SportMag Octobre 2014

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SportMag Octobre 2014

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SportMag Octobre 2014

  1. 1. Nanterre Le nouveau défi de Gomis Football : Reims Rugby : Lyon Basket : Nanterre Volley : Sète Handball : Chambéry Auto : Yvan Muller Au féminin : Marie-Laure Delie UNS : Nice, Liévin, Vénissieux FFSU : Lille Médias : Jean Pierre Papin Business : Ski Republic Zone Mixte : Yohan Blondel N° 70 - octobre 2014 - 6,00 € L e m a g a z i n e m e n s u e l d e s s p o r t s
  2. 2. ABONNEZ – VOUS ! au magazine www.sportmag.fr LE 1er MAGAZINE MENSUEL DES SPORTS - Sport Universitaire - UNSS - Au Féminin - Métiers du Sport - Sports mécaniques - Sport médias - Sport d’attache - Sport business - Fan zone - Découverte d’un sport UNE NOUVELLE FAÇON DE VIVRE LE SPORT ! Cochez l’offre que vous désirez : OUI, je souhaite m’abonner à SPORTMAG pour un an (11 numéros) au prix exceptionnel de 47.5 € (au lieu de 66 €*) OUI, je souhaite m’abonner à SPORTMAG pour 2 ans (22 numéros) au prix exceptionnel de 85 € (au lieu de 132 €*) * Par rapport au prix unitaire Et remplissez le bulletin ci-dessous : Raison sociale :…………………………………………………………………………………………………… Nom : …………………………………………………….. Prénom : …………………………………………… Adresse :…………………………………………………………………………………………………………… Code postal :……………………. Ville :…………………………………………………………………………. Téléphone : ………………………..………………Email :……………………………………………………… BULLETIN d’ABONNEMENT à retourner accompagné de votre règlement à : SPORTMAG – Le Clos de BELVEZET – 203 rue Pierre LAROUSSE – 34090 MONTPELLIER Pour tous renseignements : service clientèle au 04.67.54.14.91 ou envoyer un mail à abonnement@sportmag.fr Votre règlement : bancaire ou postal à l'ordre de EVEN’DIA SPORTMAG Date et signature obligatoires précisez : ………………………………………………………………………………………………………………………. Siège Social : Le Clos de Belvezet – 203 rue Pierre Larousse. 34090 MONTPELLIER SARL au capital de 8000€ -SIRET 450 263 785 00070 – APE 5814Z – N° Intracommunautaire FR 19450263785 TELNUM1014
  3. 3. J’ABONNE MON CLUB À 1er MAGAZINE MENSUEL MULTISPORTS L’abonnement numérique GRATUIT à tous les licenciés du club. L E M A G A Z I N E M E N S U E L D E S S P O R T S Une nouvelle façon de vivre le sport sportmag.fr PSG / MONACO A la conquête de l'Europe Football Fournier, un Lyon prêt à rugir BASKET Batum, nouveau super héros des Bleus RUGBY Bordeaux-Bègles doit confirmer N° 69 - septembre 2014 - 6,00 € POUR 47,50€ seulement Commander sur SPORTMAG.fr rubrique ABONNEMENT DUO coupon promo CLUB.
  4. 4. Skiez où vous voulez, quand vous voulez ! LOUEZ VOTRE MATÉRIEL EN ILLIMITÉ À PARTIR DE 119 € PAR SAISON ! D a n s p l u s d e 6 0 m a g a s i n s ALPES | PYRÉNÉES A v e c d u m a t é r i e l e n t r e t e n u E n v a r i a n t v o s p l a i s i r s Voyager léger en station ! LA CARTE NO LIMIT ! En vente exclusive sur : WWW.SKI-REPUBLIC.COM ALPES | PYRÉNÉES | SUISSE
  5. 5. par Pascal Rioche L’espoir n’est pas une formule, mais une pratique. Nicole Notat 4 Illustration 6 Focus Canoë-Kayak 8 Sport d’attache Les 400 coups 10 Sport médias Jean-Pierre Papin FOOTBAL 20 REIMS Jean-Luc Vasseur RUGBY 24 lyon Romain Veniat BASKET 28 Nanterre Joseph Gomis VOLEY 32 Arago de Sète Tommy Senger HANDBAL 34 Chambéry Alexandre Trittat SPORTS DIVERS 38 Sports mécaniques Yvan Muller 42 Au féminin Marie-Laure Delie 46 Découverte Masters de Pétanque Sommaire 12 DOSIER Les Bleus en haut du panier 50 UNS Diversité et dynamisme à Nice 54 Sport Universitaire Lille sort des schémas traditionnels 58 Sport Business Ski Republic 60 Métiers du sport Moniteur d'escalade 62 Fan Zone BNP Paribas Masters 64 Shopping Attention, l'automne arrive ! 66 Zone mixte Croissance et francophonie : Où est le sport ? Directeur de la Publication Pascal Rioche - p.rioche@sportmag.fr Rédacteur : Olivier Navarranne - redaction@sportmag.fr Maquette : Dora David - doragraph@gmail.com Secrétaire de rédaction : Nathalie Hénebé Secrétariat comptabilité : sportmag@sportmag.fr Service abonnement : Noémie Rioche - abonnement@sportmag.fr Rédaction Y. Blondel, M. Wielfaert, A. Lapointe, S. Lartaud Illustration : Escargot Webmaster : Olivier Navarranne - webmaster@sportmag.fr Photos de couverture : © Icon Sport, Fabrice Rumillat / CSH et QUARTERBACK Photos : Agence Icon Sport Publicité : commercial@sportmag.fr Impression : Bialec 95, boulevard d'Austrasie - B.P. 10423 54001 Nancy Cedex http://www.bialec.fr Diffusion : Abonnement et numérique SPORTMAG est une publication de la Société Even’dia - SARL avec associé unique au capital de 8 000 euros Gérant : Pascal Rioche Siège social : SARL Even’dia Le Clos de Belvezet 203 rue Pierre LAROUSSE 34090 MONTPELLIER RCS : 450 263 785 Montpellier Commission paritaire : 00219 K 89740 ISSN : 1960 - 7857 - Dépôt Légal : à parution Prix : 6,00 euros Toute reproduction, ou toute adaptation même partielle quels que soient le support et le destinataire est interdite. Une autorisation écrite préalable devra être demandée. Dans le cas contraire toute fraude sera poursuivie Art.19 de la loi du 11 mars 1957. Selon source initiale les textes, des-sins, ou cartes, mises en pages et photos de ce document demeurent la propriété de l’éditeur. Prochaine parution le 1er novembre 2014 Après une prestation honorable de nos Bleus au Mondial de foot au Brésil, la brillante médaille de bronze de l’équipe de France de Basket est bien le signe que nous devons croire en nous et que rien n’est perdu d’avance. Privée de sa star Tony Parker et victime de nombreux forfaits de dernière minute, la bande de Vincent Collet a démontré des valeurs et des ressources mentales dont notre pays devrait s’inspirer. Car c’est bien par le travail, l’engagement, la détermination et surtout par la discipline collective que cette équipe est venue terminer sur le podium du championnat du Monde de Basket en Espagne. Une embellie sur laquelle l’équipe de France de Volley a surfé en obtenant une 4ème place lors du championnat du Monde en Pologne. En attendant les 21, 22 et 23 novembre et la finale de la Coupe Davis à Lille, avec la possibilité d’un sacre de notre nation face à la Suisse du plus grand tennisman de tous les temps : Roger Federer. Quelle chance de pouvoir vibrer derrière les équipes de France et leurs bons résultats, où s’empressent nos politiques, pour rappeler que notre nation dispose de ressources. Si notre société pouvait en faire autant, le moral et la dynamique de notre pays seraient bien plus positifs. En sport comme dans la vie, nous avons des hauts et des bas. Nous ne gagnerons pas à tous les coups, mais nous devons faire en sorte de nous donner les moyens de vivre ces moments dans le plaisir du partage et de l’équité. Cela commence aussi par la pratique scolaire, afin de donner un cadre à notre jeunesse dans la transmission du savoir en matière de sport. Troisième des championnats du Monde en Espagne, l'équipe de France de basket a décroché la première médaille mondiale de son histoire. Un exploit pour un groupe tricolore qui se tourne désormais avec ambition vers l'Euro 2015 et les J.O 2016. Edito L’effet papillon n°70 - octobre 2014 3
  6. 6. Illustration par Escargot Après la Coupe Davis, j’espère pouvoir quitter mes habits, car tous les mois c’est bleu, blanc, rouge. 4 n°70 - octobre 2014
  7. 7. 1er MAGAZINE MENSUEL MULTISPORTS PLUS D’EXCUSES POUR NE PAS ETRE INFORMÉ L E M A G A Z I N E M E N S U E L D E S S P O R T S FÊTE DES IDÉE PÈRES FORMULES D’ABONNEMENTS Une nouvelle façon de vivre le sport sportmag.fr RUGBY Pélissié, un demi plein d’avenir HANDBALL Vincent Gérard savoure le titre BASKET Jaiteh veut encore grandir N° 67 - juin 2014 SPORTMAG - N° 67 - juin 2014 - www.sportmag.fr 3’:HIKSMB=U[UUY:?k@a@q@h@a"; M 08217 - 67 - F:6,00 E - RD COUPE MONDECOUPE DU MONDE Le rêve brésilien NUMÉRIQUE DÉCOUVERTE 3 N° 10€ au lieu de 18 € DUO Papier : 11 n°/an & web 11 n°/an + les archives 58,50€ au lieu de 99 € NUMÉRIQUE 11 N°/ AN 19,90€ au lieu de 33 € PAPIER 11 N°/ 1 AN 47,50€ au lieu de 66 € PAPIER 22 N°/ 2 ANS 85€ au lieu de 132 €
  8. 8. Focus par Olivier Navarranne © Canoë Kayak Magazine Superbe moisson pour l'équipe de France de Canoë-Kayak lors des championnats du Monde à Deep Creek (États-Unis). Les Bleus ont décroché neuf médailles, dont quatre titres. Les Français ont même trusté le podium de l'épreuve masculine du kayak. Une performance historique. Vice-champions du Monde en Canoë Biplace, Hugo Biso (à gauche) et Pierre Picco (à droite) ont désormais les Jeux de Rio dans le viseur. Médaillé d'or, Boris Neveu a devancé Sébastien Combot et Mathieu Biazizzo pour un triplé historique dans l'épreuve du kayak. © Canoë Kayak Magazine 6 n°70 - octobre 2014
  9. 9. Championnats du Monde © Canoë Kayak Magazine Le canoë féminin français n'a pas été en reste lors de ces Mondiaux avec la médaille de bronze obtenue par Oriane Rebours. Vague de succès pour le Canoë-Kayak français n°70 - octobre 2014 7
  10. 10. Pierrot le Fou (à gauche), Yoma (au centre) et Panza (à droite), un trio uni autour du rap depuis 2010. © Les 400 coups Sport d'attache par Olivier Navarranne « Toute la ville s'arrête quand l'OM joue » Les 400 coups Comment définiriez-vous votre groupe, « Les 400 coups », est-ce du rap cinématographique ? Yoma : Oui, c'est une espèce de rap cinématographique et alternatif dans le style musical. L'influence du cinéma est forte, puisque nous sommes tous comédiens dans le groupe. Et puis tous les titres de chansons font directement référence à un titre de film. Le nom du groupe se réfère, lui, au célèbre film de François Truffaut. Panza : Nous avons sorti un album de douze titres avec beaucoup de styles différents, nous avons essayé de ne pas nous focaliser sur un seul style de musique et d'essayer de toucher un peu à tout. C'est aussi l'occasion d'évoquer un peu tous les thèmes de la société... Panza : Tout à fait. Nous avons d'ail-leurs plusieurs façons de fonctionner. Parfois, nous avons un thème en tête et nous allons chercher le film qui s’y réfère. D'autres fois, c'est le film qui nous parle et qui nous inspire la chanson. La chanson ne se fait pas forcément du film, mais plutôt de ce qu'il nous évoque. Vous avez une formation de comé-dien, ça se voit d'ailleurs dans les clips qui sont originaux et travail-lés. Un bon clip, c'est aussi ce qui fait le succès d'une chanson ? Panza : C'est vrai qu'on aime ça. Moi j'ai un Bac cinéma par exemple. J'aime ce rapport à la caméra, du coup nous essayons de bien travailler les clips avec les moyens du bord. Pour le moment, nous n'avons pas encore assez de fonds pour payer des professionnels, mais il est vrai que notre but est d'avoir des clips cinéma de trois à quatre minutes. Né en 2010, « Les 400 coups » est un groupe de rap à forte influence cinématogra-phique. Ce qui n'empêche pas Yoma et Panza, les deux créateurs du groupe, de se pencher sur une autre de leur passion : le sport. 8 n°70 - octobre 2014
  11. 11. Marseille est le cadre de votre dernier clip, « Nos nuits sont plus belles que vos jours ». Vous avez un rapport particulier avec cette ville désormais ? Panza : Sur les trois rappeurs, nous sommes tous un peu adoptés par Mar-seille, sachant que nous n'en sommes par originaires. Nous nous sommes tous retrouvés dans cette ville pour les études, et je crois que l'ambiance, le soleil et la mer nous ont fait tomber amoureux de cette ville. Nous avons donc décidé de nous baser ici. Yoma : Mon père était Marseillais, j'ai donc toujours eu un rapport particulier avec cette ville. Pierrot le Fou (le troi-sième rappeur, ndlr) est de Martigues, Panza est de Nice, donc Marseille était vraiment le point d'ancrage idéal pour notre groupe. « Peut-être une bonne année pour l'OM » Marseille c'est aussi l'OM. En êtes-vous également tombés amoureux ? Panza : Personnellement je suis un grand fan de foot, je ne rate pas beau-coup de matches. Quand je suis arrivé à Marseille, j'ai compris ce qu'était la vraie passion pour le football et pour l'OM. Parfois il y a de la mauvaise foi, les gens sont facilement en colère quand le club perd, mais j'ai vraiment senti que toute la ville s'arrête quand l'OM joue. Passionné de sport, le groupe espère une belle saison de la part de l'OM, et croit à la deuxième place. Yoma : L'OM, c'est le club pour lequel j'ai toujours eu un coup de coeur. Quand j'ai fait des études sur Cannes, j'ai pu aller voir des matches à Nice et à Monaco, mais je n'ai jamais ressenti l'ambiance du Vélodrome. Justement, comment appréhendez-vous cette saison avec le nouveau Vélodrome et surtout l'arrivée sur le banc de Marcelo Bielsa ? Panza : Je pense que ça va plutôt bien se passer, malgré les déclarations du début de saison entre Labrune et Bielsa. Pour le moment, nous sentons qu'il y a un fond de jeu. Je les vois bien finir troisièmes ou même dauphins du PSG. Monaco ne s'est pas renforcé, Lyon est mal parti... je pense que ça peut-être une bonne année pour l'OM. Les 400 coups Yoma : Après, c'est toujours le même problème, il faut qu'ils restent focalisés sur le football. Les histoires internes doivent s'arrêter, c'est aussi ce qui a apporté beaucoup trop de problèmes ces dernières années. Le sport est un sujet que vous n'avez pas encore traité dans votre musique. Est-ce un projet ? Yoma : C'est vrai que c'est un projet. Nous sommes capables d'en parler. Panza est par exemple un grand fan de football, et même de tous les sports. C'est vraiment le membre du groupe qui s'enferme quand il y a la Coupe du monde, qui va louper des répétitions à cause des matches importants (rires). Pareil en cas de Jeux olympiques, on ne voit plus Panza ! Personnellement, j'ai pratiqué du MMA, des arts mar-tiaux mixtes, dans un club de Mar-seille, la MK Légion. C'est un sport qui se développe énormément en France. J'ai aussi fait du Parkour, c'est une pratique qui a été rendue populaire par les Yamakasis. Je souhaite faire une chanson sur mon club pour rendre hommage au MMA. Concernant le Parkour, nous avons le projet d'une chanson baptisée « Arrête-moi si tu peux ». Panza : De temps en temps il y a quand même quelques références au sport dans nos chansons. Dans notre chanson intitulée « Suspicion », je parlais de la corruption et de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Nous parlons également de boxe et du film Raging Bull dans la chanson « Heat ». Il y a quelques petites références pour le moment, mais ne vous inquiétez pas, le sport aura droit à sa chanson ! © Les 400 coups © Les 400 coups Tous les clips sont à visionner sur la chaîne YouTube du groupe sur www.youtube. com/yoma-les400coups/ videos n°70 - octobre 2014 9
  12. 12. Sports médias par Arnaud Lapointe « Je cherche à réussir ma seconde vie » Jean-Pierre Papin Jean-Pierre Papin est sans doute le plus grand avant-centre de l'histoire du football français. Après s'être reconverti dans un premier temps en entraîneur, le Ballon d'Or 1991 se consacre aujourd'hui avec brio au métier de consultant du côté de beIN SPORTS. Vous êtes devenu consultant pour les chaînes beIN SPORTS en 2012, au moment du lan-cement de celles-ci. Comment vous a-t-on convaincu de participer à ce projet ? Charles Biétry m'a appelé pour savoir si le projet m'intéressait. Comme Canal+ ne renouvelait pas mon contrat, pour des raisons que j’ignore, je suis parti. Participer au multiplex est un exercice qui me tentait bien. C’est du direct, il faut savoir anticiper. Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu, Omar da Fonseca, Éric Di Meco... Chaque consultant possède un style qui lui est propre. Comment définiriez-vous le vôtre ? C’est compliqué de se définir soi-même. Je pense être plutôt réaliste. Je n’aime pas la polémique. Actuellement, on met trop l’accent sur certains aspects négatifs. Les rapports entre joueurs et jour-nalistes ont changé. L’univers du football s’est « peoplisé ». Je ne trouve pas ça très intéressant. J'essaie souvent de défendre les joueurs, même si ce n’est pas toujours évident. Il faut savoir les proté-ger. Par exemple, le coup de tête de Brandao donné à Thiago Mot-ta est inexcu-sable. C’est un geste très grave. Les images ne parlent pas pour lui. De là à en faire le pire des pestiférés… Il faut pouvoir lui trouver des circonstances atténuantes. Dans votre activité actuelle, parvenez-vous à retrouver des sensations similaires ou proches de celles que vous avez connues au cours de votre carrière de joueur ? C’est impossible ! Les sensa-tions, tu les vis sur le terrain. Aujourd’hui, je suis dans les tribunes. Mais je suis content. Cela me permet de retranscrire une partie de ce que j’ai pu connaître en tant que joueur. Parfois je suis frustré, mais je ne peux rien faire (rires). Quand une action se termine mal, il m’arrive de me dire : « Moi, j’aurais opté pour tel ou tel geste ». Néanmoins, il ne faut surtout pas s'exprimer de cette façon à l’antenne. L o r s q u ’ u n e occasion de but est avor-tée, il convient plutôt d'opter pour des for-mules telles que : « La solution aurait été de.. », « Il aurait pu... », « Il n’a pas pensé à… ». Voilà mainte-nant près de 12 ans que je suis consultant. Au départ, ce n’était pas toujours évident. J’ai acquis beaucoup d'expé- « JPP » anime notamment le multiplex de Ligue 1 du samedi soir. © PANORAMIC 10 n°70 - octobre 2014
  13. 13. rience, notamment en commentant de nombreux matches. Je m’épanouis dans ce métier qui m’offre une grande polyvalence : des émissions en public, un dialogue avec les joueurs… car c’est aussi intéressant que valorisant. La monotonie n’existe pas. Jean-Michel Larqué est probable-ment le consultant possédant la plus grande longévité en matière de football. Souhaiteriez-vous connaître le même parcours que lui ? J’ai déjà commencé à prendre un peu le même chemin. Jean-Michel est l’un des précurseurs en la matière. Sa reconversion est tellement réussie que les gens en ont presque oublié qu’il avait été joueur. C’est comme Yannick Noah : sa carrière de chanteur a occulté sa carrière de tennisman. Il est tout à fait possible d’avoir plusieurs vies, l’important étant de réussir. J’ai réalisé mon rêve en devenant footbal-leur, je cherche désormais à réussir ma seconde vie. « La L1 est devenue un championnat de seconde zone » Qui est aujourd'hui le meilleur consultant ? Christophe Dugarry. Il possède de nombreuses qualités, comme son franc-parler. Quelquefois, son parti pris dérange certains téléspectateurs. Même si le métier de consultant sup-pose un certain devoir de neutralité, il est parfois intéressant de faire part de ses préférences. C’est même normal pour un ancien joueur. En ce qui me concerne, je serai toujours catalogué OM. Je l’assume : cela ne me pose pas le moindre problème. Le niveau de la Ligue 1 s'est appau-vri cette saison, notamment à cause des départs de James Rodriguez et de Falcao de Monaco. Considérez-vous aujourd'hui la L1 comme un championnat « discount » ? La L1 est devenue un championnat de seconde zone. Je ne cache pas être inquiet pour le futur. Elle devient de moins en moins attractive et j’ai peur que ce phénomène ne s’accentue encore dans les années à venir. Il n’y a pas de stars, excepté au PSG. Monaco est redevenu un club comme un autre. Après, il faut savoir positiver. Beaucoup de jeunes vont avoir l’opportunité de se mettre en valeur. Le championnat de France va devenir un centre de forma-tion grandeur nature. L'effectif du PSG n'a guère été renforcé lors de l'intersaison. Pen-sez- vous que le club de la capitale puisse intégrer le dernier carré de la Ligue des champions cette saison ? Oui, il peut même la remporter. Jean-Pierre Papin Laurent Blanc possède un effectif susceptible de gagner cette compé-tition. Aujourd’hui, tous les grands clubs européens redoutent de devoir affronter le PSG. Le club de la capi-tale est en mesure de battre n’importe quelle grosse cylindrée. Si vous étiez encore joueur au-jourd'hui, un projet comme celui du PSG aurait-il pu vous intéresser ? Forcément. Le projet du PSG est de gagner la Ligue des champions. Aucun joueur ne peut rester insensible face à un tel défi. En France, Paris est devenu une locomotive derrière laquelle il faut pouvoir s’accrocher. © PANORAMIC Jean-Pierre Papin, ici aux côtés d'Alexandre Ruiz (à gauche) et de Giovanni Trapattoni (au centre), a parfaitement trouvé sa place dans ce métier de consultant. BIO EXPRESS Jean-Pierre Papin 50 ans - Né le 5 novembre 1963 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) Média : beIN SPORTS Joueur : Valenciennes (1984-1985), FC Bruges (1985-1986), Marseille (1986-1992), Milan AC (1992-1994), Bayern Munich (1994-1996), Bordeaux (1996-1998), Guingamp (1998) Entraîneur : Bassin d'Arcachon (2004-2006), Strasbourg (2006-2007), Lens (2007-2008), Châteauroux (2010) Sélection nationale : 54 sélections (30 buts) Palmarès : Vainqueur de la Coupe de l'UEFA (1996), champion de France (1989, 1990, 1991, 1992), champion d'Italie (1993, 1994), vainqueur de la Coupe de France (1989), vainqueur de la Coupe de Belgique (1986), vainqueur de la Supercoupe d'Italie (1992) n°70 - octobre 2014 11
  14. 14. Dossier par Olivier Navarranne Troisième des championnats du Monde en Espagne, l'équipe de France de basket a décroché la première médaille mondiale de son histoire. Un exploit pour un groupe tricolore qui se tourne désormais avec ambition vers l'Euro 2015 et les J.O 2016. Nicolas Batum, ici face à la Serbie en demi-finale, a été le grand artisan de la médaille tricolore. © Marko Metlas / Icon Sport 12 n°70 - octobre 2014
  15. 15. Championnats du Monde Les Bleus en haut du panier n°70 - octobre 2014 13
  16. 16. Dossier Florent Pietrus en tête, les Français ont laissé exploser leur joie après le coup de sifflet final du match face à la Lituanie. © Marko Metlas / Icon Sport Les Français ont soulevé des montagnes Un an après le titre européen et l'euphorie née de cette performance, les basketteurs français avaient de nouveau rendez-vous avec les joutes internationales au mois de septembre à l'occasion du Mondial. Une compéti-tion en terre espagnole, sans le maître à jouer des Bleus : Tony Parker. Le meneur français avait en effet décidé de s'accorder un peu de repos après une saison chargée sous le maillot des San Antonio Spurs. En son absence, Antoine Diot et Thomas Heurtel de-vaient assumer le poste de meneur, tandis que Nicolas Batum et Boris Diaw avaient la charge, tout aussi difficile, de devenir les leaders de l'équipe. Une formule pas vraiment concluante lors des matches de préparation, avec des défaites face à la Serbie, l'Ukraine et l'Australie. Les hommes de Vincent Collet ne se sont guère rassurés à l'heure d'entamer la compétition, avec d’entrée une défaite face au Brésil (63-65). Pas vraiment inquiet, le sélec-tionneur français savait que le vrai test aurait lieu lors du deuxième match du groupe face à la Serbie. Cette fois, contrairement à la préparation, les Bleus ont prouvé qu'ils pouvaient réagir en étant menés. Une capacité de réaction symbolisée par les excellentes performances de Joffrey Lauvergne et Antoine Diot, et une victoire sur le fil (73-74). Une formalité face à l'Égypte (94-55). Plus tard les Français avaient rendez-vous avec leur ennemi juré : l'Espagne, candidat déclaré au titre mondial. « Une leçon de basket », c'est ainsi que plusieurs joueurs fran- Sans Tony Parker, les Tricolores n'étaient pas forcément attendus à l'heure d'aborder les cham-pionnats du Monde en Espagne. Mais le groupe France a pris son destin en main, notamment lors du quart de finale face aux Espagnols. 14 n°70 - octobre 2014
  17. 17. Championnats du Monde çais avaient qualifié l'imposante dé-faite (88-64). Pas forcément convain-cant, le succès contre l'Iran (81-76) ne donnait pas énormément de garanties avec le huitième de finale face à la Croatie. Mais les Bleus n'étaient alors qu'à une victoire du quart de finale, objectif annoncé avant la compétition. Un huitième de finale piège, âpre, conclu par une victoire à l'arraché après un nouveau début de match raté (69-64). Lors de cette rencontre, Tho-mas Heurtel et Evan Fournier avaient su hausser leur niveau de jeu. En quart de finale face à l'Espagne, tout le monde a su y parvenir. Y compris Vin-cent Collet, le sélectionneur n'hésitant pas à lancer Rudy Gobert en défense, auteur d'un match héroïque face aux géants espagnols. Exploit majuscule face à l'Espagne Une victoire 65-52 en Espagne, face à la meilleure formation espagnole de tous les temps ? Sans doute le plus grand exploit de l'histoire du basket français. « Cette équipe mérite d'aller chercher une médaille », affirme alors Vincent Collet. Mais c'est bien connu, dans le sport le mérite n'est pas tou-jours récompensé. Sans doute lessivés par leur performance précédente, les Français manquent complètement leur entame de match face à la Serbie, en demi-finale. Menés de quinze points à l'entame du dernier quart-temps, les Bleus, emmenés par Nicolas Batum, ont alors emballé le match jusqu'à revenir à trois unités des Serbes. Un réveil bien trop tardif, et des regrets éternels avec cette défaite (85-90). Mais ces Tricolores disposent d'une force mentale hors du commun. Ils ont su se remobiliser pour aller chercher le bronze face à une équipe de Lituanie atomisée par les États-Unis en demi-finale. Une fin de match tendue, une victoire 95-93 et les Bleus pouvaient exploser de joie : une médaille de bronze, la première de l'histoire du basket fran-çais dans un championnat du Monde. Breloque autour du cou, les basket-teurs tricolores figurent désormais sur le podium de la hiérarchie mondiale. Un statut qu'il faudra assumer dès l'année prochaine lors du championnat d'Eu-rope à domicile, mais aussi dans deux ans à l'occasion des Jeux olympiques de Rio. Avec Tony Parker cette fois... © Marko Metlas / Icon Sport En l'absence de Tony Parker, Thomas Heurtel a prouvé qu'il pouvait être plus qu'une solution de rechange. En bronze, la France vise désormais l'or aux championnats d'Europe 2015. © Photoshot / Icon Sport n°70 - octobre 2014 15
  18. 18. Le joueur de Portland a pris une nouvelle dimension au cours de ce Mondial. Boris Diaw a confirmé qu'il était un patron pour le groupe France et pour les jeunes, comme ici Joffrey Lauvergne. Lors de ce Mondial, « Batman » est bien devenu le super-héros attendu. En l'absence de Tony Parker, le joueur de Portland devait assumer son rôle de leader, sur et en dehors du par-quet. Ce fut chose faite, le natif de Lisieux montant en puissance au fil des rencontres, jusqu'à cette demi-finale face à la Serbie. Avec 35 points au compteur et une réussite insolente à trois points (8/12), l'ancien joueur du Mans a tout simplement établi son nouveau record avec le maillot trico-lore. Une performance qui a permis à Batum d'être nommé dans le cinq majeur de ce Mondial. « On me l'a dit au début du quatrième quart-temps de la finale, c'était une certaine fierté. C'est quand même le cinq majeur d'un Mondial de basket, ce n'est pas n'im-porte quoi. C'est une belle satisfac-tion personnelle », assure l'intéressé, désormais focalisé sur le championnat d'Europe de l'an prochain à domicile. « Batman » l'abordera avec l'envie de maintenir la France au sommet de la hiérarchie européenne. « On est peut-être la meilleure équipe européenne, on fait désormais partie des meilleures formations de la planète ». Si Boris Diaw est l'un des éléments les plus expérimentés chez les Bleus, il est aussi l'un des plus titrés en 2014. Cette médaille de bronze mondiale est en effet venue s'ajouter au titre de champion NBA obtenu avec les San Antonio Spurs. « On a conscience du caractère historique de la chose. On a développé une culture de la gagne de-puis plusieurs années. Il y avait six ou sept équipes qui pouvaient prétendre à cette médaille de bronze et ça serait à celle qui en voudrait le plus. Je suis fier de mon équipe », a ainsi confié le Bordelais d'adoption, qui insiste sur l'aspect mental. C'est en effet à ce ni-veau- là que la France a principalement progressé ces dernières années, ce qui lui a permis de décrocher ces deux médailles consécutives. « On a un groupe qui continue d’apprendre de ces grands rendez-vous », assure Diaw, pour qui l'année 2015 s'annonce tout aussi chargée avec la défense du titre NBA, mais aussi celle du titre de cham-pion d'Europe avec les Bleus. « Batman », héros des Bleus Boris Diaw, le patron © Marko Metlas / Icon Sport © Steeve Constanty / Icon Sport Dossier 16 n°70 - octobre 2014
  19. 19. Avec treize rebonds face aux Espagnols, Rudy Gobert a signé l'une des plus belles performances de l'histoire du basket français. Thomas Heurtel, Rudy Gobert, Joffrey Lauvergne, Evan Fournier : ces quatre-là ont moins de 23 ans et prouvé, à l'occasion de ce Mondial, qu'ils avaient ce qu'il faut pour durer en équipe de France. La sortie de banc de Gobert face à l'Espagne et ses treize rebonds restera notamment dans les mémoires. Une nouvelle génération qui a parfaitement su se fondre dans le collectif et répondre aux exigences du sélectionneur Vincent Collet. Forcément, c'est sur ces quatre hommes que la France doit pouvoir compter en vue des échéances à venir. « Pour un groupe jeune, on a montré beaucoup de caractère. On y a tou-jours cru. Quand on bat l'Espagne, c'est parce qu'on est persuadés de les battre », explique Evan Fournier. « En France on regorge de bons jeunes, des joueurs de talent. Il y a une excellente formation et cela se prouve à travers nos résultats qui progressent de mieux en mieux. On sera attendus l'année prochaine en France ». Cela tombe bien, la France les attendra aussi... Une jeunesse triomphante © Steeve Constanty / Icon Sport Championnats du Monde « C'est le meilleur coach de l'histoire du basket français ». La phrase est signée Nicolas Batum et traduit bien l'estime du groupe France pour son sélectionneur. À l'image d'un Didier Deschamps dans le football, Vincent Collet fait l'unanimité. L'ancien arrière a su mener son équipe au podium mondial, un an après le titre européen. Sélectionneur depuis 2009, il arrive à créer le bon mélange entre joueurs exilés aux États-Unis et éléments de Pro A, entre ancienne et nouvelle génération. Ses choix ont également séduit durant ce Mondial, notamment lors du quart de finale face à l'Es-pagne. Le sélectionneur n'a pas hésité à miser sur la jeune paire formée par Rudy Gobert et Joffrey Lauvergne pour contrer les géants espagnols. Et s'il est peut-être le plus talentueux des coachs français, Vincent Collet est sans aucun doute le plus occupé. Après son retour triomphant en France, le technicien a rapidement retrouvé le chemin des parquets pour préparer la nouvelle saison avec Strasbourg. Avec l'objec-tif de devenir champion de France, un titre qui lui a échappé de peu ces deux dernières saisons. Vincent Collet, discrétion et efficacité Sélectionneur depuis 2009, Vincent Collet récolte enfin les fruits de son travail. © Photoshot / Icon Sport n°70 - octobre 2014 17
  20. 20. Impressionnant lors de l'Euro Basket 2013, comme ici contre l'Ukraine, Tony Parker effectue son retour chez les Bleus en 2015. © Lavre Primoz / Icon Sport Dossier « Pas de regrets » pour Tony Parker C'était le grand absent : Tony Parker avait décidé de renoncer à ces championnats du Monde pour se focaliser sur la prochaine NBA, ainsi que sur l'enchaînement de l'Euro 2015 et des J.O 2016. Malgré la médaille, le meneur ne regrette pas son choix. Les Bleus présents en Espagne ont obtenu la première médaille mondiale de leur carrière, mais pas Tony Par-ker. De quoi regretter ce choix d'avoir « zappé » les Mondiaux ? « Pas du tout », sourit Tony Parker. « Ça fait du bien d'avoir un peu de vacances J'ai l'impression d'être frais, prêt à démar-rer et à enchaîner ». Mais « TP » a bien évidemment suivi le parcours des Bleus en Espagne. « C'était vraiment beau à voir à la télé, j'étais en kiff ! », glisse le meneur des Spurs. « Il était diffi-cile de parier que l'équipe allait battre l'Espagne en Espagne. Nous avons sorti le meilleur match au meilleur moment, un peu comme lors de l'Euro l'année passée face à la Slovénie. Je sais que notre équipe est talentueuse. Nico (Ba-tum, ndlr) a confirmé son statut, quand je vais partir il va encore plus prouver qu'il fait partie des meilleurs joueurs au monde ». Un Parker visiblement soulagé que les Tricolores puissent bril-ler sans lui. « C'est génial, ça prouve qu'il n'y a pas de Parker dépendance. Cela montre que nous sommes une vraie équipe. Pour être régulier et aller chercher des titres année après année, c'est indispensable. C'est ce que nous avons en ce moment. J'espère que nous arriverons à confirmer tout cela l'année prochaine, avant une finale de rêve aux Jeux Olympiques face aux États-Unis. Ce serait le but ultime ». « TP » n'a pas contacté Joakim Noah « TP » lucide sur son absence en Espagne. « Je pense que c'était un mal pour un bien, car l'équipe a vraiment bien joué. Les jeunes ont progressé, Nico (Batum, ndlr) a été le leader que j'attendais. Ils sont vraiment allés cher-cher une très belle médaille. Cela fait du bien au basket français, ça nous permet de confirmer nos bonnes performances. J'espère que nous pourrons terminer en beauté l'année prochaine avec l'Euro à la maison ». En effet, Montpellier et Lille accueilleront plusieurs rencontres de l'Euro Basket 2015. Une compétition pour laquelle Tony Parker effectuera son retour au sein du groupe de Vincent Collet. Mais avec ou sans Joakim Noah ? Le meneur des Spurs assure ne pas avoir parlé avec le joueur de Chicago. « TP » confirme toutefois que l'équipe fran-çaise de l'année prochaine sera l'une des plus fortes de l'histoire du basket français. Avec un Parker au sommet de sa forme à sa tête, difficile d'imaginer autre chose que l'or... 18 n°70 - octobre 2014
  21. 21. Malgré un début de saison difficile, Jean-Luc Vasseur croit en son groupe. Football par Olivier Navarranne © Philippe Le Brech / Icon Sport « Je ne vais pas faire du Hubert Fournier, je ne sais pas le faire » Jean-Luc Vasseur Vous découvrez la Ligue 1 cette saison, quelles sont vos premières impressions sur ce championnat ? Un championnat c'est avant tout une notion d'adversité, qui dépend des moyens que nous avons pour jouer contre les autres. Effectivement, quand nous jouons contre le Paris Saint- Germain c'est compliqué, même si nous ne nous en sommes pas trop mal sortis avec un match ouvert et indé-cis (match nul 2-2, ndlr). Ce n'est pas plus difficile que les matches disputés ailleurs, car tout dépend des moyens dont on bénéficie pour exister en Ligue 1, et je pense que c'est le cas du Stade de Reims. Vous voilà donc en Ligue 1 après une seule saison passée en L2. Cela vous étonne, encore aujourd'hui, d'avoir franchi les paliers si rapidement ? On peut toujours essayer de faire des plans de carrières, mais à un moment il y a des opportunités qui se proposent à vous. Je suis monté en Ligue 2 avec Créteil et nous avons fait pas mal de choses en trois ans en étant champion de France de National. Ensuite, il y a forcément des clubs qui s'intéressent à des joueurs, mais aussi à des entraî-neurs. Reims m'a tendu la perche et je n'ai pas hésité une seule seconde. Cela ne veut pas dire que ma tâche sera facile, car je connais l'ampleur et la difficulté de gérer une équipe profes-sionnelle. Ce club est une institution, donc effectivement j'ai un peu plus de responsabilités. Créteil était agréable à voir jouer sous vos ordres l'an dernier, vous Entraîneur du Stade de Reims depuis le mois de juin, Jean-Luc Vasseur découvre la Ligue 1 cette saison. Formateur au PSG puis coach de Créteil, il est convaincu que la réussite de son aventure rémoise passe par une seule chose : le jeu. 20 n°70 - octobre 2014
  22. 22. Reims sentez-vous attendu cette saison sur le plan de la qualité du jeu ? Je suis toujours dans la même démarche. Aujourd'hui, il y a une façon de voir le football différemment. Il faut que je la partage avec mes joueurs et qu'ils s'approprient cette philosophie. Ils doivent modifier certaines choses et ne pas rester sur leurs acquis. Cela prend du temps, car cela met certains joueurs en difficulté. Nous les remet-tons à nu, puis nous les rhabillons en fonction de leurs capacités et de leurs disponibilités, de manière à pouvoir produire du jeu, être spectaculaires et flamboyants. Même si les enjeux éco-nomiques sont importants, le football reste un spectacle. « Le Stade de Reims est comme un phénix » Vous faites justement partie de la « jeune garde » des entraîneurs. Avez-vous l'impression d'être le garant d'un nouvel état d'esprit, d'une envie nouvelle et notam-ment dans le jeu ? Pour l'instant je n'en suis pas là, je verrai si je réussirai ma tâche auprès de mes joueurs. Je veux leur donner l'envie de jouer, de croire jusqu'au bout en l'utilité de s'en sortir par le jeu. Est-ce que je révolutionne le football ? Je ne crois pas. Est-ce que j'apporte un souffle nouveau ? Je suis assurément une tête nouvelle qui a apporté un discours un peu différent et qui m'est propre. Le temps me jugera. Pour le moment nous mettons une philoso-phie et un fond de jeu en place. Vous succédez à Hubert Fournier, qui a effectué un excellent travail avec le Stade de Reims. Prenez-vous certaines choses de son héri-tage, ou bien votre « révolution » est-elle totale ? Hubert Fournier avait un mode de fonctionnement qui lui était propre et qui était très efficace. J'arrive avec un autre discours et je ne vais pas faire du Hubert Fournier car je ne sais pas le faire. Je vais simplement faire du Jean-Luc Vasseur. Je ne dis pas que ce qui avait été fait était mauvais, mais je cherche à améliorer ce qui peut l'être. Un nouveau staff a été mis en place, avec un nouveau camp d'entraîne- © Dave Winter / Icon Sport Jean-Luc Vasseur est partisan d'un jeu tourné vers l'offensive. © Dave Winter / Icon Sport BIO EXPRESS JEAN-LUC VASSEUR 45 ans - Né le 1er janvier 1969 à Poissy (Yvelines) Joueur : Paris-SG (1986-1992), Rennes (1992-1995), Saint-Étienne (1995-1996), Créteil (1996-1998), Racing Club de France (1998-1999), Aubervilliers (1999-2001) Entraîneur : Créteil (2011-2014), Reims (depuis 2014) Palmarès : Champion de France de National (2013) L'ancien coach de Créteil tente d'inculquer une nouvelle méthode de travail à ses joueurs. © Aurelien Meunier / Icon Sport Le président Jean-Pierre Caillot (au centre) a maintenu sa confiance à son jeune entraîneur. n°70 - octobre 2014 21
  23. 23. Football Le Stade de Reims, étendard d'une ville ultra sportive Si le Stade de Reims, qui figure parmi les plus grands clubs français, est évidemment la fierté sportive de la cité champenoise, le football n'est pas pour au-tant la seule discipline mise en avant. L'année 2014 s'est en effet avérée très riche du côté de Reims. La capitale de la Marne a ainsi accueilli une arrivée d'étape du Tour de France 2014, quelques jours avant de recevoir les championnats de France élites d'athlétisme. Un rendez-vous où les athlètes rémois ont brillé, comme lors des championnats d'Europe d’athlétisme à Zürich (Suisse). Avec quatre ath-lètes sélectionnés et quatre médailles pour Yohann Diniz (or), Mahiedine Mekhissi-Benabbad (or), Marie Gayot (or) et Teddy Tinmar (bronze), Reims est devenue la ville la plus titrée d'Europe, comme le confiait Arnaud Robinet, député-maire de Reims. Concernant les sports collectifs, le Champagne Châlons Reims Basket a obtenu son ticket pour la Pro A, où il entend faire mieux que de la figuration. Le recrutement ambitieux opéré cet été le prouve. Cette saison encore, les fans de sport devront avoir les yeux partout à Reims... © JDavid Billy – CCRB © Aurelien Meunier / Icon Sport Même si le groupe rémois a subi plusieurs départs importants, le technicien peut compter sur un effectif renforcé par des joueurs à la relance. ment, mais avec d'autres objectifs aussi, car il faut pérenniser ce club. Les dirigeants s'en sont donné les moyens, y compris au niveau du recrutement. Nous avons en effet pu recruter des joueurs comme Benjamin Moukandjo qui a disputé la Coupe du monde, mais aussi Grégory Bourillon qui a plus de 250 matches de L1 et David N'Gog... Un nouveau cycle doit démarrer, et qui sera validé ou non par les résultats. Vous parliez d'institution. Alors le Stade de Reims est-il encore un club qui fait rêver et qui symbolise quelque chose ? Le club doit faire partie du panorama du football français. Reims a brillé en son temps et a ensuite connu 33 ans de difficultés... C'est désormais à nous de le pérenniser. Nos aïeux l'ont connu au plus haut niveau comme l'est le Paris Saint-Germain aujourd'hui. Le Stade de Reims est comme un phénix, c'est un club qui renaît de ses cendres et qui est en train de faire quelque chose, et notamment avec un stade rénové il y a six ans et un nouveau camp d'entraînement magnifique. Les dirigeants ont eu du courage, car tout l'argent aurait pu être mis dans les joueurs pour étoffer la qualité. Il y a eu des prises de risques sur la politique menée, et je pense que c'est un bon fi-lon pour pérenniser ce club dans l'élite et le réinstaller là où il devrait être. Pérenniser Reims dans l'élite, cela passe sans doute aussi par la for-mation. Vous qui avez passé dix ans à la formation du PSG, cela ne doit pas vous laisser insensibles... Bien sûr. Vous savez, en étant à 150 kilomètres de Paris on peut penser toucher les jeunes joueurs parisiens. Mais il n'y a pas qu'eux, il y a une iden-tité à chercher et à vouloir imposer. Le projet club et le projet de jeu sont éta-blis, nous avons les outils nécessaires pour les développer. Désormais, nous devons continuer à aller dans ce sens. Reims est l'une des rares villes à avoir un club en L1 de football et en Pro A de basket. 22 n°70 - octobre 2014
  24. 24. 30ÈME ANNIVERSAIRE
  25. 25. Rugby Le demi de mêlée, ici face à Bourgoin en préparation, entend se faire une place dans l'effectif lyonnais cette saison. © Jean Paul Thomas / Icon Sport par Sylvain Lartaud Romain Veniat veut voir le bout du tunnel « Déjà 35 minutes ? Ouh là, cela m’a fait du bien, j’avais besoin de parler ». Assis sur l’un des fauteuils du club house du Lou, adossé au Matmut Stadium, dans le 8e arrondissement de Lyon, Romain Veniat (pronon-cez Véniat) ne cesse de se livrer. Ces quelques minutes lui ont permis d’ou-blier son quotidien fait de blessures et d’incertitudes. Deux jours plus tôt, il avait assisté à la première victoire de son équipe de retour en Top 14 (contre Brive, 24-6). Mais le jeune formé au club n’avait pas le coeur à fêter ce bon départ à domicile. Le lendemain, cela faisait un an jour pour jour que son genou gauche s’était dérobé. Verdict : rupture des ligaments et le début des galères. Surtout quand, après avoir consenti beaucoup d’efforts physiques et mentaux pour revenir, son genou, dans la semaine qui précédait le dernier match de la saison (alors que le Lou était déjà champion de Pro D2) s’est bloqué à l’entraînement. Cette fois, c’est le ménisque qui est atteint. Nouveau passage sur le billard pour enlever le bout de cartilage qui traîne dans le genou et c’est le début des doutes qui s’instaurent. La même opération s’était déroulée pourtant sans souci il y a deux ans et demi sur le genou droit lui aussi touché, bien que ce fût au milieu de la première saison du Lou en Top 14, « car j’étais reparti en pleine bourre au début de la sai-son suivante ». Autant cette fois-ci, les complications sont permanentes. La lassitude prend le pas sur la frus-tration. « Je commence à me faire une Depuis plus d’un an, le quotidien du demi de mêlée du Lou est rythmé par les examens médicaux et l’incertitude. Après beaucoup de questions et de doutes, il s’est donné une chance de retrouver les terrains du Top 14. 24 n°70 - octobre 2014
  26. 26. Lyon raison. Je suis un peu fataliste. Je me pose des questions indépendantes du rugby ». Jusqu’à en faire « une ques-tion de santé personnelle ». Le plus dur à vivre, c’est l’incertitude qui règne autour de cette situation. « Je navigue un peu à vue. Mais en même temps, je reste lucide, je ne veux pas faire n’importe quoi non plus ». Surtout par rapport à sa récente paternité, car son fils Baptiste est né il y a cinq mois. « Évidemment, cela m’a aidé à relati-viser, parce que j’ai passé beaucoup de temps avec ma femme durant sa grossesse ». Cela lui a permis aussi, lui l’ingénieur, de mettre le pied à l’étrier dans le monde de l’entreprise (l’Insti-tut français du pétrole) et de découvrir une autre activité professionnelle. Avant ces douleurs récurrentes, la convalescence s’était pourtant très bien déroulée. Sauf que le Lou, pour se prémunir contre un pépin touchant son Sud-Africain Enrico Januarie, a engagé un joker médical (l’Argen-tin Nicolas Vergallo) qu’il n’a pas pu mettre de côté au retour de Veniat l’hiver dernier. Celui-ci a donc dû prendre son mal en patience en fai-sant quelques piges avec l’équipe Espoirs, alors qu’il était de nouveau opérationnel. « J’ai attendu jusqu’au dernier match et, est-ce lié ou pas, mais juste avant de reprendre, alors que les coaches m’avaient dit que je jouerais le samedi, je me fais mal au ménisque. Je n’en veux à personne, mais le seul reproche que je pourrais faire, c’est qu’on ne se soit pas mis d’accord tout de suite pour que je fasse une croix sur la saison ». Mais Romain ne lâche pas mentalement. Il se dit que cela s’est produit en fin de saison et qu’il pourra réattaquer à la suivante, gonflé à bloc sur des bases plus saines. Retour par la case Espoirs Le demi de mêlée effectue la prépara-tion normalement et dispute même les matches amicaux — « Je me sentais bien, je me disais que les soucis étaient derrière moi » - sauf que le genou grince de nouveau et que la douleur réapparaît. « Je pense, avec le recul, qu’on a un peu brûlé les étapes et que le travail de réathlétisation n’a pas été réalisé comme il faut ». Aujourd’hui, il estime qu’il « aurait été plus judi-cieux de faire la préparation pendant un mois à l’écart du groupe ». Après une énième échographie la semaine suivant notre entretien, Romain Veniat a décidé de se lancer dans une autre opération, commando celle-là, pour revenir. « Avec du temps et un bon traitement, ça peut le faire ». Parce que, au-delà de son fils et de son acti-vité professionnelle, le rugby c’est une grosse partie de sa vie et qu’il veut se donner les moyens pour redevenir compétitif. Son contrat avec le Lou court jusqu’en juin 2016. Il a donc encore le temps. © Jean Paul Thomas / Icon Sport Son genou gauche touché, Romain Veniat (à droite) a vécu une année de galère la saison passée. Sous contrat jusqu'en 2016, Romain Veniat doit rapidement revenir à son meilleur niveau et montrer ce dont il est capable sous les couleurs du Lou. © Manuel Blondeau / Icon Sport BIO EXPRESS ROMAIN VENIAT 25 ans - Né le 23 janvier 1989 1m76 - 80kg Poste : Demi de mêlée Club : Lyon (depuis 2009) Palmarès : Champion de France de ProD2 (2011, 2014) n°70 - octobre 2014 25
  27. 27. Rubgy Tim Lane : « Il a le temps, il est jeune ! » Le Lou, dix ans de formation Si le Lou a largement recruté durant la période estivale, le club lyonnais continue de faire confiance aux jeunes qu'il a formés, à l'image de Romain Vienat. Romain Loursac, Guram Kav-tidze, Vincent Colliat, David Gonzalez, Christian Njewel ou encore Eugène N'Zi, autant d'éléments passés par le centre de formation du Lou et sur lesquels Tim Lane va s'appuyer cette Cette saison, le Lou n'hésite pas à faire confiance à Romain Loursac, pur produit de son centre de formation. saison. Le centre de formation, qui fête ses dix ans d'existence cette saison, peut compter sur les mêmes installations que le groupe profes-sionnel, avec notamment une salle de musculation et une salle de soins. Réservoir non négligeable des équipes de France de jeunes, mais aussi de l'équipe de France Universitaire, le centre de formation lyonnais a vu passer Rémy Grosso (Castres), Antoine Guillamon (Stade Toulousain) ou Ali-kisio Fakaté (Bordeaux-Bègles) ces dernières années. La formation lyon-naise devient, progressivement, une référence dans le rugby hexagonal. Les jeunes du club peuvent surtout compter sur un vrai projet d'accom-pagnement, avec une aide scolaire et médicale. Le tout accompagne une formation sportive ambitieuse, destinée à permettre à ces jeunes, âgés de 17 à 23 ans, d'atteindre le plus haut niveau. © Aurelien Meunier / Icon Sport « C’est difficile pour lui en ce moment compte tenu de son problème récur-rent au genou. Mais c’est un garçon très sérieux, il travaille bien. J’espère qu’il va revenir à 100 %. Il a le temps, il est jeune ! Il faut qu’il prenne le temps de faire la réathlétisation pour se remettre et revenir tranquillement. En tout cas, le club va lui donner le temps. Ricky (January) est l’incontestable n°1 au poste de demi de mêlée, Mathieu Lorée a fait une bonne impression durant les matches de préparation (il a joué contre Oyonnax lors de la 4e journée). Romain est un bon joueur, mais il faut encore qu’il progresse dans les domaines de la vitesse, de la passe et des coups de pied. Un peu dans tous les secteurs. Quand tu t’arrêtes plusieurs mois à cause d’une rechute, c’est compliqué. Tu as tendance à te focaliser sur ce souci et tu peux arriver à perdre la confiance. Je connais bien le problème, car mon fils (Sam Lane) a le même. Au Lou, Romain Loursac a été dans ce cas, mais il a repris. Il doit être un exemple pour les autres ». © Manuel Blondeau / Icon Sport Manager du Lou depuis 2013, Tim Lane croit au retour de Romain Veniat à 100% de ses possibilités. Plus d'informations sur www.lourugby.fr 26 n°70 - octobre 2014
  28. 28. Comme ici face à Évreux en préparation, Joseph Gomis s'est rapidement adapté au système de jeu nanterrien. Basket par Marie Wielfaert © Aurelien Meunier / Icon Sport Joseph Gomis relève le défi Joseph Gomis Joseph Gomis remet les compteurs à zéro. Le 5 juin dernier, le meneur de jeu français se hissait au sommet du basket français en décrochant le titre de champion de France avec le CSP Limoges à l’issue d’une finale maîtrisée face à Strasbourg (3-0). Quatorze ans après son dernier sacre et un incroyable triplé (cham-pionnat, Coupe Korac et Coupe de France), le club du Limousin, porté par un collectif expérimenté, renouait avec son glorieux passé. Aujourd’hui, le meneur tricolore a décidé de tourner la page afin d’écrire les derniers chapitres d’une carrière bien remplie. Après la France (Évreux, Nancy, Limoges), la Belgique (Spirou Charleroi) et surtout l’Espagne (Leche Rio Lugo, Valladolid, Malaga), le globe-trotteur a choisi de poser ses valises du côté de Nanterre, champion de France 2013. Un choix autant sportif que sentimental. « J’ai toujours aimé ce club. J’apprécie les valeurs véhiculées par cette forma-tion depuis plusieurs années. Elle possède des valeurs d’humilité et de travail. Une philosophie qui me correspond parfaitement. C’est un club très spécial pour moi. Je suis également admiratif du succès qu’il a eu à la surprise générale ces dernières années avec ce titre de champion de France. En venant ici, je souhaitais par ailleurs me rap-procher de ma famille qui vit en région parisienne. Venir à Nanterre était donc le choix idéal pour moi ». Après avoir ramené Limoges au sommet de la hiérarchie française, Joseph Gomis a débar-qué durant l’intersaison du côté de Nanterre. L’ancien international de 36 ans souhaitait se rapprocher de sa famille, mais également relever un nouveau challenge avec la JSFN, auteur d’un recrutement ambitieux. 28 n°70 - octobre 2014
  29. 29. Nanterre Joueur talentueux avec 58 sélections à son actif en équipe de France, le Normand vient ainsi compléter un recrutement audacieux où TJ Camp-bell (Dijon), Kyle Weems (Bayreuth) et Mykal Riley (Dijon) seront les têtes d’affiche. « Les dirigeants ont réussi cette année à bâtir une équipe très compétitive. Il y a à la fois des joueurs expérimentés à l’instar de Campbell ou Riley et d’autres qui connaissent très bien la maison comme Johan Passave Ducteil ou Marc Judith. Ces derniers ont l’expérience du club. Ils ont remporté plusieurs trophées avec cette formation. Je pense donc qu’on peut aller loin cette saison ». « Donner du plaisir au public » Vainqueur de la Coupe de France, mais éliminée aux portes des play-offs, la JSF Nanterre aura à coeur de redorer son blason afin de démontrer que le titre de champion de France, décroché en 2013, n’était pas une simple surprise. Les hommes de Pascal Donnadieu chercheront ainsi à instal-ler durablement le club dans le haut du tableau. « Nous devons tourner la page de la saison dernière. C’était en effet une autre équipe qui évoluait sur le parquet. Même s’il est toujours difficile de se fixer des objectifs précis, le club a de réelles ambitions. Les diri-geants ont construit un groupe com-pétitif pour aller le plus loin possible et gagner des titres. C’est aujourd’hui à nous de travailler dur pour y arriver. Il faudra ensuite le prouver sur le ter-rain. Notre mission sera d’installer le club en haut du classement. J’espère que le groupe va répondre présent en gagnant les matches et en étant le plus sérieux possible. Une saison, c’est toujours compliqué. Il y a géné-ralement des hauts et des bas. Nous tenterons de limiter ces périodes dif-ficiles. Nous sommes donc concentrés sur notre début de saison, une phase toujours très importante à négocier ». Pas question cependant de se mettre une quelconque pression ; le mot d’ordre pour cette nouvelle année sera avant tout le plaisir. Une philoso-phie qui colle parfaitement à la peau de ce club atypique. « Il faut toujours prendre du plaisir dans ce que l’on fait. Dans la vie, si nous ne prenons pas de plaisir, c’est toujours compliqué d’évo-luer. Pour nous, le but sera de nous faire plaisir tout en étant très sérieux. Ce sera compliqué de temps à autre, mais je pense que l’entraîneur a mon-té une bonne équipe qui saura don-ner du plaisir au public ». Fort de ses 19 saisons sur les parquets français et européens, Joseph Gomis sera le chef de file de cette formation francilienne version 2014-2015. Un rôle de cadre auprès des jeunes qui lui tient parti-culièrement à coeur. « Je vais essayer de transmettre le plus d’expérience possible à mes nouveaux coéquipiers. Je tenterai également d’apporter de la qualité dans le jeu, ainsi que la meil-leure rotation possible à TJ Campbell © Aurelien Meunier / Icon Sport Le choix du meneur est une décision familiale, mais aussi un défi sportif. © Aurelien Meunier / Icon Sport BIO EXPRESS JOSEPH GOMIS 36 ans - Né le 2 juillet 1978 à Évreux (Eure 1,80m - 72kg Poste : Meneur Clubs : Évreux (1996-2001), Nancy (2001-2002), Leche Rio Lugo (2002-2005), Valladolid (2005-2008), Málaga (2008-2010), Spirou Charleroi (2010-2011), Limoges (2011-2014), Nanterre (depuis 2014) Sélection nationale : France (58 sélections) Palmarès : Vainqueur de la Coupe Korac (2002), champion de France (2014), champion de Belgique (2011) Joseph Gomis est le joueur de Nanterre le plus expérimenté cette saison. n°70 - octobre 2014 29
  30. 30. Basket Nanterre s'exporte à l'étranger Trent Meacham (Milan), Deshaun Thomas (FC Barcelone), Kevin Lisch (Zaragoza), David Lighty (ASVEL), Sergii Gladyr (Nancy), Xavier Corosine (Paris Levallois). Durant l’intersaison, la JSF Nanterre a vu partir plusieurs de ses joueurs vedettes qui ont grande-ment participé à l’éclosion du club ces deux dernières années, sur la scène nationale comme sur la scène inter-nationale. Avec un titre de champion de France, une Coupe de France et un parcours exemplaire en Euroligue, la formation francilienne est deve-nue de plus en plus attractive. Des performances et un état d’esprit irréprochable qui n’ont pas laissé insensibles plusieurs grosses écuries européennes. Cet été, Vitoria, Milan, Barcelone ou encore Zaragoza ont ainsi frappé à la porte du club nan-terrien afin d’enrôler ses meilleurs éléments. Une véritable fierté pour Pascal Donnadieu, l’entraîneur de la JSFN, le dénicheur officiel de talents du club. « Même s’il y a forcément de la déception, c’est une grande fierté de voir partir mes joueurs dans les plus grands clubs européens. Cette saison, trois de mes anciens éléments disputeront l’Euroligue dont deux avec des formations prestigieuses que sont Barcelone et Milan. Ce fut un vrai deal gagnant. Ils nous ont permis de réali-ser des saisons plus que correctes et d’atteindre des objectifs inimaginables au départ. Le club leur offre pour sa part une belle récompense avec une signature dans des clubs huppés ». Une ascension au plus haut niveau, façonnée avec sérieux et minutie par le technicien nanterrien, toujours aux petits soins pour ses joueurs. « J’essaie toujours de mettre mes joueurs dans les meilleures conditions sur le plan physique et mental. Ce bien-être leur permet ensuite de donner le meilleur d’eux-mêmes sur les différentes com-pétitions où nous sommes engagés. Il faut toujours qu’ils soient bien dans leurs baskets. Nous essayons de déve-lopper au maximum leurs qualités pour qu’ils s’expriment le mieux possible au sein du collectif ». Telle est donc la recette du succès de Pascal Donna-dieu. Une philosophie qu’il tentera à nouveau d’appliquer cette saison avec un collectif largement remanié. « Nous avons perdu des joueurs majeurs. Il a fallu reconstruire une nouvelle équipe. Cette saison, nous entamons un nouveau cycle. Un challenge toujours très intéressant pour moi ». © Aurelien Meunier / Icon Sport © Aurelien Meunier / Icon Sport L'ancien joueur de Limoges devra apporter son expérience à un effectif renouvelé. à la mène. Ce sont des missions que je commence à connaître. Je suis en effet plus proche de la fin que du début de ma carrière. Pour moi, c’est devenu presque naturel. En tant que capitaine, j’ai le sentiment que plus l’effectif sera riche, plus nous aurons de chance de gagner ». À l’instar des saisons précédentes, la force collective sera une nouvelle fois l’atout numéro un de la JSFN. Idéal avant d’attaquer un mois d’octobre plus que chargé avec la réception du voisin parisien, le Paris Levallois (6 octobre), un dépla-cement périlleux à Cholet (11 octobre) et une confrontation face au promu Boulogne-sur-Mer (25 octobre). Malgré sa fierté d'avoir révélé de nombreux joueurs, le coach Pascal Donnadieu va devoir composer avec une effectif bouleversé cette saison. 30 n°70 - octobre 2014
  31. 31. Tommy Senger retrouve l'Arago trois ans après son premier passage au club. © Nicolas Guyonnet / Icon Sport Tommy Senger, le retour Volley par Olivier Navarranne Tommy Senger Vous voilà de retour à Sète ! Pour-quoi avoir rejoint l'Arago, trois ans après votre départ ? Je connais très bien la ville, je m'y suis installé avec ma famille depuis trois ans. Du point de vue sportif et familial, c'était le meilleur choix, ça me permet de me rapprocher de ma femme et de mon fils. J'ai rapidement pris cette décision, en sachant que l'Arago reste un club que je connais bien, où j'ai vécu de belles années. Sur mes trois premières années au club, nous avons fait deux grosses saisons. L'Arago reste un club référence en France et c'est ce qui m'a donné envie de repartir dans ce projet ; je sais aussi qu'il a des ambi-tions élevées. Je connais tout le monde et tout le monde me connaît ici, c'est donc un vrai plaisir d'être de retour. Vous avez quitté Ajaccio, qui restait pourtant sur une saison exceptionnelle. Il n'y avait pas la tentation de rester en Corse ? C'était compliqué, près de la moitié de l'effectif a quitté le club durant l'été. Ce n'est pas anodin. Plusieurs équipes ont noué des contacts avec les joueurs, et Ajaccio n'a pu rivaliser. Personnellement, rester aurait été une bonne chose, mais Sète est vraiment le meilleur choix pour moi, tant sur le plan familial que sportif et financier. L'effectif de Sète a encore pas mal bougé cet été. Vous avez l'avantage de connaître le club et vous arrivez donc dans la peau d'un leader, d'un meneur d'hommes ? Il est clair que les dirigeants attendent De retour à l'Arago de Sète trois ans après son départ, Tommy Senger met en avant un choix sportif et familial. Ambitieux, le cen-tral français porte également un regard lucide sur l'évolution du cham-pionnat de France. 32 n°70 - octobre 2014
  32. 32. beaucoup de moi. Ils savent ce que je vaux sur le terrain et en dehors. J'ai un rôle à jouer pour souder ce groupe qui a beaucoup bougé, c'est vrai. C'est souvent le cas du côté de Sète, mais ça n'empêche pas le club de réaliser d'excellentes saisons ! Le championnat « augmente en intensité » Même si l'effectif a été largement modifié, Sète a sa chance cette saison, dans un championnat qui semble très ouvert... Par expérience, je souhaite d'abord arriver en play-offs. Chaque année, de nombreuses équipes se battent comme des lions pour arriver à ce niveau-là. Si nous arrivons à nous qua-lifier, ce sera un gros travail de fait. Après, tout dépend de la position. Mais tout est faisable en play-offs. Jouer Tours ou Paris serait compliqué, mais on ne sait jamais. Nous allons également disputer à fond la Coupe de France, mais l'objectif principal reste le championnat. Justement, vous êtes un joueur de ce championnat depuis de nom-breuses années. Gagne-t-il pour autant en notoriété et en qualité de jeu ? Je trouve qu'il augmente en inten-sité pour une raison simple, à savoir la crise financière qui touche l'Europe. Beaucoup de bons joueurs étrangers viennent signer en France pour béné-ficier de cette sécurité de l'emploi, qui est défaillante dans de nombreux championnats européens. Ça relève le niveau de notre championnat, et il faut batailler de plus en plus, tous les week-ends, pour ramener un maxi-mum de points. Mais la place des joueurs français n'est-elle pas menacée par cet afflux d'éléments étrangers ? Bien sûr, nous le sentons. Tant que la loi ne passe pas sur un minimum de français dans l'effectif, ce sera un problème. En Italie par exemple, les clubs ont obligation d'aligner trois joueurs italiens sur le terrain au début de chaque rencontre. C'est une bonne mesure pour préserver le volley national. Chez nous, si ça continue, nous risquons d'avoir des effectifs qui approchent les 70% d'étrangers au sein du championnat de France. Ça fait un peu peur... Avec de moins en moins de joueurs français, l'équipe de France reste-t- elle dans un coin de votre tête ? Non, c'est fini pour moi (rires). Maintenant, le staff a changé et s'est focalisé sur un objectif important, à Sète savoir les Jeux olympiques de Rio. Le coach a voulu modifier l'effectif, on retrouve d'ailleurs pas mal de nou-velles têtes. La dynamique jeune se crée, je pense donc que ma présence n'est plus vraiment dans l'ordre des choses ! Je me suis fait une raison et je l'accepte, il n'y a pas de souci. Je prends d'ailleurs beaucoup de plaisir à voir évoluer cette équipe de France, je crois beaucoup en elle. © Jp Belzit / Icon Sport L’expérimenté central a réalisé une saison pleine sous le maillot d'Ajaccio la saison passée. © Aurelien Meunier / Icon Sport Le Français de 32 ans est préoccupé par l'arrivée massive de joueurs étrangers au sein de la Ligue A. BIO EXPRESS TOMMY SENGER 32 ans - Né le 1er août 1982 à Paris (Île-de-France) Poste : Central Clubs : Paris (2002-2004), Asnières (2004-2008), Sète (2008-2011), Orange (2011-2012), Beauvais (2012- 2013), GFC Ajaccio (2013-2014), Sète (depuis 2014) Palmarès : Vainqueur de la Coupe de France (2004) n°70 - octobre 2014 33
  33. 33. Alexandre Tritta est désormais un membre régulier de l'effectif professionnel du CSH. Handball par Marie Wielfaert © Chambéry Savoie Handball L’irrésistible ascension d’Alexandre Tritta Alexandre Tritta « La volonté de s’imposer ». Plus qu’une devise, un véritable fondement au Chambéry Savoie Handball. Une philosophie ambitieuse pour un club qui cultive la culture de la formation depuis 1983. À 19 ans, Alexandre Tritta semble parfaitement adhérer au projet savoyard. Pensionnaire du centre de formation depuis deux saisons après un passage en -18 ans national, l’arrière droit s’est frayé un beau chemin au sein de l’effectif chambérien pourtant bien fourni. Malgré son manque d’expé-rience au plus haut niveau, ce dernier a toujours voulu croire en sa bonne étoile. « Chambéry est un grand club. Il fait partie des meilleurs centres de for-mation de France. Habitant Grenoble, il était pour moi indispensable d’effectuer ma progression au sein de ce club. Le CSH possède par ailleurs une équipe première qui joue régulièrement le haut du tableau. C’était donc très important pour moi en vue de mon évolution. Il y a quelques années, j’avais néanmoins le sentiment qu’il était impossible d’intégrer l’effectif professionnel. Il est composé de grands joueurs. À force de travail, j’ai tout de même réussi à gra-vir les échelons et effectuer quelques sorties avec les pros. J’ai saisi tout simplement ma chance ». Et surtout, il a suivi les conseils avisés de Mario Cavalli, l’entraîneur savoyard et dénicheur de talents depuis plusieurs années. L’ancien adjoint de Philippe Gardent sur le banc du CSH ne s’est visiblement pas trompé en lui donnant les clés du poste d’ailier droit, suite aux successions de blessures survenues en fin de saison dernière (Kevynn Nyokas, Cédric Paty, Olivier Marroux). « J’ai pro-fité des blessures de Kévynn Nyokas et d’Olivier Marroux pour m’immiscer dans le groupe. Par la suite, j’ai su répondre présent lorsque l’on a fait appel à moi. Tout cela s’est fait naturellement. Je n’ai Après une saison dernière pleine de promesses, Alexandre Tritta semble avoir trouvé ses marques au sein de l’effectif professionnel de Chambéry. Du haut de ses 19 ans, le jeune arrière sera à n’en pas douter un élément important au sein du CSH lors de ce nouvel exercice. 34 n°70 - octobre 2014
  34. 34. Chambéry ressenti aucune pression particulière ». Un bras gauche surpuissant, une réelle présence en défense, le Chambérien n’a ainsi eu besoin que de quelques matches pour confirmer tout le bien que ses dirigeants pensaient de lui. À commencer par Laurent Munier, le nouveau directeur général du club. « Je suis fier de son évolution, puisque c’est un pur produit du club. Un pur produit chambérien. Je suis content qu’il ait réussi à prendre sa chance, quand il a eu l’occasion de jouer. On attend forcément beaucoup de lui, même si on n’est pas pressé. Il a mon-tré que l’on pouvait compter sur lui. Il s’est incorporé au groupe facilement. Il a su gagner le respect de l’entraî-neur et de l’équipe première. C’est quelqu’un qui s’est vraiment fondu dans le jeu ». Le pari de la jeunesse Les joueurs de renommée internatio-nale lui ont également permis de par-faire son apprentissage en accéléré du haut niveau. À Chambéry, il a évolué aux côtés de Guillaume et Bertrand Gille, double champion olympique (2008 et 2012) et double champion du monde. Mais également de Cyril Dumoulin, Edin Basic, Grégoire Detrez et Damir Bicanic. Du très haut niveau pour s’affirmer sur la scène hexa-gonale. « Tous les joueurs essaient de me donner des conseils, afin de m’aider à progresser plus rapidement. Malgré leurs palmarès, ces derniers sont toujours très proches des jeunes. Chacun y va de ses recommandations. Ils savent pertinemment que les jeunes joueurs à Chambéry vont devenir importants à l’avenir. Ils sont donc là à chaque entraînement pour nous aider au mieux ». À Chambéry, Alexandre Tritta est ainsi le symbole de cette jeu-nesse bondissante couvée dans l’un des meilleurs centres de formation de France. Grâce à ce fonctionnement alliant travail, rigueur et plaisir, la for-mation « à la savoyarde » a fourni au handball français de grands joueurs. « C’est la priorité du club de former des jeunes. On met tout à leur disposi-tion pour qu’ils réussissent. Il y a deux super entraîneurs en la personne de Laurent Busselier et Bertrand Pachoud. Deux personnes qui connaissent bien le handball. Et quand nous regardons les effectifs de D1 actuellement, nous nous apercevons que beaucoup de © Chambéry Savoie Handball © Nicolas Guyonnet / Icon Sport Après avoir lancé le jeune arrière, Mario Cavalli attend logiquement une confirmation cette saison. Alexandre Tritta est l'illustration d'une formation de Chambéry qui n'hésite pas à lancer ses jeunes dans le grand bain. © Nicolas Guyonnet / Icon Sport BIO EXPRESS ALEXANDRE TRITTA 19 ans - Né le 9 décembre 1994 1,83m - 78kg Poste : Arrière droit Club : Chambéry (depuis 2012) Palmarès : Vainqueur du Trophée des Champions (2013) Le jeune savoyard a notamment remplacé Cédric Paty au poste d'ailier droit suite à la blessure de ce dernier. n°70 - octobre 2014 35
  35. 35. Handball Dans la famille Richardson, après le père, je demande le fils. Le 10 mai 2008, devant plus de 3500 specta-teurs, Jackson Richardson effectuait sa dernière sortie sous le maillot de Chambéry sur le parquet de la Halle Olympique d'Albertville. Comme un symbole, le demi-centre international distribuait la dernière passe de sa car-rière à son fils Melvyn qui inscrivait le dernier but de la rencontre face à l’US Ivry. Une passation de pouvoir symbo-lique entre les deux hommes. Six ans plus tard, ces derniers se retrouvent à nouveau réunis sous les couleurs du Chambéry Savoie Handball. Resté à l’écart du handball professionnel depuis sa retraite, Jackson Richardson a retrouvé depuis cet été les joies du championnat de France sur le banc de la formation savoyarde en tant qu’entraîneur adjoint de Mario Cavalli. « Je suis là pour apprendre, pas pour faire de l'ombre à Mario. On est dans l'échange tous les deux. Lui est plutôt dans la stratégie du collectif et moi j'apporte mes compétences handbal-listiques et individuelles pour l'intérêt du groupe ». Un groupe dans lequel son international espoir de fils pour-rait bientôt faire ses premières appa-ritions cette saison. Cette nouvelle expérience devrait en effet permettre à l’icône du handball français de suivre de près l’évolution de sa progéni-ture. Après deux ans au pôle espoirs, le jeune Réunionnais intègre cette année le centre de formation. Pilier de l’équipe de France jeune, championne d’Europe en août dernier, l’arrière gauche formera l’ossature de l’équipe réserve. « De nombreux observateurs me disent qu'il a du potentiel (rires). C'est vrai qu'il possède de belles qua-lités pour son âge. Mais, il est encore jeune, il a donc encore beaucoup de choses à travailler pour se hisser au plus haut niveau. J'essaie de le faire progresser en analysant ses perfor-mances sans toutefois me mettre à la place d'un coach. Lui seul se donnera l’opportunité de réussir en profession-nel ». Nul doute que Melvyn saura pui-ser dans toute l’expérience paternelle pour se forger une véritable personna-lité et s’affirmer pleinement sous les couleurs savoyardes. Tel père, tel fils © NORBERT BARCZYK © Manuel Blondeau / Icon Sport L'arrière droit va notamment pouvoir profiter des conseils de Jackson Richardson, adjoint de Mario Cavalli. joueurs sont passés par notre centre de formation ». L’arrière droit semble ainsi suivre les traces de ses glorieux prédécesseurs que sont Stéphane Stoecklin, Daniel Narcisse ou encore Xavier Barachet. Discret, mais pas inti-midé, le Grenoblois connaît sa chance. Conscient des attentes qui sont placées en lui, l’Isérois est prêt à tout donner cette saison en sachant qu’il n’est jamais en terrain conquis. « Sur le plan individuel, j’ai montré des choses l’année dernière. Maintenant, il va falloir les confirmer. Je dois encore gagner en régularité. J’ai également quelques réglages tactiques à peaufi-ner. Je devrais pour cela garder la tête froide tout en continuant à me faire plaisir. Je pense qu’avec cela, il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas ». Le cocon chambérien se présente alors comme le lieu idéal pour dévelop-per au maximum cette maturité. Durant l'été, le jeune Melvyn Richardson est devenu champion d'Europe lors de l'Euro U18 en Pologne. 36 n°70 - octobre 2014
  36. 36. www.groupe-maurin.com
  37. 37. Sports mécaniques par Olivier Navarranne Quadruple champion du Monde WTCC, Yvan Muller affiche l'un des plus beaux palmarès du sport automobile français. © Photo4 / Icon Sport Le seigneur de la piste Yvan Muller « Mathématiquement, le titre est en-core jouable ». Yvan Muller se verrait bien coiffer une cinquième couronne mondiale en WTCC, alors que les pilotes ont encore rendez-vous en Chine, au Japon et à Macau. Mais l'Alsacien sait que ce sera compli-qué. « José Maria Lopez a soixante points d'avance, ce qui est colossal. S'il ne rencontre pas de mésaventures comme celles que j'ai eues en début de saison, ce sera difficile. Je ne pour-rai pas aller le chercher à la régulière sur le plan de la performance. Il y a seulement sept points d'écart entre une première et une deuxième place, c'est minime. Cette année, je pense que c'est sa saison, tout lui réussit. Il a vraiment tout de son côté, tant mieux pour lui ». La déception pointe dans la voix d'Yvan Muller, lui qui fut si habitué à gagner ces dernières années, avec notamment quatre titres mondiaux WTCC depuis 2008. Mais cette saison, le pilote alsacien a clairement manqué de réussite, avec des abandons au Maroc et en Autriche. Le choix de re-joindre Citroën, nouveau constructeur en WTCC, s'est tout de même avéré payant. La marque aux chevrons truste les trois premières places du classe-ment général avec José Maria Lopez, Yvan Muller et Sébastien Loeb. Le natif d'Altkirch concède pourtant qu'il n'avait « pas d'attentes particulières » au début de la saison. « Mon objectif est toujours le même, celui d’essayer de faire le meilleur travail possible. Néanmoins, Citroën est un grand constructeur, avec des matières grises compétentes, et des mécanos au top. J'imaginais bien qu'avec les qualités de l'équipe nous serions bien placés ». La qualité des pilotes a aussi joué. Au Pour sa première saison chez Citroën au sein de la caté-gorie WTCC, Yvan Muller pointe en deuxième position du classement géné-ral. L'Alsacien, qui a toujours autant faim de victoires, est éga-lement un directeur d'équipe qui a un objectif précis : faire partager sa passion et son expérience. 38 n°70 - octobre 2014
  38. 38. côté d'Yvan Muller, Sébastien Loeb, nonuple champion du Monde des rallyes, réussit une très belle première saison. « Nous avons toujours quelque chose à apprendre, que ce soit tech-niquement, sur le pilotage, ou tout simplement sur la façon d'être, mais aussi sur le caractère. Pour le moment, il est évident qu'il apprend plus de moi que moi de lui, mais malgré tout j'essaye de m'inspirer des qualités des uns et des autres ». L'arrivée de Citroën a bouleversé la hiérarchie en WTCC, et le modèle C-Elysée s'est très vite avéré être le plus performant du plateau. « Il faut au moins deux à trois saisons pour qu'une voiture soit aboutie. Nous n'avons pas encore terminé la première saison, il y a donc encore beaucoup de choses à améliorer. Des évolutions sont évidem-ment prévues pour l'avenir, et il y a des postes sur lesquels nous estimons déjà avoir progressé. Nous travaillons en permanence sur la voiture ». Un travail qui va se poursuivre pour Yvan Mul-ler, qui sera encore au volant d'une Citroën pour la saison 2015. « Sauf que je vais passer beaucoup plus de temps sur le WTCC et que je vais beau-coup plus déléguer pour mon écurie. Je pense que cette saison mon team m'a pris trop de temps, ce qui ne m'a pas permis d'être à 100% sur mon programme Citroën ». Yvan Muller est en effet un homme très occupé. « J'ai créé ma propre écurie depuis deux ans, dans laquelle je fais rouler des jeunes et des moins jeunes. J'essaye de faire partager au maximum mon expérience. Ça me prend aussi pas mal de temps ». « J'essaye de faire partager au maximum mon expérience » Du temps bien utilisé puisque le Yvan Muller Racing Team est présent en Supertourisme Turbo, en champion-nat Mitjet séries et sur la Porsche Car-rera Cup. Un team qui était également WTCC représenté à l'occasion des 24 heures du Mans 2014, dans la catégorie GT3, avec une neuvième place à la clé. « J'ai toujours des projets différents », glisse Yvan Muller. « Concernant les 24 heures du Mans, je les ai faites et je ne les referai certainement pas. Pour le Trophée Andros, c'est sûr que non. Il n'y a plus vraiment d'intérêt, les voi-tures sont trop anciennes... ». L'Alsa-cien espère désormais faire mettre le pied à l'étrier à de jeunes pilotes, même si ce n'est pas toujours facile. « Je ne sais pas s'il est plus difficile d'entrer dans le monde des sports mécaniques que par le passé, mais je constate que les jeunes attendent de plus en plus que ça arrive », analyse le pilote, avec son franc-parler habituel. © XPB / Icon Sport Pour sa première saison chez Citroën, Yvan Muller (à gauche) a pu assister à la progression de son équipier Sébastien Loeb (à droite). © XPB / Icon Sport Largement dominatrices, les Citroën C-Élysée trustent les trois premières places du classement général. BIO EXPRESS Yvan Muller 45 ans - Né le 16 août 1969 à Altkirch (Haut-Rhin) Discipline : WTCC Équipe : Citroën Palmarès : Champion du Monde WTCC (2008, 2010, 2011, 2013), champion du Monde BTCC (2003), Vainqueur du trophée Andros (1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2004, 2005, 2006) n°70 - octobre 2014 39
  39. 39. Sports mécaniques L'amitié, moteur de la relation Yvan Muller - Shilton Toujours d'attaque pour partager sa passion du sport automobile, Yvan Muller a fait du bon travail auprès de Michael Guedj, PDG de Shilton, marque de sportswear. « C'est lui qui m'a mis un volant dans les mains, nous avons fait quelques courses ensemble. Aujourd'hui, dans toutes les courses que je fais, c'est forcément Yvan qui est à la base du projet ». L'aventure entre les deux hommes a démarré en 2001. « Au départ, il s'agissait sim-plement d'un partenariat commercial entre KIA Automobile, Yvan Muller et Shilton. KIA avait vendu un véhi-cule qui s'appelait le Sorento Shilton, tandis que moi je finançais une partie de l'équipe KIA du Trophée Andros », Michael Guedj (au centre) prône avant tout des relations amicales avec les sportifs, que ce soit avec Yvan Muller (à gauche) ou l'ancien handballeur Grégory Anquetil (à droite). révèle Michael Guedj. « Avec Yvan nous nous sommes connus comme ça puis, après deux ans, nous sommes devenus amis et avons lié une relation amicale plus que commerciale. C'est comme cela qu'il reste la tête d'affiche de Shilton depuis de nombreuses années ». Une entente qui est d'ail-leurs faite pour durer, comme l'assure Michael Guedj. « L'intérêt n'est pas dans l'équipe où il se trouve. Si demain il est chez untel ou untel, cela ne changera rien à notre amitié et à notre entente, qui n'est même pas un partenariat signé ». L'occasion pour Shilton de bénéficier de l'image d'un pilote hors pair. « Yvan est certaine-ment l'un des plus doués de sa généra-tion sur la piste. Je ne parle même pas du Trophée Andros, où il a gagné à dix reprises et obtenu une deuxième place en onze participations. Sur la piste, il est certainement le plus aguerri. Son parcours ne lui a pas permis d'accéder à la F1, mais je pense qu'il en avait les capacités ». © Shilton © XPB / Icon Sport © Photo 4 / Icon Sport Comme ici au Maroc, le pilote alsacien a été forcé d'abandonner, ce qui pourrait lui coûter le titre mondial en fin de saison. Yvan Muller entend désormais se projeter à 100% sur le WTCC en 2015, toujours avec Citroën. « Par exemple, j'ai créé depuis le 16 août un volant avec un fabricant de simulateurs, où il suffit de venir payer 100 euros, et pourquoi pas gagner une saison complète de course auto-mobile en championnat de France, au sein de mon équipe ». Yvan Muller s'est en effet associé à ellip6 pour ce concours de détection des jeunes pi-lotes sur simulateur. Payer 100 euros, s'essayer du côté du centre ellip6 de Pierrelatte (Drôme), et peut-être ga-gner une saison entière d'une valeur de 40 000 euros ? L'opération est tentante. « Mais je reçois beaucoup de messages me disant que c'est trop cher, que c'est trop loin... », soupire Yvan Muller. « Si les jeunes ne sont pas prêts à faire quelques heures de voiture pour tenter leur rêve, c'est désolant... Il faut tout leur apporter. Je pense que celui qui a la vraie moti-vation, et pas seulement le discours, pour percer dans les sports méca-niques, peut réussir ». Avec l'Alsacien, ces jeunes pilotes ont la chance d'en avoir le parfait exemple. Plus d'informations sur www.ellip6.com Plus d'informations sur www.shilton.fr 40 n°70 - octobre 2014
  40. 40. Que dirait votre voiture, si elle pouvait parler de vous ? FORD KUGA Ford SYNC® avec lecture des SMS* Titanium 2.0 TDCi 140 ch 4x2 169 € / mois(1) sans condition de reprise Entretien compris(2) LOA IdéeFord 25 mois 1er loyer majoré de 6 790 €, suivi de 24 loyers de 169€(1) Montant total dû en cas d’acquisition : 26 420 € Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifi ez vos capacités de remboursement avant de vous engager. *Selon téléphones compatibles. (1) Location avec Option d’Achat 25 mois. Exemple pour un Ford Kuga Titanium 2.0 TDCi 140 ch FAP BVM6 4x2 Type 04-13. Prix maximum au 01/01/2014 : 29 950 €. Prix remisé : 25 150 € incluant 4 800 € de remise. Kilométrage standard 25 000 km/an. Apport : 8 200 € dont Premier Loyer de 6 790 € et Dépôt de Garantie de 1 410 €, suivi de 24 loyers de 169 € (entretien compris(2)). Option d’achat : 15 574 €. Montant total dû en cas d’acquisition : 26 420 €. Assurances facultatives. Décès-Incapacité à partir de 17,61 €/mois en sus de la mensualité. Offre réservée aux particuliers du 01/04/14 au 30/04/14, pour Ford Kuga en stock dans les concessions Ford participantes, livré avant le 30/04/14. Sous réserve d’acceptation du dossier par Ford Credit, 34 rue de la Croix de Fer, 78174 St-Germain-en-Laye. RCS Versailles 392 315 776. N° ORIAS : 07031709. Délai légal de rétractation. (2) Entretien optionnel à 13 €/mois. Modèle présentéŸ: Kuga Titanium 2.0 TDCi 140 ch 4x2 avec Jantes Alliage 18 5 branches, Phares bi-Xénon, Pack Style, Pack Mains Libres et Peinture métallisée, au prix après promo de 27 790 €, apport, dépôt de garantie et option d’achat identiques, coût total : 29Ÿ116,88 €, 24 loyers de 281,40 €/mois. ConsommationŸmixte : 5,3 l/100 km. Rejet de CO2 : 139 g/km. Ford.fr www.groupe-maurin.com A4H KUGA TheGoodLife.indd 1 22/04/2014 11:17 n°70 - octobre 2014 41
  41. 41. La joueuse du PSG avait terminé meilleure buteuse de D1 la saison passée. © Andre Ferreira / Icon Sport Au féminin par Marie Wielfaert « Cette saison, nous n’avons peur de personne » Marie-Laure Delie C’est un transfert qui avait fait couler beaucoup d’encre durant l’été 2013. À défaut de gagner ses premiers titres, le Paris Saint-Germain, entraîné par l’ancien lyonnais Farid Benstiti, avait défrayé la chronique sur le plan du mercato. En enrôlant l’internatio-nale française Marie-Laure Delie (26 ans, 76 sélections), la formation de la capitale a réglé une indemnité de transfert de 50 000 euros à Montpel-lier. À l'époque, il s’agissait tout sim-plement d’une première en France. Si le procédé est quasi-systématique chez les hommes, il était encore inédit chez ces dames, où les fins de contrats et les arrangements à l’amiable faisaient foi. Mais malgré ce nouveau statut, la buteuse tricolore a parfaitement su répondre aux attentes de son nouveau club. Avec 26 buts en 24 matches, la native de Villiers-le-Bel s’est montrée, sans prétention aucune, à la hauteur de ses ambitions et s'est imposée comme une titulaire en puissance. « J’ai le sentiment que pour une saison d’adaptation, cela s’est plutôt bien passé dans l’ensemble. Au niveau de mon ratio, je pense avoir atteint les objectifs que je m’étais fixés. Je sou-haitais quitter Montpellier afin de jouer les premières places du championnat et remporter des titres. Cela faisait quatre ans que je n’avais rien gagné. J’avais également pour ambition de progresser dans mon jeu. Évoluer aux côtés de joueuses de très haut niveau est un véritable plus ». Encadrée par les joueuses expérimentées du collectif parisien que sont Shirley Cruz, Annike Krahn et Sabrina Delannoy, l’interna-tionale française a pris une nouvelle dimension sur la scène nationale, mais également internationale. Sa constance, son audace et sa précision devant le but l’ont ainsi fait grandir un peu plus. Après tout, l’ambition n’est pas un vilain défaut quand elle est Après son transfert historique lors de l’été 2013 au Paris Saint-Germain, Marie-Laure Delie s’est parfaitement fondue dans le collectif parisien. Pour sa deuxième saison dans la capi-tale, l’attaquante internationale sera plus que jamais ambitieuse avec en ligne de mire le titre de championne de France. 42 n°70 - octobre 2014
  42. 42. canalisée. Et elle en a sous la semelle. « S’entraîner tous les jours avec des joueuses internationales m’a permis de développer de nouvelles qualités. Au PSG, nous avons des joueuses avec une grande expérience. Elles m’aident beaucoup dans ma progression. Notre collectif est dense, nous sommes donc toujours obligées de nous donner à fond à l’entraînement pour gagner notre place le dimanche. Ici, j’ai vrai-ment appris la rigueur et le dépasse-ment de soi ». Deux qualités qu’elle compte bien faire fructifier dès cette année. Le Paris Saint- Germain en aura en effet bien besoin. Dauphin de l’Olympique Lyonnais lors de l’exercice 2013-2014, le club se voit proposer une nouvelle saison des plus dense, rythmée par le championnat de France, mais également par la Ligue des champions, une compétition chère aux yeux des dirigeants qataris. Ce qui n’est pas pour en déplaire à Marie-Laure Delie, toujours adepte des nouveaux challenges. « Nous abordons cette saison avec encore plus d’ambition que l’année dernière. Le recrutement a été effectué dans cette voie. Nous avons une petite revanche à prendre par rap-port à l’an passé. Nous avions éprou-vé beaucoup de regrets après notre élimination au premier tour face au futur finaliste, le Tyresö F.F (2-1, 0-0). Aujourd’hui, nous avons vraiment l’ambition d’aller chercher le titre en championnat et en Ligue des cham-pions ». Pour cela, les dirigeants se sont donné les moyens de leurs ambitions en effectuant un recrutement ambi-tieux alliant jeunesse et expérience. Plusieurs joueuses de calibre internatio-nal, telles Caroline Seger (Suède, 112 sélections), Joséphine Henning (Alle-magne, 19 sélections) ou Ann-Katrin Berger (Allemagne), sont venues grossir les rangs de l’effectif parisien. Un premier titre dans le viseur « L’entraîneur a souhaité se renforcer sur toutes les lignes. Il a ainsi fait appel à des joueuses de très haut niveau. Cela peut nous apporter un vrai plus en termes de qualité de jeu et d’expérience du haut niveau. Il risque néanmoins d’y avoir encore plus de concurrence ». Fort de ces nouvelles arrivées, le Paris Saint- Marie-Laure Delie Germain possède désormais toutes les cartes en main pour accrocher un premier titre à son palmarès. Même l’Olympique Lyonnais et ses douze titres de champion de France ne semblent plus effrayer les filles de Farid Benstiti. Techniquement et mentalement, ces dernières sont prêtes à tout pour enfin faire tomber l’ogre lyonnais, qui n’a plus quitté son trône depuis 2007. « À présent, je pense qu’il ne nous manque plus rien pour décrocher notre premier titre. L’expérience des filles qui sont arrivées nous fait vraiment du bien. Cette année, nous n’avons peur de personne. Face à de grosses cylindrées, tout devrait se jouer dans la tête. Il y a un vrai cap à franchir ». Consciente du potentiel de sa formation, Marie-Laure Delie se veut néanmoins prudente et © Amandine Noel / Icon Sport Lyon, emmené ici par Corine Franco (à gauche), sera une nouvelle fois le principal opposant du PSG. © Andre Ferreira / Icon Sport Marie-Laure Delie et le PSG ont pu compter sur le renfort de Caroline Seger (à gauche). BIO EXPRESS MARIE-LAURE DELIE 26 ans - Née le 29 janvier 1988 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) Poste : Attaquante Clubs : CNFE Clairefontaine (2005- 2007), Paris-SG (2007-2008), Mont-pellier (2008-2013), Paris-SG (depuis 2013) Sélection nationale : 76 sélections (56 buts) Palmarès : Vainqueur du Challenge de France (2009), vainqueur du Tournoi de Chypre (2012) n°70 - octobre 2014 43
  43. 43. Au féminin L’équipe de France franchira-t-elle un nouveau palier cette saison ? Après avoir terminé au pied du podium lors des derniers Jeux olympiques de Londres en 2012 et lors de la dernière édition de la Coupe du monde en 2011, les partenaires de Marie-Laure Delie se verraient bien briser cette ma-lédiction au Canada en accrochant le Comme ici contre Muret, le PSG devra avant tout faire respecter la hiérarchie face aux modestes formations. premier podium international de leur histoire. Cette Coupe du monde 2015 sera véritablement l’un des temps forts de la saison de l’attaquante du Paris Saint-Germain. Un rendez-vous déjà présent dans la tête de la Fran-cilienne. « Même si le rendez-vous est encore loin dans le calendrier, on y pense forcément. Je sais que nous avons les qualités pour briller. Après, le haut niveau se joue sur des détails. Personnellement, j’essaierai, comme je l’ai toujours fait, d’apporter le maxi-mum sur le terrain dès que le coach fera appel à moi. J’ai conscience au fil des années d’être devenue l’une des joueuses d’expérience. Néanmoins, l’entraîneur essaie toujours de mettre chacun au même niveau ». Une phi-losophie qui pourrait bien porter ses fruits lors de ce rendez-vous plané-taire. Arrivé avec ses idées durant l’été 2013 suite à l’éviction de Bruno Bini, Philippe Bergeroo semble depuis avoir imprimé une nouvelle dynamique à ce collectif en pleine ascension. « Il y a un certain renouveau depuis le départ de Bruno Bini. Le coach est arrivé avec son oeil extérieur. Il a débarqué avec un autre système de jeu et de nou-velles idées. Il a appris au fil des ras-semblements à connaître les joueuses. Il n’a cependant que très peu modifié le noyau dur de cette équipe ». Un atout indéniable avant d’aborder un tournoi de cette envergure. En route pour la Coupe du monde © Dave Winter / Icon Sport © Amandine Noel / Icon Sport © Andre Ferreira / Icon Sport Les Bleues et Marie-Laure Delie visent le podium lors du prochain Mondial. Remporter la Ligue des champions avec le PSG ? L'ancienne joueuse de Montpellier y croit. mesurée. Pas question de se voir en haut de l’affiche trop rapidement. Le championnat de France réserve en effet régulièrement des surprises. Juvisy, Montpellier ou encore Guin-gamp se verraient bien voler la vedette aux Parisiennes. « Tous les clubs se sont encore renforcés durant l’intersaison. Plusieurs formations, à l’instar de Guin-gamp, se sont montrées très actives. Ces arrivées permettent de hausser considérablement le niveau de la D1. Des clubs comme Juvisy ou Montpel-lier, présents dans le Top 4 ces dernières saisons, devraient donc encore nous poser de véritables problèmes. Il faudra batailler ferme pour enfin aller chercher ce titre qui nous manque ». Reste que si l’envie est bel et bien présente dans les rangs parisiens, il n'y aura qu'une vérité, celle du terrain. 44 n°70 - octobre 2014
  44. 44. Découverte par Olivier Navarranne Zoel Alhenj et les Malgaches se sont fait peur tout au long de la compétition, avant de finalement se montrer intraitables lors du Final Four. © QUARTERBACK Madagascar au sommet Tout aurait pu se terminer à Autun, dernière étape des Masters de Pétanque 2014 avant le Final Four à Istres. Une victoire de Zvonko Radnic face à Christophe Sarrio, et Madagas-car aurait dit adieu aux Masters. Tout semblait joué lorsque le premier me-nait 12-4 face au second. « Nous regar-dions ce match de loin », confie Zoel Alhenj, joueur de Madagascar. Mais, et c'est tout l'intérêt de la pétanque, rien n'est fini avant la dernière boule. Vainqueur 13-12, Christophe Sarrio validait alors son ticket pour le Final Four, aux côtés de Philippe Suchaud, Dylan Rocher et donc des Malgaches. À Istres, ces derniers ont d’entrée créé la surprise en dominant en demi-fi-nale une équipe composée de Philippe Suchaud, Philippe Quintais, Damien Hureau et Christian Fazzino. Zoel Alhenj et ses coéquipiers menaient même 7-0, avant de connaître une baisse de régime et de se retrouver menés 9-8 après onze mènes. « Nous aurions pu terminer la partie en quatre mènes », confie Zoel Alhenj. « Mais le petit jeune (Fanirisoa Randriana-toandro, 16 ans seulement, ndlr) a craqué, il n'était plus dedans. Nous avons donc décidé de le remplacer au bon moment, et ça nous a per-mis de remporter cette demi-finale ». Une victoire 13-9 des Malgaches et une défaite surprise de l'équipe de Philippe Suchaud. « Les regrets sont là, car nous avons eu une occasion de revenir dans la partie », concède Christian Fazzino, entré à la place de Philippe Suchaud au cours de la demi-finale. « Nous n'avons pas bien joué, mais nous n'aurions jamais dû perdre sur cette dernière mène, sur cette boule manquée ». Cette équipe aux multiples récompenses, tenante du titre, avait pourtant dominé cette édi- L'équipe de Mada-gascar a remporté la 16ème édition des Masters de Pétanque à Istres, après avoir éliminé les équipes de Philippe Suchaud et Christophe Sarrio. Premiers vainqueurs étrangers de l'épreuve, les Malgaches ont une nouvelle fois prouvé qu'ils font bien partie des meilleurs joueurs mondiaux. 46 n°70 - octobre 2014

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