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  1. 1. » P. 15 »   P. 11 SPORT/GOLDCUP2015 SOCIÉTÉ » lire page 4 Haïti vs Panama 1 - 1» suite page 6 Les coopératives veulent s'unir pour renforcer l'économie haïtienne Par Elisée Décembre Rose Adele Joachin : « Ne t'inquiete pas des propositions... » Par Pierre Clitandre « Le CEP a pris des engagements, lesquels seront tenus. Il y aura des élections le 9 août. Dès six heures du matin, tout sera en place pour recevoir les électeurs. » C’est ce qu’a déclaré au National le pré- sident du CEP, qui a admis cependant qu’il y avait trois raisons majeures qui pourraient justifier le scepticisme des citoyens. Entre 2012 et 2013, aucune élection n’a pu avoir lieu tandis que trois CEP avaient vu le jour pour dis- paraître rapidement, ce qui démontrait une incapacité réelle et un manque de volonté de réaliser les joutes élec- torales. Ensuite, l’actuel CEP est le résultat d’un compromis entre des politiciens qui, peut-être, ne veulent des élections que s’ils sont certains de les gagner et, enfin, le fait qu’à chaque élection il faut pratiquement renouveler la machine électorale, mobiliser d’autres ressources humaines, qu’il faut prendre le temps de former pour les rendre performantes, dans un contexte de jour en jour plus difficile, auquel s’ajoute le retrait des troupes de la Minustah de certaines zones du pays. «Les élections auront lieu», assure Pierre Louis OpontPar Gary Victor HAÏTI / ÉLECTIONS MERCREDI 8 JUILLET 2015 NUMÉRO 34 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI ÉCONOMIE Frustrations, préoccupations et incertitudes ENTREVUE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL ÉLECTORAL PROVISOIRE AVEC LE NATIONAL Le vice-président, Pierre Manigat Jr, et le président du CEP, Pierre Louis Opont. / Photo : J. J. Augustin
  2. 2. 2 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 TRIBUNE J ’aime la loi du marché, car indépendante de la volonté humaine, son jugement est juste. Je l’aime encore plus, car elle revient toujours avec un principe naturel : on moissonne ce qu’on a semé. Tout ceci pour vous dire qu’Haïti est en train de couler sous le poids des résultats de la mise en œuvre des politiques publiques fantaisistes par les gouvernements haïtiens des quatre (4) dernières années (2011 – 2015). Le dernier exemple de l’amateurisme du gouvernement est l’impuissance des autorités centrales devant la dépréciation de la gourde Haïtienne par rapport au dollar Américain dès le premier trimestre 2015. En effet, au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier 2010, le pays a entamé sa plus grande traversée du désert, discrètement. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, la solidar- ité internationale empêchait, même aux analystes économiques les plus avisés, de prévoir que plus rien ne sera comme avant pour Haïti. On ne pouvait pas non plus prévoir que le pays allait s’enfoncer dans une crise financière sans précédent pour finir par déboucher sur une crise moné- taire dès la fin de 2014. Mais juste avant de rentrer dans le vif du sujet, permettez-moi d’abord d’établir la dif- férence entre dépréciation et dévalu- ation d’une monnaie. Ensuite, je montrerai comment une dévaluation peut être considérée comme un outil de création de richesse, mais aussi comme une arme redoutable sur les marchés de change. Enfin, je tenterai de montrer, à l’aide d’un cas pratique, comment la justice haïtienne, par son mode de fonctionnement, entrave significativement l’investissement direct étranger et, par conséquent, a une grande part de responsabilité dans cette crise monétaire. Dépréciation et dévaluation Il existe une différence entre « dépré- ciation » et « dévaluation ». La pre- mière résulte de la loi de l’offre et de la demande. Ainsi, quand la demande n’est pas suffisante, on peut assister à une dépréciation de la monnaie locale. Dans le cas d’Haïti, la gourde n’est pas recherchée sur les marchés, car le pays n’a presque rien à vendre. À titre d’exemple, en 2013, selon « Perspective Monde de l’Université Sherbrooke », le secteur agricole a représenté 23 % de la totale importa- tion du pays. Alors que ce secteur ne représente que 4 % de son expor- tation totale pour la même année. Cependant, sur cette même période, Haïti a eu des produits manufactu- rés pour 96 % de son exportation totale. Dans ce cas, peut-être que vous allez rapidement penser que c’est une bonne chose pour le pays. Pourtant, ces exportations ne créent pas de la richesse pour la majorité de la population haïtienne, car il s’agit de la sous-traitance ! Alors retenez bien cette leçon : la sous-traitance ne peut en aucun cas, sortir un pays de sa pauvreté. Ces économies profi- tent uniquement à un petit groupe d’entrepreneurs nationaux. En regar- dant de plus près les chiffres globaux du commerce des marchandises du pays pour 2013, on voit que pour cette même période, Haïti a importé pour 3 milliards 551 millions 166 mille dollars US contre seulement 900 millions et 500 dollars US en exportation. D’où une balance com- merciale négative. Voici une pre- mière explication à la dépréciation de la gourde Haïtienne. Toutefois, un État peut aussi laisser, de bonne foi, déprécier sa monnaie. Mais je n’ose pas croire que c’est le cas d’Haïti. La seconde, à savoir la dévaluation, consiste pour un État à diminuer la valeur de sa monnaie nationale au profit d’une monnaie de référence ou d’un panier de monnaies. Mais il faut dire que ces décisions se pren- nent en général dans un régime de change fixe. Reste à savoir à quel régime économique appartient Haïti ! Car je ne suis pas en mesure de le dire. Et je prends la responsabilité de dire que ni le ministre de l’Économie et des Finances, ni le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti ne sait, de 2010 à juin 2015, à quel régime économique ou modèle, pour être moins embarrassant, appartient l’économie Haïtienne, telle qu’elle est en train de se dessiner sous nos yeux tous les jours. Dévaluation comme création de richesse et comme arme redoutable J’avais dit plus haut que la dévalua- tion peut être utilisée comme outil de création de richesse. Effectivement, la Chine le fait merveilleusement bien. Cependant, c’est un pays grand producteur. En effet, en 2014, le PIB de la Chine était de 10,355 milliards US, selon le Fonds Monétaire Inter- national (FMI). Dans un tel cas de figure, avec la dévaluation de sa mon- naie, tout le monde peut acheter en Chine. Par la même occasion, ce pays devient le plus grand marché mondi- al, car il est totalement accessible aux petites bourses. Parallèlement, cette dévaluation est une arme car elle peut crever les économies des autres pays. Ainsi, on assiste aujourd’hui à une certaine peur mondiale de l’ampleur du géant asiatique. Je veux aussi ajouter que la dévaluation du Yuan (monnaie chinoise) est réalisée pour contrer les actions des fonds spéculatifs. En d’autres termes, la dévaluation de la monnaie pour un pays qui produit massivement est un moyen efficace pour doper son expor- tation. Dans le cas d’Haïti, pourquoi la Banque de la République d’Haïti (Banque centrale Haïtienne) ne peut pas arrêter l’hémorragie de la valeur monétaire haïtienne ? Je veux pren- dre le cas des personnes qui ont emprunté de l’argent à la banque en devise étrangère (dollar Américain). Les dépréciations de la gourde Haïti- enne sont particulièrement en train d’être mal vécues par ces ménages, car ils doivent payer plus d’argent que prévu. Je reviens à la Banque centrale haïtienne. Pour qu’elle puisse assurer la conversion d’une monnaie par rapport à une autre, elle doit disposer de réserves dites de change très élevées. Or la demande du dollar Américain est bien supérieure à celle de la demande de la gourde Haïtienne. Ainsi, les réserves en mon- naie étrangère chutent rapidement et arrive l’incapacité de continuer la conversion de la devise. Mais je crois que le problème est encore pire, car je ne pense pas que la Banque Centrale dispose de moyens d’assurer la conversion de la monnaie natio- nale en monnaie étrangère. Il y a eu des soupçons de prêt de la Banque au Palais National. Si tel est le cas, d’ici la fin de l’année, il se peut bien qu’on utilise un chariot de gourdes Haïtiennes pour s’acheter un sachet de pains. Il reste à cette banque de tenter de rassurer la population haï- tienne ! La justice haïtienne entrave l’investissement direct étranger L’autre entrave à la relance économique haïtienne et qui est pro- fondément responsable de la pauvre- té dans laquelle vivote les haïtiens est la justice haïtienne, plus particulière- ment son mode de fonctionnement. Il est vrai que l’économie haïtienne est caractérisée par de maigres inves- tissements étrangers. Mais cette situ- ation n’est pas un hasard. En écono- mie, il ne faut pas toujours penser que tout ce qui est bon est juste. Cependant, quand l’injustice règne en maitre sur un marché, l’économie ne pourra pas travailler à la reprise de la croissance et de la distribution des richesses créées. Or, la justice sociale est la seule garante pour le peuple de l’accès aux services sociaux de base. Maintenant, posez-vous cette ques- tion : « quelle garantie faut-il à un investisseur avant d’injecter son argent dans une économie ? » La réponse est : « une garantie que son argent ne sera pas volé et que l’État du pays dans lequel il veut investir dispose de lois fiables et d’un sys- tème judiciaire qui inspire confiance ». Car l’économie est une affaire de confiance. Quand le Ministère public accepte à un procès des documents falsifiés et qu’il s’érige en intimida- teur, comment attirer des investisse- ments dans une situation pareille ? Cette justice est orientée vers la recherche de mobilisation de fonds des mains des justiciables et non vers la recherche de la vérité. L’investisseur analyse toujours son environnement extérieur. Car c’est le facteur qu’il maitrise le moins. Considérons la situation carcérale en Haïti. Quand un investisseur apprend qu’une prison qui a été construite pour 1200 personnes, accueille 4000 prisonniers. Et que de cette popula- tion carcérale, seulement 20 % sont effectivement condamnés et purgent leur peine, il va se dire que c’est un pays ou le droit de personne n’est respecté. De plus, il va s’imaginer lui qui ne connait pas le pays, com- ment il va faire pour avoir une jus- tice équitable s’il doit se présenter devant un tribunal. Si les libertés individuelles ne sont pas respectées, l’environnement ne sera pas propice aux investissements étrangers. Car n’importe qui peut trouver un avocat malintentionné capable de corrom- pre le ministère public et le juge qui préside le dossier. À partir de ce moment, l’investisseur qui n’a pas de force de pression peut tout perdre. Quand des juges sont capables de faire, au mépris de la loi, des arresta- tions fantaisistes et de compliquer une situation judiciaire simple, Haïti ne sera jamais « open for business ». Le développement économique est étroitement lié à la justice sociale. Car après la création de richesse par l’agent économique, il se peut bien qu’un individu trouve un substitut au Parquet d’une circonscription capa- ble de décerner un mandat d’arrêt illégal afin de pouvoir par la suite confisquer l’avoir du propriétaire sans aucune forme de procès. Jean- Jacques Rousseau, dans la Nouvelle Héloïse, critiquait déjà l’injustice de sa société. Il parlait d’individus guidés par leur amour-propre. Et quand des personnes n’ayant aucune affection naturelle occupent des postes dans une chaine de justice, elles ne sont que des génératrices d’abus. Ces gens font fuir à toute vitesse des investisseurs étrangers. En comparaison avec la République Dominicaine qui a reçu durant ces quatre dernières années, en moyenne annuelle un investissement direct étranger de 2 milliards de dollars Américains, Haïti, pour cette même période ne dépasse pas 200 millions de dollars Américains. Il est un fait certain que la justice haïtienne creuse notre tombe. Pour répéter une jeune adolescente de 12 ans, « la justice d’un pays est un outil incontournable de son dével- oppement ». J’ajoute aussi que c’est un outil à double tranchant. Si cela continue, le pays deviendra inviv- able et les autres pays de la région se concerteront à mettre Haïti sous redressement. Aujourd’hui, Haïti est dans un état de pourriture à tous les niveaux de la vie nationale. Le pays est aussi en passe de renouveler sa classe dirigeante. Et cette question revient : « Qui doit gouverner ? ». TAVOILLOT (2011) nous invite à se demander est-ce un seul ou plusieurs ou tous qui doivent gouverner. C’est aussi le temps de sortir des réflex- ions sur la nature de la démocratie haïtienne. C’est le moment de se demander qui est le véritable peuple haïtien. « Se depi nan kalepwa, pou w konnen si vant ou applen ». *1 : Pierre-Henri Tavoillot. Qui doit gou- verner ? Une brève histoire de l’autorité. (2011). Edition Grasset. 320 pages. Directeur GénéralInstitut National des Filières Agricoles (INAFA) La dépréciation de la gourde Haïtienne : résultat de la mise en œuvre des politiques publiques fantaisistes et du fonctionnement de la justice des quatre (4) dernières années en Haïti Par JEAN-FRANCOIS Jacob Eliezer Jonas
  3. 3. MERCREDI 8 JUILLET 2015 N0 34 | 3 ACTUALITÉ Le nombre inorganisé Cequin’estpasorganiséestanarchique,confus,désordonné,inorganique,inorgan- isé.Cequin’estpasorganiséobéitàsesseulespulsionsdesurvieetatendanceà broyer,àdétruiretoutcequinepeutnourrirsesdésirs.Ilpeutaussidétruirel’objet desesdésirspartropdesoif.Sionn’agitpassurl’inorganisépourluidonnerune forme,surtoutdanslebutdeluipermettredetravailleràlaréalisationsainedeses propresdésirs,ilpeutdevenircommeunmauvaiscadrequidonneunemauvaise perspectivesurtoutecréationnouvellejusqu’àmêmedétruiresafonctionpremière. La route surélevée au « Carrefour Aéroport », qui fait la fierté du gouvernement, ettouslestravauxréalisésautourdanslebutlouabledefaciliterlacirculationen rendantlaprisedesdiversesdirectionsplusfaciles,risquentdedébouchersurun casse-tête urbain digne du chaos haïtien. Ce n’est pas sans rappeler le spectacle déplorabledubeaupontsurlefleuveArtibonitequiestplusieursfoisparsemaine recouvertparunmarchépubliccequirendsatraverséealorsplusquedifficile.Aucun pouvoirpublicn’ajugéjusqu’àprésentqu’unmarchépublicsurunpontousurune routenationalen’étaitpasconcevabledansunpaysquiseveutenmarcheversla modernité. N’accordons pas d’attention à ces plaisantins qui trouveront dans ces pratiquesunespécificitéculturellehaïtienne. À partir du « Carrefour Aéroport », quand on tourne vers l’est, direction Delmas en venant de Nazon, on est déjà gêné par une station de taptap qui ne fait que grandirjouraprèsjour.Véritablecourdesmiraclesavecsesenfantsmendiants,ses voleurs, ses policiers ripoux. Direction nord, vers les agglomérations de Tabarre, Clercine,c’estlamêmechose.Lemarchépublic,quicoloniselazone,sedéveloppe déjàsouslaroutesurélevée.Bientôt,toutl’endroitneseraqu’unmarchéimmense auquel seront annexées plusieurs stations de transports en commun permettant d’allerd’unpointàl’autredecettehideusemégapolequedevientPort-au-Prince. Les embouteillages peuvent devenir monstrueux si les autorités ne prennent pas lesmesuresquis’imposent. Le drame c’est que le nombre inorganisé ne se manifeste pas seulement dans la pauvreté.Lenombreinorganisé,ilestaussiàtouteslesstratesdenotresociété.Nos «beauxquartiers»n’ontsouventpasderoutes,pasdetrottoirs,pasd’électricité. Cesontdesbidonvillesrichestoutsimplement.Etpuislenombreinorganisémeurt facilement d’une simple indisposition. Une crise cardiaque à Port-au-Prince, l’obligationdetrouverdessoinsenurgence,metsurlamêmebanquette,leriche desprétendusbeauxquartiersetlepauvredeGrand-Ravine. ToutunprogrammepournotrefuturprésidentdelaRépublique,n’est-cepas? Il faut bien avoir le sens de l’humour en ces temps si moroses où il faut plus de cinquante-troisgourdespourundollaraméricain. Le National Édito Le nombre de rapatriés baisse, mais le processus se poursuitSources : Alterpresse HAÏTI/RÉPUBLIQUEDOMINICAINE/MIGRATION D e juin 2015 à date, 4 mille 822 rapatriements ont été opérés à partir de postes officiels et 10 mille 447 à partir de points non-officiels, indique la Direction de la protection civile (DPC). Quoique mise en garde par les organismes de défense de droits humains, la séparation des enfants de leurs parents (en République dominicaine) est constatée depuis la mi-juin 2015. Le processus de rapatriement des migrants et travailleurs haïtiens par la République dominicaine continue, avec une certaine baisse observée sur les points officiels, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse. Une grande vague de personnes, la plupart des migrants haïtiens, a commencé à traverser la frontière après la fin, le mercredi 17 juin 2015, du Plan national dominicain de régularisation des étrangers (PNRE). « Les gens continuent à rentrer, mais le nombre de personnes par jour a baissé sur les points officiels », explique à AlterPresse le titulaire du ministère de la communication, Rotchild François Jr. Plus de 18 mille personnes sont déjà rentrées en Haïti depuis la fin du PNRE dominicain, suivant les chiffres officiels. Le souhait des autorités haïtiennes, pour l’instant, est de négocier, avec les autorités dominicaines, l’utilisation de deux points officiels, Malpasse/ Malpaso (Ouest) et Ouanaminthe/ Dajabon (Nord-Est) pour le processus de rapatriement des migrants haïtiens sans papiers. Or, 4 mille 822 rapatriements ont été opérés, de juin 2015 à date, à partir de postes officiels et 10 mille 447 à partir de points non-officiels, selon la Direction de la protection civile (DPC). Arrivent, également, sur le territoire haïtien, plusieurs Dominicaines et Dominicains expulsés, car ils ne sont plus reconnus par leur propre pays suivant l’arrêt 168-13 de la République Dominicaine, adopté le 23 septembre 2013. Des Haïtiens sont aussi contraints, de force, à laisser le pays voisin par des citoyens ou des soldats dominicains. Le Groupe d’appui aux réfugiés et rapatriés (Garr) rapporte des cas de rapatriement, en Haïti, d’enfants nés sur le sol dominicain, qui sont expulsés. La séparation des enfants de leurs parents, mise en garde par les organismes de défense de droits humains, est constatée depuis la mi-juin 2015. Le dernier cas, recensé le jeudi 2 juillet 2015, est celui de Nancy Dorméus, âgée de 29 ans et qui a laissé son pays quand elle avait 13 ans. Elle est rentrée avec deux enfants, tous deux nés d’un père dominicain. Ces enfants ne parlent pas le Créole. Quoique née en Haïti, leur mère a perdu presque toute son habilité à s’exprimer parfaitement dans sa langue maternelle, raconte le responsable de communication du Garr, Josué Michel. Le président haïtien, Michel Joseph Martelly, a dénoncé, le vendredi 3 juillet 2015, le comportement des dirigeants dominicains, qui semblent n’avoir pas tenu promesse, quant à une déportation respectueuse des droits humains, lors d’un sommet réunissant les chefs d’État et de gouvernement des Caraïbes. Les autorités haïtiennes entendent, dorénavant, demander l’aide des pays de la communauté internationale. Le département d’État américain se dit préoccupé du processus de déportation des Haïtiens de la République dominicaine. « Nous suivons la situation de très près (…) », fait savoir à AlterPresse Karl Adam, porte-parole de l’ambassade des États-Unis d’Amérique en Haïti. Les États-Unis d’Amérique affirment reconnaître le droit de tout pays de régulariser sa situation migratoire. Cependant, le département d’État américain se déclare également « engagé activement » auprès du gouvernement dominicain et du Haut-commissariat des Nations- Unies pour les Réfugiés (HCR), et de la communauté internationale « pour insister sur le fait que toute action devrait être prise, en conformité avec les obligations et les engagements internationaux », paraphés par la République Dominicaine.
  4. 4. WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 4611-1010 / 3214-5554 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY PUBLICITÉ: SASKIA P.L.MICHEL DIRECTION ARTISTIQUE : FABRICE LAFLEUR RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS JDESROSIERS@LENATIONAL.HT CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, EDDY LAGUERRE, VANTZ BRUTUS, KENSON DÉSIR, MONDÉSIR JEAN BILLY, REYNOLD ARIS, ISABELLE THÉOSMY, WALTER CAMEAU, SCHULTZ LAURENT JUNIOR PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : JEAN ERIC FOUCHÉ, FRANTZ CLERGÉ, JACKSON JOSEPH GRAPHISTE : JUNIOR ADME CARICATURISTE : FRANCISCO SILVA DISTRIBUTION : PIERRE PAUL EMMANUEL ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE ••••••••••••• IMPRIMÉ EN HAÏTI PAR LES ÉDITIONS DES ANTILLES S.A 4 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 ACTUALITÉ » suite de la première page H uit conseillers électoraux, à l’exception de Lourdes Édith Joseph, indisponible, étaient présents à cette rencontre. Ils étaient accompagnés du directeur exécutif du Conseil, maître Mosler Georges, et celui des opérations électorales, Jean Francky Hortes. Si le président du CEP, Pierre Louis Opont, se sent confortable dans le calendrier électoral en tenant compte des pas déjà franchis, tel n’est pas le cas des acteurs politiques qui ont exprimé de vives préoccupations par rapport au respect de certaines échéances insérées dans le calendrier électoral. Aujourd’hui encore, les hostilités électorales se font sentir lors de cette rencontre entre les partis politiques et les membres du CEP. Invités à se prononcer sur certaines modalités concernant le choix des membres de bureaux de vote et des mandataires, ces dirigeants politiques ont saisi l’occasion pour exprimer certaines frustrations et préoccupations à l’égard du processus électoral qui, à leur avis, n’augure pas de beaux jours. Tout allait bien à la salle Franck de l’hôtel Montana jusqu’à ce qu’Esdras Cadet, candidat au Sénat pour le département du Nord pour la plateforme Vérité, ait brandi une photo du candidat à la présidence de cette structure politique, Jacky Lumarque, écarté de la course électorale au dernier moment par le CEP pour défaut de décharge. Cette action a suscité de vives réactions dans la salle, notamment des représentants de partis politiques qui ont demandé qu’Esdras Cadet soit mis à la porte. Vacarme dans la salle. Petite prise de bouche. Esdras Cadet, Rudy Hériveaux, Yvon Feuillé, tous d’anciens lavalassiens, se querellent entre eux, avant que l’ancien député Fredly Georges, membre du Collectif des candidats écartés par le CEP (Coce/CEP), ne se mêle de la partie. Esdras cadet conteste avec véhémence la décision du CEP d’écarter son candidat à la présidence. « Le CEP veut-il réaliser les élections en écartant la plateforme Vérité, le seul regroupement politique à avoir 3 832 candidats agréés avec 102 candidats à la députation, 15 au Sénat pour 20 postes disponibles, 119 cartels de mairie, 352 cartels de Casec, 339 cartels d’Asec et 80 cartels de délégués de Ville ? » se demande, perplexe, le représentant de Vérité, invitant les membres du CEP à faire preuve de grandeur d’âme en publiant la liste définitive des candidats agréés à la présidence avec la réintégration de Jacky Lumarque. Les interventions se suivent et les préoccupations sont nombreuses. Le climat de sécurité, le mécanisme de relocalisation des électeurs, le financement des élections (budget), la subvention des partis politiques, le manque de crédibilité qui entoure le processus électoral sont parmi les multiples préoccupations soulevées par les responsables des partis politiques à l’approche du 9 août, date retenue pour le premier tour des législatives. Tenant compte de tous ces soucis autour du processus électoral, certains politiques ont même opté pour l’organisation d’élections en deux temps, avec le premier tour des législatives et de la présidentielle le 25 octobre et le second tour, qui inclura les collectivités territoriales, le 27 décembre. MêmePierreLouisOpontsemontre préoccupé du climat d’insécurité qui règne actuellement dans le pays. D’ailleurs, le CEP en est déjà victime pour avoir eu deux de ses employés victimes d’attaques à main armée. « Nous prenons très au sérieux la mort du directeur de cabinet du conseiller Jaccéus Joseph. Surtout, il y a des gens qui avaient publiquement déclaré que les membres de ce CEP ne seraient pas présents le jour du scrutin en chantant officiellement nos funérailles », a fait savoir le patron de l’institution électorale, visiblement tourmenté par le climat d’insécurité. Par ailleurs, Pierre-Louis Opont dit avancer très bien dans le calendrier électoral. « À date, nous respectons le calendrier en ce qui concerne les opérations électorales », a-t-il lancé, précisant que le CEP a appliqué l’article 139-1 en invitant les partis politiques à choisir les membres des bureaux de vote depuis le 9 juin dernier, soit soixante jours avant la tenue du scrutin. « Au courant de cette semaine, le tirage au sort est en train de se faire dans les régions », a informé le président du CEP qui dit agir dans le strict respect de la loi. De son côté, le directeur exécutif du CEP, maître Mosler Georges, a mis l’emphase sur l’importance du jour du vote. « C’est le jour le plus important dans le processus électoral », dit-il, avant de rappeler le rôle que doivent jouer les MBV, les mandataires, les superviseurs, les agents de sécurité et les observateurs dans la réussite de ce jour. Il souligne par ailleurs le problème d’espace dans les centres de vote. « Nos bureaux de vote n’ont pas la capacité de recevoir toutes ces personnes tenant compte du nombre de candidats qui doivent se faire représenter par un mandataire », précise Mosler Georges qui invite les dirigeants politiques à aider le CEP à trouver une formule pour gérer cette affluence le jour du vote. Frustrations, préoccupations et incertitudespar Noclès Débréus HAÏTI/ÉLECTIONS À l’hôtel Montana, le mardi 7 juillet 2015, le Conseil électoral provisoire (CEP) avait rendez-vous avec les partis politiques pour traiter du recrutement des 41 238 membres de bureaux de vote pour les législatives du 7 août prochain. Les participants ont profité de l’occasion pour cracher leurs frustrations et leurs préoccupations.
  5. 5. MERCREDI 8 JUILLET 2015 N0 34 | 5 ACTUALITÉ Des attaques armées contre des hommes politiquespar Pierre Paul Ancion SUD-EST/ÉLECTIONS/INSÉCURITÉ D ans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 juillet 2015, des bandits armés ont attaqué la résidence de Garaud Histo- rique, membre du parti Renmen Ayiti, dans la localité de Cibao, commune de Belle-Anse. Plusieurs impacts de balles sont encore visibles sur les murs de la maison. Cependant, il n’y a pas eu de victime. Au cours de cette même soirée, à l’avenue Baranquilla à Jacmel, des hommes armés ont pénétré chez Jean Raymond Jean-François, candidat de la Fusion des socio- démocrates à la mairie de Bainet. Les bandits ont tiré sur tout ce qui bougeait, blessant au thorax Kensly Jean-François, 16 ans et neveu de Jean Raymond Jean-François. « Ils ont emporté l’une de mes valises contenant des documents importants », a révélé ce dernier. Ces deux incidents ne manquent pas d’irriter les politiciens du Sud- Est. Jean Apollon Sayo, responsable départemental de la Fusion, et Marc Elder Charles, de Renmen Ayiti, qualifient de politiques ces deux attaques armées. Ils demandent au CEP et à l’État haïtien de renforcer la sécurité de la région, pour rendre possible l’organisation des élections. « Dans ce climat, aucun de nos candidats n’osera faire campagne », a commenté Jean Apollon Sayo, qui a rappelé l’agression du conseiller spécial du président Martelly, Joseph Lambert, sur l’étudiant en communication sociale, Wesnel Jeudi, à la fin du mois de juin, pour prouver que la vie des politiciens est menacée dans le Sud-Est. Marc Elder Charles invite pour sa part les autorités judiciaires et policières à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour freiner cette vague de violences dans le département. De son côté, Antonius Télémaque, responsable départemental de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) dans le Sud-Est, baptise de « zone rouge » le département sur la carte électorale. Il dénonce la distribution substantielle d’armes à feu dans les sections communales. Monsieur Télémaque promet la mobilisation de son parti pour, pacifiquement, mater cette forme d’intimidation. Des appels téléphoniques menaçants Certains candidats, comme madame Yolande Jean-Baptiste Pascal, disent recevoir des menaces à travers des appels téléphoniques anonymes et des SMS. Position de la Police nationale À la tête d’une délégation de l’Inspection générale, l’inspecteur général de la Police nationale d’Haïti, Jean Saint-Fleur, s’est rendu à Jacmel, ce lundi 6 juillet, pour discuter de la sécurité des élections avec le directeur départemental de la PNH, Frantz Elbe, et les institutions impliquées directement dans le processus électoral. Dans une rencontre avec la presse régionale, en marge de sa mission, l’inspecteur Saint-Fleur a donné la garantie que la PNH allait assurer correctement la sécurité des personnes et des biens durant la période électorale. « Le Sud-Est, a-t-il déploré, est le seul département du pays où il n’y a pas de militaires de la Minustah. Il y a seulement des policiers nationaux et des UNPOL, cependant pour les élections, il est prévu d’envoyer plusieurs militaires dans toute la région. » Comme l’a dénoncé le responsable départemental de l’OPL, plusieurs régions du Sud-Est telles que Cayes-Jacmel et Belle-Anse, sont toujours en ébullition en période électorale. Cette année, la majorité des partis politiques et les citoyens avisés craignent davantage de violences, à cause de la quantité importante d’armes à feu qui circulent dans le département. Cayes-Jacmel, Marigot et Belle- Anse sont les communes où les gens armés exhibent le plus leurs armes. En 2012, à Pérédo, localité de Marigot, une distribution de produits alimentaires par un organisme international a été pillée par des jeunes armés de pistolets 9 mm. Ces jeunes, de 20 ans en moyenne, ont mis en déroute les responsables de la distribution en pointant leurs armes.
  6. 6. » suite de la première page « Les élections auront lieu », assure Pierre Louis Opontpar Gary Victor 6 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 ACTUALITÉ ENTREVUEDUPRÉSIDENTDUCONSEILÉLECTORALPROVISOIREAVECLENATIONAL Le président du CEP s’est dit confiant quant à la mise en place du mécanisme de vote. Certes, à un mois des élections, assure-t- il, il reste encore à travailler à la formation du personnel électoral, au recrutement des membres des bureaux de vote (MBV) et finalement la publication de la liste électorale. À presque trente jours des élections, les partis politiques, comme prévu à l’article 139-1 du décret électoral, n’avaient pas encore fait parvenir au CEP ce lundi 6 juillet les noms des membres des BV qu’ils devaient choisir sur une liste fournie par des organisations de la société civile. Avec ce retard dans le calendrier, le CEP devra convenir avec les partis politiques d’autres modalités pour le choix des membres des MBV pour rester dans les temps. Pierre-Louis Opont n’a, par contre, manifesté aucune inquiétude concernant les 22 millions de dollars américains manquant au budget électoral. Le gouvernement fera le nécessaire pour que cette somme soit disponible à temps, a promis le Premier ministre Évans Paul. Le président du CEP s’en tient donc à la promesse du gouvernement : « Le CEP n’a aucune préoccupation de financement. Les 36 millions dont nous disposons déjà suffisent pour le premier tour. On donne au gouvernement le temps nécessaire pour la recherche des fonds additionnels. » Le Pnud et le CEP Pour ce qui a trait à l’implication du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) dans le processus électoral, Pierre Louis Opont a tenu à rappeler que cet organisme ne finance pas les élections mais ne fait que gérer un Trust Found, opération pour laquelle il prélève 7 à 12 % pour ses frais de gestion. Qui contribue à ce fonds ? Les États-Unis d’Amérique, la France, le Japon, le Canada, le Brésil, l’Union européenne et l’État Haïtien, ce dernier à la hauteur de 14millions de dollars américains. Pourquoi le Pnud gère-t-il ces fonds, même ceux du Trésor public ? Jusqu’en 2012, selon le président du Conseil électoral provisoire, le Pnud ne gérait que la contribution étrangère alors que la part du Trésor public était gérée par le Conseil électoral provisoire. En 2010, le gouvernement avait demandé de confier tous les fonds au CEP afin de responsabiliser l’organisme en l’habituant à la gestion directe de ses propres ressources. Les bailleurs avaient alors manifesté de grandes réticences. En 2012, continue Pierre Louis Opont, pour une raison non clairement définie, l’État haïtien a choisi de confier ses prérogatives de gestion de ses propres fonds au Pnud. Les responsables du CEP, en particulier son président d’alors, Emmanuel Ménard, avaient refusé de signer cet engagement. Le ministère de la Planification avait pris la responsabilité de parapher le document, manifestant ainsi la volonté de l’État haïtien de transférer sa souveraineté au Pnud contre l’avis des membres du CEP. « Le fait que les fonds ne soient pas gérés par le CEP implique que toutes ses dépenses sont soumises aux procédures du Pnud », a confié Pierre Louis Opont. Cela explique la décision de donner le contrat à une firme de Dubaï (Émirats arabes unis) pour l’impression de 30 % des bulletins de vote. « Les procédures du Pnud, le peu de temps dont on disposait, entre la finalisation des listes et l’impression des bulletins liés à d’autres contraintes du marché, ne permettaient pas la participation des imprimeurs haïtiens. Mais nous allons faire en sorte que les firmes haïtiennes puissent participer aux appels d’offres pour l’impression des bulletins pour le second tour le 25 octobre et peut-être pour le troisième tour le 27 décembre 2015. » Le National a voulu rappeler au président du CEP la période trouble des élections de 2011 ayant abouti à l’élection de Michel Martelly en lui demandant s’il ne craignait pas encore une intervention de la communauté internationale «Il n’est pas question que ce CEP publie d’autres résultats que ceux des urnes », a riposté Pierre-Louis Opont, précisant que « le CEP a toujours eu toute la latitude de respecter le verdict des urnes ». Sans entrer dans le détail des circonstances ayant provoqué cette mainmise de l’international dans le processus en 2011, il a tenu à assurer que le Centre de tabulation où doivent être acheminés tous les procès-verbaux est totalement sous le contrôle de cadres haïtiens qualifiés. En 2011, rappelle-t-il, c’est un technicien international qui était responsable de la coordination des activités au CTV. Il jouait également le rôle d’assistant technique chargé d’entraîner le personnel haïtien. « Aujourd’hui, nous contrôlons tout le processus. » Le cas Lumarque La question des critiques adressées au Conseil électoral provisoire, Le président du CEP, Pierre Louis Opont. / Photo : J. J. Augustin
  7. 7. entre autres, dans la gestion des cas Level et Lumarque a été évoqué au cours de l’entrevue. Ces deux candidats évincés, entre sommations, déploiement d’une impressionnante campagne de presse et mouvements de rue, défraient la chronique. Pierre Louis Opont affiche la plus parfaite sérénité. « Aucun des candidats ayant contesté une décision du CEP n’a pu argumenter sa position avec des preuves valables. » Dans le cas Lumarque, il a rappelé que l’article 90-H du décret électoral exige de tout candidat ayant été gestionnaire de fonds publics la présentation d’un certificat de décharge au moment de l’inscription. Le CEP demande au candidat un résumé de carrière pour savoir si nécessité de décharge il y a. Il est vrai que le CV de Lumarque n’avait pas permis au CEP d’estimer nécessaire une décharge, reconnaît Pierre-Louis Opont. « Il n’avait présenté qu’un papier pour un poste à l’Institut national de la formation professionnelle (INFP) en 1990. Mais quand les partis politiques nous ont informés du cas Lumarque, en mettant sur le tapis sa position à la tête de la Commission présidentielle sur l’éducation et les correspondances de la CSCCA à l’effet qu’il lui fallait un certificat de décharge. Nous avons dû réétudier son dossier. Le fait est qu’il devait avoir décharge et qu’il n’avait pas produit la pièce au moment de l’enregistrement. » Pierre-Louis Opont a soumis au National deux correspondances de la Cour supérieure des comptes, les deux signées de son président Fritz Robert Saint Paul, la dernière en date du 2 juin 2015 adressée à Jean Renel Sanon, le Secrétaire général du Palais national, où il est clairement dit qu’une commission a été formée pour auditer la gestion de Jacky Lumarque. Dans cette lettre, on peut lire ce qui suit : « La CSCCA apprécierait que vous preniez toutes les dispositions nécessaires pour permettre à la commission d’effectuer son travail. À cet égard, elle vous saurait gré de lui faire savoir quand l’accès aux documents comptables lui sera donné. » Le National a bien vérifié que cette dernière lettre a été effectivement transmisele2juin2015.Cependant, un certificat de décharge est délivré à Jacky Lumarque après un arrêt de quitus rendu le mercredi 3 juin 2015 par la Chambre des affaires financières composée des conseillers Fritz Robert Saint Paul, président, Jean Ariel Joseph et Saint Juste Momprévil, membres. « Jacky Lumarque n’avait pas ce certificat de décharge au moment de son inscription. Débat clos », tranche Pierre Louis Opont sans questionner cet arrêt. « Le CEP ne reviendra pas sur sa décision. » Nouveau décret électoral et innovations Le président du Conseil électoral provisoire a tenu à souligner pour Le National ce qui fait la différence entre le nouveau décret électoral et les législations antérieures. Pour lui, ce décret comporte trois innovations majeures. D’abord, précise-t-il, il y a une modification des instances contentieuses. « Aujourd’hui, le CEP n’est plus juge et partie. Toute décision, explique- t-il, est prise à la majorité des juges siégeant au niveau des instances contentieuses. Le CEP ne dispose pas de la majorité des voix. Le Bureau du contentieux électoral communal (BCEC) est composé de trois juges : un membre du Bureau électoral communal (BEC), tiré au sort, un avocat choisi au hasard sur une liste fournie par le barreau de la région, et un juge de siège choisi également au hasard sur une liste fournie par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Même procédé au niveau du Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) : un membre du Bureau électoral départemental (BED), par tirage au sort, un avocat et un juge. Le Bureau du contentieux électoral national (BCEN), qui juge en dernier recours, est composé de deux conseillers électoraux tirés au sort, deux avocats de la Fédération nationale des barreaux d’Haïti, et un juge de la Cour d’appel fourni par le CSPJ. Donc le CEP n’a plus le contrôle des décisions au niveau des instances contentieuses. » La deuxième innovation, selon Pierre-Louis Opont, est le mode de choix des membres des bureaux de vote qui sont choisis par les partis politiques sur une liste fournie par des organisations de la société civile. La dernière, et la plus marquante peut-être, est la transmission par voie électronique des résultats des procès-verbaux affichés sur les murs des bureaux de vote. Après dépouillement, les procès-verbaux seront disponibles sur le net, ce qui permettra aux candidats de pouvoir examiner leur parcours avant même que les procès-verbaux n’arrivent au Centre de tabulation. « Un téléphone sécurisé sera fourni à chaque bureau de vote pour cela. Nous aurons un accès aussi sécurisé pour la transmission des données à Port- au-Prince. Cet accès ne pourra pas être piraté », a certifié le président du Conseil électoral provisoire. Le coût des élections et la question sécuritaire À la question de savoir s’il n’était pas possible à l’avenir de réduire les coûts des élections, le président du Conseil est convaincu qu’on devrait repenser complètement le modèle électoral actuel en Haïti, ce qui par ailleurs remet sur le tapis la nécessité d’une institution permanente avec un personnel permanent et qualifié. La question sécuritaire a été également évoquée au cours de cette entrevue. « Toutes les mesures seront prises pour assurer la sécurité pendant la période électorale et le jour du vote. On a eu des garanties de la Minustah et de la Police nationale qui ont travaillé à un plan de sécurité. » Mais il se dit conscient que ce sont là des éléments hors de contrôle directe du Conseil électoral provisoire, alors que c’est « une question cruciale de la problématique électorale ». Un proche du conseiller électoral Jaccéus Joseph a été assassiné dimanche soir. « Nous prenons au sérieux maintenant les menaces qu’on nous a faites », a dit Pierre- Louis Opont. « Nous ne pensions pas que ces gens passeraient à l’action. Nous avons eu tort. Nous avons eu une rencontre en ce sens avec le ministre chargé des questions électorales et la sécurité des conseillers et de leurs proches a été renforcée. » Le flot des rapatriés aura-t-il un impact sur les élections ? Réponse laconique de Pierre-Louis Opont : « Ils ne sont pas sur les listes électorales, cependant nous espérons que l’État haïtien prendra toutes les dispositions pour éviter que cette situation n’affecte le processus électoral. » Cap donc vers les élections ? MERCREDI 8 JUILLET 2015 N0 34 | 7 ACTUALITÉ ÉCHO Financement des candidats : le CEP attend les moyens Le gouvernement haïtien tarde encore à fournir au Conseil électoral provisoire des fonds nécessaires en vue de financer les candidats aux prochaines élections législatives. C’est ce qu’a révélé Frantz Bernadin, Porte-parole du CEP, qui a fait remarquer qu’il revient à l’organisme électoral de décider du montant à allouer aux partis politiques en fonction du nombre de candidats agréés. Aucune subvention financière ne sera allouée aux candidats indépendants. La campagne pour les législatives débute ce 8 juillet. Le CEP forme les ASE du 13 au 25 juillet prochains Le Conseil électoral provisoire travaille actuellement sur le recrutement des agents de sécurité électorale (ASE) ainsi que des superviseurs. Le corps de sécurité électorale devrait avoir un effectif de 5 000 membres, selon un communiqué du CEP informant que la formation pour ces agents se tiendra du 13 au 25 juillet 2015, à travers tout le pays. Haïti-RD, l'OEA se réunit sur le dossier de déportations Le Conseil permanent de l’Organisation des États américains (OEA) organise, ce mercredi 8 juillet 2015, une réunion spéciale autour de l’expulsion du territoire dominicain des migrants haïtiens illégaux ainsi que des personnes d’origine haïtienne frappées par l’arrêt 168-13 de la Cour constitutionnelle dominicaine. Cette rencontre se tiendra au siège de l’OEA à la Salle Simón Bolívar à Washington DC. Lener Renauld, ministre des Affaires étrangères d’Haïti, soumettra un rapport sur l’évolution de la situation entre Haïti et la République dominicaine, informe un communiqué de l’OEA indiquant que cette réunion sera diffusée en direct sur son site Web. La FNP, pour l'érection d'un mur sur la frontière haïtiano-dominicaine Les dirigeants de la Force nationale progressiste (Fuerza Nacional Progresista - FNP) proposent d’établir un système complet de surveillance de la frontière haïtiano- dominicaine. Ils préconisent la construction d’un mur sur 388 km entre la République dominicaine et Haïti. Selon les nouvelles, ces dirigeants estiment non nécessaire que ce mur soit construit sur toute la ligne frontalière en raison de l’existence des zones escarpées qui empêchent le passage des migrants illégaux et entravent la contrebande de toute sorte sur le territoire dominicain. Une nouvelle commission communale à Fort-Liberté Un nouveau conseil exécutif intérimaire est installé, lundi, à la tête de la mairie de Fort-Liberté. Ce conseil est présidé par Ken Lafosse, qui a remplacé Guito Pierre actuellement candidat à la députation aux prochaines élections. L’installation est faite en présence d’Hugo Charles, délégué départemental du Nord-Est, qui a conseillé à monsieur Lafosse de travailler au progrès de la commune. Cayes : EPPLS annonce un projet de construction de 300 maisons L’Entreprise publique de promotion de logements sociaux (EPPLS) a inauguré récemment un modèle de six unités de logement au quartier de La Savane dans la ville des Cayes. Le projet vise la construction de 300 maisons. En attendant la disponibilité des fonds nécessaires à l’exécution intégrale du projet, l’EPPLS a construit trois duplexes. C’est ce qu’a indiqué Esson Dorisca, son directeur, informant que ces constructions ont pu être effectuées grâce aux cotisations de bénéficiaires des logements sociaux gérés par l’EPPLS.
  8. 8. 8 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 MONDE 4 43 Américains ont remis leur très officielle Déclaration de candidature à la commission électorale fédérale, pour l’élection présidentielle américaine de novembre 2016. Une poignée seulementaseschances,évidemment. Vous aviez déjà des difficultés à vous y retrouver parmi la vingtaine de prétendants républicains « sérieux » qui souhaitent défier la favorite démocrate Hillary Clinton dans la course à la Maison-Blanche en 2016 ? Accrochez-vous: au total, ce sont 443 candidats qui se sont déjà déclarés pour l’élection présiden- tielle américaine. Un nombre qui marque une nette inflation des vocations: ils étaient 417 en 2012 et 369 en 2008. 100 Républicains, 72 Démocrates et les autres... La plupart n’a aucune chance d’aller au bout des primaires, ni même de commencer ce processus long et coûteux. Mais ces 443 Américains ont rempli la Déclaration de candidature. Ce document doit être soumis à la commission électorale fédérale, dans les 15 jours après que le candidat s’est lancé dans la bataille et dès qu’il a levé plus de 5 000 dollars pour financer sa campagne. Parmi ces aspirants au Bureau-Ovale, figurent 100 Républicains, 72 Démocrates, 11 Libertariens, 3 Ecologistes, 1 Fédéraliste... et surtout beaucoup d’indépendants ou de non-inscrits. [Voir notre tableau de répartition]. Au-delà des étiquettes, qui sont ces candidats? Mais surtout d’où viennent-ils? Le site Mother Jones (qui a dénombré 448 candidats au total) les a situés sur une carte: c’est de Californie que viennent le plus de candidats (59). La Floride (42), le Texas (41), l’Etat de New York (32) et la Pennsylvanie (18) sont les autres gros pourvoyeurs en candidats. Le seul Etat qui n’en fournit aucun: l’Alaska... Mais que fait Sarah Palin? Etats-Unis: Bush, Clinton, Trump et les 440 autres candidats à la Maison-Blanche Sources : LEXPRESS.fr Le retour d'Edward Snowden aux États-Unis envisagésources : Lefigaro.fr L ’ancien ministre de la justice, Eric Holder, a laissé enten- dre que la justice américaine pourrait négocier un accord avec l’ex-consultant informatique de la NSA. Des poursuites judiciaires seraient néanmoins maintenues. En mars dernier, son avocat lais- sait entendre qu’Edward Snowden souhaitait rentrer aux États-Unis. Son retour semble désormais aussi envisageable pour les États-Unis. Dans une interview accordée à Yahoo News, Eric Holder, l’ancien ministre américain de la Justice, a indiqué que «la possibilité existe» pour le département américain de la Justice de conclure un accord avec l’ancien consultant informa- tique de la NSA. Ce dernier devrait néanmoins faire face à des pour- suites judiciaires. Trois sources proches du dossier, citées par les médias américains, estiment qu’Edward Snowden ne pourra rentrer aux États-Unis qu’à condition de plaider coupable et purgerait une peine de prison de trois à cinq ans. Il devrait aussi coopérer pleinement avec le gou- vernement américain. En mars dernier, Edward Snowden, actuellement en Russie, avait exprimé le souhait de regagner les États-Unis. Son avocat avait annoncé que des efforts étaient entrepris en ce sens, mais à la condition qu’on lui garantisse un procès légal et équitable. Eric Holder, alors encore en poste au ministère, avait uniquement fait la promesse qu’il ne serait pas condamné à mort. Une sentence à laquelle il s’est exposé après avoir révélé les pratiques de surveil- lance de la NSA, en violation du Espionage Act de 1917. Ces déclarations d’Eric Holder sont les premières à affirmer que la justice américaine pourrait négocier avec Edward Snowden, mais elles ne disent pas si le gou- vernement d’Obama à changer de position sur l’affaire Snowden.
  9. 9. MERCREDI 8 JUILLET 2015 N0 34 | 9 MONDE Q uatre pays parrainant les pourparlers entre le gou- vernement colombien et les Farc (Forces armées révolu- tionnaires de Colombie) ont appelé mardi à une « désescalade urgente » des violences qui menacent de faire dérailler le processus de paix. « Nous exhortons les parties à s’abstenir strictement de toute action causant des victimes ou des souffrances en Colombie, et à accé- lérer la mise en œuvre des mesures d’établissement de la confiance », peut-on lire dans un communiqué signé de la Norvège, de Cuba, du Chili et du Venezuela. « Nous con- sidérons ces mesures comme essen- tielles. » Le principal négociateur du gou- vernement colombien a menacé de quitter les négociations en raison de cette récente intensification des violences sur le terrain. Les Farc réclament pour leur part un cessez-le-feu bilatéral, ce que Bogota refuse, s’appuyant sur des exemples passés de trêves que les rebelles avaient mises à profit pour se réarmer. Le conflit le plus long de l’Amérique latine a fait 220 000 morts et des millions de déplacés depuis 1964. Les pourparlers de La Havane, qui ont débuté en novembre 2012, ont produit des résultats encourageants, les plus importants jamais engrangés lors de négociations de paix entre les deux parties. Mais les violences se sont intensifiées ces dernières semaines, depuis une embuscade rebelle qui a coûté la vie à dix militaires en avril et qui a conduit le président Juan Manuel Santos à ordonner une reprise des bombardements aériens contre la rébellion, qu’il avait suspendus un mois plus tôt en gage de bonne volonté. Depuis le début des pourparlers, Bogota et les Farc ont réglé plusieurs points importants, sur la réforme agraire, l’avenir politique des Farc et la fin du trafic de drogue. Deux dossiers restent à régler, celui de l’indemnisation des victimes et la démobilisation des Farc. Les pourparlers de paix sur la Colombie menacés de déraillementSources : Reuters Grèce: une sortie de l'euro pas exclue pour la Commission européenne sources : AFP U ne sortie de la Grèce de la zone euro n’est « pas exclue » si Athènes ne présente pas « un paquet de réformes crédibles », a estimé mardi Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, avant un sommet extraordinaire qui va explor- er les minces chances de sauvetage du pays. « Si la confiance n’est pas établie, si aucun programme de réformes crédible n’est présenté », une sortie de l’euro « ne peut être exclue », a déclaré le commissaire européen chargé de l’Euro, à son arrivée à une réunion des minis- tres des Finances de la zone euro à Bruxelles. Afin d’ « éviter le scénario du pire » auquel la Commission « ne se résigne pas », il revient aux Grecs de « présenter des propositions complètes, concrètes, crédibles pour pouvoir démarrer la discus- sion », a dit de son côté Pierre Moscovici, commissaire euro- péen aux affaires économiques.« Les réponses de M. Tsakalotos (nouveau ministre des Finances grec, ndlr) doivent être concrètes, crédibles, tangibles efficaces », a-t-il insisté. A leur arrivée à cette réunion, les ministres des Finances de Slova- quie, Lettonie et de Malte ont déclaré que le scénario du Grexit, la sortie de la Grèce de la zone euro, était désormais clairement envisagé. « C’est une solution que les marchés (financiers) ont déjà envisagée depuis un moment maintenant et ce ne sera pas un problème pour l’Europe », a dit le Letton Janis Reirs. Pour le Maltais Edward Scicluna, « nous devons envisager les deux possibilités » d’un maintien ou d’une sortie de la Grèce de la zone euro, cette dernière possibilité étant désormais « réaliste ». « Il faut s’assurer qu’elle est très bien gérée et pas utilisée comme un bâton », a-t-il relevé. « Personnellement je suis scep- tique sur la possibilité d’un accord » entre la Grèce et ses créanciers, a dit le Slovaque Peter Kazimir dont le pays fait partie du camp des plus durs à l’égard d’Athènes. A l’inverse, le ministre des Financ- es espagnol Luis de Guindos s’est voulu optimiste, assurant que le scénario du Grexit n’était « pas sur la table ». « La balle est dans le camp grec », selon lui. Le Grec Euclide Tsakalotos, successeur de Yanis Varoufakis comme ministre des Finances d’Alexis Tsipras, ne s’est pas expri- mé à son arrivée à l’Eurogroupe, tout comme le Français Michel Sapin.
  10. 10. 10 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 ÉCONOMIE L'université populaire d'été pour le renforcement de l'économie sociale et solidairePar Karenine Francesca Théosmy / AlterPresse L’université populaire d’été 2015 aurait permis de prendre des résolutions pour renforcer les expériences d’économie sociale et solidaire en Haïti, apprend AlterPresse. L ’événement s’est déroulé sur dix jours, du dimanche 21 juin au mercredi 1er juillet 2015, avec la participation de près d’une centaine de représentantes et représentants d’organisations pay- sannes, de jeunes et de femmes. Comme en 2014, les échanges ont tourné autour de l’économie sociale et solidaire pour la trans- formation sociale, thème retenu pour trois ans. « L’on a pu prendre des résolu- tions pour faire atterrir l’économie sociale et solidaire. Parce que beaucoup d’expériences ont lieu dans ce domaine [en Haïti] et nous avons pris des résolutions pour améliorer ces expériences », déclare à AlterPresse Guy Numa, responsable de programme au sein de l’Institut culturel Karl Levêque (Ickl). Une déclaration finale, en prépa- ration, devrait bientôt être rendue publique. L’édition 2015 a signé des « évo- lutions importantes, positives », aux yeux du professeur Camille Chalmers, directeur exécutif de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda). « Cette année, nous avons pu con- crétiser, pendant les deux premiers jours, un échange magnifique entre 16 étudiants - qui sont en maîtrise au niveau de l’université publique… - et les participants à l’université d’été », dit-il. Les étudiants ont « produit des résultats très intéressants sur le plan des nouveautés, des inno- vations, de la créativité et sur le plan de la nécessité de mainte- nir un dialogue fécond entre les mécanismes de recherches de l’université publique et les efforts de la population ». Les étudiants ont également eu la possibilité de présenter, en ate- liers, leurs recherches et de rece- voir les critiques. Des expériences d’économie soci- ale et solidaire, en milieu rural et urbain, dont une expérience de boulangerie alternative dans quatre départements du pays, ont pu être présentées avec la partici- pation des étudiants. « Cela a été un échange absolu- ment égalitaire, qui s’est déroulé dans une ambiance cordiale et qui a montré combien les étudiants travaillaient dans leurs recherch- es, sans avoir vraiment beaucoup d’informations sur ce qui se passe dans le pays, sans être connectés aux dynamiques collectives des organisations de base », relève le professeur Camille Chalmers, parlant d’une expérience positive pour l’avenir. Des discussions autour de sous- thèmes en trois groupes ont égale- ment eu lieu. Un groupe s’est penché sur l’économie sociale et solidaire sous la houlette de la Papda. Un deuxième a considéré l’économie sociale et solidaire et la communication, sous les auspices de Sosyete animasyon ak kominikasyon sosyal (Société d’animation et de communication sociale / Saks). Le troisième groupe a abordé la lutte des femmes et l’économie sociale et solidaire, avec la Soli- darité des femmes haïtiennes (Sofa). Ont pris la parole plusieurs intervenantes et intervenants, à l’image de Kenidd Acelin, Evelyne Larrieux, Olga Benoît et Carole Pierre-Paul Jacob (toutes les 4 de Sofa), du professeur Jean Rénold Elie, coordonnateur général de la Faculté des sciences humaines (Fasch) de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh), du professeur Ary Régis, directeur général de la Saks et responsable du département de communication de la Fasch, ainsi que de Marc Arthur Fils-Aîmé et Muller Pierre-Louis de l’Ickl. Cette université populaire, initia- tive du mouvement social haïtien, a pris naissance depuis déjà une dizaine d’années avec l’Ickl. Par la suite, l’ont rejoint d’autres institu- tions, comme la Papda, la Saks, la Sofa, le Programme alternatif de justice (Paj) et l’Institut de tech- nologie et d’animation (Iteca). Entre l’édition 2015 et la pro- chaine, ces organisations con- tinueront à travailler, en réalisant, notamment, une évaluation des 5 dernières éditions, des forums intermédiaires et un processus d’accompagnement des expéri- ences menées à la base, selon Chalmers. Le contexte sera marqué par les élections, prévues entre août et décembre 2015, pour le renouvel- lement de tous les postes électifs, sauf 10 au sénat de la république. « L’on peut s’attendre à ce qu’au niveau des joutes électorales, il y ait beaucoup plus de présence des organisations sociales et populai- res… pour que les débats ne soient pas concentrés sur un individu », mais abordent aussi des thèmes, tels la réforme agraire, l’eau pota- ble, la reforestation, l’éducation, entre autres, annonce Chalmers. Par ailleurs, le directeur de la Papda souligne les difficultés de financer l’université populaire. Cette année, un grand nombre de volontaires ont participé à son organisation, de même qu’une entreprise sociale et solidaire de restauration, Konbit Fanm Saj. HAÏTI-DÉVELOPPEMENTDURABLE Les participants ont pu prendre des résolutions pour faire atterrir l’économie sociale et solidaire. / Photo: Fritznelson Fortuné
  11. 11. MERCREDI 8 JUILLET 2015 N0 34 | 11 ÉCONOMIE Les coopératives veulent s'unir pour renforcer l'économie haïtiennePar Elisée Décembre ÉCONOMIESOCIALE OCDE : Le monde doit prendre en compte le coût réel du charbon pour vraiment protéger le climat Les gouvernements devraient reconsidérer le rôle du charbon dans les approvisionnements énergétiques, car l’ampleur des nouveaux investissements consacrés aux centrales à charbon polluantes représente la menace climatique la plus pressante, a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. Les pays devraient procéder à une évaluation plus rigoureuse du coût réel du charbon. Comme les prix ne tiennent pas pleinement compte des coûts environnementaux, sanitaires et financiers de ce combustible, beaucoup de centrales électriques aujourd’hui en construction devront peut-être être fermées avant la fin de leur durée de vie utile, a souligné M. Gurría lors d’une conférence donnée à l’invitation de la London School of Economics (LSE) et d’Aviva Investors, associés à ClimateWise. S’il s’avère que les énergies de remplacement du charbon sobres en carbone ne sont pas à la portée de certains pays en développement, les pays donneurs devraient mobiliser des financements pour combler l’écart. « Le charbon n’est pas une énergie bon marché, a noté M. Gurría. Les gouvernements doivent se demander sérieusement si le choix de cette énergie est bénéfique pour les citoyens. » En l’absence de nouvelles mesures d’atténuation, on estime que la production d’énergie à partir de charbon émettra plus de 500 mil- liards de tonnes de CO2 entre aujourd’hui et 2050, ce qui représente la moitié environ du « budget carbone » qu’il s’agira de ne pas dépasser pour maintenir l’élévation de la température mondiale en dessous de 2 °C. www.timounaid.org C ette journée de réflexion autourduthème«Tètansanm nan mitan fanmi kooperativ yo » organisée au local de « Koprofer kenbe » à Cazeau a permis à ces acteurs de l’économie solidaire et sociale d’évaluer les interventions qui, de 1951 à nos jours, épaulent sur le terrain la masse populaire avec leur dispositif de microfinance. La journée internationale des coopératives ne date pas d’hier. Elle a été instaurée dans les annales des journées mondiales par l’Association des coopératives internationales (ACI) depuis 1922, soit 32 ans après leur création. Pour célébrer ce 93e anniversaire, l’ACI a retenu comme thème : « Opter pour les coopératives, opter pour l’égalité. » Une grande théma- tique qui invite au positionnement militant. « Il nous fallait réagir cette année devant une telle per- spective » a indiqué Frantz Prinvil, l’un des membres de CCH. Dans le cadre de cette journée, un représentant du ministère des Affaires sociales s’est prononcé sur « la protection sociale et les coopératives » et la séance s’est terminée par des échanges relatifs aux objectifs visés par le Collec- tif. « Notre vision est assez osée », avoue Mr Prinvil, car nous voulons de prime abord avoir un recense- ment de toutes les coopératives du pays pour ensuite les inviter à intégrer les rangs de l’Association des coopératives internationales (l’ACI) et de la Confédération des coopératives de l’Amérique cen- trale (CCCA). « Nous occupons une place prépondérante dans l’industrie de la microfinance en Haïti. Nous faisons un travail de proximité. Nous sommes présents dans tous les recoins du pays, du départe- ment du Sud au Nord-Ouest en passant par l’Ouest et le Centre il n’y a pas une ville du pays où l’on ne retrouve pas au moins une coopérative », s’enorgueillit Frantz Prinvil. De la plus ancienne coopérative d’Haïti, la Caisse populaire Sainte Anne fondée en 1951 à la Vallée de Jacmel, à toutes celles qui ont pris naissance au cours des années après, le souci est clair : aider les petites bourses à survivre dans un pays où l’emploi est comme une denrée rare. « Il est clair que la présence de ces coopéra- tives exerce un impact positif sur l’économie haïtienne ». Frantz Prinvil pense que c’est un affront à l’égard des coopératives le fait d’enlever de la constitution la phrase qui stipulait que : « Haïti est une République coopératiste. » Un accident de parcours pour le Collectif des coopératives haïti- ennes dont la mission est de défen- dre les intérêts des coopératives en Haïti. La commémoration de la journée internationale des coopératives, ce samedi 4 juillet écoulé, a été l’occasion de la création du Collectif des coopératives haïtiennes (CCH), une association qui regroupe la majorité des coopératives du pays et qui se fixe déjà de grands objectifs.
  12. 12. 12 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 ÉCONOMIE Les péchés d'HaïtiPar Eduardo Galeano* Ce texte de l’auteur des « Veines ouvertes de l’Amérique Latine » date de 1996. Galeano y revient sur l’Histoire d’Haïti. Et il explique comment l’Occident a construit la malédiction de cette île au fur et à mesure des ans, parce qu’elle était habitée par des noirs. PAGERETROUVÉE L a démocratie haïtienne est née il y a un moment. Dans son bref temps de vie, cette créa- ture affamée et malade n’a reçu que des gifles. Elle était nouvelle-née, dans les jours de 1991, quand elle a été assassinée par le coup de force militaire du général Raoul Cedras. Trois ans plus tard, elle a ressuscité. Après avoir subi et être sortie de tant de dictatures militaires, les États-Unis sont venus et ont mis en place le président Jean-Bertrand Aristide, qui avait été le premier président dans toute l’histoire d’Haïti élu par un vote populaire et qui avait eu la folle idée de vouloir un pays moins injuste. Le vote et le veto Pour gommer les traces de la participation américaine dans la dictature carnassière du général Cedras, les marines ont emporté 160 000 pages de dossiers secrets. Aristide est revenu enchaîné. Ils lui ont donné la permission de récupérer le gouvernement, mais lui ils ont interdit le pouvoir. Son successeur, René Préval, a obtenu presque 90% des votes, mais n’importe quelle personne de quatrième catégorie du FMI ou de la Banque Mondiale a plus de pouvoir que Préval, même si le peuple haïtien ne l’a pas choisi. Le veto peut plus que le vote. Veto aux réformes : chaque fois que Préval, ou quelqu’un de son gouvernement, demande des crédits internationaux pour donner du pain aux affamés, des lettres aux analphabètes ou une terre aux paysans, il ne reçoit pas de réponse, ou ils lui répondent en lui ordonnant : - Récitez la leçon. Et comme le gouvernement haïtien n’en finit pas d’apprendre qu’il faut démanteler le peu de services publics qui restent, les dernières pauvres protections pour l’un des peuples les plus abandonnés du monde, les professeurs considèrent l’examen comme perdu. L’alibi démographique À la fin de l’an passé quatre députés allemands ont visité Haïti. Ils n’étaient pas arrivés que la misère du peuple les a frappés. Alors l’ambassadeur d’Allemagne leur a expliqués, à Port-au-Prince, quel est le problème : - C’est un pays surpeuplé - a-t-il dit-. La femme haïtienne veut toujours, et l’homme haïtien peut toujours. Et voilà qu’il a ri. Les députés se sont tus. Cette nuit, l’un d’eux, Winfried Wolf, a consulté les chiffres. Et voilà qu’il a vérifié qu’Haïti est, avec le Salvador, le pays le plus surpeuplé des Amériques, mais il est aussi surpeuplé que l’Allemagne : il a presque la même quantité d’habitants au kilomètre carré. Durant son séjour en Haïti, le député Wolf a été frappé par la misère : il a aussi été ébloui par la capacité de création des peintres populaires. Et voilà qu’il est arrivé à la conclusion qu’Haïti est surpeuplé... d’artistes. En réalité, l’alibi démographique est plus ou moins récent. Jusqu’à il y a quelques années, les puissances occidentales parlaient plus clairement. La tradition raciste Les États-Unis ont envahi Haïti en 1915 et ils ont gouverné le pays jusqu’en 1934. Ils se sont retirés quand ils ont réussi leurs deux objectifs : faire payer les dettes de la City Bank et abroger l’article constitutionnel qui interdisait de vendre les plantations aux étrangers. Robert Lansing, Secrétaire d’État de l’époque, a justifié la longue et féroce occupation militaire en expliquant que la race noire était incapable de se gouverner elle-même, qu’elle a “une tendance inhérente à la vie sauvage et une incapacité physique de civilisation”. L’un des responsables de l’invasion, William Philips, avait forgé quelque temps auparavant cette idée sagace : “Ils sont un peuple inférieur, incapable de conserver la civilisation que les français leur avaient laissés”. Haïti avait été la perle de la couronne, la colonie la plus riche de France : une grande plantation de sucre, avec une main-d’œuvre d’esclaves. Dans L’esprit des lois, Montesquieu avait expliqué sans tergiverser : “Le sucre serait trop cher si les esclaves ne travaillaient pas dans sa production. Les esclaves sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible d’avoir pitié d’eux. Il semble impensable que Dieu, qui est un être très savant, ai mis une âme, et surtout une bonne âme, dans un corps entièrement noir”. En revanche, Dieu avait mis un fouet dans la main du berger. Les esclaves qui ne se distinguaient pas par leur volonté de travail. Les noirs étaient esclaves par nature et feignants aussi par nature, et la nature, complice de l’ordre social, était l’œuvre de Dieu : un esclave devait servir le maître et le maître devait punir l’esclave qui ne montrait pas un tant soit peu d’enthousiasme pour remplir le dessein divin. Karl Von Linneo, contemporain de Montesquieu, avait fait précisément un savant portrait du noir : “Un vagabond, paresseux, négligent, indolent avec des coutumes dissolues”. Plus généreusement, un autre contemporain, David Hume, avait vérifié que le noir “peut développer une certaine habileté à s’humaniser, comme le perroquet qui parle quelques mots”. L’humiliation impardonnable En 1803 les noirs d’Haïti ont administré une raclée terrible aux troupes de Napoléon Bonaparte, et l’Europe n’a jamais pardonné cette humiliation infligée à la race blanche. Haïti a été le premier pays libre des Amériques. Les États-Unis avaient conquis avant son indépendance, mais il avait environ un million d’esclaves qui travaillaient dans les plantations de coton et de tabac. Jefferson, qui était propriétaire d’esclaves, disait que tous les hommes sont égaux, mais il disait aussi que les noirs ont été, sont et resteront inférieurs. Le drapeau des libertés a été dressé sur des ruines. La terre haïtienne avait été dévastée par la monoculture du sucre et détruite par les calamités de la guerre contre la France, et un tiers de la population était tombée au combat. Alors a commencé le blocage. LA nation nouvellement née a été condamnée à la solitude. Personne ne li achetait, personne ne lui vendait, personne ne la reconnaissait. Le délit de la dignité Même Simón Bolívar, qui si brave qu’il pu être, n’a pas eu le courage de signer une reconnaissance diplomatique du pays noir. Bolivar avait pu reprendre sa lutte pour une indépendance américaine, quand l’Espagne l’avait déjà battu, grâce à l’appui d’Haïti. Le gouvernement haïtien lui avait remis sept navires et beaucoup d’armes et de soldats, avec pour seule condition que Bolivar libéra les esclaves, une idée qui n’était pas due au Libérateur. Bolivar a rempli son contrat, mais après sa victoire, quand il gouvernait déjà la Grande Colombie, il a tourné le dos au pays qui l’avait sauvé. Et quand il a convoqué les nations américaines à la réunion de Panama, il n’a pas invité Haïti mais il a invité l’Angleterre. Les États-Unis ont reconnu Haïti récemment 60 ans après la fin de la guerre d’indépendance, tandis qu’Etienne Serres, un génie français de l’anatomie, découvrait à Paris que les noirs sont primitifs parce que chez eux la distance entre le nombril et le pénis est courte. A ce moment là, Haïti était déjà aux mains de dictatures militaires carnassières qui destinaient les ressources faméliques du pays au paiement de la dette française : L’Europe avait imposé à Haïti l’obligation de payer à la France une indemnisation gigantesque [Lire “La dette extérieure d’Haïti, une hypocrisie française”]**, à la manière d’une dette du pardon pour avoir commis le délit de la dignité. Cette histoire de persécution contre Haïti, qui de nos jours prend des dimensions de tragédie, est aussi une histoire du racisme dans la civilisation occidentale. *Los pecados de Haití : originalement publié par Eduardo Galeano – Brecha 556, Montevideo, 26 juillet 1996. **La dette extérieure d’Haïti, une hypocrisie française” : http://www. primitivi.org/spip.php?article180
  13. 13. MERCREDI 8 JUILLET 2015 N0 34 | 13
  14. 14. 14 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ Qui sont-ils ? Il est dimanche matin, Jamson et Rosena, respectivement neuf et onze ans, enlèvent les étiquettes sur les bouteilles plastiques dans un site de stockage à l’angle des rues des Miracles et Pavée où envi- ron une dizaine de collecteurs informels préparent et emballent leurs marchandises vers les entre- prises clientes. Ils nous expliquent : « on aide notre grand-mère. C’est grâce à cette activité qu’elle paie l’école et nous donne à manger ». Cependant, si Jamson et Rosena sont pris en charge par leur grand- mère, Watson, enfant de cité soleil de 12 ans, pratique cette activité depuis la mort de sa mère. Train- ant un gros sac dans lequel il met des objets ramassés devant le parc industriel Sonapi à Trois mains sous un soleil de 14 heures, il nous explique : « c’est avec cela que je gagne un peu d’argent pour nourrir mes frères et sœurs et moi. Maman est morte, papa nous a abandonnés et depuis, je suis devenu kokorat ». Pour Osnel, un jeune garçon de 20 ans à Delmas 9, s’il ne quitte pas cette activité, explique-t-il, c’est parce qu’il n’a aucun autre moyen de survivre avec sa famille dont il est l’ainé. « Imagine-toi, quand tu portes le sac sur ta tête, un liquide puant mêlé de tout ruisselle jusqu’à ta bouche, ce n’est pas bon pour ton cerveau», argumente-t-il avec une voix morne. Quant à Fritzner, 32 ans, père de deux enfants, en plus de la journée, il sort à la tombée de la nuit pour rentrer à l’aube. Comme tous les autres collecteurs interrogés, Fritzner n’utilise aucun matériel de protection. Ni masque, ni gants, ni chaussures appropriés mais il est obligé, explique-t-il debout au milieu des déchets col- lectés à l’angle des rues Saint-hon- oré et Réunion : « on nous dit que nous mettons nos mains dans la matière fécale, mais je sais ce que je cherche », déclare-t-il. Pour Silvia, 61 ans, elle a peur du risque de chercher dans les ravins cependant il lui arrive quand même de se faire blesser la main par les tessons de bouteilles, explique-t- elle, non loin d’un ravin à Bois- Verna. Mais, n’ayant aucune assis- tance de l’État, elle doit continuer pour gagner environ 300 gourdes contre une grande balle (plusieurs sacs cousus ensemble, qu’elle dit remplir dans environ trois jours de travail) afin d’aider ses enfants. Quel risque encourent ces citoyens en fait? Abdias JOACHIM, un médecin de SODEC Hospital, n’hésite pas (sans aucune intention de minimisation) à qualifier ces citoyens d’ « infec- tions ambulantes ». Ces citoyens qui achètent à manger en faisant leurs activités sans la possibilité de se laver les mains, ne sont à l’abri d’aucune des maladies que nos déchets peuvent transmettre, nous explique-t-il. Et leur entourage n’en est pas non plus à l’abri. De plus, étant sans matériels de protec- tion, ils courent conséquemment le risque d’attraper la leptospirose, une maladie attrapée à partir de l’urine des rongeurs provoquant de fortes douleurs articulaires, et de fièvres continues. Est-ce là la cause des douleurs atroces et longues fièvres d’Osnel ( 20 ans ) et de Silvia (61 ans ) qu’ils associent aux fatigues de leusr activités ? En fait, le risque de maladie le plus évident que courent ces concitoy- ens restent la gastro-entérite qui agit sur l’estomac et les intestins et provoquent des diarrhées et vom- issements. Ces citoyens doivent-ils cesser ces activités à haut risque? Si tous nos interviewés confessent qu’ils ne peuvent, malgré leur volo- nté, suspendre ces activités, Fritz Gerald Louis, un expert en anal- yse économique et développement international, cadre de la direc- tion des études du ministère de l’économie et des finances, pense que tous les métiers ont un certain niveau de risque et que les métiers à hauts risques existent partout dans le monde. S’ils en sont arrivés là, c’est à cause de la faiblesse de la protection sociale de l’État, pense- t-il. Ce qu’il faut, dit-il, c’est de réguler le secteur. Il faut des normes pour la collection, mais ses activi- tés rapportent, c’est du travail, cela rend les pratiquants autonomes et aide à l’assainissement, explique l’expert. Quelle économie ? Celle des bourgeois marchands, sous- traitants qui achètent les déchets de ces survivants à huit gourdes le kilo comme l’a confié Watson, sous prétexte de recyclage dans le pays ? Une de ces entreprises, sise à bon repos à laquelle plusieurs col- lecteurs disent vendre les déchets, n’a pas voulu trop réagir sur le tra- vail pourtant rentable. Les grandes théories de l’État l’attribuent la protection des citoy- ens qui le constituent. Même si certaines théories voient dans la mission de l’État (bourgeois) la protection des dominants de la société, cependant certaines socié- tés établissent des mécanismes de prise en charge des plus démunis du système avec l’argent des con- tribuables. Ces mécanismes de protection sociale dont il convient de parler d’assistance dans le cas de ces démunis travaillant dans l’informel ne touchent aucun des interrogés. Seul Sonson, un autre enfant de 13 ans à la rue Saint- Honoré, a dit avoir déjà vu de distri- butions de kits cependant les «gwo nèg » (plus âgés violents), pour reprendre son expression, l’ont toujours empêché d’en bénéficier. Pour ce qui est de savoir s’il est de la volonté des citoyens de prendre ces risque ou si c’est l’inadéquation de la protection sociale de l’état qui ne les en empêche pas, des cadres du ministère des affaires sociales et du travail ont répondu que « les programmes ne peuvent pas touch- er tout le monde. On doit accepter le fait que les gens font leur travail et qu’il faut c’est de les encadrer ». Au fait, aucun de la gamme des droits universels de l’homme (à la santé, art 25 ; à la sécurité socia- le, art 22 ; au travail, à la protec- tion, art 23 ; à un niveau de vie suffisant, art 25 ; à l’éducation, art 26) promu par l’occident et en vogue dans le pays surtout depuis 1986, n’arrive à empêcher ces citoyens d’arriver à ce niveau de contradiction pour reproduire leur vie. Ces droits seraient-ils ceux des individus égoïstes, repliés sur eux mêmes; droits favorisant (occultant) l’exploitation comme le pense Marx dans la « question juive » (1843, p 22-23) ? En fait, ni la liberté, ni l’égalité, ni la fra- ternité de ces droits, et triade de notre drapeau, n’empêche les citoy- ens de risquer leur vie sans aucune protection, aucune assistance dans ces ravins et décharges aux déchets mêlés. Dans l’individualisme (exac- erbé avec le capitalisme), on pense que seul son bonheur et « celui des siens » importent. Mais est-il vrai, comme le laisse croire le capital- isme, qu’on peut construire son bonheur ignorant celui des autres, autrement dit, sur le mal-être des autres? Nous qui prétendons ignor- er le sort de ces concitoyens-là, n’est-il pas incohérent même dans la logique individualiste et égoïste, dans la mesure où ces enfants qui ne vont pas à l’école et aspirent au bonheur comme tout le monde risquent de devenir des hors la loi (comme aucune loi ne les ont jamais protégé) et nuisent à notre bonheur égoïste en générant de l’insécurité ? Ces grands-mères qui font les courses aux mêmes marchés que nous, ne risquent-elles pas de con- taminer notre cuisine égoïste par toutes sortes de maladies? En tout, cas réfléchissez sur votre individu- alisme exacerbé ! Enfin, est-ce que ces citoyens vont être pris en charge par le nouveau gouvernement où est-ce qu’avec ces milliers de citoyens (personnes plutôt?) « rapatriés » par l’autre partie de l’Ile ils seront encore plus à prendre ce risque mortel pour, paradoxalement, reproduire leur vie? En tout cas, si Silvia a résolu qu’elle ne votera plus, malgré la déception dont fait mention tous les potentiels votants de nos inter- rogés. Ceux- ci attendent les pro- chaines élections pour aller voter. Alors, peut-être que de ces milliers de candidats ils trouveront des concitoyens qui, une fois élus, ne les oublieront pas jusqu’aux pro- chaines élections, comme l’a pensé Fitzner qui. Malgré tout, pense voter. Un gagne-pain à double impactpar Sabry ICCENAT HAÏTISOCIÉTÉ/RÉCUPÉRATEURSDEDÉCHETS Qui ne tombe pas encore sur un de ces concitoyens en train de fouiller dans les poubelles, les montagnes de débris en pleine rue ou les ravins ? Sans aucune distinction de sexe ni d’âge, ils cherchent dans les déchets des objets en plastique, des canettes, du fer, du cuivre. Bref, tout objet ayant une valeur marchande. Des enfants au travail sur un site de stockage à l’angle des rue pavée et des miracles.
  15. 15. MERCREDI 8 JUILLET 2015 N0 34 | 15 SOCIÉTÉ La robe noire taillée LN-Je fais une chose non profes- sionnelle en te félicitant pub- liquement pour ta beauté noire et lumineuse. En espérant que ce compliment sera pris dans son élé- gance sociale, engageons les sujets de notre entretien. Il se déroulera sur ton parcours dans la vie, sur l’entreprise Raj Magazine, sur tes croyances religieuses et tes sou- haits pour ta terre, madame, pour la prochaine décennie. Tu es née à Port-au-Prince? Ou ? Dans quel joli bourg d’Haïti as-tu pris naissance ? RAJ -Merci pour les compliments, Pierre. J’apprécie l’élégance inves- tie dans la formulation de ta pensée. J’ai pris naissance à Port-à-Piment dans le Sud, là où se trouve l’une des plus belles grottes des Caraïbes: la grotte Marie-Jeanne. Je ne m’accroche à aucune dénomi- nation religieuse précisément. Je crois en Dieu, en sa puissance, en sa présence en chacun de nous. Je suis en quête de Lui. Je cherche à pouvoir communiquer avec Lui en vue de trouver ma paix intérieure. Mes souhaits pour Haïti, ma terre, pour la prochaine décennie, c’est de voir émerger une classe moyenne capable de répondre à ses besoins. Mon engagement personnel veut que je m’investisse à apporter, à travers Raj Magazine, ma singulière contribution dans la revalorisation de la conscience de l’Haïtien en l’encourageant à capitaliser sur le positif... LN.Quels sont les meilleurs souve- nirs qui te restent de ton adoles- cence? Une nostalgie amoureuse? Un succès de classe ? Un deuil ? Une belle robe ? Un poème, à toi, dédié ? RAJ- En élémentaire II, je ne con- nais pas la nouvelle nomenclature dans l’enseignement, j’étais la moins âgée et la plus menue de la classe. Un jour, à la récitation, la professeure s’est rendue compte que j’étais l’unique élève à réciter convenablement toute la leçon d’histoire. Pour marquer cette performance, elle m’avait invitée à monter sur son bureau pour être applaudie par toute la classe. Enfin, j’avais droit, pour mon exploit, à une surette (un bonbon). J’étais fière de moi ! De plus, j’ai en mémoire cette belle robe noire que je m’avais taillée, elle épousait parfaitement mes lignes... Le tissu rétrécissait après lavage. Un jour tandis que je m’en suis revêtue pour me rendre à l’INAGHEI (1ère année), ma mère pestait contre ma tenue. Elle avait trouvé que c’était un juste-au-corps et que cette robe laissait lire tous les détails de ma morphologie. Catégoriquement, elle m’interdisait de laisser la maison accoutrée de ma belle robe dont j’étais si fière. Je me souviens d’avoir essayé de la convaincre. Entre temps, je ne sais par quel miracle, la robe allait reprendre ses dimensions normales et redevenir décentes. Elle ne se laissait prendre à mes fantaisies et mes réponses ne faisaient pas le poids. Quand elle a compris que j’étais entêtée à porter ma robe malgré tout, elle m’a appelée et de ses ciseaux, l’a a fendue de haut en bas. Là, elle m’a invitée à sortir en lambeaux... si j’y tenais encore. J’étais en colère ce jour-là contre ma mère. Mais, avec l’âge et le raisonnement, j’ai fini par comprendre cette éducation ferme et disciplinée... De nos jours, nos jeunes s’habillent n’importe com- ment et affichent n’importe quel comportement antisocial voire déviant. Les parents n’exercent sur eux aucun contrôle et la société devient de plus en plus permissive. Y AVAIT-IL DES PROPOSITIONS INDECENTES ? LN. Qu’est-ce qui t’avait porté à créer Raj Magazine ? Mon amour pour Haïti. Mon désir de contribuer à l’évolution de notre société et surtout mon engoue- ment à encourager la culture de la positivité chez nos lectrices et nos lecteurs, et bien sûr, chez nos collaboratrices et collaborateurs et chez moi (la charité bien ordonnée commence par soi. Rires). LN. Femme, cela a dû être dur pour toi de faire comprendre ce projet ? C’est malheureusement dur, en effet, pour les femmes de faire valoir leur projet. Mais la déter- mination, la persévérance, la pas- sion et l’amour pour Haïti, pour ce travail, ont permis à Raj Magazine d’exister encore. C’est tout un pro- blème de discrimination. LN. Quel a été le plus grand défi pour toi ? La rédaction ou le sup- port financier ? Mes collaborateurs aiment autant que moi l’idée de vendre Haïti autrement que la promotion de ses sites naturels et historiques. Donc, la rédaction n’a jamais été un trop grand défi. Le support financier, oui, c’est le plus grand défi de Raj Magazine. Au fait, ce serait mieux de trouver des mécènes, des entre- preneurs pour des engagements à long terme plutôt que de courir derrière des patronages tout au long de l’année pour assurer la pérennité de Raj Magazine. Nous envisageons tant de choses pour promouvoir positivement Haïti (avoir une version audio pour les non-voyants comme nous l’a sug- géré le Dr Michel A. Péan. Une ver- sion vidéo qui serait publiée sur YouTube, FaceBook et les télés qui voudraient bien; organiser au moins quatre activités culturelles par an; inviter des jeunes à nous accom- pagner dans les villes de province à chaque déplacement pour leur permettre de visiter le pays, etc.) Dans tous les pays du monde, il existe pas mal magazines à dévelop- per des thématiques différentes. En Haïti, on dirait même que c’est une fierté de voir des revues naître un jour et mourir un à trois ans plus tard. Bien souvent des entreprises de sponsorisation me déclarent qu’elles n’y sont pas intéressées parce qu’en général les magazines ne vivent pas longtemps. Elles feignent d’ignorer que justement c’est par leur déni de support que ces initiatives meurent aussi rap- idement. D’ailleurs, RAJ Magazine est distribué gratuitement. L’argent doit circuler pour asseoir une classe moyenne qui soit en mesure de se procurer les biens et les services de ces entreprises... En faisant ce travail de promotion du pays, ces entreprises contribueraient à la promotion de leur environnement et les retombées leur seraient favo- rables dans le temps. L’objectif de Raj Magazine par exemple est de porter les touristes à venir en Haïti, à influencer les gens positivement (les lecteurs de Raj Magazine) en vue de les encourager à réfléchir et agir dif- féremment... Comme si rien de ce qui a rapport avec la collectivité, la culture de la positivité, la promo- tion du pays et des artistes qui nous distraient ne nous intéresse... C’est à se demander qu’est-ce qui peut bien faire réagir certains Haïtiens de nos jours? Nou pa konen nan kisa nou kwè. LN. J’enragerais de savoir que, sur le plan des contacts avec le milieu des affaires, on t’aurait fait des “propositions indécentes”. Eh bien! Ne te gêne surtout pas, Pierre. Cette attitude fait partie du lot. C’est un véritable problème auquel j’ai fait face plus d’une fois. Mais ne t’inquiète pas parce que j’aurais préféré voir Raj Magazine aux oubliettes plutôt que de succomber à ces ‘’propositions indécentes’’. Comment comprends- tu que je fais la promotion de notre pays avec Raj Magazine mettant en exergue le côté positif des gens, encourageant ses lecteurs à consommer les fruits et légumes du terroir..., ce que toute haïtienne, tout haïtien conséquents devraient encourager... Je devrais me compromettre moi-même pour y parvenir?... Franchement, Pierre? Autant faire taire mon patriotisme et me trouver un pis-aller dans une ONG, ou fuir Haïti comme fait la majorité de la jeunesse du pays livré à lui-même... Il est grand temps que les hommes apprennent à apprécier le travail des femmes plutôt que de les considérer comme de vulgaires marchandises. C’est odieux... L.N. Quels sont les meilleurs numéros que tu as imprimés ? Pour moi, chaque numéro de Raj Magazine a sa singularité et sa beauté. Mais, j’avoue apprécier plus les hors-séries: ‘’Frank Etienne l’Immortel’’, ‘’Rhum Barbancourt l’Or du temps’’, ‘’l’Age d’Or’’, les numéros réguliers: ‘’Destination Sud-Est’’, ‘’Bienvenue dans le Marien’’, ‘’Destination Grand’Anse’’, ‘’Destination Môle Saint-Nicolas’’, ‘’Regard sur l’Art en Haïti’’ un numéro fin prêt, mais que nous avons des difficultés à imprimer faute de 13 000.00 $ US pour l’occasion... Je profite de cette entrevue pour solliciter le support financier de certaines entreprises moyennant des pages publicitaires en contre -partie. 12- J’ai aimé, Rose, ta photo avec le bouquet de fleurs dans le numéro sur la BPH. Merci pour ton appréciation. Les couleurs de mon sourire reflètent la beauté de mon âme. Mes plus beaux sourires viennent de mon cœur, Pierre... Rose Adele Joachin : « Ne t'inquiete pas des propositions... »Par Pierre Clitandre FOCUS Rose Adèle Joachin est belle. Responsable de RAJ Magazine, elle se bat pour la présentation d’une image positive du pays. Cela ne se fait pas sans déceptions. Elle nous raconte son aventure avec des nuances qui disent qu’elle veut garder certains secrets… Rose Adele Joachin.
  16. 16. 16 | N0 34 MERCREDI 8 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ M arche pacifique, danse, témoignages, chants, scènes de théâtre, ont été les principales activités réalisées pour marquer cette céré- monie de clôture. Il s’agit d’un séminaire de for- mation et de sensibilisation à l’intention de 60 élèves de la classe de 5e année fondamentale de l’École nationale Toussaint Louverture (Lascahobas) contre les violences (physiques, émo- tionnelles et sexuelles) faites aux enfants dans les milieux scolaires. À cette formation ont pris égale- ment part près de 51 élèves de 7e, 8e et de 9e année fondamentale de l’institution Mixte de l’Avenir (Carrefour-Feuilles) et 30 profes- seurs, dont 15 de Lascahobas et 15 de Port-au-Prince. Des séances de sensibilisation ont été réalisées à l’intention des parents sur la dis- cipline positive en lieu et place de la violence. Droits de l’enfant, participation citoyenne, leadership et protec- tion contre la violence ont été, entre autres, les thèmes agités lors de ces séances de formation, débutées en avril dernier. La protection des enfants con- stitue l’une des grandes priorités de l’IBESR, affirme le représent- ant de l’IBESR, Elie Serge. C’est dans cette perspective qu’il a établi un bureau à travers les dif- férents départements du pays et déployé un ensemble d’agents de protection des mineurs afin de veiller au strict respect des droits des enfants, notamment les plus vulnérables. De son côté, la représentante d’« Enpak », Jo-Ann Garnier Lafon- tant, a indiqué que les parents et les professeurs peuvent aider les enfants à s’autodiscipliner sans pour autant user de violence à leur endroit. Les enfants, a-t-elle ajouté, peuvent être éduqués en passant avec eux des contrats et par la négociation. De l’avis de la représentante d’« Enpak », il convient de sensibilis- er tout un chacun à la nécessité de s’engager dans la protection des enfants. Car, soutient-elle, toute action violente exercée contre un enfant risque de conduire celui-ci dans une spirale où il exercera à son tour la violence sur un autre plus petit que lui. Pour remédier à cette situation, Mme Lafontant appelle au respect du droit intégral des enfants. Elle préconise l’usage de la discipline positive en vue d’enrayer les actes de violence sur les enfants. Cette série de séminaires, indique la conseillère de « HPP AKSE », Marjorie K. Bertrand, s’inscrit dans le cadre du support de l’organisation qu’elle représente à l’État haïtien pour aider celui-ci à mettre en place une politique publique via l’élaboration d’un cadre légal devant contribuer à prévenir la violence et à en proté- ger les enfants. Elle rappelle qu’une enquête réali- sée en 2012 a révélé que plus d’un tiers des filles interrogées ont été victimes de violences de toutes sortes avant d’atteindre l’âge de 18 ans. Selon ce qu’elle a indi- qué, le milieu scolaire est désigné comme l’endroit où les enfants sont victimes d’abus soit de leurs enseignants, soit des directeurs d’écoles. Face à cette situation, informe Mme Bertrand, une stratégie nationale de protection de l’enfant est en cours d’élaboration. Elle permettra de freiner les violenc- es faites aux enfants en vue de contribuer à l’épanouissement de cette catégorie vulnérable. Dominique Yanick, une écolière, participant à ces séances de for- mation, informe y avoir appris les méthodes lui permettant de résoudre un conflit avec ses pairs. Elle a aussi indiqué que ce sémi- naire a contribué à l’aider de manière positive, arguant qu’elle était une fille conflictuelle et que maintenant elle ne l’est plus. Bélizaire Stevenson, un autre écolier également participant à cette formation, ne tarit pas de louanges quant aux bienfaits de ce séminaire. Il dit espérer que cette initiative va s’étendre sur toute l’étendue du territoire afin de permettre à d’autres enfants d’en tirer profit. Aussi se propose-t-il de partager avec les enfants de son âge les leçons qu’il a apprises durant ce séminaire. Marche de Sensibilisation Contre la Violence faite aux Enfants. Clôture du projet Kapabpar Reynold Aris Suite aux résultats de l’enquête sur la violence faite aux enfants (VACS) (Violence Against children survey), commanditée par l’État haïtien, l’organisation « Enpak » (Engagement, participation et kapasite), en partenariat avec l’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR) et le projet « HPP AKSE », a clôturé le projet baptisé Kapab (Konprann mwen, Ankadre m pou m aprann pi byen). La cérémonie a été tenue le dimanche 5 juillet 2015 à Lascahobas (Plateau central). Ce projet est financé par l’Agence américaine internationale de développement (USAID) pour un montant de 42 mille dollars américains. HAÏTI/DROITSDEL’ENFANT

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