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N33

  1. 1. Plus que des menaces, Haïti passe aux actes dans le dossier de rapatriement d’Haïtiens vivant illégalement en République dominicaine. Un appel pressant à l’aide à la communauté internationale est officiellement lancé. Le président Michel Joseph Martelly l’a explicitement exprimé dans son discours à la Barbade lors du 36e sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Caricom. Dans cette perspective, une rencontre s’est tenue le lundi 6 juillet, entre le gouvernement haïtien et des représentants des instances internationales saisies de la question. L’objectif étant de forcer les autorités dominicaines à négocier un nouveau protocole d’accord de rapatriement. » P. 21 » P. 16 »   P. 4 SPORT SOCIÉTÉ » lire page 3 » suite page 5 Le ministère de l'Intérieur veut atténuer les risques par Reynold Aris Leslie François Manigat bien vivant à l'INAGHEI par Obed Lamy Deuxième titre consécutif pour le Don Bosco par Gérald Bordes A u terme de ces discussions, selon une source proche du journal, les représentants du Corps diplomatique des dif- férentes entités sollicitées s’accordent sur la nécessité pour la République dominicaine de négocier un protocole d’accord de rapatriement. Cependant, le représentant diplomatique des USA reproche le manque d’information dont disposent les dirigeants haïtiens sur le nombre de rapatriés. En cela, les autorités haïtiennes sont accusées d’une faible présence sur les points frontaliers non officiels estimés à 141 environ. Les Dominicains doivent négocier ! Par Jean Michel Cadet HAÏTI / INSÉCURITÉ MARDI 7 JUILLET 2015 NUMÉRO 33 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI ACTUALITÉ La liste des victimes s'allonge ! HAÏTI / RÉPUBLIQUE DOMINICAINE / PROTOCOLE DE RAPATRIEMENT
  2. 2. 2 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 TRIBUNE C e rôle majeur dans le renou- veau de l’idée de démocratie délibérative ne se comprend que parce que les idées de l’éthique de la discussion se sont trou- vées converger avec des tendances récentes de la pensée politique améri- caine, entièrement indépendantes de la pensée habermassienne. La plupart de ces tendances remontent aux Pères fondateurs mêmes de la Constitution américaine et aux débats qui ont parfois opposé ceux-ci et ont resurgi aux Etats-Unis presque exactement au même moment (le tout début des années 80); les autres, plus minoritaires, qui relèvent du fonds franco-germanique (Rousseau-Marx) ou anglais (Stuart Mill) de la pensée politique américaine, étaient réappa- rues au début de la décennie précé- dente et ont nourri la pensée des « radicaux » américains. Habermas a, pour une bonne part, incorporé la tradition « constitu- tionnaliste » américaine à sa propre pensée ultérieure, notamment dans Droit et démocratie (1997). Il a consi- dérablement infléchi à cette occasion la signification des « tâches » qu’il avait fixées à une « théorie critique de la société » à la toute fin de la Théorie de l’Agir Communicationnel (1987 [1981]), spécialement lorsqu’il exami- nait les « potentialités de protestation » (pp. 431-433) et d’« émancipation » (p. 432) que représentaient les nou- veaux mouvements sociaux d’alors, anticipateurs des divers mouvements alternatifs contemporains, en par- ticulier « altermondialistes ». Cela vaut d’autant plus d’être signalé que ces mouvements mêmes affichent très fréquemment actuellement une sympathie pour le complexe d’idées désigné sous les appellations de « démocratie délibérative » et de « démocratie participative ». Habermas prenait en même temps ses distanc- es, dans Droit et démocratie et dans un certain nombre d’autres publica- tions, avec l’héritage « radical » de la tradition franco-germanique aux Etats-Unis, notamment Rousseau et Marx, dont les idées de laThéorie de l’Agir Communicationnel et, a for- tiori, de la génération précédente de l’Ecole de Francfort, étaient pourtant a priori les plus proches. Les idées « constitutionnalistes » des Pères fondateurs, plus exactement de certains d’entre eux, comme Madison et Hamilton, consistent, pour s’en tenir aux généralités, à faire du débat argumenté précédant les décisions en vue du bien commun une exigence impérative de la vie démocratique, ce qui est supposé impliquer des conséquences significatives dans la manière de concevoir la participation des citoyens à la vie publique. Elles ont leur analogue dans la pensée poli- tique française et allemande qui leur est contemporaine mais, pour des rai- sons qui tiennent probablement aux contingences de l’histoire des idées et de la sociologie de la connaissance, elles n’ont pas connu un renouveau du même ordre en France et en Alle- magne. Ce contexte de réception américain est mal connu dans la lit- térature francophone et il est, à mon sens, non seulement régulièrement sous-estimé, mais même parfois laissé dans un flou considérable par la philosophie politique américaine elle-même ou réinterprété à des fins plus ou moins partisanes (libérales, républicaines ou radicales). Ce con- texte, dès lors qu’il est envisagé de façon non engagée, se révèle pourtant plein d’enseignements, indépendam- ment de ce qu’Habermas en a per- sonnellement tiré. Il me semble utile d’en dire ici quelques mots en lais- sant aux spécialistes de l’histoire des idées le soin d’en dire davantage. Dans les Notes de 1983, Habermas énonçait un principe destiné à deve- nir fameux, le Principe de Discussion (dit « Principe D ») : « Selon l’éthique de la discussion, une norme ne peut prétendre à la validité que si toutes les personnes qui peuvent être con- cernées sont d’accord (ou pourraient l’être) en tant que participants à une discussion pratique sur la validité de cette norme » (Habermas, 1996, p. 87). Si le principe n’est en soi nullement un principe politique, on pouvait néanmoins pressentir d’emblée que ce principe de discus- sion devait pouvoir s’appliquer à des normes juridiques, à des lois, à des règlements divers, etc., autrement dit être le fondement d’une politique de la discussion, plus précisément même d’une politique démocratique de la discussion ou du discours argu- menté ou encore d’une « démocratie discursive », puisqu’il y est question de la participation à la discussion de tous ceux qui sont concernés. De fait, l’écho a été presque immédiat en sciences politiques puisque, dès 1983, Jon Elster le discutait dans quelques pages tour à tour laudatives et critiques de Sour Grapes (1983, pp. 35-42), puis surtout dans un article de 1986, « The market and the forum », qui prolongeait les pages du livre précédent et qui a été assez rapidement perçu comme un texte- phare de cette littérature. Le point de vue de Jon Elster (1983) était en quelque sorte « à deux étages ». Au premier étage, Jon Elster don- nait à voir dans la vie politique des sortes d’illustrations, sommaires et approximatives, de la norme commu- nicationnelle d’Habermas : dans un certain nombre de cas (notamment dramatiques, comme les révolutions, si l’on suit Elster [1998c]) et quels que soient leurs motifs profonds (éventuellement la peur), les hommes politiques et les citoyens obéissent, quoi qu’on en dise, non pas toujours aux pures exigences du marché, i.e. de la logique coût/bénéfice, mais à une norme de discussion régulant un « forum », lequel exige au mini- mum l’apparence de l’honnêteté et de la sincérité – le fait de feindre de se soucier du bien public pouvant, au demeurant, conduire à le produire effectivement. Au second étage, se faisant explicitement l’avocat du diable, Jon Elster ajoutait aussitôt comment cette norme de délibéra- tion pouvait donner lieu à nombre de « pathologies », en dehors même de celle que constitue l’apparence de l’honnêteté et de la sincérité com- parée aux vertus réelles de l’idéal, en dépit de ses possibles effets positifs. A certains égards, il ne s’agissait là pour Elster que d’évaluer la portée d’un « cas non standard » parmi bien d’autres au regard de la Théorie du Choix rationnel, non seulement dans sa version étroite (qui identifie le choix rationnel à un choix avanta- geux en termes d’intérêts matériels égoïstes) mais même dans des ver- sions un peu plus larges. Elster s’est proposé en effet comme programme de recherche « au long cours » un inventaire – aussi systématique que le permet une démarche inductive – des énigmes empiriques que doit affronter la théorie du choix rationnel dans ses différentes versions. Elster (1983) lisait donc d’abord Habermas (1983) en le convertissant en socio- logue. Le volume de contributions que Jon Elster (1998a) a réunies porte la marque de ces questions : dès lors que, dans une assemblée, des individus délibèrent, i.e. pèsent le pour et le contre de différentes options avant de décider en faveur de l’une d’elles et que des arguments sont forgés dans le but de cette évalu- ation et de ce choix, ces individus sig- nifient qu’ils semblent disposés à voir leurs préférences initiales modifiées. On sort donc d’une logique stricte de marché, où les individus arrivent avec leur préférences données et ne se livrent plus qu’à des négociations et des marchandages. Elster note lui- même le rôle indirect d’Habermas dans les développements internes (de nature finalement « autocritique », lui répond Habermas [1997], p. 363) de la TCR : « En grande partie sous l’influence de Jürgen Habermas, l’idée que la démocratie tourne autour de la transformation plutôt que de la simple agrégation des préférences est devenue l’une des positions majeures en théorie de la démocratie » (Elster [1998b], p. 1). Elster (1983, 1998a) s’exprimait donc en sociologue ou en politologue. Mais, esquissant une philosophie politique, Jon Elster (1986) en tirait aussi le principe au plan normatif d’une distinction entre trois types de théories politiques selon la place qu’elles accordent respectivement au marché et au forum : la première considère que la vie politique n’est, au bout du compte, que négociations entre des intérêts privés, l’Etat ayant pour charge de préserver les droits élémentaires de chacun. La seconde considère que la vie politique est un mixte de négociation et de com- munication entre les individus en vue de rechercher le bien public. La troisième valorise la participa- tion en tant que telle des citoyens à la discussion publique. Certaines caractérisations d’Elster sont assu- rément discutables. Le troisième type de théorie qu’il dégage, notam- ment, sous le nom de participatoryd- emocracy et qui renvoie, au-delà de Pateman, à Rousseau et Mill, pose particulièrement problème. D’une part, ce type obéit à une valorisation moins de la communication que de la participation, ce qui suppose donc l’usage implicite d’un autre critère de démarcation que l’usage de la simple dichotomie entre « marché » et « forum ». D’autre part, J. Elster critique vigoureusement laparticipa- tory democracy comme fin en soi (il y voit une conception « narcissique » de la politique invitant à l’« activisme politique », p. 121) sans dire un mot de la justification que l’on peut pour- tant en faire au nom de ce I. Berlin appelait la « liberté positive » (i.e. en gros ce que Benjamin Constant appe- lait la « liberté des Anciens » et que Constant croyait retrouver dans la conception rousseauiste de la liberté comme autonomie)13. Symétrique- ment, le jugement d’Elster selon lequel la politique aurait pour objet essentiel les matières économiques (p. 128), ce que reconnaîtraient à des degrés divers les deux autres conceptions, ignore les débats sur la façon dont s’y exprime la valorisa- tion de la liberté positive. Mais, en dégageant deux idées différentes du forum (entre les deux derniers types de politiques), Elster suggère qu’il existe deux variantes de la démocra- tie délibérative, l’une, claire, qui lie la notion de délibération à la démocra- tie représentative, l’autre plus prob- lématique (comme on le verra bientôt et indépendamment des raisons invo- quées par Elster), qui la lie à l’idée de démocratie participative et non représentative. *NOTE:Voir,parexemple,Baechler(1985), sur le rôle de la palabre (pp. 320-2) et sur le caractère lui-même progressivement de plus en plus délibéré des institutions démocratiques au cours de l’histoire, la réforme de la constitution d’Athènes par Clisthène marquant le franchissement d’un seuil (pp. 302-3). Source : Revue européenne des sciences sociales Démocratie délibérative, démocratie débattante, démocratie participativePar Alban Bouvier / 2ème partie URBANISMEETDROITSHUMAINS L’idée de démocratie délibérative a des origines, à certains égards, très anciennes puisqu’on pourrait la faire remonter à la démocratie athénienne, voire même, si l’on suit Jean Baechler, jusqu’aux tribus paléolithiques (au- delà même du seul contexte européen)*.
  3. 3. » suite de la première page L a police nous épargne cette fois de ses promesses pompeuses « que les bandits seront arrêtés ». Également des annonces qu’un plan de sécurité est en exécu- tion. Un plan qui ne serait pas assez efficace, constate le défenseur de droits humains Antonal Mortimé, directeur exécutif au sein de la Plate- forme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH). « Les bandits sont dans la ville», c’est un fait. Les prisonniers évadés de manière spectaculaire de la prison civile de la Croix-des- Bouquets sont, pour la plupart, encore en cavale. Ils sont plus de 400. La police en aurait repris 200, selon la Direction centrale de la police judiciaire. Antonal Mortimé croit que personne ne connaît le chiffre exact des prisonniers qui courent les rues du pays. Cette situation est préoccupante, surtout dans un contexte préélectoral où le pays doit, en plus, faire face à des vagues de rapatriés en provenance de la République dominicaine. « Cette insécurité dont le gouvernement peine encore à expliquer les origines endeuille les familles ». Elle serait liée à la situation de crise généralisée au sein de l’État, décèle cependant M. Mortimé. Les problèmes sécuritaires risquent de s’aggraver. C’est aussi la lecture faite par ce militant pour le respect des droits humains. Le Parlement est déjà dysfonctionnel. Avec le mandat du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire qui arrive à terme le vendredi 10 juillet 2015, Antonal Mortimé estime que seul l’exécutif, malgré ses carences de fonctionnement, devra affronter certains problèmes majeurs, dont l’insécurité grandissante qui disloque notre société. Une autre cause aggravante. Inquiétant ! Quid des forces de sécurité ? La fin du mandat de Godson Orélus, à partir du mois d’août prochain, est un autre sujet de préoccupation. En l’absence du Sénat, le choix de son remplaçant va revenir au chef de l’État et à lui seul. Pour Antonal Mortimé, c’est un tournant important. La population, soutient-il, devra veiller à ce qu’il soit remplacé par une personnalité issue de l’institution policière. En outre, le dirigeant de la POHDH a tenu à attirer l’attention sur le nombre élevé de policiers qui accompagnent certains responsables du gouvernement et autres personnalités connues. Par contre, a-t-il fait remarquer, certaines régions du pays souffrent d’un manque criant de présence des forces de l’ordre. La ligne frontalière, en cette période de crise, figure en tête de la liste des zones citées par Antonal Mortimé. Et le retrait de la Minustah dans cinq départements géographiques du pays durant la période électorale n’arrange en rien la situation. Un retrait jugé tendancieux. Car, dans le contexte actuel, une telle annonce, dit Mortimé, peut inciter les bandits à semer le trouble dans le pays. Toutefois, il a insisté sur le fait que, malgré la présence des soldats de l’ONU sur le terrain, la situation sécuritaire du pays n’a jamais cessé de se dégrader. Jocelyne Colas, de l’organisation « Jistis ak lapè (Jilap) », spécialisée dans la collecte d’information sur la question sécuritaire du pays, s’est gardée de tout commentaire sur des cas récemment enregistrés. Elle promet la sortie du second rapport de la Jilap pour l’année 2015, le jeudi 9 juillet. De nombreux chiffres seront avancés, explique-t-elle, notamment en ce qui a trait aux morts par balles. Des chiffres qui pourraient, vraisemblablement, dépasser de loin les 138 morts par balles enregistrés durant le premier trimestre de cette année. MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 3 ACTUALITÉ Le plastique et la cruche Lessachetsenplastiqueenvahissentlepaysageurbain.Parcestempsdechangement climatiqueetdemontéedechaleursurunevillepresquedépourvuedecouverturevégé- tale,onimaginetoutelavasteentreprisequis’organiseautourdel’eau.Desproducteurs auxacheteursengros,dupetitdétaillantavecsonsacsurlatêteauxconsommateursde touslessecteurssociaux,leproduitglacénousdonne,encetenfer,quelquesminutesde fraîcheur.Etc’estunegrâceducieldeboireceliquideindustriellementmisdansdepetits trucstransparentsetlabelliséspourrégulernotreorganismeaccabléparlachaleur. Mais les effets de bien-être qu’ils apportent ne nous font pas voir les dégâts que le plastique provoque sur le paysage urbain. Il est partout : le long des trottoirs, dans lescaniveaux,devantdesmagasinsautrefoisconnuspourleurpropreté,surlesplaces publiques, devant les barrières d’entrée de nos universités, dans les entourages de l’Hôpital général, aux portes de quelques cliniques privées… C’est ce qu’on voit. Du moins, le Port-au-Princien est journellement exposé à ce silencieux spectacle d’une maladiesuspicieuseetrampantequineditpasencoresonnom. Maiscequ’onnevoitpasestpluscatastrophique:endessousdenospieds,dansles égoutsnonentretenusdepuisdesannées,danscescircuitsnoirsoùnoséboueurs n’enpeuventplusaveclesodeursetleurspellesarchaïques,danslestunnelsoùnos photographesn’ontpaslesvêtementsadéquatspourdescendrephotographierle grandbordel,danslesravinsetautresdénivellementsnaturelsdusol,quelscénario apocalyptique prépare-t-on ? Sachets plastiques et autres déchets, comme les préservatifs,yformentunmagma. Ce n’est pas simplement de la boue. C’est une chaudière bouillante, une soupe lugubrequi,durantdespériodesdepluie,montre«dequelboiselleestchauffée». Nosbalaispeuventnousdonnerl’illusiond’êtredanslapropreté.Maisleventrede lavillepeut,unjour,nousmontrerlafrilositédenosbrouettesdansuneespècede «boum!»,uneultimepétaradedontonn’avaitpasprévulacapacitédenuisance. Hésitons deparler d’Hiroshimasouterrain! Que le ciel nous délivre de cette autre catastrophe! Maislessachets?Ilsnesontpasassezgrands.Cenesontpasdessacsdechoses. Onn’apasuneidéedecombiendesachetssontproduitsparjour.Onnesaitrien du volume de la consommation de la population de la ville qui grandit avec la destructiondel’économieagricole.Despoubellespourlessachets?Onn’envoitpas. Quefaitla«Brigadedepolicetouristique»?Quelleestlapolitiqueduministèrede l’Environnement? Enfin, qu’on nous délivre du plastique ! Et que l’eau nous soit servie comme dans descruches! Le National Édito La liste des victimes s'allonge !par Lionel Edouard HAÏTI/INSÉCURITÉ Le nombre de victimes des actes d’insécurité ne cesse d’augmenter. Claude Délatour, fils de l’ancien ministre de la Justice, Calixte Délatour, ainsi qu’un proche du conseiller électoral Jaccéus Joseph sont tombés sous les balles assassines des bandits, au cours du week-end écoulé. La liste n’est pas exhaustive. À chaque meurtre, le même procédé : les assaillants étaient à bord de motocyclette.
  4. 4. WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 4611-1010 / 3214-5554 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY PUBLICITÉ: SASKIA P.L.MICHEL DIRECTION ARTISTIQUE : FABRICE LAFLEUR RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS JDESROSIERS@LENATIONAL.HT CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, EDDY LAGUERRE, VANTZ BRUTUS, KENSON DÉSIR, MONDÉSIR JEAN BILLY, REYNOLD ARIS, ISABELLE THÉOSMY, WALTER CAMEAU, SCHULTZ LAURENT JUNIOR PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : JEAN ERIC FOUCHÉ, FRANTZ CLERGÉ, JACKSON JOSEPH GRAPHISTE : JUNIOR ADME CARICATURISTE : FRANCISCO SILVA DISTRIBUTION : PIERRE PAUL EMMANUEL ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE ••••••••••••• IMPRIMÉ EN HAÏTI PAR LES ÉDITIONS DES ANTILLES S.A Le ministère de l'Intérieur veut atténuer les risquespar Reynold Aris T ester et évaluer les processus de décisions au sein du Comité national de gestion des risques et des désastres (CNGRD), améliorer la coordination entre les différentes instances du CNGRD, la coordination interinstitutionnelle et internationale sont, entre autres, les objectifs de cette activité. Le département des Nippes sera la zone d’implémentation de cet exercice. Il vise également à simuler l’approche et l’impact d’une tempête tropicale qui se transformera en cyclone de catégorie 2/3 avant d’atteindre les côtes de la République d’Haïti, le 25 juillet prochain. Cet ouragan pourra causer d’énormes dégâts sur l’ensemble des départements du pays, particulièrement les départe- ments des Nippes, de la Grand-Anse, du Sud, du Sud-Est et de l’Ouest. Il s’agit pour le gouvernement de s’assurer d’une capacité de réponse suite à une éventuelle catastrophe naturelle durant la saison cyclonique, a fait savoir le titulaire du MICT, le docteur Ariel Henry. Ainsi, l’équipe en place s’est engagée à réfléchir aux solutions possibles depuis plusieurs mois permettant d’arriver à la mitigation des risques et des désastres. C’est dans cette perspective que les autorités ont résolu de mobiliser l’ensemble du système de la protection civile du pays. C’est-à- dire, au niveau départemental des Nippes, à Miragoâne, on mobilisera les Centres d’opération d’urgence départementale (Coud), ceux d’opération d’urgence communale (Couc) et ceux qui s’étendent dans les sections communales (Coul) de Sillègue et la communauté internationale. On va réaliser une opération de grandeur nature dans la localité de Sillègue où l’on procédera à l’évacuation d’un échantillon de la population estimée à environ 50 personnes qui sont exposés au passage d’un cyclone. On les placera dans un abri provisoire situé dans la troisième section communale de Petite- Rivière des Nippes, spécialement dans le collège Lalane et Pascal. Cette simulation se déroulera le 9 juillet prochain à compter de onze heures du matin. Il ne s’agit pas du passage d’un cyclone réel, précise le numéro un du MICT, soulignant que ce simulacre d’ouragan consiste à tester les capacités de gestion de l’information et de traitement des données en vue de les améliorer. Renforcement de la capacité de réponse Normalement, le passage d’un cyclone, indique M. Henry, est prévis- ible. C’est ainsi qu’on parviendra à apercevoir l’avènement de ce cyclone simulé dès demain. Les autorités s’engageront à diffuser des informations annonçant son pas- sage. Les responsables continueront à informer la population via des mes- sages de prévention. Le 9 juillet sera le jour « J » du passage de ce cyclone simulé. Ainsi, les différentes phases d’alerte du système seront mises en branle. Elles seront testées afin de voir au niveau national la réaction des décideurs face à une grande catastro- phe. On va commencer à préparer les modes d’évacuation de la popu- lation la plus exposée. Les impacts de ce simulacre, explique M. Henry, permettront de gérer la catastrophe et les méthodes à adopter en vue de les gérer jusqu’au retrait de l’alerte. Cet exercice terminé, les autori- tés compétentes se réuniront le vendredi 10 juillet prochain afin d’évaluer l’ampleur des dégâts en déterminant les points faibles et les points forts des différentes mesures de prévention prises dans le cadre de ce cyclone simulé. De l’avis du ministre, cet exercice de simulation permettra aussi d’être prêt à affronter une catastrophe réelle compte tenu que nous avons déjà été confrontés à une situation très critique. Hormis les décideurs, près de 300 personnes seront mobilisées. Elles seront présentes sur cinq sites au niveau des Coun, Coud, Coul, des abris provisoires et de la commu- nauté internationale (la Minustah). De surcroît, des observateurs seront là afin de contribuer à la réussite de cette opération qui s’inscrit dans le cadre de la réduction des dégâts. De son côté, Alta Jean Baptiste, directrice de la DPC, a annoncé le lancement d’un camp d’été à l’intention des jeunes dans la commune de Carrefour, le lundi 6 juillet 2015. Il consiste à informer et sensibiliser la population aux comportements à adopter lors d’un cyclone. Mourad Wabbah, coordonnateur des Nations unies, a, pour sa part, sou- ligné que cette simulation s’inscrit dans un contexte particulier, compte tenu de la période électorale et du rapatriement massif des Haïtiens de la République dominicaine. Cette situation, à son avis, peut accroître le risque de vulnérabilité. Mais il convient par cette initiative de renforcer les capacités nationales et internationales en vue de gérer toute éventuelle crise susceptible de découler d’un cyclone réel. En outre, il dit craindre le désengagement de la Minustah dans certains départements réputés chauds en période électorale. Selon lui, une telle démarche risque également de compliquer le travail de la logistique. 4 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 ACTUALITÉ Le ministre de l’Interieur et des Collectivités territoriales, Dr Ariel henry. / Photo : Ruben Chéry HAÏTI/SAISONCYCLONIQUE Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), via la Direction de la protection civile (DPC) et le Centre d’opération d’urgence nationale (Coun), a lancé officiellement, le lundi 6 juillet 2015, dans les locaux du Coun à Delmas 2, l’exercice de simulation (Simex) pour la saison cyclonique de 2015. Ce projet est financé par la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à hauteur de 80 mille dollars américains.
  5. 5. » suite de la première page MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 5 ACTUALITÉ Les Dominicains doivent négocier !par Jean Michel Cadet HAÏTI/RÉPUBLIQUEDOMINICAINE/PROTOCOLEDERAPATRIEMENT Les diplomates étrangers estiment qu’une méconnaissance du dossier des autorités étatiques peut entraver le support de la communauté internationale à Haïti. Gestion des rapatriés confiée à OIM et HCR En prélude à cette réunion, un comité mixte national, constitué des membres du gouvernement et des représentants de la société civile, a été diligemment créé. Lequel comité a sollicité l’aide de la communauté internationale pour contraindre la République dominicaine, d’une part, à respecter le protocole d’accord de 1999 et, d’autre part, à donner suite à la révision des termes de ce protocole contenu dans un document dont disposent les dirigeants dominicains. Ce comité est subdivisé en différentes commissions sectorielles qui s’occupent du renforcement des capacités de l’État sur les questions relatives à l’accueil, l’identification et la réinsertion des rapatriés. Pourtant la communauté internationale, poursuit notre source, se dit favorable à ce que l’Organisation internationale de la migration (OIM) et le Haut- Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UN HCR), jouent un rôle prépondérant dans cette affaire. Haïti est invitée, à ce sujet, à mobiliser des fonds à l’échelle internationale en faveur de ces entités dotées, selon les diplomates étrangers, de l’expérience et de l’expertise nécessaires pour gérer ce dossier. Prenant part à cette rencontre, le directeur exécutif de la POHDH, M. Antonal Mortinal, exprime son désaccord avec la formation de ces commissions dont il s’est gardé de faire partie. Il revient, selon lui, à l’État haïtien de jouer son rôle à travers ses institutions compétentes en la matière. Pointant ainsi du doigt des entités comme l’Office de la protection du citoyen, le Fonds d’assistance économique et sociale (Faes) et l’Office national de la migration dont les représentants ont, dit- il, brillé par leur absence à cette rencontre. D’une manière globale, M. Mortimé affirme son insatisfaction face au comportement des dirigeants haïtiens dans ce dossier. « Trop de lenteur, déplore-t-il, dans le processus d’indentification, l’accueil des rapatriés dans la dignité et leur réinsertion dans la société. » Toutefois, M. Mortimé estime judicieuse la recherche d’un nouveau protocole de rapatriement, celui de 1999 en vigueur étant désuet. Car il portait notamment sur les migrants haïtiens en situation irré- gulière en République dominicaine et sur quatre points frontaliers où devrait s’effectuer le rapatriement. Alors que dans le contexte actuel, les autorités haïtiennes entendent négocier le rapatriement sur deux points frontaliers : Malapasse et Ouanaminthe. Et la déportation con- cerne à la fois des migrants haïtiens et des Dominicains d’ascendance haïtienne dénationalisés par la jus- tice dominicaine.Apres l’échec du dialogue binational, constate plus d’un, les autorités haïtiennes enten- dent manifestement reconduire le dossier sur le terrain multilatéral. Le chef de l’État haïtien a officiel- lement appelé à l’intervention de la communauté internationale pour contraindre les Dominicains à regag- ner la table des négociations, esti- mant qu’à défaut d’une force armée, la diplomatie est la première ligne de défense d’Haïti.Le directeur exécutif de la POHDH, Antonal Mortinal. Photo : J.J. Augustin
  6. 6. Encourager l'implication des femmes dans la politique par Evens RÉGIS 6 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 ACTUALITÉ ÉLECTION/PARTICIPATIONDESFEMMES De concert avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), et la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), l’ONU- femmes a organisé, le lundi 6 juillet 2015 à l’hôtel Montana, un atelier de formation en faveur des médias de la capitale et des villes de province. Le but de cette rencontre interprofessionnelle a été de sensibiliser les travailleurs de la presse à la question de genre et de l’égalité des sexes en Haïti. L ’ONU-femmes se dit d’abord préoccupée par le faible pour- centage de femmes aux com- mandes dans l’administration publique, par la quantité anémique de candidates enregistrée dans le pro- cessus électoral 2015et par les dis- criminations multidimensionnelles dont les femmes font l’objet dans la société. En tant qu’entité des Nations unies travaillant pour l’égalité des sexes et l’autonomisation économique des femmes, elle se lance avec toute son énergie dans une campagne de sensibilisation autour du thème : « Genre et élection : l’importance de la participation des femmes ». Selon les précisions de Jean Claude Muenda Kabisayi Nyanguila, c’est une activité qui consiste à échanger avec les professionnels des médias sur certains outils qu’ils peuvent utiliser pendant les campagnes électorales, pour inclure le droit des femmes dans les débats politiques et de société. La motivation, explique-t-il, vient par le fait que nous sommes déjà en période de campagne électorale et que la plupart des candidats et candidates vont courir vers les médias, unique entité ayant le pouvoir de former et d’informer. Il n’y a qu’eux, qui peuvent faciliter à la population de comprendre ce que les suffrages peuvent faire dans leur pays. Par contre, ajoute-t-il, nous les invitons à nous aider, en essayant de mettre en exergue les préoccupations qui touchent aux droits des femmes. Le représentent résident de l’ONU- femmes en Haïti, a, de surcroît, expliqué que la préoccupation n’est pas uniquement d’inciter les femmes à participer aux élections, mais de les inclure définitivement dans la pratique des débats sociopolitiques en Haïti toutes les questions qui ont rapport aux droits civiques et politiques des femmes. Des programmes de formation sont aussi en perspective au bénéfice des femmes candidates, afin de les aider à mieux charpenter leur programme politique, à booster leur leadership au moment des campagnes électorales et à échanger correctement avec la presse, a-t-il révélé. Cotty Beauséjour, responsable de formation à la Minustah, a, pour sa part, inculqué aux journalistes quelques techniques devant leur permettre d’éviter de marginaliser les candidates lors des débats électoraux. Il leur a demandé, entre autres, de statuer sur les programmes, les parcours politiques de ces femmes, et sur ce qu’elles peuvent réellement apporter comme contribution, au lieu de faire des commentaires sur leur maquillage, leur beauté, ou leur architecture corporelle. « Il faut expliquer les enjeux de genre dans vos émissions, et vos articles », encourage-t- il. Sensibiliser l’électorat aux violences électorales spécifiques contre les femmes, faire ressortir pourquoi il y a seulement 5 % de femmes au Parlement, 10 % à la Police nationale d’Haïti (PNH), alors qu’on plaide souvent pour le respect d’un quota de 30 %, autant de sujets qu’il conseille aux journalistes d’essayer d’aborder. À signaler qu’à la fin des assises, des séances de travaux en ateliers ont été organisées avec de groupes de cinq journalistes qui ont essayé d’apporter, chacun, des réponses à des questions relatives à la manifestation de la violence électorale à l’encontre des femmes, aux stéréotypes contre les femmes et à tous les autres défis auxquels elles font face en faisant de la politique. ÉCHO eFormation des bureaux de vote : les partis politiques convoqués par le CEP Le Conseil électoral provisoire (CEP) convoque les partis politiques à une réunion, ce mardi 7 juillet, à l’hôtel Montana, pour discuter de la formation des bureaux de vote. Cette rencontre se déroulera dans le cadre de l’article 138 de la loi électorale régissant le processus de recrutement des membres des bureaux de vote. Le CEP invite également les personnes intéressées pour le poste de superviseur dans le cadre des élections de 2015 à soumettre, dans le plus court délai, leur dossier. République dominicaine : ce mardi 7 juillet débutent officiellement les rapatriements Les rapatriements des Haïtiens illégaux vivant en République d o m i n i c a i n e d é b u t e n t officiellement ce mardi 7 juillet, selon la Fondation ZILE. Les sans-papiers haïtiens n’ont pas attendu cette échéance pour retourner volontairement au pays. Les autorités dominicaines en ont recensé plus de 31 mille qui ont laissé de leur plein gré la République voisine entre le 18 juin et le 1er juillet, a indiqué la Direction générale de migration dominicaine. Dans le cadre du 36e sommet de la Caricom qui s’est ouvert le vendredi 3 juillet, le président Michel Martelly a dénoncé le rapatriement violent d’immigrés haïtiens par les Dominicains qui se refusent à toute négociation. Monsieur Martelly a lancé un appel à la Caricom, à l’OEA et l’ONU afin de forcer les dirigeants dominicains à traiter les ressortissants haïtiens avec dignité. Daniel Supplice ordonne la fermeture du PIDIH Le gouvernement n’avait pas aidé des milliers d’Haïtiens sans document d’identification à pouvoir s’inscrire au Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) vivant en situation migratoire irrégulière en République voisine. Le Programme d’identification et de documentation des immigrants haïtiens (PIDIH) lancé en juillet 2014 est défaillant. C’est ce qu’a admis Daniel Supplice, ambassadeur d’Haïti en République dominicaine. « Nous sommes responsables de ce qui se passe aujourd’hui avec nos compatriotes », a admis Daniel Supplice, précisant que la mise en œuvre de ce plan n’a pas été une très bonne idée. « Si nous ne parvenons pas à identifier nos citoyens chez nous, je ne vois pas comment nous pourrons le faire ailleurs », a-t-il argumenté dans la presse locale, informant qu’il a déjà ordonné la fermeture du programme qui a coûté jusqu’ici deux millions de dollars à l’État haïtien. L'AMH étend ses tentacules dans le Nord-Est L’Association médicale haïtienne (AMH) a organisé, dimanche, à Ouanaminthe, une grande rencontre avec les médecins pratiquant dans le département du Nord-Est.Autermedelaréunion,un comité provisoire avec un mandat d’un an a été formé en vue de prendre en charge les destinées de l’AMH dans le Nord-Est. Implanter l’Association dans des régions du pays constitue l’un des objectifs à atteindre. C’est ce qu’a indiqué le docteur Greta Roy Clément, présidente de l’Association, estimant que cette démarche va permettre aux médecins d’Haïti de rester connectés en vue d’offrir un meilleur service de santé à la population. L’AMH a organisé récemment son 63e congrès annuel sur le thème : « Morbidité, développement des ressources humaines et système de soins en Haïti en 2015 ». Résurgence de l'ébola : le MSPP reste vigilant ! Le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a décidé de replacer les pays de l’Afrique de l’Ouest sur la liste des pays à risque en raison de nouveaux cas d’ébola au Liberia. Une mesure qui vise à protéger Haïti de cette maladie virale sur son territoire, informe le MSPP, soutenant les recommandations déjà en vigueur. Le MSPP rappelle que toute personne ayant voyagé dans des pays comme la Sierra Leone et la Guinée Conakry ne pourra pas rentrer en Haïti avant une période minimale de vingt et un jours. Au cas où un voyageur aurait présenté des symptômes évocateurs d’ébola, il doit consulter immédiatement un médecin afin de protéger sa santé, son environnement immédiat et le pays dans son ensemble. Jean Claude Muenda Kabisayi Nyanguila, représentent résident de l’ONU- femmes en Haïti. / Photo : Lesly Dorcin
  7. 7. T out va bon train au niveau des collectivités territoriales, selon les propos du porte-parole. Le processus est encore en phase contentieuse où 245 cas de contes- tations ont été enregistrés. Après les verdicts rendus aux niveaux des Bureaux des contentieux électoraux communaux (BCEC) et Bureaux des contentieux départementaux (BCDE), pas moins de 26 recours ont été exercés auprès du Bureau de conten- tieux électoral national (BCEN) qui doit se constituer incessamment pour auditionner ces différents cas avant de statuer. Exception est faite pour le département du Sud-Est où aucune des contestations n’est encore enten- due au niveau du BCEC. Pour cause, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de ce ressort n’aurait pas reçu, semble- t-il, ses honoraires et refuserait de désigner les avocats devant siéger aux BCEC. Assassinat d’un membre du cabinet du conseiller électoral Jaccéus Joseph Il y a environ une semaine, maître Néhémie Joseph, membre du Conseil électoral provisoire, avait dénoncé un complot ourdi contre sa personne et celle de maître Jaccéus Joseph. Ce lundi, la conférence hebdomadaire du CEP a débuté avec une note triste concernant la mort de l’ingénieur Wilkenson Bazile, attaché au service logistique et technique du conseiller Jaccéus Joseph, représentant du secteur des droits humains au sein de l’institution électorale. Selon des informations disponibles, la victime qu’on présente comme étant le cousin du conseiller Jacceus Joseph, aurait reçu deux balles au niveau du cœur alors qu’il revenait d’un supermarché à Delmas en compagnie de ses deux enfants âgés respectivement de quatre et onze ans. Interrogé à ce sujet, le porte- parole du CEP se veut prudent. « Le CEP n’est pas une instance de jugement. Il revient à la police et à la justice de faire la lumière sur la mort de Wilkenson Bazile», a déclaré Frantz Bernadin. En juin dernier, on se le rappelle, un employé du CEP a été blessé par balle alors qu’il se trouvait à bord d’un véhicule transportant du matériel destiné aux BEC (Bureaux électoraux communaux). Par ailleurs, Frantz Bernadin a annoncé qu’au courant de cette semaine le matériel non sensible sera acheminé vers les différents départements et qu’un centre d’appels (Call Center), avec pas moins de 80 personnes, sera mis en place sous peu en vue de permettre aux électeurs de pouvoir identifier facilement leur centre de vote en appelant au centre via des numéros qui seront communiqués prochainement. D’un autre côté, le recrutement du personnel vacataire pour les législatives du 9 août avance à grand pas. Le concours de désignation devrait en principe avoir lieu au courant de cette semaine. Pour ce qui concerne les agents de sécurité électorale, ils sont plus de cinq mille et Frantz Bernadin croit bon de faire appel à l’expérience des anciens agents ayant collaboré avec le Conseil lors des précédentes élections en support aux nouvelles recrues pour la pleine réussite du scrutin. Deux cent quarante-cinq cas de contestations enregistrésPar Noclès Débréus MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 7 ACTUALITÉ HAÏTI/ÉLECTIONSCOLLECTIVITÉSTERRITORIALES Au moment où le Conseil électoral provisoire (CEP) s’active pour arriver à la date inéluctable du 9 août pour les législatives, au niveau des collectivités territoriales, les contestations se poursuivent. Deux cent quarante-cinq cas ont été recensés sur les 41 mille candidats inscrits, selon des informations communiquées par Frantz Bernadin, porte-parole du CEP, lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 6 juillet 2015. Frantz Bernadin, porte-parole du CEP. / Photo : Noclès Débréus
  8. 8. 8 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 MONDE D es manifestants contre les homosexuels ont défilé lundi dans les rues de Nai- robi et appelé le président américain à s’abstenir de plaider pour le droit à la différence lors de sa visite fin juillet. « Nous ne voulons pas Obama et Obama, nous ne voulons pas Michelle et Michelle », ont scandé les manifestants pour marquer leur refus des couples de même sexe. « Nous voulons Obama et Michelle et nous voulons un enfant! ». « Il est important pour nous en tant que Kényans de savoir que les Etats-Unis ne sont pas Dieu », a martelé l’organisateur de la manifestation, le pasteur évangé- lique Mark Kariuki, alors que la Cour suprême des Etats-Unis vient d’autoriser le mariage homosex- uel. Le président Obama est le bien- venu dans « le pays natal de son père” mais ne devrait “pas parler de la question gay », a estimé le responsable religieux. Cette « Marche de protection de la famille », qui a rassemblé une centaine de personnes vêtues de tee-shirts blancs, intervenait au lendemain d’une nouvelle diatribe du vice-président kényan William Ruto contre l’homosexualité, jugée « contraire au dessein de Dieu ».« Nous avons entendu que les Etats- Unis avaient autorisé les relations homosexuelles et d’autres choses dégoûtantes », a déclaré M. Ruto lors d’une cérémonie religieuse, selon des propos rapportés par le journal Daily Nation. « Je veux vous dire, en tant que dirigeant chrétien, que nous allons défendre notre foi et notre pays ». M. Ruto, qui est actuellement jugé par la Cour pénale interna- tionale (CPI) pour crimes contre l’humanité, avait fait des déclara- tions similaires en mai, lors de la visite au Kenya du secrétaire d’Etat américain John Kerry. Le vice-président « utilise ce sujet comme une tactique de diversion, pour faire oublier les accusations de corruption et d’accaparement foncier » qui se sont multipliées à son encontre ces derniers mois, a estimé l’avocat Erik Gitari, directeur de la Commission natio- nale des droits humains des gays et lesbiennes. La manifestation de lundi a été organisée par l’Alliance évangé- lique du Kenya, qui réunit plus- ieurs églises. L’homophobie progresse dans de nombreux pays d’Afrique, où l’homosexualité est souvent pro- scrite. Au Kenya, elle est interd- ite depuis la colonisation britan- nique, mais très rarement sanc- tionnée. Venu quatre fois en Afrique subsa- harienne, Barak Obama se rendra fin juillet au Kenya pour la pre- mière fois depuis son entrée en fonction en 2009. Il poursuivra ensuite sa visite en Ethiopie. Des militants de la cause homosex- uelle soulignent que l’intolérance et la violence à l’égard des gays s’étend au Kenya, où des les- biennes ont été violées et des homosexuels menacés de mort ou internés par leur famille dans des hôpitaux psychiatriques pour les « guérir ». Très virulent en Ouganda, « le mouvement anti-gay progresse de plus en plus au Kenya, (...) les cas de discriminations et de violences sont en hausse en raison de ces discours homophobes », a déploré Erik Gitari. « Obama, premier président noir des Etats-Unis, évoque l’égalité, la libération. Ils ont peur qu’il vienne prêcher l’égalité des droits ici », a-t-il estimé. Obama prié de ne pas parler d'homosexualité lors de sa visite à Nairobi Sources : voaafrique.com avec AFP Barack Obama, président des Etats-Unis. / Photo : AFP Le pape entame à Quito sa tournée sud-américaine Sources : Reuters L e pape François a entamé dimanche à Quito, capitale de l’Equateur, une tournée de huit jours en Amérique du Sud, qui doit le conduire aussi en Bolivie et au Paraguay. Lors de la première visite de son pontificat dans la partie hispanophone de l’Amérique du Sud, le pape argentin doit célébrer des messes à Quito et à Guaya- quil, avant de s’envoler mercredi pour la Bolivie. « Je remercie Dieu de m’avoir permis de revenir en Amérique latine et d’être ici avec vous aujourd’hui dans ce beau pays de l’Equateur », a déclaré le souverain pontife après un vol de 13 heures depuis Rome. A sa descente d’avion, le pape a été accueilli par une bourrasque de vent qui s’est engouffrée dans sa robe et a fait s’envoler sa calotte. Sans se départir de son sourire, François a descendu les marches de la passerelle avant de donner l’accolade au président équatorien Rafael Correa venu l’accueillir. Le pape entame son périple sud- américain en Equateur au moment où le pays connaît d’importantes manifestations antigouvernemen- tales pour protester contre la hausse des impôts et le style jugé autocratique de son chef de l’Etat. Au cours de cette tournée, le Saint- Père devrait à nouveau porter son message en faveur de la défense des défavorisés et de la protection de l’environnement. « Des sommets du Chimborazo à la côte pacifique, de la forêt ama- zonienne aux îles Galapagos, vous ne devez jamais perdre l’occasion de remercier Dieu pour ce qu’il a fait et ce qu’il continue de faire pour vous », a déclaré François. « Ne perdez jamais votre aptitude à protéger ce qui est petit et simple, à prendre soin de vos enfants et de vos personnes âgées, à avoir confi- ance dans la jeunesse et à rester émerveillé par la noblesse de votre peuple et la beauté singulière de votre pays », a-t-il déclaré. Après l’Equateur, le pape se rendra en Bolivie où il s’exprimera pour les droits des peuples indigènes avant de visiter la prison de Pal- masola, l’une des plus violentes du pays. Il achèvera sa tournée par le Para- guay où il rencontrera des mili- tants sociaux dans cet Etat gan- grené par la contrebande et les pratiques financières illicites. Le pape François à Quito. / Photo: Reuters / Kevin Granja « Je remercie Dieu de m’avoir permis de revenir en Amérique latine et d’être ici avec vous aujourd’hui dans ce beau pays de l’Equateur », a déclaré le souverain pontife.
  9. 9. MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 9 MONDE F ace à un Alexis Tsipras victo- rieux, la France et l’Allemagne ont trouvé lundi les mêmes mots pour exiger de lui des propositions, laissant une mince chance de négocier le sauvetage d’une Grèce en état d’urgence financière. Le pays ne doit sa survie qu’à une BCE de plus en plus réticente, qui a certes maintenu lundi à leur niveau actuel les prêts d’urgence aux banques grecques, mais en durcissant les conditions. Les banques resteront d’ailleurs fermées au moins jusqu’à mercredi, tandis que les mesures de contrôle des capitaux seront maintenues. C’est dans cet état d’urgence financier que le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel ont tenté à Paris de montrer une certaine unité dans leur message au chef du gouvernement grec. Mme Merkel a jugé « urgent » d’avoir des « propositions tout à fait précises », tandis que M. Hollande a réclamé des propositions « sérieuses » de la part du chef du gouvernement grec. Au-delà de leur maigre vocabulaire commun, M. Hollande et Mme Merkel n’ont pu dissimuler leurs divergences, à la veille d’un sommet de la zone euro de tous les dangers à Bruxelles. Le président français, fidèle à la position conciliatrice que veut adopter la France, a répété que la porte restait « ouverte » aux discussions, et insisté sur la notion de « solidarité », malgré le rejet massif par les Grecs de la dernière mouture des exigences de leurs créanciers. Mme Merkel a elle souligné que cette proposition rejetée par référendum, à 61,2 % des voix, était déjà « généreuse ». Elle a aussi insisté sur le fait qu’il fallait compter avec « les 18 autres pays de la zone euro », dont de nombreux petits pays franchement hostiles à la campagne anti- austérité de Syriza. Pratiquement au même moment, le tout nouveau ministre des Finances grec Euclide Stakalotos a lui jugé que les Grecs « méritaient mieux » et qu’il ne voulait pas d’une solution « non-viable ». Plus sobre dans son expression, il s’est toutefois montré sur la même ligne que son prédécesseur, le bouillant Yanis Varoufakis, dont la démission surprise a pu nourrir l’espoir d’un dialogue plus apaisé entre Européens. Asphyxie économique Tandis que les Européens cherchaient une voix commune, Alexis Tsipras a lui cherché à consolider encore sa position, convoquant les dirigeants des partis d’opposition ensemble pour la première fois. Un texte commun est sorti des six heures de réunion, à laquelle seul le parti néonazi Aube dorée ne participait pas, plaidant pour la conclusion d’un accord couvrant les besoins de financement du pays, accompagné de réformes et d’efforts budgétaires « justement répartis ». Les banques resteront d’ailleurs fermées au moins jusqu’à mercredi, tandis que les mesures de contrôle des capitaux seront maintenues. Cet état d’urgence financier empêche la banqueroute immédiate, mais aggrave de jour en jour l’asphyxie économique. Les Etats-Unis ont eux aussi tenu à faire entendre leur voix, appelant via un porte-parole les dirigeants européens et Athènes « à se mettre d’accord sur un ensemble de réformes et un financement qui permettent à la Grèce d’être sur la voie d’une gestion durable de sa dette, mais aussi de croissance économique ». Le FMI, l’un des acteurs majeurs d’une crise qui dure depuis 2010, a lui choisi la sobriété: « Nous surveillons la situation de près et nous nous tenons prêts à aider la Grèce si on nous en fait la demande », a déclaré sa patronne Christine Lagarde. Le Fonds a pourtant contribué à entretenir la tension entre Athènes et ses créanciers en remettant avec fracas la semaine dernière sur la table le sujet tabou par excellence: celui d’une restructuration de la dette grecque. Il s’agit à la fois d’une revendication phare de M. Tsipras, et d’une ligne rouge pour Mme Merkel, confrontée à une opniion publique à bout de patience alors que la Grèce est sous assistance financière depuis 5 ans. Malgré cela, la chancelière ne va pas aussi loin que certains responsables européens qui parlent ouvertement d’une sortie de la Grèce de la monnaie unique. L’exaspération à l’égard de la Grèce est patente chez le ministre slovaque des Finances Peter Kazimir qui a jugé dimanche une sortie de la Grèce de la zone euro comme « un scénario réaliste ». Le patron de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a quant à lui estimé que la victoire du non “ne rapproche pas (l’Europe) d’une solution” avec Athènes. La France espère dans cette constellation jouer les médiateurs, ce qui explique l’invitation de Mme Merkel à l’Elysée lundi. Reste que le temps presse pour trouver une solution et que selon une source européenne, la négociation d’un troisième programme sur deux ans, échangeant réformes contre réduction de dette, comme le souhaiterait la Grèce, est hors calendrier. Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel en est déjà à parler d’une « aide humanitaire » pour la Grèce examinée par le sommet européen de mardi. Alexis Tsipras. / Photo : AFP Les Européens laissent à Tsipras victorieux une mince chance de négocier Sources : AFP
  10. 10. 10 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 ÉCONOMIE Entre synergie et application : le budget serait-il sensible au genre ?Par Therno N. A. Sénélus Égalité de sexes. Équité de genre. Budgétisation sensible au genre. Ces thématiques ont fait l’objet d’un traitement particulier lors du colloque organisé récemment à Port-au-Prince par le ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF), conjointement avec l’entité des Nations Unies œuvrant pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes). L es initiatives en déclinaison avec le concept de « Budgétisa- tion sensible au genre »(BSG) sont désormais monnaie cou- rante, depuis l’année 2000, dans plus de vingt pays. Selon la défini- tion adoptée en 2005 par le Conseil de l’Europe, « la budgétisation sen- sible au genre est une application de l’intégration de la dimension de genre dans le processus budgétaire. Cela signifie une évaluation des budgets basée sur la dimension de genre, en incorporant une perspective de genre à tous les niveaux du processus bud- gétaire et en restructurant les recettes et les dépenses dans le but de pro- mouvoir l’égalité des genres. » L’initiative de la promotion de la BSG en Haïti a été engagée en 2008 à la suite des contacts entre l’ONU-Femmes et le MCFDF. À cet effet, un comité mixte com- prenant le MCFDF, le ministère de l’Économie, des finances, le ministère de la Planification et de la coopération externe a même été mis en place en vue de ren- forcer l’effort de promotion de ce plan. Cette initiative des pouvoirs pub- lics s’est vraiment matérialisée en 2009, lorsque la décision d’intégrer la BSG dans le Plan stratégique et opérationnel 2009- 2012. L’ONU-Femmes a soutenu cet effort en développant des instruments relatifs à la « Budgé- tisation sensible au genre et Droits des femmes à la santé en matière de reproduction » en vue d’aider les acteurs haïtiens à renforcer leurs capacités pour une meilleure appropriation du concept. Dans cette perspective, le Fonds des Nations Unies pour la Popula- tion (FNUAP) a mis au profit des institutions haïtiennes un manuel de formation intitulé « Pratique de la budgétisation sensible au genre ». Le plan stratégique 2009-2012 de sa mise en œuvre présentait trois objectifs principaux : faire un travail de sensibilisation et de plaidoyer, développer les capaci- tés et parvenir à sa concrétisation réelle sur le terrain en collabora- tion avec toutes les parties pre- nantes. Dans cette étude présentée par le président du Centre d’entrepreneurship et de leadership en Haïti (CEDEL HAITI), Rock André, une meilleure méthode d’évaluation du BSG en Haïti serait d’estimer avec plus de précision les dépenses spécifiques aux activités d’amélioration de la situation des femmes, les dépenses supportant l’égalité des chances dans l’accès aux services publics et aussi des dépenses générales. Dans son analyse, Rock André a montré qu’un budget n’est sensible au genre que si l’on tient compte spécifiquement de la situation des jeunes filles, des garçons, des femmes et hommes. À cet effet, un rapport-genre s’avère néces- saire. Dans ce cas, l’on devrait se soucier du niveau de compréhen- sion effective du concept par les gens pour une meilleure appro- priation de la thématique à travers le territoire national. Au terme de sa présentation, Rock André après avoir fait le point sur l’état actuel du dispositif mis en place pour l’opérationnalisation de la BSG, a recommandé une meilleure approche de la pro- blématique dans le sens d’une meilleure application du BSG dans le cadre du Plan stratégique et opérationnel 2009-2012. « Le budget n’est pas l’affaire des femmes, c’est l’affaire de tout le monde », a-t-il déclaré. Pour ce faire, il recommande « la définition d’une méthode d’application plus dynamique de la BSG pour Haïti (…) ainsi que la réalisation d’une cam- pagne de plaidoyer en faveur de la mise en place effective de la budgétisation sensible au genre (BSG). « Nous devons supporter l’élaboration d’un rapport genre au niveau de chaque ministère pour aboutir à un rapport global genre au sein du gouvernement » et établir un partenariat avec le ministère de l’Économie, des finances et les autres ministères. Le BSG doit prendre en compte toutes les couches de la popula- tion » Situation des femmes dans l’économie haïtienne Pour faire un diagnostic de la situ- ation des femmes dans le secteur économique, Ruthlanda Borga, fonctionnaire du MCFDF - doctor- ante en macroéconomie et fémin- iste - met l’emphase sur le secteur entrepreneurial. Pour défendre la cause des femmes, soutient la doctorante, il faudrait disposer de données statistiques fiables. Dans sa présentation, Ruthlanda Borga souligne le fait qu’Haïti est pauvre et « que cette pauvreté est sexuée (…) et qu’il faut parler de la féminisation de la pauvreté. Selon une étude de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) et de la Banque mondiale, près de 60% des pauvres se retrouvent dans le secteur de la micro entreprise. 75% de ce pourcentage exercent leurs activités dans les secteurs du commerce, de la construction et des services. La majeure partie des femmes entrepreneures, d’après les statistiques, se retrouve dans le secteur achat et vente de produits. D’un autre côté, un recensement de l’Institut haïtien de statis- tiques et d’informatique (IHSI- 2007) montre que parmi les per- sonnes intervenant dans l’aire métropolitaine, 64,3 % sont des femmes. Ces dernières évoluent dans le secteur informel privé. Dans les zones urbaines, 64,7 % des personnes actives sont dans le secteur informel. En général, dans l’ensemble du pays, la population active évoluant dans le secteur informel privé est composée de 75,1 % de femmes et 35,8 % d’hommes. Le recensement général sur les entreprises réalisé en 2012 par le ministère du Commerce et de l’industrie (MCI) a révélé que sur les 71,515 entreprises recensées, 96% sont des entreprises indi- viduelles. 61 % ces entreprises appartiennent à des femmes. En gros, 74 % des 71,515 entreprises recensées évoluent dans le com- merce de détail avec un chiffre d’affaire très faible, probablement du fait que l’accès au crédit ban- caire est réduit. La budgétisation sensible au genre est surtout l’application sur le terrain d’un modèle éprouvé d’intégration de la dimension de genre dans le processus budgé- taire. C’est une évaluation des budgets basée sur la dimension de genre, qui incorpore la perspec- tive de genre à tous les niveaux du processus budgétaire. Elle restruc- ture les recettes et les dépenses dans le but de mieux promouvoir l’égalité des genres. BUDGETETÉQUITÉDEGENRE Les membres de l’association Fanm leve kanpe (Femme debout), Macary Marigot, Sud-est Haïti. / Photo: © suco.org
  11. 11. MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 11 ÉCONOMIE L'agriculture familiale en Amérique latine et dans les Caraïbes Source : AIAF DÉVELOPPEMENTLOCALDURABLE S ur le continent, la démocratie s’enracine et les mouvements sociaux et environnemen- taux montent en puissance. Enfin, la deuxième Conférence des chefs d’État de la Communauté des États latino-américains et caribéens en janvier 2014 a accordé «la pri- orité absolue» au développement de l’agriculture, notamment l’agriculture familiale et paysanne. Parallèlement, de nombreux défis restent encore à relever, notam- ment la persécution des représent- ants d’agriculteurs, la faible par- ticipation des agriculteurs dans les organisations et les politiques défa- vorables aux petits producteurs. Ils ont mentionné les programmes de développement rural réussis et les plans de passation des marchés publics comme étant des moyens importants d’inverser la courbe, de même que les politiques en faveur de la souveraineté alimentaire. Les principales tendances Lors du dialogue régional, beau- coup de participants ont par- tagé le point de vue selon lequel l’agriculture familiale ne se limite pas à ses seules caractéristiques agricoles, mais elle est plutôt un mode de vie qui respecte l’environnement, protège la bio- diversité, conserve les traditions culturelles et encourage le dével- oppement rural. Les agriculteurs familiaux produisent actuellement jusqu’à 70 pour cent du panier alimentaire de base des différents pays de la région. Les participants au dialogue ont souligné que l’agriculture famil- iale a le potentiel pour accroître l’offre alimentaire et améliorer les conditions de vie des populations rurales les plus vulnérables. Les agriculteurs familiaux peuvent également contribuer à l’emploi, à la conservation des ressources naturelles et à la biodiversité, à la préservation des traditions culturelles, à la diversité multi- ethnique et à l’éradication de la pauvreté rurale. Cependant, comme le dialogue l’a souligné, cet immense potentiel n’est actuellement pas pleinement reconnu par la société et dans les politiques. À titre d’exemple, les agriculteurs familiaux ont un accès limité à la terre et à l’eau. Cette situa- tion a été perçue comme étant une conséquence des modèles de propriétés foncières très concen- trées dans de nombreux pays et de l’utilisation de la terre et de l’eau à des fins autres qu’agricoles. La qualité de plus en plus faible et la disponibilité limitée des sols et des ressources en eau ont ébranlé les systèmes de production de l’agriculture familiale et sont alar- mantes pour les nombreux agri- culteurs familiaux sans systèmes d’irrigation. Au cours des dernières années, cette situation est devenue encore plus urgente, étant donné que la région a connu des changements au niveau des précipitations et des températures, ce qui rend les agri- culteurs familiaux encore plus vul- nérables, particulièrement les agri- culteurs les plus marginalisés. Ils ne disposent pas toujours des res- sources nécessaires pour s’adapter à ce nouveau scénario au moment opportun, par exemple en utilisant des techniques d’irrigation appro- priées, en développant des variétés résistantes ou en modifiant leurs calendriers de récolte. D’autres souffrent du manque d’assistance technique adéquate pour apporter les changements nécessaires. Un autre facteur fai- sant obstacle aux agriculteurs familiaux pour exploiter leur plein potentiel est la faible dis- ponibilité des sources adéquates de financement. S’ils existent, les instruments de crédit ont souvent recours à des règles et à des con- ditions inadaptées à la réalité des agriculteurs familiaux. Les garanties de prêts par exem- ple, sont impossibles à obtenir pour les petits agriculteurs famil- iaux sans actifs. L’accès au crédit est encore plus difficile pour les agricultrices dans la plupart des pays de la région. Cette situation contribue à une plus grande pau- vreté dans les ménages dirigés par des femmes. Les participants ont souligné la nécessité d’analyser les causes sous-jacentes de cette inégalité. Étant donné que les jeunes voient peu d’opportunités dans l’agriculture et que les poli- tiques ne les ont jusqu’à présent pas encouragés à rester dans les zones rurales, de nombreux jeunes migrent vers les zones urbaines à la recherche de meilleures oppor- tunités. Le dialogue a mentionné que les politiques et les institutions pub- liques de l’agriculture familiale n’ont pas atteint le même niveau de développement dans tous les pays de la région. Les pays du cône Sud sont les plus avancés dans ce domaine. En revanche, lorsque les programmes d’exploitations famili- ales sont en place, ils mettent sou- vent l’accent sur l’augmentation de la production au détriment de la relation avec les consommateurs et les marchés. En ce moment, les agriculteurs familiaux dans la région font face aux coûts élevés des intrants et aux prix bas pour leurs produits. Cependant, il a été souligné que la croissance future de la population mondiale se traduira par une augmentation de la demande alimentaire, du moins dans le court terme. Cette situation présente une excel- lente opportunité pour renforcer le commerce et les marchés des produits des agriculteurs famil- iaux. Toutefois, les participants ont conditionné cette opportunité à des programmes et des instru- ments explicitement tournés vers les petits agriculteurs familiaux. Sinon, les grands exploitants agri- coles, avec leurs ressources plus importantes, risquent d’être les seuls à profiter de cette nouvelle opportunité. Les organisations d’agriculteurs peuvent permettre aux agriculteurs de surmonter cer- tains de ces défis et relever le profil politique du secteur. Toutefois, la participation des agri- culteurs familiaux dans les organ- isations rurales est faible dans la plupart des pays de la région. Il a été observé que la persécution des représentants d’agriculteurs dans certains pays a davantage affaibli ces organisations. Les réflexions sur l’agriculture familiale représentent une occa- sion unique de souligner le rôle important des agriculteurs famil- iaux et faire d’eux un pilier essen- tiel des stratégies pour atteindre la sécurité et la souveraineté ali- mentaires et éradiquer la faim et la malnutrition dans la région. Dans cette région, la contribution de l’agriculture familiale au développement est de plus en plus reconnue; les politiques relatives à la sécurité alimentaire et à la nutrition sont de plus en plus courantes et l’indépendance et l’égalité pour les femmes dans la lutte contre la pauvreté sont encouragées. plein potentiel. / Photo: www.grain.org
  12. 12. 12 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 ÉCONOMIE Six bonnes raisons de protéger les petites exploitations familiales Source : Via Campesina La « multifonctionnalité » des petites exploitations familiales rentre de plus en plus dans le vocabulaire des politiques agricoles. L’agriculture, on le sait maintenant, est beaucoup plus qu’une activité économique. Et pourtant les petites fermes – épine dorsale de l’économie rurale – ne sont toujours pas pleinement reconnues. AGRICULTURE/FERMESFAMILIALES LES PETITES FERMES CRÉENT DE L’EMPLOI Les petites fermes fournissent l’essentiel de l’emploi rural dans la quasi totalité des états européens et sont reconnues comme « amortisseur social » dans la crise que nous vivons. Même si beaucoup de fermes cumulent plusieurs activités pour permettre un meilleur revenu11 on remarque que pour toute classe de surface (de moins de 5 ha à plus de 100 ha) au minimum 50 % des exploitants n’ont pas d’autre source de revenu, ce qui exprime l’extrême importance de la ferme pour leur survie. A l’inverse, des milliers de travailleurs migrants, saisonniers ou non, sont issus de ces petites fermes privées de revenus suffisants. LES PETITES FERMES PERMETTENT L’INSTALLATION DE JEUNES La production alimentaire industrielle, mécanisée pour être plus « compétitive », fournit peu d’opportunités de travail. A l’inverse, ce sont les emplois sur les petites et moyennes fermes, non délocalisables, qui fournissent la base de l’activité économique et sociale locale et sont ainsi à la base du dynamisme des territoires. Beaucoup de jeunes urbains sont attirés par la production agroécologique de proximité, qui a du sens pour eux et la communauté. LES PETITES FERMES CONTRIBUENT À LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE Au niveau international on estime que les quelques 500 millions de petites fermes paysannes contribuent pour 70 % de la production de l’alimentation. Difficile de savoir en Europe quelle partie de l’alimentation est issue des petites fermes, en l’absence de recherche en ce domaine, mais la contribution est importante et indéniable du point de vue de la qualité : un réseau dense de petites fermes, doté des circuits commerciaux adaptés, permet une nourriture variée, fraîche, meilleure pour la santé, enjeu majeur en Europe qui compte plus de 50% de la population en surpoids et parmi laquelle 20% est obèse selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), sans compter les maladies chroniques liées à l’alimentation telles les nouvelles allergies ou le diabète. Les circuits courts de proximité permettent de mieux valoriser des produits non calibrés, les consom- mateurs respectent d’avantage et jettent moins ces bons légumes dont ils connaissent l’origine, ce qui limite le gaspillage. LES PETITES FERMES ONT UNE GRANDE CAPACITÉ D’INNOVATION Dans les années récentes, ce sont des petites fermes, alliées à des citoyens urbains, qui ont apporté les innovations les plus riches dans les domaines de la production, la transformation et la distribution des produits. La défense de l’agroécologie comme moteur de la transition énergétique et sociale vers la souveraineté alimentaire est une étape nouvelle. D’ailleurs, ces innovations sont rapidement copiées par les structures plus grandes qui voient leur revenu se dégrader du fait de la volatilité des marchés. LES PETITES FERMES FAVORISENT LA BIODIVERSITÉ Les grandes structures, sont le reflet d’une rationalité économique qui amène des systèmes de production standardisés : animaux sélectionnés pour une productivité maximum hors sol, disparition de la pâture, affouragement à base de monocultures industrielles réduites à deux ou trois espèces, complément en tourteaux de soja – importés et majoritairement OGM. Tout le contraire des petites fermes où on peut élever différentes races et variétés ainsi que pratiquer la sélection paysanne adaptée aux conditions locales. Ce sont les petites fermes qui génèrent et accroissent la bio- diversité ! Cette biodiversité naturelle est cultivée par les pay- sannes et les paysans depuis des millénaires, est à la base de la diversité de notre nourriture et de nos paysages, à la source des plaisirs culinaires et une richesse à ne pas oublier. C’est aussi une manière plus économe d’organiser la production agricole. LES PETITES FERMES SONT UNE RICHESSE DE LA CULTURE NATIONALE La gastronomie variée et riche de chaque région est intimement liée à l’identité d’un peuple. Cet art culinaire s’est développé au fil de l’histoire en se basant sur les productions locales adaptées et fournies par les petites et moyennes fermes. Imaginer la vie quotidienne des citoyens européens, sans les fromages au lait cru, sans les préparations traditionnelles, sans les marchés paysans, sans fruits locaux, mûrs et goûteux, condamnés à manger la même nourriture standardisée des supermarchés qui envahissent tous les pays d’ Europe ? Les petites fermes sont une réponse à l’attente des citoyens, attachés à une production locale, de qualité, produite dans des fermes à taille humaine.
  13. 13. MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 13
  14. 14. 14 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ Les nouvelles stars du web, sur les traces de « Tidezod » par Vantz Brutus I ls puisent leurs sujets dans la réalité quotidienne. Ils excellent dans les jeux de rôle. Ils sont populaires. Ils sont drôles et n’ont pas peur de choquer. Ils dépeignent la réalité sans artifice et sans idéali- sation. Leurs vidéos sont vues par des milliers de gens. Ils s’appellent : Shishie, (Tichat) M. Gue, Frère Renel, Tidezòd… Avec l’apparition des réseaux sociaux, les jeunes ont trouvé de nouvelles façons pour faire valoir leur point de vue tout en critiquant les travers de la société. Grâce aux gadgets électroniques : ordinateur, smartphone, tablette numérique, appareil photo, munis d’option vidéo ils repoussent les frontières de la communication, en Haïti. Le comportement des leaders reli- gieux, des parents, des enfants, des écoliers, des Haïtiens d’ici et de la diaspora, tout est mis sur la toile, toujours de façon humoristique pour forcer les internautes à pren- dre position. « Aryennafè » pour certains, anti- dépresseur pour d’autres, il n’en reste pas moins que des milliers d’Haïtiens, émigrés à travers le monde, trouvent dans ces pro- ductions-vidéos amateurs, le trait d’union qui les relie avec Haïti. Les sujets évoqués sont souvent séri- eux et certains constituent de vrais freins au développement du pays. Antoine Talleyrand, plus connu sous son nom d’artiste « Tidezod », explique son attachement depuis déjà deux ans, à cette forme de communication. « C’est d’abord pour le plaisir. Au début je part- ageais mes vidéos avec des amis et on rigolait. Mais de plus en plus de gens s’y intéressaient. Depuis je les partage sur les réseaux sociaux. » Sa satisfaction provient du feed- back reçu du public : «ce qui me réconforte, ce sont les témoignages du public, très souvent dans des commentaires, des fans avouent que j’ai incarné tel personnage de leurs familles ». On comprend donc la popularité de ces nouveaux artistes, seulement sur facebook, Antoine compte plus de 53 mille fans, Shishie en compte près 40 mille et Frère Renel, un peu plus de 50 mille. Ces vidéos sont généralement très courtes (15 secondes), pour plu- sieurs raisons : c’est plus facile pour le téléchargement ainsi que le visionnement. Ces considérations sont d’autant importantes qu’Haïti dispose du débit internet le plus faible de la région. Peut-être, que l’on s’en doute mais cela requiert un certain savoir-faire et un doigté pour réaliser, en si peu de temps, les trois actes d’un scénario classique: l’introduction/ exposition, le développement et le dénouement. Tidezod poursuit un objectif à la fois simple et ambitieux: « je veux mettre les Haïtiens en face de leurs mœurs, leurs habitudes pour qu’ils puissent se regarder en face et décider si nous voulons changer ou rester comme nous sommes ». “Pss!! Haut Turgeau!” “Moto, lagem Pòtay !” Se déplacer dans un pays comme le nôtre ?... humm !!! Chaque Haïtien a son propre moyen de locomotion : les bekann, les chevaux, les « Vitiello » modernisés en « BM double pieds », les « Bourrik ». Tous « Ecolo » sont, à présent, remplacés par de vieilles carrosseries ambulantes : nos fameux taxis ou tap-tap ( bogota) : ORNI( Objets roulants non identifiés ) en état (debri-yete) et plus récemment de ces redoutables tueurs, malheureusement dangereux et désagréablement nombreux, : les taxi-moto. Souvent, timoun kou granmoun, prennent un bon sèso ou acceptent d’être convertis en sardines dans les ORNI ou sur les motos. « En veux-tu, en voilà » : des ti rikiki coincés entre deux gros breng, une mémère jouquée entre le chauffeur et un parent ou, mieux encore, toute « la familia » de sept membres (ou plus) avec trois bébés dont un d’entre eux est fièrement assis avec ses lunettes de soleil sur le « guidon », aux anges et totalement inconscient comme son géniteur/ chauffeur, de la dangereuse précarité de sa position ….Se pa fot mwen … Il faut bien caser tout le monde, et en kite melem …Les motos valsent entre les voitures et filent « fyiooouuuuu » dans une lunette….CcckkKriiiiiisssss….. BooOOOwwww ! Aksidan ! Lobey ! Moun Mouri. Bien sur chaque « Koukouy » aurait du éclairer son chemin, surtout quand les responsables de l’ordre sont absents, inactifs. Réalité tèt chaje, liée au lese grennen, au manque de formation des chauffeurs ou des policiers devant assurer l’application des règles… Si les choses sont ainsi maintenant … et dans cinq ans ? J’imagine mal mes enfants grandir et vivre dans cet environnement de chauffards deregle, tenaillés par le « ti kob jounen an ». Essayez donc de les raisonner, ils vous répliqueront tout simplement que « le colon guettait votre mère » en continuant leurs routes. Motos filantes, Bogota-boite-de-sardines, tap-tap !!! On n’en finirait pas. Que dira-t-on des Kamyon Mac à la face défigurée, leurs carosseries penchées yon bò, y ap taye yon brodè, prèt pou chavire ; mais chargées « kou legba » qu’ils sont, plutôt euuh… Difficile ! Généralement, ils atterrissent, au bout de nos routes en pente sur les malere Kap chache lavi, nan move pozisyon, puisque non inspectés, leur défaillance mécanique est « à couvert », par ce soi-disant service d’inspection routière qui ne manque pas de venir parader à ces moments- là. À propos, ce service d’inspection fonctionne-il encore en Haïti ? J’aimerais bien le savoir. « Où vons-nous » (comme l’eut à s’écrier l’un de nos modernes parlementaires) dans ce pays ? Sans respect des règles et applications des lois qui existent. Oui SVP ! Comment élever un enfant dans un contexte pareil ? Le pire est que les premiers à enfreindre les règles sont toujours les premiers à demander des comptes au système. Mesye dam, faudrait commencer par apprendre à respecter les lois de la rue avant de revendiquer ! La dictature des lois ?! Vivement que ce règne arrive… Transports communs ou casseroles communes par Ramona Antoine Talleyrand, alias « Tidezod ». HAÏTI/SOCIÉTÉ
  15. 15. MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 15 SOCIÉTÉ S ur nos petits écrans, c’est la guerre des publicités. Pour vanter les qualités de tel ou tel cube. La cousine qui prépare le dîner à qui le fameux cousin octroie une note excellente. La dernière pub en date. Le conseiller qui arrive comme un cheveu sur la soupe lors de la préparation d’un dîner, pour recommander à la future mariée de se servir d’un cube spécial pour solidifier son mariage. Idée farfelue. Ces chefs qui marient leur amour de cuisinier à l’utilisation d’un cube. Ou encore ces poulets qui dansent après avoir été saupoudrés d’un cube qui fait la concurrence. Hors de la télévision et des pubs, les cubes sont omniprésents dans nos vies. Devrais-je dire dans nos ventres. Parce que les femmes haïtiennes ne peuvent s’en passer. Au moins 8 femmes sur 10 avouent se servir de cubes pour la cuisson des mets. Parce que selon elles, ces petits carrés bourrés de produits chimiques sont importants pour leurs différents plats : riz, spaghetti, omelette, purée... Marianne (nom d’emprunt) a 46 ans. Pour elle, un met sans « Maggi » est un met sans vie. Elle affirme ignorer de quoi sont faits ces cubes qu’elle utilise à longueur de journée. Mais elle s’y accroche. Elle achète les meilleurs. Parce que certains sont plus efficaces que d’autres. « M mete magi nan manje a pou l ka gou. Lè w pa met magi a, li san gou ». Répond t-elle d’un sérieux qui ne peut être questionné. Pour Marianne, les « Maggi » ne sont pas dangereux. « M gen 46 ans. M leve m jwenn y ap sèvi ak magi. M pa ko konn yon moun ki mouri se magi k touye l. Li pa bay pyès maladi ». Les réactions de plusieurs autres femmes questionnées ne seront pas différentes. Annie (nom d’emprunt), utilise les cubes pour la même raison : relever le goût de leurs mets. « M mete l pou manje a ka pi gou. » Et bien sûr, comme Mari- anne, elle nie toute conséquence des cubes sur la santé. « Magi pa bay kansè vre. M jwenn manman m ap sèvi avè l depi lè m piti. Valè moun ki manje magi pi k ap mouri a 112 zan ! ». Une autre question- née à ce sujet pense pourtant que tout est question de modération. « Ou pa met anpil sèlman. Ou sèvi avè l ak moderasyon ». Même les adolescentes qui font leurs premiers pas timides dans une cuisine utilisent des cubes. Influence des mamans. Pour celles- ci, cuisiner quoi que ce soit sans cube, se révèle un fait insolite. « Tout sa manman m montre m fè, li fè m met magi ladann. M pa ka kwit manje san magi. Depi m pa mete l, m wè manje a pa bon. Se yon kesyon abitid. ». En ce qui a trait aux maladies que les cubes peuvent engendrer, elle n’a pas de décision arrêtée comme les autres. « Bon, m pa ka di wi, m pa ka di non. Men ou pa ka ap koute sa moun ap di k ap fè w malad. Sinon ou pa t ap janm manje. ». Epi, manje magi ou pa w ap mouri kanmèm, finit-elle par lâcher dans un rire sournois. Troubles cardiaques, faiblesse sex- U n rapport indique que d’ici à 2050 les États-Unis pour- raient être le pays comptant le plus d’hispanophones, devant le Mexique et l’Espagne. Les États-Unis sont-ils en passe de devenir le premier pays hispano- phone ? Le Mexique, 121 millions d’habitants parlant l’espagnol, occupe toujours la première place du classement, mais il pourrait bien être détrôné, révèle El Mundo. L’Institut Cervantes, organisation culturelle indépendante, rapporte que les États-Unis ont désormais plus de locuteurs espagnols que la Colombie ou l’Espagne. Ainsi, parmi les 319 millions d’Américains, 41 millions ont pour langue natale l’espagnol et près de 12 millions sont bilingues. « Si nous avions ajouté les 9,7 millions d’immigrants en situation irrégulière, le nombre de potentiels hispanophones aux États-Unis atteindrait environ 62 millions », déclarel’InstitutCervantes.L’Institut estime à 559 millions la population d’hispanophones dans le monde, dont 470 millions de natifs. Selon le Bureau de recensement américain, le pays pourrait comptabiliser plus de 138 millions d’hispanophones – soit un tiers de sa population – en 2050, si la croissance de la communauté latino-américaine continue à augmenter à ce rythme. Les États-Unis dépasseraient alors le Mexique. Une préférence pour l’anglais Cela fait de nombreuses années que les États-Unis connaissent un flux migratoire massif depuis le Mex- ique. Pour preuve, la moitié des habitants du Nouveau-Mexique, l’un des États américains voisins de la frontière, parlent l’espagnol. La pré- diction du Bureau de recensement n’est cependant plus aussi certaine. La population latino-américaine augmente toujours, mais nombre d’entre eux s’expriment couram- ment en anglais, dévoile le site Quartz. L’usage de leur langue natale dans la vie quotidienne tend à diminuer. Le think tank améric- ain Pew Research Center montre d’ailleurs que les jeunes Latinos préfèrent regarder les nouvelles et les programmes de divertissement en anglais. Les cubes et la santé, qui s'en occupe ?par Stéphanie Balmir Les États-Unis, deuxième pays où l'espagnol est le plus parlépar Sources : Le Point.fr La majorité des ménages, les cuisinières en particulier utilisent les cubes. Ils sont nombreux à retenir l’attention de ceux qui les consomment ou pas. Sauf que, tous ferment les yeux sur les méfaits de ce produit qui peut, à la longue, causer certaines maladies. L’avis de certaines femmes haïtiennes sur ce produit. LePoint.fr/Par Sixtine Lys - Photo d’illustration. L’espagnol est la troisième langue la plus utilisée sur Internet, avec un peu uelle chez l’homme, saignements vaginaux chez la femme, troubles uro-génitaux, hypo ou hyperten- sion, gastrite, troubles du com- portement chez l’enfant, gonfle- ment de la prostate entre autres sont autant de maladies que peu- vent causer les cubes. Sauf qu’ici, personne ne se concentre sur la santé. Tout le monde se nourrit à qui mieux mieux. Le facteur santé viendra après avoir comblé une faim qui ne peut attendre. Rares sont les familles qui n’utilisent pas ces cubes dans la cuisson de leurs aliments. Cepen- dant, ils ne sont présents à aucun moment. Ni dans les marchés où la ménagère fait ses achats. Et encore moins dans la cuisine où celle-ci est maitresse et seigneur. Les restaurants sur qui personne n’a aucun contrôle, les marchan- des de nourriture éparpillées dans tous les recoins de la Capitale en font également usage. Ce qui ne laisse pas vraiment la libre déci- sion aux consommateurs. Qu’ils soient cancérigènes ou pas, les cubes sont adulés des femmes haïtiennes. Ne parlons pas de cer- tains hommes qui en font d’autres usages. Ce qu’il faut bien sûr véri- fier. En dehors d’une politique san- itaire et communautaire, chacun consomme ce qu’il peut. Quand il le peut. En attendant des solu- tions qui, peut-être, viendront trop tard ou jamais, continuons donc de consommer les cubes en nous confortant sur ces publicités qui en font un produit miracle.
  16. 16. 16 | N0 33 MARDI 7 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ C’est pour « rappeler aux étudiants leur source » et « rappeler aux autres également leur modèle » que l’INAGHEI a pris l’initiative de rendre hommage publiquement à Manigat, un an après sa mort. « On n’a pas voulu rester indifférents. On a voulu, pratiquement, en tant que légataires, héritiers de cette œuvre qu’il a initiée, commémorer sa mémoire par des manifestations culturelles, des conférences, des chants et autres activités », a expliqué le professeur Robert Joseph, doyen de l’institut. « C’est comme un devoir de mémoire envers Leslie F. Manigat, étant donné que nous nous considérons comme les héritiers de cette œuvre immense », a-t-il renchéri. Manigat dans toutes ses facettes Il s’agit essentiellement de camper l’homme, Leslie F. Mani- gat sous les différentes facettes de sa vie : l’intellectuel, le pro- fesseur, l’écrivain et le poli- tique. Les thèmes retenus pour les conférences sont choisis par les conférenciers eux-mêmes, en fonction de leur compréhension du personnage, avec aussi des exposés d’ordre général. Selon la programmation diffusée dans la presse, le professeur Patrice Dumond présentera le lundi 7 juillet « Manigat : Un regard subjectivo-objectif ». L’historien Pierre Buteau confèrera, le jeudi 9 juillet, sur « Leslie Manigat : un intellectuel dans l’espace poli- tique », pour tenter de concilier les contradictions entre sa car- rière intellectuelle fulgurante et son parcours politique désappoin- tant. Les responsables ont tenu à préciser que d’autres séances peuvent s’ajouter instamment à ce calendrier. Les étudiants se mêlent de la partie avec beaucoup d’enthousiasme. Ils ont été nombreux à participer à la cérémonie inaugurale de la soirée du 26 juin et ils s’engagent à prendre part à toutes les assises. « Pour chaque étudiant, Manigat est un modèle intellectuel », croit Jeff Morose, le président du comité des étudiants, impliqué aussi dans l’organisation de ces activités. De l’avis de Jean Edwige Petit-Frère, étudiant en sciences politiques, ces conférences permettront aux étudiants de mieux appréhender non seulement la personnalité, mais aussi, ses écrits, ses œuvres. Toutefois, il regrette qu’il n’ait pas des intervenants à présenter une analyse critique de Lesly F. Manigat, contre ceux qui ne font que l’apologie du personnage, juste pour établir l’équilibre. Père fondateur de l’INAGHEI ? La paternité de l’INAGHEI est bien souvent attribuée à Manigat, à tort ou à raison. Robert Joseph, vingt-cinq 25 ans d’enseignement à l’institut nous a retracé son histoire. En vrai, Leslie Manigat a créé en 1958, alors qu’il était à la tête du ministère des Affaires étrangères sous le régime de François Duvalier, l’École nationale des hautes études internationales (ENHI) qui enseignait à cette époque seulement les relations internationales pour former des diplomates haïtiens. Plus tard, les premiers étudiants diplômés allaient transformer l’école en 1974 en l’INAGHEI sous l’instigation de Gérard Dorceli, encore en vie. Avec la coopération canadienne, ils ont construit le bâtiment, révisé le programme en y transplantant la section administrative de la faculté de Droit et en incluant un département de gestion, puis de sciences comptables. Pour immortaliser Manigat Décidément l’INAGHEI, ne veut pas laisser mourir la mémoire de Manigat. Au terme de cette quinzaine commémorative, la bib- liothèque sera baptisée « Biblio- thèque Leslie François Manigat », selon ce qu’a révélé le professeur Robert Joseph. Une annonce que les étudiants ont acclamé allègre- ment. Aussi, est-il envisagé de placer le buste de Manigat dans l’immeuble. Un doctorat Honoris Causa posthume ? Un Centre de Recherche? Beaucoup de gestes temporels, pour immortaliser Manigat. Leslie François Manigat. Leslie François Manigat bien vivant à l'INAGHEI par Obed Lamy Pour commémorer le premier anniversaire de la mort de Leslie François Manigat, le décanat de l’Institut national d’Administration de Gestion et des hautes Études internationales (INAGHEI) organise une quinzaine de manifestations culturelles en son local. Lancées le vendredi 26 juin dernier, date marquant son décès, les activités consistent entre autres en des conférences et des prestations artistiques.
  17. 17. MARDI 7 JUILLET 2015 N0 33 | 17 CULTURE S ur la table, il y avait Patrick Alexis, Philippe Saint-Louis et Aly Accacia ; ils avaient préparé un ordre du jour qui n’a pas été respecté. Ce devrait être une rencontre sur les problématiques du rythme compas direct, mais en fait c’est devenu une rencontre sur la musique haïtienne. Il y avait plu- sieurs tendances représentées pour cette occasion. Plus d’une cinquantaine de musiciens, de promoteurs, de preneurs de son et d’observateurs ont pris part à cette grande première, dont l’objectif était de former une association de musiciens de compas direct afin de défendre les intérêts du rythme créé par feu le maestro saxophoniste Nemours Jean- Baptiste le 26 juillet 1955. Nous sommes à la veille des soixante ans de l’anniversaire du rythme. Dans la salle, il y avait plusieurs grandes têtes de la musique haïtienne tels que le docteur Pierre Boncy, musicien parolier, membre fondateur des Difficiles de Pétion-Ville et compositeur du titre à succès « Tigresse », Serge Rosenthal et madame, membre fondateur du groupe Les Shleu Shleu, le docteur Raynald Devilmé, membre fondateur du Tabou Combo, le rappeur K-Libr, le chanteur Jude Jean du groupe K-Dans, Philippe Augustin de Strings, les animateurs Captain Bill et Richard Devil, etc. Les preneurs de son et entrepreneurs Guy Beauvil et Gary Saint-Joie étaient aussi présents. Les débats, qui devraient se dérouler autour d’une association de musiciens de compas direct, ont débordé sur d’autres sujets aussi importants. La majorité des participants ont posé le problème de l’association, mais en ont profité pour soulever des problèmes personnels. Shabba, tambourineur au sein de Djakout number 1, est pour l’association des musiciens mais en a profité pour soulever tous les problèmes qu’il rencontre dans l’industrie de la musique et qui ne peuvent se résoudre en un seul jour. David Dupoux, qui est aussi favorable à cette association, a proposée qu’on mette en place une base de données, ce qui fait défaut dans la musique en général. En ce sens, l’animateur Guy Wewe a dit être en train de préparer quelque chose du genre.Les par- ticipants ont énuméré beaucoup d’exemples qui pourraient inciter les musiciens à se regrouper en association, mais il y a encore des doutes et des conflits à traiter avant une telle réalisation. Il y a le grave problème des DJ qui diffusent de la musique étrangère, les groupes musicaux qui n’animent plus des kermesses et ne jouent plus pour les enfants. Ce que regrette madame Yolaine Rosenthal, pour qui le compas direct est un dialogue corps à corps.Si l’on en croit certains intervenants, la demande de compas direct est encore vivante, mais les groupes musicaux doivent changer de stratégies en vendant aussi leurs musiques dans les res- taurants dansants, même si des musiciens croient que le rythme perd de son charme et risque de disparaître. Une autre réunion est prévue pour le mercredi 8 juillet à Anbyans Resto Club. Pour la formation d'un syndicat de musiciens compas directpar walcam Patrick Alexis, Philippe Saint-Louis et Aly Accacia Sous la houlette de Johnny Célicourt, de Patrick Alexis et de Philippe Saint-Louis du Forum Mardi Alternative, a eu lieu le mercredi 1er juillet une rencontre sur la musique haïtienne au Rendez-Vous Night-Club. La belle amour humaine est à Anse-à-Fôleur par Magdalee Brunache R ésumer un roman comme « La belle amour humaine » de Lyonel Trouillot reviend- rait à tenter l’exercice farfelu de définir la complexité des person- nages évoluant dans cette sphère romanesque. Mais, comme Thomas l’a si bien dit, on ne résume pas un humain. Alors on peut toujours essayer de suivre le trajet de Port-au-Prince à Anse-à-Fôleur à bord de la voiture de Thomas, se fondre dans la multi- tude disparate de la ville, se saoul- er de tous ses bruits, emprunter la nationale pour atteindre ce lieudit d’Anse-à-Fôleur où vingt ans plutôt avait pris naissance un mystère jamais élucidé. Une nuit, les deux maisons jumelles de l’homme d’affaires Robert Montès et du colonel Pierre André Pierre brûlèrent sans laisser la chance à leurs propriétaires de s’enfuir. Est-ce un accident ? Un crime collectif ? Dans ce village côtier du Nord-Ouest, personne n’a rien vu (du moins le prétendent-ils). Voilà qu’une vingtaine d’années plus tard la petite-fille de Robert Montès survient. Elle est en quête de réponses, d’une meilleure compréhension de l’homme qui fut son père. Son nom est Anaïse. Un nom d’une grande saveur tropicale. Mais ne vous y fiez pas, c’est une Occiden- tale matérialiste, venue d’une des grandes capitales du monde. Tout au long du trajet, les mots de Thomas vont remplir l’espace clos de la voiture. Son flux de paroles nous peint Anse-à-Fôleur, ce lieu où chaque habitant souffre de la maladie de la mer, où l’étranger est reçu avec chaleur et bienveil- lance. Là-bas, quelques familles évoluent dans une fraternité parfaite. Plus que de l’affabilité, c’est leur amitié que ces hommes et ces femmes offrent à l’inspecteur venu de la capitale suite à l’incendie des « belles jumelles » et plus tard à Anaïse. Un accueil qui les pousse, chacun à leur tour, à se poser laseule ques- tion qui compte réellement : Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ? Doit-on la consacrer à étendre sa domination sur les autres comme le firent l’homme d’affaires et le colonel ? Ou faire le don de son rire, de sa lumière intérieure à ceux qui nous entourent ? Les deux hommes n’ont jamais jugé important de faire partie de ce que l’oncle de Thomas, le peintre Frantz Jacob, appelle « la belle amour humaine ». Là réside peut-être la cause de leur décès. À Anse-à-Fôleur, leur absence ne fut pas plus remarquée que leur présence. Finalement ce livre est l’histoire de ces villageois soumis aux caprices de la mer, loin des préju- gés de toutes sortes dont Thomas a souvent fait !

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