Chroniques de Fouesnant - zkopq

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Chroniques de Fouesnant -

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Chroniques de Fouesnant - zkopq

  1. 1. UN CURE DE CHOCS Quand le « vénérable et discret Missire « Hervé RIOUAL, recteur de PERGUET, faisait le coup de poing. Le mercredi 22 octobre 1755 vers les cinq à six heures du soir, le sieur Herve RIOUAL, recteur de PERGUET, faisait une entrée remarquée en l'auberge tenue par Louise CORIOU " au bourg de BÉNAUDET, côté Saint-Thomas ". Se trouvaient là notamment Guillaume Louis Le SCAFFUNER, prêtre curé de Perguet, demeurant au Letty: la demoiselle Jeanne Le SCOUARNEC; Pierre CUZY, matelot et canotier au bureau de la Ferme du tabac du port de Bénaudet: Maître Carentin Le BOURHIS, greffier de la juridiction de Cheffantaines, Badinio et autres lieux. Le sieur Hervé RIOUAL, qui revenait de Sainte-Marine, prit aussitôt l'assistance a témoin de ses malheurs: "En entrant. il dit avoir été maltraité par le passager (le passeur) Louis TOUDOUX et une de ses filles nommée Marie Michelle, sur le bateau de passage. Il fit remarquer qu'il avait les joues égratignées et même enflées, et effectivement le sang en sortait, et il rendit même du sang par la bouche " Que s’était-il donc passe ? Laissons la parole aux témoins cités par le sieur RIOUAL devant le siège de l'Amirauté de Quimper, compétent dans cette fortune de mer : " S'est présenté le sieur René Jean Le MANCEL, employé des fermes du Roy, 1/3
  2. 2. demeurant à Bénaudet, côté Sainte Marine, âgé de 25 ans. Dépose que mercredi dernier, 22 de ce mois, environ les cinq heures de l'après midi, le sieur RIOUAL, recteur de Perguet, ayant rencontré le déposant proche le port de Bénaudet, côté Sainte Marine, lui dit que Louis TOUDOUX refusait de le passer du coté du Perguet et pria le déposant de l’accompagner jusques à la demeure du dit TOUDOUX, ce que le déposant se mit en devoir de faire. Il vit le dit TOUDOUX, passager, sortant de sa maison, un aviron en main, qu’il remit à sa fille Marie Michelle. Laquelle comme son père se rendirent au bateau, et en y allant la dite Marie Michelle proférait des injures à haute voix contre le sieur RIOUAL qui les suivait pour s'embarquer, le traitant de coquin, foutu gueux et manant, et le dit TOUDOUX père traita aussi le recteur de coquin. L'un et l’autre lui disaient qu'ils ne le passeraient pas qu'il ne leur eût payé 13 sols qu'ils disaient leur être dus par le sieur RIOUAL, qui leur paya cette somme sur le champ. Ensuite ils s'embarquèrent dans le bateau de passage, les dits TOUDOUX père et fille continuant de proférer les mêmes injures au sieur recteur. Le bateau étant rendu vers le milieu du chenal, Toudoux quitta son aviron et s'approcha du sieur recteur qui était assis, et le déposant vit le dit TOUDOUX gesticulant, sans que le déposant put distinguer s'il portait des coups au sieur recteur. Mais pendant le démêlé durant lequel il ne vit point le sieur recteur faire aucun mouvement, il entendit la fille TOUDOUX crier, sans avoir distinguer d’autres mots que ceux : « A moi » Le bateau dérivant joignit une barque proche le côté de Saint Thomas et le déposant vit le sieur recteur sauter du bateau dans cette barque".Le second témoin requis par le sieur RIOUAL, dans les mêmes conditions que le précédent, est plus réservé. Il s'agit de Jean-Baptiste HORELLOU, sieur Du PLESSIX, 24 ans, aussi employé des Fermes du Roy. Bien qu'il ait commencé par répondre aux sollicitations du recteur que cette affaire ne le regardait pas, il convient avoir entendu Marie Michelle dire au sieur RIOUAL "qu'il était un misérable, qu'il faisait le grand monsieur cependant qu'il était fils de meunier comme elle était fille de tisserand ". Par ailleurs, il n'a pas distingué le "démélé" pendant la traversée. Il a par contre entendu Marie Michelle crier à pleine voix Mon père! Monsieur le recteur du Perguet qui l'assassine! " 2/3
  3. 3. Les réponses de Louis TOUDOUX et de sa fille aux interrogatoires sont naturellement concordantes, et leur version des faits naturellement bien différente ! Mais ils n’ont pas de témoins à décharge. La déposition de Marie Michelle, 24 ans, « vêtue en artisane et portant coiffe d’artisane » est d’une extrême netteté. A la question qui lui est posée de savoir si le passage a été refusé au recteur du Perguet, elle répond « qu’elle et son père comptaient bien le repasser comme ils l’avaient passé le matin. A cet effet, ils étaient occupés à mettre une garniture de ficelle autour de l’aviron lorsqu’il se présenta et ils lui répondirent qu’à l’instant on le passerait. Mais le sieur Rioual, fâché de ce qu’on ne se mit pas sur le champ s’en retourna chercher des témoins devant lesquels il dit qu’il viendrait faire sommation de le passer. Mais Avant qu’il ne soit même entré dans la maison, elle et son père en étaient sortis. Le sieur recteur les suivit et dit plusieurs fois à Marie Michelle qu’elle n’était que la servante des servantes et qu’elle devait le servir dès qu’il parlait. Sur quoi dans le mécontement, elle répondit qu’il ne devrait pas tant faire l’opulent et que la fille d’un tisserand, comme il lui avait dit plusieurs qu’elle était, es se servant du terme de foutu tisserand, valait bien le fils d’un meunier. Que s’il était si riche, il fallait qu’avant de passer il lui payat 13 sols qu’il lui devait depuis 3 ans. » En ce: qui concerne les incidents de la traversée, voici la version de Marie Michelle TOUDOUX « Faisant route pour aller de l'autre côté du passage et tandis qu'elle et son père ramaient, le sieur RIOUAL se jeta sur son père, menaçant de le, jeter à la mer et le saisissant au corps, ce qui fit tomber l'aviron des mains du père. Effrayée. elle se mit à crier à la force. Ensuite, le sieur RIOUAL ayant saisi la perche qui était dans 1e fond du bateau la trappa a l'estomac d'un coup de bourrade et lui donna des coups de pied sur la cuisse gauche, Et pendant tout cela le bateau alla, à la dérive, s’approcha d'une barque sous le câble de laquelle son aviron s’étant trouvé engagé son père quitta le sien pour le dégager. Et pendant cet intervalle le sieur RIOUAL monta dans la barque." Comment rejoignit-il la terre ferme ? Les documents ne le disent pas. Sont aussi cites comme témoins à charge les clients de Louise CORIOU nommés au début, bien qu’ils n’aient rien vu de l’évènement. Louis TOUDOUX et sa fille convaincus d’avoir injurié Hervé RIOUAL, recteur, furent condamnés à 30 livres d’aumône et naturellement aux dépens. Documents recueillis par Philippe POUDER. 3/3

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