ou la typographie
géo-localisée
EXPOSITION
AU MUSÉE DE L’IMPRIMERIE
DE NANTES
DU 02 DÉCEMBRE 2015 AU 10 JANVIER 2016
24 qu...
le cadre
L’essor  typographique contemporain
On peut observer ces dernières années le développe-
ment de formations de des...
le projet, le contexte
Jack Usine et la typographie des villes
Les villes contiennent des signes typographiques spé-
cifiq...
GAUFRET
ESTHER POCH
Inspirée d’une carte postale de Liège « grosses lettres
», Gaufret est une typographie de titrage uniq...
BARBAROS
HIPPOLYTE JACQUOTTIN
Le caractère Barbaros a été créé à partir d’une carte
postale de la ville de Blida avec un l...
L’AINCISIVE
ADRIENNE DERMIGNY
L’Aincisive est une police de caractères s’inspirant
d’une carte postale datant du début du ...
JOSÉPHINE
JIMMY FROMENT
Elégante au naturelle, la police de caractère Joséphine
représente l’image de la ville de Compiègn...
TROUBADOUR
AURÉLIE COUSQUER
Troubadour est une typographie créée à partir d’une
carte postale de Luchon. Cette commune, si...
KEUDELOTE
MAXIME VÉRINE
Keudelote est une police de caractère en capitales, sérif,
imaginée à partir d’un lettrage logotyp...
CELEBRITA
ANAÏS RALLO
Le Celebrita a été créé par le biais d’un caractère exis-
tant, figurant sur une carte postale ancie...
BORBOLA
ESTHER BOUQUET
Borbola est une typographie linéale, sans serif ima-
ginée à partir du lettrage de la carte postale...
LÉCLUZE
LÉA MARAND
Lécluze est une police de caractères en capitales,
serif, imaginée à partir d’un lettrage logotypé sur ...
ESCALE
ÉLODIE TOURBIER
Escale tire son origine d’un lettrage vernaculaire issu
d’une carte postale datant des années 1900....
À propos
des acteurs
LE PÔLE DESIGN RENNES-BRÉQUIGNY
Le pôle fait partie d’un établissement
public du secondaire et du sup...
Contact
Contact
COMMUNICATION
COMMUNICATION
Le pôle design Rennes-Bréquigny
7 avenue Georges GRAFF
BP 90516
35205 RENNES C...
Typostales ou la typographie géo-localisée
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Typostales ou la typographie géo-localisée

8 850 vues

Publié le

On peut observer ces dernières années le développement
de formations de design graphique dont l’enseignement
progresse qualitativement et le développement
des technologies, notamment celui d’applications
de plus en plus performantes au service de la conception-
création de typographies (applications toujours
plus intuitives et rapides d’utilisation).
Le résultat est inégal car l’offre pléthorique montre des
pratiques plus ou moins amatrices1 dont, par exemple,
le site Dafont fait état souvent, hélas. Il reste néanmoins
que la tradition typographique doit s’enrichir de nouvelles
formes et de nouveaux processus de création
de caractères mais que les nouvelles possibilités de
conception ou de fabrication de caractères doivent être
envisagées en lien avec une culture et un savoir-faire
spécifiques maitrisés.
L’activité du designer de typographie évolue donc, en
lien avec les développements de logiciels spécifiques
de conception. Son rôle change aussi dans le cadre de
sa démarche de conception-création d’un projet.
Le fait est, qu’accompagnées d’applications nouvelles
ou de plus en plus performantes, les possibilités créatives
du graphiste engendrent toujours plus d’innovation
et de déploiements de projets ciblés

Publié dans : Design
0 commentaire
2 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
8 850
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
3 775
Actions
Partages
0
Téléchargements
5
Commentaires
0
J’aime
2
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Typostales ou la typographie géo-localisée

  1. 1. ou la typographie géo-localisée EXPOSITION AU MUSÉE DE L’IMPRIMERIE DE NANTES DU 02 DÉCEMBRE 2015 AU 10 JANVIER 2016 24 quai de la Fosse 44000 Nantes
  2. 2. le cadre L’essor  typographique contemporain On peut observer ces dernières années le développe- ment de formations de design graphique dont l’ensei- gnement progresse qualitativement et le développe- ment des technologies, notamment celui d’applications de plus en plus performantes au service de la concep- tion-création de typographies (applications toujours plus intuitives et rapides d’utilisation). Le résultat est inégal car l’offre pléthorique montre des pratiques plus ou moins amatrices1 dont, par exemple, le site Dafont fait état souvent, hélas. Il reste néanmoins que la tradition typographique doit s’enrichir de nou- velles formes et de nouveaux processus de création de caractères mais que les nouvelles possibilités de conception ou de fabrication de caractères doivent être envisagées en lien avec une culture et un savoir-faire spécifiques maitrisés. L’activité du designer de typographie évolue donc, en lien avec les développements de logiciels spécifiques de conception. Son rôle change aussi dans le cadre de sa démarche de conception-création d’un projet. Le fait est, qu’accompagnées d’applications nouvelles ou de plus en plus performantes, les possibilités créa- tives du graphiste engendrent toujours plus d’innova- tion et de déploiements de projets ciblés. L’essor typographique dans les territoires La typographie a toujours été le reflet de cultures na- tionales ou régionales. Ainsi, par exemples, le carac- tère Garamond peut-il être associé à la France, le Bas- kerville ou le Caslon à la Grande-Bretagne, l’Helvetica à la Suisse… Ces associations ne sont pas figées, tout comme les identités, elles évoluent, s’enrichissent. Ain- si, aussi différentes soit-elles, les réalisations typogra- phiques de Roger Excoffon sont intimement liées à la culture française comme l’est le caractère inventé jadis par Claude Garamont. D’autre part, sous l’effet de la mondialisation et de l’inté- gration européenne, les territoires, les régions, les villes devenant aujourd’hui des métropoles doivent désor- mais rivaliser de stratégies pour attirer les investisseurs, économiques, financiers ou touristiques. Ainsi, la notion de « marketing territorial » est-elle en plein essor et après le développement récent de La Marque Bretagne, c’est l’Alsace qui ‘s’apprête à  propo- ser d’adapter « ( …)l’offre territoriale à la demande. Le marketing territorial ne vend pas un découpage administratif mais plutôt une destination à des clients ciblés : investisseurs, dirigeants, cadres, familles. Les territoires sont mis sur le marché avec une stratégie, un plan d’action, des outils de pilotage et d’aide à la décision comme pour une nouvelle marque de lessive ou le lancement d’un nouveau smart-phone. »2 Dans ce contexte, la typographie peut-être convoquée pour signifier l’identité d’une ville ou d’un territoire. Ainsi, le caractère Spotka (2003) a été entièrement redessiné par Xavier Dupré et s’est dotée de fontes condensées. Cette nouvelle famille, Région Bretagne, est en usage exclusif pour ce territoire.3 La ville de Toulouse aussi possède désormais sa propre police de caractères : le « Garonne est le fruit d’une col- laboration entre la mairie et l’école des Beaux-Arts de Toulouse... »4 Enfin, dans l’un des billets de son blog, Geoffrey Dorne évoque les réalisations du graphiste-photographe turc Gokhun Guneyhan associant des clichés retouchés de ville à des typographies spécifiquement choisies pour refléter leurs identités propres.5 Au delà de l’exercice graphique relativement séduisant, on peut noter que les choix des codes typographiques et le sens qu’on leur attribue peuvent être largement partagés... 1 - BERTRANDY (Yann), Étapes, « Tout le monde est graphiste », juillet 2009, p.66-69. 2 - GWIAZDZINSKI (Luc), Contre les territoires jetables. Première approche critique des systèmes d’identication des territoires. [en ligne] disponible sur https://halshs.archives-ouvertes.fr/ halshs-01071428/document, consulté le 12-11-2015. 3 - DUPRÉ (Xavier), Spotka, [en ligne] disponible sur http://www. xavierdupre.com/html/spotka.php?p_lang=fr , consulté le 18 novembre 2015. 4 - DELEM (Julie), La Dépêche, « La Ville rose possède désormais sa propre typographie », [en ligne] disponible sur http://www.ladepeche. fr/article/2009/02/03/534416-la-ville-rose-possede-desormais- sa-propre-typographie.html, consulté le 11 novembre 2015. 5 - DORNE (Geoffrey), Grafism.fr, « Des villes et des typos », [en ligne] disponible sur http://graphism.fr/des-villes-des-typos-gokhun- guneyhan/, consulté le 12 novembre 2015. Yves Guilloux, Flora Commaret, novembre 2015.
  3. 3. le projet, le contexte Jack Usine et la typographie des villes Les villes contiennent des signes typographiques spé- cifiques qui s’ajoutent dans une forme de continuité relative. Le typographe Jack Usine s’en est fait une spé- cialité en les repérant et en proposant des projets qui s’ancrent au Havre avec les étudiants de l’ESAH ou bien à Marseille par exemples.1 Du même auteur, lancé en 2006, le blog Jules Vernacu- lar est un hommage au patrimoine typographique ver- naculaire composé « d’écritures, enseignes, inscriptions sont soigneusement récoltées, sélectionnées puis clas- sées pour constituer une sorte d’herbier du fait-main typographique. »2 Dans un autre genre, spécifique, au début du XXe siècle et accompagnant l’essor des déplacements tou- ristiques, des cartes postales comportant de grosses lettres étaient diffusées dans beaucoup de villes. Les gros caractères dont elles étaient composées permet- taient l’utilisation de leurs surfaces ou graisses pour contenir des détails photographiques pittoresques des lieux qu’elles étaient sensées représenter. Jack usine a ainsi constitué une collection assez variée, illustrant ce phénomène. En grosses lettres C’est à partir de ces lettrages-logotypes, piochés dans la collection de cartes postales « grosses lettres », que les étudiants du DSAA du Laab Rennes-Bréquigny ont été invités à concevoir un caractère typographique ori- ginal.  Celui-ci a du garder l’esprit du lettrage de référence, le synthétiser, pour en livrer une version typographique contemporaine. Une première étape de dessin d’obser- vation et d’analyse du lettrage original a été nécessaire pour poser les bases, les contraintes et les ambitions de la création des étudiants. Après le travail de recherche, croquis, puis stabilisation des premiers signes caractéristiques, l’étape de numé- risation sur le logiciel de création de caractères Glyphs, via une étape intermédiaire sur Illustrator a suivi. Le caractère – conçu uniquement pour la composition en capitales – intègre au minimum les 42 lettres de l’al- phabet français, agrémentées des signes de ponctua- tion les plus courants. Le dessin de l’esperluette et des chiffres permettent parfois de compléter cette création. Les 10 projets finaux prennent la forme d’un spécimen « typographicotouristique » qui sert à présenter à la fois le caractère (au verso) et la ville (au recto) qui y est liée. Trois supports ont été déclinés : une carte postale, une affiche et un autre au choix. Les (bons) mots, le papier et la couleur sont des moyens dans l’intention de nous donner envie de venir visiter ! 6 - JACK USINE, Point typo.com, « Vernaculairement parlant , Le Havre, Saison graphique, 2010 et Excursion, 2013 », [en ligne] disponible sur http://www.pointypo.com/excursion-vernaculaire- marseillais-mis-en-fonte/, consulté le 25 avril 2015. 7 - JACK USINE, Usine.name, « Jules Vernacular », [en ligne] disponible sur http://www.usine.name/typographie/jules-vernacular/, consulté le 25 avril 2015. Étudiants de l’ESAH. Leurs travaux, regroupés sur le titre de Vernaculairement parlant. Yves Guilloux, Flora Commaret, novembre 2015.
  4. 4. GAUFRET ESTHER POCH Inspirée d’une carte postale de Liège « grosses lettres », Gaufret est une typographie de titrage uniquement composée de capitales. De ce fait, elle ne peut avoir un corps inférieur à 36 pt. Sa singularité s’inscrit d’une part, dans son jeu de contre-formes, qui la rend mo- derne et contemporaine, et d’autre part dans le dessin des caractères curvilignes. La discrétion de ses déliés renforce également cette idée et fait de Gaufret un ca- ractère imposant. La stabilité fait également partie de ses attributs grâce à ses empattements marqués qui l’ancrent au sol. Son nom, quant à lui, est un clin d’œil aux spécialités gastronomiques de sa ville d’origine : la gaufre liégeoise, le boulet sauce lapin et le péket (un alcool à base de baies de genévrier). Les créations graphiques associées à la médiation du caractère gravitent autour du même thème. Elles se déclinent sur trois supports : cartes postales, affiches puis packaging créant ainsi une unité visuelle aux spé- cialités liégeoises. On retrouve sur chacun d’entre eux un jeu de mots ainsi que l’illustration de celui-ci, faite uniquement avec les lettres du caractère. Le recours à l’humour et aux couleurs vives reflètent l’esprit cha- leureux et bon vivant des Liégeois. Dans ce sens, les illustrations typographiques imprimées en « all-over » semblent tomber en continu donnant ainsi une impres- sion d’abondance de mets. Les supports papier sont imprimés en sérigraphies. Cette technique permet un jeu de transparence et de superposition qui peut évoquer la sauce des boulets, le péket ou encore le nappage d’une gaufre. Elle permet également d’imprimer sur une grande diversité de matériaux d’où son utilisation fréquente la création de packagings. Esther Poch, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  5. 5. BARBAROS HIPPOLYTE JACQUOTTIN Le caractère Barbaros a été créé à partir d’une carte postale de la ville de Blida avec un lettrage appartenant au style des grosses lettres. Ce qui m’intéressait particu- lièrement dans cette ancienne carte, ce sont ses lettres modernes, étroites et sans fioritures. J’ai souhaité garder les empattements discrets qui caractérisent le lettrage et qui permettent de classer ce caractère en tant qu’in- cise, même si la ressemblance avec la famille des linéales est présente, surtout sur un corps réduit. Ainsi il garde une certaine élégance et un côté chaleureux. Le nom Barbaros, qui signifie Barberousse en français, est un hommage au célèbre marin turc. S’il est connu pour ses actes de pirateries, il a pourtant créé et financé la ville de Blida afin d’accueillir les musulmans anda- lous qu’il a protégé des Espagnols au début du XVIe siècle. C’était un homme violent, mais il a su faire preuve d’humanisme au bon moment. La famille de caractères correspond bien à cet aspect puisqu’elle est à la fois abrupte et imposante, mais elle est aussi stable et raffi- née. Des notions qui sont transmises par l’étroitesse des caractères, leur graisse et les empattements fins. Le peu de différence entre les pleins et les déliés modernise la typographie en s’inspirant des linéales géométriques. Afin de mettre en avant les faits méconnus de Barbe- rousse et d’embellir son image, j’ai réalisé des supports dans l’optique d’en apprendre plus sur ce qu’il a fait pour Blida. Les visuels créés sont des illustrations et des phrases utilisant le caractère produit, afin de le mettre en avant. Ce dernier est utilisable pour du titrage et des phrases avec un corps assez réduit, mais pas pour des paragraphes entier. Le seul hommage qui lui est accordé est le nom d’une rue dans cette ville, qui existe grâce à lui. Le ton humoristique permet une meilleure mémorisa- tion et évite le discours trop sérieux autour de l’Histoire, sachant qu’il s’agit plus de petites anecdotes. Hippolyte Jacquottin, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  6. 6. L’AINCISIVE ADRIENNE DERMIGNY L’Aincisive est une police de caractères s’inspirant d’une carte postale datant du début du siècle dernier, au nom de la ville des Deux Seyssel. Tout l’intérêt du lettrage de cette carte, réside dans l’association d’une construction assez stricte du corps des lettres, et de courbes plus subtiles qui prennent vie au niveau des terminaisons et empattements. L’ensemble donnant alors un dessin « coupant » et subtilement décoratif. Pour sa part, la ville des Deux Seyssel est située sur les deux rives du Rhône, elle est séparée par le fleuve et représente deux villes en une : Seyssel de l’Ain et Seys- sel de Haute Savoie. Comment retranscrire cette singularité géographique ? En s’appuyant sur le lettrage de départ, qui ne compre- nait que les lettres S, E, Y, et L, j’ai cherché des mouve- ments dans le dessin, une gestuelle qui pouvait s’appli- quer à un alphabet se voulant incisif sur quelques lettres emblématiques. Il fallait que je trouve un système pour faire correspondre certaines terminaisons entre elles : évoquer de manière subtile le tranchant de la police, tout en travaillant l’homogénéité du caractère. Pour évoquer le caractère de l’Aincisive en rapport avec la ville, la composition des supports fonctionne toujours sur un principe de dualité (rappelant ainsi le tranchant de la typographie et la séparation territo- riale de la ville). Cette dualité s’exprime alors à travers la composition du texte (avec des grilles obliques ou verticales) et le texte lui même. Le choix des couleurs : un ton sur ton de bleus (le bleu se référant au fleuve, élément caractéristique de la séparation des Deux Seyssel). Tous ces éléments s’appliquent aux supports papier comme à des objets, comme celui du packaging comprenant deux bouteilles de vin, qui serait emblé- matique de la singularité de la ville, puisque les coteaux du vignoble Seyssel, spécialité locale, se situent sur les deux rives du fleuve. Le nom Ainsicive est la synthèse du style typogra- phique de cette police et du jeu de mot « in » « ain » qui rappelle l’une des rives des Deux Seyssel. Adrienne Dermigny, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  7. 7. JOSÉPHINE JIMMY FROMENT Elégante au naturelle, la police de caractère Joséphine représente l’image de la ville de Compiègne. Une ville riche de son patrimoine historique mais aussi de sa na- ture bordant ses alentours. La volonté a été de garder les forces et caractéristiques de certains caractères fai- sant l’identité propre de la typographie. Avec une dif- férence peu prononcée entre ses pleins et ses déliés ainsi que des formes courbes, celle-ci se rapproche du style art nouveau. Sa terminaison en pointe comme pour la lettre A et ses caractères longilignes confèrent à cette police un aspect féminin. L’apparence tout en longueur de cette incise se renforce par des contres- formes étroites. La volonté de ce travail typographique a été de lier l’his- toire de la ville et de l’intérêt qu’elle porte à sa nature. Pour ici faire le lien, le caractère se nomme Joséphine en souvenir de l’impératrice et femme de Napoléon Bonaparte. Connue pour son goût de luxe et s’intéres- sant aussi à la botanique, selon l’histoire elle avait pour mauvaise habitude de se perdre dans la forêt de Com- piègne durant ses promenades. Pour le premier support j’ai donc choisi de faire un clin d’œil à cette anecdote en détournant une phrase de la chanson pour enfant Promenons-nous dans les bois. Les caractères viennent se perdre dans le mot bois. L’idée est de créer des visuels sobres, élégants en tra- vaillant dans une même gamme colorée de vert conno- tant la végétation. La recherche de se rapprocher de la nature s’est aussi faite dans le choix d’un papier recy- clé donnant au support de la texture. Pour le second support, l’idée est d’inviter à la déambulation au milieu de cette arborescence. Les caractères viennent ici se mélanger, reprennent la forme de la forêt de Com- piègne et permettent de visualiser une autre phrase extraite d’une comptine. Le troisième dispositif serait une chaise chilienne créée en concordance avec la ville de Compiègne. La phrase brodée sur le tissu renforce la démarche de sophistication et de tradition. Les chaises seraient alors disposées dans la forêt invitant les pro- meneurs à la détente, au repos. Jimmy Froment, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  8. 8. TROUBADOUR AURÉLIE COUSQUER Troubadour est une typographie créée à partir d’une carte postale de Luchon. Cette commune, située en Haute-Garonne, est surnommée « la Reine des Pyré- nées ». C’est la station de ski la plus fréquentée des Py- rénées, ainsi qu’une station thermale. Cependant, son patrimoine médiéval est méconnu des touristes. « Lu- chon » vient de l’occitan « luishon », la langue des trou- badours, personnages emblématiques du Moyen-Âge. Les troubadours divertissaient la cour par la transmis- sion orale de poèmes, récits et chants populaires, ac- compagnés par des jongleurs ou des ménestrels. Troubadour est ainsi une typographie ornementale avec serif. La spécificité de cette fonte réside dans ses empattements asymétriques arrondis : rigoureux dans la partie supérieure et ondulants dans la partie infé- rieure. La traverse incisive et tranchante contraste avec ses empattements pour lui apporter plus de caractère. Sa forte graisse lui donne l’attribut de typographie de titrage, renforcé par l’aspect fantaisie de son dessin de lettre. Cette typographie-image est joyeusement dan- sante et festive. La communication de la ville de Luchon joue sur l’uti- lisation de termes médiévaux. Les cartes postales au format à la française proposent une série de portraits de personnages de la cour au Moyen-Âge (reine, che- valier, seigneur). L’affiche « colonne Morris » permet un format très allongé suggérant les lés de papiers anciens contenant les discours des troubadours. La couronne en papier, donnée aux enfants dans les stations de ski, propose, au recto, un coloriage pour être customisée, et au verso, des informations sur un lieu médiéval à découvrir à Luchon. Aurélie Cousquer, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  9. 9. KEUDELOTE MAXIME VÉRINE Keudelote est une police de caractère en capitales, sérif, imaginée à partir d’un lettrage logotypé d’une ancienne carte postale de La Rochelle, ville portuaire située en Charente Maritime. L’intérêt de ce lettrage résidait selon moi dans les courbes de ses fûts et les empattements assimilables à des queues de poissons, ce qui lui a valu son nom. En effet, suite à une analyse du lettrage d’origine par le croquis, mon regard s’est porté sur les L et E de La Rochelle, qui sont donc à l’origine de mes choix typogra- phiques pour la création de la police de caractère finale. La fluidité de la lecture se fait grâce à une ligne visuelle créée par l’épaississement des fûts en leur centre, à équidistance entre la ligne de base et la ligne de tête. Keudelote est une police de caractère qui s’inspire direc- tement du patrimoine culturel de La Rochelle. Keudelote c’est d’une part la légende de la fée Mélusine, qui aurait bâtie la tour Saint-Nicolas, symboles avec la tour de la Chaîne de la ville de la Rochelle. Les mouve- ments du corps de cette fée mi femme mi serpent, ondu- lant dans l’Océan entre les portes de la ville se ressentent dans les courbes des barres horizontales et traverses de la police de caractère. Et d’autre part, Keudelote c’est aussi le rayonnement de la ville à l’échelle du commerce maritime. Le port est depuis longtemps animé par les pêcheurs qui sont l’âme de La Rochelle, ramenant fièrement au cœur du marché couvert leurs poissons. Sous les lumières de ce marché historique, les étals étin- cellent grâce aux écailles et les queues frétillantes, cap- turées dans les empattements du Keudelote. Pour évoquer Keudelote dans la composition de mes supports de communication, il me paraissait donc évi- dent d’évoquer d’une part la pêche par des jeux de mots invitant à venir à La Rochelle. Et d’autre part, j’ai souhaité mettre en évidence les mouvements de la police de ca- ractère par un système graphique composé de vagues, avec un jeu d’échelle qui caractérise bien l’Océan, à la fois immense et à la fois réduit par notre acuité visuelle. Maxime Vérine, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  10. 10. CELEBRITA ANAÏS RALLO Le Celebrita a été créé par le biais d’un caractère exis- tant, figurant sur une carte postale ancienne de la ville de Cannes. La forme générale arrondie et ses empatte- ments signifiants des vagues m’ont séduite, ce qui m’a donné envie de développer et d’améliorer ce lettrage. Cannes, la ville de toutes les folies, des clichés, mais aussi et surtout connue et reconnue grâce à son rocam- bolesque festival de cinéma. Le cinéma est présent ou suggéré partout dans la ville, il est omniprésent. Cette ville est le symbole de la France Côte d’Azur, du luxe, des yachts, des paillettes et des starlettes. L’important dans un premier temps a été d’équilibrer le lettrage: phase de vectorisation, dessin et réinterpréta- tion de chaque lettre, création de l’alphabet en haut de casse, ainsi que des signes de ponctuation. La phase de finalisation a été réalisée par l’intermédiaire de Glyphs, un logiciel dédié à la création typographique. Les particularités et la singularité du lettrage de base ont été réinterprétées de manière ponctuelle et cohé- rente: dans un premier temps, on peut parler de la forme pouvant être assimilée à celle d’une vague qui émerge de la terminaison de certaines lettres: par exemple avec l’ascendante du N, la descendante du J, ou encore la terminaison du S. Cette ondulation fait allusion à un ductus à l’aspect cal- ligraphié et ajoute une bonne dynamique visuelle. Une deuxième spécificité de ce lettrage, ses empat- tements au départ désordonnés et quelque peu bran- lants que nous avons retravaillés en lui apportant plus de symétrie. La véritable élégance et le potentiel de ce lettrage se dévoilent enfin. Ce caractère illustre parfaitement les différentes carac- téristiques de la ville de Cannes: luxe, abondance, vani- té, confort, une certaine élégance. Cette typographie en haut de casse est imposante par sa rondeur, mais elle laisse cependant entrevoir une certaine finesse , notamment par ces empattements discrets et délicats. Elle ne passe pas inaperçue avec son corps imposant. Son nom « Celebrita » fait écho à ses origines, une can- noise, nageant dans le luxe, dans un confort luxuriant. Anaïs Rallo, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  11. 11. BORBOLA ESTHER BOUQUET Borbola est une typographie linéale, sans serif ima- ginée à partir du lettrage de la carte postale de La Bourboule datant de 1900. Cette ville, de moyenne montagne, est située en Auvergne et bénéficie des labels « station thermale » et « village de neige ». L’origine du nom de La Bourboule reste tout du moins incertaine : elle tiendrait de l’existence d’une ancienne zone boueuse à cet endroit. Par son nom, Borbola fait ainsi référence à la boue, à la bourbe, en hommage à cette ville où les nombreuses sources thermales en ont fait la renommée au XIXIème siècle. La fonte est construite à partir d’un gabarit modulaire basé sur des formes élémentaires qui renforcent la verticalité et la géométrie des fûts du lettrage d’origine. En accrois- sant cette régularité, le contraste avec les panses des O et des B bien arrondies, est amplifié ce qui donne une police de titrage visuellement imposante par une graisse uniforme. En faisant référence aux maladies traitées et soignées à La Bourboule et en utilisant le registre de l’humour sur les différents supports de communication dédiés à la ville, je crée ainsi un décalage entre le message qui peut être perçu comme pesant et un ton qui se veut plus léger. Cette volonté de mettre en avant les qualités thermales et curatives de la ville devient alors un argument touristique. L’utilisation d’onoma- topées et de rimes permet un rapport autrement plus direct avec le potentiel visiteur. Par ailleurs, on observe une certaine continuité du dialogue à travers les différents supports de communication déployés : si l’affiche vante ainsi les mérites des cures thermales, la carte postale, elle, prône les vertus du traitement de l’asthme qui y est dispensé ; les différents échantillons de savon, quand à eux, font davantage référence au bien-être et à la prévention des maladies car ils sont la base même de l’hygiène et permettent d’éviter la propagation ra- pide des virus. Esther Bouquet, DSAA1 mention Design graphique, 2015 ABCDEGHIJK LMNOPQRSTU WXYZÂÀÆÇÉÊ ËÈÎÏÔŒÚÛÜÙŸ .,:!?’«»“”
  12. 12. LÉCLUZE LÉA MARAND Lécluze est une police de caractères en capitales, serif, imaginée à partir d’un lettrage logotypé sur une ancienne carte postale de Lizy-sur-Ourcq, un village français situé en Seine-Saint-Denis. L’analyse de ce lettrage, par le dessin technique, a permis de mettre en évidence ses empattements parti- culièrement étendus en se concentrant principalement sur les lettres « L » et « Z » qui en font sa singularité. Lécluze est intégralement dessiné à partir de ces deux caractères. Mon parti pris a été d’accentuer l’étirement des empattements extérieurs qui contrastent, pour certaines lettres comme le « H » et le « U », avec les empattements intérieurs. Les caractères se frôlent et forment des espaces d’inter-lettrages que j’ai essayé de rendre le plus harmonieux possible. Le travail des courbes qui vient souligner, accentuer et révéler ce jeu de pleins et de vides avec les contres formes a deman- dé une certaine persévérance. Le nom de cette typographie fait référence à la grande écluse du canal de l’Ourcq construite dans le parc du château de Lizy-sur-Ourcq, au milieu du XVIIIème et qui a permis au village de se développer économiquement. C’est aussi le long de ce canal bordé d’une belle nature et de bâtisses (sucrerie, lavoir), devenues aujourd’hui des lieux abandonnés, que les gens se retrouvaient, se baladaient, pêchaient... C’est encore le cas aujourd’hui. Le développement des supports de communication s’inscrit dans ce contexte pour témoigner de ce lieu encore plein de charme. L’affiche est une synthèse des éléments et lieux que nous sommes amenés à croiser lors d’une promenade le long de l’écluse. La carte postale rappelle la place importante de Lizy en tant que bourg. Enfin, les emballages de bonbons rendent hommage à l’ancienne sucrerie. Ils seraient présentés à l’occasion de la foire d’automne où les produits du terroir sont mis à l’honneur. Léa Marand, DSAA1 mention Design graphique, 2015
  13. 13. ESCALE ÉLODIE TOURBIER Escale tire son origine d’un lettrage vernaculaire issu d’une carte postale datant des années 1900. Après une analyse formelle, certaines caractéristiques singu- lières ont été relevées afin de créer une typographie de titrage, qui présente un jeu complet de capitales, de chiffres et de signes annexes. Entre rigueur et liberté, Escale marie à la fois des formes aiguës, par ses terminaisons évasées caractéris- tique d’une incise et des courbes généreuses et ondu- lantes. Certaines terminaisons s’élancent au dessus de la ligne de tête ou au contraire en dessous de la ligne de pied, une particularité qui apporte du mouvement et du dynamisme au caractère. Son dessin est contemporain et possède une expressivité propre, mais garde néan- moins l’esprit du lettrage de référence. Le résultat est un caractère fort avec des fûts très noirs à chasse étroite. Pour ce qui concerne la promotion de mon caractère, j’ai choisi de m’attacher à l’univers du marin, le navi- gateur des mers et des océans. La ville de Saint-Na- zaire s’articule en grande partie autour de son port. Les flux maritimes constituent un ensemble riche, faisant partie de l’identité de la ville, d’où l’origine du nom Escale. Ainsi grâce à la typographie, à la couleur et à des jeux de matière, je veux faire vivre l’expérience de la mer. La réalisation d’une marbrure apporte un côté tourmenté et agité mais également, de manière plas- tique, elle crée une matière mousseuse que l’ont peut rapprocher de l’écume. Le verso du spécimen reprend certains codes graphiques, tels que la couleur et la com- position ondulante, tout en le différenciant du recto. Élodie Tourbier, DSAA1 mention Design graphique, 2015 MON LIT C'EST L A MER M ON TOIT LESNUAGES MA MAISON C'EST L'OCÉAN
  14. 14. À propos des acteurs LE PÔLE DESIGN RENNES-BRÉQUIGNY Le pôle fait partie d’un établissement public du secondaire et du supérieur. Il accueille depuis 2010 une formation qui délivre un diplôme supérieur d’arts appli- qués. Trois secteurs - design graphique, design d’espace, design de produits - y sont enseignés, construisant un cadre pluridisciplinaire ET interdisciplinaire, où les étudiants de chaque spécialité déve- loppent une démarche approfondie, en même temps qu’une pratique où conver- gent approches complémentaires. La nature de cette formation engage une réflexion aboutie, en terme de projet de design, une capacité à problématiser une situation donnée et à chercher de manière ouverte et créative. C’est pour- quoi l’activité en DSAA comporte une très forte dimension de conception, en plus d’une exigence de grande précision dans les projets développés (mises en place de stratégies créatives complexes, sélection de moyens techniques/ tech- nologiques adaptés). JACK USINE Jack Usine est un graphiste plasticien et un dessinateur de lettres. Il crée dès 2002, SMeltery « l’usine de fonte » via laquelle il diffuse ses créations typogra- phiques. Dans sa pratique du graphisme, il fait également partie du studio Gusto, un atelier de création visuelle qu’il a fondé en 2005 avec Fanny Garcia. LE MUSÉE DE L’IMPRIMERIE DE NANTES Situé à Nantes, le Musée de l’imprimerie a été développé par des professionnels soucieux de transmettre les savoir-faire techniques, particulièrement typogra- phiques. Il est l’un des tout premiers musées européens de l’imprimerie et des arts graphiques. 300 000 visiteurs l’ont déjà visité depuis son ouverture. Les collections se sont constituées et continuent de s’enrichir par des dons successifs. L’une des particularités de ce lieu est qu’il propose de découvrir des machines en état de fonctionnement, démonstration à l’appui. Ouvert à des partenariats expérimentaux, le Musée de l’imprimerie de Nantes est animé par quatre profession- nels et une soixantaine de bénévoles très compétents et disponibles. De nom- breux ateliers y sont organisés en typo- graphie, lithographie, gravure, reliure, enluminure, calligraphie. Plus de 400 artistes ont déjà réalisé 2 000 estampes sur ses presses auxquelles il faut ajouter une quarantaine de livres d’artistes. Il est l’un des tout premiers musées européens de l’imprimerie et des arts graphiques.
  15. 15. Contact Contact COMMUNICATION COMMUNICATION Le pôle design Rennes-Bréquigny 7 avenue Georges GRAFF BP 90516 35205 RENNES Cedex 2 DSAA - pôle design dsaa@lyceebrequigny.fr http://laab.fr/dsaa/ YVES GUILLOUX professeur teacher yves-jean.guilloux@laposte.net FLORA COMMARET professeur teacher flora.commaret@gmail.com PARTENAIRES PARTNERSHIP JACK USINE (Tristan Étienne) typographe usine@smeltery.net Portfolio personnel www.usine.name Fonderie www.smeltery.net Studio www.gusto.fr Blog www.vernacular.fr Collectif www.sainte-machine.com MUSÉE DE L’IMPRIMERIE, NANTES. Représenté par M. Jean-Yves Marin dirigeant le Musée de l’imprimerie de Nantes et président de l’association Loi 1901 Pro arte graphica M. Philippe Bretaudeau responsable du Musée, 24 Quai de la Fosse, 44000 Nantes CONTACTS DES ÉTUDIANTS PRÉSENTS DANS CE COMMUNIQUÉ DE PRESSE STUDENTS CONTACTS PRESENT IN THIS PRESS RELEASE ESTHER BOUQUET ebouquet@orange.fr AURÉLIE COUSQUER cousquer.aurelie@gmail.com ADRIENNE DERMIGNY a.dermigny@hotmail.fr JIMMY FROMENT jimmy.froment@gmail.com HIPPOLYTE JACQUOTTIN h.jacquottin@live.fr LÉA MARAND marand.lea@gmail.com ESTHER POCH esther.poch@hotmail.fr ANAÏS RALLO ana840@hotmail.fr ÉLODIE TOURBIER tourbier.elodie@gmail.com MAXIME VERINE maxime.verine@gmail.com

×