"Ouvrir les données publiques : pourquoi, comment ?"

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Voir la présentation de l'atelier "Ouvrir les données publiques : pourquoi, comment ?" qui s'est tenue à Rennes lors Rencontres Nouvelles Technologies du 10 février 2010 : http://www.cap-com.org/content/ouvrir-les-donn%C3%A9es-publiques-pourquoi-comment-atelier

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"Ouvrir les données publiques : pourquoi, comment ?"

  1. 1. Compte-rendu d’atelier Ouvrir les données publiques : pourquoi ? Comment ? Xavier CROUAN, Claire GALLON, Benjamin OOGHE-TABANOU Cap’ Com - Rencontres Nouvelles Technologies – 11 février 2010 1- Claire GALLON « Notre objectif principal est que la ville de Nantes s’implique dans un programme d’ouverture des données publiques afin qu’elle soit accessible et réutilisable par tous. Pour faire de l’Open Data, les données doivent être accessibles via une plateforme unique dans un format exploitable. Un fichier pdf n’est par exemple pas réutilisable en tant que tel. L’objectif du gouvernement ouvert crée par Barack OBAMA est de remettre le citoyen au cœur de la cité. Il s’agit de transformer un système organisationnel, qui fonctionne en silo fermé, pour générer de la transparence. La transparence contribue au dialogue et à la participation. Prendre en compte les remontées d’informations des citoyens permet notamment de favoriser le dialogue. Une nouvelle organisation se met en place. Le citoyen n’est plus citoyen que le jour des élections, mais peut au quotidien participer à la vie de la société. Les collectivités possèdent tout un tas de données qu’elles ne peuvent pas valoriser parce que cela demande des dimensions techniques et technologiques et humaines qu’elles n’ont pas forcément. La libération des données est un gain de temps et d’efficacité : les cataloguer permet d’éliminer les doublons et de participer à l’amélioration des bases de données, de réduire les demandes de renseignements en rendant les informations disponibles. Les acteurs du territoire (citoyens, associations, entreprises) peuvent valoriser ces données. Ils se fédèrent autour de projets qui crée de nouveaux usages. Les applications qui en découlent son autant de nouveaux services pour les citoyens. » 2- Benjamin OOGHE-TABANOU « Je suis le confondateur du collectif Regards Citoyens qui existe depuis 1 an et demi. Nous sommes un groupe de citoyens bénévoles qui utilisent les données publiques pour créer de nouveaux usages. Nous voulons montrer ce que peut apporter l’ouverture des données pour la citoyenneté. Il y a un peu partout dans le monde des initiatives citoyennes, telle que datapublica ou nosdonneesfr, qui cherchent à faire leur propre plate-forme citoyenne pour pousser les administrations à suivre le pas. La création de nosdeputes.fr est parti du constat que le site de l’Assemblée Nationale a énormément d’information mais difficile à trouver. Il est difficile d’avoir une vision générale sur ce que font nos députés. Nosdeputes.fr permet de savoir de manière simple ce que fait chaque député. Vous pouvez chercher votre député en tapant votre code postal et obtenir toute une série de renseignements :
  2. 2. données relatives à ces informations, ces questions, ces rapports, son activité. Tout cela en effectuant des comparaisons, des statistiques, une analyse lexicale. Nous avons récupéré des données éparpillés qui sont extraites tous les quatre heures du site de l’Assemblée Nationale. Il est possible d’être prévenu par email ou par flux RSS de toutes les mises à jour sur un député. D’une manière générale, les données des institutions ne sont jamais facilement disponibles, dans des formats trop divers et de qualité variables. L’essentiel du temps est passé à récupérer ces données. Nous proposons aux citoyens des outils de crow sourcing qui permettent de participer à ce travail de collecte des données. Pour que les données puissent être réutilisées, celles-ci doivent être : - Complète mais non-interprété. - Première, c’est-à-dire disponibles de manière brute. Publiez des données pas des documents. - Fraiche, c’est-à-dire mise à jour régulièrement. - Accessible, que ce soit physiquement ou sur le web, dans un format compréhensible par les machines. - Non-discriminatoires. - Dans des formats ouverts. - Avec des licences claires, que les conditions soient clairement explicités. - Permanente - Gratuite ». 3- Xavier CROUAN Le démarrage de l’Open Data à Rennes « Lorsque l’on me demande en combien s’est construit le dispositif d’ouverture des données, je réponds que cela s’est fait en 48 heures. A partir d’une idée amenée par l’agence In-Cité et Keolis, nous avons élaboré le projet et obtenu l’accord du maire puis nous sommes allés présenter à la cantine numérique parisienne le lancement de cette opération. Nous sommes à Rennes sur un territoire d’innovation, composé d’acteurs innovants. C’était donc une étape que nous avons franchi assez facilement. Les élus nous ont fait confiance et ont largement accompagné cette démarche. Nous n’étions pas totalement prêts, ce qui ne nous a pas empêchés de nous lancer, de convaincre l’administration, y compris le service juridique. Si nous avions attendus d’être prêt à 100% nous n’y serions jamais arrivés. A Rennes, nous privilégions une logique design dans nos démarches d’innovation. Nous avons une intuition d’un service, d’un projet et nous développons une démarche bêta, quitte à y intégrer l’échec. Puis on améliore et on construit progressivement. C’est un changement de méthode qui permet d’aller plus loin, plus vite et d’améliorer son savoir-faire et son niveau de connaissances. C’est une méthode que l’on utilise de plus en plus et qui fait sens. Cette démarche d’ouverture des données publiques doit aussi s’appliquer dans la méthode. Nous avons donc construit une démarche multi-partenariale. Nous avons voulu associer le Secrétariat d’état au développement de l’économie numérique, la Caisse des Dépôts, le conseil régional de
  3. 3. Bretagne, Bretagne valorisation, l’Université de Haute Bretagne, la Cantine Numérique Rennaise, Rennes Atalante, Ouest-France, la Fing, Keolis, In-Cité. En tant que territoire pionnier, nous voulions être également un observatoire au niveau national. Nous avons construit le projet avec à l’esprit le fait de faire partager les forces, faiblesses, freins et potentialités de cette démarche. Nous mènerons une évaluation ouverte que nous partagerons avec tous ceux qui veulent se lancer dans cette dynamique. Nous voulons apporter à la réflexion publique au niveau national. Quelles données mettre à disposition ? Rennes Métropole et la Ville de Rennes ont mis à disposition des données publiques territoriales et non-nominatives. - de son réseau de transports collectifs (horaires de passages réparties entre temps réel et données statiques, état de fonctionnement du matériel, places disponibles en parking). L’information est diffusée soit en fichiers bruts soit via des API. Nous nous sommes engagés à une mise à jour permanente. L’ordonnance de 2005 définit comme données publiques l’émanation de l’institution mais aussi des délégataires de services publics. Les sociétés privées qui travaillent pour le compte de l’institution sont encadrés par cette ordonnance. C’est ainsi que les données transport gérés par Keolis pour le compte de rennes Métropole sont intégrés dans le dispositif. Mais Keolis a également accepté de mettre à disposition des données Le VéloStar dont elle est propriétaire. - des données géographiques (trottoirs surbaissés, surfaces protractiles). L’un des objectifs autour de l’ouverture des données est de rendre plus accessible le territoire et les services que le territoire délivre, en pensant particulièrement aux Personnes à Mobilité Réduite. - les informations pratiques du guide « Vivre à Rennes » qui récence 1500 organismes publics et associatifs locaux. Ce qui est ici intéressant est le croissement de données, leur mise en dynamique pour créer de nouveaux services. Maîtriser la diffusion de nos données L’histoire de l’ouverture des données publiques à Rennes a démarré avec un jeune lycéen de 16 ans qui avait développé une application Iphone payante à partir des données de LEvéloSTAR de Keolis. Jusqu’au jour où l’application a cessé de fonctionner car les données avaient changés. Nous ne savions alors rien de cette réutilisation. Ce sont les usagers qui sont venus nous faire savoir que nos données n’étaient plus à jour. Anticipons plutôt que subissons : un certains nombres de collectif s’organisent pour aller capter eux- mêmes les informations. Avec les outils numériques, on peut maintenant aspirer sans difficultés les
  4. 4. données des sites web. Il vaut mieux maîtriser le lien contractuel qui engage l’institution, qui pérennise à la fois la diffusion et la mise à jour de la donnée. L’avantage que nous avons est que ces données existent déjà en grande quantité, même si certaines ne sont pas opérationnelles. Le seul coût engendré par leur mise à disposition est celui du coût de stockage des données sur nos serveurs. Le concours comme accélérateur et orienteur Le concours est un accélérateur de la création mais aussi un orienteur vers des politiques publiques. Nous avons voulu que ce concours soit suffisamment doté pour être attractif. Six prix sont concernés : • Grand Prix du Jury (15 000 €) • Prix "Ouest-France" du public avec vote en ligne (7 000 €) • Prix "Région Bretagne" accessibilité (7 000 €) • Prix "Keolis" éco mobilité (7 000 €) • Prix "Caisse des dépôts" de la créativité et de l’innovation pour les entreprises (7 000 €) • Prix "Secrétariat au développement de l'économie numérique" de la créativité et de l’innovation pour les particuliers (7 000 €) Au total, plus d’une cinquantaine d’applications (Andoïd, Iphone) ou sites web viennent d’être déposés. En termes de retour sur investissement, cela aurait eu un coût bien supérieur si nous avions dû nous-mêmes développé ces applications. Au niveau qualitatif, nous avons développé une dynamique collective tant en interne qu’entres les acteurs créatifs. Nous avons accompagné la dynamique autour de ce concours car celle-ci ne s’auto-crée pas. J’ai présenté le concours devant des chefs d’entreprise, dans des écoles de commerce, auprès de développeurs. Nous avons activés des concours internes. Nous avons faits un certain nombre de Bar Camp à la cantine numérique rennaise et avons cherché à développer la compétence autour de cette initiative. L’un des premiers éléments de bilan est que des développeurs se sont mobilisés, mais pas en association avec des designers. Nous risquons d’avoir des applications qui peuvent être à améliorer sur le plan de l’ergonomie. Il nous faudra associer les écoles de designs et créer plus de liens entre des sphères qui ne se parlent pas. Nous devons renforcer cette transversalité. Nous avons lancé une campagne d’affichage grand public dans la ville. Et enfin, nous avons activé les réseaux numériques auprès de développeurs locaux et nationaux, ce qui en terme de résonance médiatique est très positif. Nous avons reçu le prix européen de l’e-démocratie, ce qui contribue également à notre résonance. Le faire-savoir s’est autoalimenté. Et après ?
  5. 5. Une des questions que l’on se pose est de savoir si l’amélioration de l’accès au service public en accroît l’usage. Au-delà de l’amélioration du service public en lui-même, son accès est un élément supplémentaire qui doit permettre la croissance des services publics. L’approche grand public se fera à travers l’application des usages. Nous allons essayer de développer ces usages. De la valeur d’usage naîtra la valeur économique. Cette dynamique va s’étendre à d’autres partenaires sur le territoire. Nous sommes actuellement en discussion avec Conseil Général et le Conseil Régional. La CAF nationale aimerait mener une expérimentation à Rennes autour de l’ouverture des données. Nous réfléchissons également avec La Poste. Nous voulons nous orienter vers l’ouverture d’un certains nombres de données issus des décisions politiques. Nous considérons que ce champ permettra de mieux expliquer les choix politiques. Nous livrerons ces données de manière brute tout en essayant d’accompagner cette démarche par une visualisation éditoriale de données qui peuvent être complexes ».

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