213 les fondamentaux_de_la_ruse

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213 les fondamentaux_de_la_ruse

  1. 1. LES FONDAMENTAUX DE LA RUSELe mot ruse vient du latin "recusare" qui veut dire : « Détour par lequel un animal chercheà échapper à ses poursuivants ».C’est donc la feinte, l’écart réalisé, par exemple, par le renard, pour échapper à la meute dechiens qui le poursuivent.Le renard, rusé, trompe ainsi les chiens grâce à cette esquive… 1) Définitions de la Ruse :Il existe, selon nous, deux familles de définitions.La première est issue de l’origine latine du mot et concerne la tromperie.La seconde est issue de la "métis" grecque et concerne l’intelligence. Dans la mythologiegrecque , Métis (en grec « le conseil, la ruse ») est une Océanide, fille dOcéan et de Téthys.Elle est la personnification de la sagesse et de lintelligence rusée.1ère définition :Ruse = Moyen, procédé habile qu’on emploie pour abuser, pour tromper.La définition est claire, sans ambiguïté, chargée de connotation négative.Du reste, les synonymes, sont tout aussi parlants : - ARTIFICE - FEINTE - FOURBERIE - FRAUDE - ROUERIE - MACHINATION - MANŒUVRE - STRATAGEME - SUBTERFUGE - PERFIDIE (le perfide trahit celui qui lui faisait confiance) - ROUBLARDISE (le roublard fait preuve d’astuce et de ruse dans la défense de ses intérêts)2ème définition :Ruse = Art de présenter ou de faire les choses avec un certain savoir-faire.Cette définition nous convient mieux.Les synonymes sont plus positifs… 1
  2. 2. - ADRESSE - FINESSE - ASTUCE - TRUC - CAUTELE (prudence rusée)Et, généralement, quand quelqu’un fait preuve de ce type de ruse, l’on s’exclame avec unsourire admiratif : « C’est rusé !».NOS DEFINITIONS DE LA RUSE :Il s’agit vraiment de la "métis" grecque.Pour nous, la ruse est l’ « Intelligence situationnelle ».C’est la capacité à analyser une situation, la comprendre, et trouver la bonne posture, la bonneparade.C’est ainsi que la ruse devient l’Arme du faible pour combattre le fort.2) Petite histoire des rusesLA BIBLE :- Abraham :Il y eut une famine dans le pays et Abraham descendit en Egypte pour y séjourner car lafamine sévissait sur le pays. Or, au moment d’atteindre l’Egypte, il dit à sa femme Saraï :« Vois, je sais bien que tu es une femme belle à voir. Alors, quand les Egyptiens te verront etdiront : C’est sa femme, ils me tueront et te laisseront en vie. Dis, je te prie, que tu es masœur pour que l’on me traite bien à cause de toi et que je reste en vie grâce à toi ».Genèse 12.10-13Le mensonge est la tromperie la plus simple.- David et GoliathGoliath avait une taille d’environ 2,80 m, avec une cotte de mailles en cuivre dune masse de57 kg, et la lame en fer de sa lance pesait plus de 6 kg.Goliath sortit du camp philistin et mit larmée dIsraël au défi de trouver un hommesuffisamment fort pour faire dun combat déterminant lissue du conflit entre les deux nations.Cette provocation fut réitérée pendant 40 jours, matin et soir, dans la vallée d’Elah.Finalement, David, jeune berger agréé par Dieu, releva le défi lancé par Goliath. Après avoirdéclaré quil venait contre lui avec lappui de Dieu, David lança une pierre avec sa fronde. Lapierre senfonça dans le front de Goliath qui tomba à terre. David lui prit son épée et acheva legéant en lui coupant la tête. 1 Samuel 17.1-54- Paraboles du Christ 2
  3. 3. Jésus Christ s’exprimait par parabole, comme par exemple : Le bon grain et l’ivraie, Le bonSamaritain, ou Le fils prodigue ; ou encore la plus connue : la parabole des Talents.La parabole possède une double origine, latine et grecque.Ce terme s’entend étymologiquement d’abord par sa racine latine (parabola) qui veut dire«PAROLE ».Il s’entend deuxièmement par sa racine en grec (parabolê) qui signifie «COMPARAISON»…La Parabole est donc l’astuce qu’utilise le Christ pour que sa parole soit plus facilementcomprise en utilisant comparaisons, métaphores, images ou analogies.- L’intelligence situationnelle de Jésus Christ : l’exemple de la femme adultère.Les scribes et les pharisiens amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en adultère etils la placèrent au milieu du groupe. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise enflagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes- là. Et toi,qu’en dis-tu ? »Ils parlaient ainsi dans l’intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l’accuser. MaisJésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. Comme ils continuaient à luiposer des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamaispéché lui jette la première pierre. »Et, s’inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. Après avoir entendu cesparoles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus restaseul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, Jésus se redressa et dit :« Femme, où sont-ils donc ? Personne ne ta condamnée ? » Elle répondit : « Personne,Seigneur » et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va et désormais ne pècheplus. » Jean7.53-11- Le jugement de Salomon…Salomon, fils de David et de Bethsabée, est un roi dIsraël (de 970 à 931 avant Jésus-Christ).Sa sagesse et sa justice sont proverbiales. Il fait construire le premier Temple de Jérusalem.Considéré comme « Sage parmi les hommes », il se rendit populaire en début de règne par sesjugements pleins de sagesse. Il avait dailleurs demandé à Dieu de le munir dun coeur quisache écouter.Le Premier livre des Rois (3, 16-28) raconte ainsi le différend qui opposa deux prostituéesayant chacune mis au monde un enfant, mais dont lun était mort étouffé. Elles se disputèrentalors lenfant survivant. Pour régler le litige, Salomon réclama une épée et ordonna :« Partagez lenfant vivant en deux et donnez une des moitié à la première et lautre moitié à laseconde ». Lune des femmes accepta, lautre déclara quelle préférait renoncer à lenfant plutôtque de le voir sacrifié. En elle, Salomon reconnut la vraie mère, et il lui fit remettre lenourrisson. Alors « tout Israël apprit le jugement quavait rendu le roi, et ils révérèrent le roicar ils virent quil y avait en lui une sagesse divine pour rendre la justice ».LA MYTHOLOGIE GREQUE :Le Cheval de Troie 3
  4. 4. Après avoir vainement assiégé Troie pendant dix ans, les Grecs ont lidée dune ruse pourprendre la ville : ils construisent un cheval géant en bois creux, dans lequel se cache ungroupe de soldats menés par Ulysse ; un espion grec réussit à convaincre les Troyensdaccepter loffrande, malgré les avertissements de Cassandre. La cité fait alors une grandefête, et lorsque les Grecs sortent du cheval, les habitants sont pris par la torpeur de lalcool.Les Grecs ouvrent alors les portes, permettant au reste de larmée dentrer et de piller la ville :tous les hommes sont tués, les femmes et les filles emmenées comme esclaves et les enfantsmâles tués eux aussi pour éviter une éventuelle vengeance.Dans cet épisode du cheval de Troie, Ulysse, personnage devenu célèbre pour sa métis(« intelligence rusée »), rend un conseil très apprécié dans la guerre de Troie à laquelle ilparticipe. Ici, il sagit en fait dune ruse. Elle se distingue de la triche mais aussi du délit (ou ducrime) en cela que la ruse est autorisée par la loi ou les règles de lusage, du jeu, de lart, de lasociété, ou des accords internationaux. En lespèce de lart de la guerre chez les grecs, il sagitplus particulièrement dune ruse de guerre.PénélopePénélope est la femme d’Ulysse dont elle a un enfant : Télémaque.Pendant les vingt années dabsence dUlysse, durant et après la guerre de Troie, Pénélope luigarda une fidélité à lépreuve de toutes les sollicitations. Sa beauté attira à Ithaque cent huitprétendants. Elle sut toujours éluder leurs avances et les déconcerter par sa célèbre ruse.Elle sattacha à faire sur le métier un grand voile, en déclarant à ses prétendants quelle nepouvait contracter un nouveau mariage avant davoir achevé ce voile destiné à envelopper lecorps de son beau-père Laërte, quand il viendrait à mourir. Ainsi, pendant de nombreusesannées, elle allégua cet ingénieux prétexte, sans que sa toile sachevât jamais ; car elledéfaisait la nuit ce quelle avait fait le jour : de là est venu le proverbe, « la toile dePénélope », dont on se sert en parlant des ouvrages auxquels on travaille sans cesse et quonne termine jamais.Fil d’ArianeAriane est, dans la mythologie grecque, la fille du roi de Crète Minos (fils de Zeus etd’Europe) et de Pasiphaé. Elle est aussi la demi-sœur du Minotaure (Poséidon lança un sort àPasiphaé, la rendant folle amoureuse dun taureau).Séduite par Thésée, elle aide celui-ci à séchapper du Labyrinthe. Contre la promesse delépouser, elle lui fournit un fil quil dévide derrière lui afin de retrouver son chemin, seulmoyen de triompher du labyrinthe qui na quune seule entrée. Ce fil était-il constitué del’ensemble de ses cheveux noués bout à bout comme le soutient la tradition ?A l’image du fil d’Ariane, les Anglais préfèrent celle de breadcrumbs, par allusion auxmiettes de pain utilisées par le Petit Poucet . (Les ruses se suivent … et se ressemblent).DIDON/ELISSA princesse de TYR, fondatrice de CARTHAGE en 814 avant JCDidon était une princesse phénicienne, née vers 840 av. J.-C. et disparue vers 760 av. J.-C..Première-née du roi de Tyr, sa succession est entravée par son frère Pygmalion, lequel 4
  5. 5. assassine son mari, Sychée, et impose sa propre tyrannie. Pour éviter probablement une guerrecivile, elle quitte Tyr avec une suite nombreuse, sembarquant pour un long voyage dont lesétapes principales furent les îles de Chypre et de Malte.Débarquée sur les côtes de lactuelle Tunisie, vers 814 av. J.-C., elle choisit un endroit oùfonder une nouvelle capitale pour le peuple phénicien : Carthage. Elle obtient pacifiquementdes terres par un accord ingénieux avec le seigneur local : elle négocia un territoire poursétablir « autant qu’il en pourrait tenir dans la peau dun bœuf ».Elle choisit alors pour fonder sa ville une péninsule qui savançait dans la mer et fait découperune peau de bœuf en lanières extrêmement fines. Mises bout à bout, elles délimitentlemplacement de ce qui deviendra plus tard la grande Carthage.On fait souvent référence à ce stratagème en mathématiques, dans le domaine qui étudie lesproblèmes disopérimétrie.EROSTRATE (356 avant JC)Érostrate est un obscur Ephésien, incendiaire du temple dArtémis à Éphèse.En juillet 356 av. J.-C., Érostrate allume un incendie qui détruit totalement le templedArtémis à Éphèse1. Selon Plutarque, lévénement a lieu le jour même de la naissancedAlexandre le Grand.Mis à la torture, Érostrate avoue les motivations de son geste : il cherche à tout prix lacélébrité et na pas dautre moyen dy parvenir ; les Éphésiens interdisent alors de citer sonnom.Lhistorien Théopompe le mentionne néanmoins dans ses Helléniques ; d’autres historiensfont connaître le nom dÉrostrate à la postérité.Dans sa nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939), Jean-PaulSartre résume lhistoire en quelques lignes :« — Je le connais, votre type, me dit-il. Il sappelle Érostrate. Il voulait devenir illustre et ilna rien trouvé de mieux que de brûler le temple dÉphèse, une des sept merveilles du monde.— Et comment sappelait larchitecte de ce temple ?— Je ne me rappelle plus, confessa-t-il, je crois même quon ne sait pas son nom.— Vraiment ? Et vous vous rappelez le nom dÉrostrate ? Vous voyez quil navait pas fait unsi mauvais calcul. »LES HORACES ET LES CURIACES (TITE-LIVE 26 avant JC)Les trois Horaces et les trois Curiaces étaient les champions mythologiques qui, daprès lalégende rapportée par Tite-Live, se seraient battus en duel pendant la guerre entre Rome etAlbe-la-Longue, durant le règne de Tullus Hostilius (selon la tradition, troisième roi de Romeentre 673 et 641 av. J.-C.). 5
  6. 6. Les deux villes décidèrent dun commun accord de régler leur conflit en désignant troischampions de chaque côté. Tite-Live considère, sans en être certain, que les Horaces étaientles champions de Rome et les Curiaces ceux dAlbe.Daprès la légende, les Albains furent tous les trois blessés rapidement, et deux des Romainstués. Le Horace survivant, Publius Horatius, prit la fuite, poursuivi par les Curiaces blessés.Mais ceux-ci ne le rattrapèrent pas en même temps, ce qui permit à lHorace de les tuer lunaprès lautre.La ruse est très belle et illustre, encore une fois, l’intelligence situationnelle, cette arme dufaible contre le dort.Pierre Corneille, en 1640, dans HORACE, fait revivre cet épisode célèbre et fait dire au pèredes trois Horace son vers inoubliable « qu’il mourut ».JulieQue vouliez-vous qu’il fît contre trois ?Le vieil HoraceQu’il mourût,DON JUAN (MOLIERE - 1665)Don Juan désigne à la fois une personne ayant réellement existé et un personnageapparaissant dans de nombreuses œuvres de fiction, dont celle de Molière. La vraie personneétait reconnue pour sa faible moralité et ses conquêtes féminines. Après sa mort, sa vie estdevenue un mythe qui a été maintes fois utilisé pour présenter des allégories de la séductionmais aussi du défi à lautorité et à la morale en soi, et donc autant à lordre établi quà lareligion.Fondamentalement, Don Juan recherche et vit dans le plaisir et la jouissance de l’instantprésent, en sopposant aux contraintes et aux règles sociales, morales et religieuses, ainsi quenignorant volontairement autrui. Cest donc à la fois un jouisseur et un libertin, égalementégoïste et destructeur.Sa ruse pour déduire les femmes était simple : il les épousait et le lendemain de leur nuit denoces, il déguerpissait…LES FABLES DE LA FONTAINE (1668)Pour faire passer ses messages, La Fontaine met astucieusement en scène des animaux.La fable qui illustre le mieux la ruse est « Le corbeau et le renard ».Il s’agit bien d’une certaine intelligence situationnelle qui permet au renard d’adopter lameilleure posture, celle de la flatterie, de la flagornerie.Dans cette situation, il est bien le faible par rapport au fort et la ruse devient une armeredoutable, voire la seule dans ce contexte.LES CONTES DE PERRAULT (1697) 6
  7. 7. Pour faire passer ses messages, Perrault opère sur des contes déjà existants, mais il lesmoralise et en fait des outils « à lenseignement des jeunes enfants ». Ainsi, il rajoute desmoralités à la fin de chaque conte, signalant quelles valeurs sont illustrées.Les contes sont emprunts de ruse que les enfants apprécient sans toutefois en percevoir toutesles subtilités : Le petit poucet, Le chat botté, Cendrillon, et tant d’autres…LE VOYAGE DE M. PERRICHON (Eugène LABICHE – 1860)Dans cette pièce de Labiche, Henriette, la fille de Monsieur Perrichon a deux prétendants. Lafamille Perrichon (M. et Mme Perrichon et leur fille) part en voyage en Suisse et les deuxamoureux montent également dans le train. Tout ce petit monde arrive sur la Mer de Glace.M. Perrichon tombe dans un précipice et l’un des deux prétendants lui sauve la vie. AussitôtM. Perrichon lui exprime sa profonde gratitude et lui affirme ne pas être un ingrat.Le second prétendant comprend que dans la course à la main d’Henriette, la bataille estperdue et passe sûrement une nuit épouvantable.Le lendemain, le second prétendant tombe (sûrement volontairement et astucieusement…)dans un précipice et M. Perrichon lui sauve la vie…Et à qui M. Perrichon va-t-il donner la main de sa fille ? Au premier prétendant qui va luiremémorer toute sa vie sa maladresse et sa dette ? Ou au second prétendant qui va luirappeler, toute sa vie, son acte héroïque ?La ruse est vraiment belle. Bien sûr qu’il y a tromperie. Bien sûr qu’il y a création d’unstratagème, d’un scénario. Mais il s’agit bien d’une véritable intelligence situationnelle, del’arme du faible par rapport au fort dans ce contexte.Au passage, notons que le comportement de Charles de Gaulle vis-à-vis des Américains et desAfricains relève du même syndrome.Les Américains ont libéré la France qui est donc débitrice. Alors qu’en signant des chèquesaux Africains, de Gaulle s’en faisait des obligés…3 - Panorama des ruses actuellesLe placeboLeffet placebo (du latin : « je plairai », sous-entendu : « à qui me demande de prescrire... »)est défini comme lécart positif constaté entre le résultat thérapeutique observé lors deladministration dun médicament et leffet thérapeutique prévisible en fonction des donnéesstrictes de la pharmacologie. Tout geste thérapeutique, valide ou non, comporte dailleurs unepart plus ou moins grande deffet placebo. Cet écart est de l’ordre de 30 % habituellement.On ruse donc avec son corps. On ruse avec son esprit.La présentation commerciale 7
  8. 8. Quand on nous dit que le câble (ou tout autre produit…) coûte x euros par jour, la sommeobtenue nous semble dérisoire.Il n’y a pas mensonge, il n’y a pas tromperie ; il y a une présentation « habile » du prix devente total, divisé par un certain nombre d’unités d’utilisation.La présentation politiqueQuand on nous dit que 55% des Français partent en vacances, cela veut dire aussi que 45% nepartent pas… L’accent est porté sur le côté le plus positif.Quand on nous dit que l’augmentation du chômage tend à diminuer, la technique estidentique.L’attitude commercialeQuand l’acheteur veut négocier un prix, a-t-il intérêt à signifier à son vendeur que le produitcorrespond exactement à ce qu’il recherche et qu’en plus il n’est pas cher ? Non, bien sûr.L’acheteur (peut-être vous-même…) va feindre l’indifférence pour mieux marchander. Il y aun léger bluff…Le scénario politiqueQuand on met des chômeurs en stage pour en diminuer le nombre, ne ruse-t-on pas ? Cetteruse ne passera pas, pour autant, inaperçue. Mais comme elle est réalisée par lesgouvernements de droite comme de gauche…Quand les produits qui entrent dans la composition de l’indice des prix ne correspond pas toutà fait aux produits se trouvant dans le panier de la ménagère, comment appelle–t–on cette« manipulation » ?Quand une policière se déguise en serveuse de boissons et de sandwiches pour nourrir despetits pris en otage par un sale individu, n’est-ce pas là une ruse ? N’y a-t-il pas tromperie ?Mais comme la morale est sauve, on applaudit des deux mains…Quand le gouvernement américain dit posséder des preuves concernant des armes atomiquesen Irak, n’y a-t-il pas ruse pour faire passer sa décision ?Le scénario militaireQue sont les leurres, sinon des ruses appliquées à l’art de la guerre. Durant la guerre contrel’Irak, les faux tanks étaient légion.Le comportement parentalSi tu ne manges pas la viande…Tu préfères manger ta soupe avec des carottes ou avec des pommes de terre ?...Tu vas faire plaisir à maman ; tu vas … 8
  9. 9. Les menaces, les questions alternatives, le chantage affectif … sont autant de ruses que lesparents utilisent sans s’en rendre compte.Le comportement au travailLa technique de la veste italienne : il paraîtrait que les fonctionnaires italiens laissent toujourssur le dossier de leur chaise ou de leur fauteuil, leur veste. Ainsi, si un collègue ou un chefentre dans leur bureau, il imagine qu’ils ne sont pas loin, alors qu’ils peuvent très bien ne pasêtre encore arrivés…Marcher vite dans les couloirs avec des dossiers plein les bras pour montrer que l’on est trèsoccupé.Prendre tard l’ascenseur pour sortir afin de croiser le grand patron qui part, lui aussi, tard…La vie de tous les joursQue font les soldes ? Elles nous font croire que l’on réalise de super affaires…Que fait la publicité ? Elle enjolive la vérité.Que fait l’assaisonnement dans les mets ? Il peut mieux faire passer certains produits d’unefraîcheur douteuse…Que fait le maquillage ? Savez-vous comment on appelle le maquillage en italien ? Cela se dit« il trucco ». No comment…Que font les talons ou les talonnettes ? Ils enjolivent les jambes… Ils grandissent… Celaprouve qu’il peut y avoir ruse tout en sachant qu’il y a ruse…Que fait le wonderbra ? Les hommes sont-ils dupes ?…Joule et Beauvois, dans Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, citent le cassuivant : « Dans la vitrine, habilement éclairé, se trouve un pantalon très chic à 29 euros.Vous entrez bien décidé à profiter de l’occasion. On vous informe courtoisement que votretaille n’est plus disponible. Il ne reste que des 34. Mais le vendeur se fait fort de vous trouveraussitôt un modèle équivalent, même couleur, même forme, etc. Il vous prie de l’essayer, cequi n’engage à rien. Vous ressortez avec un pantalon à 45 euros que vous n’aviez pas prévud’acheter. Vous avez été leurré. »4 - Ruse et comportementDevient-on ou est-on rusé ?Par commodité, utilisons les conclusions du docteur Roger W. Sperry, prix Nobel demédecine, qui démontre que nous possédons deux cerveaux : un cerveau gauche et un cerveaudroit. 9
  10. 10. Le cerveau droit correspond au rationnel, au logique, aux règles, aux conventions sociales, àla morale.Le cerveau gauche correspond à l’intuition, à la créativité, à la métis.Pour faire simple, celui qui possède un cerveau droit très développé ne trouvera qu’unesolution à un problème posé. Il est à la recherche de LA solution. Dans ces conditions, lamorale, les règles sociétales constituent une aide précieuse dans son comportement.- La ligne blanche continue ne se franchit pas.- La vitesse limite ne se dépasse pas.- Un prix est un prix : il ne se discute pas.- C’est oui ou c’est non. Tout est « simple » et le choix s’opère sur des critères rationnels etobjectifs. Si j’ai X euros à placer, je vais choisir LE meilleur placement. Si j’ai X euros àemprunter, je vais choisir LE meilleur taux…, etc.Pour lui, il existe des impossibilités.Pour faire simple, celui qui possède un cerveau gauche très développé sait que face à unproblème, il existe une infinité de solutions. Il ne recherche donc pas LA solution, car il saitqu’elle n’existe pas. Il va faire preuve d’imagination, il va avoir une approche globale, il vas’intéresser aux effets induits. Son choix ne sera pas forcément très rationnel car pourexaminer l’ensemble des possibilités, il faudrait disposer d’un temps énorme. C’est pour celaqu’il dispose d’une bonne dose d’intuition lui permettant de choisir rapidement. Dans cesconditions, la morale, les règles sociétales constituent plus une contrainte qu’une aideprécieuse dans son comportement.Pour lui, tout est possible : osons.Dans la pratique, nous utilisons les deux parties de notre cerveau, mais il est vrai que nouspossédons une certaine tendance…Ainsi, celui qui utilise son cerveau gauche plus facilement que son cerveau droit aura debonnes dispositions pour être rusé.Pourquoi certains rusent-ils plus que les autres ?Nous voyons 4 explications au fait que certains rusent plus que d’autres :Première explication : Par nécessité :Les circonstances, l’échec, la compétition, influent sur notre comportement.Je me prénomme Mohamed et j’envoie des CV car je recherche un emploi.J’obtiens peu de réponses.Je transforme mon nom de famille et mon prénom : j’obtiens plus de convocations.Par « nécessité », j’aurais tendance à utiliser cette simple ruse pour obtenir des rendez-vous. 10
  11. 11. Je souhaite louer un appartement et le bailleur me demande des bulletins de salaire. Je suistoujours au chômage (même si je travaille un peu…), et mon amie risque de me quitter si onne trouve pas rapidement un logement. J’ai retrouvé un emploi mais je ne commence que dansun mois ; je serai bientôt solvable. Mais il y a urgence…Je transforme mes anciens bulletins de salaire en modifiant les dates : mon bailleur accepte deme louer l’appartement.Deuxième explication : Les aptitudesLaptitude est la capacité dun individu à réaliser une action ou une mission donnée ; quand cetaptitude est remarquable, on parle de talent, voir de don.Nous ne bénéficions pas des mêmes aptitudes. Nous sommes inégaux.L’intuition est une aptitude. C’est notre capacité à appréhender le réel indépendamment de laraison.L’empathie est une aptitude. C’est notre capacité à se mettre à la place des autres pour mieuxles comprendre.L’écoute est une aptitude. L’observation est une aptitude.Certains rougissent quand ils mentent ou quand ils sont mal à l’aise. Certains n’osent pas direnon.D’autres sont à l’aise pour improviser, pour se mettre en avant, pour prendre des risques…Nos aptitudes nous dictent notre comportement ou nous freinent dans certains cas. Tout ceciindépendamment de notre position vis-à-vis de la morale, de la loi, des règles…Cependant, on peut disposer de certaines aptitudes et respecter scrupuleusement la morale, laloi et les règles…Troisième explication : L’initiation – le milieu – l’expérienceLe savoir-faire est une aide précieuse pour adopter la bonne posture face à un problème bienprécis.Confronté à un problème « technique » (l’homme est face à des objets techniques), il estpossible de comparer les solutions entre elles en ce qui concerne le coût, les délais, ladifficulté, le rendement, etc.Confronté à un problème « humain » (l’homme est face à une ou plusieurs personnes),l’habilité relationnelle joue un rôle important.Peut-on parler de ruse quand on utilise la politesse, la diplomatie, l’hypocrisie, le sens de larépartie, l’humour… ?Et pourtant, le savoir-être devient un savoir-faire dans la relation à l’autre. L’intelligencerelationnelle est indispensable pour faire passer son message, pour convaincre l’autre, pourapparaître sympathique. La démagogie est-elle une ruse ? Faire un cadeau à un enfant, est-ceun acte rusé pour se faire pardonner ses absences ? Appeler son conjoint par un charmantsurnom, est-ce une posture rusée ?Il est certain que notre éducation, notre formation, nos expériences nous ont fait développerun certain sens de la communication. Certains sentent ce qu’il faut faire et dire pour être 11
  12. 12. accepté par l’autre. Du reste, le secret de la communication est simple : ne dire que ce quel’autre veut entendre et n’écrire que ce que l’autre veut lire. La trop grande franchise serait-elle alors un handicap dans la communication ? Etre entier présenterait-il des avantages ?Tirer parti de ses expériences relationnelles, c’est devenir habile dans la relation à autrui.C’est devenir rusé. Voici la base du concept de la Métis.Certains y parviennent. D’autres demeurent empêtrés dans leur cadre de référence qui leurtient lieu de ligne de conduite sans prendre de hauteur.Quatrième explication : Changement du subconscientLe véritable rusé est celui qui agit par plaisir et non uniquement par intérêt.De la même manière que l’on apprécie le beau geste dans le sport ou la belle interprétationdans l’art lyrique, on pourra apprécier la belle technique pour ruser.C’est ainsi que le plaisir du marchandage peut l’emporter sur l’intérêt de l’objet à acquérir.C’est ainsi que l’acte de séduction peut l’emporter sur le passage à l’acte.Franchir une ligne continue, dépasser la vitesse autorisée ou frauder le fisc peuvent provoquerles mêmes jouissances…Il se produira un changement du subconscient dès l’instant où apparaîtra un déblocage. Laprise de risque doit entraîner l’ivresse, une montée de l’adrénaline.Si être fou c’est ne plus avoir de limite, être rusé c’est se fixer ses propres limites. Osons.Mais osons de manière intelligente, car ne l’oublions pas, le rusé est quelqu’un d’intelligent.Le changement du subconscient devient un « lâcher prise » de notre système de valeurs.5 - Ruse et moraleNous avons tous présent à l’esprit l’épisode du sinistre individu qui prend en otage des petitsenfants d’une école maternelle.Si au bout de quelques heures, il est permis de restaurer les enfants en leur apportant desboissons et des sandwiches et si la serveuse qui apporte le plateau est une femme policièredéguisée en serveuse, alors la France entière applaudit des deux mains.La ruse utilisée qui trompe le sinistre individu est non seulement appréciée maisrecommandée.Cela illustre, tout simplement, que dans chaque action il existe un moyen et une finalité.Si la finalité « est jugée » bonne : on parlera d’habilité.Si la finalité « est jugée » mauvaise : on parlera de tromperie.Tuer un individu est contraire à la loi. Se défendre en tuant un individu est un acte de légitimedéfense. Pourtant, il y a mort d’homme dans les deux cas de figure.6 - Typologie des rusesNous pouvons classer les ruses en 6 catégories :1) L’habiletéType de ruse : Finesse, savoir faire, ingéniositéDécryptage : On encourage ce type de ruse 12
  13. 13. On ne parle pas de ruseExemples : DIDON/ELISSA princesse de TYR Le corbeau et le renard2) Le biaisType de ruse : Action indirecte, subterfuge, mensonge pour la « bonne » causeDécryptage : Légère tromperie BluffExemples : «Je vais en parler à ma femme et puis je prendrai ma décision… » (Alors que la décision est déjà prise) Le policier se déguise en serveur Le pantalon pas cher en vitrine3) L’apparenceType de ruse : L’enjolivement, le leurre, l’inférenceDécryptage : L’autre se trompe plus que l’on ne le trompeExemples : Enjolivement : le maquillage, le paquet cadeau… Leurre : faux tank durant la guerre Inférence : porter ou ne pas porter une alliance au doigt ne veut pas dire que l’on est ou que l’on n’est pas marié4) Le stratagèmeType de ruse : Création d’une situation volontairement fausse, d’un scénarioDécryptage : Volonté délibérée de tromper l’autreExemples : Le cheval de Troie Le voyage de M. Perrichon5) La duperieType de ruse : Fraude délibérée présentée comme une erreurDécryptage : Condamnation par la morale, la loi, les règlesExemples : Inverser les chiffres dans la Déclaration de revenus… « Oublier » de déclarer telle chose …6) La ruse technologiqueType de ruse : Astuce technique pour tromper l’autre ou pour l’obliger à agir d’une certaine manièreDécryptage : Habileté au service de tousExemples : Système d’éclairage des pièces d’une maison de manière aléatoire de nuit pour faire croire que la maison est habitée Chariot dans les Grandes Surfaces ou dans les Aéroports possédant une pièce pour être utilisé. L’utilisateur est obligé de rapporter le chariot à une place prévue à cet effet-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------Florian MANTIONE www.florianmantione.com 13

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