Ticket for change, le voyage des jeunes qui veulent 
réenchanter la France 
Alors que certains patinent sur l'avenir de la...
En France, cette première édition se déroulera donc dans un bus qui voyagera de nuit et 
stationnera à Paris, Marseille, V...
"Nous avons créé une méthodologie basée sur le "processus en U"" explique Stéphane 
Riot, l'un des trois coachs mobilisés ...
Par Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter (LeMonde.fr du 27/08/14) 
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Article. ticket for change

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Article qui explique l'initiative du projet Ticket for change

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Article. ticket for change

  1. 1. Ticket for change, le voyage des jeunes qui veulent réenchanter la France Alors que certains patinent sur l'avenir de la France, d'autres croient encore en sa capacité d'agir. C'est le cas des jeunes qui ont embarqué mardi 26 août dans l'expédition Ticket for change. Découverte d'une aventure entrepreneuriale inspirante. Made in India C'est une drôle de destination qui attend les 50 jeunes sélectionnés pour cette première édition. S'ils s'apprêtent à passer dix jours en bus sur les routes de France, ce n'est pas pour la beauté de nos paysages, mais pour la rencontre de ce qu'ils sentent être comme leur destin. Sélectionnés avant l'été via un processus de recrutement qui a reçu plus de 400 candidatures, ils partagent tous l'envie de changer le monde en devenant des entrepreneurs du changement. "Ticket for change est avant tout un projet de jeunes pour des jeunes, sans apriori, mais avec une motivation commune: apprendre, échanger, progresser et passer à l'action" précise Marine, 26 ans, qui a fait une partie de ses études à Montréal. Eric, 22 ans, est motivé par la possibilité de rencontrer, d'échanger et de s'inspirer de jeunes qui sont positifs et partagent les mêmes valeurs que lui: "Ticket for change nous offre l'opportunité de réaliser un projet ambitieux qui mêle une dimension sociale et humaine en phase avec nos valeurs et notre motivation pour changer les choses". L'idée a été importée en France par Mathieu Dardaillon, un jeune lui aussi, de 24 ans, qui a eu la chance en décembre 2012 de participer au Jagitri Yatra ("voyage éveil"), un train qui en Inde parcourt 8000 kilomètres pour se rendre dans 12 destinations et faire rencontrer 15 entrepreneurs sociaux à 450 jeunes participants (dont 25 étrangers). Objectif: faire découvrir aux jeunes indiens la réalité de leur pays et les inciter à entreprendre. "Nous étions tous là pour les mêmes raisons: découvrir la "vraie Inde", mieux comprendre le modèle de l'entrepreneuriat social, rencontrer des jeunes partageant la même vision, mieux nous connaître" témoigne celui qui, comme de nombreux autres, rêve d'une carrière utile tout en questionnant avec passion les modèles préétablis. En avant les amis ! Comme l'explique le fondateur du Jagitri Yatra, Shashank Mani, ce voyage "est un voyage de transformation pour faire de chacun des participants un entrepreneur, créateur plutôt que demandeur d'emploi", c'est un éveil entrepreneurial qui veut participer à la création d'entreprises soucieuses de participer à une Inde meilleure. Le train privatisé pour l'occasion fait des haltes rythmées par la rencontre avec les "roles models", des personnes exemplaires et inspirantes qui ont monté des projets défiant le statu quo et améliorant les conditions de vie de millions de personnes, tels ceux qui ont créé l'Aravind Eye Care ou le Barefoot College. "Chaque visite est conclue par l'hymne du Jagitri Yatra, chanté et dansé par tous les participants" explique Mathieu Dardaillon, encore marqué par le refrain du "Yaaron Chalo" ("en avant les amis"), composé par un des compositeurs de Bolywood les plus connus.
  2. 2. En France, cette première édition se déroulera donc dans un bus qui voyagera de nuit et stationnera à Paris, Marseille, Valence, Lyon, Strasbourg et Lille, pour aller à la rencontre de pionniers inspirants de notre pays. De l'envie à l'action Dans ce "programme de leadership", l'entrepreneur du changement est celui qui développe des solutions qui permettent de répondre à nos problèmes de société : éducation, environnement, lutte contre l’exclusion, santé etc. Il donne aussi envie à d’autres de s’engager et de devenir à leur tour acteurs de changement. "C’est nécessaire d’avoir des leaders qui ne sont pas des élites pensantes mais qui mettent en action leurs idées" insiste Mathieu Dardaillon. Avant le départ, Johanne, 24 ans, imagine ce bus du changement comme une ruche: "50 abeilles qui bourdonnent d’idées, qui vont butiner à l’extérieur sur un maximum de sources d’inspiration. Une fois de retour, elles s’organisent, elles échangent, elles se contredisent et se complètent, elles produisent de la matière. Leur miel, ce sont des idées, des constats, des améliorations, des innovations… Après dix jours, la récolte est terminée mais la matière première sera consolidée pendant plusieurs mois pour finalement aboutir à la production d’une toute nouvelle création". Le programme va en effet être intense: une équipe d'experts et d'entrepreneurs ont mis en place une pédagogie innovante basée sur la recherche-action, la collaboration et l’apprentissage par l’expérimentation afin de transformer des rêveurs en acteurs.
  3. 3. "Nous avons créé une méthodologie basée sur le "processus en U"" explique Stéphane Riot, l'un des trois coachs mobilisés sur le projet: "la dynamique pédagogique va créer des moments décadrants et inspirants. Ils vont être inspirés, se découvrir puis passer à l'action". Durant la première phase du périple, d'inspiration, les jeunes pourront "désapprendre" au contact de personnes qui ont eu un parcours atypique et changé le monde à leur manière. Lors de la seconde phase, d'introspection, ils cibleront les valeurs, le potentiel de chacun et leur volonté d'agir dans le monde. Durant cette période, ils s'arrêteront notamment au centre agro-écologique des Amanins. Puis la dernière phase, de création, insistera sur le travail de leur projet, la définition du modèle économique et sa soumission à un jury d'experts. Florian Hoos, enseignant et chercheur à HEC Paris dans les domaines de la mesure d’impact et de l’entrepreneuriat social, accompagne l'initiative depuis le début. Impressionné "par la motivation, le professionnalisme et le concept de Ticket for Change", il apprécie surtout "leur envie de créer un mouvement pour montrer aux jeunes que tout le monde est capable de contribuer à une meilleure société". Pour les accompagner, il a travaillé avec un autre professeur, Thomas Åstebro, sur la mesure d'impact de Ticket for Change. Ensemble, ils ont mis en place un processus de sélection qui permet au projet d'avoir des participants représentatifs des jeunes en France, sans privilégier certains critères et en conservant une grande diversité d'idées. "De nombreux facteurs contribuent au succès d'un entrepreneur aujourd'hui. Avec notre projet de recherche autour de Ticket for Change, nous essayons de mieux comprendre le mécanisme qui aide à devenir un entrepreneur (social) ou changemaker - une personne qui contribue à un meilleure société", explique aussi le chercheur. Un autre apprentissage Dans les raisons qui expliquent l'enthousiasme des participants, on trouve aussi un raz-le- bol vis-à-vis d'un système éducatif dépassé: "le monde éducatif est trop basé sur la transmission des savoirs et pas assez sur l'objectif d'aider les élèves à découvrir leur propre vocation. Devenir ingénieur n'est pas une vocation mais le résultat d'un choix d'orientation scolaire. À mon sens, les classes devraient être inversées avec des étudiants qui font le cours et le professeur reste présent pour faciliter les échanges et apporter des éclairages complémentaires. Ne dit-on pas qu'"un élève n'est pas un vase à remplir mais un feu à allumer"?" s'indigne Chris, lillois de 24 ans qui rêve d'une France qui apprendrait à apprendre tout en restant optimiste: "nous avons tous les ingrédients pour vivre heureux et que chacun s'accomplisse pleinement !" William, lui, attend des acteurs qu'il va rencontrer qu'ils lui montrent le chemin et lui donnent les clés pour concrétiser de façon pérenne ses idées. Encore doctorant en économie, il enseigne et trouve que le système éducatif s'est largement démocratisé au point de rester, dans une certaine mesure, un vecteur d'ascension sociale. Il en déplore pourtant la rigidité et l'aspect encore trop méritocratique: "si nous ne sortons pas du fonctionnement élitiste actuellement de mise, nous ne pourrons pas sortir du cercle vicieux de la reproduction sociale. L'éducation doit sortir des carcans traditionalistes de l'enseignement en diversifiant ses formes, en autonomisant les élèves, en impliquant les parents" souligne-t-il avec l'espoir que la France de demain soit plurielle, multiculturelle avec une réelle alternance. "J'aimerais que l'on crée une véritable mixité sociale et culturelle autant que sexuelle ou raciale". Comme quoi, si les voyages forment la jeunesse, certains ont déjà beaucoup à transmettre!
  4. 4. Par Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter (LeMonde.fr du 27/08/14) Pour aller plus loin · À la rencontre des entrepreneurs qui changent le monde (Destination ChangeMakers), de Mathieu Dardaillon et Jonas Guyot, ed. Rue de l'échiquier · www.t icketforchange.org · Une vidéo dans laquelle Mathieu Dardaillon explique Ticket for Change: http://vimeo.com/104084040

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