Raroc

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GESTION DES RISQUES BANCAIRES

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  1. 1. RAROC: Outil de gestion du risque de créditSECTION 2: LA GESTION DES RISQUES BANCAIRES:La gestion des risques bancaires correspond à lensemble des techniques, outils et dispositifsorganisationnels mis en place par la banque pour identifier, mesurer et surveiller les risquesauxquels elle est confrontée.On distingue deux approches différentes dans la gestion des risques ; une première interneportant sur les risques pris individuellement et selon leur nature (risque de crédit, risque demarché, risque de liquidité...), quand à la seconde, elle est globale et constitue un processusholistique, qui suppose une consolidation de tous les risques et la prise en compte de leurinterdépendance.I. LES OBJECTIFS DE LA GESTION DES RISQUES:La gestion des risques vise la réalisation de quatre objectifs1 :· Assurer la pérennité de létablissement, par une allocation efficiente des ressources et uneallocation adéquate des fonds propres qui permettra une meilleure couverture contre les pertesfutures.· Elargir le control interne du suivi des performances au suivi des risques associés.· Faciliter la prise de décision pour les opérations nouvelles et permettre de les facturer auxclients.· Rééquilibrer le portefeuille de létablissement, sur la base des résultats et des effets dediversification.II. LES ETAPES DE LA GESTION DES RISQUES:La gestion des risques repose sur un processus de six étapes :1.1 Identification des risques:Cette étape consiste à établir une cartographie des risques auxquels la banque est confrontée.Cet exercice ne doit pas être limité dans le temps, vu les changements internes et externes quitouchent le milieu bancaire et qui peuvent engendrer lapparition de nouveaux risques.1.2 Evaluation et mesure des risques:Elle consiste à quantifier les coûts associés aux risques identifiés dans la première étape.
  2. 2. 1 Joel BESSIS - Gestion des risques et gestion Actif-Passif des banques. Dalloz. Paris. 1995.P48La mesure du risque dépend de la nature de ce dernier, sil est quantifiable ou non. Lorsque lesrisques sont quantifiables comme dans le cas du risque de crédit et du risque de marché, leconcept le plus utilisé est celui de la Value-at-Risk. Dans le cas des risques non quantifiables,une méthodologie objective est appliquée pour les estimer, à travers deux variables:· La probabilité de survenance dun événement négatif, qui à défaut de quantification, peut sevoir attribuer des valeurs relatives : forte, moyenne et faible probabilité.· Gravité de lévénement en cas de survenance du risque : là aussi, en absence dedonnées quantifiables, on peut attribuer une variable relative : élevé, moyen, faible.Le croisement des deux séries de variables, permettra de donner une idée relative du risque.1.3 Sélection des techniques de gestion des risques:Les techniques de gestion des risques visent principalement lun des trois objectifs suivants :· Eviter le risque· Transférer le risque· Encourir le risque1.4 La mise en oeuvre:Cette étape consiste à mettre en oeuvre la technique choisie, elle doit être réalisée par uneunité clairement désignée à cet effet, par exemple : la salle des marchés pour les risques demarché, la direction des engagements pour le risque de crédit, ALM pour la gestion du risquede liquidité et de taux. Quand au risque opérationnel, il a la particularité dêtre plusdifficilement attribuable a une unité spécifique vu ça présence partout.Le principe fondamental de cette étape de gestion des risques est de minimiser les coûtsattribués à la mise en oeuvre de la solution.1.5 Surveillance des risques:Le suivi permanant des risque est primordial, et ce afin de sassurer que les stratégies adoptéesdonnent des résultats optimaux. En effet, au fil du temps et selon les circonstances, il se peutque les décisions initialement prises deviennent incompatibles avec la conjoncture et de ce faitelles doivent être modifiées ou carrément remplacées.1.6 Reporting des risques: Le reporting est laboutissement logique de tout processus de gestion, il sagit dune synthèse qui fait ressortir les éléments clés sous une forme analytique, adressée aux responsables sousforme dun rapport dont le contenu et le niveau de détail dépend de la fonction du destinataire.
  3. 3. SECTION 3: LA REGLEMENTATION PRUDENTIELLE INTERNATIONALEDans un environnement concurrentiel, de nombreux facteurs peuvent inciter une banque àprendre des risques parfois importants, chose qui pourrait la mettre en péril et même menacerla stabilité de tout le système à cause des effets de contagion.Cest dans le but de limiter les effets néfastes de la prise de risque et de promouvoir la stabilitéet la sécurité du système financier que fut lavènement de la réglementation prudentielle.I. LE COMITE DE BALE:Le Comité de Bâle a été créé en 1974 par les gouverneurs des Banques Centrales du groupedes dix (G1 0) sous lappellation « Comité des règles et pratiques de contrôle bancaire », il estconstitué des pays suivants : Belgique, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon,Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis. Ces pays sontreprésentés par leurs banques centrales ou par lautorité de supervision bancaire. Leursreprésentants se rencontrent régulièrement à la Banque des Règlements Internationaux (BRI)localisée à Bâle pour parler des enjeux liés à leur responsabilité.Les taches du comité de Bale sont axées sur :· Léchange dinformations sur les pratiques nationales de contrôle ;· Lamélioration de lefficacité des techniques mises en oeuvre pour la surveillance de lactivitébancaire internationale ;· La fixation de normes prudentielles minimales dans les domaines ou elles apparaissentsouhaitables.Il est à noter que le comité de Bâle ne dispose daucun pouvoir légal national ou international,ses conclusions nont pas force exécutoire. Son rôle est plutôt détablir des normes deréférences et des lignes directrices générales et de formuler des recommandations à légarddes bonnes pratiques que ses membres sengagent à mettre en oeuvre.II. L ACCORD DE BALE DE 1988En 1988, le Comité de Bâle instaure pour les banques exerçant leur activité à linternational unnouveau cadre appelé « Accord de Bâle », définissant les exigences minimales de fondspropres que les banques doivent respecter en fonction des risques quelles prennent.Le ratio international de solvabilité, appelé ratio Cooke1 voit alors le jour avec la règle simpleet quasi uniforme de 8% de fonds propres alloués pour chaque crédit accordé.Fonds propres nets
  4. 4. Ratio Cooke = > 8 %Selon Bâle I, les fonds propres exigibles sont calculés sur la base dune somme pondérée desdifférents types dactifs dune banque; ces pondérations cherchent à refléter le niveau de risquede chaque catégorie dactifs.Pondérations (%) Nature des encours0 Créances sur des Etats de lOCDE 20 Créances sur les banques 50 et les collectivités locales des Etats de lOCDECréances garanties par une hypothèque ou crédit bail 100immobilierToutes les autres créances telles que les obligations du secteurprivé, la dette des pays en voie de développement, les créancesdes pays hors OCDE, les actions, limmobilier, les bâtimentsindustriels et les machines Tableau 1.1 : La pondération des encours dans Bale 1Ce ratio, fut instauré dans la plupart des pays de lOCDE au début des années 1990. Il futaménagé en 1996 afin dy intégrer la gestion des risques de marché.Lamendement de 1996En plus de lintégration du risque de marché dans le calcul du ratio de solvabilité,lamendement de 1996 a accordé aux banques la possibilité de recourir à leurs propresmodèles internes de risque de marché pour définir le niveau de fonds propres nécessaires. Il aenfin, permis lintégration de certaines garanties hors bilan qui nétaient pas prises en comptedans laccord initial, telle que la titrisation des créances.Dabord appliqué aux pays du G10 et aux banques exerçant leur activité à linternational,laccord Bâle1 sétend progressivement à la plupart des banques dune centaine de pays.1 Du nom du Président du Comité de Bâle de lépoqueIII. LES LIMITES DE BALE IDepuis la fin des années 90, les limites des accords de Bâle, notamment en termes dexigencesde fonds propres pour les risques de crédit devenaient de plus en plus apparentes.
  5. 5. En effet, Bâle I a permis datténuer les inégalités concurrentielles, les banques se couvrantsystématiquement de fonds propres à hauteur de 8 % de leurs engagements. Toutefois, ilcorrespond à un système simplifié, peu sensible au niveau réel des risques et qui présenteplusieurs limites:· Le ratio Cooke ne prend pas en considération de manière pertinente et suffisamment précisele niveau réel du risque de crédit, celui-ci est évalué de façon forfaitaire en fonction du typede contrepartie et du produit. En particulier, le ratio ne tient pas compte des différences dequalité des emprunteurs privés puisque quasiment tous les prêts au secteur privé supportentdes charges en fonds propres identiques, quelle que soit leur maturité, leur montant ou lasolidité financière de leurs bénéficiaires ;· Le ratio Cooke ne tient compte ni de lévolution du niveau de risque (changement de lanotation), ni du taux de recouvrement (qualité de la garantie) ;· Le ratio Cooke ne prend pas en considération la réduction potentielle du risque induite par ladiversification du portefeuille parmi de nombreux emprunteurs, industries et localisationsgéographiques. Par exemple, le capital réglementaire est le même, que la banque ait consentiun prêt de 100 millions de dinars à une seule entreprise ou que la banque ait fait 100 prêts de1 million de dinars chacun à 100 entreprises différentes appartenant à des secteurs dactivitédifférents ;· Fixer une borne inférieure du ratio à 8% nest basé sur aucun fondement économique.· Le ratio Cooke ignore dautres risques fortement présents dans lactivité bancaire comme lerisque opérationnel ;· Enfin, laccord de 1988 ne permet pas la compensation des risques (netting) et noffre ainsiaucune incitation au recours aux techniques de couverture du risque de crédit comme lesdérivés de crédit.Ratio bancaire sommaire, Bâle I nest plus adapté à la sophistication croissante des activitésbancaires.IV. LE DISPOSITIF BALE IIEn raison de lévolution considérable de lactivité bancaire, des marchés financiers, desméthodes de gestion du risque et des pratiques de surveillance, intervenus depuis la signaturedu premier accord, le Comité de Bâle, présidé alors par W. Mc Donough a jugé nécessaireden réviser le contenu.4.1 Les piliers de Bâle II :En 1999, le comité de Bâle propose son premier document consultatif (CP1) posant les termesde la réforme autours de trois piliers :1. les exigences minimales en matière de fonds propres (Pilier 1)2. le processus de surveillance prudentielle et de contrôle interne (Pilier 2)
  6. 6. 3. la communication financière et la discipline du marché (Pilier 3)A. Le Pilier 1 : les exigences minimales en matière de fonds propresBâle II permet une plus grande différenciation dans les exigences de capital en fonction de laqualité des risques de crédit, qui dépend entre autres de la probabilité de défaut de lacontrepartie et de la perte en cas de défaut.Laccord permet également un traitement plus exigeant mais aussi plus adapté des opérationsde marché, avec des techniques renouvelées destimation de lexposition au risque decontrepartie (EPE) et une prise en compte plus stricte du risque de défaut dans la mesure durisque de marché et du risque de participation actions.La grande nouveauté est lapparition dune charge en capital pour le risque opérationnel, quipeut être évaluée de façon très forfaitaire en fonction des revenus ou selon le modèle internede la banque dans le cas du choix de méthodes avancées. .Lancien ratio de solvabilité connu par « ratio Cook » a été remplacé par le ratio dit «McDonough ». Ce nouveau ratio, ne change pas lassiette de calcul «fonds propres /risques»qui reste fixée à 8%. Par contre, une ventilation du risque en fonction de sa nature sera exigée(risque de crédit comptant pour 75%, le risque opérationnel pour 20% et le risque de marchépour 5%). Il faut marquer lintroduction du risque opérationnel dans lexigence des fondspropres.Fonds propres netsRatio Mc Donough = > 8 %Risque de crédit + Risque de marché + Risque opérationnelB. Le Pilier 2 : le processus de surveillance prudentielle et de contrôle interneLe deuxième pilier vise à introduire une cohérence entre les risques assumés et lallocation defonds propres. Il est fondé sur quatre principes fondamentaux :· Lappréciation, par létablissement bancaire, des fonds propres qui lui sont nécessaires (soncapital économique),· La surveillance prudentielle de ce processus de mesure et dallocation des fonds propres(avec la comparaison des fonds propres réglementaires et des fonds propres économiques),· Des fonds propres pouvant être supérieurs aux minima réglementaires,· Lintervention, en cas de besoin, des superviseurs.Un rôle plus important est octroyé aux autorités de surveillance. Ces dernières doivent, pourchaque établissement bancaire, sassurer du caractère adéquat du processus dévaluationinterne de la solvabilité et peuvent, si nécessaire, imposer des exigences de solvabilité plus
  7. 7. élevées que les exigences minimales définies précédemment au titre des risques de crédit dansle cadre du pilier 1. Ce processus dévaluation interne de la solvabilité est appelé ICAAP «Internal Capital Adequacy Assessment Process »C. Le Pilier 3 : la communication financière et la discipline du marchéLa discipline de marché doit être plus efficace en sappuyant sur une communicationfinancière qui favorise la transparence, notamment sur létat des risques et la façon de lesmesurer. Le moyen datteindre ce but sera la publication dun niveau élevé dinformations et lerespect de pratiques saines en matière de comptabilité et de valorisation qui sont duneimportance décisive en matière de normes de fonds propres.4.2 La mesure du risque de crédit selon Bâle II:Les instruments de gestion des risques diffèrent sensiblement en fonction de la taille de labanque, des métiers quelle exerce et de son aversion au risque.Pour répondre à cette diversité, le Comité de Bâle propose pour chaque type de risque desméthodes de calcul entre lesquelles chaque banque pourra choisir, en fonction du degré dedéveloppement de ses techniques de gestion.En matière de traitement du risque de crédit, le Comité de Bâle propose deux approches pourle calcul des exigences en fonds propres: Une approche standard et une approche fondée sur lanotation interne :A. Lapproche standard (Standardized Approach):Lapproche standardisée est conceptuellement assez proche de celle précédemment utiliséedans lAccord de Bâle I. Elle consiste à mesurer le risque de crédit dune manière standard, ensappuyant sur des notations externes fournies par des agences de rating, reflétant la qualité decrédit des emprunteurs.Selon cette approche, les besoin en fonds propres sont calculés comme suit : FP = [E(Pondérations x Expositions)] x 8 %Les pondérations sont déterminées en fonction des notations externes, de la classe dactif et dela catégorie de lemprunteur. Les expositions sont les encours nets de provisions spécifiques.Les techniques de réduction des risques, telles que les garanties et les dérivés de crédit, sontprises en compte par cette approche de manière simplifiée.Lapproche standard est en principe réservée aux banques de petite et moyenne taille. Lesbanques de taille plus significative peuvent y recourir si elles ne peuvent adopter les méthodesde notations internes dans un premier temps.B. Lapproche fondée sur la notation interne (ou IRB):La promotion des méthodes de notation interne du risque de crédit est lun des principauxobjectifs du comité de Bâle,
  8. 8. Cette approche a été conçue en tenant compte des résultats des enquêtes menées auprès desétablissements et associations bancaires qui ont mis en évidence que lensemble desétablissements ne sont pas à même de disposer des données nécessaires au calcul de tous lesparamètres quantitatifs du risque de crédit. Ainsi, la méthode de notation interne se déclineelle-même en deux approches :· Lapproche IRB Fondation (Internal Ratings Based approach Foundation): Dans laquellelétablissement évalue uniquement la probabilité de défaut (PD), les autres facteurs de risqueseront dérivés à travers lapplication de mesures standards fournies par les autorités desupervision.· Lapproche IRB Avancée (Internal Ratings Based approach Advanced): Cette approche estouverte aux banques ayant démontré leur capacité destimer de manière fiable et constantedautres paramètres de risque en plus de la probabilité de défaut (PD). Il sagit essentiellementde la perte en cas de défaut (LGD) et lencours lors du défaut.Il est à noter que le passage à une approche plus sophistiquée fait lobjet dun choixirréversible «effet cliquet», cela veut dire quun établissement adoptant une approche diteinterne ou avancée ne peut décider par la suite de revenir à une approche moins sophistiquée,que pour un motif dûment justifié, après autorisation des autorités de contrôle.4.3 La mise en place de Bâle IICent pays environ prévoient dappliquer Bâle II dans les prochaines années, selon une enquêtefaite en 2006 par lInstitut pour la stabilité financière. Cela montre tout lintérêt quy attachentles banques et leurs autorités de contrôle.Bien que les discussions sur Bâle II se concentrent généralement sur les approches avancées,les banques seront beaucoup plus nombreuses à appliquer les approches standards (qui sontparfaitement valables et appropriées pour de nombreux établissements), surtout pendant lespremières années.Pour gérer les risques du passage à Bâle II, les approches avancées seront introduitesprogressivement en un an ou deux, période pendant laquelle Bâle I continuera à sappliquer.Dans les deux ou trois premières années, un «plancher» de fonds propres sera mis en place,afin déviter une chute brutale des exigences de fonds propres. Ce plancher seraprogressivement supprimé à la fin de la période de transition, mais les autorités de contrôlepourront exiger quil soit maintenu pour certaines banques.Pour diverses raisons (retards de la législation et efforts quont dû faire les banques et lesautorités pour former le personnel et augmenter leurs capacités), la mise en oeuvre a étéreportée dans beaucoup de pays. Les pays de lUnion européenne ont adopté lapprochestandard en 2007 et commencent cette année dappliquer les approches avancées, tandis queles banques des États-Unis peuvent demander une période de fonctionnement parallèle desdeux approches pendant trois ans avant dadopter en 2011 les approches avancées.Actuellement, la plupart des systèmes bancaires qui ont adopté Bâle II sont encore à lapériode de transition, les plus avancés étant arrivés au stade du fonctionnement parallèle ou de
  9. 9. lapplication du plancher. Le cadre nétait donc pas encore mis en oeuvre dans beaucoup depays à lété 2007, quand les turbulences ont commencé sur les marchés financiers.V. LES FONDS PROPRES REGLEMENTAIRES ET LES FONDS PROPRESECONOMIQUESEn plus de leur rôle de financement, les fonds propres jouent un rôle économique trèsimportant. Ceux-ci représentent un élément essentiel dans la gestion des risques dans lamesure où ils reflètent le niveau de solvabilité de létablissement et constituent la seulegarantie des créanciers en cas de faillite de ce dernier.Deux concepts de fonds propres bancaires sont souvent confondus, il sagit du concept defonds propres réglementaires et celui de fonds propres économiques.5.1 Les fonds propres réglementaires:Les fonds propres réglementaires correspondent à lexigence de fonds propres définie par lerégulateur pour faire face aux différents risques supportés par la banque. Ceux-ci sont scindésen 3 tiers et doivent couvrir lexigence de fonds propres telle que définie par le régulateur,sachant que le Tier 3 peut seulement couvrir une partie des risques de marché.A. Fonds propres de Base (Tier 1 ou noyau dur) :Les fonds propres de base sont définis par leur caractère permanent, leur subordination légaleaux droits des déposants et autres créanciers et par le fait quils nexigent pas de charges fixesobligatoires en contrepartie des gains. Ils incluent donc le capital, les réserves1 autres quecelles de réévaluation et le résultat de lexercice non distribué.B. Fonds propres complémentaires (Tier 2) :Ceux-ci ne sont pris en compte que dans la limite de 100% des fonds propres de base. Audelà, ils peuvent être inclus dans les fonds propres sur-complémentaires.1 Il sagit des réserves légales, statutaires, les réserves réglementées et les autres réserves quisont toutes constituées par affectation des résultats passés.Les fonds propres complémentaires incluent:· Les réserves de réévaluation comptable : elles ne sont incluses dans la catégorie 2 quàconcurrence de 50% de leur montant.· Les provisions générales : elles ne peuvent êtres supérieures à 1,25% des actifs auxquelselles font lobjet.· Les types de capitaux hybrides : peuvent faire partie de la catégorie 2 sils sont non garantis,subordonnés, entièrement versés, et sils ne sont pas remboursables sans consentementpréalable de lautorité de contrôle.
  10. 10. · Les dettes à long terme subordonnées : elles comprennent les dettes traditionnelles nongaranties et subordonnées avec un terme initial fixe de plus de cinq ans. Le montant de cesdettes ne peut dépasser 50% des fonds propres de base.C. Fonds propres sur-complémentaires (Tier 3) : Ils sont composés des éléments suivants:· les bénéfices intermédiaires tirés du portefeuille de négociation ;· les emprunts subordonnés dune durée supérieure à deux (02) ans, et dont ni le paiement desintérêts ni le remboursement du principal ne peuvent contrevenir au respect de lexigenceglobale en fonds propres ;· la part des ressources subordonnées non retenues au titre des fonds propres complémentaires5.2 Les fonds propres économiques:Les fonds propres économiques représentent une estimation du montant de fonds propres quela Banque juge nécessaire pour couvrir les pertes inattendues, auxquelles elle peut avoir àfaire face dans le cours de ses activités, pour satisfaire aux exigences de ses actionnaires et deses créanciers, notamment en termes daversion au risque. Ils reflètent les risques propres àchaque métier et doivent être calculés à lhorizon correspondant à la période de tempsnécessaire pour résoudre les problèmes liés aux risques. Leur montant suffit donc à couvrirlensemble des risques de crédit, de marché, et des risques opérationnels.Le niveau des fonds propres économique est déterminé en fonction de laversion desdirigeants au risque mais aussi en fonction du rating auquel la Banque aspire, ce rating définitimplicitement le seuil maximal au-delà duquel les pertes possibles sont dune rareté et duneampleur telles quil est non économiquement viable de sen protéger.Prenons lexemple dune banque qui vise une note AA sur un horizon dun an. Cela correspondà un taux de défaut de 0,03%, ce qui veut dire que les Fonds propres doivent pouvoir couvrirles pertes dans 99,97% des cas : on parle alors de seuil de tolérance de 99,97%. Le capital économique se différencie du besoin en capital réglementaire que ça soit dans saversion « Cooke » ou même dans les propositions connues « Mc Donough » notamment par laprise en compte de la structure du portefeuille concerné, et de la diversification des risques ausein de ce portefeuille. Il repose sur une vision « économique » des risques, par nature adaptéeà un portefeuille dactivités et donc plus précise que la vision prudentielle étalonnée sur unevision moyenne de lindustrie des services financiers.
  11. 11. Figure 1.1: Fonds propres économiques et réglementairesLa divergence entre les approches utilisées pour le risque réglementaire et le risqueéconomique, qui a eu pour conséquence des objectifs contradictoires en termes de gestion ducapital, a constitué un des problèmes majeurs soulevés par le nouvel accord de Bâle.En effet, dans le cadre des propositions initiales du nouvel accord de Bâle, le calibrage enmatière dexigence relative aux fonds propres était flou et non systématique. Grâce auprocessus de consultation mis en place par le Comité de Bâle, on a pu assister ces dernièresannées à une amélioration entre les approches propres au capital économique et au capitalréglementaire.CONCLUSIONDans son nouvel accord et à travers lapproche basée sur la notation interne, le comité de Bâlea incité les établissements de crédit à développer leurs propres outils dappréciation du risquede crédit.Cette incitation a poussé de nombreuses banques à adopter de nouvelles méthodes utilisant lanotation interne, particulièrement celles fondées sur un concept devenu commun dans ledomaine bancaire, connu sous lappellation RAROC ou Risk Adjusted Return On Capital.Lobjet du chapitre suivant sera de mettre laccent sur laspect théorique de ce concept.CHAPITRE I:LA NOTION DE RAROCDans lenvironnement bancaire, la gestion des risques et de la rentabilité sont indissociables.Dune part, les risques engendrent linstabilité des résultats de la banque. Dautre part la prisedes risques est la condition dune meilleure rentabilité future. Savoir gérer le couple Risque-Rentabilité constitue pour la banque un atout incontestable dans un environnement instable etcaractérisé par la concurrence.Etant conscientes de cette réalité, de nombreuses banques ont développé des méthodesavancées leurs permettant une meilleure gestion du couple Risque-Rentabilité. La plus utiliséeparmi ces méthodes est connue sous le nom RAROC pour Risk Adjested Return On Capial.
  12. 12. Lobjet de ce chapitre sera de mettre en évidence les principaux aspects théoriques liés à lanotion RAROC. Nous allons commencer dans une première section par introduire le conceptde mesure de rentabilité ajustée pour le risque. En suite, nous allons présenter la notion deRAROC dans une seconde section. Quand à la troisième, elle portera sur les paramètresconstituant RAROC. SECTION 1: LE CONCEPT DE MESURE DE PERFORMANCE AJUSTEE POUR LE RISQUETraditionnellement, les performances au niveau dun établissement bancaire sont mesurées enrapportant des indicateurs de rentabilité financière (marge dintérêts, PNB, Résultat net,...) auxfonds propres comptables de la banque. En effet, cette approche nest pas tout à fait correcte,elle présente en effet deux inconvénients majeurs : dabord la mesure comptable des fondspropres est un indicateur insuffisant du risque, en outre, ces mesures sont définies à léchellede létablissement, puisque les fonds propres ne sont pas alloués à des transactions ou lignesdactivité spécifiques.Dans lunivers financier, un niveau de performance na pas de sens indépendamment desrisques encourus pour latteindre. Pour chaque niveau de performance, il ya un prix à payer entermes de risque. Cest ce qui est traduit par le principe fondamental de la théorie financière :seul le risque est rémunéré.Les mesures de performances ajustées pour le risque (couramment appelées Risk AdjustedPerformance Measurement ou RAPM) ont été mises en place justement pour répondre àcette problématique et pour permettre de ce fait aux managers de déterminer lesquelles desactivités sont profitables, en comparant leur rendement ajusté pour le risque contre unemesure appropriée du coût de capital.I. DEFINITION DUNE RAPM :Une mesure de rentabilité ajustée pour le risque (RAPM) peut être définie comme le ratio durésultat obtenu (ou espéré) sur une position sur les capitaux quil faut mettre en réserve pourcouvrir la plus grande majorité des pertes possibles (perte maximale). Un ajustement peut sefaire en déduisant une prime de risque soit du résultat soit du capital soit des deux. Cetteprime de risque exprime la perte probable encourue sur la position.II. LES FONCTIONS DES RAPM :Les quatre principales fonctions dun système de performances ajustées pour le risque sont:1) La comparaison des performances dactivités présentant des niveaux de risque différents :Un gestionnaire qui dégage un bénéfice de un million en gérant des bons du trésor nutilisepas le capital de la banque de la même manière que celui qui gagne un million en spéculantsur des titres très volatiles1. Il faut tenir compte non seulement de la1 Jean Laurent VIVIANI - Mesures de performances ajustées pour le risque et allocation descapitaux propres.P2
  13. 13. marge bénéficiaire dégagée par un gestionnaire mais aussi du risque quil fait subir à soninstitution.2) Laide à la décision dengagement sur la base du couple risque/rentabilité : Les RAPMpermettent de détecter les activités qui présentent un avantage compétitif et facilitent de cefait la tache du gestionnaire qui consiste à constituer le portefeuille lui permettant demaximiser la rentabilité de son établissement tout en prenant des risques acceptables. LesRAPM présentent des mesures ex-ante qui permettent donc de raisonner sur des anticipationsde résultat et de risque.3) La facturation clients en fonction des risques : Il serait déloyal de faire supporter descharges similaires à deux contreparties présentant des profils de risque différents. Les RAPMpermettent de mettre en place un système de tarification différentielle de façon à faire assumerindividuellement à chaque client le coût des risques auxquels son prêteur pourrait être exposé.Ainsi, les emprunteurs présentant une situation stable et rentable supporterons un coûtmoindre à ceux ayant un profil plus risqué paieront davantage.4) Lallocation efficiente des fonds propres : Les fonds propres globaux doivent être allouésaux centres de décisions. Inversement les consommations de fonds propres des centres dedécisions doivent être ajustées sur les fonds propres globaux. Les RAPM facilitent lesdécisions dallocation des fonds propres de la banque. Elles permettent ainsi le calcul descapitaux propres nécessaires pour couvrir lensemble des risques pris par les gestionnaires etde les ajuster sur les fonds propres économiques, réels ou réglementaires.III. LES PRINCIPALES RAPM :Selon la méthode dajustement utilisée, résultent trois ratios de type RAPM :· RAROC (Risk Adjusted Return On Capital) : lajustement se fait en déduisant une prime derisque du résultat, et le rapporter aux fonds propres qui lui sont alloués. Le RAROC consistedonc à moduler les marges, pour corriger la rentabilité requise en fonction du risque sansmoduler le capital de référence.·RAROC =Fonds propresRésultat ajustéRORAC (Return On Risk Adjusted Capital) : Un ajustement de type RORAC consiste àrapporter les résultats non-ajustés aux fonds propres corrigés par le risque encouru (Fondspropres économiques). RésultatRORAC = Fonds propres ajustés
  14. 14. · RARORAC (Risk Adjusted Return On Risk Adjusted Capital): Il tient compte des deuxtypes dajustements: dabord une prime de risque sera retranchée du résultat, puis ce résultatajusté sera rapporté aux fonds propres corrigés par le risque encouru.RARORAC = Fonds propres ajustés Résultat ajustéAu plan conceptuel, le RARORAC est le meilleur ratio de référence. Dailleurs, par la suitenous allons nous intéresser uniquement à ce dernier. Cependant, du point de vue de laterminologie, la désignation RAROC sera adoptée tout au long de notre travail. SECTION 2 : PRESENTATION DE RAROCI. HISTOIRE DE RAROC :Lélaboration de la méthodologie RAROC a commencé vers la fin des années 70, dans unepériode où la finance directe a pris sa revanche sur la finance indirecte, notamment après lanouvelle théorie du portefeuille de Morkowitz (1952), basée sur la diversification et le coupleRentabilité-Risque.La méthode RAROC a été lancée aux Etats-Unis au sein de la Bankers Trust par soningénieur financier Charles S. SANFORD. Lidée originelle était de mesurer le risque duportefeuille de crédit bancaire, aussi bien que le montant de capitaux propres nécessaires pourlimiter lexposition des déposants de la banque et autres créanciers à une probabilité spécifiéede perte. Depuis lors, la méthode RAROC a connu une large diffusion au sein de plusieursbanques. Dabord dans les pays anglo-saxons, puis rapidement, son utilisation a connu unegénéralisation dans le reste du monde.Ladoption de la méthode RAROC par les banques françaises a été plus tardive. En effet, lepremier établissement bancaire à avoir introduit cet instrument était le Crédit Lyonnais avecson application OR2 (Optimisation Risque-Rentabilité), dont lobjectif essentiel était la luttecontre la dégradation durable des résultats de la banque, causée essentiellement par lesmanquements aux principes de base du métier, comme la diversification des engagements etle manque de professionnalisme la sous-tarification du crédit.Quelques années plus tard, dautres banques françaises ont suivi la même démarche, à limagede Société Générale qui a lancé « Le projet RAROC » en 1997, puis la BNP Paribas en 2000.II. DEFINITION DE RAROC :RAROC est un indicateur synthétique permettant de mettre en regard la rentabilité réelledune opération avec le risque qui lui est associé: cest le ratio entre la marge netteprévisionnelle après déduction des pertes moyennes anticipées (Expected loss) et une mesurede la perte inattendue (Unexpected Loss).
  15. 15. En termes de gestion des fonds propres, le RAROC peut être défini comme étant un ratio quiexprime le taux de rendement des fonds propres économiques : Cest donc le rapport entre lerésultat ajusté des provisions correspondant à la perte attendue, et les fonds propres destinés àcouvrir les pertes inattendues. Comme il sagit dune mesure objective, et non réglementaire,les provisions et les fonds propres sont tous les deux économiques.Ainsi, nous pouvons écrire le RAROC sous la formule suivante:RAROC = Pertes inattenduesRevenus -- Coûts dopération -- Pertes attenduesOu encoreRAROC = Fonds Propres économiquesRevenus -- Coûts dopération -- Provisions économiquesUne fois calculé, le RAROC est comparé soit à un ratio-seuil (hurdle rate) tel que lerendement des capitaux propres (Return on Equity ou ROE), ou le coût moyen des fondspropres (Weighted Average Cost of Capital ou WACC), soit à un niveau RAROC* cible,fixé préalablement par la banque, à partir duquel elle estime que lopération apporte de lavaleur et devrait être réalisée.III. ILLUSTRATION NUMERIQUE DU CALCUL DE RAROC :Nous présentons dans lexemple suivant une approche comparative entre la méthode classiquede calcul de la rentabilité et la méthode RAROC. Nous considérons deux facilités de mêmemontant et de même maturité, accordés à deux clients de classes de risque différentes.Dans un but de simplification, les récupérations en cas de défaut sont supposées nulles. Cest-à-dire les pertes sont égales aux expositions. Aussi, les marges sont calculées nettes des coûtssupposés proportionnels aux encours. Contrepartie 01 Contrepartie 02Exposition nette A 100000 100000Echéance B 3ans 3ansNotations C A BTaux de défaut moyen sur 3 ans D 0.30% 0.90%
  16. 16. Déviation du taux de défaut E 1.23 % 2.70 %Marge commerciale F 0.20 % 0.50 %Perte moyenne G=AxD 300 900Perte maximale H= A x E 1230 2700Recettes cumulées sur 3 ans I = Ax B x F 600 1500Recettes - Perte moyenne J=I-G 300 600Fonds propres économiques K=H-G 930 1800RAROC J/ K 32.25 % 33.33 % Tableau 2.1 : Calcul de RAROC pour deux clients de rating différentLa note de la contrepartie 1 étant meilleure que celle de la contrepartie 2, la margecommerciale va logiquement être plus élevée pour la contrepartie la plus risquée (2).En utilisant une mesure de performance non ajustée pour le risque, lon peut juger que latransaction avec le client 2 est plus rentable, dans la mesure où elle offre la plus forte marge.Toutefois, la mesure de la rentabilité ajustée pour le risque, nous montre que les RAROC desdeux transactions sont presque équivalents. Les deux transactions offrent le même niveau derentabilité ajustée pour le risque.IV. LES TYPES DE RAROC:Selon la date et le périmètre des calculs, nous pouvons distinguer entre quatre types deRAROC à savoir :4.1 RAROC à lorigine:Il est calculé à loctroi du crédit sur la période allant de la date doctroi du concours jusquà sadate déchéance, il est souvent utilisé comme outil daide à la décision ainsi quune méthode detarification des crédits.4.2 RAROC résiduel:Son calcul se fait pendant la période dutilisation du crédit, sur un horizon qui va de la datedobservation jusquà la date déchéance.
  17. 17. Le calcul prend immédiatement les changements des caractéristiques des clients (notes), des crédits (provisions) et des garanties. Cependant, la volatilité de ce type ainsi que sa fortedépendance des différents évènements de vie du crédit (commissions, frais de gestion,... etc.)ne permettent pas ladoption dune stratégie par client.14.3 RAROC annuel:Solution intermédiaire aux deux précédentes, elle peut correspondre à lexercice budgétaire etdonner la possibilité dadopter une stratégie, de fixer des objectifs et de pouvoir mesurer lesrésultats à la fin de la période.4.4 RAROC complet:Le calcul prend en compte, à une date donnée, tous les éléments des engagements en cours, dela date dorigine à la date déchéance de chaque concours. Sa stabilité et son exhaustivité luirendent le plus adéquat pour ladoption dune stratégie que ça soit au niveau individuel (pourchaque client), pour un portefeuille ou encore une activité.Le choix parmi ces différents types de RAROC se fait principalement en fonction delutilisation finale et des attentes de lutilisateur. SECTION 3: LES PARAMETRES DE RAROCAprès avoir défini le concept RAROC, nous nous intéressons dans cette section à présenter lesparamètres rentrant dans son calcul. En effet, RAROC est une combinaison de plusieursparamètres que nous pouvons scinder en deux catégories : les paramètres liés au risque et lesparamètres comptables.I. LES PARAMETRES LIES AU RISQUE:Les deux paramètres de RAROC liés au risque sont évidemment : la perte attendue (Expectedloss) et la perte inattendue (Unexpected loss). Avant de présenter ces deux paramètres, il estindispensable de passer en revue au préalable les trois principales mesures de risque quirentrent dans leur calcul, en loccurrence la probabilité de défaut, lexposition en cas de défautet la perte en cas de défaut. 1.1 La probabilité de défaut (Expected Default Frequency ou EDF):La probabilité de défaut est une notion orientée « contrepartie ». Elle mesure la probabilitédoccurrence dun défaut sur une contrepartie sur un horizon déterminé.1 T. RONCALLI, La gestion des risques financiers. Ed. Economica, Paris, 2004, p. 434.Le concept de probabilité de défaut peut être évoqué selon deux approches : une approchebinaire et une approche graduée
  18. 18. Lapproche binaire est basée sur lhypothèse qui suppose que les emprunteurs peuvent êtrerépartis en deux groupes : les défaillants et les non défaillants (sains). Ainsi, la probabilité dedéfaut désigne la probabilité dappartenance dun emprunteur au groupe des défaillants.Dans lapproche graduée, les contreparties sont dabord regroupées dans plusieurs classes derisque. Après on sintéresse à calculer la probabilité de migration de chaque contrepartie versles autres classes (y compris la classe de défaut). Ces migrations sont rassemblées dans unematrice de forme n x (n-1) appelée Matrice de Transition.RatingAAA AAA AA A BBB BB B CCC Default AA 90,81% 8,33% 0,68% 0,06% 0,12 % 0,00 % 0,00% 0,00 % ABBB BB 0,70% 90,65 % 7,79% 0,64% 0,06% 0,14 % 0,02 % 0,00 %B 0,09% 2,27% 91,05 % 5,52 % 0,74% 0,26 % 0,01% 0,06 %CCC 0,02 % 0,33% 5,95 % 86,93% 5,30% 1,17 % 0,12 % 0,18 % 0,02 % 0,14% 0,67% 7,73% 80,53% 8,84 % 1,00% 1,06 % 0,00% 0,11% 0,24% 0,43% 6,48% 83,46% 4,08% 5,20 % 0,22 % 0,00% 0,22 % 1,30% 2,38% 5,00 % 64,85 % 19,79%Tableau 2.2: Matrice de Transition(Source: CreditMetrics, JP Morgan, document technique, 1997)Exemple : La probabilité quune entreprise notée AAA migre vers la classe AA est 8,33%, etla probabilité que cette même entreprise garde sa note est 90,81%1.2 Lexposition en cas de défaut (Exposure At Default ou EAD):Cest la valeur effective du montant du crédit détenue par lemprunteur au moment du défaut.Elle est estimée sur la base des montants des engagements restant dus. La notion dexpositionenglobe les encours bilanciels ainsi quune quote-part des engagements hors bilan. LEADrevêt une double dimension qui couvre les aspects produits et emprunteur.Lexposition en cas de défaut des crédits standards correspond au montant total des fluxcontractuels encore dus. De ce fait, elle est fonction du mode de remboursement etdamortissement.Dans le cas des crédits sur compte comme les découverts et les facilités de caisse, la mesurede lexposition devient plus compliquée en raison du caractère optionnel du crédit et de
  19. 19. lincertitude liée aux tirages futurs. En effet, il a été observé que plus la qualité dunemprunteur se détériore plus la probabilité de tirages supplémentaire augmente etinversement, plus sa qualité saméliore plus cette probabilité diminue. Ces constatations ontemmené les banques à faire recours à des mesures basées sur des hypothèses conservatrices,telles que considérer le total de lautorisation exposé à la perte, ou encore mettre deshypothèses sur les tirages futures en cas de changement de notation ou de défaut. Dans ce cas,la formule suivante peut être appliquée :EAD = Montant utilisé + (La part non utilisée x La probabilité de tirage)La probabilité de tirage est estimée à partir de la structure de la facilité et la notation delemprunteur.Dans le calcul de lEAD, le comité de Bâle distingue entre les facilités confirmées et lesfacilités non confirmées. Dans lapproche IRB fondation, il retient un taux forfaitaire de tiragede 75% pour les facilitées confirmées (committed facilities) qui ne peuvent pas faire lobjetdune annulation libre par la banque. Quant aux facilités non confirmées (uncommittedfacilities) qui peuvent être annulées inconditionnellement et en tout moment par la banque, untaux de tirage de 0% sera appliqué et lEAD sera égale par conséquent au montantdutilisation.1.3 La perte en cas de défaut (Loss Given Default ou LGD):La perte en cas de défaut est une notion orientée « Transaction », les pertes étantgénéralement dépendantes des caractéristiques du financement (caractéristiques delemprunteur, caractère subordonné du crédit, garanties reçues, etc...).Exprimée en pourcentage, elle correspond au taux de perte constaté en cas de défaillance. Ellese définit comme une perte économique, qui se mesure en prenant en compte tous les coûtsdirects et indirects liés au recouvrement.La LGD est appréhendée indépendamment du risque emprunteur. Un emprunteur a différentesLGD sil dispose de plusieurs produits.La perte en cas de défaut dépend directement du taux de recouvrement. Mathématiquementelle représente le complément du taux de recouvrement à lunité. LGD = 1 - Taux de recouvrementLe taux de recouvrement dépend principalement des suretés réelles ou personnelles présentéespar lemprunteur (garanties, cautions, hypothèque, etc...), du type de crédit et du niveau deséniorité de lengagement.1.4 La perte attendue (Expected Loss ou EL):La perte attendue correspond au montant que la banque risque de perdre en moyenne sur sonportefeuille de crédit à un horizon donné. Ce montant doit en principe être couvert par desprovisions économiques.
  20. 20. Pour chaque ligne de crédit cette perte est fonction de la probabilité de défaut, de lencours audéfaut et de la perte en cas de défaut ELi = EADi x EDFi x LGDiLe caractère linéaire du moment dordre (un) fait que la perte attendue dun portefeuille estégale à la somme des pertes attendues des prêts constituants ce portefeuille. EL portefeuille =? ELiLa perte attendue nest pas évidemment la perte qui sera réalisée effectivement. En effet, lespertes réelles nont pratiquement aucune chance dêtre identiques à cette perte moyenne,celles-ci prennent des valeurs supérieures ou inferieures avec des probabilités nonnégligeables. Mais en moyenne, elles se rapprochent de cette valeur.1.5 La perte inattendue (UnexpectedLoss ou UL):La perte inattendue (ou Unexpected loss) mesure la volatilité des pertes futures nonanticipées. Elle correspond à lécart type de la distribution des pertes. Elle peut être donnéepar la formule suivante : UL = EAD SJEDF2.ó2LGD + LGD2. ó2EDFA. La perte inattendue dune transaction :La perte inattendue dune transaction est une mesure du risque de la transaction avant prise encompte des effets de diversification. Analytiquement, lUL est égale à la volatilité de la valeurde la transaction autour de sa moyenne et est liée à la volatilité des défauts, à la volatilité de lavaleur en cas de non défaut (possibilité de migration à lhorizon) et à la volatilité de la valeuren cas de défaut (la perte en cas de défaut étant une variable aléatoire).La perte inattendue dune transaction est indépendante du portefeuille dans lequel on laconsidère.B. La perte inattendue du portefeuille :LUL dun portefeuille est une mesure du risque du portefeuille après prise en compte de tousles effets de diversification, elle varie donc selon les corrélations de défaut des contrepartiesqui le composent.Grâce aux effets de diversification, lUL dun portefeuille est inférieure à la somme des ULdes transactions : UL portefeuille < ? ULtransactionCela sexplique par le fait que les ULtransaction ne sont pas additives:ULportefeuille = .tJ? j ? ~ ULi.ULj.ñij où:· i et j deux actifs du portefeuille
  21. 21. · ñij est le facteur de corrélation entre les titres i et j· 0 ?ñij =1 et ULi > 0 ?éJ?~ ? ~ ULi.ULj.ñij = ? i ? jJULi.ULj.ñijPuisque ñij =1, nous avons :? i ? j %JULi.ULj.ñij = ? i ? jvULi.ULj = ? vULi . ? ~ vULj= (? , vULj )2 < ? |vULj 2| (inégalité de Cauchy)? ~ |vULj |2 = ?ULi , nous aboutissons donc à : ULportefeuille << ?ULiC. La contribution en risque (RC ou Risk Contribution):La perte inattendue du portefeuille est par construction la somme des Contributions en Risque(Risk contribution ou RC) de toutes les transactions le constituant.La contribution en risque (RCi) dune transaction mesure la quote-part de la perte inattendueportée dans le portefeuille, compte tenu de la diminution enregistrée grâce à la prise encompte de leffet de diversification. Elle peut être définie comme la variation du montant totaldes pertes futures non attendues (UL) lorsque lon ajoute cette exposition au portefeuille.La contribution en risque dun prêt i (RCi) est mesurée par : äULpRCi = Xi äXiOù Xi représente la proportion investie dans le crédit i,II. LES PARAMETRES COMPTABLES:Les paramètres comptables de RAROC sont le revenu et le coût dopération. La déterminationde ces deux paramètres au niveau global ne présente aucune difficulté particulière. Tandisquau niveau client ou transaction lestimation du revenu et coût savère très délicate etnécessite des procédures complexes basées sur la comptabilité analytique.3.1 Le revenu:Les revenus mesurent le profit direct tiré de lopération de crédit. Ce profit correspond à ladifférence entre la somme des intérêts et commissions perçus des clients et le montant desintérêts payés par létablissement pour financer les ressources mises à la disposition de laclientèle.
  22. 22. Cette définition renvoie directement au concept du Produit Net Bancaire (PNB). On peutadmettre ainsi que le revenu dans le calcul de RAROC nest rien dautre que le PNB.Analytiquement, le PNB correspond à lagrégation de trois postes : la marge sur intérêts, lescommissions nettes et les produits et charges divers· La Marge sur intérêts : elle représente la marge sur lactivité dintermédiation du centre deprofit, elle est égale à la différence entre les intérêts reçus des clients et les intérêts payés.· Les commissions nettes : elles correspondent à la différence entre les commissions reçues dela clientèle et les commissions versées à la clientèle.· Les produits et charges divers : Correspondent essentiellement aux produits du portefeuilletitres de létablissement ainsi quaux opérations de trésorerie et interbancaires.La détermination du PNB par opération repose sur le calcul de la marge sur intérêts et lescommissions liées à cette opération.A. La marge sur intérêts:Lappréhension des marges sur intérêts dune opération de crédit est liée au système de mesuredes capitaux et des taux de cession interne des capitaux qui ont été retenus pour le calcul duPNB.Dans le cas dun RAROC historique, la solution la plus simple consiste à prendre les intérêtsréels versés par le client au cours de la période étudiée et à refinancer les crédits à laide duntaux unique, comme celui du taux de marché monétaire ou celui du coût moyen desressources. Dautres méthodes plus complexes peuvent être choisies, comme par exemplecelle consistant à refinancer les prêts consentis à la clientèle suivant des taux dépendantuniquement des conditions de marché1.Dans le cas dun RAROC ex-ante, lestimation des intérêts à percevoir seffectue en deuxétapes : le calcul des intérêts en prenant en compte le taux dintérêt appliqué et léchéance ducrédit, puis lactualisation de ces flux.B. Les commissions :Contrairement au calcul de la marge sur intérêts, le calcul des commissions ne pose pas tropde problèmes particuliers. Les commissions sont généralement bien appréhendées, client parclient, par les systèmes informatiquesF2F.Dans lapplication de RAROC, plusieurs approches liées au calcul des commissions ont étéproposées, cela revient à la disparité des auteurs quand à la prise en compte de quelques typesde commissions ou non. Lapproche la plus éminente est celle qui suppose que lescommissions qui doivent être prises en compte sont celles liées directement à lopération decrédit (frais de dossier, commissions dimpayés ou de remboursements anticipés, commissionsde cautions...).1 M. ROUACH & G. NAULLEAU. Le contrôle de gestion bancaire et financier .Ed La revuebanque. Paris. P172
  23. 23. 2 Même ouvrage P173Dans une approche plus extensive, on intègre également les commissions perçues par labanque de sa relation avec la clientèle qui a pu naître suite à loctroi du crédit et qui permet lavente dautres produits et services (Les commissions de caisse, les commissions de tenue decompte...).Lapproche la plus restrictive suppose que les commissions doivent être écartées dunumérateur de RAROC, dans la mesure où ce dernier est considéré comme un outil detarification ajustée au risque qui sintéresse à la rentabilité intrinsèque du crédit (relative à latransformation des ressources en emplois) et non à la rentabilité additive (relative auxservices) générée par les commissions.3.2 Le coût dopération:Lestimation des coûts dopérations exige le passage par une étape primordiale dans lacomptabilité analytique, il sagit de faire transiter les charges par les centres de responsabilitéavant de les attribuer aux produits.Avant de passer au traitement des charges, nous allons aborder de façon succincte le conceptde répartition de la banque en centre de responsabilité.A. Définition des centres de responsabilité analytique :Un centre de responsabilité se définit comme une entité de gestion dont le responsable disposedune délégation formelle dautorité pour négocier des objectifs et des moyens et dotée dunsystème de pilotage de sa gestion. Plusieurs types de centre de responsabilité peuvent êtredistingués :Les centres de coûts : Ils nengendrent que des charges afin de réaliser une prestation ou unproduit. Pour le responsable, il sagit de respecter un niveau de charge et un budget global defonctionnement. Dans la banque, les centres de coût sont particulièrement nombreux, doùlintérêt de les rattacher à lune des catégories suivantes :· ULes centres de structureU: qui réalisent des prestations non identifiables et non répétitives.Leur mission est de contrôler et de coordonner les activités des autres centres comme parexemple la direction générale ou la direction des engagements ;· ULes centres de support:U qui réalisent des prestations identifiables et non répétitives et dontle mode opératoire nest pas aisé à formaliser. On trouve les centres de support au sein desservices généraux comme linformatique et lorganisation, le marketing ou les étudeséconomiques et financières ;· ULes centres opérationnels:U qui réalisent des prestations identifiables, répétitives et à modeopératoire formalisé, comme le traitement des chèques et virements ou lexécution des ordresde bourse. Ces centres livrent aux autres centres des prestations dont ils ne maîtrisent pas levolume et qui sont non rémunérées. Les centres de profits : ces entités de gestion sont responsables des coûts mais aussi génératrices de recettes car elles réalisent des prestations à caractère commerciale ou
  24. 24. financier. Le responsable dun centre de profit dispose dune délégation de pouvoirs couvrantles conditions de la négociation commerciale. Les agences bancaires constituent les centres deprofit les plus importantsB. Nomenclature des charges de fonctionnement :Selon leur appartenance aux différents centres de responsabilité de la banque, les chargespeuvent être scindées en deux catégories : les charges directes et les charges indirectes :1) Les charges directes :Les charges directes sont des charges qui peuvent être reliées sans équivoque au produit quileur a donné naissance. La liaison est évidente et le facteur de production concourt totalementou partiellement à lélaboration du produit1.Ces charges peuvent être affectées directement au produit au moyen dunités daffectationchoisies de façon adéquate. Une unité daffectation peut être définie comme étant une unité demesure de charges pouvant être exprimées en terme monétaire.Les principales charges directes sont : les frais de personnel, les charges de machine, les coûtsimmobiliers et les charges déconomat.· Les frais de personnel : ces frais constituent la partie la plus importante des charges directes.Ils représentent tous les frais relatifs aux effectifs pris au sens large. Cest-à- dire incluant nonseulement la masse salariale mais aussi les frais de formation, de recrutement, de relationssociales... etc. Lunité daffectation la plus logique est le cout minute de lemployé.· Les charges de machines : elles représentent les charges issues de lutilisation des différentscalculateurs, imprimantes, trieuses de billets... etc. Lunité daffection la plus appropriée pources charges est le coût minute de fonctionnement de la machine.· Les charges immobilières : liées directement aux surfaces occupées qui incluent leurs fraisdentretien, lamortissement des locaux, les loyers et les différents impôts et taxes afférents,...etc. Lunité daffectation est le coût du mètre carré occupé par lunité administrative, lessurfaces communes sont ajoutées aux surfaces occupées au prorata des effectifs de chaqueunité.· Les charges déconomat : elles sont de natures extrêmement diverses. Elles regroupent lesfournitures de bureau, les charges en papier, imprimés, téléphone, fax, télex,... etc. Lescharges déconomat sont généralement évaluées selon un coût forfaitaire moyen par opération.1 Sylvie de Coussergues, gestion de la banque, édition DUNOD, Paris, 20002) Les charges indirectes :Les charges indirectes sont celles qui ne peuvent être reliées immédiatement au produit donton calcule le coût. Ce sont des charges engendrées par des structures qui ne participent pasdans lexploitation bancaire. Il sagit des structures de la fonction assistance ainsi que lesniveaux hiérarchiques les plus élevés des autres fonctions.
  25. 25. Les charges indirectes représentent la difficulté principale du calcul du coût. Les clés derépartition utilisées pour leur affectation sont souvent arbitraires et ne permettent pas uncalcul fin des différentes rentabilités.C. Le processus daffectation des charges:1) La détermination des charges à retenir en comptabilité analytique :Certaines charges enregistrées en comptabilité générale ayant un caractère exceptionnel -charges non incorporables - sont exclues. Inversement, dautres charges qui ne sont pasenregistrées en comptabilité générale - charges supplétives - sont introduites.+ Charges de comptabilité générale + Charges supplétive- Charges non incorporables= Charges incorporables de comptabilité analytique2) Laffectation des charges aux centres de responsabilité :Dans cette étape, les charges incorporables calculées dans la première étape, vont êtreaffectées aux différents centres de responsabilités. Leur affectation suppose leur maîtrise parles responsables des centres, chose qui est difficile à appréhender dans la mesure où lesresponsables ne sont souvent capables de décider pour une part de leurs charges que suraccord de leur responsable.3) La ventilation des charges des centres fonctionnels et des centres de structureCette étape consiste à répercuter sur les centres de profit et opérationnels les chargesindirectes générées par les centres fonctionnels et les centres de structure. Cette démarchesappuie sur des clés de repartions conventionnels.4) Le calcul des coûts dopération :Les centres opérationnels livrent des prestations indentifiables et répétitives aux centres deprofit moyennant un prix, ce prix est appelé coût opératoire. Pour le calculer, plusieursméthodes peuvent être utilisées (coût réel, coût standard, ...).5) La facturation des coûts dopérations aux centres de profit :Cette dernière étape consiste en laffectation des charges des différents centres opérationnelsaux centres de profit. Il sagit dune facturation interne tenant compte du volume et des coûtsunitaires des opérations.D. Les méthodes de calcul des coûts dopération :De nombreuses méthodes sont possibles pour calculer les coûts des opérations, le recours àchacune dentre elles dépend des circonstances dutilisation et des besoins. Nous allonsprésenter brièvement les méthodes les plus utilisées:
  26. 26. 1) La méthode du cout réel :Il est calculé en divisant lensemble des charges du centre opérationnel par le nombredopérations effectuées par ce dernier. Par exemple si le back-office effectue 10 000 ordres debourse sur une période déterminée et que le total des charges constatées durant cette périodeest de 100 000 um, le coût unitaire moyen dun ordre de bourse au back-office serait de10um.Cette méthode présente deux inconvénients : dabord, Les variations du coût réel dues auniveau dactivité des centres opérationnels nuisent à la perception des performances dans lamesure où le centre de profit nest pas responsable de ces variations. De plus, Les coûts réelsfacturés par les centres opérationnels peuvent être différents des prestataires externes lesquelsseront facturées au prix de marché.2) La méthode des coûts standards :Elle consiste à calculer des coûts prévisionnels - dans un contexte de fonctionnement normaldes centres de responsabilité - qui constitueront une norme à respecter pour une période futuretel que lexercice budgétaire. Ils sont obtenus en divisant les charges globales prévisionnellesdu centre opérationnel par le nombre dopérations prévues. Prenons lexemple dun centre detraitement de chèques qui prévoit de traiter 1 000 000 chèques sur une période future.lescharges prévisionnelles sont estimées à 10 000 000 um, ce qui fait que le coût moyen unitairestandard du traitement dun chèque serait de 10um pour la période considérée.Ainsi, la méthode des coûts standards permet déviter linfluence de la variation du niveaudactivité des centres opérationnels sur les centres de profit3) La méthode des coûts de marchéSelon cette méthode, la facturation des opérations sera faite au prix de marché. Ce prixcorrespond au coût pratiqué par lensemble du secteur ou sur la base des prix proposés par dessous-traitants. Elle permet de ce fait de comparer en permanence les niveaux de performanceinternes à ceux du marché. Cependant, la disparité des conventions analytiques employées parles banques dans la détermination de leurs coûts et le manque dinformations rendent sa miseen oeuvre délicate.4) La décomposition en coûts fixes et coûts variablesCette méthode distingue les charges liées à lactivité (les charges variables) de celles liées à lacapacité et à la période (les charges fixes). Elle sert à fixer un seuil de rentabilité (notion depoint mort) et à appréhender les effets de variations des volumes dactivité sur les coûtsunitaires. Toutefois, elle nest pas très sollicitée dans le secteur bancaire en raison dedifficultés techniques et dappréhension des critères de variabilité des charges.5) La méthode ABCLa méthode ABC (Activity Based Costing) découle du principe disant que les produitsconsomment des activités et les activités consomment des ressources. Les ressourcesconsommées par un service (personnel, équipement, locaux) sont allouées par « inducteurs deressources » aux différentes activités réalisées. Par la suite des « inducteurs de coûts » sont
  27. 27. déterminés pour pouvoir allouer les coûts des activités aux produits. Ces inducteurs sesubstituent aux unités doeuvre ou aux clés de répartition utilisés dans la comptabilitéanalytique conventionnelle.Cette méthode permet un suivi par activité, cependant elle est complexe à mettre en oeuvre.La méthode ABC vise à améliorer lexploration des charges indirectes dans lensemble descoûts. Elle permet dapporter une aide en termes de tarification, en liaison directe avec lacomptabilité analytique.CONCLUSIONA travers ce chapitre, nous avons mis laccent sur le concept RAROC et ses différentsparamètres.Dans ce qui suit, nous allons voir comment peut-on appliquer ce concept dans la gestion durisque de crédit, que peut loutil RAROC apporter pour la banque et quels sont ses limites.CHAPITRE II: LA GESTION DU RISQUE DE CREDITPAR LA METHODE RAROCBien que RAROC en tant que concept soit loin de toute complexité, son application au seindune banque requiert la prise dune panoplie de mesures permettant lestimation des différentsparamètres le constituant.A travers ce chapitre, nous allons présenter RAROC en tant quinnovation managériale pour lagestion du risque de crédit au sein des établissements bancaires. Dans cette perspective, nousallons procéder par une première section traitant le concept de notation interne et lesprocédures des systèmes de rating pour lestimation des paramètres de risques au niveauindividuel.Dans la deuxième section nous allons aborder les principes essentiels de la modélisation durisque de crédit et lapport des modèles dans lestimation des pertes futures.Quand à la troisième section, elle portera essentiellement sur laspect pratique de la méthodeRAROC, ses applications en matière de gestion du risque de crédit et un aperçu sur lapport etles limites de cet outil. SECTION 1: LA NOTATION INTERNELexistence au préalable dun système performant de notation interne dans la banque estindispensable pour la mise en place dun outil de gestion de risque tel que RAROC. Lapertinence de ce dernier est fortement liée à la qualité des outputs du système de notation.Dans cette section nous allons présenter les principaux aspects liés à la notation interne et auxsystèmes de rating au sein des établissements bancaires.
  28. 28. 1. ORIGINE DE LA NOTATION:La notation est apparue aux USA au début du vingtième siècle par la publication du premiermanuel de notation de John Moody en 1909. Ce dernier a introduit un système graduel denotation pour les obligations émises par les compagnies des chemins de fer aux Etats-Unis,dont le but était de résumer linformation sur la qualité du crédit et de fournir aux investisseursune information objective sur les entreprises. Depuis, plusieurs agences de rating ont vu lejour à linstar de Fitch Investor Services en 1922 et Standard & Poors en 1924. Cependant,ce nest quaux années 80 que les systèmes de rating ont été adoptés en Europe.2. DEFINITION DE LA NOTATION INTERNELa notation interne constitue un moyen dappréciation du risque de perte consécutif à ladéfaillance de lemprunteur. Cette appréciation tient compte de tous les aspects pouvantrenseigner sur la contrepartie quils soient qualitatifs ou quantitatifs. Le comité de Bâle retientla définition suivante des systèmes de notations internes :« Un système de notation recouvre lensemble des processus, méthodes, contrôles ainsique les systèmes de collecte et informatiques qui permettent dévaluer le risque decrédit, dattribuer des notations internes et de quantifier les estimations de défaut et depertes. »1Quil soit simple ou avancé, un système de notation interne a pour objectif principal daffecterchaque contrepartie à une classe de risque. Les individus ayant été classés au même niveau derisque doivent donc présenter des caractéristiques qui se rapprochent.3. LES DEUX APPROCHES DE LA NOTATION INTERNEIl existe deux grandes approches pour attribuer des notations à des prêts ou des emprunteurs :1 Document consultatif du comité de Bâle, avril 20031) Les systèmes expert : cette première approche repose sur lopinion dexperts ; on parle descore par expertise. Elle reste prépondérante pour les notations des grandes entreprises, despays, des collectivités locales, des financements de projets. Elle sappuie sur une analyseapprofondie des bilans, des projets... et sur une comparaison avec les notations des agences.2) Les systèmes de scoring : cette approche sappuie sur des analyses statistiques desdéfaillances observées dans le passé pour des dettes ou des emprunteurs comparables. Elle estprépondérante pour les crédits à la consommation, les prêts hypothécaires, les créditspermanents (cartes de crédit), les prêts aux PME... Par son caractère plus automatique, elle esttrès adaptée à la gestion des accords de crédit en ligne.4. LES CARACTERISTIQUES DUN SYSTEME DE NOTATION INTERNE:Des procédures et des critères clairs et précis doivent être bien définis pour quunétablissement bancaire puisse attribuer des notes. Dans son dernier document consultatif, lecomité de Bâle définit un certain nombre de paramètres indispensables à la mise en place dunsystème de notation interne :
  29. 29. «... les systèmes et processus de notation et destimation doivent permettre dévalueravec pertinence les caractéristiques dun emprunteur et dune transaction, dedifférencier valablement ces risques et de les quantifier avec suffisamment de précisionet de cohérence ; ils doivent, en outre, faciliter un usage interne approprié desestimations obtenues. »14.1 La classification des expositions:Le comité de Bâle exige aux banques désireuses de se munir dun système de notationsinternes de segmenter leurs portefeuilles de crédit en fonction des caractéristiques de risque, ila proposé dans sa version préliminaire les six catégories dactifs suivantes : Entreprises,banques, emprunteurs souverains, banques de détail, financement de projets et enfin lesportefeuilles dactions. Une telle classification des risques est largement cohérente avec lespratiques bancaires en vigueur. Ce classement reste toutefois à titre indicatif uniquement, lesbanques gardent la possibilité dutiliser leurs propres classifications des expositions tout enveillant à leur régularité dans le temps.4.2 Les paramètres de notation:Pour être éligible à lapproche des notations internes, un système de notation doit êtrecaractérisé par deux paramètres bien distincts : le risque de défaut de lemprunteur et lesfacteurs spécifiques à la transaction.· Le risque de défaut de lemprunteur : Il doit être indépendant de la nature des engagementsdont a bénéficié le client. Ainsi, toutes les expositions sur cet emprunteur appartiendront à lamême classe de notation.1 Document consultatif du comité de Bâle, avril 2003· Les facteurs spécifiques à la transaction : Ils englobent des éléments tels que les sûretés, letype et la durée du produit et autres.4.3 Nombre des classes pour les actifs:Les banques doivent veiller à ce quil y ait une distinction claire entre les actifs sains et lesactifs compromis qui nécessitent une attention particulière de la part des gestionnaires. Enmoyenne, les banques adoptent un nombre de classes proche de 10 pour les actifs sains et de 2ou 3 pour les actifs douteux ou non productifs, en incluant les classes additionnelles, cest-àdire celles affectées des signes + ou - modifiant la totalité ou une partie des classes. Il estégalement fortement préconisé détablir les classes de façon à faciliter la comparaison avec leséchelles des agences de notations externes.Le système de notations internes doit permettre une différentiation correcte et significativedes expositions selon les classes de risques afin déviter une concentration excessive au seindune seule catégorie. De manière générale, les banques doivent veiller à ce quil ny ait pasplus de 30% environ dexpositions notées à lintérieur dune seule catégorie demprunteurs.4.4 Lestimation des paramètres de défaut:
  30. 30. La banque doit utiliser toutes les données, les informations et les méthodes dont elle disposepour lestimation des PD, LGD, EAD. Elle peut même avoir recours à des sources externes sielle juge quelles soient cohérentes.A. Exigences pour lestimation des PD:Les méthodes destimation des PD pouvant être utilisées selon Bâle II doivent sappuyer surlune des trois techniques suivantes :· Lexpertise et les données de défaillances internes;· Le mapping vers les données externes : il sagit daccorder à lemprunteur non noté par lesagences de notation une note équivalente au rating externe quil aurait obtenu. Par la suite labanque peut utiliser les historiques de PD et de migrations déjà observés et publiés par cesagences.· Des modèles statistiques de prédiction des défauts.B. Exigences pour lestimation des LGD et EAD :Pour les banques sous le régime de lapproche avancée, les estimations de LGD et EADdoivent représenter une moyenne pondérée en fonction des défauts sur longue période pourchacun de ses engagements. Lestimation de LGD moyenne doit être fondée sur les taux derecouvrement antérieurs et pas uniquement sur la valeur de marché des sûretés. LestimationdEAD doit quant à elle être attribuée à chaque facilité, cest une moyenne pondérée enfonction des défauts observés pour des facilités et emprunteurs similaires sur une périodesuffisamment longue.4.5 Les dérogations :1Lattribution dune note doit reposer sur des preuves empiriques et satisfaire certainesexigences concernant lhistorique de la série de données, leur représentativité ou encore laconjoncture économique, néanmoins des jugements personnels peuvent intervenir et changerla note. Ces dérogations peuvent être légitimes mais doivent être clairement justifiées. Ellesdoivent comprendre des contrôles et des autorisations de personnes habilitées à effectuer detels changements.5. LA VALIDATION DU SYSTEME DE NOTATION INTERNE:Il ne suffit pas de développer un modèle de notation, mais il faut le mettre en place. Toutefois,avant de lexploiter, la banque doit sassurer que le modèle quelle a développé donne desrésultats fiables. Cest pourquoi le comité de Bâle a préconisé aux banques de développer unsystème de « backtesting » dont le but est de vérifier le pouvoir prédictif de loutil de notationet le faire évoluer afin davoir des prévisions de défaut plus exactes.Jusquaujourdhui, les autorités bancaires nont pas encore arrêté les règles communes devalidation des modèles internes de notation, néanmoins une liste des points dattention et desrègles de prudence régissant les étapes de lélaboration de ces modèles peut déjà être dressée.Ces règles reposent sur le respect de certaines normes qualitatives et laptitude de passer destests statistiques.
  31. 31. 5.1 La démarche qualitative:Il sagit essentiellement de vérifier la qualité de linformation collectée et traitée par la banqueet de la validation des procédures de contrôle :Le niveau de performance du système dinformation reflète la qualité de linformation. A cestade, le contrôle se fait sur les éléments permettant lextraction, le stockage, la circulation etle traitement des données.Quand aux normes de contrôle, Celles-ci ont pour objectif de sassurer de la régularité desprocédures et règles de contrôle de la structure et du fonctionnement des modèles internes.Dans ce cadre danalyse, il est important de vérifier certains aspects liés à lindépendance de lafonction de gestion des risques, la pratique dun reporting périodique aux dirigeants delétablissement et le recours à des audits réguliers du modèle interne.5.2 La validation statistique:Cette étape repose sur deux type de tests ; les tests de puissance et les tests de calibrage. Lespremiers sintéressent à la capacité du système de notation à bien discriminer les emprunteursselon leur qualité de crédit, quand aux seconds, leur but est de mesurer la pertinence ducalibrage des PD associés à chaque classe de risque.1 Antoine SARDI - Audit et contrôle interne bancaire- AFGES - Paris 2002. P717 SECTION 2: LA MODELISATION DU RISQUE DE CREDIT:Dans leur gestion quotidienne du risque de crédit, les banques ont une préoccupation majeure,qui consiste à prévoir le montant des pertes quelles pourront subir dans le futur sur leursportefeuilles dengagements. Pour pouvoir estimer ces pertes futures, les banques ont recoursà des modèles dévaluation du risque de crédit.La modélisation est une étape primordiale dans le processus de mise en place dun systèmeRAROC, vue quelle fournie ses deux paramètres liés aux risques, en loccurrence, la perteattendue (Expected Loss) et la perte inattendue (Unexpected loss).Dans ce qui suit, nous allons passer en revue quelques notions sur la modélisation du risquede crédit.1. LES DIFFICULTES METHODOLOGIQUES DE LA MODELISATION DU RISQUE DECREDIT1.1 La nature de lévénement de crédit:A la différence du risque de marché, uniforme, le risque de crédit a des expressions fortdifférentes. En effet, la distribution de pertes dépend de lévénement retenu comme faitgénérateur (Défaut, changement de rating, variation du spread de signature, ...) et enconséquence les mesures des fonds propres associés vont être distinctes selon que lonretienne un événement ou un autre. Cette réalité était à lorigine de lapparition de deux types
  32. 32. de modèles dévaluation du risque de crédit : les modèles de défaut et les modèles Markedto Market.1.2 Lhorizon du risque de crédit:Lestimation de lhorizon de crédit est un exercice beaucoup plus délicat, qui peut appeler desréponses légitimes très éloignées. Les deux réponses extrêmes sont dune part, lhorizon delexercice comptable (communément dune année), dautre part, léchéance de la position.Le choix de lhorizon de lexercice comptable suppose que lhorizon du risque de crédit estcelui de la constatation comptable des pertes réelles ou potentielles associées à la dégradationde la qualité du portefeuille de crédit. Ce choix est essentiellement guidé par desconsidérations pratiques : Cest lhorizon de décision ordinaire des prêteurs, celui au coursduquel les contrats de crédit sont renégociés et celui au cours duquel les banques peuventréunir des informations nouvelles pour évaluer la solvabilité des emprunteurs. Il représenteégalement lhorizon sur lequel sont définis les besoins de fonds propres. Enfin, cest sansdoute aussi, en moyenne, lhorizon qui correspond à la majorité des crédits.A lopposé, le choix de lhorizon de la position comme horizon du risque paraît indiscutable :un crédit à 7 ans engage la banque sur un horizon de 7 ans. Cependant, cette approche neparait pas aussi évidente quand il sagit de déterminer les fonds propres alloués à uneopération donnée. Le problème qui se pose est le suivant : le montant des fonds propresalloués lannée t à une opération doit-il couvrir le risque de dégradation de la qualité de créditsur cette seule année, ou couvrir le risque associé aux années ultérieures ?Dans la deuxième hypothèse, un montant inutile de fonds propres est engagé dés la premièreannée, entraînant une utilisation sub-optimale du capital. Une allocation constituée sur unebase annuelle semble en conséquence plus adaptée, mais elle ne repose alors pas sur uneperspective à long terme des risques encourus et peut se révéler insuffisante à la fin delexercice comptable.1.3 Le choix du niveau de pertes acceptable:La mesure des pertes inattendues nécessite la détermination au préalable dun seuil deconfiance, qui nest rien dautre quun quantile élevé de la distribution des pertes (99.9% parexemple). Le choix de ce paramètre repose sur plusieurs considérations :· Laversion au risque de la banque : Le degré de prudence des dirigeants ou de leur aversionau risque est le critère le plus naturel sur la base duquel le seuil de confiance peut êtredéterminé. Si la banque est très adverse au risque, elle choisit un quantile élevé de telle sorteque lestimation des pertes potentielles couvre les pertes induites par le plus grand nombrepossible de réalisations des facteurs de risque.· Lobjectif de raiting : Les agences de notation publient périodiquement les taux de défautassociés aux différents ratings. Si les dirigeants ont un objectif de rating, le niveau des fondspropres correspondant (doù le seuil de confiance) devrait être celui qui conduit à un taux dedéfaut correspondant au rating visé. Par exemple une note Aaa de lagence Moody scorrespond à une probabilité de défaut de 0,03%. De ce fait, une banque qui vise cette notechoisira alors un quantile de 99,97%.
  33. 33. · Les considérations prudentielles : le régulateur peut imposer le choix dun quantilesuffisamment élevé pour que les banques constituent un montant de fonds propreséconomiques suffisant pour couvrir une part plus importante des pertes potentielles. 2. LES ETAPES DE CONSTRUCTION DUN MODELE DE RISQUE DE CREDIT:La construction dun modèle de risque de crédit sopère en deux étapes :2.1 Lévaluation du risque au niveau individuelCette étape est consacrée à la collecte de linformation sur les éléments constitutifs du risquede chaque crédit. Elle consiste essentiellement à ranger les crédits en classes de risquedéfinies par le système de notation interne de la banque. Sur la base de cette classification, desprobabilités de migration de chaque crédit entre les différentes classes de risque vont êtredéterminées. Dans le cas dun modèle MTM toutes ces probabilités de migration sont prisesen considération, afin de constituer une matrice de transition. Tandis que dans le cas dunmodèle de défaut on sintéresse uniquement à la migration du crédit vers la classe de défaut.Celle-ci ne peut constituer une classe de départ, alors elle est dite « absorbante ».Létape suivante consiste à mesurer la valeur de chaque crédit en fonction de son appartenanceaux différentes classes de risque. Dans le cas dun modèle de défaut, on sintéresse àdéterminer la valeur de lexposition seulement dans le cas de défaut.Enfin, il importe de déterminer la perte en cas de défaut (LGD). Celle-ci dépend du taux derecouvrement en cas de défaut, qui dépend lui-même de la nature du crédit, de sa maturité etdes garanties qui lui sont associées.Une fois les facteurs du risque sont déterminés, létape suivante consiste à déterminer la perteattendue et la volatilité des pertes (perte maximale inattendue) pour chaque positionindividuelle.2.2 Lévaluation du risque au niveau du portefeuille:Cette étape consiste en une agrégation des résultats obtenus dans létape précédente, afin dedéterminer le risque global du portefeuille, ce qui suppose lintégration des corrélations entreles événements de crédit.Le but principal dun modèle de risque de crédit reste de construire une distribution de pertessur la base de laquelle la perte potentielle maximale (Value at Risk) et le niveau des fondspropres économique seront déterminés.A. La distribution des pertesLa distribution de perte dun portefeuille de crédit, à un horizon de temps choisi, correspond àune courbe qui relie la fréquence de perte de crédit à lintensité du niveau de celle-ci.La PDF présente la particularité de ne pas être de type normal. En effet, celle-ci est fortementasymétrique (coefficient dasymétrie1 positif) et leptokurtique (coefficient daplatissement2supérieur à 1)
  34. 34. Quelle que soit la méthodologie retenue pour sa construction, le principe reste identique. Pour chaque état de la nature possible (réalisation des facteurs de risque), il sagit de déterminer conjointement la répartition de fin de période des emprunteurs au sein des classes de risque1 Appelé aussi Skewness , il correspond au moment dordre 32 Appelé aussi Kurtosis, , il correspond au moment dordre 4(y compris la classe de défaut) et la variation de la valeur de chaque crédit en fonction de laclasse de risque dans laquelle il se trouve.Dans le cas dun modèle MTM, la perte totale sobtient alors, compte tenu de lhypothèsedindépendance des migrations conditionnelles, par simple agrégation des positionsindividuelles. Pour un modèle sinscrivant dans lapproche de défaut, il suffit de déterminer lenombre de défauts dans chaque classe pour chaque réalisation des facteurs de risque et laperte relative à chaque défaut.Les corrélations entre événements de crédit interviennent entièrement dans ce cadre à traversle fait que les variations des valeurs individuelles (y compris en cas de défaut) dépendentdirectement de la réalisation des facteurs de risque et sont donc étroitement liées les unes auxautres.Deux approches bien distinctes sont utilisées pour la construction de la PDF: lapprocheanalytique et lapproche de simulation· Une approche de type analytique : consiste en la recherche dune forme de distributionsusceptible dapprocher la PDF et en particulier sa queue de distribution. Le modèleCreditRisk+ utilise ce type dapproche : la distribution des pertes est donnée par une relationde récurrence qui donne la probabilité de loccurrence dune perte de n unités dexposition enfonction de la probabilité de loccurrence dune perte de n-1 unités dexposition;· Une approche fondée sur la simulation Monte Carlo : applicable à de très grandsportefeuilles, elle permet de spécifier un montant de pertes agrégées lié à une réalisationparticulière des facteurs de risque. Dans un premier temps on effectue un nombre de tiragesaléatoires (100 000 par exemple) à partir de la loi de distribution des facteurs de risque(généralement normale), après on lie chaque réalisation à un montant de pertes. Il suffitensuite dordonner ces pertes pour construire lhistogramme de la distribution. Cette approcheest utilisée aussi bien par CreditMetrics que par KMV.Ces deux approches peuvent être complétées par une approche fondée sur la théorie desvaleurs extrêmes (EVT). Celle-ci permet de déduire une loi asymptotique pour la distributiondes grandes pertes. Lusage de cette loi permet de mieux cerner la distribution des pertesextrêmes pour lesquelles le nombre de données est généralement insuffisant.B. La Value at Risk (VaR)La Value at Risk (VaR) est la perte maximale sur un crédit (ou un portefeuille de crédits) àun horizon de temps et un niveau de confiance donnés.
  35. 35. Dans sa forme générale, la VaR peur être tirée de la distribution de probabilité des pertes. Elleest alors égale au quantile dordre á de la fonction de densité des pertes (PDF) :~~P (x?x*)= 1-á = f f(x)~~dxOù á est le seuil de confiance choisi (ex : 99%), x* le quantile dordre á et f la PDF.Si la distribution de la valeur marchande dun titre est normale, que sa valeur moyenne est de100 DA et que son écart type est égal à 10 DA lapproche par la VaR nous renseigne quà 99%de chance la valeur du titre reste supérieure à 100 - 2,33 × 10 = 76,7 DA ou bien que la pertesoit inférieure à 100 - 76,7 = 23,3 DA.Ainsi, les éléments nécessaires pour le calcul de la VaR sont la moyenne et lécart type desprix des actifs. Si ces éléments sont facilement estimables pour les valeurs faisant lobjet dunecotation, leur estimation dans le cas des crédits bancaires présente une difficulté car leurvaleur nest pas directement observable. De plus, lhypothèse de normalité est difficilementjustifiable car la distribution de cette valeur est fortement asymétrique. Figure 2.1 : Distribution des pertes et VaR3. MODELES DE DEFAUT VS MODELES MTMLes modèles de quantification du risque de crédit peuvent être rangés en deux grandescatégories: les modèles de défaut (Default model ou DM) et les modèles Marked to market(ou MTM) :3.1 Les modèles de défaut (DM) :Ces modèles considèrent lévénement de défaut comme le seul risque de crédit. Enconséquent, deux états de la nature sont jugés pertinents : le défaut et labsence du défaut.Cette approche est généralement la plus adoptée par les banques car la plupart des prêtsconsentis par une banque ont vocation à rester dans son portefeuille jusquà léchéance finale,quelle quen soit lissue
  36. 36. On retrouve dans cette catégorie le modèle de référence CreditRisk+ développé par CréditSuisse Financial Productes (CSFP),3.2 Les modèles Marked to market (MTM) :Dans ces modèles le risque de crédit correspond à lun des événements suivants :· Un défaut comme dans le cas des modèles DM· Un changement de rating· Une modification du spread, en se qui concerne les instruments de marchéDe ce fait, la dégradation de la cote dune obligation par exemple de BBB à BB, entraine uneperte pour son détenteur, malgré labsence de défaut.Dans les modèles MTM et contrairement aux modèles de défauts, la perte attendue peutprendre une valeur positive ( ce qui se traduit par un gain ) à partir du moment où la valeur demarché peut évoluer dans un sens positif.Lapproche sapplique principalement aux titres de marché émis par des firmes notées par lesgrandes agences de rating telles que S&P ou Moodys.Parmi les modèles appliquant cette approche, on trouve CreditMetrics de JPMorgan .4. LES MODELES DE REFERENCE: 4.1 CreditRisk+ de Crédit SuisseDéveloppé en 1996 par Crédit Suisse Financial Productes (CSFP), CréditRisk+ est unmodel de défaut qui utilise une approche dite actuarielle. Cest un modèle dans lequel laprobabilité de défaut est modélisée comme une variable continue caractérisée par unedistribution de probabilité. Le comportement des taux de défaut est alors représenté par lavolatilité de ce taux.Le modèle CreditRisk+ est fondé sur des hypothèses inspirées des techniques de calcul desprimes dassurance incendie. Dans un portefeuille dassurances incendie, chaque sinistre a unefaible probabilité de se réaliser et il est peu probable que toutes les maisons prennent feu. Deplus, le coût de chaque sinistre est incertain en ce sens quune maison peut bruler entièrementou partiellement. Par analogie, le modèle CreditRisk+ a été bâti sur les hypothèsessuivantes :· Chaque crédit est supposé avoir une faible probabilité de défaut.· Chaque défaut sur un crédit est supposé indépendant des défauts des autres crédits.· Les pertes peuvent être plus ou moins importantes et leur montant est considéré comme unesource dincertitude.Méthodologie du modèle :
  37. 37. Le modèle CreditRisk+ procède à une décomposition du portefeuille en bandes. Chaquebande considérée comme un portefeuille distinct qui regroupe des crédits dont les expositionssapprochent de sa valeur moyenne.Dans une première étape, le modèle va sintéresser au calcul des pertes à lintérieur de chaquebande. Ainsi, une probabilité moyenne de défaut va être attribuée à chaque portefeuille.Cependant, cette probabilité est incertaine dans la mesure où le taux de défaut est considérécomme étant une variable aléatoire.Dans sa spécification la plus simple, CreditRisk+ suppose que le taux de défaut suit une loide poisson, la distribution de probabilité des défauts est alors de la forme : e -mmnP (n défauts) = n!Où m représente le nombre de prêts et n le nombre de défauts.En utilisant cette loi, on peut donc trouver les probabilités associées au nombre de défautsdans chaque bande. Cest-à-dire dans chaque portefeuille on calcul la probabilité quil y ait 0défaut, 1 défaut, 2 défauts, jusquà n défauts.Par la suite, la distribution des pertes sera calculée à lintérieur de chaque bande, et les pertesseront agrégées sur lensemble des bandes pour construire de cette manière la distribution despertes sur le portefeuille global.4.2 CréditMetrics de JP MorganLa méthode a été développée en 1997 par le groupe de recherche sur la gestion du risque de lafirme J.P. Morgan pour mesurer le risque de crédit et valoriser les portefeuilles dactifs nonnégociables tels que les prêts et obligations privées. Son objectif est de permettre auxétablissements de crédit dévaluer la valeur future de leur portefeuille et non pas seulementdestimer leurs pertes potentielles. En ce sens, il sagit dun modèle de transition et non pas dedéfaut.Méthodologie du modèle :Essentiellement concentré sur une évaluation des risques au niveau dun portefeuille, laprocédure ne propose pas de technique dévaluation des probabilités de défaut individuelles.En pratique, lévaluation des probabilités de transition se fait au niveau des classes de risque(rating) et non au niveau individuel, ce qui implique que toutes les firmes dune même classesont supposées porter le même risque.La mise en oeuvre de la méthode repose sur les étapes suivantes :1. Une note est attribué à chaque émetteur (ou émission) en fonction de sa solvabilitéprésumée. Cette notation peut être celle publiée par les agences spécialisées ou une notationinterne ;

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