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I. GENERALITES SUR LE PETROLEI.1 - Qu’est ce que le PétroleFormation, Piégeage, Exploration et Production du PétroleLe pét...
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Les différentes utilisations du PétroleLe pétrole existe à l’état naturel mais il n’est pas une substance pure. Il est com...
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Ces chiffres globaux cachent cependant une très grande hétérogénéité, notamment en cequi concerne les partenariats entre z...
Ceux-ci se rajoutent aux binômes traditionnels France/Gabon, France/Congo, Italie/Lybie.Malgré tous ces partenariats, les ...
A cela s’ajoutent les compagnies chinoises, indiennes, italiennes ou même russes. Face àcette multitude de compagnie privé...
D’un point de vue macroéconomique, les pays producteurs de Pétrole ont vu leurs ProduitIntérieur Brut (PIB) fortement prog...
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Provinces géologiques de la façade atlantique ouest-africaineL’essentiel de la production africaine continuera à être assu...
Croissance de la population africaine et besoins énergétiques du continentSi la production pétrolière continentale est ame...
L’augmentation de la demande africaine en énergie sera principalement supportée par leshydrocarbures que sont le Pétrole e...
La seule augmentation du PIB n’étant plus considérée depuis longtemps comme unindicateur fiable pour mesurer le développem...
En Bolivie, Le président Evo Morales Ayma a procédé à la nationalisation d’une grandepartie du pétrole national au détrime...
Enfin l’amélioration des ressources humaines, aussi bien en quantité qu’en qualité,devient un impératif pour les pays prod...
Sources :Eléments de Géologie - Editions Dunod, 2006, C.Pomerol et alPétrole : Origine, Production et Traitement - 2003, U...
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[LES CAHIERS DE NJÀCCAAR] - N°1 : L'industrie pétroliére en Afrique

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Le premier Cahier de Njàccaar porte sur l’industrie pétrolière en Afrique. Ce dossier est d’une vingtaine de pages est documenté et illustré avec plusieurs graphiques et images. Agréable à lire et surtout pédagogique, il traite des points suivants :

I. GÉNÉRALITÉS SUR LE PÉTROLE
I.1 - Qu’est ce que le Pétrole ?
Formation, Piégeage, Exploration et Production du Pétrole
Les différentes utilisations du Pétrole
I.2 - Le Pétrole dans le Monde
Production et Consommation de Pétrole dans le monde
Une nouvelle donne mondiale
II. L’INDUSTRIE PÉTROLIÈRE EN AFRIQUE
II.1 - Géopolitique du Pétrole en Afrique
Répartition des réserves et Production du Pétrole en Afrique
Partenaires historiques VS Partenaires nouveaux
II.2 - Économie du Pétrole en Afrique
Multinationales VS Compagnies Nationales : Quel modèle pour l’Afrique ?
Impact de l’exploitation pétrolière sur l’économie africaine
III. PERSPECTIVES PÉTROLIÈRES POUR L’AFRIQUE
III.1 - Prospective sur le pétrole et l’énergie en Afrique
Quel futur pour l’exploitation pétrolière en Afrique ?
Croissance de la population africaine et besoins énergétiques du continent
III.2 – Les problèmes actuels et les facteurs sur lesquels nous pouvons agir
Les problèmes actuels : Détournements d’argent et modèle économique
Importance de la situation politique et de la formation scientifique
IV. GLOSSAIRE ET SOURCES

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[LES CAHIERS DE NJÀCCAAR] - N°1 : L'industrie pétroliére en Afrique

  1. 1. La Cellule Economique et Politique (CEP) de l’association Njàccaar Visionnaire Africain présente : LES CAHIERS DE NJACCAARL’INDUSTRIE PETROLIERE EN AFRIQUE Mars 2012
  2. 2. I. GENERALITES SUR LE PETROLE I.1 - Qu’est ce que le Pétrole ? Formation, Piégeage, Exploration et Production du Pétrole Les différentes utilisations du Pétrole I.2 - Le Pétrole dans le Monde Production et Consommation de Pétrole dans le monde Une nouvelle donne mondialeII. L’INDUSTRIE PETROLIERE EN AFRIQUE II.1 - Géopolitique du Pétrole en Afrique Répartition des réserves et Production du Pétrole en Afrique Partenaires historiques VS Partenaires nouveaux II.2 - Economie du Pétrole en Afrique Multinationales VS Compagnies Nationales : Quel modèle pour l’Afrique ? Impact de l’exploitation pétrolière sur l’économie africaineIII. PERSPECTIVES PETROLIERES POUR L’AFRIQUE III.1 - Prospective sur le pétrole et l’énergie en Afrique Quel futur pour l’exploitation pétrolière en Afrique ? Croissance de la population africaine et besoins énergétiques du continent III.2 – Les problèmes actuels et les facteurs sur lesquels nous pouvons agir Les problèmes actuels : Détournements d’argent et modèle économique Importance de la situation politique et de la formation scientifiqueIV. GLOSSAIRE ET SOURCES
  3. 3. I. GENERALITES SUR LE PETROLEI.1 - Qu’est ce que le PétroleFormation, Piégeage, Exploration et Production du PétroleLe pétrole est une substance liquide de couleur noire que l’on trouve à l’état naturel dans lesous-sol. Composé très riche en hydrocarbures, le pétrole et ses dérivés (kérogène, Gazole,Naphta etc) sont utilisés dans de très nombreux domaines comme le transport, l’industriepharmaceutique, la fabrication de composés plastiques etc. Le pétrole est considéré commeune ressource non renouvelable (à échelle humaine) car sa formation est liée à un processusqui dure des millions d’années. Ce processus de formation est le suivant :  Des végétaux marins, souvent des algues microscopiques appelées phytoplancton, captent l’énergie lumineuse du soleil grâce à la photosynthèse.  Lors de la photosynthèse, ces végétaux créent de la matière organique qu’elles stockent dans leurs tissus et dans leurs cellules. Cette matière organique est très riche en Carbone.  Lorsqu’ils meurent, ces végétaux et leur matière organique vont s’accumuler dans la vase argileuse des fonds marins où ils sont rapidement recouverts par d’autres couches de vase ou de sable.  L’accumulation de ces nouvelles couches sur la matière organique enfonce celle-ci dans le sous-sol marin. Quelques bactéries enfouies dans le sous sol dégradent cette matière organique et la transforment en un produit noirâtre appelé kérogène. Celui- ci continue à s’enfoncer dans le sous-sol. Ce processus d’enfoncement peut durer des milliers d’années.  La température du sous-sol augmentant avec la profondeur, le kérogène va devenir de plus en plus chauffé au fur et à mesure qu’il s’enfonce. Vers 1000 à 1500 mètres de profondeur, la température atteint les 60°C et le kérogène, un mélange solide de boue, de molécules riches en soufre et d’hydrocarbures, commence à se transformer en Pétrole liquide sous l’effet de la chaleur. Cette transformation qui s’arrête vers 4000 mètres de profondeur cest-à-dire aux alentours de 140°C, est très lente et peut durer des millions d’années !  Apres cette très longue « cuisson » sous l’effet de la chaleur interne de la terre, le pétrole liquide se forme, migre vers un endroit imperméable où il peut s’accumuler (un piège). Ce piège est souvent constitué par des structures souterraines et imperméables en forme de dôme que les géologues appellent « Anticlinaux ».
  4. 4.  Sous ces anticlinaux, le pétrole s’accumule dans une roche poreuse, le plus souvent du sable ou du calcaire, que les géologues appellent roche réservoir. Le pétrole, souvent avec de l’eau et du gaz, imbibe la roche réservoir en remplissant les espaces vides cest-à-dire la porosité de la roche. Ainsi les « champs » de pétrole doivent plutôt être vus comme une éponge imbibée de liquides divers (pétrole, gaz et eau) et non comme un lac souterrain ! Les différentes étapes de la formation du pétrolePour trouver du Pétrole, les géologues recherchent des indices favorables comme l’existencede fossiles marins, de couches argileuses riches en kérogène (le précurseur du pétrole) ouencore la présence de dômes souterrains, c’est à dire d’anticlinaux. La recherche de fossilesou de couches rocheuses riches en kérogène se fait sur le terrain. La recherche de piègesanticlinaux souterrains nécessite l’intervention de techniques géophysiques sophistiquéescomme la sismique. La sismique va permettre de se faire une image assez fidele du sous-sol,un peu comme une échographie révèle ce qui ne peut être vu à l’œil nu.Une fois que l’existence d’un piège comme l’anticlinal est avérée, il faut ensuite s’assurerqu’il y’a bien du pétrole qui s’est accumulé en dessous ou à proximité du piège. Cettevérification est cruciale et elle s’effectue à l’aide de forages d’exploration qui coûtentplusieurs dizaines de millions de dollars. A cette occasion, des foreuses vont percer la rochesur plusieurs milliers de mètres (cela peut durer des mois) pour atteindre la zone cible oùl’on pense qu’il y’a du pétrole. Si on trouve du pétrole en quantité suffisante dans la rocheréservoir recouverte par le piège, le forage est dit « positif ». Mais cela n’arrive pas trèssouvent.
  5. 5. En effet on estime qu’en moyenne seul un forage sur 4 est positif, le reste étant desforages « secs », cest-à-dire ne contenant pas de pétrole ou tres peu pour être exploitableet rentable. Ainsi lorsque le forage est sec, cest-à-dire la plupart du temps, la compagniepétrolière perd tout l’argent qu’elle a investi dans l’exploration.Dans le cas d’un forage positif, on effectue ce qu’on appelle une évaluation réservoir, poursavoir combien de millions de litres de pétrole pourront être tirés de la roche réservoir(sable ou calcaire imbibé). Ce travail effectué par des ingénieurs nécessite des modélisationsprécises et tres gourmandes en calcul informatique. Une fois que le réservoir est évalué, onenvoie d’autres équipes de forage qui vont cette fois-ci procéder à la mise en place de puitsde production. Ceux-ci vont servir de conduits où le pétrole pourra remonter à la surfacepour être recueilli. Cette remontée se fait d’abord naturellement - le pétrole remonte dansle puits grâce à la pression naturelle du réservoir - puis il faut ensuite « aspirer »mécaniquement le pétrole afin qu’il sorte du réservoir où il s’était accumulé. On peutégalement injecter d’autres fluides (comme de l’eau ou du gaz) dans le réservoir afind’expulser le pétrole vers la surface. Les techniques de production du pétrole
  6. 6. Les différentes utilisations du PétroleLe pétrole existe à l’état naturel mais il n’est pas une substance pure. Il est composé deplusieurs hydrocarbures. Au début de son exploitation intensive à la fin des années 1800 auxEtats Unis, le pétrole a d’abord été utilisé comme combustible dans les lampes à pétrole.Mais tres rapidement, son raffinage, cest-à-dire sa séparation en ses hydrocarburesconstitutifs, a permis l’utilisation du pétrole et de ses dérivés dans plusieurs domaines quisont entre autres :La Production d’électricité grâce aux centrales thermiques où l’on brûle le pétrole lourdappelé fuel.Le Transport (automobile, aérien ou maritime) avec les carburants dérivés du pétrole :essence, gazole, kérosène (à ne pas confondre avec kérogène!) etc.L’Industrie plastique avec les polymères hydrocarbonés issus du raffinage. C’est grâce à celaque l’on crée des sachets plastiques, des bouteilles d’eau en plastique.L’industrie cosmétique, textile et pharmaceutique avec l’utilisation de composéshydrocarbonés dans la fabrication des lotions, des tissus, des médicaments etc.I.2 - Le Pétrole dans le MondeProduction et Consommation de Pétrole dans le mondeLa découverte de l’énergie électrique ainsi que l’avènement de l’automobile et de l’avion ontfait exploser la demande mondiale de pétrole, la faisant progresser sans discontinuité depuisle début du XXème siècle. Aujourd’hui, la demande mondiale de pétrole est estimée à 82millions de barils par jour (1 baril = 159 L). Cette demande est satisfaite par une productionéquivalente essentiellement assurée par La Russie, L’Arabie Saoudite, Les Etats-Unis, L’Iran,La Chine, L’Irak, Le Venezuela et d’autres pays membres de l’OPEP comme Le Qatar, LeNigéria ou encore le Koweït.La demande mondiale de pétrole est quant à elle due à trois grands pôles de consommationque sont les Etats-Unis, L’Europe et L’Asie du Sud-Est (Chine, Inde, Japon, Corée) avecrespectivement 21%, 22% et 31 % de la demande mondiale. Ainsi, bien qu’étant troisième etcinquième producteurs mondiaux avec respectivement 7,5 et 4 Mbaril/jour, les Etats-Unis etla Chine sont obligés d’importer de grandes quantités de pétrole pour satisfaire leurdemande interne.
  7. 7. L’Afrique, aussi bien dans la production que dans la consommation, voit sa part sans cesseaugmenter alors que les consommations européenne et nord-américaine semblent stagnerdepuis le début des années 2000. Production et Consommation de Pétrole dans le monde 1985-2010 (BP Review 2011)Une nouvelle donne mondialeApres la suprématie américaine dans la production jusque dans les années 1970, les pays dugolfe avec à leur tête l’Arabie Saoudite ont pris les rênes de l’industrie de productionmondiale de pétrole. Disposant de champs géants voire ultra-géants, disposant d’un pétrolefacilement exploitable à bas prix, ces pays ont joué le rôle de régulateur dans le marchémondial du pétrole (chocs pétroliers de 1973 et 1979, Hausse de leur production pour pallierà des accidents naturels ou garder un certain niveau de prix etc). Cependant, la hausse dubaril depuis le début des années 2000, a poussé les compagnies pétrolières et les Etats richesen réserves à explorer de nouvelles contrées comme l’offshore (le pétrole situé en mer) oules pétroles non conventionnels comme les sables bitumineux de l’Athabasca au Canada oules huiles lourdes de l’Orénoque vénézuélien. Outre ces « nouvelles puissances pétrolières »,on assiste depuis une décennie à la renaissance de la production de la Russie : Une Russiequi est même devenue en 2011, premier producteur mondial de pétrole devant l’ArabieSaoudite et ses champs de pétroles géants mais vieillissants.
  8. 8. Cela fait également 20 ans que l’Afrique s’affirme comme l’une des nouvelles places fortesde la production mondiale de pétrole. En effet, sa production globale est passée de 6,6Mbaril/jour en 1990 à un peu plus de 10 Mbaril/jour en 2010 soit autant que les productionsrusse ou saoudienne. A titre de comparaison, la production Nord-Américaine (USA, Canada,Mexique) est passée de 13,8 Mbaril/jour en 1990 à…13,8 Mbaril/jour en 2010 ! Loin de cettestagnation, la hausse de la production africaine est essentiellement assurée par quelquesgéants « traditionnels » comme le Nigéria, l’Algérie ou la Lybie. Mais force est de reconnaitreque la production africaine s’est également beaucoup décentralisée lors de la dernièredécennie avec l’émergence d’un nouveau géant , l’Angola, et la part de plus en plusimportante de pays comme le Soudan, le Tchad ou encore la Guinée Equatoriale.Ces changements notables, aussi bien au niveau mondial qu’au niveau de l’Afrique peuventêtre imputés à l’émergence de la Chine, à l’explosion de la production offshore (très utiliséeen Afrique de l’Ouest), aux forts cours du baril qui permettent d’exploiter toujours plus loin,et au déclin prochain ou déjà amorcé de régions historiquement productrices comme lesEtats-Unis ou la Mer du Nord.II. L’INDUSTRIE PETROLIERE EN AFRIQUEII.1 - Géopolitique du Pétrole en AfriqueRépartition des réserves et Production du Pétrole en AfriqueL’Afrique reste encore un terrain largement inexploré par les compagnies pétrolières.Disposant de larges côtes, notamment sur sa façade atlantique, le continent africain possèdede vastes bassins côtiers ou sous-marins où il pourrait y avoir du pétrole. De même, certainsgrands espaces du Sahara ou de la forêt équatoriale n’ont pas encore été explorés etfourniront peut-être quelques surprises à l’avenir.Ces perspectives encourageantes sont quelque peu confirmées par l’augmentation desréserves prouvées de pétrole qui ont plus que doublé, passant de 60 milliards de barils en1985 à 130 milliards en 2010. L’augmentation de ces réserves traduit la réussite qu’ontrencontrée les compagnies pétrolières dans le cadre de leurs nombreuses campagnesd’exploration entamées en Afrique depuis les années 1980. Ainsi, les réserves n’augmententpas dans l’absolu (il n’y a pas de 60 milliards de barils de pétrole qui se sont formés en 25ans) mais on les découvre de plus en plus car l’investissement d’exploration augmente. A cepropos, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit des investissements (exploration etproduction) cumulés de 1200 Milliards de dollars en Afrique sur la période 2007-2030.
  9. 9. Cet investissement est aujourd’hui essentiellement assuré par les compagnies américaines(ExxonMobil, ChevronTexaco), européennes (Shell, Total) et asiatiques (chinoisesnotamment avec la CNPC). L’investissement massif a permis de découvrir de nouveauxchamps offshore dans les pays déjà producteurs (Nigeria, Angola, Guinée Equatoriale) et aégalement permis la découverte de gisements dans des pays qui n’avaient jamais produit depétrole comme le Ghana, le Tchad ou l’Ouganda.Avec ses 130 milliards de barils de réserve, l’Afrique se place en troisième position mondiale,loin derrière le Moyen-Orient et l’Amérique Latine, mais à égalité avec l’Europe (Russieincluse). L’Afrique représente 10% des réserves mondiales de Pétrole et il est fort probableque cette part progresse dans les décennies à venir en raison des investissements. A l’heureactuelle, 4 pays, tous membres de l’OPEP, détiennent 80 % des réserves pétrolièresafricaines, ces pays sont :- La Lybie avec 46 Milliards de barils- La Nigéria avec 37 Milliards de barils- L’Angola avec 13 Milliards de barils- L’Algérie avec 12 Milliards de barilsCette répartition très inégale des réserves, ne signifie pas que des découvertes majeuressont exclues ailleurs à l’avenir, mais elles montrent bien qu’il faudra compter avec ces 4géants dans les prochaines décennies. 4 géants qui sont déjà, et de loin, les 4 plus grosproducteurs de pétrole en Afrique. En effet, 75 % des 10 Millions de barils que l’Afriqueproduit quotidiennement viennent du Nigéria (2,4 Mbaril/jour), de l’Angola (1,9Mbaril/jour), de l’Algérie (1,8 Mbaril/jour) et de la Lybie (1,7 Mbaril/jour). A cela s’ajoutentles productions de l’Egypte (740.000 baril/jour), du Soudan (480.000 baril/jour), du CongoBrazzaville (300.000 baril/jour), de la Guinée Equatoriale (275.000 baril/jour), du Gabon(245.000 baril/jour) et du Tchad (120.000 baril/jour), tous les autres pays ayant pourl’instant une production inférieure à 100.000 baril/jour.En analysant ces données on s’aperçoit que deux grands pôles de production se dégagent :- L’Afrique du Nord et du Nord-Est avec l’Algérie, la Lybie, l’Egypte, le Soudan et le Tchad.- L’Afrique de l’Ouest avec le Nigéria, la Guinée Equatoriale, le Gabon, le Congo + l’Angola.
  10. 10. La production de pétrole en Afrique et sa part dans le mondeCette production est également « spécialisée » en fonction de la zone : sur la terre ferme enAfrique du Nord et en offshore, cest-à-dire en mer, dans le golfe de Guinée et en Angola. Ces spécialisations peuvent entrainer quelques difficultés en vue de la mise en production.Ainsi l’exploitation sur la terre ferme a des limites plutôt pratiques et économiques et nontechnologiques comme c’est le cas en mer, notamment dans l’offshore profond. Exemple,l’acheminement du pétrole tchadien, un néo-producteur, se fait en direction des côtes duCameroun grâce à un pipeline de 1100 km qui a coûté plusieurs milliards de dollars et delongues heures de négociations entre investisseurs, état tchadien et compagnies pétrolières.Le passage de l’exploration à la production n’est donc pas automatique et nécessited’importants investissements supplémentaires, notamment dans le cas de découvertessituées à l’intérieur du continent (Tchad, Ouganda, RDC).Partenaires historiques VS Partenaires nouveauxLa production africaine de pétrole est une industrie essentiellement tournée versl’exportation. En effet, l’Afrique n’a consommé que 30 % de sa production totale en 2010,soit 3 millions de baril/jour. Les 7 millions de barils restants sont quotidiennement exportésen direction des USA (2,2 Mbaril/jour), de l’Europe (2,6 Mbaril/jour) et de la Chine (1,3MBaril/jour).
  11. 11. Ces chiffres globaux cachent cependant une très grande hétérogénéité, notamment en cequi concerne les partenariats entre zones d’exportation et pays consommateurs. Ainsi 75%des exportations en direction des USA sont réalisées par l’Afrique de l’Ouest (Angola incluse)tandis que 65 % des exportations en direction de l’Europe sont assurées par l’Afrique deNord : Algérie, Lybie, Egypte essentiellement. Ces chiffres illustrent le pragmatisme desindustriels du pétrole ainsi que des pays producteurs et importateurs : en effet, pour lescompagnies pétrolières européennes, qui sont implantées en Afrique depuis très longtemps,mieux vaut investir dans l’exploration et dans la construction de pipeline dans une zonegéographiquement proche comme l’Afrique du Nord plutôt que d’aller investir au Soudanmême si le français Total - 1er producteur en Afrique - n’hésite pas à prospecter sur toutel’étendue du continent. Les compagnies américaines, également présentes sur le continentdepuis plusieurs décennies, ne commencent véritablement à y investir massivement quedepuis le début des années 2000. C’est le cas d’ExxonMobil, qui a quasiment triplé saproduction de Pétrole en Afrique entre 2000 et 2010 avec des investissements concentrés enAngola, au Nigéria et au Tchad.Ces partenaires historiques que sont les grandes compagnies européennes et américaines,sont désormais concurrencées sur le continent par de multiples compagnies plus modestescomme Tullow Oil, Devon, Kosmos Energy mais aussi et surtout par les compagniesasiatiques avec à leur tête la chinoise CNPC. Si la concurrence dans la production est encoreassez limitée, la guerre entre occidentaux et asiatiques fait rage dans la recherche denouveaux gisements, domaine dans lequel les compagnies chinoises ont énormément investidepuis la fin des années 1990.Pour pallier son retard historique en Afrique et gagner du terrain sur ses concurrentseuropéens et américain, la Chine importe de plus en plus de pétrole en contrepartienotamment d’une assistance technique dans des grands travaux de génie-civil initiés par lespays africains. L’augmentation des importations chinoises a été la plus importante enAfrique sur les dix dernières années, passant de 340.000 baril/jour en 2000 à 1.300.000baril/jour en 2010 : elle a donc plus que triplé en 10 ans ! Sur la même période, lesimportations européennes sont restées stables à 2.600.000 baril/jour et les importationsaméricaines ont progressé de 35 % passant de 1.600.000 baril/jour à 2.200.000 baril/jour en2010.Il apparait donc que la Chine et dans une moindre mesure les USA, sont en train des’installer comme les nouveaux interlocuteurs privilégiés de l’Afrique au détriment del’Europe en ce qui concerne les ventes d’hydrocarbures. On voit ainsi apparaitre denouveaux binômes de partenariat pétrolier un peu partout sur le continent : Chine/Angola,Etats-Unis/Tchad, Chine/Soudan.
  12. 12. Ceux-ci se rajoutent aux binômes traditionnels France/Gabon, France/Congo, Italie/Lybie.Malgré tous ces partenariats, les pays producteurs de pétrole en Afrique sont le théâtre deconflits armés (Nigéria, Congo des années 1990, Soudan, Lybie) et n’affichent pas laprospérité des pays du golfe arabique. Ceci nous amène à poser la problématique del’économie du pétrole en Afrique. Est-elle réellement profitable aux pays africains et à leurspopulations ?II.2 - Economie du Pétrole en AfriqueMultinationales VS Compagnies Nationales : Quel modèle pour l’Afrique ?L’exploitation pétrolière mondiale est assurée par deux types de compagnies : lescompagnies multinationales privées et les compagnies nationales. - Les compagnies multinationales privées (CMP) avec à leur tête les « majors » américaines comme ExxonMobil, ChevronTexaco et les géants européens comme le français Total, le britannique BP ou l’hollandais Shell. Ces compagnies prospectent et produisent dans le monde entier à partir de concessions faites par les pays ayant du pétrole dans leur sous-sol (cas de la Shell au Nigéria, de Total au Gabon etc) - Les compagnies nationales (CN) qui sont des compagnies gérées par les pays producteurs et qui détiennent souvent l’exclusivité des droits de production sur le pétrole de leur pays. Ces compagnies ne s’exportent pas et se concentrent sur le pétrole national. C’est le cas du vénézuélien PDVSA, du saoudien Aramco et de l’algérien Sonatrach.Il est intéressant de noter qu’à l’échelle mondiale, le rapport de forces est très déséquilibréet apparait nettement en faveur des compagnies nationales au détriment des compagniesmultinationales privées. Les CMP qui dominaient le monde du pétrole jusque dans lesannées 1970 sont petit à petit rentrées dans le rang et c’est ainsi que les 5 plus grandes CMPà savoir ExxonMobil, Shell, BP, Total et ChevronTexaco, ne représentent plus qu’à peine 12 %de la production actuelle de pétrole dans le monde. On peut penser que l’exploration et laproduction de pétrole dans des zones difficiles comme l’offshore profond leur permettra defaire jouer leur avance technologique pour regagner du terrain face aux CN. Celles-ci sonttrès dominatrices en Amérique Latine avec Pemex au Mexique, Petrobras au Brésil et PDVSAau Venezuela mais aussi au Moyen-Orient avec l’Aramco saoudienne et la NIOC de l’Iran.En Afrique, le rapport de forces est plutôt en faveur des CMP, avec à leur tête Total etExxonMobil. L’Afrique est même devenue une part vitale pour ces deux compagnies car ellereprésente 45% de la production mondiale de Total et 30 % de celle d’ExxonMobil. D’autresgéants comme Shell et ChevronTexaco mais aussi une multitude d’autres opérateurs privés,mais qui sont de plus petite taille, exploitent également du Pétrole sur le continent.
  13. 13. A cela s’ajoutent les compagnies chinoises, indiennes, italiennes ou même russes. Face àcette multitude de compagnie privées, les compagnies nationales africaines font de larésistance voire progressent pour certaines d’entres elles. C’est le cas du géant algérien laSonatrach qui est la 1ere entreprise du continent et qui investit des dizaines de milliards dedollars dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz naturel. La progression de laproduction angolaise, avec des découvertes offshore comme le champ de Girassol, aégalement permis l’émergence d’une nouvelle compagnie nationale puissante comme laSonangol. Celle-ci s’associe souvent à des CMP comme Total ou ExxonMobil pour bénéficierde leur apport technologique tout en restant maitre dans les dividendes issus de laproduction. Des pays néo-producteurs comme le Ghana avec sa GNPC adoptent égalementce système privé-public dans le cadre de leur exploitation naissante ou à venir.En résumé, l’Afrique qui se place derrière l’Amérique Latine et le Moyen-Orient en termes deréserves a un modèle économique différent de celui de ces deux zones. Alors que lescompagnies nationales dominent dans le Golfe et en Amérique Latine, les compagniesprivées sont leader en Afrique et y investissent de plus en plus. Or l’Amérique latine sembleredresser la barre en utilisant l’argent issu des compagnies nationales dans des programmessocio-économiques (Venezuela, Bolivie, Brésil) et les pays du golfe profitent de leursressources pétrolières exceptionnelles pour mener des projets immobiliers d’envergure ets’exporter à l’international (achats de club de football en France et en Angleterre,participations dans de grandes entreprises américaines etc). Nous voyons bien que les zonesqui privilégient les compagnies nationales semblent avoir de réelles retombées économiqueset sociales sur leurs Etats. Le modèle africain, dominé par les CMP, est à interroger afin desavoir l’impact réel de l’exploitation pétrolière sur l’économie africaine.Impact de l’exploitation pétrolière sur l’économie africaineAvec ses 10 Mbaril/jour, l’Afrique s’affirme comme une nouvelle place forte de l’industriepétrolière mondiale. Et le Pétrole, qui est demandé partout et en tous temps, représente leplus important pôle économique du commerce international. Les pays producteurs depétrole présentent donc une particularité économique de taille : celle d’avoir la certitude dene jamais manquer de devises aussi longtemps que leurs champs de pétrole serontexploités. Ces devises sont réparties entre les compagnies exploitantes de pétrole et l’Etat.Dans le cas où il existe une compagnie nationale, l’Etat récupère la quasi-totalité desrentrées d’argent liées au Pétrole tandis que ce même Etat ne percevrait qu’une partrelativement modeste de l’argent du pétrole si sa production était assurée par unecompagnie multinationale. Ainsi, le Congo Brazzaville ne perçoit que 20% de l’argent récoltéde la vente de son pétrole, le reste revenant aux compagnies exploitantes comme Total. Al’opposé, l’Etat algérien à travers la Sonatrach récupère l’essentiel de l’argent issu de sesexploitations pétrolières et gazières.
  14. 14. D’un point de vue macroéconomique, les pays producteurs de Pétrole ont vu leurs ProduitIntérieur Brut (PIB) fortement progresser ces dernières années avec une croissance annuellemoyenne de + 11 % depuis 2003 pour l’Angola, +12 % pour la Guinée Equatoriale sur lamême période. Cette manne financière nouvelle a permis par exemple à l’Angola de devenirun investisseur important dans les banques privées…portugaises et a permis à la Guinée-Equatoriale de bénéficier d’un nouveau poids diplomatique en Afrique centrale.Cependant, dans la plupart de ces pays producteurs, les indicateurs sociaux n’affichent pasdes hausses similaires à celles qui ont affecté le PIB. De plus, on s’aperçoit de la persistancede conflits ou de rébellions dans les zones exploitantes (Delta du Niger, Frontière Soudano-Tchadienne avec le Darfour, enclave angolaise de Cabinda, Lybie etc). Or qui dit tensionsmilitaires dit dépenses et celles-ci viennent durablement grever le budget de l’Etat etentrainer un ralentissement économique difficile à quantifier mais bien réel. Le pétrole quiest donc générateur d’argent, semble également être générateur de tensions.Notons également que dans certains cas (Guinée Equatoriale, Nigéria, Gabon, CongoBrazzaville) l’argent du pétrole n’a que peu d’impact sur les infrastructures ou le niveau devie des populations. On assiste plutôt à l’émergence et à l’enrichissement de groupesrestreints détenteurs du pouvoir politique ou tournant autour des activités pétrolières. Dansd’autres pays comme l’Angola ou plus récemment le Tchad, l’avènement de l’exploitationmassive du pétrole s’est semble-t-il accompagnée de réalisations en infrastructures routièreset immobilières mais également d’investissements dans le sport, l’éducation etc. Le Tchad,sous la supervision volontaire de structures de surveillance non étatiques et en collaborationavec la Banque Mondiale, a pu mettre en place en 2003 un système original qui lui a permisde récupérer près 7 milliards de dollars de revenus pétroliers depuis cette date. Cet argent aété réinvesti dans l’économie nationale tchadienne, dans des programmes sociaux et desinfrastructures hospitalières.Ainsi, le pétrole peut-être une bonne chose, si l’argent qu’il génère est tracé, géré demanière transparente et réinvesti dans l’économie nationale. Il peut cependant être sourcede tensions, favoriser l’émergence d’une oligarchie nationale et ne pas profiter auxpopulations si sa gestion est nébuleuse. A l’échelle mondiale et même africaine, il sembleraitque les compagnies nationales donnent plus de gages de retombées financières et socio-économiques pour le pays producteur. En effet, lorsqu’elles viennent exploiter, les sociétésmultinationales s’occupent principalement du contractuel et traitent directement avec lesautorités étatiques…De plus les compagnies multinationales ont souvent été critiquées pourleur impact négatif sur l’environnement dans le cadre de leur exploitation (cas du Nigéria).Elles ont cependant fait beaucoup d’efforts dans ce domaine lors de ces dernières années,emploient des ouvriers autochtones et s’engagent parfois à construire des équipementsscolaires et sanitaires dans leur environnement d’exploitation.
  15. 15. III. PERSPECTIVES PETROLIERES POUR L’AFRIQUEIII.1 - Prospective sur le pétrole et l’énergie en AfriqueQuel futur pour l’exploitation pétrolière en Afrique ?Avec les investissements importants qui sont annoncés, la mise en exploitation prochaine dechamps déjà découverts mais encore non exploités et le développement de l’explorationoffshore et dans les bassins intérieurs du continent, la production de pétrole en Afriquecontinuera à croitre jusqu’en 2030 selon les dernières prévisions publiées par l’AIE (AgenceInternationale de l’Energie) en 2010. Selon ces estimations, la production africaine sestabilisera à 12,8 MBaril/jour en 2030, ce qui augmentera inévitablement sa part dans laproduction mondiale car il est prévu que celle ci commence à décliner entre 2015 et 2020(Prévisions de l’ASPO : Association for the Study of Peak Oil)D’après une publication effectuée en Février 2010 par l’USGS, l’agence nationale géologiqueaméricaine, 4 provinces géologiques de la façade atlantique de l’Afrique recéleraient 62milliards de barils encore non exploités. Ces provinces sont : Le Bassin Sénégalais, le Golfe deGuinée, Le Delta du Niger et La Côte Centre-Ouest.
  16. 16. Provinces géologiques de la façade atlantique ouest-africaineL’essentiel de la production africaine continuera à être assurée par les 4 pays africainsmembres de l’OPEP à savoir le Nigéria, l’Angola, la Lybie et l’Algérie. Leur part s’élèvera à10,9 Mbaril/jour sur les 12,8 que produira quotidiennement l’Afrique en 2030. Les autrespays producteurs non-membres de l’OPEP comme La Guinée Equatoriale, l’Egypte, le Congo,le Ghana, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie ou le Cameroun produiront 1,9 Mbaril/jourrestants. Il n’est toutefois pas exclu que de nouveaux pays comme la RDC, l’Ouganda, leSénégal, Le Togo ou La Guinée Bissau deviennent producteurs.Du point de vue des compagnies multinationales, on peut présager que l’influence descompagnies européennes diminuera dans la décennie à venir au profit des compagniesaméricaines et surtout chinoises qui n’hésitent pas à investir et à prospecter dans des zonesreculées ou en proie à des tensions : c’est le cas du Soudan notamment. On peut égalementpenser que l’axe Luanda-Pekin occupera une place de plus en plus importante dans lesrelations sino-africaines, l’Angola étant déjà le deuxième exportateur de pétrole en Chine,derrière l’Arabie Saoudite.
  17. 17. Croissance de la population africaine et besoins énergétiques du continentSi la production pétrolière continentale est amenée à augmenter dans les années à venir, lesbesoins de l’Afrique en pétrole, et de manière plus générale en énergie, augmenterontégalement, et ce très fortement en raison d’une démographie vigoureuse. Alors qu’elle étaitde 500 millions de personnes en 1985, la population africaine s’élevait à 1 milliardd’habitants en 2010 et il est prévu qu’elle passe le cap des 2 milliards d’individus à l’horizon2025. Population par continent, période 1950-2100Cette forte augmentation de la population africaine s’accompagnera inévitablement d’unehausse de la demande en énergie qui s’élevait fin 2010 à 372 millions de TEP et dont onestime qu’elle sera de 600 millions de TEP en 2030. De plus, la décennie 2000-2010 a montréque les populations africaines étaient de plus en plus friandes de technologies gourmandesen électricité : téléviseurs et surtout téléphones mobiles et connexion internet. C’est ainsique le nombre d’internautes est passé de 4 millions en 2000 à 140 millions en 2011, ce quifait de l’Afrique le continent ayant connu la plus forte progression en termes de populationinternaute lors des dix dernières années.
  18. 18. L’augmentation de la demande africaine en énergie sera principalement supportée par leshydrocarbures que sont le Pétrole et le Gaz naturel et qui assurent déjà, avec le charbon,l’essentiel de la consommation d’énergie de l’Afrique. Part des différentes énergies primaires dans le bilan énergétique par continentEtant donné que la consommation d’énergie en Afrique est déjà marquée par le sceau deshydrocarbures, que la production de celles-ci augmentera jusqu’en 2030 et que la demanded’énergie continuera également à croître sur le continent, on peut penser que la part desexportations de pétrole et de gaz naturel dans la production africaine diminuera au profit dela consommation interne. A côté de ces hydrocarbures, le potentiel hydroélectriqueimportant de certains pays comme la RDC pourra également jouer un rôle important dans lafourniture d’électricité au niveau de la sous-région de l’Afrique centrale.III.2 – Les problèmes actuels et les facteurs sur lesquels nous pouvons agirLes problèmes actuels : Détournements d’argent et modèle économiqueMalgré quelques exemples comme celui du Tchad, l’exploitation pétrolière ne profite pasvéritablement, ou sinon très peu, aux populations africaines. La part des retombées socialeset économiques est encore faible et devra nécessairement être augmentée par la mise enplace de systèmes de surveillance performants comme au Tchad ou par l’intermédiaired’une remise en cause du modèle pétrolier africain actuellement organisé autour desmultinationales.
  19. 19. La seule augmentation du PIB n’étant plus considérée depuis longtemps comme unindicateur fiable pour mesurer le développement humain d’une société, il convient d’utiliserd’autres indicateurs afin de mesurer l’impact de la manne pétrolière sur les populations despays producteurs. Ainsi malgré une production de 2,2 Mbaril/jour depuis 10 ans, productionqui est estimée à…400 milliards de dollars soit autant que le PIB, le Nigéria rencontred’énormes difficultés dans le secteur de l’éducation, la sécurité et concentre des massespauvres dans les bidonvilles de Lagos. L’Indice de Développement Humain (IDH) - indicateurqui prend en compte le revenu, l’accès à la santé et l’accès à l’éducation - classe le Nigéria au156ème rang mondial juste derrière le Sénégal, sur un total de 181 pays. Ce faible impact dupétrole sur les populations nigérianes trouve en partie son explication dans la prédation desrevenus pétroliers et le choix du modèle économique d’exploitation. Et l’exemple du Nigérian’est pas un cas isolé parmi les pays producteurs.La prédation des revenus pétroliers est une réalité qui coûte cher aux populations africaines.En effet, d’après une étude du groupe Global Financial Integrity parue en 2009 et portant surles flux financiers illicites sortant de l’Afrique, cest-à-dire les détournements d’argent, 80 %des détournements d’argent constatés en Afrique entre 2000 et 2008, se concentraient dans9 pays, à savoir : Nigéria, Angola, Algérie, Egypte, Soudan, Congo Brazzaville, GuinéeEquatoriale, Gabon et Tchad. Or, si l’on exclue la Lybie pour laquelle les données sontindisponibles, ces 9 pays sont dans cet ordre les 9 plus gros producteurs de pétrole enAfrique. Au total, ces 9 pays ont vu 216 Milliards de dollars s’échapper de leur économie en8 ans, soit presqu’autant que le PIB de l’Egypte ! Le constat est donc accablant : alors qu’ilreprésente la principale source de devises du continent, l’argent du pétrole africain estmassivement détourné vers des contrées lointaines sans que les populations ne puissent enbénéficier.Or on constate également que les sociétés multinationales sont dominatrices en Afrique,notamment en Afrique subsaharienne : il convient donc de s’interroger sur la pertinence dece modèle dans lequel un pays laisse l’exploitation des ressources pétrolières de son sous-solà une compagnie étrangère, ceci afin de savoir si la présence des multinationales favorise ounon les détournements d’argent au détriment des populations.L’actuel modèle d’exploitation pétrolière des pays africains est identique à celui ayantprévalu pendant dans les pays du Moyen-Orient et jusqu’à plus récemment en AmériqueLatine. Dans ce modèle, les sociétés multinationales signent avec les pays disposant deréserves pétrolières des concessions portant sur des zones d’exploration ou de production etce pour plusieurs dizaines d’années. Aujourd’hui, le Moyen-Orient et l’Amérique latine sesont notablement écartés de ce modèle. En effet l’actuelle société nationale d’exploitationdu pétrole saoudien, la Saudi Aramco, est issue de la nationalisation d’une sociétéaméricaine dénommée Aramco. La NIOC qui est la société nationale d’exploitation iraniennea été bâtie sur une partie des cendres de l’Anglo-Persian qui était devenue BP (BritishPetroleum).
  20. 20. En Bolivie, Le président Evo Morales Ayma a procédé à la nationalisation d’une grandepartie du pétrole national au détriment des multinationales. Idem au Venezuela où lePrésident Hugo Chavez a procédé à une réaffirmation du contrôle national des ressourcespétrolières lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1998. Dans tous ces pays, la nationalisation dessociétés d’exploitation ou d’une partie de la production pétrolière a été suivie d’uneamélioration des conditions de vie de la population (Hausse significative du PIB/habitant etde l’espérance de vie au Moyen-Orient, programmes massifs d’alphabétisation en Bolivie,création de 2 millions d’emplois directement ou indirectement liés à PDVSA depuis 1998 auVenezuela etc).Loin d’être exonéré de prédation, le modèle des sociétés nationales a néanmoins l’avantaged’apporter beaucoup plus d’argent dans les caisses de l’Etat que les accords liés avec lesmultinationales. Dans ce cas de figure dominé par les multinationales, le pays hôte neperçoit en général qu’un faible pourcentage de l’argent issu de la production : c’est le cas duCongo Brazzaville. A l’inverse, et malgré l’évasion financière importante révélée par GlobalFinancial Integrity, l’Etat angolais bénéficie grandement de l’argent apporté par sa sociéténationale d’exploitation la Sonangol. Cela lui a permis, lors de la décennie écoulée, d’investirmassivement dans les secteurs de l’éducation, des infrastructures, du sport et de la santé.L’exemple de ces deux pays, Congo Brazzaville et Angola, illustre l’importance du modèleéconomique d’exploitation pour les pays africains producteurs de pétrole.Importance de la situation politique et de la formation scientifiqueMême s’il est n’est pas disponible dans les mêmes proportions selon le modèle en place,l’argent du pétrole ne profite réellement aux populations que s’il est bien géré. Il fautégalement noter que la mise en place d’une société nationale crédible n’est pas chose aiséeet dépend de facteurs multiples qui sont entre autres la volonté des dirigeants politiques, lesressources étatiques disponibles pour l’investissement et la qualité des ressourceshumaines.A l’heure actuelle, peu de pays africains ont la capacité financière pour supporter lesinvestissements nécessaires à l’exploration ou à la production pétrolière : une seulecampagne d’exploration en offshore peut coûter 600 ou 700 millions de dollars et se solderpar un échec. Ainsi si leurs économies fragiles ne leur permettent pas de se lancer dansl’exploration/production, les pays africains, en faisant preuve de volonté politique, peuventaboutir à la création d’une société nationale travaillant en étroite collaboration avec lesmultinationales et ayant un contrôle sur l’argent généré par le pétrole. C’est le cas de laGNPC ghanéenne et de la Sonangol angolaise.
  21. 21. Enfin l’amélioration des ressources humaines, aussi bien en quantité qu’en qualité,devient un impératif pour les pays producteurs et pour les pays africains de manièregénérale. S’ils sont en plein progrès sur ce plan, les pays africains ne disposent pas encored’assez d’ingénieurs en mécanique, en structures métalliques, en économie des matièrespremières, en géologie appliquée, en réservoir, en finances, en logistique : autant de postesqui constituent chacun un métier clé dans le monde de l’exploitation pétrolière. Laformation scientifique apparait donc comme un secteur d’investissement de premier plan siles pays africains veulent rapidement exploiter ou participer à l’exploitation de leursressources en hydrocarbures.IV. GLOSSAIRE ET SOURCESAIE : Agence Internationale de l’EnergieASPO : Association for the Study of Peak OilAramco : Devenue Saudi Aramco. C’est la société nationale d’exploitation de pétrole enArabie Saoudite.Baril : Unité de mesure dans l’industrie pétrolière. 1 baril = 159 Litres. MBaril/jour = Millionsde barils par jour.BP : British Petroleum. Société Multinationale d’exploitation d’hydrocarbures d’originebritannique.CMP : Compagnie Multinationale Privée : ExxonMobil, BP, ChevronTexaco, Total, ShellGNPC : C’est la société nationale d’exploitation de pétrole au Ghana.IDH : Indice de Développement Humain. Il prend en compte le taux d’alphabétisation, l’accèsà la santé et le PIB/habitant.Kérogène : C’est le précurseur chimique du pétrole. Sa transformation en pétrole se faitgrâce à la chaleur interne de la terre.Kérosène : Carburant issu du raffinage du pétrole brut utilisé dans la combustion desmoteurs d’avions.PDVSA : C’est la société nationale d’exploitation de pétrole au Venezuela.PIB : Produit Intérieur Brut. C’est l’ensemble des richesses crées sur le territoire d’un payspendant une année.NIOC : C’est la société nationale d’exploitation de pétrole en Iran.OPEP : Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole. Elle comprend 12 membres : Iran,Irak, Koweït, Qatar, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Algérie, Libye, Angola, Nigeria,Equateur, Venezuela.Sonangol : C’est la société nationale d’exploitation de pétrole en Angola.Sonatrach : C’est la société nationale d’exploitation de pétrole en Algérie.TEP : Tonne Equivalent Pétrole. Unité de mesure d’énergie équivalente à l’énergie produitepar la combustion d’une tonne de pétrole. On peut mesurer l’énergie nucléaire en TEP,l’énergie hydroélectrique en TEP etcUSGS : United States Geological Survey. Agence Nationale de la Géologie aux USA.
  22. 22. Sources :Eléments de Géologie - Editions Dunod, 2006, C.Pomerol et alPétrole : Origine, Production et Traitement - 2003, Union Pétrolière SuisseLe Pétrole Au delà du Mythe - Editions Technip, 2004, X. Boy de La Tour.La Face cachée du Pétrole - Editions Pocket, 2007 - Eric LaurentLe Pétrole et le Gaz naturel en Afrique - 2009, Honoré Le LeuchAssesment of Undiscovered Oil and Gas Ressources Africa - 2010, USGSBP Statistical Review of Energy 2011 - British Petroleum Review, 2011, BPBP Statistical Review of Energy 2001 - British Petroleum Review, 2001, BPEtat de la Population Mondiale 2011 - UNFPA Nations Unies, 2011, ONU UNFPARapport sur le développement humain 2011 - Nations Unies, 2011, ONU PNUDPerspectives de l’Economie Mondiale 2011 - Fonds Monétaire International, 2011, FMIIllicit Financial Flows From Africa - 2009, Global Financial IntegrityUnderstanding Crude Oil Prices - University of California, 2008, James D. HamiltonTous droits réservés. Ce dossier ainsi que l’ensemble des dossiersde la série « Les Cahiers de Njàccaar » sont l’exclusive propriété del’Association Njàccaar Visionnaire Africain. La reproduction et ladiffusion sont permises à condition d’en citer expressément lasource. La Cellule Economique et Politique de Njàccaar VisionnaireAfricain vous remercie. A bientôt pour un nouveau dossier « LesCahiers de Njàccaar ».
  23. 23. Njàccaar Visionnaire Africain Faire ce que nous pouvons, Avec ce que nous avons www.njaccaar.com

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