ISO14001_Helmi_HAMDI

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METHODOLOGIES AND TOOLS USED IN QUÉBEC FIRMS FOR CARRYING IMPLEMENTATION AND MONITORING ENVIRONMENTAL MANAGEMENT SYSTEMS (EMS) INSPIRED
by ISO 14001
MÉTHODOLOGIES ET OUTILS UTILISÉS DANS LES ENTREPRISES QUÉBÉCOISES POUR LA MISE
EN ŒUVRE ET LE SUIVI D’UN SYSTÈME DE GESTION ENVIRONNEMENTALE (SGE) INSPIRÉ D’ISO 14001

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ISO14001_Helmi_HAMDI

  1. 1. MÉTHODOLOGIES ET OUTILS UTILISÉS DANS LES ENTREPRISES QUÉBÉCOISES POUR LA MISE EN ŒUVRE ET LE SUIVI D’UN SYSTÈME DE GESTION ENVIRONNEMENTALE (SGE) INSPIRÉ D’ISO 14001 Par Helmi Hamdi Essai présenté au Centre universitaire de formation en environnement et développement durable en vue de l’obtention du grade de maître en environnement (M. Env.) Sous la direction de madame Katia Santini MAÎTRISE EN ENVIRONNEMENT UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Janvier 2016
  2. 2. i SOMMAIRE Mots clés : entreprises québécoises, méthodologies et outils, système de gestion environnementale, SGE, implantation d’un SGE, ISO 14001. Les entreprises sont de plus en plus appelées à s’engager aux côtés des gouvernements et des communautés locales pour diminuer les impacts environnementaux sur la planète. De nombreuses initiatives ont été développées depuis plus de 20 ans. Parmi elles, la mise en place d’un système de gestion environnementale de type ISO 14001, qui permet d’encadrer de telles initiatives. Dans ce contexte, l’objectif de cet essai est d’analyser la gestion environnementale des différents types d’entreprises notamment par la comparaison avec d’autres initiatives, l’identification des différents types d’implantation, l’évaluation des outils et méthodes de gestion et la mobilisation du personnel. L’analyse, appuyée par un sondage avec la participation de 63 organismes, a permis de démontrer que la gestion environnementale mise en œuvre via des systèmes de gestion documentés comme les Systèmes de gestion environnementale (ISO 14001) se distingue des autres initiatives par leurs réponses concrètes et mesurables aux problématiques environnementales. De plus, pour une implantation et un suivi optimal, il faut prendre en considération la structure existante en entreprise et la finalité du système (intégration des systèmes de gestion, certification écologique, etc.). Par ailleurs, les outils et méthodes de gestion environnementale diffèrent grandement selon la taille de l’entreprise, et ce, contrairement au personnel qui nécessite des formations et de l’expertise reconnues et certifiées, peu importe la taille de l’entreprise. Les conclusions et recommandations développées dans les deux derniers chapitres prouvent que les systèmes de gestion environnementale nécessitent un investissement non négligeable en ressources financières, humaines et techniques. Les démarches sont longues et nécessitent l’amélioration continue et un contrôle constant du processus. Cela dit, au final, l’entreprise obtient un système efficace et qui aide à identifier, gérer et résoudre plusieurs problématiques environnementales. De plus, les bénéfices pour l’entreprise dépassent le simple aspect environnemental. Des retombées économiques, commerciales et sociales sont aussi à mentionner.
  3. 3. ii REMERCIEMENTS Je tiens d’abord à remercier sincèrement ma directrice d’essai, Madame Katia SANTINI (ing., M.Sc.A., VEA®), de m’avoir accompagné tout au long de l’élaboration et de la rédaction de l’essai. Ses commentaires, sa vision et ses encouragements m’ont été plus que nécessaires pour la finalisation de l’essai. Je tiens aussi à remercier toutes les entreprises qui ont participé au sondage. Sans eux, une partie importante de l’analyse n’aurait pas pu se faire. Je veux ensuite remercier ma conjointe Raafa et ma petite fille, Nadia, pour leur support tout au long de ma maîtrise. Merci aussi à mes parents, Mehrez et Aïda, pour toute l’énergie positive qu’ils diffusent même à distance. Finalement, j’aimerais faire un remerciement spécial à tous mes collègues et enseignants de la maîtrise en environnement du campus Longueuil. Les cours et travaux de groupe avec eux ont été très enrichissants.
  4. 4. iii TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION.....................................................................................................................................1 1 MISE EN CONTEXTE......................................................................................................................3 1.1 Portrait des entreprises québécoises..............................................................................................3 1.2 Enjeux environnementaux pour les entreprises ..............................................................................6 1.2.1 Enjeux réglementaires.............................................................................................................8 1.2.2 Enjeux d’optimisation des coûts environnementaux .................................................................9 1.2.3 Enjeux stratégiques.................................................................................................................9 1.3 Engagement environnemental des entreprises...............................................................................9 1.3.1 Charte environnementale ...................................................................................................... 10 1.3.2 Politique environnementale ................................................................................................... 10 1.3.3 Systèmes de gestion environnementale ................................................................................ 10 1.3.4 Rapport de développement durable....................................................................................... 12 1.4 Synthèse des initiatives environnementales des entreprises ............................................................ 12 2 SONDAGE DES ENTREPRISES QUÉBÉCOISES......................................................................... 14 2.1 Méthodologie du sondage............................................................................................................ 14 2.2 Traitement des données .............................................................................................................. 15 2.3 Résultats du sondage .................................................................................................................. 16 2.3.1 Profil de l’entreprise............................................................................................................... 16 2.3.2 Conformité réglementaire...................................................................................................... 20 2.3.3 Connaissance et implantation d’ISO 14001 ........................................................................... 24 2.3.4 Gestion du SGE.................................................................................................................... 28 2.3.5 Commentaires généraux ....................................................................................................... 31 2.4 Analyse des résultats................................................................................................................... 32 2.5 Limites et biais des résultats du sondage ..................................................................................... 34 3 APPROCHES D’IMPLANTATION D’UN SGE................................................................................. 34 3.1 Approche individuelle................................................................................................................... 34 3.2 Approche collective...................................................................................................................... 37 3.3 Approche progressive.................................................................................................................. 38
  5. 5. iv 3.4 Autres approches d’implantation .................................................................................................. 38 3.4.1 Ajout d’un SGE à un SG déjà présent dans l’entreprise ......................................................... 38 3.4.2 Implantation d’un système intégré ......................................................................................... 39 3.4.3 Présence ou besoin d’un label de qualité environnementale.................................................. 40 3.5 Analyse comparative des approches d’implantation...................................................................... 40 4 COÛTS FINANCIERS DU PROJET.................................................................................................... 43 4.1 Coûts de l’implantation................................................................................................................. 43 4.2 Coûts de la certification................................................................................................................ 44 4.3 Coûts du suivi .............................................................................................................................. 44 5 COMPARAISON DES OUTILS ET MÉTHODES DE GESTION ENVIRONNEMENTALE..................... 46 5.1 Gestion de documents ................................................................................................................. 46 5.2 Solutions logicielles...................................................................................................................... 46 5.2.1 Exemples de logiciels disponibles au Québec........................................................................ 47 5.2.2. Comparaison des solutions logicielles .................................................................................. 48 5.3 Évaluation des aspects environnementaux................................................................................... 52 5.4 Gestion de la conformité .............................................................................................................. 53 5.4.1 Suivi de la législation à l’interne............................................................................................. 53 5.4.2 Produits de suivi règlementaire payants ................................................................................ 54 5.4.3 Associations sectorielles ....................................................................................................... 55 5.4.4 Consultants externes............................................................................................................. 55 5.5 Analyse comparative des outils et méthodes de gestion environnementale .................................. 55 6 MOBILISATION DU PERSONNEL...................................................................................................... 57 6.1 Formation interne......................................................................................................................... 57 6.2 Embauche ................................................................................................................................... 60 7 RECOMMANDATIONS....................................................................................................................... 62 7.1 Recommandations issues de la section mise en contexte............................................................. 62 7.2 Recommandations issues du sondage ......................................................................................... 62 7.3 Approches d’implantation d’un SGE............................................................................................. 63 7.4 Coûts financiers du projet............................................................................................................. 63
  6. 6. v 7.5 Comparaison des outils et méthodes de gestion environnementale.............................................. 64 7.6 Mobilisation du personnel............................................................................................................. 64 7.7 Synthèse des recommandations pour les PME et les GE ............................................................. 65 CONCLUSION ...................................................................................................................................... 68 RÉFÉRENCES...................................................................................................................................... 70 ANNEXE 1 MESSAGE DE CONFIDENTIALITÉ AU DÉBUT DU SONDAGE.......................................... 83 ANNEXE 2 DONNÉES BRUTES DE LA COMPILATION DES QUESTIONS DU SONDAGE ................. 84 ANNEXE 3 COMPARAISON ENTRE ISO 9001 - ISO 14001 - OHSAS 18001....................................... 86
  7. 7. vi LISTE DES FIGURES ET DES TABLEAUX Figure 1.1 Réalisation d’actions ou de projets pour améliorer la performance économique tout en intégrant des enjeux environnementaux et sociaux, par région (%; n= 711)..........................6 Figure 1.2 Contribution en pourcentage des émissions déclarées par les installations visées par l’INRP par rapport aux émissions totales estimées pour le Canada en 2010....................................7 Figure 1.3 Imbrication des enjeux environnementaux............................................................................8 Figure 2.1 Réponses à la question 2 sur le statut juridique.................................................................. 17 Figure 2.2 Réponses à la question 3 sur le type d’entreprise............................................................... 18 Figure 2.3 Réponses à la question 4 sur le nombre d’employés .......................................................... 19 Figure 2.4 Réponses à la question 5 sur les secteurs d’activité ........................................................... 20 Figure 7.1 Diagramme représentant l’essentiel des recommandations pour l’implantation et la gestion d’un SGE par les PME ....................................................................................................... 66 Figure 7.2 Diagramme représentant l’essentiel des recommandations pour l’implantation et la gestion d’un SGE par les GE.......................................................................................................... 67 Tableau 1.1 Répartition des secteurs d’activité selon le PIB du Québec en 1998 ..................................4 Tableau 1.2 Liste non exhaustive de différents types de SGE sectoriels disponibles au Québec ......... 11 Tableau 1.3 Résumé des principales initiatives environnementales en entreprise avec les avantages et inconvénients de chacune............................................................................................... 13 Tableau 2.1 Liste des sections du sondage et leurs contenus ............................................................. 14 Tableau 2.2 Réponses à la question 6 sur les produits et substances dangereuses dans l’entreprise.. 21 Tableau 2.3 Réponses à la question 7 sur les lois et règlements en matière d’environnement applicables ou qui pourraient être applicables à l’entreprise............................................................... 22
  8. 8. vii Tableau 2.4 Réponses à la question 8 sur la présence ou non d’une liste complète des lois et règlements en matière d’environnement auxquels l’entreprise est assujettie...................................... 23 Tableau 2.5 Réponses à la question 9 sur les exigences environnementales ...................................... 24 Tableau 2.6 Réponses à la question 10 sur le niveau de connaissance sur la norme ISO 14001......... 25 Tableau 2.7 Réponses à la question 11 sur la présence d’autres systèmes de gestion........................ 26 Tableau 2.8 Réponses à la question 12 sur l’implantation d’un SGE ................................................... 27 Tableau 2.9 Réponses à la question 13 sur les éléments dissuasifs.................................................... 28 Tableau 2.10 Réponses à la question 14 sur les outils informatiques .................................................... 29 Tableau 2.11 Réponses à la question 15 sur les formations.................................................................. 30 Tableau 2.12 Réponses à la question 16 sur le responsable du SGE.................................................... 31 Tableau 3.1 Coût en € de l’EMAS Easy par rapport à l’EMAS individuel pour différentes tailles d’entreprises en Europe.................................................................................................. 37 Tableau 3.2 Comparaison des trois approches d’implantation............................................................. 42
  9. 9. viii LISTE DES ACRONYMES, DES SYMBOLES ET DES SIGLES $ CAN ou $ Dollars canadiens € Euro % Pourcent ® Marque enregistrée AE Aspects environnementaux ABQ Association des biologistes du Québec ACFC Agence de la consommation en matière financière du Canada AEC Attestation d’études collégiales AES Aspects environnementaux significatifs AQVE Association québécoise de vérification environnementale AS/4581 NZ Australian/New Zealand Standard 4581 BCDD Bureau de coordination du développement durable BEP Bureau économique de la province de Namur BNQ 21000 Développement durable – Guide d’application des principes de la Loi sur le développement durable dans la gestion des entreprises et des autres organisations BSI British Standards Institution CEC Commission de coopération environnementale CO2 Dioxyde de carbone CMM Communauté métropolitaine de Montréal CNESST Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail CPEQ Conseil Patronal de l’Environnement du Québec CSST Commission de la santé et de la sécurité du travail
  10. 10. ix CUFE Centre universitaire de formation en environnement et développement durable DEC Diplôme d’études collégiales EESA Évaluateur environnemental de Site agréé FLOT Formations en ligne ouverte à tous GE Grande entreprise GED gestion électronique des documents GES Gaz à effet de serre GRI Global Reporting Initiative IAF International Accreditation Forum IE Impact environnemental INRP Inventaire national des rejets de polluants IRCA International Register of Certificated Auditors ISO International Organization for Standardization ISO 9001 Systèmes de management de la qualité — Exigences ISO 13485 Systèmes de management de la qualité – Exigences pour les dispositifs médicaux ISO 14001 Systèmes de management environnemental — Exigences et lignes directrices ISO 26000 Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale ISR Investissement socialement responsable LCPE (1999) Loi canadienne de protection de l’environnement (1999) LQE Loi québécoise sur la qualité de l’environnement MOOC massive open online course n Effectif
  11. 11. x SS Santé-sécurité S.O. Non applicable NC Non-conformité OIQ Ordre des ingénieurs du Québec OSBL Organisme sans but lucratif PAS 99 Systèmes de gestion intégrés (développé par BSI) PE Petites entreprises PIB Produit intérieur brut PP Parties prenantes RSS Really Simple Syndication SA 800 Social Accountability 8000 s.d. Sans date s. o. Sans objet SE Spécialiste en environnement SG Système de gestion SGE Système de gestion environnementale SGI Système de gestion intégrée SSE Santé, sécurité et environnement TSM Towards Sustainable Mining UE Union européenne UÉC Unités d’éducation continue (British Standard) Occupational Health and Safety Management Systems—Requirements (BS) OHSAS 18001
  12. 12. xi VCE Vérifications de conformité légale VDMD Vers le développement minier durable VEA Vérificateur Environnemental agréé US $ Dollar américain
  13. 13. xii LEXIQUE Aspect environnemental (AE) Les aspects environnementaux sont les éléments des activités d’une organisation qui peuvent avoir une influence négative ou positive sur l’environnement (ISO, 2004). Aspect environnemental significatif (AES) C’est un AE qui a ou peut avoir un impact environnemental significatif (ISO, 2004). Impact environnemental (IE) Les impacts environnementaux correspondent à toute modification de l’environnement, négative ou positive, résultant totalement ou partiellement des activités, produits ou services d’une organisation (ISO, 2004).
  14. 14. 1 INTRODUCTION Les entreprises qui exercent au Québec sont assujetties à plusieurs lois et règlements environnementaux. En plus de la Loi canadienne de protection de l’environnement (LCPE) et de la Loi québécoise sur la qualité de l’environnement (LQE), il existe de nombreuses dispositions environnementales dans les lois ou règlements spécifiques à un secteur d’activité (ex. les lois relatives aux ressources halieutiques, aux mines, aux fabriques de pâtes et papier, etc.) ou une région (ex. les règlements municipaux, provinciaux, fédéraux, etc.). Chaque entreprise a donc plusieurs exigences réglementaires à respecter pour les différents aspects environnementaux qui s’appliquent à ses activités. La multiplication des enjeux, des règles précises à respecter, des suivis à réaliser pour chaque aspect (émission atmosphérique, effluent, produit pétrolier, matière dangereuse, permis, etc.) et d'autres éléments propres à la gestion environnementale obligent les entreprises à se doter d’outils qui leur permettent une gestion adéquate de leurs problématiques environnementales. Sans le savoir, toute entreprise fait déjà, d’une façon ou d’une autre, de la gestion environnementale (Ville de Montréal, 2004). En effet, en posant des actions pour être conforme à une réglementation, une entreprise gère ses aspects environnementaux légaux. Mais, cette « gestion de statu quo », si elle est simplement axée sur les exigences de conformité, va être fragmentaire, temporaire et passive. Ce qui n’est pas viable à moyen et à long terme pour l’entreprise, surtout en considérant l’augmentation des exigences environnementales et le besoin de prouver une diligence raisonnable (ex. l’article 31.43. de la LQE) et l’attente des parties prenantes (PP) (Gerus, 2013). L’utilisation d’un système organisé permet de rester en conformité avec plusieurs dispositions légales (ex. gestion des matières résiduelles et dangereuses, émissions de substances polluantes, etc.), mais aussi de gérer les activités et biens de l’entreprise pour diminuer à la source son empreinte environnementale. Ainsi, certaines entreprises structurent leur gestion environnementale en mettant en œuvre un système organisé tel que ISO 14001 alors que pour d’autres se limitent à une gestion des urgences environnementales. C’est dans un tel contexte que le présent essai vise à développer des méthodologies et outils à l’attention des entreprises afin de les soutenir dans les principales étapes de déploiement d’un système de gestion environnementale (SGE) organisé de type ISO 14001. Pour y parvenir, l’essai répondra à cinq objectifs spécifiques. Le premier objectif consiste à cerner les principaux outils d’évaluation environnementale et d’identifier les besoins des entreprises liées aux SGE à travers un questionnaire détaillé. Pour ce qui est du deuxième objectif est d’analyser les différentes approches d’implantation possibles selon la situation de l’entreprise (ex. autre système déjà en place ou non, son contexte et ses besoins). Le troisième objectif est d’évaluer les coûts financiers des différentes étapes du projet (implantation, certification et suivi). Alors que le quatrième objectif consiste à identifier et à comparer les outils et méthodes utilisés par
  15. 15. 2 les entreprises pour différents éléments (gestion des documents, conformité légale, aspects environnementaux, etc.). Le dernier objectif spécifique s’intéresse de recenser et de comparer les méthodes de mobilisation du personnel, notamment en matière de formation (personnel existant, recruté, consultant, etc.). Des documents de référence provenant d’organismes spécialisés ou gouvernementaux ont été mis à contribution comme la norme « ISO 14001: 2004 Systèmes de management environnemental » de l’ISO (International Organization for Standardization, en français Organisation internationale de normalisation) ou les sondages gouvernementaux (MDDELCC et MÉIE, 2013). À noter en ce sens que la version de la norme ISO 14001 utilisée est celle de 2004. Une version récente a été publiée le 15 septembre 2015 (ISO, 2015). Pour comparer les deux versions et connaître les changements qui peuvent affecter les entreprises québécoises, il est recommandé de consulter Grenon (2015). De plus, il n’y a pas de guides techniques publics (Bansal et Bogner, 2002) qui fournissent des informations précises sur la gestion environnementale des entreprises (ex. liste des documents, leur contenu et leur format). En effet, les documents internes utilisés par les entreprises sont la plupart du temps confidentiels. La consultation d’un nombre élevé de sources fragmentaires (plus de 220 références et lectures), diversifiées (articles scientifiques, rapports, textes juridiques, sondages, etc.) et récentes a donc été nécessaire. Il a aussi été décidé d’utiliser le sondage afin de récolter des informations plus spécifiques au niveau des entreprises québécoises (voir section 2). Le présent essai est divisé en sept sections auxquelles s’ajoutent les conclusions. Le premier chapitre est sous la forme d’une mise en contexte de la problématique. Ceci inclut un portrait des entreprises québécoises, une présentation des principaux enjeux environnementaux et des initiatives des entreprises pour limiter leur impact environnemental. Le second chapitre permet de compléter la mise en connexe en présentant les réalités auxquelles font face les entreprises québécoises durant les phases d’implantation et de suivi en se basant sur le sondage effectué spécifiquement dans le cadre du présent essai. Les approches d’implantation de SGE sont ensuite analysées et comparées au troisième chapitre. Le chapitre suivant porte sur les coûts financiers relatifs à l’implantation et au maintien d’un tel système de gestion. Les deux chapitres suivants comparent les outils et méthodes de gestion existants et analysent les possibilités de mobilisation du personnel. Le dernier chapitre présente, à la lumière de l’analyse critique effectuée, des recommandations concrètes pour les entreprises intéressées par les SGE.
  16. 16. 3 1 MISE EN CONTEXTE Depuis les années 90, l’implication des industriels dans les efforts nationaux et internationaux a augmentée. Ceci s’est traduit, entre autres, par une initiative permettant à ISO de créer un équivalent environnemental à la norme de qualité ISO 9001 qui répond à la fois aux préoccupations reliées au développement durable et à la mondialisation des marchés; soit la norme ISO 14001:1996 (Halley et Boiral, 2008; ISO, 2014). Cette norme se définit comme une série d’exigences spécifiques à la mise en place d’un système de gestion environnementale au sein d’une organisation, indépendamment de la taille et du domaine d’activité. Elle peut présenter de nombreux avantages pour les entreprises québécoises : - l’amélioration de l’image de l’entreprise (Rondinelli et Vastag, 2000); - la conformité à la réglementation environnementale qui touche de plus en plus d’étapes de production et de commercialisation (Rondinelli et Vastag, 2000); - l’amélioration des performances de l’entreprise y compris la consommation d’énergie (Druez- Vérité et Niek, 2008); - la facilitation de l’accès aux marchés nationaux et internationaux (Freitas, 2009). Dans le monde, plus de 250 000 organismes l’ont adoptée depuis sa mise en place (ISO, 2014). Cela dit, peu d’outils de SGE sont réellement disponibles pour l’industrie (Beauchamp, 2011; Richard, 2009). Le Conseil Patronal de l’Environnement du Québec (CPEQ) a publié en 2012 un guide pour « implanter une démarche de développement durable, pour une gestion intégrée des enjeux et des occasions en entreprise », mais aucun guide pour la gestion environnementale n’a été élaboré (Conseil patronal de l’environnement du Québec, 2012). C’est dans ce contexte qu’est venue l’idée de développer un guide pratique qui prend en compte les différences structurelles ou stratégiques des entreprises québécoises afin de mettre en place les principaux éléments fondateurs d’une saine gestion environnementale. Les prochaines sections permettront de mieux comprendre le contexte, les besoins et les problématiques auxquels font face les entreprises québécoises. 1.1 Portrait des entreprises québécoises Au Québec, il existe plus de 236 688 entreprises enregistrées. En utilisant la distinction de taille de l’entreprise utilisée par Statistiques Canada, on retrouve 232 531 petites entreprises et 3 830 moyennes entreprises. Ceci correspond à un nombre d’employés entre 1 et 99 pour les petites entreprises, entre 100 et 499 pour les moyennes et plus de 500 pour les grandes (Industrie Canada, 2013a). Les grandes entreprises ayant leurs sièges au Québec ne sont que 327 (Industrie Canada, 2013b). Le ratio « PME/ensemble des entreprises » est donc très élevé (plus de 99 %).
  17. 17. 4 Les besoins et problématiques varient en fonction des secteurs d’activités et non seulement en termes de dimension de l’entreprise (grande entreprise vs PME). Dans le tableau 1.1, on note une prépondérance du secteur tertiaire (appelé aussi secteur des services) au Québec avec 68 % du produit intérieur brut (PIB). Cela correspond aux activités commerciales et administratives, qui visent à fournir des services (Thésaurus, 2015c). Le secteur primaire (communément appelé secteur agricole) ne dépasse pas de son côté les 3%. Il regroupe concrètement toutes les activités d'extraction des matières premières et des activités productrices de matières non transformées (Thésaurus, 2015a)). Le secteur secondaire (ou secteur industriel) regroupe les entreprises exerçant des activités de transformation des matières premières en produits finis ou semi-finis (Thésaurus, 2015b). Sa part dans le PIB avoisine les 29%. Tableau 1.1 Répartition des secteurs d’activité selon le PIB du Québec en 1998 (tiré de : Statistique Canada, 2015) Secteur Pourcentage du PIB Secteur primaire (pêche, forêt, mines, hydroélectricité, agriculture) 3% Secteur secondaire (manufacture, agroalimentaire, pâtes et papiers, etc.) 29% Secteur tertiaire (les banques et la finance, le tourisme, le commerce, l'administration, les technologies de l'information, la biotechnologie et l'industrie pharmaceutique, etc.) 68% Une étude réalisée sur les PME québécoises identifie une majorité en nombre dans le secteur tertiaire (75,5%). Le reste est réparti entre le secteur primaire (6,3%) et secondaire (18,2%) (Légaré, Simard et Filion, 1999). Les entreprises sont inégalement réparties sur les 17 régions administratives du Québec selon leurs secteurs d’activité (Institut de la statistique du Québec, 2015). On distingue ainsi 3 grands types : - Les régions ressources correspondent au Bas-Saint-Laurent, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Leurs économies se basent essentiellement sur le secteur primaire principalement l’hydroélectricité et les ressources naturelles. - Les régions manufacturières comprennent le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Mauricie, l’Estrie, la Chaudière-Appalaches, Lanaudière, les Laurentides, la Montérégie et le Centre-du-Québec. Dans ces régions, le secteur secondaire, à travers les industries manufacturières, est dominant.
  18. 18. 5 - Les régions urbaines incluent la Capitale-Nationale, Montréal, l’Outaouais et Laval. Le secteur tertiaire y est prépondérant. Plus de 35 % du poids économique du Québec est situé dans la région de Montréal, tandis que les régions de la Montérégie et la Capitale-Nationale représentent respectivement 15 % et 10 %. Les 17 autres régions se partagent les 40 % restants (Institut de la statistique du Québec, 2015). Les problématiques environnementales majeures des entreprises diffèrent d’une région à une autre, mais sont surtout fonction du type d’activités que ces entreprises réalisent. Les industries des régions ressources ont par exemple des problématiques liées à la consommation de ressources (mines, pêche, forêt, etc.) tandis que celles des régions manufacturières ont des problématiques d’émission de polluants dans le milieu (matières dangereuses, GES (Gaz à effet de serre), etc.). Malgré cette répartition par région des aspects environnementaux, il n’existe pas de corrélation entre l’implication environnementale des entreprises et le type région où elles s’activent (MDDELCC et MÉIE, 2013). Les entreprises des deux régions manufacturières Saguenay–Lac-Saint-Jean et Estrie ont, par exemple, un degré d’implication des enjeux environnementaux différent dans leurs projets économiques (78 % d’entreprises impliquées au Saguenay–Lac-Saint-Jean contre seulement 54 % en Estrie) (voir figure 1.1). Dans les deux sections suivantes, les principaux enjeux environnementaux et les formes d’engagements possibles seront analysés.
  19. 19. 6 Figure 1.1 Réalisation d’actions ou de projets pour améliorer la performance économique tout en intégrant des enjeux environnementaux et sociaux, par région (%; n= 711) (tiré de : MDDELCC et MÉIE, 2013) 1.2 Enjeux environnementaux pour les entreprises Pour les entreprises, les principaux enjeux environnementaux à gérer sont : les émissions atmosphériques, le contrôle des effluents, la gestion des matières dangereuses et résiduelles, la consommation de matières premières, le respect des lois et règlements environnementaux (Québec, 2015; Vedura, 2015). En 2004, environ cinq millions de tonnes de substances chimiques toxiques ont été émises sous forme de déchets et de polluants par les installations industrielles nord-américaines (CEC, s.d.). Les instituts de statistiques et les ministères de l’Environnement fédéraux et provinciaux n’offrent pas la possibilité de mesurer la part globale d’origine industrielle de la pollution et la dégradation de l’environnement. Cela dit, les données compilées de l’inventaire national des rejets de polluants (INRP) permettent d’avoir une idée approximative sur la part de chaque contributeur majeur (installation qui déclare obligatoirement à l’INRP ces émissions, source mobile, combustion résidentielle au bois, etc.) dans les pollutions uniquement atmosphériques. En analysant la figure 1.2, on remarque que les 7708 installations (Environnement Canada, 2014a) qui ont été assujetties à l’INRP en 2013 ont une part très variable dans les émissions atmosphériques totales selon la substance. Pour les substances pouvant provenir des industries et des populations en même temps (ex. monoxyde de carbone et oxydes d’azote),
  20. 20. 7 ces entreprises émettent de 10 à 40 % de la quantité totale au Canada. Cela dit, pour les substances principalement industrielles, la part d’émission peut aller de 70 à plus de 90 % (ex. cadmium et hexachlorobenzène). L’industrie canadienne a donc un rôle important à jouer pour diminuer le niveau de pollution à l’échelle nationale. Ceci est particulièrement vrai pour les polluants générés exclusivement par les installations fixes. Figure 1.2 Contribution en pourcentage des émissions déclarées par les installations visées par l’INRP par rapport aux émissions totales estimées pour le Canada en 2010 (tiré de : Environnement Canada, 2014b) L’entreprise ayant pour principal objectif d’optimiser son profit, possède une perception des enjeux environnementaux moindre que celle des populations locales ou des gouvernements (Lipschutz et Mayer, 1996). L’INRP impose, par exemple, que toutes les installations qui émettent au-delà d’un certain seuil déclarent leurs émissions sous peine de sanctions prévues aux articles 272 et 273 de la LCPE (1999). Pour les dirigeants, le respect des limites de rejets est considéré comme un enjeu réglementaire
  21. 21. 8 et non environnemental : l’objectif de l’entreprise étant d’optimiser ses coûts environnementaux pour faciliter, à la fin, son positionnement stratégique. Figure 1.3 Imbrication des enjeux environnementaux (tiré de : Agora21, s.d.) En résumé, c’est l’imbrication (figure 1.3) de ces trois enjeux (nouveaux règlements, pressions environnementales et effort pour accroître l’efficacité économique) qui fait la volonté de changement dans l’entreprise (Kneese et autres, 2015). 1.2.1 Enjeux réglementaires Le premier enjeu qui intéresse les entreprises est le respect des normes. En cas de dépassement, des sanctions sont possibles c’est donc un enjeu qui est pris au sérieux par les dirigeants. Au Québec, la réglementation légifère bien à cet égard et les entreprises qui ont une certaine interaction avec leur environnement (air, eau, faune, flore, humain, etc.) doivent obtenir des autorisations pour opérer et rendre des comptes par rapport aux normes à respecter. Par exemple, une entreprise sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qui rejette un effluent au-dessus d’un certain volume par jour doit caractériser son effluent et fournir un rapport à la municipalité (CMM, 2008). Du côté de la LQE et du Règlement sur les matières dangereuses obligent certaines entreprises ont à produire un rapport ou un bilan annuel sur les matières dangereuses résiduelles (MDDELCC, 2015b). Il est important de noter que les normes à respecter sont variables puisqu'elles sont en fonction des types d’activités qu’une entreprise réalise et ainsi des aspects environnementaux propres à l’entreprise
  22. 22. 9 (consommation de ressources premières, émissions atmosphériques, etc.). Il n’existe donc pas de règles applicables à tous. Toutefois ce qui est commun à tous c’est que la gestion du changement est très importante dans ce contexte pour l’entreprise; autant pour la vigie réglementaire qui nécessite une veille des activités de l’entreprise afin de s’assurer que les opérations sont toujours autorisées et que les rejets sont conformes aux normes prescrites (voir la section 5.3 sur la gestion de la conformité). 1.2.2 Enjeux d’optimisation des coûts environnementaux L’intégration des préoccupations environnementales au niveau comptable (ex. par le cadre général de l’ISO 14051 (ISO, 2011a)) permet de mesurer les impacts environnementaux en termes de coûts, qu’ils soient associés aux ressources naturelles (consommation matières premières, énergie, etc.), aux opérations (entreposage, procédés, etc.) ou aux rejets (coût d’élimination, traitement, etc.) (Agora21, s.d.). Pour diminuer ces coûts environnementaux, les entreprises sont tentées d’externaliser (Office fédéral de l’environnement, 2011) par trois façons : sur la population (Voloshyn, 2014), en délocalisant (Elliott, 2004) ou en reportant les impacts dans le futur (MoosaviRad, Kara et Ibbotson, 2013). Une entreprise peut, par exemple, obtenir l’accord de la municipalité pour la gestion de ses propres eaux usées industrielles (Voloshyn, 2014). En voyant les différents enjeux sous l’angle économique, les préoccupations environnementales prennent un tout autre sens, permettent de réaliser de réelles économies et de devenir un vecteur de changement (Welford et Starkey, 1996; Xepapadeas et Zeeuw, 1999). 1.2.3 Enjeux stratégiques Les entreprises sont de plus en plus tentées d’utiliser l’environnement comme outil marketing (Chan et Wong, 2006). Une bonne gestion environnementale permet en effet de gagner de nouvelles parts de marché ou d’augmenter les ventes (Klassen et McLaughlin, 1996; Melnyk, Sroufe et Calantone, 2003). Cela permet également d’avoir une perception positive de ses activités (Berry et Rondinelli, 1998). Cela dit, cette stratégie environnementale si elle n’est pas suivie par des actions réellement écologiques peut discréditer l’entreprise envers ses parties prenantes et notamment les consommateurs. Elle peut être accusée de greenwashing (écoblanchiment) ce qui pourrait nuire à ses intérêts commerciaux (Gerus, 2013). 1.3 Engagement environnemental des entreprises Dans un contexte de développement économique responsable et pour répondre aux pressions de plus en plus croissantes des PP (consommateurs, gouvernements, municipalités, concurrents, OSBL (organisme sans but lucratif)), différentes approches sont utilisées par les entreprises pour mettre en pratique leurs
  23. 23. 10 engagements (Albertini, 2011). Ces approches basées sur des initiatives volontaires, locales ou globales diffèrent de l’approche traditionnelle basée sur les sanctions et les prohibitions (Ville de Montréal, 2004). 1.3.1 Charte environnementale À la manière des États (ex. la Charte française de l’environnement ou l’art. 46.1. de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec), des entreprises ou des groupements sectoriels (Association canadienne de l’industrie de la chimie, 2015a; Chambre de commerce de Québec, 2008) ont développé des chartes environnementales ou ont simplement mis à jour leur charte existante pour y inclure une section d’éco responsabilité. Cet outil d’autorégulation permet à l’entreprise de s’engager volontairement (avec ou sans l’accord des pouvoirs publics) à atteindre des objectifs de protection de l’environnement (Borkey et Glachant, 1998). 1.3.2 Politique environnementale Les politiques environnementales s’adaptent aux réalités et défis environnementaux des entreprises. Elles permettent de développer une vision environnementale spécifique à l’entreprise ou au secteur avec des plans d’action pour respecter les exigences légales et sociales (Tilt, 1997). Malgré cela, l’absence d’outils de suivi et d’audit des activités industrielles limite leur efficacité (Barrett, 1994). 1.3.3 Systèmes de gestion environnementale Selon ISO , le SGE se définit par « sa structure organisationnelle, l’attribution de responsabilités, ses activités planifiées, des procédures et procédés ainsi que l’allocation de ressources pour élaborer, mettre en œuvre, examiner et actualiser la vision environnementale de l’organisation » (ISO, 2009). On peut trouver des SGE développés par des secteurs bien spécifiques (tableau 1.2). Ce type de SGE a principalement pour objectif d’établir des principes et des codes de conduite pour des questions environnementales fréquentes dans un secteur particulier (OECD, 2005). D’ailleurs certains SGE, comme celui de l’ACIC, sont issus de chartes environnementales développées précédemment (Association canadienne de l’industrie de la chimie, 2015c; Belanger et autres, 2013).
  24. 24. 11 Tableau 1.2 Liste non exhaustive de différents types de SGE sectoriels disponibles au Québec Organisme certificateur Secteur Identification du du SGE Domaine d’application Association canadienne de l’industrie de la chimie Industrie de la chimie Gestion responsable (Responsible care en anglais) (Association canadienne de l’industrie de la chimie, 2015a) Canada initialement, repris ensuite dans plus de 47 pays (OECD, 2005). Nature-Action Ateliers de services automobiles Clé verte (Nature-Action Québec, 2015) Québec (Nature-Action Québec, 2015) Alliance verte Transport maritime Alliance verte (Green Marine en anglais) (Alliance verte, 2015a) Amérique du Nord (Alliance verte, 2015a) Association des hôtels du Canada Hôtellerie Clé verte (Green Key Global en anglais) (Green Key Global, 2015) Canada (Green Key Global, 2015) Association minière du Canada Mines Vers le développement minier durable (VDMD) (Towards Sustainable Mining (TSM) en anglais) (Association minière du Canada, 2015c) Canada, mais obligation pour les membres de publier à l’échelle des installations pour certains critères (Association minière du Canada, 2015b). Un équivalent au VDMD est en cours d’élaboration en Finlande (Association minière du Canada, 2015b). Le système de gestion environnementale ISO 14001 est un système de gestion semblable à ceux développés pour la qualité (ISO 9001), la santé et sécurité (BS OHSAS 18001) ou le risque (ISO 31000), à la différence qu’il est spécifique aux enjeux environnementaux de l’entreprise. En Europe, un SGE
  25. 25. 12 semblable appelé Eco Management and Audit Scheme (EMAS) a été développé par la Commission européenne. Il intègre des éléments nouveaux comme la communication des objectifs fixés et des résultats obtenus (EMAS, 2015) et insiste sur d’autres, déjà existants, dans l’ISO 14 001 (Commission européenne, 2011). Les entreprises québécoises qui ont des activités en Europe pourraient être intéressées par cette option (Bombardier, 2006; Rio Tinto Alcan, 2008). Les politiques environnementales mentionnées à la section 1.3.2 sont une étape essentielle de la mise en œuvre d’un SGE. La norme ISO 14001, par exemple, exige que la politique environnementale soit appropriée à l’entreprise et qu’il y ait un cadre pour les objectifs et les cibles. Aussi, l’entreprise s’engage (ISO, 2004) dans le cadre de sa politique environnementale à : - la conformité aux exigences légales ou applicables; - l’amélioration continue; - la prévention de la pollution; - la communication de la politique aux parties prenantes. Il existe une grande flexibilité dans ce SGE ce qui explique, même au Québec, la diversité en taille et en activités des entreprises certifiées (Ville de Montréal, 2004). 1.3.4 Rapport de développement durable Le rapport de développement durable (en anglais Global Reporting Initiative (GRI)) propose un programme qui « … aide les organisations à définir leurs objectifs, à mesurer la performance et à gérer le changement. » (Global Reporting Initiative, 2013a). Il a la caractéristique d’utiliser des lignes directrices standardisées qui peuvent faciliter par la suite la comparaison des performances. De nombreux critères environnementaux entrants et sortants issus de nombreux référentiels (ex. les dix principes du pacte mondial des Nations Unies) sont utilisés. Ils couvrent des aspects comme la biodiversité, les transports, les produits et services, le respect de l’environnement et les dépenses y afférents (Global Reporting Initiative, 2013a). Au Canada, cet outil d’évaluation et d’amélioration de l’entreprise est adopté principalement par les entreprises cotées en bourse (Global Reporting Initiative, 2013b). Au total, et jusqu’à 2014, environ 121 entreprises canadiennes ont publié un rapport GRI. Parmi les entreprises dont le siège social est au Québec, on peut citer de grandes entreprises comme la Société de transport de Montréal (STM), Transat A.T. inc., Gaz Métro, Metro, Bell Canada et Hydro-Québec (G & A Institute, 2014). 1.4 Synthèse des initiatives environnementales des entreprises Ce chapitre a permis de référencer plusieurs initiatives environnementales mises en place pour limiter les impacts des entreprises sur l’environnement. Ces dernières démontrent clairement une évolution dans le temps de l’implication sociale : de simples déclarations d’intention dans les années 2000, on assiste
  26. 26. 13 maintenant à l’utilisation de plus en plus fréquente de systèmes intégrés qui prennent en compte les aspects environnementaux, mais aussi sociaux et de gouvernance comme le GRI (tableau 1.3). Tableau 1-3 Résumé des principales initiatives environnementales en entreprise avec les avantages et inconvénients de chacune Initiative Avantages Inconvénients Charte environnementale Simplicité (FSD, 2009) Accessible et compréhensible par les consommateurs (FSD, 2009) Absence d’outils pour l’appliquer (FSD, 2009) Aucun suivi (FSD, 2009) Politique environnementale Intégrée aux objectifs économiques de l’entreprise Peut inclure les fournisseurs et sous-traitants (Tilt, 1997) Difficulté de mesurer une évolution positive ou négative dans l’entreprise avec seulement une politique environnementale (Barrett, 1994) SGE Permet de gérer efficacement les enjeux environnementaux (ISO, 2004) Système lourd à implanter Ressources en temps et en personnel importants (Sammalisto et Brorson, 2008) GRI Permet de gérer avec une perspective de développement durable intégrée (Global Reporting Initiative, 2013a) Inadapté pour les PME Ressources en temps et en personnel importants
  27. 27. 14 2 SONDAGE DES ENTREPRISES QUÉBÉCOISES Une des méthodes les plus utilisées dans l’évaluation de l’implantation des systèmes de gestion dans les entreprises est le sondage (Summers Raines, 2002). Il permet en effet d’obtenir des données qui ne sont pas accessibles par les outils classiques comme les statistiques nationales ou les études de cas spécifiques. Le sondage réalisé dans le cadre du présent essai permet de fournir des informations sur des entreprises québécoises qui sont essentielles pour l’atteinte des objectifs visés (besoins, problématiques, approches d’implantation, coûts financiers, outils). 2.1 Méthodologie du sondage Le sondage a été effectué sur une période de trois mois (du 1er juin au 19 août 2015). Il est constitué de 18 questions, lesquelles ont été sélectionnées de façon à répondre à des interrogations ne pouvant être répondues par la littérature pour le Québec (Richard, 2009; Yiridoe et autres, 2003). D’autres sondages portant sur les systèmes de gestion ont également été consultés. Le nombre de questions a également été étudié. En effet, le volume de questions peut être rébarbatif pour certains répondants et afin d’obtenir un taux de réponse élevé ce dernier devait être limité en terme de temps à y consacrer. En résumé, les questions concernent l’entreprise en elle-même (profil de l’entreprise), mais aussi les aspects de conformité légale, d’implantation et de gestion d’un système d’ISO 14001 (tableau 2.1). L’objectif final étant d’avoir un maximum de réponses sur des points bien précis de l’essai (outils informatiques utilisés, présence de formations sur les aspects environnementaux, etc.). À titre d’exemple, aucune question sur la région où l’entreprise est présente n’a été posée puisqu’il n’y a pas de corrélation entre la région et l’implication écologique (voir section 1.1). Tableau 2.1 Liste des sections du sondage et leurs contenus Section du sondage Contenu et Objectif Profil de l’entreprise Cinq questions permettent d’avoir des données générales sur l’entreprise : le nom, le statut juridique, le type d’entreprise, le nombre d’employés et les secteurs d’activité. Conformité réglementaire Quatre questions donnent un aperçu sur la gestion réglementaire des aspects environnementaux.
  28. 28. 15 Tableau 2.2 Liste des sections du sondage et leurs contenus (suite) Section du sondage Contenu et Objectif Connaissance et implantation d’ISO 14001 Cinq questions offrent un portrait des entreprises par rapport à la norme ISO 14001. Gestion du SGE Trois questions identifient les outils de gestion environnementale au sein de l’entreprise. Commentaires généraux Deux questions permettent de collecter d’autres informations pertinentes non mentionnées ci-haut et de pouvoir transmettre les résultats du sondage aux répondants. Le sondage a été réalisé via le site SurveyMonkey qui permet aux répondants une certaine flexibilité pour leur réponse et est très simple d’utilisation. La version de 30$/mois du site a été utilisée durant 4 mois afin de permettre un sondage constitué de plus de 10 questions et de permettre la réception de plus de 100 réponses en plus des outils d’analyse offerts (SurveyMonkey, 2015). Cela dit, dans notre cas, le nombre de questions a été restreint au minimum. Seules les questions pour lesquelles des réponses n’ont pu être obtenues via d’autres outils de documentation ont été retenues. Le sondage a été envoyé par courriel et par télécopieur à des PME et des collectivités locales, mais aussi à de grandes entreprises québécoises. Pour éviter des réponses de non-spécialistes, nous avons demandé à ce que le courriel ou l’appel téléphonique soit transmis au département ou responsable environnemental dans les cas où cela était possible. En tout, 63 entreprises ont répondu au sondage. Un suivi par téléphone a été réalisé en cas d’absence de réponse. Ceci a permis d’augmenter le nombre de réponses total d’environ 10 %. Pour mettre en confiance les entreprises, un rappel de l’objectif du sondage et sa politique de confidentialité ont servi de préambule aux questions (Annexe 1). Les données brutes des questions du sondage pour les 63 répondants sont présentées par un tableau en Annexe 2. 2.2 Traitement des données À la fin de la période de réponses, les données ont été exportées au format Excel. Le nombre de répondants par réponse diffère du nombre total de répondants (63) puisqu’il y avait la possibilité de passer des questions. Les diagrammes en camembert et les tableaux se sont, donc, basés sur l’effectif réel de répondants pour chaque question et non pas sur le nombre total de répondants au sondage.
  29. 29. 16 Aussi, étant donné que l’option « Autres (veuillez préciser) » a été proposée quand cela était possible, un traitement a été effectué. Certaines réponses dans cette case ont été déplacées vers d’autres réponses plus précises. À titre d’exemple, une des réponses dans la case « Autres (veuillez préciser) » pour la question 8 a été : « Le département juridique à la liste pour l’entreprise entière. Chaque département se doit d’avoir la liste qui s’applique à leur secteur. » Cette réponse a été considérée comme un « oui » pour la présence d’une liste complète des lois et règlements en matière d’environnement auxquels l’entreprise est assujettie. Les pourcentages ont alors été réajustés. Le reste des réponses qui sont encore dans « autres » sont généralement des réponses incertaines. 2.3 Résultats du sondage Cette section présente les résultats obtenus pour chaque question du sondage après traitement des données. Elle est subdivisée en cinq sections telles que mentionnées dans le tableau ci-dessus. 2.3.1 Profil de l’entreprise Cette sous-section du sondage comporte cinq questions, qui sont : Question 1 : Quel est le nom de votre entreprise? Question 2 : Quel est son statut juridique? Question 3 : Quel est le type de l’entreprise? Question 4 : Quel est le nombre d’employés? Question 5 : Dans quel (s) secteur (s) œuvre votre entreprise? Les questions sur le profil de l’entreprise permettent d’avoir un aperçu sur les entreprises qui ont répondu au sondage et leurs répartitions par rapport à plusieurs critères. Les réponses à la question 1 ne sont pas publiées pour des raisons de confidentialité, mais elles identifient les répondants qui se trouvent dans de nombreuses régions du Québec. La question 2 s’intéresse au statut juridique. Les réponses possibles sont : - Entreprise individuelle : elle correspond à l’entreprise à propriétaire unique, qui est exploitée par une seule personne que l’on appelle souvent travailleur autonome ou travailleur indépendant (Revenu Québec, 2015).
  30. 30. 17 - Compagnie : elle est appelée aussi société par actions ou personne morale. Une société par actions a pour but d'exploiter une entreprise afin de réaliser des bénéfices et de les distribuer entre ses actionnaires (Revenu Québec, 2015). - Coopérative : elle est une « personne morale regroupant des personnes qui ont des besoins économiques, sociaux ou culturels communs et qui, en vue d'y répondre, s'associent pour exploiter une entreprise conformément aux règles d'action coopérative » (Revenu Québec, 2015). - Municipalité : le terme municipalité est pris au sens large, il comprend les municipalités et les villes (Commission de toponymie, 2015). - Autre : elle correspond à toute autre entité reconnue par Revenu Québec (Revenu Québec, 2015). Les résultats du sondage illustré dans la figure 2.1 donnent une entreprise individuelle pour un cas sur dix, des compagnies dans un cas sur cinq et des municipalités dans 6 cas sur dix. Seulement 10% des répondants ont déclaré posséder un autre statut juridique. À noter qu’aucune coopérative n’a répondu au sondage. Figure 2.1 : Réponses à la question 2 sur le statut juridique La question 3 est relative aux types d’entreprises. Ils sont définis comme suit : 18.0% 9.8% 0.0% 63.9% 8.2% Compagnie / Société par actions Entreprise individuelle Coopérative Municipalité Autre (veuillez préciser) 61 répondants
  31. 31. 18 - Entreprises indépendantes : c’est une entreprise qui ne contrôle pas d’entreprise (en droit ou en fait) et qui n’est pas elle-même contrôlée par une autre entreprise (Juridique et droit, 2013). - Filiales : ce sont des sociétés contrôlées par d’autres sociétés au plan légal (ACFC, 2015). - Succursales : elles correspondent aux établissements commerciaux ou financiers qui dépendent d'un siège central (Larousse, 2015). - Autres : ce sont toutes les autres entreprises qui ne se reconnaissent pas dans les définitions précédentes. Figure 2.2 Réponses à la question 3 sur le type d’entreprise On trouve essentiellement pour notre sondage (figure 2.2) des entreprises indépendantes à 81,4 %, mais aussi des filiales (6,8 %) ou des succursales (8,5 %). Le reste (3,4 %) est constitué d’autres formes juridiques. 81.4% 6.8% 8.5% 3.4% Indépendante Filiale Succursale Autre (veuillez préciser) 61 répondants
  32. 32. 19 Figure 2.3 Réponses à la question 4 sur le nombre d’employés La réponse à la question 4 est représentée par la figure 2.3. Les 61 répondants sont de différentes dimensions (voir section 1.1 pour les dénominations au Canada). En effet, la majorité (59 %) se classe parmi les petites entreprises (PE) avec un nombre d’employés allant de 1 à 99. Par la suite, on trouve les moyennes entreprises qui embauchent entre 100 et 499 personnes avec 31 %. Bien que les grandes entreprises (plus de 500 employés) soient faibles au Canada, elles ont été surreprésentées dans ce sondage par rapport à la réalité économique du Québec atteignant ainsi 10 % de l’effectif. En ce qui concerne le secteur d’activité des entreprises questionnées, les résultats sont présentés dans la figure 2.4. La majorité d’entre elles œuvrent dans les services publics avec 62,9 % (essentiellement les municipalités). Les 40 % restants se répartissent sur plusieurs autres secteurs, mais avec de faibles proportions, tels que l’environnement (8,1 %), la métallurgie (1,6 %) et le transport (1,6 %). de 1 à 49 38% de 50 à 99 21% de 100 à 499 31% plus de 500 10% 61 répondants
  33. 33. 20 Figure 2.4 : Réponses à la question 5 sur les secteurs d’activité 2.3.2 Conformité réglementaire Afin d’évaluer les méthodes utilisées par les entreprises pour gérer les aspects environnementaux et les obligations réglementaires associées, quatre questions ont été posées. Ci-dessous se trouvent les questions sommaires, les choix de réponse par question sont détaillés dans les tableaux de réponses par question : - Question 6 : Avez-vous un ou plusieurs de ces produits et substances dans votre entreprise? - Question 7 : Comment obtenez-vous l’information sur les lois et règlements en matière d’environnement applicable ou qui pourrait être applicable à votre entreprise? - Question 8 : Possédez-vous une liste complète des lois et règlements en matière d’environnement auxquels votre entreprise est assujettie? - Question 9 : Avez-vous des exigences de nature environnementale envers vos fournisseurs et sous-traitants? 3.2% 1.6% 1.6% 3.2% 3.2% 1.6% 8.1% 1.6% 62.9% 12.9% Construction Fabrication Métallurgie Santé et biotechnologies Technologiesde l’information et des communications Commerce Environnement Transport terrestre et maritime Services publics Autre (veuillez préciser) 61 répondants
  34. 34. 21 La réponse à la question 6, concernant la possession des substances dangereuses, est illustrée par le tableau 2.2. Plus de 60 % des répondants possèdent des substances classées selon le SIMDUT, de même pour les substances pétrolières ou dangereuses non classifiées. Ces pourcentages dépassent les 80 % si on sélectionne seulement les GE. Les substances répertoriées selon l’INRP sont celles qui sont les moins représentées avec 22 % de la totalité des répondants. Toutefois, 60 % des GE ayant répondu font un inventaire de ces substances contre seulement 18 % pour les PME. Tableau 2.3 Réponses à la question 6 sur les produits et substances dangereux dans l’entreprise Options de réponse Éléments présents Nombre de réponses Substances répertoriées à l’INRP (Inventaire national des rejets de polluants) 22 % 10 Produits pétroliers entreposés sur des lieux appartenant à votre entreprise 62 % 28 Matières dangereuses sur des lieux appartenant à votre entreprise 62 % 28 Produits classés selon le SIMDUT (Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail) 71 % 32 Autre 20 % 9 Aucun produit 0 % 3 Effectif 45 Sans réponse 18 Le tableau 2.3 présente les modes de gestion employés par les 53 entreprises qui ont répondu à cette question. L’aspect réglementaire est géré différemment d’une entreprise à une autre. En effet, plus de la moitié (50,7 %) utilisent des ressources à l’interne, tandis que le reste utilise les services soit d’un cabinet d’avocat (15,5 %), d’un consultant (18,3 %) ou de leur association sectorielle (19,7 %). Pour les GE, elles possèdent toutes un service à l’interne. Aussi, une GE sur cinq utilise les services de son association
  35. 35. 22 professionnelle. Les PME, elles, utilisent plusieurs sources à la fois, mais le recours au service interne reste le principal moyen avec 60 % des répondants de ce type d’entreprises. Environ 8 répondants ont mentionné d’autres sources d’information. Il s’agit principalement de la recherche sur internet, du MDDELCC ou les sociétés mères (pour les filiales et succursales). Tableau 2.4 Réponses à la question 7 sur les lois et règlements en matière d’environnement applicables ou qui pourraient être applicables à l’entreprise Options de réponse Éléments présents Nombre de réponses Cabinet d’avocat 15,5 % 11 Consultant externe 18,3 % 13 Responsable à l’interne 50,7 % 36 Association sectorielle 19,7 % 14 Autre 11,3 % 8 Effectif 53 Sans réponse 10 Pour ce qui est de la question de la présence d’une liste complète des lois et règlements en matière environnementale, seulement 44,2 % ont répondu par « oui » (Tableau 2.4). Le reste des réponses, issues principalement des PME, varie entre l’absence d’une telle liste (26,9 %), la limitation de la liste à des secteurs donnés (25,0 %) ou la non-actualisation de la liste depuis plus d’un an (3,8 %). C’est chez les GE qu’on retrouve le plus de différences avec les résultats globaux. En effet, toutes les GE possèdent une liste à jour.
  36. 36. 23 Tableau 2.5 Réponses à la question 8 sur la présence ou non d’une liste complète des lois et règlements en matière d’environnement auxquels l’entreprise est assujettie Options de réponse Éléments présents Nombre de réponses Oui 44,2 % 23 Non 26,9 % 14 Pas pour tous les domaines 25,0 % 13 La liste existe, mais elle n’est pas actualisée depuis plus d’un an 3,8 % 2 Autre 0,0 % 0 Effectif 52 Sans réponse 11 Le tableau 2.5 représente les résultats de la question 9 concernant les exigences environnementales. Environ 43 % des entreprises ont répondu qu’elles ajoutent des clauses relatives à ce thème dans les contrats avec leurs fournisseurs et sous-traitants. Pour le reste, 20,0 % respectent la charte ou politique environnementale. Cependant, environ 21,5 % n’ont pas d’exigences environnementales spécifiques et 7,7 % ne savent même pas si elles ont des exigences environnementales quand elles font affaire avec leurs fournisseurs ou sous-traitants. Les GE se basent principalement sur les chartes et politiques environnementales avec 80 % des cas. De plus, les clauses dans les contrats représentent 60 % des cas. En ce qui concerne les PME, 53 % d’entre elles répondent aux exigences environnementales présentes dans les contrats. En ce qui concerne les cinq réponses des répondants dans la section « autres », elles correspondent aux exigences environnementales dans les normes d’urbanisme et les standards techniques.
  37. 37. 24 Tableau 2.6 Réponses à la question 9 sur les exigences environnementales Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses Clauses dans le contrat 43,1 % 28 Charte/politique environnementale 20,0 % 13 Je ne sais pas 7,7 % 5 Non 21,5 % 14 Autre (veuillez préciser) 7,7 % 5 Effectif 52 Sans réponse 11 2.3.3 Connaissance et implantation d’ISO 14001 Ci-dessous se trouvent les quatre questions sommaires du troisième volet du sondage, les choix de réponse par question sont détaillés dans les tableaux de réponses par question : - Question 10 : Sur une échelle de 100 où 0 ne correspond à aucune connaissance et 100 correspond à une connaissance complète, comment évaluez-vous le niveau de connaissance de votre entreprise de la norme ISO 14001? - Question 11 : Existe-t-il des systèmes de gestion (certifiés ou non) dans l’entreprise? - Question 12 : Où en est l’entreprise dans l’implantation d’un système de gestion environnementale? - Question 13 : Pour votre entreprise, quels pourraient être/sont les éléments dissuasifs à l’implantation ou au maintien d’un système de gestion environnementale parmi ceux de la liste suivante? Les résultats de la question 10 sont présentés au tableau 2.6. Ils montrent que les entreprises répondantes ont généralement une mauvaise connaissance de la norme ISO 14001. En effet, plus de 77 % des répondants ont évalué leur connaissance à moins de 50 %, dont environ 19 % qui n’ont aucune idée de la norme. Seule une minorité d’entreprises a une bonne connaissance du SGE avec 13,5 % et voire très bonne connaissance (9,6 %). Si on regarde les chiffres selon la taille de l’entreprise, ce sont les
  38. 38. 25 GE qui ont la meilleure connaissance de la norme. Environ 80 % d’entre elles ont une connaissance variant de 80 à 100 %. Tableau 2.7 Réponses à la question 10 sur le niveau de connaissance sur la norme ISO 14001 Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses Ne connais pas (0) 19,2 % 10 Mauvaise connaissance (inférieur à 50) 57,7 % 30 Bonne connaissance (supérieur à 50) 13,5 % 7 Très bonne connaissance (100) 9,6 % 5 Effectif 52 Sans réponse 11 Les résultats de la section du sondage relative aux principaux systèmes de gestion utilisés par les entreprises sont présentés au tableau 2.7. Sachant qu’une entreprise pourrait utiliser plus qu’un système de gestion, les plus utilisés sont ceux pour la santé-sécurité (29,9 %) et la gestion des documents (24 %). Alors que le système de gestion de la qualité est utilisé par 15,3 % des entreprises qui ont répondu à la question. L’environnement n’est géré sous forme de système que dans 13,9 % des cas. Plus de 80 % des GE possèdent un SGE, mais seulement 37 % des PME en possèdent. Le système le plus présent pour les GE est celui de la qualité (100%) tandis que pour les PME le système le plus utilisé est celui de la gestion documentaire (70 % des cas). Pour les deux répondants par « autres », ils ont déclaré qu’ils sont en train d’implanter certains d’entre eux.
  39. 39. 26 Tableau 2.8 Réponses à la question 11 sur la présence d’autres systèmes de gestion Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses Système de gestion de documents 70,8 % 34 Système de gestion de la qualité 44 % 21 Système de gestion environnementale 39,5 % 19 Système de gestion de la Santé et de la Sécurité au Travail 85,4 % 41 Système de gestion des risques 41,6 % 20 Autre 4,1 % 2 Effectif 48 Pas de réponse 15 Le tableau 2.8 présente les résultats de la question 12 sur l’implantation et la gestion d’un SGE. L’analyse de ces derniers a permis de savoir qu’environ 41,1 % des entreprises n’ont aucune initiative dans ce sens, tandis que 9,8 % veulent l’implanter, 21,5 % en ont un non certifié et 5,8 % en ont un certifié ISO 14001. À noter aussi que près de 20 % des répondants ont un système de gestion intégré. Si on regarde du point de vue type d’entreprise, le SGE ISO 14001 est présent, sous différentes formes (non certifié, certifié ou intégré), dans 80 % des GE et ne dépasse pas les 39 % pour les PME. Un élément intéressant à soulever dans cette question est que 45 % des PME n’ont aucune initiative envers la mise en place d’un SGE contre seulement 20 % pour les GE. Pour ceux qui ont répondu par « autres », les principaux commentaires concernent d’autres formes de gestion environnementale comme le programme Recyc-Québec ou le programme carboneutre. D’autres appliquent directement les politiques de développement durable sans avoir pour autant un SGE.
  40. 40. 27 Tableau 2.9 Réponses à la question 12 sur l’implantation d’un SGE Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses Il n’existe aucune initiative dans ce sens 41,1 % 21 L’entreprise veut mettre en place d’autres systèmes de gestion avant (système de gestion de la qualité, etc.) 9,8 % 5 L’entreprise a un système de gestion environnementale non certifié 21,5 % 11 L’entreprise a un système de gestion environnementale certifié ISO 14001 5,8 % 3 L’entreprise a un système de gestion environnementale certifié autre qu’ISO 14001 0,0 % 0 L’entreprise a un système de gestion intégré (qualité, santé et sécurité, environnement, etc.) 19,6 % 10 Autre 11,7 % 6 Effectif 51 Sans réponse 12 Pour ce qui est des éléments qui ont dissuadé ou qui sont en train de dissuader les entreprises d’implanter un SGE, ce sont principalement le coût (21,8 %), le manque de temps (19,4 %) et de ressources humaines (16,9 %) (voir tableau 2.9). Cet ordre d’importance des éléments dissuasifs reste le même pour les PME, mais change pour les GE. Ces dernières présentent aussi le coût comme le premier élément qui les empêche d’implanter ou maintenir un SGE. Cela dit, le deuxième élément est le manque de RH (pour 40% des GE répondantes). Parmi les réponses dans « autres », on cite des facteurs externes comme l’absence d’exigences de la part des clients. Certaines municipalités et entreprises de service ont aussi supposé qu’un SGE n’est pas applicable dans leur cas vu la spécificité de leur activité.
  41. 41. 28 Tableau 2.10 Réponses à la question 13 sur les éléments dissuasifs Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses Manque d’intérêt 24 % 12 Coût 54 % 27 Besoin important en ressources humaines 42 % 21 Manque de connaissance dans le domaine 26 % 13 Manque de temps 48 % 24 Existence d’autres projets prioritaires 40 % 20 Autre 14 % 7 Effectif 50 Sans réponse 13 2.3.4 Gestion du SGE Ci-dessous sont présentées les questions sommaires du volet gestion du SGE du sondage, les choix de réponse par question sont détaillés dans les tableaux de réponses par question : Les questions concernant les outils de gestions utilisés du SGE sont les suivantes : - Question 14 : Quel outil informatique utilisez-vous pour gérer vos aspects environnementaux ou pour votre système de gestion environnementale? - Question 15 : Quelles formations sont offertes actuellement dans votre entreprise pour les employés et les cadres afin de maîtriser les questions environnementales/système de gestion environnementale? - Question 16 : Qui dans votre entreprise est responsable des questions environnementales/du système de gestion environnementale?
  42. 42. 29 Le tableau 2.10 présente les outils informatiques utilisés au sein des entreprises répondantes pour la gestion du SGE. Les résultats montrent que plus de 40 % des entreprises utilisent Excel, ou un autre tableur, pour gérer leurs aspects environnementaux. Environ le quart utilise plusieurs logiciels en même temps et seulement 4,3 % ont développé un logiciel à l’interne. L’utilisation des tableurs chez les PME est de 43% soit presque la même moyenne pour la totalité des répondants. Cela dit, ce chiffre diminue pour les GE où seulement 20% l’utilisent. Pour les deux types, l’utilisation des logiciels spécialisés n’est pas répandue. Tableau 2.11 Réponses à la question 14 sur les outils informatiques Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses Excel ou autre tableur 43,2% 19 Isovision 0% 0 Intelex 2,3% 1 BSI Entropy 0% 0 un logiciel conçu à l’interne ou par le groupe 4,5% 2 je ne sais pas 27,3% 12 plusieurs logiciels ou applications sont utilisés en même temps 22,7% 10 Autre 0% 0 nombre de réponses 44 Sans réponse 19 Pour ce qui est des formations (Tableau 2.11), plus de 47 % des répondants n’ont aucune formation spécifique à l’environnement, tandis que, près de 17,6 % le font à l’interne. Mais, la plupart le font à l’externe à l’aide de consultants (21,6 %), en ligne (19,6 %) ou, plus rarement, par les entreprises qui conçoivent les logiciels (1,9 %). Seulement 5,9 % préfèrent embaucher du nouveau personnel déjà formé sur les questions environnementales. C’est le cas principalement des PME, ce qui peut s’expliquer par le fait que 50% des PME ne font pas de formations sur la gestion environnementale à leur personnel.
  43. 43. 30 Pour ce qui concerne les répondants par « autres », il s’agit de participations à des conférences ou des colloques. De plus certains obtiennent de la formation via leur client parce qu’ils font de la sous-traitance. Tableau 2.12 Réponses à la question 15 sur les formations Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses aucune formation 47 % 24 formations réalisées par un comité interne 17,6 % 9 formations par des consultants externes 21,6 % 11 formations en ligne 19,6 % 10 formations des entreprises qui conçoivent les logiciels de gestion environnementale 1,9 % 1 embaucher du nouveau personnel déjà formé 5,9 % 3 Autre 11,8 % 6 nombre de réponses 51 pas de réponse 12 En ce qui a trait à la responsabilité de la gestion du SGE, les résultats de sondage (tableau 2.12) montrent que 19,6 % des répondants lèguent cette tâche à une équipe ou une personne responsable en environnement ou SSE. Dans 29,4 % des cas, aucune personne n’est assignée tandis que dans 19,6 % des cas une équipe multidisciplinaire gère les aspects environnementaux. Pour justifier son choix de répondre par « autre », le répondant a mentionné que c’est le propriétaire qui gère les questions environnementales. Environ 45% des PME consacrent un département pour le suivi environnemental et 35% n’ont aucune personne ou département d’assigné. Par contre, pour les GE, 60% des répondants possèdent un département spécifique à l’environnement et 40% possèdent une équipe multidisciplinaire.
  44. 44. 31 Tableau 2.13 Réponses à la question 16 sur le responsable du SGE Options de réponse Pourcentage Nombre de réponses équipe multidisciplinaire 19,6% 10 personne n’a explicitement ces prérogatives/tout le monde 29,4% 15 département environnement ou SSE (Santé, sécurité et environnement) 47,1% 24 intervenants externes 2% 1 autres départements 11,8% 6 Autre 2% 1 Effectif 51 Sans réponse 12 2.3.5 Commentaires généraux Les questions/suggestions et les réponses pour cette section sont : - Question 17 : Avez-vous des commentaires généraux sur la gestion des aspects environnementaux/système de gestion environnementale dans votre entreprise? - Question 18 : Voulez-vous recevoir une copie de l’étude? Veuillez remplir vos coordonnées. Les commentaires généraux concernaient principalement l’absence d’outils adéquats de gestion environnementale pour les municipalités (2 répondants). Pour les entreprises, deux problématiques ont été soulevées : la recherche par les fournisseurs de la qualité plutôt que le respect de l’environnement (2 répondants) et l’absence de communication avec la maison mère sur les questions environnementales (2 répondants). Environ 29 entreprises ont demandé une copie de l’étude en donnant leurs courriels à la question 18. L’envoi d’une copie est prévu vers la fin du mois de janvier 2016 soit après le dépôt final de l’essai.
  45. 45. 32 2.4 Analyse des résultats L’objectif du sondage est d’avoir un portrait global sur la GE des entreprises québécoises. La majorité des sondages réalisés auparavant sur la GE concernait soit un secteur donné (Merbouche, 2005) soit une région donnée du Québec (Richard, 2009). Les résultats de la section du profil de l’entreprise (Question 2 et 3) nous rappellent la diversité des entreprises québécoises. Elles peuvent se trouver sous différentes formes juridiques (entreprises individuelles, compagnies, etc.) et types (filiale, succursale, etc.). Ces critères sont peu pris en compte lors de l’implantation d’un SGE. Pourtant, une entreprise mère ou un franchiseur peut agir, par exemple, comme agent de changement et imposer la mise en place d’une gestion environnementale dans ces filiales. D’ailleurs, bien avant les demandes des PP, la principale raison citée par les gestionnaires environnementaux dans les succursales et les filiales pour l’implantation du SGE est la présence d’une demande formulée par la compagnie mère (Boiral, 2006). D’autre part, la présence de plus de 8 secteurs dans le sondage corrobore avec la diversité sectorielle au Québec et notamment la forte présence du secteur tertiaire (tableau 1.1). Le rôle des associations sectorielles pourrait être plus proactif sur les questions environnementales. Les initiatives environnementales sectorielles offrent des avantages non négligeables pour les entreprises affiliées. Elles répondent à des besoins spécifiques de gestion environnementale et offrent un cadre de coopération intrasectorielle. Un des cas les plus connus est le développement par la CSMO-Auto (Comité sectoriel de main-d’œuvre des services automobiles) du programme de certification environnementale « Clé Verte » pour les garages automobiles indépendamment de leur type (indépendants, propriétés de concessionnaire ou franchisés) (Comité sectoriel de main-d’œuvre des services automobiles, 2015). La volonté du CSMO-Auto à travers le programme écologique est clairement définie : « Le programme Clé Verte est un geste concret et significatif visant à relever la barre de l’industrie, en la dotant de pratiques adaptées aux normes environnementales. » (Comité sectoriel de main-d’œuvre des services automobiles, 2015). Pour ce qui est de la conformité réglementaire, le sondage a permis de démontrer qu’indépendamment du secteur d’activité ou du type d’entreprise, une majorité d’entreprises est sensibilisée aux aspects environnementaux réglementaires (Richard, 2009). À la question 6, sur 46 répondants, 3 seulement affirment ne pas posséder de produits dangereux. Par contre, seulement 44,2 % des répondants (n=52) possèdent une liste des lois et règlements en matière environnementale à jour. Et plus du quart (26,9 %) n’en possède même pas. Pourtant, ces entreprises ont recours (question 7) au suivi réglementaire par un service à l’interne dans plus de la moitié des cas (50,7 %, n=36) ou des services externes comme les cabinets d’avocats (15,5 %), les firmes de consultants (18,3 %) ou les associations sectorielles (19,7 %)
  46. 46. 33 dans le reste des cas, il semble donc ne pas y avoir une gestion adéquate de la veille réglementaire (Richard, 2009). La section de la connaissance et de l’implantation d’ISO 14001 permet d’ailleurs de connaître le degré de connaissance de la norme ISO et de l’état d’avancement du SGE, lorsque ce dernier est présent. On y apprend (question 10) que la majorité a une faible (57,7 %, n=52) voire aucune connaissance de la norme (19,2 %). Seulement 13,5 % des répondants estiment avoir une bonne connaissance de la norme et 9,6 % pensent en avoir une très bonne connaissance. Le personnel existant ne possède donc pas assez d’expertise pour mener à bien une probable implantation du système. En croisant ces réponses avec celles de la question 11 (29,9 % des entreprises possèdent un SG de SST et 24,8 % possèdent un SG de documents contre seulement 13,9 % de SGE, n=48) on constate que les entreprises ne priorisent pas la gestion environnementale. D’ailleurs, 38,6 % (n=51) des répondants de la question 12 affirment qu’ils n’ont aucune volonté d’implanter un SGE. Environ 8,8 % veulent aussi prioriser d’autres SG au détriment du SGE. Les facteurs dissuasifs mentionnés dans les réponses de la question 13 sont principalement le coût (21,8 %, n=50), le manque de temps (19,4 %) et de ressources (16,9 %). La section de la gestion du SGE démontre clairement l’utilisation généralisée d’Excel pour la gestion environnementale de l’entreprise (question 14). En effet, plus de 42,6 % (n=47) des répondants y ont recours. Les logiciels spécialisés (Isovision et BSI Entropy 0%, Intelex 2,1 %) ou développés à l‘interne (4,3 %) sont très peu utilisés. La question 16 identifie les responsabilités dans le domaine environnemental. Environ 36,8 % (n=51) des entreprises qui ont recours au département environnemental ou de SSE. D’autres ont une approche inclusive en mettant en place une équipe multidisciplinaire (17,5 %). L’absence de responsable assigné dans 26,3 % des cas dénote d’une mauvaise gestion environnementale. Les commentaires généraux ont mis en lumière l’importance des clauses de contrat dans la dynamique environnementale interne de l’entreprise. D’ailleurs, dans le présent sondage, 43,1 % (Question 9, n=52) des entreprises disent respecter les clauses environnementales des fournisseurs. En conclusion, le sondage a pu mettre en lumière plusieurs réalités liées aux SGE chez les entreprises québécoises. Le croisement des données avec le type d’entreprise (PME ou GE) a permis de constater l’impact des différences en RH et en moyen financier sur l’engagement environnemental. Les GE sont ainsi beaucoup plus outillés : - présence de spécialistes en environnement voire d’un département consacré; - présence d’autres systèmes de gestion, ce qui peut faciliter l’implantation et le suivi d’un système semblable dans la forme;
  47. 47. 34 - présence d’une politique environnementale, ce qui donne une vision environnementale pour l’entreprise. 2.5 Limites et biais des résultats du sondage Le sondage présente plusieurs limites et biais : - l’échantillon utilisé est statistiquement non significatif (Suristat, 2007). Un effectif de 40 entreprises par secteur aurait été suffisant pour avoir une estimation précise. Ce nombre aurait pu être obtenu si une collaboration avec des associations professionnelles ou régionales avait été mise en place. Ce genre de collaboration permet une meilleure diffusion du sondage (Richard, 2009); - certains secteurs (cas des entreprises financières) ou types d’entreprises (cas des coopératives) sont absents ou faiblement représentés. Les déductions et analyses par secteurs ou par type d’entreprise ont donc été impossibles à réaliser. D’un autre côté, les municipalités sont surreprésentées dans le sondage; - certains répondants ont rempli le sondage par rapport à la succursale ou filiale qu’ils gèrent. Il se peut donc que l’entreprise principale ait un SGE, mais qu’il ne concerne que le siège social ou que la gestion ne se fasse qu’au niveau de la succursale principale; - la formulation de la question 10 sur le degré de connaissance de la norme ISO 14001 aurait pu être plus simple et avec un biais moindre. Au lieu de demander d’évaluer le degré de connaissance sur 100, il aurait été plus pertinent de proposer quatre niveaux de connaissance plus compréhensibles comme : aucune, faible, bonne et excellente. Malgré tout, un traitement des données a permis d’avoir des résultats de même forme. 3 APPROCHES D’IMPLANTATION D’UN SGE L’implantation d’un SGE consiste en une série d’étapes consécutives qui commence par une déclaration d’engagement et qui finit par la consécration de la mise en œuvre. Quelquefois l’entreprise peut désirer l’obtention de la certification ISO 14001 ou toute autre certification environnementale, d’autres fois ce sera seulement pour pouvoir organiser la gestion des risques environnementaux sans certification. Que ce soit dans un but de certification ou non, différentes approches d’implantation peuvent être utilisées par l’entreprise. Ces différentes approches (individuelle, collective, progressive, etc.) sont décrites dans les sections suivantes. 3.1 Approche individuelle L’approche individuelle est celle qui est la plus répandue dans le monde des entreprises. Elle consiste à être assisté durant toutes ou la majorité des étapes de l’implantation par un cabinet de consultant externe (Berger-Douce, 2010). La première étape technique est l’évaluation des écarts et la dernière étape avant
  48. 48. 35 l’audit de certification est l’amélioration du SG après le préaudit (voir figure 3.1). L’approche peut durer environ 3 ans (voir tableau 3.1) avant l’obtention de la certification si elle est voulue, mais cela nécessite un engagement financier et des ressources humaines importantes. La durée d’implantation est tributaire de la taille de l’entreprise et des ressources internes dédiées à cette tâche.
  49. 49. 36 Figure 3-1 Étapes d’implantation d’un SGE selon l’approche individuelle (tirée de : New focus consulting, 2015)
  50. 50. 37 3.2 Approche collective L’approche collective correspond à un regroupement, par un organisme comme une chambre de commerce, d’un ensemble d’entreprises pour implanter un SGE (Réseau entreprise et développement durable, 2012). L’énumération qui suit (conférence, veille, communication, etc.) donne des exemples d’action qui peuvent être réalisés de façon commune par différentes entreprises dans un même secteur d’activité ou de secteur. Elle peut correspondre, par exemple, à l’organisation de conférences thématiques, au développement d’un service de veille commun et à une communication partagée avec les institutions gouvernementales et municipales (Berger-Douce, 2010). Les aspects techniques peuvent être fournis par un cabinet-conseil (voir section 6.3 consultants externes). Cette approche a été mise en place par un organisme gouvernemental régional en Belgique appelé le BEP (le bureau économique de la province de Namur) dans le cadre du programme EMAS Easy de l’UE (Union européenne). Chaque année, des entreprises de la région sont formées par un organisme tiers sur plusieurs aspects (21solutions, 2015a) : - Appréhender les exigences de la norme ISO 14001 et du règlement EMAS; - Aborder les outils développés pour répondre aux exigences normatives; - Mettre ces outils en pratique au sein de l’entreprise; - Mieux répondre aux exigences des cahiers des charges publics. Une étude sur les gains économiques d’une telle approche par rapport à celle individuelle a démontré des gains allant jusqu’à 50 % pour la première année et 80 % pour les années suivantes (Tableau 3-1). Tableau 3-1 Coût en euro de l’EMAS Easy par rapport à l’EMAS individuel pour différentes tailles d’entreprises en Europe (tiré de : Commission européenne, 2015) Taille de l’entreprise (par nombre d’employés) Potentiel d’économies annuelles Coût de la première année d’implantation de l’EMAS Coût annuel de l’EMAS Coût de la première année d’implantation d’EMAS Easy Coût annuel de l’EMAS Easy De 1 à 9 3 000 – 10 000 € 22 500 € 10 000 € 11 000 € 2 200 € De 10 à 49 20 000 – 40 000 € 38 000 € 22 000 € 17 000 € 3 300 € De 50 à 249 Jusqu’à 100 000 € 40 000 € 17 000 € S.O. S.O. 250 et plus Jusqu’à 400 000 € 67 000 € 39 000 € S.O. S.O.
  51. 51. 38 3.3 Approche progressive L’approche progressive est une approche relativement récente. Elle a été élaborée par le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) en 2006. Elle consiste à fragmenter le processus d’implantation en 3 étapes (Berger-Douce, 2010; Réseau entreprise et développement durable, 2012) : - faire un état des pratiques environnementales actuelles de l’entreprise et des actions prioritaires; - mettre en place un SGE pour les problématiques actuelles de l’entreprise; - finaliser le SGE, mettre en œuvre des actions correctives et préventives et enfin réaliser un audit de conformité par rapport à la norme ISO 14001. L’approche progressive est connue pour sa souplesse. Pourtant, même si ISO permet son application, elle est encore peu appliquée par les entreprises. Pour elles, il est plus difficile d’expliquer les trois niveaux de la démarche (et lenteur du processus qui va avec) à des clients ou fournisseurs qui veulent uniquement savoir si l’entreprise possède ou non une certification ISO 14001 (Berger-Douce, 2010). La raison est donc commerciale et non structurelle. 3.4 Autres approches d’implantation Des cas particuliers d’implantation d’un SGE peuvent se présenter. Ils sont liés à la présence antérieure d’un SG, à la volonté d’implanter un système intégré (SGI) ou au besoin d’une écocertification. 3.4.1 Ajout d’un SGE à un SG déjà présent dans l’entreprise Lorsque l’entreprise possède déjà un système de gestion de type ISO comme celui de la qualité (SGQ) ou de la santé-sécurité (SGSS), il est préférable d’y intégrer le SGE (Annexe 2). Cette intégration diminue les ressources financières et humaines allouées (Hammar, 2013). En effet, lorsqu’un système de gestion est déjà implanté cela veut implicitement dire que les processus suivants sont déjà présents dans l’entreprise (Advisera, 2015; Culley, 1998) : - une politique diffusée en interne; - un système de formation et de sensibilisation en plus du développement de compétence; - une gestion documentaire; - un système de gestion de la communication / documentation; - une capacité à identifier des non-conformités (NC) et de proposer des actions correctives et préventives; - un audit interne.
  52. 52. 39 Certes, pour ces processus, bien que similaires il faut ajouter du contenu spécifique à la gestion environnementale, mais la base utilisée pour le système déjà implanté pourra être utilisée ce qui facilitera la tâche à plusieurs niveaux. Par exemple, le responsable d’audit doit inclure les éléments à auditer pour les aspects environnementaux, mais il n’aura pas à faire de grands changements sur le processus et la manière dont l’audit interne va se faire, car l’ISO 9001 et l’ISO 14001 se basent toutes deux sur les lignes directrices sur l’audit de SG ISO 19011. On estime qu’environ 50 % des éléments d’un SGE peuvent être intégrés dans une structure de SGQ existante (Culley, 1998). Parmi les éléments spécifiques à l’ISO 14001, plusieurs sont relatifs à la notion d’amélioration continue (Advisera, 2015; Culley, 1998) : - les aspects environnementaux; - les objectifs et cibles; - les exigences légales; - la préparation aux situations d’urgence. Dans l’exemple donné ci-dessus, une fois le SGE mis en place le système de gestion intégrera à la fois les informations du SGQ que du SGE. 3.4.2 Implantation d’un système intégré Lorsque l’entreprise désire implanter divers processus en même temps (ISO 9001, ISO 14001, OHSAS 18001, etc.) elle peut décider de le faire de façon intégrée en partageant certains des éléments communs. Il s’agit alors d’un système de gestion intégrée (SGI). Les renseignements présentés à la section précédente mentionnant les avantages d’utiliser des processus communs s’appliquent dans le cadre de l’implantation d’un SGI. Les SGI peuvent inclure les normes suivantes (Oliveira et Pinheiro, 2009; Salomone, 2008) : - un système de gestion de Qualité de type ISO 9001; - un système de gestion environnementale de type ISO 14001; - un système de gestion de la santé et sécurité de type OHSAS 18001; - un système de responsabilité sociale de type SA 8000. Il peut être mis en place au fur et à mesure comme il peut être implanté en une seule fois (Labodová, 2004). L’avantage principal de ce type de SG est de diminuer les coûts, mais il présente quelques inconvénients comme le fait que son efficacité varie selon le secteur et la taille de l’entreprise (Salomone, 2008). Il existe plusieurs normes qui proposent de gérer des systèmes multiples, mais de manière intégrée comme AS/NZS 4581(Standards New Zealand, 1999) et PAS 99 (BSI, 2015d). Néanmoins, ISO n’a pas encore développé de norme pour les SGI (Jørgensen et autres, 2006).
  53. 53. 40 3.4.3 Présence ou besoin d’un label de qualité environnementale De plus en plus de secteurs ont tendance à utiliser des labels environnementaux spécifiques (voir section 3.1.1 sur les systèmes de gestion environnementale). Ils sont gérés soit par l’organisation sectorielle soit par un organisme tiers (Starik et Heuer, 2002). Ils permettent d’avoir une acceptabilité dans le secteur concerné et une visibilité publique. L’ISO 14001 peut agir comme un cadre pour le respect des critères liés aux labels environnementaux puisque la majorité de ceux-ci exige indirectement de prouver l’existence d’une gestion environnementale dans l’entreprise (Berger-Douce, 2010; Freitas, 2009). À titre d’exemple, les entreprises du secteur maritime cherchant à être certifiées «Alliance Verte » doivent respecter des critères environnementaux qui peuvent être des objectifs d’un SGE (Alliance verte, 2015b) . Parmi ces critères de cette certification, on peut citer par exemple (Alliance verte, 2015b) : - la gestion des eaux huileuses; - les émissions atmosphériques polluantes; - l’entreposage et la manutention du vrac solide; - la lutte contre les espèces envahissantes; - la prévention des fuites et déversements. En agissant pour résoudre ces objectifs, l’entreprise répond donc, en même temps, à une partie des exigences du SGE et de la certification sectorielle. 3.5 Analyse comparative des approches d’implantation Le chapitre 3 a permis d’analyser les différentes approches d’implantation existantes en entreprise. Il existe trois types d’approches principaux qui répondent chacune à des besoins spécifiques. Le tableau 3.2 présenté ci-après présente ces informations. D’un côté, une grande entreprise chercherait plus un accompagnement individuel avec un court délai d’implantation et au détriment des ressources nécessaires, d’un autre côté, une PME avec de faibles ressources allouées au SGE serait plus tentée par les approches collective ou progressive. Cela dit, l’absence de subventions gouvernementales ou d’implication sectorielle pourrait décourager les PME à appliquer ces approches peu communes. De plus, peu d’initiatives sont présentes actuellement au Québec. L’approche individuelle peut s’appliquer facilement aux situations d’avant-implantation comme la présence d’un SGQ ou d’un label écologique, ce qui n’est pas le cas de l’approche collective. En effet, la formation et l’assistance offertes seront standardisées (pour correspondre à toutes les entreprises participantes) et ne prendront pas en compte les cas particuliers comme l’intégration au SG existant. L’approche progressive de son côté peut permettre une meilleure assimilation du SGE dans les autres programmes de gestion de l’entreprise (SS, certification sectorielle, etc.).
  54. 54. 41 Peu importe le choix de l’approche, l’entreprise désirant mettre en place un SGE devra toujours considérer les systèmes de gestion déjà fonctionnels dans l’entreprise et aussi les capacités financières et humaines à allouer.
  55. 55. 42 Tableau 3-2 Comparaison des trois approches d’implantation Éléments comparatifs Individuelle Collective Progressive Référen Avantages * Accompagnement « sur mesure» * Rapidité d’obtention de la certification * Dynamique de groupe * Partage d’expériences * Accompagnements par des experts * Communication assurée par l’organisme pilote * Subventions * Meilleure réponse aux exigences légales semblables * Respect du rythme de la PME * Reconnaissance progressive par les tiers * Appropriation facilitée de la norme par les salariés * Subventions * Accompagnement par des experts * Valorisation de la communication * Présence d’une expertise au Québec (21solutio Douce, Assessm Limites * Coût élevé * Risque de conflit d’intérêts si l’organisme d’audit externe et aussi l’organisme de certification * Engagement variable des participants (hétérogénéité des attentes) * Durée de la démarche : risque d’essoufflement * Lenteur du processus * Absence d’expertise au Québec * Méconnaissance du dispositif (opérations pilotes) : démarche encore marginale * Pas adaptée aux entreprises à court de ressources humaines et de temps (Berger-D Commiss 2015; The Assessm Conditions de réussite * Engagement des dirigeants * Disponibilité des ressources (financières, humaines) * Engagement du dirigeant (conviction et temps) * Compétences disponibles ou à acquérir au sein du personnel * Engagement du dirigeant (conviction et temps) et de l’ensemble du personnel * Compétences disponibles ou à acquérir par la formation de personnes clés (Berger-D Yiridoe et

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