Mémoire final 130611

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Mémoire final 130611

  1. 1. Histoire et influencedu centre d’architectureArc en rêve à BordeauxMémoire de première annéeMaster Recherche en Histoire de l’art et archéologieMarcela Garcia MartinezSous la direction de M. Marc SaboyaUniversité de Bordeaux III, Michel de MontaigneAnnée 2011
  2. 2. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux 1
  3. 3. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Table des matières Avant-propos .............................................................................................................. 4 Introduction ................................................................................................................. 6 État de la question ..................................................................................................... 8a) Le travail d’Anne-Sophie Métais ............................................................................. 9b) Le travail de Doïna Zgureanu................................................................................ 10c) Le travail de Laure Augereau ................................................................................ 11d) Le travail d’Aurore Rousset ................................................................................... 12e) Rapport de stage de Julie Maigret........................................................................ 14f) Bordeaux : la conquête de la modernité .............................................................. 15g) Conclusions des chercheurs ................................................................................. 16 Première partie : Arc en rêve, pour lui-même ....................................................... 18a) Contexte de la création du centre ......................................................................... 18b) Organisation et activités ........................................................................................ 21c) Localisation ............................................................................................................. 22 Deuxième partie : Arc en rêve pour les architectes .............................................. 29a) L’enseignement de l’architecture en France à l’actualité.................................... 31b) La formation des architectes et la question du rapprochement au public ......... 35c) Arc en rêve pour les étudiants d’architecture à Bordeaux.................................. 36d) Collaborations d’Arc en rêve avec l’École des Beaux-arts de Bordeaux .......... 39e) Le rapprochement au public pour les architectes................................................ 40 Troisième partie : Arc en rêve pour le public ......................................................... 42a) L’atelier pédagogique............................................................................................. 42  Les origines de l’atelier pédagogique ............................................................... 42  Le Bois de Rivière .............................................................................................. 44  L’atelier pédagogique dans l’actualité .............................................................. 49b) Les expositions d’Arc en rêve ............................................................................... 51c) Interventions d’Arc en rêve dans le domaine de la maison individuelle ............ 59  L’état de la maison individuelle en France ....................................................... 60  La participation des architectes dans le marché du logement individuel ...... 61  36 modèles pour une maison ............................................................................ 62  Collaboration d’Arc en rêve avec Domofrance ................................................ 64  Autres activités ................................................................................................... 68 2
  4. 4. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Quatrième partie : Arc en rêve pour la ville de Bordeaux .................................... 71a) Les échanges en expositions et les ouvrages ..................................................... 71b) L’exposition « Mutations » ..................................................................................... 74c) Arc en rêve comme outil de médiation pour les autorités de la ville.................. 75  Collaborations entre Arc en rêve et Chaban-Delmas...................................... 75  Un nouveau maire : une nouvelle dynamique.................................................. 77  Le projet urbain pour Bordeaux......................................................................... 78  Le moment historique de l’installation du tramway.......................................... 80d) L’influence d’Arc en rêve dans l’aménagement des quais de la Garonne et dela rive droite .................................................................................................................... 82  Un antécédent de l’appel d’idées de 1989 : Regards et fictions sur la ville .. 82  Le projet pour la Bastide de Ricardo Bofill ....................................................... 85  L’appel à idées d’Arc en rêve ............................................................................ 87  Le Projet des Deux Rives de Dominique Perrault ........................................... 91 Conclusions .............................................................................................................. 96 Bibliographie............................................................................................................. 98Travaux d’étudiants : ..................................................................................................... 98Ouvrages ........................................................................................................................ 98Ouvrages produits par Arc en rêve .............................................................................. 99Articles de périodiques spécialisés .............................................................................. 99Articles de presse quotidienne.................................................................................... 101 ANNEXES 1: IMAGES .......................................................................................... 102Première partie: Localisation ...................................................................................... 102Deuxième partie : Arc en rêve pour les architectes .................................................. 104Troisième partie : Arc en rêve pour le public ............................................................. 105Quatrième partie : Arc en rêve pour la ville de Bordeaux ........................................ 110 ANNEXES 2 ........................................................................................................... 113 ANNEXES 3 ........................................................................................................... 127 Table des images................................................................................................... 130 Table des images annexes ................................................................................... 131 Table des graphiques ............................................................................................ 132 3
  5. 5. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Avant-propos Lors du choix d’un sujet pour l’élaboration de ce mémoire de première année de Master en Histoire de l’art, nous avons eu deux objectifs. Le premier était de nous pencher sur une thématique qui nous obligerait à étudier le développement urbain et la production architecturale contemporaine de Bordeaux. Le deuxième était de trouver dans cette thématique des propositions qui pourraient être développées dans d’autres villes, surtout dans des pays où l’architecture n’est pas autant valorisée ni protégée qu’en France. Le centre d’architecture Arc en rêve se trouvait exactement à la croisée de nos inquiétudes et l’étudier en profondeur nous a paru donc un choix naturel. La rédaction de ce mémoire coïncide avec la célébration du trentième anniversaire du centre, un moment idéal pour regrouper la documentation qui a été produite à son sujet, mais aussi pour faire un bilan de l’institution d’un point de vue détaché qui puisse, nous espérons, garder une distance scientifique et mettre en question ses fonctions et contributions. Nous voulons également montrer les responsabilités des architectes vis-à-vis la société, qui dépassent le fait de dessiner et construire correctement. Leur contribution doit s’étendre à la sensibilisation des publics, des autorités et même de ses collègues, à une architecture qui reflète notre identité et qui nous offre une meilleure qualité de vie. Par le biais de ce mémoire nous voulons exprimer que la coupure entre les architectes et le public est non seulement désavantageuse pour les premiers comme professionnels, mais dangereuse pour le public qui n’est pas dans la capacité de réclamer des productions de qualité et une ville avec un fonctionnement harmonieux, parce qu’il n’a pas été éduqué pour le faire. 4
  6. 6. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Pour les élus et les autorités de nos villes, nous voulons montrer que l’architecture, l’urbanisme et la culture sont des facteurs de développement. Quand elle est dirigée de manière adéquate, l’architecture est une source de tourisme, elle attire les investissements, elle dynamise l’économie. Mais pour cela doit exister un consensus entre les pouvoirs et les citoyens : une institution comme Arc en rêve se pose comme le médiateur entre ces deux instances et c’est la raison pour laquelle il est impératif que des centres de ce type se mettent en place en France et dans d’autres pays. Nous avons découvert, au fur et à mesure que la recherche avançait, que nous partageons avec les membres d’Arc en rêve les aspirations et la foi dans les possibilités que l’architecture peut offrir, non seulement d’un point de vue esthétique, mais surtout humain et civique. Notre propre parcours comme étudiante en architecture et ensuite comme professionnelle de cette discipline nous a montré les répercussions négatives des constructions sans architecture et sans recherche plastique qui se mettent en place surtout dans les pays émergents où les villes continuent à s’élargir sans projet urbanistique et dont les bâtiments sont des copies de modèles étrangers. Nous espérons pouvoir contribuer à la valorisation du centre en montrant sa participation dans la construction de la ville de Bordeaux depuis sa création et en le mettant comme un exemple à suivre pour d’autres villes en France et pourquoi pas, ailleurs. 5
  7. 7. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Introduction Ce mémoire vise à retracer l’histoire d’Arc en rêve, depuis ses origines comme une association, son atelier pédagogique et son établissement en centre d’architecture contemporaine à Bordeaux. Pour ce faire, nous commençons par l’état de la question en faisant un aperçu de travaux faits par des étudiants qui ont déjà travaillé sur le centre avant nous, en plus de l’ouvrage par des historiens de l’art qui a inspiré notre recherche. La première partie décrit sommairement son évolution, son organisation, ses activités et sa localisation à Bordeaux. Ensuite, nous avons choisi de structurer le travail à partir des différentes dimensions d’influence du centre sur son environnement. Le public le plus proche et le plus concerné par les thématiques d’Arc en rêve sont naturellement les architectes, mais nous avons porté une attention particulière aux étudiants en architecture et à l’enseignement qu’ils reçoivent actuellement en France. Par la suite, nous nous interrogeons sur l’utilité d’un centre d’architecture pour le public en général et nous avons trouvé que les activités qui le concernent le plus sont l’atelier pédagogique, les expositions dans les galeries et les interventions dans le marché de la maison individuelle. Mais le centre d’architecture accomplit d’importantes fonctions aussi à une échelle supérieure, celle de la ville, que nous analysons dans la dernière partie, en mettant l’accent sur la promotion de Bordeaux à travers des expositions, des ouvrages ou des évènements de grande envergure, son rôle de conseil et de médiateur avec les élus de la municipalité et les expérimentations qui ont aidé à façonner le paysage urbanistique de Bordeaux dans les dernières trente années. 6
  8. 8. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Notre recherche a été principalement bibliographique et nous avons pris comme références des travaux faits par des étudiants, des articles de la presse quotidienne et spécialisée, des ouvrages sur les transformations récentes de Bordeaux et bien sûr, les ouvrages produits par Arc en rêve. Nous avons essayé de prendre ces derniers avec une certaine prudence et dans la mesure du possible nous les avons questionnés par rapport aux impressions décrites par la presse. Finalement, nous avons eu la possibilité de rencontrer M. Michel Jacques, directeur artistique du centre, dont les réponses à nos interrogations, posées lors d’un entretien, se trouvent disséminées dans tout le travail. 7
  9. 9. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux État de la question Comme nous avons expliqué précédemment, une de nos sources ont été quelques rapports de stage faits par des étudiants. Ce type de travaux nous a permis de comprendre la dynamique et le fonctionnement de l’institution et nous ont montré les aspects qui n’ont pas été jugés essentiels ou étudiés du tout dans le passé. Cependant, ces travaux ont dû être pris avec une certaine distance car ils ont été conçus avec des objectifs particuliers en suivant une méthodologie propre. Pour chacun de ces chercheurs nous essaierons donc de discerner ces contributions et limitations. Une première source ont été les mémoires de deux étudiantes de l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux, Anne-Sophie Métais et Doïna Zgureanu, qui ont réalisé des stages à Arc en rêve dans les années 1999 et 2000. Il a prouvé intéressant d’avoir eu accès à ses témoignages car ils sont éloignés de l’architecture et de l’histoire de l’art et offrent donc un point de vue différent à celui que nous aurions privilégié à sa place. Les années de ces stages correspondent à une période d’une relevance particulière à cause de l’organisation de l’exposition « Mutations ». Celle- ci a été une manifestation de grande ampleur qui a montré le large et important réseau du centre et lui a valu une reconnaissance au niveau local et international. Ensuite nous verrons en détail les travaux de deux étudiantes en architecture, Laure Augereau de l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes et Aurore Rousset, de l’École nationale d’architecture de Paris-La Villette. De manière plus brève, nous verrons les apports de l’étudiante Julie Maigret avec son rapport de stage. Et finalement, nous allons exposer comment l’ouvrage Bordeaux : la conquête de la modernité, des historiens de l’art Robert Coustet et Marc Saboya, nous a servi de point de départ pour notre recherche. 8
  10. 10. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux a) Le travail d’Anne-Sophie Métais Le rapport d’Anne-Sophie Métais a été réalisé suite à son stage de huit mois dans le centre. C’est un mémoire pour l’obtention de son Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en « Management des organisations et entreprises de service public » et il a été présenté en l’année 2000. À travers son travail, elle a voulu poser des interrogations sur le centre pour qu’un autre étudiant puisse les développer en profondeur dans une recherche postérieure 1. Elle s’est intéressée à l’organisation du centre et l’environnement culturel dans lequel il travaille, pour évaluer les conditions et les résultats des interactions entre les deux. Pour cela elle a étudié comment le centre agit sur son milieu et le phénomène inverse. Elle a donc mis en relation Arc en rêve avec des aspects plus généraux de la société comme la culture et la place dévouée à l’architecture dans celle-ci. Dans son analyse, Arc en rêve se profile comme une institution qui doit trouver une balance entre le loisir et la pédagogie, car il est en même temps une source de récréation mais aussi de réflexion. Elle attire aussi notre attention sur le rapport de l’architecture avec les instances du pouvoir et les élites. Son étude nous renseigne surtout sur l’organisation interne du centre, mais ne propose aucune réflexion sur les différents services que celui-ci offre. Au vu de ce fait, nous avons choisi de concentrer ce travail sur les activités et nous n’avons pas donné suite à ses observations sur la manière dont le centre gère ses employés. Néanmoins, dans son travail, Métais s’est interrogée sur la légitimité du centre et des activités qu’il développe « en dehors des réseaux qu’il connaît et maîtrise »2. Nous avons donc pris cette problématique comme point de départ pour cette recherche en nous interrogeant si Arc en rêve est simplement un centre d’expositions d’architecture contemporaine ou s’il vise à provoquer des changements dans la ville où il est installé.1 MÉTAIS Anne-Sophie, Arc en Rêve centre d’architecture, Mémoire du Diplôme d’ÉtudesSupérieures Spécialisées « Management des organisations et entreprises de service public »,Institut d’Études Politiques de Bordeaux, Bordeaux, 2000, p. 32 Ibid., p. 22 9
  11. 11. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux b) Le travail de Doïna Zgureanu L’étudiante en DESS de Gestion Publique de l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux, Doïna Zgureanu, a intitulé son mémoire Mise en place et gestion du projet d’une grande manifestation culturelle : arc en rêve organise « Mutations »1. Elle l’a réalisé après avoir complété son stage entre octobre 1999 et avril de l’année suivante. Les deux objectifs principaux de ce travail étaient d’étudier le fonctionnement d’Arc en rêve comme une association et de décrire l’organisation de l’évènement « Mutations ». Dans son rapport, Zgureanu a défini les associations et a expliqué ses caractéristiques juridiques pour mieux comprendre la structure d’Arc en rêve. Elle a donné une liste des employés à l’époque et de leurs différentes conditions de travail, comme par exemple leurs types de contrats. Elle a fait une analyse des statuts de l’association et a approfondi sur le partenariat entre celle-ci et la ville de Bordeaux. Entre ses contributions ont trouve les réflexions qu’elle a faites sur le style de management de l’association et sur les contraintes que celle-ci impose. Son travail a permis de comprendre comment le centre a ressenti le passage de la mairie dirigée par Jacques Chaban-Delmas à celle d’Alain Juppé. Et elle a donné un aperçu exceptionnel de l’organisation d’une importante exposition comme « Mutations » en décrivant son évolution à travers le temps et les ressources humaines et financières qui ont été disponibles pour la faire. Quant à son influence sur ce travail, elle a posé aussi la question sur l’impact et l’influence du centre, surtout en vue de la nature abstraite de sa mission de changer le rapport des individus à leur environnement.21 ZGUREANU Doïna, Mise en place et gestion du projet d’une grande manifestationculturelle : Arc en rêve organise « Mutations », Rapport de stage du Diplômed’Études Supérieures Spécialisées de Gestion Publique, Institut d’Études Politiquesde Bordeaux, Bordeaux, 20002 Ibid., p. 38 10
  12. 12. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux c) Le travail de Laure Augereau L’ouvrage de Laure Augereau, Cultures architecturales ? L’éveil à l’espace chez l’enfant à travers son expérience sensible 1, constitue son travail de fin d’études de l’École Nationale Supérieure d’architecture de Nantes. Dans celui-ci, elle a voulu répondre à la question de savoir si la sensibilisation à l’architecture doit être une mission de l’architecte et quelles sont les institutions qui mènent des actions de ce type, surtout dirigées vers les enfants. Pour ce faire, elle a transcrit des données sur la perception du public sur l’architecture. Ensuite, elle a fait une recherche sur les programmes de sensibilisation à l’architecture développés dans les écoles, par des associations comme la Maison de la Culture de Loire-Atlantique ou Arc en rêve, ainsi que par l’atelier des enfants dans le Centre Georges Pompidou. Elle a analysé les techniques d’animation de toutes ces institutions et elle a mis en place ses propres démarches individuelles. Son travail est intéressant car il met en rapport la formation des architectes et leur pratique professionnelle avec l’image de l’architecture auprès du public. Nous avons donc voulu poursuivre ses interrogations sur ce sujet pour comprendre comment elles ont évolué depuis son mémoire, présenté il y a onze années. Son analyse de l’atelier pédagogique pour les enfants mis en place par Arc en rêve est très intéressante car il demeure un des points forts du centre, mais notre étude ne vise pas à questionner ces types d’activités ni leur efficacité quant à la réussite de leurs objectifs.1 AUGEREAU Laure, Cultures architecturales ? L’éveil à l’espace chez l’enfant à travers sonexpérience sensible, École Nationale Supérieure d’architecture de Nantes, 2000 11
  13. 13. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux d) Le travail d’Aurore Rousset L’étudiante de l’École d’architecture de Paris-La Villette, Aurore Rousset, a travaillé comme stagiaire à Arc en rêve pendant dix mois au terme desquels elle a réalisé son mémoire1. Ses interrogations portent surtout sur la sensibilisation à l’architecture en général. Elle a voulu étudier quelle est la place d’Arc en rêve dans le système établi en France pour promouvoir les œuvres et le métier de l’architecte. Tout cela pour présenter un projet architectural consistant en structures temporaires mobiles appelés « Mobilo » qui pourraient être disposées à Bordeaux pour élargir la présence du centre dans la ville et ainsi attirer plus de public. Elle a commencé par faire un état des lieux des institutions et associations qui se préoccupent de sensibiliser à l’architecture à Bordeaux et ailleurs en France. Pour cela elle a conduit une série d’entretiens avec les principaux intervenants de ces organisations. Elle a également interrogé tous les employés d’Arc en rêve à l’époque pour essayer de comprendre leur point de vue quant aux avantages et désavantages du centre et de sa structure. Elle termine son travail avec un film où un super-héros parcourt Bordeaux en se posant des questions sur la sensibilisation à l’architecture. Les réponses sont abordées par les membres d’Arc en rêve et les autres personnes avec qui elle a eu des discussions. Son projet d’expositions temporaires répandues dans la ville constitue une proposition intéressante pour le centre et son état des lieux montre Arc en rêve comme une institution unique en France, mais surtout en dehors de Paris.1 ROUSSET Aurore (Sous la direction de Jacques BOULET et Marc BOUDIER), Arc en rêve,un centre d’architecture à Bordeaux, École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-LaVillette, Paris, 2004 12
  14. 14. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Dans l’inventaire des institutions qu’elle a réalisé, Rousset montre qu’il n’existe pas un centre d’architecture en province qui puisse se comparer en ressources, réseau relationnel ou en parcours à celui qui existe à Bordeaux. En fait, même par rapport aux centres parisiens, Arc en rêve jouit d’une reconnaissance similaire sinon supérieure et avec des moyens plus réduits. D’un autre côté, Rousset montre qu’Arc en rêve se développe comme une institution isolée, dans le sens qu’il n’y a pas de véritable coordination régionale ou nationale entre les institutions vouées à l’architecture et pose ainsi deux problématiques qui pourraient être développées par d’autres chercheurs : approfondir l’état de la sensibilisation à l’architecture en France (car dans son travail elle se limite à l’exposition et description des institutions sans faire une comparaison entre elles ou sans donner un avis critique à ce sujet) et la comparer à celle qui est menée dans d’autres pays. Dans ce mémoire, Rousset s’interroge sur les problèmes d’avoir un centre d’architecture dans le même bâtiment où se trouve un musée d’art contemporain, ainsi que sur les contraintes imposées par l’Entrepôt Lainé, d’un point de vue symbolique comme spatial. De notre part, nous allons étudier en profondeur cet aspect qui est récurrent dans la littérature disponible sur le centre et nous allons essayer de tirer nos propres conclusions. 13
  15. 15. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux e) Rapport de stage de Julie Maigret Un autre mémoire dont nous avons eu accès a été celui de l’étudiante en Master de Métiers du patrimoine monumental et mobilier, Julie Maigret1. Son travail date de l’année 2008, lorsqu’elle a travaillé comme stagiaire assistante au commissariat d’exposition sous la direction de Michel Jacques, pour ensuite intégrer le centre comme une de ses employées. Son rapport contient un bref état de la question des politiques patrimoniales en France, afin d’introduire les dilemmes autour du patrimoine architectural contemporain dont Arc en rêve se charge de diffuser. Maigret décrit plusieurs aspects du centre dont notamment l’origine de ses ressources et sa stratégie de communication. Mais son travail se détache par la description exhaustive des activités qui ont été organisées lors de son stage qui a coïncidé avec l’organisation de l’exposition « Collectif, nouvelles formes d’habitat en Europe »2. Elle donne un aperçu de l’organisation d’une exposition et de la publication qui l’accompagne : elle entre détail sur la sélection des œuvres, les rapports établis avec les différents acteurs (les agences d’architecture par exemple), la scénographie et surtout ce qui entoure l’élaboration de l’ouvrage, qui a été son domaine principal.1 MAIGRET Julie (Sous la direction de Michel JACQUES), Assistante aucommissariat d’exposition, Master II Métiers du patrimoine monumental et mobilier,arc en rêve centre d’architecture, Université Michel de Montaigne, Bordeaux III,Talence, 20082 Montrée du 4 juillet 2008 au 4 janvier 2009. 14
  16. 16. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux f) Bordeaux : la conquête de la modernité Dans leur ouvrage, Bordeaux : la conquête de la modernité1, les historiens de l’art Robert Coustet et Marc Saboya ont fait un état des lieux des principales productions architecturales et urbanistiques faites à Bordeaux entre les années 1920 et 2003. Par ce biais, ils ont montré l’ambivalence de cette ville qui se débat constamment entre le poids de sa tradition et de son héritage bâti du XVIII siècle et ses essais pour construire son identité architecturale contemporaine. L’ouvrage nous a donné des indices dans plusieurs domaines qui ont servi à façonner notre recherche. Par exemple, le fait que les auteurs s’interrogent sur l’impact qu’Arc en rêve a pu avoir sur les architectes à Bordeaux2, nous amena à considérer dans une partie de ce travail quel est le rôle du centre pour les professionnels de l’architecture. Également, les auteurs font mention d’autres aspects du centre que les étudiantes dans leurs mémoires avaient laissé de côté, comme les incursions dans le marché de la maison individuelle et l’appel à idées « Bordeaux, Port de la Lune » en 1989. Ceci nous a conduit à considérer que le centre a pu avoir une influence, plus ou moins directe, dans la construction urbanistique de Bordeaux dans les trente dernières années, une intuition que nous voulons développer tout au long de ce travail.1 COUSTET Robert, SABOYA Marc, Bordeaux : la conquête de la modernité, architecture eturbanisme à Bordeaux et dans l’agglomération de 1920 à 2003, Éditions Mollat, Bordeaux,20052 Ibid., p. 320 15
  17. 17. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux g) Conclusions des chercheurs Même en prenant en compte les différences propres aux travaux de nos prédécesseurs, il y a certains points sur lesquels tous semblent s’accorder. Le premier est l’importance du « noyau » d’Arc en rêve, ses membres fondateurs. Le centre serait né et aurait persisté pendant tout ce temps grâce au fort engagement de ses membres et le réseau qu’il a créé. Mais, quoique Arc en rêve soit une association avec une structure bien définie qui va au-delà de ses membres fondateurs, le « noyau » reste la seule instance qui prend les décisions, dont même le président de l’association reste seulement informé 1. Les étudiantes qui ont fait leur stage dans le centre ont toutes fait mention que les employés en dehors des fondateurs ressentent un manque de participation et d’influence sur les choix de l’association, et ne sont pas satisfaits des conditions de travail qui ne sont pas optimales comme des contrats précaires et des rémunérations basses. Il existerait aussi un isolément des différents services qui constituent la structure du centre, comme l’atelier pédagogique, le service graphique, le secrétariat, etc. Tous les chercheurs citent les bonnes relations de l’association avec le Maire Chaban-Delmas et des réductions dans les subventions faites par la Mairie de Bordeaux après l’arrivée d’Alain Juppé en 1995. D’autres points en commun seraient la localisation apparemment désavantageuse du centre à l’Entrepôt Lainé et la perception d’élitisme autour du contenu des expositions et l’hermétisme du centre vis à vis d’autres institutions. Également, tous sont d’accord sur le fait que c’est une mission des architectes de faire des échanges avec le public qui puissent changer l’image élitiste imposée par les médias et le « star system » des architectes les plus célèbres du monde. Le public doit être plus familiarisé avec les compétences des architectes si ces derniers veulent provoquer des changements dans la profession.1 MÉTAIS, op.cit., p.21 16
  18. 18. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Par rapport à l’héritage des chercheurs qui se sont penchés sur Arc en rêve avant nous, nous voulons donc considérer le centre dans une autre dimension que son rapport à la culture ou à la sensibilisation à l’architecture, pour nous concentrer sur son utilité ou influence sur les différents acteurs de son environnement, comme nous l’avons expliqué précédemment. 17
  19. 19. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Première partie : Arc en rêve, pour lui-même Comme nous avons expliqué, nous considérons que l’impact du centre se fait à plusieurs niveaux qui s’élargissent à mesure qu’on les étudie, mais nous sommes obligés de commencer notre analyse par l’existence même du centre. Pour cette raison, dans cette première partie, nous voulons étudier la naissance d’Arc en rêve, son fonctionnement et les activités qu’il développe. En commençant par comprendre le contexte des années de sa création. a) Contexte de la création du centre Depuis les années 1970 s’est mise en place toute une structure gouvernementale qui veille pour la qualité des constructions et favorise la recherche et l’innovation en architecture. Cette structure est formée par des institutions telles que le Plan Urbanisme, Construction et Architecture (PUCA), créé en 1971 ; les concours des Programmes d’architecture nouvelle de 1972 ; les Conseils d’architecture, urbanisme et de l’environnement (CAUE) de 1977 ; la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques et notamment pour les propos qui concernent ce travail, l’Institut Français d’Architecture, créé en 1981. Ce centre pourrait être considéré le prédécesseur d’Arc en rêve, dans le sens qu’il a été créé avec des objectifs similaires, cependant, ses activités sont limitées à Paris et n’incluent rarement des échanges avec les autres villes du pays. On peut aussi considérer comme un facteur qui a favorisé l’ouverture à l’architecture contemporaine la série de grands projets commandés par l’État français dans les années 1980. L’ambition du Président François Mitterrand de rattacher son nom à des importantes constructions n’est pas un fait inusuel chez les personnages de la sphère politique, mais à travers son choix d’architectes d’une réputation internationale il a fait de la France le réceptacle d’importantes œuvres de la production contemporaine mondiale1.1 Quelques œuvres produites à cette époque par des architectes qui ont été exposés par lasuite à arc en rêve incluent : l’Institut du Monder Arabe, de 1987 par Jean Nouvel et l’agence 18
  20. 20. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux La promotion et l’éducation à propos de cette architecture s’avère nécessaire dans un pays très fier de son patrimoine historique et montre aussi un engagement vers la modernité pour situer la France au même niveau que d’autres pays plus habitués aux initiatives contemporaines, comme les États-Unis. Ces deux facteurs au niveau national, l’exemple de l’IFA et la construction de projets de grande magnitude, ce sont rajoutés à une condition locale pour la création du centre: l’inspiration fournie par l’action pédagogique du futur colocataire d’Arc en rêve, le Musée d’art contemporain1. Cependant, le choix de Bordeaux pour l’implantation d’Arc en rêve s’est fait en dépit de la réticence de ses habitants vis-à-vis l’architecture du XX siècle, car le fort attachement au patrimoine de la ville constitue parfois un blocage pour promouvoir le contemporain2. Au niveau personnel, l’engagement des membres fondateurs de l’association est perçu déjà depuis leur époque comme étudiants. Dans des entretiens, Michel Jacques a exprimé la rupture qu’il a éprouvée avec la profession d’architecte quand il était encore en formation. Il était conscient de l’abîme qui séparait la profession et la société, une incompréhension mutuelle issue du manque d’espaces pour encourager les rencontres ou les débats. Son objectif comme architecte n’a donc pas été de devenir un maître d’œuvre mais il voulait, d’une autre façon, agir sur l’aménagement de la ville3.Architecture Studio ; le site de Tolbiac de la Bibliothèque Nationale de France, parDominique Perrault, inauguré en 1994 ; le siège à Paris-Bercy du Ministère deFinances, fait entre 1981 en 1988 par Paul Chemetov et Borja Huidobro et lacommande de la Cité de la Musique faite à Christian de Portzamparc et ouvert en1995, entre autres.1 Le Musée d’art contemporain était dirigé à l’époque par Jean-Louis Froment.2 D’après un entretien avec Michel Jacques du 21 mars 2011.3 DARROQUY José, « L’archi sans chichi », Spirit, #27, février 2007, p. 4 - 5 19
  21. 21. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Après avoir obtenu leurs diplômes de l’École d’architecture de Bordeaux, en 1980, les frères Michel et Philippe Jacques ont rencontré l’éducatrice spécialisée en psycho-sociologie, Francine Fort, avec laquelle ils ont commencé à réaliser les premiers ateliers pédagogiques centrés sur des notions d’espace. Cette même année, le Ministère de l’Environnement et du cadre de vie, dirigé par Michel d’Ornano, a fait appel à des idées dans le cadre de l’action « 100 jours pour l’architecture ». Pour la région de l’Aquitaine, les futurs partenaires du centre d’architecture ont proposé une étude- animation pour l’aménagement des écoles de Bordeaux, projet qui a été retenu et a reçu une subvention de 10 000 francs. Ceci a donné naissance à l’association Arc en rêve en mai 19801, ayant comme membres fondateurs Michel et Philippe Jacques, Francine Fort et Martine Alzonne, elle aussi éducatrice spécialisée 2. Les activités de l’association ont démarré le 6 janvier 1981, avec un projet intitulé « Atelier public d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement à l’usage des enfants » et ses installations à l’Entrepôt Lainé ont été ouvertes au public depuis le 30 janvier de la même année. En ce qui concerne les subventions, en 1982, elles provenaient de la Ville de Bordeaux, de la Région d’Aquitaine, du Ministère de l’Urbanisme et du logement et du Ministère de la Culture3.1 ZGUREANU, op. cit., p. 172 Mme. Alzonne ne travaille plus à arc en rêve.3 En attendant la ville avec les enfants, action 82, arc en rêve, atelier publicd’architecture, urbanisme et de l’environnement, Bordeaux, 1982, p. 43 20
  22. 22. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Pour sa création et pour sa permanence dans le temps, l’association a bien bénéficié de l’avis favorable de la Mairie de Bordeaux, dirigée entre 1947 et 1995 par Jacques Chaban-Delmas, qui voulait faire avancer Bordeaux dans la même direction que celle des grandes métropoles européennes et qui était conscient du pouvoir médiatique des architectes prestigieux et des projets de portée internationale. L’atelier pédagogique a été la principale activité d’Arc en rêve jusqu’à 1985 lorsqu’il adopta le nom « centre d’architecture » pour montrer ainsi qu’une plus grande attention serait portée aussi à ses expositions. Une exposition avait déjà été organisée en 19821 et deux en 19832, mais elles ont été plus régulières à partir de 1984. Arc en rêve a valu à Francine Fort et à Michel Jacques l’obtention du Grand Prix National de la Promotion architecturale en 1993 et à l’association la médaille de l’Académie de l’Architecture en 19953. b) Organisation et activités Le centre d’architecture est structuré sur la base de quatre services. Le premier est dirigé par Michel Jacques, il s’agit de celui de Programmation et production. Il est chargé des activités de la Galerie d’architecture et du Laboratoire d’architecture. Le deuxième, l’atelier pédagogique, est intégré par Eve Mathieu, historienne de l’art, Vanessa Leydier, paysagiste et Violaine Lubin, architecte. Il a été dirigé par Philippe Jacques jusqu’à l’année 2008. Il est suivi par le service administratif qui est le responsable de l’administration et gestion du personnel. Il était conduit à l’origine par Martine Alzonne. Et finalement, le service de relations publiques est chargé de la presse.1 « Enfants & Construction, Images urbaines », entre le 3 décembre 1982 au 14janvier 19822 « La Construction Moderne », entre le 2 et le 21 mai 1983 et « In-Cohérences,Environnement quotidien et folie », entre le 9 décembre 1983 et le 14 janvier 1984.3 MAIGRET Julie, op. cit., p. 6 21
  23. 23. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Les activités du centre se divisent par rapport à trois axes. La Galerie d’architecture propose des expositions, des conférences, colloques, des animations telles que les visites guidées en ville ou d’un bâtiment en particulier, les cafés de l’architecture (discussions ouvertes au public sur l’architecture menées dans différents cafés de la ville de Bordeaux) et elle s’occupe aussi des publications. Le deuxième axe est celui du Laboratoire d’architecture et d’urbanisme. Il mène des activités expérimentales, des formations proposées à la maîtrise d’ouvrage, des consultations et des appels d’idées. L’atelier pédagogique, de son côté, propose des animations pour les enfants et les adultes, qu’ils soient du public ou des enseignants. Il est important de souligner qu’aucune de ces initiatives n’a comme but de former des architectes ou de proposer une introduction aux aspects techniques de la profession, mais plutôt d’éveiller la curiosité et le goût pour l’architecture, ainsi que pour l’urbanisme et le design. c) Localisation Dans les premières années de création de l’atelier pédagogique, il était prévu qu’il serait installé dans une maison située dans un terrain à Tauzin, propriété de la ville de Bordeaux. L’atelier devait mettre en place une étude et une animation pour l’aménagement de la maison et du terrain, pour ensuite occuper les lieux, mais le projet n’a pas été réalisé1. L’étude a été reportée au Bois de Rivière et à partir de 1981 la Mairie a assigné des espaces de l’Entrepôt Lainé à l’association. Ce bâtiment, situé à la rue Ferrère a été construit par l’ingénieur Claude Deschamps en 1822 pour déposer les marchandises qui provenaient des colonies et qui arrivaient au port de Bordeaux. Il a pris comme nom l’Entrepôt Réel des Denrées Coloniales (image 1) et le chantier a été achevé en 1824.1 Étude – animation : Bois de Rivière, Bordeaux, Direction Régionale del’Équipement, Aquitaine, arc en rêve centre d’architecture, Bordeaux, 1993, p. 6 22
  24. 24. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à BordeauxImage 1: Entrepôt Réel des Denrées Coloniales, Fonds Iconographique des ArchivesMunicipales, cote: XXI G 3, 1845 Lors de l’installation des hangars sur les quais (Annexes 1, image 1), l’Entrepôt a perdu son utilité et il a été fermé en 1960. Son inscription aux Monuments Historiques a été faite le 25 janvier 1973, la même année de son acquisition par la ville de Bordeaux. Après avoir été occupé par plusieurs associations, le Centre d’arts plastiques contemporains (CAPC) s’y est installé en 1974 (il est devenu en 1984 un musée d’art contemporain) et Arc en rêve l’a rejoint sept ans plus tard. Le bâtiment a été réhabilité en trois phases : en 1979, 1984 et 1990, conduites par les architectes Jean Pistre et Denis Valode de l’agence Valode & Pistre et par l’architecte d’intérieur André Putman. Leur concept pour la rénovation a été de respecter le plus possible la structure originale revêtue à l’intérieur par de la pierre provenant de Bourg-sur-Gironde, de la brique d’argile et du pin d’Oregon, et extérieurement par de l’appareil (Image 2). Il conserve donc son aspect du XIX siècle si ce n’est-ce que par les parois blanches qui couvrent la partie basse des murs et qui peuvent être enlevées. Par ce fait, le bâtiment crée un fort contraste entre les œuvres contemporaines du musée et le centre d’architecture (Annexes 1, image 2). 23
  25. 25. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à BordeauxImage 2 : Vue extérieure de l’accès principal de l’Entrepôt Lainé, façade latérale, cl.Marcela Garcia, 2011 Le musée occupe la grande nef de l’Entrepôt (Annexes 1, image 3), l’espace le plus important de celui-ci, et des galeries du rez-de- chaussée. Pour ce qui est d’Arc en rêve, il dispose d’espaces administratifs et de locaux pour l’atelier pédagogique, aussi dans le rez- de-chaussée (image 3) et à l’étage (image 4), une grande galerie de 500 m² (appelée Galerie d’architecture) et une petite galerie de 150 m² (nommée Galerie blanche) pour les expositions de plus courte durée (Annexes 1, images 4 et 5). Dans le bâtiment on trouve aussi une bibliothèque/centre de documentation, un auditorium et un café et restaurant situé sur les terrasses du deuxième étage, appelé Andrée Putman comme la designer responsable de son aménagement. 24
  26. 26. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à BordeauxImage 3 : Plan du Rez-de-chaussée de l’Entrepôt Lainé, d’après les plans pour la troisièmetranche d’aménagement, Archives Municipales, cote : 1073 W 289, 1987, signalisation desespaces par Marcela GarciaImage 4 : Plan du premier étage de l’Entrepôt Lainé, d’après les plans pour la troisièmetranche d’aménagement, Archives Municipales, cote : 1073 W 289, 1987, signalisation desespaces par Marcela Garcia 25
  27. 27. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux La localisation d’Arc en rêve à l’Entrepôt Lainé présente des avantages indéniables. Le bâtiment est placé en centre ville, dans la partie touristique la plus importante de Bordeaux. Il jouit d’une facilité d’accès par transport public –un arrêt de tramway se trouve très proche- et par voie piétonne, car, à proximité des quais, il est dans un lieu populaire pour les promenades. Le fait de partager la même structure avec le Musée d’art contemporain a favorisé des collaborations entre les deux entités comme ce fut le cas pour « Cities on the Move 2, art et architecture en Asie »1, « Yona Friedman, architecte, Paris, Tu ferais ta ville »2 et plus récemment, « Insiders »3. D’une autre part, les personnes qui viennent à l’Entrepôt pour fréquenter le musée peuvent se rendre au centre aussi, car le droit d’entrée donne la possibilité de voir les deux lieux dans une seule visite. Le nombre de ces visiteurs n’est pas insignifiant : un article4 cite 99 100 personnes venues au CAPC pendant l’année 2007. Un autre avantage est celui de la disponibilité de la grande nef pour l’organisation d’évènements de grande magnitude pour Arc en rêve, dont on peut citer l’exposition « Mutations » et la célébration de son trentième anniversaire, la « Yellow night », le 7 avril 2011 (image 5).1 Présentée entre le 4 juin et le 8 novembre 1998.2 Ouverte au public entre le 15 février et le 1er juin 20083 Du 9 octobre 2009 au 7 février 2010.4 QUÉHEILLARD Jeanne, « Bordeaux sort de sa réserve », Intramuros, n°135,mars/avril 2008, p. 62 - 72 26
  28. 28. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Image 5: vue intérieure de la grande nef de l’Entrepôt Lainé lors de la célébration du trentième anniversaire d’Arc en rêve centre d’architecture, « Yellow Night », cl. Marcela Garcia, 2011 Cependant, l’Entrepôt Lainé impose quelques contraintes à Arc en rêve. En termes d’espace, l’auditorium s’avère insuffisant pour accueillir la quantité de public qui se présente lors des vernissages des expositions ou des conférences avec des personnalités importantes. Occuper le même bâtiment du CAPC crée une confusion entre celui-ci et le centre d’architecture1, surtout parce que le musée occupe la plus grande partie du bâtiment, il est plus connu par le public que le centre et il est donc identifié à l’Entrepôt Lainé, parfois en tant que le seul occupant. Comme l’accès au bâtiment permet de visiter les expositions du CAPC et d’Arc en rêve, ce dernier n’a jamais fait un recensement de la quantité de visiteurs qu’il reçoit. Et finalement, l’association entre art contemporain et architecture ne serait pas nécessairement positive2 car elle donne une image que l’architecture peut être aussi élitiste et incompréhensible que certaines œuvres de l’art contemporain. L’association a voulu à plusieurs reprises quitter l’Entrepôt, mais les possibilités ne se sont jamais réalisées.1 ROUSSET, op. cit., p. 472 Ibid., p. 47 27
  29. 29. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Nous trouvons que la localisation d’un centre d’architecture contemporaine dans un bâtiment du XIX siècle et dans le centre d’une ville très protectrice de son patrimoine ancien atteste de cet attachement. Cependant, cette situation paradoxale est très intéressante : par le biais d’une structure ancienne il est possible de connaître la production de notre génération. Mais il y a aussi dans ce phénomène une sorte de détachement : à Bordeaux on peut voir les créations contemporaines, mais en fin de compte, c’est l’héritage historique qui aura toujours la priorité. 28
  30. 30. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Deuxième partie : Arc en rêve pour les architectes Une des considérations que nous avons eues pour comprendre le contexte dans lequel se développe arc en rêve est celui du statut général de l’architecture en France. Notre première idée a été de chercher comment est diffusée la profession envers les étudiants qui s’interrogent sur la valeur et les exigences de cette formation quand ils décident la poursuivre. Les guides1 disponibles adressés aux étudiants français, regroupent les architectes dans la catégorie des « artistes du cadre de vie », avec les architectes d’intérieur et les paysagistes, pour les différencier des artistes plasticiens comme les sculpteurs, les peintres ou les photographes et ceux de la création visuelle (designer-graphiste, infographiste, maquettiste, illustrateur, etc). Et l’image décrite dans ces guides n’est pas encourageante. Si l’étudiant réussit à compléter sa formation il aura principalement deux champs d’intervention : celui des immeubles d’habitation, les bureaux et les équipements collectifs et celui des maisons individuelles quand elles dépasseront les 170 m². Cependant, il devra se confronter à quelques contraintes : son domaine de travail sera limité, car la surface moyenne des habitations individuelles est de 95 m² ; les architectes ne sont pas obligatoires du point de vue légal pour l’aménagement des espaces intérieurs et le nombre de diplômés augmente avec le temps, ce qui n’est pas le cas avec le marché du travail. Les solutions qui lui sont proposées sont la spécialisation dans des domaines différents de la maîtrise d’œuvre, comme le conseil, l’urbanisme et le paysage2.1 Nous prenons comme exemple: BUCHWALTER Véronique, PIRAT Emmanuelle,SABIA Virginie, Les métiers de la création, Architecte, designer, graphiste…,L’Étudiant, Paris, 1997, collection Les Guides de l’Étudiant)2 Ibid., p. 34 - 37 29
  31. 31. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Dans leurs travaux, Aurore Rousset et Laure Augereau, étudiantes en architecture à l’époque où elles les ont rédigés, sont parties des mêmes constats pour développer leur recherche. Les deux citent une incompréhension du public vis-à-vis l’architecture et le fait qu’elle est perçue comme une profession élitiste. Elles expliquent que les enjeux de cette séparation sont les difficultés croissantes d’accès à la demande pour les jeunes architectes, et les complications qu’ils éprouvent pour se faire comprendre par leurs futurs clients. Elles se posent donc la même question : est-ce que la sensibilisation à l’architecture dirigée vers le public en général devrait être une mission des architectes ou elle concerne uniquement le système d’éducation nationale ? De notre point de vue, nous pensons que ce sont les architectes qui peuvent mieux expliquer aux autres les détails pertinents à leur métier. En effet, ils ont tout à gagner : une meilleure communication entre l’architecte et le public entraîne la possibilité de meilleurs résultats dans les œuvres construites, un élargissement du marché, un meilleur niveau d’exigences demandé par les clients, l’ouverture de nouvelles possibilités de travail et même, la possibilité d’agir sur les autorités et sur la construction des villes, justement les fonctions qu’a voulu développer Arc en rêve. Nous étudierons donc l’enseignement de l’architecture pour comprendre comment elle conditionne la production éventuelle de ses élèves, et de ce fait, le statut du métier en général. 30
  32. 32. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux a) L’enseignement de l’architecture en France à l’actualité L’année 1968 a marqué le début d’une nouvelle étape dans l’enseignement universitaire qui inclut celui de l’architecture. Suite aux manifestations de cette année menées par les étudiants, l’architecture a été séparée des écoles de Beaux-arts, dont celle de Paris était la seule ayant le droit de donner des diplômes ou des récompenses de prestige, tels que le Grand Prix de Rome. L’isolement des architectes par rapport à la société est une constante dans l’histoire de leur métier, dans le système de formation et dans la distance entre les objectifs des architectes de l’École des Beaux-arts et le reste de la société qui continuait à évoluer sans eux. C’est pour cela que les étudiants en architecture ont dû réclamer une nouvelle place pour eux. Ils exigeaient l’ouverture de l’architecture vers d’autres disciplines, surtout celles des sciences humaines ; l’introduction de projets de logements sociaux dans le cursus et un approfondissement dans les techniques de construction. Leur objectif principal était de se débarrasser de l’image d’un architecte/artiste qui l’éloignait des autres professions. Ils voulaient ancrer l’architecture dans le développement des villes et en ultime instance, dans la vie quotidienne des hommes1. Le résultat de ces revendications a été reflété dans le décret du 6 décembre 1968. L’architecture n’a pas pu être rattachée à l’université, mais a été séparée des Beaux-arts dans vingt-et-une Unités pédagogiques, dont neuf étaient à Paris. Le modèle restait quand même universitaire, avec un enseignement dispensé en trois cycles de deux ans et un travail personnel de fin d’études qui se présentait devant un jury, à la fin de la dernière année. Les cours ont été divisés en cinq domaines : l’architecture, les arts plastiques, les sciences de la construction, les sciences exactes et les sciences humaines et juridiques.1 Sur l’évolution de la profession d’architecte en France voir : RINGON Gérard,Histoire du métier d’architecte en France, Presses universitaires de France, Paris,1997 ; ainsi que TAPIE Guy, Les architectes : mutations d’une profession, ÉditionsL’Harmattan, Paris, 200 31
  33. 33. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Le système a été reformé en 1984, lorsque les Unités pédagogiques sont devenues Écoles d’architecture, avec deux cycles de formation. Les premières deux années donnaient lieu à la remise d’un Diplôme d’études fondamentales en architecture (DEFA) et après cinq années supplémentaires on devenait Diplômé par le Gouvernement (DPLG), avec la possibilité de construire en nom propre. Une spécialisation additionnelle était possible par le biais d’un Certificat d’études architecturales approfondies (CEAA). Les réformes commencées en 2002 dans tout le système supérieur d’enseignement français ont rapproché l’architecture de la structure universitaire et ont rendu la formation transférable en Europe. Avec l’institution du modèle Licence, Master, Doctorat, les cours ont une quantité déterminées d’unités d’enseignement et le Master se termine avec le Projet de fin d’études (PFE). Au contraire, cette formation n’aboutit plus à la possibilité d’exercer la maîtrise d’œuvre ou à l’inscription à l’Ordre des architectes (organisme qui date de 1940 et dont la fonction principale est le rassemblement des professionnels qui peuvent exercer légalement le métier). Pour cela il est nécessaire de faire un stage rémunéré de six à douze mois afin d’obtenir l’Habilitation à la maîtrise d’œuvre en nom propre (HMONP). Autres parcours alternatifs sont la poursuite d’un doctorat en architecture, obtenu en trois ans, ou bien, le Diplôme de spécialisation et approfondissement en architecture, avec une durée d’entre un et trois ans. La formation a élargi la profession vers l’urbanisme, l’ingénierie, la réhabilitation et la conservation du patrimoine, mais d’une autre part, elle est jugée par beaucoup comme plus généraliste. 32
  34. 34. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Un autre débat autour de cette formation est le fait que les étudiants doivent choisir entre la pratique professionnelle ou la recherche, chaque parcours avec ses propres avantages et contraintes. Ce choix s’opère en détriment de la profession qui désormais sépare les architectes capables de construire mais qui ne s’intéressent pas autant à la théorisation qui doit accompagner les projets, et de l’autre côté les architectes qui maîtrisent l’histoire et la théorie de l’architecture mais qui ne peuvent pas l’appliquer concrètement1. Le statut de l’architecte est en train de changer aussi : si traditionnellement l’architecture est une profession libérale, elle est plus rentable lorsqu’elle est exercée par des salariés au sein d’une agence. La maîtrise d’œuvre est une des fonctions de l’architecte (où d’ailleurs c’est rare s’il est en contrôle total ou même en position dominante du projet2), mais c’est seulement une activité dans un spectre qui englobe depuis quelques années le travail de conseil auprès des collectivités locales, le design, le dessin informatisé, entre autres. Cette diversification est perçue par quelques-uns comme une adaptation de la profession aux difficultés économiques des dernières décennies, mais pour d’autres personnes elle résultera dans un anéantissement du métier3. À Bordeaux, la seule institution où se forment les architectes est l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage (ENSAP, image 6). Elle est située à Talence, à proximité de, mais sans aucun rapport, avec le campus universitaire qui s’étend entre cette ville et Pessac.1 À ce sujet, voir: SOULEZ Juliette, WEBER Julie, « Dossier thématique :l’enseignement de l’architecture en France », Archistorm, #38, septembre – octobre2009, p. 58 – 68.2 TAPIE, op. cit., p. 3023 RINGON, op. Cit., p.115 33
  35. 35. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux De cette école sont issus les architectes Michel et Philippe Jacques, deux des fondateurs d’arc en rêve, qui ont présenté en 1979, en collaboration avec l’étudiant à l’époque Alain Charrier, un travail de fin d’études autour des rives de la Garonne1. Interrogé sur l’actuelle formation des architectes, Michel Jacques a exprimé qu’elle est en déficit et qu’elle ne constitue plus un gage de qualité. D’une part, la formation est plus courte, il y a moins d’exigences de la part des enseignants et au final, le cadre actuel de l’enseignement ne forme pas les étudiants à une maîtrise d’œuvre qui est actuellement plus complexe et pluridisciplinaire. Cependant, les réformes qui rapprochent les écoles d’architecture avec l’université et qui les inscrivent dans un cadre partagé avec les autres pays d’Europe sont positives, mais ne sont pas suffisantes pour faire avancer la profession2. Image 6 : Vue extérieure de l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux, Talence, cl. Marcela Garcia, 20111 CHARRIER Alain, JACQUES Michel, JACQUES Philippe, Les rives de la Garonneà Bordeaux, Regards et fictions sur la ville, (Réalisation à partir d’un travail personnelde troisième cycle à l’Unité Pédagogique d’Architecture de Bordeaux en mai 1979),Talence, octobre 19792 Entretien avec Michel Jacques du 21 mars 2011 34
  36. 36. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux b) La formation des architectes et la question du rapprochement au public Partout où il est question de la formation des architectes, le dilemme des interactions avec le public et la maîtrise d’ouvrage ne se pose à aucun moment, d’où les différences entre les langages que chacun utilise et qui est souvent évoquée par les architectes. Ceci est un obstacle qui pourrait être surmonté en grande partie pendant la période d’études en encourageant les étudiants à partager avec des personnes en dehors du cercle des écoles d’architecture. Le fait même d’avoir des écoles d’architecture physiquement et psychologiquement isolées du reste du système universitaire ne les incite pas à faire des efforts pour diffuser leur travail à d’autres étudiants de l’université. La rupture entre le public et l’architecte commence déjà au sein du système éducatif quand ce serait justement le moment idéal pour les rapprocher. N’oublions pas que l’étudiant en architecture est justement en train d’apprendre les outils de son métier et que cet éloignement a des conséquences directes sur la manière dont il va exercer son travail par la suite. Il prendre en compte que la recherche en architecture ne suit pas nécessairement le goût du public, ce qui impose à l’architecte, surtout à celui qui vient de s’intégrer au marché du travail, deux alternatives : soit il impose son point de vue, un parti que que tout le monde n’est pas en mesure de prendre, soit il se soumet aux exigences des clients. L’optimum serait d’apprendre à dialoguer dans un terrain commun où des échanges entre les architectes et le public peuvent être possibles. 35
  37. 37. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux c) Arc en rêve pour les étudiants d’architecture à Bordeaux Une autre question surgit par rapport à l’École d’architecture de Bordeaux : quels sont les liens qu’elle a avec Arc en rêve ? Il est indéniable qu’un centre d’architecture contemporaine constitue une ressource de grande valeur pour les architectes en formation. Il les expose aux architectes et aux œuvres locales, mais aussi aux architectes de renommée internationale, qui non seulement montrent leurs œuvres mais viennent aussi pour donner des conférences ou participer à des colloques. Dans ce sens, le centre d’architecture est un excellent complément à la formation des futurs professionnels. Les étudiants en architecture sont donc un des principaux publics du centre, où d’ailleurs, plusieurs étudiants ont déjà travaillé comme stagiaires. Parallèlement, Michel Jacques assure une centaine d’heures de vacation par an à l’École d’architecture de Bordeaux, dans le champ d’Histoire et cultures architecturales. Mais la collaboration la plus remarquable entre Arc en rêve et l’École d’architecture reste jusqu’à présent l’exposition organisée entre le 13 octobre et le 6 novembre 1994, intitulée « 7 travaux de fin d’études à l’École d’architecture de Bordeaux ». Les élèves qui ont participé à cet évènement ont été : Christophe Bouriette, Sophie Courrian, Gaspard Joly, Jean-Philippe Lanoire, Paul Mario, Laurent Portejoie et Pierre-Yves Portier. D’après Michel Jacques1, l’exposition a été faite par la volonté et l’obstination d’Arc en rêve qui, sans trouver une opposition de la part des professeurs, n’a pas eu de mobilisation ou une position active de leur part, ce qui expliquerait qu’elle ait été une expérience isolée.1 Entretien avec Michel Jacques du 21 mars 2011 36
  38. 38. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Les architectes qui ont été sélectionnés pour cette exposition ont tous eu des parcours très intéressants et actifs dans le développement de Bordeaux. Christophe Bouriette est enseignant à l’École d’architecture de Bordeaux dans le champ de Géographie et paysages. Il a été un des auteurs de la modification de la pyramide de l’école en 19961. Il a fondé, avec l’architecte Marion Vaconsin, l’agence Bouriette & Vaconsin en 2004. Gaspard Joly (image 7) a rejoint en 2009 l’équipe d’Architecture Studio comme un des douze architectes associés à cette agence qui possède des bureaux à Paris, Venise, Shanghai et Beijing. Pierre-Yves Portier, qui avait collaboré avec Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal pour le projet de la Maison de la culture Japonaise à Paris en 1990 et pour la première étude de la renommée Maison Latapie en 1992, travaille comme architecte indépendant à Bordeaux. Image 7 : Projet de Gaspard Joly : « New York, un gratte-ciel… hôtel à Manhattan », Dépliant de l’exposition « 7 travaux de fin d’études à l’École d’architecture de Bordeaux », arc en rêve centre d’architecture, 19941 Travail collectif en collaboration avec Christian Bardin, Laurent Vilette, IsabelleMathieu et Aline Rodrigues. D’après COUSTET, SABOYA, op.cit., p. 260 37
  39. 39. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Paul Mario, Laurent Portejoie et Jean-Philippe Lanoire ont été à l’origine de l’atelier « King-Kong » en 1991, qui est devenu une agence d’architecture trois ans après, quand il a été complété par les architectes Jean-Christophe Masnada et Frédéric Néau. Ils sont les responsables de l’aménagement de la place Pey-Berland fait en 20041. De son côté, Jean-Philippe Lanoire s’est associé avec Sophie Courrian (image 8 ; pour projets des autres étudiants, voir annexes 1, images 6 à 10) et ont fondé Lanoire & Courrian architectes, en 1996. Ils sont reconnus à Bordeaux notamment pour la réhabilitation du Hangar 142 en 1997 qui leur a valu le prix de la Première œuvre du Moniteur en 2000 et pour être les lauréats du concours pour le design du tramway de Bordeaux en 19983. Le projet global du tramway de Bordeaux a été exposé entre le 4 et le 27 juillet 2003 dans « La ville dessus dessous, Attention tramway ! » et entre le 4 juillet et le 21 décembre de la même année dans « Tramway, l’exposition, urbanisme/architecture/design/ingénierie ». L’agence a eu par la suite sa propre exposition intitulée « Lanoire & Courrian, Le pôle agricole de Chasse-Spleen »4 qui était composée en deux parties : la première centrée autour du projet du château viticole Chasse-Spleen et l’autre de dix-neuf autres projets des architectes. Cette exposition avait pour but, non seulement de mettre en avant le travail de l’agence mais aussi, d’après les propriétaires du château, d’inciter les autres viticulteurs à s’éloigner des pastiches des constructions des XVIII et XIX siècles lorsqu’ils décident de faire des nouvelles constructions pour adopter le contemporain5. L’architecte Courrian a participé récemment dans un café de l’architecture6 intitulé « « Styles de ville métropolitain », organisé dans le quartier Saint-Michel. Son intervention portait sur le travail de son agence autour des logements conçus pour l’ilot Saint-Julien, de ce même quartier.1 Avec l’architecte Francisco Mangado2 Avec l’agence Flint.3 Fait en association avec Absolut Design.4 Entre le 6 décembre 2007 et le 17 février 20085 DELHOUNEAU Olivier, « L’audace à la vigne », Sud-ouest, 6 décembre 20076 Le café de l’architecture a eu lieu le 7 juin 2011. 38
  40. 40. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Image 8 : Projet de Sophie Courrian : « Un observatoire à coucher de soleil à Alcatraz », Dépliant de l’exposition « 7 travaux de fin d’études à l’École d’architecture de Bordeaux », arc en rêve centre d’architecture, 1994 d) Collaborations d’Arc en rêve avec l’École des Beaux-arts de Bordeaux Il semble qu’au fil du temps, il a existé une collaboration plus étroite entre Arc en rêve et les écoles de Beaux-arts, celle de Bordeaux et d’autres villes. La première date de 1996, lors d’une tentative similaire à celle qui avait été faite avec l’École d’architecture : une exposition sur sept travaux de fin d’études d’élèves de l’école des Beaux-arts de Bordeaux1. En 1998, l’exposition « Shalom l’artiste »2 a montré les affiches faites par les étudiants pour la saison d’Israël en France. En 1999, les élèves de l’école des Beaux-arts de Bordeaux et de Casablanca ont présenté « Limites Non Garanties »3, de manière simultanée à « Casablanca, Naissance d’une ville moderne sur le sol africain »4. Mais il a fallu attendre douze ans pour que se répète cette association entre le centre et l’école des Beaux-arts de Bordeaux. Entre le 27 janvier et le 13 février 2011 l’exposition « Langage commun, une lecture d’objets » a montré le travail du designer Oscar Diaz avec des étudiants de cette institution.1 Montrée du 6 décembre 1996 au 12 janvier 1997.2 Du 19 novembre au 13 décembre 19983 Du 15 octobre au 28 novembre 19994 Du 1er octobre au 28 novembre 1999 39
  41. 41. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Le fait que les liens entre Arc en rêve et l’École d’architecture de Bordeaux ne soient pas exploités d’avantage est vraiment préoccupant et amène à se demander si à Bordeaux ils ne sont pas conscients de l’avantage qu’ils ont par rapport aux écoles d’architecture d’autres villes qui n’ont pas accès direct à un centre d’architecture contemporaine. C’est un phénomène qui ne se produit pas avec l’École des Beaux-arts qui a déjà participé à quatre expositions contre une seule de l’École d’architecture dans les trente ans du centre. Michel Jacques affirme que le champ expérimental avec les étudiants pourrait se développer, mais nous regrettons que l’expérience de l’exposition des travaux d’étudiants en architecture n’ait pas eu de résonance ou de continuité avec les nouvelles générations. La possibilité de montrer ses travaux dans un centre avec la reconnaissance d’Arc en rêve pourrait être une source de motivation pour les élèves si les deux institutions se mettaient d’accord pour organiser des expositions ensemble, au moins une fois par an. e) Le rapprochement au public pour les architectes Après avoir vu les interactions entre les étudiants en architecture et le centre, il ne reste qu’à s’interroger sur celles qui s’opèrent entre les professionnels et le public en général. Le public aurait une perception des architectes très limitée, qui leur attribue seulement la maîtrise d’œuvre et l’aménagement urbain1 et l’association entre la profession d’architecte et le statut d’artiste ne bénéficie pas tellement aux architectes. D’une part, beaucoup d’entre eux ne valorisent pas tellement les projets qui seraient d’un intérêt direct pour le public (comme ceux de maisons individuelles) pour persister dans l’attente de commandes plus prestigieuses ou d’une rémunération plus importante. Ce rapprochement entre les deux serait d’autant plus difficile après la loi du 3 janvier 1977 qui a déterminé qu’un architecte est nécessaire pour la conception de bâtiments neufs non-agricoles, à partir de 170 m² et agricoles de 800 m², des réhabilitations qui résultent dans des modifications des façades du bâtiment ou entraînent un changement d’activité de celui-ci.1 AUGEREAU, op. Cit., p. 11 40
  42. 42. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Le public aurait donc tendance à croire que l’architecte travaille surtout pour l’État ou pour de grandes entreprises privées mais pas nécessairement pour le citoyen commun. Il se sentirait alors hors du champ de travail de l’architecte et ne s’intéresserait pas non plus à son travail. À travers sa participation dans des projets de différentes échelles de magnitude, Arc en rêve serait donc un véhicule qui montrerait les possibilités d’intervention des architectes dans la société. Il propose aussi une plateforme pour des débats entre la maîtrise d’œuvre et d’ouvrage et expose les différents aspects de l’architecture comme un art, une technique, mais surtout comme un service à la société et au citoyen commun. 41
  43. 43. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Troisième partie : Arc en rêve pour le public Comme nous avons vu précédemment, Arc en rêve est d’une grande utilité pour les étudiants en architecture et les architectes à Bordeaux, mais ils sont loin de constituer un public si nombreux qui justifierait la durée dans le temps du centre. Quoique des fois il soit jugé trop « élitiste », « pour les initiés » ou « fermé sur lui-même »1, en réalité, Arc en rêve organise beaucoup d’activités pour inclure le public qui n’a aucun rapport direct avec l’architecture. Entre celles-ci on peut faire mention de son atelier pédagogique, dirigé surtout vers les enfants ; ses expositions et aussi ses efforts pour proposer des innovations dans le champ de la maison individuelle, le sujet qui traditionnellement a éloigné les architectes du reste de la société et qui à travers ses changements peut les rapprocher le plus. a) L’atelier pédagogique  Les origines de l’atelier pédagogique « Arc en rêve » suggère les concepts « architecture enfant rêve »2 et il désigne en même temps un centre d’architecture et une association. Cependant, il ne faut pas oublier qu’à son origine se trouvait un atelier pédagogique. Nous voyons donc dans les changements en termes du nom l’évolution et l’expansion des objectifs des membres de l’association. L’histoire de l’atelier pédagogique commence au début des années 1980, lorsque Francine Fort travaillait avec des enfants malades et des jeunes filles en difficulté sociale. Elle voulait réunir ces enfants avec d’autres de milieux différents pour les faire travailler ensemble dans des activités centrées sur leur saisie de l’espace.1 ROUSSET, op. cit., p. 472 DE LAAGE Dominique, « Les rescapés de l’Entrepôt », Sud-ouest, 6 janvier 2006 42
  44. 44. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Pour cela elle a rencontré les architectes Philippe et Michel Jacques et avec Martine Alzonne ils ont créé l’association arc en rêve en 1980. L’atelier Arc en rêve s’est défini dans ses premières années comme un espace pédagogique et de recherche1. La pédagogie avait comme but la sensibilisation des enfants à l’environnement, l’architecture et l’urbanisme à travers des situations d’exploration de l’espace, comme par exemple la manipulation de matériaux ou la construction d’objets. Une autre partie importante de cette formation était destinée aussi aux professionnels de l’éducation, les enseignants et les travailleurs sociaux. L’atelier était dirigé pour les enfants de tous les rangs d’âge. Sa démarche était définie comme la mise en place d’animations sur les différents lieux de vie des enfants : l’école, la rue, le quartier et la ville. Deux étapes auraient confronté le travail de l’atelier : aider les enfants et les adultes à exprimer leurs besoins quant aux transformations souhaitées pour les espaces qu’ils occupent et ensuite, les traduire dans des propositions concrètes pour diriger ces espaces2.1 En attendant la ville avec les enfants, op. cit., p. 43. Il faut souligner que dans cettebrochure, les membres de l’équipe d’arc en rêve qui sont listés sont : Francine Fort,Michel Jacques, Philippe Jacques, Martine Alzonne, Anne Lacaton, FrançoisCastillon, Anne Chatelier, José Mas et Maryvonne Wadier.2 En attendant la ville avec les enfants, op. cit., p. 45 43
  45. 45. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux  Le Bois de Rivière Une des premières interventions à grande échelle de l’atelier Arc en rêve a été l’étude – animation dirigée dans le Bois de Rivière, un parc à Bordeaux, entre 1982 et 19851. En 1981, l’atelier avait été sollicité pour une étude sur l’aménagement d’une maison, un jardin et les ateliers de décor du Grand Théâtre, propriété de la Ville de Bordeaux au Tauzin, près de l’hôpital Charles Perrens. Lorsque la réalisation du projet n’a pas été possible il a été transposé au parc de Rivière. Dans ce terrain, situé à proximité du Parc Bordelais et du Jardin Public (image 9), se trouve le Château Larivière qui date du XVII siècle. Après plusieurs modifications, ses derniers occupants ont été les membres de la famille Cruse, qui l’ont quitté en 1974 et l’ont mis en vente l’année suivante. Il a été acheté par la ville en 1979, qui d’ailleurs a commandé un projet d’aménagement du jardin et d’une partie des bâtiments aux architectes Philippe Carles et Olivier Brochet. Cependant, le projet a été repoussé car la municipalité a décidé que le public devait occuper le parc avant l’aménagement. Il a été inauguré en juin 1982, et lors du discours le Maire l’a nommé « Bois de Rivière » pour transmettre une image du terrain comme un espace de liberté.1 Sur cette intervention voir : FORT Francine, JACQUES Philippe, LACATON Anne,PENA Michel, RATHIER Francis, Le Bois de Rivière, d’une propriété privée à unéquipement public, Rapport d’une étude-animation, Arc en rêve, atelier publicd’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, Bordeaux, septembre 1984, ainsique : Étude – animation : Bois de Rivière, Direction Régionale de l’Équipement,Aquitaine, Arc en rêve centre d’architecture, Bordeaux, 1993 44
  46. 46. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à BordeauxImage 9 : Localisation du Bois de Rivière, Étude – animation : Bois de Rivière, Bordeaux,Direction Régionale de l’Équipement, Aquitaine, arc en rêve centre d’architecture, Bordeaux,1993, p. 9 L’intervention d’Arc en rêve commence après la session du Conseil Municipal du 23 juillet 1982, quand l’atelier pédagogique a été chargé pour réaliser une étude – animation qui devait donner comme produit final un programme d’aménagement. La subvention pour l’étude a été de 300 000 F, dont deux tiers ont été fournis par la Ville et le reste par l’État, à travers la Direction de l’Urbanisme et des Paysages. L’animation a été suivie par un comité directeur dont les membres faisaient partie de la collectivité locale et des administrations1. Le projet a eu une durée de dix-huit mois grâce au fait que l’aménagement du parc n’était pas perçu comme urgent et que l’observation et l’analyse de l’endroit et des pratiques qui s’y déroulaient nécessitaient du temps. Il a été commencé en automne de 1982.1 Pour la collectivité : le Directeur des Espaces Verts, M. Ponzo ; le Directeur desRelations Publiques, M. Lavigne ; un ingénieur des Services Techniques, M. Pouguetet une personne détachée élue spécialement pour cette opération : Mme. Desplats.Comme représentants des administrations : M. Staquet de la DirectionDépartementale de l’Équipement ; Mme. Closier de la Direction de l’Urbanismet etdes Paysages et Mme. Cotlenko de la Délégation Régionale de l’Architecture et del’Environnement. 45
  47. 47. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux L’étude avait plusieurs facteurs d’intérêt, d’un côté le paysager et d’un autre le social. La présence de l’atelier pédagogique a apporté comme innovation le fait d’observer les relations entre ces deux domaines et avoir la possibilité d’agir sur les interactions. Pour cela, une des caractéristiques principales était d’avoir une équipe pluridisciplinaire. Le travail a été conduit par deux architectes, Philippe Jacques et Anne Lacaton ; un paysagiste, Michel Pena ; un sociologue, Francis Rathier et Francine Fort, éducatrice spécialisée. Pour ce qui est du domaine architectural et paysager, l’équipe a dû faire un état des lieux des équipements qui se trouvaient dans le parc et réaliser un diagnostic de ceux-ci. Ensuite, des propositions ont été faites sur l’aménagement qui englobait les mobiliers, les qualités et traitements du sol, l’état de la végétation, le repérage des climats à l’intérieur du terrain, les possibles restaurations des bâtiments et des recommandations sur la gestion et l’entretien du parc. Le produit final de ce travail d’analyse a été un projet paysager complet (image 10), avec un inventaire des lieux divisés en quatre pôles (nature embellie, nature sauvage, culture et une aire de loisirs et de spectacles) où se distinguent douze zones distinctes (Annexes 1, image 11) chacune avec sa description, des travaux et plantations à réaliser et des mesures d’entretien. L’ensemble avait un calendrier des activités et d’interventions à réaliser pendant toute l’année.Image 10 : Plans du projet paysager, Étude – animation : Bois de Rivière, Bordeaux, DirectionRégionale de l’Équipement, Aquitaine, arc en rêve centre d’architecture, Bordeaux, 1993, p.24 46
  48. 48. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à Bordeaux Du point de vue social (image 11), plusieurs conditions du parc ont été étudiées. En commençant par son histoire et les enjeux qui tenaient à ce que son usage passait d’être une propriété privée à un espace public. En outre, une attention spéciale a été portée à la présence de deux populations de milieux différents. Le terrain du parc est situé à la croisée entre un quartier de classes moyenne et supérieure et un ensemble HLM de classes populaires. La confrontation entre ces deux groupes a été enregistrée dans les rapports faits par l’atelier, qui d’ailleurs attestent de son intervention positive sur ces confrontations par le biais d’animations appelées « chantiers ». Ces chantiers étaient ouverts aux usagers, mais aussi aux groupes d’écoles, des associations ou de centres sociaux. Il s’agissait d’activités où le public participait à l’élaboration d’objets, dont quelques-uns pouvaient être utilisés dans le parc. Ils étaient un moyen d’interagir avec les usagers, leur signaler que des transformations s’opéraient dans le parc et qu’ils pouvaient faire partie de ces changements. De la même manière, ils donnaient la possibilité d’attirer l’attention sur des actes de vandalisme comme des vols de matériaux ou des dégradations des bâtiments qui se sont produits lorsque l’atelier était présent. 47
  49. 49. Histoire et influence du centre d’architecture Arc en rêve à BordeauxImage 11 : Image du Bois de Rivière, Étude – animation : Bois de Rivière, Bordeaux, DirectionRégionale de l’Équipement, Aquitaine, arc en rêve centre d’architecture, Bordeaux, 1993, p.14 Autres types d’activités développées dans le parc ont été des entretiens faits par le sociologue avec les usagers, l’élaboration d’un album – photo qui montrait l’évolution des pratiques dans le terrain ainsi que la fréquentation du public dans celui-ci, et une enquête – animation sur les thèmes de représentation du lieu, faite séparément avec des personnes retraitées appartenant au quartier et avec la classe de 6 ème du Collège Grand Parc. La dernière grande animation sur le lieu a été une exposition sur l’étude et les propositions faites pour le parc. Elle a été inaugurée deux mois avant la fin de l’étude, le 9 mai 1984 et a été présentée jusqu’au 17 juin 1984. Celle-ci était le premier évènement réalisé par tous les habitants du quartier et la première fois où une promotion à travers des médias a été faite afin d’inviter des gens qui n’habitaient pas la zone. Des membres de l’atelier, en permanence trois jours par semaine, assuraient des visites commentées dans le parc et un parcours commenté a été fait pour le Maire de Bordeaux, le comité directeur de l’étude ainsi que pour la presse. 48

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