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Histoire psychiatrie

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Histoire de la psychiatrie et des psychopathologies

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Histoire psychiatrie

  1. 1. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 1 PSYCHIATRIE-PSYCHOPATHOLOGIE HISTORIQUE Définitions Psychopathologie : Etude raisonnée des troubles mentaux. Science de la souffrance psychique, elle cherche à comprendre l’étiologie et les mécanismes des troubles. Trouble mental : Un trouble mental est un syndrome (ensemble de symptômes) observable cliniquement, généralement associé à un malaise ou à une incapacité. En ce sens, il y a lieu de mentionner qu’une maladie mentale est une altération des processus cognitifs et affectifs, qui se traduit en troubles du raisonnement, du comportement, de la perception de la réalité et de l’adaptation aux conditions de la vie. La psychopathologie est utilisée en psychologie clinique, et en psychiatrie Psychiatrie : discipline médicale qui traite des maladies mentales Psychologie clinique : La psychologie clinique s’intéresse à la recherche, à l’évaluation, au diagnostic, au pronostique, au traitement, à la réhabilitation et à la prévention des questions nuisant à la santé mentale. Il s’agit d’une branche de la psychologie qui porte sur les conditions pouvant provoquer un certain malaise ou de la souffrance chez les personnes. Santé mentale La définition de la santé mentale établie par le Comité de la santé mentale au Québec est la suivante : " La santé mentale, définie comme l'état d'équilibre psychique d'une personne à un moment donné, s'apprécie, entre autres, à l'aide des éléments suivants : le niveau de bien-être subjectif, l'exercice des capacités mentales et les qualités des relations avec le milieu. " Les déterminants de la santé mentale, c'est-à-dire ce qui l’influence, sont de trois ordres : - des facteurs biologiques, relatifs aux caractéristiques génétiques et physiologiques de la personne. - des facteurs psychologiques, liés aux aspects cognitifs, affectifs et relationnels. - des facteurs contextuels ou environnementaux, qui ont trait aux relations entre la personne et son environnement. La santé mentale résulte d'interactions entre ces trois facteurs. Le niveau d’emprise que chacun peut avoir sur ces facteurs est variable.
  2. 2. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 2 Historique Antiquité -Egypte : Maladie mentale attribuée à des causes surnaturelles -Les Hébreux : Toutes les maladies, physiques ou mentales ont des causes divines. Seuls les religieux ont le pouvoir de guérir en s’adressant directement à Dieu. -Les Perses : Selon Zarathoustra l’homme est partagé entre les besoins du corps et les vertus de l’âme. Ce combat permanent pet aboutir à la folie. Traitement par les plantes, le scalpel ou la parole. Selon le médecin de la parole, pureté de l’âme et du corps permettait de rester en bonne santé. -Les Grecs : Hippocrate tente de donner une explication naturelle et rationnelle des maladies, qu’elles soient physiques ou mentales. Toutes se traitent de manière somatique. Il définit le cerveau comme l’organe le plus important du corps humain. S’appuie sur la théorie des humeurs d’Empédocle, qu’il développe. La santé repose sur 4 humeurs (sang, flegme, bile jaune, bile noire) qui circule dans tout le corps. Chacune est associée à une qualité (chaude, froide, sèche et humide). La folie était expliquée par des excès d’humidité, de chaleur ou de froid au niveau du cerveau. Bien qu’il soit dans une vision rationnelle des troubles mentaux, il continue de se baser sur l’idée de l’utérus migrateur. Ces déplacements de l’utérus à la recherche d’un certain niveau d’humidité compriment les différents organes d’où l’apparition de : - étouffement, crise convulsive (hypochondre) - anxiété, oppression (cœur) - suffocation hystérique (foie) - convulsions (tête) Hippocrate recommande : une bonne hygiène de vie, des exercices physiques, des régimes alimentaires et des bains. Le Moyen-Age Toutes les connaissances et découvertes de l’antiquité sont balayées chez les premiers chrétiens qui perçoivent la maladie comme une punition divine. La maladie mentale relève du domaine de la foi et seuls les Saints ont la possibilité d’avoir une action de guérison. Les traitements proposés le sont par les moines avec des mixtures de plantes médicinales à prendre dans l’église lors de messes pour qu’ils soient efficaces. L’exorcisme est parfois nécessaire. La place du fou à cette époque est deux ordres : -Attitude de charité, avec laquelle le fou est admis voire honoré : La folie divertissante du Fou du Roi, le fou d’amour qui bénéficie de circonstances atténuantes, le Fou de Dieu qui est inspiré qu’il faut donc protéger ; et le fou du village. Attitude de répression : le fou non admis, qui est un mendiant, hérétique, infidèle, les marginaux et les personnes aux comportements déviants. Dans ce contexte le fou a un statut : la famille ou la communauté sont responsables moralement et juridiquement au même titre qu’un de leurs animaux.
  3. 3. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 3 Dans certains lieu, des structures d’hébergement existent avec des traitements : chaines et autres moyens de contention, saignées, purges, intimidation, exposition au froid, à la faim, à la soif. En règle générale, le sort réservé aux fous est celui que l’église met en place à cette époque pour les personnes accusées de sorcellerie ou traitées d’hérétiques. A l’époque, le seul cadre de référence est la religion, la seule culture est religieuse. Toute expression langagière est empreinte de la culture religieuse, le mal ne peut donc venir que du diable. Les malades sont donc brulés sur les buchers de l’inquisition. Pendant cette période, le monde Arabe évolue de manière différente en continuant de bénéficier de la dynamique des grecs antiques. Les balbutiements de la psychothérapie se mettent en place avec Rhazès, puis Avicene s’intéresse aux fous en préconisant des méthodes pratiques pour la prise en charge des délirants. En même temps, saignées et coups de fouets, menaces, continuent d’être utilisés. La renaissance A cette époque deux étapes caractérisent le regard porté sur la folie. Une première période ou les croyances du moyen-âge perdurent avec son lot de superstitions et de conceptions démoniaques de la folie, suivie d’une période ou des tentatives de discours scientifiques, et rationnels apparaissent. Plusieurs médecins portent un nouveau regard sur la folie en s’emparant des évolutions scientifiques en rejetant les pratiques e croyances moyenâgeuses. - Jean Wyer : Combat l’église et revendique un statut médical pour les personnes accusées de sorcellerie. Rejette les pratiques obscurantistes, propose qu’un médecin assiste aux procés pour sorcellerie et se pose du coup en précurseur de l’expert. - Paracelse : Alchimiste, il proposait des traitements à ses patients (sel, soufre, mercure), la maladie étant selon lui liée à un déséquilibre et un trouble des substances intérieures du corps. Utilise l’aimant et les propriétés magnétiques. - Ambroise Paré : base toute sa thérapeutique sur les odeurs dans le traitement de l’hystérie, l’utérus étant la cause des maux. - Robert Burton : Ecrit un traité sur la mélancolie, qu’il décrit avec précision, lui- même souffrant de ce mal. Envisage quelques traitements : exercices physiques, voyages, purgatifs, drogues, diètes et recommande d’occuper l’esprit par des jeux. Mais selon lui le meilleur moyen de guérison reste la confession. Pas celle réalisée auprès d’un homme d’église, celle que l’on fait auprès d’un ami, ou d’un médecin. Il envisage la parole comme moyen de soulager la conscience, de recevoir des conseils. La société, qui désormais ne brûle plus les personnes différentes, doit réagir face aux grands nombres de chômeurs, d’indigents et mendiants, de prostitués. Face aux dangers représentés par ces personnes, la société se pose la question de leur assistance et de leur répression. 1656 : Louis XIV promulgue plusieurs édits notamment un qui prévoit la création de lieux d’accueil pour les errants. Ces hôpitaux généraux ont une vocation d’assistance et
  4. 4. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 4 d’enfermement. Rapidement les insensés, qui n’étaient pas concernés en particulier par cet édit se retrouvent soit à l’hôpital général de la Salpetrière pour les femmes ou à Bicêtre pour les hommes. Ces personnes représentent jusqu’à 15% des personnes hospitalisées. 1660 : Création de lieux spécifiques aux insensés. Ils regroupaient de manière indifférenciée les jeunes et vieux, errants ou pas, infirmes. Les traitements : -Extraction de la pierre de folie. Aucun texte médical abordant la question. Seules des traces iconographiques restent de ce traitement, qui parait plus proche du charlatanisme que d’une véritable thérapeutique. -La transfusion. Remplacer une partie du sang vicié, cause de la maladie par du sang sain, humain ou animal. -Les évacuants. Toute une série de substances (opium, excréments, poudre d’os…) ayant le pouvoir de rétablir l’équilibre des quatre humeurs. Les purgatifs et émétiques tenaient une grande part dans la diversité de ces produits, sans véritable assise médicale et scientifique. -La saignée. Utilisée pour son action décongestionnante, elle était pratiquée sur divers partie du corps, en fonction du trouble : tête, pieds… Le siècle des lumières Apparition des premières tentatives de classification des symptômes des maladies mentales. DUFOUR rédige un ouvrage « essai sur les opérations de l’entendement humain et sur les maladies qui dérangent ». Il traite de la démence, mélancolie, manie, folie, hypocondrie. Il ne situe pas les maladies dans le cerveau mais au niveau du bas ventre. Dans l’Encyclopédie qui fait référence en terme de connaissance de l’époque, la folie est fortement en lien avec des questions morales même si les descriptions des troubles son très précises. Le 18ème siècle est surtout marqué par l’intérêt porté aux hommes souffrant de troubles mentaux. Un fort désir des médecins est d’améliorer le sort qui est réservé à ces personnes, qui étaient enfermés dans des conditions épouvantables. PINEL est connu pour être le premier en 1793 à tenter d’œuvrer pour l’amélioration de la manière dont on s’occupe des insensés. Il prône, avec PUSSIN, le respect du malade, la fin des châtiments corporels et pense le traitement moral. Pinel désenchaine les malades, adopte une attitude d’observation clinique (création et enrichissement des connaissances médicales empiriques), tient compte des remarques des concierges des asiles qui vivent au quotidien avec les malades, et de ce que ces mêmes concierges mettent en place dans les services. Mais le mouvement était en marche depuis une dizaine d’année. Dés 1780 et autour de la Révolution française ont lieu un certain nombre d’événements qui détermine un profond changement dans l’appréhension de l’aliénation et de son traitement et dans l’organisation des établissements : - 1781 : création d'un poste de médecin inspecteur des maisons d'aliénés à Paris, sous l'égide de l'Inspection des hôpitaux civils et maisons de force du Royaume dirigée par Jean Colombier, médecin. Nomination de Jean Grozieux de la Guerenne, premier médecin inspecteur des maisons d'aliénés
  5. 5. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 5 - 1784 (mars) : Circulaire du baron de Breteuil « au sujet des Lettres de Cachet & Ordres de détention » - 1785 : diffusion de l'Instruction sur la manière de gouverner les insensés et de travailler à leur guérison dans les asyles qui leur sont destinés, de Jean Colombier et François Doublet - 1788 : parution du Mémoire sur les hôpitaux de Jacques Tenon - 1790 (12-16 mars) : Abolition des lettres de cachet par décret de l'Assemblée nationale - 1791 : parution de La philosophie de la folie, de Joseph Daquin - 1793 : nomination de Philippe Pinel comme médecin des infirmeries de Bicêtre, début de sa collaboration avec Jean-Baptiste Pussin, gouverneur de l'emploi des fous - 1795 : fermeture de la Charité de Charenton (qui ne réouvrira qu'en 1797) - 1801 : Parution du Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale, ou la manie, de Philippe Pinel, où se dessinent les voies d'une réforme profonde : spécialisation de la médecine mentale au sein de la médecine, simplification et rationalisation de la classification (un trouble unique, l'aliénation mentale, maladie différente de toutes les autres maladies, et ses quatre expressions symptomatiques ou espèces, manie, mélancolie, démence et idiotisme), création d'institutions spécialisées pour le traitement : traitement physique des troubles aigus, traitement moral de la folie refroidie, basé sur l'isolement, l'environnement ordonné et rationnel, le travail et l'influence du médecin ou de son représentant. Est nettement postulée la curabilité de la folie. - 1802 : fermeture définitive des salles de fous et de folles de l'Hôtel-Dieu de Paris, remplacées par la Maison de Charenton (pour les hommes) et la Salpêtrière (pour les femmes) : ainsi naît en France l'asile (de asylum, du grec asulon, refuge inviolable, terme préféré alors à celui très péjoratif d'hôpital). Dans ces asiles, et dans ceux-ci seulement, seront soignés, par ou sous la direction d'un médecin spécial, l'aliéniste, toutes les formes de l'aliénation mentale et tous les aliénés. Le XIXème siècle Le début du 19ème est l’age d’or de l’aliènisme impulsé au siècle précédent. Parallèlement les avancées scientifiques permettent de mieux cerner le fonctionnement et les processus internes de l’homme. En 1810, le code pénal inscrit dans l’article 64 le principe d’irresponsabilité pénale du criminel en état de démence au moment de l’acte. Le 30 juin 1838 est votée une loi sur les aliénés. Cette loi est la première loi d’assistance et de sureté générale et spécifique et est inspirée des idées de Pinel, Esquirol, Ferrus sur les bienfaits de l’isolement. Cette sorte de charte visait trois objectifs: 1. Faire en sorte que chaque département ait son asile d'aliénés. 2. Fixer les modalités d'admission et de sortie. 3. Protéger les biens des aliénés durant leur internement. Le fou est dorénavant considéré comme un malade, traité comme tel, dans le cadre d'une toute nouvelle spécialité médicale: la psychiatrie dont le nom apparait en France pour la première fois en 1840. Les asiles Ils répondent à des règles architecturales en corrélation avec les idées et objectifs de l’époque : surveiller, contenir, soigner -Alignement, symétrie -Mur d’enceinte, structure pavillonnaire
  6. 6. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 6 -Dortoir de 50 à 100 lits -Classification rationnel des patients par sexe, typologie des troubles. -Chapelle, cimetière -Ferme ou travaillent les malades, les services de ménage et d’hôtellerie sont assurés par les soignants et les patients. -Le rôle du personnel est plus celui d’un surveillant, d’un gardien que d’un soignant. Souvent des hommes musclés. Les principes d’organisation : -Classement : Sexe, fortune (hiérarchie et pouvoir), comportements et troubles. -Isolement : le malade enfermé fait cesser tout danger à la société. Le protéger des stimulations extérieures contribue à l’apaiser et le rend serviable et sociable -Discipline rigoureuse -Infantilisation : Oter toute initiative, autonomie et volonté. Considérer le malade comme un enfant, non doué de raisons. Malgré cette loi, en 1875, il y a encore beaucoup de départements qui n'ont pas d'établissement. Les asiles existants sont par conséquent trop encombrés, car suite à cette loi, le nombre d'internements à explosé. De plus, dans les hôpitaux il n'y a pas assez de médecins pour s'occuper des malades: à raison de deux médecins par asile de 500 voire 1000 aliénés, on est bien loin du traitement moral individualisé que préconisaient les pères fondateurs de la psychiatrie. A la fin du 19ème siècle, l’asile a consolidé l’aliénation : l’ordre asilaire. Il a aussi engendré des fonctionnements et des organisations déshumanisées du fait de cette disproportion entre le nombre de médecins et le nombre de malades, mais aussi du fait de la diversité des populations accueillis (marginaux, indigents). Toutefois, bien que la pratique asilaire ne s'améliore que très peu, il n'en est pas de même pour la réflexion théorique sur les maladies mentales. Ainsi un grand nombre de travaux, allant de l'approfondissement d'anciennes maladies comme par exemple l'hystérie à la découverte de nouvelles, voient le jour. -Kraeplin : classification des maladies mentales -Charcot, Freud, Bernheim et le développement du courant psychologique. Un intérêt marqué pour le fonctionnement de l’esprit humain : hypnose, étude des rêves, étude des perversions sexuelles. A la fin de ce siècle, émerge et se développe un discours critique sur l’enfermement et la séquestration, basé sur la théorie du no-restraint du système anglais. Magnan, est le précurseur de la mise en œuvre de ces idées. On assiste à la création de colonies familiales : accueil de patients dans des lieux à la campagne, ou ils s’affairent aux travaux. Le XXème siècle Les asiles s'ouvrent progressivement. L'asile d'aliénés devient en 1937 hôpital psychiatrique, dépendant du Conseil général, et plus tard Centre Hospitalier Spécialisé (C.H.S.). Pourtant non prévus par la loi de 1838, les premiers services libres ouvrent leurs portes dans les années 1920 (Édouard Toulouse crée l'hôpital Henri-Rousselle en 1922), quelques années après l'ouverture de services psychiatriques à l'Assistance Publique à Paris.
  7. 7. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 7 La psychiatrie " hors les murs " naît avec l'ouverture des premiers dispensaires, et les soins en cabinet privé, à la suite d'un véritable boom démographique. En 1880, pour la France entière, on ne comptait encore que 120 aliénistes pour 37 millions d'habitants, tous en hôpital ou en maison de santé. Début 1923, les spécialistes français en psychiatrie : médecins des asiles publics ou privés d'aliénés, des quartiers d'hospices, de l'Infirmerie spéciale de la préfecture de police, de Charenton, des maisons de santé privées de médecine mentale, professeurs et agrégés en médecine mentale sont au nombre de 233. En 1967, leur nombre était monté à environ 2.000, et en 1983 à 6.000... -Développement important de l’analyse freudienne -La notion (et le vocable) de schizophrénie, inventé par le Suisse Eugène Bleuler en 1926 s'impose rapidement en France. -Henri Ey théorise l'organodynamisme (il existe une hiérarchie entre le monde inerte, le monde vivant (vie) et le monde de l'esprit (liberté), la pathologie psychiatrique est la pathologie de la liberté) et propose une classification distinguant désorganisation de l'être conscient (pathologie de la personnalité : psychoses chroniques et névroses), et déstructuration du champ de la conscience (crises émotionnelles et psychoses aigües, de la manie à la confusion, en passant par la bouffée délirante aigüe). Aux maladies mentales se substituent donc les grandes structures psychopathologiques. Pendant la seconde guerre mondiale, les privations (famine, froid,...) sont directement ou indirectement responsables de la mort de plus de 40.000 malades mentaux dans les hôpitaux français. La mise en cause du système concentrationnaire et les aspirations nées de la Libération conduisent à l'élaboration d'une nouvelle politique de soins (Paul Sivadon , Lucien Bonnafé , Georges Daumézon, François Tosquelles, Jean Oury, Philippe sont les plus célébres) : naissance de la psychothérapie institutionnelle contre la ségrégation et la concentration ; l'institution est thérapeutique, mais elle n'est thérapeutique que si elle est organisée en lieu de parole et si le patient est pris dans un réseau relationnel. La relation mobilise, l'institution fige, d'où la nécessité de créer des structures intermédiaires. La circulaire du 15 mars 1960 (confirmée par la loi du 31 décembre 1985) institue le principe de la sectorisation, insistant en particulier sur l'importance de la prévention, de l'accessibilité et de la continuité des soins : une équipe pluridisciplinaire est en charge de la santé mentale de la population de son secteur géographique de rattachement. Eu égard aux normes de l'époque (3 lits pour mille habitants, 200 lits d'hospitalisation au plus par service), chaque secteur correspond à une population d'environ 70.000 habitants. L'antipsychiatrie, qui constitue la critique radicale du système psychiatrique européen, rencontre un écho assez limité en France. Franco Basaglia en Italie prône la suppression de l'hôpital et l'instauration d'une psychiatrie communautaire (1978). Ronald Laing et David Cooper en Angleterre privilégient la notion de relation malade (dynamique extérieure) à celle de sujet malade (dynamique intrapsychique) et inversent le modèle présumé conçu par les parents (la famille est le bien, la maladie le mal).
  8. 8. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 8 Les premiers traitements spécifiques et efficaces :1917-1957 - La première maladie à bénéficier d'un traitement efficace serait aujourd'hui considérée non pas comme une maladie psychiatrique stricto sensu mais comme une pathologie neurologique à expression psychiatrique . Il s'agit de la paralysie générale (dite " P.G. "), arachnitis chronique décrite au siècle précédent (1822) par Antoine-Laurent Bayle et dont la nature syphilitique est révélée par Alfred Fournier en 1879. Cette étiologie est définitivement établie par le Japonais Hideyo Noguchi en 1913 avec la découverte du Treponema pallidum chez les " pégétiques ". Ceux-ci représentent alors souvent le tiers des hommes dans les asiles d'aliénés, et souffrent de troubles associant idées délirantes de grandeur, euphorie, détérioration intellectuelle progressive et troubles neurologiques dits parétiques, notamment au niveau de la marche (d'où le nom de " paralysie générale "). Jusqu'à la mise au point à Vienne en 1917 par Julius Wagner von Jauregg de sa méthode d'impaludation ou malariathérapie (inoculation d'une forme bénigne de malaria ou paludisme, du latin palus, paludis, marais), le malade atteint de Progressiven Paralyse évoluait inéluctablement vers la mort. Cette découverte lui vaudra en 1927 le prix Nobel de médecine. - La deuxième grande découverte est celle, entre 1932 et 1938, des méthodes dite de choc dans le traitement de la schizophrénie : en 1932, la cure insulinique (coma hypoglycémique provoqué par injection d'insuline) dite cure de Sakel, du nom de son inventeur l'Autrichien Manfred Sakel, qui restera jusqu'à la découverte des neuroleptiques en 1952 le traitement biologique le plus utilisé. -En 1936, la convulsivothérapie par injection intraveineuse d'huile camphrée, puis d'un dérivé synthétique, le Metrazol ou Cardiazol ( choc au Cardiazol ou cardiazolthérapie) qui déclenche une crise d'épilepsie en quelques secondes, est inventée par le Hongrois Ladislas von Meduna à partir d'une théorie qui s'avérera fausse, mais dont les résultats seront intéressants, notamment dans les dépressions. -En 1938, l'Italien Ugo Cerletti invente l'électrochoc, convulsivothérapie électrique (déclenchement d'une crise d'épilepsie par une décharge électrique). Son compatriote Lucio Bini construit le premier sismothère. Ce traitement, dont les principaux inconvénients ont été réduits par l'association d'une anesthésie générale et la curarisation des patients, prend successivement le nom de sismothérapie, d'électroconvulsivothérapie (E.C.T.), d'électronarcose ou d'électrostimulation corticale (E.S.C.). Il est réputé avoir transformé radicalement l'ambiance des services de psychiatrie et le destin de nombreux malades réputés incurables. La méthode garde aujourd'hui pour principale indication la dépression majeure (mélancolie) résistante aux autres traitements et faisant courir un risque vital au patient. - Le neurologue portugais Egas Moniz est resté dans l'histoire comme l'inventeur en 1936 de la psychochirurgie, bien que les premières topectomies à visée curative aient été en 1888 le fait du suisse Gottlieb Burckhardt (1836-1907). La méthode de traitement consistait en la destruction de certaines zones du cortex préfrontal (par injection d'alcool) ou la suppression de connections intracérébrales par section chirurgicale de fibres thalamofrontales, dénommées lobotomie, lobectomie, leucotomie. Moniz, également inventeur de l'angiographie cérébrale, fut récompensé de sa découverte de la psychochirurgie par le prix Nobel en 1949. - La psychopharmacologie (et donc la psychiatrie biologique) naît avec la découverte en 1952 par les neuropsychiatres Jean Delay et Pierre Deniker des effets antipsychotiques de la Chlorpromazine, chef de file des neuroleptiques. Le traitement, d'un emploi bien plus aisé
  9. 9. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 9 que les méthodes de choc, modifie plus encore que tout autre la vie des hôpitaux et celle des malades mentaux. Il renforce également la médicalisation des soins en psychiatrie. -En 1949, l'Australien John Cade avait préconisé le carbonate de lithium dans la psychose maniaco-dépressive (aujourd'hui dénommée maladie ou trouble bipolaire). A partir de 1954, le Danois Mogens Schou (1918-2005) entreprend la mise au point du protocole de prescription. Les sels de lithium, chefs de file des thymorégulateurs (régulateurs de l'humeur aussi dénommés normothymiques), représentent le premier traitement préventif de troubles mentaux. -Enfin dans les années 1950 sont découverts les premiers antidépresseurs (Imipramine et Iproniazide en 1957), et les premiers hypnotiques et tranquillisants. Les psychothérapies Après une période dominée par la psychanalyse et les psychothérapies qui s'en inspirent, individuelles et de groupe (psychodrames, thérapies familiales) naissent d'autres modalités de traitement, telles que les thérapies cognitives et comportementales ou « TCC » (déconditionnement, désapprentissage de conduites inadaptées, de comportements pathologiques) et les thérapies systémiques (prenant en compte le système famille- thérapeute). La France sous l’impulsion de Jean OURY se caractérise par le courant de la psychothérapie institutionnelle. Cadre réglementaire des hospitalisations -1990 : loi du 27 juin 1990 organisant les hospitalisations en trois modes : HL, HDT, HO. Remplace la loi de 1838 2011 : loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins sans consentements et aux modalités de leur prise en charge. DSM Diagnostic and statistical manual of mental disorder. Outil de diagnostic et de classification des troubles mentaux réalisée par l’association américaine de psychiatrie en 1952 pour la première version. La question du diagnostic en psychopathologie est complexe car il n’existe pas d’examen autre que l’observation clinique permettant de poser ce diagnostic. Il ne sera donc posé qu’au regard d’un certains nombre d’indices tenant compte par exemple de l’âge, du contexte d’apparition des symptômes, éventuellement d’un élément déclencheur. Résoudre cette difficulté par l’étude statistique des symptômes sur lequel repose la description des troubles. C’est le but des classifications. Le but de ce manuel est donc avant tout de résoudre la difficulté à poser un diagnostic. Il est basé sur 4 principes : 1-Athéorisme et objectivité pour être accepté par tout le monde. La position athéorique fait qu’aucune étiologie n’est évoquée pour les troubles. Seule la description clinique compte : approche descriptive. L’opposition entre description et explication avait déjà opposée Freud et Kraepelin. Freud s’intéressant davantage à la description des causes des troubles psychopathologiques, Kraepelin proposant une vision purement descriptive et classificatoire. 2-Concept de troubles mentaux et non de maladies mentales. La définition d’une maladie suppose que nous en connaissions l’étiologie, l’évolution et le traitement (postulat
  10. 10. IFSI Bourgoin-Jallieu UE 2.6S2 Année 2011-2012 LGP 10 discutable car bon nombre de maladies ne répondent pas à ces critères). La question plurifactorielle de l’étiologie des troubles mentaux (bio-psycho-sociale) ne permet donc pas d’aborder l’angle de la maladie mais seulement du trouble. 3-Multiaxial : multitudes de symptômes pouvant exister mais non obligatoires 4-Critères monothétiques (symptômes obligatoires pour poser le diagnostic) et polythétiques (symptomes non obligatoires mais présents chez un certain nombre de patient répondant au diagnostic). Démarche polythétique : le diagnostic repose sur un nombre précis de symptômes possibles, au sein d’une liste réalisée pour le trouble en question. Actuellement, on en est à la version 5. Les troubles répertoriés sont donc en perpétuelle évolution : certains comportements disparaissent des listes et de nouveaux items apparaissent (Exemple : l’homosexualité était répertorié comme un trouble dans les premières versions. Les questions d’addiction aux jeux vidéo sont apparues avec le temps). L’athéorisme et la démarche purement descriptive est à l’origine des principales critique de cette classification qui s’impose aujourd’hui. Cette vision purement comportementaliste ferait abstraction de l’histoire et de la subjectivité, de la particularité de chacun. Cet intérêt pour le diagnostic repose sur trois explications : 1-Les progrès dans le domaine de la psychopharmacologie. La maitrise de plus en plus fine de la thérapeutique médicamenteuse demande une grande précision des troubles à traiter pour être le plus efficace possible sans le moins d’effets indésirables. 2-Besoins d’analyses qualitatives, quantitatives et financières dorénavant permises par l’outil informatique. 3-Permet l’utilisation d’échelle d’évaluations ou tout autre outil psychométrique. Pour en savoir plus : Michel FOUCAULT : histoire de la folie à l’âge classique Patrick COUPECHOUX (Préface de Jean OURY) : Un monde de fous Jacques HOCHMANN : Histoire de la psychiatrie

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