Revalorisaton du statut de médecin en chu

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A la veille de la présentation de la loi « Hôpital-Patient- Santé-Territoire » aux parlementaires, la conférence des présidents de CME organisait un colloque sur le métier de médecin en CHU. Externes, Internes, CCA et PH étaient appelés à présenter leurs propositions de valorisation de ce statut lors d’une courte présentation. La discussion avec l’orateur se poursuivait ensuite lors d’une table ronde animée par un journaliste médical et à laquelle étaient invités un doyen de faculté, un président de CME, un directeur de CHU ainsi qu’un directeur des ressources humaines d’une société privée. Les débats étaient clos par une présentation synthétique des propositions à Madame Annie PODEUR, Directrice de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins (DHOS).
Retour sur les propositions de l’ISNIH et sur les débats avec Sébastien COURAUD, Président du syndicat de Lyon et rapporteur de l’ISNIH lors de cette journée



AVENIR MÉDECIN : POURQUOI ÉTAIT-IL NÉCESSAIRE D’ORGANISER UN TEL COLLOQUE ?
SÉBASTIEN COURAUD : Parce que les choses changent et que tous les partenaires constatent que le CHU est de moins en moins attrayant pour les jeunes. Si nous souhaitons conserver ces pôles d’excellence, il est fondamental d’agir dés à présent. L’idée d’organiser ce colloque en confiant la parole aux médecins de demain et en entendant l’avis d’experts venus de sociétés privées était une excellente initiative.
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Revalorisaton du statut de médecin en chu

  1. 1. Retour sur les propositions de l’ISNIH et sur les débats avec Sébastien COURAUD, Président du syndicat de Lyon et rapporteur de l’ISNIH lors de cette journée. AVENIR MÉDECIN : POURQUOI ÉTAIT-IL NÉCESSAIRE D’ORGANISER UN TEL COLLOQUE ? SÉBASTIEN COURAUD : Parce que les choses changent et que tous les partenaires constatent que le CHU est de moins en moins attrayant pour les jeunes. Si nous souhaitons conserver ces pôles d’excellence, il est fondamental d’agir dés à pré- sent. L’idée d’organiser ce colloque en confiant la parole aux médecins de demain et en entendant l’avis d’ex- perts venus de sociétés privées était une excellente initiative. AVM : POURQUOI LE CHU DEVIEN- DRAIT-IL MOINS ATTRACTIF ? SC : Plusieurs facteurs y contribuent. Les mentalités des jeunes médecins ont évolué par rapport à nos aînés. Désormais, si la médecine reste pour beaucoup d’entre nous une vocation, nous ne souhaitons pas pour autant en faire un sacerdoce. La qualité de vie pendant et après le travail est de- venue une priorité pour beaucoup d’entre nous. La féminisation de la profession ne fait qu’accentuer les choses. Par ailleurs, le regard de la société sur les méde- cins a énormément évolué. La popu- lation nous sollicite de plus en plus et N°2 - Déc. 20082 Revalorisation du statut de médecin en CHU Dossiers d’Actualité Ala veille de la présentation de la loi « Hôpital-Patient- Santé-Territoire » aux parlementaires, la conférence des présidents de CME organisait un colloque sur le métier de médecinenCHU.Externes,Internes,CCAetPHétaientappelés à présenter leurs propositions de valorisation de ce statut lors d’une courte présentation. La discussion avec l’orateur se poursuivait ensuite lors d’une table ronde animée par un journaliste médical et à laquelle étaient invités un doyen de faculté,unprésidentdeCME,undirecteurdeCHUainsiqu’un directeur des ressources humaines d’une société privée. Les débats étaient clos par une présentation synthétique des propositions à Madame Annie PODEUR, Directrice de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins (DHOS). AVM-2 complet.indd 4 9/12/08 18:09:43
  2. 2. exige toujours une qualité optimale. Par ailleurs, l’organisation des CHU est souvent un cadre lourd et pesant où les initiatives et les projets person- nels ne peuvent pas toujours être au cœur du débat. Enfin, la compétitivité des structures privées est désormais réelle. Les jeunes médecins y sont atti- rés par la qualité des soins et du travail aussi bien que par la rémunération et la qualité de vie proposée. AVM : COMMENT ONT ÉTÉ ÉLABO- RÉES LES PROPOSITIONS DE L’ISNIH QUE VOUS AVEZ SOUMISES LORS DE CE COLLOQUE ? SC : Lorsque la conférence des prési- dents de CME a souhaité organiser ce forum, elle a demandé aux syndicats représentatifs des jeunes médecins d’être partenaires de cet événement. Ils ont alors proposé de créer des groupes de travail dans leurs structures, chargés d’élaborer des propositions concrètes pour améliorer le statut de médecin en CHU. A l’ISNIH nous nous sommes réunis à une dizaine d’internes de villes et de spécialités différentes afin de ré- fléchir ensemble. J’ai ensuite essayé de transcrire au mieux les propositions de notre groupe. AVM : QUELLES ÉTAIENT VOS PRINCI- PALES PROPOSITIONS ? SC : Nous avions choisi de présenter nos propositions sous la forme de qua- tre axes principaux : la rémunération, les conditionsdetravail,l’activitéprivéeàl’hô- pital et le contrôle des médecins de CHU. L’ensemble de ces propositions avaient pour objectif de faire comprendre aux pouvoirs publics que, pour être attractif pour les internes, le CHU doit s’adapter aux attentes des nouvelles générations de médecin, mieux considérer notre tra- vailetnotrerôleetoffrirunevraicompéti- tivité salariale avec les structures privées. Pour cela, le médecin doit être replacé au centre des décisions dans l’hôpital ou dans son service et l’État doit pouvoir donner aux CHU les outils pour recruter et conserver ses médecins. AVM : POUVEZ-VOUS NOUS DÉ- TAILLER VOS PROPOSITIONS CONCER- NANT LA RÉMUNÉRATION DES MÉDE- CINS DE CHU ? SC : Nous avons proposé que la ré- munération des médecins puissent se faire en deux parties : une part fixe et une part variable. Concernant la part fixe les internes ont proposé une augmentation du salaire en début de carrière. C’est en effet à ce moment de la vie du médecin que la disparité avec le privé est énorme (du simple au double). Afin d’éviter la fuite des jeunes médecins et compte tenu des exigences importantes de notre métier il nous apparaît donc es- sentiel de réévaluer à la hausse notre salaire fixe. Il nous parait ensuite fon- damental de rémunérer les activités annexes des médecins : enseigne- ment (pour les non-universitaires), activité de recherche, de publication, mandat électif, charge administrative. Ces activités, essentielles à la commu- nauté, prennent beaucoup de temps et sont, la plupart du temps, réalisées à titre bénévole en sus de la charge de travail, déjà lourde, des médecins hospitaliers. Enfin, nous souhaitons voir apparaître une part variable dans nos salaires. Celle-ci doit être indexée à l’activité du service en comprenant les actes techniques mais aussi les actes intel- lectuels. En effet, la médecine n’est pas seulement une science mais aussi un art. Actuellement, l’activité intel- lectuelle n’est pas assez valorisée. L’introduction de cette part variable permettrait à tous de se sentir plus concernés par l’activité du service et de l’établissement. Nous trouverions même parfaitement logique d’y as- socier le personnel non médical pour une plus grande efficacité de l’équipe toute entière. Il est logique d’intégrer l’ensemble du personnel d’un service dans ce mouvement. AVM : ET CONCERNANT LE POUVOIR DÉCISIONNEL DES MÉDECINS ? SC : C’est le second grand volet de nos propositions. Nous souhaitons replacer le médecin au cœur des dé- cisions de son service ou de son éta- blissement. Nous pensons que le médecin doit pouvoir avoir le choix de ses collabo- rateurs comme dans une structure pri- vée. Le travail d’équipe dans un hôpital est absolument fondamental dans la prise en charge des patients. Chaque catégorie de personnel y a son rôle et sa place. Il parait néanmoins logi- que que le corps médical puisse avoir son mot à dire en termes de ressour- ces humaines dans son service. Mais attention, cela doit se faire « au plus près », sans décentraliser le pouvoir. Concrètement, le corps médical doit pouvoir se prononcer lorsque le ser- vice doit recruter une cadre supérieure de santé ou des infirmières(ers). Il ne parait pas illogique que de vrais entre- tien d’embauche, similaires à ce qui se pratique dans le privé, soient instau- rés. Nous devons également pouvoir participer aux évaluations annuelles du personnel. Autre exemple, le médecin N°2 - Déc. 2008 3 Dossiers d’Actualité AVM-2 complet.indd 5 9/12/08 18:09:45
  3. 3. doit pouvoir avoir le choix de recruter lui-même son attaché(e) administratif. Bien évidemment, tout ceci ne peut être possible que si ce même person- nel peut avoir un espace de parole et de critique au sein d’un conseil de ser- vice revitalisé par exemple. Le second exemple concret serait de rendre au médecin un réel pouvoir quand à l’organisation de son service. Il est intolérable de se voir dicter des fermetures de lits ou encore des ho- raires de consultation incompatibles avec notre activité. Enfin, nous souhaitons que l’admi- nistration hospitalière prenne plus en considération l’ensemble du person- nel soignant, clef de voûte de l’établis- sement hospitalier. En pratique le retour du pouvoir déci- sionnel au médecin ne doit pas seu- lement se faire vers des instances comme la CME ou le conseil de PAM. Il faut agir « au plus près » de l’unité, donc du malade, à l’échelon du chef de service. AVM : VOUS AVEZ PROPOSÉ D’ÉTA- BLIR UN CONTRÔLE DES MÉDECINS DE CHU. POUVEZ-VOUS NOUS DIRE POURQUOI ET NOUS EN DONNER LES PRINCIPALES IDÉES ? SC : Il nous est apparu essentiel de proposer des mesures de contrôle afin d’éviter les dérives. Par ailleurs, nous sommes conscient que le sys- tème est également alourdi par cer- tains praticiens qui voient dans le statut de médecin de CHU, une très belle « planque ». Si nous souhaitons renforcer notre rôle dans l’établis- sement et exercer un contrôle sur les personnels non médicaux, il est évident que nous devons nous sou- mettre à une procédure de contrôle. Très concrètement, nous proposons que les médecins soient évalués par une commission composée de leurs pairs tous les 5 ans. Lors de cette commission, le médecin hospitalier pourra présenter son activité des cinq dernières années et proposer des ob- jectifs pour les cinq années à venir. Une très large place devra être laissée aux activités annexes et aux missions d’intérêt général. Le conseil de service pourrait être amené à émettre un avis à la commission. Cela permettrait à l’ensemble de l’équipe de donner son point de vue sur l’activité du praticien. A l’issue de cette évaluation, la com- mission pourrait alors proposer des recommandations qui serviraient de base à la négociation d’un nouveau contrat avec l’administration comme le propose la loi HPST. AVM : CONCERNANT L’ACTIVITÉ PRI- VÉE À L’HÔPITAL, VOUS AVEZ « JETÉ UN PAVÉ DANS LA MARE ». POURQUOI ? SC :Sielleestnécessaireonyobserve souvent des dérives. Cela est malheu- reux car nous risquons, tous, de payer les agissements de quelques uns. Nous proposons donc, de façon un peu provocatrice il est vrai, de sup- primer l’activité privée à l’hôpital telle qu’elle existe actuellement. En contre partie nous proposons qu’il soit ins- crit dans le statut de PH temps plein la possibilité d’effectuer une activité privée contrôlée et définie contractuel- lement en dehors de l’établissement public.. AVM:COMMENT ONT ÉTÉ ACCUEILLIES VOS PROPOSITIONS PAR LES MÉDECINS QUI SIÉGEAIENT À VOTRE TABLE RONDE ? [PR PIERRE CORIAT, PRÉSIDENT DE LA CME DE L’AP-HP ET PR BENOÎT SCHLEMMER, DOYEN DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE PARIS VII-DIDEROT, NDLR]. SC : J’ai été agréablement surpris des réactions de tous les intervenants. Tous ont salué le caractère sérieux et constructif de nos propositions. Il est évident par contre que celles sur l’ac- tivité privée ont un peu fait grincer des dents… ! Plus sérieusement, les propositions de modalités de rémunération et de ren- forcement du pouvoir médical ont été très largement saluées, tout comme nos proposition d’instauration d’un meilleur contrôle de notre activité. AVM: ET LE REPRÉSENTANT DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ? [JEAN-YVES RÉMOND, DIRECTEUR DES RESSOURCES HUMAINES DES GALERIES LAFAYETTES, NDLR]. SC : J’ai été très agréablement surpris et flatté par ses commentaires. Il a qualifié nos propositions d’élé- mentaires et modernes. Il a d’emblée comparé notre statut à celui de cadre supérieur dans le privé. Il s’est dit très étonné, voire effaré, du constat que nous faisions… Pour lui, nos propositions de reva- lorisation salariale, avec introduction d’une part variable et de renforcement du rôle de cadre du médecin lui pa- raissent élémentaires. Le coté mo- derne de nos propositions venait de notre proposition d’auto-contrôle qu’il jugeait très responsable. Son interven- tion a été très appréciée de l’ensem- ble des participants. AVM : CROYEZ-VOUS EN L’AVENIR DU CHU ET PENSEZ-VOUS QUE VOS PRO- POSITIONS SERONT ENTENDUES ? SC : Bien sûr que je crois que le CHU a de beaux jours devant lui. Tout le monde sait pertinemment que notre système de santé, malgré tous ses travers, est l’un des plus performants au monde. Par contre, il est évident que la situation est aujourd’hui criti- que et il est essentiel que le CHU ne « loupe pas le coche ». Il ne faut pas que les pouvoirs publics aient peur de réformer profondément les choses pour rendre le CHU plus compétitif et attractif. Il faut le faire vite et bien si nous souhaitons conserver ces pôles d’excellence. Je pense que nos propositions ont été entendues par la DHOS. Je pense également qu’elles étaient suffisam- ment sérieuses et constructives pour qu’elles soient suivies de faits. Il n’en reste pas moins qu’il faudra une vraie volonté et un vrai courage pour les appliquer et sauver le CHU. Quoi qu’il en soit, il est évident que nous devons travailler tous ensembles : médecins, futurs médecins, personnels non mé- dicaux, décideurs et administratifs, pour construire ensemble le CHU de demain ! ◆ Dossiers d’Actualité N°2 - Déc. 20084 AVM-2 complet.indd 6 9/12/08 18:09:46

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