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Prologue aux Enfants.

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Kidnapping.

  1. 1. Généralement, les rues de la petite ville d’Anges n’étaient pas souvent bondées, et en cette chaude soirée d’été, la règle était de mise une fois de plus. Personne n’était présent dehors. Personne, excepté quatre silhouettes clandestines, cachées dans l’ombre d’une ruelle, entre deux immeubles, accroupies contre le mur. La première d’entre elles, tout à droite, tenait entre ses mains une espèce de petit GPS. Elle le regarda un instant, puis le rangea avant de se tourner vers ses compagnons :<br />- C’est l’heure. On y va.<br />Ils sortirent de la ruelle, aux aguets. Si quelqu’un les apercevait, il aurait eu de quoi se poser des questions : avec leurs combinaisons noires et leurs casques couvrant entièrement la tête, les quatre mystérieux personnages ne semblaient de toute évidence pas du coin.<br />Le groupe traversa la rue furtivement, évitant la lumière des réverbères. Arrivés à l’angle, ils se collèrent à nouveau contre le mur de briques et celui de tête jeta un coup d’œil par-dessus l’angle.<br />- La voie est libre, murmura-t-il.<br />Les quatre silhouettes longèrent les bâtiments de la deuxième rue, silencieuses et rapides.<br />- Objectif en vue, déclara le leader, juste assez fort pour que ses compagnons l’entendent.<br />Ils virèrent brusquement dans une autre ruelle peu éclairée, s’arrêtant devant un haut grillage. Trois des silhouettes se postèrent autour du quatrième qui s’en approcha. Il sortit une paire de pinces de sous son plastron et commença à en couper les mailles avec habileté, créant une brèche par laquelle ils pourraient passer un par un.<br />- C’est bon, dit-il en s’écartant.<br />En file indienne, ils s’engouffrèrent par le grillage qui donnait sur la large cour arrière d’une haute maison de plusieurs étages. Ils se plaquèrent contre le bâtiment.<br />- On rentre, on récupère le colis et on sort en une minute, grand maximum, chuchota l’homme de tête en vérifiant sa montre. Il tritura un peu dessus de ses doigts gantés puis fit signe aux autres de le suivre. <br />S’avançant vers la porte de derrière, il sortit un petit pistolet sans embout de sa combinaison et le colla contre la serrure. Quelques instants plus tard, un déclic se fit entendre et le groupe pénétra à l’intérieur de la bâtisse.<br />Ils traversèrent le hall en faisant le moins de bruit possible, bien que le carrelage propre facilita les choses.<br />- A droite, l’escalier, indiqua le chef de groupe en pointant deux doigts vers les marches.<br />Le petit groupe s’exécuta et monta au premier étage, puis à un deuxième. A ce moment-là, le leader dégaina un nouveau pistolet et ses collègues des fusils plus imposants, tous avec un silencieux, et qui semblaient trop futuristes pour provenir d’une quelconque nation… du moins terrienne.<br />Avec plus de précaution que jamais, ils se mirent à parcourir lentement le corridor plongé dans le noir et bardé de portes numérotées, d’après ce qu’ils pouvaient voir avec leur vision nocturne intégrée.<br />Il n’y avait aucune angoisse, aucune peur, aucune tension palpable chez les quatre hommes. Mais c’était ainsi chez les Droombreviaten, autrement dit les Armes du Silence, une force d’intervention pour les objectifs à haut risque. Surtout quand il s’agissait de passer d’un monde à l’autre. <br />Le groupe s’arrêta devant la porte au numéro 111. Sans un mot, le leader accroupi ouvrit lentement la porte d’une main, tenant son arme de l’autre. Il s’avança dans la pièce ténébreuse. Ses compagnons firent de même et ils se postèrent autour du lit qui occupait le centre de la chambre…<br />Le leader regarda ses camarades et leva à nouveau deux doigts, en l’air cette fois. Les autres levèrent leurs fusils. Ils étaient prêts. L’homme de tête pointa son pistolet sur la bosse qui dépassait du lit, sous le drap, et il appuya sur la gâchette. Une fléchette fila hors du canon et vint se ficher en plein sur sa cible. Celle-ci n’eut aucune réaction, pas même un petit soubresaut. Parfait. <br />Les trois porteurs de fusils resserrèrent leur prise sur les armes lorsque leur leader s’approcha scrupuleusement de la forme sous le drap. Lentement, il souleva la couverture blanche qui découvrit un jeune garçon assoupi. Il ne devait pas avoir plus de treize ans, pourtant les hommes gardèrent leurs canons pointés sur lui. Car il fallait se méfier des apparences. <br />Le leader prit son pouls au niveau du cou, puis leva le pouce vers les autres. Il rangea son arme et prit le gamin dans ses bras, le portant comme un pompier pourrait le porter en l’extrayant d’une maison en feu. Il hocha la tête, signe que tout allait bien, et ses hommes ouvrirent la marche pour le chemin du retour. <br />Ils ressortirent du bâtiment sans réveiller personne, car si jamais quelqu’un était alerté de leur présence, ils seraient bons pour une mission loupée. Et ça, c’était impardonnable chez les Droombreviaten. D’autant plus qu’ils avaient été tout spécialement choisis pour cette mission.<br />Après avoir à nouveau verrouillé la porte de derrière et remis le grillage en place, ils sortirent dans la rue et reprirent le chemin d’où ils venaient, repassant devant les mêmes bâtiments et ne rencontrant toujours pas âme qui vive… ce qui était bon signe en soi.<br />- Stop !<br />C’était l’homme au-devant des autres qui avait parlé. Il accompagna sa parole d’un geste de la main et désigna la ruelle où ils avaient patientés quelques minutes auparavant. Le leader observa plus attentivement et son cœur fit un bond.<br />Des silhouettes attendaient à l’intérieur de la ruelle. <br />Elles n’étaient de toute évidence pas humaines, et le leader le savait. Il les reconnaissait bien, après tout ce qu’il avait vécu avec leurs semblables…<br />- Ils savent, murmura-t-il, les dents serrés. Il y a dû avoir une fuite ou quelque chose comme ça, ce n’est pas possible…<br />- Que fait-on ? lui demanda le soldat à côté de lui en s’agitant nerveusement, les mains crispées sur son arme.<br />- On ne peut pas reculer, répondit le leader. Nous devons passer, quoiqu’il arrive. Droom-Three, ajouta-t-il en s’adressant au plus éloigné de lui, vous allez faire diversion avec Droom-Four. Droom-Two et moi, nous allons les prendre par surprise. Ils sont quatre, tout comme nous. On peut les avoir facilement, à nous de jouer.<br />Les trois hommes acquiescèrent d’un hochement d’un tête, et les dénommés Droom-Three et Droom-Four s’éloignèrent à l’autre bout de la rue le plus discrètement possible. Le leader, qui tenait à présent le jeune garçon sur son épaule, et Droom-Four se postèrent des deux côtés de la ruelle, l’un tenant un énorme couteau de combat à la lame crénelée dans la main et l’autre son fusil silencieux. Une voix retentit alors dans le casque du leader :<br />- Droom-Three à Droom-One, en position.<br />Droom-Four confirma également sa position et Droom-One, le leader, leur indiqua de commencer la manœuvre de diversion. Quelques instants plus tard, il y eut un grognement provenant de la ruelle sombre et des pas qui s’approchaient des deux soldats embusqués. Des pas lourds, multiples et rapides.<br />Droom-One leva son couteau et, dès que la première forme jaillit de la venelle, Droom-Two l’abattit d’une rafale en pleine tête. Le corps massif s’effondra et un nouveau grondement derrière signifia qu’ils avaient été repérés pour de bon. Lorsque le deuxième ennemi apparut, Droom-One se jeta dessus et lui planta la lame crénelée dans le cou, le plus haut endroit qu’il pouvait atteindre. Son « colis » le ralentissait mais la créature s’effondra en produisant une sorte de renâclement. Il y eut encore des bruits de pas pesants, mais cette fois Droom-Two ne prit pas la peine de les attendre : il se planta directement en pleine milieu de l’allée et élimina les deux cibles restantes avec deux rafales soutenues. <br />- C’est bon, fit Droom-Two en parlant cette fois dans la radio, Tlarapsiens hors de combat. On a eu de la chance, ils n’avaient pas d’armures.<br />- Tout comme nous, lui fit remarquer Droom-Four alors que lui et Droom-Three les rejoignait.<br />- Mais nous, on est pas des Tlarapsiens, grogna Droom-Two.<br />- Fermez-la, intervint Droom-One, et rendez-vous utiles. Prenez chacun un corps avec vous, faut pas les laisser traîner ici. Je reviendrais chercher le dernier cadavre.<br />- Encore une mission d’accomplie pour la Section Quatorze, fit remarquer Droom-Two en s’avançant dans la ruelle, traînant le cadavre massif d’un des Tlarapsiens derrière lui.<br />- Ouais, répondit Droom-Three, mais magnons-nous un peu, sinon la Section Quatorze va encore se faire gentiment engueuler par notre bon Randrak…<br />- Tout ça pour avoir mis plus de temps que prévu, soupira Droom-Two. Je passe en premier.<br />Il sortit un étrange petit appareil de sa poche, ressemblant vaguement à un lecteur MP3, et le pointa devant lui. Lorsqu’il appuya dessus, une sorte d’éclair blanchâtre surgit devant lui, tournoyant paresseusement à ras le sol.<br />- Les filles d’abord, dit Droom-Four.<br />- J’ai entendu, répliqua Droom-Two, avant de s’enfoncer à travers l’éclair… et de disparaître brusquement avec le corps qu’il transportait.<br />Droom-Four et Droom-Three se regardèrent, puis le suivirent l’un après l’autre. Droom-One s’avança vers le portail lui aussi, mais ne le franchit pas. Il regarda alors le visage de l’enfant qu’il portait dans ses bras : il était paisible, endormi pour encore deux ou trois heures. Son teint était mat, ses traits plutôt élégants, mais il y avait quelque chose en lui de sauvage, de plus libre que tout ce qu’avait rencontré Droom-One auparavant…<br />Il l’observa encore pendant quelques secondes, et se dit que plus jamais ce garçon ne serait en sécurité. Car au moment où le soldat et l’enfant passèrent l’éclair d’un blanc brumeux, il était certain que leur destin était scellé à jamais de l’autre côté. <br />

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