1) Solidarité Numérique versusICT4D : Quelles similarités, quellesdivergences et quelles perspectives de                 r...
Introduction       Dans une analyse comparative, nous reviendrions sur deux concepts, la solidariténumérique et lICT4D, à ...
- Le partage de méthodes, de savoir-faire et de compétences entre les partenaires engagésdans une action1".           Le c...
Il est intéressant de voir dans la manière daborder les programmes de développement par lesTIC comment cette notion franco...
"coordonnées"; le Fond de Solidarité Numérique (FSN), moteur financier des programmes dedéveloppement et des projets strat...
l’approche de la solidarité numérique, dans la mesure où ces outils sont considérés commeétant à l’origine d’un nouveau mo...
développement internationales qui se sont respectivement impliquées dans la réduction decette fracture, la définissant com...
2) Cartographie analytique des jeux et enjeux d’acteurs2.1) Cadrage méthodologique sur les méthodes de modélisation du sys...
Schéma 1 : les étapes successives de l’élaboration des schémas sectoriels                                                 ...
Par ailleurs, une attention particulière à été accordée à l’identification des types de relationsentretenues, que l’on a d...
francophones ayant tout intérêt à associer leurs activités à ces structures construites sur despartenariats très élargis, ...
A la lecture comparée des deux modèles, l’enjeu d’un rapprochement est donc réelpour différentes raisons :       - Mettre ...
Un second élément est à lorigine du choix du Burkina Faso comme terrain détude, ildécoule de lhypothèse selon laquelle les...
Dun autre côté, on voit ressortir limplication forte du MAE (partenaire financier du BiblioBrousse, de Tin Tua et de Faso ...
Schéma 3 :       Dernier élément au combien éloquent, il sagit de linexistence de partenariatsfrancophones auprès du Minis...
Conclusion       Pour conclure cette étude comparative, il est tout dabord primordial de revenir surcette différenciation ...
Deuxième piste :           Les potentialités douvertures vers le monde le lICT4D doivent ainsi être mises enavant. Cest à ...
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

"Solidarité numérique versus ICT4D - Similarités, divergences et perspectives de rapprochement", ASN, eASN, 02.2010

688 vues

Publié le

Article à paraître dans une publication collaborative issue des rencontres eAtlas-FAO de 2010. Actuellement sous presse.

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
688
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
2
Actions
Partages
0
Téléchargements
8
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

"Solidarité numérique versus ICT4D - Similarités, divergences et perspectives de rapprochement", ASN, eASN, 02.2010

  1. 1. 1) Solidarité Numérique versusICT4D : Quelles similarités, quellesdivergences et quelles perspectives de rapprochement ? Jonathan STEBIG, eASN, IEDES, CUF
  2. 2. Introduction Dans une analyse comparative, nous reviendrions sur deux concepts, la solidariténumérique et lICT4D, à première vue similaires, mais dans les réalités de leurs organisationsrespectives, construit sur des approches divergentes.Afin dillustrer lorganisation des deux sphères dactions dans le domaine du développement etdes TIC, un travail de modélisation des systèmes permettra de mieux comprendre les jeuxdacteurs dans chaque sphère, mais aussi den faire ressortir les interpénétrations.Enfin, par une analyse territoriale construite sur les relations entre les structuresinternationales et les ONG locales du Burkina Faso du développement par les TIC, nousanalyserons les degrés dimpacts des différents acteurs internationaux ainsi que leursimplications sur les projets de terrain.1- Définition comparée des concepts de lICT4D et de lasolidarité numérique dans une approche théorique1.1) Définition du concept de solidarité numérique "La solidarité numérique se veut une approche positive de la coopération visant àdéployer toutes les potentialités de l’Internet et du multimédia auprès de tous les publicsconcernés. La solidarité peut s’exercer à travers le transfert de ressources financières,matérielles et humaines. Elle permet de mettre en place des projets et des réseaux d’acteurspartout dans le monde.Un projet de solidarité numérique se caractérise par le fait qu’il permet :- L’accès aux informations et aux connaissances de manière libre et générale, sans distinctionde moyens ;- L’appropriation, par les groupes ciblés, des outils de la société de la connaissance et leurcapacité à tirer partie de toutes leurs fonctionnalités ; 2
  3. 3. - Le partage de méthodes, de savoir-faire et de compétences entre les partenaires engagésdans une action1". Le concept de la solidarité numérique est né dune véritable intention politiquedinstitutionnaliser les projets de développement construits sur lutilisation des Technologiesde linformation et de la Communication (TIC).Cette approche, qui a vu le jour lors du premier Sommet Mondial de la Société delinformation (SMSI)2, saligne sur une vision de coopération et daccompagnement dessociétés dans leur intégration au monde de linformation.Dans sa définition, le concept ne répond pas directement à la question "pourquoi utiliser lesTIC?", il présente à linverse une réflexion plus construite sur la réponse à la question"comment intégrer les populations dans la société de linformation?".La solidarité, dont létymologie provient du latin "solidus" (qui signifie "entier et consistant,lien unissant entre eux les débiteurs dune somme"3), renvoi directement à lidée delassociation des différentes parties dans lintégration de tous (dans l’unité), à la société delinformation. C’est à travers cette approche que les acteurs de la coopération et du développemententendent donner une réponse à la réduction de la fracture numérique4.1 : "Guide de la coopération décentralisée pour la solidarité numérique", Direction Générale de la CoopérationInternationale et du Développement (DGCID), ASN, Ministère des affaires étrangères et européennes.http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/580_Int_Solidarite_numerique-2.pdf2 : Aux termes de sa Résolution 56/183 (21 décembre 2001), lAssemblée générale de lOrganisation des NationsUnies a approuvé la tenue du Sommet mondial sur la société de linformation (SMSI) en deux phases, dont lapremière a eu lieu à Genève (Suisse), du 10 au 12 décembre 2003 et la seconde à Tunis (Tunisie) du 16 au 18novembre 2005. http://www.itu.int/wsis/basic/about-fr.html.3 : Définition issue extraite du "Nouveau petit robert 2010".4 : "On qualifie généralement de « fossé » ou de « fracture » numérique (de l’anglais « digital divide »), lesinégalités d’accès et les inégalités d’usages d’Internet et des TIC entre pays riches et pays pauvres, zonesurbaines denses et zones rurales « blanches », entre hommes et femmes, jeunes et vieux, diplômés et personnespeu instruites,… En effet, compte tenu de l’évolution très rapide et de l’instabilité du secteur des TIC et destélécommunications, le temps d’adoption de ces innovations technologiques varie d’une société à l’autre(adoption tardive, lente et longue de certaines innovations en Afrique et dans les pays du Sud), et d’un individu àl’autre (selon qu’on soit technophobe ou technophile par exemple). Ces constats fondent les différents 3
  4. 4. Il est intéressant de voir dans la manière daborder les programmes de développement par lesTIC comment cette notion francophone sest inscrite dans la continuité des notionsoccidentales des théories du développement. Elle consiste en un transfert du capital techniqueet humain dans les sociétés du sud, afin de leurs permettre de rattraper leur retard (Rostow,19975).Les dérives de cette approche pourraient sinscrire dans une lecture néo-colonialiste delapproche francophone, dans la mesure où les savoirs et connaissances techniques des paysdu nord sont mis à disposition des sociétés du sud. Cependant, à la différence de lensemble des sommets internationaux (sommetmondial sur lenvironnement, sur la population, etc), qui ont tous émergés de la volonté despays du nord, le SMSI est née à la demande de lAfrique : "Ils ont dû combattre ce qui ad’abord été le refus, puis une relative indifférence des États-Unis et, dans une moindremesure de l’Europe, qui ne souhaitaient pas traiter de ce sujet dans le cadre de l’ONU oùchaque pays dispose d’une voix quelle que soit sa population, sa puissance économique etmilitaire. Il n’était effectivement pas dans l’intérêt des pays développés de mettre en jeu, dansle cadre onusien, la suprématie de fait qu’ils exerçaient dans le domaine des infrastructures,des équipements, des logiciels et, surtout, de la gouvernance de l’Internet" (Ministère desaffaire étrangères et européennes, 2007).La grande particularité du SMSI correspond à limplication de la société civile. Cette nouvellerègle du jeu sest mise en place dans le but de proposer à une plus grande diversité dacteurs(universitaires-chercheurs, experts, ONG, groupements dintérêts, etc.), de se réunir autour desproblématiques de la société de linformation. Cette nouvelle approche a permis de proposerun contrepoids dans les échanges du sommet, face au pouvoir décisionnaire des Etatsnationaux, la société civile ayant un rôle de conseil et dexpertise sur les sujets techniques enraison de leur connaissance du terrain. De plus, un second élément fait balance par rapport aux thèses néo-colonialistes, ilsagit des intentions institutionnelles de la solidarité numérique, pilotées par deux structuresparadigmes d’une société à double vitesse marquée par une « fissure » ou un « écart » entre les « infos-riches »et les « infos pauvres », les « info-émetteurs » et les « info-récepteurs » " (Tchehouali D., 2008).5 : Rostow, W.-W., Les étapes de la croissance économique, un manifeste non communiste, Economica, 1997,305p. 4
  5. 5. "coordonnées"; le Fond de Solidarité Numérique (FSN), moteur financier des programmes dedéveloppement et des projets stratégiques institués par lASN. Pour financer les programmesde développement, ces structures ont tenté de mettre en place des outils et des mécanismes deredistribution veillant à rassembler lensemble des acteurs internationaux dans la perspectivedune intégration de tous dans la société de la connaissance, "le un pourcent de solidariténumérique".Ce programme de financement innovant consiste à proposer à lensemble des institutions,publiques ou privées, désireuses de participer à l’édification d’une société de l’informationplus équitable, de reverser un pourcent des marges des appels doffres relatifs aux TIC auFSN, en léchange dune labellisation "solidarité numérique". Cest à travers ce mécanisme queles institutions de la solidarité numériques entendent proposer un modèle de la société delinformation juste et équitable6.1.2) Définition du concept de lICT4D « De nombreuses personnes ont dit des nouvelles technologies de linformation et de lacommunication (TIC) quelles étaient une balle magique qui permettrait aux pays endéveloppement de faire progresser leur développement économique et social. Est-il possiblede brûler les étapes du développement grâce aux TIC ? En un mot, la réponse est ... Peut-être.En étant un peu moins bref, Nous essayons de le vérifier. Et la réponse la plus éclairée venantde la part des personnes qui consacrent leur vie à ces sujets est Nous espérons vraiment queoui. » (Geoffrey Kirkman, 1999)7 Cette phrase reflète concrètement le concept de "l’Information and CommunicationTechnology for Developement", qui à la différence du modèle de la solidarité numérique,répond à la question "pourquoi utiliser les TIC" mais ne donne aucune indication directe surles moyens d’y parvenir.Les concepts anglo-saxons se dessinent sur cette ligne de lecture, les TIC étant présentéescomme le nouveau levier du développement, permettant aux pays du sud de sauter les étapeset de rattraper leur retard. Cette vision idéaliste est directement liée à celle contenu dans6 : Éléments de présentation issue du site du FSN : http://www.dsf-fsn.org/cms/content/view/39/73/lang,fr/7 : Extrait du cours en ligne " Technologies de linformation et de la communication pour le développement "développé par Barbara Fillip. http://www.aedev.org/ict4d/www.knowledgefordevelopment.com/ICT4D03SP/ 5
  6. 6. l’approche de la solidarité numérique, dans la mesure où ces outils sont considérés commeétant à l’origine d’un nouveau modèle de développement équitable durable et impliquantdirectement les sociétés dans le savoir et la connaissance.Cependant, c’est dans la manière de présenter le concept que les deux approches sedistinguent, l’approche anglophone de l’Infodev8 ou celle de l’ICT4D présentent directementles outils d’information et de communication comme étant la réponse aux problématiquestransversales du développement. Au-delà de cette différence fondamentale apportée par les concepts respectifs de cesdeux modèles, il existe une divergence profonde et paradoxale, concernantl’institutionnalisation et la place du politique dans leurs organisations.L’ICT4D n’est en effet pas née d’un consensus international visant à créer un cadre politiqueglobal dont la mission principale serait de répondre aux questions liées au développement parles TIC. En effet, il est difficile de trouver dans le paysage de l’ICT4D une structure qui soiten haut de la pyramide des acteurs impliqués, proposant un modèle général defonctionnement, et dictant les stratégies politiques à mettre en place.A l’inverse de la solidarité numérique, née d’une intention politique forte, l’ICT4D à étéappropriée par un ensemble de structures internationales, rendant difficile la lecture del’organisation, et proposant ainsi des démarches cloisonnées et parallèles.Parmi les entités identifiées, nous pouvons voir apparaitre un ensemble d’organisationsinternationales (la Banque Mondiale, le Programme des Nations Unies pour leDéveloppement, le Global Knowledge Partnership, l’Union Internationale des Télécom, laGlobal Alliance for ICT and Development, les Agences Suisses, Suédoises et Canadiennes deCoopération et de Développement, etc) qui jouent indépendamment les unes des autres le rôlede tête de réseau, véritables porteurs institutionnels du modèle.A l’exception du GAID, aucune de ces entités n’a été directement créé afin de répondre auxproblématiques de la fracture numérique, mais ce sont directement les structures du8 : Le programme dinformation pour le développement est développé par la banque mondiale et un ensembledagences de développement internationales sintéressant aux moyens offerts par les TIC pour combattre lapauvreté et créer des opportunités denrichissement et de croissance économique (définition de la banquemondiale). 6
  7. 7. développement internationales qui se sont respectivement impliquées dans la réduction decette fracture, la définissant comme un enjeu central pour l’intégration des sociétés9.Paradoxalement, de part l’ancrage institutionnel de ces acteurs respectifs, ainsi qu’en raisonde leur poids financier et de leur champ d’action international, le modèle de l’ICT4D et lespolitiques stratégiques qui en sont issues exercent un impact beaucoup plus global dont lavision à long terme est facilitée par la stabilité même de ces entités.Par ailleurs, le référentiel de l’ICT4D et la majorité des programmes qui en sont issuscorrespondent à une approche techniciste et statistique, dans la mesure où les politiquesdéployées visent à répondre à l’objectif central de la connectivité et de l’accès auxinfrastructures. Nous sommes donc dans une approche « top down » (du haut vers le bas, oude « ranking » (classement), où le principal objectif est de trouver dans le déploiement desréseaux de communications de nouvelles niches de marché, et de faire ainsi bénéficier lespopulations du sud des infrastructures de bases pour les intégrer à la société de l’information.C’est une distinction qui marque encore une fois les divergences entre les deux concepts, dansla mesure où le modèle de la solidarité numérique pourrait à l’inverse être caractérisé par uneapproche « bottom up » (du bas vers le haut »), plus orienté vers les objectifs de formation,d’éducation et de soutien à l’appropriation des outils de communication par les sociétés(Vidal, P., 2009).A travers limpact territorial étudié dans la troisième partie, nous remarquerons que cettedistinction théorique peut être remise en question. A travers son degré d’institutionnalisation limité, son envergure financière et sonapproche plus techniciste, l’ICT4D présente des caractéristiques qui le distinguent de lasolidarité numérique. Dans le but d’identifier les têtes de réseau des systèmes respectifs et defaire ressortir les interrelations existantes, nous allons réaliser une étude cartographique àpartir des liens entretenus entre les différentes structures identifiées.9 : Rapport sur le développement humain du PNUD visant à « Mettre les nouvelles technologies au service dudéveloppement humain », 2001. 7
  8. 8. 2) Cartographie analytique des jeux et enjeux d’acteurs2.1) Cadrage méthodologique sur les méthodes de modélisation du systèmedacteurs des TIC pour le développementLidentification des systèmes de la solidarité numérique et de lICT4D sest faite par uneanalyse approfondie sur Internet des différents acteurs, en établissant comme principe de basela recherche par partenariat ; chaque acteur identifié comme ayant un rôle clef dans le systèmeservant de porte dentrée vers lensemble des structures avec lesquels il entretenait desrelations.Après avoir établi une liste élargie et exhaustive des structures impliquées, le deuxièmeexercice a consisté à limiter le champ dacteurs à cartographier uniquement aux têtes deréseaux, pour obtenir des schémas qualitatifs lisibles.Le logiciel libre de "Mind Mapping" ou "cartographie des savoirs" utilisé est le "VisualUnderstanding Environment" (VUE), très approprié pour mettre en relation au sein de cartesschématiques les acteurs et didentifier leur organisations et les liens quils entretiennent. A partir d’une approche globale de l’organisation des acteurs des TIC et dudéveloppement dans les deux sphères, la méthode a consisté à réaliser des zooms sur lesmaillages et interrelations entretenues par chaque type d’acteurs identifiés dans la typologie.Dans cette typologie, les différentes catégories identifiées ont été réparties sur quatredomaines principaux, à savoir le milieu académique, le secteur privé, les organisationsinternationales et le milieu associatif.D’un premier schéma général sur lequel l’ensemble des liens de partenariats sont identifiés, laméthodologie de construction des cartes analytiques a permis d’identifier un ensembled’éléments de manière synthétique (cf. schéma 1). Pour réaliser les différents schémas par secteur, seules les relations directesentretenues par chacun des acteurs appartenant à une catégorie de la typologie ont étéretenues. Cette approche a permis de faire ressortir les liens forts entre les structures, et apermis de clarifier la lecture des schémas.Dans chacun des schémas sectoriels, les structures centrales ont été identifiées, afin de faireressortir les acteurs ayant une position clef dans l’organisation avec les partenaires directs. 8
  9. 9. Schéma 1 : les étapes successives de l’élaboration des schémas sectoriels 9
  10. 10. Par ailleurs, une attention particulière à été accordée à l’identification des types de relationsentretenues, que l’on a différenciées selon qu’elles étaient construites sur des partenariatsd’actions ou des partenariats financiers.La mise en visibilité des partenariats financiers a permis d’identifier les structures ayant unrôle d’accompagnement financier des projets, à l’origine du montage et de la réalisation desdifférents projets de développement par les TIC. Dans ce travail de synthèse, nous réaliserons une analyse conclusive visant à identifierles principaux acteurs relais, qui sont apparus à travers l’analyse systématique despositionnements des structures dans leurs sphère respective, et la juxtaposition des schémas dela solidarité numérique et de l’ICT4D. Le positionnement sectoriel, l’étude des interrelationset l’analyse comparée des schémas ont été des étapes méthodologiques pertinentes, des outilsd’analyses indispensables afin de faire ressortir les liens potentiels, les interrelations entre lesstructures anglophones et francophones.2.2) Analyse croisée des acteurs de lICT4D et de la solidarité numérique Afin didentifier les structures charnières (maillons dinterconnexions entre les deuxsphères), les principaux acteurs disposant dune importante densité de partenariats envers lasphère étrangère ont été défini (cf. schéma 2).Il en ressort le positionnement clef de la DDC et du CRDI. Au-delà du fait quelles soientoriginaires de pays franco-anglais, ces bailleurs sont les principaux axes de mise en relationdes acteurs de la solidarité numérique. Par leur vision globale et le champ de leurs actions, ilssont les véritables moteurs internationaux des projets de développement par les TIC,dépassant les divergences théoriques des deux modèles.Le CRDI se dessine ainsi à travers la lecture des schémas successifs comme le pilierinstitutionnel le plus solide en matière de coordination des deux sphères. De par sonenvergure financière, mais aussi de son approche qui associe la recherche scientifique à desprojets de terrain (recherche action), il se dessine comme étant lacteur central. Avec ces deux grandes structures de financement, il faut associer deux ONGanglophones, ressortant du schéma comme étant les plus reliées à la sphère étrangère.Dans la perspective dun rapprochement des acteurs de la solidarité numérique vers le mondede lICT4D, APC et IICD semblent se positionner comme les nœuds de connexion, les acteurs 10
  11. 11. francophones ayant tout intérêt à associer leurs activités à ces structures construites sur despartenariats très élargis, impliqués géographiquement dans un espace étendu (Amérique dusud, Asie, Afrique). Entretenant également une situation budgétaire et institutionnelle trèssolide, ces ONG disposent de lensemble des paramètres clefs pour simposer comme les relaisdu système vaste de lICT4D pour les acteurs de la solidarité numérique.Enfin, leur stratégie construite sur létablissement de partenariats avec les structures localesles plus dynamiques des pays dans lesquels elles sont impliquées les positionnent comme lemédiateur privilégié entre lorganisation internationale du développement par les TIC et lesprojets de terrain. Parmi les acteurs francophones impliqués dans des relations et partenariats croisés,notons les positionnements clefs dENDA et de lASN, accompagnés par différentes structuresanglophones moteur des programmes de développement (le PNUD, IICD, Microsoft et leGAID pour lASN ; la DDC, le CRDI, APC et lUNESCO pour ENDA). Cest dans ce sensque les actions de solidarité numériques, son ambition conceptuelle et sa pérennité pourrontêtre assurés.Schéma 2 : 11
  12. 12. A la lecture comparée des deux modèles, l’enjeu d’un rapprochement est donc réelpour différentes raisons : - Mettre en concordance une approche techniciste, qui dispose de moyens financiers etinstitutionnels conséquents, et qui couvre un champ daction très élargi avec un modèle plussocial et sociétal, dont l’objectif réside dans une meilleure appropriation des TIC par lespopulations, mais qui na pas réussi à accompagner son ambition conceptuelle dune stabilitépolitique et financière. - Associer un concept qui répond à la question "pourquoi les TIC ? Pour ledéveloppement" avec un modèle qui donne des réponses sur "comment y parvenir ? Par lasolidarité". - Rassembler un modèle construit sur une implication forte du monde de la recherche,dont les programmes sont par ailleurs très cloisonnés et détachés des actions de terrain, avecun modèle soutenu par des organisations internationales très présentes, et des fondations pourle développement très influentes.3- Les partenariats des acteurs des TIC et dudéveloppement avec les ONG locales du Burkina Faso Dans cette partie conclusive, nous illustrerons limpact des acteurs internationauxidentifiés à travers les relations entretenues avec les structures associatives locales dudomaine des TIC et du développement au Burkina Faso.3.1) Précisions méthodologiques sur la démarche danalyse Afin de préciser la méthode de réalisation de ce schéma, présentons dans un premiertemps la démarche entreprise pour étudier les relations des ONG locales avec les structuresinternationales. Le choix du Burkina Faso sest établi dans la mesure où les projets dONG sur lesproblématiques des TIC sont nombreux au Burkina Faso. A travers le balayage des structuresinternationales des systèmes anglophones et francophones, les différents projets identifiésétaient souvent mis en place au Burkina Faso, et construits sur des partenariats avec les ONGqui ont ainsi été retenues dans le schéma. 12
  13. 13. Un second élément est à lorigine du choix du Burkina Faso comme terrain détude, ildécoule de lhypothèse selon laquelle les acteurs de lICT4D seraient à linverse de leurapproche a priori techniciste (dite "top down") plus présents auprès des structures locales,accompagnant ainsi les projets de développement à la base (approche dans une réalitéconcrète effectivement bottom up). Cest à la lecture des différents projets des structuresinternationales identifiées quest apparue cette forte densité de relations des acteursinternationaux de lICT4D avec les acteurs locaux du développement.Ainsi, lanalyse des interrelations structures internationales / acteurs locaux dans un paysfrancophone permettrait de faire ressortir de manière dautant plus forte cette idée préconçueissue du concept de lICT4D.3.2) Analyse du schéma Cest par cet élargissement du champ dacteur impliqué dans les mécanismes dedéveloppement que nous pourrons questionner les fondements théoriques des modèles delICT4D et de son approche définie comme "top down" et techniciste, face à la solidariténumérique construite théoriquement sur lapproche "bottom up" et sociétale.A la lecture du schéma, plusieurs évidences doivent être mises en avant (cf.schéma 3). Tout dabord, il est important de voir dans quelle mesure limplication globale desacteurs anglophones et les partenariats quils entretiennent avec les ONG locales du BurkinaFaso (pays francophone) est importante.Triste réalité que cette présence résiduelle des acteurs de la solidarité numérique dans un paysfrancophone qui par la multiplication de ses associations impliquées sur les questions dedéveloppement par les TIC fait figure de véritable foyer énergétique dappropriation des TICpar la société civile. Dune manière générale, revient encore cette dramatique conclusion, qui voitlambition institutionnelle du modèle de la solidarité numérique échouer dans létablissementet linscription de ses méthodes dans les projets de développement. Défini à priori commeagissant par la base, les structures francophones apparaissent dans le schéma 3 uniquementautour de lassociation Burkina NTIC, avec le Cipaco, ENDA, OSIRIS et lIPAO10.10 : Ces structures nentretiennent par ailleurs aucun autre lien envers les différentes associations localesidentifiées. 13
  14. 14. Dun autre côté, on voit ressortir limplication forte du MAE (partenaire financier du BiblioBrousse, de Tin Tua et de Faso Dev), unique structure de financement impliquée réellementauprès des structures de développement au niveau local au Burkina Faso (le FFI nétantuniquement à lappui de linitiative du Biblio Brousse). A lexception de cette implication de lantenne du gouvernement français pour lesprojets locaux, la pauvreté de présence des acteurs francophones auprès des projets desolidarités numériques de terrains est illustrative de la contradiction profonde entre lapprocheà priori "bottom up" de la solidarité numérique et sa réalité très éloignée des actions de terrainau Burkina Faso. Sur lensemble des structures locales identifiées, seul le Biblio Brousse dispose departenariats exclusivement orientés auprès des structures internationales du système de lasolidarité numérique. La présence des structures de lICT4D est dense et diversifiée, en effet, on retrouvedifférentes structures profondément impliquées au côté des ONG locales du Burkina Faso.LONG internationale IICD, qui propose un appui et un accompagnement des projets deterrain de Yam Pukri, Burkina NTIC et Faso Dev.Du côté des organisations internationales, on retrouve lUNESCO qui est très présente auniveau des projets de terrain, à travers ses partenariats établis avec le CNA, Tin Tua, BurkinaNTIC et le RIFOD.Enfin, cest les fondations pour le développement qui sont fortement représentés, avec uneimplication importante du DGF, qui finance les projets de Faso Dev, de Yam Pukri et deBurkina NTIC. Cette diversité des types dacteurs de lICT4D impliqués au niveau local, ainsi que lamise en place de partenariats multiples sur un même territoire est un signe fort delimplication locale et construite sur le soutien dacteurs agissant à la base. 14
  15. 15. Schéma 3 : Dernier élément au combien éloquent, il sagit de linexistence de partenariatsfrancophones auprès du Ministères des TIC du Burkina Faso. En effet, on voit que lessoutiens logistiques et financiers du Ministères sont exclusivement issus des acteurs delICT4D (Microsoft, CISCO, et lITU). Ce constat est dautant plus problématique que les paysdAfrique francophone entretiennent des relations historiques fortes avec la France. Un constat annexe doit être par ailleurs mis en avant, il sagit de la très faible présencede liens entre les ONG locales du Burkina Faso, élément symptomatique du manque decoordination des actions locales dans le domaine du développement, souvent à lorigine deprojets cloisonnés ne profitant pas des compétences locales parallèles existantes sur desterritoires communs.Dans le schéma, on voit en effet apparaître des relations locales uniquement autour de YamPukri, associé au programme dont elle est à lorigine Faso Dev, ainsi quà lassociationBurkina NTIC. 15
  16. 16. Conclusion Pour conclure cette étude comparative, il est tout dabord primordial de revenir surcette différenciation conceptuelle des modèles de la solidarité numérique et de lICT4D. Au-delà de leurs fondements théoriques respectifs, il est important de nuancer cettedifférenciation, dans la mesure où les projets menés par les différents acteurs, quils soientissus du système francophones ou anglophone, sont établis sur des méthodes dactionscommunes et poursuivent des objectifs similaires, lintégration des sociétés du sud dans lasociété de linformation par une aide à lappropriation des TIC. Ce recadrage est essentiel dans la mesure où la différenciation conceptuelle est dans laréalité de lorganisation des projets, très marginale. Lélément primordial qui dissocie les deuxapproches réside essentiellement dans limpact et létendu du champ daction, incroyablementplus vaste dans le système anglophone, dans la mesure où il regroupe les principalesorganisations internationales (Banque Mondiale, PNUD, etc.) ainsi que les fondations les plusinfluentes dans le monde du développement par les TIC (notamment le DGF).Cest ainsi plus en raison de linfluence moins étendue du monde francophone que la solidariténumérique ne simpose pas comme modèle de référence. Lambition par laquelle est né ceconcept et sa volonté de se définir comme référence dans les projets de développement par lesTIC sest avérée être une erreur, tant les forces en présences, véritables instigateurs despolitiques de développement sont issus du monde anglophone. Trois clefs de lecture ressortent de lanalyse, elles doivent servir de piste de réflexionpour une meilleure coordination des deux modèles. Première piste : A la lecture du schéma sur limplication locale des acteurs du développement et desTIC, il ressort clairement que le modèle ambitieux de la solidarité numérique na pas encoreréussi à simposer auprès des acteurs locaux, et à se positionner sur la scène internationalecomme modèle de référence (très peu de soutien financier de la part des grands bailleursinternationaux comme la Banque Mondiale, le PNUD, le CRDI). Son isolement tropimportant vis-à-vis des moteurs anglophones de lICT4D est criant, quelles en sont lesraisons? Excès de fierté? Manque de points dappuis? Ou méconnaissances des portesdentrées? Toujours est-il que son existence en tant que modèle et son inscription pérennedans les champs du développement international ne passera que par cette ouverture. 16
  17. 17. Deuxième piste : Les potentialités douvertures vers le monde le lICT4D doivent ainsi être mises enavant. Cest à travers létablissement de partenariats plus importants et dinscription dans lespolitiques globales dacteurs tels quAPC, IICD ou encore le CRDI que les acteurs de lasolidarité numérique pourront bénéficier dun champ daction plus vaste, tout en privilégiantles méthodes dactions qui lui sont propres. Les maillons forts du système de lICT4Didentifiés doivent être des portes dentrée privilégiées. Troisième piste : La forte présence des acteurs académiques et du monde de la recherche dans lesystème de la solidarité numérique doit être considérée comme une véritable opportunité.Cest vraisemblablement par la multiplication des programmes de recherche, des groupementsde chercheurs et des colloques et séminaires que le modèle pourra avoir un meilleur échoauprès des acteurs de lICT4D (lexemple des rencontres eAtlas de Bamako 2009 en est laparfaite illustration). Le rassemblement des acteurs issus des deux sphères sur des réflexionscommunes représente une véritable clef douverture et de coordination des acteurs à léchelleinternationale. Afin dapprofondir cette étude, dont les choix méthodologiques ont limité la portéescientifique, trois pistes pourraient être privilégiées11. - Tout dabord il serait intéressant délargir le champ dacteurs identifié, afin davoirune représentation plus exhaustive des structures impliquées dans chacune des sphères. Par undécoupage typologique plus précis, de nouveaux éléments danalyse pourraient ressortir. - Une analyse plus géographique construite à partir de cartes permettrait de mettre enavant les zones dinfluences des différents acteurs internationaux, ainsi que leurs impactsrespectifs à léchelle du globe. - Enfin, les interrelations acteurs locaux / structures internationales pourraient êtredupliquées dans dautres pays, afin davoir une vision plus complètes des implications localesdes acteurs de la solidarité numérique et de lICT4D.11 : Les orientations de mon travail ont en effet était limitées, en raison des moyens limités, mais aussi du tempsimparti relativement cour (travail réalisé lors d’un stage de 3 mois à l’ASN). 17

×