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Quel est le sens de la Mission Enseignement et Religions (MER) dans le processus global de la mission d'éducation de l'Enseignement catholique ?

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"Quel est le sens de la Mission Enseignement et Religions (MER) dans le processus global de la mission d'éducation de l'Enseignement catholique ?" (Steve Lepleux)

Session nationale de l'Enseignement Catholique sur l'enseignement du fait religieux.

http://icm.catholique.fr

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Quel est le sens de la Mission Enseignement et Religions (MER) dans le processus global de la mission d'éducation de l'Enseignement catholique ?

  1. 1. De l’enseignement du fait religieux au fait religieux dans la culture,un nécessaire besoin de clarification, de sensibilisation et de formation.La question de la prise en compte du Fait religieux est aujourdhui un enjeu des réformes éducatives, en France,dans toute lEurope et dans les autres parties du monde. L’actualité de ces dernières semaines est là pour nousle rappeler...En France, les différents ministères de lEducation nationale ont tous insisté, depuis le rapport Joutard de 1989,et plus encore le rapport de Régis Debray, dont nous venons de fêter les 10 ans, sur la nécessaire prise encompte du Fait religieux dans lEnseignement, dabord pour des raisons denseignement, mais plus largementpour construire un vivre ensemble.Lenquête européenne de 2008 dont les résultats ont été diffusés par lInstitut Européen en Sciences desReligions (IESR), montre lintérêt croissant des jeunes sur les questions existentielles, spirituelles et religieuses.L’enquête du magazine l’Etudiant de mars 2011 montre aussi les inquiétudes des jeunes étudiants en Masterface à cette question et à son enseignement. Ils se trouvent souvent confronté à un problème d’inculture et seposent souvent des questions sur la posture à tenir face aux élèves.Et pourtant dune manière générale, la "question religieuse" est devenue une clé de lecture des événements dumonde contemporain. La production littéraire et celle des arts visuels qui ont le plus dimpact ces dernièresannées le montrent bien. La dimension religieuse est de plus en plus explicite dans tous les évènementsgéopolitiques, du Tibet au Proche-Orient ou même du Mali ou du Venezuela , sans oublier le Moyen Orient,comme elle lest de plus en plus dans la réflexion autour des problèmes de société et d’éthique. De même, lesdébats autour des questions scientifiques intègrent de plus en plus des questions dordre anthropologique,éthique, métaphysique et religieux. Tout cela se répercute à lécole où les enseignants ont à aborder cesquestions et à en traiter de bien des manières.La gestion de lhétérogénéité croissante de la population scolaire et des nouveaux métissages culturels poseégalement, aux enseignants, de nouveaux défis éducatifs. Comme le souligne le rapport annexé à la loi n°2005-380 dorientation et de programme pour lavenir de lécole du 23 avril 2005 ainsi que les actes du séminairenational organisé les 21 et 22 mars 2011 par la DGESCO en partenariat avec lInstitut européen en sciences desreligions aujourd’hui les recommandations vont toutes dans le sens d’une religion à l’école comprise commeculture et patrimoine et insistent sur la nécessité de : combler les lacunes de la transmission dues à la sécularisation de la société ; permettre un accès à la culture religieuse sans laquelle une bonne part de notre patrimoinereste inaccessible ; pouvoir reconnaître les valeurs éthiques et sociales portées par les religions ; fournir aux élèves et aux enseignants une information vérifiée, sereine, destinée à faire barrageaux intégrismes qui prospèrent sur l’ignorance.L’évolution du BO et des nouveaux programmes est marqué par ces orientations. A commencer par le soclecommun de 2006 et le pilier 5 qui développe l’enseignement du fait religieux. Ont suivi le BO de 2008concernant l’histoire des arts puis tous les nouveaux programmes du collège et du lycée imprégnés, à différentsdegrés et de manière explicite ou implicite, sur la nécessité de la prise en compte de la dimension religieuse dela transmission culturelle inhérente à chaque discipline.« Il était une fois la mosquée de Cordoue, le codex de l’apocalypse, la Sainte Chapelle, la Nativité deGiotto... »Toutes ces œuvres magnifiques nous racontent la prodigieuse inventivité des êtres humains, la richesse deleur imaginaire, les prouesses techniques dont ils sont capables pour les exprimer. Que de splendides livresd’histoires... et d’Histoire ! Mais ces « il était une fois » sont aussi bien souvent des histoires de ... foi !Pendant longtemps, l’école a voulu ignorer ce phénomène, au nom d’une laïcité trop étroitement comprise,voire « combattante ». C’était confondre un peu vite la religion et l’étude raisonnée du fait religieux. SelonRégis Debray, le fait religieux « s’inscrit en profondeur dans l’histoire, la géographie, comme dans lalittérature et le cinéma... ». Il est « partie intégrante de la réalité collective. Pour tous, élèves ou enseignants,
  2. 2. son étude relève de la culture générale... ». Aujourd’hui les disciplines scientifiques sont aussi concernéesdu fait des nouveaux enjeux bioéthiques mais aussi épistémologiques de ces enseignements.Il s’agit donc de proposer aux élèves une approche historique et sociologique du phénomène religieux, danstoutes ses composantes, dans la mesure où l’un des rôles fondamentaux de l’école est de donner aux élèvesces repères culturels indispensables à la compréhension du monde dans lequel ils évoluent.En effet, le silence de fait établi à l’école autour du phénomène religieux ne prive-t-il pas les élèves d’uneimportante clé de compréhension du monde ? Comment lire et comprendre une enluminure du Moyen-Age,une mosaïque de l’Alhambra, un tableau de Raphaël ou de Chagall sans cette dimension, au cœur même duprojet de l’artiste qui en est l’auteur ?Ce moine, penché sur son écritoire, dans l’atelier de copie de son monastère, peut-on imaginer de l’étudieren faisant abstraction du contexte historique et culturel qui donne sens à son entreprise ? Et qui fera doncsens pour les élèves.Car c’est bien la question : à quoi peut donc bien servir d’étudier consciencieusement les différencesarchitecturales entre une cathédrale romane et une cathédrale gothique, une synagogue et une mosquée, horsde toute approche culturelle et religieuse de ces monuments ?De plus, vouloir ignorer le fait religieux dans l’enseignement, n’est-ce pas aussi exclure ce champ importantde l’activité humaine de toute analyse critique, de tout recul historique ? Comment une école qui se veutouverte sur le monde pourrait-elle ne rien avoir à dire sur le fait religieux, alors que les jeunes y sont sanscesse confrontés, que ce soit dans les médias, ou dans leur vie quotidienne ?LEnseignement catholique ne peut considérer lenseignement du Fait religieux comme facultatif : tout élève,quelle que soit sa religion ou sa non-croyance, quelles que soient les motivations de ses parents dans le choixde létablissement, a le droit de découvrir la dimension religieuse de la culture. Voici ce que disait Paul Malartreen 2002, lors de la création de la mission Enseignement et religions :« Cest au nom de sa participation au service public dEducation, au nom de sa participation à lécole de laRépublique que lEnseignement catholique se doit de prendre toute sa part à leffort entrepris par notre Nationpour que dans le cadre dune laïcité apaisée, le Fait religieux ne soit pas oublié ou soupçonné, mais intégré àlenseignement…Tout enseignant est alors concerné, pas seulement parce quil est dans lEnseignementcatholique mais parce quil est enseignant. Il est clair que notre priorité est darriver à sensibiliser tous lesenseignants à la dimension spirituelle, symbolique et religieuse de leur enseignement… »L’enseignement du fait religieux doit donc être assuré par des professeurs compétents, formés à une postured’enseignant capable d’empathie et de distanciation de manière à former à l’esprit critique. Tous lesenseignants et toutes les disciplines sont concernés et peuvent être impliqués dans cet enseignement. Ce travailest distinct de la catéchèse et de l’annonce explicite de l’Evangile.Une transdisciplinarité peut être envisagée, partant d’une crédibilité disciplinaire.De plus une approche globale de la question religieuse dans les établissements catholiques est également àpoursuivre avec un souci de clarification : quelle cohérence est à l’œuvre, quelle articulation avec une approchePastorale et quelle complémentarité mais dans la distinction ? On pourrait ici rappeler la devise de la missionenseignement et religions : « Distinguer sans séparer/ Unir sans confondre ».Il s’agit d’être attentifs à ces questions, non par prosélytisme, mais pour deux raisons essentielles :• La prise en compte du fait religieux est un élément essentiel de la culture contemporaine sans lequel il n’estpas possible de comprendre le monde dans lequel nous vivons.De surcroît, dans une société où beaucoup de nos concitoyens disent être à la recherche de sens, l’ouverture surle fait religieux est aussi une porte entr’ouverte sur l’importance des représentations et du symbolique pour lavie de chacun d’entre nous.L’Enseignement Catholique, par son histoire et ses fondements, a sans doute une responsabilité particulière,notamment pour la formation des enseignants.« Si nous avons éviter le choc des cultures, il nous faut désormais éviter le choc des ignorances » / CardinalTauran (doctorat honoris causa de l’ICP)• L’enseignement du fait religieux est également un moyen qui permet d’assurer, dans le respect du principede laïcité, une cohérence de la proposition éducative de l’Enseignement catholique qui, dans le respect absoludes consciences et de la liberté de chacun, va de la culture à la foi, en passant par les différentes étapes que sontl’enseignement du fait religieux, la formation à la culture chrétienne, la première annonce, la catéchèse.
  3. 3. En d’autres termes, dans un établissement catholique, l’enseignement du fait religieux pour tous les élèves dansle respect de la laïcité ne peut pas être séparé de la spécificité religieuse d’un tel établissement qui constitue unaspect essentiel de son caractère propre.Par conséquent, si la distinction des registres (culture / foi) est indispensable, ce qui fait l’originalité del’Enseignement catholique, c’est le fait d’offrir, dans un seul et même lieu une formation intégrale de lapersonne.L’apprentissage du fait religieux par l’élève n’a pas seulement pour objet de lui faire acquérir des connaissancessupplémentaires ou de compléter et d’enrichir des savoirs littéraires, scientifiques ou artistiques, mais de luitransmettre une culture qui comporte une dimension religieuse. Ainsi, celui qui y est disposé, peut-il glisser dela connaissance à la vie intérieure, et de la vie intérieure à la vie spirituelle.Eric de Labarre a redit lors du regroupement national des coordinateurs de la mission E§R du SecrétariatGénéral de l’Enseignement Catholique des 21 et 22 janvier 2013 que cette mission reste, au bout de 10 ans, undes axes prioritaires de l’animation institutionnelle que le SGEC entend mener à bien. Il s’agit même d’un axed’animation plus prioritaire que jamais.Ce travail se poursuit à tous les niveaux de l’enseignement catholique.La fédération Formiris garde dans ses orientations le souci de former les enseignants dans ce domainespécifique. Le groupe de pilotage fédéral de Formiris « citoyenneté et humanisme » a reformulé le cahier descharges à destination des organismes de formation. Dans le même temps un travail de proximité avec lesassociations territoriales se poursuit pour la formation continue.Avec les universités catholiques c’est la formation initiale qui doit être assurée pour préparer les futursenseignants à la prise en compte du fait religieux dans leurs disciplines.Avec l’Ecole des cadres missionnés (ECM), il faut poursuivre le travail de clarification pour les chefsd’établissements, de même pour la formation des adjoints en pastorale.Enfin le site internet Enseignement et religions déjà très riche en références et en illustrations pédagogiquespoursuit son travail de mise en ligne de documents. Il est la vitrine de la vitalité des groupes de mutualisationinitiés dans les différentes régions.En conclusion on pourrait relire si besoin l’exposé préliminaire de « Gaudium et Spes », dont le propos paraîtd’une étonnante actualité : Le genre humain vit aujourd’hui un âge nouveau de son histoire (…) on peut parlerd’une véritable métamorphose sociale et culturelle dont les effets se répercutent jusque sur la vie religieuse(…). Marqués par une situation si complexe, un très grand nombre de nos contemporains ont beaucoup de malà discerner des valeurs permanentes (…). Une inquiétude les saisit et ils s’interrogent avec un mélange d’espoiret d’angoisse sur l’évolution actuelle du monde. Celle-ci jette à l’homme un défi ; mieux, elle l’oblige àrépondre ».Nous voici donc aujourd’hui à Marseille pour une session nationale entièrement préparée par l’ISTR del’institut catholique de Méditerranée en lien avec le groupe territorial de la mission E§R (le groupe MER).Depuis plusieurs années une dynamique se développe autour des directeurs diocésains, de FormirisMéditerranée et des coordinateurs de la région. C’est un projet incarné d’une ampleur sans précédent !Autour de la question de la pluralité religieuse à l’école, l’enjeu est bien la prise en compte de la dimensionreligieuse dans l’enseignement et plus encore dans le travail quotidien d’éducation des communautéséducatives des établissements catholiques.Une session articulée avec pas moins de 12 conférences, des sites de visites, des ateliers pédagogiques, ducinéma, du théâtre… Il va falloir être en forme car les organisateurs ont préparé de nombreuses surprises et lerythme va être intensif !!Je vous invite donc à poursuivre dans la suite de ces journées un approfondissement qui fera de vous desenseignants « passeurs de culture » pleinement investis dans les projets éducatifs de vos établissements maisaussi et surtout des éducateurs « passeurs d’humanité » pleinement investis dans leur mission éducative auservice des jeunes .Stève Lepleux, le 18 mars 2013

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