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No 128

  1. 1. Près de 57 % des élèves haïtiens consomment de l’alcool Ritzamarum Zétrenne Dadou Jean Bart veut avoir « du temps pour construire du solide » Propos recueillis par Gérald Bordes Un mort et deux blessés, des proches du PHTK indexés Reynold Aris HAÏTI / SITUATION POST-ÉLECTORALE Une crise presque sans issue L’issue de la crise électorale actuelle qui s’intensifie au fil des jours est pour le moins incertaine. Si les acteurs politiques qui y sont concernés au premier chef ne s’accordent pas sur une décision politique pour résoudre cette crise, pensent certains analystes, les protagonistes pourraient s’aventurer vers une destination inconnue où tous seraient perdants. HAÏTI / PRÉSIDENTIELLE / CONTESTATION Que de fraudes constatées au Centre de tabulation ! LUNDI 23 NOVEMBRE 2015 NUMÉRO 128 Ç a devient inquiétant. Les vieuxdémonsresurgissent. D’aucuns ont l’étrange et la désagréable sensation de remémorer les jours sombres qu’a connus le pays dans un passé encore récent, suite aux bras de fer opposant le pouvoir et les forces de l’opposition. Les récents événements survenus lors des manifestations des rues les 18 et 20 novembre en témoignent. Les manifestants ont été, soit l’objet d’actes de violences perpétrées par des agents des forces de l’ordre, soit de violences, au vu et au su des policiers devant assurer leur sécurité, provenant d’individus ayant provoqué le désordre généralisé. Bilan : un mort, plusieurs personnes blessées dont deux candidats à la présidence, des voitures incendiées et des propriétés privées endommagées. Créditée de pacifique et réussie sous la conduite exemplaire de la PNH, la série de manifestations enclenchées depuis le 11 novembre dernier par les partisans de Jude Célestin, Jean Charles Moïse et Maryse Narcisse prend une autre tournure. Le comportement des acteurs aussi. »»» lire page 4 »»»   P. 3 »»»   P. 14 ACTUALITÉS SOCIÉTÉ SPORT »»» suite page 6 »»»   P. 22 Des juges du BCEN et des représentants de Fanmi lavalas lors de la séance de vérification au Centre de tabulation, le 21 novembre 2015. / Photo : Ruben Chéry
  2. 2. « Toussaint, dit le Général Ramel, est âgé de cinquante-cinq ans. Sa taille est ordinaire, son physique rebutant; il est laid même dans l’espèce noire. Il naquit aux Jouaïves (Gonaïves), sur l’habitation d’Inderi (Ennery), fut d’abord cocher, puisatier, et finit par être gérant de M. Hédicourt. Il monte bien à cheval et lestement. La nature l’a doué d’un grand discernement; il n’est pas très communicatif. Brave, intrépide et prompt à se décider quand il le faut, tous les ordres qu’il donne, il les écrit de sa main, il n’est permis à aucun aide de camp ou secrétaire de décacheter ou lire les lettres et mémoires qu’on lui adresse; lui seul les ouvre et les lit avec beaucoup d’attention. Il ne fait pas attendre sa réponse et ne revient jamais sur ses ordres ou ses décisions. De tout temps très attaché à la doctrine de la religion chrétienne, il hait ceux qui négligent de la professer. « Frugal, sobre jusqu’à l’excès; du manioc, quelques salaisons et de l’eau, voilà sa nourriture et sa boisson. Il croit fermement qu’il est l’homme annoncé par l’abbé Raynal, qui doit surgir un jour pour briser les fers des noirs. Bon époux, père tendre, on ne peut qu’admirer l’attachement et le respect qu’il porte à son parrain qui reste au haut du Cap; il ne vient jamais dans cette ville qu’il ne s’arrête chez lui en arrivant. Ce parrain est très mal logé, et n’a jamais voulu changer de demeuresouslerègnedeToussaint. C’était un homme très important, et qui a rendu de grands services. On l’a noyé depuis : quelle en a été la raison ? Je n’en sais rien. « Toussaint fut d’abord l’ennemi déclaré du désordre et du brigandage; c’est pour cette raison que, dès le commencement des troubles, il s’était retiré chez les Espagnols, il fit avec eux la guerre à ses compatriotes; il s’y était même distingué. On ignore par quels moyens le général Lavaux le ramena dans le parti français. Il vint prendre rang dans l’armée française de Saint-Domingue; il fut bientôt promu au grade de général de brigade, puis de division et de gouverneur. On dit que l’appétit vient en mangeant : il faut croire qu’il en est ainsi de l’ambition. Toussaint rendit de grands services au général Lavaux, et on lui doit l’expulsion des Anglais de la colonie. Un homme de couleur, le général Dumas, avait pu obtenir en Europe le commandement en chef d’une armée française : Toussaint trouva donc tout juste et tout naturel de commander au moins à ses compatriotes qui le désiraient, le demandaient pour chef, et ne l’ont que trop bien secondé. Voilà ce but où tendaient tous ses vœux et tous ses travaux. Bientôt il sentit qu’il fallait reconstruire ce qu’il avait détruit, il s’en occupe avec beaucoup de ténacité, et tous les hommes lui sont bons, quelles que soient leur couleur et leur opinion. Malheur à qui oserait le tromper; il abhorre les menteurs. On lui en impose difficilement, il est méfiant à l’excès, et pardonne rarement à ceux de sa couleur, dont il connaît bien le génie inquiet. Chaque année,ilenvoieàsonancienmaître, réfugié aux États-Unis, le produit de son habitation, et beaucoup au- delà… Je pourrai encore ajouter bien des choses. Je crois suffisant ce que je viens de dire. Ce ne sera pas une histoire dénuée d’intérêt que celle de Toussaint, si elle paraît jamais, et surtout si elle est écrite avec impartialité, et s’il est permis de tout dire. « Lorsque Toussaint fut forcé de se soumettre, et qu’il eut obtenu que tout serait oublié, il vint au Cap; il osa y entrer précédé de trompettes, trente guides en avant et autant en arrière; il fut hué, insulté même par les habitants. Il était accompa- gné du général Hardi, vers lequel il se tourna, et lui dit froidement : « Voilà ce que sont les hommes partout; je les ai vus à mes genoux, ces hommes qui m’injurient, mais ils ne tarderont pas à me regretter. » Il ne s’est pas trompé. Le général Leclerc le prévint; on dit qu’il con- spirait; il fut arrêté et envoyé en France. » Voilà tout ce que Lamartine savait à peu près de précis sur Toussaint Louverture. Son imagination fit le reste:elleserévélaparticulièrement fantaisiste dans la création des per- sonnages et dans le choix des épi- sodes. Mais il ne s’agissait pas pour l’auteur de faire œuvre d’historien ou même d’artiste : l’histoire du héros noir était à ses yeux une preuve éclatante de l’égalité des hommes, et il en fit un argument décisif contre l’institution de l’esclavage, à laquelle les colons ten- daient donner comme justification rationnelle le dogme anti-scienti- fique de l’infériorité congénitale du nègre et de ses descendants. Publié d’abord en librairie par les soins de Michel Lévy, le drame fut représenté sur le théâtre de la Porte Saint-Martin le 6 avril 1850. Fré- dérick Lemaître y fut superbe dans le personnage de Toussaint. « Fred- erick Lemaître, écrit Lamartine, a été le Talma des Noirs, un Talma des Tropiques, … d’un caractère plus ému, plus explosible que le Talma de Tacite, que nous avons vu chez nous se poser, marcher, penser et parler comme la statue vivante de l’histoire classique. C’est de Frédérick Lemaître que le pub- lic a pu dire ce que les Français di- saient de Toussaint : « Cet homme est une nation! » Je n’insisterai pas ici sur le mérite littéraire du « Toussaint-Louver- ture ». Le poète n’y attachait pas lui-même grande importance au point de vue strictement artistique : il n’y avait vu qu’une arme mise au service de l’homme d’État pour lui permettre d’accomplir l’un des plus beaux actes de sa vie politique et de l’histoire de la France : l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Et voici comment il s’exprime à ce sujet : « Je ne me dissimule aucune des nombreuses imperfections de l’œuvre : ce n’était dans mon intention qu’un discours en vers et en action en faveur de l’abolition de l’esclavage. L’esclavage est à jamais aboli; aujourd’hui on me pardonne le drame en faveur de l’acte. Si mon nom est associé dans l’avenir de la race noire aux noms de Wilberfoce et des abolition- nistes français, ce ne sera pas pour ce poème, ce sera le 27 février 1848, où ma main signa l’émancipation de l’esclavage au nom de la France ! » Par cet acte d’humanité et de justice chrétienne, Lamartine devint pour les noirs des colonies françaises ce que, quatorze ans plus tard, par l’acte du 22 septembre 1862, allait devenir pour les Nègres des États- Unis, Abraham Lincoln. Ce rap- prochement permet une nouvelle fois de mettre en lumière cette puissance extraordinaire de divina- tion qui fit du poète des « Harmo- nies » un homme d’État-prophète. Il avait lu dans l’avenir que l’union de l’Angleterre et de la France constituerait la plus solide forter- esse de la civilisation chrétienne, et il eut la prescience d’associer à cette défense sacrée, les États-Unis d’Amérique qui étaient alors une nation relativement faible. Les occasions sont innombrables où l’Angleterre et la France se sont battues l’une contre l’autre, tantôt s’affrontant seules dans des com- bats qui ressemblaient à des du- els, tantôt associées à d’autres pays d’Europe dans des coalitions où les partenaires changeaient souvent de camp. Leurs querelles furent si nombreuses et parfois si longues – la Guerre de Cent ans ! – que cha- cun des deux peuples avait fini par considérer l’autre comme l’ennemi héréditaire. Cependant, au plus fort des conflits qui les opposaient l’un à l’autre, il n’avait jamais man- qué de gens clairvoyants, français et anglais, pour proclamer que la plus forte garantie de la paix du monde résidait dans l’entente cor- diale de la France et de l’Angleterre. Lamartine fut de ceux-là. Dans le discours qu’il prononça au banquet donné à Parais, le 10 févri- er 1840, par la Société Française d’Émancipation de l’Esclavage aux délégués des associations aboli- tionnistes anglaises et américaines, le poète s’écria : « … Une politique mesquine et jalouse s’efforce en vain de briser ou de relâcher, par des tiraillements pénibles, les re- lations qui unissent l’Angleterre et la France. L’Angleterre et la France resteront unies : nous sommes à nous deux le piédestal des droits du genre humain. La liberté du monde a un pied sur le sol britannique, un pied sur le sol français. La liberté, la civilisation pacifique s’écroulerait une seconde fois dans les flots de sang si nous nous séparions… Les idées sont le premier des intérêts. Quand Washington et Lafayette, quand Bailly et Franklin se firent un signe à travers l’Atlantique, l’indépendance de l’Amérique, quoique contestée par les cabi- nets, fut reconnue d’avance par les nations. Quand les libéraux de l’Angleterre et de la France se ten- dirent la main, malgré Napoléon et la coalition, c’était en vain que les armées et les flottes combattaient encore : les nations étaient récon- ciliées. Les plénipotentiaires des peuples, ce sont leurs grands hom- mes; les vraies alliances, ce sont les idées. » Comme ces nobles paroles pren- nent un relief saisissant à la lu- mière des événements actuels! Les trois nations, que l’éloquence de Lamartine associait ainsi en une union sacrée, sont engagées, du même côté, dans un conflit où sont impliqués les intérêts supéri- eurs de l’humanité civilisée. Que l’Angleterre de Winston Churchill, les États-Unis de Franklin Roo- sevelt, la France du Général de Gaulle n’oublient pas que la des- tinée des Nations Unies est liée à leur sort et que de leur victoire commune dépend la liberté du monde. Dantès Bellegarde* *Dantès Louis Bellegarde (18 mai 1877-16juin1966),futenseignant, écrivain, essayiste, historien et diplomate haïtien. | TRIBUNE 2 | N0 128 LUNDI 23 NOVEMBRE 2015 Lamartine et Toussaint Louverture | 2
  3. 3. ACTUALITÉ | LUNDI 23 NOVEMBRE 2015  N0 128  | 3 L esmanifestantsprotestaient pacifiquement contre la vaste opération de fraudes perpétrées en faveur du candidat du PHTK, Jovenel Moïse. Tout se déroulait apparemment bien de l’Église Saint-Jean Bosco à la l’autoroute de Delmas, en passant par Bel-Air. Arrivés au niveau de Delmas 95, d’innombrables jets de pierre ont soulevé un véritable vent de panique dans la zone. Ainsi, les protestataires ont riposté pratiquement avec les mêmes moyens. Dans un élan de colère, ils ont incendié deux véhicules, l’une de marque Mitsubishi Lancer et l’autre de marque Montero. En outre, ils ont tout cassé et tout saccagé sur leur passage, pour ensuite les utiliser pour bloquer la circulation au niveau de Delmas 95, autoroute de Delmas. Ordures, drains, pots de fleurs, blocs, contreplaqués (plywoods), etc. Deux hommes ont été blessés à coup de machette, l’un au niveau du dos et l’autre au niveau de l’avant- bras, sous les yeux impuissants des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH). « Ce qui est drôle dans toute cette histoire, c’est que ces soi-disant “forces de l’ordre” n’ont procédé à aucune arrestation des auteurs de ces actes répréhensibles », se sont indignés les manifestants. L’identitédumort Quant à l’homme décédé, le journal Le National a tenté de recueillir les informations permettant de s’enquérir de son identité. Mais l’initiatives’estrévéléevaine.Aucun des organisateurs de ce mouvement de mobilisation n’était en mesure de communiquer les informations permettant d’identifier la structure à laquelle il appartient. Retraçant les circonstances de la mort de cet homme, des manifestants ont indiqué qu’il a été lâchement abattu d’un projectile au niveau du thorax, non loin des locaux de la Télévision nationale d’Haïti. Selon eux, l’auteur de cet « acte crapuleux » est un agent de Police alias « Tiblan », membre d’une base dénommée «lame moto », cantonnée à Delmas 33. La rhétorique de la peur Nous avons tous peur. Non pas la peur de perdre notre vie. Il faut se souvenir qu’il y avait nos pères qui faisaient peur à la peur. Avant de s’engager dans la bataille de l’Indépendance, ils avaient posé des actes inouïs. Aucun haïtien aujourd’hui ne ferait de tels gestes. Ils hésiteraient mille fois ou mille nuits avant de brûler leurs propres résidences. Cela a été effectué pour se libérer de toute attache avec les « biens terrestres » et de s’engager, corps et âmes, dans la lutte pour la libération de frères nègres qui, de la cale du bateau négrier aux plantations de cannes, montaient le terrible calvaire colonial. Nous avons tous peur. Cela est une angoisse que nous partageons tous, à un niveau ou à un autre. Elle peut être un peu amoindrie chez certains et beaucoup plus active chez d’autres. Mais, elle est là, persistante, quotidienne. Elle désarticule nos comportements, nous trouble et développe chez nous une phobie de l’autre, en faisant s’étendre, contre tout rationalisme accumulé par notre éducation, une chose multiforme qui nous met face à face dans un « hing-hang » rageur, une espèce de grimace collective. Quand on voit que cela vient du haut de l’échelle sociale, c’est-à-dire de chez ceux- là qui devraient rassurer l’ensemble des citoyens, il y a donc immanquablement un déficit officiel de paix débouchant sur la nervosité de chefs de bande qui troublent le sommeil des uns et des autres. Nous avons tous peur. Nous nous demandons, nous de notre génération, qu’avons-nous fait pour mériter cela ? Est-ce la « malédiction » de Dessalines ? Est-ce notre persistance dans l’erreur ? Est-ce le gonflement de notre ego qui ne nous porte pas à savoir la vertu de l’agenouillement pour demander pardon aux « esprits » fatigués par notre raideur de batailleurs intrépides ? En tout cas, nous glissons dans un bas-fond opaque, humide et prisonnier. Pour ceux qui pensaient que nous avons déjà atteint le sol de notre trou et qu’il nous reste à trouver la manière de remonter, suivant le principe du corps et de la poussée vers le haut, ils découvrent, soudain, que nous continuons à creuser avec la sombre rhétorique de la peur. La remontée vers l’oxygène et la légèreté n’est pas pour demain. Nous avons peur. Le territoire national est encadré par des forces militaires. En Haïti, certains disent qu’il y a des drones qui contrôlent nos activités, nos contacts interpersonnels et même nos intimités de plaisir mérité. Les nationalistes craignent qu’à trop tirer sur la corde, elle finisse par se casser. Tout ce beau monde musclé et coléreux tombera sur le « bouda ». Les forces étrangères attendraient l’usure de la corde pour refaire 1915 ! Sur la terre de Dessalines ce serait une autre grande honte. Quelles classes sociales, quels leaders politiques aimeraient que l’on revienne à ce passé pour se protéger alors que le pays va subir, encore, l’humiliation qui justifiera le mauvais terme de « droit d’intervention en pays ingouvernable ». Nous avons peur. Les intellectuels doivent se dire qu’il y a une responsabilité de sortir du formalisme, du « tulututu » ou l’obsession des reconnaissances internationales pour s’engager organiquementdanslecombatdureculdelapeur,patiemment programmée, afin qu’il n’y ait plus d’écrivains, de peintres, de chanteurs à traduire l’âme de la Civilisation haïtienne. Nous avons peur. Mais, il nous reste à faire un premier pas: demandons pardon au Père de la Patrie en toute humilité. Comme le fils prodigue qui avait perdu les richesses du Père, les apeurés que nous sommes auront fait le deuil de l’angoisse. Ce sera la Renaissance de notre être individuel et collectif. Pierre Clitandre HAÏTI / MANIFESTATION Un mort et deux blessés, des proches du PHTK indexés Depuis le 5 novembre, date de la publication des ré- sultats préliminaires des élections de la présidenti- elle, l’opposition plurielle, composée notamment de la coalition du groupe des huit candidats à la pré- sidence manifeste contre ces résultats. Mais leur dernière manifestation de rue, le vendredi 20 novem- bre 2015, s’est soldée par des incidents majeurs. Bi- lan : un mort, deux blessés, deux véhicules incendiés et plusieurs autres avec les pare-brise cassés. ÉDITO » suite page 5 Un blessé transporté par des manifestants, le 20 novembre 2015. / Photo : J. J. Augustin
  4. 4. | ACTUALITÉ 4 | N0 128  LUNDI 23 NOVEMBRE 2015 » suite de la première page HAÏTI / PRÉSIDENTIELLE / CONTESTATION Que de fraudes constatées au Centre de tabulation ! Comme programmée, la vérification des procès-verbaux au Centre de tabulation des votes (CTV), a débuté le samedi 21 novembre 2015, conformément à la décision avant dire droit prononcée par le BCEN. Au terme d’une première série de vérifications, un tas d’irrégularités assimilables à des cas de fraudes a été constaté, selon ce qu’ont fait savoir l’ancien sénateur Yvon Feuillé, les avocats de Maryse Narcisse ainsi que ceux du candidat Vilaire Cluny Duroseau. S amedi 21 novembre 2015, il est 10h du matin, au Parc industriel métropolitain Sonapi, au Centre de tabu- lation des votes. Les deux candi- dats à la présidence, contestataires des résultats et les juges du Bureau du contentieux électoral national (BCEN), doivent procéder à la vérification des procès-verbaux. Maryse Narcisse, s’est fait accom- pagner de son directeur de cam- pagne, Leslie Voltaire, de l’ancien sénateur Yvon Feuillé, du sénateur en fonction, Jean Baptiste Bien- Aimé, de Joël Édouard Vorbe, de certains techniciens, sans oublier son conseil de défense composé des avocats Gervais Charles, Axène Joseph et Camille Fièvre. Les au- tres parties invitées, ont tout carré- ment boudé l’invitation du BCEN à l’exception de Jovenel Moïse qui s‘est fait représenter par maître Pat- rick Laurent et un membre de son équipe, Roody Choute. Jude Céles- tin et Moïse Jean Charles, comme annoncé d’ailleurs, ne se sont pas présentés et ne sont pas non plus fait représentés. Ils ont choisi tout simplement la mobilisation des rues, tout en enjoignant le CEP de mettre en place la commission indépendante, contrairement à Fanmi Lavalas qui dit mener un combat juridico-politique. C’est le directeur du Centre de tabulation, Widmack Matador, qui a reçu les candidats (Narcisse et Duroseau) les invitant à s’asseoir sur des chais- es rangées sous un amandier se trouvant sur la cour du CTV en at- tendant l’arrivée des juges élector- aux. Quelques minutes plus tard, une première voiture de marque Toyota land Cruiser, plaque offici- elle est arrivée sur les lieux. C’est le conseiller Jaccéus Joseph qui y est descendu bien escorté de deux agents de sécurité. En l’espace d’un cillement, une deuxième voiture officielle. Cette fois-ci, c’est le tré- sorier du CEP, Ricardo Augustin faisant office de président de la deuxième composition du BCEN, en charge des dossiers de Maryse Narcisse et Cluny Vilaire Duro- seau.Après avoir salué les invités, les juges électoraux ont eu un petit moment de concertation pour dé- finir les modalités de travail. Une fois définies, les juges et les avocats se sont entendus sur ces modalités. Les hommes de loi, les techniciens et les candidats rejoignent les juges à l’intérieur du CTV, laissant sur la cour les journalistes. Peu de temps après, Maryse Narcisse et ses avocats sont sortis pour une concertation avec les techniciens et d’autres membres de son équipe. Après le huis clos, maître Gervais Charles fait les premières décla- rations à la presse pour annoncer que la journée allait être longue et que la vérification allait commenc- er avec le département du Nord. Maryse Narcisse qui n’a pipé mot à la presse, est partie laissant la tâche à ses avocats et techniciens qui ont rejoint les juges pour les vérifica- tions loin des journalistes. Peu de temps après, Patrick Laurent file à l’anglaise, esquivant ainsi les de- mandes des journalistes. Widmack Matador est venu inviter les jour- nalistes à observer les vérifications à la demande des juges électoraux. Pour la première fois durant le processus de tabulation, les jour- nalistes ont été invités à franchir la limite qui leur a toujours été imposée, et ce, par souci de trans- parence des magistrats élector- aux. L’observation sur le déroule- ment des vérifications a permis de comprendre que le processus est bien entaché de légèretés et d’irrégularités. Pourquoi certains procès-verbaux raturés ont été tabulés ? Pourquoi comptabiliser des votes des mandataires dont les procès-verbaux de carence ne sont pas signés ? Pourquoi les procès- verbaux mis en quarantaine ont été mélangés après la tabulation ? Pourtant l’article 171 du décret électoral est clair. Pas moins de 14 raisons pour lesquelles un PV peut être mis en quarantaine sont évo- quées dans cet article. «Unemascarade de fraudes », selon Yvon Feuillé « Nous avons laissé le soin au CEP de choisir les procès-verbaux au hasard. Sur 100 % PV choisis, nous leur avons montré qu’ils sont tous entachés de fraudes », a lancé l’ancien sénateur Lavalas, Yvon Feuillé qui participait à l’opération de vérification. Ce Constat, dit-il, est fait sous les regards des obser- vateurs haïtiens et étrangers, les juges électoraux, les avocats et les techniciens ainsi que le greffier, tous ont pris acte. Plus loin, dit-il, la population a raison de gagner les rues puisque la journée du 25 oc- tobre a été une vaste mascarade de fraudes. Parmi les PV tabulés, on retrouve certains qui ont été mis à l’écart, d’autres dont le nombre de votants ne correspondent pas au nombre de signatures sur la LEP (liste d’émargement partiel), des PV raturés et autres, a fait savoir le lavalassien qui ne voulait pas re- later trop de dossiers pour ne pas contrarier les travaux du BCEN. Mais, dit-il, parmi les PV suspects, la grande majorité est profitable à Jovenel Moïse, puis Jude Célestin et quelques-uns sont en faveur de Moïse Jean Charles. De son côté, maître Fanfan Guérilus qui défend Cluny Vilaire Duroseau, croit que ces vérifications ont ouvert la boite de pandore. Il dit constater des ir- régularités très graves. « Tous les procès-verbaux pris par le BCEN sont entachés d’irrégularités. Des ratures. Des tentatives d’altération », a précisé l’homme de loi, infor- mant que, du train que ça va, la situation s’annonce très difficile et peut entraver l’ensemble du pro- cessus électoral. Noclès Débréus www.lenationalht.com 10, rue Gabart · Pétion-Ville info@lenational.ht (509) 4612-1010 / 3214-5554 *** Propriétaire: Le National S.A Fondateur: Hervé Lerouge, Ing. 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Sénélus, Ritzamarum Zétrenne *** Graphistes : Junior Admé, Lesly Placide Caricaturiste : Francisco Silva Photographes Jean Jacques Augustin, Ruben Chéry Correction & révision Frantz Clergé, Jean Eric Fouché, Jackson Joseph Internet & Multimédias Jean Bernard Brutus, Stanley Pierre, Steevens Placide, Aurelien Junior Sylvain *** Administration : Rachelle Compère administration@lenational.ht (509) 4610-1010 / 4611-1010 Publicité et Marketing: Cassandra Bosquet publicite@lenational.ht (509) 4610-1010 Vente & Distribution : (509) 3854-8870/4306-5205 *** Imprimé en Haïti aux Éditions des Antilles S.A Que de fraudes constatées au Centre de tabulation! / Photo : Ruben Chéry
  5. 5. ACTUALITÉ | LUNDI 23 NOVEMBRE 2015  N0 128  | 5 D u 28 octobre au 20 novembre 2015, ils sont 55 présumés bandits arrêtés par la Police nationale d’Haïti (PNH). Parmi ceux-ci se retrouvent, Seneck Prévil (dit Osnel), Jacquenson Pierre (alias Manga), Charlotin Ladouseur connu sous le sobriquet de Christionor, James Lutherson Germain et Vilio Pétion. Ces derniers sont arrêtés pour vol de nuit par infraction à main armée. Ils sont les auteurs des actes de vols suivis de violences physiques sur les religieuses de Mirebalais. Voies de fait suivies de coups et blessures, associations de malfaiteurs et tentatives d’assassinat sont d’autres motifs retenus contre ces 5 individus qui avaient l’habitude d’opérer dans l’aire métropolitaine également. Un fusil de calibre 12 et une arme artisanale, un marteau et untournevissontprésentés comme les outils de fonctionnement de ces malfrats. Le porte-parole adjoint de la PNH, Gary Desrosiers, n’a toutefois pas donné de détails sur 5 autres présumés membres de ce gang qui s’en prenaient aux religieuses. C es 5 individus ont été présentés à la République, le mercredi 25 mars 2015. Ils répondent aux noms de Daniel Charléus, Aresté Jeannot, Jimmy Jean-Baptiste, Sauveur Augustin et Pierrelus Micanord. Trois des cinq avaient avoué leur implication dans les attaques conduites chez les sœurs. Les départements de l’Artibonite, du Centre, et de l’Ouest ont été les plustouchésparcesactes. Plusieurs dizaines de religieuses n’ont pas pu échapper à ces attaques nocturnes. D’autres présumés malfaiteurs ont été présentés à la population. Frantzo Chritspohe (alias, Vè nan vyann) appréhendé pour viol, vol, assassinat et tentative d’assassinat, opérait surtout dans l’aire de la Croix-des-Bouquets. Winderson Noblet (dit, Magistrat) est quant à lui arrêté dans le périmètre de Delmas 55 pour braquage, vol à main armée et association de malfaiteurs. Védrine Réginald et un mineur appelé sont les deux individus arrêtés dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat le samedi 7 novembre 2015 du policier Jimmy Cétoute qui servait la PNH au sein de la prison civile de la Croix- des-bouquets. L’adolescent servait d’éclaireur à l’assassin d’après le porte-parole adjoint de la PNH, Gary Desrosiers. Les dénommés Jeff St Fleur, Mack- ensonStFleur,JeanWilbertStFleur (Alias Yoyo Kana), Célestin Ron- aldo (dit Baron) et Moïse Horad ont aussi été capturés par la police. Ils sont les auteurs de l’assassinat d’une ressortissante américaine, Roberta Edwards, dans la soirée du 10 octobre d’après les déclarations de Gary Desrosiers. Celle-ci était la responsable d’un orphelinat et venait en aide à ces présumés assassins. Le forfait a eu lieu à Santo II, Croix-des-Bou- quets. Joseph Kendy, dit Tifrè est arrêté pour son implication présumée dans l’assassinat du policier Pierre Bergenon le 7 octobre 2015. Il est aussi présenté par l’inspecteur Gary Desrosiers comme le responsable d’un gang appelé « Baz Pilate ». Riboul Jean alias Junior est pour sa part le présumé assassin de Judette François. La victime a été abattue le 18 juillet 2015 à Delmas. L’inspecteur Gary Desrosiers a expliqué que tous ces individus ont subi des interrogatoires et ont avoué leurs forfaits. « Nous les avons cuisinés (…) Nous sommes sûrs que ces gens sont impliqués dans ces dossiers », a déclaré M. Desrosiers. Aurendez-vousdes violeurs Pas moins de 7 violeurs sont arrê- tés pour leur implication dans des viols perpétrés contre 5 mineurs. Ces individus ne sont pas présen- tés à la presse mais leurs noms sont clairement indiqués. Mécène St Fleur, 33 ans, Mérilien St Fleur 28 ans, Dieufait Nelson 25 ans et Prénord Jeanty, 29 ans, ont collec- tivement violé une adolescente de 16 ans. Réginald Jeudy âgé de 25 ans a violé une fille de 11 ans. Il est arrêté pour viol et voies de fait suivi de coups et blessures. Steevenson Joachim 22 ans, a abusé d’une mineure de 16 ans. Deux autres cas, Chéry Jean Michelet, alias John 27 ans et Léné Smith ont été arrêtés pour avoir violé respectivement chacun deux adolescentes de 14 et de 15 ans. Les dossiers de ces violeurs supposés sont déjà acheminés au parquet de Port-au-Prince. Stephen Ralph Henri HAÏTI/ SÉCURITÉ La police présente 55 présumés bandits arrêtés Une cinquantaine de présumés bandits répondant à divers chefs d’accusation ont été arrêtés par la Police nationale. Infraction à main armée, Viol sur mineures, vol et meurtre constituent entre autres les motifs d’arrestation de ces individus dont une dizaine a été présentée à la presse le 20 novembre. Les dossiers de certains d’entre eux ont déjà été transmis au parquet de Port-au-Prince. Le porte-parole adjoint de la PNH, Gary Desrosiers. / Photo : Ruben Chéry Pour l’instant, ils ont informé qu’aucun juge de paix n’a été dépêché sur place en vue de faire les constats légaux. Ce qui permettrait d’avoir une idée de l’arme avec laquelle ce « policier malfrat » aurait commis son forfait. Peu de temps avant ce meurtre, expliquent des protestataires, la victime longeait la route de Delmas dénonçant la détérioration des conditions socio-économiques du pays depuis l’accession de l’ancien chanteur Sweet Micky à la magistrature suprême de l’État. Soudainement, il a été lâchement assassiné. Ces manifestations en série semblent porter du fruit. Maryse Narcisse s’est rendue au Centre de tabulation de votes (CTV), le week-end écoulé afin de vérifier les procès-verbaux, suite à une décision favorable prononcée par le BCEN. De plus, le sondage de la firme brésilienne IGARAPE, relayé par CNN et AFP, réalisé à la sortie des urnes, vient de renforcer les suspicions autour de celui du Bureau de recherche en informatique et en développement économique et social (BRIDES) et des résultats du CEP. Sur les 1 800 personnes de 135 centres de votes des dix départements du pays interrogées, près de 37.5 % ont indiqué avoir voté Jude Célestin, 30.6 % Jean Charles Moïse, 19. 4 % Maryse Narcisse et 6.3 % Jovenel Moïse. Reynold Aris HAÏTI / MANIFESTATION Un mort et deux blessés, des proches du PHTK indexés
  6. 6. L eurs discours, expression de leur agenda politique réel, se précisent progres- sivement, mais certaine- ment. Les partisans des trois can- didats précités ont tous, au prime abord, revendiqué du CEP le re- spect scrupuleux du vote populai- re. Une demande qui passe néces- sairement par la mise sur pied d’une commission indépendante de vérification, suivie paradoxale- ment, de l’exclusion du candidat du pouvoir Jovenel Moïse. Ils ont été rejoints par l’Espace de résistance patriotique, partisans de la tran- sition démocratique, qui - selon ce qu’a confié au Journal, l’un des acteurs, Me André Michel -, se dit solidaire des revendications des huit candidats à la présidence. Dessonsdiscordants retentissent Cependant, au sein des entités politiques qui foulent le macadam, soufflent le chaud et le froid. La lutte pour la poursuite en bonne et due forme du processus élec- toral ne semble plus être le leit- motiv de tous les acteurs. L’Espace de résistance patriotique rallume le flambeau de la mise en place d’un gouvernement de transition. Même le parti « Fanmi Lavalas » qui revendiquait l’élection au pre- mier tour de sa candidate Maryse Narcisse, s’aligne sur cette posi- tion. Ces acteurs ne chantent plus à l’unisson. Le discours de la “table rase” prend le dessus. D’autant que la demande du G-8 au CEP de mettre sur pied une commission indépendante de vérification a été rejetée par l’organe électoral. Et c’est ce qui a provoqué l’intensification de la mobilisation des rues notam- ment le 18 novembre où une foule impressionnante s’en prenait au CEP et au pouvoir « Tèt kale ». Seuls les candidats à la présidence Jude Célestin et Jean Charles Moïse, respectivement placés en 2e et 3e position dans le classement du CEP, semblent s’accrocher à la poursuite du processus électoral, ce à travers l’épuration des opéra- tions électorales du 25 octobre en- tachées, lancent-ils à cor et à cri, de fraudes massives au profit du candidat endossé par le pouvoir Martelly. Si le G-8 reste souder jusqu’à date, néanmoins, la préci- sion de l’un des acteurs, Me Jean- Henry Céant retient l’attention « le G-8 n’est pas une coalition. Il s’agit d’une alliance conjoncturelle ». Notons également que l’un des membres et avocat du parti « Ren- men Ayiti », Me Reynold Georg- es, faisant partie du directoire de l’Espace de Résistance patriotique qui ont boudé les élections du 25 octobre, n’a de cesse de prôner la transition démocratique comme sortie de crise. L’internationaldiscret Pour l’analyste politique Himler Rébu, cette crise électorale néces- site une solution politique. Car, selon lui, les acteurs politiques haïtiens, notamment ceux engagés dans cette lutte sont pris dans une spirale infernale susceptible de les conduire vers l’inconnu. « Ils n’ont plus le contrôle de la situation, renchérit-il. Pour le moins, prés- age-t-il, tous seront perdants. À savoir que ces troubles politiques incontrôlés justifieraient la mise sous tutelle réelle du pays par les puissances étrangères. Les prises de position de la communauté in- ternationale dans cette crise, toutes proportions gardées, sont moins tranchantes. La dernière en date est celle de la représentante spé- ciale du secrétaire général des Na- tions Unies, Mme Sandra Honoré, qui, déplorant les actes de violence enregistrés lors des manifestations invite le gouvernement à prendre les dispositions nécessaires en vue de garantir le respect du droit de manifester tel que le préconisent les conventions internationales et la constitution haïtienne. Cette note qui, certes, ne s’inscrit pas, dans une perspective ouverte de sortie de crise, constitue pour certains an- alystes, une prise de position voilée de cette entité de l’International. D’aucuns se rappellent une note similaire de Mme Honoré lors des manifestations de décembre 2014 quand l’opposition dite radicale et une frange du pouvoir « Tet kale » réclamaient le départ du Premier ministre d’alors Laurent Lamothe. La Cheffe civile de la Minustah avait expressément condamné la répression des policiers aux dépens des manifestants à qui les forces de l’ordre interdisaient de manière musclée les périmètres du Palais national et même du Champ-de- Mars. Depuis, la mobilisation anti- Lamothe avait pris une ampleur considérable jusqu’à porter à la démission de celui qui était perçu comme le digne successeur du pré- sident Michel J. Martelly. En tout cas, l’International, accusé de parti pris, s’est montré discret. Opérant par entité superposée, dit-on, ces « amis d’Haïti » suivent de près cette crise électorale qui n’augure pas de jours meilleurs pour le pays. Jean Michel Cadet | ACTUALITÉ 6 |  N0 128  LUNDI 23 NOVEMBRE 2015 AVIS DE RECRUTEMENT Une Institution financière désire recruterun Officier de Crédit et un Officier d’Administration du Créditpour son bureau régional localisé au Cap-Haitien. Profil recherché • Être Licencié (e) en Sciences Administratives (Option : Gestion ouComptabilité ou Finance) • Avoir un minimum de cinq (5) années d’expérience dans un poste similaire • Résidant au Cap-Haïtien • Maîtriser le créole et le français (Maîtrise de l’anglais un atout) • Être un (e) utilisateur (trice) expérimenté (e) des principaux logiciels (Excel, Word, Power Point, Outlook) • Être disposé(e) à effectuer des déplacements dans la région et à Port-au-Prince • Être doté (e) de sens de responsabilité et d’esprit d’équipe Description des postes 1) Officier de Crédit • Évaluer et présenter les demandes de financement • Préparer les contrats de prêt • Assurer le suivi des dossiers de crédit • Réaliser des analyses de marché pour un secteur, un projet à financer par l’Institution • Effectuer tous autres travaux en rapport avec les activités de l’Institution 2) Officier d’Administration du Crédit • Recevoir les demandes de crédit pour transmission à l’Officier de Crédit • Monter les dossiers de crédit • Assurer la mise en place des garanties • Préparer les calendriers de remboursement • Recevoir les paiements • Faire effectuer les dépôts • Gérer le portefeuille de crédit • Gérer la petite caisse • Gérer le stock • Exécuter toute autre tâche confiée par la Direction ayant rapport avec les activités de l’Institution Les personnes intéressées sont priées de transmettre une copiede leur CV,licence, lettre de motivation, lettre de référence, matricule fiscal, carte d’identification nationaleet une photo récente à l’adresse électronique suivante : recrutement.cap.haiti@gmail.com au plus tard le 30 novembre 2015. HAÏTI / SITUATION POST-ÉLECTORALE Une crise presque sans issue » suite de la première page
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