santé financière et lanuméro 2 sur le segment de la étude officielle, 17 des 20 princi- croissance économique attirent lesvente directe, et devenir un acteur paux aéroports du pays sont dans entreprises du monde entier.majeur au Brésil, troisième marché une situation « critique » ou « préoc- Cependant, à la différence desmondial pour les cosmétiques après cupante ». Mais ces consomma- autres pays d’Amérique latine, leles États-Unis et le Japon. teurs demandent aussi de meilleurs gouvernement brésilien a mis enCette opération, rejetée par Avon, services d’éducation et de santé. place une stratégie volontariste detémoigne de l’intérêt des investis- La poussée de la consommation développement de l’industrie, quitteseurs étrangers pour le Brésil. De des ménages a stimulé l’investisse- à heurter les préceptes de l’ortho-fait, le pays vit une transformation ment des entreprises et la crois- doxie libérale. La nouvelle législationsocio-économique majeure. Depuis sance de l’économie. Le PIB a sur les marchés publics prévoit une2005, la part des catégories les cependant progressé de 3 % par préférence en termes de prix pou-plus pauvres de la population a été an en moyenne depuis dix ans, un vant aller jusqu’à 25 % pour lesréduite de moitié (de 51 % à 24 % chiffre bien inférieur à ceux des entreprises installées au Brésil eten 2011) tandis que la catégorie autres BRICS (Brésil, Russie, Inde, dans les autres pays du Mercosurmoyenne, la classe dite « C », a vu Chine, Afrique du Sud – South (Argentine, Paraguay, Uruguay,son poids grimper de 34 % à 54 %, Africa), car le gouvernement main- Venezuela).selon une étude récente de la filiale tient une politique économique Le gouvernement veut, par ailleurs,brésilienne du Cetelem. En six ans, orthodoxe. « En dépit d’une dette utiliser les investissements massifs40 millions de personnes ont rejoint relativement élevée, les finances de la compagnie pétrolière Petro-cette catégorie. Si on ajoute ce chif- publiques sont bien gérées et le bras (225 milliards de dollars pen-fre à celui des classes A et B, les Brésil est créditeur net vis-à-vis de dant la période 2011-2015) commeplus favorisées, on constate qu’il y a l’extérieur », fait remarquer Domi- levier pour le développement duactuellement 145 millions deconsommateurs au Brésil. « Lacroissance de ce segment tire l’en-semble de l’économie brésilienne », « La classe moyenne a vu son poidsaffirme Benoit Trivulce, directeur grimper de 34 à 54 % »d’Ubifrance Brésil. Les « nouveaux LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 3
  3. 3. Guide businessPAYS & MARCHÉS Brésil tissu des fournisseurs de biens et compliqué, complexe, cher et avec santes et les contacts avec les Bré- de services par le biais d’exigences des carences. L’un des aspects qui siliens sont excellents. Mais je Les grands projets d’infrastructures rigoureuses en matière de contenu surprend le plus est le niveau des constate qu’elles ont du mal à VENEZUELA local. Et, dans le cadre du Merco- coûts : restauration, hôtellerie, mais concrétiser leurs projets », affirme S U R I N A M GUYANE sur, certains droits de douane ont aussi loyers, terrains, etc. Une infla- Raphaël Allemand, directeur de la A FR. AIM C O LO M B I E GUYANA été relevés. « Ce n’est pas à pro- tion supérieure à l’indice officiel filiale brésilienne d’EOC Internatio- prement parler du protectionnisme : (5,2 % en mars 2012 en taux nal, une société d’accompagnement ROR AMAPÁ toute entreprises étrangère peut annuel) et la fermeté du réal par rap- à l’international. bénéficier de cette préférence natio- port à l’euro ont propulsé les prix à Le Brésil est-il un marché inacces- Belém São RIO GRANDE nale à partir du moment où elle des niveaux anormalement élevés sible ? L’engouement des entre- Luis DO NORT E s’installe au Brésil », fait remarquer pour un pays dit « émergent ». Autre prises étrangères, toutes nationali- Belo Monte Fortaleza Fernando Santiago, avocat associé exemple : les salaires. Faute de tés confondues, pour ce pays Manaus Nova du cabinet franco-brésilien Chenut cadres en nombre suffisant, ils se montre que ce n’est pas le cas. En MA Transnordestina Oliveira Santiago. sont envolés. Résultat : un cadre revanche, ce n’est pas l’eldorado : RÁ Imperatriz RA NH Natal A M A Z O N A S AO Cette stratégie a des consé- dirigeant brésilien est plus cher que le marché est difficile d’accès. Il CEA PARÁ Santo Antonio PA R A Í B A quences très concrètes pour les son équivalent en France, et cer- exige une démarche rigoureuse et TOCANTI N A C R PE R NAM- entreprises françaises. « Le déve- taines entreprises implantées loca- l’élaboration d’une véritable straté- E PIAUÍ Recife B UCO Jirau Porto Velho loppement au Brésil suppose une lement préfèrent avoir recours à des gie. Surtout, et ceci n’est pas dit réelle présence locale », souligne expatriés. dans les réunions d’informations, il R Teles Pires Palmas Ferrovia de Integracão ALAGOAS O N Benoit Trivulce. Mais, en investis- Si les grandes entreprises dispo- apparaît que le Brésil n’est pas à la S D Oeste-Este SERGIPE Ô M AT O G R O S S O N sant dans le pays, les entreprises sent de ressources financières suf- portée de tous. C’est un marché IA B A Salvador Ferrovia Norte-Sul H A PÉROU se trouvent confrontées à une réalité fisantes pour investir, il n’en va pas pour entreprises aguerries à l’inter- BOLIVIE des affaires qui n’est pas toujours de même pour les PME. « Beau- national et disposées à assumer Cuiabá Brasilia Itabuna celle qu’elles attendaient. Chez Ubi- coup de PME qui viennent au Bré- des risques. Modernisation Goiânia B RAS I LIA france Brésil, on évoque, à propos sil pour la première fois découvrent Daniel Solano, des aéroports IS Anápolis E R A du marché brésilien, les « 4 C » : des possibilités d’affaires intéres- envoyé spécial au Brésil G GOIÁS A S PROJET DE TRANSPORT URBAIN (METRO, TRAMWAY, ETC) IN M AT O M Belo En cours G R O S S O Horizonte A l’étude D O S U L ES PÍR ITO SANTO d’exécution PA U LO O SÃ Campinas Centrale PA R AG UAY CHILI hydro-éléctrique São Rio de Janeiro Paulo R IO DE JAN E I RO Hydrocarbures PA RANÁ Curitiba Stades de la Coupe du monde de football 2014 (construction et rénovation) Pré-sal ARGENTINE S A N TA Bassin de Santos R I O C ATA R I N A J.O. Rio 2016 G R A N D E D O S U L Porto Alegre VOIES FERRÉES (MARCHANDISES) Existante Rio Grande Chantrieux En construction A l’étude U R U G UAY CHIFFRES CLÉS Superficie : 8,5 millions de km2 Balance commerciale : + 29,8 milliards de dollars (2011) Population : 190,7 millions (recensement de 2010), 250 mil- Récolte de grains : 157,5 millions de tonnes (estimation 2012) lions en 2050 Production de pétrole : 2,2 millions de barils/jour (2011) Densité : 22,43 habitants/km2 Production d’automobiles : 3,4 millions de véhicules (2011) PIB : 2 180 milliards de dollars (2010) PIB par habitant : 11 524 dollars Sources : Institut brésilien de géographie et statistique (IBGE), minis- Taux d’inflation : + 5,2 % (mars 2012, sur un an) tère du Développement, de l’Industrie et du Commerce extérieur Taux de chômage : 5,7 % (mars 2012) (MDIC), Agence nationale du pétrole, du gaz naturel et des biocar- Exportations : 256 milliards de dollars (2011) burants (ANP), Association nationale des fabricants d’automobiles Importations : 226,2 milliards de dollars (2011) (Anfavea), Ubifrance.4 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 5
  4. 4. Guide businessPAYS & MARCHÉS Brésil ENTREPRISES rachat repose sur un audit minutieux de la situation de la « Avoir un partenaire brésilien cible et peut réserver des surprises. Un parcours difficile, « Beaucoup de PME brésiliennes réalisent une partie de leur activité au noir », affirme Jean-Pierre Ber- fiable est une façon sécurisée de s’implanter » mais qui en vaut la chandelle nard. La « normalisation » de cette situation peut allonger la durée du processus de rachat. Une autre dans la compréhension de l’envi- ronnement et de la culture des depuis 2006. De plus une entre- prise est soumise à 75 impôts et modalité d’entrée consiste à s’as- affaires. « L’élément relationnel est taxes au Brésil, lesquels varient La réussite sur le marché brésilien nécessite de surmonter une série de socier avec un entrepreneur brési- une composante essentielle du selon le lieu d’implantation. pièges. La principale recommandation est de savoir s’entourer des com- lien. Un projet qui repose sur la monde des affaires au Brésil », sou- « L’entreprise française qui sou- confiance et l’identité de vues sur ligne Antoine Duchêne. Il est essen- haite se développer au Brésil doit pétences nécessaires, ce qui alourdit le ticket d’entrée. Mais les exem- la stratégie de l’entreprise. « Avoir tiel d’être introduit auprès des s’entourer de conseils : avocat, ples de réussites françaises montrent que le jeu en vaut la chandelle. un partenaire brésilien fiable est une bonnes personnes et de dévelop- consultant, expert-comptable, façon sécurisée de s’implanter », per son propre réseau. etc. » indique un banquier qui spécifiques, il faut produire ou, le estime Antoine Duchêne, directeur Les spécialistes interrogés souli- souligne aussi l’importance de La Fnac a réussi plus vite possible, intégrer des associé d’Europartner, un cabinet gnent enfin l’importance du « piège « s’imbiber » de la réalité locale. son entrée sur le composants brésiliens et réaliser d’expertise comptable installé à Rio administratif et fiscal ». « Ouvrir une Sans compter le despachante, marché brésilien. l’intégration finale sur place », ren- de Janeiro qui a également une société, c’est compliqué », note l’intermédiaire incontournable pour chérit Jean-Pierre Bernard, gérant activité de conseil. L’intérêt du par- Raphaël Allemand, directeur de la l’entrée et le dédouanement des de France Brésil Développement tenariat réside, notamment, dans filiale brésilienne d’EOC Interna- marchandises. (FBD), une SAI créée par trois l’appui que peut apporter l’associé tional, une SAI présente au Brésil D. S. consultants français installés de longue date au Brésil. Cela d’au- tant plus que des dispositions ont Serge Ferrari Une présence sur place été prises afin de favoriser la pro- duction et la main-d’œuvre locales, est indispensable notamment via une politique res- D. Solano trictive en matière d’attribution de Le marché des textiles tech- un secteur caractérisé par un Laure Warin do visas de travail. « Tout est fait pour niques connaît une forte crois- rythme accéléré d’innovation. La Nascimento, inciter les entreprises étrangères sance au Brésil. La société filiale n’a pas recours à de grandes gérante de Serge « Une entreprise française qui sou- ceux-ci s’ajoutent les impôts dont à s’implanter », souligne Boris Serge Ferrari, active au Brésil actions de communication ou de Ferrari Brasil : haite vendre au Brésil doit d’abord les taux varient selon les États. « Le Lechevalier. depuis la fin des années 1990, a publicité, mais parie sur les « Au Brésil, il faut calculer quel est le coût douanier et coût d’un produit n’est pas le même Si l’investissement est donc quasi- créé une filiale en début d’année. contacts individualisés. « Tout ceci savoir s’entourer fiscal de l’entrée de la marchandise selon l’État par lequel le produit ment obligatoire, différentes moda- Les clients sont livrés depuis les ne peut pas être réalisé de manière de compétences dans ce pays », prévient Boris entre : c’est une spécificité du Bré- lités sont possibles. Au cours de la usines en Europe : il n’y a pas de efficace depuis la France », pré- extérieures. » Lechevalier, directeur de la filiale sil », précise-t-il. période récente, le rachat a eu la fabrication locale. cise-t-elle. brésilienne d’Altios International, une Ce coût d’entrée élevé met en évi- faveur de beaucoup d’entreprises Les tissus sont destinés à diffé- Le marché des textiles techniques société d’accompagnement à l’in- dence la nécessité de réaliser sur françaises en raison du gain de rentes applications : architecture devrait continuer à croître au cours ternational (SAI) spécialisée dans place au moins une partie du pro- temps : en témoigne le développe- (couvertures tendues, revêtements des années à venir, grâce notam- l’appui aux PME. Les droits de cessus de fabrication. « En dehors ment récent de VivaSanté (voir plus de façades, etc.), industrie (bâches, ment à l’impulsion que vont appor- D.R. douane peuvent être élevés, et à du luxe et de quelques produits loin). Mais la réussite d’un tentes de stockage, etc.) et le ter les événements sportifs. Revers mobilier (chaises, mobilier de jar- ils se retrouvent avec le même han- de la médaille, la croissance éco- din…). Les produits sont grevés à dicap en termes de droits de nomique a entraîné une hausse Bon plan Déléguer la gérance l’import par les droits de douane et les impôts de sorte que le renché- douane et d’impôts. « Même si nous ne fabriquons pas des coûts et des salaires du per- sonnel qualifié. De plus, la gérante de la filiale à un tiers rissement est de l’ordre de 80 %. « Nous sommes plus chers que localement, il est très important d’avoir une présence sur place », rappelle qu’au Brésil « il faut savoir s’entourer » de compétences exté- Un nombre croissant d’entreprises françaises pré- Plusieurs SAI ainsi que certains cabinets d’avocats l’offre locale, mais nous offrons un souligne la gérante, qui insiste sur rieures : avocat, expert-comptable fèrent déléguer l’administration de leur filiale brési- assurent cette mission. En règle générale, leur tâche niveau de qualité que les produc- l’importance du relationnel et de la et despachante, l’intermédiaire lienne à un tiers. Cette solution est particulièrement est purement administrative. « Nous ne prenons pas teurs locaux ne sont pas en mesure création d’un lien de confiance pour l’entrée et le dédouanement intéressante pour les débutants rebutés par la com- de décision stratégique et nous ne faisons pas de de fournir. De plus, les clients avec les clients. La filiale a pour des marchandises. « Le potentiel plexité de l’administration brésilienne et de la fisca- prospection commerciale », indique Antoine connaissent la société : nous avons mission de gérer les relations avec existe, mais le Brésil reste un mar- lité. Même des sociétés françaises implantées Duchêne, directeur associé d’Europartner. Mais rien le bénéfice de l’antériorité », pré- les clients, de réaliser les actions ché difficile d’accès et coûteux », depuis plusieurs années et disposant d’équipes sur n’empêche de confier d’autres tâches au gérant cise Laure Warin do Nascimento, de prospection commerciale et de conclut Laura Warin do Nasci- place continuent à sous-traiter cette responsabilité. délégué. D. S. gérante de Serge Ferrari Brasil. faire connaître les nouveaux pro- mento. Quant aux concurrents étrangers, duits, un élément important dans D. S.6 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 7
  5. 5. Guide business PAYS & MARCHÉS Brésil VivaSanté Une acquisition accélère RELATIONS BILATÉRALES son implantation L’acquisition en août 2011 de LM Farma, un des principaux acteurs 13 millions d’euros », se réjouit-il. La stratégie repose d’abord sur le 5 ans à environ 16 mois », souligne Philippe Mazza. Un avantage non Un partenariat stratégique solideD.R. du marché brésilien de la cicatri- développement de nouveaux pro- négligeable lorsqu’on sait que plus Philippe Mazza, sation, a permis à VivaSanté duits à plus forte valeur ajoutée. En d’une entreprise française a été vic- directeur des d’accéder immédiatement à un 2013 sera lancée la marque Urgo- time des lenteurs de l’administra- marché en pleine croissance. Tul puis, dans une deuxième étape, tion brésilienne. LM Farma est opérations « Le Brésil est un marché straté- d’autres marques du groupe. Paral- aussi une plate-forme de pénétra- Le partenariat stratégique France-Brésil a contribué à renforcer une internationales de VivaSanté. gique, qui nous est apparu incon- lèlement, de nouvelles cibles com- tion des principaux marchés présence traditionnellement forte des entreprises françaises en termes tournable dans le cadre de notre merciales sont prospectées. LM d’Amérique latine : Argentine, Chili, d’investissement. Dans un contexte très concurrentiel, la France met développement en Amérique Farma étant très bien positionné Colombie et Mexique. Une cellule latine », affirme Philippe Mazza, sur le marché des hôpitaux publics, export a été mise en place au sein en avant sa capacité à développer des partenariats industriels accom- directeur des opérations interna- VivaSanté apporte son expérience de la filiale. L’objectif est de vendre pagnés de transferts de technologie. tionales du groupe VivaSanté et son savoir-faire sur le privé. des produits de cicatrisation et (Urgo, Juvamine, Mercurochrome, Le fait de disposer d’une filiale et d’automédication. Les premières massifs français permettent aussi Dilma Rousseff, la Humex, Alvityl et Ricqlès). « Lors d’un site industriel sur place faci- ventes depuis le Brésil viennent de de développer nos exportations à présidente du de nos premiers contacts avec LM lite l’accès au marché. « Grâce à démarrer. « Notre ambition est de partir de la France, essentiellement Brésil, avec Farma, en 2010, cette société réa- notre filiale, le délai d’obtention des conquérir une position de leader d’équipements et de composants », François Fillon, lisait un chiffre d’affaires de 8 mil- autorisations nécessaires pour la sur le marché de la cicatrisation en souligne Louis-Michel Morris, chef Premier ministre lions d’euros. Son dynamisme est commercialisation des produits de Amérique latine », précise Philippe du service économique de l’am- français. tel que nous tablons en 2012 sur VivaSanté se trouve réduit de 4- Mazza. D. S. bassade de France au Brésil. La crise financière de 2011 a freiné les fusions-acquisitions, mais la dynamique n’a pas été cassée. La signature par les présidents bré- silien Luiz Inácio Lula da Silva et français Nicolas Sarkozy, en décem- bre 2008, d’un accord de partena- riat stratégique a donné un nouvel En 2011, les exportations fran- Chine : les importations ont été qua- élan aux relations bilatérales. Les çaises vers le Brésil ont augmenté siment multipliées par 10 entre bonnes relations personnelles entre de 11 % pour atteindre 4 milliards 2004 et 2011 et la part de marché les deux présidents ont contribué à d’euros, une performance supé- est passée de 5,9 % à 14,5 %. Plus dynamiser le partenariat. Une des rieure à celle des exportations préoccupant est le fait que les PME initiatives a été la constitution du totales françaises (+ 8,6 %). n’ont représenté que 10 % des Groupe de haut niveau franco-bré- Cependant, la part de marché fran- exportations françaises en 2011. En silien (GHNFB), regroupant 25 çaise tend à décliner (2,4 % contre matière d’investissements directs chefs d’entreprise des deux pays, 2,8 % en 2009), un phénomène qui étrangers (IDE), la France a une afin de dynamiser les échanges touche également les concurrents position honorable puisqu’elle se commerciaux et les investissements européens et qui s’explique par classe au 4e rang (voir encadré ci- entre les deux pays. Il est co-pré- l’époustouflante percée de la dessous). « Ces investissements sidé par Jean-Pierre Clamadieu, pré- Des entreprises françaises très présentes Le montant des stocks d’investissements directs français au En septembre 2011, Vallourec a inauguré sa nouvelle usine de Brésil est estimé à 22 milliards d’euros, soit autant qu’en Chine, fabrication de tubes, en association avec le japonais Sumitomo. en Inde et en Russie réunis. L’importance du Brésil s’explique par Une filiale de Saint-Gobain, Cebrace, construit actuellement l’antériorité des investissements français, certains groupes ayant une nouvelle usine de verre plat dans l’état de Bahia. Technip investi très tôt (1919 pour Rhodia ou 1937 pour Saint-Gobain établit une deuxième usine de production de flexibles à Açu, par exemple). On compte actuellement plus de 500 filiales fran- près de Rio de Janeiro. Enfin, PSA et Renault ont annoncé çaises qui réalisent un chiffre d’affaires de 30 milliards d’euros et récemment des plans d’investissements ambitieux afin de ren- emploient 500 000 salariés. L’intérêt des entreprises françaises forcer leur présence dans un pays qui est le 7e producteur mon- a été confirmé par plusieurs opérations significatives récentes. dial de véhicules (3,4 millions en 2011)… D. S. LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 9
  6. 6. Guide businessPAYS & MARCHÉS Brésil sident-directeur général de Rhodia, détermination à poursuivre le parte- n’est acquis. Les grands projets font SECTEURS PORTEURS et José Carlos Grubisich, président nariat stratégique qui avait été lancé l’objet d’appels d’offres caractéri- Grands événements, d’Eldorado Celulose e Papel. Le par les présidents Sarkozy et Lula », sés par une forte concurrence et GHNFB s’est réuni à plusieurs a déclaré le Premier ministre, Fran- une transparence totale. « Le prin- reprises, en France et au Brésil. En çois Fillon, le 15 décembre 2011 cipal atout des entreprises fran- décembre 2011, le groupe a remis lors de sa visite officielle au Brésil. çaises réside dans leur capacité à son rapport à l’occasion de la visite au Brésil du Premier ministre, Fran- çois Fillon. La France a ainsi été un des pre- miers pays à répondre favorable- ment au programme Sciences sans développer des partenariats indus- triels et technologiques. Les contrats dans le domaine de la construction, transports… L’arrivée de Dilma Rousseff à la pré- frontières, en proposant d’accueil- défense, sous-marins et hélicop- Dans ce pays en pleine croissance, les créneaux porteurs foisonnent. sidence de la République, en jan- lir 10 000 étudiants brésiliens bour- tères, sont des exemples embléma- vier 2011, a sensiblement modifié siers dans les universités françaises. tiques », indique Louis-Michel Mor- Mais tous n’intéressent pas les entreprises étrangères, ne serait-ce la donne. La nouvelle présidente a Les deux pays travaillent à la créa- ris. Les Brésiliens ont bien perçu cet que parce que les sociétés brésiliennes répondent déjà à la demande. été davantage accaparée par les tion d’une fondation franco-brési- aspect, qui est un avantage de la Le Moci a choisi de passer en revue quelques-unes des grandes filières dossiers de politique intérieure, lienne pour la science et la techno- France par rapport aux États-Unis. notamment la lutte contre la cor- logie. Le partenariat stratégique « La France, résume José Carlos porteuses pour les dix prochaines années. ruption. Pour autant, les deux par- constitue un appui évident aux Grubisich, a la capacité de déve- ties souhaitent faire « vivre » la rela- entreprises tricolores et contribue à lopper et de transférer la technolo- tion privilégiée. « Je suis venu au renforcer la bonne image de la gie. » Grands événements Un marché en plein boom Brésil pour rappeler notre totale France au Brésil. Cependant, rien D. S. De grands événements sont pré- jets de transport urbain, etc.), des L’ampleur des investissements vus au Brésil. Le pays va organi- investissements importants sont apparaît également dans le mon- Deux questions à Frédéric Donier ser la Coupe du monde de foot- prévus dans d’autres domaines cru- tant des dépenses prévues en « Le partenariat est entré dans une phase plus opérationnelle » ball en 2014 et Rio de Janeiro a ciaux pour la réussite des événe- matière de télécommunications été retenue pour les jeux Olym- ments. Le volet sécurité prévu à l’oc- (3,5-4,2 milliards de réals). Les LE MOCI. Quelle évaluation portez-vous sur siers et privilégie la politique intérieure. Afin piques de 2016. casion de la Coupe du monde de opérateurs de téléphonie mobile le partenariat stratégique de 2008 et sa d’entretenir la relation bilatérale, Alain Juppé, D’autres manifestations vont avoir football représente une enveloppe (240 millions de lignes pour mise en œuvre jusqu’ici ? Michèle Alliot-Marie [ministres des Affaires lieu : la conférence Rio+20 (20- comprise entre 3,6 et 4,1 milliards 200 millions d’habitants) veulent Frédéric Donier. Mon évaluation est positive étrangères français] et François Fillon [Premier 22 juin 2012), les Journées mon- de réals. « Les autorités brésiliennes profiter de la Coupe du monde et D.R. pour le sens France-Brésil. Au-delà du volet ministre] se sont succédés au Brésil en 2011. diales de la jeunesse (23-28 juillet ne veulent prendre aucun risque et des jeux Olympiques pour faire de Frédéric Donier est défense, je constate sur le terrain un regain 2013) et la Coupe des confédéra- entendent “mettre le paquet” sur la l’émission de données. Les entre- directeur général d’intérêt des entreprises françaises envers le LE MOCI. Quels doivent être à votre avis les tions (15-30 juin 2013). Par ailleurs, sécurité », fait remarquer un expert. prises françaises ont commencé à du cabinet de Brésil. En revanche, dans le sens Brésil-France, éléments de la relation France-Brésil au São Paulo est candidate pour l’or- Il ne s’agit pas seulement de faire se positionner afin de gagner des conseil franco- brésilien je n’ai pas vu d’inflexion. cours des années à venir ? ganisation d’une exposition univer- face au fléau de l’insécurité, un pro- contrats. Le parlement brésilien a Crescendo Kea & Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) se F. D. L’enjeu, pour les deux pays, sera de faire selle en 2020. blème permanent du pays, mais voté en 2011 un régime spécifique Partners. Il est sont enhardies. Avoir des positions hors vivre le partenariat de 2008, pas de le contem- L’organisation de grands événe- aussi de lutter contre le terrorisme de passation des marchés pour la également d’Europe devient un impératif stratégique et le pler. Ni la France, ni le Brésil ne souhaitent de ments internationaux est un fait nou- et de gérer les flux de supporters Coupe du monde des confédéra- coordinateur Brésil est un BRIC [Brésil, Russie, Inde, Chine] relation exclusive. Le Brésil a multiplié les par- veau. Le Brésil veut désormais avoir nationaux et étrangers y compris tions, la Coupe du monde de foot- délégué de accessible culturellement. Des ETI de différents tenariats stratégiques avec l’Italie, l’Allemagne, une visibilité mondiale et profiter de dans les événements parallèles. ball et les jeux Olympiques. D. S. l’association des anciens élèves secteurs (pharmacie, alimentaire, logistique, le Royaume-Uni, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, ces manifestations pour projeter de ParisTech au manufacture, services, etc.) y prennent pied. la Malaisie, etc. L’influence des États-Unis s’est l’image d’une puissance écono- Les grands groupes français continuent quant réduite. Sur le volet de la défense, un rebond mique et industrielle. Par-delà les Brésil. à eux de renforcer leurs positions. français est possible sur le programme FX-2. Il projets d’infrastructures liés à la Les autorités brésiliennes mettent Je distinguerais deux phases du partenariat faut pour cela que Dassault conclue favorable- coupe du monde et aux jeux Olym- l’accent sur la sécurité stratégique : la première a été la « lune de ment les négociations en Inde et que les trans- piques (installations sportives, pro- miel », de 2008 à 2010. Les relations person- ferts de technologie français avec le Brésil nelles Lula-Sarkozy ont fait la différence. Dans signés en 2008 avancent conformément à ce la tourmente de la crise des subprimes, le Bré- sil a été perçu comme un eldorado, poussé par qui a été prévu. Il paraît souhaitable que la France approfondisse l’effort d’attraction d’en- Ferroviaire La LGV toujours prioritaire une croissance exceptionnelle du PIB de 7,5 % treprises brésiliennes sur son sol. Les investis- L’échec de la première mouture du projet de ligne à grande tard. « Les autorités brésiliennes sont déterminées à réaliser le en 2010. Avec l’arrivée au pouvoir de Dilma sements français au Brésil vont continuer de vitesse (LGV) Campinas-Sao Paulo-Rio de Janeiro (511 kilo- projet », affirme un expert. Et ce, malgré le contretemps pro- Rousseff début 2011, le partenariat entre dans prospérer naturellement. Sur le long terme, l’édu- mètres) a conduit le gouvernement à scinder l’appel d’offres voqué par le refus du sénat brésilien de confirmer la recon- une phase moins « glamour » et plus opéra- cation est le volet qui pourra consolider dura- en deux. La phase 1 portera sur le choix de l’opérateur de la duction de Bernardo Figuereido, le « père » de la LGV, à la tionnelle. Au Brésil, l’heure est à l’austérité bud- blement les relations. Former en France le plus concession et de la technologie, la phase 2, sur les travaux de tête de l’Agence nationale des transports terrestres (ANTT). gétaire, le programme de renouvellement des grand nombre de talents brésiliens fera une génie civil. Le cahier des charges et le contrat de la phase 1 Les grands de la construction ferroviaire (Alstom, Siemens, avions de chasse (FX-2) est gelé […]. Dilma, énorme différence dans une génération. doivent être rendus publics d’ici le 15 juin 2012, l’attribution etc.) continuent à être intéressés. Le coût du projet est estimé plus technicienne que Lula, approfondit les dos- Propos recueillis par D. S. sous forme d’enchères étant prévue le 31 octobre au plus 33,2 milliards de réals (13,9 milliards d’euros). D. S.10 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 11
  7. 7. Guide businessPAYS & MARCHÉS Brésil Construction Une ouverture historique Transports urbains Allongement des délais Travaux Traditionnellement, le marché de de réalisation à l’aéroport la construction était réservé au de Brasilia. secteur privé local dominé par Un des segments les plus por- Les projets Les projets sont une poignée de grands groupes teurs du Brésil demeure celui d’infrastructures si nombreux que très puissants comme Ode- des transports urbains en raison de transport sont cela crée des brecht, Camargo Correa ou de l’ampleur du déficit. très nombreux.opportunités pour Andrade Gutierrez. La situation Les grandes métropoles que sont de nouveaux a changé en raison des plans São Paulo et Rio de Janeiro dispo- acteurs. ambitieux lancés par le gouver- sent de réseaux de métro limités : nement en matière d’infrastruc- 65 km et 46 km respectivement tures. contre 201 à Mexico. Dans les « Il y a un tel volume de projets que principales villes du pays, la cela crée des opportunités pour recherche de solutions au pro- D. Solano D. Solano de nouveaux acteurs, locaux et blème du transport urbain est une étrangers », note un consultant. priorité stratégique des collectivi- Les besoins dans le domaine des tés territoriales concernées. Dans infrastructures sont estimés à 70 verture. D’abord l’arrivée, depuis ment, un phénomène nouveau et le but de faciliter les déplacements autobus articulés sur site propre, en cours de réalisation. Porto Ale- milliards d’euros par an. Les pro- dix ans, des promoteurs et inves- pour lequel l’offre étrangère est à l’occasion de la Coupe du etc. Leur exécution a cependant gre et Curitiba envisagent de se grammes immobiliers devraient tisseurs étrangers, qui ont sollicitée. monde de football de 2014, le gou- été ralentie par la lourdeur des pro- doter d’un métro. Le tramway est générer entre 100 et 140 milliards demandé aux constructeurs de Dernier facteur et non des moin- vernement fédéral a mis en place cédures administratives, de sorte la solution retenue à Santos et d’investissements sur la période leurs pays de les accompagner. dres : le gouvernement brésilien et en 2010 un programme de finan- que peu verront le jour en 2014 Cuiabá. São Paulo poursuit son 2010-2030. À cela s’ajoutent les Dans le bâtiment, les grands pro- plusieurs États ont décidé de favo- cement de transports urbains : Pro- comme prévu. Les retards ne doi- important programme de dévelop- investissements liés aux événe- moteurs brésiliens développent riser le financement privé d’infra- Transporte. L’État a mis sur la table vent toutefois pas conduire les pement des transports urbains. De ments sportifs. Les autorités bré- des projets de plus en plus tech- structures sous la forme de parte- des financements publics à hau- entreprises françaises à relâcher même à Rio de Janeiro, dans la siliennes ont prévu 59 projets pour niques : logements haut de nariats public-privé (PPP) et de teur de 7,6 milliards de réals, le leur attention. En effet, si les perspective des jeux Olympiques : la Coupe du monde de football en gamme, bâtiments non résidentiels concessions. Or, les entreprises reste devant être couvert par les retards sont monnaie courante, les extension du métro et implantation 2014, d’une valeur globale de (hôpitaux, prisons, etc.). « Ces brésiliennes n’ont pas d’expérience collectivités territoriales. Des pro- projets restent une priorité. de trois lignes d’autobus articulés 7,5 milliards d’euros. Sept stades entreprises recherchent des dans ce domaine, la loi ne datant jets ambitieux ont été envisagés : Dans les villes de Fortaleza, Recife ainsi que d’une ligne de tramway. doivent être rénovés et cinq autres niveaux de finition qu’on ne trouve que de 2005. lignes de métro, monorail, tramway, et Salvador, des programmes sont D. S. construits. Les investissements pas au Brésil », souligne Jean-Fran- Plusieurs firmes françaises de la prévus pour les jeux Olympiques çois Ambrosio, conseiller export en construction s’intéressent de près de Rio de Janeiro en 2016 s’élè- charge du secteur BTP, infrastruc- au marché, principalement au seg- Hydrocarbures « Il faut se placer maintenant » vent à 12,2 milliards d’euros. Enfin, tures, transports, logistique et ment des travaux publics, mais des la croissance attendue du tourisme aéronautique chez Ubifrance Bré- possibilités d’affaires devraient se « Il faut faire vite », affirme Michel cer. Le futur de l’industrie pétrolière fourniture de 1 400 kilomètres de nécessitera un doublement du sil. À cela s’ajoute le développe- dégager dans les équipements et Curletto, conseiller export en brésilienne sera défini au cours des conduites flexibles, pour un mon- parc hôtelier d’ici dix ans. ment des exigences en matière de les services (conseil, ingénierie, charge des hydrocarbures chez trois prochaines années », précise- tant estimé à environ 2,1 milliards D’autres éléments favorisent l’ou- construction durable dans le bâti- etc.). D. S. Ubifrance Brésil. t-il. La stratégie brésilienne consiste de dollars. En février, un deuxième La compagnie pétrolière nationale à utiliser les commandes de Petro- contrat a été signé pour la fourni- Petrobras a engagé un programme bras comme levier afin de dévelop- ture de 24 kilomètres de flexibles Un contrat en or pour une start-up d’investissements de 225 milliards de dollars pendant la période per un tissu local de fournisseurs. Des exigences strictes de d’injection de gaz. Les PME françaises sont égale- Rupert Schiessl, Évaluer les émissions de gaz à effet de indéniable nos capacités en matière de 2011-2015. Objectif : mettre en « contenu local » ont été mises en ment présentes. Une dizaine d’im- directeur général serre et l’empreinte énergétique de 85 réponse aux exigences de très grands valeur les gisements marins situés place et les entreprises étrangères plantations ont été comptabilisées de Verteego. chantiers du géant brésilien de la comptes internationaux », affirme Rupert sous une épaisse couche de sel doivent s’installer sur place. Les depuis 2009 tandis qu’une ving- construction Andrade Gutierrez : tel est Schiessl, directeur général de Verteego. (« pré-sal »). Petrobras table sur une grands fournisseurs de l’industrie taine d’autres étudient actuellement le contenu du contrat obtenu par la Le contrat est d’autant plus intéressant production de 4,9 millions de barils pétrolière sont très présents et ren- des projets d’investissement. La société Verteego, en association avec que le groupe Andrade Gutierrez est équivalent pétrole en 2020, dont forcent leur présence au Brésil, y concurrence est rude et l’obtention son partenaire brésilien, le cabinet pionnier au Brésil en matière de repor- 1,1 million dans le « pré-sal » compris sous la forme de création des contrats auprès de Petrobras Proactive Consultoria. Parmi ces chan- ting environnemental et énergétique, (contre un peu plus de 100 000 de centres de R&D. Les Français peut nécessiter parfois plusieurs D. Solano tiers, de gros projets d’infrastructures alors que la construction durable se actuellement). Des investissements ne sont pas en reste. Schlumber- années de négociations et de et six stades pour la Coupe du monde développe et que la législation va se massifs sont prévus pour la ger, très présent au Brésil, a inau- contacts. Mais, selon un consultant, de football de 2014. Le contrat, signé en juillet mettre en place. « Les clients locaux demandent de construction d’équipements pétro- guré un centre de R&D en novem- « les PME qui peuvent apporter des 2011, est renouvelable sur une base annuelle. Un plus en plus un chiffrage en termes de coûts et de liers : 80 plateformes de type bre 2010. En février 2012, la filiale solutions innovantes et sur mesure gros succès pour cette start-up des solutions de critères environnementaux », constate Rupert FPSO vont être commandées au brésilienne de Technip a remporté correspondant aux besoins de bilan carbone. « Nous avons démontré de manière Schiessl. D. S. cours des vingt prochaines années. auprès de Petrobras un contrat Petrobras ont une réelle chance au « C’est maintenant qu’il faut se pla- cadre de cinq ans concernant la Brésil ». D. S.12 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 13
  8. 8. Guide businessPAYS & MARCHÉS Brésil Biocarburants Les chances du Brésil INNOVATION Le Brésil dispose d’avantages concurrentiels décisifs dans les biocarburants car l’éthanol fabri- de près aux possibilités offertes par la chimie verte », affirme Guy Dupire, consultant et spécialiste explique Jacyr Costa, directeur général de Guarani, qui appartient au groupe Tereos. Le biodiesel est Comment bénéficier qué à partir de la canne à sucre est plus compétitif que celui produit dans les pays industria- des biocarburants. Selon certains experts, le Brésil pourrait même devenir un des grands acteurs également appelé à se dévelop- per : le taux d’incorporation du bio- diesel dans le diesel est fixé actuel- du dispositif d’aide brésilien lisés à partir de maïs. mondiaux de la chimie verte. lement à 5 %. « L’augmentation Et la canne à sucre est la base du L’industrie sucrière peut aussi inté- progressive de ce taux jusqu’à Le Brésil consacre une part de plus en plus importante de son budget développement d’autres activités : resser les entreprises françaises. 20 % devrait permettre une aug- électricité (par cogénération), bio- « Il y a un gros effort à faire en mentation de la production de bio- à l’innovation. Plusieurs dispositifs d’incitation ont été créés, dont les carburants de deuxième et troi- matière d’efficacité énergétique et diesel », affirme Sergio Beltrao, investisseurs étrangers peuvent bénéficier pour leurs projets au Brésil. sième générations, chimie verte. d’automatisation des procédés. directeur exécutif d’Ubrabio, une Décryptage par un expert français de Global Approach Consulting. « Plusieurs grands groupes chi- Les technologies françaises peu- association qui rassemble diffé- miques, dont Rhodia, s’intéressent vent être appliquées au Brésil », rents acteurs du biodiesel. D. S. Pour devenir une des principales tains pays européens d’ici à 2016 entreprises, est désormais en voie puissances économique mon- : soit environ 3,5 % en moyenne, d’élargissement aux PME-PMI. Agroalimentaire Un marché émergent diales, un pays doit pouvoir comp- contre 0,6 % aujourd’hui. Il faut noter qu’à la différence du ter sur une forte croissance sou- Trois secteurs clés sont particuliè- CIR, toute entreprise implantée au « Le marché des produits trans- concerne surtout les grands ments sophistiqués. Eurodia a ainsi tenue par d’importantes rement visés par le gouvernement : Brésil peut bénéficier de la Lei do formés est appelé à se dévelop- opérateurs. En 2010, Barry Calle- gagné en décembre 2011 un ressources de pétrole et autres l’énergie, les télécoms et les hydro- Bem. Il n’y a, en effet, pas d’obli- per en raison des évolutions baut a inauguré une usine de cho- contrat clés en main : il s’agit de matières premières, par un déve- carbures. Toutes les entreprises de gation d’innover au-delà de l’état sociologiques », affirme Jean- colat. La même année, le groupe l’installation d’une unité de valori- loppement conséquent de sa ces secteurs ont l’obligation d’in- de l’art mondial : il suffit d’investir Pierre Bernard, gérant de France Bonduelle a mis en service sa pre- sation du lactosérum pour la filiale population et doit s’accompagner vestir 1 % de leur chiffre d’affaires dans des processus de production Brésil Développement. mière usine au Brésil, dédiée à la brésilienne d’une grande multina- d’un haut potentiel d’exportation. dans l’innovation et ainsi de contri- ou de création/amélioration de pro- Le Brésil est un grand producteur production de conserves de petits tionale. « Il y a un réel potentiel de Or produire au Brésil aujourd’hui buer au développement du Brésil. duit/service pour avoir accès au et exportateur agricole, mais la pois et de maïs doux. Les PME ont développement en raison de l’aug- coûte très cher. Le rapport qua- dispositif. Ceci signifie que les transformation est peu développée. surtout une carte à jouer comme mentation du niveau de vie. La lité/prix des produits reste peu I/ Les nouveaux assiettes de calcul sont beaucoup Toutefois, le schéma traditionnel de fournisseurs du secteur de la trans- meilleure façon de valoriser notre compétitif au niveau mondial, tout dispositifs incitatifs plus larges et intéressantes que la famille brésilienne est en train formation. Dans la mesure où il savoir-faire est de nous y implan- particulièrement pour les produits à l’innovation sur le CIR ! Attention, la Lei do d’évoluer : travail des femmes, aug- existe déjà des entreprises brési- ter », explique Bernard Gillery, pré- manufacturés. Le constat s’impose Pour atteindre ces objectifs, le Bem, tout comme en France, est mentation du nombre de céliba- liennes productrices d’équipe- sident d’Eurodia. Le Brésil offre de lui-même : par une vraie poli- gouvernement a voté des budgets un crédit d’impôt déclaratif qui taires, diminution du nombre de ments (chaudronnerie, tuyauterie, des possibilités pour les quatre tique d’innovation, le Brésil tente et mis en place plusieurs instru- nécessite de pouvoir produire à femmes de ménage, etc. Résultat, etc.), le pays peut intéresser les secteurs d’activité de la société : de créer plus de valeur ajoutée sur ments d’incitation à l’innovation. l’administration fiscale un dossier le marché des surgelés commence entreprises ayant un savoir-faire en laitier, œnologie, sucre et amidon sa production afin de pouvoir s’ou- technique pointu en cas de à se développer. Celui des plats matière de procédés et d’équipe- et chimie verte. D. S. vrir aux marchés internationaux. 1/ La Lei do Bem, le crédit contrôle. préparés est encore embryonnaire. D’ailleurs, dans certains domaines d’impôt recherche Autre différence importante : le dis- Avec plus de 140 millions de comme les biocarburants, il est à la brésilienne positif brésilien ne permet ni proro- consommateurs, le potentiel de déjà parvenu à se hisser parmi les En s’inspirant directement du sys- gation ni remboursement, il faut développement est réel. La pré- Un réel potentiel de développement acteurs de référence en R&D au tème de crédit d’Impôt recherche donc être imposable dans l’année sence française dans le secteur de en raison de la hausse du niveau de vie niveau mondial. (CIR) français, le Brésil a mis en pour pouvoir en bénéficier. En la transformation est modeste et Son objectif est d’atteindre les place en 2005 la Lei do Bem. Ce revanche, la Lei do Bem peut annu- mêmes pourcentages de PIB dispositif fiscal, qui était dans un ler complètement l’impôt sur les investis dans l’innovation que cer- premier temps réservé aux grandes sociétés d’une entreprise, et dans « French touch » dans la boulangerie L’Institut national de la boulangerie-pâtisserie (INBP) mène actuellement des études et des projets de vient de créer une filiale à São Paulo pour dispenser les mêmes formations qu’en France avec les mêmes recherche et d’innovation dans différents domaines (nutrition, énergie, environnement, hygiène et la sécu- Zoom sur la Lei do Bem méthodes et matériels. L’INBP est en discussion avec rité, etc.). Un élément essentiel est l’adaptation des La Lei do Bem, également appelée loi 11.196/05, accorde jet ; cette déduction passe à 80 % des dépenses s’il y a une un groupe d’universités brésiliennes pour créer un produits locaux. Une première collaboration entre le des exonérations d’impôt sur les frais engagés par les entre- augmentation du nombre de chercheurs d’une année sur l’au- diplôme commun et des modules à intégrer dans des moulin Anaconda et le laboratoire interne de l’INBP prises dans des projets innovants. La moyenne des déduc- tre ; cursus de gastronomie. Ce projet va cependant au- spécialisé dans les produits de panification a abouti à tions d’impôts obtenues s’élève à 30 % des dépenses enga- • déduction potentielle de 200 % des dépenses si l’entre- delà de la formation. Il s’agit de faire bénéficier la pro- la mise au point de deux farines spécifiques qui répon- gées dans l’innovation. prise a conclu des partenariats avec les universités ; fession des projets de recherche menés par l’institut dent aux normes nécessaires pour fabriquer des pro- Exemples : • déduction de 50 % de l’impôt sur les produits industrialisés français via son pôle d’innovation technologique qui duits français, différentes de celles du Brésil. D. S. • déduction additionnelle de 60 % des dépenses liées au pro- (IPI).14 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 LE MOCI - Guide Business Brésil - avril 2012 15

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