(©IFAD/Susan Beccio                      Entreprenariat rural
SOMMAIRE 1. Editorial                                                  3 2. Présentation du programme FIDAfrique          ...
EDITORIALChers membres et partenaires du réseau FIDAfrique,C’est un réel plaisir pour nous de vous      Ces différentes ex...
PRESENTATION DE FIDAFRIQUE    FIDAfrique est un réseau qui relie des    l‘Afrique de l’Ouest (FRAO). Il com-        La Fon...
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Trois acteurs principaux interviennent         MPER débitrice. Il est représenté par un                    C’est en quelqu...
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Satisfaire les besoins des popu-lations ruralesLes acteurs qui participent à cette ini-tiative – PROMER, prestataires de s...
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La participation de MPER, appuyées            de la MPER des boulangers de Tamba-                       Le deuxième enseig...
SUbVENTION AUx APPRENTIS DIPLôMéSUn plan efficace pour la créationd’entreprises et d’emplois dans leszones rurales du Ghan...
des critères de sélection des apprentisdiplômés afin de garantir l’efficacité etla pérennité du système de subvention.Les ...
Feed AFRICA N°1 - Entreprenariat Rural
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Feed AFRICA, les cahiers de capitalisation du réseau FIDAfrique. Bulletin N°1 – Dakar, Octobre 2010

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Feed AFRICA N°1 - Entreprenariat Rural

  1. 1. (©IFAD/Susan Beccio Entreprenariat rural
  2. 2. SOMMAIRE 1. Editorial 3 2. Présentation du programme FIDAfrique 4 3. Quand le partage des risques garantit l’accès durable 5 des MPER au crédit 4. Service de développement des entreprises : Comment 9 améliorer les performances des MER 7. Subvention d’équipement aux apprentis diplômés – 13 Un plan efficace pour créer des emplois dans les zones rurales 8. Expositions et salons commerciaux : un outil d’accès aux marchés pour les micros et petites entreprises 18 rurales 9. Ghana : La décentralisation des Centres d’assistance Remerciements aux entreprises et des Unités de technologies 20 rdonnateurs du PROM ER rurales pour faire face au défi de développement de Nous remercions les coo leurs les contributions de l’entreprenariat rural. 2 et du REP 2 pour mier la publication de ce pre équipes respectives à . Nos remerciements vont numéro de FeedAFRICA 10. B. Keita, boulanger : Un exemple de promotion 25 s en communication égalem ent à tous les expert eau économique et sociale oirs partenaires du rés et/ou en gestion des sav 11. Ressources 29 FIDAfrique. Développement Agricol (FIDA). 35 du Fonds International pour leCette pub lication a été faite grâce au don n°10 l’opinion du FIDA. urs et ne reflète pas nécessairementSon contenu appartient aux aute talisation du réseau FIDAfrique.Feed AFRICA, les cahiers de capi 0Bulletin N°1 – Dakar, Octobre 201 a tenu à Le comité éditorial de Feed Africa Coordination : ce que le contenu de ce num éro soit aussi Abdou FALL exact que possible. Mais seuls les auteurs Comité édit orial : sont responsa bles du contenu de chaque Hadj urs à Abdou FALL, Foly AKOUSSAN, El article. Nous encourageons les lecte KASSE, Anthony YOUDEO WEI, Mohamed photocopier et à faire librement circuler efois les KEBBEH. ces articles, en mentionnant tout res sion : aute urs et la source. CONTACT Conception graphique & Imp FRAO, Coordination générale du Imprimerie Graphi-Plus Copyright FRAO 2011 programme FIDAfrique-IFADAfrica Tél. (221) 33 869 10 16 Dakar - Sénégal N° 10075, Sacré Cœur III VDN, CP 13 Dakar Fann - Sénégal Photo de couverture : ment Tél. (221) 33 865 00 60 Yandé Ndao, Présidente du Groupe de Promotion Féminine de Soukouta pour Fax (221) 33 860 66 89 la transformation du poisson, village de Email : contact@fidafrique.net Toubaco uta, Fatick, Sénégal Site web : www.fidafrique.net 2 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  3. 3. EDITORIALChers membres et partenaires du réseau FIDAfrique,C’est un réel plaisir pour nous de vous Ces différentes expériences capitali-présenter le premier numéro de ‘Fee- sées portent sur le renforcement desdAFRICA’, les cahiers thématiques du capacités et les subventions d’équi-réseau FIDAfrique. pements comme levier de dévelop-Cette publication est un support de pement des MPERs ; l’organisationdiffusion des produits de capitalisation de foires commerciales pour faciliterdes membres du réseau, principale- l’accès aux marchés et l’écoulementment les projets financés par le FIDA des produits ; la création d’un environ-en Afrique de l’Ouest et du Centre. nement favorable par l’installation deCe premier numéro est consacré à la centre de conseil d’affaires et d’atelierspromotion des micro et petites entre- de fabrication d’équipements ; l’accèsprises rurales, un secteur qui constitue durable au crédit par un système inno-un levier important pour la lutte contre vant qui distribue les risques.la pauvreté et qui dispose d’un formi- Toujours dans le cadre de la promotiondable potentiel pour la création d’em- des entreprises rurales, ce numéro deplois et d’un dynamisme économique ‘FeedAFRICA’ présente l’itinéraire deen milieu rural. En effet, des MPER Boubacar Keïta, qui grâce à son espritperformantes peuvent contribuer à d’entreprise nourri par les appuis dul’amélioration de la productivité agri- PROMER 2 et de ses partenaires no-cole et à la valorisation des produits de tamment des services techniques éta-l’agriculture par la transformation. tiques, a pu moderniser sa boulangerieA travers six articles, ce cahier inves- traditionnelle et multiplier son chiffretit l’expérience de deux projets dans d’affaires par huit en l’espace de dixl’appui à la création, la consolidation ans.et la pérennisation des micro et pe- Nous vous souhaitonstites entreprises en milieu rural. Il dé- bonne lecture etcrit, analyse et tire les enseignements attendons impa-de diverses stratégies d’appui et d’ac- tiemment voscompagnement aux MPER menées par réactions etle Rural Enterprise Project (REP 2) au contributions.Ghana et le Projet de promotion del’entreprenariat rural (PROMER 2) auSénégal. Ces articles ont été produitsgrâce à l’appui de FIDAfrique dans laconception et la réalisation des plansde capitalisation de ces deux pro-grammes. Des mission d’identificationdes thèmes de capitalisation à l’éditiondes articles, en passant par l’organi-sation d’ateliers d’échange et de pro-duction, ont permis à ces projets deréfléchir de manière critique sur leursexpériences et de partager à travers cesarticles, les résultats et les principauxenseignements. Abdou FALL Responsable programme à la FRAO Coordonnateur du Programme FIDAfrique, AOC Email : contact@fidafrique.net Dakar, SénégalLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 3
  4. 4. PRESENTATION DE FIDAFRIQUE FIDAfrique est un réseau qui relie des l‘Afrique de l’Ouest (FRAO). Il com- La Fondation Rurale de l‘Afrique de personnes, des organisations et des porte trois composantes techniques l’Ouest (FRAO), basée à Dakar, est réseaux en vue de promouvoir l’ap- : le renforcement des capacités et la responsable de la coordination gé- prentissage, le partage d’expériences formation ; l’appui à la collecte et au nérale du réseau subsaharien et de la et des innovations pour la réduction partage des savoirs ainsi qu’à la com- coordination de l’Afrique occidentale de la pauvreté rurale en Afrique subsa- munication ; l’appui à la concertation et centrale. L’Association Africaine de harienne. Les deux premières phases sur les politiques publiques. Crédit Rural et Agricole (AFRACA), (1999-2007), sous forme de projet, Il vise notamment à accroitre l’effica- basée à Nairobi, bénéficie d’une sub- ont concerné uniquement l’Afrique cité des projets/programmes et amé- vention de la FRAO pour coordonner de l’Ouest et du Centre. La troisième liorer la concertation sur les politiques la région Afrique orientale et australe. phase dénommée FIDAfrique/IFADA- à travers une meilleure identification Le comité de pilotage de FIDA- frica, a été lancée à Nairobi en avril des processus d’innovation, d’appren- frique-IFADAfrica, principal organe 2009 pour une période de trois ans et tissage et de partage. En cela, elle in- de gouvernance du réseau, regroupe couvre toute l’Afrique Subsaharienne. tègre la vison de la FRAO et du FIDA essentiellement des projets et des pla- Dans sa forme actuelle, FIDAfrique- de se renforcer en tant qu’organisation teformes d’organisations paysannes, IFADAfrica est un programme financé de savoirs et d’utiliser les savoirs pour mais aussi des représentants des gou- par le Fonds Internationale pour le accroître l’efficacité en matière de dé- vernements et des partenaires interna- Développement Agricole (FIDA) et veloppement. tionaux comme le FIDA, le CRDI et coordonné par la Fondation Rurale de le CTA. ©FIDAfrique4 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  5. 5. MICRO ET PETITES ENTREPRISES RURALESQuand le partage des risques garantitl’accès durable au créditAhmed Hady Seydi, ameth_hady@hotmail.comIbrahima Sory Diallo, sori02ibrahima@yahoo.frLa caution solidaire, couplée au partage des risques, facilite l’accès durable des « caution solidaire » et de « partageentrepreneurs ruraux à des services financiers adaptés et garantit la sécurité du des risques », telles qu’inscrites dansportefeuille de prêts constitué. Dans l’expérience sénégalaise du Service d’Ap- les conventions signées (SFD/PROMERpui à la Finance rurale (SAFIR) du PROMER, près de 700 micro-entrepreneurs et Groupe de Caution des MPER/SFD),ruraux, de Tambacounda et de Thiénaba (région de Thiès), ont bénéficié de l’accès marquent une véritable avancée dans leau financement pour quelque 58 millions de francs CFA. Le taux de remboursement, financement des micro et petites entre-de plus de 98%, montre la bonne santé du portefeuille. prises rurales. En quoi consiste cette stratégie duDans les régions de Tambacounda et de cation du PROMER, s’appuie sur une partage des risques et en quoi facilite-Thiès, au Sénégal, les micro et petites vision commune qui, grâce à un partage t-elle l’accès au crédit ? Ce documententreprises rurales (MPER) sont caracté- concerté des risques financiers, chaque tente de répondre à ces questions dansrisées par la faiblesse de leur patrimoine partie milite pour un accès sécurisé et une première partie. Il fait ensuite l’éco-(biens meubles, biens immobiliers, etc.). durable au financement. Dans ce cadre, nomie des conventions mises en œuvreBien qu’assistées par le PROMER, le Pro- les MPER se sont constituées en en mettant l’accent sur l’expérience desjet de Promotion de l’Entreprenariat groupes homogènes et solidaires pour boulangers traditionnels de la région derural, elles accèdent difficilement aux être des interlocuteurs crédibles face aux Tambacounda. Enfin, les points positifscrédits d’investissement et aux fonds de SFD. Le partenariat tripartite qui en dé- et les limites révélés lors de la mise enroulement des institutions financières, coule – entre les groupes de MPER, les œuvre des conventions sont passés endeux leviers pourtant indispensables à SFD et le PROMER – pose les jalons d’un revue pour en tirer des enseignements.leur développement. Pour ces institu- partage des risques guidé par la respon-tions, en effet, l’absence ou la rareté sabilité qui s’assure que chaque partie Trois acteurs pour un partenariatde garanties matérielles implique des assume dans une perspective de sécuri- Le partage des risques est une stratégierisques financiers élevés. sation des prêts. globale dans laquelle chaque acteurC’est pourquoi le Service d’Appui à la Il y a ici de réelles innovations qu’illus- tient un rôle bien déterminé. La réus-Finance rurale (SAFIR), une composante trent, d’une part, les termes de la par- site de sa mise en œuvre dépend de ladu PROMER, à initié des stratégies ticipation de chacune des trois parties définition de certains préalables qui enpour résoudre cette question. Le but est, au risque global et, d’autre part, la res- constituent les principes de base (iden-entre autres, de favoriser une relation du- ponsabilité individuelle des MPER à la tification des acteurs, constitution desrable, fondée sur la sécurité, la confiance sécurisation des prêts. Les notions de groupes de caution).et le partenariat. Pour permettre l’ac-cès des micro et petites entreprisesau financement, le SAFIR s’appuie PROMER IIsur son partenariat avec cinq systèmes SFD SAFIR partenairesfinanciers décentralisés (SFD) bénéfi-ciaires d’une ligne de crédit d’un milliard RISQUESde francs CFA de la BOAD. Ces SFD − Diminution des taux d’intérêt, des Couverture des créances aban- dérogations sur le délai d’obser- liés aux prêtsl’UIMCEC, l’URMECS, la CAURIE-MF, vation pour l’adhésion et sur les données par le Fonds de garantie «SAFIR» (50 à 70% des créances à prises de garantie réellesle CPS/ASACASE et la MEC Dimbalante plus de 12 mois de retard)–, en raison de leur proximité et de leur Couverture annuelle d’une partie des créances en retard par le fondsflexibilité, constituent en outre les domi- de garantie du groupe (x% des crédits de 03 à 12 mois de retard)ciles financiers les mieux indiqués pourles micro et petites entreprises rurales. GROUPE DE CAUTIONLe partenariat SFD/MPER, avec l’impli-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 5
  6. 6. Trois acteurs principaux interviennent MPER débitrice. Il est représenté par un C’est en quelque sorte le moyen trouvédans les conventions mises en œuvre. bureau signataire de la convention avec par les institutions de micro-financeCe sont le PROMER, le SFD partenaire le SFD. Le bureau agrée les requêtes de pour instaurer la confiance entre elles etdu SAFIR et le groupe de caution. financement émises par les MPER et ap- leur clientèle pauvre.Avec ses différentes composantes, ses puie les SFD dans le recouvrement des A la base du cautionnement solidaire,prestataires de services non financiers prêts en retard. il y a un groupe homogène et organisé.et ses partenaires techniques et finan- Le groupe de caution établit une charte Dans ce noyau, la connaissance per-ciers, le PROMER met à la disposition d’adhésion aux MPER, définit des mo- sonnelle et réciproque des membresdes bénéficiaires des appuis pour un dalités de cautionnement solidaire et est un élément central. Les dettesrenforcement de leurs capacités. II a mis mobilise un fonds de garantie destiné contractées par un membre, dansen place un fonds de garantie chargé à couvrir une partie des créances mal- le cadre du cautionnement solidaire,de couvrir 50 à 75% des créances ir- saines du portefeuille (le niveau de cou- relèvent de la responsabilité morale derécouvrables (prêts à plus de 12 mois verture sera défini dans la convention l’ensemble du groupe qui exerce unede retard de remboursement) issues du qui lie le groupe au SFD). pression sociale sur le bénéficiaire duportefeuille constitué grâce à la ligne de prêt. Mais, pour être efficace, le cau-crédit de la BOAD. Caution et garantie tionnement solidaire implique la possi-Les SFD, partenaires du PROMER – ac- bilité de pénalités financières en cas de Partout dans le monde, le caution-tuellement l’UIMCEC et l’URMECS –, défaillance dans le remboursement des nement solidaire a permis à des po-bénéficient d’un appui financier grâce prêts. C’est la raison d’être du fonds pulations défavorisées d’avoir accès àà la ligne de crédit. Ce sont les domi- de garantie constitué par les membres. des services financiers. Dans les expé-ciles financiers du groupe de caution Moyen du partage des risques détenu riences de Tambacounda et de Thiès, leavec lequel ils signent une convention par le groupe de caution, il est destiné groupe de caution est fondé sur le prin-de partenariat. Ils instruisent les dossiers à couvrir une partie des créances mal- cipe du cautionnement solidaire. Celui-de financement, accordent les prêts et saines. ci est une réponse au manque de biensen assurent le suivi. Ils gèrent aussi les réels à offrir comme garantie, aux coûts Si les fonds de garantie sont souventfonds logés dans leurs comptes. Par de transaction liés à la mise en place considérés comme des réserves d’argentailleurs, dans le cadre du partage des du financement et aux risques élevés démobilisatrices – les cas de dilapida-risques, les SFD accordent au groupe de des prêts, trois facteurs principaux qui tion de ces fonds sont monnaie courantecaution des dérogations sur certaines expliquent l’exclusion des pauvres du −, il est admis que leur bon fonctionne-dispositions qui constituent de réels blo- marché financier. ment nécessite qu’ils s’inscrivent dans lecages à l’accès au prêt : le délai d’attente cadre d’une convention qui suggère une En effet, les institutions financières ontobligatoire, le taux d’intérêt, la prise de gestion cohérente, transparente et collé- toujours trouvé le financement des dé-garantie, etc. giale. Le fonds, ainsi constitué en munis incompatible avec leur exigenceTroisième acteur, le groupe de caution compte à terme, sera mobilisé selon de viabilité. Se basant sur le principe deréunit des micro et petites entreprises des modalités définies dans la conven- la solidarité et de l’aide réciproque, lerurales bénéficiaires du PROMER. Elles tion ; celle-ci fixe, en outre, le taux d’in- cautionnement solidaire a rapprochésont clientes des systèmes financiers térêt et les types de crédits qui y seront les institutions financières et leurs clientsdécentralisés partenaires du projet. Le adossés. pauvres. Il a été une alternative à l’ab-groupe de caution, dont les condi- sence de biens réels à constituer en ga-tions de mise en place sont définies ci- rantie pour sécuriser les financements. Instrument de sécurisationaprès, apporte sa caution solidaire à la Dans le sud-est du Sénégal, la straté- gie du partage des risques, initié par le groupe de caution des membres de l’organisation professionnelle des bou- langers traditionnels de la région de Tambacounda, a été une réponse à la crise qui l’opposait à une institution financière, l’UIMCEC. Suite au mauvais dénouement d’un financement collectif octroyé en août 2007, les relations entre l’institution et l’organisation profession- nelle s’étaient fortement détériorées : les 7 millions de francs CFA, qui ont servi au financement de 42 micro et petites entreprises rurales, ont été rembour- ©PROMER 2 sées avec plus de douze mois de retard, après avoir été basculés en créances abandonnées. Cette situation, après sa régularisation, a amené le SAFIR, à inviter les différentes6 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  7. 7. parties – organisation professionnelle,institution financière et antenne Suddu PROMER – à s’asseoir autour d’unetable pour réfléchir sur les causes d’unetelle déconvenue. Globalement, les dé-faillances étaient imputables à un vastedétournement de l’objet du prêt et à unsuivi inapproprié des débiteurs. Il fallaitrapidement remédier à cette situationafin de permettre aux micro et petitesentreprises rurales d’accéder au finance-ment pour mener à bien leurs activités. ©PROMER 2L’institution financière n’était plus dansles dispositions de reconduire des finan-cements dans les mêmes conditions queprécédemment – chat échaudé craintl’eau froide, dit l’adage. Le SAFIR, dontl’objectif est de faciliter l’accès durabledes MPER aux services financiers, pro- caution. Pour pouvoir bénéficier d’un Un taux de remboursement de crédit, les MPER membres doivent, au- 98%posa alors une solution : le partage des paravant, être partenaires du PROMERrisques entre l’institution, l’organisa- La stratégie qui consiste à faciliter l’ac- et être membres du système financiertion professionnelle et le PROMER. Le cès des MPER aux crédits, par le biais décentralisé, notamment y avoir unfonds de garantie, issu de la ligne de cré- de leurs groupes de caution, gagne de compte.dit de la BOAD, allait servir d’instrument plus en plus en pertinence compte tenude sécurisation des prêts. Cette dé- Ils doivent, en outre, bénéficier des ap- des résultats enregistrés. A ce stade demarche, inédite, marquait une rupture puis préalables (pré-diagnostic et dia- mise en œuvre du programme « Accèstotale avec ce qui existait auparavant. gnostic) et adhérer au groupe de cau- aux services financiers » du PROMER, tion selon les conditions définies. Par trois conventions ont été signées entreLa participation de l’organisation pro- ailleurs, leurs requêtes de financement des groupes de caution et des SFD par-fessionnelle au risque encouru par les doivent être validées et leurs besoins tenaires du projet (une à Tambacounda,financements à venir supposait l’orga- financiers justifiés. La validation de la une à Kaolack et une à Thiénaba).nisation de ses membres en groupe de requête de financement, matérialiséecaution. Les financements se feraient Pour le cas de la région de Tambacoun- par un accréditif, est effectuée par ledonc dans le cadre d’une convention da, le financement des boulangers tradi- bureau du groupe. Elle représente unesignée entre l’institution financière et tionnels est devenu une réalité. Le Prési- étape très importante et constitue unele groupe de caution. Cette convention dent de l’organisation professionnelle, innovation en tant que premier niveaudéfinissait les dispositions spécifiques Boubacar Keïta, se félicite du dénoue- de contrôle de la pertinence de la re-de mise en place et de gestion du prêt. ment globalement heureux du premier quête. C’est aussi le premier jalon d’uneAu-delà des conditions liées à la no- participation à la sécurisation du crédit cycle de financement pour une enve-tion de cautionnement solidaire qui le et du partage des risques. Elle équivaut loppe globale de près de 8.000.000 defonde, la constitution du groupe de donc à la caution que le groupe apporte francs CFA. La satisfaction du groupecaution des boulangers de la région de à la MPER membre, conformément aux réside surtout dans la possibilité quiTambacounda a respecté des disposi- modalités de cautionnement solidaire. lui est offerte de négocier directe-tions bien précises. Le groupe a procédé ment l’accès des membres aux services Après l’accord du dossier de prêt par le financiers. Trois autres conventions sontà l’ouverture d’un compte collectif au- Comité de crédit du SFD, la micro en- en cours de finalisation (deux à Thié-près de l’UIMCEC et exhorté les MPER treprise informée se rend au guichet de naba et une à Tambacounda). Ceci tra-membres à en faire autant. Un fonds de l’institution financière, signe un contrat duit un engouement certain des MPERgarantie y a été logé avec la participa- de prêt individuel et s’acquitte des frais bénéficiaires du PROMER, mais aussition de chaque MPER. La mobilisation de dossier. Le montant du prêt sera viré l’adhésion des institutions financières àdu fonds de garantie, qui répond aux dans son compte pour assurer la traça- la démarche.dispositions définies dans la convention bilité des fonds et la responsabilisa-signée par les deux parties, se fera selon Grâce à cette démarche, près de 693 tion individuelle de la MPER. Celle-ci estle niveau d’engagement des MPER. Le personnes ont vu leur accès au finan- entièrement responsable des rembour-groupe apporte sa caution morale aux cement facilité. Elles ont reçu au total sements et ne bénéficiera de la cautiondébiteurs. La convention « Groupe de 58.200.000 de francs CFA. L’intérêt de qu’en cas de défaillance de rembourse-caution/SFD » qui intègre la convention la démarche réside aussi dans le fait ment avérée. C’est à ce moment que le« Refinancement/Fonds de garantie» lie que les populations les plus vulnérables fonds de garantie sera mobilisé selon lesle PROMER avec l’institution financière. peuvent accéder au financement. Par dispositions prévues dans la conventionUn certain nombre de conditions sont (couverture d’une partie des prêts en re- exemple, 93% des MPER constitués ennécessaires pour l’accès aux finan- tard entre 3 et 12 mois). groupes de caution et bénéficiaires descements des membres du groupe de prêts sont des femmes. Au-delà de ceLES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 7
  8. 8. chiffre, c’est la qualité du portefeuillequi constitue un motif de satisfactionnon négligeable. Globalement, le tauxde remboursement affiché est de plusde 98% pour un taux de portefeuille àrisque à plus de 90 jours quasi nul.Du point de vue de l’organisation dugroupe, la participation des différentsacteurs au risque encouru lors de lamise en place des prêts milite en faveurde l’instauration de la confiance. La res- ©PROMER 2ponsabilisation individuelle des MPERdébiteurs qui consentent à participer aurisque favorise la durabilité du dispositifet la sécurisation des financements.Toutefois, la mise en œuvre de la straté-gie du partage des risques par le PRO- de Thiénaba, affirme : « Le SAFIR a bien SIGLES ET ACRONYMES :MER, les SFD et les Groupes de caution, fait d’initier cette démarche puisqu’elle UIMCEC : Union des Institutions Mu-n’est pas exempte de quelques écueils, constitue un moyen de sécurisation tualistes Communautaires d’Epargne etpar exemple le manque d’implication des prêts. En participant au fonds de Créditde la majorité des membres à la vie du de garantie du groupe, chaque débiteur URMECS : Union Rurale des Mutuellesgroupe de caution. A cela s’ajoutent les se sent responsable du remboursement d’Epargne et de Crédit du Sénégaldifficultés liées à la bonne circulation de des prêts. En préservant leur fonds de ASACASE : Association Sénégalaisel’information. Enfin, les relations SFD/ garantie qui doit couvrir 15% des pour la Création des Activités SocioGroupes de caution s’inscrivent dans prêts ayant trois à douze mois de Economiquesun environnement de différence de ni- retard, ils sécurisent le fonds de garantie CPS : Crédit Populaire Sénégalaisveau de capacités techniques. Aussi, la du PROMER qui est quant à lui, mobilisé MEC : Mutuelle d’Epargne et de Créditgestion du partenariat n’est pas réalisée pour la couverture des créances ayant SAFIR : Service d’Appui à la Financeavec un même niveau d’appréciation. plus de douze mois de retard. En Rurale plus, le fonds de garantie (15% de PROMER : Projet de Promotion de l’En-Servir une clientèle délaissée l’enveloppe de prêt) est un moyen effi- treprenariat Rural cace de mobiliser à moindre coût (taux BOAD : Banque Ouest Africaine de Dé-Le partage de risques, comme outil d’intérêt de 2 à 3%), une épargne veloppementde facilitation de l’accès au crédit des stable qui permet au guichet de faire du SFD : Système Financier DécentraliséMPER bénéficiaires du PROMER, est financement durable ». MPER : Micros et Petites Entreprises Ru-une démarche à dupliquer dans les Pour l’Unité de Gestion du Projet, au- raleszones d’intervention des projets FIDA delà de l’accès au crédit et de la sécurité OP : Organisations Professionnelles(Fonds international pour le Dévelop- des prêts octroyés, le partage des risques FIDA : Fonds International du Dévelop-pement agricole). Mais la réussite im- assure la durabilité des relations entre pement Agricoleplique sa mise en œuvre à partir des les SFD et les MPER. En effet, commegroupes de caution. Sous cet angle, ce le dit Ibrahima Sory Diallo, le prestataire BIBLIOGRAPHIE :sont de réelles perspectives qui s’offrent chargé des appuis financiers de l’Unitéaux organisations professionnelles qui Guide stratégique et opérationnel du Opérationnelle de Tambacounda, « s’ilsont naturellement des groupes homo- PROMER II est bien géré, le fonds de garantie quegènes et organisés. le groupe de caution a mis en place Convention de partenariat OrganisationL’approche est d’autant plus crédible survivra au PROMER qui est un projet à professionnelle des Boulangers et UIM-qu’au-delà de l’accès aux financements, durée limitée. Tant que ce fonds existe, CECc’est la sécurisation des fonds qui est la relation avec l’institution financière va Convention de partenariat Femmesen jeu. C’est là l’enjeu qui est perçu du demeurer ». transformatrices des noix d’anacarde decôté des SFD qui voient par ce procédé Les groupes de caution, calés aux or- Thiènéba/URMECSle moyen de servir une clientèle a priori ganisations professionnelles, sont de vé- Convention « Refinancement/ Fonds dedélaissée. En plus, la concertation dans ritables étapes dans l’établissement des garantie », PROMER/UIMCECla définition des modalités de partage sociétés de cautionnement qui serontdes risques et de validation des requêtes animées par des cadres de concertationdes MPER s’avère être une véritable inter-filières. C’est là en tout cas un axeinnovation dans la prise en charge de qu’il importe d’explorer pour un finan-leurs besoins en services financiers. cement efficace et adapté des interve-El Hadji Moussa Diongue, le Direc- nants des filières.teur de l’URMECS, se félicitant de laconvention signée avec les femmestransformatrices de la noix d’anacarde8 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  9. 9. SERVICE DE DEVELOPPEMENT DES ENTREPRISESComment améliorer les performancesdes micro et petites entreprisesruralesFatoumata Sané Guissé, fatoumata.sane@promer-sn.orgOusseynou Ndiaye, osendiaye@yahoo.frHawa Diarra, masagne58@yahoo.frUn service de développement des entreprises de qualité garantit la performance et des porteurs d’initiatives économiques,la compétitivité des micro et petites entreprises rurales (MPER). L’expérience des de leur appui dans l’élaboration demarchés de services de développement des entreprises du Projet de promotion dossiers de projet, et de leur suivi-de l’entreprenariat rural du Sénégal (PROMER) montre que la disponibilité de accompagnement. La sélection de cescompétences avérées des prestataires de services, d’outils méthodologiques et de conseillers se faisait sur la base d’un ap-normes adaptés entraîne une augmentation de la productivité des MPER et des em- pel à candidatures et d’entretiens.plois. Elle améliore également la qualité des produits, favorise l’accès aux marchés Les leçons tirées de cette expérience, àlocaux et ouvre des perspectives sur les marchés nationaux et régionaux. la fin de la première phase du PROMER, ont conduit le projet à externaliser cette fonction lors de sa deuxième phase. Celle-ci a ainsi voulu aller plus loin en autonomisant et en responsabili- sant les prestataires de services non financiers dans une perspective de pé- rennisation d’une offre de qualité et de proximité au profit du développement des MPER. C’est fort de cette convic- tion que le PROMER estime qu’un ser- vice de développement des entreprises de qualité favorise la performance et la compétitivité des micro et petites en- treprises rurales définies comme des ©PROMER 2 entreprises établies en milieu rural qui emploient au maximum 20 personnes et font un chiffre d’affaires n’excédant pas 25 millions de FCFA pour les prestations de services, ou 50 millionsLe BIT, partenaire méthodologique PROMER, a été le maître d’œuvre dans la sélection etla formation de prestataires de qualité. FCFA pour les opérations de livraison de biens.Avant la mise en œuvre de la première Le service de développement des en- Le principe de mise en œuvre desphase du Projet de Promotion des mi- treprises, au profit des micro et petites appuis du PROMER est basé sur le «cro-entreprises rurales (PROMER), le entreprises rurales (MPER), est né avec faire-faire ». Il a pour mission de déve-service de développement des en- l’avènement du PROMER. Lors de sa lopper un marché pérenne et durable detreprises était quasi-inexistant. Le peu première phase, le PROMER avait un services d’appuis non financiers et finan-d’offres disponibles en ce domaine éma- pool de 24 conseillers internes en en- ciers. La démarche consiste à identifier,nait des centres urbains vers le monde treprises répartis dans autant de Zones sélectionner et renforcer les prestatairesrural. Il y avait un réel problème d’Animation Economique de Proximité locaux afin qu’ils puissent offrir desd’adéquation entre l’offre et la de- (ZAEP). Ils étaient chargés de la sensi- services de qualité, accessibles auxmande et cela constituait une entrave bilisation et de l’animation sur les op- MPER. Ces services se sont traduitsà la productivité et à la compétitivité portunités, des ouvertures de comptes par une amélioration de la producti-des entreprises rurales. courants et d’épargne, de l’identification vité dans les différentes filières d’inter-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 9
  10. 10. vail) et du PROMER, à l’aide d’un guide. Les critères de sélection sont basés sur le niveau d’éducation, l’expérience en gestion et création d’entreprise, la com- préhension des étapes de création et de gestion d’entreprise, les activités de formation réalisées, la motivation, la dis- ponibilité et la capacité de prise d’initia- tives. Les prestataires sélectionnés suivent une série de formations. La formation des formateurs leur permet d’être en me- ©PROMER 2 sure d’accompagner les porteurs d’ini- tiatives économiques et les micro et petites entreprises rurales dans des formations dites GERME niveau 1, GERME classique et Evaluation de prestataires par un maitre formateur du BIT dans une approche qualité. TRIE/CREE et Suivi. La formation des formateurs est dispensée par des ex- perts du BIT aux prestataires qui sontvention du PROMER (augmentation des périence pilote, en mettant en œuvre ensuite coachés jusqu’à la certifica-chiffres d’affaires et création d’emplois) cette fois la stratégie du « faire faire ». tion.et de la compétitivité des produits des Cette approche, en organisant l’offre etentreprises concernées (disponibilité et Les prestataires sont aussi formés en la demande solvable, a suscité l’émer-accès aux marchés local, régional et na- technique de diagnostic afin de pouvoir gence et le renforcement de l’offre detional). conduire efficacement un diagnostic services aux micro et petites entre- d’entreprise, étape clé du dispositifIl s’agit, dans ce document, de mon- prises rurales (MPER) dans un souci de d’accompagnement des entreprises ru-trer que le PROMER a appuyé et ac- pérennisation. rales. Certains prestataires bénéficientcompagné la mise en place d’une Ainsi a été mis en place un système d’une formation renforcée dans des do-offre adaptée au service du dévelop- de prestataires de services avec un maines spécifiques tels que le genre,pement de la MPER afin de tirer les processus de sélection fondé sur des cri- le marketing, le contrôle de qualité etenseignements nécessaires pour une tères objectifs. Le prestataire de services la gestion des approvisionnements. Enéventuelle réplicabilité. L’analyse ap- non-financiers (PSNF) est un consul- outre, des ateliers de mise à niveauprofondie de la problématique SDE/ tant professionnel indépendant ou un sont régulièrement organisés pour in-PROMER comme outil apte à booster groupe de consultants (bureau d’étude, former et sensibiliser les prestataires surle développement de la micro entre- cabinet, association, structure de for- les filières, l’environnement des MPER etprise rurale nous amènera ensuite à pas- mation) spécialisé dans la fourniture de le PROMER ou pour, de manière géné-ser au crible l’offre de qualité, l’amélio- services de conseils d’entreprises (infor- rale, renforcer leurs capacités.ration de la performance des MPER, mation, diagnostic, accompagnement,la compétitivité et les perspectives de La formation des prestataires et des suivi, etc.), de formation (technique, ges-durabilité. micro et petites entreprises rurales est tion, alphabétisation) et d’appuis spéci- un volet important dans la stratégie du fiques (innovation commerciale, promo-Formation de formateurs PROMER. Cette formation comporte tion commerciale, innovation technique plusieurs aspects : gestion d’entre-Le développement des micro-entre- et technologique). prise, capacitation des organisationsprises en milieu rural est une for- Le processus commence par l’identifi- professionnelles, techniques de pré-dia-midable opportunité pour contribuer cation des prestataires de services non gnostic et de diagnostic… Par ailleurs,à la réduction de la pauvreté dans les financiers. Les candidats remplissent une le PROMER II a très vite compriscampagnes sénégalaises. En effet, il peut fiche d’informations sur leur profil (cabi- qu’en plus du renforcement des capa-favoriser l’émergence de services de net, institution de formation spécialisée, cités des prestataires, il fallait, pourproximité et faciliter l’accès aux intrants. consultant indépendant, raison sociale, les rendre plus opérationnels, accroîtreLa première phase du PROMER a adresse, contacts, forme juridique, nu- leur niveau d’équipement. C’est pour-permis de concevoir et d’adapter des méro de registre de commerce, res- quoi ces prestataires sont accompa-outils méthodologiques d’appui à la sources humaines, ressources phy- gnés pour l’accès au crédit. Thiernomicro entreprise rurale (MER) essen- siques, expériences, références). Une Ibrahima Diallo, un prestataire de ser-tiellement axés sur la communica- commission technique sélectionne en- vices non financiers de Kaolack, a ainsition et l’animation, l’identification de suite les candidats à l’aide de critères obtenu un crédit de 1 755 000 F CFA.porteurs d’initiatives économiques, le inscrits dans une grille. La sélection Cette somme lui a permis d’acheterpré-diagnostic, le diagnostic, le suivi et proprement dite est enfin effectuée par une moto, des ordinateurs (fixe et por-l’appui conseil. Pour la seconde phase, il un comité composé de représentants table) et du mobilier de bureau.s’agit de consolider les acquis de l’ex- du BIT (Bureau international du Tra-10 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  11. 11. Satisfaire les besoins des popu-lations ruralesLes acteurs qui participent à cette ini-tiative – PROMER, prestataires de ser-vices non financiers, micro et petitesentreprises rurales, organisations pro-fessionnelles – ont tous apporté leurcontribution aux succès et aux progrèsenregistrés.Le PROMER informe et sensibilise lesmicro et petites entreprises rurales surl’importance du service de développe-ment des entreprises. Il identifie aussi lesprestataires avec lesquels il contractua-lise pour répondre aux besoins d’appuides entreprises. Pour ce faire, il renforceleur capacité avant de leur confier la réa-lisation de pré-diagnostic, de diagnostic,d’appui à la définition de plans de finan-cement et de plans de formation. Aprèsune formation appropriée, ces presta-taires peuvent également dispenser desformations et des appuis en gestion.Les prestataires de services non fi- ©PROMER 2nanciers accompagnent, sur le plantechnique, les porteurs d’initiative éco-nomiques et les micro et petites entre-prises rurales. Cela va du diagnosticde leur activité au suivi, en passant parla formation et l’appui-conseil. Les pres-tataires sont localisés dans 6 régions, 12Zones de concentration et 33 commu-nautés rurales. Formation de qualité = produits de qualité.Les micro et petites entreprises ru- la défense des intérêts de ses membres. sélection fine de prestataires locauxrales sont le réceptacle de tous les suffisamment outillés pour offrir desappuis fournis par le PROMER via ses Le Bureau International du Travail, services de qualité, accessibles et pé-partenaires opérationnels. On retrouve, dans le cadre d’une convention de rennes aux micro et petites entreprisesdans les MPER, les PIE (porteurs d’initia- partenariat, a apporté entre 2006 et Sep- rurales.tives économiques), les AGR (activi- tembre 2010, un appui méthodologiquetés génératrices de revenus), les MER dans l’application des normes GERME En effet, l’approche qualité qui sous-(micro entreprises rurales) et les PER pour l’acquisition d’un marché po- tend cette démarche novatrice explique(petites entreprises rurales). Les MPER tentiellement rémunérateur au profit des en partie les performances enregistrées prestataires. par les MPER appuyés par le PRO-délivrent un service, ainsi que des pro- MER. Elles se traduisent par uneduits de qualité pour la satisfaction des 427 nouveaux emplois ruraux augmentation de la productivité et dubesoins des populations rurales. Elles es- chiffre d’affaires des MPER. Cette si-saient de pérenniser l’offre en satisfaisant L’une des missions principales du tuation est illustrée par l’analyse quan-la demande. PROMER2 est l’appui à l’émergence titative, qualitative et d’impact du bilanParmi les acteurs, il y a aussi les organi- et au renforcement de l’offre de ser- des réalisations techniques de 2010 dusations professionnelles, qui constituent vices non-financiers aux MPER par l’or- PROMER. Un réseau de 71 prestatairesun regroupement de personnes ou de ganisation de la demande et de l’offre et de services non financiers formés depuismicro entreprises rurales autour d’une le développement durable d’un mar- le démarrage du projet (dont 47 PSNFmême filière. L’organisation profession- ché de services d’appui adaptés aux opérationnels) a contribué à l’atteintenelle, ou OP, est une plateforme de MPER. La mise en œuvre de cette re- des résultats qui suivent.service vis-à-vis de ses membres, en commandation, tirée des enseignements Sur le plan quantitatif, 352 MPER onttermes de renforcement de capacité. de la première phase du PROMER, est été créées ou consolidées en 2010 surElle est également un interlocuteur cré- basée sur une contractualisation avec un objectif initial de 405, soit un taux dedible, face aux pouvoirs politiques et les prestataires de services non finan- réalisation de 87 % qui porte le porte-aux partenaires au développement, pour ciers. La démarche consiste à faire une feuille global de MPER appuyées (créa-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 11
  12. 12. tion et consolidation) à 1101 MPER sur Malgré les innovations et les avan- MPER. Par exemple, dans la région deun objectif global du projet de 1330, soit tages apportés par cette approche qui Kolda, l’exploitation des rapports de sui-un taux de réalisation de 83 % à deux favorise l’émergence et la disponibilité vi-accompagnement des unités deans de la fin du projet. Sur le plan qua- d’une offre de services de qualité et transformation du lait local montrelitatif, la mise en œuvre d’appuis non fi- de proximité entraînant l’augmentation qu’avec les appuis reçus du PRO-nanciers dans la formation technique, la de la performance, on note quelques MER pour l’acquisition d’équipementsgestion et l’apprentissage, a favorisé le difficultés d’ordre économique et social. et de financement mais surtout l’appuidéveloppement d’un réseau de MPER L’analphabétisme reste toujours très éle- commercial (emballage, conceptionfortes, la structuration des filières courtes vé et les difficultés d’accès au finan- de logo et événementiel pour le lance-dans les zones d’intervention ainsi que cement des investissements sont réelles. ment de nouveaux produits) ont permisl’émergence d’organisations profession- d’augmenter leurs recettes annuelles denelles locales et l’effectivité des cadres Augmentation de la compétitivité l’ordre de 30 % en 2010. Les chiffresde concertation filière et inter-filières. d’affaires annuels qui étaient de 7 300 La compétitivité des MPER correspond 000 F CFA ont atteint 9 490 000 avecLes effets de ces appuis du projet sont ici à leur capacité à satisfaire aussi bien des recettes journalières de 30 000 à 35perceptibles au niveau des entrepre- en qualité qu’en quantité le marché local 000. Aujourd’hui, grâce aux appuis com-neurs à travers, entre autres, la maî- et national. En effet, la mise en œuvre de merciaux reçus du PROMER, l’améliora-trise des instruments et procédés de la première phase du PROMER, comme tion de la qualité, le financement d’ana-transformation et de conservation des de sa deuxième phase, a contribué à la lyses microbiologiques pour l’obtentionproduits. Les données issues du sui- création de conditions favorables qui ont d’autorisation de fabriquer les produitsvi-accompagnement auprès de 48 % des permis aux micro et petites entreprises alimentaires (autorisation FRA) et la réa-MPER révèlent la création de 427 nou- rurales d’exploiter toutes les opportunités lisation de guides de bonnes pratiquesveaux emplois ruraux et la consolidation de marché. La boutique des MER, dans ont aidé à une nette augmentation de lade 1977 autres, l’augmentation moyenne la première phase, puis les infrastructures compétitivité des produits des MPERde 26 % des chiffres d’affaires des en- commerciales/filière, dans la deuxième au niveau local et régional, commetrepreneurs entre septembre 2009 et phase, entrent dans ce cadre. l’illustrent les cas cités. Sur les plansseptembre 2010. Le chiffre d’affaires Ces actes posés ont engendré des résul- national et sous-régional, les foirescumulé passe de 1 030 787 969 FCFA à 1 tats appréciables du point de vue de et rencontres professionnelles sont des298 939596 FCFA, soit un accroissement l’amélioration de la compétitivité des baromètres importants pour mesurer laen valeur absolue de 268.151.627 FCFA. compétitivité des produits des MPER. FORMER POUR LA PERFORMANCE La formation des prestataires et des micro destinée à renforcer les capacités des Techniques de pré diagnostic et de dia- et petites entreprises rurales est un volet organisations professionnelles à mieux gnostic. La mission de diagnostic des important dans la stratégie du PROMER. assumer leurs rôles et responsabilités MPER consiste à faire une évaluation ob- Cette formation comporte plusieurs as- en tant que plate-formes de services pour jective des caractéristiques et fonctions pects : gestion d’entreprise, capacitation les micro et petites entreprises en milieu des entreprises. Elle aboutit à un plan des organisations professionnelles, tech- rural. Il constitue un outil de référence d’action opérationnel et réaliste. En effet, niques de pré-diagnostic et de diagnos- pour le ministère de l’Agriculture et du l’objectif est de procéder à une analyse tic… Développement rural, pour le Fonds In- approfondie de l’entreprise à travers une Bien gérer son entreprise. Cette forma- ternational de Développement Agricole analyse de l’ensemble de ses fonctions tion, destinée aussi bien aux entrepre- (FIDA) et pour le Bureau sous-régional de (approvisionnement, production, gestion neurs potentiels qu’aux entrepreneurs BIT pour le Sahel à Dakar, qui s’efforcent des ressources humaines, financement, en activité, vise à améliorer de manière d’apporter un appui dans le domaine de commercialisation) et de son environ- durable les performances des MPER. la formation, en vue de doter les organi- nement (marché, concurrence). D’une Les outils utilisés, selon une démarche sations professionnelles d’outils et de do- manière participative, les obstacles et les participative, sont simples, pratiques et cuments qui puissent leur permettre de pistes de solutions doivent être identi- adaptés à la réalité. Il s’y ajoute un outil réaliser des actions de formation au profit fiées et analysées. complémentaire basé sur le jeu d’entre- de leurs membres. Cet exercice vise la responsabilisation de prise. Dans le cadre de l’adaptation des Le PACTE est aujourd’hui mis en œuvre la MPER et son autonomie à conduire outils aux cibles du PROMER, le GERME dans plus de neuf pays. Sa méthodolo- les activités sur tous les plans, avec une niveau 1 (formation en gestion d’entre- gie repose sur une approche triangulaire intervention minimum de l’extérieur. Elle prise adaptée aux entrepreneurs faible- en trois phases : apprendre à mieux nous est amenée à se sentir responsable de ses ment alphabétisés) a été initié. C’est un connaître ; réfléchir ensemble sur les so- réussites et de ses échecs, ce qui l’incite à ensemble de modules qui s’adressent aux lutions à nos problèmes ; agir pour pro- se former, pour progresser dans les résul- cibles faiblement alphabétisées exerçant gresser ensemble. Cette approche trian- tats. L’autonomie de la MPER se rapporte des micro-activités de type activité gé- gulaire, fondamentalement participative aussi au financement des activités si, au nératrice de revenus (AGR) et souhaitant pour créer une dynamique collective, départ, un soutien financier ou matériel migrer vers la dynamique d’entreprise. doit être maîtrisée par les formateurs est nécessaire pour faire décoller les acti- Partenariat pour des actions concer- conseillers PACTE et les outils doivent vités. Le suivi conduit la MPER à valoriser tées par des transferts et des échanges en tenir compte. La formation, basée sur le soutien par l’accroissement des béné- (PACTE). Le PACTE est une formation la demande, repose sur un package de fices afin qu’elle arrive à réinvestir dans modules. les activités.12 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  13. 13. La participation de MPER, appuyées de la MPER des boulangers de Tamba- Le deuxième enseignement à tirer depar le PROMER, aux douze éditions counda, affirme qu’il est prêt à mettre la l’émergence d’un marché de servicede la FIARA (Foire Internationale de main à la poche pour payer le service de développement des entreprises enl’Agriculture et des Ressources Animales) même après la fin du projet, car « le sui- milieu rural du PROMER, c’est le fait− une vitrine pour la promotion des vi-accompagnement permet à la MPER d’avoir des prestataires de services nonproduits des MPER sur le plan na- d’appliquer les règles de comptabilité et financiers capables de s’approprier lestional et sous-régional − confirme cet les normes d’hygiène et de qualité ». outils et de les adapter aux besoins desengagement du PROMER à promou- cibles du PROMER, en fonction des ni- Selon le prestataire de services non fi- veaux d’instruction et d’alphabétisa-voir les produits des MPER. Les nanciers Thierno Abdoul Diallo, pourdeux dernières éditions de la FIARA, tion. D’où la nécessité de traiter avec rendre le service pérenne même après le plus grand soin l’étape de la sélectioncelles de 2010 et de 2011, ont la fin du projet, il faut « établir une rela-vu les chiffres d’affaires générés monter. des prestataires de services non finan- tion de confiance en incitant les MPER ciers.Pour la FIARA de 2010, le chiffre d’af- à considérer les PSNF comme desfaires des MPER est de 2 776 875 FCFA Enfin, le GERME niveau 1 constitue une conseillers et non comme des pres-et plusieurs contacts ont été noués. En innovation salutaire dans l’approche tataires tout court ». Ce travail peut2011, il est passé de 3 900 000 FCFA SDE du PROMER, dans la mesure se faire avec l’implication des prési-environ, soit une augmentation de plus où il a permis de prendre en compte dents de conseils ruraux. La péren- dans sa stratégie d’appui les cibles45%. Ce bond qualitatif est une consé- nisation du service passe aussi parquence de l’accompagnement qualité alphabétisées dans les langues locales. le renforcement/recyclage des compé- Cependant, pour plus d’efficacité, il ga-dont bénéficient les MPER de la part des tences techniques et institutionnellesprestataires de services non financiers gnerait à être traduit en langues locales. des prestataires. Il appartient aussi auxqui assurent leur suivi de façon régulière. Les cibles totalement analphabètes, prestataires de diversifier leurs revenus non prises en compte jusqu’ici dans par la conquête d’autres marchés enDes MPER prêtes à payer les les formations en gestion d’entreprise, dehors du PROMER. L’espoir est permis mériteraient une attention toute particu-services puisque, de 2007 à 2010, les montants lière dans le cadre de la recherche/dé-La durabilité de l’offre et de la demande des prestations des prestataires a veloppement de modules de formationse mesure à travers la participation des connu une nette évolution, comme le destinés à compléter la stratégie d’appuiMPER aux coûts des prestations et à tra- montre le graphique ci-dessous. du PROMER.vers l’accès au marché par les pres-tataires. L’état des lieux montre une Une innovation salutaire BIBLIOGRAPHIE :faible participation des MPER aux coûts La disponibilité d’une offre de service dedes prestations. Avant la revue à mi- 1. Rapport de pré évaluation du PRO- développement des entreprises de qua-parcours du PROMER, le projet n’avait MER 2 (RPE) lité en milieu rural garantit l’émergenceréalisé aucune activité de suivi-accom- et la viabilité des micro et petites entre- 2. Guide de la Stratégie Opérationnellepagnement parce que les MPER devaient prises créées ou consolidées. Toutefois, (GUISOP)participer au coût à hauteur de 33% la pour assurer la pérennité de ce service, 3. Manuel des Opérations Techniquespremière année, 66% la deuxième an- il faut à tout moment adapter les mo- (MET)née et 100% la troisième année. C’est dules de formation au contexte et auxquand la mission du FIDA a rendu gra- 4. Rapports suivi accompagnement 4 cibles. Autrement dit, la meilleure stra-tuit le suivi-accompagnement pour la des MPER (Antenne Sud- Est Kolda) tégie de développement est celle quipremière fois que l’activité a pu démar- s’adapte aux réalités de l’environne- 5. Rapport Annuel 2010 du PROMER 2rer. En tout état de cause, le paiement ment et non celle qui voudrait que l’en- 6. Rapport Final Evaluation Externe dedu service, surtout pour la première fois, vironnement s’adapte à la stratégie. C’est l’Impact de l’intervention des Presta-est inhérent à la qualité des presta- là le premier enseignement que nous taires de Services Non-Financierstions fournies et donc à la capacité avons voulu démontrer et partager àdu prestataire à développer l’activité de travers l’expérience du PROMER dans le 7. Rapport de la Revue à mi parcours dul’entrepreneur. cadre de l’approche SDE. PROMER IILes MPER interrogées disent qu’ellesn’hésiteraient pas à payer le service si Evolu on des Montants payés aux PSNF par le PROMER II de 2007 à 2010elles y voient leur intérêt. Une MPERcomme Sira Fofana affirme être prête à 35000000payer le service car cela lui permet de 30000000satisfaire ses préoccupations, notam- 25000000 Montantment ses besoins en formation et en 20000000 Montantemballage à travers le prestataire qui 15000000l’accompagne. L’entrepreneur Wassa Année 10000000Senghor de Dassilamé Socé, qui s’ac- 50000000tive dans la transformation de noix de 0cajou, se dit prêt à payer le service pour- 2007 2008 2009 2010vu que l’expertise lui permette de dé- Annéevelopper son activité. Boubacar Keita,LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 13
  14. 14. SUbVENTION AUx APPRENTIS DIPLôMéSUn plan efficace pour la créationd’entreprises et d’emplois dans leszones rurales du Ghana Cletus Kayenwee, cletuskayenwee@gmail.com ; Felix Appiah Gambrah, gambeegh@gmail.com ; Justice Darko, justicedarko@gmail.comL’attribution de subvention d’équipement aux apprentis diplômés facilite la création et le développement des entreprises. Depuis2006, une collaboration a initiée entre le Rural Entreprises Project (REP), les Assemblées de district et les apprentis diplômésdans les districts couverts par le projet. Elle consiste à acheter des équipements de démarrage grâce à un dispositif de partagedes coûts entre le projet et les Assemblées de districts complété par les engagements des jeunes entrepreneurs.Depuis 2006, le Rural Enterprises Pro- majeur reste le manque de capital de duction de la pauvreté dans les zonesject (REP) soutient des apprentis diplô- démarrage, une conséquence de la rurales.més avec des équipements et des ou- pauvreté relativement élevée qui sévit Cette subvention fait partie des activi-tils leur permettant de démarrer leurs dans les zones rurales. L’objectif du tés intégrées du REP (Rural Enterpriseentreprises dans les zones rurales du plan de subvention pour équipement Project). Elle cible les jeunes qui ontGhana. Dans ces communautés ru- au profit des apprentis diplômés est de obtenu leurs diplômes d’apprentis-rales, de nombreux jeunes diplômés promouvoir l’installation d’entreprises, sage traditionnel dans les 66 districtssont confrontés à de sérieux défis pour la création d’emplois, l’amélioration couverts par le projet à travers les 10créer leurs propres entreprises. Le défi des conditions de vie et enfin la ré- régions du Ghana. Le projet a élaboré14 Feed Africa • LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica
  15. 15. des critères de sélection des apprentisdiplômés afin de garantir l’efficacité etla pérennité du système de subvention.Les expériences tirées par le REP decette initiative suggèrent fortementque la dotation d’équipements en tantque subvention accordée aux appren-tis diplômés dans les zones rurales duGhana facilite la création et le dévelop-pement des entreprises.Apprentissage traditionnel etciblage des jeunesAu Ghana, l’apprentissage est organiséprincipalement à travers le systèmetraditionnel dans lequel les jeunesfréquentent l’atelier d’un maitre arti-san pour acquérir des compétences ets’initier à un métier. La durée de l’ap- l’équipement peuvent être regroupées les Associations d’entreprises localesprentissage traditionnel va de 2 à 3 en trois catégories : qui ont contribué à identifier les béné-ans, avec les frais supportés par les ap- La 1ère catégorie comprend les bailleurs ficiaires et les clients du projet.prentis eux-mêmes et/ou leurs tuteurs majeurs du projet, notamment le Minis- En fin, une partie prenante majeure aou parrains. tère du commerce et de l’industrie (mi- été la direction du projet qui était res-Après un apprentissage réussi, des op- nistère de tutelle), le Fonds international ponsable de la gestion globale de laportunités d’emplois leur sont offertes de développement agricole (FIDA) et mise en œuvre du projet.dans des structures existantes ou à tra- la Banque africaine de développement Le projet a spécifiquement ciblé lesvers l’installation de leurs propres en- (BAD). Le ministère en tant qu’agence jeunes vulnérables des zones ruralestreprises. Cependant, dans les zones d’exécution, donne les orientations po- qui ont fait preuve d’engagement dansrurales où la pauvreté est relativement litiques et stratégiques de la mise en l’acquisition de compétences. Un dis-élevée, de nombreux apprentis diplô- œuvre du projet. Il préside également positif de partage des coûts a été mismés ne sont pas en mesure d’acqué- les réunions du Comité de pilotage du en place entre le projet et les Assem-rir des équipements, leur permettant projet. Le FIDA, partenaire au déve- blées de districts pour le financementd’installer leurs propres entreprises. loppement, appuie financièrement les de la subvention d’aide à l’équipement.Aussi, certains jeunes apprentis di- Services de développement de l’entre- Les bénéficiaires ont fourni l’espace deplômés restent-ils dans l’atelier de prise, les Services financiers ruraux, les travail et le fonds de roulement, uneleur maitre artisan pendant plusieurs volets Développement institutionnel indication de leur capacité opération-années après l’obtention de leurs di- et Gestion de projet de la phase II du nelle à tirer profit de ce plan.plômes, pendant que d’autres accep- REP. La BAD, autre partenaire au dé- veloppement, assiste financièrement le La mise en œuvre de ce protocoletent des emplois subalternes qui n’ont volet Promotion de la technologie et de subvention d’aide à l’équipementrien à voir avec leur formation ou se Appui à l’apprentissage et les Service implique la sensibilisation des Assem-rendent dans les zones urbaines à la de développement de l’entreprise dans blées de districts participantes, l’éva-recherche d’un emploi. le cadre de la mise en œuvre de cette luation des besoins en équipementsPour relever ces défis, l’intervention du des apprentis diplômés, la sélection phase II dans certains districts.REP a ciblé les apprentis diplômés vul- des bénéficiaires par les Assembléesnérables des zones rurales âgés de 18 à La 2e catégorie est composée de repré- de districts, l’achat d’équipements par30 ans qui ont démontré des potentiali- sentants du gouvernement du Ghana, le projet, la distribution des équipe-tés à mettre en valeur les compétences du Ministère de la gouvernance lo- ments aux bénéficiaires et le suivi desacquises durant leur formation pour le cale et du développement rural et de missions d’appui technique pour l’ins-développement de leurs communau- la Fondation GRATIS. Le Ministère tallation et l’opérationnalisation destés. Les activités du projet REP ont ci- s’occupe de l’orientation stratégique entreprises.blé également les familles des appren- et a été actif dans le Comité de pilo-tis diplômés bénéficiaires qui auraient tage du projet. La Fondation GRATIS Subvention d’équipement pourde la peine à trouver des ressources a été l’agence d’exécution majeure en termes de promotion de la technologie la création et le développe-pour installer une entreprise. et de formation-apprentissage. ment de l’entrepriseParties prenantes et partenaires La 3e catégorie comprend les bénéfi- Cinq ans après la mise en œuvre deau développement ciaires du projet, notamment les As- ce plan de subvention d’aide à l’équi- semblées de districts participantes qui pement, son impact est réel sur la vieLes parties prenantes majeures à cette des groupes ciblés. Cet impact est senti ont fourni les fonds de contrepartie, etintervention de subvention d’aide à dans trois domaines : l’accès à l’équi-LES CAHIERS DE CAPITALISATION DU RÉSEAU FIDAfrique - IFADAfrica • Feed Africa 15

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