Ils ont
marqué
l’année
2015
Frédéric Conchy
(Exosun)
Daniel Harari
(Lectra)
Novateurs, audacieux et
confiants. Découvrez p...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco2 Publicité
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 3
Supplémentgratuitaujournaldu3décembre
Président-DirecteurGénéral:OlivierG...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.COMSudOuestéco4
Dossier
B
iensûr,lenouvelensembleAquitaine,
Poitou-CharentesetLimousindont...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.COM SudOuestéco 5
Les atouts de la grande région
mi les futures places stratégiques. PHOTO...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco6
I
lestplusqueprobablequeledossieraé-
roportuaire s’invite rapidement sur le...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 7
E
videmment c’est un plaidoyer. Les CCI
sontencoremajoritairementgestionn...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco8
A
vecBordeauxàdeuxheuresetcinqmi-
nutes de Paris mi-2017, la gare Saint-
Je...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 9
«A
l’époque,c’étaitunegageure ! »
FrédéricMasprésidelasociétéde
produitsc...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco10 Lesatoutsdelagranderégion
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 11
Q
uelques chiffres suffisent à évo-
quer le poids de Legrand dans
l’écon...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco12 Lesatoutsdelagranderégion
A
vec quelque 2,5 milliards d’euros de
fondsprop...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 13
L
’entrepriseDRTestnéedelarésinedepin.
Elletientd’ailleursàsonnom.Dérivé...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco14
S
necma,lemotoristedenombreuxAirbus
etBoeingmaisaussiduRafale,ainstallé
dé...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 15Publicité
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco16 Lesatoutsdelagranderégion
L
avilledeNiortestdiscrète.Elledomine
undépartem...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 17Publicité
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco18
L
adécisionesthautementsymbolique.
Ilyaquelquesmois,DassaultAviation
aanno...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 19Publicité
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco20
A
vecl’avènementdelagranderégion,
les équilibres viticoles ne devraient
pa...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 21
L
orsdelatempêteKlausdejanvier2009,
lesforestierslandaisontreçulerenfort...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco22
L
eschiffresparlentd’eux-mêmes.Biensûr,
la future grande région ne sera pa...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 23Publicité
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.COMSudOuestéco24
■■ La première étape du prix des Aquitains de l’année a consisté à sélect...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.COM SudOuestéco 25
réats de votre département
Gironde
C’est la neuvième édition desAquitai...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco26
Présidé par Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviatio...
JEUDI3DÉCEMBRE2015
WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 27
■■ Lorsdelapublicationdesrésultatsfinan-
ciersdu3e
trimestre2015,Lectraa...
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine

837 vues

Publié le

Supplément du Journal Sud Ouest "Tourisme, le nouvel Eldorado" publié en décembre 2015.
Il propose un Tour d’horizon des atouts économiques et touristiques de la future grande région Aquitaine - Poitou-Charentes - Limousin.


"Derrière les beaux discours affûtés sur la plus grande région agricole ou forestière, première ou seconde sur les drones, le pôle maintenance aéronautique renforcé ou le pôle image Angoulême- Bordeaux se profilent des évolutions territoriales lourdes ... la question des infrastructures va se poser dans de nouveaux termes. Routes nationales, liaisons ferroviaires est-ouest, infrastructures et aéroports vont vite se hisser en haut de la pile des dossiers prioritaires de cette nouvelle région... ".

Publié dans : Économie & finance
0 commentaire
1 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
837
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
2
Actions
Partages
0
Téléchargements
8
Commentaires
0
J’aime
1
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

L'Economie et le Tourisme dans la nouvelle Aquitaine

  1. 1. Ils ont marqué l’année 2015 Frédéric Conchy (Exosun) Daniel Harari (Lectra) Novateurs, audacieux et confiants. Découvrez pourquoi Daniel Harari et Frédéric Conchy sont les Aquitains de l’année 2015 Internet TousnosdossierssurleWeb Larégion,ledépartement, lesentreprisesettoutes lesinformationséconomiques sontsurwww.sudouest.fr Palmarès Classement Retrouvezlepalmarès des50premièresentreprises dudépartement avecPoueyInternational Dossier grande région Infrastructures,savoir-faire, leaders... Tourd’horizondesatoutséconomiques delafuturegranderégion Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin Tourisme, le nouvel Eldorado GIRONDE Lessupplémentsduquotidien
  2. 2. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco2 Publicité
  3. 3. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 3 Supplémentgratuitaujournaldu3décembre Président-DirecteurGénéral:OlivierGérolami Directeurgénéraldéléguéetdirecteurdelapublication: PatrickVenries Réalisation:Agencededéveloppement Directriceetrédactriceenchefadjointe: Marie-LuceRibot Chefderédaction:XavierSota Responsabledusecrétariatderédaction:CoralieMorin IllustrationdeUne:ArchivesThierryDavid Secrétariatderédaction:SophieLiskawetz Siègesocial: Journal« SudOuest » 23,QuaidesQueyries,33094BordeauxCedex Tél.0535313131 www.sudouest.fr RégieSud-Ouestpublicité: Tél.05 35 31 27 06 N°decommissionparitaire:0420C86477 Dossier régional : les atouts de la grande région Les contours du nouveau cadre régional.... 4-5 La Rochelle, le port de la future région......... 4-5 Vers la privatisation des aéroports ?.................... 6 Les effets économiques de l’aéroportuaire..... 7 Les retombées de la LGV Tours-Bordeaux....... 8 L’A89, un lien bénéfique................................................. 9 Les grands ports de la région................................. 10 Legrand à l’heure d’internet.................................... 11 La Maif vise l’économie numérique .................. 12 La trajectoire mondiale de DRT............................. 13 Baillardran, une marque territoriale .................. 13 Safran, le plus gros industriel................................. 14 Niort, puissance financière....................................... 16 Maintenance aéronautique .................................... 18 Vin et Cognac, deux univers différents............ 20 La première forêt de France.................................... 21 La bourse avec modération ..................................... 22 Les Aquitains de l’année Le Prix, mode d’emploi ...................................... 24-25 Le jury...................................................................................... 26 Les deux lauréats : Lectra et Exosun................ 27 Les six nominés : Aquitec/Aliénor Net, Falières Nutrition, Transports William A2B, Le Petit Basque, Baillardran et Belco Courtage........................................................................ 28-29 DossierTourisme, le nouvel Eldorado ITV Arino........................................................................ 30-31 L’hôtellerie bordelaise ................................................. 34 Bienvenue à « Accor land »...................................... 35 Le luxe la joue modeste.............................................. 36 Tourisme culinaire, un vecteur de croissance38 Le bal des grands chefs.............................................. 39 Congrès et expos : Bordeaux fait l’affaire40-41 Le tourisme d’affaires s’envole ........................... 42 Chambre avec table étoilée..................................... 43 Le phare viticole bordelais........................................ 44 « Le consommateur n’est plus passif »........... 45 Ils veulent comprendre la vigne.................. 46-47 Les « petits » malins du fleuve............................... 49 Le service aux navires en plein essor.............. 50 Pontons : qui va payer ?.............................................. 52 Les touristes « flottants » rapportent............... 53 Internet court-circuite les agences immo .... 54 Campings, la belle étoile............................................ 55 Un Bassin où l’eau vaut de l’or.............................. 56 Mettre les touristes au vert...................................... 58 L’e-tourisme leur fait pousser des ailes.... 60-61 Palmarès Tableau : Les 50 premières entreprises en chiffre d’affaires du département .......... 32 Comment lire les tableaux ? .................. 33 Trois questions à Bertrand Lacampagne, président du directoire de Pouey International ............................... 33 Les 50 premières dans l’industrie ...... 48 Les 50 premières dans les services .. 49 Les 50 premières dans l’export .............50 Les 50 premières dans le commerce ..... 54 Les 50 premières dans le BTP ....................... 57 Les 50 premières dans l’agroalimentaire ................................................ 62 SOMMAIREÉDITORIAL Élargissement du champ Il ne s’agira pas que d’une simple addition, de moyens, de lignes budgétaires inscrites ou du nombre de salariés des groupes (Fayat, Safran, Legrand…) travaillant dans les trois régions Aquitaine, Poitou-Charen- tes et Limousin. La création de la nouvelle entité régionale rassemblant ces trois for- cesobéitàd’autreslogiques,économiques etterritoriales.Etderrièrelesbeauxdiscours déjà affûtés sur la plus grande région agri- coleouforestière,lapremièreoulaseconde sur les drones, le pôle maintenance aéro- nautiquerenforcéoulepôleimageAngou- lême-Bordeaux, se profilent des évolutions territorialeslourdesquigagneraientàêtre davantage mises en lumière au cours de la campagne électorale. D’abordetavanttout,laprééminencede lamétropolebordelaise,trônantdésormais aucentred’unterritoiregrandcommel’Au- triche.ÀLaRochelleetàAngoulême,ons’en félicite.ÀPauouPérigueux,ons’inquièteda- vantage de ces nouvelles hiérarchies terri- toriales en gestation. La deuxième ligne de force est le poids grandissantdesdépartementsdel’intérieur, vaste zone rurale allant de la Charente à la Creuse, de la Haute-Vienne au Lot-et-Ga- ronne et qui n’auront pas d’autres alterna- tives que de s’unir pour éviter d’être sub- mergésparledynamismelittoralatlantique renforcé par le pôle rochelais. Commeàchaquefoisqu’ils’agitdecons- truireunnouveaucadre,laquestiondesin- frastructuresvaenfinseposerdansdenou- veaux termes. Routes nationales, liaisons ferroviairesest-ouestetaéroportsvontvite sehisserenhautdelapiledesdossiersprio- ritaires.C’estsurcesenjeuxque«SudOuest éco » tente de vous éclairer dans ce dossier annuel. JEAN-BERNARD GILLES Lesatoutsdelagranderégion
  4. 4. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.COMSudOuestéco4 Dossier B iensûr,lenouvelensembleAquitaine, Poitou-CharentesetLimousindontla fusion sera scellée le 1er janvier pro- chain, sera un poids lourd européen de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Avec sescoopérativespuissantes,sesindustriels de l’agroalimentaire de premier plan et sa forêt, où les feuillus du Limousin et les ré- sineux des Landes de Gascogne pourront sans doute nouer de futures alliances, la nouvelle Aquitaine aura les atouts pour être dans la course. Évidemment les renforts corréziens, ro- chefortais et les usines du groupe Safran, du département de la Vienne, donneront un poids supplémentaire à l’industrie aé- ronautiqueaquitaine,tiréeaunordparles succès du Rafale, au sud par les développe- ments de Turboméca et partout, en Lot-et- Garonne et Landes notamment, par la montée en puissance des cadences de pro- duction toulousaines des Airbus A320 et A350, dont la région est la sous-traitante. « Nouvelle hiérarchie urbaine » Mais il faudra aussi lire les enjeux écono- miques de la grande région avec d’autres paires de lunettes. «C’est une nouvelle hié- rarchie urbaine qui s’imposera de fait sur un territoire très vaste », explique Pierre Delfaud, universitaire bordelais et spécia- liste d’économie. Bordeaux dominera le nouvel ensemble et ne sera pas contesté avec son aire urbaine de plus d’un million d’habitants, de Lacanau à Biscarrosse. Au centre de ce futur territoire grand comme l’Autriche,elledisposera,commelaFrance des années 1960, d’agglomérations d’équi- libre:troisaunord,PoitiersetLimoges,vil- les universitaires et hospitalières ainsi que La Rochelle, l’ambitieuse, et deux au sud, Pauetl’agglomérationlittoralebasque,qui nemanquerontpasdesebagarrerdemain pour les financements régionaux. Et de vil- les d’environ 100 000 habitants, spéciali- sées comme Niort avec son pôle mutua- liste,oustructurantespourl’ensembledes territoiresrurauxqu’ellesfédèrentcomme Périgueux,Mont-de-MarsanouAngoulême. D’autres dossiers économiques et d’in- frastructures vont animer la future assem- blée régionale qui ne sera pas seulement tiraillée par les déséquilibres entre les ag- glomérationslittoralesetlesdépartements ruraux de l’intérieur. « On s’est beaucoup battu en Aquitaine pour relier Bordeaux et Pau, la deuxième agglomération de la ré- gion. Je vois mal comment on pourrait faire l’économie de liaisons plus rapides entre Bordeaux et Limoges », estime Pierre Delfaud. Il y a fort à parier que les leaders politiques et les chefs d’entreprise de la Haute-Vienne, plaident rapidement pour que la voie ferrée Bordeaux-Périgueux-Li- moges d’une part et la liaison routière An- goulême-Limoges (la fameuse Route Cen- tre Europe Atlantique jamais bouclée) d’autre part, soient lancées. Chaque terri- Limoges, Niort, Bordeaux, La Rochelle, seront par DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE Les poids économiques de Limoges, Niort et La Rochelle redistribuent les cartes territoriales de la grande région Changement de cadre LaRochelleadosséeàl’Aquitainedanslagrande région,cela ne vous pose pas de problème ? Cela nous va très bien. Nous avons des filiè- reséconomiquesfortesmaispasdecapitale régionale qui nous apporte ce que nous n’avons pas sur place. Nous vivions en Poi- tou-Charentesdansunterritoired’équilibre avecdesvillesdetaillessemblables.Nousau- ronsdemainunevraiecapitalerégionalequi nousapporterauneattractivitéutileànotre développement. Quelleprééminenceaccordez-vousàlamétro- pole bordelaise ? C’estlefruitdenotrehistoire.L’organisation politique suit notre organisation économi- queaufinal.Lessiègesdesgrandesbanques denotreterritoiresontdéjààBordeaux,que cela soit la Banque Populaire, la Caisse d’Épargne, le CIC Sud-Ouest ou les déléga- tionsSud-Ouestdesbanquesnationales,hor- misleCréditAgricolequivas’installerchez nous pour ce qui est de notre Caisse régio- nale. Elles irriguent tout le territoire. Les groupesnationauxoulesgrandesentrepri- sespubliquesontleurreprésentationGrand Sud-OuestàBordeaux.C’estlecasdelaSNCF par exemple. Ce regroupement est aussi le sens de notre histoire. La Rochelle est née d’Aliénor d’Aquitaine. On est, enfin, mieux reliéàBordeauxqu’àNantesentermesd’in- frastructures. Voussouhaitezuneplusgranderéactivitérégio- naledanslenouvelensemble.Necraignez-vous pas l’émergence d’un nouveau « grand ma- chin » administratif ? Cela ne m’angoisse pas du tout. La réactivi- té est une question d’hommes avant tout. Lesgrandesrégionsallemandessontréacti- ves et elles sont plus grosses que les nôtres. Ilfautsurtoutquelagranderégionsoitbien gérée.Avecungrandsensderesponsabilité des territoires. Nous devons structurer no- tre message territorial. Si, les uns après les autres, le maire de La Rochelle, celui de Ro- chefort,lesgensd’Aunisetdel’ÎledeRé,vont à Bordeaux pour porter leurs dossiers res- pectifs,onpeutêtresûrqu’iln’yaurapasde réactivitérégionale.Sinousyallonsavecun projetpartagésurnosprioritéstouristiques, d’infrastructures, d’enseignement supé- rieur,nousfaciliteronslaviedelagranderé- gion. Quellesgarantiesavez-vousquelesdossiersdu contrat de plan État-Région, signé à Poitiers, soient financés demain par Bordeaux ? Il n’y a pas d’amour mais des preuves d’amour. Nous tenons beaucoup au ferro- viaire et portons un gros dossier d’aména- gementdelagaredeLaRochelle.Ilaétéévo- quéavecleprésidentdelaSNCFenprésence dumairedeBordeauxetduprésidentactuel de la Région Aquitaine. Nous sommes déjà dans cette relation. Je souhaite que le futur présidentdelagranderégionportedemain ce dessein de pôle gare, nos projets agroali- mentairesoulepôleaéronautiquedeRoche- fort. VousvoulezfaireduportdeLaRochellelesiège des trois ports atlantiques de la future région. C’est une provocation ? Ilestdansunedynamiquedecroissance.Ce n’estpaslecasduportdeBordeaux.Comme le dit aujourd’hui le maire de Bordeaux, on avoulufaireungrandportmaritimeàBor- deaux en oubliant la route et le fer. Le port de La Rochelle est en eaux profondes. Il est legrandportdemarchandisesdelagrande région. Sa faiblesse est d’avoir un « hinter- land » (arrière-pays, NDLR) un peu faible. Bordeaux, qui a des réserves foncières, sera une partie de l’hinterland du port de La Ro- chelle.L’écartentreLaRochelleetBordeaux est plus important qu’il n’y paraît car l’acti- vité de la raffinerie pétrolière d’Ambès est un acquis. Notre dynamique est beaucoup plus forte. Nous souhaitons aujourd’hui mettrelepaquetsurletraficdesconteneurs. C’est un des axes forts de notre contrat de projet. RECUEILLI PAR JEAN-BERNARD GILLES « La Rochelle est le grand port de marchandises ENTRETIEN Le territoire rochelais prépare ses dossiers. Il sera un lobby de poids dans le nouveau paysage régional le 1er janvier. Son président, le chef d’entreprise Jean-François Fountaine, précise ses intentions
  5. 5. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.COM SudOuestéco 5 Les atouts de la grande région mi les futures places stratégiques. PHOTOS GUILLAUME BONNAUD, « SUD OUEST », QUENTIN SALINIER ET PASCAL COUILLAUD EN CHIFFRE 5,86 millionsLe nombre d’habitants de la future grande région qui rassemblera 3,335 millions d’Aquitains, 1,784 millions de Pictocharentais et 741 000 Limousins. Elle se classe en troisième position parmi les 13 futures grandes régions en termes démographiques, derrière l’Ile-de-France (12 millions d’habitants) et Rhône-Alpes-Auvergne (7,75). Elle contribuera à hauteur de 7,8%AUPIB NATIONAL, ce qui la classe au 3e rang des nouvelles régions derrière l’Ile-de-France (29,5 %) et Rhône-Alpes-Auvergne (11,5 %). La grande région s’étendra sur UNTERRI- TOIREDE84036KILOMÈTRESCARRÉS, soit un huitième du territoire national, ce qui en fait la plus vaste région française métropole et outre-mer confondus. Le budget cumulé des trois Conseils régionaux d’Aquitaine, de Poitou- Charentes et du Limousin est de 2,8 MILLIARDSD’EUROS. L’aire urbaine de Bordeaux est la plus peuplée avec 1180000HABITANTS, suivi des aires urbaines de Bayonne (284 000 habitants) et Limoges (283 000 habitants). Du nord charentais au sud basque, la grande région dispose de 800KILOMÈTRESDEFAÇADEMARITIME. Avec près de 3MILLIONSD’HECTARESDE SURFACESBOISÉES, les forêts représen- tent 34 % de l’occupation des sols contre 28 % en moyenne sur l’ensemble du ter- ritoire français. 11GRANDSPÔLESDECOMPÉTITIVITÉET 5 PÔLESUNIVERSITAIRES(Bordeaux, La Rochelle, Limoges, Pau et Poitiers) jalonnent la grande région. Turboméca, avec près de 6 000SALARIÉS, Maïsadour (5 700 salariés), Dassault Aviation (3 000 salariés), Legrand (3 000 salariés), la Caisse d’Épargne Aquitaine Poitou-Charentes (2 800 sala- riés) et la Maaf (2 200 employés sur Niort) figurent parmi les plus gros employeurs privés de la grande région. La grande région dispose du premier cheptel allaitant de France et ses éle- veurs détiennent 36%DEL’EFFECTIF NATIONALDECHÈVRES en Poitou- Charentes surtout. À SAVOIR SUR LA GRANDE RÉGION toires’arrimerasansdoutedavantageàson aéroportrégionalsurlesquelslagranderé- gion ne pourra plus faire l’impasse. Cette dernière dispose aussi d’atouts forts avec sonpôleimageàAngoulême,sonpôlecuir et luxe dans le centre du futur ensemble (Thiviers), son port rochelais, son pôle mu- tuelles de rang européen à Niort, son pôle chimiqueàLacqenBéarnetsonfuturquar- tierd’affairessurEuratlantiqueàBordeaux, dont aucun autre territoire ne pourra dis- puterlasuprématierégionale.Ilappartien- dra à la future équipe aux commandes du gros navire de fixer le cap en acceptant ce changement de cadre régional. JEAN-BERNARD GILLES « Le port de La Rochelle est dans une dynamique de croissance. Ce n’est pas le cas de celui de Bordeaux », plaide Jean-François Fountaine. PHOTO ARCHIVES PASCAL COUILLAUD de la nouvelle région »
  6. 6. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco6 I lestplusqueprobablequeledossieraé- roportuaire s’invite rapidement sur le haut de la pile des nombreux dossiers à réglerpourle(oula)futur(e)président(e)de lafuturegranderégionAquitaine-Poitou-Cha- rentes-Limousin.Lesperspectivesdeprivati- sationdesaéroportsdeNiceetdeLyonl’an- néeprochaine,aprèsceluideToulouse,passé souspavillonchinoisl’anpassé,témoignent du vent de libéralisation qui souffle sur ces plateformesd’infrastructuresessentiellesà laviedesterritoires. ThomasJuin,ledirecteurdel’aéroportde LaRochelle,estsurtoutleprésidentenexer- cicedel’Associationinternationaledesaéro- portsfrancophones.Ilpointelanécessitéab- soluederéalisercequepeuderégionsontsu faireàcejour:unschémarégionaldedéve- loppementaéroportuaire.Surlepapierledo- cumentneserapasdifficileàétablir.Oncon- naît assez bien les dix plateformes aéroportuairesdestroisrégions,leurmode degestion,lenombredepassagerstranspor- tés(lireci-contre). La question du financement de ces infra- structures va vite se poser. Avec pour corol- laire le niveau d’engagement de la future grande région pour soutenir tout ou partie decesaéroports.Poursimplifier,onpeutdire quetroisaéroportsdelagranderégionsont aujourd’huiau-dessusdes700000passagers annuels:Bordeaux,BiarritzetPau. Desdéficitsentre300 000et3millionsd’euros Ilssontrentables,trèsrentablemêmepour cequiestdeBordeaux-Mérignac,bénéficiai- respourBiarritzetpourPau,mêmesiceder- nierconnaîtdesdifficultésaujourd’huipour financersesinvestissements.Pourtouslesau- tres,dontletraficestinférieurà700 000 pas- sagersetpourlesquelsl’Unioneuropéenne, pourtanttoujourstrèsàchevalsurcesques- tions,autoriselessubventionsd’équilibre,les déficitssontlarègle.Entre300 000euroset 3millionsd’eurosselonlesplateformesetles années. Jusque-là,lescollectivitéslocalesactionnai- resetlesChambresdecommerceetd’indus- trie(CCI)territorialesbouclaientsouventles finsdemois.« Onnepeutpasnepassoutenir uneinfrastructurequijoueunrôleclédans ledéveloppementéconomiquedenotreter- ritoire»,ditsouventJean-AlainMariotti,lepré- sident de la CCI du Lot-et-Garonne. Mais les CCIontétésoumisesàunediètefinancièresé- vèredepuistroisansparBercy.Etnepeuvent plusassumer.CelledeLa Rochelle,quigérait directementl’aéroportdepuissadécentrali- sation, a jeté l’éponge. « Nous ne pouvions plussuivre»,confirmeRobertButel,leprési- dentdelaCCIlocale.ÀLimoges,ledéficitan- nuelestde3millionsd’eurosenviron.Etc’est laRégionquil’absorbe,jusqu’àlafindel’an- née. L’aéroport de Bergerac doit trouver lui aussidenouveauxactionnairespublics. Leproblèmequivaseposerestsimple.Au- jourd’hui,larégionAquitainen’amisqu’un petitdoigtdanslesaéroports.Ellevapeut-être, demainouaprès-demain,fairefaceàlapriva- tisationdel’aéroportdeBordeaux,probable- menten2017.Etintervenir,financièrement au moins, dans la modernisation des aéro- ports régionaux : « C’est impératif », estime mêmeJean-FrançoisFountaine,leprésident del’agglomérationdeLaRochelle.Maisilfau- drasansdoutefairedeschoixentrelesplate- formes.Leplusdifficileestàvenir. JEAN-BERNARD GILLES Bordeaux-Mérignac domine largement avec 5 millions de passagers annuels, contre 7 600 pour le plus petit, Périgueux. PHOTO ARCHIVES THIERRY DAVID AÉRIEN Ce sera l’un des premiers dossiers chauds pour la future équipe aux commandes Aéroports sans balises Lesatoutsdelagranderégion
  7. 7. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 7 E videmment c’est un plaidoyer. Les CCI sontencoremajoritairementgestionnai- resdesaéroportsrégionauxetprésentes aucapitaldessyndicatsmixtespropriétaires. Etellessontsoumises,delapartdel’État,àune pressionfinancièrecommejamaisdansl’his- toire récente des territoires. Il n’empêche. L’étuderécentequelaCCIAquitaineaproduite surl’impactéconomiquedesaéroportsrégio- nauxaquitainsadequoifaireréfléchir.Lespas- sagersdel’avionsontnettementmoinsnom- breuxqueceuxdestrainsduquotidienoude laroutemaisleurcontributionàlavieécono- miquedesterritoiresmériterad’êtrebienéva- luéeparlafutureéquipeauxcommandesde lagranderégion. Prèsde7millionsdepassagersonttransité parsixaéroportsrégionauxaquitainsen2014, ycomprisdoncceuxd’AgenlaGarenneetde Périgueux-Bassillacquiontdesobligationsde servicespublicsversParissurtout.Laclientèle internationaledanscetraficpassagercumu- léestenfortecroissancedepuiscinqans(plus 42%)aupointdereprésenteraujourd’huiplus de40%dutotalavec2,7millionsdepassagers. Ilfautbiensûryvoirlesuccèscroissantdes compagnieslowcostquiboostentletraficà BergeracetBordeauxquileuramêmeconsa- cré un terminal dédié récemment agrandi. Quin’apasencoreprisunvolEasyJetouVolo- teadepuisMérignac ? 9000emploisdirectementrattachés Àlasuited’uneenquêteréaliséeauprèsde1762 passagerset77entreprisesdesquatrepremiers aéroportsaquitains(Bordeaux,Pau,Biarritzet Bergerac),ilapparaîtquel’aériengénèrequel- que9 000 emploisindustrielsetdeservices répartisauseinde159établissements,ycom- prisdesusinescommeDassault,SabenaTech- nicsoulabaseaérienne 106.Cequiautorise lesauteursdel’étudeàavancerunimpactéco- nomiquedirect,trèslargementgrâceàlapla- teformegirondine,de709millionsd’euros. Lesdépensesdepersonnel,lafiscalitépro- duiteetlesdépensesdeconsommationetd’in- vestissementsontprisesencomptedansce chiffre.L’impactéconomiqueindirectestlui jugéencoresupérieur,del’ordrede972mil- lionsd’euros,quicorrespondentauxdépen- seseffectuéeshorsdesaéroports,danslacon- sommationdebiensetdeservices.Enouvrant encorelespectreàl’impactéconomiquein- duit,c’est-à-direaurôled’entraînementdeces plateformesaéroportuairesdansl’économie régionale,lesauteursdel’étudeaboutissent auchiffrede6milliardsd’euros.Onpeutdonc évaluer, prétend la CCI Aquitaine, à 7,7 mil- liardsd’euroslavaleuréconomiquegénérée parlessixaéroportsdelarégion. «Lorsque la future grande région mettra toutescesdonnéessurlatable,ons’apercevra vitequelesbesoinsdefinancement,soitpour lesinvestissements,soitpourlessubventions d’équilibredecertainesplateformes,nesont passiélevés »,estimeThomasJuin,directeur del’aéroportdeLaRochelle.Àtitredecompa- raison,lesTERcoûtentchaqueannée140 mil- lionsd’eurosaubudgetdelarégionAquitaine. Sansparlerdesinvestissementsdanslagrande vitesse. JEAN-BERNARD GILLES Les passagers de l’aéroport de Biarritz dépensent 123 millions d’euros chaque année sur le territoire. PHOTO ARCHIVES BERTRAND LAPÈGUE ANALYSE Les CCI d’Aquitaine ont mesuré les effets économiques des aéroports régionaux L’impact aéroportuaire Lesatoutsdelagranderégion
  8. 8. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco8 A vecBordeauxàdeuxheuresetcinqmi- nutes de Paris mi-2017, la gare Saint- Jean va changer de dimension. À l’ho- rizon2020,elledevraitaccueillir18millions depassagers,contre11 millionsaujourd’hui. Mais ne nous méprenons pas, « la LGV ne crée pas de dynamisme économique, sans opérationsd’aménagementduterritoireen parallèle », rappelle Pierre Delfaud, profes- seur émérite d’économie de l’Université de Bordeaux.C’estpourquoiaétélancélepro- grammeEuratlantique,quivatransformer pasmoinsde738hectaressurBordeaux,Bè- glesetFloiracd’ici2030.Leschiffresdonnent letournis :480000 m²debureaux,dontun quartierd’affairesde300000m²autourde la gare. Mais aussi 15 000 logements, 150 000 m² de locaux d’activité, 50 000 m² de commerces, 140 000 m² d’espaces pu- blics...Autotal,5milliardsd’eurosd’argent public et privé vont être investis. Objectif : attirer des entreprises innovantes et 250 000nouveauxhabitantsenquinzeans danslamétropole. Lenumériquebordelaisattire Pour l’heure, les premiers indicateurs sont encourageants. La demande est là. Sur les 100 000m²debureauxquiserontlivrésprès de la gare avant fin 2017, plus de la moitié a déjàétéattribuée.Maisils’agitenbonnepar- tiedesociétésdéjàinstalléessurleterritoire, comme la Caisse d’Épargne Aquitaine- Poi- tou-Charentes, qui déplace son siège social deMériadeckverslesquaisdePaludate.Des choixquiconsolidentetrenforcentlespuis- santes filières tertiaires de Bordeaux, à l’imagedusecteurbancaireoudupôlesan- té,quivasecréeraucœurd’Euratlantique. Ceci étant, « phénomène nouveau, deux entreprises américaines, une coréenne et une britannique sont venues récemment nousvoirdansl’idéed’installerleursiègeeu- ropéen dans la cité numérique à Bègles », dévoile Stéphane de Faÿ, directeur général de l’établissement public d’aménagement Bordeaux-Euratlantique. Les raisons sont connues.Bordeauxjouitd’uneimagedeville oùilfaitbonvivre.Maissurtout,lafilièrenu- mérique bordelaise, auréolée de son label FrenchTech,estenpleinessor.Stéphanede Faÿestconvaincuque«Bordeauxpeutdeve- nir la première ville en Europe pour créer son entreprise », en particulier dans ce sec- teur d’activité, qui emploie déjà près de 25 000personnesdansl’agglomération. Angoulême,lerenouveau C’estl’autregrandegagnantedel’arrivéede laLGV,quilaplaceàtrente-cinqminutesde Bordeauxetuneheurequarante-cinqdePa- ris.Denombreusesréunionspourpréparer la grande région se déroulent déjà au- jourd’hui à Angoulême. « Cette ancienne villeindustriellenepouvaitretrouverunse- cond souffle que par de l’activité tertiaire. C’est ce que vont insuffler les opérations d’aménagement autour de la gare, jusque- làconsidéréecommeunezonerepoussoir », analyse Pierre Delfaud. Première pierre de cerenouveauurbain,l’îlotRenaudin,unes- pacede6 500m²dédiéauxactivitéstertiai- res,quidevraitêtrelivrédébut2018prèsde la gare et de la médiathèque. Il va notam- ment accueillir un « Business center », qui regroupera de l’immobilier d’entreprises modulable, pépinière et espace de cowor- king. Pourséduire,lavillemisesurdesprix dufoncierdeuxàtroisfoismoinsélevésqu’à Bordeaux. « Jusque-là, nous n’avions pas as- sez de start-up sur le territoire », déplore Jean-François Dauré, le président du Grand Angoulême. Pour y remédier, « nous allons créer un fonds d’investissement de crois- sance, doté de plus de 2 millions d’euros et un fonds d’amorçage pour inciter les étu- diantsàselancerdansl’aventure». Deuxièmepierreàl’édifice,l’îlotDidelon, prèsdelaplaceSaint-Jacques,oùvontpous- ser sur 13 000 m² des logements à louer ou àacheterenaccessionàlapropriété. Lesconditionspourréussir Mais pour que les bénéfices de la LGV irri- guentleterritoire,«ilfaudraunbonréseau enétoiledeTERverslagareSaint-Jeanetcelle d’Angoulême, et de bonnes articulations multimodales »,insisteClaudeLacour, pro- fesseur émérite d’économie de l’Université deBordeaux,quiamenéuneétudesurlesu- jetpourlecomptedeLisea,filialedeVinciet sociétéconcessionnairedelaligne.Autrein- certitude :quelseraleprixdubillet ?Lepar- tenariat public-privé, noué pour financer cette LGV, a pour conséquence des péages auxtarifsélevés.EtlaSNCF,quilimitelesdes- sertes,n’estpasprêteà« sacrifier »sarenta- bilité. Parailleurs,lesprixdel’immobiliervont- ilsflamberprèsdecesgares?Yaura-t-ilune arrivée massive des Parisiens sur les bords deGirondedanslesdixprochainesannées, quipourraientrendrelavilledeplusenplus inaccessibleauxBordelais?Enréalité,«tout sejoueradanslesdeuxprochainesannées», estimeClaudeLacour. NICOLAS CÉSAR Le chantier de raccordement de la LGV à la gare d’Angoulême suit son cours. La préfecture de la Charente sera à trente-cinq minutes de Bordeaux et à une heure quarante-cinq de Paris. De quoi dynamiser son secteur tertiaire. PHOTO ARCHIVES GUILLAUME BONNAUD/« SUD OUEST » TRANSPORTS Cette nouvelle ligne profitera au secteur tertiaire à Bordeaux, mais aussi à Angoulême LGV Tours-Bordeaux : quelles retombées ? LE CHIFFRE 715millions d’euros. Ce sont les retombées du chantier de la LGV Tours-Bordeaux pour les entreprises situées dans les six départements traversés par la ligne. « [Pour que les bénéfices de la LGV irriguent le territoire], il faudra un bon réseau en étoile de TER vers la gare Saint-Jean et celle d’Angoulême » Lesatoutsdelagranderégion
  9. 9. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 9 «A l’époque,c’étaitunegageure ! » FrédéricMasprésidelasociétéde produitscosmétiquesSothysbasée àBrive. Elleaétéfondéeen1966parsonpère, Bernard,aprèslerachatd’uneparfumeriepa- risienne.Dèsledébut,BernardMasafaitlepari del’exportationquireprésenteaujourd’hui 65 %duchiffred’affaires.Àl’époque,Parisétait àseptheuresderoute,Bordeauxàplusdetrois heures.«Laconstructiondel’A20etdel’A89a facilitéleschoses»,seféliciteFrédéricMas. Sothyspossèdeaujourd’huideuxentrepôts. L’unestàSingapouretl’autre,leprincipal,est àUssac,aunorddeBrive,àlajonctiondel’A89 avecl’A20.«Lestransporteursn’ontpasbesoin derouleruneheuresurunerocade,legainde tempsesttrèsprécieux »,souligneFrédéric Mas.Danslemêmesecteurd’activité,l’A89a permisàlachaînedemagasinsBeautySuc- cessderegroupersesquatreplates-formesen Dordogne. «Unpoumond’air » Lesentreprisesdetransportetdelogistique ontétélespremièresàprofiterdel’autoroute. ÀUssac,SothyscôtoieNorbertDentressangle, lestransportsfrigorifiquesTRM,Géodis-Ber- nis,LaPoste… Dès2007,l’observatoiresocio- économiquedel’A89relevaitdes«concentra- tions » d’entreprises de transport à Brive, PérigueuxetLibourne. Beaucoupdecesentreprisessesontinstal- léesenprévisionmêmedel’ouverturedel’au- toroute. À l’exempledeCasinoqui,dès2007, s’estdotéd’unentrepôtde20 000m²auLar- din-Saint-LazareenDordogne.Ilestriverain de la Société Vézérienne de logistique qui stocke et transporte le papier de l’usine de Condat.Àdéfautd’attirerquantitédenouvel- lesentreprises,l’A89aintéresséletissuécono- miqueexistant.Enfévrier2015,Périgueuxaac- cueillilesdeuxièmesRencontresd’affairesde l’A89 ;pour90 %desacteurséconomiques, l’autorouteaeudes«effetsbénéfiques ».« Elle nousaapportéunpoumond’air »,résume SylvainBoucher,dirigeantdeLaChanteracoise (unebiscotterieartisanalequilivredesbou- langers,desépiceriesfines,desmagasinsbio), installéeàSaint-Germain-du-Salembre(Dor- dogne),à5kmdel’A89. Cetteproximitéfaciliteleslivraisonsdela PME versBordeauxetLyon. Lesgrandsprojetséconomiquesdesvilles desserviess’appuientaussisurcetaxe.Unsyn- dicatmixted’aménagementaouvertlazone d’activitédeLaMontaneaunorddeTulle.Elle estentréeenserviceavantladesserteparl’A89. L’usinecorréziennedel’équipementierauto- mobileBorgWarner(500salariés)s’estdépla- céesurcettezone«plutôtquedesedélocali- ser à l’étranger ». À l’ouest de Brive, la pépinièreNovapôle,spécialiséedansl’agroa- limentaire,aaccueilli21 entreprisesdepuis sonouvertureen2007. Dans le même esprit d’anticipation, Cré@vallée,prèsdePérigueux,avulejourdès lafindesannées1990. Lesite(53hectaresac- tuellement)disposerabientôtde85 hectares avecdesentreprisesdesecteursdivers :Vol- vo,coopérativeLaPérigourdine,supermar- ché,hôtellerie-restauration,PMEdeservices. Del’avisdesCCIriveraines,l’autorouteaper- mis«d’accroîtrelepotentieléconomiquedes régionsqu’elletraverse ».Maislamargededé- veloppementresteencoregrande. Etlesen- trepreneursdeDordogneplaidenttoujours pouruneaméliorationdeladessertenord- sudaucœurdelagranderégion,entreAngou- lêmeetSarlat.EntreLimoges,AgenetlesPyré- nées sur une nationale 21 en quête d’amélioration depuis deux décennies. Commepourl’A89,ilfaudradelapatience. MICHEL MONTEIL Une zone de logistique et d’activités s’est développée près de Brive au croisement de l’A89 et de l’A20. PHOTO F. LHERPINIERE/« LA MONTAGNE » BORDEAUX-LYON L’autoroute A89 a facilité les transports et généré de nouvelles zones d’activités L’A89, un lien à renforcer Raccordée à la voie rapide Bordeaux-Li- bourne, l’A89 déroule un ruban de 505 kilo- mètresjusqu’auxportesdeLyon.Décidéepar unComitéinterministérield’aménagement duterritoire(CIAT)enavril1987,elleaétéins- criteauschémadirecteurroutierl’annéesui- vanteetconcédéeauxAutoroutesduSudde laFrance(ASF,aujourd’huiVinciAutoroutes) en1992. Cettevoietransversaleirrigantl’Aquitaine, le Limousin et l’Auvergne, « l’autoroute des présidents » (Giscard-d’Estaing, Chirac, Hol- lande),amisplusdetrenteansàseconcréti- ser. Le premier tronçon a été inauguré le 3 mars2000parJacquesChirac,ledernierle 7 février2015parFrançoisHollande.Biensûr, cesdeuxtronçonssesituentenCorrèze. ASFainvesti plusde6milliardsd’euros.Le relief du Périgord et du Massif central a im- posé ses contraintes : 37 viaducs, 500 ponts au fil des 167 communes traversées (dont 12 en Gironde, 34 en Dordogne et 33 en Cor- rèze)etdesserviespar29échangeurs. Faiblefréquentation Tronçonaprèstronçon,augrédesimpératifs techniquesetdelapressiond’associationsde riverains, l’A89 a progressivement fait avan- cerses2x2voies.Surleseulplanautoroutier, elle se trouve désormais en connexion avec l’A10(Paris-Bordeaux),l’A20(Paris-Toulouse), l’A71(Orléans-Clermont-Ferrand)et,peut-être en2018,l’A6(Paris-Méditerranée).Ilmanque eneffetunultimetronçondemoinsde20ki- lomètresàl’ouestdeLyon. Lesespoirssuscitésparcettevoietransver- sale demeurent les mêmes qu’en 1987 : dés- enclaverleLimousinetl’Auvergne,favoriser le tourisme, offrir une alternative à la route Centre-Europe Atlantique, passant par le nord du Limousin et de Poitou-Charentes, gratuite mais saturée et accidentogène par endroits. L’A89 permet le trajet Lyon-Bor- deauxencinqheuresetquinzeminutes.Ilen coûte 48,80 € pour une voiture et 154,90 € pourunpoidslourd. Sil’A89aeudeseffetsbénéfiquessurl’éco- nomie locale, elle reste faiblement fréquen- tée. Le parcours entre Bordeaux et Brive via Périgueuxesteffectuéquotidiennementpar 11 500 voitures et camions (2014), en hausse de2,3 %parrapportà2013.Àtitredecompa- raison, la même année, Vinci Autoroutes a transportéchaquejour30 300véhiculessur l’A62entreBordeauxetToulouse.Maisl’A65 Langon-Pauplafonneà5 200véhicules. M. M. L’échangeur de Saint-Laurent-sur-Manoire près de Périgueux. PHOTO ARCHIVES J.-C. S. HISTOIRE VGE, Chirac et Hollande ont soutenu ce projet lancé en 1992 et presque achevé Lesatoutsdelagranderégion C’est « l’autoroute des présidents »
  10. 10. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco10 Lesatoutsdelagranderégion
  11. 11. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 11 Q uelques chiffres suffisent à évo- quer le poids de Legrand dans l’économie du pays. L’entreprise d’électricité née il y a cent cinquante ans à Limoges,oùellepossèdetoujourssonsiège mondial,aréalisél’anpasséunchiffred’af- faires de 4,5 milliards d’euros dont la moi- tiéenEuropeetàpeine20 %enFrance.Elle emploie sur les trois continents majeurs 36 000 salariés dont encore 2 500 en Li- mousin (190 à La Rochelle, 120 à Pau), en productioncommedanssesbureauxd’étu- desetlaboratoires.Legrand,sociétéduCac 40, évolue sur trois marchés principaux : l’industrie, le bâtiment et le tertiaire. L’enjeu des objets connectés Sesquelque215 000référencesdeproduits sont dans le top 3 des pays où la société ex- porte la moitié de sa production. La crois- sance de l’entreprise depuis trente ans est impressionnante. Pour moitié, elle s’est faite par croissance externe : « En Russie, nous n’existions pas il y a quinze ans et nous avons racheté au bout de quelques annéesquelquesentreprisesquidiffusent désormaisnosproduits »,expliquePatrice Soudan, directeur adjoint et directeur des opérationsdugroupe.L’entrepriseestain- si devenue le numéro 7 sur ce grand mar- ché.Legrandarachetétroissociétéstotali- sant 130 millions d’euros de chiffre d’affaires depuis le début de l’année : IME, spécialisteitaliendelamesuredesparamè- tresdel’installationélectrique,Raritan,lea- der américain dans les unités de distribu- tion intelligentes et Valrack, acteur indien spécialisédansleséquipementspourdata centers. Elles sont plus que nécessaire. Car les dernières prévisions présentées par le groupe au creux de l’été laissent apparaî- treunefaibleperspectivedecroissanceor- ganique, voire même négative. Si le mar- ché nord-américain reste tonique, la croissance a été modeste au premier se- mestre en Europe et même négative en Asie, notamment en Chine. L’internet des objets est le nouvel enjeu. Ilpourraitébranlerlesfondementsdel’en- treprise française dont les appareils ou les armoiresélectriques,lescâbles,leséclaira- ges,lesprisesoulescompteursontpeuou prou irrigué les bâtiments de plus de 80 pays.« Nousdevonsclairementbienné- gociercevirage »,expliquePatriceSoudan. Avec plus de 50 milliards d’objets connec- tés dans le monde annoncés d’ici à 2020, les positions se prennent maintenant. Le numérique investit les bâtiments, l’éner- gie, les transports, la santé. Et la concur- rence s’annonce puissante du côté des fa- bricants d’objets d’une part, qui y voient une possibilité de nouvelles marges et des spécialistesdeladata(desmessagestrans- mis) aux aguets sur tout. Legrandn’estpasrestélesbrascroisés.Il a lancé cette année le programme Eliot, une nouvelle référence dédiée à l’internet desobjetsqu’ilvadevoirimposerpourgar- der son rang. Plus de 200 millions d’euros sont investis dans ce programme pour le- quel la mobilisation générale a été décla- rée par le PDG du groupe, Gilles Schnepp. Avec ses centres de recherche, le niveau de ses fonds propres et sa culture de l’innova- tion, les atouts de Legrand sont sérieux. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance. JEAN-BERNARD GILLES Gilles Schnepp, le PDG de Legrand, mise sur la culture de recherche et d’innovation du groupe pour aborder l’avenir. PHOTO JACQUES DEMARTHON LIMOGES Le groupe français d’électricité de taille mondiale doit négocier le virage de l’internet des objets Legrand en prise mondiale Lesatoutsdelagranderégion Lors d’un tournage au studio d’animation solidanim à l’Isle d’Espagnac. ARCHIVES CÉLINE LEVAIN L’année2016seracelledetouslesdévelop- pementspourSolidAnim,lajeunesociété, mi-francilienne mi-charentaise, installée surlePôleImaged’Angoulêmedepuisdeux ans. Elle prévoit d’y accroître son activité decapturedemouvementspourlecinéma et la télévision, ce qui pourrait se traduire parlacréationd’emploissurplaceen2016. LestroisassociésfondateursdecettePME dehautetechnologiesontIsaacPartouche, Emmanuel Linot et Jean-François Szlapka. Ils ont mis au point à Paris une nouvelle technologie,lesystèmeSolidTrack.Ils’agit d’intégrerentempsréel,dansl’œildelaca- méra, les effets spéciaux issus d’images de synthèse. «Jusqu’àcetteinnovationlesréalisateurs tournaientlesimagesdeleurfilmpuisyin- troduisaient, en studio, les images virtuel- les»,expliqueEmmanuelLinot.Leprocédé a vite gagné en notoriété au point de con- vaincre James Cameron de l’acheter pour l’utiliser lors du tournage du prochain « Avatar ». Rêver plus haut Unautreréalisateur,RobertZemeckis,alui aussichoisi,SolidTrackpoursontournage de « The Walk : Rêver plus haut ». Mais le ci- néma n’est pas la seule cible de cette PME quiadéjàparticipéà«HarryPotter»ouau jeu vidéo « The Crew ». SolidAnim emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes, dontdixàAngoulême,pourunchiffred’af- fairesd’1,5 milliond’eurosenvironen2015 après quatre années d’existence. «Noussommesdeplusenplussollicités par des producteurs de télévision », indi- que Emmanuel Linot. Un contrat récent a étésignéaveclasociétédeproductiond’Ar- thur. Un autre avec la société canadienne Ross Video, un gros du secteur, lui ouvre d’oresetdéjàdenombreuxmarchésinter- nationaux. Cequiintéressecesproducteursestlaca- pacité de l’entreprise à proposer des solu- tionscomplètesd’imagesdesynthèse,dès letournage.SolidAnimaaussicrééuneso- ciété filiale, Iteca, spécialisée dans la cap- ture d’image des acteurs pendant les tour- nages de longs métrages. Le créneau semble porteur. L’entreprise prévoit de re- cruterunequarantainedecollaborateurs. « Nous serons 50 à Angoulême fin 2016 », annonce Emmanuel Linot. J.-B. G. ANGOULÊME La société d’effets spéciaux va créer des emplois l’an prochain et lorgne sur les marchés industriels de la grande région SolidAnim confortera le Pôle Image en 2016
  12. 12. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco12 Lesatoutsdelagranderégion A vec quelque 2,5 milliards d’euros de fondspropresetaucunedette,laMaifa lesmoyensdesesambitions.Sessuccès remontent à l’entre-deux-guerres. Edmond Proustfutlepremieràcréer,àLaRoche-sur-Yon unemutuellepourlesenseignants.Ilétaitins- tituteurets’installeàNiortoù,danslesannées 1960,lerejoignentcellesquideviendrontles autresmajorsdelamutualitéfrançaise.Jusque danslesannées1990,toutinstituteursortide l’ÉcoleNormaledevenait,enprenantsesfonc- tions,adhérentMaif ainsiqu’àlaMGENpour lacouverturesanté.Croissancegarantie ! En1987,laMaifouvresesprestationsauxen- fantsdessociétairesainsiqu’àtoutautrenou- veladhérentpourpeuqu’ilsoitprésentépar deuxparrains,uneobligationquitombeen 2000,annéedespremièrespublicitéstélévi- sées,quiinsistentsurlarelationdeconfiance. LaMaifyconsacreaujourd’hui15millionsd’eu- rosparan.C’estainsiqu’elleestdevenuele5e as- sureurfrançaispourl’automobileetleloge- ment. «Nousappartenonsànos3,6millionsdeso- ciétaires,cequinousobligeàunerelationde confianceetnouspermetderéaffecterl’ensem- bledenosrésultatsaudéveloppementdel’en- treprise »,expliquePascalDemurger,directeur général.Depuisonzeans,TNSSofresréaliseun palmarèsindépendantsurcesujetquiplace lamutuelleniortaiseàchaquefoisentêtedans sacatégorieetdansletop 3françaistoussec- teursd’activitésconfondus. Maiscettedouceassurancen’estpaséter- nelle.Laconcurrenceestrude.Etl’espritmu- tualisten’occultepaslesimpératifsderentabi- lité.Commed’autres,laMaifadûrestructurer son organisation en France où elle emploie 7000personnes.«Nousavionsunréseautrès émietté,héritédel’histoiremaispastoujours adapté », se souvient Pascal Demurger. Cet énarquede50ans,venudeBercy,estarrivéà Niorten2003.D’abordpours’occuperdecette réorganisationquiacréédestensions.Ilbrise un tabou. Les salariés, bien que bénéficiant d’un contrat de droit privé, étaient traités commedesfonctionnaires,notammentcon- cernantlesévolutionsdesalaires.Unerévolu- tionindiciaireaujourd’huiapaisée.Deuxième étage de la réforme : le réseau. Des dizaines d’agencesfermentenFranceàlafindesannées 2000, les centres de traitement de sinistres sontregroupéspourplusd’efficacité.Autotal, plusde1000salariésontdûdéménager. «Tsunami »numérique Maisleprincipaldéfiestàvenir:larévolution digitale.Denouveauxacteursvenusduwebse préparent.Ilspourrontsansdouteunjourpro- poserdesassurancesindividuellesàbonprix. Lestarifspeuventeneffetêtrebaspourlesass- surésquineconnaissentpasdesinistres...Et nuldoutequ’ilsserontlacibleprivilégiéedes nouveauxentrants.Lavoitureconnectéegénè- rerademaindesmilliersd’informationssur notrefaçondeconduire.Lesconstructeursau- tomobilesàlarecherchedenouveauxservices financiersàplusfortevaleurajoutéeserontca- pablesdeproposerdesassurancesindividua- liséesauxconducteurs.Unevraiemenaceàla- quellelaMaif entendfaireface.Elleadécidé, au mois de juillet dernier, la création d’un fonds d’intervention numérique doté de 125millionsd’euros.Ellerachètedéjàdesstart- upquiluipermettrontdenégociercevirage commecettejeunepoussetoulousainequia imaginéunsystèmedepaiementdescotisa- tionsentrelesparticuliersetleurassociation, unautresegmentoùlaMaifestprésente.D’au- tressuivront.«C’estuntsunamiquiseprépare danslemondedel’assurance »,estimePascal Demurger. JEAN-BERNARD GILLES L’imposant siège social de la Maif à Niort, où travaillent 2 245 personnes. PHOTO MAIF MUTUELLE La Maif vient de créer un fonds pour investir dans l’économie numérique La tranquille assurance
  13. 13. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 13 L ’entrepriseDRTestnéedelarésinedepin. Elletientd’ailleursàsonnom.DérivésRé- siniquesetTerpéniques.Difficiledefaire pireentermesdecommunication.Maistouty est.L’entreprisedacquoise,propriétédefamilles desylviculteurslandais,extrait,depuis1932,de larésinedespinsdelacolophaneetdel’essence detérébenthinequ’ellevalorise.Pourlavendre àdesindustriesd’adhésifs,d’encresd’imprime- rieoudesfabricantsdebitume.Elleextraitaus- sidesterpènes,issusdelaproductiondecer- tains papiers comme le kraft. Ils trouvent preneur dans l’industrie du parfum. On re- trouveautotal,sanslesavoir,lesproduitsDRT dansquelque250produitsd’unevingtainede secteursindustrielsoùl’entreprisedacquoise proposeunealternativefiableauxdérivésdes produitspétroliers.Delachimievertepureet dure! 700salariésdanslesLandes LeslaboratoiresdeDRTàCastetsdanslesLan- des,oùtravaillentquelque50chercheurs,trou- ventencoreettoujoursdenouvellesessences naturellesissuesdupinmaisaussidesfeuilles d’olivier,dontlesdébouchésdansl’industriede lasanté,del’alimentationetdumédicament sontd’oresetdéjàtrèsprometteurs.Ilsmettent aupointdenouvellesmoléculesdontilsamé- liorentsanscesselerendementpourresterau top.L’industriedumondeentierconnaîtlespro- duitsDRTquiestuneentreprisemondialede 1200salariésdont700danslesLandes.Elleréa- lise80%desonchiffred’affairesàl’exportation, soitautotal350millionsd’euros.C’était140mil- lionsd’eurosilyadixans. Rapidementdanslesannées1970,DRTadû allerchercherloindesesbaseslesessencesna- turellesqu’ellenepouvaitplusexploiteràdo- micile.EllepossèdequatreusinesenFrance, troisenIndeetuneenChine,indispensables pourvoyeusesd’unematièrepremièrenaturelle quin’existepasenFranceouquenotrepaysne peut plus exploiter à des prix suffisamment compétitifssurleplanmondial.Laproduction derésinedepinsacessédanslesLandesdans lesannées1960. NouvelleusineauxÉtats-Unis Cettedélocalisationd’outilsdeproductiona jouéunrôled’accélérateurdanssacroissance. Lescoûtsdeproductionquiontgrimpérécem- mentenChineetenIndedemeurentinférieurs d’aumoins30%.Cesdernièressemaines,l’en- trepriseadécidéd’investirdansunenouvelle usinedansleSud-EstdesÉtats-Unis,nonloinde l’industrie papetière. Un engagement d’au moins 40 millions d’euros. « Nous avons de nombreuxclientsoutre-Atlantiqueetmêmesi nousprofitonsaujourd’huid’unbontauxde changeeuros-dollars,ilfautquenoussoyons protégésdemaindesaléasmonétaires»,expli- queLaurentLabatut,lePDGdeDRT.Elleypro- duiraducolophanedeTaloil,uneessenceissue del’industriepapetière.L’usinedeVielle-Saint- Gironsquiledistillepourlegroupeaujourd’hui necesserapassonactivitémaisseraapprovi- sionnéeparlespapeteriesscandinaves.«Nous devonssanscesseinvestirpourresterdansla coursemondialesurlelongterme»,explique LaurentLabatut,aussimodesteetdiscretque sonentrepriseestconquérante. L’entrepriseaenfinparticipéauplandesau- vetagedugroupeGascogneenyinjectant5mil- lionsd’euros.Elleluiachètedepuisdeslustres desécorcesdepin.«Noussommescousinset Landais »,défendLaurentLabatutquireconnaît uneprisederisque.«Maisilauraitétéplusgrave pournotreterritoirequeGascognes’effondre», conclut-il,confiantdansleredressementenga- géparsonPDG,DominiqueCoutière. JEAN-BERNARD GILLES RÉSINE DE PIN Ses actionnaires sont des sylviculteurs. DRT est un industriel de la chimie verte, depuis longtemps La trajectoire mondiale de DRT la Dacquoise 120salariés,17pointsdeventeet8millionsd’eu- rosdechiffred’affaires.RaymondBaillardran, pâtissierrueJudaïque,seraitfierdelatrajectoire donnéeenvingt-cinqansparsonfilsPhilippe etsonépouseAngèle.Iln’apasvraimentinven- télecanelédeBordeaux,ungâteauderien(fa- rine,œuf,lait,sucre,vanille,rhum)dontlalé- gende,encoremystérieuse,remonteauXVIe siècle. Detrèsnombreuxpâtissiersbordelaisenpro- posentdepuisdeslustrescedélicieuxgâteau quiseconsommefrais,depréférencedansles vingt-quatreheuresquisuiventsafabrication. Maisalorsqu’ilétaitperduaumilieudesautres viennoiseries,lecoupleenafaitunproduitstar, unemarquedotéed’uncodecouleuretd’un packagingoriginal.LecanelédeBordeaux,pour lesdizainesdemilliersdetouristesquidécou- vrent désormais la ville chaque année, c’est Baillardran, même s’il n’est plus le seul au- jourd’hui.Lesrecettesdusuccèsdelamarque sonttriples.D’abord,laproductiondemeure artisanaleendépitdes30000canelésprépa- réschaquenuit.Lasociétéproduittoujoursde- puisleslocauxhistoriquesducentredeBor- deauxetdanssesboutiques.Maiselleinvestira environ2,5millionsd’eurosdansunnouvelate- lierdeproductionàBègles,plusmoderneet d’uneplusgrandecapacité. Ledeuxièmeatout estladistribution.Baillardanestbordelaispour l’essentiel,aéroportdeBordeaux-Mérignaccom- pris.Lamarqueestd’abordterritorialeetilreste deslieuxdeventeàconquérirdanslaville. Baillardranatransforméilyadeuxansson kiosqueenboutique.Etouvrirad’icilafinde cetteannéeunenouvelleboutiquequijouxte l’Officedetourisme,lelieulepluscourudela villetoutel’année.Uncoupdemaître.Letroi- sièmeatouttientdanslemarketing.Lecode couleur,rouge,estdéclinépartout,surlesboî- tes,danslesboutiquesetlestabliersdespatis- siers.Ilesttellementidentifiéquelesconcur- rentsdeBaillardranquiontleventenpoupe, s’ensontimprudemmentinspirésdansleur publicité.«Nousacceptonslaconcurrencemais nousavonsdemandéàlajusticedetrancherce différend »,expliqueAngèleBaillardranquia lahautemainsurunpackagingévoluantsans cesse et qui pourrait encore surprendre à la veilledesfêtes.C’estplutôtàBordeaux,surses terres,queBaillardranentendtrouversespro- chainsrelaisdecroissanceavecunnouveaucon- ceptd’atelierdechocolaterieenpréparation. J.-B. G. Angèle Baillardran dans son bureau de la rue judaïque à Bordeaux. ARCHIVES L.THEILLET Baillardran, une marque territoriale BORDEAUX Ses canelés s’arrachent. L’entreprise se développe à Bordeaux avant tout Laurent Labatut, PDG de DRT : « Il faut sans cesse investir pour rester dans la course mondiale sur le long terme. » PHOTO PHILIPPE SALVAT Lesatoutsdelagranderégion
  14. 14. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco14 S necma,lemotoristedenombreuxAirbus etBoeingmaisaussiduRafale,ainstallé début 2015 en bords de Garonne à Bor- deauxsadivisionmaintenancedesmoteursen service.Avecunequinzainedesalariésdansune équipequipourraitbientôtmonteràunecin- quantaine.Cetteimplantationestlasuitelogi- quedutransfertàMérignacdelaStructurein- tégréedemaintienenconditionopérationnelle desmatérielsaéronautiquesdedéfense(Sim- mad),ledonneurd’ordresdeSnecma,quise rapprocheaussidesonpartenaireindustriel militaire,l’Atelierindustrieldel’aéronautique (AIA)deBordeaux-Floiracàunmomentclé.Les premiersmoteursdel’A400M,legrosporteur européen,sontarrivésàFloiracetMarcheprime, lesdeuxinstallationsgirondinesdel’AIA,pour leurspremièresrévisions.LesRafalevontêtre aussideplusenplusnombreuxàdevoirs’arrê- terau«garage»pourdesopérationsdecon- trôle,notammentceuxquisontsollicitéspar l’arméefrançaisesurlesfrontsd’Afriqueetdu Moyen-Orient. LepoidsdeTurbomécaausud LafilialedeSafranemploieunepetiteéquipe dehautvolàBordeaux,composéed’ingénieurs, despécialistesqualitéetdechargésd’affaires, jusque-làrépartissurplusieurssitesenFrance. EllevientgrossirlesrangsdeSafran,legroupe aéronautiquefrançaisquis’imposediscrète- mentcommeleplusimportantemployeurin- dustrielprivédelafuturegranderégion.Safran yemploiequelque8500salariés. EnPoitou-Charentes,Snecmapossèdeune importanteunitédemaintenanceàChâtelle- rault(730salariés),dédiéeàlaréparationdes moteursetquitravailledéjà étroitementavec l’AIAdeBordeaux.Uneusine,Sagem,filialede Safran spécialisée dans la sécurité, emploie 430personnesàSaint-Benoît,nonloindePoi- tiers.Surlebassind’emploidel’agglomération bordelaise,Heraklesestaujourd’huidéjàleplus grosemployeurgirondinavecplusde2000sa- lariés,répartissurdeuxsites,àSaint-Médardet auHaillan.Ilssontspécialisésdanslafabrica- tiondeslanceursdelafuséeArianeetdanscelle dupropergol,lecarburantdeceslanceursain- siquedesmissilesdelaforcedefrappefrançaise. L’entrepriseestsurlepointderejoindreAir- busSafranLaunchers,lanouvelleentitédédiée àlafabricationdeslanceursd’Ariane.Plusau sud,àBordesdanslesPyrénées-Atlantiqueset àTarnosdanslesLandes,Safranproduiteten- tretientdesmoteurspourhélicoptères,secteur oùlegroupeestuneréférencemondiale.Ces deuxsitesemploientàeuxdeuxplusde4000 salariés.L’usinedeBordesestflambantneuve tandisquecelledeTarnosfaitl’objetd’impor- tantsinvestissements,encours,del’ordrede60 millionsd’euros.Enfinc’estàBidos,toujours danslesPyrénées-Atlantiques,queSafrancon- çoitetfabriquedenombreuxtrainsd’atterris- saged’avionsmilitairesetcommerciauxavec prèsde1000salariés.Lesiteestd’oresetdéjà montédiscrètementencadencepoursatisfaire lecontratdesRafaleégyptiens. JEAN-BERNARD GILLES L’usine Messier Dowty de Bidos accentue la cadence de production pour le Rafale. PHOTO ARCHIVES GUILLAUME BONNAUD AÉRONAUTIQUE Au nord, au centre et au sud, les filiales du groupe forment le plus gros employeur industriel privé de la future grande région Safran, le plus gros industriel Lesatoutsdelagranderégion
  15. 15. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 15Publicité
  16. 16. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco16 Lesatoutsdelagranderégion L avilledeNiortestdiscrète.Elledomine undépartementoùl’agroalimentaire,et l’industrieaéronautiquesontbienpré- sents.Maisc’estbiensonpôlemutualistequi ladistingueparmitouteslesvillesdeFrance. Niortestdevenuedansladeuxièmepartiedu siècledernier,lacapitalefrançaisedelamutua- lité.EdmondProustfutlepremieràyimplan- terlapremièremutuelledesenseignants,de- venuelaMaif(lirepage11).LaMaaf,laMutuelle desArtisans,laSmacl,mutuelled’assurancedes particuliers,desassociationsetdescollectivi- téslocales,laMacif,ontdepuisrejointlamu- tuellelongtempsobligatoirepourtouslesins- tituteurssortisdel’ÉcoleNormale. 20%decadressupérieurs Lepôleniortaisestpuissant.Àquelque192ki- lomètresaunorddeBordeaux,ilreprésente17% deseffectifsdelabrancheenFranceet16%du chiffred’affaires.«Noussommesmêmelatroi- sièmeplacefinancièrefrançaisederrièreParis etLyon»,affirmePascalDemurger,ledirecteur généraldelaMaif,soitprèsd’unecinquantaine demilliardsd’eurosd’actifssousgestion. Lessociétésniortaisesreprésentent4%des placementsfinanciersdelabranche.Etquand onconnaîtlapassiondesFrançaispourl’assu- rance-vie,onpeutsedirequeNiortpourrait,de- main,jouerunrôleimportantdanslaconstruc- tion économique d’une grande région déjà fortedesonpotentielagricoleetforestier,ate- lierdepremierplandel’aéronautiquemaisen manquedesiègessociauxd’entreprisesdepre- mierplannational.«L’agglomérationniortaise estledeuxièmepôletertiairesupérieurdela granderégion»,assurePierreDelfaud,univer- sitairebordelaisspécialisédansl’économie. Avec 20 % de cadres supérieurs et de profes- sionsintellectuellessurlelieudetravail,laville égalelesscoresbordelais,loindevantPoitiers (18,7 %),Pau(16,6 %),Limoges(15,5 %)etLa Ro- chelle(15%).Sonpotentieldanslesecteurter- tiairesupérieur,enjeufortdeconcurrenceen- tre les principales métropoles françaises puisque devenu essentiel à leur attractivité, placeNiorttoutjustederrièrel’agglomération bordelaise. Quilesait? Les mutuelles niortaises sont de gros em- ployeurs.7000salariéspourlaMaafselonune étudedelaCCIdesDeux-Sèvres,9200pourla Macif, 2 300, toujours sur l’ensemble de la France,pourlegroupeInterMutuellesAssis- tance,filialedesprincipalesmutuelles,quicon- naîtunefortecroissance,de6%cetteannée.Il assistedepuisunanlegroupeRenaultDaciaet ilestdevenul’interlocuteurprivilégiédesdeux constructeursautomobilesfrançais.L’IMAréa- lise568millionsd’eurosdechiffred’affaires. SurleNiortais,onestimeà9000lenombre desalariésdesmutuellesd’assurance.Quedire aussi,outrelepoidsfinancierparlagestiond’ac- tifs,dusoutienapportéàlafilièredubâtiment? LaconstructiondunouveausiègedelaMacif, lenouveaubâtimentdelaMaaf quiaccueille 300salariés,oul’agrandissementdeslocaux de Mutavie ainsi que les travaux de mainte- nance,impactenttrèsdirectementlechiffre d’affairesduBTPdeux-sévrienquines’enplaint pas. Enfin,lesmutuellesniortaisesontcréédes outilsdeformationetderechercheàNiort,à vocationnationale.C’estlecasdel’Institutdes risquesindustriels,assurantielsetfinanciers, quifaitdelaformation,etdeCalyxis,unpôle reconnud’expertisedurisque. Nuldoutequ’onreparleradupôlemutua- listeniortaisàcompterdu1er janvier2016.Un pôled’attractivitédiscretmaisimportant. JEAN-BERNARD GILLES Avec son pôle mutualiste qui regroupe les sièges de la Maif, la Maaf, la Smacl ou encore la Macif, Niort est la troisième place financière du pays. PHOTO ÉRIC POLLET/« LA NR » NIORT Le discret chef- lieu des Deux-Sèvres est une puissance financière Le deuxième centre tertiaire après Bordeaux Les gros employeurs Il serait injuste de réduire l’économie deux-sé- vrienne à son pôle mutualiste qui en demeure toutefois le phare. Le département possède quelques entreprises de rang national, que ce soit dans l’aéronautique ou la métallurgie. Il est d’abord un pôle logistique (800 salariés) mé- connu du grand public mais pas des profes- sionnels, avec les bases opérationnelles pour les entreprises Norbert Dentressangle, Kueh- ne Nagel ou la Stef qui emploie plus de 250 salariés localement. Deux entreprises émergent dans le secteur de la métallurgie. Poujoulat, le fabricant bien connu de cheminées et conduits de cheminées qui emploie plus de 700 salariés dans le dé- partement, et Deya, un spécialiste des produits du second-oeuvre bâtiment, qui emploie plus de 600 salariés. Dans le secteur aéronautique, ECE à Chau- ray (570 salariés) qui travaille pour l’A350 et Leach International (300 salariés), sont aussi portés par la bonne santé du secteur en France et dans le monde. Lesatoutsdelagranderégion
  17. 17. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 17Publicité
  18. 18. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco18 L adécisionesthautementsymbolique. Ilyaquelquesmois,DassaultAviation aannoncésadécisiond’implanterson nouveaupôledemaintenancedesesavions d’affairesFalconàMérignacenGironde.Un investissement de 20 millions d’euros, avec à la clé 70 emplois créés d’ici 2018. Éric Trap- pier,lePDGdeDassaultAviation,ajustifiéce choix par « la qualité de l’écosystème aqui- taindansl’aéronautiquecivileetmilitaire». Historiquement tournée vers la Défense, lafilières’estaussipositionnéecesdernières années dans la maintenance aéronautique civile et militaire. Ainsi, en avril 2011, la Ré- gionAquitaineacrééAerocampusAquitaine, uncentredeformationàlamaintenanceaé- ronautique(lireci-dessous). Uneplacemajeuredanslesecteur Après quatre ans d’existence, il commence déjà à se faire un nom à l’international et a d’ailleurs été retenu pour former l’essentiel des 70 techniciens du futur pôle de mainte- nancedesFalconàMérignac.ÀMérignacen- core,SabenaTechnicsdécolleégalementeta désormais en charge la maintenance de 120 appareilscivilsparan. Le cas de Dassault est loin d’être isolé. Ré- cemment,c’estTurbomecaquiaannoncésa volontédefairedesonsitedeTarnos(Landes) soncentremondialpourlaréparationdetur- binesd’hélicoptères.Autreexemple,mi-avril, Snecma, le motoriste de nombreux Boeing, AirbusetRafale,ainaugurédeslocauxàBor- deauxdédiésàlamaintenanceaéronautique militaire.Car,avecl’AIA(Atelierindustrielde l’aéronautique de Bordeaux), qui gère la ré- paration des moteurs d’aéronefs (Rafale…) del’arméeetlaSimmad(Structureintégrée dumaintienenconditionopérationnelledes matériels aéronautiques du ministère de la Défense),quicompte750salariés,laRégion a des atouts qui en font une place majeure danslesecteurenFrance. EtdesliensexistentdéjàaveclePoitou-Cha- rentes. Safran dispose d’une usine à Châtel- lerault (Vienne), spécialisée dans la répara- tiondesmoteursd’avionscivilsetmilitaires, quitravailleavecl’AIA.Parailleurs,Aerocam- pus Aquitaine va assurer la formation des mécaniciens égyptiens dédiés au Rafale, en association avec l’école de formation des sous-officiersdeRochefort. Autantdebonnesnouvellespourl’écono- mierégionale.Cemarchédelamaintenance aéronautiqueestimmense:10milliardsd’eu- rosetencroissancede4%paran. NICOLAS CÉSAR L’AIA (Atelier industriel de l’aéronautique de Bordeaux) gère la réparation des moteurs aéronefs. PHOTO ARCHIVES FABIEN COTTEREAU MÉRIGNAC L’entretien représente deux tiers du prix d’un avion. L’Aquitaine et le Poitou-Charentes ont de nombreux atouts pour s’imposer sur ce marché En pole position dans la maintenance aéronautique Les sceptiques étaient nombreux, il y a plus de quatre ans, lorsque le Conseil ré- gional d’Aquitaine décidait de racheter, pour un peu plus de 6 millions d’euros, le centre de formation des ouvriers et des techniciens de la maintenance du minis- tère de la Défense. Il devait fermer ses por- tes. Ils doivent aujourd’hui constater qu’Aerocampus a su se faire une place de choix dans le paysage aéronautique natio- nal. Quelques chiffres suffisent à l’attester. Lorsque Jérôme Verschave, qui dirigeait le cabinet du président du Conseil régio- nal, a pris les commandes de cet outil dont Alain Rousset voulait faire, avec le soutien d’Alain Juppé, un pôle de formation d’ex- cellence à la maintenance aéronautique, tout était à faire, ou plutôt à refaire. Au- jourd’hui, il gère un budget de quelque 6 millions d’euros, accueille 280 élèves en formation initiale (Bac, BTS) y compris en alternance. Aerocampus a reçu sur ses ter- res à Latresne des milliers de salariés ou de demandeurs d’emploi en formation continue ou à la recherche d’une qualifi- cation, qu’ils travaillent pour Sabena Tech- nics, Airbus Hélicoptère, Stélia Composi- tes, l’AIA ou Dassault Aviation. L’association qui demeure juridique- ment est toujours soutenue, dans ses ef- forts d’investissements, par la Région, les Investissements d’avenir (PIA) ou le Fonds de reconversion de la Défense. Et elle au- tofinance aujourd’hui son fonctionne- ment à 52 % :60 personnes travaillent à La- tresne, y compris les personnels de l’Éducation nationale. Partenariats industriels Aerocampus a noué quatre partenariats sonnants et trébuchants significatifs. La société Airbus Helicopters, basée à Mari- gnane et qui, comme tous les grands cons- tructeurs d’aéronefs, doit vendre des ser- vices maintenance à ses clients, délocalise en Gironde des formations de techniciens. Avec Dassault Aviation qui est entré ré- cemment au conseil d’administration, La- tresne monte en puissance sur les contrats de maintenance des avions Rafale vendus au Qatar : « Les techniciens qataris vien- nent chez nous en formation de base puis vont sur les bases aériennes de Rochefort et de Mont-de-Marsan pour la période pra- tique sur les avions militaires », explique Jérôme Verschave. D’autres contrats sont en vue. À Istan- bul, Aerocampus a gagné son premier contrat export en début d’année. La Saft a elle aussi fait de Latresne son centre de for- mation mondial pour la maintenance des batteries. Aerocampus accueille également de nombreux instituts de formation à la sou- dure, à la peinture ou aux métiers d’hôtes- ses et de stewards. Il accueillera enfin bien- tôt le plateau technique des formations régionales de l’Afpa aux métiers de l’aéro- nautique. Et développe une offre hôtelière significative (300 chambres) sur son site de 26 hectares. JEAN-BERNARD GILLES Jérôme Verschave, directeur d’Aerocampus. PHOTO ARCHIVES MARIE HUGUENIN LATRESNE En quatre ans, le centre de formation aux métiers de la maintenance s’est imposé Aerocampus a mis pleins gaz Lesatoutsdelagranderégion
  19. 19. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 19Publicité
  20. 20. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco20 A vecl’avènementdelagranderégion, les équilibres viticoles ne devraient pasêtrechamboulés.L’Aquitaineest bien campée dans son rôle de vignoble de référence avec le Bordelais en figure de proue. Le cognac est l’eau-de-vie de vin la mieux valorisée de la planète et mise pres- quetoutsurl’exportation.Enfin,leLimou- sin n’apporte pas de pierre à cet édifice vi- ticole, au-delà de quelques parcelles ici et là. Cettenouvelledonnepolitiquepourrait enrevancheamenerquelquechosedansle rapprochemententreBordelaisetCognac, deux mondes vivant côte à côte mais qui s’ignorentroyalement.D’ailleurs,deprime abord,ilsontpeuàpartagersauf àinvestir deconcertpourtrouverdessolutionstech- niques aux maux communs. Par exemple pour vaincre l’esca (maladie entraînant la dégénérescenceducep),unfléaunational. Cetéloignementauneraison: vineteau- de-vie de vin ne jouent pas dans la même cour. Et ce à tous les niveaux, en commen- çant par le raisin : mur pour un bon rouge ou blanc, acide et de faible degré (9 à 10) pour le spiritueux. Il suffit d’assister aux vendanges respectives pour le saisir : ren- dements réduits pour le premier, récolte volumineuse (deux fois plus) pour le se- cond. Place ensuite à la distillation, étape clé dans les Charentes et inexistante en Gi- rondeouailleursenAquitaine,sauf pourla production confidentielle de Fine de Bor- deaux. Enfin,l’élevageenfûtsestquasisys- tématiqueaunorddel’estuaireetplutôtré- servé aux beaux vins au sud. Mise en avant systématique du millésime au sud, un cas particulier au nord avec la logique inverse d’un produit régulier et homogène. Les exemples sont légion, à se demander pres- que si les vignerons font le même métier... Le bal à quatre pour cognac Mêmeconstatdedivergencedansl’organi- sation même de la filière. Dans l’univers aquitain, producteurs (indépendants ou coopératives) cohabitent avec un négoce relativement éclaté même si deux sociétés prédominent (hors grands crus), en l’es- pèce Castel et Grands Chais de France. Bon anmalan,chacuntientlemancheàtourde rôle lors des négociations commerciales (surtoutenfonctiondesvolumesrécoltés). Dans les Charentes, le système est beau- coupplusintégréverticalement :lesvigne- ronssontessentiellementdesfournisseurs de « matière première » pour les négo- ciants. Il y a d’ailleurs peu de producteurs vendantdirectementleursbouteilles,àl’in- versedeBergeracoudeJurançonparexem- ple. Qui plus est, quatre maisons puissantes (Hennessy, Martell, Rémy Martin, Courvoi- sier),appartenantàdesgroupesmondiali- sés, concentrent la commercialisation. Le Cognacétantexportéà97 %,l’Hexagonen’y est la priorité de personne. Alors que les rayons des linéaires à Rennes, Paris ou Li- moges sont des débouchés de choix pour le Marmandais, Buzet ou l’AOC Bordeaux. Le cognac est dans l’univers des whiskies, vodkaetautresgin,làoùlepackagingaune place primordiale... et où les marges sont élevées. Alors que les interprofessions de Bor- deaux ou Bergerac (désormais marié à Du- ras) dépensent des millions pour commu- niquer(presse,affichage...),celledeCognac n’a pratiquement pas de budget en la ma- tière. Les négociants préfèrent jouer leur carte personnelle partout sur le globe. Avectoutesceslogiquesprofessionnelles opposées,oùtrouverdemaindessynergies éventuellesentrenordetsuddelarégion ? Les pistes sont maigres, sauf au plan envi- ronnemental(traitermoinslavigne,coha- bitation avec les riverains...) ou pour ame- nerensembledesproducteursàvendredes bouteilles au bout du monde, comme le propose l’Agence aquitaine de promotion agroalimentaire (Aapra). On verra par exemple si le salon Bordeaux Vinipro qui s’ouvre grand à tout le Sud-Ouest pour sa deuxièmeéditionenjanvierprochain,réus- sira à attirer quelques producteurs de co- gnac ou de pineau des Charentes. CÉSAR COMPADRE Bordeaux et Cognac sont deux champions à l’exportation... mais c’est à peu près leur seul point commun. PHOTO ARCHIVES PHILIPPE MÉNARD VIGNE Difficile de dégager des synergies chez deux voisins aussi différents Vin et cognac : deux univers bien distincts Trois points forts ■ Grandes surfaces Le Bordelais compte 115 000 ha de vigne et produira pour le millésime 2015 (selon les estimations officielles) 5,7 millions d’hl.Avec bien moins - 74 000 ha - les Charentes sont à 9 millions d’hl. La superficie des autres vigno- bles aquitains (Bergerac, Lot-et-Garonne, Ju- rançon,Tursan...) est égale à celle du Médoc. ■ Toute la gamme Peu d’autres vignobles hexagonaux proposent toute la gamme des produits : rouge, rosé, blanc sec et liquoreux, crémant, eau-de-vie ou vin de liqueur (Pineau des Charentes). Un atout pour la future grande région. ■ Tous les poids lourds Le poids viticole du Sud-Ouest est tel que tous les poids lourds du métier sont là. Négociants (Castel, Grands Chais de France...) et fournis- seurs (bouchons Amorim...), sans oublier la re- cherche et le développement (ISVV à Villenave- d’Ornon...). Même constat au nord avec les champions mondiaux des alcools (LVMH, Per- nod Ricard, Suntory...), les pépiniéristes ou les tonneliers (Seguin Moreau, Radoux...). La récolte 2015 s’annonce de qualité. PHOTO ARCHIVES GUILLAUME BONNAUD Le pineau des Charentes, un vin de niche original. PHOTO ARCHIVES « SUD OUEST » Joseph Helfrich, fondateur des Grands Chais de France, à Landiras (33). ARCHIVES C. P. Lesatoutsdelagranderégion
  21. 21. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 21 L orsdelatempêteKlausdejanvier2009, lesforestierslandaisontreçulerenfortde leursvoisinsduLimousinetdesCharen- tes.Le1er janvierprochain,tousseretrouveront dansunemêmerégionqui,d’entrée,sehisse- raàlapremièreplacenationale. Avec2,8mil- lionsd’hectaresboisés,lagranderégionAqui- taine,Limousin,Poitou-Charentes,dépassesa voisined’Auvergne-Rhône-Alpes. Commepourl’agriculture,lafilièreforêt-bois delanouvelleentitéreprésenterauneforceéco- nomique:9,7millionsdemètrescubesdebois récoltés(lequartdelaproductiontotalefran- çaiseet38%duboisd’industrie),unchiffred’af- fairesde10milliardsd’euroset50000emplois, soitplusquel’aéronautique.Autrecaractéristi- que:cetteforêtestdétenueà90%pardespro- priétairesprivés,lesforêtspubliquescouvrant toutefoisplusde230000hectares. «Essencescomplémentaires » EntrePoitouetPyrénées,«lesessencessontdif- férentesmaiscomplémentaires »,souligneSté- phaneViéban,directeurgénérald’AllianceFo- rêts Bois. Un contexte forestier qu’il connaît bien.Lacoopérativeesteneffetdéjàprésente surl’ensembleduterritoiredelagranderégion, etmêmeau-delà.«Aujourd’hui,onsedéveloppe surl’ensembledesesmassifs»,préciseStéphane Viéban. Unerécenteétuded’Agreste,leservicestatis- tiqueduministèredel’AgricultureetdelaFo- rêt,délimitequatregrandeszonesforestières: leslandesdeGascogneaveclepinmaritime,les plateauxduHautLimousin,terresdefeuillus etderésineux,laVienne,laCharente,laDordo- gneetlesPyrénées-Atlantiques,oùdominent lesfeuillus,etenfinlesplainesdesDeux-Sèvres, deCharente,deCharente-MaritimeetduLot- et-Garonne,aveclespeupliers. Leboisexploitédanscestaillisetforêtsali- mentetouteslesfilières:lesciage,ledéroulage etl’emballage,lebâtiment,lepapier-carton,le meuble,lebois-énergie. Avecdesentreprises surtoutceterritoireetengénéralspécialisées selonl’essencedominantedelazonegéogra- phique.Lesscieriesderésineuxsontimplan- téesdanslesLandes,laGironde,leLot-et-Ga- ronne et la Charente-Maritime pour le pin maritime,dansleLimousinpourl’épicéaetle douglas.LaDordogneestentêtepourlesciage defeuillus.L’industriedupapieretducarton estbienimplantéeenGironde(SmurfitKappa àFacture),danslesLandes(groupeGascogne), laHaute-Vienne(InternationalPaperàSaillat), enDordogne(Condat),enCharente,avecauto- tal10000salariés.PrésenteenCharente-Mari- timeetdanslesDeux-Sèvres,lafabricationde meublesemploie4800personnes. Lacréationd’unegranderégionforestièreva permettredemettreenplacedes«synergies», estimelacoopérativeForêtsBois.Lesavoir-faire desunsetdesautresenrésineuxetenfeuillus peutprofiterauxvoisins.Ceciexistedéjàenpar- tie : la scierie Archimbaud par exemple, née danslesDeux-Sèvres,aouvertuneunitédans lesLandes.NéaussidanslesDeux-Sèvresautour de la transformation du bois de peuplier, le groupeThébaults’estdiversifiédanslesbois exotiquespuis,ens’installantàSolférino(Lan- des),danslepinmaritimepourlafabrication depanneaux. «Dynamiserlarécolteforestière » Commelesautressecteursdel’économie,lafi- lièreforêt-boisdevrapasserparunephased’har- monisation.Lestroisquartsdelarécoltedebois delagranderégionsontportésparlesrésineux (pin,douglas,épicéa)alorsquelesdeuxtiersde laressourcesurpiedestconstituéedefeuillus. L’exploitationdeboisd’œuvredechêne esten reculrégulier.Agresteparlemêmede«situa- tionpréoccupante ».Tropdeboisdefeuillusdu sudduLimousinetdesPyrénéesvontentota- litéversl’énergiefautededébouchésindustriels rémunérateurs. Agrestesuggèrelamiseenplaced’outilsde gestionsylvicoledurable,commeilenexiste pourlepinmaritime,envisantunemeilleure répartitionhiérarchiqueentreboisd’œuvre, boisd’industrieetboisénergie.End’autrester- mes,«ilfautdynamiserlarécolteforestière»,ré- sumeStéphaneViéban.Uncentredetechnique sylvicolevientainsid’êtrecréépourlechêne. Lespartenariatsauseindelafuturerégion devraientaussitoucherlesentreprisesdetrans- formation. Dansunpremiertemps,desallian- cescommercialessontenvisageables.Lesinter- professionsactuellessontamenéesàcollaborer. Lagranderégionforestièredevraitenfinbéné- ficierdelaprésencesursonsoldeXylofutur,le seulpôledecompétitivité deFrancedédiéaux industriesdubois. MICHEL MONTEIL La société Bost et Grandchamps, à Négrondes (24), est spécialisée dans le sciage et la menuiserie. PHOTO ARCHIVES J.-CHRISTOPHE SOUNALET FILIÈRE BOIS La nouvelle région est en haut du podium avec une diversité d’essences intéressante La première forêt de France ■ Au fil des forêts cultivées et des taillis de la grande région, six grandes essences peuplent ses 2,8 millions d’hectares. D’abord le pin maritime, sur plus de 800 000 hectares dans les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et la Charente-Maritime, de- puis les dunes littorales jusqu’à l’intérieur des terres. Il aime les sols sableux et pousse vite (une trentaine d’années pour les dernières gé- nérations) et haut (il peut dépasser 40 mètres). Autrefois utilisé comme poteau de mine, son bois sert aujourd’hui dans l’industrie du papier- carton, la menuiserie (parquets et lambris), la charpente (avec la technique du lamellé-collé). Autre résineux, le pin douglas, qui couvre 64 000 hectares essentiellement dans le nord- est du Limousin et ses vallons de moyenne montagne.Venu des États-Unis, il est de plus en plus planté en France et dans la région en reconstitution de peuplements. Les propriétés de son bois (une bonne résis- tance mécanique) lui procurent un usage dans la construction, en particulier pour les maisons à ossature bois.Toujours en résineux, l’épicéa couvre près de 40 000 hectares de la grande région, principalement sur les hauteurs du Li- mousin. Pouvant atteindre jusqu’à 50 mètres de haut, résistant aux grands froids, il est utilisé dans la construction (charpentes). Côté feuillus, le chêne est le plus répandu (800 000 hectares) sous forme de chêne pé- donculé, de chêne sessile, de chêne vert. Grâce au temps, du haut de ses 40 mètres, il fournit un bois utilisé pour la construction (charpen- tes), la menuiserie (le chêne représente le tiers de l’approvisionnement de ce secteur), la fabri- cation de barriques et le chauffage. Vient ensuite le châtaignier, présent sur 250 000 hectares de la grande région à une al- titude de quelques centaines de mètres. Son bois marron clair est utilisé pour les piquets, des éléments de charpente et en menuiserie. Les vallées de l’Adour, de la Garonne, de la Dordogne, de la Charente et de la Sèvre sont le territoire du peuplier (35 000 hectares). Il four- nit la moitié du bois d’œuvre de feuillus de la région et est utilisé principalement dans la fa- brication de caisses d’emballage. Au fil des forêts et des taillis, la région voit aussi pousser du hêtre, du robinier (le faux acacia), du sapin, du frêne... M. M. Pin maritime, épicéa, chêne, peuplier, hêtre... Lesatoutsdelagranderégion
  22. 22. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco22 L eschiffresparlentd’eux-mêmes.Biensûr, la future grande région ne sera pas la LombardieoulaCatalogne.Évidemment, ellenepossèdequ’uneseuleentreprisecotée auCac40,lasociétéLegranddeLimoges,dont plusde90 %ducapital,flottantdonc,estaux mainsd’investisseurs.Maisavec26entreprises cotées,c’est-à-direayantfaitappelàlabourse, onnepeutpasparlerd’engouement.«Nousvi- vonstoujoursdansuneéconomietrèsbancaire quin’apasdecultureboursière »,regretteAxel Champeildelasociétédeboursebordelaise Champeil Asset Management, la seule de la granderégion. Ilaprislasuccessiondesonpèreetsesou- vientdel’époqueoù lasociétéGascogne,laplus anciennecotedelaplace(1991)faisaitsonen- tréeenbourse,à70eurosl’action,etfigurait, comme un emblème, dans tous les porte- feuillesdesinvestisseursgirondins.Elleestau- jourd’huiendeçàde5eurosmaisfaitl’objet d’unsolideplanderelanceparDominiqueCou- tières,laBPIetleCréditAgricole.En2011,Bor- deauxÉcoledeManagement(Bem)etlaCCIde Bordeauxcessaientdepublier leurindicebour- sierrégional,« enraisond’untrèsfaibletaux d’activité »,résumePierreGruson,professeur definancesàl’écoledecommercebordelaise. Descoûtstropimportants Lacrisefinancièrede 2008adouchélesplus optimistessurcettemanièredesefinancer.Le rachatdeGuyenneetGascogneparCarrefour, lasortiedeGifietlesdifficultésdeGascogne, ontachevédedissuaderceuxquiétaientten- tés.« C’estvraiquenoussommesenterrede missionici »,admet Nicolas-GastonEllie,res- ponsableSud-Ouestd’Euronext.Iln’aquehuit introductionsenbourseàmettreenavantde- puis2011. Concoursmania(jeuxvidéo),Impla- net(prothèsesdugenouetdurachis)ouInno- veox(valorisationénergétiquedesdéchets), ont trouvé des financements sur ce marché boursierpourfinancerleurdéveloppement. Maisc’estenMidi-Pyrénéessurtoutquecertains entrepreneursontsautélepas(Cerenis,Figeac Aéro). Lesreprochesfaitsàlaboursesontdeplu- sieursordres.Lescoûtsd’abord:entre5à10% dumontantdesfondslevés,etunforfaitannuel de l’ordre de 7 600 euros en moyenne pour unePME.Ilenacoûté100000eurosautotalà unepetitesociétédeservicesquifaitunmillion d’eurosdechiffred’affairespourentrersurle marchélibre.Troismoisplustard,ellen’apas encorelevél’équivalentdecemontant.«Lors- quevousêtescoté,vouspassezbeaucoupde temps à communiquer sur vos intentions, doncàinformervosconcurrents »,explique Jean-LouisBlouin,lepatrond’I2S,dont30%du capitalsontauxmainsdupublic.Ilyvoitaussi «uneimpassepatrimoniale».Detrèsbellesen- treprisessavents’enpasser. «Tropfluctuant» FayatagrandisanslaBourseetsursesfonds propres.«Iln’étaitpaspossibledansnotreac- tivité,defaireappelaumarchécarquelquesoit lesoinquevousapportezàvosvins,vousêtes tributaired’aléasclimatiquesquedesaction- nairesnesauraientprendreencompte »,ex- pliqueBernardMagrezquis’esttoujoursfinan- céhorsdelacorbeille.«C’estunmarchétrop fluctuant, nous avons choisi le modèle des fondsavecquinouspartageonslavisionstra- tégique »,expliqueMarcPrikazsky,lePDGde CevaSantéAnimalequiyvoituneopportuni- tépourlesstart-upoulesgrandesentreprises. Maislabourse,outredesfinancements,ap- porteuneréellenotoriété.Lasociétéd’ambu- lancesgirondineIntegralafaitconnaîtreau printempsderniersesprojetsdecroissanceex- ternesurunmarchénationaltrèsatomisé. «Nousavonsbénéficiéd’un coupdeprojec- teurmondialavecl’entréeenboursedeFer- mentalg»,assurePierreCalleja,sonPDG.Ila levé44millionsd’euros,déjà enpartieinvestis àLibournedanssanouvelleusined’huilepour nutritionhumaineàpartirdesmicroalgues. Untiersdesoncapitalestdésormaisflottant mais il se considère protégé surtout par ses 200brevets. JEAN-BERNARD GILLES La société libournaise Fermentalg, dirigée par Pierre Calleja, a placé pour 44 millions d’euros de titres l’an passé sur Euronext, une des plus belles levées de fonds de l’année, destinés à l’investissement. PHOTO ARCHIVES STÉPHANE KLEIN FINANCEMENT Il n’y a que vingt-six sociétés cotées dans la future grande région. Les entreprises sont encore méfiantes. Pourtant certaines se développent grâce aux petits porteurs La bourse avec modération On entend par capitalisation boursière (ou valorisation)lavaleurd’uneentreprisecotée, c’est-à-direlemontantdel’action,ci-dessous arrêtéau30septembredernier,multipliépar lenombred’actions.C’estaufondlavaleurde l’entrepriseàuninstantdonné.Ellevariede jourenjourenfonctionducoursdel’action, soumisàlaloidel’offreetdelademande.On appelleenfinflottantlapartducapitaldel’en- trepriseauxmainsdupublic. Engénéral,tous lesactionnairespossédantmoinsde5 %. Legrand. Limoges (Haute-Vienne), fabricant dematérielélectrique:12,6milliardsd’euros devalorisation,95%ducapitalflottant.(lire page11). Lectra.ParisetCestas(Gironde),leadermon- dial de logiciels et équipements de concep- tion et fabrication assistées par ordinateur, 300millionsd’eurosdevalorisation,43%de flottant. LeBélier.Vérac(Gironde),fonderiealuminium pourautomobiles,187millionsd’eurosdeva- lorisation,34,5%deflottant. SermaTechnologie.Pessac(Gironde),services et ingénierie technologique, 140 millions d’eurosdevalorisation,1%deflottant. Poujoulat.Saint-Symphorien(Deux-Sèvres),fa- bricationdeconduitsdecheminée, 75,4mil- lionsd’eurosdevalorisation,30,6%deflottant. Fermentalg.Libourne(Gironde),bioproduc- teurd’huilesetdeprotéinesàbasedemicroal- gues,70millionsd’eurosdevalorisation,71 % deflottant. Europlasma.Pessac(Gironde)etMorcenx(Lan- des), traitement et valorisation de déchets dangereux, 62 millions d’euros, 72 % de flot- tant Gascogne.Saint-Paul-lès-Dax(Landes),fabrica- tion de produits bois et papier, 61 millions d’euros,11,7%deflottant. Fountaine-Pajot. Aigrefeuille-d’Aunis (Cha- rente-Maritime),constructeurdecatamarans, 57,4millionsd’eurosdevalorisation, 29,1%de flottant. I. Ceram. Limoges (Haute-Vienne), implants orthopédiques,43,5millionsd’eurosdevalo- risation,14,66 %deflottant. Innoveox. ParisetPessac(Gironde),transfor- mationdedéchetstoxiqueseneaueténergie, 37,7millionsd’eurosdevalorisation,51%de flottant. Axel Champeil, PDG de Champeil Asset Management, société de bourse bordelaise. PHOTO DR Elles valent plus de 30 millions d’euros Champeil a listé les onze plus grosses valorisations boursières de la grande région au 30 septembre Lesatoutsdelagranderégion
  23. 23. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 23Publicité
  24. 24. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.COMSudOuestéco24 ■■ La première étape du prix des Aquitains de l’année a consisté à sélectionner dans les cinq départements des entreprises fiables et performantes. Cette opération est le fruit d’une collaboration pédagogique entre les étudiants de Kedge Business School, les journalistes de « Sud Ouest » et la Banque Populaire. Pour dresser leur liste, les étudiants se sont appuyés sur les données fournies par Pouey International, société spécialisée dans l’information commerciale garantie et le recouvrement de créances. Dans un second temps, un jury, présidé par Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, constitué de personnalités du monde économique régional (lire page 26) et animé par un journaliste de « Sud Ouest », a désigné deux lauréats parmi les huit sociétés les plus performantes de l’année dans le département. Deux dirigeants ont donc été élus Aquitains de l’année 2015 pour la Gironde. La dernière mission du jury était de désigner un lauréat régional parmi les dix prétendants. Il sera dévoilé le 1er décembre lors de la dernière soirée des Aquitains de l’année à Bordeaux, au sein de Kedge. Vous pourrez par ailleurs lire dans « Sud Ouest » du 3 décembre le récapitulatif intégral du pal- marès, département par département. Le prix, mode d’emploi Aquitains de l’année : les lau I nventer. En économie, plus qu’ailleurs, c’est le maître mot. Un nouvel écrin, la grande région, de nouveaux atouts, de nouvelles synergies, de nouvelles perspecti- ves.Lefuturs’imagineets’écritaujourd’hui. Lepalmarèsdévoilédanslespagesquisuivent raconteunemanièred’appréhenderl’avenir. Fortdebasessolides,d’histoiresaulongcours, dessavoir-fairedéployés,déclinés,réexplorés. Àl’instard’unordinateur,lesentreprisessont engagéesdansdesmisesàjourquotidiennes. Que l’on façonne l’un des emblèmes gour- mands de Bordeaux (Baillardran), que l’on soit dans la nourriture lyophilisée, dans le marketing numérique (Aquitem/Alienor), l’exigencerestelamême:innoverpouravan- cer. Dans le sillage de ces fleurons économi- ques,ilyabienévidemmentl’emploiquicon- court à l’attractivité d’un territoire. Car derrièrechaqueinitiative,chaqueprojet,c’est dedéveloppementdontilestquestion. AinsilaGirondeetBordeaux,saported’en- trée,ontaujourd’huienmainunatoutclé,un levier de croissance incomparable : le tou- risme. Un nouvel Eldorado? Vraisemblable- ment.IlsuffitderegarderlaGaronnedepuis les quais de Bordeaux : on y croise des dizai- nes de bateaux promenant des milliers de touristes. Impensable il y a vingt ans. Bor- deaux, best european destination, véritable locomotive du reste de la Gironde. Qui dis- posed’atoutsclés:sonlittoralbiensûretses vignes.Unpatrimoinequiseracélébréparla CitéduVinquiouvriraaumoisdejuin.Plus qu’un geste architectural audacieux, une rampedelancementpourletourisme. Gironde
  25. 25. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.COM SudOuestéco 25 réats de votre département Gironde C’est la neuvième édition desAquitains de l’an- née:commentseportecepalmarès? ChristianChapothin.Noussommestrèsfiersde notrepromotion2015quirévèledenouvelles pépites.Noussommestrèsattentifsauchoix desdossiers.LesétudiantsdeKedgesélection- nentenamont,avecl’aidedePoueyInterna- tionallescandidatssurdescritèresdeplusen pluspointus.Aufildesannées,cepalmarèsa gagnéennotoriété.Ilestaujourd’huireconnu. PatrickVenries.Ilestdésormaisinstalléaucen- tredelavieéconomiquerégionale.Ilmeten lumière denouvellesentreprises,souventdis- crètes,toujoursplusinnovantesetplusagiles surleursmarchés.Destrajectoirespositives quenoussouhaitonsmettreenlumière. Qu’apporte t-il à la Banque Populaire et à «SudOuest»? C.P.Ilnousapporteunevisibilitéaccrueauprès desentreprisesdenotreterritoire.Ilnousper- metdeprendrelepoulsdel’économierégio- nale.Notremodèlecoopératifapourambition «d’additionnerlesforcespourmultiplierles chances».Banquierhistoriquedesentrepre- neurs,noussouhaitonsêtrelesacteursetles amplificateursdecessuccès. P. V. Ce palmarès a cimenté notre rôle pivot dansl’informationéconomiqueetlaviedenos territoires.AvecnospagesspécialiséesÉcono- mie,leslundietjeudi,notrenewsletteréconu- mériqueetnosdébats,ilsymbolisenotrestra- tégieéconomiquemulticanal. Quediredececru2015? P.V.Ilmontreunenouvellefoislaforcedenos entreprises,souventpetitesetmoyennes,aux prisesaveclacompétitionnationaleetinter- nationale. Il met en évidence des entrepre- neursdecaractèreanimantdeséquipespro- fessionnelles. Nous sommes fiers de nos lauréatscommeàchaquefois.Etd’avoircon- vaincuÉricTrappier,PDGdugroupeDassault Aviation,deprésiderànoschoixcetteannée. C. P. Nous avons la chance, une fois de plus, d’avoirunprésidentdejuryemblématique, en la personne d’Éric Trappier. Nos lauréats cetteannéeencoreincarnentclairementlady- namiquedenotrerégion.Notrejuryafaitdes choixrigoureuxetexigeants.Pourrésumer:le cru2015clôtureenbeautélapremièredécen- niedesAquitains. Commentpourraitévoluerceprixen2016 dans lecadredelafuturegranderégion? P. V. Ilseraplusdigital,devraintégrerlanou- velledonnerégionaleetdonneralieuàdesma- nifestations plus denses dans les départe- ments. C.P.Nousréfléchissonsàunnouveaufonction- nementquicolleraitàlanouvelleentitéetà sondécoupageadministratifquisontceuxde laBPACA.Lesdiscussionssontencoursavec nospartenaires.Unechoseestacquise.Nous avonsrendez-vous l’anprochainpourdécou- vrirlesAquitainsdel’Année,définition2.0. Christian Chapothin (BPACA) et Patrick Venries (« Sud Ouest »). PHOTOS ARCHIVES LAURENT THEILLET En 2016, le prix intégrera le nouveau découpage POINT DE VUE Interview de Christian Chapothin, directeur général adjoint de la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique et de Patrick Venries, directeur général délégué de « Sud Ouest ». Les deux partenaires ont relancé ce palmarès il y a dix ans
  26. 26. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FRSudOuestéco26 Présidé par Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, le jury des Aquitains de l’année a décerné les deux trophées départementaux à Lectra et Exosun Le jury et les deux lauréats « C’est un concentré de l’économie française sur lequel nous avons travaillé avec le jury des Aquitains de l’année. Nous avons vu de vraies démarches d’industriels qui font face, investissent, développent leurs activités. Il est aujourd’hui difficile d’entreprendre en France et de recruter. Les coûts de production sont plus élevés qu’aux États-Unis par exem- ple. L’innovation est devenue impérative pour maintenir notre compétitivité. » PRÉSIDENT DU JURY ÉricTrappier Président-directeur général de Dassault Aviation Les membres du jury 2015 des Aquitains de l’année,réunis le vendredi 4 septembre à Bordeaux au siège de notre journal. PHOTO GUILLAUME BONNAUD « C’estd’abordladiversitédecettepromotion quim’amarquée.Desmétierstraditionnels auxnouvellestechnologies,noslauréatsdé- partementauxsontanimésparunvéritable espritd’excellenceincarnéparl’Aquitain2015.» OECA Anne Jallet-Auguste Représentante de l’Ordre des experts- comptables d’Aquitaine « Ce qui me frappe le plus lorsque sonne l’heure de ce palmarès, c’est le renouvelle- ment des entreprises. Il y a partout sur nos territoires des entreprises discrètes qui avan- cent et qui prennent les bonnes décisions. » POUEY INTERNATIONAL Bertrand Lacampagne Président du directoire de Pouey International « CettesaisondesAquitainsdel’annéeestunex- cellentcru.Descentainesdedonnéestraitéespar nosétudiants,desentretiensconduitssurtoute larégion,desentreprisesquiseconfirmentmais aussideshistoiresméconnuesouendevenir.» KEDGE BUSINESS SCHOOL Jacques-Olivier Pesme Directeur associé développement international « Cesontunenouvellefoisdebelleshistoires quisontmisesenlumièreparcepalmarès,des histoiresd’hommesetdefemmesquientre- prennentsurnosterritoires.Ilsméritentnotre respectetnotreengagementàleurscôtés.» BANQUE POPULAIRE Christian Chapothin Directeur général adjoint Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique « Lasélection2015estreprésentativedenotre tissuéconomiquerégional.Elledémontre,s’il enétaitbesoin,quelacroissanceestau- jourd’huitiréeparl’exportationetl’innovation, lesdeuxpiliersdel’interventiondebpiFrance.» BPIFRANCE Yannick Cambacedes Directeur délégué financement et garantie Aquitaine de bpiFrance « Comme chaque année,ce palmarès des Aquitains de l’année apparaît comme un an- tidote à la morosité générale.Il nous offre une sélection renouvelée d’entreprises et d’entre- preneurs qui font la vie de nos territoires. » JOURNAL « SUD OUEST » Patrick Venries Directeur général délégué et directeur de la publication Gironde
  27. 27. JEUDI3DÉCEMBRE2015 WWW.SUDOUEST.FR SudOuestéco 27 ■■ Lorsdelapublicationdesrésultatsfinan- ciersdu3e trimestre2015,Lectraamisengarde: lesprévisionspourl’annéeserontlégèrement inférieuresàcellesenvisagées.Lafauteàlafai- blessedumarchéchinoisetdeceluidel’auto- mobile. Iln’empêche,Lectraestsuruneten- dancedehausseduchiffred’affairesdeplusde 10%etdurésultatnetdeplusde30%. Endépitd’une«visibilitélimitée»,lespers- pectivesdecroissancesontbonnespourlelea- dermondialdeslogicielsetdessystèmesdedé- coupeparlaserouparlamedestissusetdes matériauxsouples.Unbonsignalpourl’usine deCestas,sitedenaissancedelasociétéen1973, quiemploieaujourd’hui 1500personnesdans lemonde.AndréHarari,71ans,présidentdu conseild’administration,etsonfrèreDaniel, 61ans,directeurgénéralontpris37%ducapi- taldelasociétédanslesannées1990.Lajeune pousse fondée vingt ans plus tôt par des ju- meaux,BernardetJeanEtcheparre,étaitalors confrontéeàdesdifficultésfinancières. 23000clients LesfrèresHarariontredressélabarre.En2012, ils ont lancé un plan d’investissement de 50millionsd’eurosaxésurlarecherche(10%du chiffred’affaires,50ingénieursrecrutés),ledé- veloppement,laformation,lalogistique.Plu- tôtquededélocaliserenChine(àl’exemplede sonprincipalconcurrentaméricain)etdeseli- vreràuneguerredesprix,Lectraaoptépourla montéeengammedeseslogicielsetdesesma- chinespourdesclientsaussidiversquelacou- tureetlamode(Vuitton,Hermès),lessiègesde voitures(Faurecia),lachaussureetmêmeles siègespourbateauxetavions.Entout,23000 clientsdansunecentainedepays. Nouvellegénérationdemachines Quelquesexemplesd’innovations:lesnouvel- lesmachinesdedécoupesontdotéesdecap- teursquianalysentletissuetoptimisentleur travail.En2014,leurventeaprogresséde45%. Surlemarchédessiègespourvoitures,lapart de Lectra est passée de 15 à 70 % en sept ans. Dansl’ameublement,lesventesontétémulti- pliéespartroisdepuis2012. Depuisquelques mois,lemarchéchinoisestmoinsporteuret lasociétéadûrevoirsesprévisions àlabaisse. Envisagéuntempsà240 millionsd’euros, lechiffred’affairesde2015devraits’établiren- tre235et238millionsd’euros.L’entreprisede- meureconfiante,forted’unfaibletauxd’endet- tement et, souligne Daniel Harari, de «fondamentaux(...)plussolidesqu’ilsn’ontja- maisété»dansl’histoiredeLectra. Michel Monteil Daniel Harari, directeur général de Lectra. PHOTO ARCHIVES STÉPHANE LARTIGUE LECTRA ■■ Ledésertchiliend’Atacama.C’estlà,aunord d’unpaysquisouhaiteproduire20%desonélec- tricitéàpartird’énergiesrenouvelables,qu’EDF énergiesnouvelles (EDF-EN)etsonpartenaire local(Marubeni)vontconstruireunegigantes- quecentralesolaire.Ellecompteraplusde277 000modulesphotovoltaïques.Lesdeuxtiers d’entreeuxserontéquipésdessystèmesdesui- vidusoleil,destrackers,conçusparleGirondin Exosun.EDF-ENavaitdéjàutilisécestrackers dansunprojetaquitain. À l’été 2007, Frédéric Conchy, venu du do- mainebiomédical,s’associeàJean-NoëldeCa- rentenayetàDominiqueRochier,pourcréer Exosundanslapépinièred’entreprisesdeBor- deaux-MontesquieuàMartillac.Lajeuneentre- prisebénéficiedusoutiendel’incubateurrégio- naletestlauréateduconcoursnationald’aide àlacréationd’entreprisesdetechnologiesinno- vantes. Suivrelesoleildumatinausoir L’ambitiondelajeunesociété,surunmarché del’énergiesolairepromisàunbelavenir,estde fabriquerdessystèmesdesuividusoleil.Lespan- neauxphotovoltaïquessontengénéralfixes.En lesposantsurleséquipementsmobiles,ilspeu- vents’orienterdefaçonàêtreenpermanence faceauxrayonnementssolaires,dumatinau soir.Avecundoubleeffet:l’augmentationlapro- ductiond’énergiede30%etlaréductionducoût dukilowatt/heuresolaire. Huit ans plus tard, Frédéric Conchy, 49ans,présidentdelasociété,avendudestrack- ers dans le monde entier.Ils équipent au- jourd’huiplusde270MWc(mégawattcrête)de- puislafermesolairede CestasoucelleduGabar- dandanslesLandesjusqu’àlacentralepilotede CaborcaauMexique. Quatrefilialesàl’étranger Enprésenced’unmarchénationaltimide,Fré- déricConchyatrèsvitemisésurl’exportation. LasociétéaouvertdesfilialesauxÉtats-Unis(San FranciscoetPhœnix),enAfriqueduSud(Cape Town)et,ilyaquelquessemaines,auBrésil(Sal- vador),enpartenariataveclegroupeEcoluzPart SA.ElledisposeaussidebureauxauMexique,au Chili,auPortugaletenEspagne. LesrécentscontratsauBrésiletauChilicon- fortentlastratégied’Exosun.«Nousnousréjouis- sonsàlaperspectivedepouvoirprouversurle terrainlasupérioritétechniquedenotrepro- duitetl’excellencedenosservicesdesupport», s’estfélicitéFrédéricConchyaprèslasignature ducontratchilien,leplusimportantdelajeune entreprisegirondinedésormais (depuis2014) bénéficiaireetinstallédepuispeudansunbâti- mentde1200mètrescarrésàMartillac. M.M. Frédéric Conchy sur le site de la centrale solaire du Gabardan (Landes). PHOTO NICOLAS LE LIÈVRE EXOSUN La découpe de tissus est montée en gamme Gironde ACTIVITÉ : Supports mobiles de panneaux photovoltaïques DATE DE CRÉATION : 2007 DIRIGEANT : Frédéric Conchy EFFECTIF : 90 CHIFFRE D’AFFAIRES : 20 millions d’euros ACTIVITÉ : Fabrication de machines et de logiciels pour l’industrie textile DATE DE CRÉATION : 1973 DIRIGEANTS : André et Daniel Harari EFFECTIF : 1 500 dont 728 en France CHIFFRE D’AFFAIRES : 211 millions d’euros Des panneaux qui tournent (bien) avec le soleil

×