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Cinq créateurs
             et leur soulier chéri

     Alexandra Neel pour Charles Jourdan, classique mais sexy          ...
Cinq créateurs
                 et leur soulier chéri
                                                                    ...
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1004 styles sp_chaussures_5createurs_a3

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  1. 1. RM o d e Christian Louboutin, l’éternel féminin dessine. Cette collection-ci est composée de trois familles : celle du détail (un clou, une transparence, un effet de matières), I l dit créer pour des femmes contentes celle du patchwork (qui marie python et d’être femmes. Naturellement, son dentelle, poney imprimé panthère) et celle truc à lui, c’est le talon aiguille. Qu’il de la ligne, du décolleté. » dessine inlassablement depuis l’ado- lescence, puis chez Chanel, Charles Mon modèle fétiche ? Cinq créateurs Jourdan, Yves Saint Laurent. Avant d’ouvrir, « C’est Melita, en hommage à une amie en 1991, une petite boutique où il com- très chère à mon cœur. Une femme ac- mence par vendre un modèle unique, son tive, libre, enthousiaste, qui fait face à fameux Love, un soulier… étonnamment l’adversité avec grâce, sans jamais des- plat. Qui lui apprend la réussite et le com- cendre de sa hauteur. Ce modèle l’incarne merce ! Depuis, une success story sans très bien : il garde à la jambe une certaine et leur aucun creux, des clientes fidèles, stars nudité tout en étant habillé de tissu soulier chéri (Catherine Deneuve, Madonna, Tina d’habit masculin rapporté de Damas. Turner…) ou anonymes, sensibles à son Dans ce cas de figure, il s’agit d’une série obsession pour la ligne, « le visage du limitée que je décline, bien sûr, en de soulier » qui définit une allure de femme nombreuses matières et couleurs. » absolue, celle qu’il formalise au gré de sa vie rêvée de nomade de luxe. Un optimiste amoureux de la femme, pas loin d’être un magicien à qui on pourrait demander De leur passion, ils ont fait un métier. Cinq amoureux de la des escarpins « couleur de temps ». chaussure nous parlent de leur modèle fétiche créé pour l’été. L’esprit de ma collection été 2010 ? Autant de manières de voir la femme et la mode. « En amont d’une collection, il n’y a pas d’idée en particulier. Je trouverais ça un peu sco- L « e talon haut a été inventé 1950 et que c’est au gré des collections de laire… Ce qui compte, c’est par une femme qui en avait Monsieur Dior, et donc de Roger Vivier, son la forme. D’ailleurs, dès assez d’être embrassée sur chausseur attitré, qu’il a foulé la moquette qu’une idée surgit, j’en le front. » La phrase n’engage des salons avant d’attaquer le bitume. Aux parle avec mon formier, que Sacha Guitry, mais l’His- bons soins de ces créateurs déjà stars qui au moment même où je toire semble lui donner rai- donnèrent sa noblesse au soulier – le mot est son. De la pourtant peu riante plus joli que chaussure… mais parfaitement Catherine de Médicis, qui se synonyme, si l’on en croit l’Encyclopédie de fit fabriquer des talons pour être à la hau- Diderot ! − auxquels il faut ajouter Salvatore teur de son fiancé, le duc d’Orléans, à Ma- Ferragamo et André Perugia. Des noms qui rie-Antoinette, qui choisit de monter sur préfigurent l’ascension des créateurs cultes l’échafaud haut perchée, en passant par des années 1990, Jimmy Choo et Manolo les élégantes de la Venise période Renais- Blahnik en tête, talonnés de près par un sance, déambulant sans craindre le ridicule Christian Louboutin qui a réussi le tour de sur des chopines, plates-formes de bois force de faire de ses souliers des pièces à ca- pouvant s’élever jusqu’à 60 centimètres ! Le ractère iconique. On désire ainsi désormais talon aiguille, lui, est bien plus jeune. On posséder une paire d’escarpins Pigalle, au l’attribue tantôt à Charles Jourdan, tantôt à même titre qu’on convoite à vie un Birkin Roger Vivier, tantôt à des chausseurs italiens de chez Hermès. Et on a aujourd’hui la même qui les auraient légèrement précédés. Il n’en curiosité pour les créateurs de chaussures reste pas moins qu’il est né dans les années que pour les stars de la couture. G E. M. Dossier réalisé par Elvira Masson Photos : Jean-François Robert pour L’Express Styles 42 G 22/4/2010 22/4/2010 G 43
  2. 2. Cinq créateurs et leur soulier chéri Alexandra Neel pour Charles Jourdan, classique mais sexy Bruno Frisoni pour Roger Vivier, l’Histoire réinventée E U lle est la chouchoute des Amé- n vrai enfant de la mode : de pierre, de bronze poli, de plâtre et de ricaines. Rédactrices de mode, mère couturière, goût pré- ciment. Mêlées à quelque chose qui acheteurs des department stores coce et prononcé pour le relève d’une naturalité africaine et new-yorkais et clientes chantent dessin de mode et, à 20 ans, d’une allure très cool façon disco puis les louanges de la petite Frenchy début de l’aventure, chez mâtinées d’un clin d’œil à Madeleine débarquée outre-Atlantique avec sa Scherrer, en tant qu’assistant du studio Vionnet pour certains éléments de marque, créée en 2001. Elle arrive aujour- accessoires. Là naît sa grande histoire coupe géométrique. » d’hui chez Charles Jourdan. Joli saut de d’amour avec le soulier. Nourrie par une chat pour cette ex-danseuse, passée par foule de collaborations (Lacroix, Ungaro, Mon modèle fétiche ? l’Ecole de l’Opéra de Paris, qui a envoyé, Lanvin, Yves Saint Laurent) qu’il choisit « Echo Disco, inspiré du Supernature au culot, un dossier à Michael Kors, à d’arrêter pour concentrer son attention de Cerrone ! On est, comme le raconte l’époque directeur artistique de Celine. sur sa propre marque, créée en 1999. l’album, au-delà de la Nature. Il est Qui l’engagea sur le champ. Elle avait Son univers est très référencé, par la mode annonciateur de ce à quoi j’aspire 20 ans. Puis ce fut Balenciaga, avant qu’elle bien sûr, mais aussi par le cinéma, la désormais : une structure nouvelle, se lance, avec une belle idée, sa signature : photo et la musique. Nostalgique de à la fois minimale et structurée, le talon corseté. Jourdan s’annonce temps plus élégants, c’est assez natu- comme la vision de la sculpture comme un sacré défi, qu’elle a l’intention rellement qu’il a été appelé, en 2003, à selon Brancusi. Le talon fonc- de mener en douceur, à l’image de la ré- présider aux destinées d’un Roger Vivier tionnel est assez basique, c’est ouverture sans tambour ni trompette de en perte de repères. Avec lui, la Jolie un « skyscraper » dont je me suis la boutique de la rue François-Ier, à Paris. Madame est devenue audacieuse, et maintes fois servi, d’où le côté l’allure se décline en mode couture. un peu écolo-durable de ma L’esprit de ma collection été 2010 ? démarche. Je l’imagine porté « Une belle collection classique, respec- L’esprit de ma collection été 2010 ? par une baroudeuse de luxe, tueuse des codes de la maison. Les « Le point de départ, côté matières, c’est sportive, en pantalon et chemise références sont évidentes, Guy Bourdin l’Atelier de Brancusi : des envies de bois, simplissimes. » et Helmut Newton, les constructions sim- ples – j’ai gardé le fameux talon quille, la signature Jourdan − mais je me suis amu- sée avec les couleurs et les matières. » Mon modèle fétiche ? « Je voulais un compensé différent, lé- ger, féminin, portable. La femme d’au- jourd’hui veut être différente sans avoir l’air déguisé. J’ai donc choisi pour ce mo- dèle Cocktail un équilibre stable entre le suède rose, le talon (11,5 cm) en arête d’acajou rouge, et la bride. C’est le talon d’un vintage Jourdan des années 1960 qui me l’a inspiré. Je le trouve à la fois pop et très facile à manier. » 44 G 22/4/2010 22/4/2010 G 45
  3. 3. Cinq créateurs et leur soulier chéri Karine Arabian, rock’n’roll élégance C réateur aux doigts d’or, à Pierre Hardy, ultramoderne séduction S l’imaginaire très architec- a marque fête ses 10 ans… et Mon modèle fétiche ? turé, nourri de mille réfé- elle n’en revient pas. Il faut dire, « Il s’appelle Carmen et m’a été inspiré rences mais qui jamais ne se sans féminisme aucun, qu’au par les chaussons pourvus d’une sorte réfugie dans l’Histoire, il dou- moment où elle s’est lancée de cordon que portent certains moines ble le talent d’une modestie et d’une gen- dans l’aventure, après avoir tra- bouddhistes en Chine. Cette idée de dé- tillesse imperturbables. Dans le désor- vaillé aux accessoires chez Chanel, cer- part a bien sûr évolué ; je l’ai travaillée dre, les maillons de son CV racontent la tains fabricants italiens lui avaient bien dans le sens d’un soulier très 1960-1970, constance d’un brillant touche-à-tout. fait comprendre que la chaussure était le genre Romy Schneider dans La Agrégé, diplômé de l’Ecole normale su- une affaire d’hommes ! Sûre de sa pas- Piscine. Je le trouve à la fois mé- périeure, créateur des chaussures Chris- sion et têtue assumée, elle a maintenu le tissé dans ses inspirations, rock tian Dior pendant quatre ans, illustrateur cap − avec grand succès − d’une vision dans son allure, mais malgré pour Vogue Homme International et Va- du soulier en équilibre entre élégance tout assez classique et très nity Fair… Aujourd’hui, il est prof de scé- et allure rock, à l’image de ce qu’elle est, facilement portable. » nographie à l’Ecole Duperré, il élabore une dingue de musique, qui va de concert avec Nicolas Ghesquière les collections en concert perchée sur talons de 12. Fai- de chaussures Balenciaga et fait de même sant fi des modes imposées, elle a tenu chez Hermès (pour qui il assure égale- le bon bout, arrondi à une époque où l’on ment la création des bijoux précieux). Le ne jurait que par les museaux en pointe, reste du temps ? Il travaille aux collections et a su s’attirer les sympathies durables Pierre Hardy. Avec, toujours, depuis 2001, de celles qu’elle a voulu « aider à devenir une même exigence visuelle et artistique. femmes » en les éduquant à la hauteur. Prochaine aventure : l’ouverture à New Pour son anniversaire, elle s’offre une York, à l’automne, de sa première bou- boutique en Chine. tique en nom propre à l’étranger. L’esprit de ma collection été 2010 ? L’esprit de ma collection été 2010 ? « L’inspiration est double. Une partie de « Mes collections ne racontent jamais une la collection est très 1950, à l’allure poin- histoire en particulier. En revanche, elles tue et nerveuse, assez vintage, très hô- procèdent toujours d’une logique for- tesse de l’air de l’époque, avec des cou- melle, d’une vision graphique. Pour l’été, leurs qui tapent. L’autre est plus 1970, elle est partie d’une envie de superposi- Riviera, longues robes façon Pucci por- tions, de géométrie et de matières, qui tées avec des talons plus massifs. Le point forment un ensemble visuel plus qu’une commun ? L’ensemble est structuré, car narration. Se sont agrégées des digres- je n’aime pas les machins qui dépassent sions sur un thème, cette fois, les lunettes et qui ne servent à rien, et résolument en de soleil. De là, une série de modèles en quête d’élégance et de raffinement. » clins d’œil avec des ronds en plastique. » Mon modèle fétiche ? « J’ai choisi cette spartiate [NDLR : ses modèles n’ont pas de nom], car j’aime les pieds nus. Je trouve ça magnifique, un pied de femme ! Pour moi, le nu-pieds, ce n’est pas une sous-chaussure ; il serait même plutôt la chaussure originelle. J’aime le côté archaïque, géométrique et séduisant à la fois de cette sandale, l’alliance du cuir et du métal, façon Médée en vacances à Pantelleria ! J’ose imagi- ner qu’elle irait à tout le monde, en toutes circonstances. » 46 G 22/4/2010 Carnet d’adresses page 73 22/4/2010 G 47

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