N28

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N28

  1. 1. Comme annoncé les examens de la classe de philo ont démarré, le lundi 29 juin 2015 dans les dix départements scolaires du pays. Près de 73 898 candidats participent à ces épreuves officielles qui doivent prendre fin le 3 juillet prochain. Environ 2 293 autres candidats auront à participer au bac permanent et 2 183 candidats pour le Nouveau secondaire, selon un communiqué du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). » lire page 3 » P. 18 » P. 21 »   P. 4 CULTURE SPORT » suite page 5 Décès de Michel Tassy chanteur de l'orchestre Septentrional Par Walcam Les bulletins prêts et livrés dans quinze jours HAÏTI / ÉLECTIONS LÉGISLATIVES MARDI 30 JUIN 2015 NUMÉRO 28 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI HAÏTI / EXAMENS BACCALAURÉAT ACTUALITÉ Une première journée réussiePar Reynold Aris P rès de deux cents millions de gourdes sont consacrées à l’organisation des exam- ens d’État de cette année. Les responsables du ministère de l’Éducation nationale et de la forma- tion professionnelle (MENFP) peu- vent se targuer d’avoir pris toutes les mesures nécessaires permettant de contribuer au bon déroulement des examens d’État. Les témoignages abondent dans les mêmes termes. De nouveaux engagements en faveur d'Haïti par Jean Michel Cadet Haïti qualifiée pour le deuxième tour par Gérald Bordes Philippe Augustin, directeur du Registre électoral, et Frantz Bernadin, porte-parole du CEP. / Photo : Noclès Débréus
  2. 2. 2 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 TRIBUNE Haïti : État sans nation, deux sociétés, une nation sans ÉtatPar Jacques Ted Saint Dic L a coalition d’anciens et de nouveaux libres, en superpo- sition dominatrice de la masse des esclaves, a mené et gagné l’unique guerre antiesclavagiste du monde dit moderne. Une victoire contre l’humanité des inégalités socia- les à idéologie d’individus égaux en droit, en liberté et en résurrection. Le front commun contre l’esclavage n’a tenu que le temps de la conquête indi- viduelle de la liberté. Les contradic- tions d’intérêts, sur fond de récupéra- tion de la lutte des esclaves marrons, ont rapidement pollué les espaces idéologiques d’ententes stratégiques de la Révolution pour la ramener à une guerre libératrice. La liberté n’a pas été une conquête de population en construction de peuple. En con- struction de nation. Mais plus fon- damentalement une guerre pour la conquête et l’affirmation de l’identité humaine de l’être nègre face à l’inhumanité occidentale. L’Occident des nations qui se sont construites et enrichies sur la base de la domination et de l’exploitation des populations et des peuples des lieux géographiques éloignées de leur centre autodéclaré civilisé. L’Occident des élus en crois- ades missionnaires de sauvetage et d’humanisation des fils du serpent, de Caïn et de Cham. La révolte n’a pas abouti à la révo- lution qui devrait faire de l’homme, de tous les hommes des libres. Des hommes debout dans une dignité unitaire, humaine, dans la construction d’une nation en che- minement multiples d’État à se doter. Au contraire, la nation s’est construite sans se doter d’un État- nation mais d’un État importé, calqué sur le modèle des anciens maîtres. Ainsi la nation est enfilée dès sa genèse d’un État domina- teur, d’exclusion, accapareur. L’État totalitaire, dans le sens qu’il est à lui seul la nation, la société, le peuple, l’individu, le citoyen. Et comme pour s’illustrer dans la lignée des États totalitaires néces- sairement violents, il fallait un crime fondateur : l’assassinat du père fondateur et le silence d’État qui s’est ensuivi un demi-siècle après.De 1804 à 1806, le pays tout neuf enfante ses premières contestations légitimes et naturel- les. S’ouvre une longue période de contestations du « peuple national revendicatif », mais aussi de trêves et d’assimilation par la fuite à l’intérieur du nouveau ter- ritoire. Il est en opposition depuis à cette nouvelle structuration de la hiérarchie de commandement du pays. Très tôt, ce modèle d’État se retrouve en difficulté, contesté déjà en son sein par ceux qui se sentaient redevables à la nation en construction. Et surtout de ceux dont leur père était en Afrique. Il s’agissait en termes clairs de poser la question du montage du « Capital national de peuple », de sa redistribution et de l’affectation de la plus-value à la satisfaction des besoins collectifs et de la con- struction de la richesse nationale de peuple. Pour contrer les contestations, les révoltes d’Acaau, de Goman, des Piquets, des Cacos, et couper le souffle de la contestation, il fallait vite se rallier à des forces externes pour consolider et instituer un modèle d’État sans nation, sans peuple. À défaut de pouvoir faire émerger de la nation, la coalition des anciens et nouveaux libres de 1806 à date n’a de cesse de con- tinuer à constituer sa société éta- tique sur le modèle des sociétés anonymes. Les actionnaires sont locaux et externes, individuels et collectifs. Une nouvelle entreprise à envergure nationale est montée de toutes pièces. Pour être à l’image d’un État, il fallait aussi une projection en format adapté des structures institutionnelles de leur métropole-modèle. Les trois pouvoirs sont installés. Les codes de lois sont aménagés. Le régime politique passe de l’empire à la royauté, et surtout par la dictat- ure pour se pérenniser, se mod- erniser dans la république. La référence permanente de toutes ces structurations politiques reste et demeure l’apartheid social et individuel. Une expression contemporaine de l’esclavage. Idéologiquement ces formes d’organisations politiques retien- nent l’esclavage comme modèle de gestion humaine et de capta- tion du surplus économique. Les codes de culture de Christophe, de Boyer, plus tard la corvée et, hier encore, l’accord de braceros sont des rappels témoins du Code Noir et de ce retour permanent à ce système que l’on croyait ané- anti par la victoire de la guerre de l’Indépendance. Alors que la masse des révoltés victorieux devenus citoyens se préparait à défendre un territoire conquis de haute lutte, les nou- veaux maîtres négociaient un bail de vingt-cinq ans à extensions de contrats illimités en payant aux anciens maîtres la moitié de leur faire-valoir d’absentéistes. Le sys- tème du « deux moitié » prenait corps et le droit de se dire, de se nommer maîtres leur était vendu. Ils avaient dès lors mandat, délé- gation expresse de légitimation du pouvoir universel, mondial d’être les chefs, l’élite, les élites de la société d’État. Le Premier des Noirs, en prélude, écrit au Premier des Blancs. L’égalité des races humaines en argumentation d’un antiracisme se mesurant à l’aune d’un savoir accepté comme universel. Nous aussi, nous pou- vons acquérir les mêmes connais- sances que les Blancs ! Un aveu de soumission au racisme par justi- fication du contraire en utilisant un mot, une expression essentiel- lement ségrégationniste : la race. L’État sans nation et sa société étatique, malgré son opération- nalisation mouvementée à travers le temps, ne s’est donné aucun point d’ancrage géographique à organiser. Un territoire. Un pays. Haïti. Il est légal, moral, institu- tionnel, moderne, multinational… Un concept. Son contenu social est une représentation imagée, virtuelle des catégories sociales en mouvement, sans attaches réelles et permanentes de classes sociales. Aucun souci de renou- vellement. Il est l’expression d’un moment historique, c’est-à-dire datée, mais aussi dynamique dans sa mutation à s’adapter aux grands besoins de ses actionnaires en situation de gestion de la pau- vreté, d’acquisition de richesses et de modernité à rattraper. Que l’on ne se méprenne pas, cet État n’est pas en bout de course. Il est moderne dans sa dynamique de cooptation individuelle à résul- tante de représentativité sociale et du maintien du statu quo dans sa société. Sa nature ne change pas, malgré l’élargissement de sa base soit par des élections et aussi en répondant aux appels de tous ceux qui se disent exclus. Des exclus d’hier qui veulent eux aussi participer à la grande bataille d’exclusion et de suceurs du Peuple national. Conscients ou illuminés, ils ont tous une révo- lution à proposer, à négocier : il est temps que la jeunesse soit aux commandes ! Que les masses populaires prennent le pouvoir ! Enfin que le savoir soit au service de l’État pour le changer. N’allez pas demander dans quel sens, mais rassurez-vous : dans le sens du bon sens. La chose la mieux partagée au monde : il faut réussir à changer sa vie. Avoir des intérêts à jamais renouvelés à défaut d’une sclérosante idée du partage équi- table des richesses, selon chaque mise, pondéré par un coefficient de solidarité nationale. Sa modernité est contemporaine de son réseau de dépendances et dans le formalisme de ses rela- tions avec le monde commercial et financier du village global. C’est un monde formel où il faut se présenter en déclinant son iden- tité. Je suis l’État d’Haïti. Répub- lique noire démocratique. Importatrice nette. Réserve naturelle indéterminée. Réserve forestière minimale. Réserve humaine à vendre. Spécificité : État sans nation, deux sociétés, une nation sans État. Depuis deux siècles que cela dure, la nation n’arrive pas à se doter de son État. Elle consent de grands investissements pour mettre en place sa société et ses élites, mais elle a gagné très peu de batailles dans sa grande guerre d’Étatisation.
  3. 3. MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 3 ACTUALITÉ Les bulletins prêts et livrés dans quinze joursPar Noclès Débréus A lors que les bulletins pour les prochaines législatives sont en train d’être imprimés à Dubaï, le Conseil électoral provisoire (CEP) a déjà reçu tous les matérielsnonsensiblesenprovenance de l’Afrique du Sud. La dernière car- gaison a été livrée le dimanche 28 juin 2015. 14 094 kits électoraux et 2 300 kits de formation sont l’ensemble des matériels fournis par la compagnie sud-africaine, Lithotech, a informé le porte-parole de l’institution électo- rale, Frantz Bernadin, avant de laisser le soin au directeur du Registre élec- toral, Philippe Augustin, de faire le point sur la délégation qui séjournait à Dubaï dans le cadre du processus d’impression des bulletins. Après la validation des bulletins par les différents candidats, il a fallu les transmettre à l’imprimeur, a expli- qué l’ingénieur Augustin, qui a été à Dubaï en compagnie du président du CEP, Pierre-Louis Opont, ainsi que du trésorier, Ricardo Augustin, pour vérifier et valider les maquettes avant l’impression. Interrogé sur le nom de la compagnie qui est char- gée d’imprimer les bulletins des lég- islatives, Monsieur augustin dit avoir fait peu de cas du nom de la firme, se contentant de vérifier si cette dernière était en mesure de fournir un travail de qualité tel que souhaité le CEP. Pour ce qui concerne la pré- sidentielle et les collectivités territo- riales, le régisseur électoral, qui ne détient pas toutes les informations à ce sujet, a quand même informé qu’il est très probable qu’un nouvel appel d’offres soit lancé à cette fin. Déjà, par rapport à cette question de passation de marchés, de vagues critiques fusent de toutes parts en apprenant que les bulletins ainsi que les matériels non sensibles pour des élections qui devraient être un acte de souveraineté nationale, viennent de l’autre bout du monde alors que lors des élections précédentes ces matériels avaient été préparés par des entreprises nationales. Sophie De Caen, directrice principale du Pnud en Haïti est obligée de sortir de son silence pour expliquer que l’appel d’offres a été fait suivant les procédures de passation de marché en vigueur au sein de l’organisme qu’elle dirige. Une explication qui semble être peu convaincante, dans la mesure où les procédures de pas- sation de marché du Pnud restent encore inconnues du public. Réagis- sant à ce sujet, Philippe Augsutin dit n’avoir aucune réponse car, dit-il, le dossier en question ne relève pas de sa compétence. Le Pnud, dans son rapport de fonc- tionnement avec le CEP, s’engage à fournir des équipements et des outils informatiques pour le préenregistre- ment des candidatures pour les légis- latives, la présidentielle et les locales. Il fait aussi l’acquisition de matériels non sensibles (urnes, isoloirs, encre indélébile, sachets plastifiés trans- parents pour les procès-verbaux, et autres matériels de quincaillerie électorale) et sensibles (bulletins de votes, procès-verbaux,…) selon les spécificités définies conjointement avec le CEP. En plus de l’acquisition d’équipements audiovisuels, de matériels de sensibilisation (T-shirts, képis, affiches…), le Pnud fournira aussi un appui technique à la cam- pagne de communication et de sen- sibilisation ainsi que dans la gestion du payroll du personnel vacataire du CEP durant la tenue des élections, selon des informations émanant de l’organisme onusien. Parallèlement, Monsieur Augustin a souligné que la liste électorale, une autre étape importante dans le pro- cessus, est en voie de finalisation. À partir du mercredi 1er juillet, le CEP lancera l’opération de vérifica- tion ou changement de centre de vote par tous les électeurs. Ainsi, tous les citoyens électeurs qui voudraient permuter de centre de vote ou qui ont changé d’adresse sont conviés à passer à n’importe quel Bureau élec- toral communal (BEC) pour faire la notification et aussi indiquer leurs nouvelles adresses, a précisé Philippe Augustin, très confiant quant à la tenue des élections législatives le 9 août prochain. Le temps des complots ! UnrédacteurduNationalendéplacementdansunevilledeprov- ince, nul besoin d’identifier le lieu, a surpris une conversation entre plusieurs personnes qui attendaient de participer à une réunion politique d’un candidat à la présidence. Ces gens, il y en avaitdanstouteslestranchesd’âges,discutaientd’élections.Àun certainmoment,laconversationfutmonopoliséeparunhomme dans la quarantaine qui déclara que les élections se gagnaient « techniquement».Etsansaucunegêne,maisd’unemanièrequand même instructive, il se mit à expliquer à l’assistance comment il fallait procéder. Il raconta comment, dans sa communauté, la veille du scrutin, dès qu’il fit nuit, ses partisans et lui s’arrangèrent pour tirer plu- sieurs coups de feu jusqu’au petit matin. La grande partie de la population, croyant à un carnage, terrorisée, n’osa prendre les rues pour se rendre dans les bureaux de vote qui furent seule- ment investis par les partisans du candidat qui détenaient les armes. L’énergumène, fier de lui, déclara : « Men sa k rele pran yon eleksyon teknikman ! » Il expliqua ensuite la deuxième manière de gagner « technique- ment » : on fait en sorte de n’avoir que ses partisans dans les bureaux de vote et on remplit les urnes à volonté. Mais attention ! prévient-il. Il faut procéder avec intelligence. Pour chaque cent bulletins qu’on met dans l’urne pour son candidat, il faut en mettredixpourlesautresconcurrents.«Sepoubagaylanteknik, mesye!»Quandmêmeuneévolution,fautbienlereconnaître,par rapport à l’ère des Duvalier et de leurs 99 % de votes favorables. Personne dans l’assistance n’osa protester contre l’impudence aveclaquellenotreorateurimprovisérelataitsesexploitspassés, à part, bien sûr, notre rédacteur qui ne put que prêcher dans le videdevantuneassistanceconvaincueparlelangage«technique » de celui qui avait monopolisé son attention. On serait bien fou de croire que plein de candidats, plein de per- sonnes acquises pour diverses raisons à la cause de ces préten- dants«autimondenosaffaires»,vontpouvoirrésisterauplaisir malsaind’ourdirimpunémentlescomplotslesplusinfâmespour gagnerlesélections.Lesdeuxscénariidécritsparlehérosdujour sont bien ceux les plus employés par nos politiciens. On ne fera pasl’erreurdecroirequ’àl’étrangerlespoliticienssontdessaints. Ces derniers aussi sont prêts à tous les mauvais coups. Sauf que, sous d’autres cieux, il existe des institutions plus efficientes, qui exercent une minimum de contrôle, et ceci, avec efficacité. Cheznous,nosinstitutionssontgangrenéesparlacorruption.Des groupesd’intérêtsquin’ontjamaismontrélamoindrecompassion envers les laissés-pour-compte de la nation profonde, meurtrie, et qui, sans vergogne, veulent tout pour eux et pour eux seuls. La précarité transforme plein de citoyens en animaux. La com- munauté étrangère qui finance une grande partie du processus électoral - un non-sens du point de vue de l’éthique nationale - veut toujours imposer son point de vue, ce qui est facilité par le jeu de coquins des prétendants prêts à tous les compromis pour accéder au trône. On est en plein au temps des complots. Des complots contre la nation ! ÉditoHAÏTI/ÉLECTIONSLÉGISLATIVES Actuellement les bulletins pour les départements de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Nord-Est et du Centre sont sous presse et tous les bulletins pour les législatives devront être livrés en Haïti dans une quinzaine de jours, selon ce qu’a annoncé l’ingénieur Philippe Augustin, directeur du Registre électoral. Monsieur Augustin faisait partie de la délégation du Conseil électoral provisoire (CEP) qui a séjourné la semaine dernière à Dubaï en vue de valider les maquettes avant l’impression et, du même coup, évaluer la capacité de la compagnie anonyme qui a remporté l’appel d’offres du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). » suite de la première page
  4. 4. WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 4611-1010 / 3214-5554 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY PUBLICITÉ: SASKIA P.L.MICHEL DIRECTION ARTISTIQUE : FABRICE LAFLEUR RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS JDESROSIERS@LENATIONAL.HT CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, EDDY LAGUERRE, VANTZ BRUTUS, KENSON DÉSIR, MONDÉSIR JEAN BILLY, REYNOLD ARIS, ISABELLE THÉOSMY, WALTER CAMEAU, SCHULTZ LAURENT JUNIOR PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : JEAN ERIC FOUCHÉ, FRANTZ CLERGÉ GRAPHISTE : JUNIOR ADME CARICATURISTE : FRANCISCO SILVA DISTRIBUTION : PIERRE PAUL EMMANUEL ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE ••••••••••••• IMPRIMÉ EN HAÏTI PAR LES ÉDITIONS DES ANTILLES S.A 4 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 ACTUALITÉ HAÏTI/EXAMENSBACCALAURÉAT Une première journée réussiepar Reynold Aris Une première journée réussie pour les examens de baccalauréat . / Photo : Reynold Aris » suite de la première page Ils ont été une réussite, confient directeurs de sièges, surveillants et candidats. C’est le cas aussi du bacca- lauréat. Toutefois, certains candidats n’ont pas porté leur uniforme comme le préconisent systématiquement les dirigeants du MENFP. Au lycée Fritz Pierre Louis, sur les 570 bacheliers qui devraient pren- dre part à ces compétitions dans ce centre préposé aux candidats de la section « D », seulement quarante- cinq d’entre eux sont absents, si l’on en croit les propos du censeur de cet établissement, Bélizaire Jean Ronel, qui informe que tout se passe très bien. Les candidats et les surveillants, indique M. Jean Ronel, ont été ponctuels ce matin. Ils ont pénétré dans les salles d’examens à temps. De plus, les responsables du MENFP ont acheminé les tests d’évaluation très tôt dans le centre. Il a expliqué que cela a permis leur distribu- tion aux bacheliers à compter de 8 heures et demie du matin ce qui a facilité la tâche à ces postulants selon le temps qui leur était imparti. Le censeur informe, en outre, n’avoir rencontré aucune difficulté lors du déroulement de ces épreuves. « Jusqu’à cette présente minute tout marche comme sur des roulettes », s’est-t-il réjoui. De son côté, Myriam Jean Louis, élève du Lycée Jean Jacques, salue la manière dont les épreuves ont été organisées cette année. « Elles n’ont pas été entachées d’irrégularités tant sur la forme que dans le fond». Très confiante en sa réussite, elle invite ses camarades à ne pas se précipiter en ce qui concerne la rédaction de ces différents examens. Dans la même veine, un élève de l’institution « Mixte Jules Lafleur » requérant l’anonymat informe que les examens ont été à la portée des candidats. Il suffit, à son avis, que les postulants aient été en salle durant cette année aca- démique 2014-2015 pour pouvoir se débrouiller avec ces épreuves. Il a toutefois souligné comme postu- lant en section « C » ne pas être en mesure de se vanter durant cette première journée des examens de Philosophie et de Biologie, promet- tant qu’il va quand même réussir avec brio suivant le profil de ces épreuves. Il convient de souligner qu’en dépit des recommandations des responsables du MENF, le port obligatoire de l’uniforme, comme l’une des conditions pour avoir accès aux sièges d’examens, n’a pas été suivi. Selon ce qu’ont rapporté des surveillants interrogés à ce sujet, ils informent l’avoir accepté pour éviter que ces postulants ne ratent l’année académique. À cet effet, ils ont lancé des mises en garde à ces contrevenants disant qu’ils n’auront pas accès aux centres sans se conformer à cette mesure lors des prochaines épreuves. Quant à la répartition des postu- lants, le Bureau national des exa- mens d’État (BUNEXE) a indiqué que le département de l’Ouest accueille l’effectif le plus élevé avec 44 mille 223 candidats. S’ensuivent ceux du Nord et de l’Artibonite avec respectivement 8 055 candidats et 5 001 candidats. À noter que le département de la Grand’Anse est le maillon le plus faible de la chaîne avec 1 192 candidats. Les consignes demeurent les mêmes selon le directeur du BUNEXE, Renan Michel. L’usage du téléphone portable, mis à part les surveillants qui peuvent l’utiliser au besoin, est strictement interdit dans les centres d’examens.
  5. 5. MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 5 ACTUALITÉ L ’Union européenne (UE) et la Communauté des États latino- américains et caribéens (Celac) se sont engagées dans cette déclaration à soutenir Haïti dans sa quête du développement et sa lutte contre l’extrême pauvreté. Un appel est aussi lancé à tous les donateurs à soutenir la mise en œuvre du plan stratégique de développement du gouvernement haïtien. Un montant de 420 millions de dollars, à cet effet, a été décaissé par l’UE pour soutenir des programmes de développement durant la période 2014-2020. La stabilité politique via le renouvellement du personnel politique fait aussi partie des grandes lignes de cette déclaration. Les États signataires de cet acte déclarent soutenir sans réserve les efforts du gouvernement haïtien pour organiser les prochaines élections. L’UE, de son côté, a déjà emboité le pas. Depuis un an environ, ce partenaire d’Haïti a déjà décaissé un montant de cinq millions d’euros et promis un appui logistique et une mission d’observation. Toutefois, le Conseil électoral ne dispose que de 44 millions de dollars gérés par le Pnud sur un total de 66 millions nécessaires à l’organisation des élections à tous les niveaux (présidentielle, législatives, municipales). Hormis les questions relatives aux élections et le développement, l’UE s’intéresse de près aux problèmes humanitaires encore présents en Haïti. Une enveloppe de 14 millions d’euros a d’ailleurs été mobilisée en 2015 pour répondre à certains défis comme les désastres naturels, l’insécurité alimentaire, la propagation du choléra et le relogement des déplacés. Le pays fait face actuellement, toutefois, à une crise humanitaire grandissante sur laquelle l’UE se prononce. L’Union européenne se veut un acteur « neutre » dans le dossier de rapatriement d’Haïtiens en République dominicaine. « Nous ne sommes ni juges ni parties », soutient Christian Leffler, directeur exécutif pour les Amériques au service d’Action extérieure de l’UE. Il incombe, selon lui, aux deux États (Haïti et la République dominicaine) de trouver des solutions viables axées sur les principes juridiques et politiques. Pourtant les autorités haïtiennes accusent leurs homologues dominicaines d’un double langage. Alors que le 17 juin était censé marqué la fin du Programme national de régularisation des étrangers (PNRE), on assiste, de préférence, à l’expulsion des migrants haïtiens en RD, ce, en violation des traités et conventions internationaux en vigueur sur la question. Le Premier ministre haïtien Évans Paul fait état de plus 14 mille ressortissants haïtiens qui regagnent la partie ouest de l’île. Certains, décident volontairement, par peur de représailles, selon des organisations de droits humains, de revenir en Haïti. Concernant ce dernier aspect de la question, M. Leffler semble n’être pas alarmé. Le départ volontaire d’Haïtiens vivant de l’autre côté de la frontière, pense- t-il, est moins dramatique que l’expulsion de centaines de milliers de Dominicains d’ascendance haïtienne. Selon lui, il incombe aux autorités haïtiennes de prendre en charge leurs ressortissants. L’UE, martèle le diplomate, joue les facilitateurs dans ce dossier. Un rôle, dit-il, qu’a longtemps joué l’institution qu’il représente depuis les balbutiements de cette crise. Rappelons que la diplomatie haïtienne a, dès la décision de la Cour constitutionnelle dominicaine dénationalisant des Dominicains d’ascendance haïtienne depuis trois générations, porté l’affaire par- devant les instances internationales qui ont pris fait et cause pour Haïti. Plus tard, les autorités haïtiennes ont ramené la question dans un cadre strictement bilatéral. UE-CELAC/DÉCLARATIONDEBRUXELLES De nouveaux engagements en faveur d'Haïtipar Jean Michel Cadet Haïti continue d’être un sujet de préoccupation au niveau régional et international. Au terme du sommet UE- CELAC, tenu à Bruxelles du 11 au 14 juin derniers, une déclaration a été adoptée. Les besoins spécifiques du pays liés au sous-développement et à la stabilité politique figurent aussi parmi les engagements pris dans ce document.
  6. 6. Le Centre de facilitation des investissements (CFI), a annoncé, le lundi 29 juin 2015, au local du ministère de la Communication, le lancement de la plateforme « Connect Americas » et du Guide de l’investissement d’Haïti. Soutenu par la Banque interaméricaine de développement (BID), ce projet vise à favoriser la connexion entre les petites et moyennes entreprises (PME) d’Haïti et les entrepreneurs du monde entier. O utre les investisseurs étrangers, ce Guide de l’investissement d’Haïti cible également les investis- seurs locaux. Par le biais de ce guide, le CFI caresse l’idée de mettre en valeur la multiplicité d’affaires qui se présententaujourd’huisurleterritoire haïtien, tout en offrant aux investis- seurs une base solide d’informations pour faciliter le processus décisionnel en matière d’investissement. « Connect Americas » est une plate- forme sociale. C’est le premier réseau social d’affaires du conti- nent américain, conçu spécifique- ment pour les petites et moyennes entreprises (PME) qui n’ont pas les moyens nécessaires pour participer aux grandes expositions internatio- nales », a déclaré la directrice du CFI, Mme Norma Powell. À l’aide de cette plateforme, elles auront l’accès de vendre et d’acheter des produits sur les marchés mondiaux, tout en restant chez eux, et évitant ainsi des dépenses énormes. C’est une initiative de la Banque interaméricaine de développement (BID), soutenue par Google, DHL, Visa et Alibaba. En ligne gratuite- ment, elle permettra aux PME de l’Amérique latine et des Caraïbes de se connecter avec des entrepreneurs du monde entier, et d’accéder aux outils d’informations pratiques leur permettant d’accroître leurs capaci- tés préliminaires. Selon la directrice, la plateforme a déjà connu beaucoup de succès en Haïti. Elle a informé qu’Eliachim Williams, l’agent commercial de la coopérative agricole caféière Vincent Ogé de Dondon, a utilisé le réseau Connect Americas qui lui a permis de trouver plusieurs marchés. Ses produits sont actuellement en vente dans les supermarchés All Food et La Belle Créole aux États-Unis d’Amérique. Le CFI, agence de promotion des investissements, s’est engagé à fournir aux investisseurs un accom- pagnement adéquat, depuis le projet d’investissement jusqu’à sa concré- tisation, suivant ce qu’a déclaré Mme Norma Powell, sa directrice générale. Dans son intervention, elle a fait res- sortir les missions du CFI en deux volets spécifiques. D’abord, une phase de facilitation, au cours de laquelle le processus de l’investissement est organisé, en fournissant aux investisseurs les documents et les contacts néces- saires pour faire avancer le proces- sus. Ensuite, la phase promotion- nelle qui cherche à connaître les visions du gouvernement haïtien, les secteurs qu’il définit comme des secteurs porteurs, comme le tour- isme, l’agro-industrie, le textile, etc., pour une meilleure orientation de cet investissement. Avant d’investir, l’entrepreneur n’a pas seulement fixé ses regards sur l’insécurité. Il y a beaucoup de facteurs à prendre en considération. Les problèmes sociopolitiques ne sont pas les seuls freins aux investissements. Les con- ventions internationales, les accords commerciaux ratifiés par Haïti sont, pour la directrice, autant de facteurs qui préoccupent les inves- tisseurs. Par conséquent, le Guide de l’investissement et le réseau sont incontournables, si on veut encour- ager la production, l’investissement, et éviter des importations évaluées à plus de deux milliards de dollars américains par an. CENTREDEFACILITATIONDESINVESTISSEMENTS Un réseau social d'affaires, pour faciliter les échanges commerciauxpar Evens REGIS 6 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 ACTUALITÉ
  7. 7. Un lot de matériel équivalant à 90 mille dollars a été remis, le lundi 29 juin 2015, au ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), par l’ambassade de Taïwan. Une cérémonie qui s’est déroulée en présence du titulaire de ce ministère, Victor Benoit. « Nous n’avons pas de position précise sur ce dossier, mais nous faisons tout ce qui est possible pour aider ces Haï- tiens à obtenir ce dont ils ont besoin », a déclaré l’ambassadeur de Taïwan, Hwang Tsai-Chiu, lundi, lors de cette cérémonie de remise de dons. Cette réponse intervient dans un con- texte tendu où de nombreux acteurs nationaux et internationaux ont déjà pris position sur ce dossier pour cond- amner l’attitude raciste et xénophobe des Dominicains et également pour critiquer la gestion faite de ce dos- sier par le pouvoir Martelly, qu’ils accusent d’d’en avoir fait une affaire personnelle, cassant ainsi l’élan de solidarité internationale. Par ailleurs, le ministre Victor Benoit a tenu à pré- ciser que, durant la semaine écoulée, de jeudi à samedi, la vague des dépor- tés en provenance de la République dominicaine a décru considérable- ment. Une information confirmée par le ministre de l’Intérieur, qui a précisé que depuis la fin du Plan national de régularisation (PNRE), environ 14 mille personnes seraient déjà retournées volontairement ou de manière forcée au pays. Un don de 91 mille dollars... Ce don de l’ambassade de Taïwan en Haïti a été fait au profit des dépor- tés de la République dominicaine. La cérémonie a été marquée par la signature d’un « protocole de remise de dons » entre l’ambassadeur Hwang Tsai-Chiu et le ministre Victor Benoit. Ce lot de matériel, qui contient, entre autres, des sacs à main, des ballons de football, des chaussures et jouets pour enfants, a été collecté par la diaspora taïwanaise aux États-Unis, a informé l’ambassadeur Tsai-Chiu. Le coût total de cette donation s’élève, a-t-il précisé, à environ 92 mille dol- lars américains. Avouant que, depuis longtemps, le ministère des Affaires sociales a toujours été un partenaire de son ambassade, Hwang Tsai-Chiu a expli- qué que son institution ne disposait pas de moyens logistiques adéquats pour procéder elle-même à la distri- bution de ces dons. C’est pourquoi il a demandé au MAST de suppléer l’ambassade en ce sens. Aussi prom- et-il que ce n’est pas la dernière fois que les deux entités travailleront ensemble. Remerciant l’ambassadeur au nom du gouvernement et du peuple haïtien, Victor Benoit, ministre des Affaires sociales, s’est félicité de ce don qui, selon lui, arrive à point nommé. Le ministre Benoit croit, en effet, que la population vulnérable du pays a aug- menté avec les nombreux déportés venus de la République dominicaine. « Dans l’immédiat, des dispositions seront prises pour que ce don soit remis au Comité mixte de solidarité mis en place par le gouvernement pour la gestion des pourchassés en provenance de République dominic- aine », promet Victor Benoit qui sou- ligne que du fait que ce lot de maté- riel contient beaucoup d’articles des- tinés à la gente féminine, l’expertise du ministère à la Condition féminine sera mise à contribution. HAÏTI/COOPÉRATION/TAÏWAN Un lot de matériel pour les rapatriés !par Lionel Edouard MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 7 ACTUALITÉ L e ministre des Affaires socia- les et du Travail, Victor Benoit, représentant de la Fusion des sociaux-démocrates, a fait le point, lundi, autour de la décision de l’homme d’affaires Réginald Boulos de démissionner du Conseil supérieur des salaires. Questionné sur cette démission surprise, Victor Benoit a fait savoir qu’il a été informé par voie de presse et que, à date, il n’a pas encore reçu la lettre de démission de M. Boulos. Tout en disant respecter le choix de Réginald Boulos, M. Benoit a dit qu’il n’était pas souhaitable que le concerné prenne une telle décision. « C’est dommage que M. Boulos n’ait pas pensé à me contacter », a regretté Victor Benoit qui croit que si cette prise de contact avait été faite avant, Réginald Boulos n’aurait peut-être pas pris cette décision extrême de démissionner. En ce qui a trait au motif de cette démission, l’ouverture d’un compte courant au nom du Conseil supérieur des salaires, alors que Réginad Boulos avait opté pour le « bénévolat », Victor Benoit a déclaré que le ministre des Affaires sociales n’avait pas ouvert de compte, sans pour autant remettre en cause la parole de l’intéressé. Toutefois, Victor Benoit informe qu’étant donné que Réginald Boulos a affirmé qu’un compte a été ouvert au nom du Conseil supérieur des salaires, sa responsabilité à lui est de procéder à une enquête pour savoir dans quelles conditions ce compte a été ouvert, pourquoi il l’a été, s’il l’a été légalement, qui en a pris l’initiative, avait-il le droit de le faire, l’a-t-il fait selon les règles régissant le fonctionnement du Conseil. Beaucoup de personnalités qui avaient prêté leurs services à l’État haïtien à travers des commissions ou l’administration publique ne peuvent plus disposer de leurs biens pour défaut de décharge. Une situation qui avait été dénoncée par Gérald Mathurin, candidat au Sénat recalé pour le département du Sud-Est. Avec la création de ce compte, Réginald Boulos veut-il éviter le piège de la décharge ? Face à la cherté de la vie, des gestes ponctuels... Le ministre Victor Benoit a aussi fait le point, lundi, sur le problème de la cherté de la vie qui sévit actuellement dans le pays, notamment dans un contexte où l’envolée du dollar par rapport à la gourde affecte directement les ménages haïtiens. Il s’est dit profondément touché comme citoyen, mais aussi comme ministres des Affaires sociales. Aussi croit-il qu’il faut y trouver une solution. Malgré la précarité, poursuit le social-démocrate, le gouvernement doit, comme d’habitude, trouver des moyens pour poser des gestes ponctuels. Cependant, pour le ministre Benoit, la véritable solution passe par une politique économique et sociale globale, susceptible de stimuler la création d’emplois et l’augmentation de la produc- tion agricole pour nourrir la population. HAÏTI/CONSEILSUPÉRIEURDESSALAIRES Victor Benoit annonce une enquêtePar Lionel Edouard
  8. 8. 8 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 MONDE M algré plusieurs exécutions problématiques, la Cour suprême des Etats-Unis a donné son feu vert lundi à une méthode controversée d’injection létale, dans une décision très attendue par les Etats américains qui avaient suspendu le châtiment ultime. La plus haute juridiction du pays, qui se prononçait pour la première fois sur la peine capitale en sept ans, était saisie par quatre condam- nés à mort de l’Oklahoma (sud) qui craignaient de mourir dans des souffrances inconstitutionnelles, après la mort de quatre prisonniers au terme d’une longue agonie. Les cinq juges conservateurs, contre les quatre progressistes, ont estimé que les plaignants n’avaient pas montré « un quelconque risque substantiel de souffrances » en cas du recours au midazolam, un anxiolytique, pour exécuter un condamné. Lisant la décision de la majorité, le juge Samuel Alito a estimé que « les prisonniers n’avaient pas identifié une méthode d’exécution disponible et alternative qui impli- que un moins grand risque de souf- france ». La haute Cour a, en conséquence, jugé cette méthode d’exécution conforme au 8e Amendement de la Constitution qui interdit les souf- frances « cruelles et inhabituelles ». « En protégeant même ceux qui ont commis les crimes les plus odieux, le 8e Amendement réaf- firme le devoir d’un gouvernement à respecter la dignité de toutes les personnes », a estimé la juge Sonia Sotomayor, au nom des quatre juges progressistes de la minorité. « Aujourd’hui, cependant la Cour donne l’absolution à l’Etat de l’Oklahoma (...) et impose à un condamné d’identifier lui-même un moyen d’être exécuté », a-t-elle dit. Les 31 Etats (sur 50) qui autorisent la peine de mort souffrent d’une pénurie d’anesthésiants, que les fabricants européens refusent de fournir à des fins d’exécutions. Devantl’impasse,certainsEtatssont revenus à d’anciennes méthodes d’exécution: le peloton d’exécution pour l’Utah, la chaise électrique pour le Tennessee et l’inhalation d’azote pour l’Oklahoma. D’autres encore ont recours à des prépa- rateurs en pharmacie non homo- logués pour obtenir des produits et continuer à exécuter. D’autres ont suspendu leurs exécu- tions, dans l’attente de la décision de la Cour suprême. Dix Etats au total n’exécutent plus pour divers- es raisons tandis que 19 Etats ont purement et simplement aboli la peine de mort. Stricto sensu, la question que se posait la haute Cour portait sur la constitutionnalité du midazolam, un anxiolytique utilisé surtout par l’Oklahoma et la Floride (sud- est) avec l’intention de rendre le condamné inconscient avant l’administration du produit mortel. La peine de mort est-elle constitutionnelle? Mais à l’audience le 29 avril, comme en rendant la décision lundi, le débat a porté sur l’injection létale, approuvée il y a sept ans par cette même Cour, et l’avenir de la peine capitale aux Etats-Unis. Deux juges progressistes ont estimé lundi qu’il était temps de se poser une question basique: « est-ce que la peine de mort elle-même est con- stitutionnelle? », a demandé le juge Stephen Breyer. Confirmant la polémique qui entoure cette question, le juge ultraconservateur Antonin Scalia lui a rétorqué qu’ « à la différence du mariage gay, la peine de mort est approuvée par la Constitution ». « La plus grande partie de l’Amérique a tourné le dos à la peine de mort, seule une poignée de comtés persistent à mettre les gens à mort, il est temps de mettre fin à cette désastreuse expérience de la peine capitale », a jugé la puis- sante Union américaine de défense des libertés. Dale Baich, l’avocat des quatre plaignants condamnés à mort, a promis qu’ « en dépit du refus de la Cour d’intervenir dans cette question de fond, et en raison d’un risque substantiel de souffrances, la bataille judiciaire ne s’arrête pas là ». « Nous continuerons à œuvrer devant les tribunaux pour (...) empêcher les exécutions prob- lématiques à l’avenir », a souligné l’avocat. Le midazolam était en cause dans plusieurs exécutions récentes apparemment accompagnées de souffrances. Le 16 janvier 2014, dans l’Ohio (nord), Dennis McGuire est mort au bout de 26 minutes après avoir visiblement suffoqué. Le 29 avril, en Oklahoma, Clayton Lockett a succombé au bout de 43 minutes de râles et gémissements. Le 23 juillet, Joseph Wood en Ari- zona (sud-ouest) a péri 117 minutes après l’injection, contre une dizaine de minutes habituellement. La Cour suprême donne son feu vert à une méthode controversée d'exécution Sources : afp La Cour suprême, aux Etats-Unis. / Photo : SIPANY / SIPA ÉTATS-UNIS
  9. 9. MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 9 MONDE L e Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé d’un an la mission de maintien de la paix au Darfour, lundi, bien que le gouvernement soudanais ait demandé la fin de cette opération visant à protéger les populations civiles et à leur délivrer de l’aide humanitaire. Une mission conjointe de l’Onu et de l’Union africaine (Unamid) est déployée depuis 2007 au Darfour, où un conflit avait éclaté en 2003 entre les forces gouvernementales et leurs alliés et des rebelles majoritaire- ment non arabes. Khartoum a demandé l’an dernier le départ de l’Unamid en raison de la volonté de cette dernière d’enquêter sur des accusations de viols de masse dont se seraient rendus coupables des soldats sou- danais dans la ville de Tabit. Mais les 15 membres du Conseil de sécurité ont voté à l’unanimité la poursuite de la mission pour protéger les populations civiles. « Ce n’est pas le moment de battre en retraite. Le Soudan compte le plus grand nombre de personnes déplacées en Afrique. Et elles ont davantage souffert en 2014 qu’au cours de la décennie précédente », a déclaré l’ambassadeur britan- nique à l’Onu, Matthew Rycroft, en commentant le vote. Les Nations unies estiment à 2,5 millions le nombre de déplacés en raison du conflit au Darfour, à 4,4 millions le nombre de personnes qui ont besoin d’aide et à 300 000 le nombre de morts depuis le début du conflit. L'Onu prolonge d'un an sa mission au Darfour Sources : Reuters L'ex-ministre gaulliste Charles Pasqua, 88 ans, est décédéSOURCES : AFP L ’ancien ministre Charles Pasqua, 88 ans, pilier de la famille gaulliste et parrain politique de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, est décédé ce lundi, a-t-on appris de sources con- cordantes. Ancien ministre de l’Intérieur, ex- sénateur des Hauts-de-Seine, il avait mis un terme en 2011 à sa carrière politique, marquée par une part d’ombre liée à ses activi- tés au sein de services d’ordre parallèles, ses réseaux africains et ses démêlés judiciaires. M. Pasqua était apparu la dernière fois en public le 30 mai pour le congrès fondateur des Républicains. M. Pasqua est décédé lundi à l’hôpital Foch de Suresnes, a précisé dans un communiqué le président du Conseil départemen- tal des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian (Les Républicains) en faisant part de la « profonde trist- esse » de l’ensemble des élus du département. Cité dans près d’une dizaine d’affaires (financement politique, vente d’armes à l’Angola), il avait été condamné définitivement en 2010 dans deux dossiers: à 18 mois de prison avec sursis pour le financement illégal de sa cam- pagne européenne de 1999, via la vente du casino d’Annemasse (Haute-Savoie), et à un an avec sursis par la Cour de justice de la République (CJR) dans l’affaire des détournements de fonds au préjudice de la Sofremi (exporta- tion de matériel de sécurité). Né le 18 avril 1927 à Grasse (Alpes-Maritimes), Charles Pasqua, petit-fils de berger corse, s’était engagé à 16 ans dans la résistance et, gaulliste convaincu, il avait adhéré dès 1947 au Ras- semblement du peuple français (RPF). Il avait fait carrière dans la société Pernod-Ricard. Pièce maîtresse de l’équipe de Jacques Chirac dans les années 80, M. Pasqua était devenu min- istre de l’Intérieur en 1986-1988 dans le gouvernement Chirac. Il avait à nouveau occupé cette fonction avec rang de ministre d’Etat en 1993-1995 dans le gou- vernement d’Edouard Balladur, qu’il avait d’ailleurs préféré à M. Chirac lors de la présidentielle de 1995. Pilier des Hauts-de-Seine, départe- ment qu’il a présidé de 1973 à 1976 et de 1988 à 2004, ancien député et ancien sénateur, il s’était fait souffler la mairie de Neuilly- sur-Seine en 1983 par un jeune et ambitieux Nicolas Sarkozy, dont il avait contribué à l’ascension et dont il était redevenu proche par la suite. Il avait claqué la porte du RPR en 1999 pour fonder et présider un temps le Rassemblement pour la France (RPF), parti souverain- iste, à la tête duquel, associé avec Philippe de Villiers, il avait fait un meilleur score que la liste RPR-DL de Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua. / Photo : bfmtv.com Des soldats gambiens de la force de maintien de la paix de l’ONU au Darfour. / Photo :
  10. 10. 10 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 ÉCONOMIE Les classes moyennes en AfriquePar Pierre Jacquemot La notion de classe moyenne en Afrique subsaharienne est difficile à saisir. Les critères d’identification et les usages fluctuent, ce qui rend ses relations avec la croissance économique, la stabilité politique ou la démocratie particulièrement mouvantes. L a notion est d’autant plus fragile que l’importance du secteur informel, le cumul systématique des activités par un même individu, la non-fiabilité des répertoires professionnels étab- lis par les États et le poids écrasant de la pauvreté ne cessent d’en diluer l’existence. Les interrogations sur les classes moyennes permettent pour- tant de cerner comment se constitue de nouveaux groupes sociaux en Afrique, singulièrement depuis une décennie marquée par une crois- sance économique soutenue dans la majorité des pays. Parmi ces groupes se retrouvent les populations en voie d’«enrichissement », mais aussi un ensemble d’individus qui émergent juste de la précarité quotidienne sans être pour autant à l’abri d’un déclassement soudain. La meil- leure connaissance du phénomène réclame la réalisation d’enquêtes systématiques comme celles pro- posées par le projet « Classes moy- ennes en Afrique », appuyé par le ministère des Affaires étrangères et européennes et l’AFD, une ten- tative originale associant photog- raphie, journalisme et recherche. Dans le cadre de ce projet furent menés des enquêtes et des report- ages photos sur le terrain (Côte d’Ivoire, Kenya, Maroc, Mozam- bique et Sénégal), plusieurs expo- sitions, l’édition d’un ouvrage photographique (Joan Bardeletti, Petite Prospérité, 2011) ainsi que des travaux de recherche pilotés par Dominique Darbon au centre de recherche « Les Afriques dans le monde » (LAM) de Bordeaux. Acculturation, perte des valeurs de solidarité Ce dossier d’Afrique contemporaine prolonge ce travail en proposant de nouvelles synthèses et les résultats de travaux complémentaires. Les deux premiers articles (Pierre Jacquemot et Dominique Darbon) tentent de circonscrire le concept. Le premier propose un état des lieux sur les repérages par les revenus et les comportements. Le phénomène est d’envergure, il accompagne la baisse du taux relatif de pauvreté (mais pas le nombre absolu de pauvres). Un cercle vertueux peut-il s’enclencher avec le double phénomène, classes moyennes et urbanisation ? D’aucuns le pensent : les consommateurs seront plus nombreux et les marchés gagneront en taille, la construction immobilière connaîtra un boom, comme la bancarisation de l’économie. D’autres pensent que de plus en plus individualistes et consuméristes, les classes moyennes pourraient être une source. Au plan politique, l’inter- rogation est totale : les groupes émergents mieux éduqués poussent-ils à l’évolution des institutions démocratiques ou bien sombrent-ils dans une « apathie » politique ? L’article de Dominique Darbon, le meilleur spécialiste français du sujet, analyse une littérature de plus en plus abondante, consacrée aux classes moyennes. Il montre que si cette catégorie est loin d’être parfaitement construite, il s’agit d’un objet de recherche fondamental parce qu’il permet de dévoiler des dynamiques sociales nouvelles qui agissent aussi bien sur l’économie que sur le politique. Il transforme aussi la manière de penser le développement, les politiques économiques et l’aide accordée au continent. Du fait de leur hétérogénéité, les divers groupes intermédiaires s’affirment plutôt par défaut, entre « ni vraiment pauvre, ni vraiment riche ». Cet écartèlement de la classe moyenne se retrouve au Kenya, l’une des plus importantes et des plus anciennes de l’Afrique au sud du Sahara. Vers des actions collectives Sa culture matérielle étudiée par Hervé Maupeu permet de dresser les contours d’une citoyenneté et de cerner son positionnement dans la vie politique ainsi que la nature de ses revendications. Fortement marquée par les épisodes électoraux et le débat constitutionnel récent, elle n’attend pas de l’État qu’il délivre des services publics, mais seulement qu’il garantisse un environnement juridique propice à la gestion des risques liés à la propriété et surtout des risques sociaux. À partir du cas des célèbres Nana Benz du Togo, Comi Toulabor s’interroge sur la manière avec laquelle les frustrations sociales prennent une expression politique. Les différentes ressources mobilisées dans l’action collective (mode d’organisation, démocratie interne, rapport des leaders au pouvoir, politisation de la base) permettent de comprendre pourquoi des frustrations réelles peuvent déboucher ou non sur des actions collectives. De manière singulière en Afrique où les programmes d’ajustement des années 1990 ont sensiblement réduit son envergure, l’État au Gabon tend quant à lui à demeurer une « valeur refuge » pour ceux qui désirent obtenir un statut social valorisé et des revenus stables. Pour Mélanie Soiron Fallut, l’entrée dans la fonction publique est dans ce pays à rente pétrolière le seul moyen d’éviter la pauvreté, d’avoir une situation stable, et de lier entre- elles plusieurs activités. Au-delà du prestige, une position de pouvoir dans le cadre familial, villageois ou urbain, peut en découler. « Quand le peuple peut abandonner les travaux manuels pénibles, il entre presque dans la petite prospérité », peut-on lire dans le Shijing (le canon de la poésie classique confucéen). La notion chinoise de « petite prospérité », qui évoque un groupe social qui peut désormais « souffler un peu et ne plus suer sang et eau pour survivre », fournit l’intuition la plus pertinente de la notion de petite classe moyenne en lui conférant une certaine homogénéité. Elle met en évidence, à partir des positions occupées sur les marchés du travail et de la consommation, les processus d’identification sociale et les évolutions économiques. Les stratégies d’entrée dans la « petite prospérité » identifiées dans trois villes du Cameroun (Yaoundé, Douala, Buéa) par Cindy Morillas sont centrées sur la constitution d’un fonds permettent à des individus « entre- prenants» de financer leurs études et le lancement d’une activité économique. Pratiques de consommation Dans son enquête menée à Niamey auprès d’une quarantaine de ménages susceptibles de constituer une « classe moyenne locale », Clélie Nallet met quant à elle en évidence les stratégies que trois groupes relativement distincts mettent en place afin d’accéder à des situations de « petite prospérité » et la représentation qu’ils se donnent de leur statut social : les jeunes stratèges, les commerçants « plaise à Dieu » et les femmes au revenu « argent de poche ». Léa Barreau-Tran analyse les trajectoires de vie de cinq mukheristas – micro-importatrices informelles – du Mozambique. Ces femmes ont toutes connu une évolution économique significative par rapport à leur milieu social d’origine. Mais quelle est l’influence de l’autonomie économique ainsi acquise sur leur capacité de négociation et de redéfinition des rapports de genre dans leurs vies professionnelles et privées ? En Afrique du Sud, les mesures post-apartheid du Black Economic Empowerment ont bouleversé le paysage social. Mais si le recrutement préférentiel de cadres noirs a permis l’apparition d’une classe moyenne dite des « diamants noirs », il s’agit de seulement trois millions de personnes, gagnant un salaire mensuel de plus de six mille rands (six cents euros), qui ne représentent que 7,5 % de la communauté noire. Dans une très grande majorité, les Noirs d’Afrique du Sud continuent de vivre sous le seuil de pauvreté et ne bénéficient pas des services de base comme l’eau et l’électricité. Le cas de la lower middle class noire de Soweto (Johannesbourg) est particulièrement intéressant. L’enquête d’Élodie Escusa porte sur ses pratiques de consommation, en lien avec les institutions informelles de socialisation ou de solidarité communautaire qui les entourent. Malgré le grand élan vers la consommation de masse des groceries, les traditions communautaires restent ancrées et les frontières sont visibles entre des groupes encore définis en termes raciaux. La géographie spatiale unique de Johannesbourg continue de structurer racialement les quartiers et donc les pratiques et les discours de ses habitants., Comme il sied pour appréhender une matière aussi malléable et qui échappe à la catégorisation formelle, la méthode adoptée dans ce dossier est celle de la pluralité des approches et des lieux d’observation. Des enquêtes dont les résultats sont présentés dans ce dossier semblent percer des traits communs aux classes moyennes : immersion directe dans l’urbain, polyactivités, inscription dans le jeu des inégalités sociales, consumérisme croissant mais parfois frustrant, émancipation vis-à-vis des solidarités traditionnelles, relative apathie politique… S’il fallait encore s’en convaincre, l’Afrique demeure un laboratoire privilégié pour l’analyse des mutations sociales contemporaines. REVENUSETCONSOMMATION « Quand le peuple peut abandonner les travaux manuels pénibles, il entre presque dans la petite prospérité ». / Photo: © actuphoto
  11. 11. MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 11 ÉCONOMIE Introduire les producteurs locaux dans la chaîne des fournisseursSource : Pro-Poor Tourism Partnership TOURISMEDURABLE Q uel est le potentiel d’achat, par exemple, pour les tissus d’ameublement (utilisés dans la fabrication d’articles d’artisanat, sets de table, bougies), les fournitures d’habillement (par exemple les uniformes, le linge de maison), les articles mis à la disposi- tion des clients (tels le papier recy- clé, les savons faits main), ou pour les services (commandes de fleurs, excursions et sorties) ou encore les produits alimentaires locaux ? Comprendre les défis Les opportunités de se procurer, du fait que la qualité, la quantité ou l’irrégularité des stocks de marchandises locales et des ser- vices disponibles sur place sont souvent mal exploitées et laissent souvent à désirer. Les producteurs locaux sont souvent mal rensei- gnés sur les règles strictes applica- bles aux marchandises destinées aux hôtels en ce qui concerne les normes de santé et de sécurité et ne savent pas trop non plus comment donner satisfaction aux touristes et arriver à produire la qualité recherchée. Souvent, les petits producteurs n’ont aucun accès à des facili- tés de crédit - seul moyen pour eux d’investir en vue d’améliorer leur production et de trouver des débouchés dans le secteur touris- tique – à moins qu’ils aient déjà des contrats en mains, qu’ils peu- vent montrer à leurs banques. Les talents créateurs, par ailleurs se perdent très vite, lorsque les importations d’objets d’artisanat bon marché font perdre sa valeur à l’artisanat local. Les gérants d’hôtels et les responsables des achats et fournitures ont pris l’habitude de dépendre de fournis- seurs avec lesquels ils traitent depuis longtemps, aussi sont- ils rarement disposés à changer pour s’adresser à des fournisseurs locaux. En général, les hôteliers règlent leurs factures de marchan- dises reçues dans les 30 à 90 jours après la date de livraison. Les pro- ducteurs locaux ne peuvent pas opérer de cette façon, vu qu’ils n’ont pas de capital de travail. En conséquence, ils ne peuvent pas traiter avec les hôtels. Certes, les producteurs locaux ont des marchandises à offrir et les hôte- liers voudraient bien les acheter, mais il n’y a pas entre eux de « marché » établi qui pourrait leur permettre d’entrer en rela- tions, ou faire qu’ils partagent les informations courantes, négocient les contrats et les délais de livrai- son. La fréquence de production des produits saisonniers ne coïn- cide pas toujours avec la saison touristique. Dans certains pays, des modifications de la politique gouvernementale seraient néces- saires pour inciter les agriculteurs à promouvoir le développement des liens entres les maillons de l’économie locale et à tirer le max- imum de revenus de l’industrie touristique. Quelles opportunités à envisager Pour les hôteliers qui veulent bien s’approvisionner auprès des fournisseurs locaux, les opportu- nités ainsi créées sont les suiv- antes : • Utiliser des produits distinc- tifs, qui peuvent donner à chaque hôtel un cachet particulier et en même temps faire connaître les produits du pays. • Offrir un plus grand choix d’activités locales, ce qui pour- rait motiver le client à rester plus longtemps et même, par la suite, à réserver pour des séjours plus longs. • Réaliser une économie, si le coût des marchandises locales et des services offerts sur place s’avère moins élevé. • Créer un réseau de collaboration locale.Pourlespetitsentrepreneurs et les microsociétés commerciales, la possibilité de vendre leurs produits aux hôtels servirait à leur ouvrir des débouchés inespérés et leur offrirait même l’opportunité d’augmenter leur production tout en améliorant la qualité, la gamme et la commercialisation de ces produits. Le projet dit « Code des Recommandations », que prépare la Federation of Tour Operators (voyagistes) du Royaume- Uni, favorise les hôtels qui s’approvisionnent sur place en produits indigènes à l’île et achetés aux petits agriculteurs locaux, plutôt qu’aux grossistes ou aux grandes surfaces. Quelles solutions peut-on proposer? Recommandations d’ordre pra- tique. Il conviendrait que les HOTELIERS veuillent bien : - Changer leur mode de règlement : les factures des petits entre- preneurs doivent être payées au comptant, à la livraison ou dans la quinzaine qui suit, autrement il leur est impossible d’opérer. - Faire preuve d’imagination : plutôt que de revenir toujours aux mêmes fournisseurs lorsqu’il faut, par exemple, commander de nouveaux uniformes, se demander si on pourrait les faire réaliser par une couturière locale, d’après une création de mode locale aussi. Lors de rénovations ou de l’agrandissement des bâtiments, voir si l’on peut inclure dans la décoration des sculptures ou objets d’art locaux. - Modifier les conditions des contrats : l’idée serait de passer davantage de mini-contrats, à une échelle qui soit plus à la portée des petits producteurs locaux, de façon à étaler les bénéfices et aussi les risques. - Désigner un arbitre qui devra identifier et guider les nouveaux fournisseurs et, après quelque temps s’assurer qu’ils font bien partie intégrante des opérations journalières et de la chaîne des fournisseurs réguliers. - Établir un ordre de priorité pour les produits locaux à introduire dans la chaîne des fournitures à acheter sur place, en utilisant une stratégie de principe et une certaine connaissance de ce type de marché, sans oublier les consi- dérations pratiques tels : prix de revient, et la possibilité de réaliser un bénéfice rapide, etc. Des AGENTS INTERMEDIAIRES pourraient apporter leur soutien aux hôteliers et les aider à trouver des fournisseurs sur place en : Recherchant les spécialités et les produits existant déjà sur place et en essayant de leur trouver une utilisation dans le contexte de l’hôtellerie locale. Stimulant la communication entre les hôteliers, les entrepreneurs locaux et les agents intermédiaires responsables de ces marchés. En créant un environnement qui soit propice à l’échange des informa- tions et des expériences faites. En multipliant les occasions de promouvoir les bonnes relations par le moyen de mécanismes tels la publication d’une lettre circu- laire mensuelle, des réunions, des programmes de radio, des sites internet etc. Apportant son soutien aux petits entrepreneurs qui sont disposés à améliorer leur production, leur planning commercial et la qualité de leurs produits (par exemple pour satisfaire les exigences des clients, respecter les normes de santé et de sécurité, ou pour tout autre impératif ayant trait à la règlementation en vigueur, les préférences des touristes, les demandes saisonnières ou autres). Les conseils pratiques ainsi donnés peuvent concerner des opérations de base telles, par exemple, la façon de préparer une facture ou d’effectuer le contrôle des stocks. Donner son soutien aux systèmes de crédit qui permettent aux petits entrepreneurs d’investir, forts d’une garantie de marché du secteur hôtelier. Encourager les institutions financières à faire preuve de sens innovateur et à émuler les investissements des petits commerçants ruraux. Faire la promotion des produits agricoles et de l’industrie légère émanant des communautés locales et destinés au commerce des hôtels et des touristes, tels petits cadeaux ou souvenirs. Encourager les études innova- trices et collatérales d’agences financières bien disposées envers les investissements en faveur de l’industrie locale, en particulier dans le secteur rural. Comment convaincre les hôteliers et autres fournisseurs de produits touristiques qu’ils doivent acheter davantage de produits locaux et utiliser les services offerts sur place ? Un plus grand choix d’activités locales motive le client à rester plus longtemps et même, par la suite, à réserver pour des séjours plus longs / www. restauration21.fr
  12. 12. 12 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 ÉCONOMIE La Grèce cherche à sauver ses banques, en les fermant provisoirement Source : AFP Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a tiré les conséquences dimanche soir de l’émoi provoqué par son annonce de référendum, en annonçant, sans surprise après un week-end de grande inquiétude en Grèce, un contrôle des capitaux et une fermeture provisoire des banques. Les Européens lancent la bataille pour le "oui" Sources : combinées RÉFÉRENDUMGREC A six jours d’un référendum à haut risque, les Européens ont lancé lundi la bataille du“oui”, tentant de convaincre les Grecs de ne pas tourner le dos à l’euro au moment où le pays, au bord du gouffre financier, a dû fermer ses banques. I l n’a pas précisé la durée de ces mesuresradicales,maislesmédias grecs tablaient sur leur maintien au moins jusqu’au référendum du 5 juillet. La Bourse d’Athènes devait aussi rester fermée, au moins lundi, selon une source proche du dossier. ? M. Tsipras est apparu dimanche soir à la télévision pour expli- quer que le refus de l’Eurogroupe (les ministres des Finances de la zone euro), samedi, de prolonger le programme d’assistance à son pays au-delà du 30 juin “a con- duit la BCE à ne pas augmenter la liquidité des banques grecques et a contraint la Banque de Grèce à activer les mesures de fermeture provisoire des banques et de limi- tation des retraits bancaires”. Le Premier ministre, omettant de citer parmi les causes de cet émoi sa soudaine annonce, dans la nuit de vendredi à samedi, d’un référendum a assuré d’un ton ferme que “les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis”, tout comme le versement des salaires et des retraites, et il a invité la popula- tion au sang-froid. Alexis Tsipras a également dit avoir reformulé dimanche auprès de l’UE et de la BCE la demande de la Grèce d’une prolongation du programme d’aide dont elle bénéficie. Cette fois, la requête a été adressée au “président du Conseil européen et aux 18 dirige- ants des Etats membres de la zone euro, ainsi qu’aux présidents de la BCE, de la Commission et du Parlement européen. “J’attends leur réponse immédiate à cette requête démocratique de base”, a-t-il ajouté dans son allocution télévisée. “Ce sont les seuls qui peuvent le plus rapidement pos- sible, et même ce soir, renverser la décision de l’Eurogroupe et donner la possibilité à la BCE de rétablir le flux des liquidités des banques”, a-t-il déclaré. Signaux positifs des créanciers La mise en place d’un contrôle des capitaux avait été redoutée tout le week-end, et les distributeurs de billets grecs ont été mis à sec. “J’ai essayé plusieurs machines, cinq, six, huit, dix...”, a dit à l’AFP Voula, excédée. “Je suis inquiète, triste et en colère contre le gou- vernement. Je le déteste !”. Hors de Grèce également, la préoccu- pation du +cash+ se faisait plus pressante. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, ont encouragé leurs ressortissants qui se rendent en Grèce pour les vacances à partir avec beaucoup d’argent liquide. Cependant, les créanciers ont envoyé dimanche des signaux positifs, D’abord, la Banque cen- trale européenne, qui a donné un répit à la Grèce en maintenant intact le plafond de fourniture de liquidités d’urgence aux banques grecques, alors qu’on craignait qu’elle leur coupe les vivres. Le Commissaire européen Pierre Moscovici a aussi répété sur Twit- ter le mantra de la Commission : “la porte est toujours ouverte” pour négocier. Son patron Jean- Claude Juncker a, quant à lui, tweeté le texte de la proposition des créanciers “pour l’information du peuple grec”, laissant enten- dre en creux que, si les électeurs approuvent ces propositions, il sera encore temps de s’entendre. M. Juncker doit donner pro- chainement une conférence de presse très attendue. Le Premier ministre français Manuel Valls a exhorté les Grecs à “revenir à la table des négocia- tions” et appelé à “tout faire” pour que la Grèce reste dans l’euro. Quant au FMI, il a fait savoir qu’il restait prêt à “apporter son aide”. Mais les marchés financiers, sou- vent prompts à des réactions très volatiles, risquent de mal prendre ces nouveaux rebondissements et la journée de lundi pourrait être mouvementée. “Si vous me demandez si (les marchés) sont prêts à ce qui est en train de se passer en Grèce, je vous réponds que non : ils ne prévoient, dans leurs évaluations, aucun risque”, a déclaré dans un entretien avec La Stampa publié dimanche l’économiste de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) Catherine Mann. L’annonce du contrôle des capitaux n’a pas assommé les Grecs, qui s’y atten- daient. Yiannis Grivas, ensei- gnant, qui avait pris la précaution de retirer son salaire de 940 euros vendredi “n’avait pas peur d’un contrôle des capitaux”, car “il ne retire jamais plus de 50 euros par jour...”. Les mesures précises que va pren- dre la Grèce devaient être rendues publiques dans la nuit. Selon les premières rumeurs, les retraits seraient limités à 60 euros par personne. “ Un +non+ voudrait dire (...) que la Grèce dit +non+ à l’Europe”, a lancé à Bruxelles le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, critiquant très vivement le gouvernement de gauche radicale d’Alexis Tsipras et se disant “trahi” par la Grèce. “Je demand- erai aux Grecs de voter oui”, a-t-il dit, “parce que les Grecs fiers d’eux- mêmes et de leur pays doivent dire oui à l’Europe”. Comme lui, après la rupture brutale des négociations entre Athènes et ses créanciers, plus- ieurs dirigeants européens, dont la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, ont fait le pari du “oui”, liant le résultat du vote de dimanche au maintien ou non de la Grèce dans la zone euro. Car depuis samedi, la crise qui oppose le gouvernement grec à ses créanciers, Union européenne et Fonds monétaire international, a pris une tournure dramatique et inédite dans l’histoire de l’union monétaire. Réagissant à l’annonce surprise par Alexis Tsipras d’un référendum le 5 juillet sur le plan d’aide financière proposé par les créanciers en échange d’une série de réformes, la zone euro a décidé de ne pas prolonger l’assistance à Athènes, rendant la Grèce respon- sable de la rupture des négocia- tions. Le pays, dont les caisses sont vides, risque dès lors le défaut de paiement puisqu’il doit rem- bourser avant mardi soir quelque 1,5 milliard d’euros au FMI. Au- delà, se profile le scénario noir d’une possible sortie de la zone euro, le “Grexit” redouté par toute l’Europe. Pour préserver le pays d’un effondrement bancaire, le gouvernement grec a décidé de verrouiller le secteur financier et mis en place un contrôle des capitaux. Les banques resteront fermées jusqu’au 7 juillet, une décision qui a déstabilisé les Bourses mondia- les sans toutefois les faire pani- quer. Paris a terminé la séance en baisse de 3,74%, Francfort a perdu 3,56% et Londres 1,97%. A New York, Wall Street a ouvert en baisse, le Dow Jones perdant 0,41%. La Bourse d’Athènes s’est mise à l’abri des secousses en fer- mant pour une semaine. Euro contre drachme Alors que le gouvernement grec, refusant de soumettre le pays à une austérité accrue, a rejeté les propositions de réformes des créanciers, en particulier sur la TVA et les retraites, le référendum prend le caractère d’une consulta- tion sur le maintien ou non dans la zone euro, bien qu’Athènes réfute cette interprétation. Malgré l’échec des négociations, les portes ne semblaient pas défini- tivement fermées lundi. Dans une conversation téléphonique, François Hollande et le président américain, Barack Obama, sont tombés d’accord “pour favoriser une reprise des discussions” sur la crise grecque. Angela Merkel s´est dite aussi prête à de nouvelles négociations avec la Grèce “après le référen- dum”. “Je continue de répéter que, de notre côté, la porte est encore ouverte”, a lancé le pré- sident de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, affirmant qu’il était encore “concevable” d’éviter un “Grexit”. “Si l’euro échoue, l’Europe échoue”, a mis en garde Angela Merkel. Et pour le chef du gouverne- ment italien, Matteo Renzi, “le référendum grec ne sera pas un derby Commission européenne contre Tsipras, mais euro contre drachme. C’est ça le choix”.
  13. 13. MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 13
  14. 14. L ’éducation scolaire en Haïti contribue à la fabrication des filles et des garçons. Les pre- mières sont perçues comme des proies, tandis que les seconds sont les Don Juan qui pensent affirm- er leur masculinité et leur virilité dans leur rôle de conquérants. Le harceleur croit toujours qu’il joue un rôle sexuel que lui a conféré la culture, tandis que la personne harcelée pense qu’elle attire et plait sans imaginer que le geste et le propos qui lui paraissent souvent plaisants et amicaux peuvent être objet de sanctions pénales si on légifère sur l’acte comme une agres- sion. Les bureaux, les lieux publics sont les scènes de la production de l’acte. Le harcèlement est perçu comme étant des gestes à être intégré dans les catégories des rôles sexuels. Au fait, dans les représentations sociales des rapports homme/femme, la femme est vue comme un objet de conquête, tandis que l’homme joue le rôle de conquérant. Donc, l’acte d’agression, en faisant abstraction des définitions des organismes nationaux et internationaux qui réfléchissent sur la violence liée au genre, correspond à un rôle sexuel auquel la tradition confère une sorte de légitimité. Cette légitimité résulterait des valeurs de la représentation des rôles sexuels de la socialisation des membres de la société. Ainsi, pouvons-nous observer, quand l’acte se produit, un triple silence a) le silence de la victime qui se perçoit comme une proie ou cible b) le silence du coupable qui pense jouer un rôle sexuel qui lui est conféré par la culture c) le silence du législateur qui ne crée aucune loi sur cette violence Ces trois silences nous invitent à l’étude du concept de représenta- tion collective à l’instar du socio- logue Emile Durkheim. Ce concept étant un indicateur qui doit per- mettre de comprendre le fait social comme la manifestation de la cul- ture des individus dans une socié- té. En effet, selon Durkheim, les représentations collectives sont le corps de représentations qui expri- ment la façon dont les individus se pensent dans les rapports sociaux qui les affectent. Infuses avec l’expérience collective, elles donnent aux choses leur valeur et leur signification. Elles sont donc les dépôts et les transmetteurs de l’expérience collective et ainsi incarnent et expriment la réalité de l’existence d’une société. La théorie durkheimienne nous invite à penser que les représenta- tions collectives peuvent légitimer l’acte d’harcèlement et nous fait découvrir le relativisme des sanc- tions, des lois dans une autre aire culturelle. Certes, cela ne signifie pas que l’acte est légal ou illégal. Mais, cela démontre que dans la conscience collective, le har- cèlement peut ou non renvoyer à la normalité ou la tendance à l’approbation. C’est un point de vue qui apporte un éclairage sur la vie collective, régie par un ensemble de normes et de valeurs qui sont relativement partagées par les individus du macrocosme social. Aussi, ce que les féministes définissent comme une agression sexuelle (le harcèlement sexuel) peut être culturellement admis comme la norme des rapports sociaux de sexe dans la société. Et les silences qui en résultent doivent être inscrits aussi, pour en avoir une bonne compréhension, dans cette perspective sociologique. Avant tout moralisme, essayons de comprendre ce que les acteurs pensent eux-mêmes des faits dans lesquels ils sont impliqués. A l’instar de Jacques Philippe Lehens qui croit que nous sommes tous des psychologues, nous pouvons penser que nous sommes aussi tous des sociologues. 14 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 SOCIÉTÉ Harcèlement sexuel : représentations collectives et silencespar CHERISCLER Evens Boukman De toutes les violences liées au genre, le harcèlement demeure un fait social non identifié comme tel par les gens qui en sont victimes. En effet, ceux-ci ne tiennent pas compte qu’ils sont harcelés dans les rues, les bureaux, et les lieux publics. Pour certains, l’acte n’implique aucune culpabilité chez l’auteur et est perçu comme un jeu amical et plaisant. D’un autre côté, le harceleur croit affirmer, lorsqu’il s’agit d’un sexe masculin, sa masculinité et sa virilité. Et à certains égards, les victimes jouent le rôle de complice des agresseurs. Ce qui confère au comportement de ceux-ci une sorte de légitimité. Face à ce constat d’ignorance, les organismes féministes œuvrent à faire prendre conscience aux victimes du caractère répréhensif de l’acte qui porte atteinte à la dignité physique et morale des victimes nombreuses. Harcèlement sexuel. / Photo : femmeactuelle.fr HAÏTISOCIÉTÉ/DROITSHUMAINS
  15. 15. MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 15 SOCIÉTÉ Institution Sainte Elisabeth, vingt ans d'excellence par Walter Cameau L ’institution Sainte Elisabeth qui s’est établie à Delmas depuis octobre 1994, a fêté ses 20 ans d’existence avec ses anciens, nouveaux professeurs, élèves et parents. Le vendredi 26 juin, après la fer- meture des classes, les élèves, les professeurs et quelques parents se donnaient rendez-vous pour célé- brer l’anniversaire de l’école. Celle- ci a pris naissance à un moment difficile marqué par l’embargo et l’intervention militaire américaine. L’école qui a comme emblème : le « Flamboyant », un arbre de chez nous, a été fondée par monsieur et Madame Gabriel Cantave avec une seule salle de classe et deux élèves. Ils se souviennent encore de l’un deux : l’ingénieur Jeff Louis. « Nous avons choisi le flamboyant parce que c’est un arbre qui flam- boie…, nous voulons que nos élèves soient fiers de leur appartenance à l’alma mater partout où ils se trou- veraient ; qu’ils soient des Haïtiens aptes à développer leur potentiel », précise madame Anne Cary Pérault Cantave, la directrice. Le dimanche 28 juin, nous l’avons rencontrée, elle était très joyeuse en regardant monde, le spectacle offert par les anciens à l’occasion de ces vingt ans de son institution. L’institution Sainte Elisabeth est une école maternelle et fondamen- tale mixte. « Cela fait longtemps que mon mari et moi travaillions à l’édification de l’école. Nous avons eu deux élèves et une seule pièce au rez- de- chaussée, mais nous étions certains que nous allions fonder une grande école fondamentale et maternelle. C’était notre vision. Après vingt (20) ans nous pouvons dire que nous en sommes fiers», déclare madame Cantave. Elle voulait, nous dit-elle, avec l’aide de son mari, participer à l’éducation des jeunes qui, d’après elle, devrait être, comme une baguette magique, capable de changer les choses, les êtres, voire la société. Pour cette famille, l’éducation est la clef. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à lire et à écrire aux enfants, mais faire d’eux des gens responsables, utiles à la commu- nauté, explique-t-elle. Le staff de la direction de l’école et tous les professeurs n’ont pas travaillé en vain, parce qu’en regar- dant cette fête organisée par les anciens le dimanche 28 juin, on pouvait voir la joie, le bonheur sur tous les visages. Ils échangeaient, ils s’embrassaient et se rappelaient les beaux jours et les beaux souve- nirs. Des parchemins et décorations ont été remis à ceux ou à celles qui se sont signalés durant toutes ces années de bonne collaboration. Nos anciens élèves n’hésitent pas à confier leurs enfants à leur ancien établissement parce qu’ils sont cer- tains de la formation qu’ils vont recevoir. En ce qui a trait au recrutement des professeurs, madame Cantave tient à préciser qu’elle ne reçoit que des normaliens qui bénéficient d’une formation continue pour la bonne marche de l’école « parce que, sortir des sentiers battus, ce n’est pas facile », estime madame Cantave. Elle a tout réalisé de ses propres moyens sans la moindre subvention de l’État. Elle se dit prête à célébrer vingt autres années de son école, bien entendu avec Amina-kay, sa fille qui se prépare déjà à prendre la relève. A ujourd’hui, on est si accoutumé aux feuilletons télévisés, aux romans-photos et aux vidéos, que l’amour a fini par perdre son vrai sens. Ce que l’on voit dans les magazines, les feuilletons, les films, invite à réfléchir. Comment les femmes aimaient-elles dans le temps ? Voilà une question qui réclame l’attention. Elles ont connu l’amour réel : rencontrer un homme, un soir. Craquer pour son style et sa tenue vestimentaire bien sûr. « Wouyyy » ! quelle élégance ! La femme pouvait parler en ces termes : « J’ai passé toute une soirée à rêver de cet homme-là que j’ai vu aux cheveux propres, aux yeux tendres, qui portait des bretelles attachées à son pantalon « patte Fanfan ». Ce n’était pas un « bredjenn » s’il vous plait ! Bâton en main, souliers de cuir « ti ban » bien cirés qui martelaient le sol d’un « toc toc » sonore. C’était un gentilhomme qui saluait tout le monde. Finalement on a eu notre première rencontre, sous le toit de ma maison en compagnie de mon père et de ma mère. Je portais une robe longue, des chaussures effilées, un jupon noir que je devais porter à chaque tenue, peu importait l’épaisseur du tissu. C’est vraiment une rencontre familiale. Mon papa ne faisait que poser des questions et je n’ai pas eu le droit de donner mon point de vue lors même qu’il s’agissait de moi. Un principe était établi, le dernier dimanche de chaque mois devait être consacré à des débats relatifs à notre avenir. Bien qu’il se trouvât à cent pas de ma maison, il m’envoyait tous les soirs une lettre de sept pages, par le biais de son petit frère. Une lettre que je ne cessais de lire et relire, qui comportait de belles phrases à me faire tressaillir. « Emmène-moi où tu veux mon amour. Je ne peux pas rester sans toi. Mes sentiments pour toi et mon chagrin n’ont pas de limites. Ton absence me fait du tort et je me sens bien dans tes lignes. Mon amour, envoie moi un memo », tous les jours, avant 9h du matin, j’envoyais mes mots…… C’était notre façon d’aimer. L’amour et l’affection n’étaient pas les seules bases de notre relation. Des valeurs telles : loyauté et confiance étaient au rendez-vous et chacun de nous cherchait, au mieux, à maintenir la relation et à faire honneur à sa famille. Aujourd’hui, nous partons à la recherche de l’amour en vedette, comme un petit bateau à moteur qu’un enfant de cinq ans mettrait en marche pour rire ou s’amuser. On déclare nos sentiments à un homme pour faire des fans sur Twitter, Facebook et WhatsApp. Les rendez-vous amoureux commencent par un message en français que personne ne peut décrypter, hormis les amoureux… « G T3’M, G (-)anvi t’anbrase… a C Swa o Kwen 2 la ri », Dans les soirées, tout le monde sort avec tout le monde. Et c’est socialement très bien vu par tous… Les plus jeunes disent à leurs mamans…. OOOO la fille de Claude rentre à 10h et tu me demandes d’être à la maison à 6 heures, tu es folle ma chère. Se taper des mecs ou des gonzesses par dizaine est une affaire de fanm ki pa ret ak fanm, ou de bon flannè…. Le jeu de la séduction est jeté aux oubliettes. L’alcool et le « san fouk » font une grande partie du travail. L’histoire et la romance ne durent qu’une soirée, car il n’est pas question de se prendre la tête. On pourra même taxer un homme après une relation sexuelle. C’est tellement courant. Ma génération se laissant emporter par les feuilletons télévisés, pense que l’amour est une simple virgule dans une phrase alors qu’une virgule apporte beaucoup de sens à une phrase. Pourquoi ils n’ont pas pris l’amour du bon côté, une virgule qui apporte du sens à la vie, qui fait rêver, même en route pour l’école, à la salle de bain, à la cuisine, au supermarché. Voir cet homme si intelligent me fait fantasmer et malgré tout, il attend, avec beaucoup de patience, le jour où il découvrira le pays natal. Une porte avec serrure coincée, n’est pas un atout de nos jours. L’amour ce n’est pas des chaines de fourmis que l’on forme pour tracter des milles pattes, c’est bien différent. L’on ne peut pas séduire dix personnes à la fois, l’on ne peut pas construire une chaine avec ce qu’on a comme sentiment. Pourquoi ? Parce que ce qui nous lie à l’autre est inexplicable. Aimer vraiment, c’est aller vers quelqu’un, non pas seulement pour son image (sa beauté, sa ressemblance avec un tel), ni pour ce qu’il symbolise (un père, une mère, le pouvoir, l’argent), mais pour son secret. C’est une affection durable, un engagement sincère. Oui c’est une virgule, mais pas une simple virgule, celle qui donne sens à une vie, qui nous rend heureux. Et en lisant sur nos actions et nos visages tout le monde peut constater que la où il y a l’amour, il y a la joie. En lisant une phrase, si l’on omet la virgule, l’on perd le sens de la phrase. L'amour, Une Virgule par Emmanuela Laventure Les 20 ans de l’école Sainte Elizabeth de Delmas.
  16. 16. Les 7 conseils anti coup de chaleurSources : le figaro.fr L e corps humain est une machine performante capable de s’adapter à des conditions environnementales difficiles, dont la chaleur. A condition toutefois qu’elle ne se prolonge pas trop et que l’on ait un accès facile à l’eau. C’est un peu moins vrai pour les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes âgées. Et ça l’est encore moins pour ceux qui sont atteints de maladie chroniques ou prennent des médi- caments. Dans ces cas, les conseils adaptés du médecin ou du pharma- cien s’imposent. En outre, quelques conseils généraux sont utiles pour limiter les risques liés à la chaleur et surveiller les messages de son corps. Se créer une zone de fraîcheur La première précaution à prendre en cas de pic de chaleur est de disposer d’une «zone de fraîcheur» facilement accessible. L’endroit où vous pourrez vous installer plusieurs heures par jour pour que votre organisme reprenne des forces. Vous pouvez aussi passer deux ou trois heures par jour dans un centre commercial, une église ou un cinéma si votre appartement est trop chaud. D’autant que la chaleur fatigue! C’est même l’un des signes «de surchauffe corporel» qui doit vousalerter.Unefatigueinhabituelle peut signer une déshydratation en train de s’installer. Si besoin, réorganisez votre habitation pour dormir, au moins pendant la vague de chaleur annoncée, dans la pièce la plus fraîche de la maison. La canicule de 2003 a montré que le fait de dormir dans une chambre sous les toits (endroit le plus chaud du logement) multipliait le risque de décès par quatre. Protéger son logement Votre domicile doit être conçu pour conserver au maximum la fraîcheur. Une bonne isolation thermique des plafonds, des murs, des baies vitrées est nécessaire, ainsi que l’existence de volets extérieurs ou de stores. Ceux-ci seront bien sûr maintenus fermés côté soleil et ouverts côté ombragé, du moins si cela permet la réalisation de courants d’air (sinon mieux vaut les maintenir fermés). Dans ce cas, un linge humide (type serviette de bain) suspendu devant les fenêtres contribue à refroidir l’atmosphère par évaporation. Toutes les fenêtres pourront être ouvertes après le coucher du soleil et lorsque la température extérieure aura baissé. Surveillez la couleur de ses urines Si vos urines sont de couleur jaune pâle, pas de problème, mais si elles sont jaune foncé il se peut qu’elles soient trop concentrées. C’est alors le signe possible d’une déshydratation débutante, soit parce que vous ne buvez pas assez, soit parce que vous transpirez beaucoup. La transpiration est le moyen dont dispose l’organisme pour évacuer la chaleur interne (Un bébé qui transpire et probablement trop couvert). En temps normal, lorsque le sang traverse les reins pour être filtré et purifié ceux-ci laissent partir l’eau pour faciliter l’élimination des toxines. Mais lorsqu’il fait chaud (ou que l’on est déshydraté), l’organisme accentue son recyclage interne de l’eau et évite autant que possible de la «gâcher» par élimination urinaire. Boire régulièrement Inutile d’attendre d’avoir soif pour boire. Au pire, si vous buvez trop (sous réserve que vos reins fonctionnent correctement) le trop plein sera éliminé dans l’urine. En revanche, si vous êtes malade, notamment insuffisant cardiaque ou sous traitement prolongé, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien qui aura des conseils spécifiques pour votre situation. En particulier s’agissant des adaptations de doses voir l’arrêt de certains traitements. L’idéal est de boire de l’eau, voire des jus de fruits pressés, mais il faut éviter l’alcool, les boissons sucrés (sodas etc.) et le café. Faites preuve de bon sens Il faut bien sûr éviter de sortir aux heures les plus chaudes de la journée et a fortiori avoir une activité physique ou sportive. Il faut aussi privilégier des vêtements amples, légers et clairs. Préférer le coton qui laisse passer l’air et absorbe la transpiration. Pour se rafraîchir on peut placer un pain de glace ou un sac de glaçon dans un courant d’air ou devant un ventilateur. Les brumisateurs sont aussi utiles. Le simple fait de se vêtir plus légèrement ou de se rafraîchir (douches, brumisation) réduit de plus d’un tiers le risque de décès! Privilégier les plats froids et éviter l’usage du four ou de tout autre source de chaleur. Noter le numéro 0800.06.66.66 L’institut national de prévention et d’éducation pour la santé a mis en place le N° de Canicule info service (0800.06.66.66), une plateforme téléphonique qui fonctionne en juin, juillet et août, du lundi au samedi hors jours fériés de 8 heures à 20 heures. L’appel est gratuit à partir d’un poste fixe. Sachez aussi qui vous pouvez appeler si besoin mais également qui, dans votre entourage, peut avoir besoin de votre aide. Et si vous connaissez des personnes âgées, handicapées ou fragiles qui sont isolées, incitez- les à s’inscrire sur la liste de la mairie afin qu’ils reçoivent l’aide de bénévoles. Savoir quoi faire en cas de coup de chaleur Si la déshydratation s’accentue d’autres symptômes apparaissent: manque d’énergie, maux de têtes, vertiges, crampes, etc. En cas de coup de chaleur la peau est sèche et chaude. En dépit de l’élévation de la température interne (que l’on peut prendre avec un thermomètre auriculaire ou rectal), on ne transpire plus car l’organisme est en épargne hydrique maximale. Il n’y a d’ailleurs plus non plus d’urine. Il est plus que temps d’appeler le 15. En attendant les secours: placer la personne au frais, lui enlever ses vêtements, l’asperger d’eau et créer un courant d’air. On peut aussi placer une poche de froid sur l’aine car une artère à gros débit, l’artère fémorale, passe juste sous la peau, ce qui permet de refroidir tout l’organisme (on peut aussi utiliser l’artère carotide, au cou, si cela est plus pratique). A défaut de poche de froid un linge trempé dans l’eau froide peut aussi soulager. 16 | N0 28 MARDI 30 JUIN 2015 SOCIÉTÉ Buvez régulièrement, votre corps fera le reste. Bien supporter les fortes chaleurs impose de prendre quelques précautions et de connaître les signes de déshydratation.
  17. 17. MARDI 30 JUIN 2015 N0 28 | 17 CULTURE Gerbes d'hommages et de reconnaissance à René DépestrePar Schultz Laurent Junior. I l est important et utile de voir le documentaire de Roxane Ledan consacré à René Dépestre pour mieux appréhender les différentes facettes de cet écrivain militant, pour mieux comprendre ses luttes et ses déboires, ses pérégrinations, ses con- victions et ses combats, ses échecs et sa réussite aussi ; bref, toutes les qual- ités qui illuminent, tel un ciel con- stellé, la profondeur de son âme. Le documentaire campe en des termes nets, le profil de René Dépestre le révolutionnaire, l’intarissable nomade aux racines multiples, l’intellectuel qui cache dans les fibres les plus sensibles de son cœur son amour démesuré pour les femmes. Ce moment consacré vendredi dernier à René Dépestre fut en même temps l’occasion d’écouter de très beaux chants interprétés par Wooly Saint-Louis et Tamara Suffrin, sans oublier la participa- tion du groupe Oxygen, un quintet qui a émerveillé le public en chan- tant des chansons tirées de notre riche répertoire. La musique était belle. Elle a ouvert ses ailes. Elle nous a fait voguer dans l’espace spacieux de notre imagination pour rencontrer René Dépestre l’homme des rêves envolés. Avec la participation des intel- lectuels de notre paysage socio- politique on comprend, dans ce mini film, l’itinéraire fulgurant de Dépestre, lauréat du prix Renau- dot en 1988 pour son magnifique récit : Hadrianna dans tous mes rêves. Michaelle Jean, nièce de l’auteur, ex gouverneure générale du Canada, actuelle secrétaire de l’Organisation internationale de la Francophonie, s’est retournée sur les rives du passé pour nous raconter brièvement l’histoire de la famille, notamment celle des parents de Dépestre. Orphelin de bonne heure, René Dépestre était l’enfant choyé de sa mère qui lui a inculqué les valeurs intellectuelles et morales pour qu’il puisse, ainsi que ses autres enfants, s’éveiller à sa personnalité. Outre la parole de Dieu, retrouvée aussi dans les missels de la messe, elle a tout autant désiré dans son for intéri- eur que son fils apprenne le dic- tionnaire par cœur pour enrichir son esprit. Si Gérard Bloncourt, son compa- gnon de combat de la revue La Ruche, s’est contenté de racon- ter son amitié avec l’auteur et de souligner en lettres fortes qu’un pays qui a produit un Jacques Roumain, un Jacques Stephen Alexis, un René Dépestre ne peut pas mourir ; Dany Lafferière de l’Académie française, le fils de Petit Goâve, a fait un bref survol sur l’œuvre de l’auteur de Bonjour et adieu à la négritude. L’auteur de l’Enigme du Retour nous fait découvrir l’écrivain et sa vision du monde. Essayiste, poète et romancier Dany Laf- feriere a révélé que les jeunes de l’époque apprenaient par cœur les poèmes de Gerbes de sang et Étincelles. Établissant un rapport entre Gouverneurs de la Rosée et Hadriana dans tous mes rêves, Lafferiere a fait remarquer que dans le premier roman il faut trouver la source pour pouvoir trouver l’amour, tandis que dans le second s’ouvre une fenêtre par où l’esprit peut passer pour ren- contrer l’autre dans ce qu’il y a chez lui d’essentiel. De confidences en confidences, René Dépestre, lui-même, dévoile de temps en temps son intimité, parle de sa curiosité intellectuelle. Infirmier, il s’occupe désormais de sa femme paralysée tout en continuant à écrire. Il est revenu sur son parcours fait de heurts, de silences, d’engagements et de questionnements. Son passage à l’Unesco, nous confie-t-il, lui a permis de voir la vie sous un autre angle. Haïti c’est mon socle solide affirme-t- il. Cependant, Il reconnait que le désir est la première forme de subversion, tout au long de cet entretien qui s’est déroulé dans la bibliothèque de sa maison située à Lézignan-Corbières en France. Les murs de sa bibliothèque sont ornés de photos de Che Guevara, Aimé Césaire, Gérard Bloncourt son ami et tant d’autres. Pour la réalisatrice Roxane Ledan « René Dépestre est un homme de création. Toute petite il a fas- ciné mon enfance. Il est pour moi un exemple à suivre au même titre que Gabriel Garcia Marquez, Nelson Mandela. René Dépestre est celui qui aide les haïtiens à prendre conscience de leur capacité à rénover les fondements historiques de leur identité. » Écrivain engagé, jacmélien pure souche, René Dépestre a reçu un vibrant hommage à l’Institut français d’Haïti le vendredi 26 juin 2015 dans la soirée. Roxane Ledan de « Haiti Bel » a fait revivre dans un documentaire passionnant les moments forts et palpitants de la vie de cet auteur qui s’est donné dans un total abandon à la littérature. René Dépestre. / Photo: emmila. canalblog.com

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