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  1. 1. CV : Quel contenu ? François MEULEMAN : « Que mettre dans mon CV ? Quelles informations ? Comment les structurer ? Que placer en avant-plan ? Que dois-je garder pour l’entretien ? » Aucune de ces questions n’a de réponses pré-formatées. Chacune nécessite une réflexion adaptée à votre démarche.
  2. 2. Je reprends, ci-dessous, quelques capitons. Leur rôle est d’assurer un lien entre votre histoire, d’une part, et celle de l’entreprise, d’autre part. Ces liens sont des repères qui permettent au recruteur (a) de comprendre votre démarche, (b) de vous imaginer au sein de son entreprise, (c) de bénéficier d’aide (vous lui soufflez les questions à vous poser et, parfois même, les réponses à y apporter) et enfin (d) de cerner directement les points forts de votre candidature et les bénéfices que cela représente pour son entreprise. Les points qui font lien 1. Le roi, c’est elle 2. Savoir aller à l’essentiel 3. Imaginer une structure et s’y tenir 4. Permettre la mémorisation 5. Susciter le désir 6. La longueur : un débat sans fin 1. Le roi, c’est elle La personne qui intéresse le plus le recruteur, ce n’est pas vous, c’est son entreprise. Au travers de chaque ligne de votre CV, il traque l’avantage pour sa société. Deux principes à suivre donc : − Adapter son CV aux différents postes ou aux entreprises
  3. 3. − Veiller à parler de son avenir au sein de l’entreprise et ne pas se focaliser sur ses réussites antérieures. Pour bien s’adapter, il convient donc de ciblez les entreprises et gardez-vous une approche au kilo : les envois massifs peuvent parfois vous offrir l’opportunité inattendue. Le petit piège à éviter : Expliquer comment vous avez raflé un contrat à l’entreprise du recruteur… Le petit piège à éviter n°2 : Le monde du travail exige souvent certains raccourcis avec la légalité : inutile de relater cela au recruteur. Devant lui, vous êtes et resterez un chevalier blanc. 2. Savoir aller à l’essentiel Votre ennemi, c’est le détail. Les recruteurs le disent : certains CV sont réellement soulants ! La masse noie l’essentiel : vous devez vous astreindre à ne communiquer que sur ce qui pourrait intéresser l’employeur. Dans tout CV, il y a des choses importantes. S’il y a dix pages, le recruteur ne pourra pas les identifier. De plus, quand il sera à la dixième, il aura oublié le début. En pratique : − Identifiez les points essentiels de votre CV : votre Cheval de Troie pour « entrer en entretien ».
  4. 4. − Echafaudez une stratégie pour que le recruteur ne voie qu’eux. − Rédigez votre CV sur base de cette stratégie. − La bannière d’annonce et les titres sont des rubriques privilégiées pour les mettre en évidence. N’hésitez pas à enfoncer le clou. Au diable les conventions, l’essentiel se répète ! Le petit piège à éviter : La faute d’orthographe qui reste, malgré les corrections, se cache souvent dans les titres. Le petit piège à éviter n°2 : Ne jamais donner à un psy un bâton pour vous frapper, il l’utilisera ! Eviter de parler de vos échecs, de mettre en évidence vos lacunes ou vos points faibles… 3. Imaginer une structure et s’y tenir Pour être clair, il faut être structuré. Votre CV est une histoire que vous devez raconter. Cette histoire, vous allez lui donner une structure comme un conte ou une fable : il y aura un début, des rebondissements, des épreuves et une fin heureuse.
  5. 5. Vous ne devez pas être un grand littéraire pour structurer votre CV, mais il faut respecter un cadre. Le cadre-structure Le cadre-structure est relativement souple. Chacun est libre de structurer son CV comme il le conçoit. Mais il y a trois règles simples à respecter : l’empan, la congruence et la répétition. I. L’empan Les habitudes sociales veulent que, depuis bien longtemps, nos civilisations aient pris l’habitude de présenter les choses par 3, 5 ou 7. Nous y sommes habitués : les chandeliers ont 7 branches, les religions 5 piliers, Blanches-Neige 7 nains, nos semaines 7 jours ; il y eut aussi la trinité, les 7 jours de la création et les 7 mercenaires. Les exemples sont légions ; des religions de l’Antiquité aux campagnes de communications actuelles, l’empan est partout : tout est mis en scène par 3, 5 ou 7 ! Des études ont prouvé que nous comprenions, mémorisions et acceptions mieux une information structurée suivant cet empan1. 1 De façon (très) schématique : le 3 est l’empan de crise, le 5 celui du projet et le 7 celui du dialogue ou de l’explication.
  6. 6. L’idéal est donc que la structure de votre CV ainsi que celle de votre lettre de motivation l’adoptent également. II. La congruence Votre candidature n’est pas unique. Elle se décline sous différents canaux. Les trois principaux sont : le CV, la lettre de motivation et l’entretien d’embauche. Mais nous pourrions ajouter : les CV en ligne, l’ombre numérique, la cooptation ou la recommandation… Pour que votre message soit clair, il faut qu’il soit unique. La congruence, c’est cette homogénéité entre ces différents canaux : tous doivent raconter la même histoire, selon la même structure. En pratique : − Votre lettre de motivation doit reproduire la structure de votre CV. − Votre entretien d’embauche traduira lui- aussi cette structure. − Vos CV en ligne, vos présentations ou autres pages sociales se calqueront sur cette structure. − Si un ami, un membre de votre famille ou un ancien collègue désire vous introduire,
  7. 7. faites lui répéter les trois étapes de votre carrière ou vos trois points forts. III. La répétition Après 65 ans, le Petit Prince a toujours raison : L’essentiel est invisible pour les yeux. Il va donc falloir insister que cet essentiel se voit. Une structure, pour être comprise, doit être expliquée et répétée. Cela est particulièrement important en entretien d’embauche : le recruteur doit avoir la carte en main, comprendre à tout moment où il se situe dans vos explications et où vous l’emmenez. En pratique : − La lettre de motivation peut expliquer la structure de votre CV. − La bannière d’annonce peut également tenir ce rôle. − Ne pas hésiter à rappeler où le lecteur se situe, d’où il vient et où il va. Le petit piège à éviter : Répéter est toujours positif, infantiliser jamais : mais veillez à ne pas donner l’impression au recruteur de le prendre pour un imbécile.
  8. 8. Le petit piège à éviter n°2: Ne soyez pas obsédé par l’empan, c’est juste un outil de communication. Si vous avez occupé quatre postes, dans quatre entreprises, gardez tout, ne sacrifiez pas l’un d’entre eux sur « l’autel de l’empan » ! 3. Permettre la mémorisation En entreprise, comment se passe la première étape d’un recrutement ? La secrétaire a décacheté les enveloppes, déplié les CV et les lettres de motivations pour les candidatures envoyées par courrier et, pour les autres, les a imprimés. Le recruteur, une tasse de café à la main, passe en diagonale l’ensemble des CV. Il entre dans un bureau ou un collègue l’attend pour effectuer le premier tri. Le CV qui a gagné, c’est celui dont il dira « J’en ai un qui a l’air intéressant ». Il faut donc marquer les esprits. Vous devez secourir le recruteur perdu devant 50, voire 200 CV : vous devez lui souffler le point à mémoriser. Tous les trucs sont bons : bannière d’annonce, lettre d’accompagnement… mais les deux mots clefs restent : synthèse et structure. Le petit piège à éviter : Toutes les secrétaires n’ont pas d’agrafeuses ou, comme pour la plupart, ces dernières sont vides depuis des
  9. 9. semaines. Pour vos envois par courrier postal, pensez à agrafer vos documents ; pour vos envois PDF, mentionnez en bas de page le numéro de la page ainsi que vos nom et prénom… au cas où la pile tomberait par terre. Le petit piège à éviter n°2 : Certains candidats masquent leur valeur ajoutée. Pourquoi ? Parfois pour être meilleur marché ou pour se mettre au niveau des autres postulants, pour paraître plus vieux ou plus jeune. Parfois aussi, parce que leur point fort a été la cause de problème, voire de licenciement. Je me souviens d’un participant à un groupe de suivi : il était rigoureux, ordonné et honnête. Ces qualités lui avaient valu certaines inimitiés et causé sa mise à pied. Il essayait de masquer ces qualités-là, alors qu’elles représentaient ses points forts. 4. Susciter le désir Vous vous rappelez ? Nous avions décidé ensemble de tourner le dos à la candidature classique de nos parents pour entrer dans le monde « sauvage » du Marketing. Le Marketing, certains le savent, d’autres le devinent, n’est que désir : réveiller le désir, l’entretenir, le susciter et même l’inventer : le créer de toutes pièces. En 1980, personne n’était aliéné aux téléphones portables, aux PC ou autres IPOD.
  10. 10. Idem en recrutement : avant de vous connaître, pas une once d’intérêt. Votre CV envoyé, il faut que l’étincelle scintille : le recruteur doit avoir envie d’en savoir plus. Il doit désirer vous voir, vous entendre ou vous défendre. Pour cela, il existe des techniques : 1. La forme C’est essentiellement dans l’image, le vu ou le non-vu (le deviné ou le suggéré) que le désir ou, plus simplement, la curiosité naissent. Ce sera l’objet du paragraphe (d) de ce chapitre. 2. Le cadre et non le détail Quand, dans votre CV, vous présentez vos expériences professionnelles, évitez d’expliquer votre job dans le détail. Citez le nom de l’entreprise et votre fonction : le recruteur imaginera de lui-même ce qui, dans cette fonction, pourrait être un plus pour son entreprise. Il voudra conforter ou infirmer son analyse et vous convoquera pour en parler. La majorité des candidats ont tendance à « s’étaler » : ils expliquent avec force détails leurs tâches, leurs responsabilités, voire leurs réussites. C’est à chaque ligne l’occasion pour le recruteur de dire NON. Plutôt que d’imaginer, il fait le tri. Dans le premier cas, vous aviez créé le désir ; ici, vous générez le rejet.
  11. 11. De toute façon, un CV n’est qu’une suite de malentendus2, autant en profiter ! 3. Le cliffhanger Officiellement, personne ne regarde sur TF1 ces séries TV grand public, mais je sais d’expérience qu’officieusement tous comprendront ce que je vais expliquer. Votre feuilleton, c’est le mardi. Pour être exact, votre feuilleton est diffusé tous les mardis. Donc, il vous faut attendre une semaine pour vous replonger dans la suite. Mais les producteurs le savent, les téléspectateurs ne sont pas fidèles. Après une semaine, leur cœur peut être pris par une autre série, une autre émission : il faut donc s’assurer de leur fidélité. HBO et les autres sociétés de production ont depuis longtemps leur arme secrète : le cliffhanger. Il faut qu’à la fin de l’épisode, le téléspectateur soit suspendu, effrayé, surpris… Il doit connaître la suite ! Le CV « liste qui n’en finit pas » doit devenir un CV qui, comme le feuilleton, surprend le recruteur, le remette en question ; il doit se retrouver en suspens, curieux, des questions plein la tête : il doit savoir ! 2 Merci à Georges Bataille pour cette paraphrase sur les avatars de la communication.
  12. 12. « Plus que cinq fois dormir, et il vous rencontre en entretien ! » De nouveau, ce qui questionne, c’est ce qui n’est pas repris, ce qui n’est pas expliqué : sachez donc organiser et mettre en scène ces fameuses informations manquantes. Le petit piège à éviter : Celui qui a tout dit dans son CV n’a plus rien à dire en entretien. Le petit piège à éviter n°2: Trop de blanc, c’est de l’invisible. Ne pas abuser donc du cliffhanger. 5. La longueur : un débat sans fin La norme, c’est deux pages et, pour les jeunes diplômés, une seule. Certains postes nécessitent des curriculums plus longs. Leur longueur est fonction de plusieurs critères : − La nature du poste pour lequel vous postulez : certains postes nécessitent des CV détaillés (dans ce cas, les recruteurs l’exigent).
  13. 13. − Le nombre de candidats : plus le nombre de CV sera important, moins le recruteur va y consacrer de temps. L’idéal est donc un CV court, clair et adapté. − Les pratiques des entreprises ou des institutions : les commissions européennes, à l’instar de la majorité des administrations, apprécient les CV détaillés. − Les agences de recrutement, d’outplacement et les chasseurs de têtes aiment également « en savoir beaucoup » sur vous. Le petit piège à éviter Le recruteur ne doit jamais avoir à réfléchir. Tout doit donc être simple et évident pour lui, non pas pour vous. Le petit piège à éviter n°2: Ne soyez pas le vieux ennuyeux : ce que vous avez fait en 1982, n’intéresse plus personne. Que faire de 15 ans d’expériences ? Synthétiser ! Et proposez, en fin de CV, une version détaillée. Plus d’info ? Retrouvez la version papier :

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