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N26

  1. 1. » lire page 14 » P. 20 » P. 21 »   P. 4 CULTURE SPORT L a République dominicaine fout à la porte des centaines d’Haïtiens. Perdu dans les clameurs de notre Port-au- Prince chérie, on n’entend pas bien ce qui se passe, on se fait même la petite blague à ce sujet de temps en temps ; certains, indignés à l’extrême, tiennent les voisins dominicains en rancœur et exigent de l’État haïtien une réponse diplomatique musclée. Bon, entre l’État haïtien et une diplomatie forte, il y a plus qu’un gouffre, il n’y a aucune possibilité de rapports. L’État haïtien est faible, démesurément faible. Et les Dominicains ont regardé sous sa jupe. Aussi, en cette période, le dollar nous joue ses pires tours. Il faut dans les banques commerciales de la place pas moins de 52 gourdes pour acheter un dollar. » suite page 17 En ce bon vendredi 26 juin 2015, Lil Wayne et Chris Brown seront en Haïti pour se donner en spectacle. On dit qu’ils sont très excités à l’idée de venir ici. On leur a peut-être raconté qu’ici le soleil est beau et pimpant et que les habitants sont fort sympathiques et aiment bien ce qu’ils font comme artistes. On n’arrive pas à savoir combien les deux méga stars vont coûter au pays. Mais les rumeurs disent des choses, les rumeurs parlent de millions de dollars. Quand on sait que les deux méga stars sont parmi les artistes les mieux payés de la planète, on sait avec certitude qu’ils ne sont pas là pour empocher après concert 1 000 dollars Us chacun. Big O Production joue gros en ce temps de chacals. Movado entre concert et tourisme ! Par Walcam Haïti gagne mais perd la première place ! par Gérald Bordes La franc-maçonnerie : passage obligé vers le pouvoir ? HAÏTI / SOCIÉTÉ DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 NUMÉRO 26 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI HAÏTI / SPECTACLE ACTUALITÉ Le concert de l'impertinencePar Dangelo Néard Le feu de la Saint Jean. / Photo : J. J. Augustin Un livre blanc sur la sécurité et la défense nationale par Jean Michel Cadet
  2. 2. 2 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 TRIBUNE Décharge : « ce n'est pas tout de boire, il faut sortir d'ici »Par Louis M. Desrouleaux* O rdonnance du Juge des référés. Certains candidats confrontés au problème de décharge et se trouvant face à un parlement inopérant, édenté, ayant perdu sa capacité de leur donner satisfaction, se sont tournés vers le troisième pouvoir : le pouvoir judiciaire, en saisissant la juridic- tion des référés (au civil). De façon lapidaire je dirai que cette juridiction spéciale, s’occupe du provisoire et n’entend que les affaires urgentes. Vu la situation dans laquelle ils se trou- vent, les demandeurs ont bien choisi le juge devant lequel se présenter car en matière de décharge nous sommes en plein droit administratif et chez nous le référé administratif n’existe pas. La juridiction étant choisie, il faut maintenant savoir qui actionner. Cependant, avant d’entrer dans le vif du sujet, j’estime néces- saire, impératif même, d’attirer l’attention du lecteur sur le fait que nous sommes en matière civile comme souligné plus haut. Par conséquent le principe qui domine l’instance civile, quelle qu’elle soit, est le principe du contradictoire. Ce dernier, selon la doctrine, « …veut que chaque partie soit en mesure de discuter les prétentions, les arguments et les preuves de son adversaire. » (Procédure Civile – Précis Dalloz). C’est l’expression du respect, par toute partie, du droit à la défense. Le non-respect de ce principe fait que la partie, qui n’a pu con- naitre les moyens de fait sur lesquels l’autre partie fonde ses prétentions ainsi que les éléments de preuve qu’elle produit et les moyens de droit qu’elle évoque afin d’organiser sa défense, est réputée n’avoir pas été jugée. Le jugement à sortir dans ces cir- constances ne lui est pas oppos- able. D’ailleurs le juge lui-même ne peut retenir dans sa décision les moyens, les explications et les documents invoqués ou produits par une partie que si l’autre partie a été à même d’en discuter con- tradictoirement. La question est d’importance et c’est pourquoi je me permets d’appuyer sur la chanterelle. Cela étant dit, dans le cadre de cette affaire de décharge dont il est ques- tion dans cet article, j’affirme que pour que l’ordonnance des référés leur soit opposable il faut que : 1. À défaut du Parlement dont la dysfonctionnalité a été constatée dans le décret électoral, le Sénat soit assigné car le Parlement est l’institution chargée par la Consti- tution de donner décharge à cer- tains Hauts fonctionnaires ; 2. Le Conseil Électoral provisoire (CEP) soit assigné car c’est lui qui va appliquer l’article 90, alinéa h) du décret électoral ; 3. L’État aussi doit être assigné car suivant l’article 136 de la Constitu- tion « Le …Chef de l’État …assure le fonctionnement régulier des pou- voirs publics ainsi que la continuité de l’État. » Dans l’État actuel des choses le Chef de l’État peut donner décharge cependant, au lendemain du démantèlement du Parlement il avait promis que le seul décret qu’il prendrait serait le décret électoral pour permettre tenue d’élections dans le pays. À ce moment là, tout le monde avait applaudi. La théorie de la formalité impossible. Depuis le début du processus électoral, les politiciens utilisent en guise de remède de cheval, la théorie de la formalité impossible mais oublient d’en lire la posologie. Commençons par définir cette clé passe-partout du moment : c’est une théorie juridique qui permet de se dispenser d’un formalisme quand l’obstruction est orchestrée, contre toute attente, par les parties prenantes à un acte administratif. Pour les commodités de la compré- hension je soulignerai que la théorie de la formalité impossible est au droit administratif ce que le cas de force majeure est au droit civil. Il faut donc que l’impossibilité d’obtenir la décharge soit matérielle, absolue. Sommes-nous dans cette situa- tion ? Le Parlement étant devenu inopérant avant la promulgation du décret électoral, on se trouve confronté, en ce qui a trait à la décharge, à une impossibilité ex post facto (après coup). Ce genre d’impossibilité est libératoire en ce qui concerne le débiteur (le candidat). Il n’est plus tenu à la prestation, par hypothèse, dev- enue irréalisable. Cependant, dans le cadre de l’analogie que j’ai faite au paragraphe précédent et dans l’état de notre législation, on peut assimiler le pouvoir du Parlement d’octroyer décharge à une chose de genre c’est-à-dire, un objet dont la disparition n’est pas dramatique parce qu’il est aisé de le remplacer par un autre identique. En effet, sur le fondement de l’article 136 de la Constitution, le Chef de l’État peut remplacer la décharge parlemen- taire par une décharge présiden- tielle. L’impossibilité d’obtenir la décharge n’est donc pas absolue. Toutefois je dois faire remarquer que ce cas de figure ne prévalait qu’au niveau du BCED, lorsque seul le Sénat était inopérant. Étant donné que quelques jours avant la comparution par devant le BCEN, le Chef de l’État a informé la nation qu’il ne donnerait décharge à aucun candidat, la situation a changé de façon systématique. La porte a été ainsi ouverte pour que tout can- didat évoque valablement, pour sa défense, au niveau du BCEN, la théorie de la formalité impossible. C’est l’application de la règle Res Perit Debitori (la perte est pour le débiteur - de l’obligation éteinte par cas fortuit) le débiteur ici c’est l’État. De toute façon je dois dire que je suis très satisfait de constater la grande importance donnée par le pouvoir en place, au juridique dans les affaires électorales. De nom- breuses erreurs ont été commises par les acteurs mais cela fait partie de l’apprentissage. Boileau n’a-t-il pas dit : « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage … ». La nouvelle procédure de création des compositions du BCED et du BCEN est une grande première qui devrait être de bon augure. Bonne chance à tous les candidats. * Avocat du Barreau de Port-au-Prince En regardant avec des yeux de spectateur tout ce tohu bohu qui se fait autour de cette question de « décharge » je ne pus m’empêcher de penser à cette célèbre fable de Jean de la Fontaine : Le Renard et le Bouc. En effet, ce sont d’anciens comptables de deniers publics qui, « allant de compagnie » avec une vision erronée des choses se sont lancés corps et âme dans la course à la présidence. La quête du pouvoir les obligea de descendre dans ce puits qu’est l’enregistrement de la candidature. Une fois cette étape franchie et leur qualité de candidat fraichement acquise et abondamment exhibée, l’un dit à l’autre : « Que ferons-nous compère, ce n’est pas tout de s’inscrire, il faut faire partie de la liste définitive. » Pour atteindre cet objectif, les candidats concernés utilisent comme levier ou béquille, suivant le cas, l’ordonnance du juge des référés et la théorie de la formalité impossible. Regardons de plus près ces adjuvants pour en dégager l’efficience et l’efficacité.
  3. 3. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 3 ACTUALITÉ Du bénévolat qui coûte cher aux bénévoles Par Noclès Débréus « Des sept commissions prési- dentielles constituées en 2009 sous la présidence de René Préval, aucune d’entre elles n’avait à gérer ni fonds ni matériels », a informé d’entrée de jeu le professeur Nobert Stimphil, ancien membre du Groupe de travail sur l’éducation et la formation (GTEF), présidé par Jacky Lumarque. S’il est vrai que l’article 5 de l’arrêté présidentiel du 18 février 2009 portant création de cette commis- sion fait obligation à l’État haïtien, via le secrétariat général du Palais national, de mettre à dispositions des commissions des moyens maté- riels et logistiques nécessaires à l’accomplissement de leur mandat , le GTEF, précise Nobert stimphil, n’avait jamais reçu « une piastre » de l’État haïtien. Pour mener à bien leur travail, les membres se sont démenés auprès des instances non publiques pour obtenir de l’aide. C’est ainsi que Aide et Action, une organisation non gouvernementale, avait mis à la disposition de cette commission un local, des matériels de bureau et mobiliers. D’un autre côté, la fondation Unibank avait fourni des moyens logistiques pour les dif- férents déplacements et également un local pour la tenue de certaines réunions de la commission. En ce qui concerne les appointements alloués aux différents experts nationaux et étrangers consultés par le GTEF dans le cadre de son travail, tout a été pris en charge par la Banque intera- méricaine de développement (Bid) qui avait mené toute l’opération, a précisé Monsieur Stimphil, ajoutant que la commission avait seulement élaboré les termes de référence et les avait fournis à la Bid. Par ailleurs, Nobert Stimphil dit con- stater que depuis quelques années, il y a une tendance qui se développe en Haïti, laquelle vise à intimider des citoyens voulant s’engager au service du pays en y consacrant leurs savoirs, leur avoir ainsi que leur temps pour le mettre sur les rails du développe- ment. « Nous, autres, intellectuels et citoyens, nous disons que c’est inac- ceptable, nous n’accepterons jamais de pareille chose. Il est inacceptable de tenter d’intimider des citoyens qui ont servi le pays bénévolement dans le cadre de ces commissions et qui faisaient un travail de citoyen », a martelé l’ancien collaborateur de Jacky Lumarque au GTEF, faisant ainsi référence à la décision du CEP d’écarter la candidature de Monsieur Lumarque alors que ce dernier, selon ses anciens camarades-membres des commissions présidentielles, n’avait été ni comptable, ni ordonnateur des deniers publics. De leur côté le politologue Cary Hector, l’historien Claude Moïse ou encore le juriste Serge Henri Vieux abondent dans le même sens en précisant que tous les membres des commissions faisaient un travail de bénévolat et qu’aucun membre n’a été payé dans le cadre de son service. Serge H. Vieux, ancien membre du Groupe de travail sur la Constitu- tion (GTC) dit avoir rempli un devoir civique en acceptant de faire partie de ladite commission et en y apport- ant son expertise en tant que Juriste. Le politologue Hector, membre du GTEF et GTC croit avoir fait un bon travail pour le pays. La commission sur la Constitution avait soumis au gouvernement d’alors un rapport qui devait bien servir pour les amende- ments constitutionnels et la commis- sion sur l’Éducation avait formulé pas moins de 33 recommandations à travers un document intitulé : « Pour un pacte national de l’éducation », qui est un plan stratégique pour le développement du système éducatif. L’ancien président du GTC, Claude Moïse, pour sa part, n’entend pas courber l’échine dans sa lutte basée sur trois piliers (solidarité, respon- sabilité et engagement »), pour aider le pays à aller de l’avant. « Quoi qu’on dise, on continue à s’engager », a déclaré le professeur, précisant qu’il n’avait jamais eu à gérer de l’argent dans le cadre de ces commissions. C’est une première sortie de ces anciens membres de commissions présidentielles dans la presse. Nobert Stimphil promet que d’autres mem- bres auront à se prononcer à ce sujet en vue de faire jaillir toute la lumière sur cette affaire. Le calvaire de l'identité ? Seprocurerundocumentd’identitéenHaïtiestparfoislameràboire. Lescitoyenss’usentsouventlessoulierspourobtenirunpasseport,unecarte d’identificationnationale. Larédactiondujournalapuconstaterletempsquecelaprendpourobtenir cettefameusecarte.Commesinousétionsaubonvieuxtempsdesmachines àécrirealorsquenoussommesauxtempsdunumérique. Unedenosconnaissances,simplementpourremplacerunecarteperdue,doit revenirdansunmoisetdemi. Et d’autres personnes venues pour récupérer une carte et qui avaient été renvoyéesaussiàunmoisetdemidoiventrevenir…dansunmoisetdemi. Bref:lecalvairepartoutalorsqu’onneconnaîtmêmepaslenombredeper- sonnesvivantsurnotreterritoirequinedisposentpasdepapiers. Onn’auraitpaseutouscesHaïtiensenRépubliquedominicainenedisposant pasdepapierssil’Étathaïtiensesouciaitdesescitoyens. Ilyauntermeabominableencréole:«Mountoutbon.» Pourl’Étathaïtien,ilexistedes«mountoutbonetdesmounkipamoun». Bref,unapartheidquineditpassonnom.Presquepirequelecolonqui,lui, administraitsoncheptelhumain,luiaccordaitunecertainevaleur. C’estpourcelaquel’Étatdominicainn’apersonneenfacedelui.Entrecousins, onseserrelescoudes! UnÉtatquiconsidèrechaqueHaïtiencommeunêtrehumain,voicipourquoi nousdevonsnousbattre. Sinon,nouscesseronsvraimentd’existerentantquepeuple! Édito HAÏTI/COMMISSIONSPRÉSIDENTIELLES Quatre intellectuels haïtiens, tous anciens membres de commissions présidentielles, sont sortis de leur silence, ce jeudi 25 juin 2015, pour faire le point sur le fonctionnement, missions et réalisations des sept commissions créées au courant de l’année 2009 par l’ancien président René Préval. Claude Moïse, Nobert Stimphil, Cary Hector et Serge Henri Vieux ont jugé bon d’éclairer la lanterne de la population dans les débats de l’opinion publique, suite à la dernière décision du Conseil électoral provisoire (CEP) de rayer le nom de Jacky Lumarque de la liste des candidats agréés à la course présidentielle pour défaut de « décharge » en tant que coordonnateur du Groupe de travail sur l’ éducation et la formation (GTEF).
  4. 4. WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 46 11 10 10 (509) 32 14 55 54 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY PUBLICITÉ: SASKIA P.L.MICHEL DIRECTION ARTISTIQUE : FABRICE LAFLEUR RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS JDESROSIERS@LENATIONAL.HT CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, EDDY LAGUERRE, VANTZ BRUTUS, KENSON DÉSIR, MONDÉSIR JEAN BILLY, REYNOLD ARIS, ISABELLE THÉOSMY, WALTER CAMEAU, SCHULTZ LAURENT JUNIOR PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : JEAN ERIC FOUCHÉ, FRANTZ CLERGÉ GRAPHISTE : JUNIOR ADME CARICATURISTE : FRANCISCO SILVA DISTRIBUTION : SARADJINE ST-JEAN ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE IMPRIMÉ EN HAÏTI SUR LES PRESSES DE L’IMPRIMERIE LES ÉDITIONS DES ANTILLES S.A. 4 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 ACTUALITÉ L ’établissement d’une force de Défense nationale constitue l’essentiel des recommanda- tions contenues dans ce livre blanc. Se vantant les mérites d’une telle initiative, M. Martelly, a, au cours de son allocution de circonstance, pris l’engagement de tout mettre en branle en vue de l’application des recommandations de ladite commis- sion. Alors en campagne lors des élec- tions présidentielles de 2010, M. Martelly avait fait de cette thé- matique son cheval de bataille. Devenu président, il a fait montre d’une grande fougue pour mettre sur pied cette force mais sans succès. Un projet qui n’a visible- ment pas eu l’approbation de l’international qui affirmait sans ambages que la priorité de l’heure était la professionnalisation de la PNH. Révisant sa stratégie, le chef de l’État s’est alors tourné vers l’organisation des États améri- cains (OEA) via sa junte intera- méricaine de Défense qui a approuvé ce projet. Spécialisée dans les questions de sécurité et de Défense, cette instance a été l’un des acteurs majeurs dans la concrétisation du livre blanc. Elle a gratifié la commission présidentielle de son appui tech- nique et méthodologique en vue de l’élaboration du document. M. Martelly aurait-il la bénédiction du «blanc» pour instaurer une nouvelle force armée en Haïti ? Le livre blanc d’Haïti innove La particularité de ce livre blanc, le 19e de l’hémisphère, réside dans sa dimension globalisante. Ce livre se diffère ainsi des autres en ce qu’il ne se cantonne pas aux questions de défense mais s’intéresse à la sécurité de manière globale. Le ministre de la Défense, M. Lener Renauld justifie, à cet effet, l’approche globale en raison du phénomène de la mondialisa- tion. Haïti, argumente-t-il, est exposée aux mêmes menaces que tous les pays du globe. Il s’agit des désastres naturels, des séismes, du terrorisme international, la drogue, la criminalité cyberné- tique, etc. Au cours de son intervention, le directeur général de la Junte, le vice-amiral Bento Costa Lima de Albuquerque Junior, estime, de son coté, que le livre blanc d’Haïti s’inscrit dans une dynamique de réforme enclenchée par de nom- breux pays sur le plan sécuritaire. Il énumère à ce propos des prob- lèmes majeurs communs comme la corruption, le manque de cadre juridique, les contraintes bud- gétaires et l’existence de forces paramilitaires (la guérilla) qui justifient une nouvelle politique à long terme en matière de sécu- rité et de défense.Toutefois, le représentant permanent d’Haïti près l’OEA, l’ambassadeur Bocchit Edmond, a tenu à préciser que les questions sécuritaires relèvent de la responsabilité première d’un État. Soulignons, sur ce point, que l’élaboration du livre blanc d’Haïti est le fruit d’une longue réflexion de différentes entités de la vie nationale. Une thématique prisée lors des élections Dotée le pays ou pas d’une nou- velle force de défense est un sujet auquel les futurs candidats aux prochaines élections ne pourront échapper. Les aspirants président de la République notamment. Dans cet ordre, le candidat à la présidence du parti « Renmen Ayiti », Jean Henry Céant, croit nécessaire la mise sur pied d’une force de défense en Haïti. Il estime que la PNH, en dépit de ses prouesses, n’a ni la voca- tion ni les capacités de faire face à des problèmes majeurs comme le drame que connait le pays avec l’expulsion d’immigrants en République dominicaine. Questionné sur les contraintes budgétaires liées à une telle entre- prise, le chef de parti minimise le problème. Selon lui, moins de 400 millions de dollars perdus sur la frontière à cause de la gangrène que représente la contrebande pour l’économie, suffiraient à créer une nouvelle force armée. Le conseiller spécial du prési- dent Martelly, l’ex-sénateur Youri Latortue exprime, en revanche, des réserves sur la concrétisation de ce projet. Il faudrait un état- major pour prendre les rênes de cette initiative. Si non, celle-ci, risque de rester lettre morte comme les travaux des commissions précédentes ayant recommandé l’établissement d’une nouvelle force armée. Composée de neuf membres, cette commission créée par un arrêté présidentiel, a accouché du livre blanc sur la sécurité et la défense nationale pour le développement économique et social durable après seize mois de travail. HAÏTI/FORCESARMÉES Un livre blanc sur la sécurité et la défense nationalepar Jean Michel Cadet La quête de la mise sur pied d’une nouvelle force publique de défense nationale se poursuit. Nombreuses sont les commissions présidentielles qui se sont, mais hélas, attelées à cette tâche. Une autre tentative sur la question orchestrée par une énième commission s’est révélée plus significative. Elle a consisté en l’élaboration d’un livre blanc sur la Sécurité et la Défense nationale pour le développement économique et social durable d’Haïti remis officiellement au commanditaire, le président Michel J. Martelly, le jeudi 25 juin à l’hôtel Royal Oasis. Le président Martelly recevant le livre blanc de la défense sous les regards du Premier ministre Évans Paul et du vice-amiral Bento Costa Lima de Albuquerque Junior . / Photo : J. J. Augustin
  5. 5. « Le gouvernement gère très bien la question de déportation des immigrants haïtiens à travers les dispositions prises sur le ter- rain », a lancé le chef de l’État. Criti- quant certains de ses opposant qui, dit-il, utilisent ce dossier à des fins politiques, M. Martelly a aussi expli- qué que les autorités haïtiennes sont présentes sur le terrain pour recevoir dignement nos compatriotes. Sans ces actions, Michel Martelly précise que ce serait déjà une catastrophe. Plus de 14 000 personnes, informe-t-il, ont déjà été déportées. Toutefois, souligne le Président, le plus grand problème réside dans le fait que l’État haïtien ne connait pas le nombre exact de gens qui seront renvoyés au pays, ce qui empêche, soutient-il, d’avoir une meilleure préparation. Le Premier ministre, Évans Paul, qui participait également à cette rencontre au Royal Oasis, a, pour sa part, rejeté « la thèse du retour volontaire au pays des citoyens ». Ce serait trop facile de dire que des gens ont décidé de laisser la République dominicaine en laissant tout derrière eux, fait remarquer le leader de la « Konvansyon inite demokratik ». Il croit, par ailleurs, que la République dominicaine est dans son droit de contrôler le nombre de personnes qui pénètrent son territoire. « Cependant, nous sommes un pays voisin, il y a une manière de nous traiter, et quand c’est un pays comme Haïti qui achète des dominicains, pour 2 milliards de dollars chaque année, il faut nous traiter avec respect », insiste Évans Paul. Le chef du gouvernement a profité de l’occasion pour saluer « la solidarité agissante de la société haïtienne » face à cette action antihaïtienne des dominicains. « Nous devrons changer les choses à notre avantage », a-t-il dit, arguant que c’est aujourd’hui le moment de mener une politique de développement national et de réinsertion sociale, car il ne suffit pas seulement de recevoir les compatriotes. De son côté, le ministre de la Communication du gouvernement Martelly-Paul, Rotchild Fraçois Junior, en campagne depuis hier, dans les médias, a expliqué qu’aucune mesure supplémentaire n’a été prise sur les produits dominicains,contrairementàceque rapportait la presse dominicaine. Seuls les produits frappés antérieurement d’interdiction ne peuvent être commercialisés, a-t-il précisé. Rotchild François Junior a également rejeté les rumeurs faisant croire que l’État haïtien allait fermer la frontière. « Le gouvernement demanderait seulement le respect des mécanismes de déportation et des conventions internationales, ainsi que l’acheminement du dossier des flux de déportés à travers deux postes d’entrées (Ouanaminthe et Malpasse) ». Belladère, les violations continuent Les actes de violation de droits humains continuent au niveau de la ligne frontalière haïtiano- dominicaine. Ce jeudi encore, le Groupe d’appui aux rappatriés et réfugiés (GARR) rapporte une situation de tension au niveau de la frontière Belladère/Elias Piña. Une situation qui s’est développée après qu’un chauffeur de taxi moto, Mercidieu Bazin, âgé de 31 ans, DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 5 ACTUALITÉ HAÏTI/RÉPUBLIQUEDOMINICAINE Michel Martelly fait le point sur les déportations !par Lionel Edouard Le président Michel Martelly, lors de la présentation du Livre blanc sur la Sécurité et la défense nationale pour le développement économique et social durable d’Haïti, Jeudi à l’hôtel Oasis, a fait le point autour du processus de rapatriement des immigrants haïtiens en provenance de la République dominicaine. s’est fait tabasser par des soldats dominicains. L’incident, explique le GARR s’est produit après qu’une bouteille, en provenance du territoire haïtien, frontière de Belladère, eut été lancée en direction du territoire dominicain, à Elias Piña alors que des soldats montaient la garde. Furieux, 4 militaires dominicains, explique l’organisme de défense des droits des réfugiés et des rapatriés, ont traversé la frontière afin de se saisir du chauffeur de taxi moto, pour ensuite le trainer sur leur territoire et le frapper violemment. En signe de protestation, les chauffeurs haïtiens de taxi moto ont érigé des barricades de pneus et de bois à l’entrée de la frontière de Belladère, pour empêcher l’entrée des camions dominicains sur le territoire haïtien. De leur côté, les soldats dominicains ont fermé temporairement la frontière d’Elias Piña. Ils ont proposé à Mercidieu Bazin de l’emmener à un centre hospitalier dominicain pour recevoir des soins. Proposition refusée par la victime, informe le GARR.
  6. 6. La problématique de l’accès aux logements sociaux est séculaire en Haïti.Une situation qui s’est encore aggravée par le passage du séisme du 12 janvier 2010. Pour en venir à bout, l’Entreprise publique de promotion de logements sociaux (EPPLS) s’apprête à mettre en place un plan national de logements sociaux en lançant un colloque qui se tient du 25 au 26 juin 2015 à l’hôtel Montana (Pétion-Ville). L ’accès à des logements sociaux constitue l’un des droits fonda- mentaux de la personne. Mais en Haïti, il s’agit d’un véritable casse-tête tant les problèmes sont inextricables. La question foncière, les titres de propriété, le chômage sont, entre autres les obstacles qui empêchent la jouissance de ce droit. Consciente de toutes ces difficultés, l’Entreprise publique de promo- tion de logements sociaux (EPPLS) a lancé officiellement un colloque autour du thème « la problématique de logements sociaux en Haïti : états des lieux, défis, enjeux et perspec- tives », sous le haut patronage de la présidence de la République. Les cérémonies ont eu lieu à l’hôtel Mon- tana. Le Premier ministre Évans Paul et le ministre des Affaires sociales y ont pris part. Financement, typologie de loge- ments sociaux et aspect commu- nautaire de ces projets, sont, entre autres, les sous-thèmes qui seront agités lors de ces assises de deux jours via la constitution des ateliers de travail. Participant à la cérémonie, le président de la République, Michel J. Martelly, a fait savoir que ce colloque vient à un moment opportun où tous les efforts de l’équipe en place sont consentis afin d’offrir à chaque Haïtien de meilleures conditions d’existence. Ces genres d’initiative, souligne- t-il, consiste à réunir tous les acteurs-clés évoluant dans ce secteur en vue de mettre en place une « stratégie d’intervention » qui permettra aux plus vulnérables d’avoir un toit. Il a rappelé qu’au cours de sa campagne, il avait pris l’engagement de contribuer au relogement de plusieurs milliers de déplacés vivant dans des camps de fortune sous des bâches suite au cataclysme de janvier 2010. Le chef de l’État s’est félicité de sa collaboration avec les différents partenaires qui ont contribué à la relocalisation de ces sinistrés dans un environnement agréable doté des services sociaux de base. De son côté, Esson Dorisca, directeur général de l’EPPLS, a déclaré que la question de l’accès à des logements sociaux est un problème très grave, voire séculaire dans le pays. À cet effet, il s’avère crucial de s’y attaquer. Pour en venir à bout, souligne-t-il, il convient de passer en revue les différents éléments qui sont symptomatiques de ce problème en vue d’élaborer un plan national efficace. Le numéro un de l’EPPLS se plaint de l’absence d’outil légal l’empêchant d’exercer convenablement sa mission. Soulignant que cet organisme, en dépit de son énorme tâche à abattre, ne dispose pas d’un budget d’investissement. L’EPPLS ne possède qu’un budget de fonctionnement, déplore M. Dorisca, lui permettant seulement d’assurer le paiement de ses employés sans pouvoir réaliser aucun de ses projets. Pour l’instant, il dit espérer que la cinquantième législature aura à plancher sur l’élaboration d’un projet de loi en ce sens. Cet instrument, à son avis, contribuera au renforcement de l’institution qu’il dirige. Ce qui la rendra plus efficace dans l’intérêt de la population. Quant à la demande de logements, M. Dorisca informe qu’elle est énorme et inestimable. C’est pourquoi l’EPPLS, affirme-t-il, se mobilise dans le cadre de ce colloque. Il a en ce sens indiqué que l’organisme a déjà construit environ 11 millions 11 mille 036 logements sur toute l’étendue du territoire national. Présent dans des départements tels les départements du Nord-Est (Caracol), Nord, Sud et l’Ouest (Cabaret). En ce qui concerne les critères d’éligibilité, il a indiqué que les bénéficiaires doivent être d’abord haïtiens, ensuite fonctionnels, ce qui les habilitera à signer un contrat avec ledit organisme via sa direction d’exploitation. Selon lui, il devrait y avoir des banques de développement. L’EPPLS, explique M. Dorisca, s’engage, actuellement dans des discussions avec les acteurs qui travaillent dans le secteur bancaire afin de déterminer les mécanismes qui permettront de financer des jeunes de sorte qu’ils puissent avoir un logement décent de 52 mètres carrés (deux chambres à coucher, un mini salon, une mini salle à manger, une cuisine, deux toilettes et une petite salle d’attente). 6 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 ACTUALITÉ ÉCHO L'ancien sénateur Joseph Lambert aurait agressé un étudiant Wesnel Jeudy, un étudiant en communication sociale à la Faculté des sciences humaines, affirme avoir été victime d’agression de la part de l’ancien sénateur Joseph Lambert lors d’une réunion politique à Coq Chante au sud-est d’Haïti. Joseph Lambert aurait utilisé un pistolet pour cogner sur la tête de l’étudiant. Reynold Jean Paul, garde du corps de l’ancien sénateur, nie avoir assisté à une telle scène. Serait-ce une façon de protéger son patron ? Le président de la BID visite l'école nationale de Zoranje Luis Alberto Moreno, président de la Banque interaméricaine de développement (BID), a visité mardi tour à tour l’école nationale de Zoranje, l’école congréganiste Externat La Providence et l’école Elie Dubois qui sont toutes en construction actuellement. Il s’agit de superviser les travaux en vue de savoir si ces écoles seront prêtes avant septembre. La congresswoman Yvette D. Clarke condamne les déportations Yvette D. Clarke, représentante du 9e district de New York, promet de collaborer avec les membres du Congrès et le Département d’État des États-Unis afin d’empêcher le déplacement forcé de centaines de milliers d’Haïtiens et de personnes d’origine haïtienne vivant en République dominicaine. Madame Clarke dénonce les déportations en cours, soutenant que les déportés, pour la plupart, sont nés en République dominicaine. Yvette D. Clarke exhorte les autorités dominicaines à reconsidérer cette politique de déportation et à travailler avec la Communauté des nations des Caraïbes (Caricom) pour prévenir une crise humanitaire inutile. Montréal : Denis Coderre s'élève contre les rapatriements forcés Des milliers de personnes d’origine haïtienne débarquent cette semaine dans des villes frontalières. La République dominicaine maintient sa position d’expulser bientôt tous les étrangers illégaux. Plusieurs personnalités étrangères prennent position contre cette décision. « En tant que maire de Montréal, je suis outré par la dépossession illégale et immorale et la déportation de centaines de milliers de personnes d’origine haïtienne nées en République dominicaine, parmi elles un grand nombre d’enfants. » C’est ce qu’a écrit Denis Coderre, maire de Montréal, qui demande au gouvernement canadien, dans un communiqué rendu public, de se dresser contre ce processus de rapatriements arbitraires. Jonas Coffy réclame un nouveau CEP pour des élections crédibles Les candidats évincés de la course électorale avaient accordé un délai expirant le lundi 20 juin au Conseil électoral provisoire pour une reconsidération de leur cas. Autrement, ils envisagent de tout entreprendre en vue d’arriver à sa destitution. Jonas Coffy d’« Ayisyen pou Ayiti » suggère au président de la République, Michel Martelly, de réunir toutes les forces vives du pays afin de trouver un nouvel accord politique débouchant sur la formation d’un autre Conseil électoral susceptible d’organiser des élections crédibles cette année. HAÏTI/LOGEMENTSSOCIAUX L'EPPLS se mobilise pour un plan national de logements sociauxpar Reynold Aris
  7. 7. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 7 ACTUALITÉ À en croire les propos de Chan- tal Joseph, la coordonnatrice du programme, ces assises visent surtout à favoriser le développement des compétences des chefs de service, de leurs cadres, pour leur permettre d’assurer un meilleur pilotage de leurs activités. « Favoriser une participation pertinente des petites et moyennes entreprises (PME) aux projets d’entretien et de maintenance du réseau routier national, développer les compétences relationnelles pour garantir une bonne gouvernance avec les administrations et les bailleurs de fonds » sont, entre autres, des objectifs que caresse l’Association, selon la coordonnatrice. L’organisation espère voir, après cetteformationquiconcerneàlafois le niveau technique et managérial, un accroissement du nombre des entreprises haïtiennes pouvant accéder aux marchés d’entretien et de maintenance des routes en Haïti. Les institutions qui ont pris part à cette séance de formation devraient être, à l’avenir, en conformité avec l’exigence internationale en termes de qualité du travail technique. « C’est un module qui va permettre aux entreprises de préparer leurs plans d’affaires et les soumettre aux bailleurs de fonds, aux banques commerciales ou aux associés potentiels, de manière à trouver des fonds nécessaires pour l’exécution de leurs projets », a fait savoir le formateur Bervin Lapommeray. Il vise à leur fournir des outils essentiels pour préparer ce plan d’affaires, qui est un document présentant l’entreprise avec ses stratégies de mise en place et ses besoins. Un plan qui donnera des garanties de rentabilité et de croissance économique, selon le professeur. La majorité des 40 institutions membres de l’AHEC, dont HL con- struction, Enamex SA, Vorbe & Fils, étaient présentes à cette série de formation. L’ingénieur archi- tecte Cangé Olibrun, représentant d’Enamex SA, n’a pas manqué d’exprimer son entière satisfaction d’avoir suivi ce programme de for- mation. Pour lui, cette formation va sans doute aider les responsables de firmes de construction à être plus performants dans le cadre des analyses financières. « Cela va permettre à nos projets d’être plus vendables aux investisseurs et aux organismes de prêts », a-t-il ajouté. Philistin Ted, représentant de la compagnie Vorbe & Fils, a pour sa part révélé que ces séries de formations vont donner deux possibilités aux participants. D’une part, elles leur permettront de devenir plus compétitifs sur le marché et, d’autre part, ils vont avoir le pouvoir de créer leurs propres entreprises, pourvu qu’ils aient à présent l’aptitude de convaincre les bailleurs de fonds en vue d’obtenir des prêts pour financer leurs projets. À souligner que les programmes de formation de l’AHEC cernent deux champs spécifiques. Il s’agit du champ managérial qui regroupe, entre autres, la bonne gouvernance, l’analyse financière, le suivi des chantiers, la trésorerie, et de celui de la technique qui englobe l’environnement et l’entretien routier, les techniques de base, la pratique et le contrôle des travaux, la formation spécifique des différentes catégories de l’entreprise ainsi que les entretiens préventifs et la gestion du matériel et des équipements. HAÏTI /FORMATIONDESENTREPRISES Renforcer la capacité des entreprises de construction : une priorité pour l'AHECPar Evens REGIS Sous le haut patronage de l’Union européenne (UE) et du Centre de développement des entreprises (CDE), l’Association haïtienne des entreprises de construction (AHEC), a organisé cette semaine, à l’intention de ses membres, une séance de formation sur les prévisions financières et les plans de financement. Cette séance, qui a eu lieu en son local à Delmas 48, vise à favoriser le développement des compétences stratégiques et opérationnelles des institutions.
  8. 8. 8 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 MONDE L a Cour suprême des Etats-Unis confirmé jeudi l’une des prin- cipales dispositions fiscales de l’Obamacare, l’assurance santé publique, une réforme emblématique de la présidence de Barack Obama. Par six voix contre trois, les mag- istrats de la Cour suprême ont jugé que l’ « Affordable Care Act » voté en 2010 n’instituait pas une restriction aux aides fiscales reçues par certains Etats. Lors d’une allocution dans la rose- raie de la Maison blanche, Barack Obama a salué dans la décision de la Cour « une victoire pour les Américains ». C’est la deuxième fois en trois ans que la plus haute instance judici- aire des Etats-Unis rejette ainsi un recours intenté contre le texte, qui vise à étendre la couverture mala- die des Américains les moins favori- sés mais qui est très critiqué par le camp conservateur. Le président de la Cour, John Roberts, a voté en faveur du rejet, tout comme Anthony Kennedy, les deux hommes, pourtant considérés comme conservateurs, joignant leurs voix à celles de leurs collègues libéraux. « Le Congrès a adopté l’Affordable Care Act pour améliorer le marché de l’assurance santé, pas pour le détruire », écrit John Roberts dans les attendus du jugement, ajoutant que le caractère national des aides fiscales visées par le recours est nécessaire pour « éviter le genre de résultat désastreux que le Congrès a justement cherché à éviter ». La décision signifie que les aides fiscales contestées continueront de profiter aux 50 Etats américains. Elle devrait être perçue comme une victoire importante pour Barack Obama, qui souhaite que l’Obamacare soit mis en œuvre intégralement et survive à sa pré- sidence, qui s’achèvera en janvier 2017. Si le recours avait été accepté, au moins 6,4 millions de personnes dans au moins 34 Etats auraient perdu le bénéfice des avantages fiscaux visés, qui représentent 272 dollars (243 euros) par mois en moyenne. Une défaite de l’administration Obama dans ce dossier aurait pu avoir un impact plus large pour le marché de l’assurance en dis- suadant des Américains plus jeunes et en meilleure santé de souscrire une assurance maladie, ce qui aurait conduit à une hausse des cotisations pour les assurés plus âgés, estiment des analystes. La Cour suprême américaine valide un volet clé de l'ObamacareSources : Reuters L'ex-dictateur panaméen Noriega demande pardon à ses victimesSources : Reuters L ’ancien dictateur panaméen Manuel Noriega a rompu mer- credi le silence qu’il observait depuis son retour à Panama en 2011 pour demander pardon à ses victimes. L’octogénaire, qui est emprisonné depuis vingt-six ans et reste pour- suivi pour des violations de droits de l’homme pendant ses six années à la tête du pays (1984-1990), a dit vouloir ainsi « fermer le cycle de l’ère militaire ». « Je demande pardon à toutes les personnes que j’ai offensées, affectées, blessées ou humiliées par mes actes ou ceux de mes supérieurs en obéissant aux ordres, ou ceux de mes subordonnés », a déclaré l’ancien général, qui a lu à la télévision un texte préparé à l’avance. Manuel Noriega s’est rendu au tout début de l’année 1990 après l’invasion du petit pays d’Amérique centrale par l’armée américaine en décembre 1989. Il a été condamné en Floride en 1992 pour trafic de drogue et racket, une peine qu’il a purgée jusqu’en 2010. Avant d’être extradé vers la France où il a été condamné pour blanchi- ment d’argent. Il a été ensuite rapatrié dans son pays en 2011, où il reste empris- onné pour des crimes commis sous sa dictature. Barack Obama. Manuel Noriega, à Panama en 2011, après avoir été extradé de la France. Photo : HO/AP/SIPA
  9. 9. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 9 MONDE U ne organisation de défense des droits des femmes au Honduras a dénoncé mer- credi une « épidémie » dans le pays de meurtres de femmes, dont le nombre a presque quadruplé entre 2005 et 2013. Selon le Centre des droits des femmes, le taux de morts violen- tes, pour les femmes, a atteint 12 pour 100 000 habitants en 2014, plus que le niveau considéré comme une épidémie - 8,8 morts pour 100 000 - par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « ce qui conduit à considérer ces meurtres comme une épidémie », a expliqué Claudia Herrmannsdor- fer, porte-parole de l’ONG. Ces déclarations surviennent trois semaines après une mobilisation géante en Argentine pour dénon- cer une série de féminicides dans le pays. Une indignation partagée par d’autres pays d’Amérique latine, avec des manifestations égale- ment organisées début juin au Chili, en Uruguay et au Mexique. Au Honduras, les cas de meur- tres de femmes ont grimpé « de manière alarmante », avec une hausse de 263 % entre 2005 et 2013, selon le Centre des droits des femmes. En 2013, 636 femmes ont été tuées, soit une toutes les 14 heures, un chiffre qui a baissé légèrement en 2014 (526). Entre janvier et mai 2015, déjà 152 féminicides ont été recensés. Selon Claudia Herrmannsdorfer, interrogée par l’AFP, le gouverne- ment du Honduras s’est engagé depuis 20 ans à combattre les crimes machistes, mais « il y a un manque de coordination entre les huit organisations chargées des enquêtes », donc 94 % des meur- tres restent impunis. La majorité d’entre eux « sont attribués au fait que les femmes (victimes) étaient impliquées dans des activités du crime organisé et pour cela on n’enquête pas, mais il faudrait le faire ». Le Honduras, qui souffre de la mainmise des bandes criminelles, est frappé par un record mondial d’homicides, avec 90 meurtres pour 100.000 habitants en 2012, selon l’ONU. Honduras : une ONG dénonce une « épidémie» de meurtres de femmesSOURCES : AFP Une balle près du cadavre d’une femme à Tegucigalpa, le 13 juin 2012 Orlando Sierra. / Photo: AFP La police sud-africaine mise en cause pour la tuerie de MarikanaSOURCES : Reuters L a commission d’enquête sur le massacre par la police sud- africaine de 34 grévistes de la mine de Marikana en 2012 a conclu que son exploitant, Lonmin, n’avait pas pris les mesures néces- saires pour mettre fin au conflit social et endiguer les violences, a déclaré jeudi le président sud-africain. La commission, dont Jacob Zuma a présenté les conclusions en direct à la télévision, a également recom- mandé l’ouverture de poursuites criminelles contre tous les polic- iers impliqués dans cette répres- sion sanglante. L’enquête qui a duré près de trois ans a été conduite par le juge à la retraite Ian Farlam. Le président Zuma a reçu le rapport en mars dernier. Selon le chef de l’Etat, les enquê- teurs ont en revanche jugé sans fondement les accusations visant le vice-président Cyril Ramaphosa, soupçonné d’avoir usé de son influence pour que la police intervienne contre les grév- istes alors qu’il siégeait, à l’époque, au conseil d’administration de Lonmin. La mine de Marikana le 16 août 2012, après la confrontation. / Photo : Stringer / AFP
  10. 10. 10 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 ÉCONOMIE Comment fabriquer les maillons de la chaîne Source : Pro-Poor Tourism Partnership Pour beaucoup d’habitants de la Caraïbe, la pauvreté est la seule réalité qu’ils connaissent. Et, s’il est vrai que le tourisme représente déjà un secteur important pour l’emploi et un pivot de l’économie de la région caraïbe, il offre en outre la possibilité de contribuer à l’amélioration du niveau de vie des pauvres, en particulier dans les régions situées à proximité des destinations touristiques de choix. CARAÏBES /TOURISMEETÉCONOMIELOCALE D e ce fait, les sociétés touris- tiques ont leur rôle à jouer dans la pour suite des objec- tifs économiques nationaux sans toutefois compromettre leurs intérêts commerciaux. Et, ce faisant, le secteur touristique ne peut que s’affirmer et mieux gérer son envi- ronnement, tout en tirant profit des opportunités qui se présentent pour améliorer ses produits et raffiner la qualité de l’expérience offerte aux touristes. EIl y a diverses façons de créer des liens entre les sociétés d’exploitation touristique et la population locale. Les hôtels peuvent, par exemple, s’adresser directement aux petits fournisseurs et aux microsocié- tés pour leurs fournitures, ou encore recruter du personnel local et assurer la formation sur place du personnel non qualifié, ou mi-qualifié seulement. Les hôtels et les promoteurs de visites touristiques organisées peuvent aussi s’entendre sur la base d’un “partenariat de bon voisinage”, afin d’essayer de transformer le contexte social existant en un envi- ronnement plus accueillant pour tous ceux qui y vivent, qui y tra- vaillent ou ne font qu’y passer. Ils peuvent aussi promouvoir le dével- oppement des arts, de l’artisanat local, des produits culturels et des services propres au secteur du tourisme, en organisant des excur- sions innovatrices et en exhortant les touristes à dépenser davantage sur place. Les hôtels et les promoteurs de visites touristiques organisées dev- ront choisir d’utiliser les produits qui conviennent le mieux au con- texte local. L’établissement de relations de travail avec les divers groupes économiques locaux est aussi désigné par l’expression : “Pro-Poor Tourism” (le “tourisme à la conquête de la pauvreté”) – voir : www.propoortourism.org.uk), - et propose un mode opération- nel différent dans ce secteur. Les dons des philanthropes aux causes célèbres sont certes très utiles à la communauté locale, mais ne servent pas toujours à mettre en valeur ce que le secteur touristique a de mieux à offrir. Il conviendrait plutôt d’étudier à fond un exemple commercial particulier – ou même un certain nombre d’exemples commer- ciaux particuliers – afin établir l’utilité pour le secteur touristique d’entretenir des relations avec les entreprises locales. Le secteur du tourisme ne baigne pas dans la liquidité, mais il représente tout de même un énorme pouvoir d’achat, exige la mise en place de structures et de personnel, une certaine con- naissance des affaires et la volo- nté d’influencer la majorité des touristes (en particulier en ce qui concerne leur capacité d’achat sur place, et l’intérêt qu’ils montrent pour les destinations proposées). Les promoteurs qui travaillent pour le secteur touristique ont besoin d’un environnement local protégé, attrayant et accueillant et ils ont aussi besoin du soutien de la population locale. Ils doivent pouvoir innover en développant leurs produits. Ainsi, par le main- tien de bonnes relations avec les entrepreneurs locaux, ils peuvent contribuer à améliorer l’expérience offerte aux touristes. L’un des avantages du développe- ment touristique est qu’il entraîne nécessairement une améliora- tion de l’infrastructure dans les domaines suivants : eau potable, entretien des réseaux routiers, traitement et élimination des déchets, électricité et télécommu- nications. Cette industrie devrait donc, dans la mesure d u possible, encourager les autorités locales à étendre aux communautés locales l’accès à ces services. Ces améliorations à l’infrastructure sont très importantes, puisqu’elles permettent à la population locale de bénéficier de l’économie tour- istique. Il y a diverses façons de créer des liens entre les sociétés d’exploitation touristique et la population locale. / Photo: © Pro-Poor Tourism Partnership
  11. 11. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 11 ÉCONOMIE U n certain nombre d’ini- tiatives visant à élargir la couverture ont déjà été prises; ces expériences peu-vent être partagées et exploitées pour aller de l’avant. Des méthodes efficaces et efficientes d’extension de la couverture - mises en avant dans le présent rapport - peuvent être utilisées. Mais les cinq pays sont également confrontés à un certain nombre de problèmes communs - une modification des attentes de la population qui devient de plus en plus consciente à ce que la sécu- rité sociale peut faire, et, dans de nombreux pays, une réduction des dispositifs d’appui plus tra- ditionnels ou ad hoc, qui a pour conséquence une plus grande demande de sécurité sociale. Ces changements vont de pair avec une modification de l’environnement démographique, de santé, social et du marché du travail, et le rapport met l’accent sur l’évolution dynamique de la sécurité sociale dans les BRICS, qui doit relever le défi de l’extension de la couverture. Ce document est un sommaire exécutif du rapport de l’AISS «Extenstion de la couver- ture de sécurité sociale au sein du groupe des BRICS: une étude comparative» qui comprend des chapitres par pays plus complets et qui ont été écrits par des auteurs des cinq pays. Les chapitres par pays mettent en exergue les différentes approches adoptées par les BRICS pour rele- ver les défis relatifs à l’extension de la couverture de la sécurité sociale. Ils montrent comment les répons- es prennent en compte les réali- tés locales et l’environnement de chaque pays. Ce sommaire exécutif a été préparé par le secrétariat de l’AISS et résume ces chapitres par pays. Caractéristiques et perspectives communes Les cinq pays qui composent le groupe des BRICS sont devenus symptomatiques du recentrage que l’on constate en matière d’influence mondiale et de crois- sance économique. Tous ces pays ont connu une croissance économique importante et durable ces vingt dernières années. Leur croissance économique est due à une demande accrue en ressources naturelles et en produits manufac- turés, mais les BRICS ont égale- ment mis sur pied des industries à valeur ajoutée en investissant de très importants montants dans la formation et l’éducation. Ils ont également connu des changements culturels et sociétaux significatifs et rapides, notamment dans les structures familiales, ainsi qu’un exode rural considérable. Les BRICS ont en commun une volo- nté politique d’élargir la couver- ture de la sécurité sociale ainsi qu’un environnement économique dynamique qui a facilité les efforts déployés pour atteindre cet objec- tif. Dans la plupart des pays, il existe également une «fenêtre démographique» qui incite à agir dès à présent - des populations jeunes et une main-d’œuvre en expansion facilitent la mise en place des mesures d’extension. Divers points de départs, défis à relever et solutions apportées Bien que les BRICS présentent un cer- tain nombre de caractéristiques communes, les mesures qu’ils prennent pour élargir la sécurité sociale sont appliquées dans des environnements différents, spéci- fiques à chacun des cinq pays. Le cadre actuel de la sécurité sociale dans chacun des BRICS reflète pour une large part l’histoire nationale ainsi que les buts et atti- tudes du pays en matière de sécu- rité sociale. Les caractéristiques culturelles, institutionnelles et démographiques varient énormé- ment d’un pays à l’autre. Et ces 50 dernières années, tous les pays ont connu d’importantes transformations de leurs sociétés, la plupart d’entre eux étant passés d’un système économique marqué par une importante présence de l’Etat à un environnement économique de marché, nettement plus libre. Chacun des BRICS va se retrou- ver confronté, à l’avenir, à des modifications démographiques, économiques et sociétales différ- entes et subira des pressions exté- rieures elles aussi différentes. * Une étude comparative de l’extension de la couverture au Brésil, en Fédération de Russie, en Inde, en Chine et en Afrique du Sud / Suite à la plus prochaine édition. Des pays dynamiques avec une sécurité sociale dynamiqueSource : ISSA L’importance accrue des pays dits du groupe des «BRICS» dans l’économie mondiale est le reflet d’une transformation considérable de l’environnement économique, social et démographique dans les cinq pays. Ces changements ouvrent de nombreuses perspectives mais posent également des défis à la sécurité sociale qui doit s’adapter aux évolutions*. BRICS-SÉCURITÉSOCIALE Des pays dynamiques avec une sécurité sociale dynamique.
  12. 12. 12 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 ÉCONOMIE L e nombre d’arrivées de tour- istes internationaux a aug- menté de près de quarante fois sur la période allant de 1950 (25 millions) à 2010 (940 mil- lions). Malgré un contexte de graves crises économiques et financières et de catastrophes naturelles de 2000 à 2010, les arrivées de touristes inter- nationaux ont continué de croître à un taux annuel moyen de 3,4%. La croissance, particulièrement dynamique dans les pays en développement et émergents, leur a permis d’augmenter la part d’arrivées de touristes interna- tionaux de 31% en 1990 à 47% en 2010. Le tourisme international con- stitue une part importante de la croissance économique dans les pays en développement, et par- ticulièrement pour les pays les moins avancés et d’autres petits pays structurellement faibles et vulnérables qui, sans ce secteur, affronteraient d’énormes défis dans un système commercial mon- dial désormais hautement concur- rentiel et aux évolutions rapides. Le tourisme “est comme un ice- berg : la partie visible est consti- tuée du voyage, de l’hébergement et des services touristiques, sous la surface, il y a de multiples possi- bilités pour les ménages, les micro et petites entreprises”2. De nombreux pays étant dotés de ressources souvent uniques, de nature historique, naturelle ou culturelle, susceptibles d’être transformées en destinations de voyage, le tourisme est ainsi une activité universelle avec un impact local important. Le tourisme stimule l’économie locale dans les pays de destina- tion grâce aux liens existants dans la chaîne de valeur avec d’autres secteurs économiques, notamment avec l’agriculture. Il favorise égale- ment l’entrepre-neuriat et la crois- sance des PME locales, il permet une meilleure diversification de l’économie locale tout en générant des revenus liés aux exportations. Les biens et services découlant de ce secteur d’activité créent de nouveaux emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes, contribuant à la réduction de la pauvreté et, dans les zones rurales pauvres et éloignées, le tourisme peut contribuer à générer des reve- nus pour les populations de ces zones tout en réduisant les flux de migration urbaine. Dans certains pays, les revenus du tourisme ont permis de créer des fonds pour financer des pro- grammes de conservation de la biodiversité et de protection des ressources naturelles à l’origine de ce tourisme. Enfin, le tourisme peut contribuer à rendre positive l’image extérieure d’un pays. Le tourisme est principalement une activité traitée par le secteur privé. Cependant, sans l’existence et l’application de politiques et d’actions cohérentes et coordon- nées par le gouvernement, dans le secteur du tourisme mais aussi dans d’autres secteurs qui lui sont connexes, le tourisme ne peut s’inscrire pleinement dans un objectif de croissance et de dével- oppement inclusif et durable. Pire, sans volonté politique, les fuites financières (la perte de recettes touristiques liée à l’acquisition de biens et de servi- ces hors du pays) peuvent éroder de manière considérable les avan- tages économiques du tourisme et fragiliser le pays sur des aspects environnementaux, sociaux, cul- turels et économiques. CROISSANCEÉCONOMIQUE Les contributions du tourisme à la croissance et au développement inclusifs et durabIes Source : CNUCED Depuis plusieurs décennies, le tourisme international connait une croissance dynamique et une expansion soutenue. Le voyage extra-frontalier à des fins récréatives, de loisirs ou d’affaires est devenu l’une des activités économiques parmi les plus dynamiques dans le monde. Les biens et services découlant du tourisme créent de nouveaux emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes. / Photo: © afdb.tv
  13. 13. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 13 Le Barreau de Port-au-Prince en appelle à l'ONU ! par eddy laguerre JUSTICE « Si l’Onu est là pour mainte- nir la paix, elle doit intervenir aujourd’hui contre le rapatrie- ment et la déportation des per- sonnes parles autorités dominicaines. Présentement, la paix dans la Caraïbe est menacée », a dit le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, maître Carlos Hercule, ce jeudi 25 juin 2015, lors du lancement de la phase III du programme d’assistance légale, conjointement géré par le ministère de la Justice et le Barreau de Port-au-Prince, avec le support de la Minustah. Le bâtonnier, qui condamne éner- giquement le comportement des responsables dominicains, dit croire que la République voisine fait peu de cas des conventions internationales et des principes élémentaires en matière de rela- tions diplomatiques. « L’Onu doit exiger de la Répub- lique dominicaine le respect du chapitre 7 de la Charte des Nations unies », insiste le bâtonnier qui est également le président de la Fédération des barreaux d’Haïti (FBH). Depuis le 17 juin dernier, un nombre considérable de per- sonnes vivant jusqu’ici en Répub- lique dominicaine commencent à arriver dans les différents postes frontaliers, fuyant ainsi la menace de déportation qui pèse sur elles suite à l’arrêt 168/13 de la Cour constitutionnelle dominicaine. Les opérations de rapatriement devraient commencer officielle- ment quarante-cinq jours après la date fatidique du 17 juin. Des voix se sont soulevées en Haïti pour faire remarquer que ces personnes pourchassées sont obligées de se déplacer sans leur patrimoine et, parfois, sans leurs enfants mineu- rs. Ce qui constitue, entre autres, une violation de la convention des Nations unies sur le droit des enfants. Maître Carlos Hercule déplore et condamne toutes les violations des droits des Haïtiens et des étrangers déportés ou expulsés par les responsables dominic- ains. « Ce qui se passe actuel- lement est inacceptable, aucun génocide ne peut être toléré dans le monde d’aujourd’hui », a lancé le bâtonnier en présence, notam- ment, du ministre de la Justice, maître Pierre-Richard Casimir, du président de la Cour de cas- sation, maître Jules Cantave, et d’un représentant de la mission des Nations unies en Haïti, M. Luc Coté. Le bâtonnier s’est aussi adressé directement aux avocats réunis à l’hôtel Le Plaza, au Champ de Mars, pour les inviter à apporter toute leur solidarité à ces per- sonnes dont les droits fondamen- taux sont violés et qui nécessitent une assistance urgente. « Je lance un appel solennel à tous les avocats dans cette salle pour qu’ils accomplissent un geste de solidarité envers ceux-là qui sont ou qui seront expulsés », a conclu maître Carlos Hercule, appelant à une solidarité nationale et inter- nationale en ces temps où la paix est menacée dans la zone caraïbe. Maître Carlos Hercule, bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince. / Photo : Paul Philippe Kevin Assises criminelles à Port-au-Prince !par eddy laguerre Tandis que les assises criminelles sans assistance de jury lancées depuis le 3 juin 2015 se poursuivent, la juridiction de Port-au-Prince s’apprête à entrer en session d’assises criminelles avec assistance de jury à partir du 13 juillet prochain. Les assises avec et sans jury se poursuivront jusqu’au 31 juillet. Le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, maître Bernard St-Vil et le chef du parquet de ce ressort, maître Clamé- Ocnam Daméus ont tour à tour confirmé pour Le National que plus de 250 dossiers criminels sont en état de recevoir jugement au cours de ces assises. L es assises criminelles sans assistance de jury se dérou- lent très bien jusqu’ici, selon le doyen Bernard St-Vil qui pré- cise que son tribunal veut traiter le maximum de dossiers possible avant le début des vacances judiciaires en août prochain. « Même pendant ces vacances, soit à partir de la première semaine du mois d’août jusqu’à la fin du mois de septembre, nous allons faire un roulement spécial pour con- tinuer les audiences correctionnelles et criminelles », nous dit le doyen, soucieux d’évacuer les dossiers en attente de jugement dans sa juridic- tion. Au un rythme de deux audiences par jour, les assises criminelles sans assistance de jury ont permis jusqu’ici de traiter 19 cas. Plus- ieurs prévenus ont pu être acquit- tés et d’autres ont été condam- nés en bénéficiant ou non des avantages de la loi du 4 décem- bre 1893 appelée loi Lespinasse. Parmi les personnes déjà jugées dans le cadre de ces assises, on peut citer : Denis Wesley, accusé de vol à main armée, acquitté ; Fils-Aimé Marc Nicolas Antilus, accusé de viol, condamné à deux ans de travaux forcés, mais béné- ficiant de la loi Lespinasse, a été libéré ; Fito Lindor, accusé de viol et de tentative d’assassinat, a été condamné à treize ans de travaux forcés et à des dommages-intérêts ; Johny Stevenson, accusé de viol, est condamné à trois ans de travaux forcés ; Avantout Ernest, accusé de viol, est condamné à quinze ans de travaux forcés ; Loiseau Bleginton, accusé de viol, a été acquitté ; Casséus Blanco, accusé de tentative de meurtre, est condamné à six ans de travaux forcés ; Lionel Doriscar, accusé d’association de malfaiteurs et de vol de nuit, a été acquitté. Le doyen avoue que des contin- gences empêchent parfois de réaliser le nombre d’audiences souhaitées. Il cite par exemple le décès d’un avocat qui, comme à l’accoutumée, avait provoqué un lever de siège, vendredi dernier. Une autre audience a été ren- voyée en raison de la maladie de l’accusé. Le doyen réaffirme toutefois sa volonté de tout mettre en œuvre pour favoriser le bon déroulement de ces assises avec et sans assis- tance de jury qui prendront fin le 31 juillet prochain. Au cours de ces sessions d’assises, les détenus qui n’ont pas d’avocats bénéficient gratuitement de l’assistance des avocats stagiaires du barreau de Port-au-Prince. Cent six avocats stagiaires ont prêté serment le 19 mai dernier au barreau de Port-au-Prince. Ils viennent s’ajouter au nombre des avocats stagiaires ayant prêté ser- ment en novembre 2014 et qui plaidaient déjà dans les sessions d’assises.
  14. 14. 14 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 SOCIÉTÉ P lus les jours passent, plus l’idée qu’on se fait de la franc- maçonnerie en Haïti fluctue. De nombreux adeptes, aux dires d’authentiques francs-maçons, déshonorent l’institution par leur comportement. Cependant des gens de toutes les tendances, de toutes les couches sociales tentent de s’y inté- grer.Ilscherchenttous,seloncertains, « la protection et le pouvoir ». Ce qui paraît contraire à l’idéal maçonnique qui priorise la spiritualité, la quête de soi et de la sagesse.  «Jounenjodia,nègyoapfeafèpayo », a laissé entendre un frère maçon. Des pratiques liées à la politique et interdites par la corporation auraient, dans un premier temps, contribué à des conflits entre les plus hautes instances de la franc-maçonnerie symbolique en Haïti avec, comme conséquence discutable, l’intervention de chefs d’État (François Duvalier et Michel Martelly), ces derniers comme toujours recevant le titre de grand protecteur de l’Ordre. Dans le temps, raconte sous couvert de l’anonymat un frère maçon, l’institution maçonnique accueillait seulement ceux qui étaient de bonnes vies et mœurs. « Le culte de la vertu, l’exercice de la bienfaisance, la recherche de la vérité, l’étude des sciences, de la morale, des arts et la pratique de la solidarité »constituaient les principaux objets de cet ordre initiatique traditionnel, progressiste et universel. ». Elle priorise ceux qui croient en Dieu et sont en quête « de la Lumière ». Aujourd’hui, la donne a changé et les pratiques s’ouvrent sur d’autres perspectives. Plus ambitieuses sans doute ! La réussite individuelle semble devenir la priorité des initiés. Les rituels et l’intégration des hauts fonctionnaires de l’État au sein de l’institution perturbent, dans une certaine mesure, la tradition. Depuis la fondation de la nation, des hauts dignitaires de l’État ont toujours intégré cette corporation. « Le général Toussaint Louverture n’a pas été franc-maçon. Mais l’institution maçonnique a reconnu sa dimension mystique », écrit Gaétan Mentor. Jean Jacques Dessalines n’a pas intégré le temple. L’histoire raconte qu’il pourchassait les francs-maçons en Haïti. Bizarrement, il y a une loge très connue à Port-au-Prince qui porte le nom du Père fondateur de la patrie. Dans son livre : « Les fils noirs de La Vierge », Gaétan Mentor reprend des propos de Thomas Madiou : « En ordonnant de fermer dans l’empire les loges des francs- maçons, Dessalines souleva contre lui l’indignation d’un grand nombre d’hommes. » Nos enquêtes n’ont pas abouti à une réponse précise au sujet d’une éventuelle participation de la franc-maçonnerie dans l’assassinat de l’Empereur. Gaétan Mentor ajoute encore que Dessalines s’imaginait que les francs-maçons ne se réunissaient que pour conspirer contre lui. Les loges dites « sauvages » auraient été créées à cause des persécutions de ces dernières par l’État de l’époque. Est-ce le vodou ou la religion catholique qui auraient été à la base de ces persécutions ? Ou est-ce leur clandestinité qui portait les dirigeants haïtiens à se méfier d’eux ? Les choses ont évolué dans le temps. Un informateur nous a confié que certains prêtres catholiques et pasteurs protestants sont aussi francs-maçons. De même que ces derniers ont investi une grande partie de la religion populaire haïtienne pour connaître les pratiques holistiques et mystiques du vodou. Selon un maître contacté, « le vrai maçon trouve la vérité dans toutes les pratiques religieuses ». Ce qui porte beaucoup plus de personnes à intégrer cette institution. Elles sont, dit-on, en quête de la Lumière. Depuis, tous ceux qui ont eu la charge de gouverner la nation haïtienne ont investi cet espace sacré ! L’indépendance haïtienne aurait été, en grande partie, l’œuvre de francs-maçons haïtiens et étrangers. La construction de la nouvelle nation aussi. Pendant longtemps, la gestion de la cité a été assurée par de Grands Maîtres ou des chefs d’État qui ont reçu des grades dans la franc-maçonnerie. Selon certaines informations reçues, l’actuel chef de l’État haïtien aurait reçu, l’espace d’une nuit d’initiation, trois grades : apprenti, compagnon et maître. On ne sait pas si le président Martelly continue à aller aux tenues de la loge Etoile d’Haiti # 5 où il a été initié. « Le statut Mystique » des chefs d’État paraît être une obligation. « Il est naturel pour un vrai leader d’intégrer cette institution aussi bien charpentée », a laissé entendre Gérald Augustave, premier grand surveillant du Grand Orient d’Haïti. Le chef de l’État devient alors le grand protecteur de l’ordre. De la gouvernance de Jean Pierre Boyer jusqu’à aujourd’hui, aucun chef d’État n’a refusé cette invitation : devenir franc-maçon. Les feux de la Saint Jean et la franc-maçonnerie Nous avons bien écrit « Feux de la Saint Jean » et non « Brulé Bois ». Selon Mentor, la franc-maçonnerie a plusieurs saints patrons dont les plus importants sont saint Jean le Baptiste, fêté le 24 juin, après le solstice d’été, saint Jean l’Évangéliste, fêté le 27 décembre, après le solstice d’hiver, et saint André, patron des Chevaliers. Selon les confidences de l’auteur, un autre saint peu connu serait saint Bernard, patron des Templiers. L’historien a aussi mentionné saint Alban. Pour Mentor, les francs-maçons, suivant en cela des traditions encore plus anciennes, célèbrent les feux de la Saint Jean, festivité qui n’a rien à voir avec le « boulé bois » tel que pratiqué par les loges en Haïti. Le symbolisme des Feux de la Saint Jean, c’est celui de la lumière extérieure représentée par l’élément feu. La crémation de bois est un simple accessoire des feux de la Saint Jean. L’accessoire a remplacé l’essentiel en déviant la cérémonie en un « boulé bois » qui s’écarte de la pure franc-maçonnerie. Cette offrande du bois sacré aux éléments du feu a, par contre, existé et était pratiquée par les corporations de charpentiers, de menuisiers, de boulangers, etc., qui, à l’imitation d’Abel dans la Genèse, offrait au feu un échantillon des meilleurs bois de leurs forêts afin que celui-ci les épargne des incendies dévastatrices et néfastes pour leurs activités commerciales. La franc-maçonnerie : passage obligé vers le pouvoir ?par Joe Antoine Jn-Baptiste HAÏTISOCIÉTÉ Le 24 juin, pour la Saint-Jean, les francs-maçons étaient dans les rues. Ils sont partout dans l’appareil d’État, également dans les entreprises privées. Ils ont prêté serment de se soutenir mutuellement ! » suite de la première page
  15. 15. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 15 SOCIÉTÉ Le « Boulé bois » avec ses offrandes de gâteaux, etc., est une dénatur- ation d’un rituel pourtant sacré. « Le savoir ancestral a cédé à la super- stition », toujours selon Mentor. Trafics d’influences ? Le mercredi qui a précédé la cérémonie de prestation de serment duprésidentMichelJosephMartelly, au Palais législatif, le samedi 14 mai 2011, trois personnalités de la Grande Confrérie tenaient les rênes de la cérémonie d’initiation du chef de l’État. Ils sont chefs des instances du Suprême Conseil, du Grand Orient d’Haïti de 1824 et du Suprême Conclave. Selon les normes maçonniques, « c’est le Vénérable d’une loge qui initie et non le chef des instanc- es. Si le chef des instances est présent, il doit tout simplement assister au rituel . Où étaient les vénérables ? Pourquoi n’ont-ils pas présidé la tenue ? D’après cer- tains francs-maçons, il semblerait que les trois chefs des instances venus de différentes obédiences liées à cette grande confrérie ont voulu « partager le chef de l’État comme un gâteau ». « Recevoir trois grades en même temps, cela peut se faire. Mais en de très rares occa- sions », a fait savoir Gaétan Mentor. Une position que partage Antoine Jeudi, un frère-maçon présent à la cérémonie d’initiation du chef de l’État mais qui a toujours voulu garder un profil indépendant sur le plan politique. Un chef d’État protecteur de l’Ordre peut être aussi une porte ouverte à un trafic d’influences, ce qu’on a reproché à la franc-maçonnerie dans de nombreux pays. Les frères maçons s’en défendent en ripostant qu’un frère trois points jure de porter aide et assistance à son frère en toute occasion. Aide et assistance qui peuvent aller jusqu’où ? Des frères maçons connus ont toujours été nommés à des postes importants de l’administration publique. Ce n’est pas une mauvaise chose en soit pour les francs-maçons de mener la politique active. On a constaté le même phénomène en France comme aux États-Unis d’Amérique. Dans le cas d’Haïti où la situation économique est précaire, des proximités maçonniques avec le pouvoir, liées à des luttes de clans peuvent créer de profondes divisions dans l’institution. L’État donne-t-il aux loges ? D’après certains documents plusieurs, chefs d’État ont eu à faire des dons aux obédiences maçonniques. Lysius Salomon a eu à poser la première pierre du Grand Temple du Grand Orient dont le terrain fut un don de l’état. Michel Domingue a eu à concéder une propriété pour l’édification d’un orphelinat maçonnique et d’une école pour les jeunes filles placées sous la direction du Grand Orient. Le général Henry Namphy a eu à faire le don d’un terrain sis à Delmas 33 pour la construction du Grand Temple. Leslie Manigat a eu à faire un don en espèces pour commencer les travaux du Grand Temple à la charge, à l’époque, de l’Ing. Pierre Saint-Côme, ancien Grand Maître. La propriété fut saisie par le maire de Delmas avec, dit-on, la complicité du président Aristide (qui ne fut pas franc- maçon) en 2003. Selon feu Jean K. Gousse, ancien Grand Maître, un don important aurait été fait par le président Michel Martelly ou par l’État pour la réparation de certaines loges endommagées suite au séisme du 12 janvier 2010. Une mystérieuse affaire de black-out Par ailleurs, Gaétan Mentor a fait savoir que la prestation de serment du chef de l’État dans le noir, le samedi 14 mai, n’était pas le fruit du hasard. Il y a eu une coupure d’électricité. Il a prêté serment malgré tout. « Symboliquement, le chef de l’État, en tant que franc- maçon, a prêté serment dans l’obscurité. Normalement, il devrait reprendre sa prestation de serment une fois le courant rétabli. Il ne l’a pas fait. C’est une erreur grave. Cela présente de sérieuses anomalies dont le peuple haïtien peut ressentir les séquelles », a laissé comprendre Gaétan Mentor. Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? La franc-maçonnerie est avant tout une institution philosophique, cosmopolite, spirituelle, mystique et ésotérique. C’est une structure occidentale arrivée au pays suite à la scission des maçons haïtiens avec la grande loge d’Angleterre. En janvier 1824, est créé le Grand Orient d’Haïti. Cette Confrérie est composée de trois organes : le Grand Orient d’Haïti 1824, le Suprême Conseil des 33e de 1836 et le Suprême Grand Conclave de 1981. La franc-maçonnerie n’est pas une religion. De plus, elle est apolitique. Dans les principes généraux qui régulent le fonctionnement des membres du Grand Orient d’Haïti, il est interdit d’avoir au sein de l’institution des discussions politiques et religieuses ». « Elle est là pour servir », a fait savoir maître Antoine Jeudi. La franc-maçonnerie est également « un ordre initiatique traditionnel, progressif et universel, fondé sur la fraternité et est composé de membres de toutes les races et de toutes les nationalités ». Chaque organe de la franc-maçonnerie
  16. 16. La franc-maçonnerie : passage obligé vers le pouvoir ? haïtienne a sa propre structure. Ce sont des instances séparées, mais qui travaillent en parfaite harmonie. C’est une institution qui repose sur la fraternité. Sa principale mission consiste à élever l’être humain à la spiritualité. Chaque personne doit travailler à la recherche de son développement personnel et à celui de l’humanité. Qu’en est-il pour la nation haïtienne ? Une nation qui, depuis son indépendance, projette l’image que connaît le peuple haïtien. Est-elle utile à la société haïtienne ? Du train où vont les choses dans le pays, plus d’un se demande si la franc-maçonnerie est utile à la société haïtienne. Au lendemain du séisme de janvier 2010, le président français, Nicolas Sarkozy, est entré aux pays et a demandé : « Où sont passés les Grands Maitres ? » L’on reconnaîtpartoutquecetteconfrérie a une fonction sociale majeure : participer au développement de la nation. Dans les autres pays, elle participe à la construction des universités, des écoles et s’assurent de la formation de qualité donnée à ceux qui fréquentent ces différentes structures. Cette confrérie participe largement à la construction sociale de la nation dans laquelle évoluent ses membres. Faire du social constitue pour les membres de cette confrérie une grande priorité. En Haïti, c’est tout à fait le contraire, regrette le frère Antoine Jeudi. Les francs-maçons d’Haïti n’ont pas d’argent. Ils ne reçoivent pas de dons. D’autant plus que c’est, du moins sur le papier, une institution apolitique. L’institution reconnaît que la grande tendance porte les frères maçons à courir après leur bien-être individuel. Cette course, dans certains cas, peut déshonorer l’idéal de cette confrérie. « La franc- maçonnerie voit la communauté en général. C’est l’épanouissement spirituel de chaque individu qui rejaillira sur la nation de manière positive. » On trouve aussi des personnes réputés mason lòj qui déshonorent l’institution en se comportant comme de vulgaires charlatans. Les loges reconnues devraient se prononcer contre de tels agissements. Elles ne le font pas. Cependant, Antoine Jeudi a fait savoir qu’en Haïti la majeure partie de ceux qui fréquentent cette institution voient avant tout leurs intérêts purement personnels. Il reste convaincu que ces derniers « ne vont pas faire long feu dans cette noble institution. Ils passent outre les prescrits et normes qui régissent cette institution », a-t-il prédit. La franc-maçonnerie s’est étendue à travers le pays. La quête du pouvoir reste déterminante pour certains de ceux qui fréquentent ce lieu qui aurait dû être seulement celui du savoir et de la sagesse. Ce groupe de francs-maçons projette une image déplorable de l’institution. Onpeutdireque,malheureusement, la franc-maçonnerie, comme toutes nos institutions, reflète l’état de notre société alors qu’elle aurait dû être un flambeau pour nous éclairer dans notre nuit. 16 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 SOCIÉTÉ COMMENTDEVIENT-ONFRANC-MAÇON? IL SUFFIT D’ÊTRE PARRAINÉ PAR TROIS FRÈRES ET DE RÉPONDRE À CERTAINS CRITÈRES, TELS QUE NE PAS AVOIR DE CASIER JUDICIAIRE, SAVOIR LIRE ET ÉCRIRE, POUVOIR PAYER LES FRAIS D’INITIATION, ETC. POUR GAÉTAN MENTOR, C’EST PLUS COMPLEXE. IL FAUT « AVOIR REÇU L’APPEL INTÉRIEUR’ET ENSUITE ÊTRE « ORIENTÉ » À FRAPPER À LA PORTE DU TEMPLE. LA FRANC-MAÇONNERIE EST UNE VOCATION SPIRITUELLE, UN CONTRAT À LONG TERME ET VOLONTAIREMENT CONSENTI POUR TRAVAILLER SANS RELÂCHE À L’AMÉLIORATION DE SOI ET DU GENRE HUMAIN. MENTOR, CITANT ROBERT AMBELAIN, RAPPELLE L’OSTRACISME DE LA LETTRE B QUI PRÉSIDAIT AU PARRAINAGE DES FRÈRES EN LOGE AUX SIÈCLES PRÉCÉDENT. LES BOURGUES, LES BOSSUS, LES BORGNES, ETC., SE VOYAIENT REFUSER L’ADMISSION EN LOGE. LE RECRUTEMENT MASSIF FAIT DE SÉRIEUX TORTS À L’INSTITUTION ET FAVORISE LA « QUANTITÉ » PLUTÔT QUE LA « QUALITÉ ». LA FRANC-MAÇONNERIE N’EST PAS UN CENTRE DE MAGIE, DE « WANGA », DE POLITICAILLERIE OU DE COUP BAS. C’EST UN ESPACE SACRÉ, UNIVERSEL ET FRATERNEL, POUR L’APPRENTISSAGE DES VALEURS MORALES, LA PRATIQUE DES VERTUS ET QUI PERMET LA MAÎTRISE DES VICES ET DU « VIEIL HOMME ». Liste partielle des Obédiences symboliques GRAND ORIENT DE 1824 (RÉGULIER) GRANDE LOGE D’HAÏTI DE 1961 (LOGES MASCULINES ET LOGES FÉMININES) GRANDE LOGE NATIONALE D’HAÏTI GRANDE LOGE SEPTENTRIONALE D’HAÏTI (CAP-HAÏTIEN) GRANDE LOGE DE L’ÈRE DU VERSEAU (MIXTE) ETC. » suite de la page 15
  17. 17. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 17 CULTURE Le concert de l'impertinencePar Dangelo Néard Et quand le dollar a de telles atti- tudes dans le jeu économique, la vie chère montre ses dents et casse un peu plus les genoux de la population haïtienne. Ça ne va pas bien dans les quartiers précaires du pays. Ça sent la faim, la crasse, la drogue, la prostitution. Ça sent l’horreur. Juillet 2015 ramène les cent ans du débarquement des Marines en Haïti. L’État haïtien ne prévoit pas grand-chose. La mémoire, aurait dit Évelyne Trouillot, est aux abois. Entre-temps, le fils du chef de l’État se dit : « Pourquoi pas un petit concert avec Lil Wayne et Chris Brown ? Ils sont bien cools, ces messieurs, et j’aime bien ce qu’ils font. Leurs tatouages sont réussis. Aussi, faut bien que j’installe ma production dans un circuit de reconnaissance internationale, aussi faut bien que je meuble mon carnet d’adresses. Aussi et surtout, ça m’ira bien d’être vu aux côtés de ces grosses pointures de la musique. J’ai une carrière à booster. » Et bidibou bidiba, on ferme les yeux, on appelle ses amis du milieu des affaires, on croise ses doigts, on prend la bénédiction de papa, maman applaudit ; et… CONCERT au Champ de Mars ! En une soirée, non en six heures de spectacles, on va littéralement flamber plusieurs centaines de milliers de dollars. Tous pour le RAP américain, on fait ça parce qu’on aime, on se complaît dans l’idée, on fait ça pour la culture, pour continuer à mettre Haïti sur la carte touristique internationale. Oh la honte ! La grande honte ! Parallèlement, nombre d’initia- tives du secteur culturel peinent à trouver du financement. Plein de festivals de théâtre, de musique n’ont pas pu être organisés cette année faute de financement, plein de rappeurs, de musiciens haïtiens vivent dans la dèche et n’arrivent pas à faire un premier album faute de financement, plein de villes de province ne disposent pas d’une bibliothèque, plein d’émissions culturelles boîtent, forcent les choses pour continuer à exister ; plein de bâtiments de l’État en construction boivent des tôles rouges…. La culture ici n’a pas d’argent. Oh la honte… on imagine bien la tête de Lil Wayne et de Chris Brown. Ils se disent sûrement : « De quels matériaux ces gens sont donc faits ? Dans un tel con- texte, comment peuvent-ils faire appel à nous ? Et même si ça fait longtemps depuis que le contact a été établi, au stade où ils en sont, ils peuvent pas nous demander de rapper pour eux ? Oh non ! Ils ne peuvent pas, on ne fait pas ça à un pays. » Pourquoi Big O Productions n’injecte pas ces centaines de mil- liers de dollars dans des initia- tives de renforcement structurel de l’industrie de la musique ? Pourquoi Big O n’injecte pas ces centaines de milliers de dollars dans une vaste campagne de valo- risation et de promotion du Rap kreyòl ? Oh oui !!! Ce concert est impertinent, impertinent !!! Lil Wayne, Olivier Martelly et Chris Brown. » suite de la première page
  18. 18. 18 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 CULTURE L a grotte de Lascaux, surnom- mée la « Chapelle Sixtine de l’art Pariétal », fut découverte en 1940 à Montignac en Dor- dogne, puis fermée au public en 1963 car la présence humaine dégradait les nombreuses peintures vieilles de plus de 17 000 ans. Une première repro- duction partielle de la grotte, Lascaux II, ouvrit au public en 1983 après dix ans de travaux, à 200 m à peine de l’originale. Alors que Lascaux III, la reproduction itinérante de la grotte de Lascaux, s’envolera pour la Corée du Sud à la fin de l’été, Lascaux IV commence à prendre forme au pied de la colline surplombant le village de Montignac. La dernière venue dans la famille des Lascaux sera une repro- duction intégrale de l’originale. Lascaux IV, un projet titanesque: 31 mois pour réaliser 540 m² de fac-similés pour la grotte, et 400 m² de double pour le musée. Avec une hauteur de plafond allant par- fois jusqu’à une dizaine de mètres. « Ce projet à été un gros défi, » raconte Francis Ringenbach, le directeur artistique de l’Atelier des Fac-Similés du Périgord, en charge de la reproduction des parois ornées de Lascaux IV. Car c’est la structure, mais aussi l’aspect minéral de la pierre, les gravures et les peintures qu’il faut recopier. Un travail précis et rigou- reux sur lequel les 34 artistes de l’AFSP travaillent sans relâche: à quelques centaines de mètres du chantier de Lascaux IV, ils don- nent vie aux reproductions. Les travaux de modélisation 3D permettent une reproduc- tion au millimètre près, et ont aussi permis la mise à jour de nouvelles gravures. « De 1950 à 1960, André Glory avait relevé avec des calques environ 700 fig- ures d’animaux et de signes dans l’abside, une des salles conten- ant le plus de gravures, » raconte Gilles Lafleur, Plasticien à l’AFSP. « En travaillant avec la projection 3D pour reproduire l’abside, on a découvert 120 figures supplémen- taires! » Lascaux II sera toujours accessible pour un quota restreint de personnes Pour le moment, trois grues trô- nent sur le site de Lascaux IV, et les pelleteuses s’activent pour construire l’ossature du bâtiment dans lequel sera installé la repro- duction intégrale de la grotte de Lascaux et du futur centre inter- national de l’Art Pariétal de Mon- tignac-Lascaux. C’est le cabinet norvégien Snøhet- ta qui a réalisé les plans: la toiture végétale du muse se fondra dans le paysage, laissant apparaître seulement un côté du bâtiment par lequel les visiteurs entreront, et la colline sera sanctuarisée pour préserver le site. La visite de Lascaux IV durera environ deux heures et demie: d’abord le fac-similé de la grotte, puis dans une deuxième partie, une salle où les doubles de cer- taines parois seront suspendues au plafond avec une muséogra- phie particulière. Car l’enjeu pour Lascaux IV sera aussi de créer une expérience numérique. Accompa- gné d’une tablette, le visiteur sera guidé dans les dédales de Lascaux, et pourra ainsi obtenir des infor- mations complémentaires sur les peintures et prendre des photos, chose interdite dans Lascaux II. Lascaux II sera toujours acces- sible pour un quota restreint de personnes après l’ouverture de Lascaux IV. Initialement prévue pour juillet 2016, l’ouverture de Lascaux IV « aura un peu de retard » estime André Barbé, le directeur général de Semitour, l’entreprise touristique qui gère l’exploitation de Lascaux IV. Il espère tout de même pouvoir ouvrir les portes au public courant été 2016, mais le plus important selon lui, c’est qu’à l’ouverture, tout soit parfaite- ment en place pour accueillir les quelques 400 000 visiteurs atten- dus à l’année. Et puis Et puis avec un tas d’autres folies, Toi et moi pour redonner de la cou- leur à la terre allumerons un grand feu qui re- écrira nos visages On fera l’inventaire du poème Et les mots étaleront autre chose que de simple maux Nous reverrons les rêves de quand nous étions mômes nous diront l’amour des heures soleils et nous affronteront la nuit laissant trace d’encre gribouillé et ils ne verront ni toi ni moi nous formeront autre chose que nous même je serai l’autre comme toi pour les gestes humains a égalité qui ne s’abimeront pas qui ne s’éteindront pas Qui restera dans leur mémoire Oui, je l’impression de te connaître je ne sais pas dans quel cycle nous nous somme rencontrés Les heures s’envolent, on mélange nos mains Mais on ne dira pas adieu car à coup sur, on se rencontrera dans les yeux d’un autre Béo Monteau Dis-le pour que ça brûle Par Dangelo Néard L’expérience de la poésie est celle du langage embarqué dans des possibilités d’énonciation jusque-là non soupçonnées. Le poème dans sa structure et sa présence dans le réel fait montre d’une imprudence innombrable. Lorsqu’on lit un poème, nos yeux ne suffisent jamais ; le poème mobilise tout notre arsenal sen- soriel. Il nous introduit dans son intimité et nous devenons nous- mêmes « poèmes ». C’est Reverdy qui écrivait : « La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois ». Quand la concrétude et la routine des choses nous pié- tinent, il nous faut une bouffée d’air poétique pour continuer la lutte contre le néant. « Dis-le pour que ça brûle » est un espace dédié à vos poèmes, à vos désinvoltures. Tous, nous avons ne serait-ce qu’un seul poème qui va et qui vient dans nos veines. Tous, nous avons besoin de faire l’expérience de l’altérité ; Paul Celan n’a-t-il pas eu à écrire qu’il n’existe aucune différence de principe entre une poignée de main et un poème. À ceux et celles qui voudraient publier des poèmes dans cet espace, prière de me les envoyer sur le : dneard@lenational.ht Soyons poètes ou rien ! dans les yeux d’un autre La saga Lascaux continueSource : Paris Match La grotte de Lascaux.
  19. 19. DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 N0 26 | 19 CULTURE Entre toi et moi Je suis né ce matin à la commis- sure de tes lèvres Je suis une fleur Je prends racine sur ton nombril Je suis un rayon qui se perd en toi. L’autre jour, je me suis abreuvé de ton rire J’ai laissé des mots d’amour sous ta porte J’ai poussé dans ton jardin comme pousse la rosée sous le toit du ciel De ma fenêtre, je regarde ton ombre passé Et déjà, je l’aime avant de t’aimer Hier au soir, je t’ai espionné Je suis devenu poussière et me suis accroché à tes pas Fais de moi ton pissoire Je suis tesson dans tes éclats de mémoire Depuis que j’ai découvert que je suis boue Je veux que tu souffles dans mes narines J’ai grandi ce midi quand je t’ai vu sous la douche Invitons la nuit à t’habiller de nudité J’ai dit à ta ville des mots aux cou- leurs multiples Chacun de tes grains de beauté est suspendu à mes cils Je m’ouvre à ton appel Fidèle au jour lointain Je t’offre un coffre de baisers Le temps est du béton servi en sauce Je suis mort ce soir sur le pan du monde La lune a pleuré ses étoiles d’absinthes Pour nous rappeler que la rupture est fiévreuse Ta beauté est un voyou qui me maltraite Je m’endors les sens répus. Wilbert Fortuné « Les gens de lettres »Par Carl-Henry Pierre B audelaire, Marquéz, Duras, Zweig, Frankétienne, Kafka, Borges, Saramago, etc. Beau- coup de personnes ont su, par la littérature, dompter le réel. Elles refusent, pour dire à peu près comme Évelyne Trouillot dans son fameux roman « Rosalie l’infâme », que les silhouettes du temps soient flétries et pour cela, elles apprennent à che- vaucher ses ombres pour leur donner vie. Elles sont toutes des « déparleurs » et des « créateurs de mondes ». Ces personnes-là, on les appelle quotidi- ennement : « Les gens de lettres ». Mais « Les gens de lettres » c’est aussi le nom d’une émission télévisée qui passe le soir, tous les dimanches sur la TNH (Télévision Nationale d’Haïti), à compter de 7h PM. À bien y regarder (phrase chère à Dangelo Néard l’animateur de l’émission), le livre se propose tou- jours à nous comme une instance de pouvoir qui nous ouvre les vannes de l’immortalité. Il faut du coup et à tout prix sauver le livre pour qu’en retour à tout prix et à coup sûr, le livre puisse nous sauver de la danse de l’absurde. Il y a toujours eu mystère autour du livre et de ses possibilités. Certains diront comment peut-il sauver l’individu qui le sauve? Qu’on désapprenne à fouiller dans ce mystère et si mystère il y a, il n’est jamais à comprendre, n’est-ce donc pas ça le principe du mystère. Une seule chose est sûre, c’est qu’un livre va toujours au-delà des feuilles imprimées. À cet effet, un dialogue avec les gens de lettres à «Les gens de lettres» permet toujours aux téléspecta- teurs avisés de pouvoir mettre des points sur les i et les barres sur les T des œuvres littéraires. Au-delà des feuilles imprimées En regardant l’émission « Les gens de lettres » on se rend compte que chaque écrivain est un monde sur lequel vient se greffer plusieurs mondes. On comprend plus facilement alors le vers de l’éditeur Rodney Saint-Éloi sur les plateaux iti- nérants de l’émission. Le poète éditeur dit que « Pour le bonheur des iles, un jour, il nous faudra nous résigner à foutre la mer dehors? Le saurions-nous un jour que le livre (Haïti, Haïti) de Gary Klang et d’Anthony Phelps devait avoir un autre titre : « Le massacre de Jérémie »? Et notre curiosité nous permettrait-elle à elle-seule de savoir que dans la maison qu’habite Emmelie Prophète li y a un jardin d’orchidées? Autant d’intimités qui se sont dévoilées dans cette émission dont le décor de l’animation et l’animation du décor offrent gratuitement un temps de luxe aux téléspectateurs. L’émission en l’espace de quelques minutes permet d’appréhender un certains nombres de textes qui ont marqué la littérature de quel qu’espace que ce soit. Il y en a une ouverture sur le monde qui fait grandir l’esprit. Combien de fois dans notre environnement immédiat, a-t-on entendu parler du Théâtre de l’absurde ou de l’Esthétique de l’écartèlement? Les concepts et courants littérai- res, les extraits qu’on lit, les résu- més qui se font des livres, sans mettre de côté les raisonnements, avec Les gens de lettres, le monde s’est transformé en un écran pur et simple. Cette émission apporte donc une autre couleur dans le milieu littéraire culturel haïtien. Une entreprise à pérenniser « Les gens de lettres » est une émission d’une rare puissance d’expression littéraire. Elle doit être pérennisée. C’est toute une académie du beau langage. La lit- térature n’est-elle pas, en réalité, le plus haut degré de l’esthétique d’une langue. Sa mort dans le milieu culturel haïtien engendrera un déplacement du curseur du livre vers d’autres activités qui pourront compromettre l’avenir de nos gens de lettres d’une manière ou d’une autre. L’émission semble n’être faite que de finesse, de beaucoup d’énergies, de temps et d’amour. Si la présentation dure au moins 45 minutes, il n’en demeure pas moins – et le on le sent bien- que sa préparation s’est faite sur tout une vie. Il faut vraiment se dépasser pour s’aventurer dans cet exercice- là. Il s’agit quand même des gens de lettres! Marguerite Duras aurait dit pour être des gens de lettres, il faut être plus fort que soi. En voilà une émission qui dit cul- ture au propre comme au figuré et qui fait d’elle le seul alibi face à la mort. Qu’on pardonne les guil- lemets qui vont suivre, puisque la chose mérite d’être dite haut et fort aussi. « Cette émission doit être sponsorisée et financée (ce qui ne se fait pas encore) par des mécènes d’une manière ou d’une autre, la classe moyenne, les insti- tutions qu’elles soient ontologique- ment de la culture ou pas, puisque la culture n’a jamais eu de fron- tières, donc d’espace propre». C’est ainsi que l’initiative « Les gens de lettres » conservera son Dangelo Néard l’animateur de l’emission. décor de tous les lieux, son calme et sa belle façon de faire. Pour le prendre à Jean Paul Sartre, pour le dire comme Dangelo Néard, l’animateur de l’émission «Les gens de lettres» : « on n’est pas écrivain pour avoir choisi de dire certaines choses, mais pour avoir choisi de les dire, d’une certaine façon ». Et c’est dans cette étrange façon de dire que la mort perd sa face, que notre mort perd sa face.
  20. 20. A u cours de la conférence de presse qu’il a prononcé le mercredi 24 juin à son hôtel depuis le quartier de Turgeau de Port-au-Prince, Movado, après son petit tour à Pétion-Ville, a déclaré être venu pour faire du tour- isme et assurer la prestation de deux concerts, l’un le jeudi 25 juin à l’hôtel Marriot et l’autre le samedi 27 juin à la Henfrasa. Une conférence de presse aux allures improvisées par les mem- bres d’Haïti Live Fest qui ne savaient pas qui dirigerait les débats sur la table. À la fin, c’est Romy, l’homme sexy (Romain Hyppolite), qui fit office de maître de cérémonie. Movado, populaire parmi la jeunesse haïtienne, a expliqué comment il a été heureux de se promener à la rue Chavannes, à la veille de la fête patronale de la cité, la Saint Pierre. Très détendu et accompagné de quelques membres de son staff, Movado n’a pas été long, mais il a semblé heureux d’être ici en Haïti. D’ailleurs, il est venu avec une équipe pour filmer les plages du pays afin de montrer une autre image d’Haïti. Il promet de dif- fuser ces images dans son pays, la Jamaïque, et en Floride. Il a confié à l’assistance com- posée de quelques journalistes, d’artistes locaux et de DJ, com- ment et depuis quand il est inté- ressé à visiter Haïti. C’était après le passage du séisme du 12 janvier 2010. Movado, ami de l’haïtiano-améri- cain Wyclef Jean, a confié à la presse qu’il a entendu parler des stars haïtiennes vivant en Haïti, notamment du rappeur Fantom du groupe Barikad Crew.Les membres d’Haïti Live Fest, une nouvelle organisation de produc- tion avec des bureaux en Haïti et aux États-Unis, ont profité de cette conférence pour annoncer la distribution de quarante bourses d’études scolaires et universita- ires. La moitié des bourses d’études sont octroyées par la star jamaï- caine qui aimerait aider la jeu- nesse haïtienne. Les intéressés sont priés de visiter le site internet d’Haïti Live Fest pour s’inscrire. 20 | N0 26 DU VENDREDI 26 AU DIMANCHE 28 JUIN 2015 CULTURE Movado entre concert et tourisme !Par Walcam À peine arrivée à Port-au-Prince, la star jamaïcaine n’est pas restée dans sa chambre d’hôtel. Movado a pris la route de Pétion-Ville pour une petite visite et pour prendre contact avec le vrai peuple. Il a expliqué qu’il est un fils du ghetto et qu’il se sent à l’aise comme ça. Movado. / Photo : jamaicatakeout

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