PAGE DE COUVERTURERéflexion doctrinale interarméesRDIA-2013/001_RS(2013)N° 067/DEF/CICDE/NP du 19 avril 2013Centre interar...
2Intitulée Réseaux sociaux : Nature et conséquences pour les forces armées, la Réflexiondoctrinale interarmées (RDIA -2013...
3RDIA – 2013/001_RÉSEAUXSOCIAUXRÉSEAUX SOCIAUX : NATURE ETCONSÉQUENCES POUR LES FORCESARMÉESN° 067/DEF/CICDE/NP du 19 avri...
4(PAGE VIERGE)
5Lettre de promulgationObjet : Promulgation de la Réflexion doctrinale « Réseaux sociaux : nature et conséquences pour les...
6(PAGE VIERGE)
7Préface1. Les réseaux sociaux ont pris une dimension soudaine dans la vie quotidienne des individus etaffectent durableme...
8(PAGE VIERGE)
9SommairePageChapitre 1 - Panorama des réseaux sociaux.................................................................. 1...
10(PAGE VIERGE)
11Chapitre 1Panorama des réseauxsociaux1.1. Le contexteLes réseaux sociaux constituent un domaine en pleine expansion, don...
12dans le web, la notion de réseaux sociaux faisant automatiquement référence à telle ou telle plateformeà l’audience plan...
13- Achat- Jeu- Rencontre (professionnelle, amicale)Les interconnexions entre les plateformes permettent de passer aisémen...
14Technologie relationnelle6: La diffusion d’informations et leur lecture sont orientées par les relations surles réseaux....
15constituent la source d’information principale pour beaucoup de gens, l’accès se faisant par suivismedes recommandations...
16(PAGE VIERGE)
17Chapitre 2Les armées face auxréseaux sociauxLes armées n’échappent pas à l’irruption des réseaux sociaux, la communauté ...
18« Sociaux »Le risque de confusion entre sphère privée et sphère publique par l’individu ou l’acteur institutionnel estch...
19régulièrement rappelées, les critiques sont en général modérées, sauf pour une mobilisation spécifique.En outre, adminis...
20Les partages virtuels d’expérience, selon la logique de regroupement d’individus ayant un centred’intérêt commun, contri...
21On manque encore de recul pour mesurer avec précision l’impact futur des réseaux sociaux, parexemple sur les relations i...
22Par ailleurs les nouveaux territoires numériques constituent indubitablement des champs d’adhésion etd’influence qu’il s...
Résumé(quatrième decouverture)1. Les réseaux sociaux constituent un phénomène en pleine expansion grâce aux progrès des te...
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Réseaux sociaux Nature et conséquences pour les forces armées

2 433 vues

Publié le

Réflexion doctrinale interarmées
RDIA-2013/001_RS(2013) - France

2 commentaires
1 j’aime
Statistiques
Remarques
Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
2 433
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
1 631
Actions
Partages
0
Téléchargements
25
Commentaires
2
J’aime
1
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Réseaux sociaux Nature et conséquences pour les forces armées

  1. 1. PAGE DE COUVERTURERéflexion doctrinale interarméesRDIA-2013/001_RS(2013)N° 067/DEF/CICDE/NP du 19 avril 2013Centre interarméesde concepts,de doctrines etd’expérimentationsRéseaux sociauxNature et conséquencespour les forces armées
  2. 2. 2Intitulée Réseaux sociaux : Nature et conséquences pour les forces armées, la Réflexiondoctrinale interarmées (RDIA -2013/001) respecte les prescriptions de l’Allied AdministrativePublication (AAP) 47(A) intitulée Allied Joint Doctrine Development). Elle applique égalementles règles décrites dans le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerienationale (LRTUIN, ISBN 978-2-7433-0482-9) dont l’essentiel est disponible sur le siteInternet www.imprimerienationale.fr ainsi que les prescriptions de l’Académie française. Lajaquette de ce document a été réalisée par le Centre interarmées de concepts, de doctrineset d’expérimentations (CICDE).Attention : la seule version de référence de ce document est la copie électronique mise enligne sur les sites Intradef et Internet du CICDE (http://www.cicde.defense.gouv.fr) dans larubrique Corpus conceptuel et doctrinal interarmées !Directeur de la publicationVice-amiral Arnaud DE TARLÉ21 place Joffre-BP 3175 700 PARIS SP 07Téléphone du secrétariat : 01.44.42.83.31Fax du secrétariat : 04.44.42.82.72Rédacteur en chefColonel (air) Laurent AUBIGNYAuteursDocument collaboratif placé sous la direction du Colonel Pascal FOUYETConception graphiqueMaréchal des logis-chef (TA) Noeline Y BIOH-KNULCrédits photographiques© Ministère de la défenseImprimé parEDIACATSection IMPRESSION76 rue de la Talaudière-BP 50842007 SAINT-ETIENNE cedex 1Tél : 04 77 95 33 21 ou 04 77 95 33 25
  3. 3. 3RDIA – 2013/001_RÉSEAUXSOCIAUXRÉSEAUX SOCIAUX : NATURE ETCONSÉQUENCES POUR LES FORCESARMÉESN° 067/DEF/CICDE/NP du 19 avril 2013
  4. 4. 4(PAGE VIERGE)
  5. 5. 5Lettre de promulgationObjet : Promulgation de la Réflexion doctrinale « Réseaux sociaux : nature et conséquences pour les forcesarmées ».Références :- Arrêté ministériel du 21 avril 2005 portant création du centre interarmées de concepts, doctrines etexpérimentations.- Instruction n° 1239 DEF/EMA/GRH/OR du 20 juin 2006 relative à l’organisation et aufonctionnement du centre interarmées de concepts, doctrines et expérimentations.La Réflexion doctrinale interarmées (RDIA 2013/001) Réseaux sociaux : nature et conséquences pour lesforces armées, en date du 19 avril 2013, est promulguée.Paris, le 19 avril 2013N°067/DEF/CICDE/NP
  6. 6. 6(PAGE VIERGE)
  7. 7. 7Préface1. Les réseaux sociaux ont pris une dimension soudaine dans la vie quotidienne des individus etaffectent durablement les domaines les plus divers comme la conduite des opérations militaires.2. L’actualité opérationnelle la plus récente (opération Serval) rappelle ainsi que les arméesn’échappent pas au phénomène, avec l’inondation de la page Facebook de l’Etat-major desarmées de messages défavorables à nos opérations au Mali. Dans le domaine militaire, lesréseaux sociaux sont ambivalents : ils peuvent être utilisés au profit de nos forces armées ouau profit des sources opposées.3. La présente RDIA fait un point de situation sur les réseaux sociaux, et met en perspective lesconséquences potentielles pour nos forces armées. Elle fait suite à une étude prospective etstratégique conduite en 2012 au profit du CICDE, portant sur la nature et les conséquences desréseaux sociaux pour les forces armées. Elle précède une étude complémentaire surl’exploitation opérationnelle des réseaux sociaux.
  8. 8. 8(PAGE VIERGE)
  9. 9. 9SommairePageChapitre 1 - Panorama des réseaux sociaux.................................................................. 111.1. Le contexte............................................................................................................................. 111.1.1. Du réel au virtuel ...................................................................................................... 111.1.2. Du web 1.0 au web 4.0............................................................................................. 111.1.3. Un phénomène en croissance exponentielle............................................................ 121.2. Les innovations ...................................................................................................................... 131.2.1. Les changements majeurs ....................................................................................... 131.2.2. Les premiers constats .............................................................................................. 14Chapitre 2 - Les armées face aux réseaux sociaux ....................................................... 172.1. Discerner les véritables risques.............................................................................................. 172.1.1. Les risques potentiels............................................................................................... 172.1.2. Une réalité moins anxiogène.................................................................................... 182.2. Exploiter les opportunités ....................................................................................................... 192.2.1. Utilisations opérationnelles....................................................................................... 192.2.2. Lien armées-nation................................................................................................... 192.2.3. Catastrophes naturelles et situations d’urgence humanitaire ................................... 202.3. Quelle stratégie adopter ? ...................................................................................................... 202.3.1. Difficultés.................................................................................................................. 202.3.2. Une stratégie de présence ....................................................................................... 212.3.3. Conséquences ......................................................................................................... 22Résumé(quatrième de couverture).................................................................................. 23
  10. 10. 10(PAGE VIERGE)
  11. 11. 11Chapitre 1Panorama des réseauxsociaux1.1. Le contexteLes réseaux sociaux constituent un domaine en pleine expansion, dont le périmètre évolue en fonctiondes pratiques et des outils disponibles. Une définition recouvre souvent la description d’un usage.1.1.1. Du réel au virtuelLes réseaux sociaux ont toujours existé. L’expression « réseau social » a précédé la sphère Internet (laToile) et a été l’objet d’études sociologiques dès les années 50. Un réseau social est alors défini commeun ensemble d’identités sociales telles que des individus ou des organisations, reliées entre elles pardes interactions. Un réseau social représente une structure dynamique modélisée par des sommets(généralement les individus et/ou les organisations) et des arêtes (les interactions sociales).Les réseaux sociaux deviennent virtuels avec Internet. Ils gagnent une nouvelle dimension renduepossible par l’extension mondiale de la Toile. Les réseaux sociaux recouvrent les différentes activités quiintègrent tant les interactions sociales proprement dites (entre individus ou groupes d’individus), que latechnologie afférente ou la création de contenu.Un réseau social désigne « un site Internet permettant à l’internaute de s’inscrire et d’y créer une carted’identité virtuelle appelée le plus souvent « profil ». Le réseau est dit social en ce qu’il permetd’échanger avec les autres membres inscrits sur le même réseau : des messages publics ou privés, desliens hypertextes, des vidéos, des photos, des jeux,…L’ingrédient fondamental du réseau social restecependant la possibilité d’ajouter des « amis », et de gérer ainsi une liste de contacts » 1.Les réseaux sociaux font partie des « médias sociaux » regroupés au sein du web dit social. Le Websocial est un espace de rencontre, de discussion où la relation prend le pas sur la donnée. Il regroupedes espaces divers dont le point commun est la possibilité d’interactions offerte aux internautes. Lephénomène des blogs (lieux de publication d’individus) et des forums de discussion (autour d’unethématique) confortent la nature intrinsèquement sociale du web.Le web social ne constitue qu’une des subdivisions de la sphère Internet, avec le web documentaire(information statique des bases de données et sites documentaires) et le web de l’information (fluxdynamique d’information). Les réseaux sociaux ne peuvent donc être confondus avec la Toile, les sitesweb traditionnels n’étant qu’une des manières d’appréhender l’information y circulant.1.1.2. Du web 1.0 au web 4.0Les évolutions techniques voire les révolutions technologiques, autorisant notamment des interactionsplus rapides avec les pages Internet, ont permis la réelle émergence des réseaux sociaux. On est passéen quelques années du web 1.0 (l’internaute est un simple visiteur de pages statiques) au web 2.0 oùl’internaute devient un contributeur participant activement au réseau.Les supports matériels (ordinateurs, téléphones mobiles « intelligents » ou smartphones, tablettes,objets connectés) évoluent rapidement. L’accès par ordinateurs fixes s’efface au profit des systèmesnomades (smartphones, tablettes).L’apparition de grandes plateformes commerciales à partir du milieu des années 2000 (ex : Facebook,Twitter, Google+) contribue au succès et à la mutation de l’utilisation du web. Faciles d’accès car leurutilisation est techniquement à la portée du plus grand nombre, ces plateformes permettent uneproduction simplifiée de contenus et la création de groupes virtuels en quelques clics.Du fait de leur utilisation massive, les plateformes aspirent les contenus et façonnent peu à peu lesusages. Certaines plateformes sont ainsi devenues de véritables « écosystèmes » qui fédèrent lesacteurs gravitant autour des réseaux sociaux, notamment les entreprises qui en vivent. On parle de web2Laurent Suply, « Définition : réseau social », Blog « Suivez le Geek », 1erjanvier 2008.
  12. 12. 12dans le web, la notion de réseaux sociaux faisant automatiquement référence à telle ou telle plateformeà l’audience planétaire.Les API (Application Programming Interface) ou interfaces de programmation font le succès etl’originalité du web 2.0. Le plus souvent gratuits, ces petits outils informatiques permettentl’interconnexion des programmes et des systèmes d’informations les uns avec les autres, et de làl’interconnexion entre plateformes. Elles facilitent la libre circulation des données et la récupération deflux d’informations d’une plateforme à l’autre.Ces interfaces sont des clés offrant un accès direct aux informations utiles dans la masse des donnéesnumériques en circulation (ex : application dans Facebook pour explorer le graphe social desutilisateurs). Elles permettent ainsi le partage, l’échange d’informations très hétérogènes, tant sur le fondque sur la forme : textes, photos, vidéos, liens, etc…Les barrières entre web deviennent de plus en plus poreuses au fur et à mesure d’évolutionstechnologiques très rapides. Le web 2.0 est de plus en plus concurrencé par le Web 3.0 ouMobile (systèmes nomades) Le Web 4.0 serait la synchronisation de tous les services du web et destechnologies afférentes.1.1.3. Un phénomène en croissance exponentielleDu fait de l’émergence de grandes plateformes commerciales et de la facilité d’utilisation des nouvellestechnologies, on assiste à une véritable démocratisation de l’usage du web via les réseaux sociaux.En 2012, le taux de diffusion d’internet est de 74,3% de la population française. 36% des internautes seconnectent quotidiennement à un réseau social, le taux de participation de la tranche des 12-17 ansétant de 77%. On estime que ce taux sera bientôt proche de 100% pour les classes d’âge les plusjeunes. Cette jeunesse numérisée ou « cybergénération » et autre « Génération Z » estsurreprésentée dans l’utilisation des réseaux sociaux.On note une accélération à partir de 2006, année d’ouverture à tous de la plateforme Facebook. En2012, 25 millions d’internautes français utilisent cette plateforme (alors qu’ils n’étaient « que » 4 millionsen 2008). Facebook est utilisé par 49% des internautes, arrivant ainsi en première place2.Le temps passé sur les réseaux sociaux est de plus en plus important. La moitié des utilisateurs deFacebook en feraient un usage quotidien, le temps passé en moyenne étant de 405 minutes par mois3.La plupart des internautes parlent plus sur un réseau social que dans la vraie vie.Des usages limités naguère à des minorités dans le web 1.0 (blogs, forums de discussion) sont devenusles pratiques quotidiennes du plus grand nombre. On passe d’un simple logiciel social (blog) à uneplateforme relationnelle (microblogging4). Les nouveaux outils sont adoptés beaucoup plus rapidementpar une partie des populations que par les structures étatiques ou les entreprises. Toutes les couchessociales sont concernées, en dépit du coût des nouveaux équipements.Il existe une multitude de réseaux pour une pluralité d’usages : privés ou professionnels, futiles ousérieux. Au choix, on peut mener des débats, décider ensemble, fédérer des groupes autour d’objectifsprécis ou de thématiques générales, trouver des partenaires, jouer en ligne, organiser desmanifestations, diffuser des idées, se faire recruter ou participer à l’élaboration d’une base de données,faire de la veille, partager une information, une expérience ou un événement, communiquer sonexpérience, etc...Dans la nébuleuse des réseaux sociaux, une typologie de leur utilisation semble actuellement le moyenle plus pertinent pour tenter de les décrire :- Partage (vidéos, photos, musiques,…)- Publication (en mode collaboratif ou non)- Localisation2Étude Ifop, octobre 2011.3Site gogulf.com, juin 2012.4Le Micro-blogging est une combinaison du blogging et du réseau social, par l’envoi de messages très courts.
  13. 13. 13- Achat- Jeu- Rencontre (professionnelle, amicale)Les interconnexions entre les plateformes permettent de passer aisément de l’un à l’autre de cesusages, par exemple en regroupant des messages géolocalisés sur une carte numérique.Au gré de changements technologiques très rapides, de nouvelles pratiques émergent, d’autres plusanciennes évoluent. Sur Internet, le cycle de vie des produits et des sites est très court. Un site populaireaujourd’hui peut connaître une baisse d’activité soudaine, prélude à sa disparition avant son oubli total.Les réseaux sociaux ne sont pas un simple phénomène de mode, bien que par ailleurs le modèleéconomique sous-jacent ne semble pas encore totalement stabilisé. Être sur un réseau permet d’activerun réseau relationnel et ne se réduit pas à une pulsion voyeuriste ou exhibitionniste. Un accroissementde l’usage des réseaux sociaux est fortement prévisible.1.2. Les innovationsOn parle d’innovation lorsque l’on fait mieux en faisant moins d’efforts et de façon différente, et pasuniquement en additionnant des « plus ». C’est le cas des réseaux sociaux qui ne constituent pas uneversion supplémentaire des médias traditionnels, émetteurs de messages uniques à destination decibles. Un media social reste certes un canal de diffusion de l’information avec des supportstraditionnels, mais dorénavant chacun est à la fois diffuseur et cible.1.2.1. Les changements majeursCompression du temps : Avec la propagation accélérée des données, les informations sont obtenues entemps réel (plateforme Twitter). On peut ainsi être informé d’un tremblement de terre dans la minute quisuit, par un témoin direct, contre une vingtaine de minutes via les capteurs sismiques. En 1963,l’annonce de la mort du président Kennedy met plusieurs heures pour atteindre la France depuis lesÉtats-Unis. En 2009, l’annonce de la mort du chanteur Mickaël Jackson ne met que 3 secondes (unambulancier témoin de l’événement « twitte » l’information).Contraction de l’espace : Les internautes se jouent des frontières géographiques et des barrièresphysiques. L’intégration de plus en plus poussée des données disponibles sur le web permet unediffusion au plus grand nombre. Théoriquement les barrières linguistiques subsistent mais le choix d’unsupport adapté (vidéo, photo) permet de les contourner.Communication horizontale : Le modèle traditionnel de l’émetteur central vers des récepteurspériphériques est caduc. On communique directement entre utilisateurs du réseau, de pairs à pairs, sansbarrière hiérarchique. L’espace numérique est moins contraignant que l’espace social et désinhibe ainsiles relations. Une coopération s’installe dans une logique de partage de l’information ou de tâches dansle cadre d’un travail collaboratif.Organisation décentralisée : La production et la diffusion de l’information est le fait de nombreuxcontributeurs. Chez les cyberactivistes et les groupes de pression, l’organisation est réduite à une simplecellule de base virtuelle animant un réseau et facilitant la production de contenu.Interactivité : Les réseaux sociaux sont des espaces voués à l’interaction. Il est possible de réagir entemps réel, en instantané par rapport aux événements, de répondre aux questions et aux sollicitations,de mettre à jour une information. L’utilisation des technologies web permet de transformer lescommunications en dialogue interactif.Permanence : Avec l’utilisation croissante des systèmes nomades le web est interrogeable à tout instant,sans limites d’accès depuis un bureau, privé ou professionnel5. Cette disponibilité permanente confèreaux réseaux une réactivité instantanée débouchant sur l’immédiateté.522,3 millions de Français se sont connectés à Internet via un mobile au 3è trimestre 2012. Médiamétrie/Net Rating.
  14. 14. 14Technologie relationnelle6: La diffusion d’informations et leur lecture sont orientées par les relations surles réseaux. On accède de préférence aux informations diffusées par nos correspondants (« amis » surFacebook, « followers » sur Twitter). Nos préférences guident nos accès à l’information, et vice versa.Nous naviguons dans le sillage de nos amis (mimétisme numérique) avec peut-être une perte de senscritique. Avec les réseaux sociaux personne n’accède aux mêmes informations, contrairement au webtraditionnel.Démocratisation de la production : La logique de simple messagerie s’oriente vers une logique deproduction. La séparation auparavant nette des activités de production d’informations de celles detransmission et de circulation, s’estompe avec l’intégration de logiciels dédiés au sein des plateformes(blogging, partage de photos).Traces mnésiques : Les bavardages, les messages, les préférences affichées peuvent être cherchés,reproduits, commentés, partagés et ce bien après leur production initiale. Les réseaux deviennent deslieux de stockage des relations sociales dont ils gardent la mémoire.1.2.2. Les premiers constatsModification de la manière dont circule l’information.Une information est désormais conçue pour être effectivement partagée avec d’autres individus. Cepartage donne de la valeur à l’information. En outre, la rapidité de propagation d’une information (et nonsa rétention) lui donne une valeur supplémentaire.L’information est partagée si elle est « saillante » parmi la masse des données en circulation. Elle doitfaire le « buzz » sous peine de disparaitre instantanément, à moins de resurgir des mois plus tard.L’image a un impact plus fort qu’un texte. À ce titre, les vidéos sont un support de plus en plus utilisé. Deformat ludique, d’une durée généralement courte qui favorise le zapping, elles font plus facilement appelaux registres de l’affect (joie, émotion).Au-delà de la qualité ou de l’originalité du support utilisé, le fond du message garde cependant toute sonimportance. Un message vide de sens n’aura qu’un impact limitéLes réseaux favorisent ceux qui partagent les liens ou qui démultiplient les relations, plutôt que ceux quidiscutent ou qui ont des relations avec des groupes réduits.Pouvoir d’influence des internautes.Un internaute est reconnu si les informations qu’il diffuse sont reprises et partagées par le plus grandnombre, acquérant ainsi une « légitimité participative en ligne ».Chaque individu devient un diffuseur, un vecteur des médias par sa capacité à capter l’attention sur telleou telle information (rôle prescripteur), d’autant plus que les membres des réseaux sociaux sont enattente, voire à l’affût. Celui qui dirige l’attention vers une information est moins le média prescripteurque l’internaute sachant partager cette information avec d’autres internautes.Cette capacité à partager l’information peut se transformer en capacité à animer un réseau, voire àmobiliser pour une cause. On assiste à des phénomènes de massification soudaine par agrégationrapide de publics se mobilisant pour des actions communes. Ces mouvements massifs et éclairs selimitent le plus souvent à des actions numériques : signer une pétition, partager une vidéo.La légitimité d’un sujet est renforcée par l’activité qu’il crée, cest-à-dire son audience sur les réseaux. Unblogueur ou un groupe de partage peut acquérir une audience très forte et un réel pouvoird’influence. Les outils permettent de fédérer un groupe, un mouvement et d’être reconnu par les médias,voire les politiques. À l’inverse un prescripteur bien établi peut devenir totalement inaudible. Lesaudiences sont aléatoires et volatiles, car les contenus disponibles sur les réseaux sociaux sontpléthoriques.Porosité entre médias traditionnels et médias sociaux.La séparation entre médias dits traditionnels et réseaux sociaux est de moins en moins étanche. Lescommentaires ou les critiques des médias sont repris par les réseaux et amplifiés. Les réseaux sociaux6Comprendre Facebook, Hubert Guillaud. Hubert Guillaud & publie.net, le 28/11/2011.
  15. 15. 15constituent la source d’information principale pour beaucoup de gens, l’accès se faisant par suivismedes recommandations, par liens suggérés, documents partagés ou flux RSS7.À l’inverse, dans certaines situations les réseaux sociaux constituent les seules sources d’informationpour les journalistes, soit par l’existence d’une censure officielle bâillonnant les médias traditionnels, ouparce qu’il n’y a pas de journalistes sur le terrain pour des raisons de sécurité. Chaque individu connectéaux réseaux devient une source d’information potentielle.L’information brute est diffusée instantanément sans le recul nécessaire à l’analyse, l’émotion pouvantl’emporter sur la raison. Les réseaux sociaux constituent un terrain favorable aux manipulations en tousgenres et aux phénomènes de rumeurs et autres « légendes urbaines ».Culture de la transparence.Des pratiques plus autonomes et décentralisées, un accès facilité aux données numériques, engendrentle réflexe de consulter le web pour vérifier les informations. Les internautes n’hésitent pas à intervenirsur les réseaux, parfois en direct, pour apporter la contradiction à des politiques ou des journalistes. Lesystème collaboratif des bases de données du type « Wikipedia » est supposé garantir une plus grandefiabilité des informations. Cette confiance accrue dans le web, ajoutée parfois à un fondement originellibertaire voire frondeur, se fait au détriment des institutions.Le contrôle étatique ou institutionnel traditionnel sur les flux d’information n’est plus aussi aiséqu’auparavant, même s’il reste techniquement possible.8Les gouvernements n’ont plus le monopole descommunications, il devient donc plus difficile d’imposer des messages voire des comportementsnormatifs. Les pratiques trop radicales en matière de régulation s’avèrent difficiles à mettre en œuvre.Les tentatives de censure sont techniquement vouées à l’échec, surtout dans une démocratie.7Flux Really Simple Sindication, technologie permettant de suivre facilement un flux d’information sans avoir la nécessité de s’y rendremanuellement.8Peu de nations ont la capacité de faire de « l’ingérence numérique » cest-à-dire de couper ou rétablir des liaisons internet/téléphoniques, oufaire de la contre-subversion.
  16. 16. 16(PAGE VIERGE)
  17. 17. 17Chapitre 2Les armées face auxréseaux sociauxLes armées n’échappent pas à l’irruption des réseaux sociaux, la communauté militaire se les étantspontanément appropriés hors de toute initiative officielle.2.1. Discerner les véritables risquesFace à un phénomène relativement récent ayant pris une ampleur quasi soudaine, le sentiment de pertede contrôle, les appréhensions et les réticences vis-à-vis des réseaux sociaux sont légitimes.2.1.1. Les risques potentielsIls peuvent être une exacerbation des risques associés aux médias traditionnels ou inhérents auxbouleversements induits par les réseaux sociaux. Certains sont déjà des réalités opérationnelles etinformationnelles, d’autres restent encore hypothétiques.TechniquesLes réseaux sociaux font partie du champ informationnel numérique et appartiennent au cyberespace,nouvel espace d’affrontement. Ils peuvent être utilisés dans une perspective antagoniste car ils sont unchamp de bataille potentiel : rapidité de concentration des attaquants, dispersion tout aussi rapide,vitesse de propagation de l’information, difficultés pour improviser une contre-attaque immédiate,difficultés d’application de la censure, etc.…Les réseaux sociaux constituent une cible privilégiée des pirates et autres « hackers », du fait de ladémocratisation des pratiques. Ils sont autant de vecteurs de propagation de logiciels malveillants, devirus, pouvant altérer la sécurité des données.La divulgation d’informations personnelles donnant des indications sur l’environnement opérationnel (ex :géo localisation de l’unité d’appartenance, photo,..) peut compromettre le déroulement d’une mission oumettre en jeu la sécurité des personnels. La mise en ligne involontaire d’une information sensibleappartient également au champ des possibles.La pratique du « data mining » (exploration de données) permet d’analyser le comportement desinternautes en observant leurs pratiques du web. L’exploitation de « signaux faibles » à partir desinformations générées par les réseaux sociaux et des traces mnésiques qu’elles laissent est une sourcede renseignement potentielle.Les réseaux sociaux constituent également un terrain favorable aux opérations d’ingérence, auxrumeurs, aux actions de désinformation, de propagande et autres manipulations en tous genres.L’usurpation d’identité par la création de faux profils, le piratage de comptes, sont des actions possiblesdans un objectif de déstabilisation ou de renseignement. En Afghanistan, les insurgés talibans ont créede faux profils féminins sur Facebook pour appâter des soldats des forces de l’OTAN.Les réseaux sociaux offrent également des capacités de mobilisation « virtuelle » à des groupes hostilesà l’action des forces en opérations. Après une nouvelle attaque de drones au Pakistan, des activistespakistanais ont créé un groupe de cyberdéfense noyant les sites de l’OTAN sous un déluge decommentaires, avec pour résultat leur paralysie.On assiste par ailleurs à une privatisation de facto de l’espace public numérique par des opérateursprincipalement étrangers, ceux-ci constituant des bases de données gardant la mémoire des fluxd’information. Les États risquent une perte de souveraineté numérique.
  18. 18. 18« Sociaux »Le risque de confusion entre sphère privée et sphère publique par l’individu ou l’acteur institutionnel estchose aisée. Mettre en ligne un message de nature humoristique ou autre à des fins privées mais dansle cadre d’une situation professionnelle, peut constituer une atteinte à « l’e-réputation » de l’institutiond’appartenance et avoir des répercutions désastreuses en termes d’image9. Or le militaire est lereprésentant d’une institution.Les débordements par des proches de militaires, pour des actions de revendication et de mobilisationsur les réseaux sociaux peuvent court-circuiter les organismes officiels en charge de ces questions.Symptômes d’un problème plus profond, ces mobilisations permettent de dénoncer lesdysfonctionnements dont on estime qu’ils sont insuffisamment pris en compte par la hiérarchie. Lesréseaux sociaux constituent à la fois une source d’information alternative aux réseaux officiels, jugés peufiables ou incomplets, et un exutoire où il est possible de protester tout en restant anonyme. Au-delà dela sensibilisation de la hiérarchie, l’usage des réseaux permet l’accès aux médias, voire aux politiques,procurant en outre une forme de reconnaissance médiatique et sociale aux administrateurs de forum10.Du fait de l’utilisation massive des réseaux sociaux par les classes d’âge les plus jeunes, les arméesrecruteront de plus en plus dans le vivier des « natifs numériques ». Or les générations précédentes,même les plus proches, n’ont pas forcément un rapport identique aux réseaux sociaux. Un doublephénomène d’exclusion est possible. À court terme, une incompréhension vis-à-vis des nouvellesgénérations peut accentuer le phénomène d’attrition parmi les jeunes recrues. À plus long terme, unefracture numérique générationnelle s’instaure avec les risques de décrochage et d’exclusion, cette fois-ci, des non membres.En temps de crise, une immédiateté dans la transmission de l’information liée à la forte réactivité desréseaux peut prendre de vitesse les dispositifs classiques de la communication institutionnelle etcontribuer à la perte de légitimité de celle-ci (apprendre via les réseaux sociaux la mort d’un conjoint surun théâtre d’opérations avant toute annonce officielle peut avoir un effet dévastateur). Avec lamédiatisation des pertes sur les théâtres d’opérations, il a été constaté que l’élan de sympathie suscitésur les réseaux sociaux par la mort d’un soldat était doublé d’une défiance accrue envers lesinstitutions11.2.1.2. Une réalité moins anxiogèneLes moyens techniques pour limiter les risques existent cependant : paramètres de confidentialité,désactivation ou suppression d’un compte, désactivation de la fonction de géo-localisation, restriction del’accès aux informations, suppression de pages ou de liens. Il est également possible pour lesadministrateurs de filtrer, par vérification du profil, l’accès aux groupes qui deviennent « fermés », voired’exclure un membre du réseau.Les prérogatives des États souverains vis-à-vis des sociétés commerciales n’ont pas totalement disparu.Le contrôle étatique de la gestion des flux d’information peut s’exercer par l’obtention de données surdes internautes ou le retrait de contenus jugés diffamatoires, posant des problèmes de sécurité ou deprotection de données privées, montrant des scènes violentes ou à caractère pornographique, etc.Les internautes font preuve d’une maturité technologique au fur et à mesure de leur pratique plusavancée des réseaux (utilisation avisée des fonctionnalités), ainsi que d’une maturité psychologiqueaccrue avec l’âge. La résurgence fortuite d’informations du domaine privé, alors qu’elles étaientthéoriquement effacées depuis des années, et leur diffusion au plus grand nombre, ont des vertuspédagogiques certaines auprès des utilisateurs incités ainsi à une plus grande prudence.Cette prudence est partagée par les internautes militaires. Conscients de l’encadrement de leur droitd’expression, ils respectent les mises en garde de l’institution militaire sur les impératifs de discrétion, deprotection du secret et de l’obligation de neutralité. Les internautes militaires vivent facilement cettesupposée dissonance entre la liberté de ton et d’expression inhérente aux réseaux sociaux, et le faitd’être soumis au devoir de réserve. Celui-ci est globalement bien respecté.Les groupes de soutien ou de mobilisation au sein de la communauté de défense font, quant à eux,généralement preuve d’une autorégulation dans leurs pratiques, afin d’éviter tout débordement ou toutesurenchère pouvant se retourner contre la communauté militaire. Les règles de sécurité sont9Exemple du scandale dit de l’« urinegate », vidéo en ligne montrant des soldats américains urinant sur des cadavres de Talibans.10Les dysfonctionnements récurrents du logiciel Louvois en 2011-2012 sont à l’origine de nombreuses mobilisations virtuelles…et réelles.11Étude Spintank-IFRI « Nature et conséquences des réseaux sociaux pour les forces armées », septembre 2012.
  19. 19. 19régulièrement rappelées, les critiques sont en général modérées, sauf pour une mobilisation spécifique.En outre, administrer un groupe demande du temps. Beaucoup de groupes disparaissent aussirapidement qu’ils sont apparus.2.2. Exploiter les opportunitésCertes les risques liés à la pratique des réseaux sociaux sont réels mais ils ne doivent aucunementinhiber l’utilisation de leurs potentialités. Des exemples illustrent déjà certaines possibilités offertes parles réseaux sociaux, tant dans les domaines opérationnels qu’organiques.2.2.1. Utilisations opérationnellesLes réseaux sociaux peuvent constituer un réseau supplémentaire de communication, en faisant circulerl’information et en partageant des données (ex : images vidéo en ligne captées par un drone) entre lesdifférents états-majors et unités sur les théâtres d’opérations. L’évolution de la situation tactique peutêtre portée à la connaissance du plus grand nombre en temps réel.Le partage d’expérience bénéficie également des potentialités des réseaux avec l’apparition de blogs etde contributions dédiés au retour d’expérience12. Aux États-Unis ce travail collaboratif sur un modeinteractif débouche déjà sur la rédaction de documents du niveau tactique (« wiki doctrine »).Les réseaux sont un outil majeur pour la communication opérationnelle (COMOPS). Lors de l’opération« Pilier de défense » de novembre 2012, les Forces de défense israéliennes ont utilisé de façonproactive le réseau Twitter en informant en temps réel les internautes de l’évolution des opérations. Lemouvement palestinien du Hamas n’était pas en reste d’ailleurs. Les deux protagonistes diffusaient surles réseaux sociaux leurs versions des faits respectives, le succès étant au rendez-vous avec unaccroissement consécutif des audiences des comptes Twitter du Hamas et de Tsahal.Comme tout support de communication, auquel s’ajoute ici une dimension sociale majeure avec lepartage de données à connotation psychologique (préférences, émotions), les réseaux sociauxconstituent un outil de choix pour les opérations militaires d’influence (OMI). Lors de l’opération évoquéeci-dessus, l’armée israélienne adressait des messages aux dirigeants du Hamas via Twitter dans lecadre d’une manœuvre d’influence.Dans le cadre d’une mise en œuvre de l’approche globale dans la conduite des opérations, les réseauxsociaux sont adaptés à la complexité de l’environnement et à la difficulté d’interagir avec celui-ci. Ilspeuvent favoriser les relations avec des partenaires extérieurs aux forces armées. En 2009 en Somalie,une unité CIMIC13de l’US Navy était entrée en contact avec des ONG locales, via Facebook, pourdésamorcer les tensions en amont et préparer le terrain à son action.Ils constituent une source de renseignement à ne pas négliger. Pendant les opérations en Libye en2011, les informations provenant d’un site de suivi du trafic aérien étaient corrélées avec les annoncesde frappes sur le réseau Twitter en temps réel. Les différents belligérants pouvaient ainsi se renseignersur les opérations aériennes menées par les forces de l’OTAN14.La fonction ciblage (targeting) peut également faire appel aux possibilités offertes par les réseauxsociaux, avec l’envoi instantané de vidéos par des personnels, militaires ou civils, présents sur le terrainconfirmant ou non les frappes. Cette possibilité a été utilisée indirectement en Libye en 2011 : pourmettre un terme à des tirs fratricides de l’OTAN sur des chars aux mains de leurs alliés libyens, ceux-ciont fait passer le message via les réseaux sociaux en réagissant instantanément.2.2.2. Lien armées-nationLes militaires et leurs proches ont bien investi la sphère des réseaux sociaux, surtout lors des opérationsextérieures (OPEX) par volonté de garder un lien, compte tenu de l’éloignement et des risques. Cespratiques sont venues s’ajouter aux traditionnels blogs et profils dédiés militaires permettant decommuniquer sur soi, son métier, son expérience.12Type forum professionnel CompanyCommand aux États-Unis.13CIMIC : coopération civilo-militaire.14Le site de suivi du trafic a été rapidement fermé à la suite de ce constat.
  20. 20. 20Les partages virtuels d’expérience, selon la logique de regroupement d’individus ayant un centred’intérêt commun, contribuent au soutien mutuel entre membres. On se connecte à d’autres personnesqui nous ressemblent. Cela cimente les groupes virtuels et de là une partie de la communauté militaire.Les relations numériques étant le reflet des relations sociales, les groupes « virtuels » sont souventjuxtaposés aux groupes d’appartenance15. Par ailleurs une forme de soutien psychologique« domestique » s’instaure au bénéfice des familles.Au-delà du cercle des proches des militaires, des sites de soutien aux soldats en opérations ont étécréés. Issus d’initiatives privées hors de tout contrôle officiel, ils sont apparus en réaction aux critiquessur le manque de soutien de la part de la communauté nationale illustrant au passage la faiblesse dulien armées-nation16.Les formes virtuelles (messages de soutien, partage d’information sur le théâtre considéré ou sur desthématiques Défense) peuvent engendrer l’organisation d’actions concrètes (envoi de colis, de dessins).Des solidarités virtuelles apparaissent, notamment en cas de soutien à un soldat blessé en particulier.Lors du décès d’un soldat il y a un accroissement du volume des discussions et du partage desémotions. Les hommages en ligne (texte, photo, vidéo) débouchent parfois sur des actions concrètes(minute de silence). Les « Nets mémoriaux » ou livres de condoléances virtuels procurent une réelleforce à l’hommage en ligne : leur production est paradoxalement faite pour durer, là où un hommagetraditionnel s’estompe dès la cérémonie terminée.Le phénomène de soutien aux soldats en opérations est plus récent en France par rapport aux États-Unis, où les vidéos de type « welcome home » diffusant des scènes de retrouvailles familiales au retourdes missions, obtiennent un réel succès sur les réseaux ainsi qu’une légitimité au sein de lacommunauté militaire. Cet engouement débouche notamment sur le versement de dons à desassociations d’entraide de la communauté militaire via la publicité sur les blogs.2.2.3. Catastrophes naturelles et situations d’urgence humanitaireDans ce domaine d’intervention, les réseaux sont utilisés soit sur un mode passif (diffusiond’informations pour pallier les destructions des infrastructures de communication), soit de manièreproactive en tant qu’outil de gestion de crise (diffusion de messages d’alerte, réception des demandesde secours, géo-localisation des victimes, conduite des opérations, estimation des dommages et desvictimes).Les populations victimes des catastrophes constituent une source d’information de premier ordre du faitde leur répartition sur le terrain. La géo-localisation des « tweets » de secours et leur regroupement surune carte digitale permet de collecter les données, de définir les zones les plus touchées et de cibler lesactions d’urgence.Le passage de l’ouragan Sandy sur la côte Est des États-Unis (octobre 2012) a confirmé les fonctions detémoignage (530 000 photos partagées sur Instagram17), d’information des populations par les autorités,les services de secours, et de collaboration interactive des réseaux sociaux (carte synthétique desdonnées pour suivre en direct l’avancée de l’ouragan).2.3. Quelle stratégie adopter ?Les réseaux sociaux sont ambivalents, les potentialités pour nos forces côtoient des risques avérés,alors que le domaine est encore à défricher. La question de la présence officielle des armées sur lesréseaux sociaux ne se pose plus, le déni du phénomène ne peut être la bonne réponse. Il faut dès lorstenter de définir une stratégie: y aller oui, mais pourquoi et comment ?2.3.1. DifficultésDu fait des mutations technologiques et de l’évolution dynamique des pratiques, et de la nouveauté duphénomène, il est actuellement difficile de faire de la prospective en la matière et de définir une stratégieà long terme. Tout va très vite sans que l’on sache encore avec précision ce vers quoi on se dirige.Toutes les potentialités techniques n’ont sûrement pas été exploitées.15Une étude (2009) menée par Facebook a identifié en moyenne une dizaine de contacts actifs parmi la centaine d’ « amis ».16En France, le groupe créé sur Facebook « Soutien aux soldats français en Afghanistan » a compté jusqu’à 93 000 membres.17Réseau de partage de photographies.
  21. 21. 21On manque encore de recul pour mesurer avec précision l’impact futur des réseaux sociaux, parexemple sur les relations interpersonnelles au sein des groupes militaires. Va-t-on vers uneindividualisation croissante ou au contraire un renforcement de la cohésion ? Le rapprochement avec lesfamilles grâce aux réseaux sociaux, en dépit de l’éloignement géographique, a-t-il des effets positifs surle moral ? Oui sans doute, mais le temps passé devant un écran peut se faire au détriment de celuipassé au sein de la communauté. Les interactions au sein des groupes virtuels et réels se combinent, sejuxtaposent ou s’opposent dans une dynamique permanente.Il est tout aussi difficile actuellement de mesurer l’impact réel d’une présence institutionnelle sur lesréseaux sociaux. Il faut donc accepter de tâtonner face à un phénomène dont on ne mesure pas encoretoutes les conséquences.La problématique se pose en termes identiques pour la plupart des institutions, des entreprises quiinvestissent l’espace numérique. Celles-ci ont du mal à se positionner et à définir une stratégie souventréorientée au jour le jour face aux réactions des réseaux. Il est difficile de maintenir l’intérêt des fans(consommateurs potentiels) pour une marque. Créer le « buzz » sur les réseaux ne suffit pas et ne peutaucunement constituer une stratégie viable et pérenne.2.3.2. Une stratégie de présenceUne présence officielle est à la fois un moyen et une fin en soi : l’important est bien d’être présent. Mêmes’il est difficile de suivre la dynamique en œuvre sur les réseaux sociaux, être présent ne signifienullement développer un activisme débridé.Cette stratégie de présence évite le décrochage numérique, notamment vis-à-vis de la communautéinternaute militaire. Elle empêche les éventuelles usurpations d’identité numérique (faux sites officiels) etassure une fonction de veille permanente.La veille permet de faire face aux risques potentiels en matière d’ingérence ou de protection del’information, de réagir aux phénomènes de rumeurs, aux informations erronées ou inadaptées, auxmessages négatifs. Un retour d’expérience en ligne informe en temps réel des évolutions techniques,des pratiques à des fins privées ou institutionnelles, opérationnelles ou autres, tant en France qu’àl’étranger.La veille sociale ou « Social Media Monitoring » permet quant à elle de déceler les signes avant-coureurs d’une crise possible au sein des armées. La fréquence d’utilisation des réseaux sociauxaugmente lorsque des dysfonctionnements apparaissent. La mise en lien avec les organisateurs desforums, les leaders des groupes, les « animateurs de communauté » (Community manager) peut suffireà désamorcer les crises, dans l’attente d’un règlement de fond du dossier.La présence officielle doit d’autant être renforcée qu’elle est déjà une réalité au sein de la communautémilitaire. Il est impossible et de surcroit inutile de vouloir interdire la présence des internautes militairessur les réseaux sociaux18. Il s’agit dès lors d’accompagner le mouvement et laisser respirer le corpssocial militaire : les blogs, les groupes virtuels de mobilisation ont des vertus cathartiques qui permettentd’évacuer les insatisfactions du moment.Cette stratégie peut contribuer au renforcement du lien armées-nation en structurant dans un premiertemps la communauté de défense, par le partage et l’échange d’informations, la mobilisation sur desthèmes fédérateurs ou lors d’événements particuliers. Elle s’appuie prioritairement sur les blogs, lesprofils et les groupes virtuels de la communauté de défense (militaires, proches, « amis » ou« followers »). Par l’interconnexion entre plateformes débouchant sur une forme de « capillariténumérique », les problématiques liées à la défense peuvent peu à peu irriguer les échanges sur lesréseaux.Une présence permanente facilitera d’autant la compréhension de la problématique des réseaux sociauxet l’identification précise de leurs potentialités dans le domaine des applications opérationnelles :maîtrise et exploitation de l’information, renseignement, communication opérationnelle, partaged’expérience, soutien psychologique, opérations d’influence, etc... Certaines pratiques constituent déjàune réalité pour certaines armées étrangères ou des acteurs non étatiques. Nos forces armées nepeuvent donc les négliger ou pire les ignorer.18Les personnels militaires américains sont encouragés à s’impliquer dans les réseaux sociaux. Il en est de même dans l’armée britannique,après une interdiction initiale vite levée. En Chine, les réseaux sociaux sont interdits aux militaires.
  22. 22. 22Par ailleurs les nouveaux territoires numériques constituent indubitablement des champs d’adhésion etd’influence qu’il s’agit d’exploiter à bon escient, même si les réseaux sociaux ne peuvent en constituerles vecteurs uniques.2.3.3. ConséquencesCette stratégie de présence passe d’abord par la poursuite d’une politique de prévention et desensibilisation aux risques des réseaux sociaux qui est, à ce jour, bien respectée19. Cette politique peutêtre prolongée par des actions d’information voire de formation pour les cadres de contact absents desréseaux sociaux, afin d’éviter les risques de fractures numériques générationnelles.Les armées doivent continuer à investir le champ des réseaux sociaux, en développant notamment unecapacité de veille, d’analyse et de réaction avec les moyens adéquats. De nombreusesrecommandations ont déjà été faites, concernant l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux, tantofficielle que privée par les militaires ou leurs proches, et débouchant sur des propositions concrètes20.Par ailleurs les armées possèdent déjà un savoir-faire reconnu en matière de recrutement via lesréseaux sociaux.Le caractère social des réseaux dépasse la simple fonction de diffusion de messages des médiastraditionnels, leur gestion ne peut donc être assimilée aux relations publiques d’antan. Elle ne peut pasnon plus être confiée uniquement aux seuls spécialistes de l’information, la pratique des réseaux étant àla portée de tous.La communication officielle doit elle-même s’adapter. Blogs et forums publient généralement lesinformations avant celle-ci. Elle doit gagner en réactivité, surtout lors d’événements sensibles, ets’engager dans une dynamique conversationnelle, même si l’exercice demeure difficile.La simple logique d‘échange doit s’effacer au profit d’une aptitude à capter l’attention, afin de partagersur les réseaux sociaux des contenus ayant un fort impact. Cette capacité à attirer l’attention impose deréfléchir au contenu et à la forme du message, de faire preuve de créativité. La diversité des sujets(opérations extérieures en cours, équipements) donne matière à créer l’attention en ligne, notammentauprès des plus jeunes. On retrouve ainsi une certaine marge d’initiative.Une utilisation des réseaux sociaux à des fins opérationnelles nécessitera un corpus doctrinal. Il s’agiranotamment de trouver le juste équilibre entre les potentialités interactives des réseaux et le respect desimpératifs fondamentaux de la conduite des opérations.À ce titre, les armées doivent entamer ou poursuivre les réflexions en la matière, en impliquant tous lesacteurs potentiellement concernés, qu’ils appartiennent aux domaines spécialisés (renseignement,opérations militaires d’influence, communication) ou à celui des forces en général.Sur le plan technique, il peut être envisagé le développement d’interfaces de programmation (API) ou defonctionnalités répondant aux besoins spécifiques des armées. Elles seraient autant de liens virtuelspour canaliser et partager l’information dans un cadre sécurisé.19« Guide sur l’usage des réseaux sociaux » de la DICoD.20« Rapport relatif à l’action opérationnelle et les médias sociaux » de l’Inspection générale des armées, octobre 2012.
  23. 23. Résumé(quatrième decouverture)1. Les réseaux sociaux constituent un phénomène en pleine expansion grâce aux progrès des technologies de l’information et de la communication, et àl’apparition de puissants opérateurs commerciaux, rendant leur usage à la portée du plus grand nombre pour les utilisations les plus variées. Ils permettent lamise en relation d’une multitude d’internautes partageant les mêmes centres d’intérêt ou une curiosité ponctuelle.2. Au-delà de la compression inédite du temps et de l’espace, les réseaux sociaux bouleversent les circuits traditionnels de la communication : uneinformation a de l’importance si elle partagée, commentée, retransmise par le plus grand nombre d’internautes. Ceux-ci peuvent acquérir un pouvoird’influence en fédérant des groupes virtuels sur un sujet précis ou une thématique plus générale, et remettre en cause toute information de source officielleconsidérée comme non légitime.3. Les nouvelles formes de circulation de l’information induites par les réseaux sociaux recèlent des risques certains pour les armées : ingérence voire intrusionnumériques, divulgation de données sensibles, mobilisations d’internautes militaires hors de tout contrôle hiérarchique, difficulté à conduire unecommunication de crise. Les pratiques actuellement constatées permettent cependant de relativiser les appréhensions.4. Les réseaux sociaux offrent également de nombreuses opportunités pour nos forces, tant dans le domaine opérationnel (communication opérationnelle,opérations militaires d’influence, ciblage,…) que dans des domaines sociétaux (renforcement du lien armées-nation).5. Phénomène complexe et dynamique, les réseaux sociaux n’ont sûrement pas livré toutes leurs potentialités et l’on manque encore de recul pour en tirertoutes les conséquences. Néanmoins, nos forces armées doivent résolument occuper le terrain des réseaux sociaux pour faire face aux risques potentiels,encadrer les pratiques émergentes au sein de la communauté internaute militaire et saisir les opportunités en matière opérationnelle.Par principe, le CICDE ne gère aucune bibliothèque physique et ne diffuse aucun document sousforme papier. Il met à la disposition du public une bibliothèque virtuelle unique réactualisée enpermanence. Les documents classifiés ne peuvent être téléchargés que sur des réseaux protégés.La version électronique de ce document est en ligne sur les sites Intradef et Internet du CICDE àl’adresse htpp://www.cicde.defense.gouv.fr à la rubrique Corpus conceptuel et doctrinalinterarmées français (CCDIA-FRA).RésuméRDIA-2013/001_RS(2013)1. Les réseaux sociaux constituent un phénomène en pleine expansion grâce aux progrèsdes technologies de l’information et de la communication, et à l’apparition de puissantsopérateurs commerciaux, rendant leur usage à la portée du plus grand nombre pour lesutilisations les plus variées. Ils permettent la mise en relation d’une multituded’internautes partageant les mêmes centres d’intérêt ou une curiosité ponctuelle.2. Au-delà de la compression inédite du temps et de l’espace, les réseaux sociauxbouleversent les circuits traditionnels de la communication : une information a del’importance si elle partagée, commentée, retransmise par le plus grand nombred’internautes. Ceux-ci peuvent acquérir un pouvoir d’influence en fédérant des groupesvirtuels sur un sujet précis ou une thématique plus générale, et remettre en cause touteinformation de source officielle considérée comme non légitime.3. Les nouvelles formes de circulation de l’information induites par les réseaux sociauxrecèlent des risques certains pour les armées : ingérence voire intrusion numériques,divulgation de données sensibles, mobilisations d’internautes militaires hors de toutcontrôle hiérarchique, difficulté à conduire une communication de crise. Les pratiquesactuellement constatées permettent cependant de relativiser les appréhensions.4. Les réseaux sociaux offrent également de nombreuses opportunités pour nos forces,tant dans le domaine opérationnel (communication opérationnelle, opérations militairesd’influence, ciblage,…) que dans des domaines sociétaux (renforcement du lien armées-nation).5. Phénomène complexe et dynamique, les réseaux sociaux n’ont sûrement pas livré toutesleurs potentialités et l’on manque encore de recul pour en tirer toutes les conséquences.Néanmoins, nos forces armées doivent résolument occuper le terrain des réseauxsociaux pour faire face aux risques potentiels, encadrer les pratiques émergentes ausein de la communauté internaute militaire et saisir les opportunités en matièreopérationnelle.Ce document est un produit réalisé par le Centre interarmées de concepts,de doctrines et d’expérimentations (CICDE), Organisme interarmées (OIA)œuvrant au profit de l’État-major des armées (EMA). Point de contact :CICDE,École militaire21, place Joffre75700 PARIS SP 07

×