Le mariage léo mutzner

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le rôle de l’ Église. Il peut être résumé
en 4 éléments :
- Son rôle spirituel consist e à enseigner les valeurs bibliques du mariage, le salut en Jésus
Christ qui donne au mariage des ressources nouvelles et qui fait du mariage également une
image de not re alliance avec Jésus Christ.
- Son rôle pédagogique consiste à former et encourager les couples ( futurs mariés et
mariés) et persévérer dans le mariage.
- Son rôle pastoral consiste à accompagner les couples dans les situat ions de crises. Je
rappelle juste en passant que le signe chinois pour crise signifie deux choses : danger et
opportunité. Ainsi nous déployons toute not re énergie pour faire des crises une
opportunité pour renforcer et fort ifier le couple sans rejeter et sans priver
d’ accompagnement ceux qui ne parviennent pas à saisir cette opportunité.
- Son rôle social consiste à s’ associer par la célébrat ion aux mariages avec vérité et amour,
just ice et compassion, discernement et grâce.

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Le mariage léo mutzner

  1. 1. Le mariage: Quel ordre, quels éléments constitutifs, quels effets de la chute, quel rôle de l’Église, quelle célébration ? Introduction «Dieu créa les humains à son image : il les créa à l’ image de Dieu, homme et femme il les créa. » ( Gen 1.27-28) « L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’ homme soit seul, je lui ferai une aide qui soit son vis-à-vis. ( Gen 2.18-19) « C’ est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’ attachera à sa femme, et ils deviendront une seul chair. » ( Gen 2.24) « Je vous déclare que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. ( Mt 19.9) Dans notre modeste exposé, nous nous contentons de relever quelques points qui nous paraissent particulièrement important s et pertinents pour comprendre la position et l’ approche des Églises Protestantes Évangéliques. Nous les présentons sous forme de cinq questions : - De quel ordre relève le mariage ? - Quels sont ses éléments constitutifs ? - Quels en sont les effets de la chute et de la rédemption? - Quel est le rôle de l’Église ? - Quelle célébration dans l’ Église ? De quel ordre relève le mariage ? Nous trouvons le récit constitutif du mariage dans les premières pages du livre de la Genèse. Il se situe dans le cadre de la création. Cela nous amène à affirmer que le mariage relève de l’ordre créationnel et qu’il constitue en tant que tel une bénédiction pour tous les êtres humains, quelque soit leurs races, leur religion et leur arrière plan culturel. Pour une foi réfléchie1 : « Le mariage n’est pas un signe du salut ; c’est un signe de la bonté du Créateur pour toute l’humanité. » C’ est une prise de position importante pour l’ approche générale du mariage. J’ y reviendrai à plusieurs reprises pour montrer les implications pratiques de cette position. 1. Quels sont les éléments constituant le mariage ? En se référant au texte de la Genèse, 4 éléments constituent le mariage : 1) La différence sexuelle. C’ est un homme et une femme qui s’ unissent. 2) La notion de l’alliance. Il s’agit d’ un engagement fondé sur le libre consentement pour construire ensemble un projet de vie dans la fidélité et l’ exclusivité ( Gen 24.58, Ruth 3.9) . 1 Maison de la Bible, 2011, page 784
  2. 2. 3) La reconnaissance sociale. Il est conclu et attesté par un acte public et social selon les rites, coutumes et législations des époques et des pays. Cette prise de position est déduit e de la compréhension du texte de la Genèse ainsi que de la pratique dans l’ AT, notamment du rôle des pères des mariés, des anciens de la ville en cas de litige, du versement de la dot et de la fête du mariage au sein du groupe social. Le lien conjugal, une fois établi, fait partie des réalités sociales dont le magistrat a la surveillance. 4) L’union effective. C’ est la mise en œuvre d’ un projet commun touchant tous les aspects de la vie ( relationnel, social, économique etc.) . Au cœur de cette relation il y a l’amour dont la sexualité est un élément clé. Elle est l’expression d’ une relation, source de fécondité et moyen de cultiver le plaisir et l’intimité dans un cadre protégé. Michel Johner2 : « Il y a mariage, à proprement parler, lorsqu’ un homme et une femme décident d’ inscrire leur relation amoureuse dans le temps et dans l’ espace social auquel ils appartiennent, et qu’ ils attestent cette décision en s’engageant publiquement l’ un envers l’autre. En contrepartie de quoi, le groupe social dont ils font partie les reconnaît et les respecte également comme tels, et s’ engage à leur égard. » 2. Quels sont les effets de la chute et de la rédemption? « La chute » au jardin d’Eden affecte toute l’ existence humaine et par conséquence aussi le mariage. Des changements profonds perturbent la beauté du mariage et de l’ amour conjugal. Si le mariage est de Dieu, ses altérations et ses ruptures proviennent de l’ homme et de sa dureté de cœur. La Bible ne cache pas les drames et les souffrances qui en découlent. En même temps elle laisse apparaître une lumière de grâce et de salut. L’AT se prononce clairement en faveur du mariage défini dans la Genèse ( Dt 22.13-19, 28- 29, Malachie 2.13-16) . Dieu œuvre en faveur du mariage. Nous pourrions citer un grand nombre de textes ( Pentateuque, Cantiques, Proverbes etc. Mais les Ecritures ne passent pas sous silence la douloureuse question du divorce, notamment dans Deutéronome 24.1-4. Mais attention, ce texte n’ouvre pas la porte au divorce mais limite une porte déjà ouverte. Dans ce texte, le divorce est toléré à cause de « quelque chose d’ inconvenable » terme très difficile à cerner. Une lettre de répudiation devait être rédigée et elle apportait une certaine protection à la femme. Jésus-Christ et les auteurs du NT affirment clairement leur attachement au mariage. L’ évangile qui transforme l’être humain au plus profond, transforme aussi le couple et fait de lui une communauté de grâce, de pardon et d’ amour. La femme est appelée à faire confiance à son mari et le mari est appelé à aimer sa femme comme Christ a aimé l’ Église. Il y a là une analogie profonde et dynamique. L’évangile renforce, solidifie et équipe considérablement le couple dans son projet de vie. C’ est la fameuse corde à trois fils qui ne rompt pas facilement ( Eccl 4.12) . Mais le problème de la dureté de cœur n’ est pas pour autant réglée définitivement. Ainsi la question douloureuse du divorce n’est pas définitivement ôtée tout comme le péché ne l’ est pas non plus. Il n’est pas traité avec légèreté ou permissivité mais avec gravité, appel à la 2 Dictionnaire de Théologie Pratique, Christophe Paya (Excelsis, 2011), page 211
  3. 3. repentance mais aussi avec grâce et compassion ( Mt 5.31, 19.2, 19.9, Mc 10.9 -12, Ro 7.2-3, 1 Co 7.11-14, 39) . 3. Quel est le rôle de l’Église ? Pour comprendre l’approche évangélique, nous devons premièrement nous positionner par rapport à la notion de sacrement. En effet, il n’y a pas de notion de sacrement dans le mariage chez les Évangéliques. Les sacrements, c’ est d’ ailleurs une expression quasi jamais utilisée, ne sont pas des signes efficaces de la grâce mais s’ il faut les définir ( par exemple dans la pratique du baptême et de l’eucharistie) ce sont un simple moyen de confesser sa foi et son engagement. Cela veut dire que les Évangéliques reconnaissent la légitimité et la validité du mariage civil. Ils affirment que dans l’ AT et dans le NT le mariage est premièrement une affaire civile. Nous ne trouvons pas de traces d’autorités religieuses célébrant ou validant les mariages. Diognète écrit au 2è siècle : « Les chrétiens se marient comme tout le monde ! ». Michel Johner3 : « C’ est sur la base de sa théologie que la Réforme a défini le mariage comme un engagement civil sur lequel Dieu place sa bénédiction. Le mariage, en théologie protestante, est l’un des domaines privilégiés dans lesquels se « visibilise » l’ articulation du spirituel et du social. De son point de vue, le « oui » devant le maire est aussi le « oui » devant Dieu. Il n’y a pas de dichotomie entre les deux. Il n’ y a pas de « oui » civil auquel viendrait s’ajouter un « oui » religieux… » Mais l’ affirmation que Dieu a confiée à l’ État la juridiction du mariage ne signifie pas que la théologie doit suivre l’état ou « être pris en otage par les évolutions successives du droit civil en la matière » pour employer une expression de Michel Johner4 . Ainsi cette position peut varier suivant les pays, législations et pratiques. En France, les Évangéliques ne considèrent pas comme mariage le « PACS « marqué pour une solidarité matérielle mais non morale ou la co-habitation, appelé « co-hésitation » par France Quéré, ou « sous-mariage » par Henri Blocher ou tout simplement « mariage déficient ». A l’heure actuelle le code civil définit le mariage dans des termes proches à la vision chrétienne : Art 212 : Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance. Art 21 : Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. A partir de cette remarque, nous pouvons mieux définir le rôle de l’ Église. Il peut être résumé en 4 éléments : - Son rôle spirituel consiste à enseigner les valeurs bibliques du mariage, le salut en Jésus Christ qui donne au mariage des ressources nouvelles et qui fait du mariage également une image de notre alliance avec Jésus Christ. - Son rôle pédagogique consiste à former et encourager les couples ( futurs mariés et mariés) et persévérer dans le mariage. - Son rôle pastoral consiste à accompagner les couples dans les situations de crises. Je rappelle juste en passant que le signe chinois pour crise signifie deux choses : danger et opportunité. Ainsi nous déployons toute notre énergie pour faire des crises une opportunité pour renforcer et fortifier le couple sans rejeter et sans priver d’accompagnement ceux qui ne parviennent pas à saisir cette opportunité. - Son rôle social consiste à s’associer par la célébration aux mariages avec vérité et amour, justice et compassion, discernement et grâce. 3 La Revue Réformée, N° 216/ 2002, page 5 4 La Revue Réformée, N° 216/ 2002, page 5
  4. 4. Comment l’Église Évangélique se positionne-t-elle face au divorce et au remariage ? Ce n’est pas vraiment le sujet du bref exposé mais je souhaite brièvement faire trois remarques. Premièrement au delà de la douleur du couple ou de la famille concernée, c’ est toute la communauté à laquelle ils appartiennent qui est dans la peine. Deuxièmement ce sujet nous confronte à la complexité d’ être humains crées par Dieu, déchus par le péché et sauvé par la grâce en Jésus Christ. Cela rend également complexe notre réflexion biblique, théologique et approche pastorale. Troisièmement l’approche des Églises Évangéliques n’ est pas forcément unanime. Certes des documents officiels des différentes unions d’ Églises, quoi que souvent relativement proches, contiennent des nuances. Mais c’est surtout sur le terrain, au sein des Églises locales qu’ il y a une diversité d’approches ( 4 positions : 1) Pas de divorce, 2) Divorce oui pour cause d’infidélité ou de désertion mais pas de remariage, 3) Divorce oui pour cause d’ infidélité ou de désertion avec possibilité de remariage, 4) Divorce oui pour des causes suffisamment graves avec possibilités de remariage) . Henri Blocher : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. Que l’ homme ne condamne pas ce que Dieu a permis. Que l’homme ne désespère pas, là où Dieu fait grâce. » 4. Quelle célébration de mariage dans l’Église ? Peut-on formuler une « théologie de la cérémonie religieuse » ? Michel Johner a fait un essai de synthèse en 5 propositions : 1) Un acte d’enseignement et d’annonce de l’Évangile Il s’agit de rappeler la signification du mariage et les ressources offertes par Dieu. 2) Un acte de prière solennelle C’ est une occasion de remercier Dieu et d’ intercéder pour eux qu’ il protège, soude et accompagne le couple. 3) Un acte d’engagement Même si le couple s’est déjà engagé devant le maire, il peut réitérer son engagement à l’Église en mettant pus particulièrement l’ accent sur sa confiance en Dieu. 4) Une attestation de l’engagement de Dieu à l’égard du couple C’ est également une bonne occasion de nous rappeler et d’ attester l’ engagement de Dieu à l’égard du couple. Dieu porte un regard favorable sur le mariage. 5) Un acte de témoignage La célébration religieuse du mariage est un témoignage vis-à-vis de ses proches et de la société en général. Quelle démarche vis-à-vis des demandes de célébration ? - La première étape consiste à accueillir le futur couple pour connaître leur situation et écouter leur demande. C’ est une étape importante. Souvent les couples surtout s’ ils ne sont pas membres de l’église ont une idée très floue de ce qu’ ils demandant. Les mots clés de cette démarche sont vérité, honnêteté et franchise. - La deuxième étape consiste à se positionner avec clarté et amour. Suivant la situation du couple, leur positionnement spirituel, la sensibilité du pasteur ainsi que de son Église, les réponses peuvent être assez diverses. Trois aspects interviennent et jouent un rôle clé dans la prise de décision du pasteur : 1) Le pasteur ne « marie » personne. 2) La cérémonie religieuse engage le témoignage de l’Église. 3) La cérémonie doit correspondre à la réalité et la vérité.
  5. 5. - La troisième étape consiste à élaborer la forme de célébration dans le cadre fixé. L’absence de consignes précises concernant la cérémonie de mariage dans la Bible ainsi que la pratique de la demande de la bénédiction permet une modulation des pratiques en fonction des situations. - La quatrième étape consiste à proposer une préparation au mariage. Cet aspect est particulièrement important, plus encore que la cérémonie. Elle permet d’enseigner, d’encourager et d’accompagner souvent au-delà même de la célébration du mariage. Conclusion Je termine avec un appel de l’auteur de l’ épître aux Hébreux : « Que le mariage soit honoré par sous ( Hé 13.4) . Je crois que nous sommes tous d’ accord avec cet appel. Que nous puissions œuvrer en faveur du mariage, des couples et des familles pour la gloire de notre Dieu et le bien de notre société. Léo Mützner, janvier 2013 Bibliographie  Dictionnaire de Théologie Pratique ( C. Paya, Excelsis 2011) , pages 22, 71-72, 205 – 213, 562-567  Mariage, divorce, remariage, réflexion biblique, historique et pastorale, CAEF, 2000)  Pour une foi réfléchie, Alain Nisus ( Maison de la Bible, 2011) , pages 784 -787  Fondements biblique du passage devant le maire, Henri Blocher ( Ichtus 125/ 6, 1984, p. 2-8)  La sexualité et le mariage, Les cahiers de l’ école pastorale Hors-série N° 2, 2000  Textes liturgiques, Les cahiers de l’ école pastorale Hors série N° 5 -6, 2004  Divorce et remariage, quelle pastorale ? Emmanuel Alvarez ( Les cahiers de l’ école pastorale N° 79, 2011)  Divorce et remariage. Qu’en dit la Bible ? ( Les cahiers de l’ école pastorale, N° 80,2011) , pages 20-42  Le divorce, étude biblique et pastorale, Roger Barilier ( Revue Réformée 171, 1991)  La célébration religieuse du mariage étendue au PACS ou au concubinage ( Revue Réformée N° 216/ 2002, pages 1-22) Article communiqué par Léo MUTZNER Pasteur de l’ Assemblée Protestante Evangélique du Vercors. Extrait du cycle de formation donnée au centre théologique de Meylan.

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