Les recours collectifs au Québec : 30 ans plus tard

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Dans cette présentation, Me Laurent Nahmiash aborde la jurisprudence relative aux recours collectifs.

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Les recours collectifs au Québec : 30 ans plus tard

  1. 1. Les recours collectifs au Québec : 30 ans plus tardPrésenté par  : Me Laurent NahmiashLe 3 février 2011 1
  2. 2. Bref historique législatif• Adoption des articles 999 à 1051 C.p.c. en 1979• Première province canadienne à adopter le recours collectif• Règles fédérales américaines Rule 23 : depuis les années 1920• Ontario : depuis 1992; Colombie‐Britannique : depuis  1996• Toutes les autres provinces :  2001 à 2007 2
  3. 3. Objectifs socio‐publiques qui sous‐tendent les recours collectifs• Accès à la justice – Permettre l’adjudication de réclamations individuelles modiques• Économie des ressources judiciaires• Équité/justice – Empêcher les défendeurs de profiter impunément de leur conduite  illégale • Western Canadian Shopping Centres c. Dutton, [2001] 2 R.C.S. 534 • Hollick c. Toronto (Ville de), [2001] 3 R.C.S. 158• Au‐delà de ces beaux principes, le recours collectif est‐il  devenu une arme politique? 3
  4. 4. Les procédures de groupe prévues au C.p.c.• Jonction d’actions – Article 67 C.p.c.• Mandat/procuration écrit – Article 59 C.p.c.• Cause type• Recours collectif 4
  5. 5. Caractéristiques et avantages procéduraux des recours collectifs• Procédure représentative qui ne crée aucun droit substantif• Le représentant/demandeur doit être un membre du groupe  proposé• Groupe peut inclure des personnes innommées, dont le  nombre peut atteindre des centaines de milliers ou millions• Effet de levier• Groupe décrit unilatéralement par la demande• En théorie, seul un représentant/demandeur est requis• Un seul avocat ou étude• Aucun mandat ou procuration n’est requis 5
  6. 6. Caractéristiques et avantages procéduraux des recours collectifs (suite)• Aucune consultation des membres du groupe n’est nécessaire  (sauf avis/média)• Inclusion des membres par défaut – membres doivent exiger  d’être exclus du groupe (« opt‐out ») afin de ne pas être liés  par le jugement final• Jugement final sera opposable à tous les membres du groupe  même à leur insu• Procédure idéale pour entériner des ententes transfrontalières  visant un grand nombre d’employés ou consommateurs • Financement/convention d’honoraires à pourcentage 6
  7. 7. Principales étapes d’un recours collectif• Autorisation préalable (« Class Certification »)• Recours au fond• Exécution/règlement autorisé par le tribunal 7
  8. 8. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c.• Procédure d’autorisation – Contrôle judiciaire nécessaire vu l’absence de mandat du requérant/  représentant proposé – Étape critique mais non irrévocable – Demande présentable par requête écrite – Faits allégués tenus pour avérés – Amendements 1er janvier 2003 – Article 1002 C.p.c. – Procédure d’intendance – Fardeau de démonstration apparente et non  de preuve 8
  9. 9. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c. (suite)• Conditions d’autorisation – Article 1003 C.p.c. 1003. Le tribunal autorise lexercice du recours collectif et attribue le statut de  représentant au membre quil désigne sil est davis que: a) les recours des membres soulèvent des questions de droit ou de fait identiques,  similaires ou connexes; b) les faits allégués paraissent justifier les conclusions recherchées; c) la composition du groupe rend difficile ou peu pratique lapplication des articles  59 ou 67; et que d) le membre auquel il entend attribuer le statut de représentant est en mesure dassurer une représentation adéquate des membres.• Discrétion judiciaire ou non?  Controverse – impact sur la  norme d’intervention en appel 9
  10. 10. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c. (suite)• Questions communes – Historiquement, le cheval de bataille des intimés au stade de  l’autorisation – Questions communes versus questions individuelles – Évolution jurisprudentielle québécoise – jurisprudence contradictoire • Harmegnies c. Toyota Canada inc., 2008 QCCA 380 • Lallier c. Volkswagen Canada inc., 2007 QCCA 920 • Del Guidice c. Honda Canada inc., 2007 QCCA 922 • Vermette c. General Motors du Canada ltée, 2008 QCCA 1793 10
  11. 11. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c. (suite) – Courant majoritaire opte pour une interprétation littérale du texte – une ou deux questions communes suffisent même dans un océan de  diversité – Abandon curieux de la recherche d’efficacité judiciaire – Nécessité de mini‐procès individuels n’est plus un échec au recours – Prétextes souvent invoqués : • Procédure de recouvrement individuelle • Questions techniques ou débats d’experts pourront être adjugés une fois  pour le bénéfice de tous les membres 11
  12. 12. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c. (suite)• Apparence de droit – Les faits allégués paraissent justifier les conclusions recherchées – Il faut que le requérant/représentant démontre un syllogisme  juridique plausible  – Exercice de filtrage visant à écarter les recours frivoles – Le seuil de l’autorisation n’est pas très élevé – Défenses usuelles: absence de causalité, de préjudice et/ou dommages – Exemples : • Option Consommateurs c. Novopharm Ltd., 2008 QCCA 949 • Contat c. General Motors du Canada ltée, 2009 QCCA 1699 12
  13. 13. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c. (suite)• « Meilleur » moyen procédural – Composition du groupe rend difficile la jonction des demandeurs ou  l’obtention d’une procuration – Pas un test du meilleur forum• Représentation adéquate – Élitisme n’est pas de mise – Montrer patte blanche – Volonté et disponibilité d’agir – Vérifications et démarches préalables – Marionnette des procureurs – « Mandataire par qui les membres accepteraient d’être représentés si  la demande était formée sous l’article 59 C.p.c. » 13
  14. 14. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c. (suite)• Autres conditions « externes » d’autorisation – Le requérant/représentant doit avoir un intérêt personnel, réel et  actuel – Article 55 C.p.c. • L’action sociale ou d’intérêt public n’existe pas en droit privé québécois • Recours contre des industries – effet levier exponentiel • Décisions contradictoires – Bouchard c. Agropur Coopérative, 2006 QCCA 1342 – Marcotte c. Banque de Montréal, 2009 QCCS 2764 – General Motors du Canada ltée c. Billette, 2009 QCCA 2476 • L’incertitude demeure 14
  15. 15. Autorisation judiciaire – Article 1003 C.p.c. (suite)• Exigences relatives à la définition du groupe – Définition subjective et circulaire peut mener au rejet – Membres proposés doivent être clairement identifiables  – Aucune obligation par le tribunal de corriger les lacunes des  procureurs en demande 15
  16. 16. Le recours au fond• Règles de preuve et procédure usuelles, sauf quelques  exceptions• Gestion particulière de l’instance automatique par un juge  désigné• Autorisation du tribunal est requise pour : – Déterminer le contenu et la diffusion des avis (autorisation et  jugement/règlement) – Amender la procédure – Interroger les membres – Intenter un recours en garantie – Produire un désistement – Conclure un règlement hors cour 16
  17. 17. Le recours au fond (suite)• Supervision accrue du tribunal – rôle d’ombudsman pour les  membres absents• Pouvoirs étendus pour accélérer/simplifier le déroulement de  l’instance (Art. 1045 C.p.c.)• Procédure de recouvrement collectif et/ou individuel 17
  18. 18. Les recours nationaux• Question controversée – Hocking c. Haziza, 2008 QCCA 800  – Société canadienne des postes c. Lépine, [2009] 1 R.C.S. 549 • Un tribunal ontarien peut‐il statuer à l’égard d’un groupe national qui  comprend des membres québécois?• Question constitutionnelle – les lois provinciales n’ont pas de portée  extraterritoriale, sauf s’il s’agit d’un incident nécessaire à l’exercice d’une  juridiction ou quand l’effet extraterritorial est uniquement collatéral• Reconnaissance de jugement étranger : lien réel et substantiel s’apprécie  globalement ou pour chacun des membres?• Questions d’ordre, d’équité et de commodité• Solution : intervention législative visant l’harmonisation 18
  19. 19. Particularités des recours collectifs québécois• Droit d’appel asymétrique• Pas de critère d’autorisation équivalent au « superior or  appropriate proceeding »• Pas de critère de « typicality » – Rule 23• Association‐requérante de 50 employés ou moins• Amendements : 1er janvier 2003• Disposition spécifique suspend la prescription au bénéfice des  membres – Article 2908 C.c.Q. 19
  20. 20. Particularités des recours collectifs québécois (suite)• Financement par l’État: Fonds d’aide au recours collectif• Condamnation aux frais limitée contre les requérants  déboutés• En droit de la consommation, l’article 272 L.P.C. permet  l’octroi de dommages exemplaires• de Montigny c. Brossard (Succession), 2010 CSC 51 – Article 49  Charte des droits et libertés de la personne 20
  21. 21. Quelques constats• 50‐100 requêtes par année• Aucune véritable chambre spécialisée pour les recours  collectifs • Insuffisance de juges• Manque d’effectifs des requérants collectifs• Délais• Règlements faramineux – qui en profite réellement? (Nortel v  Norbourg)• Les objectifs d’accès à la justice, d’économie des ressources et  d’équité sont‐ils atteints?• Nouvelle soi‐disant solution : la médiation 21
  22. 22. Conclusions• Le Québec – paradis des requérants collectifs• Règles de procédure biaisées en faveur des  représentants/demandeurs• Divisions politiques voilées mais palpables au sein de la Cour  d’appel• L’arme préférée de la gauche québécoise• Nécessité pour les entreprises de contrer le lobby pro‐ consommateurs et les ligues anti‐pauvreté 22
  23. 23. La présente présentation contient des exemplesde questions auxquelles risquent de faire facecertaines entreprises à l’égard du sujet visé. Sivous êtes confronté à une situation similaire àcelles présentées ici, veuillez demander l’aided’un professionnel, car chaque situation estunique.
  24. 24. Laurent Nahmiashlaurent.nahmiash@fmc-law.com 514 878 8818

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