L esprit-de-sara-chap1(1)

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L esprit-de-sara-chap1(1)

  1. 1. 1 Pfff… Pfff... Allez, il faut que je me lève, courage… Sara s’arrache avec violence de la chaleur de sa couette. Assise au bord du lit, les épaules repliées, elle observe ses pantoufles mais ne les enfile pas. Elle se lève doucement et se traîne vers la salle de bain pour se rincer le visage à l’eau froide. Encore une journée qui commence. Je n’ai pas envie de bouger, juste celle de dormir, mais surtout, celle de ne plus jamais me réveiller. Combien de matins et de réveils vais-je encore devoir supporter avant de commencer à me sentir bien? Combien de fois cette vie va me rappeler que je ne fais rien de ce qui me plait? Combien de questions vais-je encore me poser avant de dire: Merci la vie, je suis contente d’être ici? J’étouffe, suffoque, rien qu’à l’idée de devoir, une fois de plus, m’en aller travailler. Ce matin, je souhaiterais m’enfuir loin, très loin de cette existence qui ne m’apporte rien de bien. Mon corps, devenu lourd à porter, se traîne tel un poids mort. J’aimerais tant changer le court de mon histoire, mais je n’y parviens pas. Mon grand lit vide me rappelle, nuit après nuit, ma vie remplie de solitude.
  2. 2. Une solitude profonde qui m’accompagne dès l’instant où j’entrouvre les yeux. Dormir, ne plus me réveiller, sombrer dans un profond sommeil, ne plus jamais voir le soleil se lever, mourir est devenu pour moi la meilleure solution. Je suis une femme égarée, perdue, sans but. Traînant de ci, de là, à me désespérer devant le temps qui court. Et il court celui-là. Jamais il ne s’arrête. Il me vole, inépuisable, ma vie, ma liberté, mes années, continuant sa course folle en se foutant du reste. Impuissante, elle sent son corps vieillir, se fatiguer, à force du temps qui passe. Silencieuse, elle se dirige vers la cuisine, puis, lentement, se sert une tasse de café, s’allume une cigarette et s’avance vers la fenêtre entrouverte. La gorge nouée, elle se retient de pleurer. Pourquoi suis-je obligée de travailler? Je voudrais me sentir bien, mais je n’y parviens pas. D’ailleurs que pourrais-je faire d’autre, si non de travailler? Seule dans la cuisine, comme à mon habitude, je réfléchis. Sara regarde par la fenêtre et aperçoit les premières personnes qui se pressent pour aller travailler. Elle songe et se demande s’il y a beaucoup de gens comme elle. Peut-être, se sont-ils résignés à vivre leur vie en soldat, sans se poser de questions. Peut-être aussi, que c’est moi qui ne vois pas que travailler, manger, dormir est l’unique chose à faire
  3. 3. en ce bas monde. Mais je ne le pense pas. Je suis certaine que si un jour je me prends sérieusement en main, je me sentirais mieux le matin au réveil. Mais par où et par quoi commencer? La gorge serrée, elle a une envie folle de pleurer. Je ne veux pas craquer. Pourquoi faut-il toujours que je m’énerve quand je m’éveille? Comment m’y prendre pour qu’un jour j’écoute la voix de mon âme? Pourquoi faut-il toujours que je m’énerve quand je m’éveille? Je veux changer de vie, je veux changer MA vie. Mais le pourrais-je seulement un jour? Ah, elle est belle la vie pour moi! Avec ce boulot puant dans cette usine empestant le poisson mort. Pourtant, je travaille dans les bureaux, mais l’odeur pestilentielle arrive jusqu’à moi et s’imprègne dans mes cheveux, mes vêtements, mon nez. J’ai beau se laver, me frotter, me parfumer, je ne parviens jamais à me défaire de cette puanteur. Ce matin, si elle continue, elle va finir par ne pas partir à son travail. Elle s’y sent si… prisonnière! On dit que nous sommes libres. Mais de quelle liberté parle-t-on? Croire que nous sommes libres parce que nous avons un travail? Se dire qu’un salaire vaut mieux que le chômage. Oh, je dois arrêter de penser et filer me préparer. Sara se parle constamment à elle-même pour ne pas se laisser aller.
  4. 4. J’ai cinquante ans, il est plus que grand temps de tourner la page et de commencer à être heureuse. Il est sept heures, le soleil n’est pas encore levé. Dehors, je vois bien que les gens se pressent et moi, je n’ai plus envie de me presser. Je veux exister, me sentir libre. Prisonnière du travail, des factures à payer, des enfants à élever, tout cela commence à m’étouffer. Plus abattue qu’à son réveil, elle retourne dans la salle de bain, se douche. Elle a froid. Devant le miroir, elle se regarde avec mépris et reprend: Tu vieillis Sara et tu n’as encore rien fait de ta vie. Oups, pardon, t’as deux enfants, ce n’est pas rien! Mais ils grandissent, vont partir et tu vas te retrouver toute seule. Après, que te restera-t-il? Rien! Tu seras encore plus seule et plus vieille qu’aujourd’hui. Le temps va continuer de s’écouler. Tic, tac. Tic, tac. Stooop! Qu’il s’arrête un peu celui-là pour me donner le temps d’essayer d’être heureuse! Je suis si fatiguée de trop souvent reporter à demain les grandes résolutions prises après une profonde remise en question. Fatiguée aussi de voir les jours, les semaines et les années filer sans jamais pouvoir les arrêter.
  5. 5. Sara se gifle et s’écroule de chagrin, pleure, se déteste. Tremblante, elle fini par s’enrouler dans une grande serviette de bain, puis, se regarde à nouveau dans la glace. Je pense pourtant que je suis encore une belle femme, même si mes grands yeux verts ont toujours un air triste. Je ne suis pas très grande mais mon corps est bien proportionné. De nature solitaire, elle apprécie beaucoup ces moments qu’elle passe, seule, enfermée dans son monde. Elle s’isole souvent dans son bureau où elle écrit sur son ordinateur tout ce qui lui passe par la tête. Finalement, elle s’habille. Non, ce matin je ne vais pas travailler mais prendre ma plume, j’ai envie d’écrire, de réfléchir, de découvrir si pour moi il est vraiment trop tard ou si tout est encore possible. Et puis, j’ai particulièrement envie de revenir sur mon passé. Sur ma vie! Celle que je ne peux changer puisqu’elle est derrière moi et qu’elle le restera à tout jamais. Qui sait, peut-être que quelque chose de meilleur s’ouvre encore devant moi, plus agréable que ce qui est derrière. Et heureusement, je sais que ce qui s’ouvre devant moi peut-être différent, mais par où et par quoi commencer? Je ne suis pas écrivain, et j’ai du mal à organiser mes idées pour les écrire. D’ailleurs, c’est le métier que j’aurais du choisir
  6. 6. dès le départ; écrivain. C’est vraiment ce qui me tient à cœur depuis toujours. Une idée surgit alors dans son esprit: Et si je commençais par Dominique? Je crois que ce que je vais faire, c’est de commencer par analyser sa vie, peut-être trouverais-je un élément d’explication pour me sortir de cette vie banale, moche et désastreuse. J’ai parcouru les chemins sans jamais oser concrétiser un de mes rêves d’enfant. Et je me dis qu’en comparant ma vie à celle de Dominique, je vais peut-être y parvenir. Il est grand temps parce qu’après, je pense qu’il sera beaucoup trop tard. Qui sait, peut-être parviendrais-je enfin à faire dans le présent ce que j’ai toujours reporté à demain. M’analyser, comprendre mon fonctionnement, voilà ce que je vais maintenant faire. Et tant pis si je suis licenciée, tant pis si une fois de plus je me retrouve au chômage. De toute façon cette usine me dégoute, j’en ai marre de me lever chaque matin pour partir toute une journée dans cet endroit que je n’ai pas choisi. Il y a peu d’emplois vacants qui correspondent à mes capacités donc, non, vraiment, je n’ai pas eu le choix. Cet emploi est le seul dans lequel j’ai réussi à me faire engager. Faut
  7. 7. dire aussi que mon âge avançant, j’ai difficile à trouver un bon emploi. Bah, peut-être que c’est moi, finalement, la difficile. Silencieuse, elle s’installe prêt de la fenêtre et commence à écrire sur son ordinateur ce qui lui passe par la tête sur la vie de Dominique. Dominique était une femme d’humeur joyeuse et toujours prête à faire plaisir. Son sourire illuminait son petit visage rond. Elle avait de longs cheveux noirs et ondulés qui retombaient sur ses épaules comme si elle portait un foulard de soie sobre et soyeux. Elle aimait porter de longues boucles d’oreilles se mêlant délicatement à ses cheveux. Toujours très ponctuelle, elle se rendait au travail vêtue de robes impeccables et colorées surmontées d’un gilet de couleur unie et délicatement assorti. Ses talons hauts complétaient ses tenues avec bon goût et élégance. Dominique commençait bien sa vie de femme, elle avait un bon emploi chez Copinpub, une agence de publicité. Elle habitait un petit appartement dans un joli quartier boisé et calme en plein cœur de Bruxelles. Je me dis que j’aurais pu être cette femme, vivre sa vie. Pourtant je vis la mienne et non celle de quelqu’un d’autre. Bon, allez, ce matin, je laisse courir mes réflexions.
  8. 8. Je me demande ce que serait ma vie si, dès maintenant, je m’applique à changer une petite chose dans mes habitudes quotidiennes tout comme Dominique l’avait fait pour réussir à changer le court de son histoire. La différence entre elle et moi, c’est qu’elle a réussi ce qu’aujourd’hui, personnellement, je cherche encore; me sentir bien au quotidien et faire des choses que j’aime. Pour Dominique, par contre, c’est le jour de son trentième anniversaire que tout à basculé. Pour fêter ses trente ans, elle avait organisé une grande fête dans une salle qu’elle avait louée pour l’occasion. Elle y avait invité ses collègues, ses amis, les amis de ses amis. Près de cent personnes étaient de la partie. Les cocktails, la musique, la déco, tout avait été pensé pour donner aux invités de quoi passer un bon moment. Dominique parlait tantôt à l’un, tantôt à l’autre. Elle ne connaissait pas tout le monde, c’était donc une occasion rêvée pour faire la connaissance de nouvelles personnes. Un homme s’approcha d’elle, la félicita pour son organisation et son talent pour avoir aussi bien réussi cette fête. Elle le regarda de ses grands yeux verts et pétillants et lui sourit. Elle ressentait un bien-être profond devant cet homme qu’elle ne connaissait pas.
  9. 9. - Puis-je connaître votre nom? - Martin. Je suis Martin Maillet et je travaille aussi, comme vous, chez Copinpub! Elle ne l’avait jamais remarqué. Elle travaillait depuis trois ans dans cette entreprise et pourtant elle n’avait jamais vu que Martin faisait partie de l’équipe des commerciaux. Pourquoi ne l’avait-elle jamais remarqué? Elle se posait encore la question quand il reprit: - Vous savez Dominique, chaque fois que je viens à l’agence, je vous regarde, mais vous êtes toujours si concentrée sur votre travail que je n’ose pas vous déranger. - Pardon Martin, c’est vrai que je suis toujours très concentrée, mais j’aime tellement ce que je fais, qu’il est très rare que je me laisse distraire par le passage des gens dans le couloir. - C’est normal, je vous comprends, moi-même lorsque je suis en rendez-vous, je me concentre sur la personne et j’oublie tout le reste. Moi aussi j’aime ce que je fais et je m’investis beaucoup pour Copinpub.
  10. 10. - Martin, la prochaine fois que vous venez à l’agence, passez dans mon bureau pour me dire bonjour, ça me fera vraiment plaisir. La soirée touchait à sa fin, les gens commençaient à partir mais Martin était encore là, ça Dominique, cette fois l’avait bien remarqué. Elle se demandait pourquoi cet homme, avec sa belle apparence de maturité, grand et bien proportionné, n’avait jamais attiré son attention au bureau. Elle se coucha ce soir-là en se jurant d’être plus attentive à l’avenir sur ce qui se passerait autour d’elle. Etre attentif à ce qui se passe autour d’elle était une très bonne chose pour Dominique si elle voulait atteindre de nouveaux objectifs. Vivre c’est agir, c’est découvrir de nouvelles choses, mieux connaître ceux qui nous entourent, je le sais, mais je suis trop souvent distraite et ne vois pas très bien ce qui ce passe devant moi. Je suis peut-être aveugle et sourde devant des évidences par faute de trop me concentrer sur moi. Je m’invente des excuses et me plains ensuite de n’avoir pas la vie que je souhaite. Pourtant une belle et merveilleuse vie est là, j’en suis certaine, mais je me concentre bien plus sur ce que je n’ai pas, plutôt que sur ce que j’ai déjà. Je sais qu’il ne suffit pas d’avoir
  11. 11. une chose dans la vie pour être bien mais plutôt qu’on a besoin de vivre et de connaître un tout. Dominique, ce soir-là, avait compris qu’il n’y avait pas que son travail dans la vie, mais que bien d’autres choses pouvaient la combler de joie et de bonheur. Qu’avoir un mari, des enfants, des choses à faire en dehors de son travail augmenteraient certainement davantage son bien-être personnel. Elle venait de fêter son trentième anniversaire et elle découvrait que jamais elle n’avait pensé que se marier et avoir des enfants étaient aussi important pour elle que d’avoir un travail. Elle était en train de découvrir que pour être bien, entièrement bien, elle avait d’autres choses à vivre, à avoir et à voir durant sa vie sur terre. Pour la première fois, elle se coucha en se promettant d’y voir un peu plus clair dès son réveil le lendemain matin. Levée de très bonne heure pour un dimanche matin, Dominique ne put s’empêcher de songer à Martin, se demandant encore pourquoi elle ne l’avait jamais remarqué alors qu’ils travaillaient tous les deux dans la même entreprise. Dominique s’engagea fermement à changer quelque chose dans sa vie, afin de se sentir chaque jour un peu mieux au quotidien. C’est fermement décidée à y voir plus clair, qu’elle
  12. 12. prit une douche et sortit se balader pour s’aérer le corps et l’esprit. Bien qu’elle aimait les balades en solitaire dans la montagne, ce matin-là, elle se rendit dans le parc des Etangs d’Ixelles qui se trouvait à quelques rues de chez elle. Durant toute son enfance elle avait aimé cet endroit verdoyant en plein cœur de Bruxelles. En hiver, quand il y avait de la neige, elle faisait de la luge en s’imaginant être un oiseau s’élevant et volant dans un ciel bleu. Elle avait une petite sœur, trois ans plus jeune, qui la suivait partout et avec laquelle elle jouait énormément. Le parfum des fleurs la ramena quelques instants dans cette enfance déjà bien loin pour elle et dont il ne restait qu’un souvenir sombre dont elle ne souhaitait pas songer en ce jour particulier. Elle avait juste besoin d’un bon bol d’air. De s’ouvrir à cette nouvelle perspective qui s’ouvrait devant elle. Jamais, jusqu’à ce jour, elle n’avait songé faire le point sur sa vie, sur ce qu’elle était, pensait, vivait et la raison de sa venue sur terre. Elle devait changer ses habitudes, elle en était maintenant convaincue. Sans même s’en apercevoir, elle marcha dans le parc tout l’avant midi. La faim lui rappela qu’il était peut-être temps de rentrer pour dîner.
  13. 13. Ce dimanche-là, elle ne put s’empêcher de retourner passer le reste de son après-midi dans le parc de son enfance. Dominique prit alors de nouvelles résolutions qui transformèrent radicalement sa vie. Sara revient sur elle. Méditer, réfléchir, prendre du temps pour soi est quelque chose que j’ai souvent fait moi aussi. Malheureusement, les résultats obtenus ne m’ont jamais conduit à ce que je souhaitais par dessus tout atteindre. Comment parvenir à faire comme Dominique et finalement réussir? Il va pourtant falloir! Je veux quitter cette terre heureuse et satisfaite d’avoir fait ce pourquoi je suis née. Mais je reste toujours là, à regarder la vie des autres en me disant que ce n’est pas pour moi, que je n’ai aucun talent, que les autres ont de la chance. Chaque jour, je me lève, plus ou moins heureuse certes, mais avec le sentiment profond qu’il me manque quelque chose. Et chaque fois que recherche au fond de moi, les mêmes et éternelles questions resurgissent: Pourquoi je suis sur terre? Qu’est-ce qui me rendrait vraiment heureuse au quotidien? Qu’est-ce qui ferait que je me
  14. 14. lève le matin avec plaisir? Et la réponse est toujours la même: écrire. Ce matin, Sara n’est pas partie pour travailler. Elle prend conscience qu’elle doit faire quelque chose, même si elle ne sait pas encore comment elle va s’y prendre. Je vais commencer par écrire. J’écris partout, tout le temps et pourtant je ne parviens pas à rédiger la moindre ligne d’un roman. Si j’avais fait comme Dominique, me tenir à un plan d’action avec la ferme conviction que moi aussi je peux y parvenir, je ne serais pas là, une fois de plus, à me remettre en question. En fait, si elle regarde bien, Sara sait écrire mais le roman lui semble impossible car le volume est, à ses yeux, trop impressionnant. Réussir à mettre en un seul bloc autant de pages sans s’y perdre, voilà ce qui l’effraie autant. Il va pourtant bien falloir que j’y arrive. Une part de moi ne se sera jamais accomplie si je ne le fais pas. J’aurais comme manqué quelque chose. Un mal-être l’envahit. Pourquoi suis-je restée chez moi? Pour écrire?
  15. 15. Elle retourne à son bureau, se plonge dans les lignes dernières lignes qu’elle vient d’écrire sur Dominique et reprend: Ma vie n’est pas finie. J’ai du chemin à parcourir bien avant de mourir! Je voudrais dire merci à la vie sur mon lit de mort, juste avant que le souffle de vie ne me quitte pour toujours! De nombreuses personnes souhaitent accomplir un rêve enfui depuis toujours dans le fond de leur être et s’éteignent sans avoir jamais fait le moindre pas pour le concrétiser. Il n’est pas question pour moi de partir sans avoir au- moins essayé d’y arriver. Je souhaiterais tellement montrer que l’on peut vivre ses rêves et non rêver sa vie, même si je ne sais pas encore très bien comment je vais m’y prendre. De toute façon, il est certain que si je ne fais rien, ce rien restera, à tout jamais, un gigantesque rien. Et qu’est-il possible de retirer du Rien? Rien !

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