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ii     FICHE DE CERTIFICATION DES CORRECTIONS APRES SOUTENANCELe présent mémoire a été revu et corrigé conformément aux ob...
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vii      2.3.3.       Utilisation de Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex Pax. ------------------------------------...
viii   4.3. LES CHARGES SUPPORTEES PAR LES ACTEURS ..........................................................................
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xListe des figuresFigure 1     Carte de localisation de la zone d’étude-------------------------------------------        ...
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1           CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE1.1.    CONTEXTELe bassin du Congo, avec environ 20% des forêts tropicales, ...
2Aujourd’hui, de nombreux PFNL font l’objet d’une exploitation accrue du fait del’importance économique qu’ils ont au sein...
3produits plus connus sous la dénomination de produits forestiers non ligneux (PFNL),revêtent une importance énorme sur le...
4« Farmer Enterprise Development » a identifié les zones d’Akonolinga et d’Ayos dans larégion du Centre comme des zones po...
51.3.1. Objectif PrincipalL’objectif principal de cette étude est d’analyser le fonctionnement et d’estimer larentabilité ...
6•   le chapitre 2 est consacré à la revue de la littérature relative, au sujet traité, à la    clarification des concepts...
7   CHAPITRE 2 : CLARIFICATION CONCEPTUELLE, CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LA LITTERATURECe chapitre traite de la clarificat...
8tout autre investissement1. C’est la capacité d’un capital à procurer des revenus, soit parplacement (dans une logique st...
9(passation de marchés, arrangements, accords, contrats entre ces différents opérateurspermettant d’échanger le produit av...
10de production parfaitement identifié, aboutissant à la formation d’un prix, et à ladétermination du volume échangé.Dans ...
11    •    la typologie des acteurs qui a pour objectif de comprendre les stratégies des         différents types d’acteur...
122.2.1.1. La délimitation de la filièreGassu (2002) relève que délimiter la filière que l’on souhaite étudier revient à d...
13MBC = Marge brute de commercialisationMNC = Marge nette de commercialisationCTC = Coûts totaux de commercialisation2.2.2...
14certains marchés, le nombre d’acheteurs et de vendeurs est très important, sur d’autres, iln’y a que quelques vendeurs. ...
15   •   les firmes ou les entreprises doivent agir de manière indépendante (absence de       collusion).   •   il ne doit...
162.3. REVUE DE LA LITTERATURECette partie passe en revue les contours de la littérature qui se rapproche à cette étude.El...
17dans la vente au détail tandis que les hommes tendent à dominer les marchés de gros etparticulièrement le secteur des ex...
18marchés locaux et dans les villages et revendent dans les grands centres urbains et àl’export (Laird et al., 1997). Mezo...
19d’estomac, les maux de tête, les maux de dents, les vers. Elle facilite l’accouchement etest également utilisée comme ap...
20lendemain, on fait bouillir l’eau dans une autre marmite. On y verse les graines sous ungrand feu (deuxième tour), et el...
21                    CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE3.1.PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDELes données sur lesquelles la présente é...
223.1.1. Sa’a dans le département de la LékiéLa consultation de quelques rapports d’activités de la Délégation d’Arrondiss...
233.1.2.2. Relief et hydrographieCette partie est développée à partir des travaux de Tchatchoua. (2007). Akonolinga estsit...
243.2.       POPULATION DE L’ETUDE ET ECHANTILLONAGE3.2.1. Population de l’étudeLa population de cette étude est constitué...
25villages seront regroupés sous un seul. Nous parlerons alors de la localité de Sa’a plutôtque de les citer.Le choix des ...
26   vendeuses qui assurent le transit du produit des villages vers le marché. Au marché de   Sa’ a, l’enquête s’est effec...
273.3.LES DONNEES ET LEURS SOURCESLes données de cette étude ont été générées à partir de deux sources. Il s’agit des sour...
28Le questionnaire destiné aux paysans a été testé à Ekpwassong et complété une fois sur leterrain. Les pesées ont été fai...
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  1. 1. 1 UNIVERSITE DE DSCHANG The University of Dschang ………… FACULTE D’AGRONOMIE ET DES SCIENCES AGRICOLES Faculty of Agronomy and Agricultural Sciences ………… DEPARTEMENT D’ECONOMIE RURALE Department of Agricultural Economics ANALYSE DU FONCTIONNEMENT DE LA FILIERE NJANSANG (RICINODENDRON HEUDELOTII) : ESTIMATION DES COUTS ET DES MARGES DES ACTEURS (Cas de la Région du Centre, Cameroun)Mémoire de fin d’études présenté en vue de l’obtention du Diplôme d’Ingénieur Agronome Option : Economie et Sociologie Rurales Par : NAKUNA TSALA Arlette Marlyse Matricule : 04A061 Décembre 2009
  2. 2. 2 UNIVERSITE DE DSCHANG The University of Dschang ………… FACULTE D’AGRONOMIE ET DES SCIENCES AGRICOLES Faculty of Agronomy and Agricultural Sciences ………… DEPARTEMENT D’ECONOMIE RURALE Department of Agricultural Economics ANALYSE DU FONCTIONNEMENT DE LA FILIERE NJANSANG (RICINODENDRON HEUDELOTII) : ESTIMATION DES COUTS ET DES MARGES DES ACTEURS (Cas de la région du centre, Cameroun)Mémoire de fin d’études présenté en vue de l’obtention du Diplôme d’Ingénieur Agronome Par : NAKUNA TSALA Arlette Marlyse Option : Economie et Sociologie Rurales Matricule : 04A061 12e promotion Encadreur : Superviseur : M. Charly FACHEUX François KAMAJOU, Professeur Spécialiste en Marketing et Faculté de Sciences Economiques Développement des Entreprises et de Gestion/Faculté d’Agronomie World Agroforestry Center-ICRAF et Sciences Agricoles Chef du département d’économie rurale Décembre 2009
  3. 3. i FICHE DE CERTIFICATION DE L’ORIGINALITE DU TRAVAILJe soussignée NAKUNA TSALA Arlette Marlyse, atteste que le présent mémoire est le fruitde mes travaux effectués dans les localités d’Ekpwassong, Nkoloboudou, Sa’a ainsi que dansles principaux marchés des villes de Yaoundé et Douala sous l’encadrement de M. CharlyFACHEUX, spécialiste en marketing et développement des entreprises à l’ICRAF-AHT etsous la supervision de François KAMAJOU, Professeur et chef du département d’EconomieRurale à la FASA. Ce mémoire est authentique et n’a pas été antérieurement présenté pourl’acquisition de quelque grade universitaire que ce soit. Nom et signature de l’auteur Visa de l’encadreur Date Date Visa du superviseur Visa du chef de département Date Date
  4. 4. ii FICHE DE CERTIFICATION DES CORRECTIONS APRES SOUTENANCELe présent mémoire a été revu et corrigé conformément aux observations du Jury.VISA DU SUPERVISEUR VISA DU PRESIDENTVISA DU CHEF DE DEPARTEMENT
  5. 5. iii DEDICACE Je dédie ce travail qui est le couronnement de cinq longues et laborieuses années d’études à celui qui a toujours guidé mes pas : le Seigneur Dieu Tout Puissant, etA Mes adorables parents TSALA Roger et MBOE Monique Marie pour pour tous les efforts consentis pour mon éducation. Qu’ils retrouvent ici le sentiment d’une tâche bien accomplie.
  6. 6. iv REMERCIEMENTSToute ma formation, ainsi que la réalisation de ce mémoire n’auraient pu être possibles sans leconcours de plusieurs personnes à qui je tiens à exprimer ma profonde gratitude. Je pensespécialement à : mon superviseur Pr. Kamajou François, dont les conseils et les orientations ont étéessentiels pour la production de ce mémoire. A travers lui, je remercie tout le personnelenseignant et le personnel d’appui de la FASA ; mon encadreur M. Charly Facheux qui a initié cette étude et dont les remarques ontcontribué à finaliser ce travail ; Dr Zac Tchoundjeu qui a accepté de nous accueillir dans son institution. Dr Ann Degrande et à Charlie Mbosso pour les documents mis à ma disposition et pourla précieuse aide apportée dans l’élaboration des questionnaires d’enquête; Guillaume Lescuyer, Abdon Awono du CIFOR, dont les entretiens ont été déterminantspour la réalisation de cette étude ; tout le personnel de l’ICRAF pour leur soutien et pour l’ambiance qui a régné tout aulong de notre stage ; habitants d’Ekpwassong, Nkoloboudou et Sa’a ; de même qu’à tous les commerçantsqui ont été enquêtés ; M. Ondoua Materne (ADEAC), M. Okono Douma et M. Touna (DAADER Sa’a) quim’ont aidée à entrer en contact avec les paysans et les commerçants ; La famille Ndjeba à Akonolinga ; Mireille Zoa Ngoyene, qui m’a permis d’obtenir ce stage ; mes amis: Yannick Zoa, Foé Frédéric, Yves Eone, Raoul Mbratana, Daniel Akono,Nina Ndemba, Nestor Ngouambé, Divine Foundjem, Alain Ekollo, Serge Yakeu, CarolleBikoué, Rosine Tchatchoua, Ninon Edima, Aïcha Manjeli pour les nombreuses relectures etcommentaires ; tous mes camarades stagiaires à ICRAF : Léa Eboutou, Marcel Moukend, Mary Nyobe,Nicole Mvogo, Blandine Nguenaye, Linda Ketchiamen, Serge Emou, Serge Babe etChristianne Tsobeng, ainsi qu’à tous mes camarades de la FASA.
  7. 7. vMa famille qui m’a apporté un soutien moral et financier. Je pense précisément à : Djeukam Blaise dont la contribution financière et les encouragements ont permis quema formation soit moins contraignante ; Joel Ekoudi Raskin qui m’a gracieusement offert un ordinateur pour faciliter monstage ; mes oncles et tantes, Francis Tsala, Christian A. Tsala, Tsimi Tsala Henri et son épouse, Ekoudi Francois Xavier, Mebenga Nicodème, Mboudou Augustin, Atangana Bonaventure et leurs épouses, Elono Michel, Mr et Mme Ndoumba, M. et Mme Bela, Mballa, Virginie Ngono, Mme Abanda Honorine, Mengue Marie, M. Nomo parfait et son épouse, Mengue Madeleine., Fabien Mballa, Nga Toulou Rosalie, Sr Jacques Françoise et Sr Antoinette Ndzié dont le soutien n’a pas été des moindres ; la grande Famille Messi, la Famille Etoga, maman Martine et maman Clémentine àDschang qui m’ont apporté un soutien moral tout au long de ma formation ; mes frères, sœurs, cousins et cousines: Fleury Tsala, Léonce Tsala Otou, Larissa NgonoTsala, Josiane Tsala Mengue, David Emery Tsala, Lucas, Paule, Julio, Thérèse, Estelle,Michou, Stéphane, Lionel, Armel, Anicet, Cédric, Mireille, Dorine et Alice ; enfin, à tous ceux que je n’ai pas nommés ici, mais qui m’ont certainement apporté unecontribution à mon épanouissement durant ma formation.
  8. 8. vi TABLE DES MATIERESFICHE DE CERTIFICATION DE L’ORIGINALITE DU TRAVAIL ------------------------------------------------- IFICHE DE CERTIFICATION DES CORRECTIONS APRES SOUTENANCE -----------------------------------IIDEDICACE ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- IIIREMERCIEMENTS ------------------------------------------------------------------------------------------------------------IVTABLE DES MATIERES ------------------------------------------------------------------------------------------------------VILISTE DES TABLEAUX, FIGURES ET PHOTOS ----------------------------------------------------------------------IXLISTE DES ABBREVIATIONS ----------------------------------------------------------------------------------------------XIRESUME ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ XIIABSTRACT -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- XIIICHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE--------------------------------------------------------------------------- 1 1.1. CONTEXTE ............................................................................................................................................. 1 1.2. PROBLEMATIQUE ................................................................................................................................ 2 1.3. OBJECTIFS DE L’ETUDE ..................................................................................................................... 4 1.4. IMPORTANCE DE L’ETUDE ............................................................................................................... 5 1.5. ORGANISATION DU MEMOIRE......................................................................................................... 5CHAPITRE 2 : CLARIFICATION CONCEPTUELLE, CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LALITTERATURE------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 7 2.1. CLARIFICATION CONCEPTUELLE ................................................................................................. 7 2.1.1. Fonctionnement -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 7 2.1.2. Rentabilité ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 7 2.1.3. Filière ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 8 2.1.4. Acteurs --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 9 2.1.5. Marché -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 9 2.2. CADRE THEORIQUE .......................................................................................................................... 10 2.2.1. L’Approche Filière --------------------------------------------------------------------------------------------------------- 10 2.2.2. L’approche Structure-Conduite-Performance--------------------------------------------------------------------- 13 2.2.2.1. La structure du marché -------------------------------------------------------------------------------------------------------13 2.2.2.2. La conduite du marché --------------------------------------------------------------------------------------------------------14 2.2.2.3. La performance du marché --------------------------------------------------------------------------------------------------15 2.2.2.4. Critique du paradigme Structure-Conduite-Performance -----------------------------------------------------------15 2.3. REVUE DE LA LITTERATURE.......................................................................................................... 16 2.3.1. Les produits forestiers non ligneux et leur importance ----------------------------------------------------------- 16 2.3.2. La commercialisation des produits forestiers non ligneux ------------------------------------------------------- 16 2.3.2.1. Les acteurs du système de commercialisation des PFNL --------------------------------------------------------------17 2.3.2.2. Le commerce du Njansang ----------------------------------------------------------------------------------------------------17
  9. 9. vii 2.3.3. Utilisation de Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex Pax. ------------------------------------------------ 18 2.3.4. Technique de récolte des fruits et procédé d’obtention des amandes ----------------------------------------- 19CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE ----------------------------------------------------------------------------------------- 21 3.1. PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE ....................................................................................... 21 3.1.1. Sa’a dans le département de la Lékié--------------------------------------------------------------------------------- 22 3.1.1.1. Situation géographique--------------------------------------------------------------------------------------------------------22 3.1.1.2. Climat et végétation ------------------------------------------------------------------------------------------------------------22 3.1.1.3. Sols et Relief ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------22 3.1.2. Ekpwassong et Nkoloboudou dans le département du Nyong et Mfoumou ------------------------------- 22 3.1.2.1. Situation géographique--------------------------------------------------------------------------------------------------------22 3.1.2.2. Relief et hydrographie ---------------------------------------------------------------------------------------------------------23 3.1.2.3. Climat et végétation ------------------------------------------------------------------------------------------------------------23 3.2. POPULATION DE L’ETUDE ET ECHANTILLONAGE ................................................................. 24 3.2.1. Population de l’étude ------------------------------------------------------------------------------------------------------ 24 3.2.2. Choix des zones de production et des producteurs --------------------------------------------------------------- 24 3.2.3. Choix des marchés et des commerçants ----------------------------------------------------------------------------- 25 3.3. LES DONNEES ET LEURS SOURCES............................................................................................... 27 3.3.1. Les sources secondaires -------------------------------------------------------------------------------------------------- 27 3.3.2. Les sources primaires ----------------------------------------------------------------------------------------------------- 27 3.4. TRAITEMENT ET TECHNIQUE D’ANALYSE DES DONNEES ................................................... 28 3.5. LIMITES DE L’ETUDE ........................................................................................................................ 29CHAPITRE 4 : RESULTATS ET DISCUSSION ------------------------------------------------------------------------- 30 4.1. IDENTIFICATION ET CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES ACTEURS ...................... 30 4.1.1. Identification des acteurs ----------------------------------------------------------------------------------------------------- 30 4.1.2. Caractéristiques socioéconomiques des acteurs ----------------------------------------------------------------------- 30 4.1.2.1. Le sexe ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------31 4.1.2.2. L’âge --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------32 4.1.2.3. Le niveau d’éducation -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------33 4.2. LE FONCTIONNEMENT DE LA FILIERE NJANSANG.............................................................................. 34 4.2.1. Les différentes étapes de la récolte et du conditionnement ---------------------------------------------------------- 34 4.2.2. L’organisation de la cueillette / ‘‘production’’ ------------------------------------------------------------------------- 37 4.2.3. Les acteurs et leurs fonctions ------------------------------------------------------------------------------------------------ 39 4.2.4. Les circuits de commercialisation du Njansang ------------------------------------------------------------------------ 40 4.2.4.1. La structure globale de la filière----------------------------------------------------------------------------------------------------40 4.2.4.2. Les différents types de circuits ------------------------------------------------------------------------------------------------------41 4.2.4.3. Les relations entre les acteurs. ------------------------------------------------------------------------------------------------------43 .4.2.4.4. Les flux du Njansang -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------44 4.2.5. La commercialisation du Njansang ---------------------------------------------------------------------------------------- 45
  10. 10. viii 4.3. LES CHARGES SUPPORTEES PAR LES ACTEURS .................................................................................. 48 4.3.1. Les charges des récolteurs --------------------------------------------------------------------------------------------------- 48 4.3.2. Les charges des commerçants ----------------------------------------------------------------------------------------------- 51 4.3.2.1. Les charges des collecteurs ----------------------------------------------------------------------------------------------------------52 4.3.2.2. Les charges des super-grossistes ---------------------------------------------------------------------------------------------------53 4.3.2.3. Les charges des grossistes de type1 ------------------------------------------------------------------------------------------------55 4.3.2.4. Les charges des grossistes de type 2 -----------------------------------------------------------------------------------------------56 4.3.2.5. Les charges des détaillants -----------------------------------------------------------------------------------------------------------56 4.4. LES PRIX PRATIQUES ET LES UNITES DE MESURE .............................................................................. 57 4.4.1. Les prix moyens de vente pratiqués par les récolteurs---------------------------------------------------------------- 58 4.4.2. Les prix moyens d’achat et de vente des collecteurs ------------------------------------------------------------------ 59 4.4.3. Les prix moyens d’achat et de vente des super-grossistes ----------------------------------------------------------- 60 4.4.4. Les prix moyens d’achat et de vente des grossistes de type 1 ------------------------------------------------------- 61 4.4.5. Les prix moyens d’achat et de vente des grossistes de type 2 ------------------------------------------------------- 61 4.4.6. Les prix moyens d’achat et de vente des détaillants ------------------------------------------------------------------- 62 4.5. LES MARGES BRUTES ET LES MARGES NETTES DES ACTEURS ....................................................... 63 4.5.1. Les marges des récolteurs ---------------------------------------------------------------------------------------------------- 63 4.5.2. Les marges des collecteurs --------------------------------------------------------------------------------------------------- 64 4.5.3. Les marges des super-grossistes. ------------------------------------------------------------------------------------------- 65 4.5.4. Les marges des grossistes de type 1 --------------------------------------------------------------------------------------- 65 4.5.5. Les marges des grossistes de type 2 --------------------------------------------------------------------------------------- 66 4.5.6. Les marges des détaillants --------------------------------------------------------------------------------------------------- 66 4.6. COMPARAISON DES COUTS ET DES MARGES DE COMMERCIALISATION DES ACTEURS .......... 67 4.7. LES CONTRAINTES DES ACTEURS DANS LA FILIERE ......................................................................... 69CHAPITRE 5 : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS --------------------------------------------------------- 71 5.1 CONCLUSION ................................................................................................................................................. 71 5.2. RECOMMANDATIONS ....................................................................................................................... 74REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ------------------------------------------------------------------------------------ 75ANNEXES ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 79
  11. 11. ix LISTE DES TABLEAUX, FIGURES ET PHOTOSListe des tableauxTableau 1: Les méthodes danalyse des filières .............................................................................11Tableau 2 : Les structures du marché et leurs caractéristiques......................................................14Tableau 3: Répartition des paysans/récolteurs par localité ...........................................................25Tableau 4: Répartition des commerçants par fonction et par marché ...........................................26Tableau 5: Répartition des acteurs par sexe ..................................................................................31Tableau 6: Répartition des acteurs par classe dâge.......................................................................32Tableau 7: Répartition des acteurs en fonction du niveau déducation .........................................34Tableau 8: Les facteurs pris en compte pour la fixation du prix de revente..................................47Tableau 9: Distribution des coûts moyens de production d’un kg de Njansang (FCFA/kg).........50Tableau 10: Charges supportées par les collecteurs par localité (FCFA/kg) ................................52Tableau 11: Charges supportées par les super-grossistes (FCFA/kg) ...........................................54Tableau 12: Charges des grossistes de type 1 par marché (FCFA/kg) ..........................................55Tableau 13: Charges des grossistes de type 2 par marché (FCFA/kg) ..........................................56Tableau 14 : Charges des détaillants par marché (FCFA/kg)........................................................57Tableau 15: Prix moyen de vente du Njansang dans les localités détude (FCFA/kg) ..................58Tableau 16: Prix moyen d’achat et de vente des collecteurs par période (FCFA/kg) ...................59Tableau 17: Prix moyen d’achat et de vente des super-grossistes par période (FCFA/kg) ...........60Tableau 18 : Prix moyen d’achat et de vente des grossistes de type 1 par période (FCFA/kg) ....61Tableau 19: Prix d’achat et de vente des grossistes de type 2 par période (FCFA/kg) .................62Tableau 20: Prix d’achat et de vente des détaillants par période (FCFA/kg) ................................62Tableau 21: Les marges des récolteurs par localité (FCFA/kg) ....................................................63Tableau 22: Les marges des collecteurs (FCFA/kg) .....................................................................64Tableau 23: Les marges des super-grossistes (FCFA/kg) .............................................................65Tableau 24: Les marges des grossistes de type 1 (FCFA/kg)........................................................65Tableau 25: Les marges des grossistes de type 2 (FCFA/kg)........................................................66Tableau 26: Les marges des Détaillants (FCFA/kg) .....................................................................66Tableau 27: Récapitulatif des coûts et des marges de commercialisation (FCFA/kg) ..................68
  12. 12. xListe des figuresFigure 1 Carte de localisation de la zone d’étude------------------------------------------- 21Figure 2 Les lieux où s’effectue le lavage---------------------------------------------------- 36Figure 3 Les différentes étapes de la récolte------------------------------------------------- 37Figure 4 La répartition des périodes de la récolte et de la commercialisation au cours de l’année ----------------------------------------------------------------------------- 38Figure 5 Graphe de la filière Njansang dans la région du Centre 41Figure 6 Diagramme des flux de Njansang--------------------------------------------------- 44Figure 7 Estimation du temps par opération pour un kilogramme de Njansang-------- 49Figure 8 Les coûts et le temps mis pour chacune des étapes du processus de production d’un kilogramme de Njansang----------------------------------------- 51Liste des photosPhoto 1: Le dépulpage du Njansang ..............................................................................................35Photo 2 : Le Njansang lavé ............................................................................................................35Photo 3 : Concassage du Njansang à l’aide d’un clou ..................................................................36Photo 4 : Concassage du Njansang à l’aide de deux pierres ........................................................36Photo 5 : Séchage des amandes de Njansang ................................................................................37Photo 6 : Une commerçante mesurant le Njansang avec un verre en inox ...................................58
  13. 13. xi LISTE DES ABBREVIATIONSADEAC Association Pour Le Développement Intégral Des Exploitants Agricoles Du CentreAFTP4A Agroforestry Tree Products For Africa »CIFOR « Center For International Forestry Research »CIRAD Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour Le DéveloppementCOMIFAC Commission des Forêts d’Afrique CentraleDAADER Délégation d’Arrondissement d’Agriculture et du Développement RuralDGDC « Directorate General for Development Cooporation »FASA Faculté d’Agronomie et des Sciences AgricolesFAO « Food and Agriculture Organisation »FMI Fonds Monétaire InternationalICRAF « International Center for Research in Agroforestry »ICRAF-AHT « International Center for Research in Agroforestry- African Humid Tropics »INTERNET « International Network »IRAD Institut de Recherche Agricole pour le DéveloppementPAFs Produits AgroforestiersPAS Programme d’Ajustement StructurelPFNL Produits Forestiers Non LigneuxSCP Structure Conduite PerformanceSMIG Salaire Minimum Interprofessionnel GarantiSPSS Statistical Package For Social Science »
  14. 14. xii RESUMELa présente étude s’est déroulée d’Avril à Septembre 2009. Son objectif était d’analyser lefonctionnement et d’estimer la rentabilité de la filière Njansang dans la région du Centre. Deuxtypes de questionnaires; l’un adressé à 60 paysans des localités d’Ekpwassong, Nkoloboudou etSa’a, l’autre à 38 commerçants dans les marchés ruraux (Akonolinga, Ayos et de Sa’a), dans 2marchés de Yaoundé (Mokolo et Mfoundi) et dans deux marchés de Douala (le marché Centralet celui de New-bell) ont été utilisées. Les informations recueillies à l’aide de cesquestionnaires ont été analysées avec le logiciel SPSS et le tableur EXCEL.Il ressort de notre travail que la filière Njansang est constituée de six catégories d’acteurs : lesrécolteurs, les collecteurs, les super-grossistes, les grossistes de type 1 et 2 et les détaillants.Ces acteurs, en majorité des femmes, ont une éducation formelle et réalisent une seule fonctioncommerciale : la fonction d’échange. Trois types de circuits ont été identifiés : les circuits àcinq, quatre et trois intermédiaires. Le flux le plus important de ce commerce est dirigé vers lesmarchés de Douala. En fonction des origines et des destinations du produit, quatre circuits ontété identifiés. D’une manière générale, les récolteurs sont les acteurs qui supportent les chargesles plus élevées. Les récolteurs d’Ekpwassong ont les plus grandes marges en période depénurie et d’abondance. Parmi les intermédiaires, les grossistes de type 1 et les grossistes detype 2 sont les acteurs qui supportent les charges de commercialisation les plus faibles dans lescircuits 1,2 et 3 ; et 4 respectivement. Dans tous les circuits, ce sont les détaillants qui ont lesplus fortes charges à l’unité. En période de pénurie, les grossistes de type 2 ont les marges lesplus faibles. Ce sont les détaillants, dans les circuits 1,2 et 4 ; et les grossistes de type 1, dans lecircuit 3 qui ont les plus fortes marges pendant cette période. En période d’abondance, lesgrossistes de type 2 ont les plus faibles marges dans les circuits 1, 2 et 4, et les détaillants dansle circuit 3. Par contre, les détaillants ont les marges les plus élevées dans les circuits 1, 2 et 4et les collecteurs dans le circuit 3.L’étude recommande aux paysans, de créer des groupes d’entraide afin de réduire les coûtsunitaires de récolte et d’augmenter les quantités collectées. Nous suggérons à l’ICRAF demettre encore plus d’accent sur la communication et le marketing en mettant en place lessystèmes d’information des marchés. L’étude suggère aux commerçants de s’organiser enassociations afin de réduire considérablement les coûts de commercialisation. A l’état, nousrecommandons de créer et d’améliorer les infrastructures routières en zone rurale.
  15. 15. xiii ABSTRACTThe present study was conducted from April to September 2009. Its main objective was toanalyze the functioning and estimate the profitability of “Njansang” value chain in the centralregion of Cameroon. To achieve this objective, data were collected using two types ofquestionnaires on 60 farmers in localities Ekpwassong, Nkoloboudou and Sa’a, and 38 tradersin rural markets (Akonolinga, Ayos, Sa’a), in 2 markets of Yaounde (Mokolo and Mfoundi)and the 2 markets of Douala (Central Market and New-Bell).The data gathered through these questionnaires were analyzed with SPSS and Excel softwares.The study reveals that, Njansang value chain consists of six categories of actors: harvesters,collectors, super-wholesalers, wholesalers of type 1 and 2 and retailers. These actors, mostlywomen have a formal education and perform a single marketing function, that is, the exchangefunction. Three types of channels have been identified with five, four and three intermediaries.The largest flow of trade is directed to markets in Douala. Depending on the origins anddestinations, four channels have been identified. In general, the harvesters are the actors whobear the highest costs. The harvesters of Ekpwassong have the largest margins both in times ofscarcity and abundance. Among the intermediaries, wholesalers of type 1 and 2 bear the lowestmarketing costs in the channels 1, 2 and 3, and 4 respectively. In all the channels, retailers bearthe highest marketing costs. In time of scarcity, wholesalers of type 2 have the highest margins.Retailers, in channels 1, 2 and 4 and wholesalers of type 1 in channel 3 have the highestmargins in that period. In times of abundance, wholesalers of type 2 have the lowest margins inchannels 1, 2 and 4 and retailers in channel 3. In channels 1, 2 and 4, retailers are the actorswith the highest margins and collectors in channel 3.The study recommends that farmers do create self aid groups to reduce harvesting costs per unitand increase the quantities collected. It is suggested that ICRAF put more emphasis oncommunication and marketing by setting up market information systems. The traders areadvised to organize themselves into associations in order to reduce marketing costs. Thereduction of these marketing costs requires the creation and improvement of ruralinfrastructures, which is the responsibility of government.
  16. 16. 1 CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE1.1. CONTEXTELe bassin du Congo, avec environ 20% des forêts tropicales, est le deuxième plus grandmassif forestier tropical du monde, après celui de l’Amazonie (Ze Meka, 2004). Situéesau cœur du bassin du Congo, les forêts du Cameroun regorgent d’énormes richessesvégétales, animales, ligneuses et non ligneuses. D’après Ruiz Pérez et al. (1999), cesforêts offrent une grande diversité de produits autres que le bois. Ces produits sontutilisés pour la subsistance et à des fins médicinales. Ils sont vendus sur les marchéslocaux et à létranger.L’exploitation du bois a longtemps été considérée comme la principale activité forestièregénératrice de revenus dans les pays situés à l’intérieur du bassin du Congo; faisant ainsidu bois d’œuvre, l’un des plus importants produits à haute valeur économique de la forêt.En 1986, le Cameroun plonge dans le marasme économique dont les causes sont à la foisexternes telles que la dépréciation du dollar US et la chute brutale des cours du cacao, ducafé et du pétrole sur le marché international (Bikié et al., 2000) ; et internes telles que lamauvaise gestion du secteur public et les politiques économiques inadaptées (Kamajou,1992). Face à cette crise, le Cameroun adopte en 1989 le programme d’ajustementstructurel (PAS) sous l’incitation de la Banque Mondiale et du Fonds MonétaireInternational (FMI) pour résorber les causes de la crise économique. Ce programmeremodèle le secteur productif en zone rurale (Bikié et al. 2000). Ce qui entraîne alors unepression accrue sur les ressources naturelles des pays de la sous-région d’AfriqueCentrale. Cette pression est aggravée par la dévaluation du franc CFA qui a rendu lescoûts de production beaucoup plus élevés et les importations beaucoup plus chères. Cequi a conduit les populations des zones forestières à rechercher d’autres sources derevenus ; rendant le secteur des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) encore plusattrayant (Guedje, 2000). L’exploitation forestière et la culture des produits vivriers pourla subsistance s’accompagnent alors de l’exploitation et de la commercialisation desPFNL.
  17. 17. 2Aujourd’hui, de nombreux PFNL font l’objet d’une exploitation accrue du fait del’importance économique qu’ils ont au sein des ménages. Dans la plupart des pays enAfrique, les PFNL jouent un rôle prépondérant dans la vie de la population car ils sont àla fois utilisés pour la subsistance et comme source de revenu. Dans le même sens,Ndoye et al. (2000) signalent que ces PFNL et particulièrement les produits d’arbresfruitiers locaux contribuent de manière significative au bien-être des populations ruralesau Cameroun. De ce fait, ils constituent l’une des priorités des structures de recherche etorganismes de développement parmi lesquels l’ICRAF (International Center forResearch in Agroforestry).L’ICRAF, à travers ses divers axes de recherche, porte une attention particulière sur lemarketing des arbres « qui travaillent », cest-à-dire qui permettent d’assurer aux paysansdes revenus considérables pour garantir leur bien-être et celui de leur famille. En 1997,une étude sous régionale réalisée au Cameroun, au Nigéria, au Gabon et au Ghana aconduit le centre de recherche à orienter ses travaux vers certains PFNL. C’est ainsi que,cinq espèces dites « prioritaires » ont été retenues, à savoir : Irvingia gabonensis(Andok), Dacryodes edulis (Safou), Chrysophyllum albidum, Garcinia kola (Cola) etRicinodendron heudelotii (Njansang). Depuis lors, la recherche se poursuit sur cesspéculations dans le cadre régional (Tchoundjeu et al., 2006).1.2. PROBLEMATIQUEL’économie du Cameroun repose essentiellement sur le secteur primaire (agriculture etexploitation forestière). Pendant plusieurs années, l’exploitation du bois et les cultures derente à l’instar du cacaoyer et caféier ont eu une place prépondérante au sein des ménagestant en milieu rural qu’en milieu urbain. Ces ménages bénéficiaient des avantages liés àl’encadrement (subventions) que l’Etat apportait aux filières de rente, alors plusrémunératrices à cette époque. Ces filières (cacao et café) bien organisées et bienstructurées parvenaient à faire vivre les producteurs. Avec la libéralisation du prix ducacao, l’augmentation du prix des intrants et le retrait de l’Etat (Alary, 1996), lespopulations se tournent vers l’exploitation des ressources disponibles dans leurenvironnement et auxquelles elles n’attachaient pas jusque là un grand intérêt. Ces
  18. 18. 3produits plus connus sous la dénomination de produits forestiers non ligneux (PFNL),revêtent une importance énorme sur les plans nutritionnel, médicinal et socioéconomique. La FAO (1999) définit les PFNL comme « des biens dorigine biologiqueautres que le bois, dérivés des forêts, des autres terres boisées, et des arbres hors forêts ».Les PFNL permettent aux populations en zones rurale et urbaine de diversifier leurssources de revenus ; contribuant ainsi à assurer la sécurité alimentaire et à réduire leurniveau de pauvreté (Ndoye, 2005). Selon le même auteur, cette activité génère desemplois surtout pour les femmes et les minorités.Les PFNL, essentiellement collectés dans leur état naturel font l’objet d’un commerceaux niveaux local, régional et international. Sur le plan international, la valeuréconomique des PFNL issus du Cameroun est bien importante. Comme illustration, pourles PFNL, la France à elle seule importe environ 19,2 millions $ US (8,6 milliard deFCFA) ; avec une contribution de 83 333 $ US (37,5 millions de FCFA) pour le Njansang(Tabuna, 2000). Les marchés des PFNL dans la zone de forêts humides du Camerounsont très dynamiques ; cest-à-dire que leur rôle dans l’assemblage et la distribution desPFNL peut changer au cours d’une année, et même d’une année à l’autre. De plus, aucours d’une année il peut avoir plusieurs pics de l’offre d’un même produit ; situation quiaffecte le comportement du marché et les stratégies des participants (Ndoye et al.1998).Une autre étude menée par Ndoye et al. (1995) sur les PFNL de la zone de forêt humidedu Cameroun (Dacryodes edulis, Irvingia spp., Cola acuminata et Ricinodendronheudelotii) a révélé que la quantité de PFNL commercialisée représentait au moins 1,75millions $ US dans la moitié des années 1990. Une étude similaire réalisée sur le marchéde New-Bell à Douala a estimé le chiffre d’affaires des quantités échangées dans cemarché à 248 700 $ US (environ 108 millions de FCFA) en 1998 et 464 235 $US (203millions de FCFA en 1999 pour le Ricinodendron heudelotii (Ngono et Ndoye, 2004).Ricinodendron heudelotii (Njansang) fait donc partie avec les amandes de Irvingiagabonensis (Andok) et les feuilles de Gnetum africanum (okok), des principaux PFNLles plus exploités et commercialisés voire, les plus exportés par les populations dans larégion forestière du grand Sud Cameroun (Facheux et Tsafack, 2007). De nombreusesétudes s’attèlent à démontrer le potentiel des PFNL et certains organismes et projetscomme l’ICRAF et la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC)s’intéressent au développement des produits forestiers non ligneux. En 2003, le projet
  19. 19. 4« Farmer Enterprise Development » a identifié les zones d’Akonolinga et d’Ayos dans larégion du Centre comme des zones potentielles d’exploitation des graines de Njansang.L’un des résultats importants de ce projet est l’organisation des producteurs et leregroupement des commerçants dans le but de favoriser des actions collectives. Ainsi, lesventes groupées ont été organisées et un fonds de garantie a été mis en place, dans le butde créer une situation où les commerçants sont amenés vers le produit et font face à despaysans organisés au sein d’un groupe.Néanmoins, malgré cette importance et l’intérêt prononcé des organismes dedéveloppement du milieu rural pour développer les filières des PFNL, les questionsrelatives à la rentabilité de cette activité se posent. Plusieurs auteurs (Bikoué, 2004;Touna, 2005; Mbosso, 2007) ont relevé l’importance socio-économique de la filière.Njansang. Leurs études, notamment celle de Touna (2005), ont permis de connaître lescircuits de commercialisation du Njansang. Mais jusqu’à présent, aucune étude n’a portésur la rentabilité de cette filière pour les différents acteurs, afin de savoir quel est sonpotentiel réel.Dans une perspective de développement des PFNL, il importe donc de savoir ce qu’unacteur gagnerait à s’intégrer dans l’activité et ce qu’il y apporte concrètement en termesde temps et d’investissement. Cette étude est une contribution à la détermination de larentabilité de la filière Njansang. Il s’agit pour nous d’avoir une meilleurecompréhension du fonctionnement de la filière et d’évaluer les coûts supportés parchacun des acteurs de la filière et les bénéfices que chacun d’eux perçoit. En d’autrestermes, La filière Njansang est-elle rentable et quelles sont les contraintes de sondéveloppement ? Pour répondre à cette question principale de recherche, l’étude tenterade répondre aux questionnements suivants: 1. comment fonctionne la filière Njansang? 2. quels sont les coûts engagés par chacun des acteurs de cette filière? 3. quels sont les revenus obtenus par chacun des acteurs de la filière? 4. quelles sont les difficultés rencontrées par ces acteurs ?1.3. OBJECTIFS DE L’ETUDE
  20. 20. 51.3.1. Objectif PrincipalL’objectif principal de cette étude est d’analyser le fonctionnement et d’estimer larentabilité de la filière Njansang.1.3.2. Objectifs spécifiquesDe manière spécifique, l’étude envisage la réalisation des objectifs suivants: 1. faire la caractérisation socio-économique des acteurs ; 2. analyser le fonctionnement de la filière ; 3. évaluer les coûts supportés par chacun des acteurs au sein de la filière ; 4. estimer les marges bénéficiaires de chaque acteur ; 5. déterminer les contraintes des acteurs de la filière.1.4. IMPORTANCE DE L’ETUDEL’ICRAF depuis près de 6 ans a entrepris des activités au sein de la filière Njansang envue d’améliorer les capacités des producteurs et de leur permettre d’augmentersignificativement leurs revenus. Une démarche diagnostic basée sur l’approche filièrepourrait apporter un appui à l’émergence de la filière des PFNL en général et duNjansang en particulier. Le but recherché ici est double : accéder à une meilleurevisibilité de la filière et améliorer l’accès au marché pour les petits exploitants.Cette étude va permettre de maîtriser le marché afin de faciliter aux paysans l’obtentiondes meilleurs revenus de la vente des produits issus des arbres fruitiers locaux. Ellepermettra également de savoir quelles sont les opportunités de marché qui peuvent êtreexploitées. L’étude permettra enfin de renseigner les acteurs sur la répartition des margesau sein de la filière.1.5. ORGANISATION DU MEMOIRELe présent document est structuré en cinq chapitres à savoir : • le chapitre introductif présente le contexte de l’étude, sa problématique, ses objectifs et son importance;
  21. 21. 6• le chapitre 2 est consacré à la revue de la littérature relative, au sujet traité, à la clarification des concepts et la présentation du cadre théorique dans lequel s’insère l’étude ;• le chapitre 3 présente la méthodologie utilisée pour la collecte et l’analyse des données nécessaires à la réalisation des objectifs fixés et les limites méthodologiques de cette étude;• le chapitre 4 quant à lui présente les résultats obtenus, ainsi que les différentes interprétations et discussions suscitées par ces résultats ;• le chapitre 5 présente les conclusions relatives à l’étude et propose quelques recommandations.
  22. 22. 7 CHAPITRE 2 : CLARIFICATION CONCEPTUELLE, CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LA LITTERATURECe chapitre traite de la clarification conceptuelle, du cadre théorique et de la revue de lalittérature.2.1. CLARIFICATION CONCEPTUELLEIl apparaît important dans ce chapitre de procéder à la définition de quelques conceptsclés qui aideront à la compréhension du sujet traité.2.1.1. FonctionnementSelon Faivre-Dupaigre et al. (2002), l’analyse du fonctionnement de la filière cherche àrépondre aux questions suivantes: • comment se réalise la production? • comment sont organisés les échanges : flux de produits, de monnaie, d’informations, organisation des marchés? • comment se fixent les prix? • quelles sont les relations entre les acteurs, les rapports de force, les stratégies des différents groupes?Cette analyse est particulièrement importante. En effet, Tiekwa (2006), en parlant de lafilière bovine au nord Cameroun, souligne que l’analyse du fonctionnement de la filièreest nécessaire pour comprendre la formation de l’offre, identifier les éventuels goulotsd’étranglement et les voies d’accompagnement. Cela permettrait de faciliterl’accessibilité et la disponibilité des produits aux populations.Dans cette étude le fonctionnement sera perçu à travers les questions suivantes : quelssont les acteurs de la filière? Que font-ils à chaque niveau de la filière ? Quelles sont lesinterrelations entre ces acteurs ?2.1.2. RentabilitéLa rentabilité est le rapport entre un revenu obtenu ou prévu et les ressources employéespour lobtenir. La notion de rentabilité sapplique notamment aux entreprises mais aussi à
  23. 23. 8tout autre investissement1. C’est la capacité d’un capital à procurer des revenus, soit parplacement (dans une logique strictement financière), soit par un investissement (enparticipant à un système productif dont on attend un bénéfice2. La rentabilité peut êtreanalysée dans une logique financière (mesurable par le ratio résultat net/capitauxpropres), économique (mesurable par le ratio excédent brut d´exploitation/actiféconomique), commerciale (mesurable par le ratio résultat d´exploitation/chiffred´affaires hors taxe), etc.Dans le cas de cette étude, la rentabilité sera perçue à travers les coûts et les marges desacteurs2.1.3. FilièreDe nombreux auteurs ont apporté des définitions au concept de filière qui apparaît sousplusieurs dénominations. Ces appellations sont le fruit des langues francophones etanglosaxones. C’est ainsi qu’on parle par exemple de « value chain », « market chain »pour faire référence à la notion de filière.La chaîne de valeur, de l’anglais « value chain », selon Kaplinsky et Morris (2001) :« décrit une large gamme d’activités qui sont nécessaires pour amener un produit ou unservice de sa conception, en passant par les différentes phases de production, jusqu’auconsommateur final ». Pour Dugue et al. (2006), « la filière est un moyen abstrait de sereprésenter les différentes étapes suivies par un produit donné du stade de la productionau stade de la consommation, en passant par la transformation, le transport, lacommercialisation ». Ces mêmes auteurs la définissent comme l’ensemble des agentséconomiques qui contribuent directement à la production puis à la transformation et àl’acheminement jusqu’au marché de réalisation d’un même produit. La filière est donccaractérisée premièrement par un produit, deuxièmement par une suite d’opérationstechniques (production, décorticage, transport, stockage, manutentions diverses,transformation pour l’alimentation ou l’industrie), d’opérateurs (producteurs,fournisseurs d’intrants et de crédit, collecteurs, commerçants grossistes, transporteurs,détaillants, industriels, restaurateurs, cuisinières, ménagères) et d’échanges du produit1 fr.wikipedia.org/wiki/Rentabilité2 http://www.jobintree.com/dictionnaire/definition-rentabilite-223.html
  24. 24. 9(passation de marchés, arrangements, accords, contrats entre ces différents opérateurspermettant d’échanger le produit avec une contrepartie monétaire ou en nature (travail,avance d’aliment pour la soudure, engrais, etc.). La filière est enfin caractérisée par unterritoire national, parfois régional, correspondant généralement aux zones de productionet de commercialisation du produit au sein d’un pays. (Dugue et al., 2006).Dans cette étude, nous allons considérer la filière comme une suite d’opérations parlaquelle passe le Njansang, de sa zone de production (avec toutes les étapes de la récolte)jusqu’aux différents marchés de consommation.2.1.4. ActeursEn économie, les individus ou les groupes d’individus qui interviennent dans laproduction, l’échange, la transformation ou la consommation de produits sont appelésagents. Certains auteurs parlent aussi d’acteurs économiques (Duteurtre et al. 2000).Plusieurs catégories d’acteurs peuvent intervenir dans une filière et y apporter descontributions aussi différentes les unes des autres. Il peut y avoir des acteurs directs quisont propriétaires du produit à un moment donné dans la chaîne, ce sont les producteurset les commerçants ; les acteurs indirects qui interviennent dans le processus deproduction en tant que prestataires de service ou sources de financement ; les acteursd’appui qui fournissent les accompagnements techniques aux opérateurs des filières enmatière de formation, de conseil, d’information... et l’Etat. (Dugue et al., 2006).Dans le cadre de cette étude, la notion d’acteurs va se limiter aux acteurs directs. Cesderniers sont constitués des paysans qui s’occupent directement de la récolte et descommerçants qui disposent du Njansang à chaque étape de la chaîne decommercialisation.2.1.5. MarchéDuteurtre et al. (2000) définissent le marché comme un emplacement où se tient àintervalles plus ou moins réguliers une réunion d’acheteurs et de vendeurs échangeantdes marchandises. Ces auteurs soulignent également qu’en économie, le marché désignele lieu de rencontre (éventuellement abstrait) où l’offre rencontre la demande desacheteurs qui s’ajustent à un certain prix. Ces auteurs révèlent également que le marchéest le lieu de confrontation des offreurs et des demandeurs d’un bien, service ou facteur
  25. 25. 10de production parfaitement identifié, aboutissant à la formation d’un prix, et à ladétermination du volume échangé.Dans ce travail, le marché sera considéré comme le lieu où les acheteurs et les vendeursse rencontrent pour échanger le Njansang moyennant une contre partie qui est l’argent.2.2. CADRE THEORIQUECette étude sur l’analyse de la filière Njansang repose essentiellement sur deuxapproches théoriques : l’approche filière et la théorie de l’organisation des marchés (lemodèle Structure-Conduite-Performance). L’approche filière utilisée dans cette étude estbasée sur les travaux de Duteurtre et al. (2000). C’est une approche relativement récentedans l’étude économique. Elle est apparue dans la deuxième moitié des années 70s dansles milieux d’économie agricole. Initialement, elle était utilisée en France pour traiter desproblèmes d’économie industrielle. Ce concept d’analyse de filière a été transposé dansle domaine agricole, puis aux projets d’aide aux pays en développement. (Terpend,1997).2.2.1. L’Approche FilièreL’approche filière est une méthode d’analyse technique et économique des circuitscommerciaux. Elle permet de mieux comprendre les stratégies des acteurs, lesmécanismes de structuration des prix, d’identifier et de caractériser les contraintes liéesau commerce d’un produit, afin de concevoir des actions pour lever ces contraintes(Duteurtre et al., 2000). Malassis et Ghersi (1992) notent que la filière se rapporte nonseulement aux mécanismes d’ajustement des flux des facteurs et des produits, maiségalement à l’ensemble des agents qui concourent à la formation et au transfert desproduits jusqu’au consommateur final.L’approche globale de l’analyse des filières proposée par Duteurtre et al. (2000)s’articule autour des points suivants: • la délimitation de la filière qui consiste à définir l’objet d’étude et à en tracer les principaux contours ;
  26. 26. 11 • la typologie des acteurs qui a pour objectif de comprendre les stratégies des différents types d’acteurs de la filière ; • l’analyse comptable qui étudie les différents niveaux de prix dans la filière, ainsi que les marges et les profits des acteurs commerciaux aux différents échelons des circuits. L’analyse comptable de la filière comprend l’étude des prix des produits, des coûts dans la filière, des comptes des agents et des comptes de la filière. • l’analyse de l’organisation de la filière qui essaie de comprendre les relations entre acteurs et les règles qui régissent ces relations.Le tableau 1 ci-après illustre les méthodes d’analyse des filières.Tableau 1: Les méthodes danalyse des filièresPhases Objectifs Méthode de collecte de l’information1. Délimitation de la filière • Identification des acteurs • Bibliographie et des fonctions • Enquêtes préliminaires • Estimation des prix et des (entretiens ouverts) quantités • Construction du graphe de la filière • Construction d’une carte des flux2. Typologie des acteurs • Analyse des stratégies • Enquêtes systématiques auprès d’un échantillon d’acteurs3. Analyse comptable • Analyse des revenus et • Relevés des prix sur les des marges ; répartition de marchés la valeur ajouté et de • Etudes des comptabilités l’accumulation de capital d’acteurs4. Analyse de l’organisation • Compréhension des • Histoire de vie relations entre acteurs et • Entretiens ouverts auprès des règles qui régissent des personnes ressources ces relationsSource : Duteurtre et al. (2000)La présente étude se propose de mettre principalement l’accent sur la délimitation de lafilière et l’analyse comptable.
  27. 27. 122.2.1.1. La délimitation de la filièreGassu (2002) relève que délimiter la filière que l’on souhaite étudier revient à définirle(s) produit(s) retenu(s), à déterminer sur le plan vertical (de la production à laconsommation) et horizontal (système de production, de commercialisation et deconsommation) l’étendue de la filière et préciser les espaces géographiques et temporelssur lesquels la filière doit être étudiée.La délimitation de la filière va donc nécessiter l’identification des zones de production etdes lieux où se réalise la commercialisation. Dans cette étude, la délimitation de la filièrepermet d’identifier les acteurs et leurs fonctions, de construire le graphe de la filière pourla zone d’étude concernée.2.2.1.2. L’analyse comptableL’analyse comptable de la filière comprend l’étude des prix des produits, des coûts dansla filière, des comptes des agents et des comptes de la filière (Duteurtre et al., 2000).Selon ces mêmes auteurs, l’étude des comptes des acteurs permet d’aborder les niveauxde rentabilité des diverses activités liés au savoir-faire, aux techniques utilisées et auxniveaux de prix, mais aussi aux revenus complémentaires obtenus dans d’autres activitésque celle qui concerne la filière étudiée. En effet, les comptes de la filière permettent desuggérer des voies de diminution du prix final au consommateur, d’évaluer la distributiondes revenus dans la filière et l’importance de la valeur ajoutée au plan national. Pour cela,on étudie la formation des prix, des coûts et des marges aux différents niveaux de lafilière. Ils concluent finalement qu’à travers cette analyse, l’étude de la répartition desexcédents aux différents échelons de la filière permet de connaitre les principaux lieuxd’accumulation de capital et de création de richesse.Dans le cadre de cette étude, l’analyse comptable s’attarde sur la détermination des coûtset des marges de commercialisation des acteurs de la filière Njansang. Ces marges secalculent à partir des prix pratiqués par chacun des acteurs et des différentes chargesimplicites et explicites supportées par ceux-ci.MBC = PV-PAMNC = MBC-CTCPA = Prix d’achat PV = Prix de vente
  28. 28. 13MBC = Marge brute de commercialisationMNC = Marge nette de commercialisationCTC = Coûts totaux de commercialisation2.2.2. L’approche Structure-Conduite-PerformancePlusieurs auteurs (Bain, 1959; Faure, 1991; Montigaud, 1992 ; Aube, 1994) ont proposél’approche structure-conduite-performance comme modèle d’analyse du marché pour unproduit ou un service donné. D’après Vincent (1995), l’approche structure-conduite-performance part du principe que la finalisation de tout système industriel est basée sursa performance à fournir des produits et des services. Cette performance dépend ducomportement des opérateurs du secteur (en terme de prix, de stratégie produits, derecherche, d’investissements etc.). La conduite du marché est à son tour liée à sastructure (cest-à-dire le nombre d’opérateurs, la différenciation, les barrières à l’entrée,la structure des coûts…). Enfin, elle est déterminée par les conditions de base de l’offreet de la demande.2.2.2.1. La structure du marchéBain (1959) repris par Pomeroy et Trinidad (1998) définit la structure du marché commeles caractéristiques organisationnelles susceptibles d’influencer la nature de lacompétition et le mode de fixation des prix. Pour Ongla et Davis (1979), elle se rapporteà la dimension physique du système de commercialisation. Elle fait spécifiquementréférence au degré de concentration du marché (cest-à-dire le nombre de firmes et/ou deplantes dans le marché et leur taille ou d’autres mesures de concentration), le degré dedifférentiation et les conditions d’entrée dans le marché. Pomeroy et Trinidad (1998)affirment que la structure du marché (l’environnement) conditionne le déroulement dumarché (le comportement des agents économiques dans cet environnement), ce qui enfixe aussi le niveau de performance (satisfaire les normes ou standards de référence dubien-être social). Pour Pomeroy et Trinidad (1998), la structure du marché est constituéedes éléments suivants : la concentration des acheteurs ou vendeurs, la différentiation desproduits ou services et les barrières à l’entrée. Toutes ces définitions de la structure demarché conduisent à la différentiation des marchés. Ce qui conduit Duteurtre et al.(2000) à penser que les marchés des différents produits ne se ressemblent pas. Sur
  29. 29. 14certains marchés, le nombre d’acheteurs et de vendeurs est très important, sur d’autres, iln’y a que quelques vendeurs. On définit différents types de marchés suivant le nombre devendeurs et d’acheteurs. Le tableau 2 donne un aperçu des différents types de marché.Ces différences dans la structure du marché induisent des comportements économiquesextrêmement différents.Tableau 2 : Les structures du marché et leurs caractéristiquesDemande Offre Un vendeur Quelques vendeurs Nombreux vendeursUn acheteur / / MonopsoneQuelques acheteurs / / OligopsoneNombreux acheteurs Monopole Oligopole ConcurrenceSource : Adapté de Duteurtre et al. (2000)Les normes à travers lesquels la structure du marché peut être analysée sont : • le nombre de commerçant doit être assez grand pour favoriser la compétition ; • la taille de l’entreprise est assez petite telle qu’un seul vendeur ne peut pas influencer le rendement ; • l’homogénéité du produit ; • l’absence de barrières à l’entrée et à la sortie ; • une connaissance parfaite de l’information ; • la sensibilité des prix par rapport à la qualité.2.2.2.2. La conduite du marchéD’après Ongla et Davis (1979), la conduite du marché, se rapporte au mode decomportement des acteurs dans l’ajustement et l’adaptation au marché. Elle est identifiéepar les principes, les méthodes et les actions employées par une entreprise pour établir lesprix d’un produit (individuellement ou de manière collective), et par les mécanismesd’interaction ou de coordination des politiques compétitives des vendeurs. Selon cesmêmes auteurs, la conduite du marché peut être approchée sous plusieurs angles : lespratiques de l’offre, la communication et l’association entre les différents agents dusystème de commercialisation.La conduite du marché est analysée à travers les normes suivantes :
  30. 30. 15 • les firmes ou les entreprises doivent agir de manière indépendante (absence de collusion). • il ne doit pas exister de tactiques déloyales. • il ne doit pas exister de protection pour des fournisseurs ou des clients inefficaces.2.2.2.3.La performance du marchéMendoza (1998) souligne qu’il n’y a pas de terme lié à la commercialisation agricoleplus mal compris que le concept de marges de commercialisation. Une marge importantede commercialisation peut déboucher sur un profit limité ou nul, voire même une pertepour le vendeur concerné. Tout dépend des coûts de commercialisation ainsi que du prixd’achat et du prix de vente. Il relève que les notions de marges de commercialisation etde marge bénéficiaire du commerçant font très souvent l’objet de confusion. La marge decommercialisation mesure la part du prix de vente final qui est captée par un agentparticulier de la chaîne commercialisation.La performance peut être analysée à travers les mesures suivantes : • l’inexistence de dépenses excessives pour la publicité • les profits doivent être suffisants pour rémunérer les investissements, l’efficacité et l’innovation • les niveaux de revenu et la qualité doivent correspondre à la demande des consommateurs • les vendeurs qui servent le mieux les clients veulent être récompensés • les prix ne doivent pas induire une instabilité cyclique • CM=RM (CM=coût marginal, RM=revenu marginal)2.2.2.4. Critique du paradigme Structure-Conduite-PerformanceL’une des principales critiques de ce modèle est qu’il est statique et tend à ignorer leseffets dynamiques des coûts de transaction des produits échangés. Ce dynamismesuppose qu’il y a une interaction entre les trois concepts, en déviation du modèle deconcurrence pure et parfaite. Or les conditions de concurrence pure et parfaite sontrarement réunies et les acteurs ont la liberté de changer leurs comportements. Malgrécette critique, ce modèle sera utilisé dans cette étude.
  31. 31. 162.3. REVUE DE LA LITTERATURECette partie passe en revue les contours de la littérature qui se rapproche à cette étude.Elle présente traite des PFNL et de leur importance. Elle aborde également lacommercialisation des PFNL, les utilisations du Ricinodendron heudelotii et lestechniques de récolte.2.3.1. Les produits forestiers non ligneux et leur importanceDans la plupart des pays africains, les produits forestiers non ligneux jouent un rôleprépondérant dans la vie de la population car ils fournissent des produits-clés desubsistance et de revenu (Sven Walter, 2001). Ils sont considérés comme une sourcealimentaire directe et facilitent la consommation des autres aliments. Les revenus tirés deleurs ventes permettent l’acquisition d’autres produits alimentaires et non alimentairesnécessaires pour la « survie » du ménage à l’exemple du pétrole, du savon et du sel(Manirakiza, 2007). La vente des fruits/condiments dIrvingia spp.(Andock), R.heudelotti (Njansang) et Afrostyrax lepidophyllus (oignon de campagne) représente entre25 et 50% des revenus totaux pour les femmes, dans tous les villages à lintérieur et auxalentours du Parc National de Korup (Amadi, 1993). Au Cameroun, ils sont utilisés poursatisfaire les besoins de subsistance pour lalimentation, la pharmacopée traditionnelle,lartisanat, lornement et les pratiques religieuses ou socioculturelles (FAO, 2006). LesPFNL peuvent être consommés après cuisson ou à létat brut comme certains fruits. Lesparties des plantes consommées sont les fruits, racines, feuilles, écorces, rhizomes,méristèmes apicaux, exsudats les bourgeons et les sèves (Noubissié et al., 2008).2.3.2. La commercialisation des produits forestiers non ligneuxD’après Ruiz Pérez et al. (1999), les PFNL dans la zone de forêt humide du Camerountendent à être commercialisés par des vendeurs spécialisés qui opèrent sur une basejournalière ou hebdomadaire dans des marchés organisés autour des « Bayam-sellam »(en majorité des femmes) ; ces marchés étant sujets à un certain nombre de règlements etde taxes municipales. Ces marchés sont généralement périodiques. Ruiz Pérez et al.(2002) attribuent cette périodicité du marché des PFNL à leur taille et à leuremplacement. Guy (1998) nous fait observer qu’au Cameroun, les femmes sont engagées
  32. 32. 17dans la vente au détail tandis que les hommes tendent à dominer les marchés de gros etparticulièrement le secteur des exportations des produits forestiers.Ruiz Pérez et al. (2002) ont évalué en 1999, le marché Camerounais de quatre PFNLimportants (Irvingia. spp., Cola acuminata, Garcinia lucida, Garcinia kola) et ont purévéler que ces marchés sont très instables. Cette instabilité des quantités vendues ainsique des prix serait causée, selon Sven Walter (2001), par la fluctuation de la productionet lincertitude de lapprovisionnement qui sont soumis à la pression due aux récoltes, auxsécheresses et aux autres changements climatiques qui influencent la période de floraisonet fructification. Cependant Nnah (1999) fait observer que la fixation des prix dans lesmarchés n’obéit à aucune réglementation ; il est fonction de la situation générale dumarché, elle-même tributaire du libre jeu entre l’offre et la demande. Il mentionneégalement que d’autres facteurs tels que le coût du transport, la qualité du produit, lesdivers coûts induits (taxes, manutention, stockage etc.) et la contenance des mesurettes(boîtes, verres, seaux, sacs) influencent le prix pratiqué sur le marché.2.3.2.1. Les acteurs du système de commercialisation des PFNLEn dehors du paysan à la base du système de commercialisation, il a été identifié quatrecatégories d’intermédiaires plus connus sous le vocable de « Bayam sellam » quiachètent et revendent les PFNL (Facheux et Tsafack, 2007). Il s’agit : • des collecteurs qui sillonnent les villages à pied ou en moto suivant l’approche du porte à porte pour acheter les PFNL et les transférer dans les marchés urbains ; • des grossistes, établis dans les marchés urbains et dont les transactions s’opèrent en sacs ; • les exportateurs ou importateurs qui vendent ou achètent dans les marchés frontaliers ou ceux des pays voisins ; • des détaillants qui vendent aux consommateurs suivant des mesures très petites (verre, boîtes, tas, etc.) dans les marchés urbains de consommation.2.3.2.2. Le commerce du NjansangDans une étude menée par Mapongmetsem et Tchiegang (1996), il ressort que la valeurcommerciale de R. heudelotii ne varie pas seulement avec la saison, mais aussi ladisponibilité et la demande du produit. Au Cameroun, les marchés de R. heudelotii sontconcentrés aux environs des grands centres urbains. Les grossistes achètent dans les
  33. 33. 18marchés locaux et dans les villages et revendent dans les grands centres urbains et àl’export (Laird et al., 1997). Mezogue et al. (2006) rapportent que les graines deNjansang sont vendues dans tous les marchés et tout au long de l’année dans les grandsmarchés situés dans le littoral (New-bell) et dans le centre (Mokolo et Mfoundi). Selon lamême source, les prix varient en fonction des marchés, des saisons de l’année et de lademande. Le Njansang se vend en tas, dans les verres ou dans les boites de Nestlé de 397grammes. Les amandes sèches de R. heudelotii peuvent se conserver pendant deux ans,ce qui permet de les stocker et de les vendre durant toute l’année dans les marchésurbains (Vivien et Faure, 1996 ; Laird, 1997). Cette caractéristique constitue un atoutmajeur pour les acteurs. Selon Plenderleith (2004), l’extraction et le séchage des amandesde Njansang sont consommatrices en temps pour les femmes et le prix qu’elles reçoiventen contre partie, lorsqu’elles vendent leur produit aux commerçants ou dans les marchéslocaux, ne reflètent même pas la valeur du travail entrepris. En 2006, les quantitésoffertes par les ménages dans la zone d’Akonolinga ont été estimées : 127 ménages ontfournit 11 570 boîtes (3.403 kg) à la suite de ventes groupées organisées dans le cadre duprojet FED, soit une moyenne de 91 boîtes (26,8 kg) par paysan (Facheux et Tsafack,2007).2.3.3. Utilisation de Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex Pax.Ricinodendron heudelotii est un arbre de la famille des Euphorbiaceae qui possèdediverses utilisations. Mezogue et Julve (2006) ont donné quelques utilisations duNjansang. Les fruits sont très importants car ils fournissent des graines oléagineusesriches en valeurs énergétiques, lipides, glucides, protéines et calcium. Fondoun et al.(1999) révèlent que les amandes possèdent entre 49,25% et 63,18% d’huile. La poudredes graines est utilisée pour épaissir et améliorer le goût des sauces. Les graines peuventêtre consommées directement après l’extraction et produisent une huile consomméedirectement et utilisée en pharmacie. Les noyaux non concassés sont utilisés pour jouerau songho ou awalé et comme sonnette lorsqu’elles sont dans un bocal à percussions. Lebois est utilisé en petite menuiserie pour fabriquer les ustensiles de cuisine ou desinstruments de musique traditionnelle. L’écorce des racines, du fût et des branches estutilisée en médecine traditionnelle. L’écorce est utilisée au Sud Cameroun pour traiter lesmaladies telles que la fièvre jaune, l’anémie, les maladies de la peau, le paludisme, le mal
  34. 34. 19d’estomac, les maux de tête, les maux de dents, les vers. Elle facilite l’accouchement etest également utilisée comme aphrodisiaque (Mollet et al., 1998 ; Fondoun et al., 1999).2.3.4. Technique de récolte des fruits et procédé d’obtention des amandesPlenderleith (2004) mentionne que l’obtention des amandes, qui est réalisée par lesfemmes, est un travail extrêmement intensif en main d’œuvre. Plusieurs étapes (duramassage des fruits jusqu’au concassage) sont nécessaires à l’obtention des amandes. Ceprocédé est quelque peu différent d’une zone à l’autre ; surtout en ce qui concernel’extraction de la pulpe et le lavage. Les étapes de récolte ont été décrites par Mbosso(2007) à partir des travaux réalisés dans les villages Bondi et Ekpwassong. La premièreétape qui est l’assemblage des fruits, consiste à les réunir en tas. Ces tas se font dans unendroit bien choisi sous l’arbre, ou généralement non loin de l’arbre. Après l’assemblage,les tas sont immédiatement couverts avec les feuilles de bananier plantain. Ceci permetde faciliter la décomposition de la pulpe des fruits. Après une bonne décomposition, suitle nettoyage et le lavage des graines. Le nettoyage des graines consiste à séparer la pulpedécomposée de la graine. Le lavage des graines quand à lui consiste à éliminer tous lesdéchets de la pulpe décomposée afin d’obtenir des graines bien propres. Après avoirnettoyé les graines, on peut les mettre dans un sac, qu’on attache et place dans unerivière. Après 7 ou 14 jours, les graines deviennent bien propres. L’étape suivante est lacuisson des graines qui requiert du bois et de l’eau. La cuisson consiste à faire bouillir lesgraines afin de faciliter leur fissuration. La fissure permet de faciliter l’extraction desamandes. La dernière étape consiste à sécher les amandes.Deux procédés de cuisson ont été décrits par Mbosso (2007). Le premier procédé se faiten deux fois et le même jour. Ici, lorsque les graines sont bien propres, elles sontintroduites dans une marmite et on les fait cuire jusquà ébullition (premier tour). Onlaisse refroidir entièrement. Ensuite, on fait bouillir l’eau dans une marmite. Lorsquel’eau bout à 100°C, on y verse les graines bien refroidies (deuxième tour). On laisse ungrand feu, et les graines se fissurent en faisant un bruit dans la marmite. Le deuxièmeprocédé quant à lui se fait en deux fois et en deux journées. Dans ce cas, lorsque lesgraines sont bien propres, on les met dans une marmite et les fait cuire jusquà ébullition(premier tour). On laisse la marmite sur un feu très doux pendant toute la nuit. Le
  35. 35. 20lendemain, on fait bouillir l’eau dans une autre marmite. On y verse les graines sous ungrand feu (deuxième tour), et elles se fissurent en faisant un bruit dans la marmite.
  36. 36. 21 CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE3.1.PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDELes données sur lesquelles la présente étude est basée ont été collectées dans deuxvillages pilotes de l’ICRAF (Ekpwassong et Nkoloboudou) située dans la province duCentre, plus précisément dans le département du Nyong et Mfoumou et dans la localitéde Sa’a dans le département de la Lékié ; où l’ICRAF n’intervient pas. Etant donné quenous avons mené une étude de filière, cette étude s’est étendue sur les marchésd’Akonolinga, d’Ayos, de Sa’a, dans deux marchés de Yaoundé (Mokolo et Mfoundi) etdans les deux principaux marchés de Douala (le marché central et celui de New-bell). Lafigure 1 ci-dessous présente les sites de l’étude. Marchés Zones de productionFigure 1: Carte de localisation de la zone d’étudeSource : http://www.hl-turquais.info/resources/_wsb_745x1073_Carte_admin_Cameroun.JPG
  37. 37. 223.1.1. Sa’a dans le département de la LékiéLa consultation de quelques rapports d’activités de la Délégation d’Arrondissement et duDéveloppement Rural de Sa’a (Eyebe, 2001 ; Mvondo, 2004 ; Okono, 2008) nous apermis de faire une brève description de cet arrondissement.3.1.1.1. Situation géographiqueL’arrondissement Sa’a est situé à 80 km au Nord-Est de Yaoundé. Il est limité au Nordpar le fleuve Sanaga, à l’Est par l’arrondissement d’Obala, à l’Ouest par Batchenga et auSud par l’arrondissement d’Ebebda.3.1.1.2. Climat et végétationLa zone de Sa’a présente une végétation de savane et de forêt secondaire ; le climat est detype équatorial. La végétation fait partie du domaine Congo-guinéen de la forêt semicaducifoliée à Sterculiaceae et Ulmaceae, dégradée par les cultures vivrières etindustrielles colonisatrices. La température varie entre 24°C et 35°C, avec desprécipitations d’une hauteur allant de 1800 à 2000 mm par an.3.1.1.3. Sols et ReliefLes sols sont ferralitiques et rocailleux sur les collines avec une texture variant de sablo-argileux à argilo-sableux et une texture lourde dans les bas-fonds. Le relief est accidentéet pluriforme.3.1.2. Ekpwassong et Nkoloboudou dans le département du Nyong et Mfoumou3.1.2.1. Situation géographiqueL’arrondissement d’Akonolinga est situé à environ 120 km au sud-ouest de Yaoundé etse trouve à 3°45’ de latitude Nord et 12°15’ de longitude Est (Tchatchoua, 2007). Lesvillages Ekpwassong et Nkoloboudou sont situés respectivement à 102 km et 75 kmd’Akonolinga.
  38. 38. 233.1.2.2. Relief et hydrographieCette partie est développée à partir des travaux de Tchatchoua. (2007). Akonolinga estsitué sur le plateau qui occupe la majeure partie du Cameroun méridional. L’altitudemoyenne varie entre 600 m et 700 m, avec des sommets pouvant parfois atteindre 800 m.Le soubassement de la surface inférieure est d’âge précambrien et se composeessentiellement de roches cristallines (granites, gneiss, micaschistes), qui ont subit unaplanissement très poussé, responsable d’un relief peu marqué. Au sud du fleuve Nyong,le modelé de collines fait place à des plateaux bas qui dominent les fonds des vallées de40 à 50 m. Les interfluves ont des sommets allongés et légèrement ondulés, parfoissurmontés de collines basses. Cette zone correspond à la partie centrale du plateauméridional. Le Nyong y déploie ses méandres au milieu d’une vaste vallée marécageuse.Le fleuve Nyong a un bassin versant beaucoup moins étendu que celui de la Sanaga. Cebassin s’étend sur environ 70 km, mais il peut atteindre 120 km au sud de Mbalmayo. Auniveau d’Akonolinga, le cours d’eau est sinueux et dépasse parfois une centaine demètres de largeur. En aval d’Akonolinga, le couloir marécageux tend à se rétrécir pourdisparaître peu avant le confluent du Mfoumou. Entre Ayos et Akonolinga, la pente estfaible. Elle est de l’ordre de 3 m pour 61 km.3.1.2.3. Climat et végétationSitué dans la zone forestière à pluviométrie bimodale, le climat d’Akonolinga est de typeguinéen, avec des températures de 25°C et une pluviométrie moyenne de 1500-2000 mmpar an (Ambassa Kiki, 2000). Akonolinga appartient au domaine de la forêt densehumide semi-caducifoliée Guinéo-Congolaise. La durée de la saison sèche de Juillet-Août diminue très vite quand on remonte vers le Nord : l’étiage correspondant est doncmoins important. La saison sèche dure beaucoup plus longtemps au détriment de lagrande saison des pluies. Les périodes de crue sont irrégulières. Sur les grands bassins,elles commencent en mars-avril et sont moins fortes en novembre. Il est peuplé par troisdomaines de végétation à savoir : le domaine à faciès de dégradation prononcée de diverstypes de forêts mixtes, semi-caducifoliées et toujours verte, les recrus forestiers et lesraphiales à Raphia mombuttorum (Letouzey, 1985 cité par Bidzanga et Ava, 2006). Lavégétation est composée de forêts denses semi-décidues et sempervirentes dominées pardes Sterculiaceae et des Ulmaceae, et des forêts secondaires.
  39. 39. 243.2. POPULATION DE L’ETUDE ET ECHANTILLONAGE3.2.1. Population de l’étudeLa population de cette étude est constituée de tous les acteurs directs (paysans etcommerçants) qui s’occupent de la récolte et de l’acheminement du Njansang jusqu’auconsommateur final. Pour conduire la présente étude, nous avons pu cibler des récolteursdans les zones de production mentionnées dans la présentation de la zone d’étude. Del’amont vers l’aval, les commerçants engagés dans l’approvisionnement et la distributionont également constitué l’une des cibles de cette étude. Ainsi nous avons interrogé : • les paysans récolteurs des localités rurales d’Ekpwassong et de Nkoloboudou (département du Nyong et Mfoumou), et de Sa’a (département de la Lékié); • les collecteurs des villages qui assurent la collecte des produits dans les villages situés aux alentours et qui sont en relation directe ou non avec les super-grossistes et les grossistes des marchés urbains ; • des Bayam-sellam qui sont spécialisés dans la vente en gros ou en détail.3.2.2. Choix des zones de production et des producteursLes zones de Kumba, Manfé, Sa’a, Bafia, Ngoro et Akonolinga figurent parmi les plusgrandes zones de production du Njansang au Cameroun (Facheux et Tsafack, 2007). Lechoix s’est porté sur la zone de production d’Akonolinga, car elle est l’une des zonesd’intervention du projet Farmer Enterprise Development (FED) piloté par l’ICRAF. Parcontre, la zone de Sa’a a été choisie parce qu’elle constitue une zone de production danslaquelle il n’y a pas eu d’intervention du projet. En plus du fait qu’elle est plus accessibleque la zone d’Akonolinga, elle contribue également à l’approvisionnement des marchéschoisis dans le cadre de cette étude. Dans la zone d’Akonolinga, les villages Ekpwassonget Nkoloboudou ont été choisis parce qu’ils constituent deux des quatre sites pilotes danslesquels les travaux de développement de la filière Njansang ont été initiés par l’ICRAF.Le choix des villages à Sa’a s’est fait grâce à la collaboration des agents de la Délégationd’Arrondissement d’Agriculture et du Développement Rural de Sa’a. Ainsi quatrevillages (Mbassila, Nkol Ebassimbi, Nlozock, Nkol Ayos) ont été choisis pour un totalde 20 paysans-récolteurs ; soit 5 par village. Dans la suite du travail, ces 4 derniers
  40. 40. 25villages seront regroupés sous un seul. Nous parlerons alors de la localité de Sa’a plutôtque de les citer.Le choix des paysans récolteurs à Ekpwassong, Nkoloboudou et Sa’a s’est fait demanière aléatoire à partir d’une liste des membres des associations « fac si obe » et « Teebidzeng Njansang » avec un taux d’échantillonnage de 33,8%, 39,6% et 30,3%respectivement. A Sa’a la liste des récolteurs a été obtenue par effet boule de neige. Letableau 3 donne la répartition du nombre d’enquêtés dans les trois localités choisies.Tableau 3: Répartition des paysans/récolteurs par localité Localités Nombre d’acteurs Nombres de Taux dénombrés personnes enquêtés d’échantillonnageEkpwassong 62 21 33,8Nkoloboudou 48 19 39,6Saa 66 20 30,3Total 176 60 /3.2.3. Choix des marchés et des commerçantsTouna (2005), Mbosso (2007) et Manirakiza (2007) nous ont permis d’observer que lesprincipaux marchés du Njansang sont les marchés de Mfoundi, Mvog Mbi et Mokolo àYaoundé et le marché de New-bell à Douala. Le choix des marchés s’est fait de procheen proche à partir des informations obtenues dans les zones de production choisies.L’exploration des marchés dans le but d’avoir une idée du nombre d’acteurs à interrogernous a permis de constater que le marché central de Douala faisait également partie desmarchés dans lesquels nous devions mener notre investigation. Ceci en raison du fait queles détaillants s’y retrouvent en grande majorité et que les super-grossistes et grossistesse retrouvent en grande majorité dans le marché de New-bell.Dans les marchés d’Akonolinga et d’Ayos, le choix des commerçants s’est fait après uncomptage préalable des étalages dans lesquels se trouvaient le Njansang. L’utilisation desinformateurs clés dans ces marchés nous a également permis de nous rapprocher des
  41. 41. 26 vendeuses qui assurent le transit du produit des villages vers le marché. Au marché de Sa’ a, l’enquête s’est effectuée un jour de marché. Nous avons donc pu y répertorier 4 postes de vente dans lequel nous avons choisi les commerçants présents ce jour pour notre enquête. On pouvait y reconnaître les commerçants venus des villages alentour et des commerçants venus de Douala et Yaoundé. La méthode d’échantillonnage choisie est l’échantillonnage par segment. Elle consiste à augmenter ou à diminuer la taille de l’échantillon en fonction de l’amplitude de la variabilité des réponses aux questions (Mendoza, 1998). En raison de la forte mobilité des commerçants dans les différents marchés et l’absence d’une liste, l’échantillonnage n’a pas pu se faire de façon rigoureuse. Nous avons fait face à une forte réticence des commerçants qui ont radicalement refusé de se prêter à nos entretiens. Ainsi, nous avons travaillé avec l’échantillon consentant et avons observé que les informations n’étaient pas très différentes d’un acteur à l’autre dans le même marché. La variabilité des réponses n’étant pas trop grande, nous avons enquêté les différentes catégories d’acteurs ainsi qu’il est indiqué dans le tableau 4. Tableau 4: Répartition des commerçants par fonction et par marché Acteurs Collecteurs Super- Grossistes 1 Grossistes 2 Détaillants TotalMarchés grossistesAyos 0 0 1 2 1 4Akonolinga 3 0 0 0 4 7Sa’a 6 1 4 0 0 11New-bell 0 1 3 2 0 6Central 0 1 0 0 2 3Mfoundi 0 0 0 3 0 3Mvog-mbi 0 0 0 0 4 4Total 9 3 8 7 11 38
  42. 42. 273.3.LES DONNEES ET LEURS SOURCESLes données de cette étude ont été générées à partir de deux sources. Il s’agit des sourcesprimaires et secondaires.3.3.1. Les sources secondairesLes sources secondaires qui ont été consultées pour la réalisation de cette étude sontconstituées des bibliothèques physiques de l’Université de Dschang, de l’IRAD, duCIRAD, des bibliothèques des encadreurs et superviseurs et de la bibliothèque virtuellede la FAO. L’obtention des données a également été faite à partir des ressourcesdisponibles en ligne sur INTERNET. Ces sources secondaires nous ont permis d’avoirdes données portant sur : • la crise économique et ses conséquences dans les exploitations agricoles, les orientations de la recherche sur les PFNL, les études sur la commercialisation des PFNL et du Njansang, leur importance, les principaux acteurs qui y sont engagés, le procédé d’obtention des amandes et la description de la zone d’étude. Ces données ont aidé à la rédaction du cadre spatio-temporel dans lequel cette étude s’insère, la problématique qui la sous-tend et la revue de la littérature; • l’approche filière et l’approche Structure-Conduite-Performance, qui ont aidé à la rédaction du cadre théorique. Ces données, qui ont permis de poser les jalons pour cette étude de la filière Njansang, ont été complétées par des données issues des sources primaires.3.3.2. Les sources primairesLes sources primaires qui ont aidé à réaliser la présente étude sont les enquêtes. Cesenquêtes ont été effectuées à l’aide de deux types de questionnaires. L’un adressé auxpaysans qui récoltent le Njansang et l’autre aux différents intermédiaires de la chaîne decommercialisation. Les informations issues de ces questionnaires ont été complétées pardes relevés de poids à l’aide d’une balance. Le questionnaire destiné aux commerçants aété testé au marché Mokolo avant d’être administré. Ce test nous a permis de reformulerles questions mal comprises par les répondants et de compléter les questions manquantes.
  43. 43. 28Le questionnaire destiné aux paysans a été testé à Ekpwassong et complété une fois sur leterrain. Les pesées ont été faites chez les paysans et les commerçants qui acceptaient quecette opération soit réalisée et qui disposaient encore du produit. Dans le cas échéant,nous nous contentions d’acheter et de procéder aux pesages et au décompte des amandespour les détaillants qui faisaient pareil, une fois qu’ils achètent le produit.Les langues utilisées pour l’administration des questionnaires étaient l’«Ewondo»,l’« Eton » et le français. L’utilisation de la langue vernaculaire, dans les marchés etsurtout dans les villages a permis de faciliter les échanges, car la majorité des enquêtés necomprenaient pas le français ou avaient du mal à s’exprimer en cette langue. Cettemanière de procéder à contribué à mettre les enquêtés en confiance. Les donnéesobtenues à partir de ces sources, portent sur l’historique et l’organisation del’exploitation du Njansang par les paysans, la commercialisation et les difficultésrencontrées. Dans le cas des commerçants, les données portent sur l’historique etl’organisation de leur activité ; l’approvisionnement et la vente : avec un accent sur lesquantités, les prix et les unités de mesure et les difficultés rencontrées.3.4.TRAITEMENT ET TECHNIQUE D’ANALYSE DES DONNEESLes données collectées ont été dépouillées manuellement. Elles ont ensuite été classéesen données quantitatives et en données qualitatives. Les données qualitatives ont ensuiteété codifiées et introduites dans le logiciel SPSS à l’aide d’un masque de saisie. Lesdonnées quantitatives ont été introduites dans le tableur EXCEL. Les marges brutes et lesmarges nettes sont utilisées dans la présente étude comme des indicateurs de rentabilité.Pour donner un sens économique à ces marges nous avons calculé ce qu’ellesreprésentent par rapport au prix d’achat et au prix de vente. Les marges des récolteurs ontété calculées de la manière suivante :MBr = PV- (Cmo+Cb) MN= MB- Amnoù MBr=Marge brute des récolteurs Cmo= Coût de la main d’œuvre Cb= Coût du bois de chauffeLes formules suivantes ont été utilisées pour le calcul des marges des commerçants.MBC= PV-PA MNC= MBC-CTC

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