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Em Bulhak Authenticite Des Oeuvres De Saint Denys Lareopagite Rome 1938
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Em Bulhak Authenticite Des Oeuvres De Saint Denys Lareopagite Rome 1938

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Dionysius the Areopagite, The Prime Christian Church. // Denys l'Aréopagite, L'Eglise Chrétienne Primitive des trois premiers siècles. ...

Dionysius the Areopagite, The Prime Christian Church. // Denys l'Aréopagite, L'Eglise Chrétienne Primitive des trois premiers siècles.
... Réintégration de SAINT DENYS L'AREOPAGITE sur le siège épiscopal de Paris. ... [ Description de mon Manifeste Métaphysique en quelques mots latins : 1- DIONYSIUS AREOPAGITAE, "magnus et hierarchicus doctor Ecclesiae Apostolicae", 2- EMANUELE SWEDENBORG, "magnus et hierarchicus doctor Novus", Ecclesiae Dominae Novae quae est Nova Hierosolyma"...

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  • 1. 1182:1.5 . " -0, ":." ,", ~." "; - ~ , ~ ET DE LUTETIA IN PARISIIS et sa EMMANUEL BULtlAK:i....:.: , " ,. " li. l: 1ROME MCMXXXVIII , i . ,h ~ • :
  • 2. - ---o· _.~~-:--- -.r--------- --- 1 " ~
  • 3. ".
  • 4. .- . . 118215 ­.... AUTHENTICITÉ des Oeuvres deSaint Denys lAréopagite ÉVÊQUE DATHÈNES ET DE LUTETIA IN PARISIIS et sa Réintégration sur le siège épiscopal de Paris par Le Prince EMMANUEL BULHAK ROME· .MCMXXXVIII.
  • 5. , . --;-;-~~~ . 1:.:~Tr.TUT<".. cA1!;nU(H~t:~. [ Dt iAa1S A ,e DROITS DE TRADUCTION, DE REPRODUCTION ET DADAPTATION RESERVÉS POUR TOUS LES PAYS COPYRIGHT 1938 DY PRINCE EMMANUEL BULHAK vESOLA NEAR vV ARSAW
  • 6. - --~ PRËFACE ST. DE~YS DES GAULES et ST. DE:<YS DATHÈNES ne font ils quun? et les oeuvres connues sous son nom sont·elles à lun ou à lautre, ou à un faus­ . :/"­ -....; saire quelconque? . Poser ces questions nest-ce pas défen9re une cause perdue davance? On nous objectera qu.iI r:e se trouve actuelle­ ment personne, même au diocèse de PARIS, qui croi­ rait à lidentité des deux DENYS et que l authenti­ . cité de ses oeuvres est dénnitivement ébranlée par les études de savants allemands: . On nous rappeIle~~ que telle est l opinio~ gé ­ néralement admise dans le monde· entier, opinion propagée par lenseignement dans les séminaires et -:«-~ < dans les universités catholiques. Soit. Mais alors la:.L<.~·.~. science du clergé serait en contradiction avec laf·~ .:~ :;; firmation de lEglise, puisque jusquà ce jour le _bréviaire romain (1) ne nous parle que dun seul ... J _t~~·~:~>. DENYS,.. et lEglise lui attribue les oeuvres connues , >!j." sous son nom. >~.: •.>;,~ Nous allons tenter de mettre un terme à une ~:::~ r;.:~~ ;no~alie qui ne peut que troubler les intelligences • ;.{v.~>.;.;: et les consciences, et avoir la plus fâcheuse réper ­ ~~~.. ~~~~".:;: ;"~ - ~ . . __.~_~_~,~:>4.; ~~; ~. -,::---­ . .:?";l{: :/?-.;~. (1). AppendIce: Texte 1. .e ~ ~, ~:.~ ., ....... .. ~
  • 7. VI "" cussion sur les actuelles tentativesde rapprochemenr ~ .. avec lEglise orientale, qui jamais ne consentira à - }f,:1;,: abandonner une croyance établie depuis des ~iècle, -: ;;. .. ~~, celle dun DENYS unique et de lauthenticité de ses i . ::~~ oeuvres. Selon moi, il faut se poser comme règle quen : traitant des croyances séculaires, sur lesquelles sont basés le culte et le rituel d~ lEglise, croyances adoptées par les intelligences les plus éminentes, :tant~ . 1- en Orient quen Occident, on doit plutôt chercher, .~:.;.c~,:; l ) à les défendre quà les attaguer, et ne cfdër que i-.~~".r devant } évidence, .II ne .faut pas toucher dun coeur- léger aux traditions acceptées par le tribunal suprê· . me de l humanité, lorsquon ne possède rien pour les remplacer. Dans le cas qui nous occupe, cette manière dagir serait non seulement une maUaise action,­ ,.). mais presque un sacrilège. Les vieilles croyance~ de ,. lEglisenont,elles pas un fondement plus solide que certaines légendes, ne reposant sur rien, sinon sur "" ", limagination déréglée des conteurs allemand~?" " .~; ." , "t. Jamai.s personne, excepté le divin Maître, mort".. ,":,~~litf!1 sur la Croix, les Apôtres et les Eva~gélistes, 3r>"<?:~: ~ n . été pl~~ ou ,agé, bafoué, v~1 ;pendé, q u~. Saiot Dë, :.~_." ~i~ Il ~ } IOterprète le plus fidele des enselgne_m~nts d~, -.:~ ç;~ .:. Saint Paul, et lEvangfJisateur des Gaules. . ,:, /:~/:,:j,~ S~ropre peuple l a abandonn~ i ses enne~,~.3::f~ti:~ . . . ... " ..,., ,~ mis. Ses cendres ont été jetée~ à ra voirie; sop p~o~,:;~,6.;:,; pre clergé la renié. Linsigne philosophe, aut~~~. ,~!t-~~f l , doeuvres, qui ~ervi de fondement à la théolo le.~,:J~if;,--:- gulai« . . . d~ ", toute nWe dv;Jisàion, été . . . -. a "ai~ c rétienne et qui sont devenues a,insi . la pierre" an-., :<!;;~?t z:a" de,;·... :~~~~~:~~~~, il· t ";1."",.
  • 8. ~ VII menteur, dimposteur, de faussaire, de plagiaire, . dignorant de toute philosophie, enfin de païen, de loup se faufilant dans le bercail de lEglise. Maisce nest pas tout. Lécrivain, dont les oeuvres furent proclamées au concile de Latran, par le Pape MARTIN 1 en 649, co~e_~~~t des"plus~thodoxes e~art~Et au disciple de SAINT PAUL, et sur lautorité duquel sest cristallisée définitivement toute la dogmatique de lEglise orientale dans les écrits de Saint J~ D§!..l!1~n,e, S1:lr lequel Saint Thomas dAquin ap­ puie toute sa doctrine sur la Trinité, et quil cite en di~~~!.....cent deux endroits, que Saint B.,Çlnaventure ne fait que paraphraser dans ses traités et qui fut la source du courant mystique dans tous les âges, est, par les scientifiques allemands modernes, sur­ tout par son contempte]lr le plus acharné, un jésui­ te du nom de Stiglmayr, dénoncé comme hérétique: Et le plus étonnant, cest que tou~ l~_~ écrivains J ab~u influen~e ;itiq~es modernes, même ceux de France, subissent avec une insouciancunouïe et un manque de discernement l des allemands (soi-di"n - -.. " --- scientifiques) qui leur en imposent par leur érudition et leur minutie d3.ns les détails. On les croit sur parole sans vérifier .leurs sources et discuter leurs i~~··.:". ~~tion·s. De façon que Stiglmayr, dans sa présom­ >~"<",". pti6ri toute tudesque, sest cru autoris~ à s excla­ ~-::.; mer que. depuis quil a parlé (en regard de lau­ ..c .....7::".;:.:- . ._ th~nticité),. ~ les a.nnales de ce:te controverse, enta-) .•..i" :,.~., mée depUis des sIècles, sont revolues ~. . , .. ~<- . Enfin,:-à for~e de .:..abaisse.r...les ,oeuvres ,_~e2t. Denys au ranger apocryphes, on est parvenu à les )j -:~ .J ~ ~. ....:; .. -.,...:... ~ ~. ~--:~i< .-;." - _. -.. ~ ..•. .--.;t_ .. . ••• 1 .
  • 9. VIII .~ faire complètement oublier, à tel point que des hi· storiens sérieux d~ Christianisme n, en font même, pas mention. Lidée de moccuper de lauteur dp.s ôeuvres portant le nom de lAréopagite et de leur authenti- cité mest venue à un cours sur lhistoire de la Phi· losophie médiévale du regretté François Picavet, pro· fesseur en Sorbonne. Cest là que jai compris t~u· te limportance des oeuvres de St. Denys, que non seuleme:1t elles furent la base de la th~ologie cÈ.!.-é- )1 tienne, mais que, depuis quelles ont été traduites par Scot Erigène, elles ont servi de eoint de départ à toute la pensée philosQR!ilil.ue occidentale, tant au Jl Moyen-Age que dans les temps modernts (1). ~ l ai été frappé de lentendre nommer par Pi- cavet pseudo,Aréopagite. Je me suis c;lemandé com- ment les docteurs de lEglise, les penseurs les plus ~ ./ éminents, les plus grands érudits, de célèbres gram· ~ mairiens de la langue grecque auraient pu prendre un païen pour un chrétien, un hérétique pour un or·- thodoxe,~et leur contemporain pour un écrivain des premiers temps apostoliques, et je me suis tout de suite douté que cette opinion était erronée et quil fallait en chercher la source 4ans la partialÙé d~s critiques protestants, qui ne cher~pas la vérité pour elle-même, mais qui tiennent pour lêur tâche :principale d: entamer les fondements des vérité~ chré· :tiennes et de renverser le piliers de lEglise. ~
  • 10. IX Que les Protestants se soient attaqués à ST. DE­ NYS lAréopagite cest compréhensible. A ceux qui .nient la tradition et qui se sont insurgés contre laû~ . torité de lEglise, il était absolumt:~~ nécessaire déloigner un témoin peu commode des temps apo ­ stoliques et de diminuer lautorité du théoricien de la hiérarchie sacerdotale, du «Q9ctor hierarchi(l!s» comme on l appel1ait <iU Moyen Age. l La Réforme, au fond, ne fut que la révolte du 1_1 vieil esprit germanique contre la civilisation greco.la· tille dont le catholicisme était le propagateur. La--!.e­ ligion_n y. fut qu~n_préteJ:(le-p-our déchaîner la bê­ te humaine qui sommeillait sous la mince écorce de civilisation chrétienne. Cette disposition desprit pero ce dans la célèbre formule de Luther: «Esto pec­ cator: pecca fartiter scd fortius crede», et dans lir.­ terprétation quil nous en donne; .: 11 nous suffit que nous ayons connu lAgneau de Dieu qui efface les péché5 du monde; le péché ne peut détruire en nous le règne de lAgneau quand nous forniquerions et tuerions mille et mille fois par jour». Nous pouvons excuser les critiques du XVII siècle qui se sont rangés du côté des critiques pro­ testants, puisque cest un fait avéré quen combattant des adversaires obstinés on se sert souvent de leurs propres armes et on subit inconsCiemment leur in-Je (fluenc~. Les Cath:>liques, ne. voulant pas paraître naïfs 3 devant les protestants, les ont surpassés dans leur hypercriticisme. Dailleurs il ne manqua pas de se .(trouver parmi eux des écrivains sympathisant avec la , ,Réformé, les Jansénistes et les Gallicans. - ..... ---., :~~; -". . .,-j~J " 1
  • 11. x - Nous pouvons excuser également les écrivains allemands, même catholiques, puisque leur civilisation est toute protestante, comme nous le voyons claire­ ment dans cet aveu du célèbre patrolog-ue allemand, BARDE:HEWER qui dit ({ que 1~_fd!:l9-ue histQrique J (scilicet scientifique) ne sest réveillée quà lépoque de la Renaissance» Je comprends bien lacharnement des historiens allemands de la philosophie, puisque lattribution dA ­ reopagitica à Denys lAréopagite. ferait év::tnouir la légende, si chère à leur coeur, de l~ence du néo­ tfq, lPïâtôï11sme sur la formation des do&-~h~ens et ~ entraînerait le remaniement de fond en comble de tif) ihfstoire de -la philosophie, telle ~e l e~seignent leurs plus renommé!" savants comme ZELLER, UE­ VERWEG et autres. Mais ce que je ne peux comprendre, cest in/ position prise par les Catholiques françaIs modernes. qui, ayant oublié les travaux admirables de leurs pré­ décesseurs les plus proches, tels que l Archevêque ~ et dautres défenseurs de 1authentic.ité des . oeuvres de St. Denys, comm ~ohrbacher labbé~ ~ l abbé~ël Alexan 0 etc ... et de ces grands défenset:rs de lauthenticité, du XVIII siè­ cle, comme le père@alloi;<Qe Rubei3,..etc ... CLan­ ~ord~ et autres, ont pu se ranger presque tous du côté des contempteurs de lauthenticité deLL ses oeuvres. Comment TrXERONT peut-il considérer dun Cô té Denys comme faussaire et sectateur du chef dès monophysites Severus dAntioche, et dun autre èô­ ~
  • 12. XI té convenir que la vraie foi en Dieu et en la Tri­ nité (De Vera Fide Orthodoxa) de St. Damascène est entièrement «calquée» sur les écrits du faussaire et de l hérétique? En ce qui concerne DUCHES:E, il ne sest ja ­ mais occupé ex professo de Denys, et il était à pré ­ ,-oir quil se rangerait du côté des protestants. BATIFFOL na fait que reproduire mot à mot les assertions de Stiglmayr dans son Histoire de la Lit­ térature Chrétienne. DE WULFF sappuie sur Koch et Stiglmayr, mais il donne limpression de ne pas avoir lu attentive ­ ment Stiglmayr même, puisquil place lapparition des oeuvres du fallssaire au «grand colloque» de Constantinople (53 r) avec les monophysites, alors que Stiglmayr et Koch les font paraître en lannée 500. (D~)~~~g.) le seul qui, au fond, est indépendant, et q~l a étudié la question aux sources dans sori étude remarquable sur «St. Thomas dAquin et le) pseudo-Denys », se range aussi, on ne sait_pourquoi, du côté de ses contempteurs quoi~ il ait réuni lUi,)) m~me maintes preuves de so~uthenticité. Si je m:e suis arrêté sur la question dun ou de deux Denys, ce nest quincidemment, en cher­ chant le lieu de son martyre; et même, en ce qui concerne cette question, à mon grand étonnement, j ai vu que les objections des partisans de deux De, nys sappuyaient souvent sur des faux et des men- ,~ songes, et que, même de ce point de vue, la mentionJJ 1 de St. Deny~ dans le Bréviaire_Romain, rédigée avec) un tef7oin~r Baronius, ~stait ~ible. (Voi; ma <­-J traduction des oeuvres de Denys en polonais).
  • 13. XII En ce qui concerne lauthenticité des oeuvres de ST. DEWS et ] époque de leur apparition, je me propose den parler dans un prochain chapi.tre. Ici je vais métendre sur ] Identité des deux Denys, ui, à vrai dire, se résump. en #-suestion de lé P o-Jl lin, r[ ""S que où lon doit mettre lévangelisatioo des Ga~s. ~ Est-ce au temps apostolique ou à une époque plus rapprochée? Et, supposant lintroduction d.u .Christiani­ sme dans le midi et le centre des Gaules au premier J siècle, est·ce que rien ne soppose à ce que le chri­ stianisme SOIt déjà arnvé à cette époque à «Lute­ tia in Parisiis» ?./
  • 14. Appendices se rapportant à la PréfacePIERKE BA TIFFüL. ~ AlIcie1l11cS littératures eh1"étiC1l11es: f. La Littératm-e Cl-aque, p. 329 - Le faux A léopagite. « La question de lauthenticité des écrits du soi-disantAréJpagite est bien définitivement résolue d"ns le sens de lanégative... ~. Lopinion qui veut les mettres à la fin du IV siècle(Baulngarten-Kreuser) repose sur des ~rguments insuffisants .....les phrases de Grég-oire de Kazianze (orat. XXXVIII, 8) etde Jérome (Epi st. XVIII, 9) où lon a cru reconnaître desemprunts aux faux DçnY3, ne fournissent que des présomptionstrès faibles. En réalité, le faux Denys a étéproduit pour la première fois (?) al,! Con­cil e (?) de Con s tan tin 0 pIe de 5 33 ... - (Il?). « Le I V cha pit r c ù e s Nom s Div i n s dép endsûrement dun traité du néoplatonicienProklos: le: De malorum subsistentia". « Si lon observe, avec quelle rigueur, sur lunion desdeux natures, le faux Denys se conforme aux formules fixéespar le concile de Chalcédoine, on ccnclura quil a écrit pas­sé 45I ... Dautres parallèlismes avec Proklos permHtent decroire quil dépend de traités de Proklos composés après 462.E,fin si lon tient compte quil parle du Credo comme dunchant de la Messe, et que le Credo na été introduit dansla liturgie de la Messe quaprès 476, on pourra fixer. l an·née 476 comme le terme extrême antérieur à lactivité litté· raire de notre auteur~. Loeuvre de D. A : « pro d u i t eau con cil e (?) de 533 parJes ~onophysites à lappui de leurs e r r e urs, e Il e est rée usé e par 1 es c a t h pli que s
  • 15. XIV~t ~ co m m e un a p 0 cry ph e (?). L a t t i tu de des ca ­ t h 0 1 i que s pen dan t t 0 u t le VIs i è ~ 1 e e t dan s la première partie du VII [ut si défiante (?) envers un auteur qui« ménageait les mono­ p h Ys i tes a v e.c u n e sor t e d a [ [e c t ion » ••• Quelle blague 1 S{Léonce de~ le plus célèbre adversaire des monophysites, la plus grande gloire théoIOgi.] que du VI siècle, avant et après les disputes de Constanti· nople depuis 518, daprès Stiglmayr même, s a ppuyait sur D~nys contre les mêm~s monophysites.... Il ~st révoltant de voir un écrivain consièéré comme sé· rieux propager des erreurs pareilles en répétant les propres mots du jésuite allemand Stiglmayr. «Toute contestation au sujet de lauthenticité cesse après le concile de Latran en 6-+9, où le pape SaintÎMartin I) in· "-~ --n voqua à plusieurs reprises le témoignagè"du faux (?) Denys," et démontra quun passage, où le monoFhysisme était for· mellement enseigné, avait élé séritusement altéré par le pa· triarche monothélète dAlexandrie, Cyros, dans. lintérêt cie l hérésie ». Dans une note en bas de la page, Batiflol ajout!: « Nous donnons les conclusions du P. Stiglmayr... , <i après la rec<n· sion du P. de Slll~et. Revue des quest. hist. t. XIX (1896) p. 6106 14. BARDENHEWER. - Pseudo Dionysius Areopagifa da,ns Geschichte .der Altki,.cltlicltell Literatur. t. 1 V. p. 283 « Comme de nouvelles études lont prouvé, ces écrits (non Denys mai s ses é cri t s !) se tiennent en toute conscien· !~ ( ce et terldancieusement à cette manière de sexprimer qui est propre aux représentants du Néoplatonisme et spécialemtnt à Proclus ». «Die Form geht Hand in Hand mit dem Inl1alt. Auch die DJ.rstellung der kirchlichen Lehre wird gekennzeich­ net durch mannigfache und tiefgehende neuplatonische Re· miniszenzen» (voyez Koch a a O.9ff.). «Tout aussi bien lex·
  • 16. xv posé de lenseignement de lEglise que nous rencontrons ,. 1 dans les écrits montre de multiples et profondes empreintes l de linfluence du Néoplatonisme (?). On y dévéloppe avec prédilection lidée du lUN CEv) primordiale (anfanglose) de la provenance de toute chose de, lui (rtp6oôo;) et du retour vers lui (èmatpo:piJ) etc ». «Um das System des Proklus aus dem Felde ;tU schlagen, hat er demselben ein christliches System gegenübergestellt, welches in demselben Farben schit· terte und flimmerte und an Strikter Dreiteilung, an gôttlicher Transzendenz und Supereminenz, an Lichtstrômen, die das Ali durchfluten, an Vesachtung des MateriellfTl, an Streben und Rückkehr von geteilter Vie1~eit zur Ungeteiltheit und Einheit, nach Reinigung, Erleuchtung- und Einigung mit Gott» u. s. w. in Keiner Veise zurückstand. (tout ceci est copié de 11. Koch; voir ma critique détaillée), Quelle horreur, le plus célèbre historien catholique alle- mand transcrit ici la page la PlUs. ~ lia plus absurde im ie ett de Koch, où il fait déduire dePorphyrê- et de~s toute la doctrine chrétienne cinq cents ans après J. C. Il est évide-;;-t queB;;:-denhewe~rles traces de Koch, -- tient le pie u x Porphyre pour fOlidateur de la thé~logie - -------., chrétienne et fai!.. (~ériY.er toute la doctrine catholique, même J celle sur la Trinité, des néoplatoniciens de Proclus au V siè-I cie! C ~st en ~eci que c,onsis.te le « ré ve i 1 de. 1 ~_ cri t i - p. 29tJ que hl st 0 r 1 que» a lepoque de ~lssànëë.)Bar­ denhewer évite prudemment de dire: de!.~~éforme!-~t ne cite que Lorenzo Valla de lan. 1457, omet les protestants et, parmi les critiques, arrive directement àJe~in en 1659. En général il ne fait que paraphraser les opinions de Koch et de Stiglmayr, mais il ne se prononce pas pour l hypothè- p. 293 se de Stiglmayr que lauteur en fut Sévère dAntioche. Il dit que Stiglmayr et Koch ont"prouvé dans leurs brillantes études lé;>oque de lapparition des Areopagitica ... que lau- teur sappuie sur les Néoplatoniciens Proklos (410-481)... p. 294 Il nest ni monophysite ni catholique... etc . . Les premières traces des Areopagitica apparaissent au p. 291 C0mmencement du VI siècle. Ce sont les citations chez Se-
  • 17. XVI verus, patriarche dAntioche (512518). Le moment de leur composition est marqué par des bornes bien précises. Ces oeuvres ont été faites sur la I:mite du V et au VI siècle. p. 296 Les plus anciens commentaires sur les Areopagitica da. tent de la première moitié du VI siècle (de Jean de Scy­ t hopolis et de Georges de Scythopblis, Jean de Scythopolis étant mort en 530) (r). l,Iais ,tout ceci ne concorde pas avec ses propres parole~, où il est question des ceuvres de lAréopagite, au III, au IV et <lU début du V siècle, dans ses articles sur les~ fausses lettres de Clément de Rome,Y sur l historie n Ma­ ruta de lvLliparkat et sur Izaac de Ninive et à la même pa­ ge 282 où Bardenhev("r traite du Pseudo·D. A.. il dit: .... (e· sist) sogar warscheinlich, dasz der sog. Aréopagite schon vor dem Jahr~ 500 aIs Schriftsteller aufgetreten ist». DR. GERHARD RAUSCHEN. - Dans son excellent compendium de Patrologie, parlant du Pseudo,Aréop~gi. p, 437 te, il sexprime de la sorte; p. 4.37 «Les études de Hugo Koch et Stjglm~yr~ont définitivement proué que ~/ les écrits aréopag-it:qul:s ont é:é composés aux environs de lannée 500..... On peul prouver que leur auteur a éonnu les écrits des Néoplatoniciens, Proclus (t 485) et, jusquà un certain point, la copié mot à mot, et quil a puisé aussi directement chez Plc.tin (comparez Div. Nom. 4,33 et Plot. Enn. 3,2,9), Pour Ta même époque il accuse aussi la circonstance que leur auteur connait lusage du chant du Credo à la Messe, usage introdut par les monophysites p. 43 8 à Antioche en 476 ..... L1 patrie des écrits pseudo.aréopagitiques parait être la Syrie •. (1) Il nous est connu en outre par un écrit polémique d~ Sévère dAr.· tioche contre les opinions de Cyrille qu tIl sn il recherchait en ain lapologie de Jean de Scythopolis: elle pourrait donc être composée à la fin du V, toutefois avant lannée SIl (consultez Brit. Museum N: DCXXVI p. 497. -
  • 18. xvu G. BARDY. - Littérature grecque c!lrétie1l11C. Libr. Bloud et Gay (1927) p. 176. Pseudo-Aréoj;agite. cC ést vers la lin du 532 ou le début de 533, quau . colloque de Constantinople, on inv(qua, pour la première fois lautorité de laréopagite Denys ». «Cétait la premiè. re fois que ce témoignage était cité dans lés controverses >. Cest faux 1 archifaux Il St. Jean de Scythopolis, Grégoire de Scythopolis, Sergius de Rasaina - et surtout Léonce de Byzance depuis 500 (daprès Stiglmayr lui même) - du côté des orthodoxes, et Sévérus dAntioche. Ephrem dAntioche et autres du côté des monophysites, le traduisent. le com­ mentent, et en font usage. Mais M. Bardy est beaucoup plus circonspect, il a lu personellement et plus attentivement le père J. Stiglmayr: Das Aufkommen der pseudo·dionysischen Schriftcn, Feld· kirch (1895). On voit bien qu il a remarqué que Stiglmayr 1 dans sa traduction du discours d Hypace a substit~é ~~t latin «testimolfia» le mot allemaoa .Schriften» (scripta), ct que sur ce fa u x il a bâti tout léchafaudage de ses III e n s 0 n­ g e s; M. Bardy est persuadé de la fausseté de lAréopagite, mais jl évite lécueil et sexprime dune manière très adroite en disant: «Larchevêque» (?) dEphèse, Hypati us, déclara quil ne pouvait accueillir le témoignage, du moment que ni Saint Cyrille, ni Saint Athanase (1), ni personne nen avait en connaissance. Et~o~t;;irement à Batiffol, il dit: Lac rit i que d H Y pat i u s n e m p ê cha da i Ile urs pas les ouvrages en question de faire leur ch e min dan sic s ce rel es 0 r t h 0 d 0 x es ..• Il ba­ .se sa convinction sur le style et le vocabulaire néoplat0ni ­ ciens. Tout le reste sappuie sur Stiglmayr: Proklus, Credo, , il) $~hanaSè; dans une lettre au pape Marc parle de 80 ~- Canons dùConcrreCÎe ~e; or il est connu quau xxxICaiiôilif,;; - - .. est question dune prière e Den)s l Aréo?,agite.
  • 19. XVIII 1II Henotikon. et les date de la fin du V ou des premières nées du VI siècle. an­ Il finit son exposé par un compliment au faussa;re: «Il est à peine besoin ci ajouter que la valeur intrinsèque de ces écrits suffit amplement à légitimer le crédit dont ils ont joui dans lEglise. LE R. p. THI~RY O. P. - Parmi les études phi­ losophiques médiévales dirigées par M. Étienne Gilson pa· rurent en r932 deux études du Père dominicain, G. Thé­ ry, appelées par lauteur «études dionysiennes .; mais c~s études ne touchent que cie très loin le vrai problème dio­ )1nysien et, ne soccupant que de la question de· la tra­ duction latine de ses oeuvres par Hilduin, devraient por· t(·r pluttJt le titre d études hilt!.~es que dionysiennes. D lns lune de ces études, éditée en 1932, port~nt le titre «rli/duill traducteul de DellYs > le père Théry, même en ce qui -concerl1l: la question de la traduction latine d Hilduin, J,- ne Q.eut se résoudre à donner une réponse précise. Ayant assuré à la page 24: « En réalité, la traduction clu Cor· pus Dionysiacum pU labbé dl Saint Denys, malgré loubli dans lequel la fit tomber très tôt le travail similaire de Scot Erigène, nous est parvenue dans son intég-rité, sous une forme anonyme, il est vrai, mais indubitablement authen· ( tique », il Se rétracte complètement dans sa conclusion à la page 13~, en donnant à Hilduin deux collaborateurs grecs: « lun, lisant et prononçant le grec; le second, lentendant et le traduisant... Si cette première traclucti0n est une tra­ duction phonétiQue, il est bien évident quelle ne peut· être loeuvre personnelle d Hildùin ... elle est son oeuvre, en ce sens quelle a été faite sur son inspiration. sa surveillance et sa haute autorité ». «Mais la traduction elle-même, si notre analyse est juste, ne peut avoir été faite que par un gr e c, par cl e s g r e cs». Don cIe P ère Thé r y vie n t de pro u ver l i n e x is t e n c e de 1 a t r a du c t ion H i 1 d u i nie n n e.
  • 20. XIX "1ais le Père Théry, voulant tirer de son travail critique une conséquence quelconque, aboutit à une découverte sensa­ tionelle et poursuit:« et nous aurions en ce casIa ~ve~ (?) quil y avait vers 835 des Grecs à labbaye de Sai~t-Denys ». Si cette découverte est aussi bien fondée que celle du texte intégral d Hilduin, je len félicite! La perspicacité du Père Théry dépasse tcut éloge. Corn· ment pouvait·il, par des méthodes paléographiques et léxico· logiq ues, déduire d u:t essai de traduction latine le fait que cette traduction a été composée non par des latins mais par des grecs, et que ces grecs résidèrent durant des années à ! abbaye de Saint-Denys? Cest son secret. D~s questions qui nous importent: lidentité des deux Denys et lauthenticité. des se oeuvres, le Père Théry ne parl~ gu incidemment dans un passage de Jétude en qu-;: stion, à la page l 55. Il prend pour acguis les résultats de la critique allemande, surtout celle du Père Stiglmayr. Il en "ëSt tellement imbu quinvolontairement, sans doute, il répète ses proprts mots ou les paraphrase, mais pas toujolrs à propos, ~omme nous allons voir. Il embrouille précisément le terme d aréopagitisme> en lemployant tantôt pour signi fier Jau· thenticité des oeuvres connues sous le nom de Denys, tan· . tôt dans le sens de lidentité des deux Denys, de manière1 que les lect~urs~e:!. initiés _al;!~qùes..tions d~~y~i~nes peu·L vent être induits en erreur. Mais ce qui est plus étonnant cest quil tombe lui-même victime de léquivoque. « ..... L influence des Are 0 p agi tic a d Hilduin..., ~ ~ écrit-il, lidentité de Denys, écrivain mystique, (t) (1) Erreur!!! Hil~~in nen a iamais parlé: cest le pi:re Théry qui le dit en répétant (flxerciilt qui, à l imitation dun Denys de Rhino· korura de Hipler etcVlln" Denys le Rhéteur de Sïrgrma~; inveJl!~.je·))j tou-k..P~SLR.en)s le_~1I~tique. Hilduin, d~ns la v~enys, n~c­ CURait nullement de prouver lauthenticité des écrits de Denys, ce _d~nt per~onne ne dOlltait, surtout depuis l envoi à Louis le Débon­ naire de ses oeuvres par lempereur Michel Il, mais uniquement Jidentité de Denys dAthènes avec Denys de Paris.
  • 21. xx avec Denys lAréopagite allaient créer au moyen âge un état desprit qui devait avoir sur la théologie une grande réper­ cussion (1) ». Après ce préambule, peu à propos, le Père Thé ­ ry senfonce dans la paraphrase des opinions de la critique allemande non sur les « Areopagitica» d Hilduin, mais s~r les écrits mêmes de Denys lAréopagite. et il poursuit: «A quel­ ques exceptions près - Scot Erigène (2) et Abélard (3) ­ tout le monde est convaincu que lauteur des deux Hi é r a .1­ J~ c h.ï es est le ~iscip~e~ saint Pau!. C4E::e-premier~o­ 3jlens. A ce tItre, on lUî-aTIn5ïiera une valeur exceptIOn­ nelle. Personne ne songera à le discuter à fond. A p rio ri, il convient dadopter toutes ses doctrines, comme lexpres· sion eXicte de la pensée chrétienne. (5) Si certaines expres ­ (I) Si la constat;,tion de r identité de Denys d Athènes avec lé ­ vangeJisateur des Gaules et patron de labbaye de Saint Denys pou­ vait avoir une certaine influence sur la diffusion des écrits diony­ si~lls, elle ne pou"ait pas :tre bien grande, puisque pour les gens de I ce.lIe :poque la pius grande. ~Iojre de Denys lAréopagite ne CO?,i.s­ L taIt pas dans ses oeunes, mais dans sa couronne de martyr. D ad ­ leur Hilduin ne s est pas posé comme but de faire Janalyse des oeunes de Denys. ~é~rit seulement sa biographie, et il u a ja~ Il mais été consideré comme ~ar COi1Sèëï,:îe;lt, il ne pou­ 1 vait avoir aucune influence sur la théologie et la philosophie du Moyen ­ Age. Par contre, si linfluence des oeunes de Denys sur la phi ­ losophie médiévale fut décisive. cest grâce à ses oéuvres mi;mes qui po~aient ~pl.!is !S-~mence~e n~m de~;!ysl~~~.e·~ët qüi fUFen1 envoyées, pour la première fois à-labbaye de Saint-De­ nys, par le pape PaulIen 758, et la seconde fois par lempereur dOrient Michel [[ le Bègue en 827, surtont depuis quO elles ont été traduites~ par Hilduin; dont personne na retrouvé la traduction, lma;s pan;;cot Eri~ qui fut la «Haie suurce de la connaissance de J ces oeuvr~ar Tes théologiens du Moyen-.-ge», comme Javoue le père Théry lui-même. (2) Cest très douteux. (3) Il est de lépoque beaucoup plus tardive. Scot et Abélard Ct 1142) sont considerés comme hérétisants. (4) Je ne peux pas deviner d~uelle intenti9.l1 le père Théry. t~ omet le Traité d,,:s Noms Divins, la Théologie Mystique et les Let·tl tres comme si on ne les attribuaient pas, au !royen·Age, à Denys lAréopagite. (5) Tout ce passage depuis les paroles c A ce titre. jusquà
  • 22. XXI-----------_._------- - - - - - - - - - -sions manquent de justesse, si certaines doctrines paraissentfi a 1 s a c cor der a v e cIe s cl 0 n née s d 0 g f i a ti-que s fer fi e men t é ta b 1 i es, la faute nen est pasà lui, mais à nous qui ne comprenons plus la profondeur desses écrits (I). Par conséquent, il faut le commenter, mais !lonle discuter (2). Les «A r e 0 p agi tic a» d Hi 1 d u i nson t r e s p 0 n s a b 1e s d e cet t e t i f i i dit é de j u -g e men t (3). Pendant des siècles, ils vont emfJêcher touteliberté d appr~ciation, et il faudra un long travail des éru-dits pour reconquérir les droits dune critique saine et obje-ctive. » Voilà qui est bien dit. Cest cela que les éruditsmodentes appellent 1 a cri t i que sai n e. Nous finissons en exprimant lespoir de ,"oir cette intel-ligence saine et inclépendente redresser les défaillances dans, pens,;e chr,;ti"llI": e"t la paraphrase des paroles de Stiglm~yr:< Le concile d~ Consl<lntinoplé ~oecumlnique) t:l lé second ConciJede :icée (oecuménique en ï8ï) ont su!po,,0 da van cel authén-ticitè dt: ses oellvr~s..... ». 1) J)tPUls les mots < Si certaints. jusquil • ses écrits. c estla par.lphrn"e d In pass~ge de Koch. • Il ue lui a pas toujours,s tXHime Koch, réussi de faire couler d une l11~nière correcte Je"dogmes chétiens daus le moule n00-platonicién." 2) Cette phra"e est de Stiglmayr.. (3) Cela eo;t "enfin lid0e absolument- origin~le du père Théry,exp:im:e dans le" paroles de 5tiglma)"r et cie Bardenhewer, maiscompri"e" toui à fait à rebours. • Hilduin 1V01lte in seiner« Vita»des Pariser ~liirt)"rer Dionysius feiern, ein Irrtum, der des genze ~Iittel­alter hindurch herrschend blieb. (BardenhelVer T. IV p. 287). Car silsont imputé à Hilduin linvention cl avoir propagé Jaréopagitismede ::>:n)";; de Puis, c est dans Ic- sens de lidentité de la personnede Denys dAthènes, autrement Aréopagite, avec le martyr de Paris;mnis jamais il ne leur est venu en tête la folle idée de dire que] art"opagitisme des écrits qui portent depuis des siècles le nom deDenys l Aréop~gite fut inventé par Hilduin. :--Ion, ce nest pas en ·croire ses yeux! Lauteur de cel te bévue,le p. Théry soublie tellement quil confond la question de l identi-t.é des deux Denys, avec la question de lauthenticité des écrits de J ..JSaint Denys lAréopagite qui na été soulevée quau XVI siècle par Lnther!! .
  • 23. XXI! lesquelles lEglise serait tombée en se fiant trop aux textes dun fdussaire que mm. Tixeront et Théry appfllent du nom de Denys le Mystique (1). Les dehors scientifiques, la virtuosité technique et les tendences m )dernistes éblouissent tellement les critiques mo­ ( dernes quils ne remarquent pas les manques de vraisem· blance, de logique et même de vérité dans les exposés de ces /savants, prenant pour acquis leurs intentions, sans se troubler de savoir sils .les ont démontrées, et même, si leurs conclusions répondent aux prémices quils se sont posées. Leur érudition ) et leur nom seul leur imposent, surtout si ces écrivains ap ­ partiennent aux Ol-dres qui ont la réputation de la science. La critique actuelle ne cherche plus la vérité, mais su it aveuglément les autorités en vogue, et comme la mode chan­ ge à tout instaut, ainsiJa critique est continuellement à la( recherche des nouveautés aussi extravagantes quelles pa ­ raissent. La meilleure illustration de cette sorte de critique nous donne, justement dans la question dionysienne, deux au­ tellrs modernes, le père Michalski de lordre des Missionai· res, et lin des rédacteurs de «lAmi du Cl[rgé (mois de mars 1933). Le père Michalski, professeur de r Université de Craco ­ vie et membre ~cadémie des Sciences de Cracovie, dans sa critique de mon étude polonaise sur Denys lAréopagite,f" sétonne de voir quelquun soccuper dune question depuisL longtemps résolue..s-et assure quil y a t roi s Den ys: 1) Denys lAréopagite, dont on ne sait rien. 2) Denys le My s t i que [inventé, nous avons vu, par Tixer6nt. Si cest un faussaire doù est-ce quon sait quil sappellait Denys et pas autrement?J. 3) Denys, martyr de Paris; et il me re­ proche de ne pas avoir utilisé les éludes ré v é 1a tri ces du R. P. Théry, qui a découvert lexistence de i ta tradu­ ction int~ral; des oeuvres c1upseudo-Denys par Hilduin et (Il Voir. Calechismus ex decrelo Coneilii Tridentini., • ad pa­ rochos. Romae 1891, qui il la page 205 se reporle à Denys: De ee­ cl. hier. cap. 1.
  • 24. XXIII limmense influence que cela avait sur le développement de la philosophie scolastique au Moyen Age, oubliant la constatation que fait Je Père Théry lui-même à la page 162 de son étude hilduinienne que: «Pour tout le Moyen-Age Scot Erigène est le premier traducteur de Denys; cest par sa traduction que pénétreront en fait dans la philosophie et la théologie les doctrines dionysiennes». Le père Michalski fait enfin grand cas du comE10t, découvert par le père Thé- ~l ( ry:; de~mi~ Hild.l!i~l _tIiJél~~~r de R~~~~s~e Bibliothécaire de Rome (bien plus compliqué que celui, inven· tTp;-;-S~Sévère et de Zacharias), pour décider le pape Nicolas l (858.867) à blâmer la traduction cie Scot afin de venger loubli dans lequel on a laissé la traduction primiti. ve du feu Hilduin. (Hilduin étant mort en 840 ou en 842). Voilà à quoi aboutit la critique de lfcole moderne. Pour- tant le père Michalski est un savant connu en Allemagne par ses études latines et allemandes publiées dans di fférentes re- ~ vues ec.::lt~siastiques, et, en même temps, parait.il, très apprecié en France, puisquil vient de recevoir tout récemment, en ré-1 ( compense de son activité littéraire sur le champ ecclésiasti- 1 , que, la légion d Honneur, (en 1937). Dans le fascicule suivant de la série- des • Etudes Dio· nysiennes », comme il les appelle, le Père Théry singénue à tirer des conséquences surprenantes de sa découverte révé· latrice de moines grecs résidant en permanence à labbaye de Saint-Denys à Paris: un fait inconnu jusqualors dans les annales de l histoire. Voilà les résultats de ses dernières trouvailles, daprès la relation dun des plus sérieux journaux de France: Les Byzantins et lAbbaye de St. Denys au neuvIème sù~C!e. « Le R. P. G. Théry entreprend dexposer la part prépon. dérante que les Byzantins ont eue dans lactivité littéraire de labbaye de St. Denys au neuvième siècle. Ce sont eux, san s au cu n do ut e, qui traduisirent la première fois en latin les oeuvres de Denys, entre 832-835, traduction conservée
  • 25. XXIV dans les manuscrits de la Bibliothèque Nationale, de la bi· bliothèque de Boulogne-sur-~Ier et de la bibliothèque roya­ le de Bruxelles. Mais surtout ils ont été les principaux colla­ borateurs d Hilclnin~ dans la transformation de lancienne hagiographie dionysienne,::ét dans létablissement de la doc· trine qui fait du Denys conerti de St. Paul (premier siècle), du D,en~rs,. premier éVêqu~ de..Paris. (troisième siècle), du .De­ [ nys eCnlaln mystIque (clnqUieme siècle), un seul et meme personnage • .A ces moines g;ecs, une tâche spéciale est assi· gnée: faire connaître la période grecque de la vie de Denys. Dans ce buf~ ils fabriqùent de toutes piècetla lettre dAri­ ~--[) starqul à Onésiphore; il composent la lettre de Denys à Apollophane; et on a de fortes présomptions de croire que ces" Illêllles moines ont inventé «lautobiographie» de Denys (1). Ces Byzantins si actifs à St. Denys de Paris venaient sans aucun doute du monastère grec de Rome fondé par Paul l en 761, et auquel Hi!duin a"ait imposé ,le Titulus de St. De­ nys et envoyé des reliques 12). Ces Grecs de Rome vont réapparaître vers 863 pour dé· fendre la thèse aréopagitique (3),~ attaquée par Odon de (r) Cette remarque se base sur le texte de fla~dellheer T. IV 62 p. 2SS où il mentionne lautobiographie apocryphe de Denys .jfreopagite, récelllment décoU"erte en Orient dans les versions sy­ riaque, arménienne, géorgienne, copte (sahidique) et alabe. Du fait que cette autobiographie nexiste ni en grec ni en latin, Bardenhe­ "er conclut, que toutes ces versions orientales, ayant pour source une version grecqu~, sont la traduction dun original (sic) latin qui leur a éte impasé par Hilduin. Bardenhewer ne voulant pas prendre la respon­ sabilité de cette assertion témé~aire, la rejette sur le dos dun autre savant, ~ Peete~ qui attribue cetlp falsification à Hilduin lui mê­ ) me dans ~cta Bolland. 29 (J910)1ïOlr. (2) Je tiens à rappeller qu-1!ilOuln était né en 770 et mort en S~O-2; et en outre quil est devenu un per.onnage important en S20, ayant ..btenu la charge de larchichapelain du Palais. Il est surpre­ nant de voir qu 011 ait attendu 50 ans peur donner le • Ti t u 1 us» au monastère ~rec de Rome. (3) Ici laréopagitisme est pris dans le sens de lidentité de l"é­ vèque dAthènes avec lé,ëque de Paris. Voir sur Odon (Adon)
  • 26. xxv 1 Vienne et Scot Erigène. /)Pour produire un document grec en faveur de cette thèse, il nimaginèrent rien de mieux que de traduire en leur langue loeuvre d Hilduin, le Libellus Pas­ sionis, Passion Grecque, retraduite à son tour en latin: ~ Post beatam et gloriosam ». Cest cette Passion grecque qui servira de documentation au premier panégyrique grec que lon con­ naisse, prononcé à Rome, et dont la traduction latine com ­ mence par ces mots: «Sermo gratiarum>. (Quell;: imagination!) . Les Byzantins ont donc exercé une influence considéra- Q(ble . dans~:la t~nsforma)ion ~ l~l2:.cienne hagio~raphie ,d~o~ nyslenne; et Ils portent une grande part de responsablllteo ( (ra;is la doctr.!E~---d~L~22.?tolicité de l W~es» (1). L «AMI DU CLERGE» du mois de Mars 1933 en répon ­ se à la question de quelquun, «pourquoi prend-on les oeuvres de Denys tour loeuvre dun faussaire hérétiqul, et pourquoi la démonstration de son orthodoxie par le père de De Rubeis ne3telle pas suffisante >, un des rédacteurs de «lAmi du Clergé », se mettant sur le terrain de Stiglmayr, répond que le défaut de De Rubeis était qu i l s e f 0 n d-a i t t r 0 p Q ;;; r P 0 EJ n i;;~ es P è r e~-:Trse---:---- Or, c on ne doit pas trop se fier aux Pères de lEglise, ~ o puisqu ils p-;uve-;t;~ tromper, comme ils ont été indui~n erreur par les Apollinaristes qui on fait passer pour vrais des a poe r y p h e s dA th a na se, et des épîtres de différents papes». -St. Cyrille dAlexandrie lui-même est tombé dans le piège, et cest avec tuuteslespeines du m Jnde quil a ~u donner une interprétation orthod0xe aux propositions quil trouvait dans 1e fa u x Ath a n as e •. De de Vienne chez Dom Quentin «Les martyrologes historiques du Moyen-âge. où il dit que le vetus Martyrologium Romanum «na existé que dans Jimagination dAdon •. (r) On voit ici que le Père Théry prend au sérieux le texte ine­ xact de la Passion de Saint Saturnin chez Grégoire de Tours, er ­ reur quon retrouve dans lencyclopédie de Herder de lannée 1932.
  • 27. XXVI la même manière; il ne faut pas donner trop dimportance à lavis des Pères sur lorthodoxie des écrits de St. Denys lA· réopagite.""Ce qui est arrivé avec les faussaires apollinaristes 1 pourrait se répéter avec le faussaire des oeuvres pseudo.Dio. nysiennes, « sur t 0 u t par c e que 1a po s i t ion de De· nys est aggravée par sa dépendance des o e u v r e s cl e Pro c 1 u s;c e qui est d é fin i t ive men t p ~o~ é :p a r K 0 che t StTgî m a y r etc. etc. ». A cette réponse dun des rédacteurs de «lAmi du Clergé », je me permets de faire les -observations suivantes: A la que5tion dun des lecteurs «pourquoi la thèse de lor· thodoxie des écrits dionysiens, telle que la soutenue de Ru­ beis (le père de Rossi), ne peut aujourd hui être tenue pour satisfaisante? > ce rédacteur répond que cest pour deu" mo­ tifs: r) Parce que le père de Rossi na pas pris la bonne mC:thode. 2) Parce que, eut-il employé cette méthode, il nau· rait pas, à lépoque où il écrivait, pu aboutir à des con·/ clusions définitivès. Mais, avant tout, examinons la nouvelle et bonne métho­ de qu il préconis~ la place de celle de de Rubeis. Il objecte à de Ru~0de sêtre appuyé un·iquement sur )l:":é~ignage ~t) dau rur. le témojgnage des anciens. Mais justement la méthode que préconise l ~Iise et à laquelle un écêfèsiastique ne devrait pas se soustraire. A moins que lon nadmette, avec les protestants, le droit individuel à chacun dinterprêter les dogmes et les écritures à sa manière. Tout travail historique serait rendu imposs.ili!e si lon rIl) ) ne se servait pas -de .témoi,gnages atrto-;-isés et -;:;connus. , Si lon doit admettre quO en fait de dogmes lavis dun seul ?ère ne suffit pas, et sil arrive à quelque père de lÉ­ glise àe se tromper sur quelques détails, ce nest pas enco­ re une raison cl éloigner en bloc leur témoignage qui, dans "~ ­ le cas qui nous intéresse, celui de lorthodoxie de Saint De· 1 nys, était presque unanime, et fut celui des plus éminents l, docteurs de lEglise.
  • 28. XXVII Dès le début . VI siècle, cest de ses oeuvres que ,,-- - du Léonce de Byzance, tire ses traits les plus saillants contre ili;rrésie monoplry;ite. Au même siècle le pape St.C~goire le GranDpère de lEglise, le déclare: «antiquus ac venerabilis pater ». Au VU siècle, ~x~confesseur et martyr, la plus grande lumière de son siècle, y écrit des commentaires qui font autorité jusquà nos jours. ~u VIU sièele, le grand docteur de [ Eglise~an DamaSëèilèj qui fixa à jamais la dogmatique chrétienne dans -~ . lEglise orientale, sappuie tout entier sur les écrits de St. Denys, tellement que Tixeront dans son « Histoire des Dog­l me,. affirme que toute la connaissance de Dieu chez St. Jean D;lllascène~cal~e» sur ses écrits. Entin, St~mas d ~0-)établit sa théorie de la Tri· nité sur les écrits de St. Denys et le cit<: en 1702 endroits. et fait des commentaires sur « les noms divins ». Nuus voyons donc que ces témoignages sont tellementJ] décisifs, que quiconque combattrait ] orthodoxie de St. De.· tV1,},? nys ne pourrait ne pas saper en même temps la dogmatique chrétienne. Tout cela serait très bien, si le respectable défenseur de la tradition allemandt> et protestante, dnns 1« Ami du Clér­ gé . con tre la tradition de lEglise Ca tholique sétait don­ né la peine de jeter un coup doeil sur 1~ texte du Ps eu­ do-Athanase: il y aurait trouvé à sa sur· prise un~..:_:t.~n tirée~oeuvres de DtJj !!ys LA~opalL.!-te avec cette formule intro· duc t ive: «s i c u t 01 U 1 t u min l h$..2l 0 g i a val e n s . Di~n):sjus inguit-•. Il sen suit donc que le rédacteur de 1« Ami du Cler­ gé. est tombé dans le piège ourdi par les t.nnemis de De· nys, et vien~, davérer lui· même ~existe~ce du faux. Ath~na . . se au [V sIe cie, avant St. CYrille. De cette maOlère tl a enterré de ses propres mains la légende propagée par Stiglmayr et Koch de leur dépendence de Proclus, dont les écrits nont parus que plus de cent ans après.
  • 29. ", XXVIII " *** En un mot, si j ai presenté ici les opinions de quelques auteurs des plus en vue concernant les oeuvres de Denys lAréopagite, cest pour démontrer la néfaste influence qua eu la critique de Koch et de Stiglmayr et en général la cri­ tique allemande sur la critique pseudo-scientifique moderne s,0nceroant Saint-Denys lAreopag-ite. Il sest" formé t;-ute u"ne clique décrivains qui transcrivent les uns des autres les renseignements puisés che7- Stiglmayr et chez Koch, sans pren­ J dre garde de vérifier la valeur de ces assertions et se fiant aveuglement à leur .autorité. La méthode c nouvelle» allemande dinvestigation a été introduite en France surtout par Mgr. Duchesne et a fait ravage. En c~ qui concerne Denys lAréopagite, la filiation de cet­ te clique a pour pèr.: Hl_&:..~ Koch et Stigl~ayr et leurs ad­ mirateurs ardents Bardenhewer et Rauschen etc.. , De ceux-ci, ~ puisent leurs connais~de Wulff, -p;;[ de Louvain en Bel­ gique, et, par le R. P. de Smeet S, f., ~l de l ~nstitut Catholique de Paris. Celui,ci écrivit la préface à l histoire des dogmes de Tixeront, c qui, daprès lui, devait sa mlothode hi~f9rique à Duchesne et, à qui il a gardé une admiration profo~de et une confiance quil savait mériter _. A leur sui­ . te vient une long ue file décrivains modernes comme. Bardy et le génial paléograRhe Pè~e Théry, ce fervent discipï;de - Koch, de Stiglmayr et de Bardenhewer, dans le sens desquels il abonde; et, pour finir, le li, P. M~ki de lUniversité de Cracovie qui tient les trouvail~es du Père Théry pour des c:révélations ,) géniales. " le ~. ~ -­ .> :.if, "
  • 30. l7;""~-::"-"~40 ""~~ ;-~;:l*::f"~- ~~~"i~~ . . XXIX. -. 1· ENCICLOPEDIA ITALIANA TRECCANI. MCMXXXI - San Dio· lli/[i, Vescovo di Parigi. (Article du père Charles Silva- Tarouca S.J.) U no dei sette vescovi che, secondo S. Gregorio di Tours (Historia Francorum, l, 31), ai tempi dell imperatore Decio, papa Sisto (circa 250) mando nelle Gallie; in seguito ebbe a ~ . soffri re il martirio. Mell alto Medioevo pero la tradizione trasportè S. Dio- nigi alla fine deI sec. l, al tempo di papa Clemente, facen- done uno dei primi propagatori deI cristianesimo, nella Gal- lia; a lui vennero aggiunte pOl, probabilmente, verso il sec. VI e VII, le due figure di S. Rustico e di S. Eleutaio, fin- chè la leggenda yenne codificata nell.. PASSIO SANCTORUM MARTYRUM DIONISII, RUSTrCI ET ELEUTHERII. E su qUt:sta tradizione si fondo I1duino, abate dell abbazia di S. Dionigi, il quale nell 835 avendo avuto da Ludovico imperatore r in- carico di scrivere la .vita di Dionisio Areopagita (che fu la PA5SIO S. DIONYSII, in PATROL. LATINA XVI. 23-50), fece un solo personagl{io deI Dionisio Areopagita, di cui parlano gli ATTI DEGLI APOST., XVII, dello Pseudo.Areopagita, e fi· nalmente deI martire di Parigi. La parte attribllita a San Dionigi nella diffusione deI cristianesimo in Francia spiega la venera7.ione di cui fu sem pre circondato il santo, il cui culto ebbe a çentro limportantissima abbazia che a lui sin· titola (1). ri (1) Il est déplorable quune publication aussi sérieuse que lEn- , cyc10pédie Italienne Treccani appuye la notice concernant l évangé-. ~. .. .,. Iisateur des Gaules et premier évêque de Paris sur la flagrante ine- ;.,:-- • l . xactitude de l auteur barba~e de la première histoire des Francs et ... . sur son amplification volontaire du texte de la passion de St. Satur- ~ ,~; nin de T~ulouse. Cette passion existe, mais on y fait nullement men- }-.... tion ni de Denys ni des sept évêques. Le ca~ est expliqué avec tous.: 1 . lesdétail~ à la page JI et suivantes du même ouvrage.";-., ",... ~ .,.1. ::.~ ." ..1 .; ~. .. ~~Z~~ ~. :. f~· ", l
  • 31. xxx ,-< ESCICLOPEOIA ITALlANA TRECCANI. MCMXXXI - Dionigi Areopagifa Pseudo. (Article de M; Saitta). Gli scritti che vanno sotto il nome di Dionigi Areopagi­ ta, primo vescovo di Atene e discepolo di S. Paolo, a cui si accenna negli ATTI (XYII, 34), dal Rinascimento in poi hanno dat} luogo a laboriose discussioni. Essi sono ricordati I~ prima volta verso il 532 da Innocenzo, vescovo di Maro­ nia, ma in occasione della grande conferenza religiosa tenu­ tasi a Costantino:>oli (533) per appianare la lotta fra ortodcs­ si ~ severiani &i comincib a dubitare della loro autenticità per opera di Ipazio di Efeso. Invece papa Martino 1 li difese strenuamente come autentici e li introdusse in Occidente, e la loro fama si diffuse cosl ra;:>idamente e stabilmente che special mente per il commento che ne fece Massimo il Confes. 3Ore, non si dubitb affatto, per tutto il Medioevo, dei loro carattere apocrifo...• L Erdmann (Gesch. d. Philos., l, p. 235) avanzb lipo. tesi che gli scritti dello pseudo Dionigi siano da attribuire a Ul Sinesio, cristiano" ma educato nella scuola di Prodo. Secondo lUeberweg essi furono composti verso la fine dei &ee. V, perchè contengono espressioni adoperate nel Concilo di Calcedonia (482) e nel decreto dell imperatore Zenone promulgato nel 451., Mag g i 0 r am pie z zad i rie e r­ che rigorosamente scientifiche dimostrano i lavori di H. Koch e J. Stiglmayr, i quali han­ n 0 e s a uri e n t e men t e d i m 0 s t rat 0 che g 1i sc r i t­ ti pseudo.areopagitici furono compos,ti in Siria verso Panno 500 e dipendono in. gran par t e d a 1 n e 0 pla ton i c 0 Pro cio (1). " (1) Cette notice est baséè sur les renseignements faux de Stigl­;, mayr et de Koch puisque dans le compte rendu du colloque avec les Monophysites en 537 à Constantin<ple, on a nullement contesté le­ xistence des écrits de lAréopagite, comme lassure contrairement à - la vérité Stigltnayr en traduisant faussement le mot ctestimonia. Dar - "::-".: t",
  • 32. r· XXXI HERDERSCHER - Lexikon für Tlzeologie de la.nnée I93E. Dans un article sur Dionysius Areopagita (auch pseudo:" Areopagita g-enant). signé par Stiglmayr, nous retrouyons IES mê­ mes inexactitudes. pis encore, (dois-je le dire par amour de la vé­ rité?) les mêm -s mensonges; mais aussi c~rtaines variantes très caractéristiques pour la connaissance de la mentalité de ,au ­ teur. Il assure comme d habitude, avec le ton le plus pénm­ ptoire, quon retrouve les premières traces de ces éaits à la dispute religieuse de lannée 53 r? (533?)... et que « Hypa. ce d Ephèse les trouvant falsifiés, les a énergiquement ré­ poussés ». Mais probablement sous le coup de la critique de M. J. Lebon, professeur à Louvain, il perd sa contenance habituelle et semble se retrogarder, mais pour masquer sa retraite, il avance une énormité: «der Verfasser ist vielleicht (à la bonne heure) der gemassigte (I?!) Monophysite, Severus, Patriarch v. Antiochien 7>. Que nos lecteurs jugent eux-mi:mes: comment le chef même de l hérésie peut~i:tre un monophysi­ te modéré? Mais ce n t-st pas tout, presque au début du mê· m~ article nous retrouvons une phrase surprenante. la voici: r c Einige Stellen bringen den Verfasser (Denys lAréopagite) unzweideutig (sans équivoque) in Verbindung mit dem be~ kannren Paulus Schühler ». Est-ce que ces paroles énigmati­ ques ne signifient pas que Stig-lmayr commence lui-mi:me à sen douter quau fond du pseulo·Deoys se trouvent des ( . é~nts du vrai Aréopagite? Ne se retire·t·il pas dans des po­ sitions préparées par avance? le mot· Schriften. Mais les Monophysites nont pas citè des texteS i, précis de Denys et ont fait appel à lopinion de plusieurs anciens j .. 1 Pères, parmi lesquels à Denys lAréopagite. Lévêque Hypace na pas voulu convenir à ces opinions, supposant quelles ont été fa1,_ ..... - sifiées par les anciens Apollinaristes. . -.~
  • 33. XXXIL ... Dans lénorme ouvrag-e portant le titre: c Theo!ogia Dogmatica ~ ...auctore MARTINO JUGIE ex August. ab. Assum,1 ptione. Parisiis Letouzey I935. Tomus V, pag-. 4I6, à larti­j cle IV, où daprès Joseph Lebon il est question De primis! Doc!ori6us iJ.fonophysismi nomina!is ~ nous rencontrons le pas­lili sage suivant: « Pseudo· Dionysius Areopagita - Celeberrimus ille f{lsarius, qui in theologiam tum Graer.orum, tum Latino­ rum tantum influxum habuit, ad Henoticianorum factionem pertinuisse videtur; cujus scripta primus omnium in mediunr--------: protulit Severus Antiocbenus, saeculo VI ineunte." On voit que lauteur de ce passag-e puise tous ces renseignements historiques, absolument faux, chez Stig-],mayr, mais c ~ est démontré. par des docu.m.œs irréfu.ta~les et_certains et ]pa.Lk.L!f.moms les plus surs que les ecnts de D. lAr. ont J existé bien av~nt le VI siècle, même daplès l av~u de sti. glmayr et de Bardenhewer; toutes les tentatives de rang-er Denys lAréopagite parmi les monophysites ne peuvent pas être prises au sérieux et tombent delles mêmes. M étant pruposé dans cet ouvrag.e la défense de lapo­ stolicité des oeuvres de Denys exclusivement du point de vue ( histo~ue, sans entrer dans des subtilités tlléologiques, il me parait du point de vue psychologique tout·a-fait impossible quun écrivain monophysite au moment de la lutte la plus achar­ née des deux opinions, écrivisse pour défendre son hérésie des oeuvres reçues pàr lEglise comme orthodoxes, que les catho­ liques, de leur côté, y trouvassent des arguments contre le mono­ physisme ,et que les ~onophysites consentissent de subir lécrou­ /1 ( lement de leur doctnne plutôt que davouer que les armes em­ ployées ~o~tre eux étaient de leur propre fabrication, et enfin que . les autorités tant ecclésiastiques que civiles ne reconnussent ~f, et ne devinassent la main du faussaire, leur contemporain et ( collègue en bierarchie ecclésiastique. ,,-. ) . -~~
  • 34. ·,LA VIE DE DENYS LARÉOPAGITE t V f.:Q U E D A TH È NES ET SON IDENTITÉ AVEC DENYS DE PARIS
  • 35. .1 == = cl .1 ......
  • 36. .,~ Notice biographique sur Saint Denys Saint Denys fut, comme nous le rapporte Saint~ Luc dans les Actes des Apôtr~es (XVII. 22), par­ mi les premiers Athéniens convertis au Christiani-j sme par Saint Paul en lannée 54 de lère chrétienne, ) lors de son fameux discours devant lAréopage qui débute ainsi: «Athéniens, je VOJS vois en toute JI chose religieux presque jusquà lexcès. Car, pas- ) sant et voyant vos idoles, jai trouvé même un _au­ tel où il était écrit: au Dieu inconnu. Or, ce que vous adorez sans le connaître, moi je vous l annon· ce etc. •. r (XVII, 34) ~Quelques-uns, cependant, s atta­ chant a lui, crurent, entre lesquels Denys l AréopaoJI gite ~t une femme du nom de Damaris, et dautres J avec eux •. _ Il est de toute évidence que lAréopagite ne peut signifier autre chose que la qualité de membre . de lAréopage. Cétait le tribunal suprême dAthènes: ses o ­ rigines se perdaient dans la nuit des temps. Il était composé de SI membre qui se complétaierjt par coo ­ _pération par,mi les familles les plus illustres et les plus considérées dAthènes. _ Il est hors de doute quon exigeait de ses membres une connaissance profonde de la philosophie et du d~~it: Comme ac-erteépôquê les phîIosophi~s "
  • 37. 4 platonicienne et stoïcienne étaient les plus appré- ciées, il est clair que Denys lAréopagite dut être versé dans ces deux doc0nes sans que cela l empê- chât de se servir largement des méthodes dinvesti- gation du Stagyrite, jusquà tel point que Saint Tho- mas a pu le compter aussi parmi les Aristotéliciens. Il nest donc pas étonnant que, professant un va- ste ~ynchrétisme, comme la plupart des gens de haute culture intellectuelle à cette époque, il ait res- senti la nécessité de justifier sa nouvelle foi d<Jr.s des ouvrages qui constitu~nt la plus ~ncienne tXPO- }I, sition syst6matique du dogme et du rituel chrétiens, 1 et-qui so-;;t en même temps linterprétation la plus profonde et la plus subtile de la pensée de Saint Paul. Celui qui fut élevé au troisième ciel souleva devant lui le voile de ses ineffables théophanies et)1 lAréopagite nous y associa dans ses écrits. C est de lui que nous tenons la division des 1 Anges en trois hierarchies et neuf choeurs, reconnue , par lEglise comme vérité de foi; cest lui qui em- J ploie pour la première fois le mot «trias>, qui a donné le premier une signification chrétienne à des 1 expressions philosophiques telles qu 4: hypostasis t et «extasis», et qui seul en littérature chrétienne; J suivi par Clément dAlexandrie, a donné aux moi- nes le nom de thérapeutes, employé déjà par Phi- - lon le Juif. Cest ainsi quil jeta les eremiers fon- J dements de la philosophie et_de -la théologie chré- J. tiennes et devint le maître incontestable de la my-!. stique chrétienne de tous les âges. - "- Dès le ~ début, son influence sur la pensée chré- - tienne fut si grande que la plupart des anciens Pè:
  • 38. 5 "" res, à commencer par ses cOlltemporains, ont tran ­ scrit, reproduit et paraphrasé ses lettres et ses pa­ roles ; .il est ,m~me !e p~:mier parmi I:s anci~nsP~-JI res qUi eut 1 honneur d etre commente, car Jusqu à . la moitié du V siècle, on ne commentait que les Saintes Ecritures. Nous puisons dans ses propres écrits la ~Iu. part des renseign ements sur sa vie. Daprès sa ~t- ,)l tre à Polycarpe, sa subite conversion fut occasion- née par le prodige dune éclipse du so..!.:il, survenueJ contrairement aux lois de la nature, quil avait observée à Héliopolis, en Egypte. en compagnie de son ami le sophiste Apollophane; elle l a beaucoup impressionné et il nen a connu la véritable signi­ fication quau moment où il fut renseigné par Saint )j Paul sur la divinité du Çhrist et la date de sa mort. Au moment de léclipse quil a observée a Hé ­ liopolis, il devait avoir vingt-cinq ans selon la men· tion dans les «: scholia» de Saint Maxime et la let­ tre apocryphe à Apollophane; on en déduit quil a dO naître en l année 9 de lère chrétienne et quil avait 43 ans au moment de sa conversion., - Son maître, après Saint Paul, fut Q:!iéroth0 dont il sexprime avec la plus grande vênération ) dans ses livres. Il raconte q u il a été présent avec .. lui et les Apôtres à la mort (dormitio) de la Sainte )0 Vierge. Dans la lettr~ à Démophile, il nous fait ", . -------~--- savoir quil fut, à lIle de Crète, l hôte de Carpus, ment.iùnné en Saint Paul. À en juger des titres de.~, ~ustres ses oeuvres et de ses lettres, il était en relation: , avec beaucoup de de lépoque aposto-) ", lique, tels gue tS"aint lea~ Apôtre et Evangéliste,":.-..~.; ~- • .:.. ~ ... or J
  • 39. 6 ~~ ~nt Polyca~; il nomme Saint ~ à propos de lexpression «Épwç»; mais cet- Ilte citation nous paraît une note marginale introdui­ te par mégarde dans le texte par un copiste. Il men­ tionne aussi en passant certains Clément, Justin et un propos de lC!;pôtre Barthé)~ et Elymas le Magicien (Actes XIII, 8). Il dédie ses traités à (fimothft9tÏ> OUfl1tFêO~uté-Il ptp Tlflo&étp illOVUOWÇ (; 1tpeo~ut€poç dont les traités de la Hiérarchie céleste (c. H.), de la Hiérarchié Ecclésiastique (E. H.) et des Noms Divins (D. N.) portent la dédicace en grec tqi oUfl1tpeo~utéptp Tlflo­ {jéq) .iwv,jmoç (; 1tpeO~UtepOç. et le traité de fa Théo----­ logie Mystique (M. T.), la dédicace tout simplement: 1tFOÇ Tlfl6&eov. Ses lettres s,ont adressées: les quatres premièr~s, à Caius thérapeute, la cinquième au diacre Doro­ thée .:bFo&éq) Aertouprqi, la sixième à Sosipatre prê­ tre, ~wom(hptp !sper, la septième à P0Jycarpe évêque" Ib),ux.cfp1ttp !epapx~, la huitième à Démophile moîne, ilwoepO,P 8spme6t~, la neuvième à Tite ~vêque, Tl: tq) ~êpapx~, et la dixième à Jean Théologue, Apôtre et Evêque, Iwâw~ 8eo),6rP, à7too1:6),tp y.a;l EùaneÀ~ . ot~, 7CêpwF~(j3ÉV1:l :I.a,O: IIâtfloV tYjl 11)001. • On peut déduire de sa lettre écrite à Saint 1 J~, éxilé à Patmos en l année 91, quil était agéJ~ à cette époque de 82 ans. Daprès Denys de Corinthe (environ lan ISO), -l, cité par Eusèbe, il fut le premier év~que ~ d; ~thè- J / nes. . " . . - . Tous les autres évènements de sa viè et le ré­ cit de sa mort ont trouvé lèur expres~ion définitive ~. ­
  • 40. - - - - - _ . _ - - - - " - - - - - - - -G - i dans les textes officiels tant de lEglise dorient] que dOccident, dans les Menaea Graeca, et le Mar·- ,> tyrologe, dans la rédaction de Baronius de 1584 dont .la plus récente édition a été refondue par or- . dre de Pie X. Les@--en-a-e-a-g-r-;e~ ou ~Ienologes sontQê m!rty- .r2)oW où sont rassemblé les synaxariaou commemo· J rations des martyrs à la liturgie de la messe pour chaque jour de lannée, divisées en dou7.e livres qui correspondent au douze mois de lannée. Leur composition date, daprès Eusèbe et St. Cyprien, du II 1 siècle, selon Bardenhewer du II siècle, et se prolonge jusquau X siècle. a) Les Menaea Graeca présentent la vie du Saint sous forme de louange, syxwf-ltOV, dans laquel­ le les expressions et les détails sont pris pour la plupart d~ ses écrits. Il y paraît que tous les ou­ vrages de Saint Denys lAréopagite, à nous parve· II . nus, étaient connus_d~2.~rs de ce Martyrologe. On y lit que Denys, membre de lAréopage, fut converti", baptisé et ordonné évêque dAthènes par le grand~ et instruit par @éroth~dans les my­ stères de la sagesse, et quil a laissé des ouvrages généralement considérés comme admirables.:. Les Menaea graeca nous racontent ensuite, que sous Do­ mitien il se rendit dans la R,artie .-9.fddentale ---ie l Empire, ~~r P!2Eager la foi; et, après avoir ac- . jl compli beaucoup de miracles dans la ville des Pa­ 1 risiens, il y eut la tête tranchée. Layant pris dans" 1 ses propres mains, il parcourut la distance de dc::ux l11i1le, sous les regards étonnés des spectateurs. et la" dépos~ entre les mains dune femme du nom de~-. .. .... ~
  • 41. 8 ~ Ses deux d,isciplescB:stic~et(~ fu­ rent décapités, et leurs corps jetés dans la même fosse que le sien. Catula, ayant soustrait pour quel­ que temps ces reliques aux recherches des bour­ reaux, les déposa, le 3 octobre, dans un Sanctuaire. À la fin de leur texte, les Menaea Graeca nous donnent le portrait physique de S. Denys; En ce qui concerne son extérieur - disent-ils - il était petit de taille, avec des sourcils rapprochés, des yeux enfoncés, de grandes oreilles, avec des mousta­ ches recouvrant des lèvres proéminentes et une bar-Il be rare au menton. Il avait un peu. dembonpoint et des doigts très allongés aux mains (1). b) IVlartyrologium Romanum pag. 246 - (Ro­ mae Typis Polyglotttis Vaticanis MDCCCCXXIV). S~ptimo Idus Octobris (le 9 Octobre)~ .-: Lutetiae Parisiorum natalis sanctorum lhrty­ rum Dionysii Areopagitae Episcopi, Rustici Pre5by­ teri, et Eleutherii Diaconi. Ex his Dionysius, ab . Apostolo Paulo. baptizatus, primus Atheniensit: m E· piscopus ordinatus est; deinde Romam venit, atque inde a beato Clèmente, Romano Pontifiee, in Gal­ lias praedicandi gratia directus est, et ad praefatam urbem devenit; ibique, cum per aliquot annos com­ missum sibi opus fideliter prosecutus esse t, tandem, (1) Il est étonnant qu en po~ant à la basilique de St. Paul des médaillons des disciples de St. Paul on nait pas tenu compte de celle notice des Menaea, et on ait donné à St. Denys le type dun homme du nord, à la face élargie, aux cheveux drus taillés en bros­ se, et à barbe épaisse, rousse, . Il serait fort curieux de conn~itre la source à laquelle les Me­ naea ont puisés ce-portrair.----T:"l 1 If:i>nTU" 1(";J.J. ! l·l T F, . ...;....:; "",,·,~ 4 . .1,./~ ~ l: ~ .. ~.. ), p ~w LloA~ t .!_ ... .._--- }~0
  • 42. .... 9 a Pra~fecto Fescennino, post gravissima torrrento­ rum genera, una cum Sociis, gladio animadversus, martyrium complevit. A comparer ces deux documents on voit quils convergent au même. résultat: Saint Denys, parti pour R0.!1~_~.~~~.s~miti~ daprès les Menaea, y . trouve (St. Clém~ sur le siège de St. Pierre, vu que de fait, à la même époque, Domitien et le pape Saint Clément ont tous deux exercé leurs pouvoirs de 81 à 96. Nous voyons donc que les deux versions de la vie de Saint Denys, obligatoires dans l Eglise, c~-I cordent à confirmer la croyance en la mission de St. Denys en Gaules par St. Clément, ce qui équi­ vaut à lévangélisation des Gaules au l siècle et à lidentité du Denys dAthènes avec celUI de Paris. ~Vu pourtant quil se trouve jusquà nos jours"des sce­ ptiques "qui, sans fondement, remettent léva~gélisa­ tion des Gaules au III siècle, et assurent que jamais en Gaule on ne se Joutait de lidentité des deux Denys a­ vant Hilduin, abbé du monastère de St. Denys, qui laurait inventée dt toute pièce, et je me suis pro­ posé dammener des preuves et des monuments con- firmant la tradition séculaire et constante de l Egli- J se. Nous ne pouvons pas savoir exactement quand et ;tomment la nouvelle du martyre de St. Denys parvint en Grèce ni quand ellefutillcorporéè aux Menaea graeca; pas plus tard, cependant, quau rè­ gn~ de Julien lApostat, car, nonobstant ses opinions personnelles, il devait avoir auprès de- soi, à Lutèce,/ comme prince chrétien, des membres du clergé grec; ~.; " . , -. ....;. .. ;.- .:...
  • 43. 10 et ceux-ci, de retour à Constantinople, en 361, après la saisie du pouvoir par Julien, ne pouvaient ne pas y apporter le récit de la mort du premier évêque dA­ thènes. Je considère cette date comme préclusiye, car il est probable que le récit de son martyre est parvenu plutôt en Orient, par St. Hilaire d,e Poi­ tiers, qui a passé les années de son exil (356 à J 359) en Asie Mineure, probablement en Phrygie, fut présent au Synode de Séleucie Isaurienne, et fut délégué avec dautres prélats auprès de lempereur Constance à Constantinople. Il sensuit, daprès moi, que tout le récit des Menaea graeca a dû être clos au pl us tard dans la sixième décade du IV siècle. Ma supposition est confirmée par le détail quà cet endroit on renco~tre dans les Menaea le nom ( de Parisia, IIrxFto[rx, pour Lutetia În Parisiis. Or il ~ est connu que Lutetia in Parisiis fut érigé en cité et pris le nom de Paris (IIrxpto[rx) entre les années 358360 (361), pendant le séjour de Julien dans les Gaules. (Dula:ure: Histoire de Paris 1857 t. 1. p. 134.). La composition des Menaea Greca nous per­,-1 met de distinguer quatre moments séparés de leur rédaction. Le premier consiste dans le texte des Actes des Apôtres: le second finit avec le départ ,. de Den)Ts, au temps de Domitien, (1) vers les ­parties ;: ! (Il Ce fait semble t:tre cO!Jfirmé par la lettre apocl YI he de De- . nys à Tllnothé~ quo! Stiglmayr et Barddlhewer ~i(ut:nt au -Ill siècle. (Voir la note à la liste des oelllres de Denys). 1
  • 44. 11 occidentales de lEmpire: ce sont les parties les plus anciennes, devenues les bases de différents ménoloc g.es. Cest à ce moment quont dû se rattacher les L plus anciens «s y n a x a ria» et dyptiques grecs. Les Athéniens, impatients de voir vénérer sur les autels leur premier évêque, sachant quil était par- . ti pour évangéliser les peuplades barbares d occi· r dent au temps de Domitien, mais ne connaissant ni le lieu de son martyre, ni les détails de sa mort, se sont mis à le glorifier dans leur .. s y n a x a ria,., par supposition, comme martyr. Il le faisaient en des expréssions imprécises et équivoques, que reflè. te par exemple le texte de la première partie du martyrologe dAdon (vetus martyrologium romanum): 3 octobris. natalis sancti Dionysii Areopagitae ... sub Adriano princi- .pe ... post gravissima tormentorum ge- nera, glorioso martydo coronatus», répété dans le martyrologe dUsuard qui était le plus répandu au Moyen·Age, même à Rome. Cela causa des complications dont on retrouve les traces dans le. martyrologe illuminé du X siècle, dit de Basil.e, au Vatican, où le Denys dAthènes, mar· tyrisé, semble t·il, à Athènes, renaît à Paris pour y avoir la tête tranchée. ] Le troisième moment relatant son supplice a - été ajouté, comme nous supposo~s, au IV siècle; le , . quatrième, dans lequel on nous raconte la légende dé Denys portant sa tête dans Ses propres mains et la: remettant à Catula, et où l on commémore SéS deux d~scipies Rusticus et Eleutherius, est venu sa-:.
  • 45. 12 jouter probablement dans une époque plus récente encore, Cl près l in vasion des barbares (1). La version des Menaea est la version officieIl_e reconnue de toute les Eglises chrétiennes de l O­ rient. LA TRADITIO: RŒfAI:E A Rome on se souvenait toujours de la mission qtle Clément donna do Denys lAréopagite dévé.n­ géliser les Gaules. On y gardait pieusement toutéS ses oeuvres, quil a dO déposer dans la bibliothèque des papes lors de son départ vers les pays lontains de lOccident; même celles qui ont depuis disparlis. Cest ici que Plotin et ses disciples on pu léS uti­ liser dans lenseignement philosophique ~qu ils ex~r· I çaient à Rome et semparer de quelques unes; comme le soupçonne-Suidas. Cest de Rome quelles ·:.";<;>nt revenues, lorsque la trace de ses oeuvres s é­ "1: ... tait momentanément égarée à Athènes, comme l at­ teste le diacre Pierre dans Saint Maxime. Lancienne tradition romaine qui tenait le De­ nys « mis s u s·~ a C 1e men t e i n G a Il i.a s .. pour lAréopagite, auteur de ces oeuvres, apparaî"t clairement dans les faits suivants généralement con­ nus; <Çrégoire I~d)avant d être éJe~é au siè­ j (1) Il Y a e.n France dix-sept màrtyrs dont la légende réfi::re quils ont porté leur tête: ·cest probablement par suite dune interp,,,ta­ tion erronée de vieilles sculptures des cathéclrales~ où les perse nn;,·-- ges décapités ti~nl;ent leur tête en mains, tandis que Je bllste est complété par un segment rentrant dans le cou.
  • 46. 3 ge de Saint Pierre, qui, dans les années 578 à 585, résida à Constantinople comme apocrysiaire du pa· pe et occupa le siège apostolique de 590 à 604, dans son homélie 34 sexprime ainsi: «D.i 0 n y ­ sius Areopagita antiquus videlicet et ven e rab i 1 i sPa ter». Ainsi en 649, le (Ê~Ee, S~M~ en plein Concile de Latran, sen appelle en présence de 10 4 évêques, parmi dautres l Pères de lEglise, à lautorité de Saint Denys et cite un passage de son traité des Noms Divins. Ainsi en 680,Ge Pape A-gatho~écrit une lettre à lempereur Constantin IV Pogonat où il sappuie ( sur un passage de Denys l Aréopagite, ~I nom­ me comme évêque dAthènes. Ainsi Q5Iënne i]) en 757, en fondant un monastère et une église grecque ] à Rome. l a dédié à Denys et a fait venir s~s reli­ ques de Lutèce. Enfin le pape ~ en lannée J1757 envoie ~ P~pin 1: Bref un exemplaire g~ec des oeuvres de 1 Areopaglte. Il ressort de tes faits que, à Rome, la tradition ne sest jamais démentie jus­ quà lépoque des Carlovingiens. . LA TRADITION GAULOISE Tout autrement en Gaule. Lancien usage de commémorer le même Aréopagite à deux dates dif­ fén~ntes (1), le 3 octobre celui dAthènes, et le 9 (1) Il } a dautres cas andlogues dans les rnarl}rùlûges, corn­ 1 1l1~ni;ant par ~re.que .1 on fêtait à deux dates différentes com­ ;le ~J;:j~e dAntioche et comme évê4ue de Rome ..­
  • 47. 14 octobre celui de Paris, persistait. La fusion des deux version primitives,. na eu lieu que mille ans plus tard. A ,Rome et aux Gre~s il importait surtout que ), le premier évêque dAthènes fut lAréopagite, lau­ teur des oeuvres portant son nom; tandis que les . peuplades gauloises et celtes ne sintéressaient guè­ re aux écrits de lAréopagite et à son passé avant son arrivée dans leur pays, mais recherchaient sur­ tout le lieu et les détails de son supplice. Ils ne connaissaient pas ses oeuvres et, même sils les avaient connues, ils n~ auraient pas pu les compren· dre, car lusage du ~ec sétait perdu après les invasions des barbares, à tel point, que lexemplai­ re des oeuvres de lAréopagite envoyé par le pa­ pe Paul 1 à. Pepin le Bref en 757, est resté dans ­ l abb~ye de Saint Denys saris être traduit et na pas réussi à ranimer la tradition de l aréopagitisme ~ de Saint Denys. Quoique l~ croyance dans lidentité des deux Denys, consacrée par une tradition immémoriale, fût maintenue dans les martyrologes: . tout d abord ro- main, où il est dit àra- date du 7 Id. Oct. (9 octo­ bre) « Dionysius Areopagita primus quidem athe­ niensis episcopus, postea a Clemente in GalIiaro missus parisiensis episcopus fuit~» et tout aussi bien .. . -- ­ dans ceux dits dEusèbe, autrement de Jerôme, de Bède le Vénérable (675-737), de Rhaban Maur;~ tout aussi bien que dans les nombreux bréviai­~. -., res, missels; t",nt da.os les Gaules, quen Germa­ nie, en Espagn~ et è"n Italie, et· aussi d~ns la tradi-Jj -:- tian vivante et constante de l, abbaye de Saint-De- I
  • 48. .... 15 nys et de lEglise de Paris, elle seffaça peu à peu, s évano~lit et tomba enfin dans lombre pres- que complète. Ce nétai.t pas toujours quon comprenait que lexpression «Dionysius a Clemente in Gallias mis- sus (vel directus)>> indiquait lAréopagite, lauteur des oeuvres portant son nom. La terrible dévasta- tion du pays et latroce persécution de la civilisa- tion gréco-latine recouvrit les Gaules dun épais nua- ( ge de barbarie germanique. En lespace de cent à cent cinquante ans tout était anéanti: églises et tem- lj pIes, écoles et universités, palais et villas, les bi- bliothèques systématigl}~_ent brûlées, les populations décimées et les hautes <.lasses dépouillées ou rédui- tes en servage. ,A la place des évêques de prove- nance gallo.romaine on avait imposé des évêques .de race germanique presque complètement ignares. De Il toutes les traditions familiales il nen était restèé quüne seule, celle des de M~nt~rency, conservée J comme par uri miracle de Saint Denys. Lantique tx:adition de lidentité de Denys l A- réopagite, premier évêque dAthènes, avec Denys lévangélisateur des Gaules s était perdue. Elle na été rétablie définitivement à Lutèce quaprès la ve- I~ lambassade de lempereur dOrient ichel J- le Bè~ envoyée à lempereur dOccident Louis le Débo~en 82 7, qui offrit à Louis le Débon: J naire ,un ~plaire superbe des oeuvres de l A- . réo~K~!e, dans une riche reliure; mais alors et quand _ même, le préjugé de considérer les deux Denys com~ mè des persannages distincts per~i~tait toujours, et c est t av:c la plus gr~ndediffi~ulté qu ~ le • i" "~"~--~::-~:::§~".~.: ~ :~.~.-.
  • 49. J,­ 16 célèbre abbé du monastère de Saint Denys et chan-~ celier de lempereur Louis le Débonnaire, a réussi dimplanter en Gaule la croyance de lidentité des d,=ux Denys. Mais encore sa connaissance du grec était si insuffisante que, malgré linvitation de Louis à traduire les oeuvres de lAréopagite, Hilduin ne sétant pas senti en état de le faire, il fallut appe­ 1er de la lointaine Irlande un savant connai~sant 1aussi bien le grec que le latin en la personne de eScot Erigèn0vel Eriugena. Cest ainsi que fut accom­ plie la première traduction latine des oeuvres de De­ nys lAréopagite, déjà sous le règne de Charles le Chauve, successeur de Louis le Débonnaire. Quoique depuis lambassade de lEmpereur Michel le Bègue à Louis le Débonnaire en 827, à Compiègne, qui fit connaître la tradition séculaire grecque, tout le monde e.n Occident ait crÎl à l i· dentité des deux: Denys, on nosait pourtant Fas toucher aux anciens martyrologt:s et bréviaires, où le Denys dAthènes et le Denys de Paris figuraient sous deux dates différentes, tant que le Pape n eüt ~­ émis un ordre· spécial pour les réunir. Le travail de correction du martyrologe romain commencé sous Alexandre VI na été achevé quen 1584 par une commission appelée syécialement par le pape Grégoire XIII et composée des érudits les. plus éminents. de lépoque, parmi lesquels le bar­ nabiteCGalvant~) le: jésuiteC[ellarmimli) (canonisé par S. S. Pie XI) et loratorien ....,BaroniuS) qui en fut le président, et publié en 1586 sous Sixte V" .1·· (1) Le cardinal Baronius rend compte de son travail au Pare rs: Sixte V en ces paroles: «Très Saint Père, je me suis efforcé, dal~sIr~ ­ ~ "
  • 50. ·­ 17 De son côté le bréviaire fut corrigé par ordre de Clément VIII(1592-160S) sous la direction du même cardinal Baronius. Après une scrupuleuse ré­ vision, par la bulle « Cum in Ecclesia 1> (10 mai 1602) il promulgua le nouveau bréviaire où l aréo-) pagitisme était maintenu. Les correcteurs ne négligèrent rien pour être précis; ils consultèrent les monuments du même genre usités chez les -latins et chez les Grecs; ils recoururent aux manuscrits les plus sûrs et aux meilleures versions, et ce ne fut quaprès plusieurs -essais de rédaction quils sarrêtèrent, en l anné~ 1584, à une rédaction définitive qui, cependant, re­ -çut encore plus tard différentes modifications. Cette unanime et définitive décision de lEgli­ se tant grecque que latine na pu cependant con­ vaincre, cette fois encore, les descendants de ra­ ce germanique imbus de préjugés de l éFoque bar ­ bare: surtout depuis que les protestants, ~nt -obstinément détruire lauthenticité des écrits dion Y-. ,,[3 siens, tâchaient deffacer jusquaux traces de l exi- . :s~ce réelle de lAréopagite. J En attendant, les é,crivains écclésiastiques en Frap.ce, imbus de philosoEhie rational)ste, su bissant -dautre p;rt l influeii~e du criticisme protestant, pour -ne pas paraître naïfs et trop endins à accepter dan ­ , la mesure de mes faibles moyens, dannoter le !llartyrologe rcmain, . - publié dans toute son intégrité il y a deux ans. Jai voulu éclaircir les nombreuses diffiéultés que présente histoire des antiquités ec­ déslastiques et les obscurités dont elles sont parfois enveloppées. :, :;. ,_ «~iartyrol. roman. a Caes. Baronio notis adornatum Romae 1586 p. 1). ) " r "" .IF ! .. ­ 2 !;~!~j . r _ .::-., "~::. "....:J!..~.:
  • 51. Il; 1 " r8 - "/J ,~ ~ ~~ . ciennes légendes pour de la bonne monnaie, se sont si bien mis à purger les martyrologes des récits fa­ buleux que, par excès de zèle, ils sont arrivés à nier les traditions les plus avérées de lEglise Gallicane, .JI et ont rivalisés avec les protestants pour les saper. Les préposés de lEglise de Paris nont pas su ré­ P!J -1 sister aux attaques reitérées des jansénistes, des gal­ ,( licans et d~s sympathisants du protestantisme, ni dé­ fendre leur ancienne tradition, tandis que le bréviaire parisien de ~ mentionne la mission ~e Saint De­ -A nys par Saint Clément, tandis que celui de 16.34, publié sous larchevêque Jean François de Gondi, avait été rédigé en ces termes: «Denys fut baptisé par Saint Paul et sacré évêque dAthènes. Il vint ensuite à Rome et le pape Saint Clément lenvoya dans les Gaules prêcher lEvangile». Celui de lannée ~ redigé par une commission réunie par Mgr. j de Harlay, le modifia dans le sens des critiques ra­ tionalistes et jansénistes ou gallicans en y omettant le nom du pontife Clément: (Saint Denys qui avait reçu du pontife romain la mission de prêcher la pa­ role divine dans les Gaules etc... » Enfin au XVIII siècle, le cÊrdinal de Noail­ les se rangea .nettement du côté de la distinction en­ tre les deux Denys, at~rs préchée par les Sirmond, les L~oy, les Tillemont et dautres rationalistes 1)·0 se croyant catholiques, rivalisant à qui mieux mieux I avec les pr~testants pour rabaisser lantique gloire du pa.!,ron de la France. En voici le texte préconisé par ,Mgr. de Noailles: « 9 Novembris; Parisiis natalis sanctorum martyris Dionysii primi episcopi ad disse­ ,­ minandam Christi fidem Gallias ab Apostolica sedei!~~ :~ ­
  • 52. 19 mISSI, Rustici presbyteri; et Eleuterii diaconi... gia ­ dio animadversi su nt. Horum corpora in monasterium ", . sancti Dionysii in Francia honorifice asservantur, pars vero superior capitis S. Dioysii in ecclesia Parisien­ si» (c-à-d. ·N. D. de Paris). Enfin MlF, de Vintimille, archevêque de Paris, 1 en lannée 1730, consacra définitivement cette dis­ tinction, en sappuyant, cette fois-ci, non plus sur le texte d~~ comme cétait le cas pour la ver ­ sion de Mgr. de Harlay, mais sur la copie trompeu­ se et inexacte du martyre de Saint Saturnin,. faite par Saint Grégoire de Tours, en la tronquant un peu, comme lon voit ci-dessous: (dans la leçon IV): « Deny~, ordonné par le pontife évêque des nations, partit avec Trophyme, Saturnin et quatre autres apô­ tres prêcher lévangile dans les Gaules, avant le rè ­ gne de Dèce~ et (dans la 1l::çon V): «Denys envoya ses dour.e disciples dans les différents pays des Gau­ les; ils les arrosèrent de leur sang au temps de la persécution de lempereur Maximien ». (Cela veut dire de 286 à 305). Nous voyons que les prélats salonards du XVIII }l siècle nont pas trouvé le temps nécessaire pour soccuper sérieusement de l histoire de leur patron ) et, comme tous les gens frivoles, sont tombés dans le scepticisme. Ils ne se sont servis que de formules évasives qui ne sauraient contenter les espr.its sérieux. On est enfin arrivé à une telle confusion, que cha- H que diocèse e.n France avait uri bréviaire particulier. . C..!:pendant la curié de Rome ne changeait p-as s~n J~. opinion e~éon XIIJ)<:-,xjgea que la tradition aréopa. . gitique fut conservée dans le propre du diocèse de
  • 53. · 20 Paris. Enfin à lépoque toute récente, le bréviaire romain ne changea pas son te5t~s~venu JI . depuis obligatoire dans la Chrétienté entière, par la décision de~ I~ -,------:;, Les partisans des deux Denys ne· désarmen 1 1 pas quand même, ils repètent, les allemands en tête, les mêmes objections, les moins fondées et les plus fal.)sses. et déclarent, selon leur habitude, que tous les monuments qui affirment lidentité des deu:x Denys et leur sont contraires sont faux et fabriqués par le rusé Hilduin dans les officines de son abbaye. A la longue, depuis l engoO­ ment inesplicable pour la science allemande, ils ont D gagné à leur cause la majorité du clergé, même ce­ lui de Paris. On est arrivé à la situation paradoxa­ le que~ la science soi-disant catholique (est en fla­ ,[0 J[ grante opposition avec les vérités proposées par l E­ ~ glise à la croyance des fidèles. Ma conscience de catholique sen étant ~mue, je me suis proposé de me rendre compte de cette si­ tuation paradoxale, dans cette étude sur lidentité des deux Denys que je présente à lappréciation de mes lecteurs. Vu que les plus anciens biographes ne· da­ tent . que du IX siècle, et que le renseignement essentiel qu ils nous donnent est celui de la mis­ 1 sion de Denys en Gaule par St. Clé~ent qui accu­ :pait alors le siège apostolique quil tenait par l au~ torité même du bienheureux Pierre, coincidŒt tou­ tes avec la notice des Menaea Gr~eca sur le départ de Denys, membre de l· Aréopage sous Domitien, i- pour la partie occidentale de lEmpire (autrement dit,:~-;"
  • 54. · ... :. 21 son départ à Rome et sa mission par Clément en Gaule), et que les autres renseignements se rappor­ tent plutôt ,à ses écrits quàsa vie, je remets lex­ position de ces biographies et des travaux de ses)) commentateurs à des chapîtres sur les écrits et la transmission de ses oeuvres jusquà notre temps. Jexposerai tout dabord les qbjtctions des ad­ versaires de lidentité et je tâcherai ensuite de dé­ fendre la version de lEglise, élaborée avec tant de soin et si consciencieusement par la commission pr~­ . sidée par le célèbre et infatigablè cardin~~~}l L . " ......
  • 55. ( , , , ! .... ,"" ,"
  • 56. LES OBJECTIONS DES ADVERSAIRES DE LIDENTITÉ A des gens, dont la connaissance des premiers temps du Christianisme nétait pas assez profon ­ de pour comprendre la perspective des âges, et qui" en rationalistes quils étaient, fondaient leurs juge ­ ments plutôt sur leur raisonnement individuel que sur les données deI histOire~ TI--;P;r-; suspect qu-; St. Denys dAthènes pût venir propager la vraie II foi ~~ns un pays si éloigné: qui était I.e pays des ParIstens. Quelques-uns meme, comme Jean Mo-. rin et Sirmond, qui sont pourtant des écrivains des plus appréciés par la science allemande actuelle, ~nt tellement perdu toute notion des tel12ps que, pour contester la tradition, ils o;)t-évoqu""é des règlementso~ en usage dans lEglise actuelle et affirmé quun érêque dune cité aussi importa nte quétait alors Athènes, ne pouvait pas être transféré dans une bourga ­ de insignifiante telle quétait à cette époque Lutèce; com­ me si ces règlements hiérarchiques se rapportaient aux fondateurs même des communautés chrétiennes et"dè to~te hiérarchie !--Sans toucher au~ apôtres, tenant tous les pouvoirs du Christ même, il est évident q~e leurs disciples devaient être à même de fonder ,de ,nouvelles -communautés et d y instituer la hiér~r­ chie sacerdotale. Nous trouvons la confirmation de
  • 57. 24 :;", ce fait même dans le" récit, par ailleurs inexact, de Grégoire de Tours sur lévangélisation des Gaules.:.. Dautres écrivains ecclésiastiques, surtout ceux du diocèse de Paris, justifient leur défiance à l é· gard de lidentité .des deux Denys par la connais­ sance, soi-disant profonde, de l histoire de ce dio­ cèse et de la succession de ses évêques. Ils affir­ ment que la succession ininterrompue des évêques de. Paris ne date que de lannée 370, d olÎ dérive leur croyance que I~ diocèse ne fut fondé quau qua­ 1 trième siècle. On cite néanmoins les noms de qua- tre évêques antérieurs à cette époque, ce qui. est ce­ j pendant contraire à leur propre assertion. A ces affirmations je réponds: rO). La possession dune liste ininterromeue des évêque~ dune bourgade aussi Insigni]ia;t;(ïuétait ~ cette époque Lutèce in Parisiis est une présomption in­ r soutenable, du fait que nous-ne possédons pas non PIus 1 la liste ~xacte des évêques des sièges les plus impor­ ) tants de la Chrétienté. Nous ignorons même le sort de .Jll ~a plupart des apôtres et des EgliSes guils ont fondées. Nombreux sont c"eu~ qui ont des doutes sur la fon­ dation de lEglise dAlexandrie par St. Marc; la --"7-.---­ lumière sur lorigine de lEglise d Ed~sse nest pas faite non plus, et nous trouvons même des di-, (verg~nces -dappréciation sur la succ~ssi6n . des pre­ miers occupants le siège de St. Pierre. Par exem­ pIe,· daprès Tertullien et selon quelques récits de la vie de lAréopagite, ceût été St. Clém~nt; daprès St. Irénée, il. s" agirait de St. Li~ejllement, la
  • 58. :!5 - - confusion de Clet et dAnaclet .na pas pu être dissipée jùsqu à l heure présente. 2°). Les« Menaea graeca ~ naffirment pas que J St. Denys fut le premier évêque de Paris, ~ quil ( en a été l évangéli~ur; et comme il périt avec ses deux acolytes, le presbyte Rusticus et le diacre Eleuthérius, nous sommes en droit de supposer quun ( intervalIeassez long sinterposa entre lépoque de leur martyre et larrivée des autres évêques. Des cas similaires pouvaient se répéter par suite des per­ sécutions réitérées. 3°). Il est évident que les listes des évêques se . succédant sans interruption dans le diocèse de Pa­ ris pouvaient ne pas exist~r avant la promulgation de lEdit de tolérance de Milan en 313, puisquil est fo~t probable que les chrétien~ évitaient de livrer les r noms de leurs évêques aux autorités. ~ s . tes avalent­ ~_.~. - existé, ~ - -­ ---­ elles auraient pu être détruites sous Dioclétien, avec d autres documents et livres saints des chrétiens, pendantfâ persécution la plus atroce et la plus prolongée, bien que cette persécu­ tion, grâces à la bienveillance de Constance Chlore, , eût épargné les vies des chrétie!1s dans les Gàules. , Nous voyons donc que l absenœ de la liste officiel­ le des évêques de Paris depuis la fondation du dio­ .~ cèse ne soppose en aucune manière à l évangélisa~ i.. ) tion des Parisiens par St. Denys. - De. ces motifs, insuffisants et incomplets, invoqués .par les adversaires du « De lino Dionysio », passons maintenant à Janalyse et à la réfutation des soi-di­ ..,"" 1- ,.­
  • 59. 26 .... sant preJves essentielles quils prétendent apforter contre lidentité des deux Denys. Leurs arguments principaux se résument à quatre points et s ap ­ puient sur les monuments suivants. 1) Un texte de Sulpice Sévère. 2) Le témoignage de Grégoire de Tours. 3) Le martyrologe dAdon de Vienne, lequel de· son côté, se base sur un prétendu ancien martyro­ loge romain: «Vetus Martyrologium Romanum ", et sur le témoignage fictif dAristide. 4) Sur la fabrication supposée de documents par Hilduin, abbé de St. Denys. I. - SULPICE S{;vÈRE. Sulpice Sévère, évêque de Poitiers vers lan 400, écrit dans le second livre de son histoire Sa­ crée: «. Sub Aurelio Antonin! Filio, persecutio quin­ ta (sic) agitata ac tum primum intra Gallias mal­ tyria visa, serius trans Alpes Dei religione susce­ pta» .,<-Ces adversairoo dun Denys traduisent cette p~ras~f:"~-omme nous allons voir, dune manière ine­ xacte; en la privant de son début; doù résulte toute la confusion. Que veut dire ce texte? Il dit tout simple­ ment quavant la ~inquième yersécution (daprès " nous là quatrième) il ny a pas eu en Gaule de per. sécution légale baséé sur des édits impériaux. Au­~-- trement dit les persécutions sous Néron, Domitien et Trajan nont pas touché les Gaules.
  • 60. . - 27 Remarquons biens que, dans le texte latin de Sulpice, se trouve le mot «Martyria li et non pas « Martyres» et ce mot Martyria, (en français Mar- tyre) nest que léquivalent de ~ pe~secutio» cu, si l on veut, des martyres en masse. Si nous admettons que lts mots «serius» et « suscepta» se rapportent à « pers~cutio li ou à <i mar- tyria », ce qui revient au même, la phrase est claire et nexige aucun commentaire; tandis que, considérés comme ablatif absolu, les mots ~ serius suscepta», rapportés à «religione» donnent à la phrase une signification non seulement embrouillée, mais absolu- ment absurde. Cest l abbéCJ;:ugène Bern~,) Docteur ès let- tres et théologie, chapelain de Sainte Geneiève,. Pr~.resseur·à la Sorbonne, qui dans son livre: «Les origines de lEglise ·de Paris» expose I.e plus net- . tement lopinion des adversaires dun Denys; et voilà comment il. traduit le texte de St. Sulpice. O- mettant le commencement du texte « persecutio quin- ta »- etc... et substituant le mot «martyrs li sans «e» muette aux «Mo1lyria» il dit: «Ce fut alors que, pO,ur la première fois on vit des martyrs (sic) dans les Gaules, parce que la vraie religion ne fut em- 1- brassée que plus tard :lU delà des Alpes». Intairé-" ) tation .fausse et dénaturée. Plus tard que quoi? Plus t~rd quà Rome ou quà Jerusalem? mais tout,:le mon- ,.. de le. sait et il serait puéril de le dire. D rin autre côté cela ne peut pas signifier que la vraie religion ne fut embrassée quaprès la persécution des Chré- trensà Lyon sous Marc Aurèle, les Martyrs Chré- tiens ne pouvant pas exister avant lavènement du Chri· < ,
  • 61. 28 stianisme. Il est donc de toute évidence que ce nest pas cela que voulait expri,mer le texte de Sulpice Sévère." Je répète donc que lerreur de la traduction consiste en ceci:t, 1) On omet l~s mots du début de la phrase «per­ secutio quinta~, et «Martyria,., qui expriment la même: pensée que «persecutio,., ce qui veut dire des martyres en masse provoqués par 1; édit impérial; on traduit1./ sciemment dune manière inexacte le mot martyria par martyrs sans «e ~, comme si en latin il y avait Martyres et non Martyria, et on réfère ~ suscepta: ~ a «Dei religione», prenant cette phrase pOUI.: ablati f absolu, alors cependant que «suscepta» serappor­ te à « persecutio,. et que f Dei religione ~ doit être[., considéré comme ablativuc; causalis. On doit par con­ séquent traduire le texte de Sulpice Sévère de I~ manière suivante: Sous Aurèle, fils dAntonin, sel déchaîna la, cinquième (daprès nous la quatrième) persécution, et ce nest qualors que pour la pre­ mière fois on vit, des martyres dans les Gaules, puis­ que la persécution pour la foi en Dieu (la vrai foi) ; . ne vint que plus tard au delà des Alpes ... On voit .donc daprès Sulpice Sévère que les t~ois persécutions précédentes, de Néron, de Do­ mitien et de Trajan, nont pas touché les Gau­ les; mais-ce fart ne prouve nullement quil ny ait eu des martyres sporadiques ordonnés par quel­ que proconsul. Sulpice Sévère lui-même y fait allu­ sion dans sa vie de St. Martin. Le passage de Sulpice Sévère, comme témoi· gnage auquel se réfèrent les adversaire dun Denys, f<C
  • 62. -<4 -; ~ " .. -.: 29 .... .i ne nOlS dit rien de nouveau sur-lorigine de la re· . ligion chrétienne dans les Gaules, et ne se rappor­ te pas à la personne de St. Denys. II. - TÉMOIGAGE DE SAI!T IRÉ:rÉE. La persécution qui .:ut lieu sous Marc Aurèle à Lyon est confirmée par les actes des Martyrs de Jan 177, appartenant aux docu~ents des plls au­ thentiques et des plus indiscutables de lEglise. Saint lrénée, illustre Père de lEglise, témoin oculaire des persécutions· .de Lyon, nous relate la mort du vénérable Pothin, exécuté à lâge de 90 ans, auquel il succéda sur le siège épiscopal de Lyon. St. Iré­ , née nous apprend que, bien avant lui, se trouvaient déjà maintes communautés chrétiennes à Narbonne, à Arles, dans les Garennes et dans le pays des Celtes. Plus loin, il nous enseigne: « La foi est une dans toute lEglise disséminée dans lunivers (Haer. l, 10, 1): Ecclesia per universum orbem us..9~~s " ~, et ab apostolis et ab discipulis eorum acce­ 1 1 pit eam fidem quae est unum esse deum, patrem omnipotentem) etc. et: plus loin, (Haer. l, 9, 4), «Regulam veritatis immobilem quam per baptismum accepit (quisque)); et plus loin encore (Haer. 1, 10,) 2): «Les langues sont diversesj mais la tradition est la même. JI y a jes Eglises ét~blies en Germanie - . (Je dois attirer lattention cre -méS-léëtëtirs sur ceci , que, là où St: Irénée parle de Germanie; il faut com­ prendre le pays au delà du Rhin ou la Belgique ... " ---~!
  • 63. 3° actuelle, puisque. les territoires situés de ce côté du Rhin faisaient partie des Gaules, avec Trèves comme capitale) _- dont la foi ne diffère pas de la nôtre. La même chose peut· être dite des Eg.lises qui se --.-- - --- .- . trouvent chez les Ibères ou chez les Celtes, en Orient; cest-à·dire en Egypte, en Lybie, et-au centre du monde (centre du monde veut dire Jérusalem, con­ sidérée comme telle par les premiers chrétiens) ~. Ce témoignage de St. Irénée se rapporte indi­ J - recte~ent à la mission de Denys l A;éop~gite; car pou~uo~Eeuple ~el~e serait-il autre que les Pa­ risiens, et leur apôtre ne serait-il pas St. Dénys? . Du reste,. St. Jérôme confirme ce témoignage dans une lettre· (epistola 53) à limpératrice Théodora, dans laquelle il lui rappelle que vers la fin du deu­ ( xième siècle, des églises furent édifiées par les chré­ . tiens en Aquitaine et sl.!r les bords de la Garonne.r-; Ces textes de St. Irén.ée nous prouvent dune Jif m~re irréfutable lévangélisation <1es- Gaule_s par --les apôtres et leurs disciples. Et qui pouvait être ~ _ ... mieux lenseigné que St. Irénée, dont le siège ép!s. copal était situé au centre même des Gaules? ~i donc· déjà à l aube du christianisme les semences de l Ia vr.aie foi ont at!eînt les. pays sitlléL au delà sie Paris, comme les contrées éloignées de la Germa ­ nie ~u de la Belgique, et de lEspagne, elles nont , pu ne pas être P9rtées dans les Gaules. Il ne peut 1 ,jr donc être question de l évangéI-isation des Gaules après lannée 250, comme le veulent quelques-uns. :"0".~~
  • 64. . 31 ""III. -_ TÉMOIGNAGE DE ST. GRÉGOIRE DE TOURS. ,Le second témoin sur lequel sappuient les par~ tisans des de~x Denys, est St. Grégoire, évêque de Tours (538594) le plus ancien historien des Francs. Dans son histoire des Francs (Liber 1 Caput XXIII 30) il écrit: Sub Decio Imperatore... hujus tempo­ re septem vi ri episcopi ordinati ad praedicandum in Gallias missi sunt, sicut historia passionis sanc.ti mar­ tyris Saturnini denarrat. Sub Decio et Grato consu­ libus in Parisiacis Dyonysius episcopus... » Ce qui signifierait que Denys fut envoyé à Paris à lépoque de lempereur Dèce, cest-à-dire environ vers lan 257. Limportance que les partisans des deux Denys attachent à ce témoignage nous oblige à nous occu­ per plus longuement de l historien des Francs et de ses écrits. r Pour mieux ·comprendre Grégoire de Tours, il faudrait étudier son époque, ce siècle dignorance et • 1 de barbarie, l un des plus curieux et des plus re­.marq"uable dans l histoire des humains: lépoque de la chute de lEmpire romain. Linvasion des hordes germaniques fut si néfa­ ste à la civilisation latine quil est difficile de se re"" présenter comment en si peu de temps, de 400 à 450, ",1. a pu disparaître cette culture si florissante sur tou­ te létendue des Gaules, comme nous lavons vu chez: le poète Ausone; chez Sulpice Sévère, et St. Hi­ laire de Poitiers. . Jamais on navait vu pareille désolation; ni les Huns, ni les Tartares, ni les Arabes, ni les Turco­
  • 65. 32 mans ne surent détruire et dévaster avec cette fu­ reur germanique comparable à celle des bolchéviqu~s, dignes émules du protestantisme auxquels ils sont liés par la haine implacable et commune quils por­ tent à la civilisation gréco-latine, représentée par lEglise Catholique. Grégoire de Tours, descen?ant dune famille sé­ natoriale de Clermont, devait avoir pl~s de trente ans quand il fut nommé évêque de Tours en 573, c~ qui fait supposer quil naquît en 540 et quil mourut ,vers 594-5. Or il a vécu sous le règne des rois Francs Chilpéric et Childebert, à lépoque bar­ bare où toutes les attaches avec la tradition gréco­ latine furent rompues, la civilisation romaine fut re· niée et abandonnée, et la langue latine commen­ ça à se transformer en parler français. St. Grégoire sen plaint lui-même; son insuffisante connaissance./ du latin lui fait confondre les genres et les déclinai· sons, et employer défectueusement les adverbes. Il se console néanmoins dans ces termes « Quia philo· sophantem rhetorem intelligunt pauci, loquentein ru· sticum multi .. (Hist. Franc. ProL). Ses écrits don­ nentIe tableau exact de lévolution de la langue qui saccomplit en ces temps-là. Il écrit, par exem­ ple «pro eo quod.. parce que, au lieu de ~ quo· niam ~. Son exposé des faits est si ingénu et sa cré­ dulité si grande quon ne peut se fier à la narration des événements aux quelsil na point participé pero sonnellt:ment. Si tels sont les écrits du descendant des nobles sénateurs de Clermont, évêque et histo­ rien, que r.aut-il, penser de la mentalité des repré: sentants des classes moins cultivées? Et on ne peut . ,
  • 66. 33 ""quéprouver une réelle surprIse en constatant quelancienne et insigne civilisation latine put être dé­truite en si peu de temps. St. Grégoire, historien, nayant plus dattachesavec la . vivante tradition grecque, dut uniquementsappuyer sur des documents scripturaux et en par·ticulier sur les actes du martyre de St. Saturnin apô­tre de Toulouse, actes quil. copie, dans son oeuvre,dune manière peu fidèle. Voici la version de Gré·gOIre: (Hist. F1an. Lib. J. cap. 28). Hujus temporeseptem viri episcopi ordinati ad praedicandum in Gal­lias missi sunt, sicut historia passionis S. martyrisSatumini denarrat. Ait enim: «Sub Decio et Gratoconsulibus, sicut fideli recordatione retinetur primumac summum Tolosana civitas S. Saturninum haberecoeperat sacerdotem ». Hi ergo missi sunt: Turonocis,Gratianus episcopus; Arelatensis, Trophimus episco­pus; Narbonae, Paulus episcopus; Tolosae, Saturni­nus episcopus; Parisiaci, Dionysius; Avernis, Stre­monius episcopus, Lemovianis, Martialis est desti­natus episcopus». En ces temps-là" sept hommes, investis de lap~issance épiscopalè, iurent envoyés dat;s les Gaules;comme on lapprend des actes du St. Martyr Satur­nin. Nous y lisons en effet, que« sous le consulatde Decius et d~ Gratus, ainsi quon en garde le fi­dèle souvenir, fa cité de Toulouse reçut son premier -;--1évêque St. Saturnin ». Voici les noms de ceux qui -,vinrent dans notre pays... De ces pontifes, Denys,évêque de Paris, souffrit divers tourments pour le . - .. .. ·l 1 /-"; 3 .! -1 -~ ,..,,
  • 67. ~. 34 nom de Jésus Christ et termina sa vie sous le tran­ chant du glaive. Si ce texte était exact, il sen suivrait que St. Denys ne vint à Paris que vers lan 250, car De­ cius régna de 249 à 251; mais ce texte fut amplifié dans la copie de Grégoire; 1 es a c tes d u m a r ­ tyre de St. Saturnin existent, mais ils nec.o nt i en ne n t a u c une men t ion sur St. Den ys, ni. sur les autres évêques, en­ voyés pour convertir les Gaules. Dans ces actes il est dit uniquement que « sou sIe con sul a t de Déce et de Gratus, ainsi quon en garde le fidèle souvenir, la cité de Toulouse reçut le premier évêque, St. S a t u r n in» et la mention. qui se rapporte aux autres évêques nest qu une amplification de Grégoire. Croyait-il lui-même que cest seulement vers lan 250 que la foi chrétienne pénétra dans les Gau­ les, ou voulait-il le faire croire à ses lecteurs? Nous nen sommes pas sûrs, car, dans un autre de ses écrits, il rapporte la mission de St. Saturnin aux temps apostoliques, et dans son oeuvre de Gloria Martyrum il sexprime comme il suit: .« Saturninus Martyr, ab apostolorum discipulis ordinatus in urbem Tolosam est directus ». Il se peut que, ne connaissant pas la date exac­ te de la mission des apôtres des Gaules, il s ap­ puyât sur les seuls indices précis trouvés dans les actes de Saturnin, dautant plus quil nattachait aucune importance à la chronologie, et estimait pro­.~..:i.~ bablement lamplificatiôn comme du devoir dun his­
  • 68. . ,.. 3Storien, puisquautrement l histoire ne serait quun recueil aride et sec de documents. Telles ont dû être les raisons qui décidèrent lenaïf et barbare historien des Francs à amplifier lesactes de St. Saturnin et à induire ses lecteurs enerreur, et nous sommes en droit de lexcuser. Maison ne saurait que trop blâmer les protestants ainsique les rationalistes du XVIII siècle et les critiquesmodernes, qui, nignorant pas le récit controuvé deSt, Gregoire, attachent une si grande importance àlopinion de lévêque de Tours (1) et le citent pourrenverser la tradition séculaire de lEglise, traditionconfirmée par les ménologes grecs et le bréviaireRomain, dont la version officielle ne devrait pas ê­tre mise en doute par les fidèles, à moins quonnait découvert des preuves évidentes du contraire. Enfin, l;i date même du séjour de St. Saturninà Toulouse n a pas été irrévocablement établie,dautant plus quun manuscrit consignant ses acteset provenant, comme on suppose, du X siècle, décou­vert en 1793 par deux érudits espagnol, Menabréa,et Macédo, à la bibliothèque Riccardi de Florence,reporte la mission de Saturnin, non au consulat deDèce et de Gratus, mais à celui de Claude, suc­cesseur de Caligula... version qui paraît plus confor­me à la vérité et saccorde mieux avec les narra­tions sur la fondation des premières églises, à Ar­ (1) On le cite comme autorité, même dans la plus récente Ency­clopédie Catholique éditée par Herder.­ -~ .. .l. ~j
  • 69. 36 les, à Narbonne, à BOl.:!"ges etc... ainsi quavec les témoignages de St. Justin et de St. Irénée concer­ nant lévangélisation des Gaules. St. Paul, dailleurs, dans une de ses épîtres, celle aux Galates, exprime lintention de se rendre en Espagne. Est-il donc possible dadmettre que les apôtres ne se soient pas dabord occupés des Gau­ les? En résumé, létude minutieuse des textes de St. Grégoire prouve: 1) que la mission de six évê­ ques (outre Saturnin) parmi lesquels St. Denys, sous Dèce et Gratius, nest pas mentionnée dans les actes de Saturnin; 2) que St. Grégoire, à défaut de documents au­ thentiques, dut sappuyer sur des données non avé· rées; .-/ 3) son opinion ne présente, pàr conséquent, au" c une val eu r h i st 0 r i que, et nul document incontesté ne vient la confir~er. I Ainsi tout cet échafaudage de mensonges et de J ) faux, édifié par le,. adversaires de Jidentité des deux Denys, fondé sur le témoignage de Grégoire de Tours, ne résiste pas à lanalyse historique, et s é.. croule sous les coups de la vérité. 1. - VETUS MART"ROLOGlUM RmIAN(;~Lr Le III document, lequel, daprès ces doctes é­ rudits, possède)a valeur dun argument infaillible, est le vùux ma1iyrologe, dit Romain, quoique p,-oVe1Zmzt. -.... dAquilée. En voici le texte latin: «Vetus Martyro­
  • 70. · 37 "" logium Romanum. A. C. 3:?0, 3 Octobris Athenis, DionY5ii Areopagitae, sub Adriano diversis tormen- tis passis ut Aristides testis est in opere, quod de Christiana religione (omposuit: hoc opus apud Athe· nienses inter antiquorum memoriam clarissimum te- netur»: 9 Octobris Parisiis Dionysii episcopi eum sociis a Fescinnino gladio animadversi». Vers 8 Sa, Adon, évêque de Vienne, lors de son séjour à Ravenne nous raconte quil copia un an- tique martyrologe quun moine lui avait confié pour quelques temps. Au dire de ce moine, cétait la co- pie dun exemplaire qui a été donné par un certain pape à un saint évêque dAquilée. Informations va- gues et incertaines sil en fut, surtout quand i1 sa· git dun document historique: de cette importance. Lexemplaire dAquilée a dû disparaiire sans traces par suite de linvasion des Huns et de la destruction totale de la -ville dAquilée par Attila. On ne sait pas si la copie existe actuellement. Tel fut le document dont se servit Adon dans la réiaction dé son martyrologe, sur lequel plus tard . se basèrent les martyrologes d Usuard, abbé de St. Germain des Près (864-877) et de Notker, dit Balbu· lus (912). Ce ne fut pourtant quen 1610 que ce martyrologe parvint à la connaissance des fidèles dans la nouvelle édition du jésuite Rosweyde munie;.( dune dédicace au Pape Paul Ven les termes suivants:1- «Le voici, très Saint Père, le vieux martyrologe Ro- main. Né à Rome, il revient à Rome... ainsi le rayon revient au soleil, le ruisseau à la source... ». . Cette dédicace de Rosweyde prouve que ce mar- tyrologe de provenance incertaine était inconnu à
  • 71. , " 38 Rome, ou que du moins, de 858 à 1610, il Y fut to­ talement ignoré, et quAdon navait aucune donnée positive pour nommer ancien et romain le recueil de Ravenne ou dAquilée. Le faire passt::r pour le ca­ lendrier de Grégoire le Grand, recommandé pàr ce dernier en 592 au patriarche dAlexandrie Eulogius,1 est pure invention" du jésuite Rosweyde. Imposture1 consciente et préméditée, Adon ne laY8nt jamais at~ tribué à lillustre pontife qui dans, sa lettre à Eulo­ gius, nen fait aucune mention. Du reste, le texte du martyrologe est tout à fait contraire aux intentions de Grégoire le Grand qui fait rédiger à lusage des missels un bref Illartyrologe, que nous appellerions aujourd hui calendrier, où furent consignés uniqu~. ment le lieu et le jour de la passion des saint mar­ tyr~. Or, la copie de Ravenne du manuscrits dAqui ­ ./ lée que nous tenons dAdon et qui, au dire "des cri: tiques du XVII siècle, nest autre chose que le calen­ drie. de Grégoire le Grand, ne rappeIle en rien un martyrologe, mais plutôt une notice se rapportant à un calendrier quekonque où, sous le pretexte de St. Denys, on traite longuement des écrits dAristide. 1) Les paroles Dies nafalis sancti ou beati ont été o­ mises. 2) Ori ne dit pas que Denys fut converti et ordonné évêque dAthènes par lapôtre Paul, détail de première importance, qui sans aucun doute au­ ,~ rait été cité _dans une copie exacte dun calendrier. ~. Le seul fait important est la passion de Denys sous Adrien ce qui ne se rapporte à aucune autre source et qui paraît au plus haut point invraisem ­ blable. 3) «A~henis,. placé en tête du texte veut di­
  • 72. 39 .". re non que la passion de Denys ait eu lieu à Athè­ nes, mais que, natif dAthènes, il fut glorifié par les Athéniens. 4) léloge des écrits d Aris-tide conçu dans les termes suivants: «Hoc opus apud Athenien­ ses etc... ~ parait être une amplification de la copie de Ravenne, ajoutée par Adon pour faire assumer aux Athéniens la responsabilité du témoignage dA­ ristide, quAdon apportait sans avo~r eu en main son apologie. Cette notice sur Aristide qui amplifie la tradi­ tion nous apprend comment les barbares rusés savent induire en erreur leurs lecteurs sans recourir pour­ tant à un mensonge formel. Cest ce que font également les critiques scien­ tifiques actuels qui en procèdent par le sang et l inteIlectualité. Eh bien! nous voyons Adon, en son propre Martyrologe, aIler encore plus loin dans la voie de lamplification. Moins, il est sOr de lapologie dA· ristide, et plus il en rehausse limportance et y ajou­ te tout un passage par ces mots: « Ut Aristides A· theniensis de Christiana Religione composuit. Hoc opus apud Athenienses summo genere colitur, at in· ter antiquorum monumenta c1arissimum tenetur ut peritiores Graecorum affirmant ~. Par ce bavardage il obscurcit tellement les yeux des érudits du XVII siècle (Jansénistes, gaIlicans et autres catholiques suspects} quil.. suivent aveuglé­ ment des asserÙons infondées et appuient leurs criti­ ques sur ce témoignage fictif dAristide. Lautre autorit.é quinvoquent les cri.tiquent est le martyrologe dUsuard, abbé de St. Germain - des·~:~
  • 73. 40 Près à Paris, dont le martyrolGge était le plus ré­ pandu dans la chrétienté et le plus connu même à Rome. Usuard sappuie complètement sur Adon, mais il prend ses précautions, et, quoiquil induise tout aussi bienen erreur ses lecteurs, en invoquant le témoigna­ ge dAristide, il ne parle plus du martyre de Denys à Athènes et ne recule pas son martyre à lépoque dAdrien. A la pliee de lexpression dAdon « Ari­ stjdes testisest» il dit «ut testatur Aristides). En parlant ,de Denys de Paris, il omet sciemment le nom de Clément comme étant le pape qui l a en­ voyé en GGules, puisquil ne pouvait pas ne point connaître toutes les anciennes traditions qui rappor­ taient la mission de Denys al] pontificat de Clément, étant lui-même neveu de: Hilduin. Je ne peux expliquer son parti pris, que par la rivalité des deux abbayes les plus imeortantes de~ Paris. Pour disculper les critiques du 17ème siècle: les Sirmond, Launoy, TiIIemont, Morin et autres, il faut convenir qu i~s avaient une raison bien fondée de douter de lidentité des deux Denys, abolie par" le texte dl! vetus martyrologium romanum trouvé par Adon, mais sous la condition que ce texte soit authen­ tique; qu~ lexpression « Athenis» veuille dire que le martyr~~eut lieu à Athènes; que «Aristides testis est» veuiIIe ,dire quAristide était témoiI oculaire et ne signifie pas «comme le témoigne Aristiàe» mais surtout sous condition quon ait eu en main la­ pologie dAristide. Mais sappuyer sur un martyrologe suspect et .sur je ne sais quelles insinuations perfides, et en tirer des conséquences était une action peu
  • 74. ~ r;A " . " ,- 4t ;;, loyale et de mauvaise foi. Surtout que les auteurs de ces martyrologes navaient jamais eu en main cette apologie dAristide, ne pouvaient pas lavoir et répétaient l un après lautre des informations erro­ nées, p u i s que l a polo g i e dA ris t ide a­ v ait dis par tI d e p u i s des t e m psi m m é­ m 0 ria u x, . Eusèbe et St, Jérôme, quoiquils en fassent mention, ne lont jamais lue. A cl 0 net Us u a rd, cela va sans dire,. ne l 0 n j a mai s vue. Ce nest que dernièrement en r année 1787, quon en a retrouvé, des fragments chez les Méchi· taristes, à Venise, au monastère de St. Lazare; et ce nest quen 1889 quelle a été retrouvée en entier dans le cloître de Ste. Catherine au mont Sinaï, dans un manuscrit Syrien du 6ème siècle, et enfin par M. J. Armitage Robinson, qui en a découvert le texte grec dans une légende sur Barlaam, de manière que nous possédons maintenant lapologie complète dA­ ristide. 0 r i 1 n y est pas que s t ion d u ma r t y r e deS t. Den ys. OJ reste cela ne ré­ pondrait pas du tout au sujet de lapologie. Il est superflu dajouter. que t 0 u sie s a r g ume n ts ba­ s~s sur le témoignage dAristide nont aucun fondement (1). V. , HILDUIN ABBÉ DU MO:-/ASTÈRE DE SAINT DE)/YS. , Les adversaires de lidentité des deux Denys assurent que personne na soupçonné lidentité de-f (1) Ceci a été écrit avant que je neu5se··eu connaissance du grand,7.r , ­
  • 75. 42 o o DE:YS de Paris avec lE"êque dAthènes, quil nen reste aucune trace dans la tradition et que cette lé­ gende a été inventée de toute pièce par Hildui1l, lequel essaya de létablir par ~es textes et des docu­ ments pou~ la plupart falsifiés. Et cette conviction ~ leur permet de refuser en entier, sans les discuter, tous les documents prouvant la mission de Denys par Clément et son apostolat parmi les Parisiens. Nous allons voir sils ont raison. Pour Illettre à néant leur prétention il suffirait dun seul document, où il serait question de la mis­ sion de St. Denys, envoyé en Gaule par le pape Clément, puisque nous ne connaissons pas un autre disciple de St. Paul de ce nom. Mais de ces docu­ i ments et de ces faits historiques prouvant la mission/ l de St. Denys par Clément, nous en avons un grand nombre. Je ne présenterai ici que lés llus importants, ceux qui sont irréfutables, et, par dessus tout, ceux qui sont cités, à mon grand étonnement, par les ad· versaires eux-même. dun seul Denys. Nous v9yons i,Ci, quils se confondent eu~roêID~p.a( leurs proEE.es II !.!"gtlme~t2.,_c~oune cel~ arrive souvent aux enne· mis de la vérité. ..--------­ . ­ Voici les monuments qui appuient ma thèse: 1) La vie de Sil. Geneviève écrite une quarantai­ ne dannées après sa mort ( 481) environ vers 520, , ~ travail de lérudit Dom Quentin, de labbaye de SolesmEs sur «Les martyrologes historiques du Moyen-âge" oil il est proUé péremptoi•• rement que ~e martyrologe romai1l Il a existé que dalls limaginafioll dAdon (Co1lc/1Ision pag. 688).
  • 76. 43"" où est narrée ----,,.....-----L par Clément. Les la mission de Denvs =-:--:--:- Bénédictins de St. Maur dans leur «Histoire litté­ raire de France» (T. III p. 151) disent que l ano­ nyme, contemporain de la Sainte, qui a écrit cette histoire est un écrivain grave, judicieux plein de pié ­ té et ne manque pas dérudition pour le siècle où il a vécu. 2) L Itymne de St. Fortunat. If, Lopinion erronée de St. Grégoire de Tours na pas même pu ébranler la conviction de son ami, Venantius Fortunatus, évêque de Poitiers, aux envi­ rons de 600, qui, dans son hymne en l honneur de lévêque de Paris, chante: Clemente, Romae praesule Ab U rbe missus adfuit Verbi superni seminis Ut fructus esset Gallia. Quoique certains ne veulent pas voir dans cet hymne une oeuvre de Fortunat, néanmoins, I~Cardi­ nal Michel· Ange Lucchi, léditeur apprécié des oeu­ vres de Fortunat, dans son édition romaine de 1786, place cet ~mne parmi les poésies de lévêque de Poitiers et ajoute q,ue, dans les cas semblables, cest le style qui en est la meilleure preuve: «Or le style de cet hymne nous oblige à le considérer comme une oeuvre authentique de Fortunat»., Mais noublions pas que, si cette poé6ie nest pas de, lûi elle date toujours de lépoque de St. Gré- goire de Tours et par, conséquent, est bien antérieu ­ re à Hilduin.
  • 77. H - 3) Le marl)lYologe de Bède (673-735) qui est la source de tous les martyrologes connus. Maintes de ses plus anciennes éditions, daprès l Abbé B~rnard, cOl"ltiennent la mention au 9 Octo­ -l bre, en parlant de Denys de Paris, "Beatus episco­ pus a Pontefice Romano Clèmente in Gallias directus». Sil se trouvait des recensions encore plus an­ ciennes du martyrologe de Bède, où cette mention naurait pas lieu, il n en est pas moins certain que dans le martyrologe de Rhabanus Maurus, archevê­ que de Mayence, mort en 837, et par conséquent antérieur à lapparition de la biographie de St. De­ nys par Hilduin (en 837) nous trouvons, à la date du VII Idus Octobris. ce qui suit: « In Parisio, pas­ sio Dionysii episcopi et martyris, Rustici presbyte ri ., et Eleutherii diaconi, quos referunt a Clemente [mis­/ sos et ibidem martyriza!os». Le docte. Bénédictin de Solesmes, Dom Quintin, dans ses «lfartyrologes Historiques li> édités par Gabalda en 1908, nous rap­ porte à la page 688 que: «Rhaban Maur abb~ de Fulda, puis archevêque de Mayence, prenait pOUl base de son travail un 1l2alluscnt de la première fa­ mille de Bède. « Il n a donc pas pu être. influencé par. Hilduin. Dans le même cas se trouve Wandal­ bertus !U0ine de labbaxe de Pruym (1), en-Westpha­ lïe, qui, en lannée 842, dans son martyrologe ver­ sifié, Ci est à dire cinq élns seulement après Hilduin, écrit sous la date du 9 Octobre: -l.~ (r) Pruym était une abbaye bénédictine importanle fondée en 721par Pépin le Bref. ~~ y entra après son abdication et y","­ mourut six jours apès être entré dans les ordres,
  • 78. ~ .., --t·.:.::.:·~ 45 < Hic quoque martyrio insigni trinoque coiuscant Orbem templa sua lustrantia lumine cunctum, Dionysius, aethereo qui splendet honore, Gallia doctorem, Paulo instruente, be,atum, Quem meruit, gemino sumptum junctumque [ministro. 4) LAn C. 72] diploma Theodorici 1 V ae la d;-nastie des Mérovin~iens, cité par Mabillon dans «De Re diplomatica,. lib. IV p. 448: Theodoricus . Rex franco ru m, vir inluster (sic)... Gloriosus, trium- phus martyrum, beatus Dionisius cum sociis suis Ru- stico et Eleutherio qui primi post apostolos sub ordi· natione beati Clementis, Petri apostolique ejus sociis in hanc Galliarum provinciam advenerunt... ». 5) Pmeceptu11Z Pippini, An C. 768. Pippinus Rex Francorum, vir illuster beatus Dionysius, et socci (?) ejus Rusticus et Eleutherius qui, prima ab apostolis sub ordinatione beati Clementis, Petri apostoli suc- cessoris in hanc Galliarum provinciam advenerunt... etc. 6) An C. 824. Au concile g-énéral ùes évêques gallicans réunis à Paris par ordre de Pape Eugè- ne-II pour délibérer sur la question des Saintes Ima· ges qui remuait alors les esprits à Constantinople. Le Président de ce concile, en présence des délégués grecs, sest exprimé de la sorte: «La ligne de vé- - rité n a jamais fléchi parmi nous depuis nos pères dans la foi, cest-à-dire le bien!zeu1eux Denys qui fut enz:oyé dans les Gaules _pa1 St. Clément, le p,entier -,successeur de St. Pie1ye,.. Peut-on a voir un témoignage plus éclatant et -. .
  • 79. 46 décisif que } opinion sur la mission de Denys par Clément a toujours eu cours en Gaule et n a pas été inventé par Hilduin? 7) Dans les actes anciens latins qui portent le titre «Pas~zo Sandûm Dzo1t)ISù, Rustù:t" et Eleutherù» cités par Félibien et après lui par les Bollandistes, T. 4 p. 225; se trouve le passage suivant: «IgiturS. Dionysius, qui trahente S. Clemente Petri aposto­ li successore, Verbi divini semina gentibus eroganda susceperat» (1). Quoique les avis des savants diver- gent sur la date de la rédaction de ces actes, les unsles mettant au V siècle, comme Darras en lannée460, les autres, comme Tillemont, au VII, dautresau VIII, comme Sirmond Félibien et labbé Le Boeuf,tous, comme nous le voyons, même labbé Bernard, le mettent au plus tard au règne de Pépin le Brefet même un peu plus tôt à lépoque de Charles Martel. ~ Pour le moment, il nous est complètement in­différent de savoir si ces actes nous rapportent desfaits exacts ou non. Ce qui est important, cestquils sont antérùu~s à Hzlduzn et prouvent que o­ !:pinion sur la mission de Denys par Clément avait bù1zcours avant la rédactz"on de !a vù de Depys par hi!­dztùz; cela veut dire que l Aréopagitisme de Denysde Paris nest pas de son invention. 8) Le célèbre manuscrit de Reims «Liber Sa­cramentorum», dit dé St. Grégoire le Grand, men­tionne dans la Sainte Messe, après la prière pour (1) Bolland. IV Octobre G. S. S. Dionysius, Rusticus, Eleutherius.VI. III Mabillon vetera analecta p. 223.
  • 80. 47les vivants, après les noms de St. Jean et Paul, Cos­me et Damien, les noms de Dionysii, Rustici etEleutherii. Cela proüve quil les considère commedes saints des premiers temps du Christianisme. 9) Outre les monuments que je viens de citer,on trouve la mention de la mission de St. Denys parSt. Clément dans tous les actes et toutes les biogm­phies des fondateurs des plus anciennes Eglises des Gaules et même de lEspagne. A Arles, sur lantique liste des évêques de cesiège, qui commence par St. Trophime, nous voyonsajouté au dessus le nom de St. Denys. Tout le mondeveut avoir à tort ou à raison lapôtre de Paris pourfondateur de son Eglise: en France, Meaux, Rouen,Evreux, Autun, Verdun, Tournay, Beauvais; et Sen­lis, en Belgique, en réclame encore l honneur. Grégoire de Tours lui a donné. comme nouslavons vu, six compagnons, e!, d~ns les Gaules Cel­tiques et belges, on lui attribue encore onze autrescompagnons, sans compter ses acolytes Rustique etEleuthère. Ces compagnons sont dans lantique Thé­rouane (ville disparue aux environ de St. Omer) Vic­toricus et Eustianus; à Soisson, Crispin us et Cri­spianus; à Tournay, Platus; à Senlis, Regulus; àBau,vais, Lucianus; à Amiens, Quintinius;. à Reims,Rufinus et Valerius; à Meaux, Sanctinus; à Evreux,Taurinus. Les autres sont les fondateurs des Eglisesde Rouen, Autun et Verdun.
  • 81. 48 ,. HILDUIN ABBÉ DU MONASTÈRE DE SAINT DENYS (t 84 0 ) Hilduin provenait de la famille: des Comtes de Périgord «Cornes Petrogricenzes », alliés .aux Caro­ lingiens. Ii était lélève dAlcuin. La lettre de Louis le Debonnaire, adressée à Hilduin en 836, où il lui confie la mission décrire la biographie de St. De­ nys, est pour nous dune grande valeur comme do­ cument qui prouve que, déjà avant les publications des « Aréopagitica» de Hilduin, Loui~e Deb~ai­ re était convaincu de lidentité du Denys dAthènes avec le Denys de Paris et de lauthenticité des oeuvres de Denys lAréopagite../ Mais on nous objectera que cette lettre a pu être dictée par Hilduin lui même et quelle nexpo ­ se que ces idées. Cest possible; néanmoins _cela nen diminue même pas limportance, si on la considère comme -une sorte de préface à la bio­ graphie écrite par Hilduin. Celui·ci exécuta en toute hâtel ordre de lempereur et écrivit la bio­ graphie de jt._DenY-Ê en une seule ann~e, de sort~ quTi a pu présenter son travail à lempereur en .lan­ née 837. Ce recueil portant le titre «Areopagitica:. (Migneratr. Lat. CV6) contient la lettrt: de lempe­ reur, la répons~ d Hilduin, une sorte de préface en forme dappel à toute la chrétienté, la. vie de St. Denys, la chronique de Visbius, l hymne de Fortu­ nat, l hymne de St. Eugène de Tolède, et enfin la vision du pape Etienne II. La partie la plus im~ ."
  • 82. 1 49 portante de ce recueil consiste évidemment dans la réponse d Hilduin à Louis le Débonnaire, où est exposé le but du livre et la justification des docu­ ments sur lesquels il repose. Hilduin déclare quil ne présente pour le mo­ ment que le!; preuves quil a sous la main et, vrai­ ment, il ne cite pas les documents généralement con­ nus, mais plusieurs autres d. importance secondai­ re, jusqualors inédits. 11 commence, par exemple, par la relation dun chronographe grec Aristar­ que, relation qui se trouve dans la lettre de celui- Il ci à Onés:phore le ·Primicère. Il dit que, si quel­ quun veut sassJrer de la véracité de te do­ cument, il le tient à sa disposition dans la bi­ bliothèque de son abbaye. II puise les autres détails de la vie de Denys dans les lettres même de Denys .. à Polycarpe et Apollophane. Il considère, après St. Ambroise, Damaris· comme étant lépouse de De· ny~.· Il raconte que le texte authentique des oeuvres JJ de St. Denys lui a été remis la veille même de la fête de ce saint par l econome de lEglise de Con· stantinople, 1 0 r s deI a pré sen ta t i 0 Il des /a m bas sad e urs env 0 y é s p a r I e m p e • reur Michel II le Bègue à Louis le Débonnaire au palais de Compen­ dium en 827. , Hilduin puise les détails de la mission en Gau­ le de St. Denys par St. Çlément, de son martyre et de ses miracles dans un vieux livre sur le «Mar­ ( t,we de. St. Denys) et, avant tout, dans la clwonique-- ( de, Vùbius, quil a retrouvée par hasard dans un recueil inconnu jusqualors dans les archives de son 4 "
  • 83. 50 < monastère. Hilduin assure que les mêmes faits et les mêmes détails du martyre de St. Denys se trou-, vent aussi en différents vieux missels gallicans presque complètement rongés par le temps et il en retire deux messes en l honneur de St. Denys, da­ tant daprès lui dune époque proche de son . martyre. Ces textes des vieux missels gallicans )sont vraiment très importants, puisque nous savons que le rituel romain remplaça le rite gallican déjà à l époq ue de Pépin le Bref et de Charlemagne. Baronius, en composant le bréviaire romain, se ser­ vit de ces textes. LEglise des Gaules possédait un rituel à part, et sa propre liturgie provenant de temps immémo­ riaux, dont la ressemblance avec les plus anciennt:s liturgies connues (Liturgies Syriennes qui ont servi,/ de base à celle généralement reçue dans l E­ glise dOrient et portant le nom de Chrysostome) (1) formerait déjà une présomption de sa provenance des temps apostoliques. Dans la liturgi~ gallicane existait la coutume que le célébrant rappelât avant loffice, dans un discours assez long appelé «contestacio (sic)., le motif de la fête, e~. que les jours dédiés aux martyrs il invitât les fidèles à célébrer leurs luttes et glorifier leur triomphe. Hilduin, à ce quil paraît, à dû transcrire le plus fidèlement des «contestaciones» de -vieux mis­ sels gallicans, car, si on les compare aux messes de (li Voir Duchesne: Oyigil~S du cutte chrétien.
  • 84. SI St. Saturnin de Toplouse et des Sts. martyrs Ferréol et Ferrution de Besançon nous y trouvons beaucoup de ressemblance dans le style et dans les expressions: ce qui confirme encore une fois l 31uthenticité des textes reproduits par Hilduin. On est donc surpris de voir Mgr. Duchesne poser une hypothèse invraisemblable sur la prove­ nance arienne de la liturgie ga]]icane, de sa prove­ nance de Milan à lépoque de lévêque arien Au­ xence (.355-374). Jusquoù peut aller laberration dun esprit porté à la recherche des nouveautés! Monsei­ gneur Duchesne sest tellement fourvoyé quil a perdu de vue quà la même époque fiorissait en Gaule son plus grand théologien, St. Hilaire de Poitiers, lathlète le plus intrépide de lorthodoxie en Occident, sur­ nommé pour cette raison «1Athanase de lOccident~. Cest lui et lui seul qui a préservé lEglise. des Gaules du cancer de lhérésie arienne, comme le dit Sulpicius Severus, (Ch. rom. 2,45, 7): « IHud apud omnes constituit unius Hilarii beneficio Gallias nostras piaculo heresiae liberatas ~. Cest lui qui 5 est op­ posé, le plus énergiquement, avec so:n ami Eusèbe) de Verceil, aux intrigues de S~n, le métropolitainCarianisant dArles, au Synode de Milan en 355, et probablement à (1G~ puisqu~ûi-crfut nommé évêque de Milanla même année; et cest pour cette raison quil fut exilé en Asie Mineure par lem- pereur Constant. protecteur des Ariens. Cest en 360 quil repassa de nouveau par lItalie pour revenir en Gaule, où en 360 ou 361 il fut réu ni à Paris un Concile national de tous les évêques des Gaules, dont il fut lâme. En résultat ce concile déposa Saturnin.
  • 85. 52 St. Hilaire, portê par- son zèle, repassa les Alpes et revint à Milan pour combattre larianisme de con· cert avec son ami Eusèbe de Verceil; il présida à Milan un synode en 364, auquel on, convoqua Au­ xence pour sexpliquer. Mais de nouveau il dut quitter Milan sur lordre de lempereur Valentinien qu Auxence sut gagner à sa cause. Et Monseigneur Duchesne velt nous faire croire que cest Hilaire et les évêques réunis au concile de Paris pour con­ condamner larianisme qui ont introduit che7. eux la liturgie arienne d Auxence, lévêque Ari(:n de Mi· lan~ Jusquà quel point la mauvaise volonté peut ( obnubiler la mentalité brillante même dun grand savant! Si les nouvelles sOurces trouvées par Hilduin sont parfois déconcertantes et proviennent évidem­ ment de lépoque postérieure, quasi - barbare, il ne,/ serait pas juste de les r,:jeter en bloc ou de le con­ sidérer comme «fabriquées dans les usines du mona­ stère Dionysien # attendu que divers érudits les ont trouvées en manuscrits da ns différentes autres bibliothèques. Tel est le cas d ~e lettre du chro­ nografe Aristarque, que les contempteurs d Hilduin s imaginaient ne trouver que chez lui, que les Bollandistes ont découvert, reproduite, dans un ser­ , , ,mon dun moine de St. Denys et ont mis dans leurs analectes (Acta sanct. t. IV Oct. 9 S. Dionysii Areopag. t. II p. 704). Les Bollandistes assurent qu Hilduin dans ses Areopagitica sest appuyé, sur ce fragment. . Cela ne veut pas dire que nous acceptions sans réserve le récit cl Aristarque et lui attribuions une
  • 86. " 53 " grande importance; mais, en tout cas, ce récit est antérieur aux Areopagitica d Hilduin et le libère du sou pçon de lavoir falsifié. Sappuyant sur les contestations des vieilles H­ turgies gallicanes sur les actes anciens, relatifs au martyre de St. Denys, dont il était déjà question, et surtout sur la chronique de Visbius, témoin oculai­ ) re, daprès lui, du, martyre du Saint, H ilduin raconte la vie de St. Denys, sans apporter de grands changements à la naïve version de Visbius. Celui ci ne conaissait pas, semble-t-il, le grec, car il prenait le mot «macarios» pour un nom propre, l <Aréopage~ pour une localité" et on ignore pourquoi il fait pro ­ venir Denys de Ionie en lappelant Jonicus. H ilduin commence la biographie de St. Denys par les mots de Visbius: «Cest ici que commence le- récit du martyre du très saint évêque Denys, ncmrr.é Aréo­ pàgite du lieu de son séjour, et Jonien à cause du - pays où il était né ; Macaire par son nom chrétien, fut nommé archevêque dAthènes et ensuite apôtre des Gaules, de par le pouvoi1r du bienheureux Pa­ pe Clément». LAbbé Bernard, lui même, nose pas soutenir qye la cronique de Visbius fut fabriquée par Hilduin, tandis quil qualifie d~ fiction celle dAristarque. . Lévêque Visbius de St. Malo était le fils de1(~s, converti au Christianisme par St. ~t de sa femme Larcia, laquelle dénonça son mari et le livra aux mains des bourreaux; mais, à la vue de ses ~ souffrances, se convertit à son tour. Lisbius et Larcia sont les ancêtres Rrésumés de la maison des Mont· .( ~Qrency, qui pour cette raison sont 9-p,p..clés les pre ­1
  • 87. 54 " - mers barons de la Chrétienté. Cette famille jouissait - ---- dune telle vénération que chaque fois quun Mont­ morency arrivait au camp, on le salutait avec lexcla- 1 mation: « Que Dieu bénisse le premier des chrétiens» ~ En effet, la devise de cette. illustre maison était grec- )) que et portait le mot « Aplcinos" ce qui veut dire, sans tâche. a) Ce nest pas seulement chez Hilduin que nous trouvons la mention ayant trait à la chronique de Visbius, puisque le père lv19 rin , -9m2..!:ien a trouvé I( ---- dans la bibliothègue Royale à Paris, le.!.~stament du mê~_Visbius. ---- --- ­ b) On peut dire la même chose sur lhJ!mne de St. évêÇJ,u~-.ge Tolède, découvert par Hil· Eugène, duin d~ns la bibliothèque de son monastère. La supposition que se fut Hilduin qui composa cet hym­ ,,/ ne est une pure calomnie, p~isque au XVIII siècle, le père Ménard a découvert un vieux manuscrit, à l abb~ de S. Germain-des-Près à Paris, et un au­ tre à labbaye des Saint Pères à Chartres, tous les deux portant le titre: «Hymnus Eugenii Toletani, episcopi, de S. Dionysio, compositus rytmice». Sous Napoléon III encore, on a trouvé un manuscrits plus-. que m!JIénaire, conservé à la bibliothèque Impériale, aciùeIÏ~t Nationale, portant le numéro 2832, in­ titulé ~ Y mnus ~uge[)ii episcopi de S. Dionysio». Cet hymne a pour nous une grande importance, car il présente St. Denys non seulement en sa qualité démissaire de St. Clément, mais aussi comme mem·-. bre de lAréopage, disciple de St. Paul et premier évêque dAthènes. Ces divers documents sur lesquels je mappuie
  • 88. S5 prouvent avec surabondance que la tradition de la mission de St. Denys par St. Clément existait déjà I( dans les Gaules aux temps les plus reculés, et c est cal 0 m nie r H i 1 d u i n que deI u i i m p U.t e r l i n ven t ion d e cet tel é g end e. Finalement, c e n est pas H i 1du i n qui est 1 e fa u s sai r e, mai s b i e n st-: s calo m- nia t e urs. Ce sont eux gui devraient être appelés devant le tribunal des siècles po~;:]eur con s c i e~te e m a u v ais e foi, car ils 0 n t t r a v est i 1 s tex tes, ses 0 n t a p puy é s sur des tex- tes inexistants (comme celui dAristide), ont attribué des textes à des écrivains qui n e 1 e s a v aie n t pas réd i g é s, et par leurs raisonnements contra:res à toute logique et auJQ. Il, sens comun, ont, aveé préméditatio~~.!.induit e~eur leurs lecteurs et la communauté des chrétiens. Les adversaires drHilduin ne désarment pas ctinsinuen~ même que le Martyrium de Méthode nétait pas lœuvre de celu:-ci, mais quil fu t di ct é par Hi I- d u i n. Persévérants dans leur acharnement, ils sou- tiendront peut-être bip.ntôt que les ambassadeurs de lempereur Michel étaient soudoyé,> par labbé de . St. Denys et que le manuscrit envoyé par )empe;- , reur était fabriqué dans son monastère. . ~ Il est connu que Méthode se trouvait à Rome J en lannée 810 comme apocrisiaire de la cour de .f Byzance; cest donc là quil put avoir connaissance des anciens actes latins, concernant le martyre de St. Denys à Paris. Ceci explique la conformité pres- que textuelle en quelques points de la relation de Méthode avec les anciens textes latins. Mais le ré-
  • 89. 56 =;- cit de Méthode, étant postérieur, se trouve amplifié par certains détails que nous ne rencontrons pas dans les anciens actes latins, par ex. le fait quon attribue à St. Denys davoir pris dans ses mains sa 1tête tranchée par le bourreau, et de lavoir portée sur la distance de quelques stades. . Un des prélats, fort en honneur à lépoque, lé­ vêque Hincmar de R~ims (mort en 882), et dont la réputation était grande aussi bien à la curie de Ro­ me quà le cour impériale, parle de Méthode en ces termes dans sa lettre à Charles le Chauve (876) (1): «Jai lu le martyre du biènheureux Denys, écrit en grec par Méthode, envoyé de Costantinople et tra· duit en latin par le docte Anastase (2), versé dans les deux langues. Je me suis convaincu que ce mar· tyre répond à ce que jai lu dans ma jeunesse, tou­ chant les témoins qui ont apporté à lEglise de Ro­./ me les actes de la passion de St. Denys et de ses 1 aèOlytes, et doù cette relation est parvenue en Grèce». Il ré,;ulte de cette notice que les adversaires les plus acharnés dé «U!1 Denys» ne peuvent situer les anciens actes de la passion de ce saint à une épo­ que P?stérieure à Pépin. Cette notice coïncide avec des faits historiques généralement connus, comme la lettre du Pape Etienne Ü à Pépin le Bref, en lan 757, lettre dans laquelle il le prie de lui faire parve­-. nir les reliques de St. Denys pour léglise destinée aux moines grecs quil construit à Rome. (x) Notons que cest ,36 ans après la mort dHilduin (voir la no­ te sur le P_ Théry dans les appendices de la préface). (2)" Le b!bliothécaire du Vatican....
  • 90. 57 Nous ne pouvons pas savoir exactement quand et comment la nouvelle du martyre de St. Denys parvint en Grèce et quand elle fut incorporép. aux MenGea GrGeca; pas plus tard cependant quen lannée 361, quand Julien lApostat, résidant à Lutèce, se u o fit proclamer empereur et alla à C~tanti nople pour1 prendre le pouvoir. Nonobstant ses opinions person. nelles, comme prince chrétien, il était obbligé davoir auprès de lui des représentants du clergé grec, et ceux-ci ne pouvaient ne pas apporter à Constantino­ ple le récit d~ la mort du premier évêque dAthènes. Si j e men t ion n e l a n née 3 6 l C 0 m m e l é­ poque où parvint à Constantinople le r e c i t dei a pas s ion deS t. Den ys, je considère cette date comme préclusive, parce quil est probable que cette nouvelle soit parvenue plus tôt en Orient, et ceci pour la raisun que St. Hilai­ re de Poitiers a passé les années de 35 6 à 359 en exil en Orient, prùbablement en Phrygie, étaitJ présent au Synode de Séleucie Isaurique, et fut dé­ légué, avec dautres préhts, auprès de lempereur Constance à Constantinople. Si, jusquà lannée 35 6, les Grecs navaient au­ cune telation exacte concernant leur apôtre le plusi vénéré, ils auraient pu se renseigner auprès de St. Hilaire, mais on peut tenir pour certain quen lan­ née 36 l, ils ne pouv.lient plus lignorer, et cela dut être a 1 0 r s que l e r é c i t deI a pas s ion d e St. Denys à Paris compléta dans.les l Men -;:e a G r Ge, cal a n 0 tic e p r i mit ive d e 1 a .m 0 r t deS t. Den y s sou s Dom i t i e n «a­ prè~ maintes tortures quil dut subin. "
  • 91. 58 Nous avons vu commènt le récit de la passion de St. Denys parvint en Grèce. Que la croyance à lidentité des deux Denys na jalllais été mise en doute à Rome, la preuve nous en est fournie, comme nous lavons vu, par le. Pape E· /e<; l tienne qui, en 761, fondant un monastère g[ec_ à Rome, envoya chercher à Lutèce les religues de S~ys, et par le fait que le Pape PaulI offrit les ) œUvres de ce saint àlPépin1 le Bref(fi170) Elle a été confirmée par lambassade de Michel II à 2.. .. !~ J Âuis le .... Débonna~ qui a rappelé à lOcciden t 1 lorigine commune de leur civilisation~;c la Grèce J. }" j.,, et rallumé le flambeau de la culture gréco-latine à moitié éteint sous les décombres causées par lin­ vasiondes barbares. Il en fut autrement en Gaules. Là ce nest."... quaprès lambassade de l empereur- Michel II le Bègue et le don dune édition des œuvr<lS de St. D~s quon sintéressa à ces écrits, et lempereur Louis le Débonn3ire donna lordre à Hilduin, abbé de St. Denys à PaI."is, de les traduire et décrire la vie du saint, en lannée 835. En 836, 50n œuvre fut achevée, En attendant, on trouve constamment dans les bré~laires occidentaux la mention sur Denys de Pa~1~ et Denys dAthènes sous des dates diffé­ rentes, puisque sans ordre spécial du Pape, on n o­ sait pas changer le texte du bréviaire, bien quon croyait toujour à lidentité des deux Denys. Cett~ situation dura jusquà lannée 1543-1584, jusquau­ moment où une commission nommée par Grégoire XIJI, travaillant en dernier lieu sous la direction du cé­ lèbre Baronius, sous le pontificat de Clément X,
  • 92. 59 --- .... en 1584. réunit définitivement en une seule les deux notices dans le bréviaire romain. Ce texte devint de· puis la version officielle de lEglise catholique. Nous voyons donc que tous les témoignages, soit de lEglise Orientale, soit de lEglise Occiden· t~ sont tout à fait conformes, expriment la . vraie tradition de lEglise, et sappuytnt sur les mêmes faits historiques. Si tous ces arguments paraissent invrêistmbla· bles et ilwentés aux adversaires de lidentité des deux Denys, cest que leur thèse est fô.usse et ne répond pas à la realité. Néanmoins, à lheure actuel- le, aussi bien quà lépoque de Hilduin, il sest trouvé des gens qui doutaient, et ne voulant entrer en lice ouvertement, recouraient et recourent enco-I( re à des insinuations p-erfides, à rinstar dAdon et dUsùard qui, ainsi que cous lprons vu, se couvraient du témoignage fictif dAristide, dont jamais ils nont pu avoir en main les œuvres. Nous autres donc, convaincus par ta,nt de preuves irréfutables, émanant( de I.JOrient, e.t ?e lOccident, par. tant, de faits h.i- ( stonques venfies, nous pouvons Jusqu à lin certaIn point excuser et même pa~er lindignation de Hiiduin qui plein denthousiasme pour la vérité quilJ a découverte, sexclama: cQuil s Jit considéré comme un i:p,pie, comme un délin· quant endurci celui qui après tant de preuves garde encoreJ dans son CŒlr un attachement à lavis contraire; celui qui, mal· t grêlevidence, nourrit encore un doute dans son âme et seJI, penche volontairement vers lerreur est digne aux yeux des gens honnêtes dêtre appelé disciple et compagnon de celui
  • 93. 60 Nf) quideeuis le commencement fut menteur et ère du menson ­ Il~ 1 ge!» Remarquons encore que quand les adversaires de lidentité des deux Denys, acculés essayent dassurer que «a Clemente 1l1issus» nest pas daprès eux une attestation daréopagitisme, ils ne croient pas à ce quils avancent, car il est évident que lémissaire de Clément ne pouvait être nul au­ tre que le disciple de St. Paul, et quaucun autre Denys à cette époque nest connu comme évangéli­ - sateur des Gaules; Enfin .Janti.9ue cri de guerre: «Mon ]oy-e et Saint Denys») qui a donné tant de victoires aux armée~ II françaises et a porté si haut loriflamme des Rois de France, forme un précédent, qui nest pas à négiiger, de la croyance en l aeostolicité de lEgli ­ ./ se des Gaules.­ ". jl .. ~ .. •t.: 1 :. - ~
  • 94. ~ Appendices 1. MARTYROLOGIUM RmlANUM GREGORrr" XIII Eiitio typica Vaticana auspicf 55. D. N. Pio Papa X.Romae r914. 9 Oclo~ris. - Septimo ldus Oclobris Luna. «Lutetiae Pari·siorum natalis Martyrum Dionysii Areopa,gitae Episcopi, Ru·sticiPresbyter i, et Eleutherii Diaconi: ex quibus Dionysius abApostolo Paulo baptizatus, primus Atheniensium Episcopusest ordinatus : deinde, Romam veniens, a beato Clemente Ro­mano Pontifice in Gallias praedicandi gratia dir~ctus est, etad praefatam urbem deveniens, cum ibi per aliquot annoscommissum sibi opus fideliter prosequeretur, tandem a Prae­fecto Fescennino post gravissi.ma tormentorum genera unacum sociis gladio animadversus, martyrium complevit ». H. VETUS MARîYROLOGIUM ROMAluM. - AN. C. 320. 3 Oclobris. -« Athenis, Dionysii Aeropagitae, sub Adria­no diversis tormentis passi, ut Aristides testis est in operequod de Christiana religione composuit: hoc opus apud A~thenienses inter antiquorum memorias c1arissimum tenetur-. 9 Oclobris. - «Parisiis. Dionysii episcopi cum sociis aFescennino gladio animadversi~. (Origines de lEglise de Paris, p. 2 l 5 et 373). III. AnoN. - AN. C. 850. «Huic operi, ut dies martyrum verissime notarentur quiconfusi in kalendis satis inveniri soIent, adjuvit venerabile etperantiquum Martyrologium ab urbe Roma Aquileiam cuidamsancto episcopo a pontifice Romano directum, et mi hi post­modum a quo dam religioso fratre aliquot diebus praestitum:-.
  • 95. 62 quod ego, diligente cura transcriptum, positus apud Raven­ nam, ion capite hujus operis ponenùum putavi ». (Origines de lEglise de Paris, p. 214 et 376). IV. MARTYROLOGE DADON. - AN. C. 858. 3 Oc/obris. - «Natalis sancti Dionysii Areopagitae, qui, ab apostolo Paulo instructus, credidit Christo, et primus apud Athenas ab .eodem apostolo episcopus est ordinatus, et sub Adriano principe, post clarissimam confefsionem fidei, post g-ra vis;ima tormentoru m genera, glorioso martyrio coronalt ur, ut Aristides Atheniensis, vir fide sapientiaque mirabilis, te ­ stis est in eo ope.re quod de Christiana religione composuit. Hoc opus apud Athenicnses summo gencre colitur, et inter antiquorum monumenta c1arissimum tenetur, ut peritiores Crae ­ corum affirmant ». 9 Oc/obris. - «Apud Parisium, natalis sanctorum Dio­ nysii episcopi, Eleutherii presbyte ri et Rustici diaconi: qui bea· tus episcopus a pontifiee Romano ad Callias c1irectus, ut praedi. cationis operam populis a fide Christi alienis exhiberet, tandem./ Parisiorum urbem devenit, et per aliquot annos sanctum o ­ pus fideliter et ardenter exsecutus, a praefccto Fescennino Si· sinnjo comprehensus, et cum eo sanctus presbyter Elcutherius et Rusticus diaconlls, gladio animadversi martyrium comple. verunt ». (Origines de lEglise de Paris, p. 377 et 388). V. MARTYROLOGE DUSUARD. - A-N. C. 875. 3 Oc/obris. - «Natalis beati Dionysii episcopi et marty ­ ris, qui post gravissima tormentorum genera, glorioso marty­ rio coronatus est; ut testatur Aristides Atheniensis, vir fide saprentiaque mirabilis, in eo open:, quod de Christiana reli· gionecomposuit ». 9 Qctobris. - «Apud Parisium, natalis sanctorum Dio· nysii episcopi, Rustici presbyteri et Eleutherii diaconi: qui beatus episcopus a pontifiee Romano in Callias praedicandi gratia directus, oraefatam urbem devenit, ubi per aliquot an· nos commissum sibi opus ardenter prosequens, tandem a prae­ )
  • 96. .. ,1 63fecto Fescennino una cum sociis gladio animadversus martyrium complevit h. (Origines de lEglise de Paris, p. 379 et slIiv.) VI. SAINT GRÉGOIRE DE TOURS. AN. C. 580. «Sub Decïo vero imperatore multa bella adversum no­ "men Christianum exori untur, et tanta strages de credentibl1sfuit, ut nec numerari queant. Babybs episcopus Antiochenl1s,cum tribus parvulis, id est, Urbano, Prilidano et Epolono; etSixtus Romanae Ecclesiae episcopus, Et Laurentius archidia­c)nus, et Hippolitus, ob Dominici nominis confessionem, permartyriu!ll consummati sunt.. Valentianus et Novatianusmaximi tunc haereticorum principes, contra fidem nostraminimico impellente g-rassantur. Hujus tempore septem viriepiscopi orc1inati ad praec1icandl1m in Gallias missi sunt, si·cùt h:storia passionis sacti martyris Saturnini denarrat. Aitenim: «Sub Decio et Grato consulibus, sicut fideli recorda­tione retinetur, primum acsummum Tolosana civitas sanctumSaturninum habere coeperat sacerdotem. Hi erg-o missi sunt:Turonicis, Gatianus episcopus; Arelatensibus, Trophimus epi.scopus; Narbonae, ~Paulus episcopus; Tolosae, Saturninl1s e·piscop us ; Parisiacis, Dionysius episcopus; Arvenis, Stremo­nius cpiscopus; Lemovicinis, Mar,tialis est destinatus episco.pus. De his vero, beatus Dionysius Parisiorum &piscopus,diversis pro Christi nomine affectus poenis, praesentem vitamgladio imminente finivit; Saturnin us vero, jam securus de mar·tyrio, dicit duobus presbyteris suis: «Ecce ego jam immolor,et tempus meae resolutionis instat. Rogo, ut usquedum de·bitum finem impleam, a vobis penitus non relinquar ». Cum­que comprehensus ad Capitolium duceretur, relictus ab hissolus attrahitur. Ig-itur cum se ab il1is cerneret derelictum,orasse fertur: «Domine Jesu Christe, exaudi me de coelo ~sancto tuo, ut nunquam haec Ecc1esia de his civibus merea­tur habere ?ontificem in sempiternum ». Quod usque nunc . 1in ipsa civitate ita evenisse cog-novimus. Hic verb tauri f~.ref1tis vestigiis alligatus, ac de Capitolio praecipitatus, vi­tam finivit. Gatianus vero, Trophimu~. Stremoniusque, et Pau­1"-­
  • 97. , 64 " lus, atque Martialis, in summa sanctitate viventes, post ac­ quisitos Ecclesiae populos, âc /idem Christi per omnia dila· tatam, felici confessione mig-rarunt. Et sic tam iSli per lnar­ tyrium quam hi per confessionem, relinquentes terras, in coe· lestibus pariter sunt conjuncti ~. (Origines de lEglise de Paris, p. 7I et 233). VII. HYMNE ATTRIBUEE À FORTUNAT DE POITIERS. Fortem /idelem militem, Coeli secutum principem, Dionysium marlyrem, Plebs corde, voce personet. Clemente, Romae praesule, Ab Urbe missus adfuit; Verbi superni numinis, Ut fructus esset Galliae, Opus sacratum construit, lidem docet baptismatis, / Sed audientum caecitas Munus repel1it luminis. Instante sacra antistite, Errore plebem sol vere, Dum spem salutis ingerit, Torm-enta mortis incidit, Tenetur a gentiliblls, Christi pla<ens altaribus, Amore tantae gloriae, Poenas libenter excipit. Unum quod ilIi defuit. ,Pro rege colla tradidit: Dilectionem pectoris Cervice caesa prodidit., Magnus sacerdos qui dabat Templi sacrata munera,
  • 98. ., ~ ,,9-: .~ • . , :~ 65 Fuso beato sanguine, " Est factus ipse victima. Felix pio de vulnere, quo poena palmam praebuit; Qui morte mortem cODterit, Nunc regna coeli possidet. Gloria sit Dco Patri, Gloria Unigenito, Una cum sacto Spiritu, ln sempiterna saecula. Amen. (Patrol. lat., t. LXXXVIII, col. 98.) (Origines de lEglise dl" Paris, p. 260) VIII. ACTES LATINS DE SAINT DENYS Passio sanctonllll mar/yrulil Dioll)sii Episcopi, R ustici et Eteut!lI:rji, qui passi sunt VII idus octobris. Gloriosae martyrum passiones et pretiosa Domino spec­ tante certamina, quamquam digna sint pro miraculorum digni ­ tate conscr:bi, nequeunt tamen sine formidinis trepidatione compleri: quia cum magnarum rerum l0nsideratur assum ­ ptio, non immerito operis timetur magnitudo; eo quod tantum sermo tenu.is explicare non valet, quantum de se dici veri· tas passionis imponit. Tamen expositio tantae rei, arduum Ii~ cet habere videatur initium, in hoc mens trepidationerespi ­ rat, q uod opificem suum magisterium divinae instructionis in· format, et inchoantis initium ingenii praestitione commen ­ dat. H ~c ergo consideratione audaciam nimiae temeritatis as· su mens, quae longo temporis fuerant obumbrata silentio, i· .;. psius divinitatis auxilio suscepta sunt revelandaj quia ùt habet ., testimonium veritatis plus fidelium sunt relatione comperta, ,1.:: " q uam probentur ad nos lectione transmissa. Dnde non sine "J certa aestimatione cognoscitur, quod novitas adhuc creden­ , p ,~l 5
  • 99. 66 tium populorum, Gentilium crudelitate conterrita, formidavit scribere, quod tamen gaudebat Dei famulos meruisse: cum sine dubio judicentur scripta, quae fidelium sermo testantur impleta. Credendum eniw de his est, et abstersa dubietatis nube, totis viribus confitendum, eos qui pro eonfessione Do· mini ae Dei nostri digni fuerunt subire martyrium, etiam ampliora tolerare valuisse, quam videtur sueeedentibus aeta­ tibus relatio per populos transmissa recolere. Id ergo suppli­ eatio eommunis obtineat, ut veniam consequatur devotus, si quid de virtutibu.s. praetermisit ignarus. Nam etsi omnia non esse solvuntur credere tamen universitas mereatur; ut de Dei famulis etiam majora sentiat, quam sermo passionis explanat. Qualiter enim cultorem Domini locus ejus gaudens pa trocinio habere promeruit, quomodo aliorum Sanctorum vinctum illi agnoverimus fuisse consortium, sicut fidelium reJatiolle didi­ cimus, ipsorum juvamine Martyrum, quantum de se scire tri­ blunt, explicemus. Post Domini nos tri Jesu Christi salutifernm passion( m. post resurrectionis unicae singularisque mysterium, post ascen­ -sionem ejus, qua manifestavit hominibus nunquam se defuis­.... se quo rediit, apostolorum praedicatio llniversis gentibus pro­ futura successit. Qui eum imminere suas cernerent passiones, quod Domino nostro Jesu Christo docente didicerant. repleti Spiritus saneti gratia docuerunt; adeo ut fide crescente, non pauci mererentur fieIi confessores, quos modo Ecclesia ca­ tholica g-audet promeruisse martyres. Hos ergo, quorum vir­ tutem perseeutorum non praevaluit superare conflictus, quos ad auri similitudinem reddidit f1ammarum examinatio pretio­ sos, ad suseipienda Domini idoneos Apostolorum esse judica. vit electio, quibus evangelica semina semper a Gentibus ser­ vanJa committerent: electisque viris Dei dispositione provi. denter honorem decreverupt episcopatus adjungere, quo fa· cilius eorum praedicationibus acquisiti; ad ministerium sacri proveherentur altaris. Ex qua Confessorum turba santum et venerandi meriti Saturninum urbs Tolosana ptomeruisse gaudet episcopum, quem im~ietas spectantis populi posterioi-ibus tauri multis ex funium nexibus ligatum, dedit Capitolii gradibus illidendum.
  • 100. 67 Ubi saneti eapitis soluta eompage eerehum frequentis illisio­ nis dispersit injuria: sed talem diseessum, ad Dominum se­ eutus est aseensus. Felix tanti meriti tantaeque persona vir­ tutis, cui concessum est pr;mum esse doctorem, post, mar· tyrem: qui quod docuit verbis, evidentibus implevit exemplis. Simili etiam gratia beatissimus Pa~lus antistes atque (onfes· sor Narbonensem provinciam salutari aequisivit eloquio: quem ita labor domesticae tribulationis exercuit, ut verum Domini esse famulum approbaret. Sed gratias tibi, Domine Jesu Chri­ ste, qui infestantis inimici tela probationem fidelium tuorum permisisti esse, non vulnera; et talem tuis praestas pro la­ bore mercedem, ut nullum tuorum fuisse g-audeat hostis im ­ bellem. Dum ergo ad peculiaris patroni gesta, suscepti offi· cii tendit obsequium, non ex asse que de servo Dei sunt com;>erta prosequimur; sed immemores sui non fuisse suffi.· ciat; in talibus enim causis magis convenit fideles credere, quam possit relatio humana monstrare. Igitur sanctus Dionysius, qui, ut ferunt, a suecessoribus apostolorum, (ou bien) qui tradente sancto Clemente Petri Apostoli successore, verbi divini semina gentibus eroganda susceperat, quo amplius gentilitatis fervere cognovlt errorem, iIIuc intrepidus et calare fidei inflammatus accessit; ae Parisios Domino ducente pervenit, non veritus. incredulae gentis expe­ tere feritatem: quia virtutem suam praeteIitarum poenarum recordatio roborabat; et qui meruerat esse confessor, non cun ­ ctatus est atrocibus populis aecedere praedieator. Tune memo­ rata eivitas, et conventu Germanorum nobilitate pollebat, quod esset salubris aere, jucunda flumine, fecunda terris, vineis u­ berrima et arboribus nemorosa, constipata populis, referta commerciis, rursumque insulae potius quam urbis spatium, quod habitationi circumfusa fluminis unda appraestabat, crescen­ ,c tibus consistentium eatervis reddebat exiguum, et jucunditatis sollicitatione contraxerat. Hune ergo loeum Dei famulus elegit expetendum. Ad quem cum primum fide armatus et eonstan ­ tia eonfessionis aceessisset intrepidus, eeclesiam, illis quae nec· dum in locis erat, et p0pulis illis novam construxit, acofficia servientium c1ericorumex more eonstituit, probatasque per ­ 1
  • 101. 68 sonas honore secundi ordinis ampliavit. Cinctus ergo fide, et jam constructione basilicae roboratus. Deum Gentibus non de­ sinebat insinuare quem noverat, ejusque omnibus et jU,dicium et misericordiam anteponens, paulatim sociebat Dea; quos diabolo subtrahebat. Tantas etiam per i1Jum Dominus digna­ batur exercere virtutes, ut rebellium corda Gentilium non mi­ nus miraculis, quam praedicationibus obtineret. lIiroque modo inermi ,viro non valebat plebs armata resistere: sed subdebat se illi certatim Germaniae cervicositas, et jugum Christi suave imponi sibi arcta cordis compunctione poscebat. Ab ipsis quo­ que destruebantur idola, quorum, sumptu fuerat et studo fabricata: invento sallltis portu, idolorum gaudebant perire naufragia. Lugebat Dortio victa diaboli, cum de ea victrix Ec­ c1esiae legio triumphabat. Tune hostis antiquus videns sibi perire, quod Domino constabat assidua populorum conversione proficere, totam ar­ tificii sui mlchinam ad impugnandum quae fuerant constructa convertit; et suae partis auctores, deorum suorum fientes exi­.,/ tium, ad impietatem Gubitae persecutionis armavit: ut (os qui unum et verum Deum colendum insinuaverunt, et tiinendum, et perdere diversitate supplicii maturarent; ne superesse pos, set, qui valeret acqllirere quod peribat. Persecutionis ergo publicata sententia, impiorum gaudens turba progreditur, et contra Dominicum populum pugnatura conspirat, non cunctata appetere gladio. quos Dominus suos suo monstraverat esse signaculo.ltaque cum occidui orbis partem pro Christianorum ïnquisitione percurrent, sanctum Dionysium contra increduJos dimicantem Parisiis repererunt: cum quo Rusticum presby. terum et Eleutherium archidiaconum persecutionis furor inve­ nit. Hi beati viri a sancti Dionysii numquam se sustinuerunt abesse praesentia; quos in unum interrogatio persecutoris in­ venit, sed reperire non potuit quem a societate martyrii sepa· raret. Interrogati, unum et verum in Trinitate Deum confi­ tentur. Deinue, terrore subjuncto,multisque effecti injuriis, vel suppliciis macerati, Christianos se es,e testantur; visoque per­ cutientis ictu, Domini ac Dei nostri se famulos magna con· fessionis voce prpnuntiant. In hac ergo fidei constantia per­
  • 102. 69 . "- . manentes, reddent,es terrae corpora, beatas coelo anim~s intu· lerunt: talique ad Dominum meruerunt proféssione migrare, ut amputatis capitibus, adhuc putaretur lingua palpitans Do· minum confiteri. Beata nimium et Deo grata societas, inter quos nec primus alter esse, ne tertius; sed Trinitatem confi· tentes meruerunt venerabilem locum trino decorare martyrio., Metuentes igitur percussores, ne conversi populi fidelissima probataque devotio Sanctorum corpora profutura sibi et reli- quias ad patrocinium tumularent, elig-unt tetris Sequanae pro- fllndisque gllrgitibus Martyrum corpora perdenda committere, quae imposita nayibus ad praevisum jubentur gurgitem cleo stinari. Tunc matrona quaedam, licet Paganorum adhuc teneretur errore, conversion cm tamen se des ide rare mente monstrabat et opere. Facere aliqua cogitans Domino placitura, usa subtilita· te consilii, ad convivium venire postulat percursores: et dum eis copi am oblatae humanitatis expendit, a memoria eorum quae suscepcrant agenda discussit; ac fidelibus suis secreta ordinatione committit, ut suhtracta furto corpora diligens ela. boraret occultare provisio. Qui, dominae ord!inatione comperta, festinanter quod eis praeceptum fue rat excquuntur: furtumque laudabile in sexto ab urbe memorata lapide, id est in arata quam seminibus praeparaverant terra, industria colentis ab· scondunt. Facta deinceps, ut moris est, satione, nec suum se·. ges negavit obsequium, quae tali fecundata pinguedine, sic in ea beneficium ubertatis effudit, ut centuplicatCJs Iructus et cnltar acquireret, et patria mereretur. Pubescente vero segete, diu liluit quod erat Parisiorum populi profuturum. Antedicta tamen materfamilias horum non immemor secretorum, cum primum persecutionis tepuisse vidit fervorem, locum tantorum Martyrum ossa observantem tua oportuit sollicitudine requi. sivit, atque inventum eminentis mausolei constructione signa. vit. Dnde postmodum Christiani basilicam supra Martyrum corpora magno sumptu cultuque eximio construxerunt: ubi quotidie, operante, Domino nostro Jesu Christo, merita eorum virtutum probantur monstrari frequentia; et experiuntur in. .~
  • 103. 70 firmi quantum Dei famulos conveniat honorari, ubi recipit cae· citas visu m, debilitas gressum, et obstructae aurium januae recipere merentur auditum. Sed nec illud si,lendum est, quod immundi spiritus infestatione vexati, dum ad memoratum 10 cum examinandi virtute divina ducuntur, Sanctorum ipson: m coguntur imperio, quo quisque Martyrum sit positus loco, designatis nominibus indicare. De quorum passic,ne VII Idus Octobris, Dominus nos gaudere voluit, qui centesimum esse lructum II1artyrum repromisit, cui est honor et gloria, virtus et imperium in saecula saeculorum. Amen. (Origines de lEglise de Paris, p. 262 et suiv., 300 et sui·.) DIPLO~~A THEoDoRlcr VI. AN. C. 723. Theudericus, rex Francorum, vir inluster. Oportet clio mencia principali inter caetcras peticiones, illud quod pro sa­ lute adscribitur, vel pro divinis ~ol11inus postulatur, plagabili auditu percipere, ad atfectum perducire, ut fiat in mcrcidem,.-/ dum pro quietem servorum Dei vel congruentia locis v<ije­ rabilibus impertitur petitio. Ergo duin et onnipotens Pater qui dixit de tenehris lumen expendiscire, per Incarnationis mys­ teria unigeniti filii sui Domini nostri Jfsu-Cristi, vel inlustra· tione Spiritus Sancti inluxit in corda sanctorum Christianorum, pro cujus amore et desideriulll inter citeros gloriosos trium­ jJhos martyrum beatus Dionisius cum sociis suis RlIstico et E· leutherio, qui primi post apostolos sub ordinatione beati Clio menti, Petri apostoli successoris, in hanc Galliarum provinciam advenerunt; ibique praedicantes baptismum poenitentiae et re· missionem peccatorum, dum hunc in modo concertabant; ibique meruerunt palmam martyriae, et coronas percipere gloriosas, ubi _ per multa tempora, et usque nunc in eorum basilicam, in qua~ pretiosa eorum corpord requiescire vedentur, non minima mi- ­ racula virtute Christi per ipsos dignabatur operari, -in quo etiam loco gloriosi parentis nostri, vel bonae memoriae proa­ tavus noster Dagoberthus, quondam rex vident ur requiescire; utinam ut et nos -per intercessionem santorum ipsorum in • i
  • 104. 71 caelestia regna cum omnibus sanctis miriamur partecipare et vitam aeternam percipere. Igitur venerabilis vir fidelis noster, Deo propitio. Berthoaldus, abba de ipsa basilica peculiaris pa· tronis domni Dionysii, missa petitione per illustri viro Carlo majo­ rem dom us nostro, c1ementiae regni nostri reddedirunt, sog­ gerentes eo quod a longo tempore a ponteficibus Parisiorum urbis integrus privilegius ad ipsa baselica domni Dionisii fuis­ sent concessus, et ad anterioris Reg-Îs parentis nostrus de eo tempore usque nunc confirmatus, qui et ipso privilegio seu et ipsas praeceptiones vel confirmationes se prae mar.ibus abire adfirmant: sed pro Integra firmetate petiit ipsi vir Carlus, vel ipsi abba celsitudinem nostra, ut et nos iteratis per nostra praeceptione hoc debnimus adfirmare, quorum tam religiosa petitione libentissimi suscepisse, et in omnibus confirmasse ve­ stra comperiat magnitudo. Sed quia a suprascriptis princibus... Et illud viro in hunc privilegio nostrae serenitatis placuit inserendi, ut cum abbas de ipsa casa Dei de hunc saeculo nuto divino fuerit evocatus, liceat ipsius sancti congregationi de ipso monastirio ex semetipsis elegire; et quem bonum et condig-num invenirent, qui honnus abbatis secundum urdine sancto possit regere vel governare, et unanimiter consenserint; data auctoritate a nobis ire1 a successoribus nostris ibid(m in ipsa casa Dei instituatur abba: et pro estabilitate regni nostri vel pro cunctis leodis nostris seu saluti patriae Domini mise­ ricordiam vaieant exorare. Qua optematum inlustrium virorum nostrorum procerum gratissemo animo et intera devol ione visi fuemus presti tisse vel concessisse. eo scilicH ordene, ut sicut temporebus anteriorum Regum, parentum nostrorum, ibidem in ipsa sancta baselica psallentius per turmas fuit institutus, sicut ocdo sanctus edocit. die noctuque perenniter in ipso 10 co sancto cel~bretur. Quam ordenationis auctoritatem decri­ vemus... Data ipsa die" ka!. martias ",nno III regni nostri, Valen­ ci anis, in Dei nomine feliciter. Amen. " (Origines de" lEglise de Paris, p. 282.) , , r.:t
  • 105. 72 X. PRAECEPTUM PIPI NI - AN. C. 768. Pipinus rex Franeorum vil illuster. Ineipientia reg-ni no­ stri affeetu de nostra e reetione integre auxilia.nte Domino vigila. vi, et pro ipso bono opere actum cum consilio pontificum, vel seniorum optimatum pro nostro confirmando regno, et pro mereede, vel adipiscenda vila aeterna, et pro rcvcrenlia sancti Dionysii martyris, Rustici et Eleutherii, qui glorioso .ac triumphali voto pro Christi amore coronam martyrii con· seeuti sunt, ad basilicam ipsorum, ubi requiescere videntur, et in miraculis coruscant, ad ipsos monachos, qui ibidem de­ s~rvire videntur, sub libertate evangelir.a regulariter vivenles, sieut antiqui patres vel anteriores reges confirmaverunt, nos denuo in ipso sancto loco nostro munere privilegium reno­ vare deberemus: quod ita et fecimus. Ergo oportet c1emen· tiam prineipalem inter caeteras petitiones illud, quod pro sa· lute adseribitur, vel pro divino nomine postulatur, placabili auditu sus~ipere ct ad affectum perducere, ut fiat in mcrce­/ dis eonjunctionem, dum pro quiete servorum Dei vel con­ gruentia locis vcnerabilius impertitur petitio;r Ergo dum et omnipotens Pater, qui dixit de tenebris lucem explendescere, pel Incarnationis mysterium unigeniti Filii sui Domini nostri Jesu Christi, vel illustrationem Spiritus sancti illuxit in corda sanctorum Christianorum, pro cuj us amore et desiderio inter eaeteros triumphos glorioso martyrum, beatus D:onysius, et saepe jam dictus Rusticus el Eleutherius, qui primi post apo­ stolos sub ordinatione beati Clementis, Petri apostoli succes­ soris, in hane Galliarum provinciam advenerunt, ibique prae­ dicantes baptjsmum poenitentiae in remissionem pecçatorum, dum in hune modum certabant, ibi meruerunt palmam mar­ tyrii et eoronas percepire gloriosas: ubi pér muita tempora et usque nunc in eorum basilica, in qua eorum corpora requie­ scere videntur, non minima miracula virtutum Christus pro ipsis dignatur operari: in qua etiam domnus Dagobertus, quondam lex, videntur quieseere, utinam et nos per interces­ sionem sanctorum ipsorum in coelesti regno (um omriibus JO ".
  • 106. 73sanctis mereamur plfticipari, et vitam aeternam percipere.19itur vir venerabilis Folradus abba de ipsa basilica peculia­ris padroni nostri domni Dionysii clementiae. regni nostri cre­didit sug-gerendum, quod a longo kmpore a Pontificibus Pa­risiorum urbis integrum privilegium ad ipsam basilicam dom­ ni Dionysii fuisset concessum, €t ab interioribus regibus pa­ rentibus nostri de eo tempore usque nunc confirmatum: quiet ipsum privilegium seu et ipsas praeceptiones vel confirma·tiones se prae manibus habere affirmat; sed pro integra fir·lllitate petit vir ipse Folradus abba a celsitudine nostra utnos iterato per praeceptionem nostram hoc deberemus affir­mare quorum tam religiosam petitionem libentissime suscepis~e;et in omnibus confirmasse vestra comperiat magnitudo. Sed quiaa suprascriptis principibus vel a caeteris priscis regibus et aDeum timentibus hominibus Christianis ipsum templum, veltemplum, vel ipse sanctus locus propter amorem Dei et vitamaeternam rebus videtur esse dj~atus, nostra integra devotioest, ut superius intimavimus, ut privilegium ad ipsum sanctumlocum abbati vel fratribus ibidem consistentibus facere velconfirmare pro quiete futura deberemus, ut facilius ipsi con·gregationi liceat pro stabilitate regni nostri ad limina vel adsepu1chro ipsorum martyrum jugiter exorare. Nos ergo perhanc seriem auctoritatis nostrae, juxta quod per supradictumprivilegium a pontificibus factum est, vel anterioribusregibusconfirmatum, pro reverentia ipsorum martyrum confirmamu; ... Illud vero in hoc privilegio nostrae serenitatis placuitin~erendum, ut cum abba de ipsa ca;a Dei de hoc saecul0nutu dvino fuerit evocatus, liceat ipsi sanctae congregationide ipso monasterio ex semetipsis elig-ere, et quem bonum etcondignum invenerint, qui ipsum (lllUS abbatiae secnndumordinem sanctum passit regere vel gûbernare, et unanimiterconsenserint, data auctoritate a nobis, vel a succe.ssoribus no­stris, ibidem in ipsa casa Dei instituatur abba •.. Data nono kal. octob., anno 17 regni nostri Actum inipso monasterio sancti Dionysii. (Origines de lEglise de Paris, p. 284.) 1
  • 107. 74 XI. ! LETTRE DE LOUIS LE DEBONNAIRE À HILDUIN. Abbé de Saint - Denys. An. C. 835. In nomine Domini Dei et Salvatoris nos! ri J esu Christi, Ludovicus, divina repropitiante clementi a, Imperator Augu­ stus, Hilduino, venerabili abbati monasterii sanctissimorum martyrum ac specialium protectorum Dionysii pretiosi, soc;o­ rumque ~jus, aeternam in Christo salutem. Quantum muneris ac praes;dii non modo nobis ac prae­ deces,oribus seu progenitoribus nostris, verum etiam totius impcrii nostri populis, Domîni providentiâ, per beatissimum Dionysium saepenumero, imo continue in magnis gratiarum. ub~rtatibus contulerit, cunctae per transacta tempo ra Galli­ cae generationes senserunt, quae ejus insigni apostolatu fidei rudimenta sumpserunt, tt salutis subsidia perceperunt. ?raedecessores autem nostri gloriam hujus eximii testis .ct amici Dei non inaniter coluerunt, qui dum ejus sacras e­ xuvias in terris ob amorem et honorem Domini nostri Jesu,/ Christi opibus, quibus, poterant, ho-noraverunt per ejus pre­ ces dignissimas honoris privilegio potilÎ et in terrenis et in coelestibus meruerunt, ut videlicet unus ex priscis Francorum regibus J Dagobertus qui eumdem pretiosissimum Christi mar­ tyrem venera tus non mediocriter fueral, et in monali (st ,. i­ ta sublimatus, et per ejùs adjutorium, sicut divin a ac celebris ostensio perhibet, a poenis est liberatus, inque vita perenni desiderabiliter constitutus. Progenitores quoque nostri mellifluum nomem Dionysii (sic enim verbis ac scriptis suis eurn appellare consuevere) non incongrue pia diJectione et diJectissima pietateDm plexi sunt. Quia proavus poster Carolus principes Francorum in· c1ytus per orationes ipsius excellentissimi indeptum ~e fuisse gratulatus est apicem principatus, eidemque de curso morta­ litatis tempore (an. 741), quod charius potuit habere deposi­ tum, corpus scilicet proprium, in magni die judicii suscitan­ dum, et animam Domino praesentandam fideliter commenda· vit, ac per hoc maxime devotionem atque fiduciam cordis sui
  • 108. 75" erga peculiarem patronum patenter ostendit. Sanclae nihilo­ minus recordationibus avus noster Pipinus, propter altare qucd ante sepu1crum saepe fati saepil1~que dicendi damini Dion). sii, per divinam et memorabilem revelationem ju~~u ipsius sanctissimi martyris, in honorem Dei et apostolorum Petri et Pauli, qui praesentes ostendebantur, a beato et ang-elico viro Stephano sommo Pontifice dedicatum est (an. 754), inter sacramissarum solemnia, una cum duobus filiis, Carolomanno vi­ delicet et divae memoriae domino ac genitore nostro Carolo, jure praenominato Magno, ab eodem apostolico Papa in re­ gem Francorum unctus, superni numeris benedictionem per­ cepit. Quique cum quantâ se humilitate ante basilicac sancto­ rum martyrum. defuncto hujus vitae curriculo, sepeliri prae­ ct;perit (an. 768), titulu~ ipsius conditorii innotescit. Sed et nos multis frequentibus largitionibus beneficia ejus sumus experti. praecipue tamen in humanae varictatis eventu, quo Dei, ut semper fatendum est, justo judicio in virgâ eruditionis suae vi3itati, et baculo speciosae misericor­ c1iae ejus, ante prescriptum altare per merita et solatium GO­ mini ac piissimi patris nostri Diony;ii, virtute divinâ recrea· ti et restituti sumus (an. 831), cingulumque militare judicio atque auctoritate episcopali resumpsimus, et usque ad prae· sens ipsius gratioso adjutorio sustentamur. Idcirco, venerabilis custos ac cultor ipsius provisoris et adjutoris nostri domini Dionysii, monere te volumus ut quid· quid de ejus notitia ex Graecorum historiis per interpretatio. nem sumptllm, vel quod ex libris ab eÔ patrio sermone con­ scriptis et auctoritatis nostrae jussione ac tua sagaci studio, interpretumque sudore, in nostram linguam explicatis, huic negotio inseri fuerit congruum, quodque etiam in La~inis co­ dicibus jam inde habes inventum, adjunctis eis quae in libel· 10 ejus Passionis continentur, nec non et ilIis quae in tomis vel chartis vetustissimis armarii Parisiacae Ecc1esiae, sacrae videlicet sedis suae, prolatis inveneras, et obtutibus Nostrae Serenitatis ostende ras, secundum quod rerum, causarum etiam ac temporum convenîentiaJ? noveris, in corpus unum redigas atque uniformem textum exinde componas, quatenlls compen·
  • 109. ", 76 dio,ius valeant hnotesci, et faslidiosis minusve capacibus vel studiosis lectionis possit taediu m sublevari, pariterque omn i­ bus aedificationis J.ltilitas provideri. His ita contextis, volumus ut revelationem ostensam bea­ to papae Stephano in Ecc1esia ejusdem sanctissimi Dionysii, sicut ab eo dictata est, et g-esta quae eidem subnexa sunt una cum hymnis quos de hoc gloriosissimo martyre atque pon ­ tifiee habes et officium nocturnale subjungas: sed et diffe­ renter, ac cum integ-ritate sui, quaeCjue ex eo reperta sunt in altero volumine col1igas, nobisque distincte et correcte transcripta quantocius dirigas aut praesentes: quoniam maxi­ mum valdeque du1cissimum pig-nus desiderabilis praesentiae il1ius do mini et solatoris nostri, ubicumque simus, habere nos credimus, si cum eo, vel de eo, aut ab eo dictis, oratione, collatione, lectione colloquimur. Va le in Christo, vir Dei, in sacris orationibus jugiter me­ mor nostri.... (Orig-ines de lE~lise cie Paris, p. 338.) RÉlOlSE D HILDUI:-I À LOUIS LE DEUO:-;~AIRJ:: (An. C. 836). Domino benignitate admirabili et a~ctoritatis reverentia honorabili, Ludovico Pio semper Augusto, Hilduinus humilis Christi Limulus, et domini mei Dionysii pretiosi, ac socio­ rum ej.l; m ltricularius, vestraeque imperiali dominationi in omnib:ls devotissimus, praesentem in Christo prosperitatem atqu~ aeternae felicitatis benedictionem optat et gloriam. 1. Exultavit cor meum in Domino et exaltatum est cor­ nu meum in De) meo. pilatatum est· cor meum, et gaude ­ bunt labia mea, ut annubtiam praeconia domini mei glorio­ sissimi martyris Dionysii, ab eximio imperatore domino meo jussus, quae reticere non poteram, etiamsi a quoquam fuis· sem forte prohibitus, et revera magna mihi est ratio gratu- . landi, quoniam cumulatius mihi effectum desiderii mei praes tare voluit divina dignatio, ut mentis meae conceptum ci pla ­ cere cognoscerem, cum quod agere spontanee disponebat mea
  • 110. 77 humilitas, in agendo data manu aJctoritatis, cooperaretùr ..e­ str", Deo placens sublimitas.. Qua de re bonorum operum et spiritualium omnium studiorum illum auctorem eise non du ­ bium est, qui quorum incitat mentes, quo sibi placet ingenio adjuvat actiones. Sed et in hoc valde exultat spiritus meus in Deo salutari meo~ quoniam Christianissimus animus vester sic evidentissime erga se divinae bonitatis beneficia, et sanc ­ torum cognoscit solatia, et tam promptissime se accensum 03ten:iit, circa auctoris et reparatoris sui, seu specialium suf· frag-atorum su )rum venerationem atque obsequium. Non enim sic ab intimis pia an·ima vestra divina confiteretur vera et justa judicia, ni si ·se ipsam Sancto illuminatam cognos.ceret Spiritu; n~; it.. cl.evotissime amici Dei bene g-esta et dicta, maxime sagacitatis vestrae prudentia perquireret, nisi sumo mum bonum, a quo et per quem omnia sunt Dona, diligeret. Cujus amore relig-iosa devotio vestra accensa esse dignosci. tur, ut Christi militum gloriosos triumphos inquireret. Quos cum noverit, pel eorum adjutorium robustius contra vitia vi­ tiorumque auctores pugnabit; quatenus martyrum exempla sectando, qui virililer certavere et fideliter satis vicere, ad palmam, qua Illi munerati sunt, et ipse pertingat. Huc acce· dit ad voti et sollic;tudinis incitamentum, quia Esdras sanc­ tae Scripturae reparator, mag-num remunerationis donum exinde apud D~um promeruit, et laudabile sibi nomen apud homines acquisivit. II. Quocirca et vestrae sedulitatis instantia. cum pro ma. gna antiquitate hujus sanctissimi patris nostri. quantum ad generationem terrenam et conversionem seu obitum attinet, mira sanctitate et miraculorum prodigiis, orbe pene cuncto innotuit: notitia ipsius nostrorum cognita, plu ri mis adhuc manens incognita, seu pel vestrum studium patuerit, et me· ritum~ ut melius ipsi scitis, grande vobis con..:iliabitis, et me­ moriale pcrpetuum acquiretis. Faciat autem Dominus, ut et nos idonei cooperatores inveniamur, ad bonae voluntatis ves­ trae perfectionem, qui tanto sine aliqua haesitatione vestrisjus3ionibus obedimus, quanta illa rogatis seduli exactores,­ quae exhibemus voluntarii exsecutores.
  • 111. 78 " Idcirco quia reperta est quaequp, tam in Graecis quam in Latinis codicibus, ex domino et patrono nostro Dionysio, quae h lctenus minus cognovimus. vobis ocius in unum col1ec· ta mittere poscitis, et incongruum ducimus, auctoritatis ves­ trae pio des ide rio differri, quod ex debito servitutem nostram constat debere larJ:"iri, quantum connivit brevitas temporis. quidquid ori suggesserit memoria citae recordationis, favente D)mino, velociter scribentium committemus notariorum arti· culis; deprecantes vestram humililer sapientiam, ne in his, quae reverentia et amore sanctissimi martyris, et propter jus­ sionis vestrae obedientiam scribenda aggredimur, verborum pompositatem, aut dictationis leporem, sed purissimae verita· tis, sicut ab antiquorum dictis, sumpsimus, quaerere studea· tis sinceritatem: nosque reprehendere de casuum, praepositio. num, atque conjunctionum virtute, seu litterarum in subse­ quentes immutatione, vel punctorum secundum artem gram­ maticam positione; nolite: quia id studendum, sed nostrae deservitionis obsequium, ac commendationis vestrae officiurr1, accelerandum suscepimus: maxime cum haec, quae ab aliena,/ Iingua ex;>q:ssimus, in tenori serie, sicut de praelo sunt eli­ quata, texemus: qu le Iicet in intcrpretatione non redoleant supparem sermonis odorem, sapidum tamen referunt veritatis et intellectus sui saporem. Ordinem igitur historiae, sicut ve,tra jussit dominatio, in unum congestum, et singulatim p03tea plenitudinem ejus discretam, cunctis legentibus atque au1ierltibus pandemus. Nam divinae crit inspirationis et exse­ cutionis, id quod desideramus fideli animo propalare, verum atque probabile demonstrare. Ex quo nos laborandum non magnopere aestimamus, quia quid tenendum de hoc sanctis· simo martyre Christi sit, quid credendum, notae et probatis­ simae personae. veracibus dictis declarant. Ill. Gener~ si quidem eum nobilissimum, et philosophiae magisterio insignem apud Athenas claruisse, et aliarum hi· storiarum, et Actuum Apostolorum testimonio, saecula prisca seu instantia cognoverunt: maxim~ autem ex historia Aristar· chi Graecorum chronigraphi, qui in epistola ad Onesiphorum . primicerium, de Athenae civitatis et gestis ibidem apostolo.
  • 112. 79rum temporibus scribens, ortum prosapiae, et doctrinam ejus,atque conversationis ordinem sive aetatis tempus, nec non etordinationem ipsius, ac praedicationem, subrogationem etiamepiscopi 10co suo, et adventum illius Romam, ordinabilitE rnarrat. Quam epistolam vestrae dominationi dirigimus, et quis·que studiosus apud nos praeva1et invenire. Curiosus autemex Graecorum fontibus unde et nos illam sumpsimus, pote ritmutuare. Quod eni lll ante conversionem suam He1iopolim astro10·giae gratia mig-ravcrit, ubi et tcnebras in crucifixione Salva-toris nostri una cum Apollophanio sodali suo vidit: et quiatunc viginti et quînque erat annon;.n, ipse in epistolis, adPoly.:arpum Smyrnaeorum episcopum, et ad eumdt:m Apollo-phanium missis, ostendit. Quia vero cum omni domo et Da·mari uxore sua crediderit, lectio Actuum Apostolorum, et e-videntius dialogus Basilii et Joannis, capitulo V libri quard,d~monstrat. Sed et beatus Ambrosius in epistola ad Vercel·lenses, eamdem uxorem ej us ex nomine designans, perspicuemanifestat. T3eatus denique pater Augustinus in sermone pul-chcrrimo quem de seminatonl vcrbi scripsit: «Apostoli ser· e mone finito, audita i1lic resurrectione mortuorum, quae prae- « cipue eOst fides Christianorum, refert dixisse Athenienses: « Audiemus te de hoc iterum. Erant enim quidam inter eos «irridentes, quidam dubitantes, quidam credentcs, atque in e eis nominatur quidam Dionysius Arcopagita, id est Athe-e niensium principalis; et mu1ier quaedam nobilis, nomine e Damaris, et a1ii plures ». Et in eodem sermone, ubi de scan·dalo Judaeorum et stultitia gentium scribit, dicens: «Judaeis « quidem scandalum, gentibus autem stultitiam; sed ipsis vo- « catis Judaeis et Graecis, hoc et ipsi Paulo ex Saulo, et Dio· e nysio Areopagita, his talibus et îllis, ChriS1l!Im Dei virtutem e et Dei sapientiam >. IV. Caeterum de notitia librorum ejus, quos patrio ser·mlne conscripsit, et quibus petentibus illos composuit, lectionobis per Dei gratiam et vestram ordinationem, cujus dispen-satione interpretatos scrinia nostra petentibus referunt, sali·sfacit. Authentico; autem eosdem libros Graeca lingua con·
  • 113. " 80 ... scriptos, qUlnJo oeconomus ecclesiae Constantinopolitanae et caeteri missi lIichaelis legatione publica ad vestram glorjam Com;>endio functi sunt, in ipsa vigilia solemnitatis sancti Dio· nysii pro munere mag-no suscepimus, quod donum devotioni nostrae ac si coelitus allatum, adeo divina est gratia prose­ c_uta, ut in eadem nocte decem et novem nominatissimae vir· tutes in aegrotorum san<J,tione variarum infirmitatum, ex no­ tissimis et vicinitati nostrae personis contiguis, ad laudem et gloriam sui nominis, orationibus et meritis excellentissimi sui martyris, Christus Dominus sit operari dignatus. V. Quoniam autem beatus Clemens huc eum, videlicet in Galhrum gentem, direxerat, et qualiter per martyrii pal­ m1m diversissimis et crudelissimis afflictus suppliciis, ad Chri­ stum pervenerit, et quom.odo caput proprium, ange1ico ductu coelestis militiae in celebratione exsequiarum honoratus obse­ quio. ad locum, ubi nunc requiescit, detulerit, et quo ordine a Catulla quadam matrefamilias sit sepultus, Iibellus antiqnis­ simus passionis ejusdem explanat, praecipue (amen conscriptio Visbii, quae in toma satis superque adito Parisiis divino nu­ tu inventa, inter alia memoranda, sicut in ea legitis, verba,,/ Domini nostri Jesu Christi ad eum prolata, quando sacra my· steria perageret illi cunctis videntibus apparentis, continere dig-noscitur. Cui astipulari videntur antiquissimi, et nimia pe­ ne vetustate consumpti, missales libri continentes missae or­ dinem m)re Gallico, qui ab initio receptae fidei, lJsu in hac occidentali plaga est habitus. usque quo tenorem, quo nunc utitur, Romanum susceperit. In qui bus voluminibus habentur duae missae, quae sic inter celebrandum ad provocandam di. vinae miserationis clementiam, et corda populi ad devotionis studium excitanda, tormenta martyris socionimque ejus suc­ cincte commemorant, sicut et reliquae m:ssae ibidem scriptae, : alioru m apostolorurl) vel martyrum, quorum passiollt s haben· li r tur notissimae, decantant. Quarum. missarum cantus, sensus et .verba, adeo passionis eorumdem, quam vobis misimus, se· riei concordare videntur, ut nulli sit dubium, a teste illorum m lrtyrii, agones eorum fuisse descriptos, et ex ipsa veraci .- ­~ ...
  • 114. ;;,: 8rhistoria, memoriam tormentorum suorum in praefatis precibusfuisse mandatam. VI. Videtur porro in his missarum obseerationibus noneontemnenda auetoritas de memorata passione sanctorum, eumex,tent apud nos epistolae Innoeentii, et post eum Gelasii,nec non et modernius beati papae Gregorii, aliorumque pon­tifieum ad episcopos urbium Galliarum, et antistitum nostro·rum ad ipsos, de more Romano in eunetis eec1esiastieae au­etoritatis muniis imitando, quibus datur intelligi ab annis plu.ribus hune missae tenorem de Galliea eonsuetudine reecs·sisse, et banc passionis martyrum istorum memoriam, longosu Deriori tempore his oeeidentalibus partibus per supplanta.tionum postu1::J.tiones innovelisse: quibus tanto eertius fidemaeeommodamus, quanta in tempore vieino post eonsummatio­nem eorum, easdem fuisse eompositas sine dubitatione eon­eredimus. VII. Nec ta men quisquam putabit beatum Dionysium ejus­que sueeessores, ab institutione Apostoliea propter hujusmo·di missae ordinem, Gallieis eonsuetudinibus in primordio tra­ditum, diserepass.e, si ei eonstituerit, ipsarum apostolorum etapostolieorum virorum, ipsiusque etiam urbis Romae sensusproprii notam esse. Nec mirari quis poterit eur hymnum san­eti Eugenii Toletani de beato Dionysia habemus, et vieino­rum sapientium seriptis, exeeptis pau.eis, videamur earere:eum et haee. quae habemus, ut exorata priorum nostrorumvenia dieamus, abdita et negligenter relieta reperimus, et alianeedum prolata. quia non adhue sunt ad liquidum enuc1eata,nos possidere laetamur. VIII. Caeterum super garrulitate levitatis eorum miran­do defeeimus, qui eontendentes hune Dionysium Areopagi­tem esse non posse, ad munimentum sui haee, quae sequun­tur, inaniter eontrahunt. Venerabilem videlieet et sanetumBedam presbyterum, dixisse in Traetatu Apostolorum Aetuum,Areopagitem Dionysium non Athenarum, sed Corinthiorumfuisse episeopum: addentes, eumdem inibi diem obiisse. Et quoni~m. libellus passionis istius testetur, hune a Clementepontifiee Romano episeopum ordinatum, et in has Galliae par­ 6
  • 115. 82 "" tes fuisse transmissum, quia etiam passiones diversorum san­ ctorum martyrum, sub variis imperatoribus interfectorum, con­ tineant eosdem cum hoc sanctissimo viro has partes adiissl", quod ipse sensatorum manifeste repellit auditus, et quod Gre· gorius Turonensis, sicut in passione sancti Saturnini legisse se dixerat, sub autumatione memoret, istum ipsum tempore persecutionis Decii, sub beato Sixto, cum aliis sex episcopis, quorum vitae vel passiones nequaquam ejus dictis in ratione temporum consonant, in has regiones fuisse directum. IX. Ecce omnis mi:1us scientium, sibi ipsi discordans, auctoritas, cui veIut ex superfluo -propter satisfactionem insi­ pientium respondemus, cum veram ex sancto pontifice et Mar· -tyre narrationem veracium historiarum prae manibus habea. mus: primo quidem petentes, ut in hoc jure contentiosi, ab albugine contracta arrogantiae, ex usurpata sapientia, quia vide ri se scioli volunt, oculos tergant, quo perspicacia per­ spicaciter, et vera fideliter relegant. Et si non ipsi unum oculum aperuerunt, quando legerent, quod per subreptionem venerabilis Bedae presbyteri in praefato operl", secus quam/ r debuit, dixerat, ubi idem se reprehendit, et reprehensorum suorum vocem praeveniens, retractationem scripsit: scrobem, in qua oculus alter esse debuerat, aperiant, et in ecclesiasti­ ca historia discant, quia Dionysius Corinthiorum episcopus, de Dionysio Athenarum episcopo in epistola sua ad eosdem Athenienses directa, commemoret, ita enim ibi lib. IV, cap. 23, scriptum est: Exstat quoque et alia ejus (Dionysii Co­ rinthiorum episcopi) ad Athenienses epistola, in qua ad Evan· gel-ii credulitatem eos evitat, et concitat segniores, simul et arguit quosdam, velut pene prolapsos a fide, cum episcopus eorum Publius fuisset martyrio consummatus. Sed et Quadra­ ti, :}ui Publio martyri successerat in sacerdotium, meminit si· f: mul et memorat, quod labore ejùs et industria redivivus qui­ L dam in eis calor fidei reparatus sit. Et illud in eadem desi­ gnat epistoIa, quod Dionysius Areopagites, qui ab apostolo Paulo instructus, credidit Christo, secundum ea quae Aposto ­ lorum Actibus designantur, primus apud Athenas ab eodem apostolo episcopus fuerit ordinatus: cujus epistolae, sed et
  • 116. 83 -aliarum epistolarum ipsius Dionysii Corintbiorum episcopi, etejus utique, quam ad Soterum episcopum miserat, beatusHieronymus in libro de Vi ris illustribus facit apertissimemention lm. Unde quisque videns sub quibus imperatoribusquique eorum fuerint, liquido potest colligere quantae absur·ditati ratio sit ista obnixa, cum inter hos duos Dionysios tampIura discreta sint tempora. X. Legitur item sic in eadem Ecc1esiastica historia,cap. 4, libro III: Memorantur autem ex comitibus Pauli, Cre­scens quid~m ad Galatas profectus, Linus vero et Clemensin urbe Roma Ecc1esiae praefuisse, qui comites et adjutoresljus fuisse ab ipso Paulo perhibentur: sed et DionysiumAreopagitam apud Athenas, quem Lucas descripsit, pTimumP ..ll11o p~èdicantè, ac inter socios ejus fuisse, et ecc1esiaeAtheniensium constat slcerdotium suscepisse. De cujus vide.licet Dionysii Areopagitae obi tu, nil Graeci scriptores dixe­runt, quia propter longinquitatem terrarum, transitus ipsiuspenitus eis fuit incognitus. Habemus tamen Graecae auctori­tatis lfartyrologion de toma chartiscriniis Constantinopolitanisadeptu.m, qui tanta vetustate dissolvitur, ut maximam cau te·lam a se contingentibus exigat: in quo diem natalitii ejusdesignatam, et quia Atheniensium fuerit episcopus reperimusadnotatum. Quod martyrologium, ut antiquitas ejus demon·strat, ex eo tempore constare posse non incongrue rem ur,quo, Constantino jubente, nata occasione martyria sanctorumDomini de toto orbe collecta, et Caesaream sunt convecta.Sed et usque hodie Graecorum majores, et Athenae incolaeperhibent, historiarum scriptis et successionum traditionibusdocti, in eadem civitate Dionysium tum temporis primumfuisse episcopum, quando Timotheus Pauli aeque discipulusEphesiorum rexit ecc1esiam: ipsumque, subrogato sibi epi.scopo, Romam adiisse, et, ut compererunt, apud Gallorumgentem, glorioso martyrio consummatum fuisse. Quod et Tha·rasius patriarcha Constantinopolitanus per legatos suos solli.cite inquisivit, et ita se rem habere certus, eamdem Athe­niensium civitatem pallia archiepiscopali, quod jam ex ea diu­turno tempore, orta quadam contentione, ~ubtractum fuerat,
  • 117. 84­ "" redonavit, et synodali cons~nsu, Metropolis auctoritate, qua ante functa fuerat, hono!"avit. Nam a praecedentibus annis us que ad illud tempus, ejusdem civitatis episcopusnec sube~ rat alteri, nisi patriarchae, nec juri ejus debitarum sibi epi­ scopi civitatum subdebantur. Xl. Quod autem dicunt, in passione istius beati Dio­ nysii scriptum haberi, quia Cum sanctus Clemens episcopum ordinlVerit, Galliasque miserit, procul dubio sciant, quod aut praedictam passionem ex viris et emendatioribus exemplari­ bus:non susceperunt, aut scriptorum vitio depravatam leg-e­ runt, quoniam non ibi scribitur, eum episcopum a beato Cle­ mente consecratum, sed apostolum totius Galliae fuisse orcH­ natum -; de qua ordinatione apostolatus, nisi ad alia se inten­ tio nostra dirigeret et ex Apostolorum Actibus et ipsius Do­ mirli a~tione, auctoritatis exemplum sufficienter- in his scriptis possemus inferre. Fieri cnim potest, ut diximus, quod textum passionis hujus sancti Dei, ex authenticis scriptum non ha· beant, et ideo in hoc errent; quia et nos plures codicillos exinde vidimus, qui in quibusdam sensu videbantur concor· dare, sed litteratura dissonare; in -quibusdam autem nec sen­/ su, nec orationis tencre sociari poterant. Quod manifestum est hujus vencrabilis et antiquissimi patris vetusta longinqui­ tate, et ignotae atque peregrinae linguae ubi de ejus notitia maxime scriptum erat, inscitia, seu devotione fidelium acci­ disse: qui non studuere. ad priscas historias pro cognitione ejus recurrere, sed ea quae au di tu collegerant, ut Gregorius Turonensis, non votivo errore fallens, videntes insignia, ma­ gnilica atque innumerabilia per eum lieri, prout unicuique sensus abundavit, curaverunt scriptis committere. Sic et de sanctorum apostolorum gestis ac passionibus factum legimus, et de aliis quibusque historiis, Ecclesiae necessariis, manife­ ste comperimus. Fuerunt siquidem, qui de beatorum aposto· Iorum virtutibus vera dixerunt: sed de eorum doctrina faIsa sunt commentati. De ecclesiasticis itidem historiis, atque or­ tu, vel actu, vel obitu patrum, quidam, quantum ad rerum gestar~m spectat fidem, veracia conscripserunt; quantum ve­ ro ad temporum vel locorum attinet veritatem, minous cau te
  • 118. ". 85 confinxerunt. Sic profecto, ut notum est, in scripturis cano­ ni~is diversorum interpretum varie tas exstitit; in quibus qui ­ que minus dixerunt, alii quaedam addiderunt, quousqueea­ rum per beatum Hieronymum lingua nostra meracam verita· tem ab ipso fonte suscepit. XII. Quocirca nulla historia sic probabilis poterit vel de. bet haberi, qua m ea quae de veridicorum, praecipue ortho· doxorum, collatione poterit colligi. Et idfO certius tenenda sunt, quae modo de hoc eximio martyre collecta conscribi. mus, quam illa quae de quolibet alio sancto sine auctoris no­ mine passm scripta relegimus; praesertim cum haec, quae scribimus. de antiquariorum antiqua scriptura sint, velut ex prato non Parisiaco, sed Paradisiaco. Caeterum parcendum est simpHcitati viri relig-iosi Gregorii Turonensis episcopi, qui q multa aliter uam se vaitas habeat aestimans, non callidita ­ tis astu, sed benignitatis ac simplicitatis voto, 1. tteris corn· mendavit. Patenter et quidem noscere possumus, non adeo quaedam solerter eum investigasse, cum ei contemporalis txi­ stens vir prudens et scholasticissimus Fortunatus; qui pIura - frequenter ad eum scripserat, hymnum rhythmicae composi. tionis pulcherrimum, de isto g-Ioriosissimo martyre composue· rit, in qao commemOJ;at eum a beato Clemente destinatum, sicut in Latinorum paginis didicit: de natione auttm ejus et ordinatione episcopatus mentionem non f,jcit,- quia linguae Graecae p~nitu, expers fuit. XIII. Tantis ig-itur et tam manifestis te~timoniorum as­ sertionibus de hoc sanctissimo et antiquissimo patre, ad li­ quidum elucubratam et propalatam omnibus scire volentibus veritatem, et ita nescire volentibus ingestam certissimam ra­ tionem, ut etiam si velint, quod ex il10 verum e,;t, ignorare non possint: cesset, quod idem Areopagites non sit Diony ­ sius, exitiabilis et profana, nimis contentio: quia qui, famam martyris derogare aliquo modo g-estit, veritati sine, di1bi9 cui restimonium perhibens, tanta transfretando maria, in tam lon­ ginquam regionem exsulari, et pro eâ pati sic aè~rbissime sustulit, detrahere caeca fronte et imbecilli virtute ~~iltendit. Nam ut vere impius et pervicax judicandus erit qui, post t9t
  • 119. 86 ~. ratas sententias, opinioni suae huic aliquid animo perverso tractandum reliquerit: ita quisquis post veritatem repertam quidJam ex hoc ulterius dubltaverit, quoniam ex studio men· dacium quaerit, cornes et discipulus ejus qui ab ir;Îtio men­ dax et pater mendacii exstitit non immerito rectorum decre­ to eri t. XIV. Et quanta sit hebetudo susurronum, pessimi gene­ ris hominum, aestimare non valeo, qui cum doctorem egre­ gium et eximium martyrem se habere, si gloriam patriae, suamqu~ q:Jaererent, contendere debuissent: potius se, C"um habeant, non habere immurmurent. XV. Quanta quoque si! amentium perversitas, dolere, ut res postulat, nequeo: quae cum votis et laudum praeconii~ martyrem gbriosum suis iniquitatibus debuissent conciliare propitium, detractione et famae minoratione Jaborant, quantum ex ipsis est, sibi habere infestum. Sed isdem in coelis talium nec laude crescit, nec derogatione decrescit; qui Salvatori jUnctlls, et concivis angcJorum elfectus, de summa coelorum arce singulorum voluntates intendit, et sequens Ag-num quo­;/ cumlue ferit, corda omnium, divino lumine plcnus, perscruta: tur et p~netrat. In hoc quin etiam saecul0 g-loriae testimonio hujusmodi hominum, si tamen dicendi sunt homines qui de· tuhunt etiam in coelï"s immortaliter regnanti, qUfm adhuc in mortali corpore veneratae sunt bestiae agonizantem. Sufficiens enim est illi suisque co~itibus laus illa in saeculo, quam splendidis~ima eorum monumenta tesiantur, et celebri adora­ tione Christianus orbis fere totus proclamat. Nec mirum, si mutyr Doni.iili Jesu istorum sustineat cavi1Jationem, cum idem Deus majestatis qui, resurgens a mor.tuis. jam non moritur et in coelis ad dexteram Patris sedet, subjectis sibi principa. tibus; et omnium angelorum potestatibus (Rdtn. Vi), per tan­ ta anno"rum voliJniiiia adhuc ab incredulis indebita patiatur praejudicia. ­ , XVI. l;I;~ec interim, donec pIura surliatis" de cognitione suffr.lg-.ltoris vestri, Auguste serenissime, sumite, et veraciter innotescite omnibus quia haec fideliter vestrae dominationi
  • 120. 87dirigimus, veraeiter ex veraeibus historiographis et historia­rum paginis eolligere proeuravimus: quoniam veritas, proqua pretiosum sanguinem hic servus et amieus Domini fude­rat, nostro mendaeio astipulari non indiget,quae suo sibi tes­timonio suffieit, quaeque testes veraeissimos quos repleverit,testifieantes veraeia effieit. Denique quod nos diu multumqueanxiantes quaesivimus, aliquis alius forte mirabitur, videlieeteur post omnia tormenta novissime, velut ab initio, hi sanetiviri nudi publiee virgis eaesi, et ex studio hebetatis securibussint deeollati: quod tante magis potest eogitando mirari,quanto aliis sanetis Dei hoc g-enus deeollationis rarius autnusquam legitur adhiberi. Qui noverit, uti ex verbis passionisillorüm eonjieimus. et multa veterum g-esta revolventes disei­mus, antiquitus morem fuisse Romanum, ut quisquis nobilis·simorum reus Majestatis, a militia et defensione Reipublieaealio se eonferens, contra senatus votum ageret, vel al iterquam se sententia haberet doeere quo modo praesumpsisset,seeuri ignobiliose. f1agellis publiee eaesus, eum omni dedeeo­re interiret. Unde et eentesima undeeima olympiade Roma·norum consul Manlius Torquatus, filium suum, lieet vietorem,quod eoatra imperium in hostes pugnaverit, virgis eaesum,seeuri pereussit. Quapropter ex his vos et quisque legentesadvertite, quantae nobilitatis hic sanctus Dionysius s(cundumspiritualem regenerationem in Domino, quanti fervoris et fi·dei, tanta terrarum spatia pio zelo veritatis perlustrando inChristiana religione, quantae aestimationis etiam apud orbisprincipem, qui ut trucidaretur, hue Roma apparitons suosdirexerit, in nobilitate prosapiae et fanatiei eultus eversione,quantae fortitudinis in tormentorum perlatione, quam abjeetis­simae vilitatis in oeeisione, quam pretiosissimae san~titatiseoram Den in morte, quam exeellentissimae et ineogitabilisgloriae eum Christo in eoelo, quam maetae virtutis sit in "adjutorio, oostrae frag-ilitatis,adhue laborantium in agone, ;quam felix eum proprio et beato reeepto eorpore gaudebit perpetu(} eum soeiis suis, et omnibus angelieis ehoris, eune· tisque sanetis Domini et eleetis in aeterna felieitate, per eum·
  • 121. 88 "" dem Dominum et Salvatorem nostrum Jesum Christum, ve· rum Deum, Deique et ho minis filium, qui in unius substan ­ tia~ ac potestatis trinitate perfecta vivit et regnat Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen. (Origines de lEglise de Paris, p. 340). XIII. LETTRE D HILDUIN AUX CATHOLIQUES. (An. C. 837). Hilduinus humilis Christi servus, et domini mei Diony ­ sii pretiosi sociorumque ejus matricularius, omni catholicae dilectioni, quaquaversum Spiritu Sancto diffusae, pace m, con­ tinuam et g-loriam optat aeternam. 1. Cum nos Scriptura generali definitione admoneat, di­ c~ns: Quodcumque potest manus tua, instanter ope rare (Eccl.. IX), et pii Augusti simulque plurimorum ad hoc desideria cognoscerem anhelare, visum est mihi. etiam in hac parte,/ quiddam sudoris impendere, ut notitiam de ordine conversio­ nis et praedicationis atque adventus Romam, seu triumphalis martyrii beatissimi Dionysii, ql1ae maxime Graecorum conti· netur historiis. et quasi sepulta, antiquorum scriniis apud La­ tinos non modica portione servabatur obtecta, in lucem Chri­ sto juvante reducerem:· quatenus devotis exinde erga Dei et excellentissimi martyris sui cultum devotio cumulata succre· sceret, et debitae s~rvituti nostrae, in domo Domini. quantum. ad exiguitatem nostram et ingenii riostri attinet, cyatho gu­ stum fi~elibus propinanti, ejusdem amici Dei, cujus id amore studuimus, interventio divinam misericordiam impetraret. Ut enim ~~ ante nos dictum, gesta bene viventium, elementa su nt vitam volentiu-m, et exempla martyrum, exhortationes sunt martyriorum. Quapropter sequentia relegens, poculo debriatus praedaro, fidem pietatiseructet et non obsequium nostrum no mini temeritatis assignet. Quia vero, ut per quemdam sa­ pientem dicitur, multoties in viii persona despi~itur veritas, cui nihil praeferri debuisset, suppliciter omnes, in quorum
  • 122. 89manu, haec veneril)t, deprecor, ne in his nostrae personaehumilitatem et agrestis orationis indisciplinationem attendant,cum personarum acceptatorem in hac duntaxat parte non es·se Dominum sciant. In qua seilicet me imperitum sermone,non tamen scentia, fateor. Quin potius hunc, de quo resagitur, inclytum et verum Christi militem ante oculos pona~t,cui humanae vocis dignitate impar omne erit, quidquid inlaude eju~, aliquis nunc mortalium dixerit, quoniam ab eo so­lo digne potest.lauda.ri. a quo et per quem talis meruit fieri.Vera itaque a veracib,us de eo scripta, et simpliciter in unumcollecta fideliter relegant, et si nostrae imperitiae fuerint in­dignati, et veterum monumenta recurranf: quia nos non no­stra, nec nova cudimus, sed antiquorum antiqua dicta, deabditis admodum tomis eruimus, et veritatis sinceritate Str­ vata, paginis manifestioribus indimus. II. Caeterum neminem sani capitis haec minus acceptare putamus quia anteriori tempore repetita n011 fuerant, eum li_quido noscat quod is qui creavit omnia simu] (Ecc. XVIII),noluit relelare cuneta, vel cunctis simul; multaque manifestaiterum esse tempore ocet]tata. Ad mentem enim ùebet redi·re, quod in litteris divinitus inspiratis legiJur (IV Reg. XXII)ùe legis libro diu latente, et denuo sub admiratione invento. Et cum D.lniel dicat: Pertransibunt plurimi et multiplex erits~ientia (Daniel XII); quanta magis nullus abjurare debebitquod multis comitibus 31iorsull1 intuentibus, segnis quique auttardus post gradiens, perdition€m in via, quam procedentestriverant, invenire non possit. Abjecta deniqueomni ambî­guitate, quod iste Ipse Dïonysius, cujus hic gesta scribuntur,non sit Areopagites et Athenarum episcopus, quid quisquedixerit, veluti de autumatione Gregorii Turonensis episcopi,et subreptione. ~dae. sancti· presb~ri, atque aliorum quorum­que sin.e auctoritate jactatur, qui curiosius hoc scire voluerit,ut de multis qnaedam designèmus ex nomine; Eusebii Caesa­riensis historiam, et Ariastarchi Graecorum chronographi adOnesiphoruin primicerium epistolam, et Visbii conscriptionemperquirat et relegat. Ibique discere poterit quis iste DionY:sius fuerit, etqualiter per martyrii palmam ad Christum perovenerit, si hic cis in sui conneAiol<e manus dare fidei detlec·
  • 123. 90 taverit. De his autem et aliis quibuscumque, unde sumpta sunt omnia, quae prae manibus tenentur collecta, si benigni. tati legentis commodum ac placitum fuerit, et alibi ea inve­ nire nequiverit, litterarum nostrae parvitatis ex hoc ad Sere­ nissimum Augustum affatim illustratione valebit. Nam et si eis cr~dere dignatu~ non fuerit, illae sibi tamen sine quolibet supercilio prod~nt, ubi haec universa, et qualiter, tt quo or· din ~ dicta manifeste reperiat, ipsorumque librorum plenitudi­ nem, si indig-uerit, ab arcr.ivio nostrae Ecc1esiae mutuare qui­ bit. Valeat fidelis et charus frater omnis in Domino,- cum pietate et gratia memor nostri. (Origines de lEglise de Paris, p. 346). XIV. TESTAMENT DE VISIlIUS «Ego Visbius, Lisbii filius, Christum_Jesum, quem nobis,/ praedicavit Dionysius Ionicus, qui appellatur Macarius. Deum ess~ de Spiritu Sancto ex digna ·Maria, quae nunquam fuit aliter nisi virgo, conceptum; et hominem sine ulla macula natum, et passum ac mortuum pro hominum salvamento; qui resurrexit, et in coelo ~d dexteram sui Patri!, qui est Deus similiter vivus, sedens in omni loco est, usque dum veniet ad judicium, quando incipiet illud regnum, quod non habet finem. Domo ilIi et tibi bonus Minister ejus Mas~o presbyte­ ra schopos omne postliminium meum cum- il1o, quod est in Urbanio hujus.. ­ c Illi respuo, quod Dionysius Macarius a patre mec com­ paravit ad domum baptismalèm faciendam; quia- dicebat Deum- J esum in locato natum, et de ejus pretio captivorum sepull U· ramcomparatam.; et_ !"emansit__ mihL de . matrè -mea-· L-ardar-­i- quae prodidit- patrem meum a Macario Dionysio Christianum Fescennino Sisinnio; et post nimias_ torturas, catastas, et ca­ -tenas, et militum terniones, et bestias mansuefactas, et cliba­ .. -,. .~
  • 124. 91na extincta, cum videret in cucere Glauc:ini Macarium Dir. "nysium Dominicas celebrantem, lumen, quod tale non vi dithomJ, sup~r omnes, qui per ilium crediderunt, in frangendopane J esum Dominum cum multitudine Albatorum illi dedis-se, et audisse dicentem.: «Accipe hoc, care, munus, quodmox complebo tibi una cum Patre meo, quoniam mecum estm.xima merces tua, et omnibus, qui audierint te, salus in re·gno meo.. Nunc fa-;ies fortiter, et memoria tua erit in laude;dilectio autem et benignitas, quam habes, semper pro quibus-cumque petierit, impetrabit •• Et sic cum caesa cervice vidis-set caput suum ilium cum luce g-randi poriare, clamavit seesse Christianam, et occisa est, Ego namque Romam ductus,Domitiano ejus pilato per tr..s Cae~ares militavi. «Nunc quia mihi promittis, si ista desero, et Jesu Deomilito cum Dionysio Macario, et justificatis Rustico et Eleu·therio, et patre et matre, et omnibus qui dilig-entes Jesummortui sunt, illud regnum ab eo, ubi mori non debeo, sedgloriam semper hahere, et reges, quibus militavi, in poenisvidere cum il1is qui sic esse credunt, et me alienum faciode hoc mundo,. et trado me~Jesu Deo, et nomen meum adfontem baptismalem dona. Ego Visbius Jesum Christum cumPatre et Spiritu Sancto unum Deum credo, et mundum etdi aboli voluntatem abjicio ». (Origines de lEglise de Paris, p. 310). xv.HYMNE ATTRIBUÉE À SAINT EUGÈNE DE Tod:DE. Celi cives-:applaudile. Mundi jocundo lumini, .. Quo illustratur cœlitus Hujus diei gracia. Precelsa fides martyris, ~ Sacrigue vila antistitis,
  • 125. 92 Dionysii llobilis Celitus palmam suscepit. Areop"go Athenae Regis sumpsit diadema Cdestis, g-emmam fulgidam, Dionysium sophistam. Paulo docente speculum HOibet fides fiùeliu1l1, . Et spiculum gentilitas· Quem ante murum noverat. Miro carescens dogmate Illuminavit Graeciam, Et inclitus pontifa Urbe Romanam adiit. Clemente Romae presule Jubtnte venit Galliam, Cui j ubar_ salis splendidi./" Illuxit signis, famine . Tanciem repulso deIilOne, Constructo sacra opere, Poenis aflectlls m"xi mis Caesâ cervice coelum petit. Ave, Pater, scandens polum, Ave, Pie, visens 501um, Annua fe;ti munera Tua sacrans pr<esencia. alfa, sacerdos optime, Gemitus nostros et preces; Firma fidt m, martyr Dei, Moresque nostros corrige. . Ope guberna fragiles In inundi hujus pelago; Atque,. exutos corpore, Pie, benignus suscipe.
  • 126. 93 .~ Quo, sine fine, gloriam Deo Patri cum Filio, Una cum sancto Spiritu, Tecum canamus perperim. Amen. (Origines de l EgEse de Paris, p. 3 r 4). XVI.LETTRE DANASTASE LE BIBLIOTHÉCAIRE À CHARLES LE CHAUVE. (An. C. 876). Incipit epistola Anastasii, Romani bibliothecari, ad Ka­rolum imperatorem, quae asserit sanctum Dionysium vere es­se Areopagitem. Domino piissimo et serenissimo Karolo, imperatori Dei­que veri cultori,.semper Augusto, Anastasius, exiguus aposto­licae sedis b:bliothecarius in Domino. - Eternum in Christo imperium. Ecce, imperatorum sollertissime et christianissime, quieffo:iis et rimaris sapientiam sicut thesaurum, cui nihil sinis·trum est, cum utrâque nimirum manu pro dexterâ utaris,nam sic humana reipublicae commissa secuDdum legem Deigubernacula moderaris, ut divina quaeque non deseras, sedp:>tius praeferas, passionem sancti ieromartyris Dyonisii, quon·dam Ariopagitae, postque Athenarum antistitis, quam Romaelegi cum puer essem, quamque. a Costantinopolitanis leg:ltisaudieram, secundum jussionem vestram diu quaEsitam, tan­demque in maximo coenobiorum Romae sitorum repertam,etiam inter diversos langl10res positus, arrepto interpretandicertamine, latin<? eloquio tradidi quantum potui, auxilianleDeo, et si non ex totoverbum e verbo, sensum tamen penitus hauriens. Ce~set ergo jam quorumdam opinio perhiben,tium non esse Ariopagitam Dyonisium eum qui apud Pari­sium corpore ac virtutibus redolEt, cum hoc et Graecorumquoque stilus, cum latina lingua concordans, testetur et pre­dicet; in qua profecto natus est qua celsa scripta sua conte,
  • 127. " 94 xuisse probatur, praesertim cum manifeste sciamus praecipuos tractatores Ecclesiae qui latino stilo scripsere, °qui dubium in sacra scriptura reperientes, mox ad graeca exemplaria, curre­ re, et ad eorum sensum protinus a se omne nubilum ambi· guitatis excludere. Nec mirum si quisdam doctorum erga plu­ rima occupatus, nec Graecorum scripta rimatus, aliter sense· rit, cum ipse apostolus Petrus quaedam. sic tenenda esse pu o taverit, ut merito coapostolus ejus Paulus eum reprehensibi. lem judicaverit. Beatus etiam Cyprianus, doctor et martyr, °quiddam de rebaptizatione diffinit, quod tota Ecclesia rejicit. Quid autem de sancto Aug ustino dicemu~, qui eti .. m libros retractationum conficiens, nonnulla quae se bene sensisse du· bium putaverat, reprehendit. Nam omnipotens Deus nonnun~ O quam dispensatorie gerens, cui multa revelat. quiddam oper· tum deserit, et quod alteri obserat, alteri reserat; nec tamen sine remunerationis dono relinquit quod ex radice caritatis prodire non neseit, qui, cum cor s:rutetur, non tam dictum quam inten· tionis admittit affectum. Verum hinc multa, docente Deo, di­ cere possem, si non mihi praefationem, sed apologiam facien­ di, propositum extitisset. Suscipe itaque, piissime fmperator,".. Dyonisium ex Graecia iterato volatu venientem, et qui gau· des eu latino eloquio habito, gaude et ab achivo sermone do· nato. Sane, quia nonnulli beatum Dyonisium pte r i g ion tu uranu a Graecis appellari commemorant, notandum quod hunc beatus Johannes qlrysostomus petinon tu uranu, id est volucrem coeli, in ultimo sermonum suorum libro, de· scribat. Quorum duorum nominum ddferentiam sacri evange­ lior,um atque psalmorum graece scriptorum libri demonstrant. Nam in altero quidem, graece pte r i g ion scriptum codex lati­ num non alam, sed pinnaculum, interpretari declarat; in altero vero, pet i non crebro sermone romano translatum, volucreni sonare dOesignat. Hujus autem passionis t~xtum beatus Me· thodius, qui a sede apostolica Constantinopolim presbyter .. missus, ejusdem urbis tenuit pontificium, et ex tunc inter sanctos ab omnibus ob suae confessionis et agonis certamen veraciter veoneratur et colitur, edidit, pauca de multis prae­ cedentibus dictis excerpens. Deus autem pacis conterat Sa·
  • 128. 95 thanan sub pedibus vestris velociter, et q;Ji "dabit amplum in terris imperium, tribuat in coelestibus ditissimum praemium. Explicit. Data mense Junio, indictione Ixa, anno pontificatus vi· ri beatissimi domni nostri Johannis octavi papae quarto, im. perii vero domni clementissimi Karoli semper Augusti primo. (Origines de lEglise de Paris, p. 396). XVII LETTRE D HINCMAR À CHARLES LE CHAUVE. An. C. 876. Domcn glorjo50 Karolo imp~ratori augusto, Hincmarus, Romine, non merito, Remorum episcopus ac plebis Dei fa­ mulus. Lectâ belti Dyonisii passione a Methodio, Costantinopo­ lim Româ directo, grece dictatâ, et ab Anastasio utriusque Iinguae perito et undecumque doctissimo, apostolicae sedis bibl iothecario, latine conscriptâ; sicut in praefatione suâ nar­ rat, recognovi his quae ibi scripta sunt ea quae in adole· scentiâ legeram consonare: videlicet per quos ac qualiter ge­ sta martyrii beati Dianysii sociorumque ejus ad Romanorum noticiam, indeque ad Graecos pervenerint. Nam quando, Deo disponente, in Francofurti palatio nati est;s, Hucberto prae· centori palatii, episcopium Meldensis urbis commissum est;· ubi, propter Hildrici episcopi aetatis prolixitatem et diutinam aegritudinem, quaedam ad scientiam et religionem pert:nen­ tia, necnon et aedifiCia ac c·aetera quaeque necessaria negle­ cta invenit. Quapropter a familiari suo Bodone, clerico dom ni et nutritoris mei Hilduini, abbatis sacri palatii, c1ericorum summi, quemdam clericum, ipsius Bodonis propinquum, no­ mir{è Wandelmarum, qui cantilenam optime a Teugario ma­ gistro in sancti Dyonisii monasterio didicit, ad erudiendos c1ericos suos obtinuit. Cui abbatiolam sancti Sanctini in be­ neficium dedit. Idem autem Wandelmarus .in loco sibi "corn· misso quaterniunculos val de contritos, et quae in eis scripta -. _..;. •.". "":
  • 129. 96 fuerant pene deleta, de vitâ et actibus beati Sanctini reppe­ rit, quos ob familiaritatis noticiam, et quia me sciolum puta­ bat, ad exhaurienda ea quae in eisdem quaterniunculis con­ tineri videbantur, et ad scribendum aperte in nova parga~e­ na mih,i commisit, quod et studiose peregi, et mihi commen­ data commendanti restitui. Sed quia diu est quod idem Wan­ delmarus. etiam ante obitum Hucberti, defunctus fuit, et, si­ cut audivi, idem locus neglectus extitit, ac demum in eâdem urbe Nortmanni fuerant, et quaedam incendio concremave­ rant, quaedam vero praedantes diripuerant, nEscio si ipsi qua­ terniunculi vel eonim exemplaria in eâdem urbe valeant re­ periri. Proptera exemplar eorum quod mihi retinui, vestro de­ vota et bonD studio offerendum putavi; ut si quae sunt illo­ rum reliquiae, qui negabant domnum et patrem nostrum Dyo­ nisium esse Ariopag-item, et a beato Paulo apostolo baptiza­ tum, ac Atheniensium ordinatum episcopum. et in Gallias a sancto Clemente directum, ex his quae graeca testificatio ct romanae sedis assertio et gallicana intimat contestatio, ratum et in hâc re recognoscant quod inde ante nos dictum est. Nam verltls saepius agitata magis splendescit in lucem ../ (Origines de LEglise de Paris, p. 401.) XVIII. TEMOIGNAGE DU CONCILE DE PARIS. (An. C. 824). «Nec vobis taedium fiat, si ad ostendendam rationem veritati3, veritatemque rationis, sese paulo longius sermo pro­ traxerit, dummodo linea veiitatis, quae ab antiquis Patriblls nostds usque ad nos inflexibiliter ducta est, beato Dionysio scilicet, qui a sancto Clemente, beati Petri in apos~olatu pri­ mus ejus successor extitit, in Gallias cum duodenario nume­ ro primus praedicator directus, et aliquod tempus una cum Sociis huc illucque praedicationis gratia per idem regnum dispersis, martyrio coronatus est ». (Origines de lÉglise de Paris, p. 174 et 289). " /
  • 130. .. .. .... w f-< G <: A­ Cf) 0 ·W .. ~11 W <: ~ > ~ ::> w Cf) 0 >­ z Cf) W w Cl ...1 f-< Z ~ Cf) w q _.t.~..!._ •. . .
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  • 132. LES ÉCRITS DE ST. DENYS LARÉOPAGITE En procédant à létude des écrits de St. Denys, on rencontre dès le début une difficulté, en ce que, des oeuvres de Denys qui nous sont parvenues, il nen reste peut· être pas la moitié. II est facile à comprendre, que les adversaires ,de lauthenticité y trouvent un bon prétexte, pour supposer que cest une invention de lauteur des ouvrages qui portent son nom et que les oeuvres que nous ne possédons pas maintenant, nont jamais éxisté. Nous trouvons toutefois chez Jean Sarrazin, une mention qui in­ ! diguer~it, quen a~~ée 118 4, i.l avait encore entr: li les mains la Theologie Symbolique de Denys. SI ces oeuvres existaient vraiment, et no~s navons au­ cune raison den douter, elles répondraient parfai­ tement, daprès lavis de St. Thomas, exprimé da~s 1 le prologue de son commentaire sur les Noms Di· ovins, au 12lan génér,al de lenseignement théologique de St. Denys. Leur disparition complète fournit un argument aux partisans de lopinion que les philo­ sophes payens sen sont emE.~és et les ont exploi­ tées. Considérant quune si grande partie de ces oeuvres na pas pu être retrouvée jusquà nos jours, nous pouvons croire quelles ont été détruites, ou quelles figurent sous .un autre nom ou encore qu el·b . les font partie des oeuvres dautres auteurs. Ils se­ rait curieux de les rechercher: chez les auteurs néo­ platoniciens..
  • 133. 100 Les ouvrages de St. Denys, qui nous sont par­ venus, sont les suivants: 1. Traité des Noms divins, en 13 chapitres. IIspt 8sCwl Oi~l-L(hwl. II. Traité de Théologie Mystique, en 5 cha· pitres. Ilspt fJ.uot~J(.ijç 8soÀoy{cxç. III. Traité de la Hiérarchie céleste, en 15 cha· pitres. IIspl tijç O~pCXl[cxç tspcxpX[cxç. IV. Traité de la Hiérarchie éccIésiô.stique, en ï chapitres. Ilspl tijç sJ(.Y.ÀYj~~cxot~J(.y/ç; EspcxpXCcxç. Tous ces traités sont dédiés à son collègue le prêtre Ti.mothée. (sympresbytero Timotheo Dionysius Presbyter) le compagnon et le correspondant de St. Paul et le futur évêque d Ephèse. ~ V. Le Recueil de Dix Lettres CEmoto),cxC), dont les quatres premières sont adressées au thérapeute Caius; la cinquième à Hiérothée; la sixième à So­ sipatre prêtre; la septième à lévêque Poly.carpe; la huitième au thérapeute DémophiJe; la neuvième à lévêque Titus et la dixième à St. Jean théologue, apôtre et évangeliste. Outré ces dix lettres reconnues comme authen· ./J tiques, nous avons encore la lettre onzième au philo­ sophe ApoIIophane, que beaucoup considèrent;com ­ --1:". me authentique, et une douzième lettre à Timothée (1), . . . """ ;;.J;"~ t:-u d~ ~ ... • ..,..4 )êD,; P/,H"AJcf:-"t. (1) Dans une traduction arabe et syriaque. Baumstark, p. 69. ­ Ag. P. Martin chez Pitra a. a~ O. 29 1, 9. Stiglmayr la situe en III siècle.
  • 134. roi encore mOinS sOre, sur la mort des Apôtres Pierre et@- Paul (1). La lettre à Apollophane a été faite pour le féliciter de sa conversion. Cette lettre antérieulë à celle adressée à Titus. nest connue que dans la version latine; mais, à partir du VILe siècle, on en troUve de fréquentes mentions chez les auteurs. Quoi­ q1le St. Denys, dans ses autres écrits ne nommee.9­ . (r) La lettre apocryphe de Saint Denys à Saint Timothée sur le martyr.e-coronatio àes Saints Pierre et Paul na pas-raprétention d ~tre écrite toute entière de la main du Saint; au 2.ème paragra­ phe, p Ir e"emp~s le préamhule: «Iongo autem post tempore» 1on y raconte la découverte de la tête de St. Paul à lépoque du «pa­ l tria rche» Syxte (le pape Syste 1l en 257). C en est plutôt un recueil de légèndes se rapportant au martyre des Saints apôtres Pierre et Paul. Ce document mérite pourtant toute notre attention sous plusieurs points de vue :~~ linvocation à ::t. Timothée, le même auquel fllTent dédiés tous les traités de Denys, présume la connaissance de ces oeuvres déjà au III siècle de notre ère; ~ le récit de 1 ~ mort et de la s~pulture des sainls apôtres, au ~ VI de la lettre, porte le caractère du compte rendu dun témoin occulaire, peut:~. tre de Saint Marc en personne, qui fut, comme on.le sait, le sec ré· tairede Saint Pierre, et constitue une preuve de I~ .présence à Rome, environ à cetJe...éR-oJ:jy"e, de Saint Denys. Cela de son côté confir me: a) la version des Menaea .graeca sur le départ de Denys et. sur sa mission en Gaules par le pape Clément au temps de lempereur Domitien dont il était contemporain; b) lidentité de Denys dAthé· nes-lAréopagite, avec lévangékateur des Gaules et premier évê· qu.e de paris.; c) le fait rapporté par le diacre Pierre que ses oeuvr es on été gardées dans la bibliothèque du pape à Rome et en sont re· v;~ Grèce. [Que sais-je même, si queïq~-;:u~ de se~~s 1;.---t pas été composés à Rome 1); tertiO) ce récit de la mort des saints apôtres a dO. être apporté à Alexandrie par Saint Marc l Evangéliste, qui fut, daprès la tradition, le fondateur de lEglise dAlexandrie; quartô) cette lettre prouverait en général que lAréopagite fut un écrlvâin--;;nnu et réputé déjà au III siècle, si lon lui attribuait des écrits apocryphes. , (l!uin§) le passage sur la dé~ouverte du chef de Saint Paul à lépoque du pape Syxte Il (257) peut provenir dun écrit de St. Denys dAlexandrie qui fut en correspondanct: suivie avec ce pape.
  • 135. r02 pas précisément cette lettre, on-eeut pourtant con­ clure à son existence dun certain passage de la lêtti-e à Po!ycarpeF~ùDen~e défencf"~urnom de parricid~ que lui a donné Ae.ollophane"="dans une conversation que Polycarpe venait de lui communi- BEAT! DIONSII EPISTOLA AD s,lcn :>1 TI~IOTHEl:)1 .;4 2.... DE CORONATIONE PETRI ET PAULI (ex syriaca versione) 1. Divino discipulo filioque spirituali. corùi et Inenti, voluntatis consummatori, passionisque socio omni laud" majoris lllagistri "erita­ tis patrioque spiritualis, Pauli: TinotlHo, in nomine Dei Pat ris 001 nium, perque Filiunl ejus Dominum nostrum Jtsum Christum I:"t per Spiritum Sanctum; Dionysius, salutelll, II. Divinus ille Paulus, qui Christi tormenta crucemque suslinuit; vas illlld spiritnalis mnisterii, sapiclltiae oceaUllS Iînl;uarUnlque pa­ ter, ,Ecclesiae sanctae collustr.ttor idolatria(que eversor; sera ille quae peccati portas difTregit; adamas qui peccati portas malique vectes cQIlcussit et perrupit; petra aù,lmantina ~uae holocausta evertit,./ daemones expulit d~emonumque celebritates dis~ipavit; gigas fur· tis strenuu,que venator; Angelus terrestri, coelestisque vir ; Christia­ nae religionis diina im<lgo et forma; l;entium <llllÎCUS Judaeorumque hostis; synagogae. destructor Ecclesideque archittctus; spiritualium amator justitiae cJypeus; Christi selus. Evangelii praeco, el roris e· , versor, EccJesiae laetitia, os coeleste, lingu<l Spiritus Sancti motibus pervia, deperditorum inventor, pereuntium salus, orphanorulll patH, viduarum protector, lapsorum sustentator, "cte stanlilm [( hm, Cl­ bilium firmitas, confraclorum medela, dcorunl substanlia, c.vitatnnl pax, nauta sapiens corporalisque navis. (divin us ille Paulus) qui coe ­ lestia a"ebat terrenaque despiciebat, en nos in mundo derelinquit atque ad Christum migravit. VI. En corpora sanctorum Romae deposita. sunt, neque eorum pars aliqua extra Roma·m est. Eadem die mult( fratres occisi sunt, Porre, noctu, cum fratribus egressus Marcus Simonem Ctpham e cruce deposuit, Paulique corpus auferens, amborum corpora in unum eumdemque ·locum, terram desuper, contulit. Pauli vero caput non i.n· venerunt, quia nox erat. Quum autem dies illuxisset, ex ·urbe sapien­ tes viri egredientes abstulerurit corpora sanctorum eaque honorifica sepultura donarllnt. Longo autem post tempore, transiens armenta· rius quid~m caputque Pauli jacens humi videns, ignorans cuius ca ­
  • 136. .... 1°3 quer (1), et lui rappelle léclipse anormale de soleil arrivée au moment de la mort de Jésus et quil , (Denys) avait observé à He1iopolis, en mêm~s ) qu Apollophane. Denys considère comme son devoir. de convertir son compagnon et son contradicteur. Selon beaucoup dauteurs, lauthenticité de la let~e put esset, illud baculo abstulit atque in ovili deposuit. At cum, nocte integra, super illud coruscantem vidisset ignem, cujusdam sancti vi- n caput esse conjiciens, ad patriarcham Xystum rem totam detulit. Vnde, fidelibus caput Pauli es,se asserentibus, patriarch~, Xystus re· spolldit: «Vt sciamus an vera sint quae dicitis, ego caput ad pedes • Apostolî deferam vigiliasque agemus per totam noctem. Porro, si « ad locum suurn redierit caput, certum erit Apo;toli esse.• His con· sentiens populus, in vigiliis integram noctem transegit, atque, corpo· re capiti admoto, ita vertebrae junctae su nt ad invicem ac si nun· qu,m praecisae fuissent. Quare populus Pauli caput ~sse credidil. VIII. Frater mi Timothee, summe mi,rum aliluid conspexi die qua coronati sunt Petrus et Paulus. Cum enim alter ab altero sejun· ct us fuisset, [post eorum mortem), vi di eos [ante me] civitatis portam ingressos, se invicem manu tenentes. N~que ego solus hoc cont.. m- pla ri dignus habitus sum, verum et adolescentula quaeoam, luae e· rat de genere impii Neronis, quarnque Paulus bapt,izaverat. Cum e· nim Paulus martyrium passurus exiret, ab ea sudarium quoddam mutllo accepit, pollicens illud reddere cum rediret. Dum autem ca- puf inclinaret sub ~ladio faciem in sudario obvolvit, amputatoque capite, facies sudario obvoluta remansit. Redeuntibus vero centurio- nibus dixit adolescentula ista: «Vbi est Paulus? Illi autem respon- derunt: • Occisus jacet in Armeno. fade obvoluta in sudario tua san- guineque suo commaculata.» Quae extemplo dixit eis: «En :etrus et Paulus praeiverunt vobis regiis vestibus induti, in capite coronas gestantes. En sudarium quod Paulo dederam.» Porro, cum illud eis ostendisset, illud agnoverunt quoniam sanguine respersum erat. Qua· re omnes qui id viderunt, mirantes, gloriam Deo rependerunt; imo mult; credentes Ch~istiani facti sunt, huius miraculi causa. If (r) St. Maxime nous parle dune lettre de Polycarpe aux Athe- Jll niens où il mentionne DerriST Aréopagite:-Et quoique cette lettre soit disPàrüe~ dej;uiS" des siècles, le ceièbre patrologue allemand Bar· denhewer n hésite pas à la regarder come fabriquée de toutes piè- ces .•. et jajouterai, fabriquée probablement à lencontre de la criti- que scientifique allemande qui ne devait se réveiller que 1.500 ans plus tard, à lépoque de Luther: .~
  • 137. 1°4 à Apollophane ne laisse aucun doute. Quoique con" testée, elle est souvent imprimée à la fin des oeuvres de Denys. . . ; Outres ces oeu vres authentiques et ces deux let­ tres douteuse,s, il existe ancore, chez les Jacobites (sectateurs syriens des monophysites), une Liturgie @ de St. Denys, évêque dAthènes, qui a certain rap­ port avec St. Denys à cause. de plusieurs citations tirées de la Hiérarchie céleste.,-- En plus de ces ouvrages que nous possédons, St. Denys fait mention dans ses oeuvres des écrits suivants qui ont complètement disparu. I. Des Institutions théologiques. Ev t1X!Ç &so),OYtY..IX!Ç <r7tOtU7tWOêOt (1). ç II. De la Théologie symbolique. EJ t~ oU/-L~oÀtY..~ eSOÀOYl1- II 1. De lâme. ­JI) Ev !O!i.EP.l-.~UXY)ç./ IV. De la Justice divine. ,Ev !OrÇ 7tSpt OlXIX[OU XlXl eSlOU OtY..lXtWty/plOU, où il expose son enseignement sur le mal et détruit les arguments des sophistes qui accusent la Divinité dinjustice et de me~s~nge. .,V. Des Hymnes divins. Ev totç 7tspl twv eSlWV u/-Lvwv,r où lon parle des chants ~acrés dans les sphères cé· lestes. it ! (1) Où lAréopagite, dit St. Thomas, p~t;l?~~des§.~,,-tout et Létudie dans Junité deson---esswce et la Trinité de ses Personnes dont rien dans le créé ne ,nous fournit pas une idée suffisante. -­ {-;
  • 138. IOS0J) VI. D..;! sensible et de lintelligi!>le (sènsibilia L . et inteBigibilia). "CS[C(-e Ev t~ mpl vOl)twv ts Y.~t cdcr&rJtwv npO:Yf-LO:­ St. Denys fait encore une allusion à deux ou­ vrages: dabord à un traité sur les « Choeurs angé­ liques».c~ Ev t"?) mpl t!l>V à"(Ys)"xwv lotot*wv y.cd tâ­ ;swv, mais on pourrait croire que ce titre 5e rappor­ te à la Hiérarchie Céleste, qui nous est connue; puis, dans la Hiérarchie Céleste, il parle, mlis dune~)[ manière pas trè,; claire, dun traité sur «laJiié.Lar­ chie lé~le». Ev t"?) Y.~tà. vOf-Lov Ispo:pXCf En tout ca$, St. Maxime voit là deux oeuvres différentes. Cette question nest pas de très grande importance, puisque toutes ces- oeuvres ont disparu. Néanmoins, le dernier traité « Du sensible et de I intelligibl.e» c~léteraittoute l o~ëdeS~De­ nys qui comwendrait de cette façon le cy"cle com­ J plet de la théologie et représenterait t~tes les for­ mes et tous les genres de Hiérarchie et toutes les .H façons de nous élever vers Dieu et de le nommèr: En ces derniers te~ps, on vient de décol1vri~ne . autobiographie de St. DenY3 et un traité astronomique (1). Lazdobiograpk..Ù se rattache à la lettre à Polycar­ ~~(( pe (Ep. VIII. 2), où Denys nous raconte sa conver­~ .. 1 (1) Londres, Br. Mus. N. 7192. Traduit à Edesse, au VI ~iècle_ M. Kugener la édité, traduit. et annoté - voire XVI Congrès des Orientalistts, Paris 1907 t. II.;·t ./J ."
  • 139. 1(;6 sion, provoquée par limpression qua produite sur lui léclipse de soleil à Heliopolis. Nous possédons , cette autobiog-raphie en ~iaqü§) en (armé~, en - (g~ierl) e~te)(sahidique)-et e:n.~be:-r:e traité a~ronorriique _et m~téorologique a une relation avec0- II la biographie à cause de-la même éclip"e, et nous le possédons seulement dans une traduction syriaque. Chez Pitra: Analecta II p. XLVI, on trouve aUiCod. Palat. 39rf I,18jun certain hymne portant21)- l( le titre, toù .alto) ~~ovuo:w (sic) üllvoÇ &€(;V CliX otfxwv.--- fjpWlY.WV. Mals on n attrIbue pas cet hymne a Denys; Iahn lattribue à St. Grégoire de Nazianze. U:E llR~:V}: ClACT{.:RISTj(~UE liES OlJlIICGES DE ST. DE- xYS L Ald:OI"GITE../ Les ouv,-ages de St. Denys, même dans l .état ~ où ils nous sont parvenus, constituent la""première t-l!1 - et la plus ûncienne exposition systématique de la foi chrétienne, et renferment un enseignement com~ plet de la théologie da·ns ses divisions principales. Bien plus, par son traité sur la Théologie mystique, l Aréo~ite devient le père de tout le mouvement ) ~stique dans la chrétienté. Il est le premier à-si~ gnaler les trois .voies qui conduisent au perfection- r-.. ~ ~ nement intérieur,: ~,(p~.:~~:~:i9)et l!:~m- plati~et il e~t ~uivi par les mystiques de tous lès temps, depuis Cl~ent dAlexandrie et Gr~goire de . ~~e jusqu. à St~aventure et St. Fra.n.çois de ,Sa~s; depuis PI.2!in, tPoWhy~ P~us jusquà Eckhardt, H~nri de Berg et Tauler. l
  • 140. r07 Denys nous parle, dans ses oeuvres, de Dieu, de sa nature, de ses attributs. avec une élévation )f qy,e natteint aucun éçrivain écc1ésiastique, comme le dit Mgr. Darboy. Les plusgrands théologiens, les Pères de lEglises, les papes, et même les Conciles ( Œcuméniques reconnaissent sont orthodoxie sans - _._-­ tâche. Saint Jean Damascène, celui qui a fixé défi­ nitivement la doctrine catholique en Orient, sen tient aux divisions de la théologie adoptées--pâ:r St. Denys j il sappuie à chaque P;; sur lui~é­ pète souvent ses propres mots. Saint Tbomas dA­ guin, la plus grande lumière de lOccident, base sur lui tout son enseignement sur Di~u et la Sain­ te Trinité, le cite en 17°2 endroits (r), fait des commentaires sur son traité des Noms Divins, admi­ re sa doctrine sur les Anges et considère l Aréo- JI pagite comme le confidënt des théofanies célestes) desalOt Paul. Le génie de St. Denys est si grand que sil nétait resté de son ôeuvre que les titres de ses traités, ces titres à eux seuls constitueraient, dans leur précision lapidaire et expressive, le schéma com­ plet de la, théologi~, dans lequel elle sest maintenue l jusquà nos jours. Il est évident q~: un écrivain, qui, à près de deux mille ans de distance, a su cir­ conscrire une doctrine dans ses cadres ~s, , doit être considP.ré comme un penseur génial ettrès profond. Nonobstant que ces écrits aient été .destinés (1) G. DURANTiL: St. Thomas et le PSClido-Dcnys (Paris, Félix• Alean, 1919) en indique les pages.
  • 141. 108 "" t exclusivement à lusage des plus hauts hiéra:92-es ( et aient constitué dans leur mains la garantie de leur supériorité doctrinale, leur influence sur les écri· -= ­ vains des premiers siècles de lEglise est indé;lable. Bien quelle fut anonyme, tout dabord à cause de la loi du secret (disciplina arcani) jalousement obser ­ vée aux début du Christianisme et recommandée avec insistance par Denys lui.même, on rencontre à cette époque déjà: chez les anciens Pères, des expressions et des passages entiers démontrant la connaissance des oeuvres de lAréopagite, notamment chez I~­ ~. P..2lY.carpe, Clément d Ale~ie" Cyrille ~é. r~~m, B~~. Grég21re de Naz~nze, Grégo~e N y~e, CQrys.,.05t.2llle, Cx.rille d Alexand.!:ie, St. .lliJ, E~be ... et aussi dans quelques définitions du Ç"on­ - cile dEphèse et chez Juvénal, évêque de Jérusalem, dans sa lettre à limpératrice Pulchérie. Linfluence -,/ de~ Denys sur P.l9!;~n et toûte lécole néo-platonicien ­ J1vé jusqu à ~us est indéniahle, comme la prou­ ne involontairement H. Koch, à tel point que cela nous permet denvisager la: philosophie néo-platoni ­ que comme une théologie chrétienne à tendance pa­ ganisante. . A la même époque, on le rencontre nominati·· vement chez les anciens écrivains: (j) dans un..=...!st­ tre de penys dAlexandrie à Sixte II (257) (1) ; ,.; (1) v" fr:l!-:,Illellt d~ cette Idlre est insére clans la préface de Pnoc.s "Ir S~r;.:-ius qui précède. la traduction inlé;!raJ!.. ~eu. ) vres de Denys l Aréapagite P.ar Ser&!!s de Resaïne (brit. Museum. 1Add. 12151 et 12152) parmi les, commentaires de Jean deScythopolis et de Georges de Scylhopolis, qui y sont cités.
  • 142. 1°9G dans l,:-:ecenslOn cile de -.-. - ~e au IV siècle. Cette recension est admise dans les églises orientales unies à lEglise Catholique et reconnue come authentique par les Arabes, les Syri~ns, les Chaldéens, les Maronites, les Coptes, les Jacobites et ,les Nestorien>;(j) chez le faux ~t~e;Q chez Cy.!ill~ Sr Al~an~drie dan~a poléf}iÇ),ue contra Theodorum et Diodorum. La discipline du secret hant tombée en désué­ tude vers la moitié du IV.e siècle (1), limportance des oeuvres de lAréopagite savère dans toute une série dinterprétations, de commentaires et de tradu­ ctions (2). Les oeuvres de Denys entrent alors dans le domaine public (3), elle,s sont citée~ouvertement d~ les disputes religieuses, entre catholiques et hé· rétiques, par exemple dans la controverse entre ~. vérus dAntioche et le moine L{.once de ..:Byzance, et servent darguments même dans les Synodes ~t les Conciles Œcuméniques. Lauthenticité des oeu­ (1) ~usèbè)dit: «Si lon na pas annoncé .. parole de Dieu, comme aujourd hui, il tous les hommes et il tous les peuples, on lexplique par ce fait que 1.. vie des anciens nétait pas "pte il recevoir lensei­ gn~ment du Christ)2.LP.1ein de sagesse et de venu lO. (z) Des notes de De~ dAlexai!9 rie (vers 250) nlentionnées par1 St. Maxime et St. Anastase le Sinaïte. l3ïëes oeuvres Sü;;t -me;nnées dans toute une séri" décrits qu:Üifiés parStiglmayr, ce~ d;re, de« pseudo»: pseuoO-Hyp­ pol Yte, pseudo. Chrysostome, pseudo· Cyrille, pseudo - Léon pseudo­1) éTèÏiJent. Mais po7Jrtant, Stiglmayr a~o~ que -_ _. les écrits ,-...0.- cest d-;;:;:;; _ d" Marlila It 400" évêque de Maiparkat, que se trouve l histoire _du Concile de ~eet le texte des 20 canons authentiques. Ces écrits dè ~ut~uvent p~rmi les manuscrits de -1; Propaganaa:-lide K:-VI. p. 4 e seq.:-Le pseudo.Clémen.!~ue à la pa~e 22. Enfin Stiglmayr avou"e que la lettre du Pseudo· Clément à lAréopagite cir­ culait déja au IV siède. ÏTSëQemêïit~lui même. , l
  • 143. :;: rD vres de St. Denys es~ donc suffisamment confirmée la tradition constante et ininterrom~le et par la croyançe officielle de lEglise.- Je ne puis mempêcher de donner le résum de lopinion de St. Thomas sur les oeuvres de St. Denys. St. Thomas dAquin cite Denys l Aréopagite en mille sept cents deux endroits et fait en outre douze remarques de caractère général (1). Vu quun grand nombre de citations se repètent plusieurs fois, ces citations se réduisent en réalité à 446 textes. St. Thomas a eu recours à tous les traités de Denys, mais SLIrtout au traité des Noms Divins. De manière que nous trouvons chez !.:::i ~tations_ de D.·lf (4Sô de C.:Ji.) 6de E~ ~ëtt~ et~ de M. lISLe plus grananombre de· ces extraits se trouvent dans la Somme Théologique, préci~ément 562; viennent ensuite le commentaire sur les sentences de Pierre Lombard, avec 524 citations, et les «Quae ­ stiones disputatae» avec 336 citations. La So;nme contre les Infidèles contient 38 citations. St. Thomas prend ses citations des traductions de Scot EriKène et de Jean Sarrazin, mé.is le plus souvent de ·Sarrazin. 0..E attribue à St. T~om~s des commentaires à tQ.Y.!~.Jes oeuvres de St. Denys, j mais la critique ne tient pour certain que les com­ mentaires des Noms divins. Pour ce qui concerne la da ­ r: te de la composition de ces commentaires, Frett la ! met à lannée i 244, à Cologne, et Touron à l an­ (r) Il cite aussi I I passages d.es commentaires des St. Maxime et 4 du commentaire de Hugues de ~.!:~tor. , ~,
  • 144. II 1 née 1245 à Paris. Mais ce nest pas probable, par­ ce que St. Thomas naurait eu à cette époque que 17 ou 18 ans. Or, un commentaire de telle impo~. tance ne peut pas être loeuvre dun jeune étudiant. Durantel en remet donc la composition à 1260 (1), avant le commentaire de St. Thomas sur Aristote. Dans son prologue au commentaire des Noms Divins, St. Thomas nous donne le schéma des oeuvres de St. Denys qui parlent de nos rapports avec Dieu, et , i~énumèr: dans ce .but seulement quatre tr~it~s~r­ .l m~cI, deux gUI sont perdus. Cela ne slgntfîe pas J que la Hiérarchie Céleste et la Hiérarchie Ecclésias­ tique se trouveraient en dehors du plan général, mais que ces traités ne soccupent que de questions spéciales. Le plan général du développement de la pensée de Den y: fut, daprès SL ~~omas, le. su.iv(~~~ (~).:. ~ ( «. Tout d abord, dans le traIte des InstltutlOns-Theo· o. logiques, Ev l:cx.r~ &eoÀ0îLXcx.tÇ r7tOl:U7tWOEOL - disparu­ Denys pof>e Dieu au· dessus de tout et Létudie dans lU nité de sa substance et dans la Trinité de ses P~rsonnes, desquelles les êtres créés ne peuvent pas avoir des représentations adéquates. Il tâche ensuite de nous faire connaître les rapports de Dieu avec les créatures. Ce rapport est double: le rapport de Dieu aux créatures .et le rapport des créatur;; à Dieu - double flfocessus-: lie!ll=endant et ascendant, processus de-;ayonnement de la divinité et de~nio~avec Dieu. (1) Je prends tout ces détails de létude pleine dérution de M. J. DURANTEL: St. Thomas et le Pseudo· Denys. Paris, Librairie • Félix Alcan, 1919.. (2) Ibid.
  • 145. • 112 0 UN" . 0 . . nouveau tralte« d e DoIVlnlS ommJOb us» d ans S Ult un . . 0 lequel Deny:> représente les participations de Djeu aux créat~res: bonté, être, sagesse, vie, etc. -~rticipa. tians - qui permettent aux créatures de nommer Dieu en mesure de celles reçues de Dieu par elles. On arri· ve après au mouvement inverse: la créature se tour­ ne vers Dieu et, pour le connaître, lappelle tout dabord des noms imparfaits par lesqu~ nous ex-"cv primons nos qualités limitées et cest" laChéologie symbolique: ~uf.L~o)"y~ eso),orea: (J) - disparue aus· si - qui révèle Dieu, caché sous des figures maté­ rielles de lion, des pierres, de soleil etc. Cest la premiere étape (et combien im~arfaite 1) de lélévation-@- vers Dieu. Mais la Théologie-4v1 y stique nous révèle Dieu par une force beaucoup plus haute de notre âme, qui nous permet de nous éleyer jusquà lInfini, cl arriver jusquau seuil du ilystère qui ne nous est pas encore dévoilé, mais que nous pressentons déjà et apercevons dans une obscurité étincelante de lu­ mière» «A lui l honneur, dit Garres (2) davoir 0 fondu en corps de doctrines les données de Paul ré­ ~- .. pandues, dun bout à lautre de ses Epîtres suivant les temps, les lieux, les hommes, les circonstances. Ce que le conquérant revenu du troisième ciel a contem ­ plé, il i a confié à sa conquête, et cest à compléter aussi bien quà coordonner le maître, que tendent les travaux du digne disciple ». (1) Lt traducteur de Denys. Jean Sarrazin. semble lavoir eu en main au XII siècle. 0 • ,."" (2) ~s, t1fystique divine .... 1. l, chap. V.
  • 146. ~y 113 LES COMMENTATEURS DE DENYS LARÉOPAGITE Dès le début de lère chrétienne, on a attribué une très grande importance aux oeuvres de St. Denys lAréopagite; on les a annotées et mê­ me commentées, contrairement à lusage à cette épo. J _que de commenter uniquement res-saii1tes Ecritures. Vu cependant que les commentateurs ne nous four­ - nissent rien de nouveau sur la vie du Saint et soc­ - cupent plutôt d_es écrits de Denys; jen remets le ------ compte rendu à la liste des monuments scripturaux concernant les oeuvres de lAréopagite que je don­ në" par la suite disposé:; dans lordre chronologi­ que, précisément sous la date de 230 dans une note sur Denys dAlexandrie. Je me contenterai ici de noter que le premier /1 qui écriv~ des co~entaires, _ou plutôt qu~t des Ir ~tatio~ aux oeuvres de l ArffB.ïtë,lut Denys . dAlexandrie, né en 200, disciple(â Origènè.;)en 232 ;:~~~dans la direction de l écol~ catéchétique, «didascalée. dAlexandrie. De ces no­ tes il nous~s!.. seulement resté un petit passag~s- j mis en résumé par Saint Maxime dans ses célèbres, «Scholia ».~ Après Denys dAlexandrie vient GeQ!ges, natif L c!s-Sc-ythopolis (Baïchan en Palestine) prêtre (pres­ byter) de la grande Eglise de Constantinople, cité par Jean de Scythopolis dans la préface de PhocaS)1 bar Sergius (VII siècle), qui précède la trad~ction wriague- des oéuvres de l Ari:~eagite par Ser­ ---- gius de Resaïne (Rézaïna), larchiatros (médécin), . . 8­ 1 •
  • 147. .­ I,r4 faite dans la dernière décade du V siècle, que l on trouve au Brit. Mus. Add. J 2 J 5 J et 12 J 5 2. Le suivant en date est Jeln de Scyth0P.2!is, puis­ que cest lui qui a cité Georges de Scythopolis. Des commentaires des Scythopolitains il ne nous est re­ sté que des bribes, dont une yartie est entrée dans la préface de Phocas bar Sergius, lautre dans le prologue des Scholia de St. ~e. PI:9c21. bar Sergius est donc le plus ancien~m­ j) mentateur de Saint Den~erès les Scyih022Jitains . . et sa préface à la traduction syriaque des oeuvres de St. Denys a dû précéder les Scholia de St. Maxime. --Enfin les plus célèbres commentaires sont ceux de SJ. M,ax.j,!lle, conservés et consultés jusquà nos J jours et rattachés dans beaucoup de codes aux oeu­ vres de St. Denys lAréopagite. . De St. Ifaxime et de ses Scholia je reparle­ rai dans la liste des monuments concernant St. Denys dont jai fait mention ci·dessous, sous la ru­ brique de Denys. dAlexandrie (année 230). LES BIOGRAPHES Les biographes grecs de lAréopagite sen. sont tenus à la relation des Menaea-"1Graeca, en la com­ plétant de quelques variantes. Le renseignement es­ sentiel que nous rencontrons dans ces auteurs est que St. Denys fut. envoyé en Gaule par lévêque je Rome, Clément, quils considèrent avec Tertullien comme successeur immédiat de St. Pierre. Cest ainsi que S t.M é~ e,z patriarche de cl2 Constantinople, biographe. de St. Denys du IX
  • 148. Il5 siècle, dans sa relation sur le martyre de DenYL à ~s, ajoute les détails suivants: il dit que St. ~s venu par la volonté de Dieu à Rome auprès de Clément, qui occupait alors le siège apostolique par lautorité quil tenait lui-même de St. Pierre, celui·ci lenvoya propager lEvangile en ~nt. Il avait pour compagnons: S~in, quil en- voya à Toulouse, M~us en Espagne et L~ chez les Bellovaques. St. Denys envoya ensuite Sa- turnin en Aquitaine (Burdigala - Bordeaux, Tolosa- Toulouse, Pietavium-Poitiers) et lui·même vint à Lu- tèce in Parisiis avec les saints Lucien, Rusticus et - Eleuthère. De Lutèce, Denys envoya Lucien chez r les Bellovaques et resta lui-même avec Rusticus et Jl Eleuthère, parmi les Parisiens. Ensuite il décrit son martyre, subi ensemble avec Rusticus et Eleuthère, quil situe le 7 Ka!. Octobris, sous le rè~ci~_o- ml!i~D.jfr96). s ---- ~---- l1...LE. h..~.L~J.: n ce Il e- (~:Jyxsn.o;), cest à dire of·J ficier privé auprès dun évêque, prêtre de Jérusalem, au IX siècle, qui, le premier, entrepris décrire la bio- graphie complète de St. Denys, identifie égaIe- ment lévêque dAthènes avec l AEôtre des Gaules, ljet, ;;- qui est plus important, fournit une li.ste com- ) plète des oeuvres du Saint et faiLillLS,t. D~Y-L le résident de lAréopage, sinspirant probablement dun passage de la Hiérarchie Ecclésiastique, dans la- quelle St. Denys appelle le célébrant éponyme, et :par- tant de là, il considère Denys comme archonte épo. nyme. . - Plus importante est la biographie de J S.l..lll.2 n
  • 149. 116 ~~ ~Lé...!..a.P. h ras te, ~ue dAthènes du X siècle. II parle également de la mission confiée à Denys par Clé­ ment, qui occupait alors le siège apostoliqué, et ajoute que Rusticus é,tait prêtre et Eleuthère diacre. Il nom· me aussi Lucien, que Denys envoya chez les Bello­ vaques, et rapporte la mort de Denys avec Rusticus . t et Eleuthère dune façon qui correspond en tout aux M:enaea. et, comme les Menaea, il le fait mourir le 3 octobre. ~ . --A la même époque S u i d a s, )ou plutôt, lauteur) du X siècle, qui, sous ce no~, a recueilli les frag­ ments de différents auteurs du passé dans la vie de Denys, donne la liste complète de ses écrits, les mé· J mes que nous possédons aujourd hui, avec la diffé­ 1 rence quil compte dans E. H. cap. II et dans D. N. cap. XII, au lieu de VII et de XIII. Ce qui est très grave, cest que Suidas soulève la question de la relation de ces oeuvres avec celles de Proclus, ce qua vait fait avant lui St. Maxime dans les Scholia. Etant donné que ce passage est dune importance capitale} je le cite dans sa traduction in­ tegrale: «. S cie n d u m a u t e mes t quo s dam profanos sapientes ac maxime Pro­ clum sententiis atque inventis bea­ t i DIo n y s i i f r e que n ter e s s eus 0 s, qui n e t i a m n u dis ver bis; und e sus pic a r i l i ­ cet, v e tus t i 0 r e s Ath e n i s phi los 0 p h 0 s, sibi ejus opera usurpantes, quorum i p s e a d T j mot heu m ,s cri ben s m e min i t, o c cul tas s e, u t i psi div i n 0 r ume jus 1 i ­ b r 0 r u m pat r es v ide r e n t ur». (Migne, Patr. .~ ~
  • 150. II7 graec. T. IV col. 6 r r). Il place son martyre sous Tra­ jan (de 98 à r 17 J. Nous parlons plus tard de cette liste des oeuvres de lAréopagite.­ . Nous, avo~s enfin u.ne yartie, d~Jivre II de.,IHi ­r; stolre de lEgltse de N 1 cep h 0 r e (au XIII slec1e), If qui ne nous dit rien de~ouveau7" mais nous donne ~ la liste des oeuvres de St. Deny:>, c,à·d.: .. r) De di­ vin i s nom i nib u s t r e d e c i m cap i t i bus. 2) De co e 1est i hie r arc h i a, ca pit a h à­ ben s qui n d e c i m. 3) D e e ccl e s i a s tic a hie r arc h i a, cap i t u m sep te m. 4) Dea r ­ c a n a s e U III y s tic a the 0 log i a, qui n que cap i t li m. 5) Rel i qui t et i am e pis toI a s ( d e c e m, qua r u m p 0 s t r e m a e van gel i ­ s ta e J 0 a n ni». En outre il ajoute que lAréopa ­ gite fait allusion lui-même à ses autres oeuvres: Th e 0 log i c a e dis P 0 s i t ion es; 5 Y m bol i ­ c a the 0 log i a e; DeA n gel i é i s pro p rie ­ ta t i b li 5 et 0 r Jin i bus, et les commentaires: De a n i ma; D e jus t 0 e t div i n 0 j u d ici 0, d e div i ni s ~y. m n i s; et, en outre: Dei i s qua e v-;-n-;:;- ~ IIi g- e n t i a v e 1 sen sud e pre h e n ~. d li n t ur. Mais il ajoute que lui·même n a jamais i vu ces commentaires et que ces prédécesseurs ne les connaissaient pas. C<?mme nous le voyons, lEglise Orientale en· tière est daccord pour considérer St.: Denys l A­ réopagite comme disciple d~.:...Jaul(k~mier ou le second après Hierothée), évêque dAthènes, ( auteur des oeuvres portant son nom, et, en même l-temps, comm~d~t~ur de lEglise de Lutèce in Pa ­ ~. -- - -- ---
  • 151. ~i 118 nSlls. Elle est daccord aussi sur le fait quil fut martyrisé à Paris soit sous Domitien comme laffir­ ment certains auteurs, soit sous l émpereur Trajan, comme le disent dautres, J estime nécessaire de rappeler ici une objection qui, bien quelle paraisse stupéfiante, nest pas de­ pourvue dimportance. Nous trouvons dans la passion de St. Denys des détails qui pourraient, non sans raison, provoquer quel­ que doute sur la réalité même de lexistence du Saint à Paris; ce sont les noms donnés à ses acolytes: V-HL .lJ Rusticus et Eleuth...:rius, qui sont des épithètes du dieu même Dionysos. Ce qui donne le droit à l hy­ percritique den déduire que St. Denys na jamais existé à Paris et que ce nest quune transposition du culte du dieu Dionysos et des solennités où il ,était fêté sous les noms de Dionysius Rusticus et Dionysius Eleutherius. Pour dissiper cet équivcque je nai quà rap­ peler les points suivants: II n y a pas de doute possible sur le fait de l existence de St. Denys lAréopagite, prouvé par les Actes des apôtres, les témoignages de Denys de Corynthe, rapporté par Eusèbe, les Menaea, les Mar­ tyrologes latins, et la tradition constante de lEglise. Quant à savoir- si St. Denys lAréopagite est vraiment l é"vangélisateur des Gaules, nous ven~s d y répondre par létude sur lidentité des deux Denys. . Mais ce qui déroute ce sont les noms des deux acolytes, Rusticus et Eleutherius, qui sont proba~e.
  • 152. I19 J ment des noms conventionnels appliqués à deux mar­ tyres anonymes, comme cela arrivait quelquefois dans lespremiers sièclesde lEglise et au moyen·âge; comme, par exemple, les noms donnés aux compagnes de St.e ( Ursule à Cologne. Dautre part il nous est connu que les noms de Dionysius et d Eleutherius, dans les premiers siècles du christianisme, étaient fréquem­ ment porté, par des ecclésiastiques illustres; citons ( Denys de Corinthe, Denys dAlexandrie, le pape De­ nys et un autre pape Eleuthère. II ne faut donc pas s etonner quignorant les noms de ces deux martyrs on leur ait donné, par ha­ III bi:ude ~as.socier ces trois noms, les qualificatifs du NfI JIJ DIeu DlOn):.~os. . St. Denys est un des saints les plus vénérés de lEglise Orientale, et, maintenant encore, le mona­ l stère le plus important du mont Athos s~le I 1 d0i. Aux pieds de l Acrop;le se trouvent I~i­{ff], - ( nes dune antique église dédiée à St. Denys, la ruef/, _( prrncipale conduisant sur l Acrop()~e sappelle h n . nom, et enfin, une église latine récemment construiteiJ - ( (A.thènes lui est aussi dédiée. Lintérieu~cet­ te église-;St ornée de fresques réprésentant les é­N~ _ pisodes saillants de sa vie, inspirés en grande partie de ses. oeuvres et de son martyre à Lutetia in Pa­ nSlls.
  • 153. ,,J., "
  • 154. Ul W ~ > ~ w 0 ~ Ulf-< w (3 Q Z <é 0.. Ul 0 0 ~ Ul W ~ ~ ~ 0 ..... <é >-, "" :.J Ul Z <é ~ Ul >­ Ul 0 Z .. f-< Z-<é W <é Cl ::> ...:l QI ~ f-< Ul ~ Cl Z >-, :2 w Ul ~ - QlW ~ 0 Cl !-< (f) :r: :.J ,"-.
  • 155. -.: LES MONUMENTS SCRIPTURAUX CONCERNANT LES OEUVRES , . , DE ST. DENYS LAREOPAGITE . Depuis les premiers temps de lère chrétienne, JinAuence de Denys l Aréop~ite sest fait ressentir sur toute la pensée grecque, ta nt chrétienne que 1. payenne, tant catholique qu hérétique. Ses paroles ont été transcrites, repr~.s et paraphrasées, pour/) )[ la pllipart dune fa on (anony~è) à cause de la di­ ~c~line d~et; mais quelque fois aussi nomina­ L f( !.~) dans la correspondance privée ou dans des discussions avec les hérétiques et dans les commen­ taires. Il est même prouv.é par les anciens pères quil fut commenté déjà au III siècle et quil fut cité com­ me autorité au IV, dan~;ons du concile de Nicée. - -==­ Considérant que, dans linvestigation historique, Jenchaînement des faits dans la suite des temps a une grande influence sur la manifestation de la pen­ sée de lAréopagite dans la littérature de tous les âges, jai disposé les monuments scripturaux con­ cernan t St. Denys l Aréo~.agite dàns lordre chro­ Il nologique, en plaçant leurs auteurs aux années de leur élection aux sièges épiscopaux ou aux- années de la composition de leurs oeuvres principales. --. Les a~nées de ceux des monuments. dans les­ quelles se trouvent. des citations précises des oeu­ vres .de Denys et où on le voit nommé de son p!,opre nom sont soulignées. .
  • 156. " 12 4 § I. Ce nest que pilr les o;.,uvres de Denys quec3) 1, on connalt son maltreH 1 e rc: A Il e e et que 1 . A , Ot ques fragments de ses écrits. II s· en suit que, partout où l on rencontre le nom de Hiérothée, cela constitue en même temps une preuve de lexistence des oeu­ vres de Denys lAréopagite dans les pays relatjf~ et de leur connaissance à la même époque. Voici q~elques monuments relatifs à Hiérothée: 1) Le Cardo I!a.i (Spici1. Rom. III 704 ft) a publié un fragment arabe de Hiérothée, disciple des apôtres et évêque dAthènes. Langton (a. a. o., 1894. s. 39 A.)­ 2) Plus loin, il remarque que dans la Bibliothè­ q tle du Vatican se trouvent quatre anciens calen­ drier~ S~rien~ de Karch~u~.,.. dans lesquels .Hiérothé.e Jest mentIOnne comme discIple de St. Paul et ( magi- ster Dionysii Magni». ­ 3) Le père Stiglmayr nous parle dun c~talogue, découvert en 1600 à Constantinople par Antoine Possevinus, dans lequel on mentionnait une: «Exp li­ 1 catio S. C)::riIIi Archiepiscopi Alexandrini in Hiero­ 1theum Areopagitam». 4) II se trouve aussi, dans le même cataloglle, un autre «manuscriptus» portant le titre : « Sancti 1 Hierothei sive Dionysii Areopagitae ep. Athe~iensis, theologicum: Hierarchia et mystica Theologia». 5) Le Brit. Museum à Londres possède un ms. syr. sous le titre: «Le livre du St. Hiérothée su:jes JYfystères cacbés de Dieu, avec un commentaire du patriarche Théodose dAntioche (887-896) li) ; mais on ne retrouve pas dans ce livre les endroits cités par D.
  • 157. !1:i 12 - - - - - -------------=­ 5 l Aréopagite ~es écrits de Hié~othée qui portaient le titre de: «Hypotyposes théologiques et les Hymnes dAmour». On suppose que ce livre est dun héré­ tique quelconque. 6) Ségovie en Espagne veut avoir Hiérothée pour fondateur de son Eglise ( 0 7 l et le fait J / 1 mourir en ] élnnée 84. CD § II. St. I~naceCbdA~tiocl~e disciple de St. Jean, 3ème évêque cl Antioche (79) après Pierre et Evodius, martyrisé à Rome en J07, dit Théophoros, . ( dans son épître aux habitants de Tralles, nomme les an­ ges par les lJlêmes no~ue D. lA. et sexprime presque de la même manière, quoique plus briève· ment, que celui,ci dans l~. H. cap. «Res super­ JJ: coelestes. et angelicos ordines, et archangelorum et exercituum differentias, virtutum et dominationum di­ scrimina, thronorum et potestatum distantias, saeculo­ rum vero magnificentias, Seraphim et Cherubim excel­ lentias. (Ses choses supercélestes et les ordres angé ­ liq ues, des différenées des àrchanges et des armées, des vertus et des dominations, des trônes et des. puissances, aussi que des magnificences des siècles et les excellences des Séraphins et de Chérubins). Con­D~,x 6110 sultez ~ni DeJ.r.io: Vindiciae Areopagiticae (Migne, Patr. gr. IV, col. 958). ,: «Til È;toUPC%vICX Xcxt -cètç &ns).Iy.ilç -cci~SIÇ, Xcxt -cilç -cwv &pxcxnD.wv, Xcxl o-cpcxuwv é~cx)),cxYriç, ouvcillsWV -cs Xcxt Xupw-c*wv olcxepopciç, -&poJwv -cs y.cxt È~OUOIWV 7tcxpa).Î.cx. yciç, cxlwJWV oÈ IlsycxÀotYJtcxçj -cWv -ca xspou~tfL xcxt oapa­ eptll tilç um,poxriç, -cou -cs II vsullcx-coÇ -ciJy uCPYJÀ6-c~-ccx, Xcxt -cou • _; l. . . . l._"
  • 158. 126 Kup!ou rflv ~M~)S!av, y.al ~nl 1ttÏOl "to "tou nanoy.F(X"to­ roc;, Beou ànapa&s"tov ~. Dans sa lettre ad Phil. il parle de la source ,de la puissance et de la dignité eplscopaJe. Il nom~e aussi les évêques il-ê6c;" 2V&SOc;,. Dans sa lettre à Po­ i !Iycarpe il parle de Jésus comme dun athlè_te ain­ si que Denys (E. H. II, 6).-==- CD J § III C 1é men t ae Rom e: Let t r e sap 0 cry ph e s a) Lettre encyclique ~mO"toÀat ~rX.l)x.),~O~ sur la Virginité rapportée par Bardenhewer t. II p. 29Y § 73 mentionnée par Epiphane (Haer. 30, 15) et Jerôme (adv. Iovin. 1. 12). b) Lettre dl! mtme Clément adressée à De­ nys lAréo~ite sur l histoire des moines, mention­ née par Maruta de Maï9arkat, historien Syrien du IY siècle rapportée par le P. Stiglmayr (IV Jahres­ bericht des Privatgimansiums ander Stella Matutina zu Feldkirch 1894-1895. Feldkirch 1895 p. 95). Bar­ denhewer se pose la question si cette lettre doit être identifiée avec la précédente, et estime que cest dou­ (.teux. On voit que Bardenhewer n~ est pas explicite dans son doute sur lauthenticité des deux lettres. Il attribue lencyclique apocryphe de Clément au III siècle, ou, au plus tard, au début du IV siècle. Cest indifférent pour nous. Limportant est quelle sera toujours antérieure à Proclus. c) LaI e tt r e (a poe r y ph e?) de Clé men t de Ro.me à Denys lAréopagite En 400 Maruta de Majuma, évêque de Maiparkat, écrivit une histoire du concile de Nicée quil en­ 1
  • 159. 12 7 ... voya à Isaac de Séleucie, où il énumère, comme nous refère le P. Stiglmayr: « 20 Canons authentiques et 73 canons apocryphes (vermeintliche)~. Cet ouvrage, éOnservé en partie parmi les manuscrits de la Pro: paganda Fide (K. IV. 4 p." sŒ), contient à la page 11 22 le passage suivant: • « Clément, disciple de lapôtre Pierre, qui, après ! apôtre, fut premier évêque de Rome, é0vit une AréoRa~isciple li lettre àPaul etc. évêqueP. deStiglmayr fait la " Saint Denys 1>.Le l de remarque suivante: «le fait quune telle épître du très véné- ré Clément de Rome à lAréopagite était déjà ré- pandue au IVème siècle parmi les chrétiens et quel- le fu t insérée dans un ouvrage dun évêque syrien» , [nous conclurions à la place du P. Stiglmayr]; ( prollve suffisamment quau III siècle et au début du l IV on a connu et apprécié les écrits de De- nys ! Aréopagite -. Mais ce nest pas là où tend le R. Père: tout au contraire, redoutant cette con- clusion qui se pose delle - même, pour dérouter :ses lecteurs et leur ,voiler la vue, il commence à cet en- droit à divaguer sur je ne sais quel sujet en don- nant à son bavardage une apparence scientifique et il poursuit: « (la lettre de Clément à lAréopagite) pourrait donner à quelquun lidée dattribuer aussi bien à Denys une dissertation sur les thérapeutes com- 1 me on la trouve dans la C. H. VH ... etc. ». Mais j. JI ne perdons pas notre temps à réfuter des palinodies 1 pareilles;" mes lecteurs pourront sen rendre compte dans loriginal allemand que je donne dans la suite . avec une explication juxtalinéaire./ .. :-. w
  • 160. • 128 Le fait est que Stiglmayr lui-mê· men 0 usd 0 n ne en mai n, une p r eu v e· qui r env ers e de f 0 n d en co m b 1e sa thèse que les écrits de Denys furent composés au VI :;)ècle.~.-:::(-= C-=,===-- § IV. A. 1 sa. Pol tf are e, né en lannée 100, 0 martyrisée et mort à Rome en 155-6, ordonné évê­ que de Smyrne ~r St: Jean l ~.EQEe en personne, ) fait mention de Denys lAréopagite dans une épitre 1 ~.h~ni~..!ls, daprès St. Maxime, confesseur et martyr, commentateur des oeuvres du même Denys. Cette lettre na pas été retrouvée jusquà ce jour, ce qui nempêche pas Bardenhewer dassurer quelle était fausse. § V. A. I50.,T h é 0 p Il i 1 e, évêque dAntioche,CS) premier après Denys, emploie lexpression de ~Trias» e;;pa;:lant de la divinité. r-=::::----­ - §VI.A:. 172. Melithos de Sardesen0 ­Q .die, vénér rofète, plein du Saint Esprit, comme nous r~onte usèbè(Hist. 5, 24, 5) qui mourut en 194, était un écrivain fécond, mdis, de ses oeuvres, il nest resté que quelques fragments. On lui attribue un récit S~!_~ dorm:ition de la Très S~inte Vierge: pareÜ~iJ de D~ny:), dans des manuscrlts:{f~~~let~e~. FIN DU II ET ÇO:M~!ENCE~!ENT DU III SIÈCLE t § VII. A. Clémen t d Alexandrie (a~­ 200. trement dit Titus Flavius Clemens) est né ainsi que De­ nys lAréopagite à Athènes. Prêtre de léglise dA ­ lexandrie (presbyter) et préposé au Didascaleïon de­ puis 200. Il fit, comme d ailleurs t~llte lélite de la ---- -- .,..- ----- ­ ...;,... - - --.----_ jeunésse grecque, de fortes études philosophiques et, - .
  • 161. ~,":--::" J29 ~l! pour compléter son instruction, il effectua de nom­ breux voyages en Asie Mineure, -en Palestine et en Egypte -où iL;- étabTIt définitivement à Al~<lrie: il y suivit lenseignement de Sain~anthèn~) le fon­ dateur de lécole catéchétique dAleXânârre: Peu à peu, de disciple devenu substitut et de substitut son collaborateur dans lenseignement, il fmit par deve­ nir lui-même préposé de lécole, après la mort de Panthène vers 200. Ses plus celèbres élève~ furent 0ig§~ et e§imonius Sac~, le maître d~,et par celui-ci le père de toute lécole philosophique que nou, avon, lhabitu de dappel ec néoplaton icienn e. ; ~J Lactivité litté~aire toute entière de Clément Sost - pénétrée de lesprit de Denys. Il lui ressemble dans -~ --­ son raisonnement, dans son style. jusque dans ses expressions, de manière que nous sommes obligés de le considérer. comme disciple immédiat dëla philo­ sophie dionysienne. Cette influence de lAréopagite në pouvait point ne pas réagir sur QCmmonius .Sacca~ en premier lieu et, par son entremise, sur son plus célèbre disciple~ Cest dautant_plus ceE.tain que, daprès ce que nous dit CPorphy~; (plo~ a 1 ~~ toujours cherché à rester fidèle aux p-incip~e son maître. Cest Porphyre qui nous fait èncore savoir que Ammonius Saccas, dans sa jeunesse, é~ait chré· tien, mais, à peine sétait-il voué aux spéculations philosophiques, quil ne tarda pas à revenir à la reli­ J gion légale « d Étaty [nous dirions nationale]; tandis qu n reproche àWrigène d avoir t~ahi la philoso ­ ) p.hie -pour~enrichir e ses dépouillesla doctrin~ ~hré- 1tI<~nne. . - _ _ . ,. _ 9 ­
  • 162. 13 6 Malgré la ressemblance spirituelle entre Clément et Denys, on remarque une grande différence dans leurs dispositions intellectuelles. Pendant que Clément l, se révèle comme un essayiste de talent, Denys est ) un esprit foncièrement systématique. Ils se diffèren­ cient également en ce, queC,~~.~!> comme~- ~ avant lui, plein de véq,ération et denthousiasmeNI1, j/t1 pour la philosophie grecque, considère ouvertement JJ. Platon comme précurseur de la révélation du Christ, l, pendant que Denys tâche de faire dériver toute sa philosophie uniquement des textes des Écritures. Est-ce peut-être quen sa qualité de disciple de St. Paul, se trouvant à la source même du christianisme, il a voulu marquer d une mani~re plus tranchée la distinction entre les deux doctrines et, raisonnant par des catégories de la philosophie grecque, il crai ­ gnait de se l avoUl:r à lui-même. ~ La parenté spirituelle entre Denys et Clément ressort non seulement de leur culture philosophique, mais aussi du motif de leur conversion. Nous pou­ .. vons nous en ~endre compte clairement par k célè­ bre passage du dialogue avec Triphon dan<§!. Jllst~) qui, en adepte de la pllTIosophie grecque, se trouvait, par rapport au christianisme, dans la même situation qu~~etCS:léme0dAlexandrie. . Ce nest pas pour des raisons purement morales que les disciples zélés de la philosophie grecque ont embrassé le christianisme, ni par un sentiment dim­ puissance à vaincre le péché quils ont été conduits aux pieds du Christ, mais, avant tout, par la soif de IJ, ri, jJJ vé.rité, du Bien et du Beau, et par le désir darriver
  • 163. I3 I "i 1 à voir Dieu et de sunir à Lui. Cest ce que laIfrs JI ~sée humaine, livrée à elle même, na pas pu leur donner. Quand la philosophie néoplatonicienne tenta de satisfai re ces aspirations, il était trop tard; elle ne pouvait quimiter le christianisme, la théologie chrétienne ayant absorbé dans son sein tout ce q;li ,NJ ) il Y avait de grand et délevé dans la pensée grec­ que, layant illuminé des lumières de la nouvelle rbélationt on sentait que ces philosophes nétaient pas si ncères et le plagiat était trop manifeste? L é­ llitë grecque préféra se tourner vers la so~rce ~e 1 de toute vérité, vers la révélation du Christ. Tel était le procès psychologique de la cot:lver­ sion de ces illustres personnages. Un certain passage de ~ est caractéristique parcequil illustre la maniere de penser d~~t, avec lui, des premiers écrivains écclésiasti ues ui avaienttoute-Vlve dîns la mémoire la tradition primitive_deJ.:..- glise. - Clément séxprime donc ainsi en parlant de ses maîtres dans ce passage si plein de sentiment et de subtilité stylistique: «De ceux-ci (de mes maîtres), dit-il, l un était en Grèce, il était Jonien; le second en Grande Grèce, il était de Célesyrie ; le troisième provenait d Egypte, les autres étaient en Orient, dont l un était de Syrie et lautre habitait la Palé- V stine, il était Juif auparavant. Il y en avait encore un dernier que jai trouvé retiré en Egypte. Comme il surpassait tous les autres en importance, je suis ré­ sté auprès de lui. J~EEellel-ài labeill.e de Sicile, - car des fleurs quil a cueilli chez les prophètes et les . apÔtres, il a puisé le miel d;ïa vr;ie- science quil ---. -- - - - --­ , .
  • 164. " ~32 versait dans les âmes de ses auditeurs. Ces maîtres ont fidèleme~t conservé la tradition de l enseigne­ ment parfait quils ont reçu en héritage comme une succéssion passée de père en fils, depuis les saints apôtres, Pierre et Jacques, Jean et Paul. Grâce à Dieu, leur descendance est arrivée jusquà nous Rour déposer en nous la semence des apôtres nos ancêtres» (2, l, p. r r). Ce passage de Clément- dAlexandrie est très important, car il nous permet non seulement de con­ naître comment les premiers Pères de lEglise en­ v~gaient la tradition, mai~ aussi parceque tout le monde, en commençant pa~J est daccord pour reconnaÎtre~thè~ dans ce dernier maître dont Clément parle avec tant de chaleur; saint Panthène, fondateur de lécole catéchétique dAlexandrie, maître.-- et collaborateur de Clément, maître non seulement ~ri~n~ mais aussi ~"A.mmonius· Sacc"âs) auquel Plotlri)emprunta la connaissance des dogmes chré­ tiens. De cette façon on peut considérer jusquà un 1 certain point~IAréop-agifè)comme des mal­un tres de Plotin, mais on parlera de ceci lorsque nous traiterons du. rapport de la philosophie néoplatc,ni. cienne avec les oeuvres de Denys. Nous trouvons de nombreuses similitudes chez les deux écrivains, entre autres: comme De~s, qui ~adresse dans ses oeuvres )1 seulement aux ge~Lqui ont atteint les Elus hauts degrés dé limitation et dé lillumination, ainsi Clé- ment, d;~s les deux -derniers chapitres de ses Stro­ J mata sadrésse seulement aux philosophes. Chez Clément s~ul nous rencontrol}.~Ja d~I!..omi-
  • 165. 133 nation de «thérapeutes. que Denys -=mploie pour dé­ sig~res moines, et que nous trouvons che~ dAlexandrie, qui indiquait par le mot « thérapeutes» des hommes menant une vie ascétique aux alentours dAlexandrie, dans lesquelsjêrô~;et~ ont vu les premiers adeptes de S~arc. D autres con­ sidéraientleur institution comme le premier ordre monastique formé au sein du christianisme; cest lavis du célèbre historien de lécole dAlexandrie Jules Simon (T. 1 p. 114): il dit: «Il est vrai que les maximes morales des thérapeutes, leurs coutumes, leurs rites, les noms mêmes des dignités et des em· plois quils conféraient aux membres de leur institu­ tion, rappellent exactement ce que nous savons des premiers monastères chrétiens». ~int Epj~a confondu les Esséniens avec les thérapeutes et il regarde les uns et les autres comme des juifs; pourtant les historiens modernes juifs (1) et les dernières encyclopédies juives se re­ fusent à voir en eux des adeptes de leur religion. Nous rencontrons plus loin une mention impor­ tante de@meE-V conservée seulement dans le texte latin du commentaire aux Saintes Ecritures sous le titre de H)po~YEoseis CfitOTtJitr.Î)(,ètç;), disparu ensuite, 1~ pour comprendre notre Denys lAréopagite, et dans lequel il dit que Jésus Christ a comuniqué un en-)~! seignement secret à trois apôtres au moment de la 17ansfigucaion. Ceux·oi à leu, ou, on lcansmis oes enseignements à dautres apôtres; cest pourquoi -.. (1) GR;.:-iZ ET KLAUSNER "u ·C
  • 166. 134 __ Cl ~e pen~à ~ rapporte SI. -souvent, d e meme que S t. A la tradition des «anciens» (6+XC([C( 1tC(Fcico­ j m;f,Ce que les négateurs de lAréopagite ont trouvé très suspeèt. En jugeant des fragments des commentaires ~ 131 1 qui nous sont parvenus, on voit que linterprétation ldes Ecri~~ tout autant allégorique .9.ue chez~ J nys l Aréop~g~ et avant lui chezCÊhilE ~ .--..... Dans son célèbre ouvrage les <1. Stromata »,(til )1 ~) se tient à la même méthode que ~,I la .-/ première" partie est consacrée à la conversion des payens;~lle porte le titre de « Protrepticus ». Denys ) appelle «] illuminatio lI, cest à-dire: préparation .... au baptême; dans.lautre !-pa,.:tie « Pedagogus», Clé­ ment soccupe de léducation et non de lenseigne­ ment, cela veut dire de la préparation à la vie chré· tienne par la discipline, et I~Tb~onde ~epte des mauvaises inclinations et habitudes. Enfin la der­ J nière partie dexalt-êtLe- dédiée à la.] contemplation, j et répond à la « theoria li dyonisienne. . « Cest airisi que le Verbe, dit Clément, vou­ lant graduellement accomplir notre salut, suit une ex­ cellente méthode: tout dabord il nous~ (1tpotpbwv avw{}sv) ensuite il nou~) (E1tEl1:C( 1tctl­ 2 Ôctîwîwv), enfin il not1.sjnstru~t (Sitl1tàcr:v éXClôriox.w/)>> J (Pedagogus l C;:, 1). Dans la dernière partie, le maître ou «d-ida~a­J - los }) initie S0n élève aux arcanes de la haute scien­ ce et lintroduit dans les plus hauts mystères. ~ • Les symboles jouaient encore au II s. un rôle13- )J tout aussi important quau teI!!ps de lAréopagite. - - ­
  • 167. 135 Cest que dans les mystères .,grecs sè sont réfugiéesI~ 1 1~lus hautes aspirations réligieuses de lâme grec­ 1 q~_. Il ne faut donc pas sétonner de rencontrer à e:-.haque pas chez <fitme~ de même que chez St. eny.§l des allusions aux mystères. Cest de cette manière que ~ a entrepris damener, peu ~ peu, pasà pas, son adepte aux plus hauts mystères chrétiens, à la façon des trois degrés dinitiation aux mystères payens, par la lustration, aux petits mystè­ ( res et des petits mystères aux sanctuaires. -- NOlis remarquerons en passant que les célèbres critiq~_a,llemands imputent ~~tout aussi bien Ù d Il qu à lDen)~ l Aréopagite, quil est plutôt un philo­ sophe Stoïcien et platonicien que chrétien. Il se ré­ pète le même cas que les maçons et les protestants sont, comme on le dit, plus catholiques que le Pape. 1.1 Il est évident que, étant athêniens, cêïémen1;) ainsi r-I - que ~ parlent la langue des phiÎOsopne; et des mysteres. . _ _. En ce qui concerne leur style individuel,( Clément jf et ~"s, se ressemblent beaucoup. Par exem~- lant du baptême: « et lorsque nous avons été renou­ levés par le baptême, nous avons reçu ce qui est meilleur, car nous a~ons été éclairés (cela veut dire nous avons connu Dieu»). - Clément se sert le premier, après Denys ,Aréopagite, de lexpression « extasis» que Philon a employé avant eux. - Pour désigner les fonts baptismaux Denys emploie ex­ pression (!i~tp<X ti)ç U[O&éOêWÇ) c. à. d. le sein mater­ nel recevant le fils (XplCltaç). Clément dAlexandrie dit tout"court (!i~tp<X üO<Xtoç) et Cyrille de Jérusal~m sex­
  • 168. 13 6 ,,-: plique dune manière plus longue et plus claire (uowp xcd tclçpoç -liflrv ZYZVEtO XIX: fl~tr,P ·Cat. 20 myst., Mgr. 33. lO80 c). Lemploi de la même expression dans des cas analogues chez Clément dAlexandrie et Cy­ riUe de Jérusalem, est une preuve de lancienneté de l éxistence de ces écrits déjà dans les trois premiers siècles de lépoque patristique. Clément dAlexandrie (Strom. IV, 25) a recours aussi à la grandiose con­ ception du cycle de toutes les forces en Christ owtrJp qui est A et Q (;dû~;; 7tIXOWV tW1 ot>vclflEWV XplOtbç A~Q). Ainsi que Denys lAréopagite, Clément dAle· xandrie nous présente dans de magnifiques tableaux lunion de toutes choses, comme eUes émanent du Verbe de Dieu. selon le rang qu eIIes occupent et comme eUes transmettent la force reçue den haut. II compare cette union à laimant dont laction se pro­ page à travers une multitude de cycles jusquau plus éloigné, de manière que tout se tient continuel­ lement à la première cause. Clément (Strom. VI, 1,3, M. 9, 328 c.) voit aussi dans les degrés des dignités écclésiastiques dévêque, de prêtre et de diacre, limitation des hiérarchies an­ géliques. Sappuyant sur différents passages des Ecri­ tures, tout aussi bien que Denys lAréopagite, il ex­ prime, lopinion que la hiérarchie écclésiastique est un reflet et la prolongation de la hiérarchie céleste. II relè~e laction des cycles et des sphères supérieu- res sur les inférieures et distingue trois de ces sphè­ res dans lesqueIIes il place les hommes (1. c. 9, 412) Clément (Strom. 6, 15; M. s. gr. 9, 349 B; 356 c.), .,. i - ••
  • 169. I37 et Origène (De principatu M. s. gr. 1 J, 373 - 376) expliquent la raison pour laquelle ils se servent dex­pressions symboliques pour désigner les choses spi­rituelles, comme le fait Denys lAréopagite dans Ep. g. - Après Denys, Clément dAlexandrie recoman.de de faire usage de définitions négatives en parlant de Dieu (Strom. 5, I I , 1 2 ; Ms. gr. g, lOg A 116 B.). St. Basile et St. Grégoire de Nysse expriment la même opinion. Les comparaisons avec le vestibule et lintérieurdu Sanctuaire, qui se trouvent chez Denys dans la Hiérarchie Angélique et dans les Noms Divins, sontaussi employées très souvent par les Pères de l E·glise et naturellement aussi par les néoplatoniciensqui les imitaient. St. Basile (Hom.. 2 in hex. 1; M. 29, 28 c), Chrysostome (de Corn. psalm. l, 6; M. 47. 402) nous exposent .aussi lintroduction graduelle àla connaissance de la vérité. - Clément dAlexandrie,~insi que Denys ] Aréopagite, ne tient pour vraiesque les assertions qui sont appuyées sur le témoigna­ge des Ecritures; sil donne quelque fois une impor­tance quelconque aux écrits des philosophes, cestquil suppose quils ont puisé ces vérités dans lesEcritures. Tandis quil est douteux que le Logos de Phi­lon soit personnel, le AÔl0ç chez Clément, commechez Denys, est Jésus Christ: Ou,cç yo::Jv 0 Aôyoç (;Xpl:rt6ç (Prophet. S 7). Il lappelle: ;i"fll-L(O~py6ç, àpXl€­P€UÇ, aw,~p. Clément, ainsi que Denys, nemploie pas tou­jours le mot 8€oç dans le sens absolu, quoique tou­
  • 170. .;.,J 13 8 jours dans un sens très large. - Clément dit (4 Strom. 156): (( Dieu ne peut pas être prouvé. Réellement il n y a rien de plus difficile que de raisonner sur Dieu, car il nous est dejà difficile de comprendre la cause des choses et dautant plus la première cau­ se qui est le principe de la provenance et de la du­ rée de toute chose. De quel auteur est-ce, ce qui nest ni genre, ni espèce, ni idée,ni attribut, ni nom­ bre, ni accident, ni ce qui est lié à laccident? Nous ne pouvons pas appeler Dieu le tout, parceque le tout contient en lui la grandeur, ei: Lui est le père de tout. Nous ne pouvons pas parler de ses parties, par­ cequil est Un et lunité est indivisible, donc Il na pas de limites, non parce que nous Le consJdérons comme incompréhensible, mais cest parce quIl na ni espace, ni limites et quIl n a pas de forme et ne peut pas être nommé. Quand nous Le nommons Un, Bonté, Sagesse, lÊtre en soi, ou encore Père, Dieu, Créateur, Seigneur, aucun de ces noms ne Lui répond. Nous employons c,es beaux appellatifs s~ulement parce que nous ne pouvons pas trouver le vrai nom et nous craignons que notre pensée ne ségare. Au­ cuq de ces noms pris en lui·même, nexprime la di­ vinité, pris ensemble ils expriment sa puissance. Nous désignons les choses où par leur qualités ou par des relations des unes aux autres; par rapport à Dieu.~. nous ne pouvons pas le faire. Nous ne pouvons pas non plus définir par la méthode discursive, parce que celle-ci sappuye sur des principes précedents et mieux connus. Or rien nexiste avant lincréé. Il en rest~ donc quon ne peut avoir une conception quelconque
  • 171. I39de linconnu que par la grâce de Dieu, par le Ver­be». Il apparaît clairement que tout ce raisonnementconcernant la connaissance de Dieu par la négation,est inspiré de Denys lAréopagite, de même que cettemagnifique comparaison de la vie gnostique avec ceuxqui pour sapprocher du navire tâchent de tirerlancre. SAI:T DE:YS SAINT CLÉlIlENT "Qo"sp s!ç vaùv ÈI.J.~s~"fJ Kdhimp oùv EV &cû"it·X61SÇ xat àvtsZél.l.svo~ lWV 1) àr:9 àyxupac; ,ovoul.l.svo~2"1.. 1~ IOÇ r:slpac; el; Y, fiaC; ÈX.­ ghoucn I.l.sv lYjV ayxupav,UtvOfisVWV "St::;fi~hwv, l.at oùx 2XS[WjV os Èm::mwV1a~,oTol -fll.l.Tv elc; àVTO,"f,~~V Ëx.­ àUÉaul0ùç Èr:1 1111 aYl..lJ­è~aol.J.s/wv OÙl.. Èq;Y,lliC; ..r,v lav. O(hwç 0[ xatà 101r::hpav, à).X -~I.l.iç atfroùc; yvwow(.Ov ~[ov Èmar:WfieVO~ tOV 8eOY, Éautoùç Z),a{j·ovnfi ,n-~&et l..al ,-rjv Iaùv TCpoaayal.l.evo~ r:pOC; 101 8s­È"l ;;-~v ..slav ,-po(n/yo­ av. 8sov yàp (; {jspar:8l)wvfleV (D. N. c. III). sautov ih:pC1.7tEUa (c. vn). Voici la traduction du passage de Clément, don·née par labbé Vidieu: «De même que ceux qui sontretenus au-dessus des flots par les chaînes de l an­cre, tirent lancre à eux, mais ne lattirent pas à euxet sont plutôt attirés vers elle, de même ceux qui,dans la vie gnostique (obtenant le don de science),cherchent à rapprocher Di,eu de leur exprit, se por­tent eux-mêmes vers Dieu sans sen apercevoir. ,Carcelui qui s occ 11pe de Dieu est utile à lui-même:ll. Labbé Vidieu ajoute: «Donc là où Saint Denysdit: alç vaùv EI.l.~e;3"fJy.alEC;1 Clément dit: o( EV &a),citt1),
  • 172. ;1 -. .; ~. , . . . : ":.~::ll·~~ "-7:-r . , ; . 0­ ~:; " .~ . 14° .... .: ... où le premier dit: ànEX6f-LêVOL••• 1têL0f-LtXtWV, le second, , dit plus brièvement: à1t~ &yxupaç tovOUf-LEVOLj où Saint Denys dit: Ë1tl t~v 1tStpav, Clément !Jlet, à la place: €/tl t~v ~YitllpaV, à lancre, et ce que Denys applique ., à ceux qui pri~nt Dieu, Clément lapplique à ceux qui " vivent pieusement et sadonnent à la contemplation~ Voici ,encore dautres similitudes entre Clément et Denys: Cléme~t dAlexandrie et Héraclide évêque de Cappadoce (Historia Lausiaca M,34, 1002) sexprimen~ de hi même mani~re que Denys lAréopagite sur le rayonnement de la lumière divine (C. H. chap. II, I). Clément dAlexandrie devait avoir en main les œuvres de Denys lorsquil ,a employé le mê,me jeu de mots ~îîP<X1ttoç et ~ypa1ttoç. Clément dAlexandrie sexsprime de la même fa­ çon que Denys lC. H. cap. VIII, 2) sur lordre mer­ veilleux de la hiérarchie céleste (voir Hypotyposeis). Clément dAlexandrie (Strom. 7, 12, M 9, SIS A) , dit tout comme lAréopagite (E. H. èap. VII, 3) àôû..- , , epot x<Xtèt t~v of-LoeCôêL.<XV. ,,n:; ~,_Clément dAleXandrie (Str.om. 6, ~ 3, M 9, 3: 8 c) t.r,yg,t f déjà dans les. degrés hiérarchiques dév.êque, dè . ~ erêtre et de diacre un reflet de la perfectlon angélique..-" ~ f . Comme chez ! Aréopagite (E. i-I, cap. y. 7), ,de même ,chez CléI)lent (Strom: S" 6, M. 9, 6 A), nous apercevonsune ce~taine confus!on da~s ia description de~ attrib~ts, des chérubins et des sérapl)ins. : Z.:..:.·~~ -. . ~ . . . . ~. . ...;,; - :_::.~. ~;-: 1..:. -:.:~ ~/ .~ .. _ . • . : .J,.: _ .. :-t. >, _ § YIILA..203., LA n g.é ,1.01 og i? d <2 ri~ è ~ e, , . _ , p.rép~s~ ~ep~l1s 203 çlu Dlda~calée d,Alexandne, ,res·,::; _ :~ i~~< c • semble beaucoup à~cell~ de }?~nys-, l A·réopagite.:" .~::,:,.~::~::,,:~> ,:; ... . . . ~. ~U,;~1it,,:;::~J;":~= .::;,{/:~~S:J ;:.! ... ::." -- ~:;~ ~ .- .. .... .­ .,.,~/ "":·:7,;.
  • 173. . ,t~. - " ... :" .. " 14 1 Dans une des homélies «Homilia) 2 «De di· versis in. qUéedam Novi Testamenti loca», se trouve la citation suivante de la hiérarchie céleste de Denys: «In i p s 0 en i m, u t 10 q uj i~ r Div i n u ~ Paul u s, . v i vi m us, m.o ve mur et su mus, et ut ait Ma. .. .-·r: g n li. s Dio n y si usA r e 0 p agi ta, es seo m n i u m et snperessentia et divinitas». Cette homélie est apocryphe, car on y trouve des aBusions à l" arianisme et au manichéisœe, hé-. résies, qui, à lépoque dOrigène, nexistaient pas en core; mais on" ne peut pas la dater plus tard que ~e la moitié du IV siède, puisquelle a été réunie à la traduction latine des œuvres dOrigène par Rufin. Cette homélie se trouve en manuscrit à la Bibliothè· que Nationale de Paris parmi les petits écrits de ";. SaInt Augustin (Delarue 1759. T. IV. p. 325. 2 col. . _ B) et aussi dans léditions des œuvres dOrigène de r Gilbert Génébrard, .Parisiis 1604, sous le titre: «Se·. , qU!-Intur nonnullre homilire Adamantis Origenis quas ex variis locis in unum recollegimus. IlIre autem in· scribuntur: Homilire in diversis». "" §IX. A. 217-:-231 S~. Hippolyte martyr, (supposé antipapef évêque de Pontus Romanus : ­ A na s tas e prêtrê (presbyter) et apocrisiai~e,disci· , . .~ pIe de:, St. Maxime, mentionne un écrit dHippolyte " évêq~e de Pontus Romanus et martyr contre un hé-·~t ~....,::, •. , ~étiqu~ Béron (M- Xl 1 8~ ff.), où Dénys l Aréopagi:~;;il,:~>.:-··~t~",~st.cité:" ~"~ ....: >~~~- .. ", .::~ .- c ; ~., -,,,::,, Stiglmayr ne manqüe pas de ~oter. s;:os nous;~;f~::;~ ~-én: do~rier là raiso~, ,qùe ~et écrit ëst sansaucun doute ": ....;;,.­ .... ";.[;~.=;J.~< .d,une époq~;e. beaué.oup plu(;écente, comme la prou, , ., .,.- , " ·;j:;~~f? r~:;:;;:" ~: . " • ..;. ~ "r.·· ~ -. j i, - ,_. ...: . ..... ~.: -; , ,
  • 174. 14 2 l. vé Dollinger. Et encore plus loin il fait la précieuse remarque que Drœseke cherche à prouver que cest Denys lui-même qui est lauteur de cette lettre. Cest le comble! Un faussaire qui fait un faux pour con­ firmer son faux. Mais cest une hallucination, de ne pas voir ce qui est et dnventer des choses qui nbnt jamais existé et ne peuvent logiquement exister. Ce­ pendant Stiglmayr, par acquis de conscience, ajoute que D 0 r n e r con s i d ère cet é cri t co m m e authentique (Lehre von Person Christi p. 536 2 ff.). Il me semble quavant dapprofondir la question e"n regard de la divergence dopinions des critiques allemands, il est préférable de se tenir à lavis dAnastase, disciple de Saint Maxime con­ fesseur et martyr, saint et martyr lui même. III Srl:CLE § X. A. Denys dAlexandrie, néen 200, 230. disciple dOrigène et, en 232, succésseur dHéraclès dans la direction de lécole catéchétique dAlexandrie, en 248 évêque dAlexandrie. Il fit des commentaires aux œuvres de F Aréopagite dont il nest parvenu jusquà nous quun seul passage dans les Scholia de St. Maxime et dans le «Hodegos» COO"fryoç;) de St. Anqstase, compagnon de St. Maxime. Vu que les témoignages valent autant que les témoins, j~ suis forcé de caractériser déjà ici en quelques mots ces -deux personnages. a) St. Maxime le confesseur et Martyr. secré­ taire de lEmpereur Héraclius jusquà lannée 630, au cours ~e laquelle il entra dans le monastère de,: Chrysopolis (Scutari) dont il fut labbé; il se retire
  • 175. 143ensuite au Monastère de Saint Saha près de Jéru-salem. En 633 on le trouve à Alexandrie à côtéde St. Sophronius patriarche de Jérusalem. Depuisil devint le défenseur le plus intrépide et le plusprofond de la vraie religion contre les héretiquesmonothélètes (un derivé des monophysites). Son ex-ploit le plus célèbre était davoir converti dans unedispute tenue à Carthage lex-patriarche de Con-stantinople Pyrrhus. Pyrrhus après sa conversionaccompagna St. Maxime à Rome pour faire sa sou-mission au Pape Martin I. Maxime y resta jusquaugrand Synode de Latran, tenu par le Pape St. Mar-tin en 649, où les Monothélètes furent condamnés. Dans la suite St. Maxime à caUSf-; de son activitéet de son zèle fut condamné par lEmpereur Con-stant II, qui sympatisait ,avec les monophysites, à a voir la langue coupée jusquà la racine, et le bras droit amputé. Des suites de ces tortures, deux ans après, en 662, il mourut sur la côte orientale de la mer Noire. b) En la même année, quelques mois plus tard son compagnon St. Anastase et un autre compagnon Anastase l Apocrysiaire furent aussi martyrisés pour la même cause. Dans son oeuvre «Hodegos» Gui· de) il mentionne aussi les commentaires de Denys dAlexandrie sur lAréopagite. On reparlera des Scholies de Maxime en trai- C tant des témoignages du VII siècle. i Je cite ici textuellement le pasc;age de St. Ma- xime à cause de sa grande importance pour la que· stion de lauthenticité des œuvres de St. Denys lA-
  • 176. :44-f " . réopagite et pour établir lépoque de leur apparitIOn: (Migne, Patr. Gréec. IV. SchoI. in lib. de CœI. H. par. 19 in c. V col. 59). « Magnus Dionysius Alexandrinus episcopus, ora­ tor ille, in commentariis suis quos in beatum Dionysium sibi cognominem fecit, ita dicit: Quod profana sa­ pientia pro more habeat appellare increatum, univer­ sam invisibilem naturam, similiter et essentias sub­ sistentias, atque ex hoc dicit, has voces ex more profanorum scriptorum a Sancto Dionysio abusive dictas esse» < 0 )OÙI p.É)aç A:o/uowç 0 AÀEçavôpECaç €T.lOX01tO:;, o cbta p,,(t6pwv, €V totç 0XO),lOtÇ orÇ 1tET.ot"f/Y.EvElç tè-v p.a­ xaptc.v AtOVUOLOV tèv a0ëoù ouvwvup.ov, o[hw ),É)St, é>ct ci)ÉVV"~tov ELW&E xa),Etv ~ E;W ooep[1.I. 1tâoav a:C:patov epu­ Ot! OP.OlWÇ xai oùolaç txç (mootaOEtç xcix tOU-COU ep"f/0iv on Y.a-cà -coùç açw Etp"tjnat -cep a)Ccp AtOVUOlCP al -cotaù-cat cpwvai xataXP"f/0-ctXwç. Lintérêt que Denys dAlexandrie portait aux oeuvres de lAréopagite est confirmé par le fait que parmi les ouvrages, du même Denys dAlexandrie nous trouvons ilne copie toute conforme de 1 ale t­ t r e à D é m 0 phi 1e deI A r é 0 p agi t e, v air S t y g 1 m a y r e t 2°) une 1e t t r e d e Den y s-, d Ale x and rie au p a p e Six tell inclue dans lapologie de Jean de Scythopolis que lon trouve, dans la préface de Phocas bar Sergius (VIII s.) qui précède à son tour la traduction Syria­ que des oeuvres de D. A. faite au V s. par Sergius de Resaïne. Dans cette lettre Denys dAlexandrie cite un passage de ses oeuvres où il nomme Denys
  • 177. I45lAréopagite par son nom. Ce monument conservéau British Museum (Add. 12151 et 12152) a étéretrouvé par labbé J. lJartin, professeur de l In­stitut Catholique de Paris, en lanilée 1887. On enreparlera plus longuement dans la suite où. il estquestion de la traduction Syriaque des oeuvres delAréopagite. Après Denys dAlexandrie, les plus ancienscommentateurs de lAréopagite sont, comme nous levoyons, Jean de Scythopolis et Georges, prêtre dela grande Eglise de Cunstantinople, natif aussi deScythopolis, dont on parlera plus longuement après. Les perfides propagateurs du mensonge que lesoe~vres de Denys rië provenaient que de la de~;iè­re déca&du V sièc1e--o~ dudébut- d~ ·VI siècle,ne sachant-que farre du témoignage de Maxime etde son compagnon- de martyre Anastélse, f~i­re à leurs lecteurs naïfs quils connaissent à ~Ie­;~ndrie un certain Denys, rhéteur à lépoque de De­nys dAlexandrie, qui aurait écrit ces commentaireset ont linsolence dassurer que St. Maxime se trom­pe quand il nomme Denys dAlexandrie, 6 ho F"tj­1:QPWI, puisquils savent que Denys d Alexandri~ a­vant dêtre évêque (en 248), n ajamais été rhéteur,mais quil était catéchète ~t que Maxime confondDenys le rhéteur avec Denys évêque dAlexandrie,comme sils avaient puisé cette notice sur le rhé·teur dune autre source que du même Maxime. .: Cest avec de telles fraudes quopère la si van·­tée métho:le scientifique allemande. Mais Stiglmayr, le savant jésuite allemand, sa­ - ------.perçoitbientôt que cette substitution de Denys"1é la
  • 178. I4 6 ~ rhéteur, quil a créé de toute pièce, à Denys dA­ lexandrie, ne change pas la question, car il sera tou­ jours de la même époque ql1e Denys dAlexandrie; il se ravise donc aussitôt, lui ôte son existence réel. lZ le change ~ uneidée génerale, projette cette nction d:ws lespace et le temps, la ranime ensuite, ------- lincarne dans un anonyme et tâche de le placer à une époque qui lui convient. Pour invraisemblable que cela_pl)is~ar!ître, ce sont les prodiges qu:!ccorn­ plit la critique scientifique allemande depuis la Ré· ~ --- -. -­ forme. Mes lecteurs pourront constater la veracité de mon exposition de la méthode poursuivie par le Pè­ re Stiglmayr dans le texte intégral allemand qU,e je donne dans les appendices. En ce qui concerne la let­ tre de Denys dAlex. au pape Sixte II, on en re­ parlera sous la date 500 où il est question du code syriaq ue de la traduction de Sergi us de Résaïn e des oeuvres de Denys lAréopagite. Voici pour le mo­ ment un extrait de la let~e DenY~éillS!.!:ie au pape Sixte II: ~LeDieu caché, Jésus le Verbe, que les Grecs honorent dignement, bien quils ne le connaissent pas, a été crucifié par les Juifs, alors quils auraient dO ladorer, mais ils ne le connurent pas. Je dis que cétait le Verbe de vérité quil fallait adorer, car le Verbe de verité est le Verbe du Père, car je ne veux pas quon croie que je me fais le défen­ seur des idolâtres, et je parle seulement de ceux qui, dans la Grèce, reconnurent le Dieu caché (al­ lusion à un passage des Actes ch. XVIl, 23) comme cause de lunivers•.-
  • 179. 147 «Or, layant connu daprès les Ecritures, le grand Denys voulut être baptisé par lApôtre, avec toute sa maison. Cétait un personnage illustre" éloquent qui, devenu dans la suite évêque ,dAthènes, se ren­ dit célèbre par les ouvrages quil composa sur la divine théologie, Il était disciple de St. Paul par qui le Christ fit connaître lÉvangile aux gentils, en par­ lant lui-même par sa bouche» (1). OnSERVATIO:-lS SUR L I:-IFLUE:-ICE DE DENYS AU III, IV ET V SIÈCLES Nous voici arrivés au III siècle. Son influen· ce apparaît dans l Angélologie dOrigène et dans les fragments de Némésius et dAmmonius Sac­ cas, maître de Plotin, dans Hippolyte. qui le ci­ te par son nom et invoque son autorité, mais sur­ tout dans Denys d Àlexandrie qui- le commen­ te, le copie et le nomme dans une lettre au pape Sixte II. Quoiquil soit difficile de discerner dans la recension de cette lettre de Bar Sergius où finit le texte de lévêque dAlexandrie et où commence celui de Georges «presbyten de la Grande Eglise de Constantinople, néanmoins personne jusquà main­ tenant nen a contesté lauthenticité, et Stiglmayr lui·même n a rien trouvé pour la renverser. Son oppo­ sition nest que lexplosion de sa mauvaise humeur à la vue de la découverte dune nouveJle preuve sérieuse de lexistence des oeuvres de lAréopagite au (1) Traduction de labbé J. Martin transcrite du livre de jabbé VIDIEU: Sai?z! Dmys ! Aréopagite. Paris, Fir~in Didot 1889,
  • 180. .... 14 8 troisième siècle. Exiger quune lettre dun évêque à un autre soit contresignée ou copiée par de tierces person­ nes pour être crue est une exigence mal fondée et extra­ vagante. Tout au contraire, sil ya quelque chose de mieux fondée par des témoignages extérieurs, cest justement la probabilité de lexistence de cette lettre. Elle est confirmée par deux autres faits: primo, par les .annotations que Denys dAlexandrie fit aux écrits de lAréopagite; secondement, par une ,copie de la lettre. à Démophile de lAréopagite, trouvée parmi les fragments de Denys dAlexandrie, et lexistence de plusip.urs autres lettres que Denys dAlexandrie a adressée au pape Sixte II sur la question du nouveau baptême des hérétiques. Cest au III siècle que Plotin et ses disci· pIes ont da semparer des oeuvres de Denys, les ont exploitées et peut·être même en ont· ils retenu chez eux ou détruit une partie; mais, comme les é­ crits de Plotin nont été rédigés et publiés quaprès sa mort (en 275), vers lannée 300, ils nont pu éxercer leur influence que vers la moitié du IV siè­ cle. Nous reparlerons de limportance du courant néoplatonicien lorsquil sera question du dernier re· présentanf de cette secte, Proclus. Cest au III siècle au plus tard quon peut placer la tradition de la fondation de léglise de Ségovie en Espagne par Hiérothée en 7 l et de sa mort en 83, et de la mission de lAréopagite dans ce pays. L hymne d; Eugène, disciple de lAréopa. s-ite et fondateur de léglise de Tolède, en honneur de Denys, transcrit par Hildui~, doit provenir au
  • 181. 149 plus tard du même siècle. Comme on ne rencontre lt~nom de Hiérothée que chez lAréopagite, tout ceci prouverait quau III siècle ou au plus tard au debut du IV ses oeuvres. étaient connues et ré­ pandues en Espagne. Le IV siècle est dune importance exceptio­ nelle pour l histoire de la trasmission des oeu­ vres de Denys. Dès le début de ce siècle, Eusèbe constate en ces mots lextinction de la discipline du secret: «Pourquoi anciennement n a-t il pas an­ noncé la parole de Dieu à tous les hommes et à tous les peuples comme aujourd hui, on lexplique parce que la vie des anciens nétait pas encore ca· p3.ble daccepter lenseignement du Christ si plein de sagesse et de vertu? ~ . Jusquau premier quart du IV siècle, lin· fluence de ces écrits sest exerçée dune manière a· nonyme à cause de ce quon appelle la discipline du secret, obligatoire depuis lépoque apostolique. Sil est cité nominativement dans quelques monu­ ments, ce nest que dans des lettres de hiérarque à hiérarque ou dans des monuments officiels. Dès lantiquité la plus reculée, on était d a vis q~il y avait des verités quil ne fallait pas divul­. -, guer devant les profanes. Aristote dit quil faut dis­ simuler sous des locutions mystérieuses les choses quil ne leur est pas permis de connaître. Les phi­ losophes anciens, non contents d irtstruire leurs di­ sciples, se préoccupaient encore de leur état moral pour le. rendre conforme aux doctrines qu ils pr~­ fessaient. Ils avaient donc deux doctrines: lune é­
  • 182. IS°xotérique à lusage du commun, lautre ésotériquereservée aux disciples délite. Clément dAlexandrierapporte que le pythagoricien Hipparque, convaincudavoir trahi le secret du maître, fut exclu de l é·cole, et on lui erigea une colonne funèbre comme àun homme mort (r). LEglise a pratiqué, dans les premiers siècles, ladisdpline du secret, conformément aux exemples etaux enseignements du Seigneur; car il sexprimaiten figures et en paraboles et il recommendait à sesdisciples une sage discrétion (2). St. Paul a suivi cette recommandation dansces paroles: «Quand jétais petit enfant, je parlaiscome un petit enfant, je raisonnais comme un petitenfant, mais quand je suis devenu homme, je me·suis depouillé de ce qui était de lenfant (1. Co­rinth. XIII, r r) •. Son disciplè St. Denys suit son e·xemple et pose comme une obligation à ses lec­teurs de ne pas divulguer ses écrits aux profanes.Ses livres nétaient destinés quaux plus hauts hié·rarques et devaient constituer dans leurs mains lagarantie de leur supériorité doctrinale. Les plusanciens écrivains du christianisme, Athénagore, St.Justin, Clément dAlexandrie, Tertullien et Origèneont suivi leur exemple et nont pas cru nécessairede divulguer les paroles des saints Mystères. Il y aplus: les pasteurs des peuples, dans leurs instructionsaux catéchumènes, respectaient les limites posées parla tradition; et cette sorte dinterdit jeté. sur les (1) v. Darboy XXI, (2) Matth. 7, 6. .,.
  • 183. 15 1 ""vérités les plus augustes de lÉvangile ne se levaitquen faveur des initiés, comme nous lapprennentSt. Ambroise (1), St. Cyrille de Jérusalem (2), St.Basile (3), St. Grégoire de Nazianze (4), St. JeanChrysostome (5) et St. Augustin (6). Ainsi, quoique les oeuvres de Clément d Ale­xandrie soient entièrement pénétrées de lesprit deDenys et quil le paraphrase en dinnombrables en­droits, il ne le nOlllme jamais par son ncm. Il necite même pas le nom de son maître immédiat St.Panthène, et, sil le désigne nominativement, cestdans une lettre de lévêque dAlexandrie à. l évê­que de Rome. La lettre de Clément de Rome à De ­nys lAréopagite, que Stiglmayr considère comme a­pocryphe du 11 1 siècle, mentionnée par l historienMaruta de Maïparkat (en 400), tomb~ dans le mêmecas. r §XI.A. 300. Constitutiones Apostolicae,en parlant des exorcistes, sexpriment comme Denysaffirmant (E. H. cap. V, 5) quils ne sont pas ordonnés(Xi:-pOtOVê~t().l) puceque ce privilège dépend de la librevolonté et de la grâce spéciale de Dieu consistanten la descente du St. Esprit par lentremise du Christ. . .... (1) De Mysteriis et alil-f. (2) Catecheses 6•• ;3) De Spiritti Sincto (4) Oratio 3S a et ,pa. _. (S) Hornil. 18, in-2 ad Cor. (6). In Joann., Tral. t, _e alibi. " ,
  • 184. T5 2 « Car celui qui a obtenu la grâce de guérir les malades, est voué à cette fonction par la révélation divine, puisque ces dons innés sont visibles à tOUS). En parlant des évêques, les COIlstitutiones sexpri ­ ment de la même manière que Denys. Elles donnent en outre aux évêques les mêmes qualificatifs que Denys: &eoç ~1t{Yatoç, f1s,à &e6v. §. XII. PLOTIN t 275 et PORPHYRE +.304 Linfluence de Denys lAréopagite sur@i!0nt ----. d Alexan~) fut très grande. Il est évident que cet ­ te influence a dQ rayonner _ . ~"m" ses deux célèbres disciples, ~ et ~monius Sac~, et, par ce dernier, elle est parvenue au plus illustre de ses adeptes, ~~ fondateur" de lécole néo­ platonicienne. Elle était dautant plus forte quAm ­ monius Saccas était chrétien de naissance, com ­ me laffirme son biographe et disciEle €phy~) et qué~ daprès ce dernier, se tenait constamment-­ dans son enseignement aux leçons et aux préceptes de son maître. Mais, quoique chrétien, «à peine sé­ tait-il voué aux spéculations philosophiques. quil adhéra à la religion légale de lEtat» dit Porphyre. IICe mêm<Porphy~ disciple et éditeur, plutôt réd.a­ ~ ~c~ur, des oeuvres de~) ennemi acharné du christianisme, dans le troisième livre des q~Lnze quil a écrit contre les chrétiens, en un passage_cité pa(.Éusèb~{Hist. Eccl. VI, J9) reproche à~~) que: c: étant grec de naissance et déducation, il na pas suivi lexemple de~~~)et nest pas revenu à la religion de ses pères, mais au cOI?traire sest imbu de superstitions barbares (~af~C(ply.à "Cé)f1a"C.a), et1:
  • 185. 153 "< a essayé dexpliquer les écritures et les légendes judéo-chrétiennes, étrângères à r e..§.~ec, par les métl;lOdes allégoriques des mystères». On trouve dans ces paroles de Porphyre ur: témoign2ge écla­ tant que la philosophie néoplatonicienne a pris nais­ sance à lécole chrétienne dAlexandrie, « le Dida­ sCâTée... et quelle nétait autre chose qu un dé­ rivé de cet enseign~ment, mais aux tendances na­ tionales et héllenisantes. Elle partait des dogmes chrétiens, m?is elle les pliait et les déformait pour les rendre plus conformes à l antique Eolythéismt~ national. Elle a éofité de la théologie et de la di­tJ0,n s~e chrétiennes pour créer une nouvelle religion Il ~t ~ré.earantainsi le règne de Julien l J:.­ po~ Si nous comparons la philosophie de llotin dans sa doctrine sur Dieu, sur son essence, sur la création, sur lunivers et sur la relation de luni,,ers à Dieu, avec la théologie de Denys lAréopagite, nous verrons claii-ément que la philosophie de(flo­ t"§)est une théologie et une théologie chrétienne, 1 telle que devait être, d après q>orphyr~ la tbéol~- gie d Ammoniu~ La pl~ie de~ i part du dogme chrétien de la Trinité, mais le tran ­ sforme à ses fins, tend au même but que la religion JI 1 chrétip.nne, mais malgré des essais laborieux, elle n y arrive pas. Cependant, le cours et le rythme de sa dialectique sont tellement rapprochés au courant de la pensée chrétierinet~depl(jie tant de gé­ ni<! et de subtilité dans ses ~péculatio~s sur les hauts principes, que sa philosophie marqup. non seu­ lement l apogée de la pens~e grècque, mais est en· -.
  • 186. ---- .. -~:..~.- G, fI~~ 154 - core capable en même temps de rendre de remar­ quables services aux penseurs chrétiens dans leurs mé· ditations sur les premières vérités, comme cétait le cas de St. Augus~in, qui ne connaissant pas les grec, navait pas en main les écrits de lAré0e.ag!te et 1 ) profita de la récent~ traduction de Plotin par Vic­ torinus. - -- Cest pourquoi St. Basile le Grand" ne craint { pas de transcrire tout un passage e Plotin sur lâ­ me du monde en appropriant ces paroles au St. E­ 1 prit. Qui. sait si ce passage ne p;:Ovient pas des oeu ­N 1 JI v~s disparues de Denys, gue les néoplaton~ns (d,.2,près Suidas) ont retenus chez eux? C est pourquoi~è)leparaphrase dans une de ses homélies et~penseà lui dans un fragmel!t célèbre des Confessions où il dit que la lecture des platoniciens laida à s,aisir la pensée de St. jean. Il est entendu quil ne peut pas être question de linfluence du néoplatonisme sur la «formation:ll Ides dogmes chr~tiens. puisque les écrits de Plotin te~nsion de PoreÈYJe 7n ont pu par~lx environs de l_année 300, Plotin étant m,?rt èn_ .:15, ef"ses oeuvres eE rec~n~ion de P.9réJ..!e ne pouvant êtrewnnues à la plupart des Pères du f.oncile de Nicée en 325 dautant plus qudIes ~ar~o. me, où Plotin enseignait la~pjlieet peut· être en Sicile, puisque nous savons quQ.Q.rp.hy..r.2 sy trou ­ vait au moment de la mort d~1 et que ce der ­ nier lui avait envoyé, quelques années avant sa mort, 1ses rlerniers six traités à corriger. ------ -~
  • 187. .. f:.:~; ...,..... "~ 1jZ-<~. ~ &z... I.e--. 0~ t <-zr-.d! G:::- . [55 ""i.::: Certes, je ne nie pas linfluence de la philoso­ phie grecque sur les formule5 du dogme chrétien: qui peut contester, en effet, que le grand fondateur l t. de toute léconomie de la théologie chrétienn~Pa~ 1ne se soit servi des formules de la philosophie grecque? Et le prologue de~ est-il pas lapogée du développement de la pensée grecque éclairée et fé­ condée par la Révélation? Mais ce nest pas linfluence des philosophes qui ont vécu au IV ou au V siècle après Jésus.Christ, mais (Pl~) ~qu; cest linfluence de ceux, comme~s Eléat~, ~n, ont vécu oinq si&lei .:vant l è<e J cnretlenne. La philos~phie chrétienne, sanctionnée ainsi par les àpôtres ~)e~ a servi de véhicule provi­ dentiel pour introduire et propager les vérités ch ré· tien.nes parmi les gentils. Quest ce donc que la th~o. logfe chrétienne si non lexplication des dogmes chretiens pO les méthodes de la dialectique 1La philosophi: platonicienne, vivifiée par la révéla­ gec~e?J J tion divine, fait surgir aussitôt une éclosion surpre­ J ~e décrivains et de génies: Qui étaient·ils ceslrç ,JI) ( i!lustres Pères anciens, sinon des phil0sophes grecs ( 1 de na~~, ou de langue et de culture grecque? ---rI est donc aussi puéril que naïf de reprocher o aux Ph.ilosoPhes grecs, en majeure partie platoniciens, ~ ( d être des «platonizantes» : il leur était évidemment impossible de parler la langue de Kant et davoir lei idées religieuses conformes à celles dess~ctateurs de Luther et de Calvin. Or de ces philosophes grecs convertis au christianisme le premier en-date et le "
  • 188. 15 6 plus grand en sagesse et en paroles fut St. Denys lAréoplgite, le fondateur de la théoiogie chrétienne dont il est resté maître incontesté depuis Clément dA· lexandrie et Denys dAlexandrie, jusquà Leonce de By­ zance, St. Maxime et St. Jean Damascène et jusquà Pier­ re Lombard, Albert le Grand et St. Thomas dAquin. Cest de lui aussi que Plotin et Porphyre et, après eux, Proclus ont pris tout ce quil y a de nouveau et délevé dans leur système. comme je Jai démon­ tré dans mon étude sur Plotin, faisant partie de la préface de ma traduction polonaise des oeuvres de Denys, et comme monsieur H. Koch a prouvé, con­ trairement à ses intentions, « dans son livre Pseudo­ Dionysius Areopagita in Seine Beziehung Zllm Neu­ platonismus um Mysteriemvesen », dont je vais donner - lanalyse par la suite. Autant il est naturel de rencontrer aux pre­ miers temps du christianisme, linfluence de la phi­ losophie grecque et des formules des mystères grecs, . autant il est clair quaprès cinq cents ans dexistance du christiélnisme et la diffusion triomphale des idées chrétiennes parmi les gentils, elle devait nécessaire· ment sexercer dune manière décisive sur les phi­ losophes qui ne s étaient "pas encore convertis; mais il est fou de penser que les anciens Pères eussent pu. après cinq cents ans dexistence du christiani­" sme, puiser leurs prières, leurs dogmes et leurs rites chez des auteurs payens, surtout chez Jadversaire le plus opiniâtre du christianisme. Tout au contraire, le seul fait que Porphyre é. é.:rit quinze livres .. contre les Chrétiens et combat­ .
  • 189. 15i tu les gnostiques tout aussi bien que les chrétiens, nous montrerait quil était très familier avec les é­ crits chrétiens et que ceux-ci ne pouvaient pas ne point. laisser une empreinte durable sur son intelligence et sur sa façon de sexprimer. Pour combattre pied à pied la doctrine chrétienne, il lui était nécessaire davoir sous les yeux une exposition systématique de cette époque, laquelle était celle de Denys, lAréopa­ gite; dautant plus quil ne lui était pas difficile de se les procurer à la bibliothèque des papes, où toutes ces oeuvres étaient gardées depuis des siècles, comme nous le témoigne un certain diacre Fierre dans le prologue écrit par Georges de Scythopolis. Dailleurs ce même Georges de Scytnopolis, dans ce prologue, nous fait savoir ce qui suit: « Scien­ dum aliquos profanorum philosophorum, et maxime Proc1um, saepe usum speculationibus beati Dionysii, imo ipsis etiam nudis dictionibus; unde ex hoc sus­ picare licet, antiquiores Athenis philosophos. hujus opera sibi vindicantis, sicut in praesenti libro admo­ nel, o:cultasse, ut ipsi divinorum ejus libroru:n au­ ctores ac patres viderentun. Dautres auteurs anciens très graves et très é­ rudits étaient convaincus que les néoplatoniciens, sur­ tout Proc1us, ont accaparé les ouvrages de Denys et se sont servi de ses idées et de ses concepts en,~ les faisant passer pour les leurs. Tel était lavis de Suidas, chroniqueur du X siècle. Dans la Vie de Denys lAréopagite à la page 6 l 2. M. t. IV. Patr. Graec. 611-612, il nous raconte: «Sciendum ·autem . elft, quosdam profanos sapientes ac. maxime Pro­ c1um, sententiis atque inventis beati Dionysii fre­
  • 190. 15 8 quenter esse usos, quin etiô.m nudis verbis: urdesuspicari licet, vetustiores Athenis philosophos sibi ejus opera usurpantes, quorum ipse ad Timotheumscribens meminit, occultasse, ut ipsi divinorum ejuslibrorum patres viderentur». Pachymère, le célèbre érudit et littérateur by­zantin du XII siècle, auteur de la paraphrase con­nue des oeuvres de Denys lAréopagite, assureaussi que les gentils, en particulier Proclus, ontprofité de ses spéculltions, souvent même en sespropres paroles: ~ Sciendum quoque aliquos exter·nos philosophos, praesertim Proclum contf.mplatio­nibus beati Dionysii frequenter usum fuisse, atqueadeo etiam meris ipsis dictionibus» (In proem. ad o·pera Dionysii);...et Saint Basile dins sa dissertation « In principio erat verbum» ajoute «.... car ils onttoujollrs l habitude de prendre notre bien (pensée)pour les leurs...• et ailleurs: «le diable est voleur etrsapproprie nos vérités11 De même avis était le cé­lèbre humaniste Marsilé Ficin qui, outre ses tradu­ctions de Platon, a laissé plusieurs écrits philosophi­ques: « Je suis convaincu, écrit-il, que Numenius,Philon, Plotin, Jamblique et Proclus ont fait des em­prunts à Jean, à Paul, à Hierothée, à Denys lAréo­pagite. Cest à cette source quil puisèrent ce quilsont dit de sublime touchant la divinité, les anges etles autres sujets que traite la théologie» (De Reli­gione christiana). c Porphyre a été très énergiquement combattu l.­par le~ chrétiens. La· preuve en est quApollinairede Laodicée a écrit 30 livres pour réfute~.la diatri­be en 15 livres de Porphyre contre les chrétiens.
  • 191. 159 St. Basile ne po11vait pas les ignorer, puisque, de son côté, il a combattu les théories dApollinaire sur le Logos et les fit condamner au V Concile de Constantinople en 353. Il sensuit que la remarque de Basile sur les philosophes grecs, qui se seraient appropriés des con- cepts chrétiens pour les faire passer comme les leurs, peut se rapporter au passage de Basile sur le St. - E,prit que les historiens modernes allemands croyent être copié de Plotin, et que Plotin et Basile tous deux ont dû trans :rire dune des oeuvres dispa- rues de Denys lAréopagite que les néoplatoniciens ont exploitées. Je me ravise donc, et, contrairement à ce que j , avais dit dans mon étude polonaise, je con- sidère maintenant quil est invraisemblablè que Ba- sile eût copié un passage dun néo platonicien au moment même de latroce pérsécution du christia. nisme par Julien lApostat et la réaction énergique des écrivains chrétiens contre les théories néoplato. niciennes, comme nous le voyons dans lénumération des oeuvres dApollinaire. À la fin de la première moitié du IV siècle, la discipline du secret (arcani) recomandée par Jésus- Christ et par les Apôtres disparaît peu à peu et ces- se 9 être obligatoire, comme nous le dit Eusèbe: § XIII. A. 313. Eus è b e de Cesarée en Palesti- ne (mort vers 340), ne mentionne pas dans son Histoire Ecclésiastique les oeuvres de lAréopagite et nous par- le de Denys uniquement comme évêque dAthènes. Les uns expliquent son silence par son respect de la re- comandation de Denys de ne pas divulguer ses é.. ciilts devant les profanes; les autres cherchent la" .:.~ .
  • 192. 1 r601 raison dans ses 3.ccointances avec larianisme. Nei voulant p:lS lui imputer ce mauvais motif, St. Maxime explique son silence par lignorance réel­1 le des oeuvres de lAréopagite et· avance dau­ tres exemples de son silence sur les oeuvres dé­ crivains très sérieux, comme, par ex., il ne parle pas des écrits d Hymenée et de Narcisse, prêtres de Jérusalem, ni des oeuvres de Panthène, ni de celles de Clément de Rume, excepté deux dé ses épîtres; et, des innombrables écrits dOrigène, il nen cite que quatre. On remarque pourtant dans ses écrits linfluence manifeste de Denys l Aréopa­ gitp. dans beaucoup de passages, comme par ex.: dans Const. 1, 1 (M. 20, 1320) nous rencontrons la même comparaison de linitiation chrétienne avec le vestibule dun palais royal et, dans le même pa­ négyrique de Constantin (De Laud. Const. c. la M. s. gr. XX, 1373), il fait tout comme Denys~ usage de l expression rn0Cf~"clJç au lieu de npoCf~"cYJÇ. Le même Eusèbe dans PS, 21 vers 8-9 (M. 23, 228), distingue les chrétiens selon la même classifi­ cation que Denys (E. H. c. III, 1). Dans ses Prepa­ ration es Evangelicae (M. XIV c. 22 in fine col. 1272 A). nous trouvons lindication suivante : ~lOVUO[ou "C1jç xcnà XplOtè.V epl),oooepCaç, ~moY.6n;ou cest à dire sur la philosophie de lévêque Denys par rapport au Christ. Les adversaires voudraient appliquer ce p.3ssag~ à Denys dAlexandrie, mais il est beaucoup plus pré>­ bable quii se rapporte à Denys comme grand phi­ losophe. La suppression de lhabitude du secret trou­ ve son expression chez Eusèbe dans son Histoire E~clésiastique (l, 17; p. 12) en ces mots: (Pourquoi
  • 193. 161 ""; anciennement na-t-on pas annoncé la parole de Dieu à tous les hommes et à tous les peuples comme aujourdhui on lexplique par ce que la vie des an­ ciens nétait pas encore capable daccepter lensei· gnement du Christ si plein de sagesse et de vertu? » § XIV. St. Jérôme. Dans le Chronicon de Jé­ rôme, qui est la continuation de louvrage d Eusè­ be jusquà lan 378, on trouve à la date de lannée 52: « Dionysius praestabilis olim philosophus claret». (Cette phrase ne se trouve pas parmi les oeuvres de Jérôme, mais dans la chronique portant le nom de Chronique dEusèbe; cest pourquoi l arche­ vêque Darboy attribue ces expressions à Eusèbe, et labbé Eugène Bernard dans son livre: « Les origi­ nes de JEglise de Paris (Paris 1870)>> à Jérôme). § XV. Synesius de Cyrénaïque en Lybie, de 370 à 413, évêque de Ptolemaïde et Métro­ politain du Pentapolis lybique, célèbre orateur et poète, en parlant de lextasè, emploie presque les mêmes mots que Denys. LES CANONS DU COr-;CILÈ DE NIcÉE ~ XVI. A. 325. Ces canons(au nombre de 800fu­ .... --- ------­--- rent établis par 318 Saints P~res réunis au Concile de Nicée, presidé par Constantin le Grand, et ils sont reconnus par lEglise entière, reçus comme aut~­ tiques par toutes les Egiis~s o;ientale;;~ u­ t nie s que ,s é p a. rée s, et. traduits dans leur lan­ gue respective chez les Arabes, les Syriens, les Chaldéens, les Maronites, les Coptes, les Jacobites et les Nestoriens. Il
  • 194. X62 Dans } édition de ces canons faite de larabe en latin parCf.!anciscus Turrianus S":"J) nous~ou­ vons- au canon 3;1, où lon traite du reto~r des hérétiques au sein de lEglise, Dps cité par son propre nom: « et postquam haec ecerit episco­ pus vel sacerdos, in cujus manibus es~, debet unge­ re eum ora tione chrismatis et ter signare signo crucis ungendo èt orando super eum orationem Dio: !!lsiL Areopagitae». (Le texte est pris du dernier paragraphe de E. H. de Denys). - Ce nombre deC!0 canonirst attesté par Saint (-.. At~dans sa lettre au pape Marc, et doit sap­ puyer en grande partie sur les sentences des Apô­ tres desquelles parle leŒpeSaint Zéphir§>dans sa première lettre. Je rappelle ici que parmi ces canons on rencon­ tre les E,!incipes de la jurisdiction clu pouvoir des pa­ triarches, des archevêques. des évêques et d u p r i· mat de! é v ê que de Rom e, dabord au ca­ canŒî6, etensuite au canon 39. Vu son importance, je le cite en entier (1): «Canon 39. - Consideret patriarcha ea quae archiepiscf)pi et episcopi in provinciis suis fâciunt; et si quid reperiat secus quam oporteat factum, mutet, et disponat, prout sibi videatur; siquidem ipse est pater omnium, et illi filii eius. Et quam­ vis sit archiepiscopus inter episcopos: tamquam fra· ter maior, qui curam habet fratrutn, suorum, et .ei debeant oboedientiam, qui praéest; est tamen pa· (1) Dans la traduction --- -- -- de~nciscus Tllrria-nus.-::.J.).:.
  • 195. r63 - triarcha iis omnibus qui sub potestate eius su nt sicut (1) ille qui tenet sedem Romae caput est et princeps omnium patriarcarum; quandoquidem ipse est primus, sicut Petrus, cui data est potestas in omnes principes Christianos, et omnes populos eo­ rum, ut qui sit vicarius Christi Domini nostri cun­ ctos populos et universam ecc1esiam christianam, et quicumque contradixerit a synodo excomunicatur».JfJ u . Ces cànons de Nicée constituent à eux seuls ~J une preuve absolue et suffisante de lauthenticité et de J lapostolicité des oeuvres de Denys. Comme provenant de lépoque apostolique, on les tenait pour lexpression 1. r la plus exacte de la pensée, de la doctrine et du ri­ 1 tue! chrétien; la preuve en est que les t roi s ce n t qua t r e - vin g t Père s, réunis de toutes les parties ] dl] monde au Concile de Nicée, leur attribuant lauto ­ rité presquégale aux Saintes Ecritures" ci t en t j dans le rituel chrétien la grière de Denys lA r é 0 p agi te. Tenant en mains des documentssi dé­ cisifs et péremptoires, il semblerait quil est tout à fait ... superflu den chercher et den reproduire dautres et de réfuter les opinions fantaisistes des critiques allemands. Si je le fais cest tout simplement pour mettre en évidence encore dautres innombrables documents à 12EP Ui de lauthenticité et de l ~postoIiciŒde_:.es écrits, et pour démontrer que les detracteurs de De­ Jj ;y; ne sont pas guiaés par lamour de la vérité, mais par un parti pris, que leur raisonnement est , (r) Similis est hic canon sexto eiusdem synodi Nicaenae, et eam· lldem auctoritatem, hoc est, summam esse in episcopo Romano prin­ cipe omnium patriarcharum. .,,
  • 196. · 164 tendancieux et quils se trompent même dans les plus petits détails (1). La ver,sion des Canons 3 i, 36 et 39 transcrits de larabe par«uère Tutrianus S~]) ne peut évidemment ~_que du IV siècleet constitue une preuve décisive de lexistence des oeuvres de Denys à cette époque et de lautorité dont elles jouissaient. . _ .Le code arabe d,ont sest servi ([e Père Turria- JI nus S. D se trouve actuellement au Vatican. Il sy J trouve encore un autre exemplaire de ce code ara­l be, tout à fait identique, retrouvé à la bibliothèque JI <i~e Marcel II (T1SSS). Le nombre 80 des canons de Nicée est attesté.-Xar~aint Ath~Jui- J même dans sa lettre au (j)ape Mar..s (op. S. Atha­ nasii T. II LS98 ed. B~ed. Patav. 1777). Les, cardinauxŒaroni~~lIarmin~ 0gui~ qui se e sont appuyés sur dancie?nes sources ta~t grecques ) que latines, furent de l àvis quil y avait plus de 20 canons promulgués par le Concile de Iicée. Nonobstant lopinion de Haefele (2), qui croit admettre plutôt 20 canons, je penche vers l opi- nion des églises orientales, ~ étaient Elus ~s du lieu, et dont la tradition cOIl~rnant c.e,s _canons - . (1) Lauthenticité de ces canons est encore une fois averee par } la ressemb~eTa""décis~ Concile de Florence au texte du ( canon 39; en. voici le texte grec: . Kai. ;wv ~PwJl~iwv cir;i"~~s~ÉO: EL~ 7t~O"V -cijl vb~vuIlEv~xi," -:è, ~pWtEtO" "Ct~).5(~, CtJ,6~ .5 Û)~ PwlCt:,,6~ 4Px(i p"Ct ~(ci~~xo~ 5!~Ct( .~5. lCtXCtpt~U IH~p"u ~oü ,,~puf"(ou (expr~ss;on de Denys) .w~ Ô:7wn~}.w~ "Ct, cil,1)&>ï to;::7jP1jt/v toù Xpt.otc.O. xœt ;:;ci:i1jç "tilç; tl.x)~71o(a.Ç; Y.E.:pxJ.i,v, Y.a.L 1tciv· -ewv tWy xptotlavù}Y 7tCttÉpcx ,-cd eL~a.aY.ct.ov U~ri.PX.ElV x. ":. À. (2) Haefele « Concilgeschichte », Freiburg in Breisgau 1874. to­ me VII.
  • 197. 16 5 , , ~ n a pas ét(~ interrompue, comme celle de Rome, au IV siècle, sous Bonifac~"DaiIIeurs lexistence de tous )1 les 80 canons au IV siècle est avéré par CMi!ita ·1~Maïpar~dans son histoire. de lEglise, écri­ te, daprès Bardenhewer et Stiglmayr lui-même, a­ III vant lannée 4 00 . Cela suffit, il me semble, à lécrou­.>0 lement de toutes les théories, qui sont contraires J à lapostolicité des oeuvres de Denys lAréopagite.--0"
  • 198. " LES TEXTES LATINS DES ÉTUDES DE PHIL. LABBEUS DE (FRANC. TURRIANUS - ECCHELLENSIS ­ S~T DE ABRAAMUS § XVII. SACROSANCTA ·CONCILIA AD REGI AM EDITIONEM EXACTA STUDIO PHILIP. LABBEI ET GADR. COSSARTII - SOC. JESU PRESBYTERORUM - Tm.ws SECUNDUS - AB ANNO CCCXXV. - (Lntetiae Parisiorum) ­ MDCLXXI. C a non est r e c e n t 0 r u m d e c e met 0 c· I~ ~ -­ t 0 san c t ~J:...ll I!!.-P-3.!! u m qui Nic a e a e con· ven e r u n t, G e n t i a n 0 H e rue t a i n ter pre t e./" Can. VI Apost. ~3S - Antioch. 9 - Const. 2 - An­ tioch. 18 - Innoc. 8 - Bonif. 4 - Leonis 15. Antiqui mores serventur, qui su nt in Aegypto, Libya, et Pentapoli, ut Alexandrinus episcopus ho­ rum omnium habeat potestatem, quandoquidem et episcopo Romano hoc est consuetum. Similiter et in . . Antiochia, et in aliis provinciis sua privilegia ac suae dignitates et auctoritates serventur. II1ud autem est omnino manifestum, quod si quis absque metropoli­ tani sententia factus sit episcopus. Quod si quidem comuni omnium e1eçtioni, quae et rationi consenta­ nea, et ex regula ecclesiastica facta est, duo vel tres propter suam, qua· delectantur, contentionem contradicant, vincant plurium ·suffragia.
  • 199. -- 167 ~ONES CONCILII NICAENI ~ - EX ARABICA INLA TINUM CONVERSI ET RECOGNTfî A FR~O ---.:!URRIANOSOCIETATIS ]ESU. Pro ëm i u m: Fuisse alios canones in magna synodoNicaena editos praeter 20 qui adhuc graece extant, quiaMagdeburgenses in centuria 4, cap. 9 de Synodis negantceteris testimoniis, quae sunt infinita, praetermissis,satis Africani episcopi testantur. Illi enim, nisi hoccertum et explorate cognitum habuissent, nunquamsic ad Bonifacium pontificem scripsissent, quia in nul­10 codice Graeco eos reperire possent, desiderare sevehementer, ut ex ecc1esiis orientis opera et studioBonifacii sibi mitterentur, de reliquis canonibus 10­quebantur: 20 enim iam habeant a Cyrillo Alexan­drino et Attico Const. missas, et in concilio Cartha·ginensi sexto recitatos. Cur autem· yiginti illi ubi­que fere et omni- tempore servati fuerint, reliquivero minus, non potest alia esse causa, nisi saepis­sim~ descripto~ fuisse. ob maiorem eorum in ecc1e­siis usum et necessitatem, quam reliquorum quodfacile intelligi potest, si quis omnes eos inter seconferat. De numero autem testatur Athanasius inepistola ad Marcum pontificem fuisse 80, qui posteâconsilio patrum conciliï Nicaeni in 70 sen,tentiasredacti fuerint. Quod quidem ita facile fuit, ut 70sententiae quas Zephyrin us scribit in epistoléi primaa sanctis apostolis constitutas, esse, in 8S canones <,apostolorum distribueririt. Fuisse vero Nicaenosca­nones e Graeca in Arabicum translatos" quia testeshabere nOii possumus, tota res ad coniecturas et si­gna, quibu5 veritas illustrari solet, traducenda est.
  • 200. r68 "" Conieeturae eapiendae sunt a eausis, a temporibus, a locis, a personis, a eanonibus ipsis. Quis enim eum ratione dubitare possit quin Alexander arehiepiseo­ pus Alexandrinus, qui magnae synodo interfuit, iIJos ipsos Nieaenae Synodi eanones ex integro et ineor­ rupto exemplari Graeee deseriptos seeum Alexan ­ driam reversus attulisset, et in eeelt:sia sua diligen­ ter servari eurasset, sed eum lingua graee"a non es­ set provineiis Alexandriae, et Aegypti, et Pentapo ­ lis vernaeula, s~~Qica, quis rursus non iudieet ad providum pastorem pertinuisse curare, ut syno­ dus 1ieaena, qua ut beatus Athanasius ad Mareum pontifieem seripsit, populus et cIerus imbuebatur, in Arabieum sermonem eonverteretur? 288 .. .Igitur pater Baptista Romanus S. J. eum/ esset Roma: Alexandriam profeetus eomes Roderici Hispani patris reverendi eiusdem S. J. a Pio IV eum mandatis missi, ex libro patriarehae Alexandriae co· modato, in quo erant etiam, ut affirma bat, acta eonei­ Iii, hos canon es manu sua exseripsit, et Romam at· lulit: quos eum Latine interpretatus esset, et eum domino Georgio arehiepiseopo Damaseena natione "Maronita eontulisset; dedi opera m, ut Joannes Se· natus Alexandrinus mereator, qui eo tempore ex Me­ lite iDsula hue advenerat et Arabicam ling~am pro, be noverat, adÎecognoseendam et emendandam inter­ • polationem adhiberetur; et Baptista Romanus inter me et hune Joannem interpres fuit. "
  • 201. 16 9 DE CURA ET POTESTATE PATRIARCHAE IN EPISCOPOS ETARCHIEPISCOPOS sur PATRIARCHATUS: ET DE PRnlATU EPI­SCOPI ROMANI IN OMNES. Cap. 39. Consideret patriarcha ea quae archi­episcopi et episcopi in provinciis suis laciunt; et siquid reperiat secus quam oporteat factum, mutet, etdisponat prout sibi videatur; siquidem ipse est pa·ter omnium, et ilIi filii eius. Et quamvis sit archie­piscopus inter episcopos tamquam frater maior, quodcuram habet fratrum suorum et ei debeant oboedien­tiam qui praeest; est tamen patriarcha iis omnibusqui sub potestate eiu~ sunt sicut (r) il1e qui tenetsedem Romae, caput est et princeps omnium patriar­charum j quandoqUidemipse est primus, sicut Petrul,cui data est potestas in omnes principes Christianos.et omnes populos eorum, ut qùi sit vÎcarius ChristiDomini nos tri super cunctos populos et I,;niversamecclesiam Christianam, et quicumque contradixerit asynodo excomunicatur. NOTAE IN CAN. AR. CONC. NIC. De aliis Nicaenis decretis et constitutionibus, de quibusmentio fit in praeratione, in hisce vero nostris non extan!. In praefatione quae concilio praemittitur pIura alia de­creta et constitutiones ab eodem concilio sancitas legimus,quae il h;sce quas habemus editionibus non extant; eas ta­men extare apud orientales nulli dubitamus. Etenim multapassim ab auctoribus orientalibus citantur et proferuntur utipsius concilii statuta, quae tamén in ,hisce, nostris non haben· (1) Similis est hic canon sexto eiusdem synodi Nicaenae et eam­d~m auctoritatem, hoc est, summam esse in eplscopi .Romano principeOm,niUm patriarcharum. ­
  • 202. !70 tur. Eiusmodi est decretum illud quod cap. 15 constitutio· num Alexandrinae ecclesiae refert Benascalus in haec verba: in dieautem nativitatis etepiphaniae, eo tempore quo concilium Nicaenum coactum , fui t, pra e cep e r u n t e i u spa t r e s, u t n 0 c tu m i s- sac e 1 e b ra r e t u r. Ex quo i ure a r gui pot est caetera adhuc extare apud orientales concilii decreta. § ·XVIlI. Ex ----- (!:ONCILII NICAENI CAN. ~ LXXY ARABICA LINGUA. DE RATIONE ET MODO RECIPIENDI CONVERSOS AD FIDEM ORTHODOXAM EX HAERESI ARII ET ALIORUM T ALIUM. Cap. 31. Si quis ad fidem orthodoxam conver­ tatur, recipiendus est in ecclesiam per manus epi· scopi vel presbyteri qui praecipere ei debet, ut a· nathematizet cunctos qui contra fidem orthodoxam faciunt, et qui apostolicae ecclesiae contradicunt. De­.,/ betlilue anathematizare Arium et haeresim eius, et aperte fidem profiteri, quam in hac perfecta confes­ sione definivimus, ac sincere fidelis esse. Oportet etiam anathematizare eos qui huic fidei non credunt et eam non recipiunt. Et postquam haec fecerit, ac· cipiat eum episcopus vel sacerdos ad cuius potesta· tem pertinet, et ungat eum unctione chrismatis, et signet ter signare signo crucis ungendo et orando super eum (1) orationem Dionysii Areopagitae, et fiat - -_-!..-----==~~=- (1) àratio, quam dicit Dionysii Areopag. est in canone Graeco7 syn. Con~t. ofpCtylç ôwpsi.tç "vsuf1Ct~Oç IiYLOU id est, obsignatio, ~ive si· gillum doni spiritus sancti. Quod vero est hic de ungendo istos chris­ mlte, non est necesse accipere de sacramento confirmationis, ut ac· ccpit Bessarion in libella de euchuistia ; siquidem ad mulla alia ut;· liter ecclesia sec. ~kiill! traditiQuem unctione chrismatis, ut in benedictione sive sanctificatione aquae. baptismi et a1taris, et in o.rdi· na tione et in aliis.
  • 203. t:;~" ".:! 1,7 1 oratio ad Deum pro eo devote, ut recipiat eum. Et postea erit particeps divinorum sacramentorum et comunionis, per quam fit remissio peccatorum. Si autem is in quo haec facta sunt fuerit episcopus, manebit post conversionem suam in gradu presbyte­ ri; si presbyter, in gradu diaconi; si diaconus, in gradu hypodiaconi; et siIJ1iliter in reliquis deinceps, ut ad gradum inferiorem descendat. N. B. Huic cano ni testimonium. tribuit S. Atha ­ nasius, qui in epistola de synodis Arimini et Se· leuciae. et in epist. ad episcopos Africae scribit pa. tres Nicaenos edidisse in concilio perfectam fidei confessionem et anathematizasse omnes haereses et, inter eas, Arianam, utrumque est in hoc canone, est autem renovatus et denuo sanci tus hic cano in syn. Con~t. cano 7. § XIX. NOTAE IN CON. NIC. CAN. AR. AllRAAMI ECCHELLENSIS MARONITAE E LI BA NO DISSER ­ TATIO. DE AUCTORITATE CANONUM, ET CONSTITUTION~M NICAE­ NAE PRIMAE SYNODI A SE EX ARABICA LATINE VERSORUM. Permulta sane hic nobis disserenda essent atque disputan.da de hisce concilii Nicaeni, quos nunc da ­ mus, canonibu5 et constitutionibus, quas diatyposes .Graeci vocant. Sed ne longius quam par sit nostra vagetur oratio, de iis tant!1m agemus capitibus quae proprie ad praesens nostrum attinent institutum. Et quidem ratio ordinis et methodus postùlat ut pr:imo loco vide am us quibus auctoritatibus ac _pa ­ .0"­ trum, et scriptorum testiinoniis probari possit, con: .-, ":·t.
  • 204. 17 2 ""0 cilium Nicaenum plures edidisse canones et consti­ tutiones quam viginti illos vulgates, qui in tomis conciliorum non solum Graece et Latine verum etiam variis linguis in omnium Christian arum gentium, mul­ tis exceptis, circumferuntur editionibus, et ab omni­ bus tanquam authentici et legitimi Nicaeni habentur. I. Orientales quod attinet, addubitat nemo Ni­ caenos patres plures edidisse canones, et constitu­ tiones q uam viginti illos vulgatos, ut plane et ple­ ne constat ex ipsa praefatione quae omnibus prae­ fixa est editionibus, in qua sic legitur: « Deinde disceptare coeperunt cum haereticis .... Descriptum autem quidquid cum haereticis et fidei impugnatoribus disputatum est; et quidquid patres inter se sunt collocuti atque discusserunt quadragin­ ta libris...Siquidem haec omnia descripta sunt et/ r per universas orbis terrarum provincias promulgata praeter canones, et constitutiones quae aliis libris tribus congesta sunt. Ex quitus descripta sunt ea quibus Christiani indigent crientales, et est hic li­ ber... constitutiones autem quas posuerunt, quamplu, rimap. quidem sunt. Etenim sancitae sunt imperato­ ribus, re.5i,bu5, sacerdotibus, principibus, iudicibus, rec­ toribus et provinciarum praesidibus, ut singulis ex­ peiit regionibus secundum mores et naturas .....) IV... De Melchitarum.in primis et Nestoriano­ rum editionum versione, haec scripta reliquit Abnal­ chasabus Aegyptius in praefatione collectionis cano­ nulTl., et constitutionum ecc1esiae Alexandrinae Coph­ titarum. « Et posi.ferunt (Nièaeni patres) de iudiciis
  • 205. 173canones complure;;, ex quibus duae in hoc libro su ntpartes. quarum una viginti canon es continet, quamconstitutiones sequuntur innumerae, in quibus conve­nitur, quarum nota est NIC. Altera vero mu1tiplicis utilitatis est cuius ver­sionem procurarunt Melchitae et Nestoriani, et nitahabetur apud Jacobitas Syros, et illius canonum nu­merus in Melchitarum editicnibus ~ quos com­plmes subsequuntur etiam constitutiones. ln editio·ne quae est in Melchitarum manu su nt additamen­ta quaedam ad eos pertinentia». Ex hisce auctorishuius verbis habemu,> Melchitas et Nestorianos ho­rum canonum, et constitutionum versionem procuras­se, sed ex qua lingua non habemus. Ego tamenprobabili coniectura coniicio Melchitarum ver.?ionemex Graeca ling~a factam fuis2.e in Arabicam. Co­niecturae ratio est quia Melchitae sùnt ritus Graeci,omnesque ferme eorum ecclesiastici libri in Arabi­cam ex Graeca lingua sunt versi. Praeterea non mi­nus hoc persuadent non solum interjecta Graeca vo­cabula, sed et integri versus, et coniata. De Nesto­riana versione intelligi potest eam factam fuisse velex Graeca in Chaldeam vel ex Chaldea in Arabi­cam: utraque enim utuntur Nestoriani. Editionem Maroniticam ex Syriaca lingua Ara­bici iuris fecit David archiepiscopus Maronita an.ab Alexandro 13L,0 qui est Christi domini 1059 ­plus minus rogantibus abbate Iosepho eiusque mo­nacis, ut ex eius praefatione patet.. .. § XX. A. 32S~- né en 295 à A­ ilexandrie, mort en 373, d.it le père de lorthodoxie .1 1 11
  • 206. Iï4 (pater orthodoxiae), joua un rôle. prépondérant au Concile de fSicée (325). Il est évident quil ne pou­ vait ne pas ~naître le canon 3 r où D$s est ci­ té par son nom, et cest d .autant plus sûr qu~­ vouait le nombre de 80 canons au Concile de Nicée dans sa lettre au p_ape Marc. Dans ses oeuvres il J"X a beél~c:9~p de passages qui rappellent lAréoRagl ­ / ~ que(Hipler;,a recueilli dans son livre « Dionysius von Rh~a», r861. En parlant de lhymne Sanctus, Sanctus, Sanctus, D~s dit dans E. H. VII,: «Une seconde vérité découle de cet hymne hiérarchique, cest que la Di­ vinité est une monade et une unité en trois hypo­ stases» .c:§"t. Athan~ (or. super Math. I l . 27. M. s. gr. 25, 2 r 7 D.) prend lexpression 1{ trisagion » ) dans le même sens ~ Denys, cest à dire que la triple répétition de la parole «. Sanctus» désigne les trois personnes de la Divinité, et lexpression «Deus Sabaoth» désigne la même su bstance.. Ath a fi as e CP seu do). La preuve indubitable de l existence de~ oeuvres de Denys lAréopagite avant Proc1us, nous est fournie par un traité apo­ <::xphe. de St. Athanase compris dans lédition Com­ J melliniana des oeuvres de ce Saint, tome XI, sous o le titre de «Quaestionum breviarium ad Antiochum. 11 dans lequel nous tro~vons lénumération des ch~urs 1 angéliques d_~I?rè<D. À) avec la mention: «Sicut,6 , ~Jtum in Theologia valens Diomius inquit). Quoi­ ql1e cet écrit ne puisse être authentique, pui~qu on y cite Epiphane et Grégoire de Nysse qui" sont posté-, rieurs à Athanase, il ne peut provenir au plus tard que de la seconde moitié du IV sièc1e, puisque Po .) " JW ~Iç.j/t..-:
  • 207. tt.. 175 on n y rencontre pas dautres noms dauteurs après Epiphane. Il est donc absolument prouvé q~e JI les oeuvr~ de Deny~ étaient c?nnues en l a~ ~o. 1 cF § XXI. A. 345. Chez ph r a a t ~) dans la 23-ème homélie composée en 345 on trouve des passa· ges ressemblants à D~nys lAréopagiteÉJ!)II à IV a. a. o. 86 ff. e~ VII a, a. o. 75 ff., c~e J le ,r~p-porte Grégoire,~vê9.ue dArabie dans ses poesies et ses lettres. § XXII. A. 345.(R u f iEJcélèbre historien de lEglise, presbyter dAquilée, revenu d Egypte, dA- lexandrie et de Jérusalem en 399, mort en 410, est le traducteur supposé de la Il homélie d Ori- gène, réuni.e dans plusieurs manuscrits à la traduc- tion de ses oeuvres. Ce qui prouverait quà son é- poque les oeuvres de De~aient déjà connu:.s. § XXIII. A. 348.(ft. Cyr i Il e d e J é rus a- i le ny ordonné évêque de cètte ville en 348 fut deux fois exilé par les Ariens pour son attachement aux ca- , nons de Nicée.~st!0lerappela de lexil et tâcha d~ reconstruire le temple de Jérusalem en sa . l présence, mais un terrible tremblement de terre len empêcha. Envoyé en exil encore une fois par l empereur ~ il nen revint que onze ans plus tard, après la mort de lempereur, survenue en 386. Les traces de linfluence de l Aréopagite sur ,: ! Cyrille sont très nombreuses: 1. Ce quecP . .t1.Jdit de la. résurréction des corps (Sec. 21. VII, 2), Cyril- le lenseigne (Cat. 18, 19 M. 33. 1040 C.).2. Pareil- lement que dans D. A. (E. M. VII,. 6) nou.s trou- vons chez C. de -J. un récit sur le roi qui fut apai- .
  • 208. 17 G sé dans sa colére contre ses sujets rebelles par les bons sujets): Cat. 23, 10, M. 33, 1116 B..l3. C. de J. fait usage quelques fois, ainsi que~de lex­ pression {rsoÀoy(ct dans la signification tFLcrciy~ov, et non dans la signification de la Revélation, comme on lemploye communément (Cat. 23, 2. M. 33, 1113). 4. C. de J., en parlant de la descente du Saint-Esprit sur le Christ au baptême dans le Jourdain; sexprime comme 42.: A. ~(Ecc. M. cap. IV, 11): «ST.tCfO(tfjcr~ç [OÙ itV;uIJ-cttOç. ~ 21, M. 33, 1087). 5. Il exige corn· me ~ quon éloigne ceux qui ne sont pas { initiés (chD,;crto~ chez ~ àIJ-u"l)to~ chez Cyrille, pro cat. 12. cat. 5. 12; 6, 29 M. s. gr. 33, 353 A, 521, 589 A). 6. La description du baptême chez Cyrille est très proche Je celle de~7 De plus, dans cette description, Cyrille imit~ar exerrlple .....­ 1 il cite la comparaison de~ concernant le rapport de la lumière avec la vue de lhomme (Cat. 6, 29. M.!i 33, 589). 8. C. de J. rapporte aussi la triple immer­II sion au baptême au repos du Christ dan~}e tombeau durant trois jours. 9. Ainsi que ~ (Ecc. H. cap. III, 8), Cyrille s exprime encore en des pa· iJ ~ tI fj ) roi es élevées sur les -;êtements éblouissants ~e blancheur des néophytes (Cat, 22. M. 33. 1104 B). 10.G? l Aréopa~présente la bénédiction des huiles saintes comme le sacrement de la Confirma­ tion et se sert de l expression &SOllpy~xwÇ; St. Cyr. sexprime dans le même sens (Cat. 21,3. M. 33, 1092 - A) : tOù 7tvsuIJ-cttoç aYLoll €vsFyt)t~x6v. Il. Cyrille, à l instar de@enysy ridiculise les représentations grossières attribuées aux anges, le feu, les ailes, le bruit etc. (Cat. 6. 8. II M. s. gr. 33, 552
  • 209. ~ 177 A, 556 A). c0égoire de N~ sexprime enco­ re plus fort en disant quil espère quaucun de ses lecteurs ne sera assez stupide pour croire à ces choses là. 12. Se conformant à la Hiérarchie Ecc. de(~(Ecc. H. VII, 2) C. de J. dévelop-· pe longuement sa pensée (Cat. 18, 19, M. 33, 1040 c.) et conclut que puisque le corps laidait )1 da~s tous ses l,abeurs, ~l participera aussi à . ce qui l arrivera dans 1 autre vIe». . LET RIO ~r P H EDE L E G LIS E ~lJR LA PHILOSOPHIE GRECQUE En ce qui concerne la lutte de lEglise avec la philosophie grecque, ceIIe-ci nétant pas en état de se rendre compte du point de départ du christianis­ me et des fins quil poursuivait, ne pouvait en avoir ,que des idées fausses et incomplètes (comme il arrive ~ chez les protestants et les critiques dits scientifiques). Nétant pas capable de discerner ce quil y avait do­ riginal dans le christianisme, ils lui reprochai ent de combattre les greès avec leurs propres armes: ou, par contre, partant eux-mêmes des dogmes chrétiens et, comme il est probable, des oeuvres de lAréo­ pagite, ils essayaient dexploiter les nouveIIes va­ leur5 app::>rtées par le christianisme au profit de la philosophie grecque et tâchaient de remplacer la théologie chrétienne par la metaphysique payenne. i; Mais c<;!!.~__!~n~ échoua, étant venue trop tard: /(5 elle ne répondait p~ aspirations de lépoque; l humanité était fatiguée de Ja controverse des sys­ tèmes philosophiques qui se détruisaient mutueIIe­ 12
  • 210. é;_J--. ,p-- Iv- t,­ ~t....~ if N >-:-> 17 8 me"nt, et préféra se desaltérer à la source VIVI ­ fiante de la Révélation. Pour formuler ses dogmes dune manière préci. se, } Eglise a eu recours à la philosophie grecque et a fait surgir toute une pléiade de grands pen­ seurs et d intelIigences hors ligne. La théologie chrétienne a absorbé dallê....son sein tout ce qQiLy ( avait de plus p~ et de_plus sl:1blime dans. la pensés.grecque. layant éclairée des lumières venue 1 den haut. Le, paganisme, constatant son impuissan· ) J ce è égaler les c~rétiens sur le cham~éorique, a - -- -- soulevé en la personne de Julien} Apostat le flam­ beau de la rebeIlion ouverte et a tâché par la vio­ lence de substituer à l Eglise catholique la religion dEtat, en lui donnant pourtant lorganisation hié­ rarchique de lEglise catholique. Le plagiat était trop évident; les dieux olympiens étaient si com­/ o promis que Julien nosa pas prendre Zeus pour dieu suprême et fut obligé dadopter pour la plus haute divinité le dieu de lIran mystérieux, Mithra. Cet essai a pris le caractère dune tragicomédie ri­ dicule. Le paganisrpe était tombé dans un tel ma· rasme. s était tellement désagrégé que même toute la puissance de·} empereur ne su ffit pas pour le fai­ re ressusciter. Julien nous raconte quà son appel pour quon apportât des offrandes à la cérémonie reli· gieuse quil devait célébrer lui même à Antioche, il ne se présenta quune seule vieille femme qui apporta un coq, et, après la mort tragique de lApostat, les lé· gions qui lui étaient les plus dévouées élurent peur . emJ?.er~ur un chrétien, Jo~n. Après cette f;Jllite du retour a;x traditions natio~alesl la philosophiegrec­
  • 211. !{A1 /;("" ~ 1 t: 179 .r que a été obligée de se taire, ou de se transfor­ mer en une théologie, en théologie chrétienne, E.:Ii. ~ dans les ~c:its de Denys l Aréopagite ql~~n a interpreté_.-9Ê-J}~ sens paganisant, comme nous le voyons dans les oeuvres du de~nier des phil?so­ phes néoplâtoniciens, P[oclus:, et cela fut son chant du cygne. En 408 le culte payen fut aboli par Théodose le Grand et en S31 lUniversité dAthènes fut fer­ mée par ordre d~ Justinien le Grand. § XXIV. Julien lApostat. empereur (361­ 363), Dès quil eut pris le pouvoir, il devint à Constan­ tinople le grand maître des conventicules mithryaques et eut recours aux purifications du baptême télluro­ bolique. En 36 l, dans une lettre aux alexandrins, Julien signifie que le paganisme est redevenu la religion dEtat. Les idées quil veut introduire dans la mythologie au sujet des trois mondes - sen! sible. intellectuel et intelligible - sont analogues aux doctrines platoniciennes les plus connues. Ce qui semble propre à Julien cest que sa triade di­ vine contient des reminiscences de la trinité chré· tienne. Nous rencontrons cht:z lui un passage q!:1i paraît un réflet des idées de, Denys lAréopagite; il dit notamment: «Pourquoi introduire dans les mythes des histoires d: adultères, de larcins, de pè­ res enéhaînés et dautres contes de ce genre? Par~ ce que labsurdité apparente de tels contes fait voir c_ ,,,1 à lâme, que ce ne sont que des symboles et que la vérité pure est inexprimable)J.
  • 212. 180" § XXV. A. 361. Apollinaire de Laodi­ c é e en Syrie, né à Laodicée en 310, éêque de Laodicée depuis 361, se distingua tout dabord dans la lutte contre] arianisme. (mort en 390). St. Basile c)mbattit son enseignement sur le Logos, qui fut condamné en 553 par le V Concile général de Con­ stantinople. Ce qui est important, cest quApollinaire é­ crivit 30 livres contre le néoplatonicien Porphyre, ouvrage perdu; De ses ouvrages dogmatiques il nest resté que les suivants, sous des faux noms: a) Sous le nom de Grégoire le Thaumaturge, H XO;,O; . , f.LEPO; m::mç. , b) La lettre au pape Jules 1 (exploit{:e par les monophysites à la conférence de 532 ; voir Hypace). c) Un autre écrit du même pape en syriaque. d) Ont peut extraire beaucoup de ses fragments de lécrit Av:PPYJ,:Y.QÇ de St. Grégoire de rysse dirigé contre lui. Si je cite ici Apollinaire, cest à cause dun certain évêque d: Ephèse, Hypace, lequel, daprès une rel~tion dInnocent de Maronia (X siècle), dans une dispute avec les monophysites, en lannée 332 ,à Con­ stantinople, soupçonria.1es anciens Apollinaristes da­ voir falsifié des épîtres du pape Jules et une con­ troverse de Cyrille dAlexandrie avec Thécdore {t Diodore. En ce qui concerne ce dernièr oUHage, Hypace se trompait, puisquil fut reconnu comme authentique par le V Concile oecuménique de Con­ stantinople, que Libérat lAfricain le mentionne et que Photius lavait encore en mains au IX siè­
  • 213. r8r cIe. Il est donc évident que déjà en 361 Hypace lui mtme supposait lexistence des écrits de De ­ nys lAréopagite. 1V SIÈCLE. LES GRA:DS C.-PPADOCIE:-iS § XXVI. Linfluence de Denys lAréopagite sur les Cappadociens est immense. On lobserve a­ vant tout chez Grégoire de Nazianze et chez Gré· goire de :lysse. L influence ~de Denys sur ce, dernier est surtout dune importance capitale pour nous comme nous le verrons tout à l heure. Cependant les pensées qui chez lAréopagite rentrent dans un système philosophique apparaissent sporadiquement et partiellement chez ces Pères de lEglise. Nous tâsherO:15 Je mettre ici en relief, au moins en par· tie, le~ similitudes plus frappantes entre les ~appado­ ciens et l Aré~ite. , " A. 362. (2T. BA~!.i:])distingue trois gegrés dans le progrès du développp.ment de la vie spirituelle indiqués par lAréopagite. Mais à Basile, comme organisatèur de la vie monastique, il importe da­ vantage de donner une direction morale aux moines que de faire une leçon théorique de mystique; cest pourquoi il ne répète pas textuellement les mots de Denys, mais il exprime les mêmes pensées.( <Le Cardinal~ et lécrivain allemand ~­.)1 n~ soutien~ent que la terminologie de ~ est 1 puisée che Denys (c. H. 3. 10). Cela rend furieux. le contempteur eDenys. H. Koch; en répondant à Kranich, il se demand~ourquoiil remonte jusquà lAréopagite~puisquil pouvait tout aussi bien faire dé· -,
  • 214. ~ ----~-.------­ .-.,-~~ ," + ; ,. . . cr---- ­ l..yl " F ~ 7­ t7 _0......... ~ G.. "~ /d-"---~ ~..e--." 182 river ces pensées et ces expressions de Plotin! Crai· 1 gnant cependant qu on ne puisse penser gue ~asi­ ) ) le connaissait les o~vreSdeITAréopagite, cet athlè­ te de la critique catholique (?) allema nde accuse dans sa ferveur Basile 1- de trop rester sous linfluence pa­ O( yenne~ ~e professer ~ des principes platonico-plotini­ ques (?r plutôt que de sen tenir aux Saintes Ecri­ tures, et, allant à la suite de lallemand Jahn (Ba­ silius Plotinizans 1838). il considère Basile comme subissant linfluence de Plotin. § XXVII. A. 370lSt. Grégo ire de Nazyan­ Z~dit le Théologien, nacquit à Aryanze, domaine héré­ ditaire de sa famille, près de Nazyanze en Cappadoce. Il fut consacré évêque de Sasyme par son ami St. Ba~ile en 370, mais il renonça à cette dignité. En/ 381 il fut nommé évêque de Constantinople. Ses «0­ rationes» 28 et 35 contiennent en résumé presque tous les éléments de la philosophie dionysien ne qui se trou­ vent dans la Hiérarchie Ecclésiastique de lAréopa­ gite~ Des passages en ont ~té choisis et publiés par Langen dans le Kirchengeschichte en 1794. Je vais citer encore ici quelques autres ressem­ blances. Grégoire de Nazyanze sexprime cl une manière identique à Denys au sujet des hiérarchies célestes (Oralio 38 i v. aussi Jérôm lib. II adv. Jovinianum), et fa.it la remarque suivante: Que m a d m 0 d u m qui spi a mal i u s mai 0 ru m pu l,c he r r i m e philosophatus est et sublimissime. En outre, de nombreux autres passages témoignent que Grégoire de Nazyanze connaissait et imitait lA­
  • 215. · r-; S -, )J~ 1...... ) ~ ;, Ûr~:~.J" L", L, /- _____ J lWl-,""­ " 18 3 " réopagite; (telle est lopinion de lécrivain allemand Langen et de lexcellent traducteur des teu vres de St. Grégoire de Nazyanze, de Billy). Lorsque Denys lAréopagite, (c. V, D. N.) dit :"0),0,1 sv Ëam:ij) "to EIval OUVEl/,yr.pWç, Grégoire de Ndzyanze (Orat. 29. Pascha) s exprime ainsi: "0),0,1 Éau"tij) ouna~wv SXEl "to EIval.­ Denys dit de Dieu (c. H. c. 9.): &EapXDwu çw"toç èi1mp6v "tE xal à;o&ovcv "é),xyoç, tandis que Grégoire écrit: nÉ­ hyoç oùo{a.ç ot"ElPCV xe.tl à6plO"tOV. - Chez Grégoire comme chez Eusèbe nous rencontrons aussi lexpres­ sion de Denys EhxVOpll..~ ÈVÉpYEle.t. - En parlant du trisagion, Grégoire se sert des mêmes paroles que De­ nys et Athanase. § XXVIII. A. 379. St. Gré g oi re de Nys­ se, le Mystique, mort après 394, frère cadet de St. Basile, fut en premier lieu rhéteu!; ordonné ensuite évêque de Nysse par Basile, il prit part au synode dAntioche (379), et, après le synode de Constantinople (394) nous le perdons de vue. II est le penseur le plus profond entre les Cappadociens. Cest pourquoi il e,5t, naturel que lon ressente Je plus en lui lin­ fluence de lAréopagite. St. Grégoire de Nysse dit p. ex.: Ce qui est invi· sible par sa nature même devient visible par son ac­ tion et peut être connu dans, toutes ses propriétés particulières: (M. 44 1269 A). - Mais cette connais­ sance imparfaite qui est le partage des payens nest pas celle que le Christ a promis à ceux qui ont le coeur pur.... La sainteté ne consiste pas en ce quO on. sènt Dieu, mais en c~ quon porte Dieu en soi 7 même. Car lorsque le Seigneur prom~t. de voir Dieu
  • 216. 18 4 à ceux qui ont le coeur pür, il place Dieu non com­ me un objet extérieur de contemplation, mais il nous enseigne que celui qui détachera son coeur de tout objet créé et de toute passion contemplera le reflet de la nature divine en sa propre beauté. - Il définit cet enseignement dans un autre endroit par les pa­ roles de la Sainte Ecriture: Le règne de Dieu est en Vous (Luc 17, 2 1). Lenseignement de Grégoire sur la contempla ­ tion mystique de Dieu et sur lextase semble être entièrement puisé de Denys et même exposé dans les mêmes termes. La similitude principale se base sur le fait que tous deux se servent de l histoire de Moïse com­ me exemple de lunion avec Dieu et de la contem ­ plation. Ce que Denys lAréopagite présente en traits,/ rapides dans la première partie de Sil Thélogie Mysti ­ que, St. Grégoire lexpose plus amplement dans sa vie de Moïse, et dans la XII homélie sur le Canti­ que des Cantiques, il est aussi bref que lAréopagite. Tout comme Denys, il est de lopinion que pour entrer eil extase une grâce spéciale de Dieu est né· cessaire, et que l homme ne pe~d pas définitivement ces plrticularités avec ceia et ne parvient pas à la contemplation immédiate de Dieu dans son essence. Comme préparation à cet état, Grégoire conseil· le de se détacher de tout ce quia rapport aux sens .. -- ~--"-----et- ae--tootes·les-vanités-· de-ce-mon-de (D. A. De M. T. l, 3). Il affirme que la théologie est une roche a:brupte, sur le sommet de laquelle il est très diffi­ cile qe -parvenir; -et qlie la majorité arrive avec pei . . ne à son pied.>« Mais celui qui laissera derrière.1ui
  • 217. ISS ""=: toutes les phénomènes, non seulement ceux que nous donnent les sens, mais aussi ceux qu aFcr­ • çoit la raison, celui-là, se recuillant de plus en plus en soi entrera dl.ns lInvisible et dans l Inccmpré­ hensible et verra Dieu. Car la vraie connaissance de linconnu et la vraie percéption de linvisible cor.­ sistent à ne pas le voir - èv 1Q1J-cCP 1~ !~~:v èv 1<li f.L~ 1~~:J, - ce que l on cherche restant au-dessus de toute science et étant entouré dincompréhensibilité comme dune certaine obscurité. (D. A. 1. 101 A). Mlis, en réalité, personne na jamais vu Dieu (Ioh. 1, 18). Dans la description de lextase; aucun des anciens Pères de lEglise ne sest éleé plus haut, excepté Denys. Dans i état mystique et extatique lesprit sélève au-dessus de tout ce qui a rapFort aux sens, laction de la raison elle-même et de toute pensée discursive reste suspendue, lâme entre dans le silence et la tr<J.nquillit~, dans lesquels elle aperçoit clairement et sans voile Celui qui ne change pas et na pas de mouvement. Grégoire compare cet état à une sorte de révélation. Il ~st davis quun état de ce genre se manifeste tout dun coup et du­ ne manière inattendue. Mais, malgré ~ette élévation, l homme ne cesse jamais de chercher Dieu, car la vraie contemplation de Dieu consiste en cec~ que,. celui qui contemple incessamment nest jamais rassa­ ., sie. - .. ·~:---Grégoire·de Nys~e n6mme·-Iesangesdaprès p~­ nys: Trônes, Puissances, D,ominations. Il exprime la m~me pensée que Denys, que lon ne peut contem­ pler Dieu èn ~ette vie, car .i1 n e~t pas compréhen­ 1 à Caius Thérapeute de . _ sible. (comp. avec la lettre . , . ..; .
  • 218. 186 D. A.). - G. de N. ainsi que D. A. dans E. H. c. L, 1 énonce la même pensé~; «Chez les saints martyrs la mort est cause de joie et de solennité». ­ G. de N. allégorise en maints endroits à la manière de D. A. dans les Hiérarchies Célestes. - Chez Grégoire de Nysse dans la vie de St. Ephrem (M. 46. 849 c.), nous trouvons un passage dans lequel il prie St. Ephrem de sinterposer en faveur des vi­ v~nts sur lAutel Céleste, où il glorifie ensemble avec les Anges la liturgie en honneur de la Trinité. Ce passage rappelle Denys lAréopagite (c. H. cap. l, 3) dans lequel il dit que les anges prennent part à l Offic~ de Dieu célébré par les prêtres. § XXIX. A. 400. M a rut a de Ma j u ma, é v ê que de Ma ï par kat éci-ivit une histoire/ 1 du c~e de rtic~e (du .Nicaeum) quil envoya à Isaac de Séleucie, où il énumère, comme nous ~éfèr~e Père Stiglmayr, 20 Canons authentiques et 73 Ca­ &3 c,,"......._ ~;H~ocrYEhes. Cet ouvrage, conservé en rartie parmi les manuscrits de la Propaganda Fide (K. VI. 4p. sff.), contient à la page 22 le passage suivant: " .. ~me~ disciple de tapôtre Pierre .qui après lapôtre fut premier évêque de Rome, écrivit une ) lettre à Denys évêque de lAréopagite (sic), disciple de St. Paul etc.... » Le Père Stiglmayr fait la remar ­ que suivante: «le fait quune telle épître du très vénéré Clément de Rome à lAréopagite <était déjà répandue au IV si.ècle parmi les chrétiens et q