Gem2010 french

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Gem2010 french

  1. 1. Global Entrepreneurship MonitorL’entrepreneuriat en comparaison internationaleRapport national suisse 2010 Rico J. Baldegger Andreas A. Brülhart Patrick E. Schüffel Thomas Straub
  2. 2. RemerciementsLes auteurs tiennent à remercier vivement les experts natio- Les auteurs tiennent aussi à remercier l’équipe de coordina-naux qui ont aimablement accepté de nous donner leur point tion du projet GEM, en particulier Mick Hancock, Chrisde vue sur les conditions cadres de la création d’entreprise en Aylett, Niels Bosma, Alicia Corduras et Yana Litovsky, ainsiSuisse. Nous remercions également les 2002 personnes qui que les commanditaires du projet GEM au Babson College,ont accepté de participer à l’enquête téléphonique réalisée par Babson Park, MA (USA), à l’Universidad del Desarollo,la Gesellschaft für praktische Sozialforschung (gfs) Bern. Santiago, au Chili et à l’Université de Reykjavik, Reykjavik, Islande.Ce rapport n’aurait pas pu se concrétiser sans l’appui géné-reux de l’agence pour la promotion de l’innovation (CTI) et Ce rapport reprend certains éléments des résultats de l’en-de l’Institut suisse pour la formation à l’entrepreneuriat. quête suivante, réalisée au niveau mondial: Kelley, D. & Bosma, N. & Amoros, J.E. (2011). Global EntrepreneurshipDiverses personnes ont contribué de manière exceptionnelle Monitor 2010 Executive Report, disponible en ligne àà cette étude d’envergure. Les auteurs souhaitent en premier l’adresse www.gemconsortium.org.lieu remercier Sabine Frischknecht et Verena Huber, collabo-ratrices scientifiques de l’Institut Entrepreneuriat & PME, Les données utilisées dans cette étude ont été collectées etqui ont assuré la coordination avec efficience et efficacité ain- traitées de manière centralisée par le consortium GEM. Lessi que Rudolf J. Merkle et Danièle Rueger pour la révision auteurs assument toute la responsabilité en ce qui concerneconstructive et la traduction. l’analyse et l’interprétation des données.Les auteurs du rapport GEMRico J. Baldegger Patrick E. SchüffelEn tant que professeur de gestion et d’entrepreneuriat à la ravaille en tant que business developer et consultant à ZurichHaute école de gestion de Fribourg, Rico J. Baldegger di- et est chargé de cours à la Haute école de gestion de Fribourg.rige l’Institut Entrepreneuriat & PME et exerce le rôle de Après avoir obtenu un diplôme à l’Université de Mannheim,responsable académique du Master in Entrepreneurship. Il un master à la Haute école de gestion de Bergen en Norvège,a fait ses études à l’Université de St-Gall et a obtenu son il a terminé un doctorat à la Henley Business School dedoctorat à l’Université de Fribourg. Il est l’auteur de nom- l’Université de Reading. Il a publié de nombreux articles etbreuses publications sur les thèmes des processus de création ouvrages sur le thème de l’entrepreneuriat, de la stratégie etd’entreprises, de l’internationalisation des PME et de la réor- du commerce international.ganisation des entreprises familiales. Thomas StraubAndreas A. Brülhart Thomas Straub est professeur de management stratégique etAndreas Brülhart est responsable de filière pour le Master in d’entrepreneuriat à la Haute école de gestion de Fribourg.Entrepreneurship à la Haute école de gestion de Fribourg. Il a étudié les sciences administratives à l’Institut d’EtudesIl a étudié à Fribourg et Vaduz et travaille actuellement à Politiques (I.E.P) de l’Université Pierre Mendes France II àson doctorat à l’Université du Liechtenstein. Ses sujets Grenoble, France, et à l’Université de Constance, Allemagne.de recherche se situent dans les domaines «Opportunity Il a réalisé sa thèse de doctorat en sciences économiques etRecognition» et «Entrepreneurship Education». Il bénéficie sociales dans le domaine de l’économie d’entreprise à l’Uni-de plusieurs années dexpérience dans les start-ups. versité de Genève (HEC). Ses publications portent en par- ticulier sur les conditions de l’entrepreneuriat, le développe- ment des organisations et le management du savoir. 2010 Swiss Executive Report 1
  3. 3. Management SummaryLe sixième rapport national pour la Suisse du Global Ambitions entrepreneuriales: les ambitions entrepreneu-Entrepreneurship Monitor (GEM) analyse de manière dé- riales des entreprises à fort potentiel de croissance (HEA)taillée l’activité entrepreneuriale en Suisse. Le GEM est un obtiennent un score de 0.6%, plaçant ainsi la Suisse enprojet de recherche international lancé conjointement dans 13e position parmi les 22 pays dont l’économie est basée surles années 1990 par la London Business School et le Babston l’innovation. Les ambitions entrepreneuriales restent stables,College (USA). Le GEM Global Report 2010 repose sur au même niveau qu’en 2009. La composante innovanteune enquête effectuée auprès de 175’000 personnes dans 59 considérée comme un indicateur supplémentaire de la volon-pays qui représentent 52% de la population mondiale et 84% té d’entreprendre n’est en Suisse pas supérieure à la moyenne.du produit national brut mondial. Le rapport national de la Cette image de l’ambition entrepreneuriale peut être com-Suisse s’appuie sur les données du GEM Global Report pour plétée par une orientation internationale relativement modé-présenter les attitudes, les activités et les ambitions entrepre- rée des activités entrepreneuriales.neuriales, et analyser les conditions cadres de l’entrepreneu-riat ainsi que les effets de la crise financière sur les activités Conditions cadres pour entreprendre : les conditions cadresentrepreneuriales. Son point fort réside dans la comparaison en Suisse ont été évaluées par les experts comme étant sensi-de la Suisse avec les autres pays dont l’économie est basée sur blement meilleures que dans les autres pays dont l’économiel’innovation (en tout 22 pays). est basée sur l’innovation. Les points forts de la Suisse sont les infrastructures matérielles, la protection de la propriétéAttitudes entrepreneuriales et perceptions de l’entrepre- intellectuelle, les finances, le transfert des connaissances et deneuriat: en règle générale, les attitudes et les perceptions de la technologie ainsi qu’une stabilité du marché intérieur. Parla population adulte à l’égard de l’entrepreneuriat sont supé- contre, les règles administratives, la fiscalité, l’engagementrieures à la moyenne des pays dont l’économie est basée sur politique ainsi que les normes et valeurs sociétales ont étél’innovation. Par contre, l’attention portée en Suisse à l’entre- moins bien notés.preneuriat et aux entrepreneurs par les médias pourrait êtreaméliorée. L’entrepreneuriat et la crise financière 2008-2010: la crise a laissé des traces visibles dans l’activité entrepreneuriale enActivités entrepreneuriales: au moment de l’enquête, à Suisse. Actuellement, le nombre d’individus déclarant vou-peine 5% des adultes en Suisse étaient en phase de création loir se lancer dans la création d’une entreprise a régressé, ded’entreprise (entrepreneurs émergents) ou à la tête d’une en- même que le nombre d’entrepreneurs émergents et d’entre-treprise de moins de 3 ans (entrepreneurs nouveaux). Le Total preneurs nouveaux. D’un autre côté, davantage de possibi-Early-Stage Entrepreneurial Activity (TEA) de la Suisse lités de carrière ont été perçues et la crainte d’une faillite aétait légèrement inférieur à la moyenne du groupe des pays diminué.dont l’économie est basée sur l’innovation et a chuté pour lapremière fois depuis 2005. Très probablement ce recul est un La «nécessité» est de plus en plus fréquemment invoquéeeffet à retardement de la crise financière, dans le sens où des comme motif pour devenir entrepreneur, ceci ne suffisantpersonnes, dans un tel contexte économique, privilégient la toutefois pas à absorber le recul du TEA. D’autre part, onsécurité d’un emploi à un projet de création d’entreprise. ne peut observer de recul significatif de la perception d’op- portunités d’affaires en Suisse; la comparaison dans le temps et entre les pays révèle en effet une situation extrêmement stable. Il est réjouissant de constater qu’un bon nombre d’entreprises considèrent positivement leurs perspectives de croissance.2 2010 Swiss Executive Report
  4. 4. SommaireFigures 4Tableaux 51 Introduction 7 1.1 La place de l’entrepreneuriat dans l’économie mondiale 7 1.2 Comment le GEM mesure-t-il l’entrepreneuriat? 7 1.3 Développement économique et entrepreneuriat 7 1.4 Le modèle GEM 8 1.5 Le GEM en Suisse 92 Une vue d’ensemble de l’entrepreneuriat en 2010 10 2.1 Attitudes et perceptions vis-à-vis de l’entrepreneuriat 10 2.2 Activité entrepreneuriale 12 2.2.1 TEA 14 2.2.2 Structure selon l’âge et le genre 15 2.3 Activité entrepreneuriale des entreprises établies 18 2.4 Ambitions entrepreneuriales 20 2.4.1 Activité entrepreneuriale à forte aspiration de croissance 20 2.4.2 Activité entrepreneuriale axée sur l’innovation 23 2.4.3 Orientation internationale 243 Conditions cadres de l’entrepreneuriat 25 3.1 Conditions cadres de l’entrepreneuriat en comparaison internationale 25 3.2 Conditions financières 294 L’entrepreneuriat face à la crise financière de la période 2008 à 2010 31 4.1 Impacts de la crise sur le processus entrepreneurial 31 4.2 Impacts de la crise sur les types d’entrepreneurs 33 4.3 Effet de la crise sur l’activité de création d’entreprise et la croissance 35Bibliographie 37Glossaire 38Index des pays 39Liste des experts 40© Copyright 2011R. Baldegger, A. Brülhart, P. Schüffel et Th. StraubGraphisme et mise en page: STLDESIGN - Estelle Hofer-Piguet Dans le présent document, toute désignation de personne, de statut et de fonction vise indifférement l’homme ou la femme. 2010 Swiss Executive Report 3
  5. 5. FiguresFigure 1: Processus entrepreneurial et valeurs mesurées par le GEM 8Figure 2: Le modèle GEM 9Figure 3: Taux d’activité entrepreneuriale (TEA) des pays dont l’économie est basée sur l’innovation, avec un intervalle de confiance de 95%, 2010 13Figure 4: Raisons de la cessation d’une activité entrepreneuriale dans les pays dont l’économie est basée sur l’innovation et en Suisse, 2009-2010 13Figure 5: Activité de création d’entreprise par nécessité (TEA) et PIB par habitant en USD (source: GEM et IMF), 2010 14Figure 6: Taux d’activité entrepreneuriale (TEA) selon l’âge dans les pays dont l’économie est basée sur l’innovation et en Suisse, 2009-2010 15Figure 7: Taux d’activité entrepreneuriale (TEA) par genre dans les pays dont l’économie est basée sur l’innovation, 2010 16Figure 8: Activité entrepreneuriale (TEA) des femmes par secteur, 2010 17Figure 9: Développement du taux d’activité entrepreneurial (TEA) féminin entre 2003 et 2010 18Figure 10: Activité des entreprises établies dans les pays dont l’économie est basée sur l’innovation avec un intervalle de confiance de 95%, 2010 19Figure 11: Différences dans les espérances de création d’emplois des entrepreneurs émergents et des entrepreneurs nouveaux dans les pays dont l’économie est basée sur l’innovation, 2008-2010 20Figure 12: Degré de la protection du travail (2004) et de l’activité de création d’entreprise à forte aspiration de croissance (HEA) (source: GEM et OCDE), 2010 21Figure 13: Elargissement relatif des activités entrepreneuriales en croissance forte et modérée, 2008-2010 22Figure 14: Taux d’activité entrepreneuriale (TEA) avec des nouveaux produits et/ou marchés, 2008-2010 23Figure 15: Part des activités de création d’entreprises avec orientation internationale, 2008-2010 24Figure 16: Corrélation entre la sécurité juridique et les opportunités (TEA), 2010 25Figure 17: Motivation des entrepreneurs dans les économies mues par l’innovation et en Suisse, 2009-2010 26Figure 18: Valeurs pour les conditions cadres entrepreneuriales (avis d’experts) selon groupes de pays et pour la Suisse (moyenne des pays non pondérée), 2010 26Figure 19: Valeurs et normes sociétales (avis d’experts) en Suisse, 2010 28Figure 20: Transfert de savoir et technologique (avis d’experts) en Suisse, 2010 28Figure 21: Conditions financières de l’entrepreneuriat en Suisse, 2010 294 2010 Swiss Executive Report
  6. 6. Figure 22: Part des investisseurs informels âgés de 18-64 ans (avec un intervalle de confiance de 95%), 2010 30Figure 23: Attitude entrepreneuriale en Suisse, 2003-2010 31Figure 24: Activité entrepreneuriale en Suisse, 2003-2010 32Figure 25: Effets du ralentissement économique global sur la perception des opportunités d’affaires par les entrepreneurs 33Figure 26: Opportunités d’affaires perçues dans les pays dont l’économie est basée sur l’innovation, 2002-2010 34Figure 27: Part du taux d’activité entrepreneuriale (TEA) représentant les entrepreneurs qui estiment la création d’une entreprise plus difficile 35Figure 28: Part des entreprises établies dont les aspirations de croissance ont diminué 36 TableauxTableau 1: Attitudes et perceptions entrepreneuriales dans les 22 pays dont l’économie est basée sur l’innovation (source: GEM et IMF), 2010 11Tableau 2: Activité entrepreneuriale dans les 22 pays dont l’économie est basée sur l’innovation, 2010 12Tableau 3: Classement des conditions cadres entrepreneuriales (avis d’experts), 2010 27 2010 Swiss Executive Report 5
  7. 7. 6 2010 Swiss Executive Report
  8. 8. 1 Introduction1.1 La place de l’entrepreneuriat 1.2 Comment le GEMdans l’économie mondiale mesure-t-il l’entrepreneuriat?Les décideurs politiques et les économistes s’accordent à sou- Le GEM entend mesurer en premier lieu l’engagement desligner l’importance du rôle joué par l’entrepreneuriat dans le individus dans les créations d’entreprise; c’est ce qui le dis-développement et le bien-être d’une société. Les entrepre- tingue des autres enquêtes sur l’entrepreneuriat qui, elles, seneurs créent des emplois et font avancer les innovations. Par basent essentiellement sur des données provenant de l’enre-ailleurs, leur action génère une situation de concurrence qui gistrement officiel des entreprises nouvellement créées.favorise directement la productivité. L’entrepreneuriat appa-raît donc comme un catalyseur de la croissance économique Du point de vue de son processus, l’activité entrepreneurialeet de la compétitivité nationale. est subdivisée en différentes phases (figure 1). Le versement des salaires à une personne, y compris au propriétaire, durantLe projet de recherche GEM (Global Entrepreneurship une période de plus de trois mois est interprété comme uneMonitor) vise trois objectifs majeurs: création d’entreprise.• mesurer les différences relatives au niveau des activités entrepreneuriales entre les pays, Les personnes qui préparent activement des ressources en• identifier les facteurs qui influencent le niveau des vue de créer leur propre entreprise mais qui n’ont pas en- activités entrepreneuriales au niveau national, core procédé à la création elle-même, sont appelés «entre-• identifier les conditions politiques à même de favoriser preneurs émergents» (Nascent Entrepreneurs). Les individus les activités entrepreneuriales. qui possèdent et gèrent une entreprise mais qui n’ont pas en- core versé de salaires durant plus de 42 mois, sont appelésLe GEM se base essentiellement sur trois prémisses. En «entrepreneurs nouveaux» (New Business Owner-Manager).premier lieu, le bien-être économique d’une société dépend Cette période de 42 mois provient de conclusions théo-fortement de la dynamique entrepreneuriale qui y règne, ceci riques et pratiques sur la phase de démarrage des entreprisesindépendamment du degré de développement de son éco- (cf. Reynolds, Bosma, Autio et al., 2005). Le taux total d’ac-nomie. Dans les sociétés basées sur l’innovation comme la tivité entrepreneuriale (Total Entrepreneurial Activity, TEA)Suisse, le «comportement entrepreneurial orienté vers l’op- est obtenu en additionnant le nombre d’entrepreneurs émer-portunité», à savoir l’engagement dans des activités entre- gents et d’entrepreneurs nouveaux. Les personnes qui ontpreneuriales dans le but de mettre en œuvre une opportu- versé des salaires durant plus de 42 mois sont appelées «en-nité d’affaires prometteuse, est particulièrement important. trepreneurs établis» (Established Business Owner). Enfin,Deuxièmement, la capacité entrepreneuriale d’une société re- les individus ayant cessé une activité entrepreneuriale durantpose tant sur les compétences et motivations d’individus que les douze derniers mois sont également pris en compte danssur une image positive de l’entrepreneuriat. Enfin, ce sont l’étude.avant tout les activités entrepreneuriales à fortes intentionsde croissance qui génèrent de nouveaux emplois. Quant auxprojets d’entreprises innovants et transfrontaliers, ils jouentun rôle essentiel dans la compétitivité nationale. 2010 Swiss Executive Report 7
  9. 9. 1.3 Développement économique 1.4 Le modèle GEMet entrepreneuriat Le modèle GEM (figure 2) met tout d’abord en évidenceDepuis le «GEM Global Report 2008», les pays sont compa- le lien entre le contexte social, culturel et politique et lesrés au moyen de la classification du «Global Competitiveness conditions cadres de nature économique. Le troisième blocReport» (Porter, Sachs & McArthur, 2002). Cette classifica- (innovation et entrepreneuriat) concerne les économiestion prévoit la répartition des pays en trois groupes. mues par l’innovation; les exigences en termes de conditions cadres favorisant l’efficience y sont généralement comblées.Un premier groupe est composé des pays de faible puissance Or si celles-ci sont nécessaires à l’encouragement des acti-économique, les économies mues par les facteurs. La crois- vités entrepreneuriales basées sur l’identification et l’exploi-sance de ces pays découle principalement d’un recours impor- tation d’opportunités d’affaires prometteuses, elles ne sonttant aux facteurs de production primaires (terres, gisements pas suffisantes: des conditions spécifiques à l’entrepreneuriatde matières premières, main-d’œuvre faiblement qualifiée). (transfert Ra&D, mise à disposition de capital d’amorçage etLa croissance économique du deuxième groupe (économies venture capital, ouverture du marché intérieur etc.) sont in-mues par l’efficacité) repose avant tout sur l’augmentation de dispensables à l’encouragement d’un comportement orientél’efficacité, souvent obtenue par des investissements directs vers l’innovation.étrangers (par exemple importation de technologies de pro-duction). Les pays du troisième groupe, les économies mues La somme de ces conditions influence les attitudes, les ac-par l’innovation, se caractérisent par d’importants investisse- tivités et ambitions entrepreneuriales des individus. Les at-ments dans la formation, la recherche et le développement, titudes entrepreneuriales sont des attitudes envers l’entre-tant de la part de l’Etat que du secteur privé. Des processus preneuriat. Dans quelle mesure la population croit-elle qu’ild’apprentissage sociaux, des hiérarchies planes dans les orga- existe de bonnes possibilités d’affaires? De quel statut les en-nisations de même que des échanges intenses entre produc- trepreneurs jouissent-ils dans la société? Ceci dépend de l’at-teurs et clients favorisent le développement et le lancement titude entrepreneuriale. Les risques qu’on est prêt à accepterde nouveaux produits et services. Dans ce contexte, de jeunes ou l’estimation des compétences du savoir et de l’expérienceentreprises innovantes peuvent jouer un rôle important. en lien avec la création d’entreprise sont d’autres éléments importants. Les attitudes entrepreneuriales influencent l’ac-La Suisse fait partie des économies «innovation-driven». tivité entrepreneuriale et vice-versa. L’activité entrepreneu-Parmi les 59 pays ayant participé au GEM 2010, 22 appar- riale peut prendre différentes formes. Ici, le nombre absolutiennent à ce groupe. Elles forment le groupe de comparaison d’entreprises créées par la population est important, de mêmepour les données suisses. que la relation entre créations d’entreprise et faillites. LesFigure 1: Fermeture de lentrepriseProcessus entrepreneurial etvaleurs mesurées par le GEM Taux dactivité entrepreneuriale (TAE) Entrepreneurs Entrepreneurs Nouveaux Entrepreneurs potentiels: émergents: entrepreneurs: établis: opportunités, travaillent sur propriétaires propriétaires savoir et des projets dirigeants dirigeants compétences d’entreprise dentreprises nouvelles d’entreprises établies en gestation (moins de 3.5 années) (plus de 3.5 années) Conception Fondation Pérennité8 2010 Swiss Executive Report
  10. 10. activités entrepreneuriales peuvent être catégorisées selon di- Au printemps et en été 2010, la Gesellschaft für praktischevers critères: par branches, taille de l’équipe de fondateurs ou Sozialforschung (gfs) Bern a interrogé par téléphone 2002selon des données démographiques telles que le sexe, l’âge ou personnes, âgées de 18 à 99 ans et choisies au hasard en Suisse.le niveau de formation des fondateurs. Les ambitions entre- En outre, 36 experts nationaux de l’entrepreneuriat ont étépreneuriales décrivent l’aspect qualitatif de l’activité entre- interviewés sur les conditions cadres de l’entrepreneuriatpreneuriale, par exemple les efforts pour lancer de nouveaux en Suisse. La direction du projet GEM pour la Suisse estproduits ou processus, pour aborder des marchés internatio- assumée par l’Institut Entrepreneuriat & PME de la Hautenaux ou mettre sur pied une nouvelle organisation dans le but école de gestion de Fribourg (www.gem-suisse.ch).de générer de la croissance avec des capitaux externes. En plus des données sur l’activité entrepreneuriale enL’interaction de ces trois composantes de l’entrepreneuriat général, le présent rapport traite des conditions cadres dedonne lieu à une activité productive qui génère des emplois l’entrepreneuriat (chapitre 3) et des incidences de la criseet crée du bien-être. financière au cours de ces dernières années (chapitre 4).1.5 Le GEM en SuisseEn 2010, la Suisse a participé pour la sixième fois au projetGEM, qui existe depuis 1999. La participation annuelle auprojet permet détablir pour la Suisse une base de donnéesfiable sur le thème de l’entrepreneuriat. Une base de donnéesqui présente un potentiel d’analyse considérable et constitueun solide fondement pour des mesures politiques ou privées,ainsi que pour la formation continue. Exigences de baseFigure 2: - Institutions Nouvelle branche, Entreprises établies croissance deLe modèle GEM - Infrastructure - Stabilité macroéconomique (Primary Economy) lentreprise - Santé et formation de base Depuis d’autres Facteurs daccroissement sources de lefficacité Entrepreneuriat disponibles - Formation universitaire et Attitudes: professionnelle - Opportunités/occasions saisies - Efficacité du marché des - Capacité saisie marques Croissance - Efficacité du marché économique du travail Activité: nationale Contexte social, - Sophistication du marché - Stade précoce (early-stage) ( (innovation des culturel, financier - Persistance/endurance postes de politique - Disponibilité technologique - Exits travail et - Taille du marché innovation Ambitions: technique) - Croissance Innovation et - Innovation entrepreneuriat - Création de valeurs sociales - Financement entrepreneurial GEM - Politique gouvernementale Adult Population GEM - Programme gouvernemental Surveys (APS) National pour lentrepreneuriat Expert Surveys - Formation entrepreneuriale (NES) - Transfert R&D - Infrastructure légale et commerciale pour lentrepreneuriat - Ouverture du marché intérieur - Infrastructure physique - pour lentrepreneuriat - Normes socioculturelles 2010 Swiss Executive Report 9
  11. 11. 2 Une vue d’ensemble de l’entrepreneuriat en 2010Dans ce chapitre, nous montrerons comment se situe la Qu’une personne manifeste une perception positive à l’égardSuisse en ce qui concerne les attitudes, les activités et les mo- de l’entrepreneuriat n’implique en rien qu’elle se retrouverativations entrepreneuriales. La Suisse sera comparée avec les avec certitude impliquée dans une activité de nature entre-22 pays à économie basée sur l’innovation. La partie 2.1 pré- preneuriale. Il y a en réalité plusieurs choix à faire, consciem-sentera tout d’abord les attitudes et les perceptions par rap- ment ou non. La première question qui se pose est celle desport à l’entrepreneuriat. La partie 2.2 présentera ensuite une coûts d’opportunité: il s’agit de comparer les retombées esti-analyse de l’activité entrepreneuriale en Suisse, en examinant mées d’une activité entrepreneuriale à celles qu’on peut es-successivement cette activité sous l’angle de l’abandon d’ac- compter en pratiquant une autre activité, l’alternative la plustivité, de la répartition par âge et par genre, et des secteurs commune dans nos régions étant le statut de salarié.économiques où elle s’exerce. Le chapitre se clôt par une dis-cussion sur les ambitions entrepreneuriales et les conditions La seconde question est celle du risque, ou plus précisément lecadres qui régissent l’activité d’entreprendre en Suisse. lien entre le risque pris et les retombées espérées. Même dans le cas où les retombées positives d’une activité entrepreneu-2.1 Attitudes et perceptions riale sont considérablement supérieures à celles de toute autrevis-à-vis de l’entrepreneuriat alternative, le risque estimé peut être considéré comme étant trop élevé pour se lancer. Si les perceptions individuelles liéesPour qu’une activité entrepreneuriale, quelle qu’elle soit, à la prise de risque sont évidemment déterminantes lorsqu’ilpuisse avoir lieu dans un pays donné, deux éléments doi- s’agit de passer d’un statut d’employé à celui d’entrepreneur,vent être présents: des opportunités entrepreneuriales, et des des considérations démographiques comme le genre, l’âge oupersonnes ayant les compétences nécessaires à une activité l’origine jouent aussi un rôle.entrepreneuriale. Il est donc autant important pour des in-dividus de percevoir des opportunités d’entreprendre dans la Les éléments mentionnés ci-dessus pourraient mener des in-région où ils vivent que d’estimer avoir les compétences né- dividus à déclarer une intention de démarrer une entreprise,cessaires au lancement d’une activité entrepreneuriale. Nous et même à agir dans ce sens. En Suisse comme dans tous lessavons que le nombre ou la nature des opportunités perçues, pays développés, dans la majorité des cas, il s’agit d’un entre-de même que les compétences estimées, peuvent être déve- preneuriat par opportunité (Opportunity Entrepreneurship),loppées par des éléments touchant aux spécificités nationales par opposition à la situation d’entrepreneuriat par nécessitécomme la croissance de l’économie ou de la population, la (Necessity Entrepreneurship) qu’on peut trouver dans desculture, de même que les politiques menées en faveur de pays moins riches.l’entrepreneuriat. Le tableau 1 compare les indicateurs permettant d’estimerIl y a pourtant d’autres facteurs en jeu. Une confrontation la perception vis-à-vis de l’entrepreneuriat en Suisse et dansde la population, dans leur région ou à travers les médias, à les pays comparables, ceux dont l’économie est basée sur l’in-des entrepreneurs talentueux qui font preuve de succès, pour- novation. Dans ces pays, on s’attend en général à une opi-rait conduire les gens à estimer plus fortement leurs compé- nion plutôt positive vis-à-vis de l’entrepreneuriat, coupléetences, sans d’ailleurs que le niveau de compétences effectif à une relativement faible intention d’entreprendre. C’est les’en trouve amélioré. cas en Suisse, où les scores sont plutôt élevés en matière de perception d’opportunités d’affaires, de compétences néces-L’effet sera d’autant plus fort lorsque le climat économique saires comme d’attractivité de l’entrepreneuriat en tant queest favorable. Enfin, on pourra constater parmi la population carrière. Il semble que ce soit l’entrepreneur lui-même quicertaines différences quant aux compétences estimées, diffé- suscite l’admiration plutôt que qu’une éventuelle carrière en-rences qui s’expliqueront par des raisons historiques, socio- trepreneuriale pour soi-même.économiques ou des raisons d’ordre culturel.10 2010 Swiss Executive Report
  12. 12. Les attitudes générales vis-à-vis de l’entrepreneuriat en Suisse Le deuxième indicateur qui vérifie la considération dont bé-sont mesurées par trois indicateurs: l’entrepreneuriat en tant néficient les entrepreneurs qui font preuve de succès se si-que choix de carrière, le statut d’entrepreneur et l’attention tue également au-dessus de la moyenne (70%) des pays dontdes média portée sur l’entrepreneuriat. Le premier indica- l’économie est basée sur l’innovation. Pour 76% des répon-teur évalue dans quelle mesure les répondants estiment que, dants en Suisse, les entrepreneurs à succès sont crédités d’unen Suisse, l’entrepreneuriat est considéré comme un choix de bon statut social. En Finlande (87%) et en Irlande (81%),carrière acceptable. On sait que cet indicateur est d’autant ce statut est jugé encore plus positivement et pour ce qui estplus faible que le développement économique du pays en de l’Allemagne, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de laquestion est élevé. Dans la catégorie des économies mues par Slovénie, les chiffres s’alignent sur ceux de la Suisse. Le troi-l’innovation, cet indicateur pour la Suisse se situe au-dessus sième indicateur permet d’évaluer l’image de l’entrepreneu-de la moyenne (65%), au même niveau que les Etats-Unis, riat dans les médias. Cet indicateur s’avère moins positif pourl’Espagne, le Portugal, la France et la Grèce. la Suisse (51%); dans des pays tels que la Finlande (71%), l’Australie (70%), les Etats-Unis (68%), l’Islande (67%), la Norvège (67%), l’Irlande (61%), la Corée (61%), les Pays-Bas (61%) et la Suède (61%), les médias offrent une couverture plus positive de l’entrepreneuriat.Tableau 1:Attitudes et perceptionsentrepreneuriales dansles 22 pays dont l’économieest basée sur l’innovation(source: GEM et IMF), 2010 Intentions Entrepreneuriat Statut plus élevé Attention Opportunités Compétences Peur de lechec* entrepreneu- en tant que bonne des entrepreneurs des médias envers perçues perçues riales** chance de carrière prospères lentrepreneuriat Australie 46 53 36 9 57 68 70 Belgique 40 45 35 8 60 51 46 Danemark 46 41 32 6 Finlande 51 40 29 6 46 87 71 France 34 37 40 14 65 68 45 Allemagne 28 42 34 6 53 77 49 Grèce 16 52 51 13 66 70 35 Islande 49 49 34 16 51 61 67 Irlande 23 49 33 6 52 81 61 Israël 35 42 46 14 61 73 56 Italie 25 42 37 4 69 69 38 Japon 6 14 33 3 28 52 59 Corée du Sud 13 29 32 10 68 71 61 Pays-Bas 45 46 24 5 85 69 61 Norvège 50 40 27 8 58 71 67 Portugal 20 52 30 9 67 71 53 Slovénie 27 56 28 9 53 74 56 Espagne 19 50 36 6 65 63 41 Suède 66 42 29 9 57 72 61 Suisse 33 44 27 7 65 76 51 Royaume-Uni 29 52 30 5 51 77 52 Etats-Unis 35 60 27 8 65 76 68 Moyenne 33 44 33 8 59 70 56 (non pondérée)* Dénominateur: population 18-64 ans percevant de bonnes opportunités pour démarrer une affaire.**Dénominateur: population 18-64 ans n’étant pas engagée dans une activité entrepreneuriale. 2010 Swiss Executive Report 11
  13. 13. Plus loin, le questionnaire GEM demande aux répondants 2.2 Activité entrepreneurialesi la crainte de l’échec les empêcherait de démarrer une ac- Le tableau 2 synthétise, pour les pays dont l’économie esttivité entrepreneuriale. 27% des personnes ayant une bonne basée sur l’innovation, l’implication dans des activités entre-opportunité, y répondent par de la crainte. Cette valeur se preneuriales à différents stades du processus. Les principauxsitue en dessous de la moyenne (33%) des pays dont l’écono- indices mesurés dans ce tableau relèvent du taux d’activitémie est mue par l’innovation. Dans ce groupe, les Pays-Bas entrepreneuriale (TAE), et concernent en particulier lesaffichent le taux le plus bas (24%) et la Grèce le taux le plus personnes qui entrent dans les catégories des entrepreneursélevé (51%). La comparaison des données internationales émergents et des entrepreneurs nouveaux.souligne que la perception d’opportunités d’affaires s’amé-liore et que l’intention de créer une entreprise augmente à Le taux d’entrepreneurs émergents donne une indication desmesure que la crainte d’un échec diminue. Les changements entreprises qui sont en gestation. Le taux d’entrepreneurspolitiques peuvent avoir un impact positif sur la préparation nouveaux indique, quant à lui, la participation des répondantsau risque. Dans ce sens, on peut citer notamment la suppres- dans une entreprise ayant payé des salaires depuis moins desion des avantages liés aux prestations de santé et de retraite 3 ans et demi au moment de l’enquête. Pour ces deux indica-dans les grandes entreprises, l’amélioration des compétences teurs, l’étude a pris en compte des entreprises dans lesquellesdes créanciers et investisseurs dans l’évaluation des projets de les personnes interrogées étaient directement impliquées danscréation d’entreprise à haut risque, et la réduction des effets la gestion, sans en être forcément propriétaires à 100%. Lenégatifs de la protection contre le licenciement ou du droit taux d’activité entrepreneuriale (TAE) présenté dans la figurede la faillite. 3 est l’addition du taux d’entrepreneurs émergents et du tauxTableau 2:Activité entrepreneuriale dansles 22 pays dont l’économie estbasée sur l’innovation, 2010 Création Activité Création par opportunité, Entrepreneurs Nouveaux entre- Entrepreneurs Fermeture de par nécessité - entrepreneuriale amélioration du revenu émergents preneurs établis lentreprise pas dautre option totale (TAE) (% du TAE) (% du TAE) Australie 3.9 4.0 7.8 8.5 2.7 18.5 58.7 Belgique 2.3 1.4 3.7 2.7 2.0 9.9 53.5 Danemark 1.8 2.2 3.8 5.6 1.7 8.0 53.8 Finlande 2.4 3.4 5.7 9.4 1.8 18.1 54.3 France 3.7 2.3 5.8 2.4 2.5 25.2 56.0 Allemagne 2.5 1.8 4.2 5.7 1.5 25.7 48.5 Grèce 2.0 3.5 5.5 14.8 3.4 27.8 38.6 Islande 7.4 3.3 10.6 7.4 3.4 6.8 68.3 Irlande 4.4 2.6 6.8 8.6 2.3 30.8 33.1 Islande 3.2 2.6 5.7 3.1 3.8 28.8 54.0 Italie 1.3 1.0 2.3 3.7 1.6 13.4 54.6 Japon 1.5 1.8 3.3 7.4 1.5 36.4 46.9 Corée du Sud 1.8 4.8 6.6 11.2 1.6 38.9 49.0 Pays-Bas 4.0 3.4 7.2 9.0 1.4 8.4 63.9 Norvège 4.4 3.4 7.7 6.7 2.6 15.4 73.5 Portugal 1.8 2.8 4.5 5.4 2.6 21.8 51.8 Slovénie 2.2 2.4 4.7 4.9 1.6 16.2 53.8 Espagne 2.2 2.1 4.3 7.7 1.9 25.4 42.1 Suède 2.3 2.6 4.9 6.4 2.9 13.4 71.6 Suisse 2.0 3.1 5.0 8.7 2.4 14.1 60.1 Royaume-Uni 3.2 3.3 6.4 6.4 1.8 10.6 43.1 Etats-Unis 4.8 2.8 7.6 7.7 3.8 28.5 51.5 Moyenne 3.0 2.8 5.6 7.0 2.3 20.1 53.7 (non pondérée)12 2010 Swiss Executive Report
  14. 14. 20% Figure 3: Taux d’activité 15% entrepreneuriale (TEA) des pays dont l’économie est basée % de la population (18-64 ans) 10% sur l’innovation, avec un intervalle de confiance de 95%, 5% 2010 0% Italie Japon Danemark Suède Grèce Israël Finlande France Royaume-Uni Corée Irlande Pays-Bas Etats-Unis Norvège Australie Islande Slovénie Suisse Belgique Allemagne Espagne Portugald’entrepreneurs nouveaux. Les barres verticales représentent Nous avons demandé aux personnes qui ont abandonné leurles intervalles de confiance de 95%, ou marge d’erreur, et indi- affaire dans les douze mois précédant l’enquête de préciser lesquent la précision des estimations. La Suisse, avec un TAE de raisons de cet abandon. De ce point de vue, la Suisse se dis-5,0%, se situe au-dessous de la moyenne des pays industriali- tingue des pays à structure économique comparable sur troissés. Notons que pour la première fois depuis ces dernières an- points: en Suisse, on abandonne dans une plus large mesurenées, le TEA de la Suisse est en régression (2009; TEA 7,7%). son entreprise pour des raisons de retraite, pour des raisons Figure 4: Raisons de la cessation d’une activité entrepreneuriale dans les pays dont l’économie est basée sur l’innovation et en Suisse, 2009-2010100% Sortie prévue à l’avance80% Opportunité d’une autre place de travail / entreprise Opportunité de vendre l’entreprise60% Incident40% Raisons personnelles Retraite20% Problèmes de financement Entreprises déficitaires 0% Economies mues par Economies mues par Suisse 2009 Suisse 2010 l’innovation 2009 l’innovation 2010 2010 Swiss Executive Report 13
  15. 15. personnelles, et beaucoup moins parce qu’on a trouvé un Par rapport à 2009, il semble qu’en Suisse, l’abandon d’uneemploi (figure 4). Sans examen en profondeur, il est difficile activité entrepreneuriale devienne de plus en plus fréquentde se prononcer sur ces différences. Tout au plus pourrions- pour des raisons personnelles et par manque de profit. Lanous faire l’hypothèse que chez nous, le choix se fait entre cessation d’activité prévue à l’avance est nettement moinsla retraite et l’activité entrepreneuriale. Est-ce dû au relatif souvent évoquée. Les effets de la crise financière en Suisse seconfort financier de la situation de bien des retraités, ou aux feraient-ils sentir à retardement?pièges fiscaux que cache l’attribution d’une rente parallèle-ment à un revenu? 2.2.1 TEA En reliant l’activité entrepreneuriale nationale au produit in-En ce qui concerne la vente de son entreprise, la Suisse fait térieur brut (PIB) indexé et au pouvoir d’achat par habitant,face à une vague importante de personnes possédant leur nous obtenons d’intéressants résultats. Il s’avère ainsi queentreprise et arrivant à l’âge de la retraite. Or la remise de l’économie nationale des pays ayant un faible revenu par habi-son entreprise dans le cercle extra-familial, souvent par le tant se caractérise par une importante proportion de très pe-biais d’une vente plutôt qu’au sein de la famille, est une pra- tites entreprises (TPE). Au fur et à mesure que le revenu partique attestée de plus en plus courante (Halter, Schrettle & habitant augmente, l’industrialisation ainsi que des économiesBaldegger, 2009). Cesser son activité pour changer d’emploi d’échelle permettent à des entreprises de taille plus importanteest plus fréquent dans les pays qui nous entourent, c’est peut- de satisfaire une demande en expansion et de jouer ainsi unêtre là le signe d’une plus grande mobilité sur le marché du rôle de plus en plus important dans l’économie. Une certainetravail, ou peut-être, dans certains cas, l’indice que l’entre- stabilité politique et économique est importante pour générerpreneuriat n’est souvent considéré que comme une situation de la croissance, et ceci n’est possible que par le développe-provisoire, en attendant de trouver une autre activité salariée. ment d’institutions fortes, et d’un appareil législatif transpa- rent et communément accepté. L’augmentation du rôle de ces grandes entreprises peut s’accompagner d’une diminution du 20%Figure 5: VU AO Angola GH Ghana NL Pays-Bas AR Argentine GR Grèce N0 NorvègeActivité de création 18% AU Australie GT Guatemala PE Pérou BA Bosnie-Herzégovine HR Croatie PK Pakistand’entreprise par nécessité BE Belgique HU Hongrie PT Portugal de la population (18-64 ans) impliqueés dans une création BR Brésil IE Irlande RU Russie 16%(TEA) et PIB par habitant en UG CH CL Suisse Chile IR IS Iran Islande SA SI Arabie Saoudite Slovénie CN Chine IT Italie TN TunisieUSD (source: GEM et IMF), dentreprise, crée par nécessité (TEA) 14% CO Columbie JM Jamaïque TR Turquie CR Costa Rica JP Japon TT Trinidad et Tobago2010 GH DE DK Allemagne Danemark KR LV Corée du Sud Lettonie TW UG Taïwan Ouganda 12% EC Ecuador ME Monténégro UK Royaume-Uni AO EG Egypte MK Macédonie US Etats-Unis ZM ES Espagne MX Mexique UY Uruguay 10% FI Finlande MY Malaisie ZA Afrique du Sud FR France RO Roumanie CO 8% BO CN EC 6% PE ME AR BR IR JM MK CL 4% EG CR PK BA ZA TR KR UY LV R2 = 0.6272 GT TW IE US 2% HR TT IL GR MX TN RO JP FR FI DEIS AU NO MY RU HU SA PT SI ES UK SE NL 0% IT BE DK CH 0 10 20 30 40 50 60 PIB par tête, parité de pouvoir dachat épurée, en milliers ($)14 2010 Swiss Executive Report
  16. 16. nombre de créations d’entreprise, les gens trouvant un em- De ce point de vue, la Suisse se distingue par une proportionploi salarié dans ces grandes organisations. Il apparaît donc faible de jeunes entrepreneurs: en effet, dans la catégorie desévident que le TEA n’évolue pas uniquement en fonction du 18-24 ans et des 25-34 ans, les personnes exerçant une acti-niveau de développement économique, mais qu’il est égale- vité entrepreneuriale sont peu représentées. Les 35-44 ansment influencé par d’autres facteurs; on peut citer notamment affichent le taux de création d’entreprise le plus élevé avecla croissance de la population, à travers son impact sur la de- 8,8%; comparé à 2009, il a même augmenté. Entre 2009 etmande ou sur la taille du groupe d’entrepreneurs. 2010, les changements sont marquants et peuvent expliquer le fléchissement du TEA en Suisse. Il semble qu’actuelle-Représenté par la figure 5, le lien entre pouvoir d’achat et ment, les jeunes diffèrent leur projet de création d’entreprise:activité entrepreneuriale pour des raisons de nécessité ren- ils rallongent leurs études, souhaitent gagner de l’expérienceforce ces constats. La Suisse se situe très clairement dans la ou privilégient la famille, et ne finissent par réaliser leur pro-partie droite de la figure, là où le PIB est plus élevé. S’agissant jet d’entreprise qu’au moment d’une deuxième ou d’une troi-du TEA pour des raisons de nécessité, elle se trouve dans la sième carrière.moitié inférieure, un peu en dessous de la courbe. La figure 7 compare, pour chaque pays du GEM, le taux d’ac-2.2.2 Structure selon l’âge et le genre tivité entrepreneuriale masculin et féminin. Le ratio hommesLa figure 6 montre bien que l’activité entrepreneuriale diffère femmes varie considérablement suivant les pays, pour desselon les groupes d’âge, et ceci quel que soit le niveau de dé- raisons culturelles, liées à la place laissée aux femmes dansveloppement économique. En règle générale, le groupe des l’activité économique. On constate que dans les pays dont25-34 ans est celui qui, en moyenne, atteint le taux le plus l’économie est basée sur l’innovation, le ratio est en généralélevé. On peut aussi constater que, sauf chez les plus jeunes, d’une femme pour deux hommes. La Suisse se distingue icila volonté de créer une entreprise décroît à mesure que l’âge en occupant la troisième place, juste derrière l’Australie etet les compétences perçues augmentent. l’Islande, avec un ratio de 2 femmes pour 3 hommes. 18-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans Figure 6:10% Taux d’activité entrepreneuriale (TEA)9% selon l’âge dans les pays8% dont l’économie est basée sur7% l’innovation et en Suisse, 2009-20106%5%4%3%2%1%0% Economies basées Economies basées Suisse 2009 Suisse 2010 sur linnovation sur linnovation 2009 2010 2010 Swiss Executive Report 15
  17. 17. Figure 7: Hommes FemmesTaux d’activité 16%entrepreneuriale (TEA)par genre dans les pays dont 14%l’économie est basée surl’innovation, 2010 12% 10% 8% 6% 4% 2% 0% Slovénie Grèce Italie Corée du Sud Allemagne Portugal Espagne Belgique Suède Finlande Irlande Pays-Bas Israël Royaume-Uni France Etats-Unis Islande Australie Japon Norvège Suisse DanemarkSi l’on compare les activités entrepreneuriales des femmes Les femmes entrepreneurs sont avant tout présentes dans leen Suisse, dans les pays voisins ainsi que dans les économies secteur tertiaire orienté consommateurs. Elles sont princi-comparables (pays dont l’économie est basée sur l’innova- palement actives localement, ce qui nécessite moins de res-tion), la Suisse occupe une excellente position. Avec 4,5% sources. Les femmes restent sous-représentées dans le secteurd’entrepreneuses, elle se trouve à la cinquième place, derrière secondaire et dans le secteur des services destinés aux entre-l’Australie, les Etats-Unis, l’Islande et la France. prises, bien que ces valeurs aient augmenté depuis 2009.La Suisse se trouve par ailleurs très bien placée si l’on consi- Selon les résultats de l’enquête, l’entrepreneuriat féminin sedère le rapport entre hommes et femmes. Depuis 2005, le développe au sein de petites organisations, dans les domainesseuil atteint par les femmes qui entreprennent comparé à de la santé, du social et de la formation. Seule une mino-l’ensemble de la population des entrepreneurs, montre une rité de femmes compte parmi les entrepreneurs qui ont crééremarquable stabilité avec une valeur approchant les 40%. Il 20 emplois ou plus (près de 20%).est intéressant de constater que ce rapport n’a pas beaucoupvarié en 2010 et que l’activité entrepreneuriale des femmes La somme investie par l’entrepreneur lui-même au démar-reste extrêmement stable. rage est-elle la conséquence du type d’activité, ou témoigne- t-elle d’un manque de ressources? Quelle que soit la réponse, ici aussi les femmes se distinguent des hommes; le capital qu’elles investissent en moyenne correspond aux 45% de ce- lui des hommes et le capital estimé nécessaire est deux fois moins élevé.16 2010 Swiss Executive Report
  18. 18. Figure 8: Hommes FemmesActivité entrepreneuriale 70%(TEA) des femmes par secteur,2010 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% 1. secteur 2. secteur 3. secteur: 3. secteur: orienté business orienté consommateursPourquoi se lancent-elles? Leur motivation principale est L’observation des données sur la durée montre que l’évolu-l’indépendance, comme leurs collègues masculins, mais dans tion de l’activité entrepreneuriale féminine suit la tendanceune proportion sensiblement plus élevée. Elles sont moins globalement à la baisse du TEA. L’activité de création d’en-nombreuses que les hommes à déclarer vouloir maintenir leur treprise des femmes s’avère toutefois quelque peu plus stableniveau de revenu; un revenu accru ne semble pas représenter et le recul apparaît plus faible en termes relatifs.du tout un facteur de motivation.Les femmes expriment aussi moins que les hommes la volon-té de développer leur entreprise. Alors que nous savons qu’enSuisse, la croissance de l’entreprise passe souvent par l’inter-nationalisation de ses activités, il s’avère que les femmes ontbien moins l’intention d’internationaliser leur entreprise queles hommes. Les entreprises à haut potentiel de développe-ment se retrouvant souvent dans des secteurs technologique-ment innovants, les femmes mentionnent deux fois moinssouvent utiliser des technologies nouvelles dans leur offre deproduits et de services. 2010 Swiss Executive Report 17

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