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N45

  1. 1. » P. 14 » P. 22 »   P. 5 SOCIÉTÉ SPORT » suite page 4 » lire page 3 Centre ambulancier national : un service d'urgence personnalisé 24/24 Par Ronald Singer Cady Lalanne sacré avec les Spurs par Gary Éliézer L'UE ne fera pas d'ingérence !Par Lionel Edouard HAÏTI / RÉPUBLIQUE DOMINICAINE / DIPLOMATIE JEUDI 23 JUILLET 2015 NUMÉRO 45 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI ACTUALITÉ Daniel Supplice limogé pour avoir constaté l'échec du PIDIH HAÏTI / ÉLECTIONS L es missions d’observation sont donc en déficit de confiance. C’est un fait. Pour contourner ce problème, Elena Valenciano agite les travaux passés de l’Union européenne dans ce domaine. Un passé vieux de plus de vingt ans et qui aurait vu l’UE observer des élec- tions dans plus d’une centaine de pays. C’est, en termes de garantie, le seul élément qu’elle a fourni pour défendre « la crédibilité, l’indépendance, la neu- tralité et l’esprit de professionnalisme » qui accompagnera son équipe. Aussi, pour signifier que son institution ne va pas influencer les résultats des pro- chains scrutins. Ambassadeur Daniel Supplice. / Photo d’archives : J. J. Augustin Pas d’ingérence ! La réponse d’Elena Valenciano a été sèche et sans appel : « Nous ne sommes pas là pour valider ou invalider les résultats des élections, nous ne faisons pas de la supervision électorale. » Le chef de la Mission d’observation électorale (MOE) de l’Union européenne a ainsi fixé les grandes lignes de son travail. Lequel constituerait à aider à garantir le respect total de la volonté démocratique des Haïtiens. Ce serait l’objectif principal de cette mission dont les observateurs se déploieront à partir du 24 juillet 2015. Willy Duchene écarté de la course présidentielle Par Reynold Aris
  2. 2. 2 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 TRIBUNE E n une vingtaine d’années, l’insécurité est devenue l’un des thèmes-phares du discours politique, toutes tendances idéologiques confondues. Portée par un climat d’inquiétude, non sans fondement, mais parfois délibérément amplifié et exploité par certains secteurs, la participation d’entreprises privées à des missions de sécurité publique n’a cessé d’augmenter et de se diversifier jusqu’à atteindre aujourd’hui des proportions alarmantes. Bien que les fonctions de ces agents de prévention et de sécurité soient avant tout d’ordre « économique », leur banalisation et les pouvoirs de contrôle qu’ils s’arrogent de plus en plus, aux frontières (mal définies) de la légalité, font peser un risque significatif sur la sécurité et les libertés publiques. Dès 1986, le concept d’agences privées de sécurité a été introduit. Il s’est d’abord heurté à une véritable levée de boucliers de la part de l’opinion publique, qui assimilait (non sans raison) de telles agences à des milices privées. Le Conseil national de gouvernement d’alors s’est, dans un premier temps, plié à cette injonction populaire et a interdit la création de ces entreprises. Mais petit à petit, en catimini, les agences ont commencé à éclore, sans débat sur un tel sujet et sans un cadre législatif cohérent pour baliser et contrôler leurs activités. Celles-ci n’ont d’ailleurs cessé de se multiplier et de se diversifier : de la sécurité statique dans les limites de propriétés privées, on est passé au convoyage de fonds, et aujourd’hui à la sécurité rapprochée des puissants et de leurs proches. La profession des agents privés de sécurité s’exerce donc dans le plus grand flou : confusion quant à leur statut, quant à leur rôle, quant à leur pouvoir, et finalement quant à la définition même de cette « sécurité » qu’ils sont censés assurer et qui justifie l’incessante augmentation de leurs effectifs. Insidieusement, la séparation entre espace public et espace privé, entre le régime de la loi et celui de la règle s’estompe. (Usage cellulaire, tenue vestimentaire.) De même, ces agents ont de plus en plus tendance à passer de la prévention à l’intervention, de l’intervention à la répression. Ainsi, nous avons été témoins de vigiles menottant, encagoulant et torturant un présumé délinquant dans le parking d’un supermarché de Pétion-Ville. La plupart des citoyens ne savent pas bien où commencent et où s’arrêtent la fonction et les pouvoirs d’un agent privé de sécurité, confusion entretenue par un foisonnement d’uniformes de toutes variétés, mais qui ont pour point commun d’évoquer ceux des policiers ou militaires. Ce mimétisme n’est pas l’effet du hasard, mais résulte d’un calcul de la peur visant à l’instauration d’un pouvoir de dissuasion. Ces uniformes ont précisément pour fonction d’instituer une dissymétrie, un rapport d’autorité, et donc de pouvoir, entre le vigile et les « civils », rapport d’autorité et de pouvoir qui reste totalement illégitime du point de vue du droit. Le problème du chevauchement des rôles entre les services publics et privés de sécurité est aggravé du fait de l’absence de règles de déontologie et d’éthique régissant l’industrie de la sécurité privée. Ainsi peut se créer, chez les divers intervenants, une grande confusion quant aux pratiques qui sont acceptables et celles qui ne le sont pas. La Constitution de 1987 interdit la formation de tout corps armé, à l’exception de la Police nationale et de l’Armée. Les agences privées de sécurité sont-elles des corps armés ? Que leurs membres soient armés ne fait aucun doute et il est également avéré que ces entreprises sont dotées d’une hiérarchie et qu’elles intègrent nombre d’anciens officiers, sous- officiers et enrôlés démobilisés. Cette réalité soulève des questions que les autorités et la société haïtiennes auraient tort d’ignorer. Existe-t-il des dispositions légales pour limiter les effectifs de ces agences ? Leur armement a été, à l’origine, limité en principe au fusil de chasse et au revolver calibre .38, mais non seulement les décrets stipulant ces dispositions sont sérieusement défaillants, mais encore ils ne sont pas appliqués de manière systématique et sont souvent adaptés à la tête du client. Ainsi, une des premières agences a pu s’équiper de fusils d’assaut, prélevés en outre sur l’arsenal des FAd’H et aujourd’hui encore certains vigiles ou gardes du corps s’affichent avec des pistolets semi- automatiques souvent dotés de chargeurs d’une capacité allant jusqu’à 30 balles. Qu’en est-il du programme de formation de ces vigiles ? S’il existe, qui l’a conçu et en vérifie l’application ? Comment transformer un ex-soldat entraîné pour affronter et éliminer l’ennemi en un agent d’accueil, de contrôle d’accès et du respect des consignes de sécurité du site, etc., toutes fonctions qui supposent une courtoisie et une aptitude à désamorcer les conflits, qui sont aux antipodes des vertus du combattant ? Il faut également s’inquiéter de la multiplicité des uniformes, qui se complique du fait que la PNH elle-même en aligne une demi- douzaine, jetant le citoyen dans une confusion totale, où il ne sait qui représente l’autorité de l’État, qui est habilité à l’interpeller, à stopper son véhicule ou à le détenir. À notre avis, TOUS les vigiles devraient être astreints à porter le même uniforme, les distinguant de manière évidente des agents de la Force publique. L’appartenance à une entreprise particulière ne devrait être marquée que par un badge ou un écusson arboré de manière ostentatoire et identifiable immédiatement et à distance par les citoyens. Qui peut rassurer le citoyen sur la compétence technique et psychologique de ces hommes et femmes à utiliser, dans le respect de la sécurité collective et du droit à la vie, les armes à feu dont ils sont dotés ? Mais la question la plus angoissante est-celle de la compatibilité entre la sécurité publique, définie comme droit du citoyen et responsabilité de l’État, et la sécurité privée, privilège exclusif de la minorité qui peut en assumer les coûts. Comment ces entreprises lucratives pourront- elles continuer à prospérer si la sécurité publique, exigence quasi unanime de la citoyenneté, devenait une réalité ? Quel avenir attend les agents qui seront éventuellement « démobilisés » ? Surtout, où sont les textes de loi, qui pourraient nous protéger de ces protecteurs automandatés ? Nos élus des deux chambres législatives sont jusqu’à présent restés muets sur ces questions vitales et l’exécutif n’a pas proposé de législation adéquate et cohérente dans ce domaine. Comment un État qui s’est opposé à la création par certains élus locaux de polices municipales improvisées laisse-t-il ce privilège à des entrepreneurs non élus ?. La privatisation de la sécuritépar Patrick Élie
  3. 3. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 3 ACTUALITÉ On peut s'en sortir ! C’estcequ’ondevraitsedire,nousenHaïti,quandonlitdansl’édition2014-2015 duRapportmondialsurlacompétitivitépubliéparleWorldEconomicForumque legouvernementrwandaisestclasséau7erangencequiconcernel’efficacitédans lagestionpublique.LeRwandaseretrouve,seloncerapport,devantdesnations commelaSuisse(9e)ouleLuxembourg(10e). Ce rapport évalue le niveau d’efficacité de la gouvernance dans 144 pays du mondesurlabasedecritèrescommelegaspillagedesressources,lesobstaclesàla régulationetlatransparencedansl’élaborationdespolitiquesnationales. LaBanquemondiale,desoncôté,prévoitqueletauxdecroissanceéconomiqueau Rwandadevraitatteindre7,4%en2015et7,6%en2016. Ilyaquelquesannées,unhautcadredesNationsuniesdéclaraitqueleRwanda étaitenétatde«mortclinique»! Lacommunautéinternationalenedonnaitpas cherdelapeaudecepaysafricain,surtoutaprèslegénocidede1994.LeRwanda étaitunpaysdéchiréparunépouvantableconflitethnique,rongéparlacorruption, auxmainsdechefsnevoyantqueleursintérêtspersonnelsetceuxdeleurclanou deleurethnie. UnenouvelleéquipeestarrivéeaupouvoirauRwandaaveclavolontédesortirde l’enfer,demettrelatêtehorsdel’eauetderêvergrand.Ellen’apasfaitfidelajustice, maiselleatoutliéaudéveloppementéconomiqueduRwanda. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que le Rwanda est un modèle de développementausuddelaplanète,surtoutsiontientcomptedel’histoirerécente dupays. Beaucoupdenousprofessentl’idéedéfaitistequenotrepaysnesortirajamaisde sasituationchaotique.Denombreuxétrangers,enprivé,pensentmême,comme cehautcadrepourleRwanda,qu’Haïtin’aaucunechancedes’ensortir. MaisleRwandaadémontréqu’avecuneéquipesoucieusedel’intérêtnational,une équipecomprenantbienlesréalitésdel’heureetprêteàfairetouslessacrifices,à prendre tous les risques pour redresser la barre, on pouvait faire mentir les plus solidesanalyses. Avons-nouslacapacité,lavolontépourporteraupouvoiruneéquipecapablede redonnervieànotrenation?Allons-nousfairelebonchoixauxurnesafindedoter lanationdedirigeantscapablesdepenservraimentpaysetdeprendrelesdécisions quis’imposent? Làesttoutelaquestion. Gary Victor Édito » suite de la première page « Monsieur Daniel Supplice a fait des déclarations qui ont mis à mal la position du gouvernement haïtien » par rapport à la crise entre les deux pays, précise une source du ministère des Affaires étrangères, qui souhaite garder l’anonymat jusqu’à ce que l’ambassadeur rappelé soit de retour au pays. Les entretiens de Daniel Supplice accordés aux médias Listín Diario, de la République dominicaine, Métropole et Le Nouvelliste à Port- au-Prince, dans lesquels il a affirmé « l’échec du PIDIH », le Programme d’identification et de documentation des immigrants haïtiens, et déclaré Haïti comme le seul responsable de l’actuelle crise, constituent dans les couloirs du gouvernement la source de cette décision de rappel définitif de l’ambassadeur Supplice. Le gouvernement déplore le fait que ces déclarations du diplomate haïtien aient été utilisées contre les autorités haïtiennes à plusieurs reprises, quand elles ont eu à défendre la position d’Haïti dans l’actuelle crise migratoire qui met aux prises les deux Républiques. Ne souhaitant pas donner de détails, le chancelier haïtien ad intérim, Lener Renaud, explique qu’il « n’y a pas de raison cachée à cette décision » et que « cela est seulement administrative. » Le coordonateur de la Fondation Zile, Edwin Paraison, doute que cela soit un simple changement administratif. « Ce n’est pas un changement de routine, parce que l’ambassadeur n’a même pas encore six mois dans le poste. » Daniel Supplice a été nommé le 25 février dernier et son entrée en fonction effective remonte à une soixantaine de jours. Reconnaissant que le gouvernement a le droit de rappeler son ambassadeur à n’importe quel moment, Edwin Paraison juge dans une interview au National que dans ce contexte « il est clair que ce n’est pas un rappel de routine ». L’ambassadeur a été remplacé par Magalie Jeanty Magloire, appelée à assurer l’intérim. « Dans la conjoncture actuelle, nous exhortons les autorités haïtiennes à communiquer les motifs de la décision, dans l’idée d’éviter toute confusion », avance le coordonnateur de la Fondation Zile. Il souligne que certaines personnalités de la République dominicaine commencent à estimer que cette décision pourrait constituer « une réaction, une action humiliante » à l’endroit des autorités dominicaines. La Coordination du Groupe d’appui aux rapatriés et refugiés (Garr) reste convaincue que la décision de destituer l’ambassadeur pourrait être réellement liée à son franc- parler. « Nous ne sommes pas sûrs que c’est en fonction de ses déclarations que la décision à été prise. Cependant c’est une cause plausible », d’après Saint-Pierre Beaubrun, coordonnateur du Garr, contacté par Le National. Saint-Pierre Beaubrun estime qu’ « un ambassadeur a une obligation de réserve. Il a voulu être sincère mais sa parole n’est pas libre. » Le Garr croit « regrettable » la décision de rappeler Daniel Supplice, une décision qui risque d’affecter « la continuité et la bonne marche » du dossier de la crise migratoire entre les deux pays. Saint-Pierre Beaubrun continue de voir en Supplice une personnalité qui pourrait aider à dénouer l’actuelle situation de trouble. Dans un très court échange téléphonique avec Le National, Daniel Supplice affirme qu’il est toujours en République dominicaine et qu’il rencontrera la presse à son retour. Il affirme n’avoir aucune déclaration à faire à la presse pour l’instant sur la question de son rappel. Daniel Supplice a été nommé après une marche d’organisations de la société civile le 25 février 2015. Celles-ci avaient manifesté pour dénoncer l’assassinat d’un Haïtien en République dominicaine. Son rappel survient après une nouvelle marche de ces mêmes organisations dans la capitale haïtienne, le mardi 21 juillet, pour dénoncer l’expulsion vers Haïti d’immigrants haïtiens et de dominicains dénationalisés au regard de l’arrêt 168-13, adopté par la Cour constitutionnelle domi- nicaine le 23 septembre 2013. Daniel Supplice limogé pour avoir constaté l'échec du PIDIH Par Stephen Ralph Henri HAÏTI/RÉPUBLIQUEDOMINICAINE/DIPLOMATIE La nouvelle est tombée tard dans la soirée du mardi 21 juillet. L’ambassadeur d’Haïti en poste en République dominicaine, Daniel Supplice est remplacé provisoirement par Magalie Jeanty Magloire qui assumait la fonction de ministre conseiller. Une décision qui peut prêter à confusion et que le principal concerné, toujours en territoire dominicain, ne souhaite pas commenter pour l’instant.
  4. 4. WWW.LENATIONAL.HT 10, RUE GABART · PÉTION-VILLE EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 4611-1010 / 3214-5554 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY DIRECTION ARTISTIQUE : FABRICE LAFLEUR RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS JDESROSIERS@LENATIONAL.HT CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, EDDY LAGUERRE, KENSON DÉSIR, REYNOLD ARIS, SCHULTZ LAURENT JUNIOR WALTER CAMEAU PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : JEAN ERIC FOUCHÉ, FRANTZ CLERGÉ, JACKSON JOSEPH GRAPHISTE : JUNIOR ADME CARICATURISTE : FRANCISCO SILVA DISTRIBUTION : PIERRE PAUL EMMANUEL ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE ••••••••••••• IMPRIMÉ EN HAÏTI PAR LES ÉDITIONS DES ANTILLES S.A 4 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 ACTUALITÉ Argumentant cette position, elle précise que l’UE n’avait pas supervisé d’élections en 2010. Une vérité connue de tous. Le moment politique que connaîtra le pays avec les élections prochaines est important. L’Union européenne le sait. Elle veut contribuer. Sa démarche, défend Elena Valenciano, ne serait pas intéressée. Ou du moins, explique-t-elle, son seul intérêt réside dans le maintien des efforts pour « l’élargissement de la démocratie dans le monde », comme mentionné dans le texte fondateur de cette communauté européenne. Une enveloppe évaluée entre trois à quatre millions de gourdes sera toutefois nécessaire pour réaliser cette mission. Un budget qui évoluera en fonction du nombre de tours aux élections. Le choix d’Haïti, « pays chéri par les citoyens de l’Union euro- péenne », pour le déploiement de la MOE s’expliquerait par « l’engagement et la solidarité entretenue entre l’UE et le peuple haïtien », précise-t-elle. En dépit de cette marque de sympathie et d’attention soutenue, cette mission, informe celle qui est également membre du Parlement européen, est déployée suite à l’invitation du gouvernement haïtien et l’envoi d’une mission exploratoire en Haïti qui s’est déjà entretenue avec différents acteurs. La mission est déjà en selle Actuellement, la mission, informe madame Valenciano, analyse le cadre juridique des élections. Elle devra également procéder à l’analyse du registre électoral, du processus de dépôts de candida- ture, de la campagne et de la lib- erté de campagne, de la violence électorale, du financement et de l’utilisation des biens publics, entre autres. Un accent particulier sera mis sur la couverture de la campagne dans les médias, à travers un monitoring, pour mesurer la présence des différents candidats dans les espaces médiatiques tant privés que publics. La méthode qui sera utilisée dans le cadre de cette observation est celle utilisée par les missions dans tous ses précédents travaux. Elle aurait déjà fait ses preuves. C’est ce qu’avance le parlementaire européen, sans donner trop de détails. En tout cas, les missionnaires promettent de respecter les lois haïtiennes et les protocoles d’entente signés avec le Conseil électoral provisoire ainsi que le code de conduite. Ces documents, rapporte Elena Valenciano, constituent leur cadre de référence. La MOE s’est aussi engagée à fournir, deux jours après la fermeture des bureaux de vote, un rapport sur les conclusions préliminaires des observations des missionnaires déployés à travers le pays. Quelques semaines après la proclamation définitive des résultats, un rapport final contenant des recommandations sera présenté. À cet effet, le respect du protocole qui offre à la mission la possibilité d’avoir accès à toutes les informations nécessaires pour mener à bien son travail est nécessaire. Plusieurs personnalités, comme le président de la République, Michel Joseph Martelly, le Premier ministre Évans Paul, et Mme Sandra Honoré, ont déjà été rencontrées. La commission s’est également entretenue avec des leaders politiques, dont Sauveur Pierre Etienne, Jacky Lumarque, Moïse Jean Charles, Maryse Narcisse, et surtout Jean Bertrand Aristide qui, depuis son retour en Haïti en 2011, a observé un long et lourd silence public, notamment en ce qui concerne les questions politiques. Cette mission d’observation, qui sera déployée le vendredi 24 juillet à travers les dix départements du pays, est composée d’une équipe de sept analystes couvrant différents domaines. Également de 22 observateurs de longue durée et de 24 observateurs de courte durée. Ces derniers viendront sur le terrain la veille des élections. Ils seront renforcés par des observateurs diplomatiques européens. Au total, ce sera une équipe dont l’effectif sera compris entre 70 à 80 observateurs qui seront déployés par l’UE pour les trois tours de scrutins, a précisé Jose Antonio de Gabriel, chef observateur adjoint, qui participait aussi à cette rencontre avec la presse du mercredi 22 juillet 2015. L'UE ne fera pas d'ingérence ! Par Lionel Edouard HAÏTI/ÉLECTIONS » suite de la première page Elena Valenciano, chef de la Mission d’observation électorale de l’UE en Haïti. / Photo : J. J. Augustin
  5. 5. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 5 ACTUALITÉ E dmonde Supplice Beauzile, présidente de la Fusion des sociaux-démocrates et candidate à la prochaine présidentielle, n’y va pas par quatre chemins pour assimiler ce crime à un complot visant à déstabiliser les partisans et l’électorat de la Fusion à l’approche des prochaines élections. Aussi a-t-elle dénoncé certaines persécutions politiques dont sont victimes les candidats de son parti, notamment dans le Sud-Est et le Centre où certains représentants de la Fusion aux différents postes électifs font l’objet de graves menaces. « Nous interprétons ce qui s’est passé comme une politique de persécution contre des candidats bien placés pour remporter les élections », a fait savoir pour sa part Rosemond Pradel, précisant que le climat de violences qui prévaut actuellement dans le pays est susceptible de compromettre le bon déroulement des joutes électorales. Dans un laps de temps, Rosemond Pradel se rappelle plusieurs cas de violences perpétrées contre des candidats de son parti. Bien avant la mort de Pierre Lafond, la résidence du candidat à la mairie de Bainet, Raymond Jean- François, sous la bannière de la Fusion des sociaux-démocrates, a été attaquée par des hommes armés. Kensy Jean François, un mineur de 16 ans, neveu du candidat, a été blessé par balle et les envahisseurs avaient emporté des documents appartenant à Ray- mond Jean François. Le candidat au Sénat pour le département fait l’objet de vives menaces et le candidat à la députation de Saut- d’Eau a failli laisser sa peau dans un guet-apens, a souligné Rose- mond Pradel, qui dit être en train de collecter des informations pour pouvoir engager des poursuites auprès de la police et de la justice. En ce qui concerne la mort de Pierre Lafond, d’autres versions circulent sur les causes de son décès. L’une laisse croire que ce crime aurait été commis par l’agent de sécurité du candidat à la députation de Marigot sous la bannière de Pont, Déronneth Déus. Ce dernier a vite démenti cette information faisant croire que Gétho Bissainthe aurait été son agent de sécurité, dénonçant du même coup une campagne de dénigrement contre sa personne. Il a affirmé avoir eu de bons rap- ports avec Pierre Lafond qui avait même pris part au lancement de sa campagne tout récemment. Préfète Michel, deuxième membre du cartel de Pierre Lafond, présent au moment de l’incident, a essayé de rétablir la vérité en expliquant que Pierre Lafond a été atteint au moment où il tentait de calmer une dispute entre Gétho Bis- sainthe et une femme (présentée comme la compagne du tueur). Cet accident a provoqué de vives tensions au sein de la population de Marigot, visiblement fatiguée par ces actes de violences. Iden- tifié comme « zone rouge », le département du Sud-Est est en train de le prouver encore à travers les cas de violences déjà enregistrés à deux semaines de l’ouverture de la campagne électo- rale. Les partisans du Parti haïtien Tèt kale, avec les frères Lambert aux commandes, sont présentés comme les principaux fauteurs de troubles, en apposant les affiches des candidats du parti du pouvoir sur les murs des maisons privées au mépris des dispositions du décret électoral interdisant de tels actes. W illy Duchene, citoyen américain, a été écarté de la course électorale par le Conseil électoral provisoire (CEP) selon une note de presse émanant de l’organe électoral, publiée le mercredi 22 juillet 2015. D’après cette note, le CEP a, révélé que la candidature du citoyen Willy Duchene, du Parti républicain haïtien, est rejetée de la liste des concurrents agréés à participer à la présidentielle qui se tiendra des 25 octobre et 27 décembre 2015. Le motif. Il est retiré pour fausse déclaration sur sa nationalité. Dans sa mission de veiller au respect scrupuleux des dispositions du Décret électoral, le Conseil a été en mesure de vérifier que le nommé Duchene est citoyen américain. Il a été enregistré comme votant aux élections des États-Unis d’Amérique (en Floride), le 20 avril 1995. Son numéro de votant est le suivant : 101740814. À cet effet, poursuit cette note, le nommé Willy Duchene est écarté de la course électorale. Après le rejet de la candidature de Jacky Lumarque, le poulain de la Plateforme « Verite » celui de Levelt François en juin dernier et l’éviction de Willy Duchene, la liste des candidats agréés est désormais réduite. Elle est passée de 58 à 55 candidats provisoirement en attendant la publication de la liste définitive des aspirants à la présidentielle de 2015. La Fusion des sociaux-démocrates dénonce des persécutions politiquesPar Noclès Débréus et Pierre Paul Ancion HAÏTI/ÉLECTIONS/VIOLENCES Les responsables de la Fusion des sociaux-démocrates ont condamné, lors d’une conférence tenue ce mercredi 22 juillet 2015, la mort de Pierre Lafond, candidat à la mairie de Marigot, décédé tôt dans la matinée du mercredi à l’hôpital Saint Michel de Jacmel après avoir été atteint de deux projectiles tirés par Gétho Bissainthe. Outre ce cas, Edmonde Beauzile et Rosemond Pradel, respectivement présidente et secrétaire général du Parti, dénoncent vertement un complot ourdi contre les candidats de la Fusion. Edmonde Supplice Beauzile, présidente de la Fusion des sociaux-démocrates. / Photo : J. J. Augustin Willy Duchene. Willy Duchene écarté de la course Par Reynold Aris HAÏTI/ÉLECTIONPRÉSIDENTIELLE
  6. 6. 6 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 ACTUALITÉ J oint au téléphone par Le National, Me Miken Nordé confirme que l’affaire a été entendue au parquet de Jérémie par le commissaire de gouvernement, Me Antoine Rosny Saint-Louis. Ce dernier, selon lui, aurait souscrit à la position des avocats de Sorel Jacinthe demandant de renvoyer le dossier après les élections au regard du décret électoral en vigueur. Bien qu’il dise déceler une tendance de l’avocat de la société en faveur de la partie défenderesse, il affirme son intention de saisir directement le tribunal correctionnel dans ce dossier. Que disent les articles 237 et 116 du décret électoral ? Les avocats de l’accusé se sont appuyés sur le décret électoral en son article 237 pour demander que l’affaire soit entendue après les élections. L’article stipule: « Pendant toute la durée de la campagne électorale aucun citoyen, dont la candidature à une fonction élective a été agréée par le Conseil électoral provisoire ne peut être l’objet de mesures privatives de liberté qu’en vertu d’une condamnation définitive, sauf en cas de flagrance. » Intervenant sous le couvert de l’anonymat, un juriste, commentant ce texte, estime que cet argument retenu par les avocats du candidat au Sénat, Sorel Jacinthe, n’exclut en aucun cas des poursuites qui pourraient être engagées contre un candidat durant le processus électoral. C’est pourquoi, croit-il, le contre- argument évoqué par la partie demanderesse tient. « Pendant tout le processus électoral, les candidats et leurs partisans doivent observer une attitude correcte. Ils doivent se garder de toute incitation et à (sic) tout acte mettant en péril la vie et les biens de la population sous peine de sanctions prévues par le Code pénal. Le commissaire du gouvernement ou le juge de paix, assisté d’agents de la PNH, régulièrement saisis par le CEP, engage les poursuites », stipule l’article 116 du décret électoral. Poursuivant sa lecture du dossier, le juriste pense que l’ex-président de la Chambre des députés serait couvert par une certaine immunité au regard de l’article 237 du décret électoral. Car, explique-t-il, si la partie plaignante est incapable d’établir la flagrance des faits reprochés à Sorel Jacinthe, aucune peine restrictive ne peut être infligée à celui-ci durant la période électorale. Rappelons dans ce dossier que M. Jacinthe a été accusé de tentative d’assassinat sur le juge suppléant, Me Miken Nordé. Le juriste dit relever une grande anomalie dans cet article, compte tenu des restrictions de mesures disciplinaires qu’il permet à un candidat de jouir aux prochaines élections. Toutefois, Me Nordé envisage, de concert avec ses avocats, de procéder par citation directeaucorrectionnel.Étantsaisi directement de l’affaire, le dossier pourrait, selon lui, être entendu dans un bref délai. Cependant, craint-il, le dossier devra être assisté du ministère public en la personne du commissaire du gouvernement. Or, il dit déceler la tendance du représentant de la société favorable au renvoi du dossier après les élections. D’aucuns se souviennent que l’ex- député de Moron-Chambellan, pour se défendre des accusations portées à son encontre, avait lui-même brandi la carte des élections. Selon lui, ses adversaires politiques chercheraient à le miner à la veille des législatives prévues le 9 août prochain. Depuis le 6 août, la citée des Poètes s’est réveillée avec un nouveau scandale opposant un juriste à un candidat au Sénat. Le juge suppléant de la commune de Moron, Me Miken Nordé, accuse, sur les ondes, le dirigeant du parti politique « Inite », Sorel Jacinthe, de l’avoir agressé physiquement. Il s’est ensuivi, depuis, un arrêt de travail observé les 8 et 9 juillet écoulés par tous les juges de la juridiction de la Grand-Anse en solidarité avec leur pair. Une affaire d'immunitéPar Jean Michel Cadet JÉRÉMIE/JUSTICE/SORELJACINTHE L’Affaire opposant le juge suppléant de la commune de Moron, Me Miken Nordé, et le candidat au Sénat, Sorel Jacinthe, a été entendue le vendredi 17 juillet dernier. Les avocats de la défense évoquent l’article 237 du décret électoral pour demander le report du dossier après les élections. Alors que la partie plaignante brandit l’article 116 de ce même décret pour contester cette proposition. F inancé à hauteur de 50 mille dollars américains par la Minustah, ce projet sera implé- menté à travers sept des dix départements du pays, notamment le Nord, le Nord-Est, l’Artibonite, le Plateau central, le Sud, le Sud-Est et la Grand-Anse. Au total, ce sont 25 communes qui bénéficieront des activités qui seront réalisées dans le cadre de ce projet qui débutera à la fin du mois de juillet pour prendre fin au début du mois d’octobre. « Sitwayen afiche w, vin brase lide sou desantralizasyon nan 25 komin peyi a sòti nan Nò rive nan Sid », est le message principal qui sera adressé aux citoyens qui bénéficieront d’ateliers de discussions et de conférence-débats pour parfaire leurs connaissances dans le domaine. Ce projet vise, entre autres, à arriver à un véritable travail de décentralisation, pour doter les collectivités territoriales des moyens nécessaires en vue de s’auto-administrer et d’atteindre la voie du développement. La décentralisation « La décentralisation est incontournable en ce qui concerne les mécanismes à mettre en place en vue d’adresser les différents problèmes de la population », a fait savoir le directeur des Collectivités territoriales, Ruthlande Anglade. Ainsi, il formule trois propositions qui sont : l’intégration de tous les acteurs-clés permettant de faciliter son implémentation dans le pays, l’inventaire sur l’ensemble des travaux déjà réalisés dans ce domaine, statuer sur le niveau de décentralisation souhaité en évaluant les premiers travaux qui n’ont pas pu atteindre les résultats escomptés. Le président du Conseil d’administration de Gade-Haïti, Fednel Zidor, a, pour sa part, indi- qué que la décentralisation est un prescrit de la Constitution du 29 mars 1987. Il a déclaré que la non- réalisation des élections depuis environ quatre ans, a conduit les autorités centrales à désigner des agents exécutifs intérimaires (AEI) en remplacement des élus locaux. En pareille situation, dit-il, on se trouve dans la déconcentration et non dans la décentralisation. Étant donné que ces agents, explique-t- il, ont été nommés, ils ne sont pas habilités à prendre certaines déci- sions dans l’intérêt de leur com- mune, leur section communale. Il s’agit d’un acte contraire à la loi. Très acerbe, le numéro un de Gade-Haïti a indiqué que la décentralisation ne peut se faire via l’intervention de l’État central. Il rappelle qu’elle est le fruit de l’organisation des élections selon les échéances prévues par la loi. Aussi exhorte-t-il les citoyennes et citoyens à participer massivement aux prochaines compétitions électorales. Selon lui, la décentralisation est liée au transfert de compétences, de pouvoir et de moyens. Cette démarche, explique M. Zidor, participe du renforcement de l’autonomie des différents élus locaux et revêt une grande impor- tance pour le fonctionnement du pays. Il a en outre informé qu’à l’issue des différentes activités ins- crites dans le cadre de ce projet des actes d’engagement seront signés. Ainsi, un document sera soumis aux autorités via le MICT afin de placer la notion de décentralisation au centre des débats électoraux à la fin de cette année. De son côté, Patrick Schee, représentant de la Minustah a salué la mise en œuvre de ce projet qui vise à renforcer les institutions du pays, spécialement les pouvoirs des élus locaux. HAÏTI/COLLECTIVITÉSTERRITORIALES GADE appelle à une politique nationale de décentralisationPar Reynold Aris Le Groupe d’appui à la décentralisation en Haïti (Gade-Haïti), le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) et la Minustah, entendent dynamiser les collectivités territoriales. Aussi ont-ils lancé officiellement, mercredi, le Projet de mobilisation citoyenne et de plaidoyer en faveur d’une politique nationale de décentralisation.
  7. 7. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 7 D ans le cadre de cette enquête, 1 463 membres de l’OCID ont été déployés de manière aléatoire sur les dix départements du pays. Contrairement aux spéculations de la grande majorité, au menu de l’enquête, il a été plutôt question des desiderata de la population à l’approche des joutes électorales, en lieu et place d’examination des facteurs de chances, de l’intention de voter tel ou tel candidat lors de ces élections. Ces enquêtes ont été menées sous la direction de Neil Nevitte, chercheur à World Values Survey, consultant au National Democratic Institute (NDI) et professeur au département des sciences politiques à l’Université de Toronto. Les résultats ont été vulgarisés dans un atelier tenu le mercredi 22 juillet à l’hôtel Montana, en présence de plusieurs acteurs concernés. Les questions faisant l’essentiel de cette enquête étaient centrées spécifiquement sur les plus graves problèmes auxquels Haïti se trouve confrontée de nos jours, les intentions de prendre part au processus, l’arbitrage, les intérêts pour les questions politiques, ainsi que les questions de fausses promesses et d’achats de vote. Parmi ceux qui ont répondu à ces différentes interrogations, 64 % ont l’intention de voter, 14 % n’ont pas encore de décision et 23 % n’entendent pas remplir ce devoir civique, tout en évoquant comme motif, l’absence de la carte d’identification nationale (CIN). Par ailleurs, d’autres données de l’enquête révèlent un large soutien favorable pour un arbitrage national des élections à 80 %, contre un arbitrage des homologues internationaux. Une personne sur huit questionnés, affirme avoir déjà reçu des pots-de-vin contre son vote. Les résultats du sondage ont prouvé que la jeunesse est la catégorie la plus intriguée par la situation actuelle du pays. Ils sont en majorité entre 18 à 25 ans à répondre au questionnaire et représentent 35 % des interviewés. Ceux qui sont dans l’intervalle 26 à 35 ans constituent en effet 25 %. Les adultes de 36 à 50 ans correspondent à 22 %, et la tranche de 50 ans et plus forme les autres 18 % de l’échantillon. Tout le territoire national a été touché par cette étude. 19 % des sondés habitent la zone métropolitaine, 30 % des villes de province, et 51 % en milieu rural Les attentes sont des débats et de bons programmes Pour Rony Desroches, représentant de l’Initiative de la société civile (ISC), c’est une enquête qui a pour objectif d’apporter des données systématiques pour les candidats à tous les niveaux du processus électoral, de les mettre en face des vrais problèmes et préoccupations de la population. L’initiative, avance-t-il, a été prise après s’être penché sur le taux de chômage, la dégringolade de la gourde, les problèmes environnementaux. Le besoin d’un renouveau politique se fait sentir, il est temps de jeter un regard scientifique sur les réalités politiques haïtiennes. L’enquête nous a permis d’identifier les besoins des différentes couches de la société, les problèmes de méfiance de l’administration, pour ensuite les exposer à ceux et celles qui veulent prendre les rênes de la gouvernance de ce pays. Jean Frantz Jean-Louis, le ministre chargé des Questions électorales, a pour sa part salué cette initiative, qui pour lui est une campagne de vulgarisation des informations à propos de l’engagement des citoyens dans le processus qui devrait commencer à se matérialiser coûte que coûte le 9 août prochain. Il croit que ces informations vont permettre aux candidats de connaître les inquiétudes et les attentes de la population. Les candidats et les partis politiques, suppose-t-il, vont avoir recours à ces données pour mieux envisager leur campagne électorale, mieux charpenter leur programme politique, et aussi rectifier le tir sur des documents de cadrage déjà élaborés par d’autres candidats et partis. L’OCID dit espérer vivement que les constats présentés par cette enquête et les questions qu’elle soulève pourront, dans les jours qui viennent, alimenter des débats constructifs, notamment au sujet de la préoccupation de la population et de la problématique de l’engagement du citoyen. Le processus électoral en panne de confiance Par Évens RÉGIS HAÏTI/SONDAGE Les résultats d’une enquête menée sur un échantillon de plus de 3 700 personnes, concernant le processus électoral, par l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (OCID), ont révélé que 52 % des hommes et 58 % des femmes de la population ne font pas confiance au processus. Et ils ont évoqué le chômage, la pauvreté, l’insécurité, la corruption et les troubles politiques comme étant les véritables problèmes auxquels Haïti est confrontée.
  8. 8. 8 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 MONDE P our rentrer dans le moule, elle avaitdûsecouperlescheveux, se souvient Maria Eugenia Etcheverry. Aujourd’hui, elle commande une unité des forces aéri- ennes en Uruguay, pionnière dans une Amérique latine qui compte 4 % de femmes militaires. Première femme à occuper un tel poste en Uruguay, avec 16 hommes sous ses ordres, elle a l’habitude d’attirer l’attention depuis 1997, quand elle avait été l’une des deux élèves féminines à entrer à l’Ecole militaire aéronautique, l’année même de son ouverture aux deux sexes, une mesure adoptée à peu près à la même époque dans la reste de la région. Avec sa camarade de promotion Carolina Arévalo, elles ont alors eu l’impression de servir de cobayes pour une institution un peu désarçonnée par la nouveauté. « Au début, ils nous ont coupé les cheveux car le règlement (pensé pour les hommes) disait qu’ils ne pouvaient pas toucher le col de l’uniforme », raconte Maria Eugenia. « Puis ils nous ont laissé les faire pousser, car la perception avait changé. Cela a été comme ça avec tout », dit la jeune femme qui, après avoir revendiqué sa longue chevelure blonde, l’a finalement recoupée cette année pour plus de commodité. Devenue dès 2002 la première femme pilote de combat du Cône sud, partie d’Amérique latine regroupant l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine et le Chili, Maria Eugenia reste une exception dans une région où à peine 4 % de la force militaire est composée de femmes, selon le Réseau de sécurité et de défense d’Amérique latine (Resdal). Mais les choses commencent à changer : en Argentine, au Chili, en République dominicaine, en Uruguay et au Venezuela, 16 à 18 % du contingent est désormais féminin, indique cette association. Même si l’égalité hommes-femmes reste un défi dans cette partie du monde, on trouve déjà des femmes à la tête du ministère de la Défense au Venezuela (Carmen Meléndez) et en Equateur (Guadalupe Larriva). D’autres ont occupé ce poste au cours des 15 dernières années, en Argentine, en Bolivie, au Paraguay, en Colombie, en Equateur, en Uruguay et au Chili, où l’emblématique Michelle Bachelet, aujourd’hui présidente, dirigea ce ministère de 2002 à 2004. Un cours de maquillage La présence des femmes à des postes de commandement au sein même de l’armée est toutefois récente, survenant au Venezuela et en Bolivie car ces pays ont été les seuls de la région autorisant l’entrée des femmes dans les académies militaires dès les années 1970. « La question n’est pas encore réglée, mais les choses ont beaucoup changé », observe Samanta Kussrow, chercheuse de l’association Resdal. « L’idée n’est pas de remplir des quotas, mais de voir (ce qui se passe) à l’intérieur des forces armées, et le fait qu’une femme puisse commander une unité, cela fait partie » du changement, ajoute- t-elle. En Bolivie, Gina Reque Teran est devenue cette année la première femme à détenir le plus haut grade de l’armée de son pays - général de brigade -, avec une histoire personnelle atypique, étant la fille de celui qui avait dirigé les opérations de capture du guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara en 1967. Mariée et mère d’un enfant, Maria Eugenia Etcheverry a l’habitude qu’on la questionne sur sa vie au sein d’un univers si masculin, se rappelant en riant les efforts de l’armée pour l’intégrer. « Ils ont fait venir une professeur de maquillage pour nous donner une leçon un samedi matin. J’étais de garde ce week-end là et, à la fin du cours, alors que j’étais maquillée comme pour sortir en soirée, ils m’ont ordonné de rester comme ça. C’était ridicule, comme s’ils ne savaient pas quoi faire de nous! ». Il n’y a pas que des anecdotes légères dans le parcours de la militaire, qui se souvient que « parfois il y avait de la discrimination, pas avec des mots mais plutôt en action. Il fallait faire ses preuves ». « Aujourd’hui c’est différent, le chemin a été aplani pour les femmes ». Il reste encore du travail, pourtant: 15 ans après sa sortie de l’école militaire, seule 16 % de la hiérarchie supérieure au sein des forces aériennes uruguayennes est composée de femmes et, selon ses calculs, il n’y a pas plus de 10 femmes pilotes de chasse dans le pays. En Amérique latine, l'armée apprend à faire une place aux femmes Sources : afp Maria Eugenia Etcheverry dans la base militaire de Durazno, à 200 km au nord de Montevideo le 20 mai 2015. / Photo: AFP/AFP La Maison blanche parachève son plan de fermeture de Guantanamo Sources : Reuters L a présidence américaine a fait savoir mercredi qu’elle mettait la dernière main à son projet de fermeture de la prison con- troversée de Guantanamo, située à la pointe orientale de l’île de Cuba. Le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, a déclaré que la présidence espérait « court- circuiter » l’opposition à ce sujet des Républicains au Congrès. Barack Obama, qui s’était pour- tant engagé à son arrivée au pou- voir en 2009 à fermer au plus vite ce centre de détention militaire, n’a jamais réussi à faire aboutir ce projet en raison de difficultés juridiques soulevées par le Con- grès. Ouvert un an après les attentats du 11 septembre 2001 au sein d’une base militaire sur l’île de Cuba, le camp de Guantanamo a vu passer près de 780 détenus, faits prison- niers par les Etats-Unis dans le cadre de leur « guerre contre le terrorisme ». A ce jour, 116 personnes s’y trou- vent encore. La prison de Guantanamo est critiquée par les associations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent les exactions qui y auraient été commises, et sert, selon le gouvernement américain, la propagande djihadiste. Fin décembre, Barack Obama avait répété qu’il était « prêt à faire tout (son) possible » pour fermer le centre. La présidence américaine met la dernière main à son projet de fermeture de la prison controversée de Guantanamo, située à la pointe orientale de l’île de Cuba. Ouvert un an après les attentats du 11 septembre 2001 au sein d’une base militaire, ce camp a vu passer près de 780 détenus, faits prisonniers par les Etats-Unis dans le cadre de leur “guerre contre le terrorisme”. / Photo d’archives
  9. 9. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 9 MONDE Deux attentats suicides font au moins 13 morts au CamerounSources : Reuters U ne course contre la montre semblait engagée mercredi pour retrouver trois journali- stes espagnols, portés dis- parus depuis dix jours à Alep, dans le nord de la Syrie, où l’Espagne a mobilisé ses agents de renseignement. « L’activité est maximale » pour les retrouver, a dit mercredi le ministre des Affaires étrangères espagnol Jose Manuel Garcia Margallo, précisant n’avoir reçu « aucune revendication » en lien avec cette disparition et assurant ne « privilégier aucune hypothèse » à ce stade, sans écarter ni confirmer un enlèvement. « Laissez-nous travailler avec discrétion car croyez-moi c’est ce qui convient le plus à vos confrères », a-t-il ajouté, en réponse à la question d’un journaliste lors d’un forum à Madrid. Mardi soir, la Fédération des associations de journalistes espagnols (FAPE) avait annoncé la disparition d’Antonio Pampliega, né en 1982, Jose Manuel Lopez, né en 1971 et Angel Sastre, 35 ans. Confirmant l’information, leurs familles ont appelé les médias à faire preuve de « patience » et “respect”. Ils travaillaient récemment pour des médias espagnols, notamment les quotidiens ABC et La Razon, la chaîne Cuatro, et la radio Onda Cero. L’observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), citant des témoins, a indiqué que les trois journalistes ont été vus pour la dernière fois le 13 juillet dans le quartier de Maadi (Alep), contrôlé par plusieurs groupes rebelles. Ils circulaient à bord d’une camionnette blanche et, selon cette source, auraient été emmenés par un groupe d’hommes. Le ministre des Affaires étrangères a cependant refusé de confirmer cette information. Ces trois reporters free-lance ne manquent pas d’expérience. Antonio « Toni » Pampliega, qui travaille sur plusieurs supports - texte, vidéo, photo - a contribué à la couverture du conflit en Syrie par l’AFP jusqu’en 2013. Il a aussi travaillé en Irak. C’était aussi le cas du photographe Jose Manuel Lopez, dont les dernières photos pour l’AFP remontent à septembre 2014, sur la ligne de front séparant les forces kurdes irakiennes et les combattants de l’Etat islamique. Lopez a reçu plusieurs prix pour ses implacables images des victimes de la guerre, en Syrie et ailleurs. En 2010, dans une tribune du Pais, Pampliega, un passionné, a décrit comment à 25 ans, il avait atterri dans « l’une des villes les plus dangereuses du monde: « Défiant les conseils et infligeant un terrible choc à mes parents, le 29 janvier 2008, j’ai pris un avion destination Bagdad », a-t-il écrit en décrivant ses efforts de free-lance sans le sou pour devenir « un grand journaliste ». Angel Sastre, qui a commencé sa carrière de grand reporter en Amérique latine, a lui assuré, dans un entretien qu’il était conscient du risque d’enlèvement voire de mort en Syrie. « Courage », a-t-il écrit dans son dernier message sur le réseau social Twitter, le 10 juillet. Agents de renseignement Le ministre des Affaires étrangères a précisé que des agents des services de renseignement espagnols étaient mobilisés en Syrie. « Le ministère est en contact permanent avec l’ambassade en Turquie qui supervise les opérations », a déclaré le ministre. « Il y a des gens du CNI (Centre national de renseignement) qui sont en Syrie et nous aident », a-t-il dit. « Nous n’avons rien de nouveau ces dernières heures », a aussi indiqué le ministre de la Justice Rafael Catala évoquant des efforts de « localisation ». La ville d’Alep, divisée depuis la mi-2012 entre rebelles et loyalistes, vit régulièrement sous les bombardements. La guerre en Syrie, qui avait commencé par des manifestations pacifiques réprimées dans le sang, a fait plus de 230 000 morts depuis mars 2011. Régime, rebelles, Kurdes et jihadistes s’affrontent sur un territoire de plus en plus morcelé. En septembre 2013, trois autres journalistes espagnols avaient déjà disparu en Syrie. Ils avaient été enlevés, puis libérés, en mars 2014. Le reporter du quotidien El Mundo Javier Espinosa, le photographe free-lance Ricardo Garcia Vilanova, et Marc Marginedas, du journal El Periodico ont tous été otages du groupe Etat islamique (EI). La Syrie est considérée comme le pays le plus dangereux du monde pour les journalistes par l’organisation Reporters sans frontières (RSF), qui estime qu’au moins 44 journalistes y ont été tués depuis 2011. Selon, RSF au moins 30 journalistes et bloggeurs seraient prisonniers dans les prisons du régime et au moins 25 autres, dont six étrangers, seraient otages du groupe Etat islamique ou d’autres groupes extrémistes. L'Espagne mobilise ses agents pour retrouver trois journalistes disparus en Syrie Sources : AFP Jose Manuel Garcia Margallo, ministre des Affaires étrangères espagnol. / Photo : KARAM AL-MASRI/AFP D eux attentats suicides ont fait au moins 13 morts et 32 blessés mercredi à Maroua, la capitale de la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, a annoncé la présidence camerounaise. La première explosion a visé un marché, la seconde un quartier densément peuplé, dit-on de source militaire. L’attaque n’a pas été revendiquée mais elle porte la marque de Boko Haram, d’autant que le groupe dji- hadiste a récemment multiplié les actes . Du même genre au Nigeria et dans les pays limitrophes - Tchad, Niger et Cameroun. « Les gens couraient partout », a raconté un témoin, qui dit être arrivé sur les lieux peu après la première explosion. Sur les images de Reuters, on peut voir le sol jonché de débris et des soldats, ainsi que les services de secours chercher des corps. Le bilan s’élève à 13 morts selon un communiqué du président, Paul Biya, mais le gouverneur de la région, cité par la télévision publique CRTV, a pour sa part fait état de 17 morts. Le 13 juillet, un double attentat suicide avait tué dix civils et un soldat tchadien à Fotokol, dans la même région.Photo : Reuters
  10. 10. 10 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 ÉCONOMIE La BRH tente de stabiliser le marchépar Gary Victor A u cours d’un déjeuner- rencontre à la BRH, auquel avaient été conviés différents médias de la capitale, le gou- verneur Charles Castel, entouré des membres du Conseil de l’institution, a tenu à rappeler les causes conjonc- turelles de la crise. Il a cité entre autres, la raréfaction de l’offre, qui s’était manifestée par une contrac- tion des volumes de transaction, la baisse importante des ressources en devises liée au retrait des ONG, les effets du désengagement progressif de la Minhustha, ainsi que les dépenses dans le secteur de l’énergie qui sont financées en partie par le budget et par les ressources hors budget telles celles de PetroCaribe. Les experts de la BRH croient qu’il est aussi important de se pencher sur les déficiences structurelles de l’appareil productif national, car- actérisé par une insuffisance de la production à la fois pour le marché local et pour les exportations, qui ont conduit au déséquilibre de la balance des paiements avec des importations financées pour la plupart par les transferts privés et publics. Charles Castel a insisté sur les principales mesures prises par la BRH pour juguler la crise provo- qué par la volatilité du taux de change en rappelant que la loi du 17 août 1979 - chapitre 1, article 2 – donne à l’institution une mis- sion bien précise qu’on ne peut se permettre d’outrepasser, chaque institution au niveau de l’État ayant un rôle bien précis à jouer pour le bon fonctionnement de la République. La BRH compte injecter ainsi sur le marché des changes dans les mois qui vont suivre 175 millions de dollars US. Le mardi 21 juillet, les banques ont reçu un avis de la BRH les informant qu’elle décid- ait d’injecter 5 millions de dollars US sur le marché, la UNIBANK, la SOGEBANK, la Capital BANK, la BNC, La CITIBANK, la BUH, la Scotiabank et la BPH recev- ant chacune 600 mille dollars us, tandis que la SOGEBEL obtenait 200 mille dollars. Les conditions établies par la Banque centrale sont accompag- nées de directives claires. Le taux de vente de la BRH étant de 55,70 gourdes, la banque receveuse doit s’engager à revendre au taux de 56 gourdes pour 1 dollar US, à un maximum de 10 mille dollars US par client. Elle a également pour obligation de soumettre à la BRH les informations relatives aux transactions effectuées (ache- teurs, montants et taux). D’autres dispositions prises par la BRH obligent les demandeurs de dollars pour l’achat de produits pétroliers à s’adresser désormais directement à la Banque centrale et non plus aux banques commer- ciales privées. Les compagnies de téléphonie mobile devront elles aussi diminuer la pression sur les banques commerciales en allant frapper aux portes de la BRH. Les responsables de la banque d’État encouragent également les intéressés à se porter acquéreurs des Bons BRH qui, à partir d’une transaction de 50 mille gourdes, est rémunéré à 7 % tout en proté- geant le porteur de toute dévalua- tion de la monnaie nationale. Bref, tout un train de mesures et d’autres qui devraient permettre, selon la BRH, de stabiliser la situ- ation, l’institution prenant soin toutefois de rappeler qu’il est important de s’adresser aux vrais problèmes de fond. TAUXDECHANGE Le Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti réaffirme la capacité de l’institution à faire face à la crise monétaire.
  11. 11. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 11 ÉCONOMIE AGRICULTURE/SÉCHERESSE Artibonite : les paysans aux abois, le MARNDR annonce de nouvelles actionsPar Par Therno N. A. Sénélus Pour faire face à la situation de précarité agricole qui sévit dans le pays, le directeur départemental du ministère de l’Agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), Jocelin Jean, a confié, mardi, à Le National, que l’institution compte distribuer des intrants agricoles aux agriculteurs artibonitiens. L e haricot, le maïs, les légumes sont, entre autres, des semences qui seront mises à la disposition des paysans par le MARNDR. Dans certaines zones, des agriculteurs ont déjà commencé à labourer leur parcelle afin de procéder aux ensemencements, a fait savoir Jocelin Jean. Le directeur départemental a pré- cisé que la sécheresse qui frappe le pays est engendrée par le phé- nomène El Niño qui chamboule une bonne partie de l’Amérique centrale et de la Caraïbe. Cette diminution de la quantité de pluie a une incidence sur les denrées agricoles en Haïti. Il s’est entre- tenu avec des partenaires œuvrant dans le sous-secteur de la zone en vue de déterminer de meil- leures stratégies de renforcement de leurs capacités tout en con- tribuant à la création d’emplois temporaires dans la conservation de sol et d’autres programmes de gestion des ressources naturelles. Au niveau de la direction départe- mentale, a assuré Jocelin Jean, d’autres moyens sont envisagés dans le but de mettre en branle des chantiers et de financer des projets à haute intensité de main d’œuvre. Mais le plus difficile reste à faire. Une situation difficile La sécheresse bat son plein à Terre-Neuve et à Bassin-Mangnan, avec tous ses effets négatifs. Insé- curité alimentaire. Baisse totale du pouvoir d’achat. Pénurie d’eau. Conditions socioéconomiques pré- caires. La grogne des paysans du haut-Artibonite est bien réelle, que ce soit dans la commune de Terre-Neuve ou de la sixième sec- tion communale Bassin Mangnan, de la commune des Gonaïves. Joint récemment au téléphone, Adelson Phallus, un membre de l’Assemblée de sections commu- nales (ASEC) de la commune, ne cache pas son inquiétude quant à la gravité de la situation. Cette sécheresse sévit depuis le mois d’avril dans plusieurs régions du pays, notamment dans les trois sections communales de ladite commune. Adelson Phallus dit attendre impatiemment les interventions du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) en vue d’un accompagnement aux agriculteurs dans cette situation devenue très critique. Stagiaire pendant deux semaines dans la zone, Widler Hiler Fils, un étudiant de cinquième année en agronomie, témoigne de la pré- carité socioéconomique et agricole de la population terre-neuvienne : « je suis ici depuis deux semaines pour un stage exploratoire en propagation végétale. Je constate qu’effectivement un ensemble de problèmes aux- quels la population doit faire face, notamment l’insécurité ali- mentaire et la pénurie de l’eau. Les gens sont comme pris dans un bourbier ». Il croit qu’il faut repenser l’agriculture dans le pays avant qu’on ne sombre totalement dans un « chaos agricole ». Comme les deux premiers inter- venants, Gasner Albert, un cul- tivateur légumier de la sixième section communale de Bassin Mangnan (Gonaïves), présente la situation des habitants de la zone : « comme toujours, nous consom- mons ce que nous produisons avec le peu que nous avons. Nous utili- sons toujours l’eau de rivière pour arroser nos jardins. Et il n’a pas plu depuis trois mois ». Le natif de Bassin Mangnan fustige le laxisme des respon- sables du MARNDR qui ne prennent pas à cœur leur mis- sion d’accompagnement des paysans en matière agricole. Il invite ces derniers à se solidar- iser pour faire face aux difficultés socioéconomiques et agricoles actuelles et à venir. Les actions du MARNDR dans l’Artibonite Hormis l’accompagnement des activités agricoles, le Ministère via la direction départementale de l’Artibonite multiplie les activités de reboisement dans la zone. Près de 10 millions de plantules ont été mises en terre, durant les trois années écoulées. Tous ces travaux, a-t-il poursuivi, ont facilité une meilleure gestion des bassins versants et la protection de l’environnement, Parmi les interventions sur le terrain, on peut notamment citer le Programme d’intensification agricole (PIA), terminé, il y a un an, le projet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le haut- Artibonite en cours d’achèvement, les interventions d’OXFAM dans la commune d’Anse-Rouge, l’Action contre la faim (ACF) pour la commune de Terre-Neuve. Le Trésor public pour sa part a financé un programme d’aménagement des bassins versants, de plantation de café, d’intensification agricole et de production de drageons de banane. Il nous faut signaler le fait que parmi les communes en situation de sécheresse indiquées dans le rapport du Conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA), le coordonnateur général de l’institution, Gary Mathieu n’a pas fait mention des communes de Terre-Neuve et d’autres zones avoisinantes.
  12. 12. 12 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 ÉCONOMIE Agriculture durable : les fondements d'un nouveau contrat social ? par Étienne Landais* | 1e partie** L a notion de « développement durable » (sustainable devel- opment) a fait son apparition officielle dans le discours poli- tique lors de la publication en 1987 du rapport demandé par les Nations unies à la commission présidée par Gro Harlem Brundtland , premier ministre norvégien, dans le cadre de la préparation de la Conférence de Rio-de-Janeiro, qui l’a consacrée cinq ans plus tard, en juin 1992 : « Le développement durable est un dével- oppement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capaci- té des générations futures à répondre à leurs propres besoins. » Émergence d’une notion d’origine politique Cette notion s’est imposée, aux États-Unis d’abord, vers le début des années 1980. Son émergence coïncida avec le tournant poli- tique que prit alors la majorité des composantes du mouvement écol- ogiste. Elle marquait l’évolution de son discours, qui passait d’une contestation radicale des modèles de développement dominants, au nom d’une conception très « éco- centrée » de l’environnement et de sa préservation, et donc très défensive vis-à-vis de l’action de l’Homme, à une position plus « anthropocentrée », reconnaissant la légitimité du développement économique et social et cherchant à concilier les exigences de ce développement avec celles de la protection des ressources et des milieux naturels. Née de la dialectique entre con- server et construire, entre trans- mettre et transformer, la notion de développement durable répond à celle d’environnement et appa- raît en quelque sorte comme son prolongement dans le sens de l’action. En ce sens, elle reprend des réflexions antérieures, et notamment la problématique de l’écodéveloppement prônée dans les années 70, en France, par Ignacy Sachs. Si tous s’accordaient sur le con- stat de la mondialisation des pro- blèmes et donc de la recherche des solutions, l’enjeu des longues discussions qui aboutirent à Rio à la reconnaissance solen- nelle de la nécessité de prendre en compte les revendications des écologistes dans l’action politique consistait essentielle- ment à négocier un compromis acceptable entre trois parties représentant respectivement les intérêts de l’environnement, ceux des pays industrialisés du Nord soucieux de concilier développe- ment économique et protection de l’environnement et ceux des pays du Sud préoccupés exclusivement de développement économique et social à court terme. Il s’agissait donc, pour cette négociation trian- gulaire, de concilier les exigences du long terme et les nécessités du présent. Les premières caractéris- ent le discours écologiste. Les sec- ondes, les discours des politiques et des économistes. Ce compromis ne put être trouvé qu’en s’appuyant sur des consi- dérations inspirées d’humanisme et de morale sociale. C’est en effet au nom de l’équité et de la soli- darité entre les sociétés actuelles, d’une part, et entre ces sociétés et les sociétés à venir, d’autre part, que fut élaborée la doctrine qui inspira la définition du rapport Brundtland. Cette doctrine con- sidère que la protection des res- sources et des milieux naturels est une condition nécessaire pour assurer la durabilité du développement, la finalité ultime restant l’amélioration sur le long terme des conditions de vie des hommes. Aux objectifs écologiques et économiques initiaux s’ajoutent ainsi des objectifs sociaux, poli- tiques et géopolitiques, voire culturels. Bien entendu, cet élar- gissement multiplie les points de vue possibles sur la notion de durabilité et s’accompagne d’un foisonnement d’interprétations, encore enrichi par la diversité des sociétés impliquées et des niveaux d’organisation considérés. Dans la majorité des cas cepen- dant, la réflexion reste fondamen- talement centrée, au moins dans les pays du Nord, sur les moyens concrets de concilier sur le long terme les dynamiques de dével- oppement avec la protection des ressources et des milieux naturels. Elle intègre ce que j’appellerai un principe de responsabilité et de subsidiarité, qui affirme que chacun est impliqué, à son niveau d’action, dans la poursuite de ces objectifs. Elle intègre également bien souvent ce qu’il est désor- mais convenu d’appeler le « prin- cipe de précaution », qui appelle à prévenir les risques, notamment écologiques, sans attendre que leur réalité soit établie de manière indiscutable. Des principes à l’action Le concept de durabilité se con- struit graduellement dans la con- science collective et ses traits évoluent au fur et à mesure de cette appropriation sociale, sous la pression des questions soulevé- es par sa mise en œuvre concrète. La « durabilité faible » a marqué la première étape de ce proces- sus. Reposant sur le principe de la subordination de l’environnement aux intérêts de l’espèce humaine, cette position qui se voulait « humaniste » reposait en réalité sur une autoréférence du développe- ment au développement et con- duisait en pratique à privilégier de manière systématique le bien-être de l’homme dans toute situation concrète d’arbitrage. Elle s’est avérée totalement inopérante en termes de gestion. La « durabilité forte » qui lui a suc- cédé dans les conceptions domi- nantes a marqué une seconde étape. Elle repose sur la remise en cause, plus ou moins complète, du principe de substituabilité. Différ- entes propositions en découlent. Par exemple, d’identifier un noyau de « capital naturel critique » non substituable, à protéger absolu- ment. Ou encore d’exiger la non- décroissance du capital naturel pris comme un tout. Le débat est très ouvert, mais il apparaît de plus en plus clair que, dans une perspective de gestion, la seule solution opératoire con- siste à donner à la durabilité un contenu environnemental auto- nome vis-à-vis du développement économique. Quelle démarche peut-on imaginer pour rendre opératoires ces prin- cipes abstraits ? La définition sui- vante peut, me semble-t-il, nous y aider : « Gérer, c’est agir délibéré- ment dans le but d’influencer un système d’action en fonction de buts explicites formulés en termes de performances, donc appuyés sur un ensemble cohérent de juge- ments de valeur ». Le passage de modèles abstraits à des références concrètes, susceptibles de guider l’action, nécessite à mon avis une opération de « traduction » en deux temps. Les principes d’une gestion dura- ble doivent d’abord - c’est le débat social - être traduits sous la forme d’un ensemble cohérent de ce que j’appellerai des « valeurs-objectifs ». Le partage de ces valeurs d’ordre philosophique, éthique, politique, est une condition indispensable au déclenchement de l’action collec- tive. Dans un second temps - c’est le débat technique -, ces valeurs doivent elles-mêmes être décli- nées en un ensemble de critères de performances, dont l’utilisation débouchera enfin sur l’élaboration de normes et de références pour l’action. Les deux phases de l’opération de traduction (qui, dans la réalité, ne se déroulent pas de manière successive, mais itérative) doivent logiquement, et c’est un point important, mobiliser des collec- tifs de nature différente : schéma- tiquement, c’est à des collectifs socio-politiques que revient le rôle de définir les valeurs-objectifs, et à des collectifs formés de sci- entifiques, de techniciens et de professionnels que revient celui de produire les connaissances nécessaires puis d’élaborer les références pour l’action. En pratique, la fonction des con- naissances ainsi produites sera à la fois objectivante et normative. La fonction d’objectivation, qui s’incarne dans le « diagnostic de situation », joue un rôle essen- tiel pour le déclenchement de l’action, par la prise de conscience de l’écart entre, d’une part, la situation réelle et son évolution et, d’autre part, la situation et l’évolution souhaitables, définies à la lumière des valeurs-objectifs retenues. Le diagnostic permet, en outre, de définir le contenu de l’action. La fonction norma- tive des connaissances se traduit par l’élaboration de normes et de références, puis leur utilisation pour guider et évaluer l’action. *Étienne Landais est chargé de mission auprès du président de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et directeur de l’École nationale des sciences agronomiques de Montpellier. **2e partie : Du développement durable à l’agriculture durable La protection des ressources et des milieux naturels est une condition l’amélioration sur le long terme des conditions de vie des hommes | © afd
  13. 13. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 13
  14. 14. 14 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ Centre ambulancier national : un service d'urgence personnalisé 24/24Par Ronald Singer Saviez-vous que le centre ambulancier national du ministère de la Santé publique, offre gratuitement un service d’urgence sanitaire personnalisé 24/24 pour n’importe quel cas nécessitant un transport d’urgence vers l’hôpital de votre choix ? Le directeur adjoint du CAN, le Dr Garnel Michel fait le point ! « Le CAN, inauguré le 7 mars 2012, est le fruit d’un accord signéle27mars2010,auPalais national, entre les gouverne- ments haïtien, brésilien et cubain, sur la coopération sanitaire. Cet accord prévoyait cinq composantes : le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’appui à la vacci- nation, la construction de trois hôpi- taux de référence et d’un centre de réhabilitation et la matérialisation de ce centre ambulancier, un outil important qui répond à un besoin de transport ambulancier et à la prise en charge pré-hospitalière dans le pays. C’est aussi une stratégie du MSPP : celui du transport selon les normes, pour toutes les urgences médicales», a déclaré le docteur Garnel Michel. Equipements / Logistique Le Centre ambulancier national est équipé d’une flotte de 57 véhicules robustes, capables de s’adapter aux terrains les plus difficiles. Ils sont équipés de défibrillateurs - appareil portable, fonctionnant au moyen d’une batterie, dont le rôle est d’analyser l’activité du cœur d’une personne en arrêt cardio- respiratoire. Ces tous terrains sont aussi munis de kits d’intervention d’urgence, d’oxygène et d’autres accessoires, a précisé le directeur- adjoint du CAN. Mission Le CAN a pour mission de sauver des vies en tout temps (acci- dents, incendies, ou catastrophes naturelles). Le centre ne fait pas de discrimination. Dans le cadre des urgences sanitaires, il offre ses services à tout le monde notam- ment aux femmes enceintes, aux accidentés de la voie publique, aux malades conscients ou incon- scients se trouvant dans une situ- ation difficile, a fait savoir le Dr Michel. Comment atteindre le centre d’opération d’urgence du CAN « Pour atteindre le CAN, composez le 116 gratuitement à partir de n’importe quel téléphone. Il vous met en contact avec l’un des 10 operateurs en poste en permanence, qui prend toutes les informations et localise le malade. Une fois le malade localisé, on mobilise l’équipe qui part rapidement à sa recherche pour le prendre en charge et le conduire vers un hôpital pour les soins que nécessite son cas », a déclaré le docteur Michel. Il a par ailleurs ajouté que le 116 est le numéro unique par lequel on peut atteindre le Centre ambulancier national pour quelle que soit l’urgence sanitaire. Le numéro vous connecte simultanément à dix (10) autres numéros d’urgence du centre d’opération du CAN. Ce qui signifie que le CAN peut recevoir 10 demandes pour 10 interventions d’urgence en même temps. Le CAN ne peut recevoir que 10 appels simultanés. « Les 10 lignes étant occupées, le 11e appel ne passera pas. Donc, si quelqu’un n’a pas une urgence, il n’est pas nécessaire de composer le 116, cela en vue de faciliter l’accès aux urgences », a conseillé le Dr Michel. Positionnement des ambulances et circuits couverts Le CAN couvre plusieurs zones stratégiques dans le pays à travers un système de « repositionnement » de façon à être le plus proche possible de la population. « Dans l’Ouest par exemple, on a des points fixes au niveau de Port- au-Prince en passant par Musseau, Christ-Roi, Pétion-Ville, jusqu’à Kenscoff. D’autres points s’établissent à Canapé-Vert, passant par Pacot pour arriver au centre ville. Il y a également des points fixes à la route des Dalles et à Fontamara. Un autre circuit couvre de carrefour à Léogâne. Au nord de Port- au-Prince, nous avons un circuit qui dessert de Cité Soleil à Montrouis avec un poste à La Gonâve. Au Sud-Est de la Capitale, le circuit Pétion-Ville jusqu’à Furcy et le dernier part de la Croix-des- Bouquets à Malpasse », à expliqué le docteur Michel. Le CAN est présent également à travers d’autres départements sanitaires du pays par des réseaux ambulanciers. Le réseau CAN dans l’Artibonite a été inauguré le 20 décembre 2012. Un autre a été inauguré à Limonade le 18 juillet 2014 pour desservir le Nord et le Nord-Est. Le CAN a aussi des ambulances positionnées dans le Sud (Port-salut, Coteaux), dans le Sud-Est (Anse-a-Pitres), dans le Nord- Ouest (Jean-Rabel), dans les Nippes (Miragoâne, Anse-a-Veau), Mirebalais dans le Centre, à Jérémie et Les Irois) dans le Grand’ Anse. « Le CAN a également deux bateaux ambulances positionnés qui desservent les côtes Nippes et la Grand’ Anse pour les zones qui ne sont pas accessibles par voie terrestre », a précisé le responsable du CAN. Dans les opérations de secours, chaque véhicule contient un chauffeur secouriste, un secouriste, une infirmière spécialisée en prise en charge des urgences et des médecins font partie également des équipes. « Nous avons aussi, des techniciens qui s’occupent de la propreté des vehicules, a fait savoir Dr Michel. Le CAN a en perspective d’établir un réseau dans chacun des 10 départements du pays. Il veut aussi former un nombre important de la population en premier soin, car en urgence, le délai d’intervention compte beaucoup, a-t-il conclu.
  15. 15. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 15 SOCIÉTÉ Les gels antibactériens dangereux pour la santé?Sources : Lepoint.fr Une étude américaine révèle que le désinfectant favoriserait l’absorption par la peau de bisphénol A, un perturbateur endocrinien. L es gels hydroalcooliques pourraient bien être nocifs pour la santé. Une étude menée par l’Université du Missouri aux Etats-Unis et relayée par la revue Plos One révèle en effet que le gel censé nous protéger des bactéries favoriserait l’absorption de bisphénol A par la peau. A long terme, il serait donc dangereux pour la santé. Or le bisphénol A, qualifié de perturbateur endocrinien et interdit dans tous les contenants alimentaires en France depuis cette année, peut notamment provoquer une dégradation de la qualité mais aussi de la quantité du sperme chez l’homme. Il serait aussi à l’origine de fausses couches, ou encore de certains cancers. L’étude américaine indique par ailleurs que les gels antibactériens pourraient déclencher des irritations, des allergies, des maux de tête, des nausées, des vertiges et même chez les enfants, de l’ébriété. Ce n’est pas la première fois qu’une étude pointe du doigt les effets négatifs des gels hydroalcooliques. Des experts avaient ainsi déjà indiqué que l’usage régulier et prolongé d’agents contenus dans ce type de désinfectants pouvait entraîner une résistance bactérienne. Dès 2013, l’Association santé environnement France, qui rassemble près de 2 500 professionnels de santé en France, appelait à être « prudent » avec les gels antibactériens, recommandant d’utiliser à la place de l’eau et du savon. Il est toutefois important de rappeler que les gels antibactériens dans les hôpitaux ne sont pas affectés par tous ces risques. Plus un joueur de jeux vidéo est misogyne, moins il est bonPar Le figaro.fr Deux scientifiques ont observé les comportements des joueurs en réseau afin d’étudier le sexisme latent dans ce milieu. Ils ont finalement déterminé que ceux qui faisaient le plus de remarques misogynes étaient aussi ceux qui perdaient le plus. D eux chercheurs de l’uni- versité de Nouvelle-Galles du Sud et de l’université de Miami ont enchaîné 163 parties de « Halo 3 » (jeu vidéo de tir en vue), non pour s’amuser, mais pour observer comment les joueurs traitaient les femmes en ligne. Un joueur qui perd a tendance à reporter sa frustration sur les femmes Le résultat ne surprend qu’à moitié. Dans leur étude, les scientifiques Michael Kasumovic et Jeffrey Huznekoff affirment en effet que les compétences des gamers (les adeptes des jeux vidéos) ont une influence sur leur attitude vis-à-vis des femmes qui jouent avec eux. « De mauvaises performances (plus de blessés et moins de morts) engendraient des attitudes négatives chez les joueurs mâles, surtout s’ils étaient en compétition avec des femmes. (…) Les hommes qui ont un statut plus bas que celui des femmes et qui ont le plus à perdre dans une reconfiguration hiérarchique répondent à la menace que représente pour eux la compétition féminine. » Quand ces joueurs sont confrontés à d’autres hommes, les scientifiques ont pu observer une attitude totalement différence : « Lorsqu’ils jouaient mal, les joueurs faisaient davantage de déclarations neutres et positives et se révélaient en général moins négatifs face à un collègue masculin que face à une femme. » En somme, un joueur qui perd a tendance à reporter sa frustration sur le dos de ses collègues féminines et non sur les autres joueurs masculins. Les femmes bouleversent la hiérarchie du monde du gaming Repris par le Washington Post, Michael Kasumovic affirme que les grosses plates-formes en ligne, qu’il s’agisse de jeux ou d’échanges comme Twitter,Reddit (forum d’échange de liens, souvent à l’origine des phénomènes viraux sur internet) ou 4chan (partage d’images), a connu un « nouvel afflux de participantes qui a bouleversé la hiérarchie existante ». L’étude dépasserait presque le cadre du monde virtuel, pour représenter des schémas de la vie quotidienne. « Comme les hommes se reposent souvent sur leur agressivité pour conserver leur statut social dominant, l’augmentation de l’hostilité des hommes qui ont un statut moins élevé que celui des femmes peut être une tentative de diminuer les performances de ces mêmes femmes et d’anéantir leur intrusion dans la hiérarchie », peut-on lire dans la conclusion du rapport. Les hommes se reposent souvent sur leur agressivité pour conserver leur statut social dominant Le harcèlement en ligne n’est pas un phénomène nouveau. Selon une étude du Pew Research Center, 40 % des usagers du Web en ont personnellement fait l’expérience. 25 % des femmes interrogées, âgées entre 18 et 24 ans, ont été la cible de harcèlement sexuel en ligne. Après le fameux « GamerGate » en août 2014 - une développeuse de jeux vidéo avait été accusée d’échanger des faveurs sexuelles pour faire valoir l’une de ses créations -, le milieu du gaming s’est vu attribué une étiquette de misogynie difficile à retirer. Le combat qui oppose les dénonciateurs de cette misogynie et les gamers eux-mêmes persiste. Les féministes, surnommées les « Social Justice Warriors » (« les guerrières de la justice sociale »), sont rarement bien vues par les joueurs. La preuve en est avecun récent reportage réalisé par William Audureau pour Le Monde sur un rassemblement du GamerGate, pendant lequel l’un des membres s’inquiète d’un « féminisme effrayé et effrayant ».
  16. 16. 16 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 SOCIÉTÉ Avis Le Tribunal de Première Instance de Port-au Prince compétemment réuni au Palais de Justice de cette ville a rendu en audience publique et en ses attributions civiles un jugement de divorce entre les époux Jordany SANON femme née Nigenska LECONTE ainsi libellé : Par ces motifs : Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée ; pour le profit déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur Jordany SANON d’avec son épouse Nigenska Samarie Leconte pour injures graves et publiques aux tors de l’épouse ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre dits époux ; ordonne à l’Officier d’Etat Civil de la section Nord de Port- au-Prince de transcrire dans les registres à ce destiné le disposi- tif du présent jugement dont un extrait sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous peine de dommages et inté- rêts envers les tiers s’il y échet. Compense les dépens vu la qualité des parties ; Commet l’huissier Bertelson JOSEPH de ce tribunal pour la signification du présent jugement ; Donné de nous, Marleine Bernard DELVA, Juge en audience civile ordinaire du jeudi deux juillet deux mille quinze ; en présence de Me. Ronald PIERRE Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort et avec l’assistance du sieur Joseph PIERRE-LOUIS Gref- fier du siège. Il est ordonne.. etc…. En foi de quoi, etc……. Me Daniel Jeudy Avocat Avis Le Tribunal de Première Instance de Port-au Prince compétemment réuni au Palais de Justice de cette ville a rendu en audience publique et en ses attributions civiles un jugement de divorce entre les époux Evans FRANCOIS femme née Claire Marthe JOSEPH ainsi libellé : Par ces motifs : Le Tribunal après examen, le Ministère public enten- du, maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l’audience précitée ; pour le profit déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce de la dame Evans FRANCOIS née Claire Marthe JOSEPH pour injures graves et publiques aux tors de l’époux ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre dits époux ; ordonne à l’Officier d’Etat Civil de la section Nord de Port-au-Prince de tran- scrire dans les registres à ce des- tiné le dispositif du présent juge- ment dont un extrait sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous peine de dom- mages et intérêts envers les tiers s’il y échet. Compense les dépens vu la qualité des parties ; Commet l’huissier Bertelson JOSEPH de ce tribunal pour la signification du présent jugement ; Donné de nous, Marleine Bernard DELVA, Juge en audience civile ordinaire du jeudi deux juillet deux mille quinze ; en présence de Me. Ronald PIERRE Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort et avec l’assistance du sieur Joseph PIERRE-LOUIS Gref- fier du siège. Il est ordonné.. etc…. En foi de quoi, etc……. Me Daniel Jeudy Avocat Décès L’entreprise funéraire «La Patience» annonce le décès de monsieur Jean Baptiste Edgard Michel survenu le mercredi 15 Juillet 2015 à l’Hôpital Bernard Mers à l’âge de 82 ans. En cette pénible circonstance, La Patience et Le National présente leurs sympathies : A son épouse née Yvrose Toussaint. Ses enfants : Myrtho Michel, M. Gaston Michel, Mlle. Edna Michel, Mlle Yvelte Michel. A son frère. M Pierre Michel et famille. A ses beaux-frères et belle-sœur : Mme. Gislaine Toussaint et famille, Mme. René Nazaire née Mercides Toussaint et famille M. Benito Toussaint, Me. Lamarre Toussaint, Miss Velouse Toussaint et famille, Mme. Pierre Michel née Catilia Baptiste. A ses belles – filles : Mme Myrtho Michel née Guerda Auguste Mme Gaston Michel née Marie Lourdes Baptiste. A ses petits enfants : Lens Myrtho Michel, Elodie Darlène Michel, Bradeley Dave Michel, Lourdens Michel, Leyana Michel, Margens Michel. A ses neveux et nièces : M. Jean Gary AZOR ET FAMILLE, Mme. Carine Azor et famille, M. Maret Michel et famille, Mme. Alix Derose née Josette Michel et famille, M. Joseph Michel, Mme. Mimose Rigaud née Michel et Famille, Elsie Michel et Famille, Pierre Eric Alexis et famille, Pierre Marie Michel et famille, Alix Michel et Famille, Ernso Michel et Famille, Alix Mary Michel et famille, Alberto Michel et famille, M. Gaston Denis. A ses familles Michel, Toussaint, Nazaire, Augustin, Baptiste, Derose, Denis, Ladouceur, Azor, Sévere, Papillon, Rigaud, Fedtil, Zambiano et à tous les autres parents et famille affectés par ce deuil. Les funérailles de Monsieur Jean Baptiste Edgard Michel seront chantées le Vendredi 24 Juillet 2015 à l’Eglise de Dieu de la rue du centre au numéro 319 à 2 hres 30 P.M. La dépouille sera exposée dès 1 heures 30 PM à l’Eglise. L’inhumation se fera au cimetière de Port-au-Prince Paix à son âme ! PETITES ANNONCES On raconte souvent que les États-Unis sont le pays le plus béni de Dieu. Le symbole de l’aigle, seul oiseau capable de regarder le soleil en face est, en l’occurrence, judicieusement bien choisi. Haïti, si elle a connu un temps de prospérité, n’est plus que l’épave de sa gloire passée. Toutefois nous aurions tort de croire qu’elle est maudite en prenant sa pauvreté pour argument. Certes nous avons perdu l’union il y a bien longtemps de cela, mais il nous reste la force. La force de survivre... C’est elle, notre bénédiction. Nous avons du courage à revendre et pas besoin d’aller aux iles turques pour le prouver. Nos rues regorgent de secrets qui font d’un Haïtien un Haïtien, sauf que nous n’y faisons pas toujours attention. Ce sont les petites choses comme le rire, la tristesse, le meurtre, l’amour, la haine, la folie, le trop plein d’intelligence et autres, tous tournés à l’envers, qui nous permettent de continuer d’avancer. Ici le mal est un bien et vice versa. Étonnamment, les plus chanceux d’entre nous sont les fous qui ne manquent pas à chaque coin de rue. Beaucoup prennent leurs bains grâce aux rigoles, offrant une séance d’éducation sexuelle à volonté. Nous ne pouvons pas nous plaindre du manque de mannequins ! Ils vont de pair avec nos folles qui se font abuser par des personnages inimaginables. Elles tombent enceintes, accouchent, perdent leurs bébés sous les roues des voitures. Au moins elles n’auront pas de « child support » à donner et auront le luxe de se faire violer une fois de plus ! Si elles en avaient conscience, elles auraient peut-être pu se vanter d’avoir jadis porté en leur sein le fils d’un homme politique ou celui d’un prêtre… Viennent s’y additionner les enfants souffrant de malnutrition. En effet, nos « kwatyòkò » et nos orphelins font la joie des journalistes étrangers. C’est au sourire éclatant qu’ils affichent (en tenant les biscuits pour sinistrés) que nous devons l’aide internationale. Ils auraient été célèbres une fois dans leur vie pour le bénéfice du public. Une photo d’un de ces enfants en première page et BOOM! : Les ONG alimentées de quelques millions de dollars tombent du ciel comme la manne. Elles s’évertuent à montrer que l’argent reçu a servi à grand-chose. C’est ainsi que les nouvelles écoles primaires publiques ont commencé à pousser comme des champignons. Aucune importance si les écoliers n’apprennent rien qu’ils pourront utiliser plus tard. C’est bien : les uniformes multicolores, les rubans et les chaussettes assortis font de la décoration dans les rues et on a droit à des parades chaque jour! Pendant ce temps une ribambelle de mères célibataires prend naissance. Elles sacrifient leur santé pour quelques gourdes et font le plein de mots grossiers pour jeter leur frustration. On assiste aux « tèt » ceci et aux « manman w’ » cela au moment même où les pères-mères ne savent plus de quel côté tourner le tablier défraichi par la graisse et la sueur. Peut-être qu’autrement ces derniers n’auraient jamais su comment cuire le riz (qui est devenu le nouveau « fòkseli ») ! Nos handicapés ne peuvent pas en dire autant. Par contre ils peuvent demander la charité en toute sérénité car ils croient avoir un bon prétexte. De plus, cela servira pour la propagande du maire de la ville voulant bientôt être sénateur. Monsieur le bienfaiteur n’aura qu’à tendre à chacun une demi-bouteille d’huile, des épices et un quart de sac de riz importé. Bien sûr il faudra que quelques photos de l’œuvre de charité soient prises pour que, au moins, toute la ville soit au courant de son geste de bonté. N’est-ce pas ? Triste vérité mais c’est ainsi que le peuple tient le diable par ses cornes. Nous jouons avec la réalité pour nous donner l’illusion que tout va bien. Pour survivre, même le « chirepit » peut faire la force. Le mal est un bien par Edna Blaise
  17. 17. JEUDI 23 JUILLET 2015 N0 45 | 17 CULTURE L'occupation américaine et les larmes de sang prédites par Hannibal Price (1 de 5)PAR Par Leslie Péan, 24 juillet 1915 « Le châtiment de nos erreurs et de nos fautes est visible, nous le rencontrons à chaque pas, à chaque minute de notre existence. Il n’a pas attendu, il n’attend pas l’heure suprême de la chute de la nationalité haïtienne. Et si nous ne savons prévenir ce malheur, si nous croyons y trouver au contraire notre bonheur, la conservation des richesses acquises, eh bien ! je vous le prédis, moins de cent ans après cette fin désolante de tout un peuple, de toute une race, vos petits-enfants, irrémédiablement appauvris, ruinés, liront ce livre et pleureront des larmes de sang ! » (Hannibal Price, De la réhabilitation de la race noire par la République d’Haïti, Port-au-Prince, Imprimerie Verrollot, 1900, p. 658.) D e tout temps, les choix moraux et politiques opérés ou acceptés par les Haïtiens ont bloqué toutes les voies d’accès à l’autodétermination. Nous avons toujours eu le choix entre deux options aussi destructrices l’une que l’autre,lapesteetlecholéra:l’élitisme ou le populisme ; le lese grennen ou la dictature ; le mulâtrisme ou le noir- isme ; le français limité à une minorité ou le créole sans la production de manuels scientifiques de formation. Les droits inaliénables et sacrés sont foulés aux pieds et Haïti se retrouve encore aujourd’hui sous occupation étrangère, un siècle après le 28 juillet 1915. L’expérience haïtienne démontre que dans la problématique indi- vidu/société, l’individu ne sait pas nécessairement d’où il part vraiment, car ce n’est pas lui qui fabrique la société dans laquelle il naît. Il y est façonné, et fort sou- vent à son insu. Aux prises avec la lutte pour la réinvention de soi sans laquelle aucune solution n’est possible, les Haïtiens semblent condamnés à vivre dans l’impasse. D’autant plus que le passé pèse lourdement dans la formation de notre iden- tité. Sans compter que la mémoire collective est truffée de platitudes et de semi-vérités empêchant une prise de conscience du mal qui terrasse Haïti. À ce propos, l’ouvrage De la réhabilitation de la race noire par la République d’Haïti d’Hannibal Price publié en 1900, après sa mort en 1893 aux États-Unis d’Amérique, est une vraie boîte à idées géniales encore inexploitées. La société haïtienne a raté une occasion de s’instruire à partir des vérités exprimées dans ce livre. Hannibal Price est un géant de la pensée haïtienne, qui a d’ailleurs été vénéré par cet autre géant qu’est Jean Price-Mars au point que ce dernier a attaché le nom Price au sien avec un trait d’union . Cela est particulièrement signifi- catif dans un milieu social hanté par la question de couleur. Légitimer le vol et le pillage faits par des Noirs L’ouvrage posthume d’Hannibal Price n’a pas bénéficié de la diffu- sion qu’il méritait. Sa critique de la chimère maléfique du racisme n’a pas été approfondie pour per- mettre de comprendre la dérive du pacte fondateur de 1804 signé par 24 Mulâtres, 12 Noirs et un Blanc. Dérive consacrée dans la Constitu- tion de 1805 qui dit que tous les Haïtiens sont noirs. L’occupation américaine de 1915 a plutôt créé les conditions de l’émergence de la dangereuse imposture idéologique du noirisme indigéniste qui a cul- miné dans la terreur de la dictat- ure sanguinaire des Duvalier. En déconnectant l’Haïtien de lui- même, l’occupation américaine l’a dépouillé en lui enlevant sa quintessence au profit de la proli- fération d’idées farfelues, occultes et ésotériques. Depuis 1953, la découverte scientifique de la struc- ture de l’ADN a pulvérisé la notion de race, ce qui n’a pas empêché la bande à Duvalier de préconiser ce que Léon Laleau a nommé en 1956 le « gobinisme à rebours » pour tenter de compenser l’échec du projet révolutionnaire exprimé dans l’Acte de l’indépendance. Échec traduisant une carence de morale et d’éthique. Dans l’explication de notre déca- dence, Hannibal Price fait remont- er le phénomène au gouvernement Soulouque. En campant sur ses épaules, nous pouvons débus- quer notre péché originel dès les premiers jours de notre indépen- dance. Price écrit : « Le mal est venu avec la première dictature établie en Haïti à la suite et par l’effet de notre querelle de couleur de 1843. » Or justement, ce qu’il nomme cette querelle de couleur remonte plus loin. Ce vice est un incessant tourbillonnement qui est déjà présent dans la colonie de Saint-Domingue et qui con- tinue avec Haïti en 1804. Cette vérité n’a pas vacillé et exerce son empire sur notre société aussi bien avec le mulâtrisme qu’avec le noirisme. Le péché originel En effet, le noirisme institué sous Dessalines dans la Constitution de 1805 continue avec la même dose de fossilisation de la pensée raciste. Avec le même délire de la couleur de la peau. Au lieu de rendre caduque cette pensée maléfique comme l’a voulu l’Acte de l’indépendance, il la reproduit mécaniquement en en inversant les termes dans un discours peu scrupuleux qui tente de légitimer le vol et le pillage faits par des Noirs. Les séquelles de la pensée raciste ne peuvent produire que péripéties et insignifiances ne conduisant nulle part. Comme le disait Mon- taigne dans un autre domaine, « le vice n’est pas d’entrer chez elle, mais de n’en pas sortir ». Dans le cas haïtien, selon Hanni- bal Price, le mal « a été produit par les commandes extravagantes de l’Empire (de Soulouque), par les faveurs impériales, qui ont permis à des blancs mariés à des dames de la Cour, de gagner sur une simple fourniture de draps ou de pierres à fusil pour l’armée, plus d’argent qu’un négociant haïtien ou étranger n’en saurait acquérir en vingt ans de travail honnête. Des nègres et des mulâtres burent aussi à cette coupe empoisonnée des grâces et faveurs d’une Majes- té. […] Avec le rétablissement de la République, la coupe des apa- nages, des grâces, des faveurs son- nantes se trouva brisée. Mais les blancs, les nègres et les mulâtres qui avaient pu y tremper leurs lèvres ne purent y renoncer, et la corruption commença son œuvre ténébreuse . » On se garderait d’entretenir une vue trop étroite sur la manière dont Hannibal Price aborde notre péché originel. Il se ravise quelques pages plus loin. Référant au noiriste Louis Joseph Janvier qui cite un texte du 18 février 1815 du général Prévost, duc de Limonade sous le royaume de Christophe, Hannibal Price écrit : « Pour combattre le roi Christophe qui voulait faire avec raison de cette guerre (la guerre du royaume du Nord contre la république du Sud) une guerre de couleur, et pour miner sa puis- sance qui développait une grande sévérité d’organisation, Pétion laissait faire aux noirs tout ce qui leur plaisait ; et plus l’autre sévissait pour obtenir l’ordre, plus Pétion relâchait . » Le piège dans lequel le mulâ- trisme a aussi enfermé la jeune nation n’est pas moins grave. Cela s’est fait autant avec la politique de doublure initiée dès 1804 et consistant à mettre au pouvoir des Noirs ignorants afin des les manip- uler ou encore avec la politique de lese grennen consistant à laisser les Noirs agir selon le « nou fè sa nou pi pito » et le « tout voum se do ». Entre ces deux pôles de néant, la pendule nationale vac- ille. (À suivre.) John Picard Byron, « La pensée de Jean Price-Mars », Préface à l’édition d’Ainsi parla l’Oncle (1928), Montréal, Mémoire d’Encrier, 2009 p. 52. Aristippe de Cyrène dans Mon- taigne, Les Essais, tome III, Paris, Guy de Pernon, 2008, p. 129. Hannibal Price, De la réhabilita- tion de la race noire par la Répub- lique d’Haïti, Port-au-Prince, Imprimerie Verrollot, 1900, p. 655-656. Ibid., p. 671, tiré de Louis Joseph Janvier, Haïti et ses visiteurs 1840-1882, Paris, Flammarion, 1883, p. 335.
  18. 18. 18 | N0 45 JEUDI 23 JUILLET 2015 CULTURE WWW. Reklam lakay. Com fait la promotion de notre culturePar Schultz Laurent junior Les responsables de l’entreprise WWW.Reklamlakay.com veulent donner beaucoup plus de visibilité aux personnalités évoluant dans le secteur culturel haïtien. Ils organisent des foires socio-culturelles pour mettre en valeur la créativité de nos artistes et nos artisans. F ondé et administré par un conseil dynamique de sept jeunes (Samuel St-Louis, Altéma Daniel, Jean Pierre, Clarens Rathon, Derlin Barthélémy, Pierre André Paul, Pierre David), le WWW.reklamlakay.com est un cré- neau d’informations et d’annonces en ligne qui fait la promotion de la culture haïtienne. Cette initiative met à la dispo- sition des Haïtiens et des inter- nautes un espace de publicité et d’échanges qui vise notamment à éduquer les jeunes, à travers des rubriques riches et diversifiées, sur l’histoire de notre pays. En plus d’offrir au monde entier une image somptueuse et positive d’Haïti, WWW.reklamlakay.com veut mettre en valeur les femmes, présenter les différentes fêtes patronales du pays, organiser des concours sur des sujets relatifs à l’histoire et à la littérature haïti- enne, donner un compte rendu exhaustif sur les activités socio- culturelles qui se déroulent en Haïti ou à travers le monde telles que : bals, concerts, conférences, débats, journées portes ouvertes. Par ailleurs, il y a lieu de mention- ner que les suiveurs de Reklam- Lakay.com d’ ici ou d’ ailleurs trouveront un agenda qui fournit des informations judicieuses sur les activités et les programmes du mois en cours, permet de connaî- tre les tarifs et les disponibilités de nos hôtels, met en valeur les œuvres de nos écrivains, artisans, peintres et tous ceux qui évoluent dans le monde de l’art dans le but de leur donner une plus grande visibilité. La production agricole, la danse folklorique et la sculpture ne seront pas jetées aux oubliettes puisque le site offre des informa- tions utiles pouvant aider à mieux connaître les activités liées à ces différents secteurs. Il faut soulign- er aussi qu’il existe une galerie- photos donnant la possibilité de visionner les plus belles images du pays. L’année dernière, dans le cadre des festivités des fÀ

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