REGISTRES PAROISSIAUX DE GOUESNAC’H
(Dernière période : 1771-1792)

Notre réflexion sur les registres paroissiaux de l’Anc...
Nous avons vu au fil du temps que les saints de nos chapelles avaient été rarement
choisis comme patrons des nouveaux bapt...
Les familles de la noblesse et les personnalités locales, notaire, personnes proches du
recteur, sont parfois sollicitées ...
REGISTRE DES MARIAGES
Commençons par quelques données quantitatives : malgré une légère augmentation
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Les promesses mutuelles de mariage sont reçues, selon la formule consacrée, « en face
d’église » par frère Dominique LE BR...
les premières années citées comportent un déficit important. En particulier les chiffres de
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Si de nombreux décès surviennent dans les jours ou même les premiers mois après la
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Le 4 janvier 1784 Augustin LE FLOCH, originaire de Plonéour, âgé de 22 ans, décédé
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Quimper et greffier en chef de la maréchaussée générale de Bretagne, neveu du défunt, René
Marie LE VAILLANT, demoiselle M...
Il est rappelé que de 1771 à 1792 les fonctions de recteur ont été assurées par :
Noël KERNEVEZ, nommé en 1762, reste en f...
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  1. 1. REGISTRES PAROISSIAUX DE GOUESNAC’H (Dernière période : 1771-1792) Notre réflexion sur les registres paroissiaux de l’Ancien Régime s’achève avec cette quatrième partie concernant la période 1771-1792 à l’expiration de laquelle l’état civil républicain viendra prendre le relais des registres tenus jusqu’alors par le clergé paroissial. C’est en effet la loi des 20-25 septembre 1792 qui organise ce transfert et confie à un officier d’état civil, le maire, l’établissement des documents officiels avec effet du l er janvier 1793. Je crois devoir préciser dès maintenant que ce sont les documents déposés à la Direction Départementale des Archives du Finistère à Quimper qui ont servi de base à mes recherches. Il est en effet possible que la seconde série de ces registres conservée à l’annexe de Brest présente de minimes variantes ayant peu d’effet sur la véracité des événements relatés. Seconde remarque relative à l’orthographe des noms de personnes (NEDELEC ou NEDELLEC, Alain ou Allain, etc.) et de lieux (Kercloarec ou Kerancloarec). La transmission de ces noms se faisait le plus souvent oralement ce qui permettait des graphies différentes. Les variations constatées dans le cours de cet article ne sont pas la manifestation d’une fantaisie de l’auteur qui a repris, pour chaque acte cité, le texte écrit par les recteurs rédacteurs. REGISTRES DES BAPTEMES La série commence le 12 janvier 1771 par l’enregistrement du baptême de Yves, fils de Yves NEDELEC et Louise LE CLOAREC, né le 11 à Kerrein, dont les parrain et marraine sont Alain LE CLOAREC, oncle maternel et Catherine ESTIN. La série s’achève par le baptême de Gillette, fille de Jean GUEGUEN et Marie MOAL en décembre 1792 à Kerbaul, Jacques LE GUILLOU étant parrain et Marie-Jeanne GUEGUEN marraine. Pendant ces 22 années, 432 enfants ont été baptisés, les chiffres annuels allant du minimum 12 (1777 et 1787) au maximum de 28 (1780). Choix du prénom Les prénoms traditionnels, déjà largement utilisés jusqu’à ce jour, ont toujours la préférence des familles : Yves est choisi 37 fois, suivi de Guillaume (34), Jean (31), François (36 masculin et féminin confondus), Alain (19) et Pierre (13) pour les garçons. Pour les filles la palme revient à Marie (23) qui bondit à 81 si l’on y ajoute les prénoms doubles dont Marie est le premier élément ; viennent ensuite Jeanne (21), Catherine (20) et Anne (16) ; la mode des Corentin semble passée (7) allant toutefois à 13 compte tenu d’un demi succès des Corentine. Par contre, certains ne figurent qu’une fois, comme Julien, Michel, Brigitte, Thomas, malgré les célébrités voisines de Birgitte et de l’évêque de Cantorbery. 1/10
  2. 2. Nous avons vu au fil du temps que les saints de nos chapelles avaient été rarement choisis comme patrons des nouveaux baptisés, même Cado pourtant honoré dans les familles de lutteurs dont certaines étaient Gouesnachaises ; il n’a pas eu en effet une audience au niveau de sa célébrité. Cette tradition, si tant est qu’il y en eu une en la matière, a pratiquement disparue ; seule Barbe, sainte fondatrice de la jolie chapelle des bords de l’Odet, donnera son prénom à la fille de Yves GUILLOU et Jeanne BOLLORE du village de Kerviloré baptisée le 10 décembre 1779, parrain et marraine étant Yves LE COSQUERIC et Jeanne LE SAUX. En évoquant les prénoms multiples, signalons le baptême, le 28 août 1785, de Julien Jacques Marie Augustin LE BRETON, fils légitime de noble maître Jean Jacques Marie LE BRETON de VILLEBLANCHE, avocat au Parlement, et de dame Marie Suzanne Jeanne YVONNET du RUN son épouse, au Manoir de Botiguery, « solennellement baptisé le même jour par moy soussigné recteur » (en l’occurrence René LE SINER). Cet acte confirme l’usage noble des prénoms multiples. La mode ayant été adoptée dans toutes les classes de la société, des associations apparaissent telles que : - - 30 septembre 1772 : Jean Laurent, fils de Jean LE GUILLOU et Françoise CABELLAN, Kerouchard, prénoms du père et du grand père paternel. 25 avril 1773 : François Marc, fils de François NEDELEC et Marguerite LE SAUX, Kéridré. 6 mai 1773 : Louis René, fils de René MOREL et Marie GEROT, Moulin de Kersaluden 18 décembre 1773 : Corentine Catherine, fille de Jean LE BERRE et Corentine ISTIN, Kerouchard (Corentine étant le prénom de sa mère et de sa marraine, Catherine venant, d’une sœur de son père décédée en bas âge. 13 décembre 1783 : Vincent Jean, fils de Jean LE GOUYEN et Jeanne LE CLOAREC, Kervern, prénom du père et du parrain Vincent COTTEN. Choix des parrains et marraines Ceux-ci sont d’origines diverses. Le plus souvent ils sont choisis dans le milieu familial, comme le montrent les exemples ci-après : - 24 février 1771 : B. de Jean NEDELEC, fils de Maurice et Jeanne RIEN à Keraner, parrain Tristan NEDELEC oncle, marraine Jeanne BOLORE grand mère. 13 juin 1771 : B. de Anne HELORET, fille de Charles et Anne LE BOUSSARD à Kerdiles Bihan dont parrain et marraine sont : François TALADEUN et Jeanne LE BOUSSARD, tous deux domestiques audit lieu (en fait il s’agit là de membres de la famille aidant les père et mère dans l’exploitation des terres ; les patronymes HELORET, LE BOUSSARD et TALADEUN font partie du même ensemble familial. 2/10
  3. 3. Les familles de la noblesse et les personnalités locales, notaire, personnes proches du recteur, sont parfois sollicitées pour tenir l’enfant sur les fonts baptismaux : - - - 17 août 1779 : Marie Laurence TALEC, fille de François et Marie Anne LIGEN, manoir de Botiguery, parrain et marraine sont noble messire Auguste Laurens Julien Marie YVONNET du RUN et demoiselle Marie Julienne YVONNET du RUN. 22 février 1786 : Marie Catherine LE CALVEZ, fille d’Alain et Catherine SOUAL, au Bourg, parrain maître Alain LE CLORENNEC, notaire royal, marraine demoiselle Marie Perrine LE VAILLANT. 12 juin 1791 : Elizabeth Eléonore QUEFFELEC, fille de Noël et Catherine LE CLOAREC Kervern, parrain M. Charles Eléonor YVONNET du RUN, homme de loi (qui signe), marraine Elizabeth NENEZ . Les registres 1771-1792 montrent la stabilité des naissances gémellaires - 17 septembre 1773 : Augustin et Yves LE GRAND à Kerancloarec 22 février 1773 : Maurice et Marie BIGER à Kerouguy 7 mars 1777 : Isabelle et Marie Jeanne NEDELEC à Treffelen 28 août 1780 : Augustin et Joseph HEMON à Kerverrou 17 juillet 1781 : Allain et Guillaume LE QUEFFELEC à Kercalvez 21 avril 1784 : Catherine et Jean LE COSQUERIC à Keravilou 9 et 10 octobre 1789 : Pierre et Maurice LE CORRE à Kersilis vihan Sur les quatorze nourrissons concernés sept décéderont dans les jours ou semaines suivant la naissance. Sont, en général, inscrits parmi les baptêmes les événements concernant la construction de l’église paroissiale. C’est ainsi que le document de l’an 1775 indique : « la première pierre de l’église paroissiale de Gouesnac’h a été posée le 29 mars 1775 par M. l’abbé de RAVENEL du BOISTILEULL, recteur de Fouesnant ». La bénédiction de l’église a eu lieu le 19 novembre suivant « par M. l’abbé DULAURANS de la BARRE prêtre docteur en théologie de la Maison et Société royale de Navarre, chanoine archiprêtre de l’église cathédrale de Quimper, vicaire général et official de Cornouaille (signé LAMARRE recteur de Gouesnac’h) ». 3/10
  4. 4. REGISTRE DES MARIAGES Commençons par quelques données quantitatives : malgré une légère augmentation par rapport à la période précédente le nombre des mariages demeure peu élevé, soit 105 actes enregistrés. Sur la période 1771-1792 l’année 1789 se trouve être la mieux pourvue (10), suivi de peu par 1773 et 1779 (9) ; dix années n’ont pas franchi la barre des cinq ; 1782 et 1787 sont en queue de peloton se contentant de l’unité. Notons que ces chiffres ne tiennent compte que des mariages célébrés dans l’église de Gouesnac’h. Ne sont pas décomptées les unions ouvertes sur l’extérieur mais dont les bans et les fiançailles ont été enregistrés à Gouesnac’h. Il arrive que, dans ces cas là, cérémonie nuptiale a lieu dans une paroisse voisine (Perguet, Clohars, Pleuven, ou parfois Fouesnant, la Forêt ou Saint-Evarzec, ou encore plus loin) résidence de l’un des conjoints. Conformément à la tradition observée jusque-là, la période choisie de préférence pour ces réjouissances se trouve être les premiers mois de l’année. C’est ainsi que sur les dix mariages de l’en 1789, sept ont lieu en janvier et février. Rien n’est changé en ce qui concerne la procédure validant les noces au regard de l’exception de consanguinité et de la minorité des conjoints. Tout au plus peut-on noter des décrets d’émancipation rendus par des cours royales dont l’intervention était peu fréquente : - 5 janvier 1778 : M. de François LE ROUX fils de Hervé et Catherine HASCOET de Pluguffan et de Marie Perrine GUEGUEN, originaire de Loc Amand, domiciliée de fait à Gouesnach et décrétée de justice par le prieuré de Loc Amand, Saint-Laurent et annexes. - 12 mai 1778 : M. de Allain GUERIVEN, fils de défunt Allain et Catherine CARADEC de Pleuven et de Jeanne COSQUER, originaire d’Ergué Armel, domiciliée à Gouesnac’h, décrétée par la juridiction des Reguaires de Quimper. - 28 février 1786 : M. de Yves LE MENN et Anne LE GOARDET décrétée de justice par la juridiction du prieuré royal du Grand Locmaria. Cette incursion parmi les registres de mariages s’achèvera par une brève chronique mondaine. Le 16 mai 1786 Maître Allain LE CLORENNEC, notaire royal, épouse en secondes noces demoiselle Marie Perrine LE VAILLANT, domiciliée à Gouesnac’h ; le recteur de la paroisse René Jacques LE SINER, venant de décéder le 9 mai, l’office est dit par Guillaume Marie Pierre LE SINER, recteur de Plomeur, délégué à cet effet. Le 27 mars 1781 ont lieu les fiançailles, suivies le même, jour du mariage de messire Julien Marie LE GOAZRE de TOULGOET, seigneur du BOIS et autres lieux, et de demoiselle Elizabeth Marie Jeanne BOBET, fille de Michel Joseph Anne BOBET, seigneur de Lanhuron, conseiller du roi et son lieutenant particulier civil et criminel au siège présidial et Sénéchaussée de Quimper. Le 12 octobre 1784 sont enregistrées les fiançailles et mariage de noble Maître Jean Jacques Marie LE BRETON de VILLEBLANCHE et de demoiselle Marie Suzanne du RUN. 4/10
  5. 5. Les promesses mutuelles de mariage sont reçues, selon la formule consacrée, « en face d’église » par frère Dominique LE BRETON de VILLEBLANCHE, Prêtre Religieux de l’Ordre de Citeaux « délégué par les soussignés Recteurs de la paroisse Saint-Sauveur de Quimper ». Après ces fiançailles et la formalité d’une bannie accomplie, l’autorité épiscopale ayant accordé une dispense des deux autres, il est procédé le même jour au mariage en la chapelle du Vray Secours de Gouesnac’h « la bénédiction nuptiale étant donnée suivant la forme prescrite par notre Mère la Sainte Eglise ». A la date du 24 juillet, le registre de 1792, terme de notre série, porte la mention de la publication de la première et dernière bannie (avec dispense implicite des deux suivantes) « du futur mariage entre monsieur Charles Eléonor YVONNET du RUN, fils majeur de feu Tanguy Julien Y. du R. cy-devant Conseiller du roi au Présidial de Quimper, Président des Traites de la même ville, et de Dame Marie Nicole PEPIN de la GIRAUDIERE, le dit Charles Eléonor domicilié en cette paroisse », la future épouse étant demoiselle Marie Reine Thérèse LE BRETON, fille majeure de feu Pierre François LE BRETON, Conseiller du Roi et son bailli au cy-devant siège royal de Quimperley. La cérémonie nuptiale sera vraisemblablement célébrée à Quimperlé, aucune recherche n’ayant été entreprise pour en obtenir confirmation. REGISTRES DES SEPULTURES Les registres de ces vingt deux années comportent 525 actes qui se répartissent très inégalement entre les millésimes : c’est l’an 1783 qui assure le plus d’occupation aux fossoyeurs avec 43 décès, suivi de 1773 et 1779 (39), 1784 (36), les plus favorables aux vivants étant 1792 (9), 1791 (10) et 1788 (12). Ce qui donne, en mettant ces chiffres en face de ceux des baptêmes : Année 1773 ………… 1779 ………… 1783 ………… 1784…………. 1788 ………… 1789 ………… 1791 ………… 1792 ………… 39 s. contre 23 b. 39 s. - 24 b. 43 s. - 14 b. 36 s - 19 b. 12 s. - 22 b. 9 s. - 21 b. 10 s. 15 b. 9 s. 17 b. 5/10
  6. 6. les premières années citées comportent un déficit important. En particulier les chiffres de 1783 pourraient être dus à un temps d’épidémie ; il y aurait eu, dit-on, aux alentours de cette année-là, une extension de fièvre typhoïde venue de la région de Briec jusqu’à celle de Quimper. En dehors des épidémies touchant l’ensemble du territoire, il n’est pas impossible que des maladies contagieuses (grippe, typhoïde localisée due à la pollution de sources d’eau potable) soient à l’origine de foyers ponctuels de contamination et touchent plusieurs membres d’une même famille. Pourrait-on expliquer ainsi le décès de quatre personnes à Kergoreden entre le 22 novembre et le 3 décembre 1782 ? Sont concernés Yves BOLORE, 60 ans, son épouse Anne LE GOFF, 63 ans, Françoise LE GUEN, 32 ans, épouse d’autre Yves BOLORE, fils des précédents, suivie de Françoise BOLORE, 18 mois, fille de Yves et de Françoise LE GUEN. Le nombre des « enfants anonymes » est relativement important, soit 23 ; chacun a reçu « le baptême de la maison », leur faible constitution ne permettant pas de les porter à l’église paroissiale pour y être baptisés. Mis au monde dans des conditions difficiles, ils ne survivent pas et, souvent, il arrive même que la mère décède également. Sans qu’il ait été procédé à une recherche systématique, en voici quelques exemples : une fille ondoyée décède le 25 février 1773 à Lanhuron, suivie le même jour par sa mère Marie GUILLOU, âgée d’environ 25 ans. un garçon anonyme né et décédé le 15 décembre 1775 au moulin de Kersaluden est mis en terre le 16. Sa mère Marie GIROT décédera le 21 suivant à l’âge de 22 ans. Allain PERNEZ né le 28 décembre 1780 à Kergilis Bihan décède le 11 janvier 1781 ce qui a permis de lui administrer le baptême. Sa mère, Catherine GAREL, âgée d’environ 29 ans, décède à son tour, le 2 février suivant. Les registres tiennent compte d’autres actes concernant de tous jeunes enfants mis en nourrice à la campagne qui décèdent chez leurs parents nourriciers, ainsi qu’il est rapporté le 24 septembre 1781 : Marie Anne NICOLAS, fille de défunte Marie Louise NICOLAS , originaire de Fouesnant et nourrie à l’Höpital Saint-Antoine de Quimper, est « décédée à la nourrice » le 23 chez Guillaume DUMOULIN et Marie PELOTIN, âgée d’environ 5 mois. Sont présents les père et mère nourriciers, Julien CABELLAN, Jean LE BERRE. Les établissements d’assistance (hôpitaux et hospices) ont, en effet, parmi leurs missions, celle d’assurer la subsistance des enfants trouvés, abandonnés ou nécessiteux qui leur sont confiés. Il est donc normal que l’hôpital de Quimper place de tels enfants dans des familles d’accueil. Cette recherche peut aussi être le fait de parents dont l’activité professionnelle ne leur permet pas de s’occuper de l’éducation de leur enfant, ce qui pouvait être la raison de la mise en nourrice suivante : Marie Perrine GLINEC, fille de Marc Nicolas, perruquier, et demoiselle Marie Guillemette DAVID de la paroisse du Saint-Esprit à Quimper, décédée à la nourrice le 26 décembre 1781 à Keridré chez Jacques LE BEC et Marie BERROU, âgée d’environ 2 mois et demi. Sont présents à l’enterrement le père naturel, le père nourricier et autres. 6/10
  7. 7. Si de nombreux décès surviennent dans les jours ou même les premiers mois après la naissance, il existe aussi des gouesnachais qui atteignent un âge respectable ; sans doute, il n’y a pas de centenaires mais beaucoup sont de la tranche de 60-75 ans, même les neuf personnes ci-après ont dépassé cette limite : Thomas QUEFFELEC, 80 ans à Lanhuron (sép. 19 avril 1771), Jeanne NEDELLEC, 85 ans (5 novembre 1772), François PROVOST, 92 ans (6 janvier 1773), Guillaume GOARIN, 80 ans à Penvoirina (22 mai 1774), Marguerite BOUSSARD, 95 ans à Kerveur (23 janvier 1776), Catherine HEMON, 86 ans à l’Isle (5 janvier 1779), Catherine NEDELEC, 85 ans à Kerancloarec (18 avril 1785), Alain LE FAOU, 77 ans à Botcarvan (5 septembre 1786), Michel LE GOUYEN, veuf de Louise LE LEURE, 82 ans à Kervern Bras (19 janvier 1787). Voici maintenant rassemblées sous la rubrique de sépultures particulières, des informations données sur les décès dont la cause est accidentelle ou dont les formalités qui les entourent ont été inhabituelles. L’acte du 16 octobre 1781 concernant la mort de Joseph LE PELLETER, mari de Catherine LE COAT, de Plomelin trouvé mort dans la garenne de ménez plen à Kersabiec bras, âgé d’environ 29 ans, relate que sa sépulture a été autorisée par une ordonnance du sénéchal de Bodinio. Le 11 mars 1788, la sépulture de Pierre CARADEC, mari de Marguerite LALAISON, du lieu de Kersabiec, fait l’objet des commentaires suivants : « trouvé noyé dans la douve du grand chemin de Quimper à Concarneau le 10 mars, a été visité le même jour par messieurs de la Sénéchaussée et siège présidial de Quimper, suivant extrait du greffe dudit siège en datte (sic) du susdit jour, et en conséquence du permis accordé par le susdit juge au sieur recteur d’Ergué Armel d’inhumer en terre bénite le cadavre dudit P.C. et du consentement par écrit donné par ledit sieur d’Ergué Armel de transporter ici ledit cadavre, » qui a été inhumé dans le cimetière de Gouesnach . La rédaction d’un acte du 11 juillet 1791 concernant le décès d’Alain LE FAOU, âgé de 31 ans, qui a également fait l’objet de la venue des juges, est plus succincte ; elle indique uniquement que l’autorisation d’inhumer a été donnée par ordonnance rendue par le Tribunal de District de Quimper suivant extrait des registres de dépôts criminels en date du 11 juillet, document signé par le juge LE GUILLOU de KERINCUFF. 7/10
  8. 8. Le 4 janvier 1784 Augustin LE FLOCH, originaire de Plonéour, âgé de 22 ans, décédé le 2, a été enterré au cimetière en conséquence d’une ordonnance rendue par le juge de la juridiction de Cheffontaines sans que la raison de cette intervention soit indiquée Autre situation tout à fait exceptionnelle : à l’occasion du trépas de Guillaume GUILLOU, âgé d’environ 58 ans, le 18 juin 1772 à la métairie de Lanhuron, il est noté que « son corps fut inhumé le lendemain dans l’enfeu de messire BOBET, seigneur de Lanhuron, lieutenant civil et criminel au présidial de Quimper et ce en présence et de son consentement, qui a signé, aussi en présence d’autre Guillaume GUILLOU, son fils, qui a déclaré ne savoir signer ». Messire BOBET se disait, en effet, titulaire d’un droit de prééminence lui donnant droit de tombe et de banc dans l’église de Gouesnach, ce qui était contesté par la famille de COIGNY (v. bulletin Foën Isella n° 21 – juin 2003 - Annick LE DOUGET). Il est même procédé au cérémonial des funérailles pour une personne dont les origines familiales sont ignorées : le 4 février 1772 a lieu l’enterrement de Joseph dont on ignore le nom de famille, originaire de Plomelin, domestique depuis environ un mois à Kerouchard, âgé d’environ 35 ans. Les actes de décès concernant des personnalités locales (noblesse, clergé) sont intéressants pour les informations qu’ils donnent souvent sur la composition de la famille ou sur le clergé local. Il en est ainsi le 12 janvier 1773 : « vénérable et discret messire Noël KERNEVEZ », recteur de la paroisse, décède au presbytère. L’inhumation eut lieu le jour suivant dans le cimetière qui se trouvait, à cette époque, autour de l’église, en présence de Louis LE COZ recteur de Pleuven, François CANAFF recteur de Perguet, Guillaume LE BLONS curé de Clohars et Corentin CAUGANT prêtre curé de Gouesnach (lequel reviendra dans la paroisse en qualité de recteur de 1791 à 1799). Le 23 octobre 1777 décède demoiselle Marie LAMARRE, âgée d’environ 75 ans qui est inhumée le lendemain en présence d’Antoine LAMARRE de BELLECOURT neveu avocat…, sieur Pierre LHARIDON acolytre (sic), François GOUZIEN prêtre curé de Pleuven, les recteurs de Perguet, Combrit et Clohars, la cérémonie étant conduite par le frère de la défunte Guillaume LAMARRE recteur de Gouesnach (l’acolyte est un clerc qui sert à l’autel, l’acolytat faisant partie des ordres mineurs). Le 7 novembre 1784, demoiselle Guillemette LE SINER décédée le jour précédent au presbytère, est ensevelie en présence de son frère le recteur, assisté de ses confrères de Clohars et de Pleuven, en présence de messieurs LE SINER et VAILLANT ses « neuveux ». Le 11 mai 1786 « vénérable et discret messire René Jacques LE SINER, recteur cidevant de St THURIEN et actuellement de cette paroisse, âgé d’environ 61 ans, et décédé au presbytère le 9 mai, a été inhumé dans le cimetière de cette église par moi soussigné recteur de Pleuven ». Ont assisté maître Jérôme René LE SINER, procureur au siège présidial de 8/10
  9. 9. Quimper et greffier en chef de la maréchaussée générale de Bretagne, neveu du défunt, René Marie LE VAILLANT, demoiselle Marie Perrine LE VAILLANT aussi neveu et nièce et maître Allain LE CLORENNEC, notaire royal de la sénéchaussée de Concarneau. Autre personne décédée au presbytère : Marguerite LAMOULEN, veuve de Louis LE BUON, âgée de 54 ans, demi-sœur de messire François Marie SAINT-JALME recteur de l’époque (4 décembre 1788). Le dernier acte retenu, mettant en cause une personnalité de la paroisse, porte la date du 21 juillet 1789 ; il se rapporte à Messire Tanguy Julien YVONNET du RUN, 64 ans, décédé en la paroisse Saint-Mathieu de Quimper le 20 juillet en laquelle la Sainte Messe a été célébrée et les cérémonies accoutumées accomplies. La dépouille mortelle a été apportée en l’église de Gouesnach et a été inhumée dans la chapelle N.D. de Bon Secours en présence de André LE BERRE, Vincent et Alain LE CLOAREC, Guillaume LE QUEFFELEC, Tristan LE MENER et plusieurs autres. Pauvres et mendiants : il a été indiqué dans les articles précédents que les mendiants étaient enterrés dans la paroisse de leurs décès ; cette obligation explique la mention de leur catégorie sociale dans les registres de la paroisse. Pour la période considérée, deux cas ont été répertoriés : d’une part, le 9 mai 1771, Anne LE BRIS décédée à Kervern bihan, âgée d’environ 60 ans est inhumée le 10 ; le 25 février 1784, d’autre part, Noël LE QUEFFELEC, âgé d’environ 52 ans, natif de Gouesnach, demeurant à Plomelin, décédé à Kerlaie est inhumé le 26 suivant, en présence notamment de Noël COSQUERIC, cousin germain, Pierre LE CORRE, beau frère. On pouvait être pauvre sans être « tombé dans la mendicité » en raison des aléas de l’époque dont les variations climatiques entraînent des périodes de disette. En tout état de cause, ces situations ne sont pas signalées mais on pouvait induire de certaines expressions insérées dans les actes, d’ailleurs peu fréquentes, que les personnes qui en étaient l’objet pouvaient être à la limite de la pauvreté, comme par exemple « décédé dans un bout de maison » ou « décédé dans une loge (ou logette) ». Pour prendre vraiment conscience de l’état de pauvreté d’une partie de la population, d’autres documents peuvent être consultés, telle l’enquête effectuée dans le Nord Finistère en 1774 à la demande de Mgr de la MARCHE (cf. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère – Années 1986, 1987 et 1988 – F.ROUDAUT, J.L. LE FLOCH, D. COLLET- 1774 : les recteurs léonards parlent de la misère). °°° Avec ce 4éme volet nous arrivons au terme de notre enquête qui nous a permis de donner quelques aperçus des relations familiales pendant un peu plus d’un siècle. L’existence des registres, tenus jusqu’alors par le clergé, s’achève, en effet, le 31 décembre 1792, date à laquelle l’état civil est laïcisé. 9/10
  10. 10. Il est rappelé que de 1771 à 1792 les fonctions de recteur ont été assurées par : Noël KERNEVEZ, nommé en 1762, reste en fonctions jusqu’à son décès, assisté de Corentin CAUGANT pour 1772 et Guillaume LAMARRE pour 1773, en qualité de curés. Guillaume LAMARRE, en qualité de recteur, de 1773 à 1782. René Jacques LE SINER de 1784 jusqu’à son décès en 1786. François Marie SAINT-JALME de 1786 à 1791. Corentin CAUGANT, recteur assermenté, de 1791 à fin 1792. Il décédera le 8 ventôse an 7 à l’âge de 72 ans au presbytère de Gouesnach. La déclaration de son décès sera faite à l’officier d’état civil Tristan LE BERRE par Joseph LE BERRE, 40 ans, journalier ; Yves GOARIN de Prat an Guip et Yves NEDELEC de Penfrat (lequel signe) sont retenus comme témoins. Telles sont les informations que contiennent désormais les registres républicains. Jean VARENNE Photographie collection Les Amis du Vieux Gouesnac’h 10/10

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