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  1. 1. » P. 17 » P. 23 »   P. 15 CULTURE SPORT » lire page 3 C ’est le chef du gouvernement, Évans Paul, qui soutient cette thèse, porteuse d’espoir pour certains, jugée farfelue pour d’autres. Elle a été reprise et argu- mentée par d’autres cadres de son gouvernement. C’est le cas du ministre de l’Agriculture, M. Fresner Dorcin, qui capitalise sur la main-d’œuvre haïtienne en provenance de la Répub- lique dominicaine pour dynamiser l’agriculture. Ce, en référence aux résultats statistiques révélant que 50 % des terres ne sont pas cultivées faute de main-d’œuvre. » suite page 6 D’aucuns redoutent, à plus d’un titre, la déportation des dizaines de milliers d’Haïtiens par la République dominicaine. L’inexistence des structures d’accueil risque d’aggraver le phénomène de la bidonvilisation et ses corolaires : problèmes sanitaires aigus, pauvreté, banditisme, etc. Pourtant le gouvernement haïtien, bien que débordé par l’ampleur de la crise humanitaire annoncée, se veut optimiste. Comme pour parodier le vieil adage : « À quelque chose, malheur est bon », les autorités espèrent transformer la crise en opportunité. Une tournée et un award pour Bélo Par Walcam Nancy : Retour de Jeff Louis ? Le PNUD prend le dessus sur le CEP MERCREDI 24 JUIN 2015 NUMÉRO 24 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI HAÏTI / RÉPUBLIQUE DOMINICAINE / MIGRATION HAITI / ÉLECTIONS / IMPRESSIONS DES BULLETINS SOCIÉTÉ Transformer la crise en opportunité : sortir de l'illusion ! par Jean Michel Cadet De gauche à droite : Ricardo Augustin, Pierre Manigat Jr., Pierre-Louis Opont et Vijonet Demero, respectivement trésorier, vice-président, préseident et secrétaire général du CEP. Les banques en Haïti, véritable casse-tête par Stéphanie Balmir
  2. 2. 2 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 TRIBUNE Corruption et crise financière aux temps du choléra haïtienPar Leslie Péan (Économiste, écrivain) , publié par Alterpresse La diaspora soutient énormément la gourde La loi de l’offre et de la demande joue pleinement son rôle. Le phé- nomène bien connu de la détériora- tion du taux de change dans la situ- ation d’incertitude des fins de règne est classique. La dépréciation ver- tigineuse de la gourde ces six derni- ers mois reflète non seulement le double déficit (budgétaire et com- mercial), mais surtout la situation politique catastrophique. Dans sa politique de gabegie consistant à ne pas faire les élections prévues par la Constitution pendant quatre ans, le gouvernement Martelly a encour- agé les rapines de ses hommes de main sur le trésor public au point de ne pas pouvoir honorer les 5.7 milliards de gourdes (125 millions de dollars) d’engagements envers les firmes privées. Martelly devait lui-même déclarer en avril 2014 « les caisses de l’Etat sont vides, puisqu’il n’y a pas une gourde. » Le dos au mur, en septembre 2014, le gouvernement Martelly a recouru à une émission d’obligations gou- vernementales de cinq ans (des bons) dont 2.8 milliards de gourdes ont été achetés par les banques commerciales avec le subterfuge que ces dernières peuvent les utilis- er comme composante des réserves obligatoires à déposer à la Banque de la République d’Haïti (BRH). Ces fameuses obligations d’État risquent de devenir des bons-da comme Haïti en a déjà eu sous le gouvernement de Davilmar Théo- dore en 1914. C’est la politique du serpent qui se mord la queue. Le gouvernement Martelly se retrouve dans un catch-22, car toute poli- tique monétaire restrictive se réper- cute négativement sur la croissance. C’est le cas avec la diminution du crédit au secteur privé. En effet, le crédit des banques au secteur privé a diminué de 16.4% en 2013 à 9.4 % en 2014. La dépréciation brutale de la gourde n’a rien à voir avec la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine, comme certains voud- raient le faire croire afin de ne pas voir la gabegie Martelly qui crève les yeux. L’économie de rente est condamnée à la décadence tout comme la monnaie internationale est condamnée à l’autodestruction (paradoxe de Triffin). Les rapaces affamés veulent avoir des dollars à tout prix et ceci explique la chute de la gourde face au dollar. La taux de change qui était de 39 gourdes pour un dollar en 2011 à la prise du pouvoir de Martelly a atteint 46 gourdes en 2012 puis a chuté pour arriver à 53 gourdes aujourd’hui. Pour avoir des montants qui dépas- sent vingt mille (20 000) dollars américains, le taux de change est de 55 gourdes pour un dollar. Durant toute la période où le taux de change était fixé à cinq gourdes pour un dollar en vertu de la Con- vention de 1919 avec les États- Unis, les réserves nettes de liquidité internationale devaient être de 30% de l’émission monétaire pour garan- tir la stabilité de la gourde. Bien que le système international soit passé au taux de change variable avec la fin des accords de Bretton-Woods depuis 1971, ce niveau de réserves de 30% demeure un indicateur de référence qui garde toute sa perti- nence pour mesurer la valeur de la monnaie. Or, ce qu’on constate à partir de l’analyse du bilan con- solidé du système bancaire haïtien, c’est la tendance à la baisse du ratio des réserves de change par rapport à l’émission monétaire. Tendance lourde en dépit des manipulations et gesticulations récentes de la BRH dont la poli- tique monétaire se limite malheu- reusement « à manipuler les taux de réserve obligatoire et les taux de change pour contrôler la créa- tion monétaire à travers l’offre et la demande de crédit ». La dollarisation des dépôts et des crédits dans l’économie haïtienne ne fait que s’accentuer. La dévalua- tion systématique de la gourde que nous constatons actuellement est en rapport avec cette tendance de la diminution des réserves nettes de liquidité internationale pendant que la monnaie en circulation aug- mente. Et cette hémorragie de la gourde serait encore pire sans les transferts massifs de dollars de la diaspora. Aussi est-il important d’affirmer que c’est la diaspora qui soutient la gourde, contrairement à ceux qui disent que les transferts ne bénéficient qu’à un nombre limité de familles et d’individus, et non à Haïti en général. Sans la diaspora, la gourde serait déjà tombée à son plus bas niveau, un repli similaire à celui du zòrey-bourik, comme sous le gouvernement de Sylvain Salnave et des autres gouverne- ments bannmachwè du 19e siècle. Sans les transferts de la diaspora, le taux de change serait probable- ment à plus de cent gourdes pour un dollar. La gourde serait ainsi devenue zòrey-mateli. En finir avec la pudeur face à nos propres malheurs En nous inspirant du roman de Gabriel Garcia Marquez, L’amour aux temps du choléra, nous avons voulu mettre les projecteurs sur les formes prises par la corruption en Haïti depuis cette épidémie de choléra commencée en octobre 2010 qui tue tantôt au compte- goutte, tantôt à la pelle. Des indi- vidus se dénommant « bandi legal », associés à tous les marchands de cocaïne, ont confisqué l’État pour se livrer à tous les trafics. En com- mençant par celui des consciences. Le blanchiment de l’argent de la cocaïne a mis en œuvre un nouveau processus de pouvoir à vie dont l’un des effets est cette bataille rangée entre deux puissants groupes ban- caires. Comme dit le proverbe, quand deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui meurt. Les millions de dollars de coca- ïne saisis en avril 2015 à bord du bateau panaméen Maranzana en rade de la capitale constituent la pointe d’un iceberg qui avance vers Haïti. La solution rêvée de dévelop- per Haïti avec les narco-dollars est vouée à un retentissant échec. C’est de la démence que de croire que « la cocaïne est le dernier bien qui permet l’accumulation primi- tive du capital. » Il n’est pas trop tard pour le peuple haïtien de se réveiller de sa zombification pour demander des comptes. Il est venu le temps d’en finir avec « la pudeur face à nos propres malheurs » et de rompre avec les comportements qui en font « une de nos vertus les plus habituelles ». Suite de l’édition du mardi 23 juin 2015, numéro 23
  3. 3. MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 3 ACTUALITÉ Les vacances Nos jeunes sont en vacances. À part ceux qui subissent les examens de la neuvième année fondamentale. Certains vont regagnerleurlieud’origine.D’autresvontresterdanslemême environnement familier, salle de classe en moins. Ils n’auront pasàseréveillerauxpremièreslueursdel’aubepouraffronter la cohue d’un trajet toujours éprouvant pour aller à l’école. Quelques parents, ils sont rares, auront la possibilité avec un soutien parfois de l’extérieur d’envoyer leurs rejetons à l’étranger. Mais la plupart des enfants resteront ici, en Haïti, dansunpaysoùrienn’ajamaisétépensépouroffrirauxjeunes des activités de qualité. Que de drames vivent les parents durant ces deux mois ! Il n’y a pas de salles de cinéma. Il y a très peu de bibliothèques etcellesquenouspossédonssontsouventmalpourvues.Lavie théâtrale est presque inexistante. Le peu de places publiques que nous possédons est dans un état qui laisse à désirer, et on est gentil quand on l’écrit de cette manière. Il n’y a pas de parc oùlesjeunespourraientallers’asseoir,jouer,entoutesécurité. Il existe un jardin botanique aux Cayes. Que l’État ignore. Le secteurprivéégalement.Uneinitiativepersonnellequ’onaurait dû pourtant encourager. Dans la métropole du Sud les jeunes iront-ils le visiter durant les grandes vacances ? Il y a plein de sites intéressants dont nos jeunes pourraient profiter, et qu’ils pourraient découvrir durant cette période. Encorequ’ilfaudraitunenvironnementadéquatetunecertaine planification.Laplupartdecessites,gérésdemanièreplusque minimale, pour ne pas dire pas du tout, ne sont nullement en mesure d’offrir un service d’accueil et de visites à des jeunes désireux vraiment de découvrir leur pays. Il y aura bien sûr les jeux vidéo. Les films à regarder entre copains en DVD. Le chat sur le net va exploser. Les plus priv- ilégiés iront dans quelques partys chez amis ou parents. Mais beaucoupdejeunes,surtoutlesplusdéfavorisés,seronthappés par des activités malsaines, proches des ti sourit, qui trouvent curieusement des sponsors pour être organisés alors que des initiatives louables dans le secteur culturel ou sportif peinent à trouver le plus petit financement. Lesgrandesvacancesauraientdûêtrelemomentdelagrande vie culturelle, touristique et sportive. Il n’en sera rien à part la poudre jetée aux yeux par certaines instances étatiques, toujoursprêtesàmettredel’argentdanslarueetdanslafoule sans se soucier de qualité. Il y aura aussi un autre facteur et pas des moindres qui peut pourrirlesgrandesvacances.Lesélections.Aveclescampagnes quivontsombrercertainementdanslesmédiocritéstradition- nelles, l’horizon de nos jeunes risque d’être très pâle. Édito A uConseilélectoralprovisoire, le mardi 23 juin, personne n’était en mesure d’avancer mot. Ni sur la compagnie qui a remporté l’appel d’offres pour l’impression des bulletins, ni, encore moins, sur le coût de cette opération de passation de marché. C’est Lithotech, une compagnie basée en Afrique du Sud, qui avait remporté l’appel d’offres lancé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) pour la production des matériels non sensibles dans le cadre de la mise en place des législatives du 9 août prochain... Quant aux matériels sensibles, les bulletins notamment, c’est une entreprise basée à Dubai, aux Émirats arabes unis, dont le nom n’est pas encore révélé à la presse qui a remporté la palme. Dans cette perspective, maître Mosler George, directeur exécutif du CEP, a informé qu’une délégation composée du président du CEP, Pierre Louis Opont, du trésorier du Conseil, Ricardo Augustin, du directeur du registre électoral, Phillipe Augustin, des responsables de la Minustah et du Pnud effectuaient depuis le 21 juin une visite à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Visite de supervision des spécimens des bulletins de vote et de la capacité de cette compagnie, dont le directeur exécutif a oublié le nom, à imprimer ces bulletins pour les prochaines législatives. Si le déroulement du processus électoral se fait généralement dans la transparence, à ce niveau une zone d’ombre plane sur l’attribution de ces marchés. Pourquoi attribuer à deux compagnies étrangères la responsabilité de fournir et préparer les matériels sensibles et non sensibles ? Combien de compagnies avaient postulé ? Quand et comment a été fait l’appel d’offres ? Quel est le coût de cette passation de marché ? Pourquoi des compagnies aussi loin placées géographiquement ? Quid des entreprises haïtiennes ? Autant de questions qui restent pendantes et pour lesquelles le directeur exécutif n’avait pas de réponse. Car dans le cadre du processus électoral, dit- il, l’État haïtien a confié au Pnud la charge de gérer le fonds des opérations. Intervenant aussi à ce sujet, le vice-président du Conseil électoral provisoire, Pierre Manigat Junior, a précisé que le CEP n’est pas le maîtred’œuvre.«LeCEPn’apaspris l’initiative de préparer les matériels sensibles en dehors du pays », a informé le numéro 2 de l’institution électorale, expliquant que l’appel d’offres pour l’attribution des marchés est fait par le Pnud selon ses propres procédures. Pierre Manigat Junior, qui se positionne en défenseur des entreprises haïtiennes, déplore le fait que la préparation des matériels sensibles ait été attribuée à une compagnie étrangère sur la base d’un appel d’offres international. Ce qui, selon lui, diminue la chance des entreprises nationales, alors que ces dernières pouvaient bien imprimer les bulletins. Ainsi, dit-il, une clause a été convenue avec le Pnud pour rectifier le tir. « Après avoir pris connaissance de la façon dont se fait la passation de marché (appel d’offres international), nous avons demandé au Pnud de nous donner la garantie que les matériels sensibles pour les élections présidentielles ainsi que pour les collectivités territoriales seront confiés à une compagnie haïtienne, au cas où celle-ci disposerait de la capacité nécessaire », a informé le représentant de la presse au CEP. Entre-temps, le processus électoral fait son chemin. Ce mardi 23 juin, le CEP a reçu une première cargaison de 1 800 kits de formation en provenance de l’Afrique du Sud. Une seconde livraison de 4 865 kits, contenant du matériel pour les opérations tels urnes, isoloirs, lampes, encre indélébile, sachets transparents et autres, est attendue avant la fin de la semaine, nous dit maître Mosler Georges, directeur exécutif de l’institution électorale. HAITI/ÉLECTIONS/IMPRESSIONSDESBULLETINS Le PNUD prend le dessus sur le CEPNoclès Débréus Depuis le 21 juin 2015, une délégation du Conseil électoral provisoire (CEP) est à Dubaï pour une visite de supervision des bulletins des législatives du 9 août 2015. L’imprimerie qui en est chargée est à … Dubaï. Hier mardi, une première cargaison de matériels non sensibles était déjà livrée. Des avancées qui, semble-t-il, s’effectuent loin des regards du CEP. Tout est géré par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). » suite de la première page
  4. 4. R emise de plaques d’honneur aux employés exemplaires de la fonction publique, con- férences débats sur des sujets tels : « les métiers de la fonction publique, éthique dans la fonction publique ». Des prestations de danse, de sketchs, de la troupe du Théâtre national d’Haïti (TNH), ont été aussi au menu des festivités de la journée. « L’action du gouvernement vise à mettre en place une administration publique moderne, respectueuse de la loi, efficace, honnête, et impartiale, de façon à redonner confiance à la population », a fait savoir Josué Pierre Louis, chargé de délivrer le discours du Premier ministre Évans Paul, en déplacement à Ouanaminthe pour statuer sur la conjoncture actuelle des relations haitiano- dominicaines. Dans son intervention, il a expliqué que la modernisation de la fonction publique est incontournable dans le cadre de la rationalisation de la continuité de l’État. Tout en demeurant le chantier prioritaire du gouvernement, l’administration, l’outil principal sur lequel repose les activités découlant des politiques publiques, a une vocation de service, et doit exhiber une image d’une totale disponibilité pour la prise en charge des besoins du citoyen. Par conséquent, un meilleur encadrement des fonctionnaires est synonyme de la capacité à répondre aux besoins quotidien des citoyens, a-t-il ajouté. PourUderAntoine,lecoordonnateur général de l’OMRH, cet évènement constitue la manifestation vivante de la détermination de l’équipe au pouvoir à rompre avec les anciennes pratiques qui considèrent l’individu comme une machine à travailler, sans répit, en dehors des notions de reconnaissance, et de récompense. C’est non seulement l’occasion de mettre à l’honneur ceux qui accept- ent de se mettre au service de la population, avec toutes les respon- sabilités que cela implique, mais aussi celle de souligner les contri- butions de l’ensemble des fonction- naires du pays, et d’encourager la continuité, l’expertise, l’excellence, et l’innovation dans les services publics, a-t-il poursuivi. Si la majorité des intervenants ont souligné dans leur discours les devoirs des fonctionnaires, Hérold Etienne, le directeur général du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), a de préférence mis l’accent sur leurs droits. « Le droit à un salaire acceptable, droit à l’avancement, la promotion, et surtout le droit à la formation », sont entres autres les principaux droits que les fonctionnaires devront jouir, selon M. Etienne. Pierre Emmanuel Obabijo, repré- sentant des Nations unies, a pour sa part salué l’initiative, le choix du thème. Pour lui, cela fait appel à la responsabilité citoyenne de tous les fonctionnaires en général, et en par- ticulier du gouvernement pour tout mettre en œuvre, afin de créer un meilleur cadre de fonctionnement de l’administration publique cen- trale et régionale. L’absence d’un cadre légal moderne, la concentra- tion des services publics dans la zone métropolitaine, le manque d’information, sont pour M. Oba- bijo, autant de causes à avoir occa- sionné l’inefficacité de la fonction publique Haïtienne. À souligner qu’Anne Marie Berne Augustin, a été félicitée, et honoré pour ses 52 ans de carrière au ministère des affaires étrangères et des cultes. WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 46 11 10 10 (509) 32 14 55 54 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY PUBLICITÉ: SASKIA P.L.MICHEL DIRECTION ARTISTIQUE : FABRICE LAFLEUR RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS JDESROSIERS@LENATIONAL.HT CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, EDDY LAGUERRE, VANTZ BRUTUS, KENSON DÉSIR, MONDÉSIR JEAN BILLY, REYNOLD ARIS, ISABELLE THÉOSMY, WALTER CAMEAU, SCHULTZ LAURENT JUNIOR PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : JEAN ERIC FOUCHÉ, FRANTZ CLERGÉ GRAPHISTE : JUNIOR ADME CARICATURISTE : FRANCISCO SILVA DISTRIBUTION : SARADJINE ST-JEAN ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE IMPRIMÉ EN HAÏTI SUR LES PRESSES DE L’IMPRIMERIE LES ÉDITIONS DES ANTILLES S.A. « Pour une fonction publique au service de la population », c’est autour de ce thème que l’Office de management et des ressources humaines (OMRH) a célébré, le mardi 23 juin à l’hôtel Montana, la journée mondiale de la Fonction publique. Plusieurs institutions et personnalités y ont pris part. Les intervenants ont mis à nu les problèmes de la fonction publique et ont évoqué les perspectives. 4 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 ACTUALITÉ Moderniser l'Étatpar Jean Michel Cadet HAÏTI/JOURNÉEMONDIALEDELAFONCTIONPUBLIQUE Uder Antoine, coordonnateur général de l’OMRH. / Photo : J. J. Augustin
  5. 5. L es autorités haïtiennes tentent de prendre des mesures pour organiser l’accueil des rapatriés à Belladère (est), où plusieurs dizaines de migrants haï- tiens sont déportés quotidiennement par la République Dominicaine. Une délégation du ministère des affaires sociales a visité cette zone frontière, ce 22 juin, et a du même coup rencontré les autorités locales. La délégation a réitéré l’annonce gouvernementale concernant la mise en place de moyens nécessaires pour accueillir les migrants ramenés à la frontière. Elle souhaite la collaboration des habitants de Belladère. 100 matelas et100 kits alimentaires ont été délivrés la veille aux autorités municipales pour être distribués aux personnes déportées. De leur côté, les responsables municipaux ont fait aménager l’espace d’un hôtel local pour accueillir temporairement quelques rapatriés. Des habitants de Belladère interrogés par AlterPresse estiment que les autorités gouvernementales devraient penser à établir de vraies structures d’accueil, car le problème est, selon eux, sérieux. Une cinquantaine de personnes est arrivée ou a été reconduite à la frontière d’Ondo-valle à Savanette, proche de Belladère, du vendredi 19 au lundi 22 Juin 2015. Ces personnes venues des régions de Las Mates et Hyguey, en République Dominicaine, sont arrivées avec quelques valises, certaines accompagnées de leurs enfants. « Je viens avec mes 3 enfants. Ils ne parlent même pas le créole », se plaint Micheline Justin, originaire de Savanette. Elle se dit perdue et ne voit pas encore comment un d’entre eux qui était scolarisé en RD va poursuivre ses études en Haïti. D’autres, interceptés par la migra- tion dominicaine, ont été contraints de quitter le pays, dépourvus de tout et laissant leur famille là-bas. « Je sortais de mon travail, lorsque des soldats dominicains m’ont demandé de partir. Je n’ai pas d’argent, ma femme est restée en RD et elle ne sait pas où je suis maintenant », se lamente Rigaud Durocher. Quelle assistance les autorités gouvernementales pourront-elles leur fournir ?, se demande plus d’un. MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 5 ACTUALITÉ Les autorités haïtiennes tentent de timides mesures pour organiser l'accueil des rapatriés à Belladère Sources : Alterpresse HAÏTI-RÉPUBLIQUEDOMINICAINE/MIGRATION Les autorités haïtiennes tentent d’organiser l’accueil des rapatriés. / MC
  6. 6. Estimant que la plupart des expulsés sont d’habiles agriculteurs, il dit espérer que leur expérience profitera aux cultivateurs haïtiens. Même discours tenu par le ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, M. Robert Labrousse. Lors de son visite à Malpasse, ce dernier a demandé à la diaspora haïtienne de saisir cette occasion pour investir leurs capitaux notamment dans le secteur agricole en vue d’absorber cette main-d’œuvre opportune. Si ce discours paraît attrayant, il n’empêche que certains spécialistes sont très pessimistes concernant sa concrétisation. Les expulsés, un fardeau pour l’économie haïtienne « Il n’existe pas de déficit de main- d’œuvre dans le secteur agricole haïtien », soutient l’économiste Etzer Émile prenant le contre- pied du discours officiel. La main- d’œuvre haïtienne en provenance de la République dominicaine n’a pas l’expertise nécessaire que lui prêtent les autorités haïtiennes. Elle est habituée à effectuer un travail mécanique. Hormis la question de qualification, se pose aussi pour l’économiste, l’incapacité de l’État à insérer ces travailleurs potentiels dans une dynamique de production. Aucune politique publique n’est mise en branle. Pas de projet agricole. D’ailleurs, argumente-t-il, l’investissement public en termes de crédit agricole s’estime à 1 %. Loin d’être une opportunité, M. Émile estime, au contraire, que la déportation de plusieurs dizaines de milliers d’Haïtiens est un lourd fardeau pour l’économie haïtienne déjà stagnante. Les perspectives de croissance de l’année fiscale en cours tablent sur 2 % conjuguées à un énorme déficit budgétaire et commercial, se désole l’économiste. L’arrivée de ces expulsés ne fera qu’augmenter, poursuit-il, les besoins en services sociaux de base d’une population sans cesse croissante, estimée officiellement à 11 millions d’habitants. Des personnes supplémentaires à loger, éduquer, réintégrer dans la société et nourrir aussi. Ce dernier aspect est très préoccupant, compte tenu du sombre tableau décrit par la CNSA (Commission nationale de sécurité alimentaire) sur la question de l’insécurité alimentaire en Haïti. Certaines régions du pays accusent un taux de 40 % de personnes sévèrement affectées par cette crise. Entre autres arguments, Etzer Émile se fonde sur la traumatisante catastrophe naturelle survenue le 12 janvier 2010, considérée comme une opportunité à saisir pour développer le pays. Force est de constater, selon lui, que la situation d’Haïti a empiré : une économie fragile accentuée par une crise humanitaire. Ce sont les organisations non gouvernementales et les agences internationales qui ont réellement profité de cette catastrophe. Le gouvernement haïtien, faut-il le rappeler, a lancé un appel solennel à la solidarité nationale pour accueillir les rapatriés. Un aveu d’impuissance, dit-on, alors qu’un plan de contingence devait être disponible, comme le clamaient les autorités, pour pallier la crise. 6 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 ACTUALITÉ ÉCHO Ouanaminthe- Examens : une candidate arrêtée pour fraude Les examens de 9e AF ont débuté lundi. Une Jeune fille a été placée en garde à vue au commissariat de Ouanaminthe pour avoir tenté de composer en lieu et place d’une tante enceinte, a rapporté la presse locale, indiquant que 572 candidats n’ont pu prendre part à ces examens. À rappeler que, selon les consignes du Bureau national des examens d’État (Bunexe), tout candidat surpris en flagrant délit de fraude ou ayant un comportement répréhensible verra sa copie annulée et s’expose à une interdiction de participer aux examens pour une durée pouvant aller jusqu’à quatre ans. Évans Paul visite des localités frontalières Accompagné de plusieurs membres du gouvernement, le Premier ministre Évans Paul a visité, lundi, des localités frontalières, notamment Thomassique et Pandiassou. « Mon gouvernement prend à cœur le dossier des rapatriés et entend adopter diverses mesures visant à faciliter l’insertion des déportés », a promis Évans Paul, réitérant son appel à la solidarité à l’endroit de tous les acteurs de la vie sociale pour apporter de l’aide aux compatriotes en difficulté. Belladère accueille déjà plus de 1 800 déportés Une délégation du ministère des Affaire sociales a visité, lundi, la ville de Belladère (département du Centre) qui a déjà accueilli plus de 1 800 migrants haïtiens en provenance de la République dominicaine. Ces déportés qui, pour la plupart, ont laissé le pays depuis quarante ans se plaignent de n’avoir aucun contact avec leurs parents. Par conséquent, ils ne peuvent aller nulle part. Le ministre des Affaires sociales aurait remis un chèque de deux cent mille gourdes aux autorités de la ville afin de supporter les déportés. Haïti, une insécurité alimentaire inquiétante Haïti fait face actuellement à un grave problème d’insécurité alimentaire. C’est ce qu’a fait remarquer Garry Mathieu, directeur de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), indiquant que plus de trois millions de personnes ne peuvent jouir de leur droit à l’alimentation. Augmenter la production agricole serait la meilleure décision, selon Monsieur Mathieu, qui se déclare préoccupé par l’aggravation de la situation d’insécurité alimentaire en Haïti. Contribuer à la mise en place des MBV Selon les prescrits de l’article 139.1 du décret électoral, les membres des bureaux de vote (MBV) sont choisis par les partis politiques sur une liste de citoyens électeurs, soumise par les universités, les écoles, les cultes, les associations socioprofessionnelles et culturelles reconnues et les organisations de femmes, au moins soixante jours avant le scrutin. Ce délai a commencé à courir depuis le 9 juin 2015. C’est ce qu’a rappelé le Conseil électoral provisoire (CEP), qui invite les responsables à établir au plus vite les listes à soumettre aux partis et groupements politiques. CEP : le tirage au sort des MBV pour bientôt Le Conseil électoral provisoire informe que la liste des membres des bureaux de vote (MBV) sera établie à partir d’un tirage au sort. La date prévue pour ce tirage sera annoncée ultérieurement en conformité avec l’article 139.2 du décret électoral. » suite de la première page HAÏTI/RÉPUBLIQUEDOMINICAINE/MIGRATION Transformer la crise en opportunité : sortir de l'illusion ! par Lionel Edouard Des migrants, majoritairement haïtiens, montrent à des officiers leurs documents pour régulariser leur situation en République dominicaine, le 16 juin 2015. / Photo: AP
  7. 7. L e Comité d’actions contre la déci- sion 168-13 de la République dominicaine annonce un rassem- blement à Montréal, ce mardi 23 juin, pour dire non à « l’apartheid » contre les Haïtiens et Dominicains d’origine haïti- enne sur le territoire dominicain, apprend AlterPresse. « Tout comme il fallait dire non à l’apartheid en Afrique du Sud en 1990, nous avons l’obligation morale de dire non à l’apartheid en République dominicaine en 2015 ! », avancent les organisateurs du rassemblement, dans une note transmise à AlterPresse. Le Comité dénonce le régime d’« apartheid » instauré par la République dominicaine, qui a fait des Dominicains d’origine haïtienne, des migrants haïtiens et de toute personne pauvre à la peau noire résidant sur son territoire, « les cibles de crimes haineux et d’exploitation ». « Un drame humanitaire est à craindre », augure-t-il. Récemment, le maire de New York, Bill de Blasio, s’est dit extrêmement préoccupé par l’éventuelle expulsion forcée de centaines de milliers de personnes de la République dominicaine, dont de nombreux enfants. Entre temps, des rapatriements intensifs se poursuivent, de manière volontaire ou forcée, sur plusieurs points frontaliers notamment à Belladère (Centre), Ouanaminthe(Nord-Est) et le haut Plateau central (Centre). Le rassemblement du mardi 23 juin s’inscrit aussi en hommage à l’engagement du maire décédé Jean Doré (1986-1994) pour la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud et pour affirmer notre engagement à lutter contre l’apartheid en République dominicaine, précise le Comité. Ce régime a été instauré en 1948 en Afrique du sud par le parti national, et aboli le 30 juin 1991. Jean Doré avait réussi à faire appliquer un règlement de boycott économique visant à ce que la ville n’octroie aucun contrat aux compagnies ayant des liens avec le régime d’apartheid sud- africain. Rassemblement à Montréal pour dire non à « l'apartheid » contre les Haïtiens Sources : Alterpresse.org HAÏTI/RD/MIGRATION MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 7 ACTUALITÉ
  8. 8. 8 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 MONDE M algré leurs multiples con- tentieux, les Etats-Unis et la Chine ont affirmé mardi qu’ils voulaient nouer une relation « sincère » qui permette d’éviter toute « confrontation » entre les deux premières puissances mon- diales présentées comme des rivales en Asie-Pacifique. Des centaines de délégués des deux gouvernements sont réunis à Wash- ington pour la 7e édition de leur « dialogue stratégique et économique », présidé par le vice-président Joe Biden, le secrétaire d’Etat John Kerry, le secrétaire au Trésor Jacob Lew, le vice Premier ministre chi- nois Wang Yang et le conseiller d’Etat Yang Jiechi qui pilote la politique étrangère de Pékin. Ce rendez-vous institutionnel, que Pékin et Washington organisent chaque année alternativement, permet de mettre sur la table autant les dossiers épineux que les coopérations entre les deux premières économies de la pla- nète. Les deux géants discutent donc de sujets qui fâchent: conflits de souveraineté en mer de Chine, piratage informatique, droits de l’homme et niveau du yuan. Mais ils parlent aussi de leurs points d’accord: changement climatique, nucléaire iranien et nord-coréen, Afghanistan, guerres au Moyen-Orient ou lutte contre les pandémies. D’entrée, le vice Premier minis- tre Wang s’est montré conciliant en exhortant les Etats-Unis et la Chine à « ne pas suivre les anci- ennes voies de la confrontation ». Le « dialogue est toujours pré- férable à la confrontation », a lancé le dirigeant chinois. Il s’est dit « convaincu » que les deux pays, souvent qualifiés de rivaux voire d’adversaires, étaient « sur la bonne voie » de la coopération. Le fameux « pivot » ou « rééquili- brage » des Etats-Unis vers l’Asie- Pacifique est l’un des grands des- seins de la politique étrangère du président Barack Obama. Pékin y voit plutôt une tentative américaine de juguler son influ- ence dans la région. Un grand sondage mondial de l’institut américain Pew confirme en effet mardi que 54 % des Chi- nois pensent que les Etats-Unis cherchent à empêcher leur pays de devenir aussi puissant. Grands concurrents M. Wang a d’ailleurs reconnu que sur « certaines questions », Pékin et Washington n’avaient pas trouvé de « consensus ». A cette fin, le vice-président amé- cain, qui a évité aussi toute forme d’acrimonie dans son discours, a encouragé ses hôtes à poursuivre un dialogue « sincère et direct » car la « relation est tout simple- ment trop importante ». Certes, a-t-il argumenté, Wash- ington et Pékin sont de « grands concurrents », aux « différends importants » mais c’est « la nature des relations internationales ». Reste que les points de friction sont légion. Concernant la mer de Chine méri- dionale, région stratégique et potentiellement riche en hydro- carbures, M. Biden a prévenu que les routes maritimes devaient rester « ouvertes et protégées » pour faciliter le commerce mon- dial. La Chine s’accroche en matière de souveraineté maritime avec des pays d’Asie du Sud-Est, soutenus par les Etats-Unis. « Les pays qui laissent tomber la diplomatie et usent de la con- trainte et de l’intimidation pour régler les différends, ou qui fer- ment les yeux devant l’agression d’autres (pays) ne font que générer de l’instabilité », a mis en garde le vice-président. Le piratage informatique figure aussi en bonne place au menu des tensions. Pour la récente cyber-attaque contre les données de millions de fonctionnaires américains, des pirates chinois ont été montrés du doigt. En mai 2014, cinq militaires chinois avaient été inculpés aux Etats-Unis pour « piratage informatique » et « espionnage économique ». Même si Washington n’a pas accusé directement les autori- tés de Pékin, M. Lew s’est dit « profondément préoccupé par le vol informatique, soutenu par un gouvernement, dans des secteurs de l’entreprise et du commerce ». A ses yeux, « les Etats-Unis et la Chine ont un intérêt commun à faire en sorte qu’internet continue de tirer la croissance et la pros- périté du monde ». M. Biden a d’ailleurs pris soin de qualifier Pékin de « partenaire » sur de nombreux dossiers, notam- ment le climat. Les deux premiers émetteurs de la planète ont en effet conclu en novembre un accord de réduction de leurs émissions, un an avant la conférence de Paris en décembre. M. Lew a mis en garde contre « le coût important » que représen- terait un nouveau « retard » pour sceller un accord mondial à la fin de l’année. John Kerry, de son côté, a rappelé que Washington et Pékin étaient aussi main dans la main avec les autres grandes puissances pour trouver fin juin un règlement sur le nucléaire iranien. Washington et Pékin veulent éviter toute « confrontation » malgré les contentieux Sources : AFP Barack Obama, le président des États-Unis, et Xi Jinping, son homologue chinois, en novembre dernier, à Pékin. / Photo : GREG BAKER / AFP / IMAGEFORUM
  9. 9. MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 9 MONDE USA L e ministre de la défense améri- cain, Ashton Carter, a confirmé mardi 23 juin à Tallinn, capi- tale de l’Estonie, que les Etats- Unis allaient « faire stationner tempo- rairement des armements (…) dans des pays d’Europe centrale et orien- tale », principalement des chars et des équipements d’artillerie mobile. « Sept Etats sont concernés : l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Bulgarie, la Roumanie et la Pologne. « Le matériel tournera dans la région pour entraînements et exercices », a ajouté Ashton Carter, et une partie serait égale- ment envoyée en Allemagne afin de renforcer l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). C’est la première fois que des armes lourdes américaines seront ainsi déployées sur le flanc est de l’OTAN, dans des pays membres de l’Alliance mais ayant longtemps appartenu à la sphère d’influence de l’Union soviétique. Le ministre de la défense américain rencontrait mardi ses trois homo- logues baltes sur fond de crise per- sistante avec la Russie. Des réponses aux provocations russes Le projet des Etats-Unis d’entreposer des armes lourdes en Europe de l’Est avait été révélé le 14 juin par le New York Times et confirmé le lendemain par les autorités américaines, qui n’avaient pas précisé où le matériel serait entreposé. L’action de Washington entre dans le cadre des mesures destinées à rassurer les Etats membres de l’OTAN inquiets des intentions de la Russie depuis l’éclatement du conflit ukrainien et l’annexion de la Crimée. Mais un tel déploiement risque d’être en contradiction avec l’acte fondateur signé par l’OTAN et par la Russie postcommuniste pour « construire ensemble une paix durable ». La semaine dernière, Moscou a dénoncé l’initiative américaine, regrettant dans un communiqué que « les Etats-Unis encouragent soigneusement la peur de la Russie chez leurs alliés européens ». Vladimir Poutine a par ailleurs annoncé mardi 16 juin que quar- ante missiles intercontinentaux viendraient s’ajouter d’ici à la fin de l’année à l’arsenal nucléaire russe. Une mesure qualifiée de « déstabilisant[e] » et « dangereu[se] » par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. « Il y a des réponses aux provoca- tions russes », a renchéri mardi Ashton Carter sur la chaîne de télévision CBS. Les Etats-Unis confirment l'installation « temporaire » d'armes lourdes dans sept pays européens SOURCES : Le Monde.fr avec AFP et Reuters Le ministre de la défense américain, Ashton Carter. Nucléaire : Khamenei réaffirme les « lignes rouges » de l'IranSources : AFP L e guide suprême Ali Khame- nei a réaffirmé mardi les « lignes rouges » de l’Iran dans les négociations nucléaires, exigeant la levée « immédiate » des sanctions de l’ONU et des Etats-Unis en cas d’accord et réitérant son refus de toute inspection des « sites mili- taires ». « Cette déclaration publiée sur le site officiel du numéro un iranien survient alors que le marathon diplomatique devant garantir que l’Iran ne s’équipera pas de l’arme nucléaire entre dans sa dernière ligne droite, à une semaine de la date-limite du 30 juin pour con- clure un accord sur ce dossier avec les grandes puissances. L’ayatollah Khamenei, qui a le dernier mot dans le dossier nuclé- aire, a fait cette déclaration devant l’ensemble des dirigeants du pays y compris le président Hassan Rohani. « Toutes les sanctions économiques, financières et bancaires, qu’elles soient celles du Conseil de sécu- rité ou du Congrès et gouvernement américains doivent être annulées immédiatement au moment de la signature de l’accord et les autres sanctions doivent être levées dans des laps de temps raisonnables », a-t-il dit. Il a aussi exprimé sa méfi- ance à l’égard de l’Agence inter- nationale de l’énergie atomique (AIEA). « L’annulation des sanctions ne doit pas être liée à l’application par l’Iran de ses engagements. Ne dites pas: appliquez vos engage- ments puis (attendez) que l’AIEA le certifie pour que les sanctions soient levées. Nous n’acceptons en aucune manière une telle chose ». Le numéro un iranien a égale- ment réitéré son opposition aux « inspections non conventionnelles, à l’interrogatoire des personnali- tés iraniennes et à l’inspection des sites militaires ». Le guide suprême Ali Khamenei.
  10. 10. L es analyses sexospecifiques relatives à la situation des femmes en Haïti ont dressé un tableau sombre des condi- tions de vie de la femme haïtienne en fonction de plusieurs aspects. Force est de constater que les femmes sont les principales victimes des impacts en raison de leur rôle dans la repro- duction sociale et la production des biens et des services. Si l’accès à l’école primaire ne fait pas véritable- ment montre de distinction entre fille et garçon, qu’il est le même partout, néanmoins il faut souligner que les filles font le plus souvent une rent- rée tardive à l’école. Et, plus tard le taux de perdition scolaire sera net- tement plus élevé chez les filles en raison des travaux domestiques qui leur sont confiés à la maison et aussi, les grossesses prématurées et ou non- désirées. Cela ne s’arrête pas là. Au fur et à mesure, l’écart se creuse entre les filles et les garçons. A la fin du cycle secondaire, il n’y aura que 43% de filles dans l’effectif sco- laire. Orientées vers des filières sexo-genres qui ne répondent pas toujours aux besoins du marché de l’emploi, les hommes trouvent beaucoup plus d’opportunité que les femmes. Reléguées dans des filières informelles et précaires, elles occupent pour la plupart du temps, des postes à très faibles rev- enues et inégal à celui d’un homme pour un travail équivalent. Pour une égalité des droits et des chances Les femmes ne bénéficient pas de façon égale des opportunités d’acquérir des moyens de produc- tions. Toutefois, si elles y ont accès, elles n’en ont pas le contrôle. Et malgré qu’elles occupent une place importante dans l’économie haïti- enne, il n’est pas facile d’évaluer en termes de chiffre l’apport de leur contribution à l’économie, en raison de la nature « invisible » de leur travail. Sous-estimation, sous-valorisation, discrimination, tels ne sont pas les seuls problèmes auxquels sont confrontées les haïtiennes. Elles sont aussi victimes de violences domestiques qui continuent à passer sous silence et, elles ne sont pas toujours en mesure de négo- cier leur sexualité. Ce qui impli- que un faible taux d’utilisation de contraceptifs et de fait, devien- nent plus exposées aux infections sexuellement transmissibles (IST) et aux grossesses non-désirées. Condition qui pousse certaines à se faire avorter clandestinement, vu que l’avortement en Haïti est pénalisée, alors que par ailleurs, il y a une forte carence des services de maternités. Selon le PNUD, Le taux de mortalité materno-infan- tile, est chiffré à 475/100000, un taux parmi les plus élevés de l’Amérique. Malgré la dynamique des organisa- tions féminines pour promouvoir la présence des femmes dans la vie politique, le taux de participation des femmes aux joutes électorales est très faible. Au niveau du mem- bership des partis politiques, les femmes sont sous-représentées. Leurs présences aux postes nomi- natifs est minoritaire. Il existe une discrimination persistante à l’égard des femmes au sein de la fonction publique qui est l’apanage des hommes, car la plupart des mem- bres, des dirigeants dans l’espace politique, étant des hommes. Or, la société ne se compose pas seulement d’hommes, mais des genres des deux sexes. Pour garantir une égalité de droit et une égalité des chances, un travail sub- stantiel est nécessaire. C’est ainsi que suite aux nombreuses revendi- cations et aux luttes des femmes, le 8 novembre 1994, le ministère à la condition féminine et aux droits de la femme (MCFDF), a été crée par décret, afin d’assurer, via la prise en compte des rapports sociaux de sexes dans l’action gou- vernementale, la cohésion sociale, la mise en œuvre d’un processus visant l’égalité homme-femme et la lutte contre la féminisation de la pauvreté. Politique sectorielle Entité à caractère transversal, le ministère a pour charge de for- muler, d’appliquer, d’orienter et de faire respecter la politique de l’Etat dans le domaine de la condi- tion et des droits des femmes, afin de travailler à l’émergence d’une société égalitaire. Ainsi, le cibles du MCFDF sont principalement, l’Etat, dans le souci de garantir une prise en compte de la dimen- sion genre dans les politiques et programmes, les femmes comme sujets de droits et actrices, et en dernier ressort la population de manière générale qui doit être consciente des rapports sociaux de sexes. Le rôle principal du ministère est un rôle normatif et régulateur. Ayant à la fois un mandat transec- toriel qui le permet de travailler en association avec les autres ministères, et un mandat spéci- fique avec des actions qui éma- nent directement de son champ d’activité. Le ministère a trois directions réparties en : une Direc- tion de promotion et de défense des droits des femmes (DPDDF), qui est une unité chargée de concrétiser et de vulgariser les actions du ministère, d’élaborer des règlements administratifs et de faire des propositions de modi- fications législatives qui garantit le respect des droits des femmes, une Direction de prise en compte de l’analyse selon le genre (DPAG) qui a pour fonction d’élaborer des programmes qui concernent l’application entière de l’analyse comparative entre les sexes (ACS) dans les politiques, programmes de l’appareil gouvernemental, et une Direction des affaires admin- istratives. Faisant de l’égalité entre les sexes son principal cheval de bataille, le MCFDF a prévu une Politique Nationale d’Egalite, dont les grandes lignes sont : la conception, le développement, la mise en appli- cation d’une politique d’égalité des sexes et la sensibilisation, en vue d’assurer un développement durable, de renforcer la capacité institutionnelle, d’améliorer la condition des femmes, de garantir par des actions spécifiques la pro- motion et la défense des droits des femmes. Cette politique priorise six domaines critiques : l’éducation, l’économie, la santé, la violence faite aux femmes, la politique et les droits fondamentaux des femmes, qui sont des axes privilégiés. Et pour y arriver, le ministère a élaboré une politique de ren- forcement institutionnel avec la mise en place de structures garantes de l’égalité hommes- femmes. L’amélioration du système juridique dans l’harmonisation et l’actualisation des textes de lois, la promulgation de nouveaux textes aptes a favorisé la mise en application des conventions internationales. La promotion de la participation des femmes dans la fonction publique, ainsi que de promouvoir l’autonomie des femmes dans la vie économique. Etablir une véritable politique de santé pour les femmes, et mobil- iser la société civile particulière- ment, sur des actions éducatives sur la promotion de comportement et d’attitudes non-sexistes. L’intégration de l’égalité homme- femme doit se faire dans toutes les refondations, quelle soit ter- ritoriale, économique, sociale ou politique. A travers ces champs découleront des lois, des poli- tiques, des plans d’actions, des programmes qui prendront en compte les besoins et les intérêts des femmes. Et c’est ainsi que pour évaluer les effets de ces décisions sur les hommes et les femmes, le ministère depuis aout 2005, avec l’appui technique de la banque interaméricaine de développe- ment (BID), et du Canada, se sert de l’Analyse Comparative entre les Sexes (ACS), qui est à la fois une approche de gestion et un outil qui facilite l’intégration systématique des conditions liées à l’égalité entre les sexes dans tous les pro- jets, qu’il s’agisse d’une politique, d’un programme ou autre. L’ACS corrige les discriminations passées et systémiques, prévient et redresse les inégalités entre les hommes et les femmes. Elle place les femmes et les hommes au milieu du processus d’élaboration des politiques pour une gouver- nance politique participative effi- cace et efficiente. Il est vrai que le ministère fait face à de nombreuses difficultés conjoncturelles et aussi des contraintes d’ordres financiers qui ne lui permettent pas toujours de réaliser certains projets, mais ses réalisations s’inscrivent tou- jours dans un cadre à renforcer sa structure et à agir sur la condition féminine, promouvoir et défen- dre les droits des femmes, afin d’avoir une société juste, égalitaire qui favorise un développement équilibré entre les hommes et les femmes dans toutes les sphères de la société. 10 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 ÉCONOMIE ÉCONOMIE–GENRE Le MCFDF : quelle politique d'intégration des femmes dans toutes les sphères de la société ? Par Marie Paul Isabelle Théosmy Le rôle principal du Ministère à la condition féminine et aux droits de la femme est un rôle normatif et régulateur / www.communication.gouv.ht En dépit du fait que les femmes représentent 51,8 % de la population haïtienne, leur condition d’existence que ce soit au niveau économique, sociale ou politique, accuse de sérieux déficits. L’inégalité entre homme et femme reste l’un des obstacles majeurs dans le développement équitable en Haïti.
  11. 11. MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 11 ÉCONOMIE L es économies africaines con- naissent une croissance soutenue depuis les 15 dernières années. Indicateur indiscutable de cette évolution, l’accroissement du PIB de l’Afrique subsaharienne de 5% par an depuis 2000. Fait nouveau, cette croissance est désormais endogène et fortement portée par le secteur privé. Les efforts croisés des pays afric- ains pour le développement des infrastructures, l’amélioration de l’approvisionnement en énergie et la stimulation des échanges intra-africains participent directe- ment à la pérennisation de cette croissance soutenue, qui a vu l’émergence de nouveaux acteurs dont les besoins vont désormais au-delà de la microfinance tradi- tionnelle, mais qui restent margin- alisés par la majorité des banques. Animé par la ferme volonté de lutter contre cette forme crois- sante d’exclusion financière, l’Ivoirien Jean-Luc Konan a créé un groupe financier spécialisé dans le financement de ce gap existant entre la micro et la macro- finance. C’est ainsi que le groupe Cofina est né avec pour princi- pal coeur de cible la mésofinance que les Anglo-Saxons appellent le missing middle, ce chaînon man- quant qui représente près de 90% des emplois productifs dans nos économies. Interrogé par Les Afriques, Jean- Luc Konan nous explique que « l’objet principal de la méso- finance est d’offrir aux PME, entrepreneurs et particuliers des classes émergentes, des produits et des offres de services en phase avec leurs attentes. La mésofi- nance est donc une réponse efficiente apportée à ce nouveau paradigme des marchés émer- gents africains». Offensive sous-régionale Aujourd’hui, l’offre financière va s’étoffer de nouveaux acteurs dont le coeur de métier princi- pal est clairement positionné sur cette clientèle. Déjà présent au Sénégal, en Gui- née-Conakry et très prochaine- ment dans plusieurs autres pays de la sous-région, dont la Côte d’Ivoire, le groupe Cofina con- firme ses ambitions d’aller à la conquête de nouveaux horizons. Il ne se fait pas d’illusion que grâce à une connaissance appro- fondie des économies locales et à des produits adaptés aux besoins de cette clientèle, il est possible de participer effi- cacement au développement de nos économies émergentes en soutenant un secteur jusque- là jugé trop risqué pour être financé. S elon le magazine américain « Forbes 2015 », parmi les hommes les plus riches de la planète figurent des milliar- daires d’Afrique anglophone ou du Maghreb comme le Nigéria, l’Afrique du Sud, l’Egypte. Sans surprise, l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote (photo) conserve son titre de l’homme le plus riche sur le conti- nent, donc occupe la première place, qui sera suivi par un Egyptien. Au niveau mondial, l’Américain Bill Gates reste à la tête du classe- ment, une position qu’il a tenue 16 fois au cours des 21 dernières années. Sa fortune s’est encore accrue de 3,2 milliards de dol- lars sur un an pour se chiffrer à 79 milliards de dollars. Il est talonné par le Mexicain Carlos Slim qui conserve la deuxième place, et Warren Buffett revient à la troisième place, ravissant son titre au créateur de Zara, Amancio Ortega, désormais quatrième. Warren Buffett est d’ailleurs celui qui s’est le plus enrichi au monde l’an dernier. Le magazine américain a recensé 1 826 milliardaires, ce qui con- stitue un record absolu depuis 30 ans. Ces milliardaires accaparent 7 000 milliards de dollars, soit 10% de plus que l’an dernier. Ce sont 290 personnes qui ont rejoint ce club, certains plus jeunes que jamais. L’agence Ecofin souligne pour sa part que ce classement 2015 a beaucoup été influencé par la bonne tenue du secteur des tech- nologies et la hausse du dollar par rapport à l’euro, qui ont renforcé la position des Américains. Ces derniers sont 536 à y figurer, suivis des Chinois (213), des Alle- mands (103), des Indiens (90) et des Russes (88). La montée en puissance d'un nouveau service financier alternatif en AfriquePar Ismael Aidara / Les Afriques Forbes 2015 : 29 Africains figurent dans les rangs des milliardaires Source : Africatopsuccess MÉSOFINANCE Porté sur les fonts baptismaux il y a moins d’un an, par une équipe de jeunes dirigée par le banquier entrepreneur Jean-Luc Konan, le nouveau groupe financier de mésofinance, dénommé Cofina, spécialisé dans le financement du gap existant entre la micro et la macro-finance, fait sa mue. La mésofinance veut offrir aux PME, entrepreneurs et particuliers des classes émergentes, des produits et des offres de services en phase avec leurs attentes / © LesAfriques L’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote (photo) conserve son titre de l’homme le plus riche sur le continent / africatopsuccess.com
  12. 12. 12 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 ÉCONOMIE RÉSONANCES Afrique - Pétrole brut : face à la chute des coûts, les pays africains prônent une baisse de la production Les pays africains producteurs de pétrole, ont appelé Abidjan à une baisse globale de la production de l’or noir afin de stabiliser les coûts sur le marché mondial, dont la chute impacte négativement leurs économies. Exprimant sa « profonde préoccupation face à la chute des coûts du pétrole brut », l’Association des producteurs africains de pétrole (APPA), a « exhorté » les pays membres à adhérer à cette initiative lancée par l’Angola et l’Algérie, respec- tivement deuxième et troisième producteur de pétrole en Afrique derrière le Nigeria. La chute des coûts « met à mal les économies des pays, avec des risques de crise sociale, si elle devait se poursuivre encore longtemps », a déclaré Ousmane Doukouré, un cadre du ministère ivoirien du Pétrole. L’expert inter- national nigérien en énergie et pétrole, Mahaman Laouan Gaya, a été nommé Secrétaire exécutif de l’association. Cet ancien secrétaire général du ministère nigérien de l’Énergie et du pétrole, est diplômé de l’Institut de pétrole et de chimie d’Azerbaïdjan. Cote d'Ivoire : Le plus grand gisement aurifère bientôt en exploitation L’opérateur britannique Amara mining a découvert en Côte d’Ivoire un gisement d’or de 6,8 millions d’onces considéré comme le plus grand gisement aurifère du pays et n’attend plus que l’autorisation de l’Etat pour son exploitation. Amara mining, bénéficiaire de deux permis de recherche minière a découvert le gisement près du village d’Angovia, entre les locali- tés de Yamoussoukro et de Bouaflé (centre-ouest, 300 km d’Abidjan) pour des investissements estimés à 38 millions de dollars entre juin 2011 et décembre 2014. A terme, la mine va produire environ 300 000 onces par an pendant une dizaine d’années et créer environ 600 emplois directs. Canada : aide aux diplômes en sciences Le gouvernement Harper accorde un nouveau soutien pour aider les diplômés en sciences à obtenir de bons emplois. Le programme de stages pour les jeunes Horizons Sciences vise à offrir aux diplô- més postsecondaires l’occasion d’acquérir une expérience qui les préparera à décrocher des emplois intéressants et bien rémunérés dans le domaine de la science de l’environnement. Au moyen de partenariats de col- laboration avec des organismes ayant reçu un financement dans le cadre du programme Horizons Sciences, des diplômés acquièrent une expérience pratique en prenant part à des stages dans le domaine de l’environnement d’une durée d’au moins six mois (24 semaines de travail). Réduire la paperasse pour les petites entreprises. L’Agence du revenu du Canada (ARC) prendra au cours des deux prochaines années un ensemble de mesures justifiées et concrètes afin de réduire davantage la paper- asse pour les entreprises. Ce plan d’action est la réponse de l’ARC aux commentaires qu’elle a reçus de petites et moyennes entrepri- ses de partout au Canada lors de consultations publiques qu’elle a menées en 2014 sur la réduction de la paperasse. Le plan d’action de l’Agence est axé sur la réduction de la paperasse là où l’effet serait le plus marquant pour les petites et moyennes entreprises. L’année dernière, l’ARC a consul- té des propriétaires de petites et moyennes entreprises, des commis comptables et des comptables dans plus de 20 villes partout au pays : de Surrey, Québec et St. John’s à Whitehorse, Yellowknife et Iqa- luit. Les participants ont donné leur rétroaction en personne, en ligne et par écrit quant aux moyens que l’Agence pourrait prendre pour réduire le fardeau administratif auquel les petites et moyennes entreprises font face pour respect- er leurs obligations fiscales. Le commerce entre la Chine et la Russie réglée en yuan La Russie et la Chine ont l’intention d’augmenter le montant des échanges établis en yuans, a déclaré le président Vladimir Pou- tine dans un discours qui a été accueilli favorablement par les autorités chinoises, qui veulent utiliser leur monnaie plus large- ment dans le monde entier. Sous l’impulsion de leurs relations souvent tendues avec les États- Unis, la Russie et la Chine ont longtemps préconisé la réduction du rôle du dollar dans le commerce international. « Dans le cadre de notre coopéra- tion avec ce pays (la Chine), nous avons l’intention d’utiliser les mon- naies nationales dans les transac- tions mutuelles. Les contrats à base de roubles et de yuans se mettent en place. Je tiens à souligner que nous sommes prêts à étendre ces possibilités dans nos transactions commerciales concer- nant les ressources énergétiques », a déclaré M. Poutine à l’époque, ce qui suggère qu’à l’avenir, la Russie pourrait chercher à régler les ventes de pétrole en yuan. Les pays africains producteurs de pétrole ont appelé à Abidjan à une stabilisation des cours sur le marché mondial, dont la chute impacte négativement leurs économies / abidjan.net/
  13. 13. MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 13 JUSTICE Apatridie: quand et comment ? Par Eddy Laguerre L’apatridie est la situation d’une personne qui se retrouve sans nationalité ou citoyenneté. Ce concept juridique qui entre dans le champ du droit international privé, est aujourd’hui très à la mode en Haïti, pour au moins deux raisons. D’abord à cause du rapatriement de ressortissants haïtiens et dominicains engagé par la République de Danilo Medina, suite à l’arrêt 168/13 de la Cour constitutionnelle de ce pays, qui viendra créer non seulement des réfugiés, des dépossédés et des appauvris, mais aussi des apatrides. Ensuite, au cours du processus électoral actuel, on a vu des personnes renoncer à une nationalité étrangère pour se porter candidates aux prochaines élections tandis que la nationalité haïtienne leur est refusée. Leur situation ne s’apparente t’elle pas à l’apatridie ? D ’un point de vue strictement étymologique, on peut dire que le mot « apatride », est formé d’un préfixe privatif (a), suivi du mot grec « Patris » qui sig- nifie « terre des ancêtres ». L’apatride est donc une personne sans patrie, une personne qui ne jouit de la pro- tection d’aucun État. Le lexique des termes juridiques dit que c’est un « individu qui n’a aucune nationalité » ; cette situation résulte généralement de la perte de nationalité d’origine, sans acquisition d’une nationalité nouvelle. On distingue l’apatridie de facto et l’apatridie de jure, mais cet article ne s’arrêtera pas trop à établir les lignes de démarcation, souvent complexes, entre ces deux types d’apatridie. Causes et conséquences de l’apatridie L’apatridie correspond exactement à la non-jouissance d’un droit pourtant fondamental : le droit à la nationalité, un droit reconnu par tous les grands textes de droit international, à commencer par la déclaration universelle des droits de l’Homme. L’article 15 de cette déclaration dispose que : « Tout individu a droit à une nationalité. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité. » L’esprit de cet article est repris dans des formulations à peine différentes dans plusieurs autres instruments internationaux tels la convention de 1954 prise par les Nations Unies sur le statut des apatrides, et des textes régionaux tels, la convention interaméricaine des droits de l’Homme ou encore la convention européenne sur la nationalité. L’apatridie affecte automatiquement la jouissance d’autres droits fondamentaux de la personne victime, tels le droit à l’identité, le droit de vote, le droit de résider et de circuler dans son pays, et même parfois le droit à l’éducation et au logement. En dépit des efforts longtemps entrepris par des organismes internationaux, dont les Nations Unies, les législations des pays ou parfois des mesures clairement discriminatoires prises contre des minorités, continuent d’augmenter le nombre des 12 millions d’apatrides existant actuellement dans le monde, selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Plusieurs causes peuvent être à la base de l’apatridie. Pour n’en citer que trois, on peut dire que l’apatridie peut résulter d’un conflit entre les législations de plusieurs pays notamment le pays d’origine des parents et le pays de nais- sance de l’enfant. C’est le cas par exemple, d’un enfant né dans un pays ne reconnaissant que le droit du sang alors que ses parents vien- nent d’un pays qui n’accepte que le droit du sol. Une deuxième cause de l’apatridie est la déchéance de la nationalité, mesure prononcée, souvent sous la base de motivations discriminatoires, par des instances nationales. Au moment de la nais- sance de certains États, les législa- tions font aussi perdre leur nation- alité à des groupes ou à des ethnies en particulier. L’apatridie peut aussi être causée par une défaillance administrative, dans le cas d’une personne qui n’a pas pu obtenir son acte de naissance de la part des autorités établies à cet effet. Même si on en parle peu, on com- prend que cette forme d’apatridie a toujours été présente en Haïti, particulièrement dans le milieu paysan, où l’on trouve des citoy- ens dépourvus de tout document d’identité. L’UNHCR fait remarquer en ce sens que : « l’incapacité à établir la nationalité comporte les mêmes conséquences que l’absence totale de nationalité ». Des apatrides en Haïti ? Si l’apatridie est décrite comme l’absence de tout document établis- sant un lien entre un individu et un État spécifique, dans le cas d’Haïti on se demande si la situa- tion d’un apatride ne peut pas trop facilement se régulariser, même en dehors de la loi. En plus de la non- numérisation des données liées à l’identité des personnes jouissant légalement de la nationalité haïti- enne, il y a aussi en Haïti la possi- bilité pour des individus de se pro- curer certains documents comme des actes de naissance, en violation des dispositions prévues par la loi. De plus, depuis l’arrêté présiden- tiel du 16 janvier 2014 pris par le président Michel Martelly, il est accordé un délai de cinq ans à « toute personne » dépourvue d’acte de naissance de le réclamer auprès d’un officier d’état civil, par le biais de ses parents ou à défaut par un « tiers habilité par la loi ». Il est donc évident que des étrang- ers, notamment des Dominicains, peuvent aujourd’hui profiter des avantages ponctuels de cet arrêté pour réclamer un acte de nais- sance haïtien, ce qui leur permet- tra ensuite de réclamer une carte d’identification nationale (CIN). Avec ces deux actes, la personne jouira bel et bien de la nationalité haïtienne, tant qu’on ne pourra prouver que cette déclaration tar- dive de naissance a été entachée de mensonges, notamment sur la nationalité de ses parents. Ainsi dans l’état actuel des moyens tant légaux que logistiques dont dis- pose les autorités haïtiennes pour l’enregistrement de ses ressortis- sants, s’il est vrai qu’une personne peut arriver le sol d’Haïti en situa- tion d’apatridie, il faut se demander si elle ne deviendra pas rapidement haïtien, avec ou sans la loi. Comment obtenir un acte de naissance en Haïti Par Eddy Laguerre L ’Acte de naissance est le pre- mier acte de l’état civil dans la vie d’une personne. Il permet, entre autres, d’établir la nation- alité. Mais la législation haïtienne fixe des conditions précises ainsi qu’une procédurededéclarationdenaissance. Le code civil haïtien fait obligation aux parents de déclarer la naissance de leurs enfants le plus rapidement possible après leur naissance, soit un délainedépassantpasdeuxans.Passé ce délai, il s’agit bien d’une déclara- tion tardive de naissance. En général, cette déclaration ne peut se faire sans un jugement du tribunal de première instance autorisant un officier d’état civilàrecevoirladitedéclaration.Mais aujourd’hui, en vertu d’un arrêté pré- sidentiel pris le 16 janvier 2014, la procédure pour faire une déclaration tardivedenaissanceaétésimplifiéece, jusqu’à2019.Ilexistedonc,d’emblée, deuxcasdistincts,enmatièrededécla- ration de naissance en Haïti. 1) Acte de naissance pour l’enfant qui vient de naître (moins de deux ans) Il peut s’agir d’une déclaration mère ou d’une déclaration père. Dans l’un ou l’autre de ces cas, le parent se présente au bureau de l’officier d’état civil de leur lieu de résidence ou du lieu de naissance muni des pièces suivantes : - Carte d’identification nationale du père et/ou de la mère - Acte de mariage des parents (le cas échéant) LEDROITAUBOUTDES DOIGTS - Certificat de naissance délivré par l’hôpital ou la sage-femme ayant procédé à l’accouchement (N.B. Dans la majorité des cas, les actes de naissance sont dressés sans ce certificat qui n’est d’ailleurs que rarement délivré par les hôpitaux). 2) Acte de naissance pour un adulte ou tout enfant de plus de deux ans En vertu de l’arrêté du 16 janvier 2014, les personnes de plus deux ans qui n’ont jamais eu d’acte de naissance ont jusqu’à janvier 2019 pour régulariser leur situation. Leurs parents biologiques ou un tiers habilité par la loi peut se présenter devant l’officier d’état civil pour déclarer leur naissance. Dans la pratique, les étapes pour faire une déclaration tardive se présente comme suit : - La personne dépose sa carte de baptême au bureau des Archives Nationales ou dans l’un de ses relais ; - Le Bureau des Archives Nationales délivre un certificat négatif, attes- tant qu’après recherche dans ses archives, elle n’a pu trouver dans ses registres aucune déclaration de naissance préalablement faite pour cette personne ; - Avec le certificat négatif, la per- sonne accompagnée de ses par- ents biologiques ou d’un « tiers habilité par la loi » se présente au bureau d’un officier d’état civil pour réclamer son acte de naissance en vertu de l’arrêté du 16 janvier 2014. Il faut souligner que les démarch- es décrites ici, sont certes celles prévues par la loi, mais peuvent subir des dérogations diverses dans la mise en application des disposi- tions légales par les officiers d’état civil. Un acte de naissance peut, par exemple, être obtenu même sans la soumission de ces actes ci-dessus indiqués. Aussi, s’il est vrai que la présence du bébé est recommandée au moment de la déclaration de naissance, il demeure que la majorité des décla- rations se font en l’absence de ce principal concerné.
  14. 14. 14 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 SOCIÉTÉ L.N. : Le contexte politique était aussi survolté. Cela n’était pas facile. Quel a été le soutien finan- cier le plus solide qui vous a permis de réaliser la Fondation? M.D.P.L. : Notre principal soutien financier a été, reste et demeure la Open Society Foundations (OSF) créée dans les années 80 par le philanthrope George Soros. Mais FOKAL est une fondation nationale et pas une branche de OSF. Cela signifie que nous avons pu obtenir des financements de plusieurs bail- leurs tels que l’Union européenne, l’Agence française de développe- ment, les ambassades accréditées en Haïti, l’UNESCO, Pain pour le monde, et j’en passe. L.N. : Peut-on savoir combien cela a coûté pour l’achat du terrain, puis la construction de l’immeuble? M.D.P.L. : En 2000, le terrain de l’Avenue Christophe nous a coûté US$135 000. La construction de l’immeuble a coûté US$800 000 lorsque nous y avons pris logement en 2003. Il faut dire que notre choix était de ne pas dépenser dans des finitions qui généralement sont chères. Pas de revêtement des pil- iers et colonnes, pas de mosaïque, pas de faux plafond etc. L.N. : Quelle firme, quel architecte ont travaillé à la mise en place de cette structure qui, si ce n’était la façade, ressemblerait à la postmo- dernité du Beaubourg à Paris? M.D.P.L. : L’architecte Gaylord Esper a conçu et supervisé l’exécution. Son épouse, Geneviève Esper, dont le nom d’artiste est Iris, a conçu et réalisé tous les ouvrages en métal (les portes et le magnifique escalier en colimaçon sur le parvis). La con- struction a été faite par la firme GJ Construction. Nous avons approuvé le projet proposé par l’architecte d’une structure métallique ren- forcée de béton armé. Elle a bien résisté au tremblement de terre du 12 janvier 2010. L.N. : Quelles sont, selon-vous, les meilleures manifestations culturel- les à avoir eu lieu à la FOKAL? M.D.P.L. : L’exposition en 2004 des tableaux et textes d’artistes et écrivains haïtiens, offerts par l’UNESCO sur les droits Humains; le colloque régional en partenar- iat avec ATD Quart Monde sur le thème « La démocratie à l’épreuve de la grande pauvreté », tenu en 2008 ; les rencontres Congo-Haïti sous la direction de Carlo Célius en 2005 ; les rencontres québécoises en 2013 en partenariat avec les Edi- tions Mémoire d’Encrier ; l’annonce de l’élection de Dany Laferrière à l’Académie française en 2013 ; le Festival de Théâtre Quatre Chemins tous les ans en novembre depuis 2003, les lectures mémorables de Jean-René Lemoine, les concerts de « Desandann », Awozam, Beethova Obas, Emelyne Michel, RAM pour ne citer que ceux-là. L.N : On sait aussi que vous tra- vaillez à la réalisation d’un vaste projet: le Parc Martissant. Parlez- nous en ? M.D.P.L. : Le Parc de Martissant se pose comme l’élément moteur d’un modèle de développement d’un quartier urbain, autour du dernier boisé de la ville de Port-au-Prince, constitué de propriétés privées déclarées d’utilité publique par décret présidentiel en date du 29 juin 2007. La création et la gestion du Parc de Martissant ont été con- fiées sur base contractuelle en août 2007 à la Fondation Connaissance et Liberté – FOKAL, institution qui a initié le projet auprès du Gou- vernement haïtien et de la munici- palité de Port-au-Prince. Outre le mandat de créer le Parc et d’y mettre en œuvre des projets à car- actère éducatif, scientifique, envi- ronnemental et culturel, FOKAL a pu définir, planifier et coordonner des activités dans le quartier avec des partenaires sur le terrain, et des bailleurs de fonds en plus de OSF, qui ont bien voulu y croire. J’encourage tout le monde à visiter le parc, ce « jardin de la beauté », comme a si bien dit Dany Laferri- ère lorsque nous l’y avons conduit l’année dernière en compagnie de Lilian Thuram. Le parc comprend un « Mémo- rial » en hommage aux victimes du séisme, c’est un jardin ouvert au public et très fréquenté ; le Centre culturel Katherine Dunham à l’arrière duquel nous avons con- struit un jardin de plantes médici- nales (les deux conçus par la firme Espace et Structure des archi- tectes Galvan); un jardin potager communautaire pour développer l’agriculture urbaine dans le quarti- er ; et, cette année, nous travaillons à l’aménagement de la propriété sur laquelle se trouvait l’ancien hôtel Habitation Leclerc. Nous constru- isons également un centre de res- sources communautaires pour les habitants et organisations du quart- ier. Dès le début, nous avons établi des relations avec les communautés des sous-quartiers autour du parc à Martissant, sachant que le parc ne sera viable que si la population se l’approprie. Espaces de parole, projets d’amélioration des condi- tions de vie, création d’emplois, et autres prestations représentent nos engagements dans le quartier. A cela, nous avons également joué le rôle « d’interface » entre les organismes d’Etat et les habitants du quartier pour que ces derniers bénéficient de certains services publics. Excellent modèle d’espace public pour les centaines de quartiers précaires de la capitale et de nos principales villes de province ! L.N. :Votre passage comme Premier ministre du gouvernement de René Préval ne vous a-t-il pas laissé un malaise de femme moderne, n’a t il pas ralenti votre élan dans le domaine de l’encadrement culturel et laissé chez vous un peu de désil- lusion de ce qui peut être fait posi- tivement sur le plan politique? M.D.P.L. : Cette expérience m’a beaucoup appris et l’important pour moi a été d’en sortir la tête haute. Ce qui fut le cas. Je m’en trouve raffermie dans mes convic- tions citoyennes, avec une idée plus claire de qui sont mes vrais amis. L.N. : Haïtienne, intellectuelle, nationaliste, comment, aujourd’hui, voyez-vous la capitale haïtienne saccagée par le séisme du 12 jan- vier 2010? M.D.P.L. : Comme tous ceux qui ont vécu la catastrophe, j’en garde un souvenir terrible. J’ai perdu des collègues, amis/amies, et cela a pris du temps d’en faire le deuil. Haïti a perdu des intellectuels, des militants, des citoyens/citoyennes que nous ne finissons pas de regret- ter. Cependant, cinq ans plus tard, on se rend compte que nous avons perdu une occasion, encore une, de provoquer une transcendance qui permettrait de se hausser au-dessus des luttes stériles et des intérêts personnels qui semblent encore une fois dominer et envahir tout le champ politique. La population attendait un moment symbolique- ment fort qui n’est pas venu. Elle a pansé ses blessures toute seule et est retombée dans la débrouil- lardise qui est son lot depuis trop longtemps. De notre côté, dans cette capitale quasi-détruite, nous avons voulu faire acte de mémoire, établir un pont entre passé, présent et futur en nous engageant avec des parte- naires tels que l’ISPAN, l’Institut du Patrimoine Wallon, le World Monuments Fund dans la création d’un chantier-école pour la forma- tion d’artisans de la restauration des maisons « gingerbread », une architecture tout à fait originale, adaptée aux conditions climatiques et environnementales du pays. A noter que même lorsque des mai- sons gingerbread ont été endom- magées, elles n’ont tué personne. L.N. : On sait que vous croyez en nos potentialités culturelles. En est-il de même pour notre vécu politique actuel? M.D.P.L. : Oui, je crois que la cul- ture porte en elle des éléments émancipateurs, et dans notre pays, elle contribue à donner une image autre du pays que celle de la misère, de la violence ressassée ad nauseam par les médias. En cette année 2015 seulement, nous avons eu à date, l’exposition d’œuvres plastiques au Grand Palais à Paris, l’exposition des œuvres de Hervé Thélémaque à Beaubourg, le prix Fémina à Yanick Lahens, l’entrée de Dany Laferrière à l’Académie française, pour ne citer que cela sur le plan international. Mais pour ce qui est de « notre vécu politique actuel », je ne peux que souhaiter qu’un jour nos jeunes cessent de fuir ce pays, qu’ils étudient son his- toire, sa géographie, ses relations internationales, en sachant qu’Haïti est dans le monde et qu’il faut aussi s’ouvrir sur le monde. Alors, peut- être que la politique prendra son vrai sens, celui de l’intérêt collectif de la cité, bien commun. Mais on en est encore loin, très loin. L.N. : LE NATIONAL vous dit bonne fête et à Lorraine Mangonès l’inséparable amie et collaboratrice et à tout le personnel. Souhaitez- vous boucler une autre vingtaine d’années dans un espace urbain mieux harmonisé? L.N. : Je remercie Le National à qui je souhaite plein succès, et vous remercie également de votre inté- rêt toujours soutenu pour FOKAL et pour nos activités. Au cours des vingt dernières années je me suis passionnément investie dans mes divers champs d’action, surtout dans les programmes de FOKAL, j’ai parcouru ce pays essayant de comprendre, d’apprendre, de donner aussi. Aujourd’hui je suis fière que la relève s’engage. Dans vingt ans je ne serai plus, ce sera son tour de faire le bilan. Michele D. Pierre Louis : « J'ai appris à connaitre mes vrais amis... » Propos recueillis par Pierre Clitandre FOCUS Suite de la publication du mardi 23, numéro 23 Dans cette seconde partie, Madame Michèle D. Pierre Louis donne des précisions sur George Soros, le coût de la construction de la Fokal, le projet du Parc de Martissant, ses « vrais amis » qu’elle a appris à connaitre et sur son espoir dans la future génération.
  15. 15. MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 15 SOCIÉTÉ L isa et moi sommes copines depuis l’enfance. Nous avons habité la même cour durant un certain temps. Depuis deux ou trois années, je suis la confidente de ses exploits et de ses « kout ba » aux garçons haïtiens. Son père a abandonné sa mère et ses trois enfants. La pauvre femme grouille assez bien avec la vie afin d’assurer l’éducation de sa progéniture. Malgré mes conseils, elle a passé sans succès les examens de rhéto. Lisa a décidé de dire Bye ! Bye à l’école et à l’université. Les seules études qui comptent maintenant pour elle, c’est d’être une « limena » en rasant la tête des garçons. Elle gère plusieurs mecs à la fois et répète assez souvent : plus de copains, plus d’argent. A bas au syndrome « razeur » ! Chaque semaine, elle arrive toute pimpante à la maison avec un « zen » bien chaud, un long monologue qui peut bien durer deux à trois heures : Je ne sors plus avec untel ; il n’est pas assez présent ; le nouveau est très dépensier ; je pars en République dominicaine avec mon capois et bla bla bla !!! Dès que j’essaye de lui tirer les oreilles, elle m’envoie balader avec son mot de passe : « Fok ou brase lari a pitit ». Sa mère, quoique écœurée, garde le silence, car grâce à Lisa, la maison peut mâcher la bouche des fois, le loyer peut être payé à temps, sans oublier la scolarité de ses cadets. Un matin, Lisa a atterri à la maison, la mine sombre. Sans détour, elle m’a annoncé qu’elle attendait un bébé et que le père lui était incertain. Elle avait un diaspora qui l’aimait et qui était prêt à l’épouser, donc, elle ne garderait pas le bébé. Devant ma stupéfaction, elle a ajouté en (tyupant) : « J’aurai le temps de faire autant d’enfants que je veux. Mwen pa ka rate rezidans sa a pitit. » Lisa et sa résidencepar Nancy Constant Les banques en Haïti, véritable casse-têtepar Stéphanie Balmir HAÏTISOCIÉTÉ Pour faire une simple transaction à la banque, il faut deux à trois heures de patience. En plus du stress engendré par l’insécurité grandissante, le service dans les banques haïtiennes laissent à désirer. Qui n’est pas au courant du taux d’insécurité ? Qui n’a pas peur des banques dans le contexte actuel ? Mais surtout, qui est satisfait du service offert ? A en croire les publicités et les slogans divers, l’on pourrait penser que l’on devient un citoyen complet, moderne, en devenant le client d’une banque de la place. Par ailleurs, que ce soit sur demande d’une institution, ou par suite d’une décision personnelle mûrement réfléchie, il semble que l’on se complique la vie dès que l’on commence à fréquenter ces institu- tions « oh combien prestigieuses » selon l’avis de certains ! Prestige ? Idéal ! Construction ! Dans cette succursale, tout est calme. L’accueil est vide, hormis l’agent de sécurité, placé devant la porte, qui répète à chaque client une litanie qui ne le fatigue sûre- ment pas : fèmen telefòn pou nou silvouplè. Une télé muette diffuse des images d’un film sanglant. Deux agents de sécurité font le va et vient qui justifie leur présence. Quelques clients sont assis sur des chaises placées le long d’un mur. Un homme, superviseur sans doute, lunettes de soleil et veston élégant, se promène et regarde de temps à autre les clients qui font la queue. Les activités vont au ralenti. Malgré l’existence de six guichets, deux caissières unique- ment doivent servir les 35 clients collés les uns aux autres. Heu- reusement, la climatisation est au point fixe. Sinon cette concen- tration humaine et cette chaleur n’auraient pas fait bon ménage. Le service laisse à désirer. Peu importe l’échantillon choisi, les banques ne fonctionnement selon aucune norme. Le service rapide et garanti, l’accueil chaleu- reux ne dépassent pas les jingles promotionnels. Une jeune fille témoigne : Dès que je sais que je vais à la banque, j’ai tous les problèmes du monde. Je suis contrariée et stressée. En plus de l’insécurité, le service est médio- cre. Lig nan pa ta pwoblèm non, se solèy la ak jan moun sa yo pa gen pasyans ak kliyan ki pi deranje m. En effet, certaines banques de la Capitale laissent les clients sous le soleil. Question de ne pas encombrer l’espace. Mais cela ne change rien selon l’avis de cette jeune femme qui doit à chaque fin de mois payer son écolage à la banque. Le plus dérangeant n’est pas de faire la queue. Car l’on pourrait suivre la ligne en gardant l’espoir de finalement passer à la caisse. Fruit d’une attente des plus ennuy- euses. Ce qui abhorre les clients est le « pati pri ». Ces clients qui débarquent et qui repartent sans faire la queue. L’étudiante continue : Le plus dur dans tout cela, c’est qu’après tant de patience sous un soleil de plomb, quelqu’un vient, rentre et ressort comme si de rien n’était. Comme si c’était normal qu’il soit servi avant ceux qui ont patiemment attendu. Il suffit qu’il ait un cos- tume ou descende d’une voiture officielle. Il y a une complicité entre ces gens et les agents de sécurité sur laquelle les adminis- trateurs doivent se pencher. Selon elle, il faut également que les clients pensent à remplir leur fiche chez eux. Parce qu’il n’y a pas possibilité de remplir sa fiche de transaction en toute intimité. Lè w ap ranpli fich la, kou w prèske kase tèlman w ap veye si moun dèyè w la pap gade. Selon l’avis de certaines gens, n’étaient la technologie et les nouvelles méthodes de paiement, quelqu’un ferait mieux de garder son argent chez lui. Parce que la banque n’est pas le meilleur endroit. Personne n’est jamais à l’abri d’un vol. Les banques, de nos jours, sont des endroits dont tout le monde a peur. En plus de l’insécurité flagrante, il faut s’armer de sang-froid et de patience devant l’impolitesse et la rogne de cer- tains caissiers. Il faut vraiment penser à des stra- tégies efficaces pour améliorer le service au sein des banques. Parce que toutes ces institutions, éta- tiques ou privées, sont encore très loin de la réalité, mais surtout du service étoilé dont elles font mention à longueur de journée.
  16. 16. 16 | N0 24 MERCREDI 24 JUIN 2015 SOCIÉTÉ S ur près de 11 millions d’habitants, 30% est âgé entre 15 à 25 ans. Tandis que les moins de 20 ans représen- tent plus de la moitié de la popula- tion totale d’Haïti selon les dernières estimations de l’Institut haïtien de statistique d’informatique (IHSI). Le constat s’impose : les adolescents et les jeunes représentent un potentiel important pour le développement du pays.Cependant,fauted’encadrement et d’assistance sociale, la grossesse précoce fait rage surtout dans les coins les plus reculés du pays. Elle se présente comme un défi majeur qui entrave le développement per- sonnel de milliers d’adolescentes et leurs familles et par ricochet, l’avenir d’Haïti. A Plaisance, une commune du département du Nord, les jeunes filles-mères sont très nombreuses. Fedlyne est aujourd’hui une jeune maman. Elle a eu sa fille à 17 ans. Elle était alors en 9e année fondamentale. Depuis, elle a dû abandonner l’école pour s’occuper de sa fille avec le support irrégulier du père qui fait de petits boulots en République dominicaine. Aujourd’hui elle a 22 ans. Elle ressemble encore à une enfant. Physiquement et intellectuellement, elle n’a pas beaucoup évolué. Selon une étude réalisée sur la mortalité,lamorbiditéetl’utilisation des services du ministère de la Santé publique et de la Population (EMMUS V, 2012), une adolescente, âgée entre 15 et 19 ans, sur sept a déjà commencé sa vie reproductive. Onze pour cent d’entre elles ont déjà eu au moins un enfant. En résumé, sur 1 000 filles âgées entre 15 à 19, soixante-six (66) ont eu au moins une grossesse précoce en Haïti. Et, ces faits concernent davantage les femmes en milieu rural. Selon les données de EMMUS V, les femmes des milieux ruraux donnent naissance, en moyenne, à 1.9 enfants de plus que celles qui vivent en milieu urbain. Education-Grossesse précoce-Prostitution juvénile Dans le livre blanc sur la condition féminine du ministère à la Condition féminine, la grossesse précoce est indexée comme un important facteur d’abandon scolaire chez les filles. Et les données montrent aussi que la fécondité est plus élevée chez les femmes peu éduquées. Les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont, en moyenne, 1,8 enfants de plus que celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus. Pour le maire de Plaisance, Anthony Josaphat : pauvreté, grossesse précoce et prostitution juvénile, sont étroitement liées : « c’est l’incapacité des familles pauvres à nourrir leurs enfants qui poussent les jeunes filles vers une forme de prostitution maquillée », a-t-il déclaré. Il a en outre estimé que les enfants issus de grossesse précoce constituent des proies faciles pour la traite des personnes vers la République dominicaine en raison des conditions vulnérables de leurs familles. Télévision de mon pays, J’aurais préféré commencer ma lettre en te félicitant pour le travail que tu effectues dans le pays, mais sincèrement je ne peux pas atteindre un tel niveau d’hypocrisie. Tu ne fais pas grand-chose qui exigerait qu’on te félicite. Tu donnes seulement quelques informations à la population certaines fois. Même si c’est uniquement les infos à ton goût que tu diffuses. Faute de grives, on mange des merles et on est bien obligé. J’ignore ton niveau de conscience, télé de chez moi, mais j’aimerais bien te poser une question : qu’est- ce que tu fais dans le pays ? Quelle est ta fonction finalement ? Oh ne te fâche pas ! C’est juste une question ! Tu informes ? Mais je viens de te dire que tu ne le fais pas en toute objectivité comme tu le clames tous les jours. Tu réserves ton espace aux seuls politiciens. Ton espace est devenu leur agora. Mais que dis-je ? Ton espace est devenu leur ring. Et pourtant, il y a un social concret sous tes yeux. Celui qui concerne la bidonvilisation de nos centres urbains, les étudiants qui se nourrissent de pâtés « kòde ». Nos marchés publics. Nos trottoirs transformés en marché. L’absence de véritables stations de service au 21eme siècle en Haïti. Et j’en passe. Tu n’en parles pas télévision. Tu ne parles que de gouvernement. Parlement. Elections… Tu m’obliges à regarder chaque jour les mêmes figures qui répètent les mêmes choses. Tu occultes les informations utiles. Pourquoi ? Tu ne vas pas me dire, télévision, que l’argent est ta seule motivation ! Non de Dieu ! Ta fonction est donc de former ? S’il te plaît ! Cesse de mentir. Tu n’as même pas une programmation. Parle-moi des programmes que tu diffuses. Ah ok ! Tu diffuses : questions pour un champion, money drop, ce n’est pas sorcier… pas mal. Ce sont de très bons programmes. Mais ils ne sont pas à toi ! Alors tu produis quoi ? En ce sens, ta fonction serait de divertir ? C’est peut-être pour cela que tu diffuses tout le temps des vidéos clips, des films, des feuilletons, des séries… Et tu diffuses n’importe quoi. Tu n’as aucun problème de diffuser des clips- petite scène de porno modérée. Sur quelle base les diffuses-tu ? Ce n’est peut-être pas tout à fait ta faute. L’Etat devrait tout de même avoir une politique culturelle. Il y a un monsieur l’État ? Ben, qu’on l’applique car ça urge. Tu as conscience que tu contribues grandement à corrompre nos enfants, télévision ? Je veux te signaler également que tu nous bombardes de trop de publicités. Mais, pauvre diable ! Tu ne peux rien sans la publicité. Néanmoins, tu dois savoir que ta publicité est mensongère, elle porte préjudice aux moins âgés, elle est immorale… ta publicité normalise le vol, elle vend le sexe, elle prône la violence… et pourtant, la population ne connait pas la signification des panneaux indicateurs, des feux de signalisation ; les dangers liés au tabac, à la drogue, à l’alcool… ; la population ignore les conséquences des constructions anarchiques… Tu me donnes des feuilletons en abondance. Qu’est-ce que tu veux faire par-là ? Tu veux me présenter une alternative au mode de vie haïtienne ? Pourquoi tu me donnes à regarder Nikita, Prison break, Kyle XY, Heroes, Hawaii 5. 0… ? Tu veux encore me faire croire que l’étranger est plus fort que moi et que je ne vaux pas grand-chose ? Pourquoi tous ces films hollywoodiens à longueur de journée ? Ah je vois ! Le cinéma haïtien est pauvre. Nous n’avons pas suffisamment de talents. Tu ne pourrais pas au moins me laisser vivre mon haitienneté ? Bon, je préfère m’arrêter là. Je ne sais pas si mes écrits retiendront ton attention, mais je le souhaite malgré tout. On te regarde tout le temps télévision, je veux juste que tu prennes un instant toi aussi pour nous regarder. Un défi à l'épanouissement des femmespar Vantz Brutus Lettre à la télévisionpar Ritzamarum Zétrenne HAÏTISOCIÉTÉ/GROSSESSEPRÉCOCE
  17. 17. MERCREDI 24 JUIN 2015 N0 24 | 17 CULTURE L'évident paradoxe d'un réel imaginaire Par Joe Antoine Jn Baptiste « La Case vide », le dernier né du journaliste et poète Antoine Hubert Louis vient de paraître sous les presses des Éditions Rupture. C’est un roman-récit qui peut donner aux lecteurs l’impression de prendre contact avec un texte voulant épouser une vision spirale. HAÏTICULTURE/LACASEVIDE/ROMAN « La Case vide » se présente sous la forme d’un roman dont la dynamique se faufile dans une perception spirali- ste. Antoine Hubert Louis semble vouloir créer une autre dynamique. Celle qui perd le lecteur dans des détails pour le rattraper un peu plus loin par via des analyses et réflex- ions. L’auteur s’appuie sur toute une série d’évènements, de faits sociaux, d’histoires et d’anecdotes tirés du réel haïtien. Ainsi arrive-t-il à aider le lecteur à saisir la dimension absurde de ses concitoyens toujours en quête de pouvoir, à défier les mythes liés à la question de la divinité. La case vide est un retour sur l’homme haïtien avec ses stupidités, ses intentions barbares et son désir acharné de pouvoir. Le texte s’ouvre comme on ouvre un monologue. Au fur et à mesure que la phrasée prend sa forme, le lecteur peut avoir l’impression que c’est un roman ou un récit. L’impression d’un dialogue inter- générationnel entre l’auteur et son alter ego s’installe. Le débat est ouvert sur ce qui peut être un roman ou pas, un écrivain, un auteur, etc., un débat qui sort de nulle part, mais qui conduit quelque part. Ils parlent, discu- tent, s’interrogent sur un éven- tuel support mutuel pour pouvoir s’approprier les arts de la plume, du discours. Ils émettent leur opinion sur la littérature, sur l’existence de l’homme, les modes de gouver- nance haïtienne, la politique judi- ciaire et sur l’implication d’un dieu dans la culture collective. Il est surnommé Ami-lutin. Tantôt il est narrateur, sujet, personnage central du roman et/ou intermédi- aire entre le lecteur et Lemaître, un héros multidimensionnel, un homme mystérieux, un human- iste, un conteur et un mythe. Entre Lemaître et Ami-lutin, c’est plus qu’une relation père-fils, une intimité, une admiration et une complicité exagérée qui leur sert de prétexte pour conter des his- toires et les interpréter. Une complicité qui a traversé le temps, l’espace, et continue d’exister même après la mort de l’admiré du village. Lemaître Baron Lacroix Quatre branches. Il est ce personnage-auteur autour duquel se déroule toute l’histoire. Une histoire complice de mort et de vivant. Laquelle a donné nais- sance à la « Case vide » dans une case vide.Cette complicité qui donne une forme au roman ne se conforme pas à l’écriture classique du roman. D’ailleurs, le narrateur refuse de croire que son énoncia- tion peut s’approprier un quel- conque genre littéraire. Encore moins un roman. Son souci est d’écrire et de dire. Mais aussi réfléchir sur l’humain dans tous ses aspects. Et les deux complices du texte en sont d’avis. Les histoires s’enchaînent. Elles scrutent les évènements non encore cicatrisés dans la mémoire collective. Le rapprochement entre la mort d’un professeur d’université pour ses convictions politiques et un tremblement de terre devient une évidence. C’est là, le point de départ d’un évi- dent paradoxe pour appréhender autrement les faits socio-politi- co-économiques, historiques et mythiques du pays. C’est autour d’une série de faits divers que gravite et tournoie l’idée que Antoine Hubert Louis veut proposer. Une idée qui fait corps à ce texte. Un texte émail- lé d’un souffle poétique qui n’a rien à envier à la poésie dite moderne. Dans « La Case vide », tout s’entremêle pour conduire le lecteur dans un flou consensuel mais incontournable à la valeur de l’œuvre. Avec la publication de « La Case vide », Antoine Hubert Louis se confirme dans un autre registre. Une tournée et un award pour BéloPar Walcam A près un passage remarqué sur la scène Hydro-Québec des Francofolies de Mon- tréal, le 17 juin dernier, le chanteur haïtien du ragganga, Bélo, a mis le cap sur Paris. À Paris, la ville lumière, il avait rendez-vous pour d’autres con- certs le 19 et le 20 juin. Devant un public multiracial, au Pam Piper (only french), à Paris, au 11e arrondissement, Bélo a drainé du monde autour des impertinences de sa guitare. Il a mis dans sa voix la toute chaleur d’Haïti. Plusieurs autres artistes ont participé aux côtés du chanteur à cette fête. Bélo a reçu aussi, durant son pas- sage à Paris, un award. Il s’agit d’un prix de World Citizen Artist gagné grâce à sa dernière com- position « Citizen of the world » gravée sur son dernier opus Natif Natal. La remise de ce prix a eu lieu le 21 juin au club Bataclan à Paris, pour la fête de la musique. De plus, il est devenu ambas- sadeur de « Citizen of world » pour l’année 2016.Et d’après le représentant de Bélo en Europe, le chanteur reviendra en France, l’année prochaine pour jouer cette fois à Chaville. Bélo, qui rentre le 25 juin, a un rendez-vous à la Guyane française au début du mois de juillet. Profitant de ce voyage en terre étrangère, Bélo doit faire une petite tournée cette fois en Améri- que du Nord, avons-nous appris. Le 12 juillet, il sera au Madison Square Garden afin de partici- per au festival pour la fête de la Moquette. Et il restera à New York pour un autre spectacle le 17 juil- let. Sans repos, Bélo animera une exposition de la styliste Murielle Leconte à l’hôtel Royal Oasis le 18 juillet, quelques jours plus tard, le 24 juillet, il donne un spectacle à Sainte-Lucie. Décidément, Bélo ne chôme pas et c’est bon pour la musique haï- tienne. Bélo et Valerie Won.

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