No.12

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No.12

  1. 1. Après les verdicts rendus par le Bureau du Contentieux électoral départemental (BCED), pas moins de onze recours sont enregistrés au greffe du Bureau du Contentieux électoral national (BCEN). Tous les candidats écartés de la course électorale contestent la décision du BCED, parmi eux, l’ancien Premier ministre Laurent Lamothe qui focalise les projecteurs. Pas de moratoire, pas de déportation massive LUNDI 8 JUIN 2015 NUMÉRO 12 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI RELATIONS HAÏTIANO-DOMINICAINES HAÏTI / ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE ACTUALITÉ Onze cas devant le BCENPar Noclès Débréus D ’un côté, Antoine Joseph, Anthony Benneth, Laurent Lamothe n’en démordent pas : (Ils sont) « victimes d’abus et complot ». Ils veulent leur réinté- gration dans la course. Ils entendent aller jusqu’au bout. De l’autre, l’ancien député Jonas Coffy, entre autres con- testataires de Jacky Lumarque, a aussi fait appel de la décision du BCED de recommander au Conseil électoral provisoire (Cep) de maintenir en lice la candidature du recteur de l’Université Quisqueya, porte- étendard de la plate- forme VERITE. Petite célébration, grosses inquiétudes par Lionel Edouard Les chanceliers haitiens et dominicains, Lener Renauld et Andrés Navarro. / Photo : J. J. Augustin » P. 9 » P. 23 »   P. 6 ÉCONOMIE SPORT » lire page 5 » suite page 4 Question de liquidité, liquidité en question... Par Evens Regis Marc Collat a dévoilé sa pré-liste pour la Gold Cup par Gérald Bordes Le temps des jeunes femmes Nouvelle chronique du quotidien Le National à partir de mardi
  2. 2. 2 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 Geôlier des motsPar Jacques Ted Saint-Dic TRIBUNE O n oublie souvent que tout ce qu’on dit est un mot. La parole emprisonne le mot pour libérer la pensée et l’acte qu’elle suggère. Homme est un mot. Et dans toutes les langues, il y a un mot pour dire l’homme. Ce mot a le même sens mais n’exprime pas la même pensée. La pensée de l’homme ou penser l’homme revient à le conceptualiser. Aussi le mettre dans un ordre, un ensemble et lui attacher d’autres mots régissant son existence. Désigner son humanité et lui construire, lui donner une éternité en bordure, à la limite, de la pensée ; sans s’inquiéter de sa finitude, sa temporalité. Les mots ont été construits, bâtis, négociés, acceptés, agréés, utilisés, pour que la parole prenne sens, Pour que la réflexion, la pensée, circulent, se développent. Une construction permanente, la tour de Babel est passée par cette issue. Depuis les limites se sont installées. Tant géographiques qu’humaines. Les races sont définies et localisées. Ã la lumière s’opposent les ténèbres. Le pluriel du plus faible à l’unicité du plus grand. Le pluriel n’est pas la force, mais l’union fait la force. Depuis les mots sont libres. Libérés de leur créateur par l’usage qu’on en fait. La liberté du mot est intrinsèque, elle est intimement liée à l’homme en mutation. Il vieillit et meurt autant que lui en toute liberté. La mort est la seule libre qui décide quand tuer. Elle est libre de son imprévisible et unique acte. Sa vie est la mort. Le seul mot a sens unique. La résurrection ! Une impasse. Le mot est un outil de guerre. Le mot est subversif. Une arme contre la « momentanéité » en transition de permanence, d’intemporalité. Sa survie, objet de son éternité est indissociable de celle de l’homme. Sa lute, elle la mène en multitude regroupée, codifiée, conjuguée. Un bloc. Une langue. Une civilisation. Tous les mots sont des noms propres d’objet ou d’être. Le mot est en guerre contre son homologue d’une autre langue et défend son territoire contre l’invasion des dénominations différentes. Il assimile sans exclusion quand il n’est pas en péril. Le mot ne périt jamais. Il se dépasse, se donne une autre vie. Se mue sous l’action destructrice de la pensée. Le mot n’est ni masculin ni féminin, un double sexe. Hermaphrodite. Le « yon » du créole immortalise l’asexualité du mot. Aucun mot ne préexiste à l’objet à définir à nommer. Il est concomitant à l’existence de la matière et de l’être. Il survit à l’objet. Son « hétérohomosexualité », ce mot vient à l’instant , de cette écriture, d’être inventé, d’être « créé ». Son informalité n’est en quête d’aucune formalisation et n’est inférieure à aucune normalité. Il se crée sans règle, sans loi, mais en contexité d’utilité, d’expressivité. Le sexe ne peut se prévaloir d’aucune puissance si elle n’est pas pensée et imposée. Il est neutre, sans pouvoir, comme le mot. Comme les fleurs, les mots ont leur saison. Ils bourgeonnent dans les marchés publics. Les veillées. Les combites. Les Gaguères. Les Raras. Le Carnaval. Les lieux saints. Les jeûnes. Les actes sexuels. Les congrès de gens lettrés. Dans la douleur des regards croisés. Dans le silence. Les signes qui deviennent mot dans leur incapacité à traduire leur réalité et celle des porteurs de gestes. La pensée ne peut être que mot, elle est d’essence verbale. Le logiciel qui la transfèrerait en écrit n’existe pas encore. Nous pensons parce que nous parlons. C’est-a-dire nous utilisons des mots. Pourquoi pas nous « motons » ? Cette conjugaison vient d’exister car elle est pensée. Tristes sont ceux qui établissent la primauté de l’écrit à la parole, bien qu’ils soient tous deux dépendants du mot. De quelle sagesse peut-on se prévaloir quand on part à la chasse des mots, quand on veut l’embrigader. Lui donner un sens. Comme si l’usage ne le lui en avait déjà assigné à l’originel. Alors on se veut proconsul et lui donner un visa de transit. Bien que son passeport ne soit pas biométrique mais communautaire, de civilisation, de contextualité, de « contemporalité ». Outil d’un moment en transe d’éternité. Comment se prévaloir d’un droit divin, mais heureusement non universel et sans éternité mais simplement immortel. Comment aller dire à l’humanité la manière d’écrire : Amour ? Je l’écris, sans conviction d’avoir l’orthographe correcte. Comment haïr et tuer auraient chacun un mot bien écrit qui soit masculin, féminin, ou neutre pour justifier qu’on peut se le permettre ? Comment esclavage et civilité, civilisation peuvent être contemporains et permettre à l’âme de se libérer pour l’éternité et revenir immaculé au nom de la grâce et du pardon d’un non, éternel. L’éternité est essentiellement humaine parce que historique et datée. Indissociable de la permanence existentielle. C’est à ce jeu de « paume », et du code noir qu’ils t’ont convié pour devenir un nouveau membre de l’ordre des « Kidnappeurs de mots ». Des mots sont libérés sous rançons de règles et d’expropriation. L’indépendance des mots payée au prix de leur liberté. La rançon de la dette et de la reconnaissance. L’oubli de la soumission en signe de représentation et de vengeur de race. La guerre oubliée, et la mémoire qui nous jette au visage l’immoralité de leur moralité en signe de pardon. Que l’épée soit de bronze, d’or ou d’ébène, aucun motif Legba ou de Napoléon ne peut justifier quelle soit le glaive d’une justice des mots. Toi, qui fais de la « fatigue » un mot nouveau à connotation existentielle différente : un luxe, que seul le Nègre peut se payer. Une éternelle fatigue comme celle d’après la création. Le Nègre se repose après trois siècles. Ton éternité ne peut être que celle du refus de la codification régulatrice, dominatrice des mots. Le temps du Marron est vécu ! Et, dans notre actualité, notre modernité nous vivons le temps des libertés, et celui du créateur de se forger une société nationale a l’aune de notre identité en permanente mutation, d’adaptation à notre singularité dans le monde large qui est devenu ton dortoir où tu enfiles ton pyjama à bannières multiples. La croix et la bannière. Nous ne serons pas un nouveau geôlier des mots. ENMARGEDEL’ENTRÉEDEDANYLAFERRIÈREÀL’ACADÉMIEFRANÇAISE
  3. 3. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 3 Les élections, une étape fondamentale vers la stabilité Sources : Alterpresse ACTUALITÉ U ne étape fondamentale sur le chemin de la stabilité passe par les élections, souligne la Trinidadienne Sandra Honoré, la Représentante spéciale du secrétaire général (RSSG) des Nations Unies en Haïti, dans une note de la Mission des nations unies de stabilisa- tion en Haïti (Minustah) transmise à AlterPresse. « En Haïti, la stabilité a connu trop d’éclipses. Elle doit aujourd’hui solidifier ses fondations, posées par les trois élections successives, tenues depuis 2006, qui ont vu, pour la première fois, un président élu succéder à un président élu et des parlementaires aller au terme de leur mandat », affirme Honoré. La RSSG encourage les protago- nistes du processus électoral, - dont l’organisme électoral, les candidates et candidats, les partis politiques, la société civile, les autorités, l’ensemble des électrices et électeurs - à faire des élections à venir (9 août, 26 octobre et 27 décembre 2015) une avancée défin- itive vers la stabilité et le dével- oppement. « Le pays a besoin de ses parlementaires, pour qu’ils votent les lois, afin de répondre aux aspi- rations de la société toute entière. Le pays a besoin de représent- ants municipaux et locaux pour délivrer les services à la population », affirme la Minustah. La RSSG déplore l’irrespect, depuis 2011, du renouvellement des représentants de la population, suivant les pre- scrits de la Constitution haïtienne. L’absence d’élections, d’un parlement et de représentants locaux, n’est pas acceptable, dénonce Sandra Honoré, tout en appelant au renouvellement de ces représentants, qui constitue un impératif démocratique. Le parlement est dysfonctionnel depuis le lundi 12 janvier 2015. Le premier tour des législatives est annoncé pour le dimanche 9 août 2015. Le premier tour de l’élection présidentielle et les élections municipales et locales sont programmés pour le dimanche 25 octobre 2015, en même temps que le second tour des législatives, selon le calendrier émis par le Conseil électoral provisoire (Cep). Sandra Honoré encourage les femmes à s’engager comme candidates dans les élections locales et municipales, dont la date du dépôt des dossiers de candidature dans les différents Bureaux électoraux communaux (Bec) devrait prendre fin le dimanche 7 juin 2015. Seulement six femmes ont été inscrites comme candidates à la présidentielle de 2015. Entre- temps, le Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) a écarté trois inscrits pour la pré- sidentielle, dont Laurent Lamothe pour absence de décharge. Édito Des armes aux... pwen ! Sic’étaitsortidelabouched’unleaderpolitique,onpourraitdirequecelacommencedéjà:lesdénonciations et autres attaques d’un camp contre l’autre dans l’aventure électorale. On affirmerait que cette histoire de carnet sur des questions de décharge commence à faire des dégâts au niveau de l’opinion publique. Il en est de même pour ce qui sera, éventuellement, considéré, au début du mois d’aout, comme l’électorat. C’est plutôt un leader paysan qui déclare, sans broncher, que toute cette bataille qui s’annonce ne sera pas une affaire de vote, mais plutôt une dangereuse histoire d’armes et de pwen. DPour la question des armes, on sait déjà que la sécurité du pays, assurée par une Police nationale non encore bien déployée sur tout le territoire national et dépourvue de moyens logistiques efficaces, est une chose trop stratégique pour être laissée entre les mains des contingents de la Minustha. Le banditisme, qui relance la terreur au sein de la population, frappant par hasard ou de façon ciblée des citoyens aussi bien dans l’aire métropolitaine que dans les provinces, est le signe le plus évident que des calibres les plus chers comme, par exemple, un Gluck qui coûte aux environs de 2 000 us, sont distribués comme de petits pains sur tout le territoire. Les élections qui viennent développer des pulsions d’orgueil et de puissance chez les uns et les autres mettent déjà tous les citoyens sur leur garde. Car, c’est revenu l’époque des règlements de compte ! Personne n’est épargné. Mais, la troublante affaire des… « pwen », une autre dimension de l’insécurité, jusqu’à présent non sanctionnée par les lois du pays, crée un traumatisme plus généralisé. La littérature haïtienne depuis les histoires de Justin Lhérisson nous fait croire que la relation entre la poli- tiqueetlemysticismedatedepuislesdébutsdu19esiècle.Lescandidatsauxpostesprésidentielsrecherchent toujourslaprotectiond’un«lwa».Lefilmd’ArnoldAntonin«Lesamoursd’unzombi»présentedesimages contemporainesdeditsleadersquiveulentconquérirlepalaisnationalenselaissantarroserdepissat,dans un oumfò isolé, par papa Legba. Quelques romanciers haïtiens ont montré les dimensions insoupçonnées de la magie dans l’univers politique haïtien. L’Anthropologiehaïtienneaaussiexplorélephénomène.DeLaenecHurbonàDéitaenpassantpard’autres étudesacadémiquespointues,le«domainedumerveilleuxmagique»estprésentécommeunépiphénomène qui a une existence clandestine, mais efficace. Cette efficacité est connue par nos politiciens. En dépit du vernisrationneldontilsseparent,lescandidatsconsultentdessorciers.Cesderniersleurdonnentdesrecettes pour foudroyer ou affaiblir leurs adversaires. Le leader paysan sait de quoi il parle quand il mentionne les armes et les pwen, en particulier l’un nommé : se mwen pou wè. En voilà deux défis pour le CEP et les partenaires internationaux qui financent - honte à nous ! - nos élections ! Quand on pense contrôler de façon cartésienne ou scientifique le vote des électeurs, il faudrait aussi avoir un instrument de mesure pour statuer sur la peur des armes et sur la manipulation insidieusedesekspedisyon.Cesdernièrespeuvent-ellesaussibrouillerlesdécisionsetconfondrelesdonnées informatisées du Centre de tabulation ? Le peuple dit plutôt « tribulation » ! Quand la distribution des armes vient se mêler aux ekspedisyon, pwen et autres koutlè , on prévoit déjà le cocktail explosif. Ou ce que va coûter aux pays, en termes de gaspillage économique et de manipulation d’énergie négative, cette « démocratie » et ces « élections », sous contrôle international, qui en sont un passage obligé. Résumé : Dans notre culture politique on ne croit pas vraiment au principe des élections. Ã la violence, à la manipulation ? Oui. On est prêt à tous les coups bas pour réaliser un rêve qui souvent n’a fleuri que dans le cerveaumaladed’unindividu.Cen’estpassansraisonqu’onseracertainementàplusdecinquantecandidats à la présidence, chacun prêt à renverser la table s’il en a les moyens dans le cas où il verrait ses ambitions partir en fumée. Une folie, un chaos qui fait plaisir à toutes les mafias nationales et internationales et aux étrangersheureuxdenousfaireravalersommetoutenotrefaussefiertéd’avoirbattul’arméeNapoléonienne, car finalement nous n’avons pas réussi grand-chose de ce pays. Un pays au bord du chaos ! Des élections crédibles plus qu’hypothétiques ! Mais au National nous sommes encorecertainqu’ilyaencoredutempspourunréveilnationalderaisonetdeluciditésansarmesetsans… pwen. Ce temps pourtant, il est compté.
  4. 4. Vingt-trois (23) candidats à la présidence avaient été l’objet de contestations, 14 d’entre eux avaient la décharge comme motif d’objection à leur candidature. Marise Narcisse, Moïse Jean Charles, Dieuseul Simon Desras, Jacky Lumarque, Marie Antoinette Gauthier, Jude Célestin, Mario Andresol, Antoine Joseph, Daniel Saint-Lot, Marie Josepha Gauth- ier, Edner Gonzague Day, Duly Pierre Brutus, Laurent Lamothe et Thierry Mayard Paul font partie des contestés pour décharge. Alors que tous ces cas étaient mis en cause pour défaut de décharge, le BCED, dans son ver- dict, a demandé au CEP de rayer seulement les noms de Laurent Lamothe et Antoine Joseph de la liste des candidats ayant fait le dépôt de leurs candidatures sans cette pièce maitresse, et celui d’Anthony Benneth pour cause de nationalité étrangère. Laurent Lamothe dénonce un complot L’ancien Premier ministre, accom- pagné de ses avocats Michel Bru- nache, Jacques Lochard, Ephésien Joissaint et Wilson Estimé, a ainsi dénoncé un complot concocté de toutes pièces pour lui barrer la route à la magistrature suprême de l’État. Se sentant lésé, il a exercé un recours au Bureau du Contentieux électoral national (BCEN), le vendredi 5 juin, en vue de faire valoir son droit par devant les juges de cette dernière juridiction, dénonçant au passage la décision, qu’il qualifie de « deux poids deux mesures ». Intervenant à ce sujet, maître Jacques Lochard a fait état d’un ensemble de contradictions fla- grantes relevées dans le jugement du même tribunal électoral du BED-Ouest 1, statuant sur les mêmes motifs de contestations et mêmes contestataires, mais en des compositions différentes. En effet, la troisième chambre composée de Wally Désence, pré- sident du BED-Ouest 1, et des maîtres Canova Jean Baptiste et Merlan Belabre, a déclaré fondées les contestations portées contre Laurent Lamothe pour défaut de décharge, en dépit du fait que ce dernier détienne une ordonnance du tribunal des référés qui, « con- statant le dysfonctionnement du Parlement et se fondant sur la théorie des formalités impossibles », enjoint au Conseil électoral pro- visoire d’accepter sa candidature. Ce même tribunal siégeant dans une autre composition a statué en faveur de la candidate, Marie Josepha Gauthier - elle aussi, con- testée pour les mêmes motifs et par les mêmes contestataires que M. Lamothe - tout en évoquant la théorie des formalités impos- sibles, ainsi que les deux ordon- nances rendues par le tribunal des référés favorables aux candidats à la présidence Thierry Mayard Paul et Laurent Salvador Lamothe. Ã en croire les avocats de Laurent Lamothe, si les juges avaient tenu compte de la forme, les contesta- tions auraient dû être déclarées irrecevables. Pour cause, ils n’ont pas respecté l’article 105 du décret électoral relatif à la contes- tation du candidat. Arnel Bélizaire aurait fait une usurpation de titre en utilisant le papier à en-tête de la chambre des députés alors qu’il n’est plus député. Jean Nazaire Thidée, contre qui une décision de justice est pendante, aurait menti, selon les défenseurs de M. Lamothe, en utilisant des témoins qui n’existent pas. Aussi enten- dent-ils entamer des poursuites contre tous ces contestataires, a informé Me Wilson Estimé. Tenant compte de ces contradic- tions, l’ancien chef de la Prima- ture, qui a salué la décision du BCED de maintenir des anciens ministres dépourvus de certifi- cats de décharge, assimile cette démarche à une manœuvre politicienne visant à l’écarter de la course pour le fauteuil présiden- tiel et ses avocats entendent faire valoir son droit au BCEN. « Au nom de la Justice et de l’équité, nous demandons au BCEN d’annuler la décision du BCED et d’exiger du CEP de garder la candidature de Laurent Lamothe », a fait savoir Michel Brunache arguant que « se pèp ki bay pouvwa se pèp ki dwe bay kanè ». De son côté, Me Ephésien Jois- saint a dénoncé une campagne d’intoxication juridique menée par certains membres du CEP à travers des prises de position publique. Il a ciblé notamment Me Néhémie Joseph qui avait informé que « le CEP, étant une juridiction de jugement, il n’ est lié par aucun jugement de tribunal de droit commun », alors qu’on sait que deux candidats à la présidence, Thierry Mayard Paul et Laurent Lamothe, sont en possession de deux ordonnances du tribunal des référés qui font même jurispru- dence car, le BCED, s’est basé sur ces ordonnances pour maintenir en lice la candidature de Josepha Gauthier. Ainsi, Me Joissaint a expliqué que le CEP est bel et bien opposable à l’ordonnance des référés, parce que cette dernière n’a fait l’ objet d’aucun recours, elle détient donc l’autorité de la chose jugée et en ce sens le CEP est contraint d’en tenir compte, a-t-il dit, précisant que n’importe quel conseiller qui s’est prononcé publiquement sur ce dossier, doit se déporter s’il devait siéger au BCEN. 4 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 ACTUALITÉ Onze cas devant le BCENpar Noclès Débréus HAÏTI/ÉLECTIONPRÉSIDENTIELLE L’ancien président du Sénat Dieuseul Simon Desras. / Photo: J. J. Augustin L’ancien Premier ministre Laurent Salvador Lamothe. / Photo: J. J. Augustin » suite de la première page WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 46 11 10 10 (509) 32 14 55 54 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. 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  5. 5. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 5 ACTUALITÉ C ’est pourquoi, un protocole de rapatriement entre les deux pays voisins est appelé à définir les conditions dans lesquelles s’effectueront la déporta- tion de ces haïtiens. Toutefois, ce pro- tocole d’accord entre les deux États, n’a pas été paraphé au cours de la visite de M. Navarro en Haïti comme l’avait annoncé son homologue haï- tien, le mardi 2 juin dernier. Une commission bilatérale, qui devrait être effective ce mercredi 10 juin 2015, sera chargée de travailler d’un commun accord sur l’élaboration du protocole de rapatriement, lequel ser- vira de référence pour un dialogue permanent entre les deux pays, selon M. Navarro. Entre-temps, le processus d’enre- gistrement des haïtiens au Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) s’achève le 17 juin. Pas de moratoire. La République Dominicaine se donne un délai de 45 jours pour analyser les dossiers des étrangers inscrits au PNRE dont 96 % sont des haïtiens, informe le diplomate dominicain. Ce dernier dit espérer qu’avant la date butoir, le nombre d’inscrits à ce plan, estimé à plus de 230 mille passera à 250 mille. Cependant, les informations dont dispose le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), font état de 2 000 haïtiens seulement éligibles à ce plan. Ces personnes bénéficieront de documents légaux leur habilitant à vaquer librement à leurs activités en République Dominicaine. Par contre, dans l’attente de compléter leurs dossiers, des documents provisoires de séjour seront accordés aux personnes qui n’auront pas rempli les conditions requises, conformément au décret en vigueur sur la migration à l’Est de l’île. D’énormes défis à relever La déportation ne sera, certes, pas massive, néanmoins, des défis majeurs attendent le gouvernement haïtien. Conscient ou non des enjeux, ce dernier prévoit d’y faire face, selon le ministre Renauld, à travers l’aménagement de deux centres d’accueil provisoires en construction, l’un à Ouanaminthe et l’autre à Malpasse. Un train de mesures, à en croire le chef de la diplomatie haïtienne, seront envisagées afin de rééduquer et faciliter l’intégration de ces compatriotes dans la société haïtienne pour laquelle ils n’ont, en majorité, aucune attache. La création d’emplois figure parmi les mesures d’accompagnement de l’État, affirme M. Renault. Or il reconnait que la quête de l’emploi et du mieux-être obligent de nombreux haïtiens à migrer vers d’autres pays, notamment la République dominicaine. Et la situation actuelle ne bouge pas d’un cran: plus de 76% de la population haïtienne croupissent sous le poids harassant du chômage. Interpellé par la question, l’éco- nomiste Fritz Jean estime que la déportation de ces haïtiens représente un danger social et politique pour le pays, en particulier pour la région du Nord- est, déjà pauvre en ressources. Fortement préoccupé par le sujet, l’ex-gouverneur de la Banque centrale, questionne la capacité de l’État, dont la lenteur dans ses prises de décisions n’est plus à démontrer, à doter ces gens des services sociaux de base. Il dit craindre des retombées néfastes pour la société haïtienne en général, surtout à l’approche de la période électorale qui coïncide avec la déportation de ces ressortissants haïtiens. Car, explique-t-il, parmi les personnes qui seront refoulées sur le sol haïtien, plusieurs seraient de réputation douteuse, ce qui risque encore de perturber le climat sécuritaire déjà fragile du pays. Depuis la décision de la Cour constitutionnelle dominicaine qui a rendu apatrides des dominicains d’ascendance haïtienne, la menace de déportation de 300 mille personnes sur le sol haïtien hante les esprits. Suite à un accord bilatéral, Haïti et la République dominicaine ont convenu de régler la question via un Plan national de Régularisation des Étrangers qui permettra notamment à certains haïtiens de régulariser leur situation alors que ceux qui ne répondent pas aux critères exigés seront déportés en Haïti. Pas de moratoire, pas de déportation massive par Jean Michel Cadet RELATIONSHAÏTIANO-DOMINICAINES 1er Forfait : 1000 USD SMS bundle : 100K Appels Robot : 5000 Notification en fin d’appel Flash Ad: 2 semaines 2ème Forfait: 500 US SMS bundle: 50K Appels Robot: 2500 Notificationenfind’appel, Flash Ad: 1 semaine AVEC NOTRE GAMME DE PRODUITS DE “MOBILE ADVERTISING” TRANSMETTEZ VOTRE MESSAGE À QUI IL FAUT, QUAND IL LE FAUT, LÀ OÙ IL LE FAUT Contactez-nous dès aujourd'hui au +509 28 11 95 55 ou digicelmorehaiti@digicelgroup.com DIGICELHAITI.COM MORE *Offre valable jusqu’au 30 juin 2015 Le suspense prend fin… La visite tant attendue du chancelier dominicain, Andres Navarro, le samedi 6 juin, n’aura servi qu’à calmer les esprits. « Il n’y aura pas de déportation massive », a rassuré le diplomate lors d’une conférence de presse donnée conjointement avec son homologue haïtien, Lener Renauld. Mais le problème fondamental demeure : de nombreux compatriotes haïtiens, en situation irrégulière, en République Dominicaine, seront inévitablement déportés en Haïti à la veille des élections, soit au début du mois d’août prochain. » suite de la première page
  6. 6. 6 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 ACTUALITÉ ÉCHO CNASE veut sécuriser les élections Le Conseil national d’Agents de Sécurité électorale (CNASE) a lancé un appel à l’endroit du Conseil électoral provisoire sol- licitant l’intégration de leurs membres, à l’échelle nationale, lors des élections. C’est ce qu’a demandé Léo Renaudin, prési- dent du CNASE. Le CEP, des forums pour contrôler les zones rouges Le Conseil électoral provisoire, à travers ses bureaux électoraux départementaux (BED), organ- ise un ensemble de forum visant à sensibiliser la population dans des communes et localités qualifiées de zone rouge. Le CEP cherche à établir les conditions nécessaires pour la réalisation d’une élection libre, démocratique et sans violence, a fait savoir Me. Eugène Luther, secrétaire et trésorier du BED- Ouest 1. Terrible accident sur la route nationale #3, 1 mort et 3 blessés Un camion assurant le trans- port en commun dans le cir- cuit Hinche - Port-au-Prince, a heurté, jeudi dans la soirée, deux motocyclettes au niveau de la localité Lezier située à 4 km de la ville de Mirebalais. Jean Wilbeau Michel a été tué sur place. Trois personnes blessées ont été conduites d’urgence à l’hôpital. Le chauffeur du camion s’est enfui. Le Commissariat de la commune de Vallières incendié Des bandits non identifiés ont incendié récemment le Com- missariat de la commune de Vallières. Ce forfait visait à faciliter l’élargissement de plu- sieurs bandits incarcérés dans ce commissariat, a expliqué Charles Nazaire Noël, directeur départemental de la PNH. Une commission d’enquête est mise sur pied afin de déterminer les responsables. Fort-Liberté : un adolescent tué de quatre balles Un adolescent a été assassiné à Fort-Liberté par des bandits armés. L’enfant âgé de 14 ans se préparait lundi à participer aux funérailles de sa mère, quand il a été tué de plusieurs balles tirées par un individu non iden- tifié. Le drame s’est produit à la rue du Quai prolongé, zone Sicard. Le juge de paix Colas François a fait le constat légal. La police mène les investiga- tions afin de démasquer et mettre à la disposition de la jus- tice l’auteur de ce crime odieux. Jérémie : manifestation cette semaine à Caracoli Une nouvelle manifestation est annoncée pour cette semaine afin d’exiger la reprise des travaux de reconstruction du tronçon de route de Caracoli, à Jérémie. La population sollicite l’intervention du Premier min- istre Évens Paul pour enquêter sur la dilapidation des fonds alloués à ces travaux. À l’occasion de la journée mon- diale de l’environnement, célébrée le 5 juin dernier, le ministre Dominique Pierre, fraîchement intronisé, a été plutôt dans la simplicité. Il a simplement tenu à sensibiliser la population autour des menaces environnemen- tales qui se multiplient, tout en appelant à agir en vue de réhabiliter l’écosystème du pays. « L’environnement est en train de se dégrader de manière irréversible », fait remarquer Dominique Pierre qui appelle tous les secteurs de la vie nationale et tous les citoyens à protéger nos ressources naturelles qui s’amenuisent de plus en plus. Également à agir ensemble pour réhabiliter l’environnement. Cependant, le ministre n’a pas informé de la stratégie de l’État en vue de contribuer à la réduction des risques liés à l’environnement. Soulignant les dégâts systématiques liés au passage des cyclones et autres intempéries sur Haïti, M. Dominique Pierre a attiré l’attention sur le fait que « le monde fait face aujourd’hui à un déséquilibre climatique provoqué par le réchauffement de la planète. Cette situation est à la base de la modification du rythme des saisons et de l’augmentation du nombre de cyclones tropicaux, préjudiciables aux petits pays de la Caraïbe », a-t-il informé. Conséquemment, les pêcheurs ont de graves difficultés à pratiquer leur profession, alors que l’agriculture consent d’énormes pertes, non seulement dans les infrastructures agricoles, mais également dans la perte considérable des cultures, a-t-il rapporté. Les dégâts causés par les cyclones en 2004 ont avoisiné les 270 millions de dollars pour le secteur agricole, rappelle le ministre, qui ajoute qu’en 2013, ils ont avoisiné les 10 millions de dollars, rien que pour les pluies du mois de novembre. « Nous sommes donc dans l’obligation de protéger l’environ- nement afin de garantir l’avenir des générations futures », insiste Dominique Pierre qui renouvelle l’engagement du chef de l’État Michel Martelly et du Premier ministre, Évans Paul d’appuyer les actions visant le renforcement de l’équilibre environnemental du pays. Un prix pour william Cinéa et c’est tout! William Cinéa qui a reçu un prix pour le « Jardin botanique des Cayes », a expliqué qu’après ses études en Angleterre, il voulait mettre sur pied le plus grand jardin botanique de la Caraïbe. L’idée initiale était d’établir ce projet sur 200 carreaux de terre. Ã cet effet, plus de 13 experts et directeurs de telles entités venus de l’étranger, ont apporté leur contribution afin de faire atterrir ce projet, a-t-il relaté. Cette cérémonie de remise de prix a constitué le fait marquant de cette célébration. S’il est vrai que le projet stagne encore, l’agronome Cinéa, spécialiste en gestion de jardin botanique, croit que si tous les acteurs s’impliquent, ce jardin pourra être inauguré le 5 juin 2020 et devra permettre de rehausser un peu plus l’image d’Haïti à travers le monde. Aussi, Le jardin botanique des Cayes serait un modèle de projet haïtien, selon William Cinéa qui invite les jeunes à venir apprendre un peu plus sur l’environnement, à travers les cours de botanique dispensés à l’intérieur même du jardin. La célébration de cette impor- tante journée qui s’est faite, pour le moins calmement, con- tribue à augmenter un peu plus les inquiétudes des citoyens pour lesquels l’environnement con- stitue aujourd’hui, la plus grande menace. Petite célébration, grosses inquiétudespar Lionel Edouard HAÏTI-JOURNÉEMONDIALEDEL’ENVIRONNEMENT Le ministre de l’Environnement, Dominique Pierre. / Photo : ministère de la Communication
  7. 7. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 7 MONDE U n responsable de l’ONU a appelé vendredi toutes les parties en conflit en Ukraine, théâtre d’un regain de vio- lences, à respecter « totalement » le cessez-le-feu prévu dans les fragiles accords de paix de février, que les deux camps s’accusent réciproque- ment de violer. L’Union européenne devrait prolon- ger de son côté les lourdes sanc- tions économiques prises contre la Russie jusqu’en janvier, a appris l’AFP vendredi de sources concor- dantes. Ces sanctions frappent des pans entiers de l’économie russe (banques, défense, pétrole), qui ne peuvent se financer sur les marchés européens. Elles doivent expirer fin juillet. « Le cessez-le-feu doit être totale- ment respecté et la protection des civils doit être une priorité », a affirmé le secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires poli- tiques Jeffrey Feltman, lors d’une réunion convoquée en urgence du Conseil de sécurité en raison de l’inquiétude suscitée par ce regain de tensions. « Nous sommes en train d’assister soit à l’aggravation d’un conflit dif- ficile à régler, soit à un regain tem- poraire de tensions dans certaines zones », a-t-il ajouté. Or « nous ne pouvons nous permettre aucun de ces scénarios ». Sur le terrain, les combats se pour- suivent, mais comparé à mercredi --jour d’une offensive meurtrière des séparatistes prorusses, selon Kiev, contre la localité de Mariinka, à l’est de Donetsk--, leur intensité a considérablement baissé. L’armée ukrainienne a cepen- dant accusé vendredi les rebelles séparatistes de viser ses positions autour de Donetsk (est), tandis que les séparatistes pro-russes repro- chaient aux forces ukrainiennes d’utiliser des systèmes de lance- roquettes multiples. « Les développements autour de Mariinka sont inquiétants », a estimé vendredi devant le Conseil Alexander Hug, chef-adjoint de la mission d’observation de l’OSCE en Ukraine, qui a évoqué les « inquié- tudes » concernant des livraisons de ce type d’armements. L’Ukraine elle-même avait demandé au Conseil de sécurité d’aborder l’offensive de Mariinka, qui a fait 28 morts, selon le représentant de Kiev auprès des Nations unies, Iouri Sergueïev. L’UE, les Etats-Unis, ainsi que Paris et Berlin, parrains des très fragiles accords de paix de Minsk 2, signés le 12 février, ont unanimement exprimé leur préoc- cupation concernant cette reprise des affrontements dans la partie orientale de l’Ukraine, Moscou aver- tissant de son côté que le proces- sus de paix risquait de « voler en éclats ». L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, a accusé les forces ukrainiennes de viser des civils et de ne pas respecter leurs engage- ments. “Nous sommes à un moment décisif”, a-t-il estimé. “Si nous laissons Kiev continuer à ne pas prendre les mesures poli- tiques nécessaires dans le Donbass, la situation pourrait échapper à tout contrôle, avec des conséquences imprévisibles”, a-t-il prévenu. Mais pour l’ambassadrice des Etats- Unis à l’ONU Samantha Power, « les récentes violences proviennent d’un assaut combiné séparatiste et russe ». Mme Power doit se rendre à Kiev la semaine prochaine pour rencontrer des responsables ukrainiens ainsi que les habitants « les plus affectés par ce conflit alimenté par Moscou », selon son compte Twitter. Le président ukrainien Petro Poro- chenko a annoncé qu’une conver- sation téléphonique était prévue vendredi avec son homologue américain Barack Obama afin de « coordonner leurs positions en vue du sommet du G7 », dimanche et lundi en Allemagne, où il va aussi s’entretenir avec la chancelière alle- mande Angela Merkel. Une source diplomatique française a évoqué l’ « intérêt » des séparat- istes prorusses à « dramatiser » la situation en Ukraine à l’approche du sommet du G7. Le dirigeant ukrainien n’a cessé de mettre en garde contre la menace d’une « guerre totale » avec la Russie, accusée de soutenir et d’armer la rébellion dans l’Est séparatiste, après avoir annexé en mars 2014 la péninsule de Crimée. « La menace d’une invasion russe n’a jamais été aussi grande », a-t-il encore affirmé vendredi, assurant que plus de 9.000 soldats russes se trouvaient actuellement sur le territoire ukrainien. Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a de son côté accusé la Russie de « continuer à soutenir les séparatistes (...) avec des équipe- ments lourds, de l’artillerie ». Les récents combats ont été les plus intenses depuis la reprise par les rebelles du noeud ferroviaire stra- tégique de Debaltseve, à mi-chemin des bastions rebelles de Donetsk et de Lougansk, peu après l’entrée en vigueur, le 15 février, du cessez-le- feu conclu à Minsk. A Telmanové, à 60 kilomètres de Donetsk, un bébé a été tué et trois adultes ont été blessés jeudi, a indi- qué vendredi Edouard Bassourine, un responsable du “ministère” de la Défense de la « République popu- laire de Donetsk ». Un combattant de la DNR a également été tué et quatre autres ont été blessés au cours des dernières 24 heures. De leur côté, les forces ukraini- ennes pro-occidentales ont qualifié la situation d’ « instable ». Quatre soldats ont été blessés ces dernières 24 heures, selon le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lys- senko. Le conflit dans l’est a déjà fait plus de 6.400 morts depuis son déclenchement en avril 2014. L'ONU appelle au respect de la trêve Le président ukrainien Petro Porochenko. / Photo : ladepeche.fr
  8. 8. 8 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 MONDE Le gouvernement américain a annoncé avoir détecté le piratage informatique des données personnelles de quatre millions d’employés fédéraux qui, selon le Washington Post, aurait été perpétré par des Chinois, dernière offensive numérique en date contre des intérêts américains. Cette « cyber-intrusion » a été détectée en avril dernier par l’Office ofPersonnelManagement(OPM),qui gère les effectifs du gouvernement et attribue des centaines de milliers d’accréditations aux fonctionnaires fédéraux chaque année. Elle aurait été fomentée en décembre par des pirates informatiques chinois, selon le Washington Post, qui l’a appris de responsables américains sous couvert d’anonymat. Il s’agirait du deuxième piratage majeur de cette agence perpétré par la Chine. Mais l’ambassade de Chine aux Etats-Unis a rejeté ces accusations. « Tirer des conclusions hâtives et lancer des accusations sur la base d’hypothèses est irresponsable et contreproductif », a déclaré le porte-parole de l’ambassade, Zhu Haiquan. « La législation chinoise interdit la cyber-criminalité sous toutes ses formes. La Chine a fait beaucoup d’efforts pour combattre la cyber- criminalité », a assuré M. Zhu. Dans un communiqué, l’OPM a indiqué que les données personnelles d’environ 4 millions d’employés -- actuels et anciens -- du gouvernement auraient été compromises et a annoncé que ces personnes seraient informées à partir du 8 juin. On ignorait si le piratage avait affecté le président Barack Obama, d’autres hauts responsables de l’administration ou la communauté du renseignement. Mais l’OPM n’a pas exclu que d’autres victimes soient identifiées au cours de l’enquête et a proposé de les dédommager à hauteur d’un million de dollars en cas « de fraude et de vol d’identité ». Cette agence a utilisé de nouveaux outils informatiques ces derniers mois qui lui ont permis de détecter cette attaque quatre mois après son lancement. Or celle-ci a été menée au moment même où l’OPM se dotait de nouvelles procédures de sécurité. L’objectif des pirates n’était pas immédiatement clair, entre vol d’identités et espionnage. Le FBI a indiqué dans un bref communiqué enquêter sur cette affaire et « prendre au sérieux toutes les attaques potentielles contre les systèmes du secteur public et privé ». La police fédérale a estimé que « tous ceux qui constituent une menace dans le cyberespace » devraient rendre des comptes. La directrice de l’OPM Katherine Archuleta a assuré prendre « très au sérieux notre responsabilité de sécuriser les informations stockées dans nos systèmes ». L’OPM a appelé toutes les victimes potentielles à se montrer très attentives dans la gestion de leurs comptes en banque et la manipulation de leurs données personnelles. Les piratages se sont multipliés ces derniers mois aux Etats-Unis, la plupart visant les systèmes informatiques internet de grands groupes comme le distributeur Target, l’assureur santé Anthem ou les studios de cinéma Sony Pictures Entertainment. L’an dernier, des pirates chinois s’étaient introduits dans le réseau informatique de l’OPM et de deux sous-traitants, ciblant en particulier les dossiers de candidature pour une accréditation secret défense de dizaines de milliers d’employés. L’attaque, détectée en mars 2014, avait été immédiatement bloquée et attribuée à la Chine par un haut responsable américain. Des boîtes de courrier électronique à la Maison Blanche et au département d’Etat avaient aussi étaient prises pour cible par des hackers l’an dernier, y compris des courriels du président Obama lui- même, ont admis récemment des responsables américains. Cette fois-là, la Russie aurait été derrière l’attaque, selon le New York Times. Le GAO, équivalent de la Cour des comptes française, avait pointé en avril les « faiblesses de l’approche du gouvernement américain pour protéger les systèmes informatiques fédéraux ». L’espionnage par la Chine d’entreprises américaines « reste un problème significatif », avait souligné en février le directeur du renseignement américain James Clapper, en rappelant que Pékin et Moscou disposaient pour ces attaques de systèmes « très sophistiqués ». Il avait explicitement cité la Chine dans une autre attaque informatique, en août 2014, contre des hôpitaux gérés par la société Community Health Systems, qui représente 200 établissements, où des données personnelles de patients avaient été dérobées. L’annoncedecetteattaqueintervient le jour où le New York Times a rapporté, citant des documents de l’ex-consultant de la NSA Edward Snowden, que l’administration Obama avait donné à l’agence du renseignement des pouvoirs élargis pour surveiller les communications sur internet afin d’y repérer des pirates informatiques travaillant pour des gouvernements étrangers. La direction nationale du renseignement (Odni) s’est défendue jeudi en rappelant que la « fréquence, l’échelle, la sophistication et la gravité » de la cyber-menace sur les Etats-Unis augmentait. La Chine soupçonnée du piratage des données de quatre millions d'employés fédéraux L e gouvernement colombien et les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) se sont mis d’accord jeudi pour former une commission vérité qui devra mettre en lumière les atrocités de la plus longue guerre en cours en Amérique latine, une fois qu’elle sera terminée. Les négociateurs sont parvenus à cet accord malgré une escalade de la violence ces dernières semaines, susceptible de mettre en péril les négociations de paix, qui se dérou- lent à Cuba. « La commission (...) commencera à fonctionner après la signature d’un accord définitif et une fois que les Farc auront déposé les armes », est-il précisé dans l’accord lu par les représent- ants de Cuba et de la Norvège, les deux pays qui supervisent les dis- cussions de paix. « Le gouvernement s’engagera à (...) l’établissement de la vérité dans tous les épisodes du conflit, y com- pris les plus graves violations des droits de l’homme. » Les combats se sont poursuivis depuis que les négociations ont commencé il y a deux ans et demi à la Havane, portant à 220.000 le total des victimes de ce conflit de 50 ans, qui a également entraîné le déplacement de millions de Colom- biens. Il y a plus de deux semaines, les Farc avaient annoncé la rupture de leur cessez-le-feu unilatéral à la suite de la mort de 26 des leurs dans une opération menées la veille par les forces gouvernementales. Cette trêve avait été proclamée en décembre dernier. Les délégués des Farc et du gouver- nement colombien se sont déjà mis d’accord sur trois des cinq points en négociation, la réforme agraire, l’arrêt du commerce de la drogue et l’intégration politique des anciens rebelles. Ils discutent actuellement de la compensation des victimes et de la démobilisation des combattants. Une fois qu’un accord partiel aura été trouvé sur chacun des cinq points, les deux parties passeront en revue le texte dans son intégral- ité qui, le cas échéant, sera ensuite soumis aux électeurs colombiens pour être ratifié. Bogota et les Farc s'entendent pour former une commission vérité
  9. 9. Y aurait-il actuellement des prob- lèmes de liquidité sur le marché haïtien ? Pas du tout, affirme Pat- rick Tassy de la Direction de la Caisse à la Banque centrale. Une appréciation qui semble ne pas faire l’unanimité dans bon nombre d’entreprises commerciales de la place. Mais le cadre de la Banque de la République d’Haïti (BRH), persiste et signe. « La quantité de monnaie en circulation dans l’économie nationale est passée de 23,1 mil- liards, pendant l’exercice fiscale 2012-2013, à 26,7 milliards de gourdes durant l’exercice 2013- 2014 ». Alors, où est le problème ? L’économie nationale – c’est une lapalissade – fait face à des situ- ations difficiles depuis un certain temps. Hausse des prix, érosion du pouvoir d’achat, dévaluation de la gourde, crise du crédit, entre autres : la liste est longue. Et qu’en serait-il, s’il fallait, de sur- croit, faire face à des problèmes de liquidité ? En tant que moyen de paiement sans délai et à valeur cer- taine, la liquidité est indispensable dans le cadre de toute transaction commerciale. Pour parler de problèmes de liquidi- té, il faut au moins, apprend-t-on, trois cas de figure. Le premier est quand l’Etat ne peut plus rémunér- er ses employés. Le deuxième est lorsqu’une banque commerciale ne peut pas vous rendre votre argent épargné. Le troisième cas de figure est lorsqu’un grand entrepreneur veut puiser dans ses réserves à la banque pour en tirer, en cash, un certain montant et que l’institution se révèle incapable de lui fournir la quantité requise en liquide. Autre- ment, peut-on parler de problèmes de liquidité ? La BRH est là - rappelle-t-on - pour veiller au grain et assurer une ali- mentation équilibrée du marché en billets et en pièces de monnaie. Ni trop, ni trop peu. Elle doit éviter d’injecter trop de monnaie dans l’économie si elle ne veut pas pro- voquer une poussée inflationniste. Par contre, un approvisionnement insuffisant en billets et en pièces de monnaie pourrait occasion- ner le blocage des transactions de toutes sortes. Pour garantir la disponibilité de liquidité, confie Patrick Tassy, la BRH a recours à l’émission des billets et des pièces de monnaie en cas de besoins, et au remplacement régulier des bil- lets et pièces usagés. Des clients accusent, les banques privées se défendent Lors des assises organisées récem- ment par la Banque centrale pour renforcer les capacités des journal- istes économiques des différents médias de la capitale, Donald Dégeois, de la Direction Caisse et Réseau à la BRH, avait expliqué que la rareté de liquidité peut être due au processus de commande qui demande beaucoup de temps, mais, avait-il ajouté, la BRH gère toujours la masse monétaire en circulation de façon à éviter toute rareté. Pour ce qui est de la pénurie de billets et de pièces de monnaie, il a déploré le comportement de certaines banques commercia- les privées, qui ne veulent pas accepter les pièces de monnaie en épargne, sous prétexte que leur gestion n’est pas chose facile. « Elles prennent trop d’espace, elles sont trop lourdes, trop usées, etc. », un refrain repris à satiété depuis quelque temps. Une situation qui, selon lui, est à l’origine de la pénu- rie constatée lorsqu’elles ne sont pas récupérées pour réalimenter le marché. 18,270.000 pièces de monnaie au total (pièces de 20 centimes, de 50 centimes, d’une gourde, et de 5 gourdes) ont été mis en circulation dans le système durant l’exercice 2013-2014, affirme une source autorisée de la Banque centrale. II ne devrait pas y avoir de problèmes liés à une quelconque pénurie de pièces de monnaie. Alors, où sont donc passées les pièces de monnaie ? Contacté par Le National à ce sujet, Savio Louis, Directeur de la succursale de Carrefour de la Scotia Bank, a affirmé que ce problème n’existe pas au niveau de son institution. « Au contraire le taux du dollar US augmente, c’est signe qu’il y a trop de gourdes en circulation », a-t-il déclaré. Des pièces de monnaie sont disponible en grande quan- tité à la Scotia Bank, a-t-il plaidé, et si les supermarchés en veulent, ils peuvent venir en faire la com- mande. Mêmes explications du côté de la Unibank. Selon un cadre de la succursale de Thor ayant requis l’anonymat, tout problème de liquidité équivaudrait en quelque sorte à une situation d’insolvabilité de la banque, et à ce moment-là, la BRH interviendrait pour prendre les décisions qui s’imposent. Il n’y a pas de problèmes de liquidité, encore moins de pénurie de pièces de monnaie au niveau de la Uni- bank, a-t-il affirmé. À souligner : les dirigeants de deux succursales de la Sogebank ont été approchées dans le cadre de cette enquête, mais ils n’ont refusé de se pronon- cer sur le sujet. Les banques se dédouanent et les supermarchés se défilent Si les dirigeants de la BRH et ceux des banques commerciales font état d’un marché sans pro- blèmes de liquidité, au niveau des boutiques et supermarchés, notamment du Big Star Market et de Délimart, la perception de la situation semble être différente. Chef de caisse au Big Star Market à Pétion-ville, Daphné Pierre croit que le manque de liquidité est tou- jours lié à une baisse du taux de fréquentation du supermarché. Daphné affirme que le super- marché n’est en rien responsable de la pénurie de pièces de monnaie et renvoie la balle aux banques commerciales : « nous ne sommes pas responsables de ce fléau, je vous conseille de vous adresser aux banques commerciales». « Ce sont les banques commerciales, se défend-t-elle, qui détiennent le monopole des pièces de monnaie, et qui ne veulent pas les livrer aux supermarchés ou aux petits com- merçants des boutiques ». Pour pallier à cette situation, l’institution adopte parfois la poli- tique de réduction des prix des produits – rabais – pendant les fêtes de fin d’année par exemple, pour compenser les clients forcés de renoncer à leur monnaie à cause de cette rareté. « Il arrive parfois que nous soyons obligés, face à des clients intransigeants, de verser une pièce de 5 gourdes pour rendre de la monnaie évaluée à trois, deux et même une gourde ». Les observateurs de la situation s’accordent au moins sur un point : cette pénurie de pièces de mon- naie fait évidemment le bonheur des uns et le malheur des autres. Entre la banque des banques qui joue au Ponce Pilate, les banques commerciales qui se dédouanent et les supermarchés qui se défilent, le consommateur lambda est pris en étau et c’est lui qui casque, en dernier ressort. Une situation qui, à cause de ses répercussions tant au niveau micro qu’au niveau mac- roéconomique, devrait intéresser les pouvoirs publics au plus haut point. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 9 ÉCONOMIE HAÏTI-CONJONCTUREÉCONOMIQUE Question de liquidité, liquidité en question...Par Evens Regis Cette pénurie de pièces de monnaie fait évidemment le bonheur des uns et le malheur des autres. Entre la Banque centrale qui joue au Ponce Pilate, les banques commerciales qui se dédouanent et les supermarchés qui se défilent, le consommateur lambda est pris en étau.
  10. 10. 10 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 ÉCONOMIE MARCHÉDESCHANGES L es économistes Marc Alain Boucicaut (American Univer- sity) et l’ancien gouverneur de la Banque centrale Fritz Alphonse Jean (Fordham Universi- ty)) étaient les conférenciers invités par la Chambre franco-haïtienne de commerce et d’industrie (CFHCI) à ces assises pour conduire la réflexion autour du thème « Taux de change : enjeux et défis». L’analyse des causes de la dévalu- ation de la gourde fut le principal exercice conduit dans le cadre de cet atelier de réflexion sur les pro- blèmes que confronte l’économie haïtienne. En fait, explique Gré- gory Brandt, président du Conseil d’administration de la CFHCI, nous devions « dégager des perspectives pour les prochaines années ». Dans son allocution d’ouverture, Grégory Brandt a fait le point sur la situation sociodémographique d’Haïti. « Nous vivons actuellement une situation économique pré- caire, a-t-il déploré. Une croissance économique quasi nulle, associée à une poussée démographique sig- nificative » qui, selon les statis- tiques, prévoit pour 2016 et 2017 une augmentation de la popula- tion avoisinant les douze millions d’habitants. « Le déficit budgétaire a atteint un record historique », a-t-il soutenu, indiquant qu’en 2010 en dépit de l’annulation de la dette, le taux d’intérêt est passé de 5% à 6% en cinq ans. Un taux mesurant le glissement de la gourde de 44% à 50%. « Pour pallier le problème de la dette publique, trois solutions nécessaires : l’impôt, l’austérité et l’inflation ». a-t-il ajouté. Si Grégory Brandt trouve la situa- tion socioéconomique d’Haïti cha- otique, Marc Alain Boucicaut, lui, en dessine le contour historique. La crise politique de 2004, expli- que-t-il, nous a donné la MINUS- TAH. Et cette venue des troupes onusiennes a eu un impact négatif sur l’économie haïtienne. « Cela va conduire à une situation de dépré- ciation de la gourde qui va créer de l’instabilité économique ainsi qu’une augmentation de la quan- tité de dollars dans l’économie haïtienne ». « Chaque année, la gourde perd une valeur monétaire de 7,3% », a pour sa part constaté Marc Alain Boucicaut, maître en poli- tique économique et financière. Selon lui, ce bourbier fait suite à l’absence d’investissement étrang- er direct. La mise en contexte de la thématique est l’occasion de poser aussi des interrogations pertinen- tes. Pourquoi la gourde est en train de perdre sa valeur monétaire et pour quels résultats ? Inflation ou récession : l’économie haïtienne en 2015 et le taux de change La situation économique haï- tienne est précaire. Seule une politique monétaire authentique permettrait de resserrer les liens dans l’économie haïtienne. Ce sera funeste si rien n’est fait pour remédier à ce problème. Marc Alain Boucicaut argumente : « sans l’augmentation des réserves ou une politique monétaire restrictive, la dépréciation de la gourde semble inévitable en Haïti ». En dépit de tout cela, poursuit l’économiste, le comportement des agents économiques n’est pas uniforme. La population vit de transferts sans contrepartie (aug- mentation du pouvoir d’achat). Les actifs et les opérations de change des banques commerciales sont en dollars. Et, se demande-t-il, la compétitivité des entreprises d’exportation s’améliorera-t-elle avec l’augmentation de la produc- tion ? Quelle qualité et pour quelle valeur ajoutée ? Augmentation des prix, élasticité de la demande à déterminer. La perte du pouvoir d’achat du salarié haïtien. Marc Alain Boucicaut en profite pour s’interroger : quelles sont les options pour « stabiliser » le taux de change en Haïti ? Faut-il faire augmenter les IDE ? Is Haïti really open for business ?. Y a–t-il lieu d’augmenter l’aide interna- tionale alors que les prêts et les dons sont en diminution » ? Est-il possible d’augmenter les trans- ferts sans contrepartie : « variable exogène » ? Devrait-on augmenter les expor- tations et diminuer les importa- tions, conclut l’économiste en mettant l’emphase sur l’appareil productif haïtien, notamment la production agricole. Tentative de répondre à la question : « Il faut augmenter l’importation et diminuer l’exportation. La banque centrale doit jouer son rôle dans ce marasme économique. C’est à nous de répondre, de façon respon- sable aux enjeux et défis du taux de change ». Marc Alain Boucicaut prône un changement de comportement par la production en passant par une harmonisation des politiques monétaires et fiscales. Cette réconciliation vise la discipline budgétaire et le renforcement de l’appareil productif pour aug- menter la valeur ajoutée dans les secteurs. Il nous faut une politique monétaire qui vise l’augmentation du crédit à la production. Pour rappel, le taux de change d’une devise (monnaie) est le prix de cette devise par rapport à une autre. Le taux de change a une grande importance pour l’économie d’un pays, notamment pour son commerce extérieur. S’il n y a pas de production nationale pour éviter d’importer moins sur- tout les matières premières. Cela pourrait être un facteur d’inflation dans le pays de change. Le taux de change et la situation de la gourde ont fait l’objet de débats qui ont réuni en atelier, le mercredi 3 juin écoulé à l’hôtel El Rancho de Pétion-Ville, une cinquantaine de personnalités du système bancaire et du monde politique. Vers une politique de change en HaïtiPar Therno N. Alisthène S. Haïti : une croissance économique quasi nulle, associée à une poussée démographique significative. / Photo : mef.gouv.ht Chaque année, la gourde perd une valeur monétaire de 7,3%. Photo : planeteayitim.com
  11. 11. L a Grèce est décidée à rejeter les dernières propositions de l’Union européenne pour lui éviter un défaut de paiement, ont indiqué dimanche deux ministres, dont celui des Finances, Yanis Varou- fakis, pour qui Athènes ne se laissera pas « terroriser ». « C’était un geste agressif destiné à terroriser le gouvernement (...) sans comprendre que ce gouver- nement grec ne peut pas être ter- rorisé », a lancé Yanis Varoufakis au quotidien Proto Thema. La Commission européenne a présenté au cours de la semaine écoulée à Athènes un docu- ment de cinq pages de mesures d’économies comportant notam- ment une hausse de la TVA, et des coupes dans les salaires et pen- sions des fonctionnaires. Le Premier ministre, Alexis Tsip- ras, avait déjà qualifié vendredi les propositions européennes d’ « absurdes » et avait expliqué qu’Athènes n’accepterait pas un accord qui n’incluerait pas une restructuration de la dette abys- sale du pays. « Le document présenté au Premier ministre est à la limite de l’insulte », a ajouté M. Varoufakis. « Nous avons besoin de réformes, de restructuration de la dette et d’investissement (...) si nous n’avons pas les trois ensemble nous ne signerons pas », a averti le ministre des Finances. Athènes a reporté le rembourse- ment de 300 millions d’euros dus la semaine dernière au FMI et décidé de verser les quatre éché- ances restantes en une seule fois à la fin du mois. Il lui faut donc trouver 1,6 milliard d’euros en trois semaines, ce qui doit passer par un accord avec ses créanciers : UE et FMI. Si la Grèce ne peut honorer ces paiements avant le 30 juin, elle sera en défaut de paiement, avec la menace d’une sortie de la zone euro. Athènes, le FMI et l’Union euro- péenne s’opposent depuis des semaines sur un plan de réformes d’austérité, qui conditionne le déblocage de 7,2 milliards d’euros restant à verser depuis l’automne 2014, dans le cadre du plan d?assistance internationale mis en oeuvre en 2010. Des ministres du parti de gauche radicale Syriza estiment que le Premier ministre devrait con- voquer des élections anticipées plutôt que d’accepter des mesures d’austérité imposées par les créan- ciers d’Athènes. « Je ne crois pas qu’il y ait beau- coup de place pour un accord positif avec les créanciers (...) ils recherchent la soumission » de la Grèce, a déclaré pour sa part le ministre de l’Energie, Panagiotis Lafazanis, au journal To Vima. « Ils veulent écraser le pays soci- alement et humilier le gouverne- ment », a dit cet eurosceptique virulent. Beaucoup des engagements de réformes que les institutions récla- ment à M. Tsipras vont à l’encontre de ses promesses électorales anti- austérité, et toute une aile de Syriza s’insurge contre de trop importantes concessions. Ces derniers jours, propositions grecques et contre-propositions des institutions ont fait la navette, sans aucune avancée. Faute de progrès, le patron de la Commission européenne, Jean- Claude Juncker, a refusé samedi de prendre au téléphone le Pre- mier ministre grec. M. Tsipras s’est en revanche entretenu avec Mme Merkel et le président fran- çais François Hollande en fin de journée. Le psychodrame grec va occuper une bonne partie des discussions au sommet du G7 en Allemagne qui démarre ce dimanche. La Grèce déterminée à rejeter les propositions de l'UESources : AFP LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 11 ÉCONOMIE Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis. / Photo : lesechos.fr
  12. 12. 12 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 INSERTION DEMANDÉE
  13. 13. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 13 INSERTION DEMANDÉE
  14. 14. 14 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 SOCIÉTÉ D ans les pays développés et industrialisés, la religion est immanente. Avoir la foi en Dieu, c’est aussi participer à la réalisation de soi sur la terre. Le chrétien croit qu’il doit achever l’œuvre de la création divine par une attitude laborieuse. Son ascétisme moral guide son action vers des entre- prises économiquement fructueuses. Ainsi,ilpeutêtreunbonentrepreneur agricole, un médecin, un banquier, un ingénieur qui se fait rémunérer par la société dont il est membre. Dans ce cas précis, le travail devient une vertu qui contribue à la création de richess- es et au développement économique. Qu’on se rappelle de l’Éthique prot- estante et l’Esprit du capitalisme de Max Weber pour essayer de compren- dre cette idée de l’immanence de la religion pratiquée en Allemagne et en Angleterre. Rappelons nous aussi de la thèse développée par Ernst Troltch qui a démontré comment certaines attitudes façonnées par la religion de l’immanence permettent aux prati- quants de réaliser leur bien-être sur la terre, en espérant et en travaillant pour le salut de leur âme qui est la promesse faite par Dieu. L’inébranlable foi des chrétiens Tandis que dans les pays sous- développés et faiblement industri- alisés, où le taux du chômage est élevé et croissant, avoir la foi sig- nifie se soustraire du monde par la prière pour gagner une place au paradis promis, là où l’abondance et le bien-être seront les récom- penses de ceux qui auront souffert sur la terre. C’est cette attitude que Ernst Troltch nomme l’évitement du monde par le croyant. Celui-ci ne veut pas travailler pour trans- former son état présent, mais se consacre à la prière pour sauver son âme, laquelle est le seul bien qui compte. Son compte physique étant périssable et l’objet de tous les péchés et de toutes les tenta- tions. Pour le croyant, la religion se résume à la transcendance et doit conduire l’homme à éviter le monde. D’où changer les con- ditions de misère, de pauvreté, d’injustice sociale et économique, c’est se livrer à une entreprise vaine. Puisqu’il y aura un monde d’abondance, de justice divine, de bien-être qui sera réservé à ceux qui auront œuvré pour le salut de leur âme. Et il importe peu donc qu’ils soient des affamés, des pauvres ou des appauvris dans le temps actuel. De ces deux catégories de croy- ants dont nous venons de parler, nous pensons que les milliers de croyants haïtiens qui s’en vont jeûner, appartiennent à la deux- ième catégorie. Cette pratique de jeûne peut s’interpréter comme le reflet d’un abandon du monde physique et une quête farouche du salut promis par Dieu. Quand ces milliers d’hommes et de femmes vont défiler dans les églises catholiques et protestantes, cela traduit la condition de chômeur qui est la leur, et l’évitement du monde où la souffrance, la misère, la pauvreté, la maladie, et tous les maux que nous connaissons, constituent le salaire du péché, selon les arguments des évangiles. Par conséquent, ces croyants ne croient guère ou ne veulent pas croire qu’ils ont la responsabilité de transformer le monde pour leur bien-être et pour y jouir des richesses à produire. Toute leur espérance de vie heureuse est fondée sur la promesse divine d’un autre monde où régneront l’abondance, la joie et le bonheur. Le jeûne en Haïti, qui est un fait social religieux, exprime la grande foi inébranlable des chrétiens catholiques et protestants. Il peut être aussi vu comme un terrain pour l’observation d’un autre fait social économique, le chômage. L’économiste et le socio- logue qui voudraient se renseigner sur le niveau de chômage, pour- raient y appliquer leurs méthodes d’enquête, recueillir les données sur ce fait, afin d’en comprendre la nature et d’en analyser sa pro- gression. En d’autres termes, l’économiste et le sociologue se mettraient dans la peau de l’enquêteur qui observe cette condition que dissimule le fait religieux et dans la peau du statisticien qui veut chiffrer les données recueillies. Il importe de dire que si certains vont jeûner, cela ne veut pas sig- nifier absolument que ceux-ci ont une grande foi en Dieu. Ils se livrent à cette pratique parce qu’il n’y a pas un bureau qui les attend. Ce sont des chômeurs qui s’ennuient de leur oisiveté et dont l’espoir est de trouver un emploi. Donc, le jeûne n’est pas néces- sairement un marqueur de foi, mais un substitut du curriculum vitae qu’ils soumettent au moment de la prière à un Dieu qui rem- place l’employeur dans le système socioéconomique que Max Weber appelle la bureaucratie. Donc, la foi remplace la rationalité chez ces acteurs qui ne connaissent pas encore le désenchantement du monde dont parle minutieuse- ment le sociologue allemand. Pour conclure, nous dirions que le jeûne que l’on pratique en Haïti, est un grand laboratoire d’étude où économiste et socio- logue peuvent observer l’objet de leurs questionnements et de leurs analyses. Cette pratique sociale religieuse permettra au premier de mesurer le chômage partiel- lement, et au second d’établir la différence entre la religion de la transcendance et la religion de l’immanence. Au sociologue et à l’économiste, nous dirions qu’ils ont du pain sur la planche. Allez donc faire une expérience dans ce grand labora- toire où celui qui jeûne peut être à la fois croyant et chômeur. Mais, où il est surtout ce chômeur qui espère, non le salut de l’âme, mais un emploi avec un salaire mensuel qui lui permettra de vivre dans la dignité et la joie avec sa famille. Prisme à l'évaluation de la foi et du chômagepar CHERISCLER Evens Boukman HAÏTISOCIÉTÉ/RELIGION Ils sont des milliers en Haïti, ceux qui vont jeûner. On les compte dans les églises catholiques aussi bien que dans les églises protestantes. Ce spectacle ne symbolise pas uniquement la grande foi chrétienne dans le pays. Mais, il est aussi un prisme qui permet de lire l’ampleur du chômage et cette différence existant entre les religieux qui continuent l’œuvre de la création divine et les religieux qui évitent le monde pour se consacrer au salut de leur âme. Sacré-Coeur de Turgeau. / Photo : J. J. Augustin
  15. 15. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 15 SOCIÉTÉ À l’entrée de la ville de Lasca- hobas, la première chose que l’on remarque est une station de motos. De toutes les cou- leurs, elles sont alignées le long de la rue logeant le commissariat de la ville. En face de la cathédrale, non loin de la place, dans cette ancienne caserne convertie en commissariat, certains agents de police font un va-et-vient ennuyeux. D’autres lisent à l’ombre d’un grand arbre. Aucun d’entre eux ne semble se préoccuper des activi- tés qui se déroulent dehors. La ville fonctionne dans sa normalité la plus parfaite. Fait insolite, aucune de ces motocyclettes, logées à la barbe des policiers, n’a une plaque d’immatriculation. Comme pour questionner la raison d’être de ce commissariat, ou encore la présence de ces policiers. Ou alors pour affirmer que ces motocy- clettes ne sont pas des véhicules à moteur ; que les conducteurs font fi de la décision de doter tout véhicule de nouvelle plaque depuis octobre 2014. Dans l’autre station de motos de la ville, c’est le même tableau. Pas de plaque d’immatriculation. Ni l’ancienne plaque bleue. Voire cette nouvelle « perle des Antilles », disponible depuis le 1er octobre de l’année dernière. Un habitant de la zone déclare que ce phénomène n’est pas rare à Lascahobas. « Il fut un temps, les motocyclettes avaient des plaques. Mais depuis quelque temps, c’est le désordre généralisé. Elles n’ont plus de plaque d’immatriculation. » À son avis, rien de spécifique n’explique cette situation. Car la succursale de la DGI (Direc- tion générale des Impôts) qui est censée délivrer les plaques, con- tinue de fonctionner. Ce n’est pas l’omission des plaques d’immatriculation qui préoccupe ce citoyen. C’est plutôt les dangers auxquels sont exposés les habi- tants de la ville. Plus précisément, les enfants qui vont à l’école à moto. Dangers sur lesquels per- sonne ne se penche. « Les matins, ils sont cinq sur une seule moto, continue-t-il. Le chauffeur et quatre enfants. C’est inacceptable. La vie de tous ces gosses sont en danger ». Selon lui, les autorités policières interviennent uniquement en cas d’accident. Et là encore, l’intervention n’est pas rigou- reuse. Tout dépendra du chauffeur et de l’agent de police. Il existe donc une certaine complicité qui empêche l’application efficace des sanctions. « Parfois, les policiers interviennent. Mais il y a des pots de vins. Depi yo jere polisye a, li kite sa pase. ». D’autres citoyens préfèrent com- prendre la situation autrement. Selon eux, les policiers évitent tout simplement de perdre la vie. « Talè w al bay kontravansyon pou plak epi demen w wè w pa la », révèle un chauffeur de bus. Les nouvelles plaques posent encore problème. Malgré la promesse de la DGI d’agréer les surplus de demande, nombreux sont les chauffeurs qui hésitent encore à se les procurer. Ou qui ne veulent tout simplement pas le faire. Quels sont les stratégies de dis- tribution ? Faudrait-il les changer ? Comment contrôler ce flot de motocyclettes qui circule sans la moindre immatriculation ? Com- ment éviter ces dangers ambu- lants ? À ces questions, seules les autorités concernées détiennent les réponses. H aïti ne compte que 15 car- diologues pour près de 11 millions d’habitants. Ils sont pratiquement tous dans la capitale, Port-au-Prince. La plus grande inquiétude, la relève n’est pas assurée. À cause des difficultés économiques, les jeunes médecins ne s’intéressent guère à cette spéci- alité qui ne nécessite pas moins de dix années d’études après le bacca- lauréat. À l’occasion de la tenue du 8e con- grès du Collège haïtien de cardi- ologie, les docteurs Richard Pilié et Claude Sam ont à nouveau tiré la sonnette d’alarme. Ils invitent les autorités haïtiennes à créer un centre moderne de cardiologie en Haïti et à adopter des mesures incitatives pour que plus de méde- cins s’intéressent à la cardiologie. Après le séisme de 2010, Haïti a pu compter sur la présence de nombreuses missions humani- taires pour faire face aux lacunes dans ce secteur. Par exemple la « Fondation Chaine de l’Espoir Paris » a pu, en sept missions, réalis- er de nombreuses opérations et sauver la vie de 130 personnes. Mais Haïti n’est pas le centre du monde et l’attention internatio- nale a diminué. Pour proposer une solution sur le long terme, un projet de centre de cardiolo- gie moderne est envisagé par la branche haïtienne de cette fonda- tion. Mais dix millions de dollars sont nécessaires à sa concrétisa- tion. La cardiologie moderne n’est pas encore accessible en Haïti. Les interventions des cardio- logues haïtiens se limitent à l’évaluation clinique basée sur l’échocardiographie et d’autres types d’examens. La prise en charge des patients souffrant d’une malformation cardiaque est faite simplement à partir de médicaments qui ne peuvent que ralentir la déformation du cœur. Pourtant, la gravité du problème n’échappe pas à l’État haïtien, les maladies cardiovasculaires – et en tête de liste l’hypertension artéri- elle - sont les principales causes de mortalité chez les adultes selon le document de Politique natio- nale de Santé du ministère haï- tien de la Santé publique publié en 2012. Cependant, les actions concrètes pour s’attaquer au pro- blème tardent encore. Habitudes alimentaires et environnement sociopolitique mis en causes Les cardiologues Pilié et Sam qui intervenaient sur radio Métropole, le 02 juin passé, se sont adressés à cœur ouvert à la population haï- tienne, l’invitant à changer ses habitudes alimentaires pour éviter les complications. Pour accentuer leur discours, ils ont rappelé un proverbe très caricatural : « nous creusons notre tombe avec nos dents ». De manière générale, ils ont recommandé à la population de réduire sa consommation de sel et de graisse et de s’adonner à plus d’exercices physiques. Mais aussi d’apprendre à relativiser pour mieux gérer le stress quotidien. Aux personnes de 40 ans et plus ils ont, de surcroit, conseillé de ne pas prendre de repas copieux après 6hpm et de consulter régu- lièrement un cardiologue. Aux politiciens : les spéciali- stes du cœur ont recommandé à penser deux fois aux conséquenc- es de leurs actes sur la santé de la population. Plaques d'immatriculation : entre insouciance et pots de vinPAr Stéphanie Balmir Un défi de santé publique en HaïtiPAr Vantz Brutus HAÏTISOCIÉTÉ/CIRCULATION HAÏTI-SANTÉ/MALADIESCARDIOVASCULAIRES Depuis la fin de l’année 2014, les nouvelles plaques d’immatriculation sont disponibles. La date limite fixée au 31 décembre 2014 n’a pas, semble-t-il, été respectée. Puisqu’aujourd’hui encore, certains véhicules, privés ou autre, circulent sans ces nouvelles plaques. À Lascahobas, les motocyclettes n’ont ni l’ancienne ni la nouvelle plaque d’immatriculation. Des motos saisi par la PNH. / Photo : J. J. Augustin
  16. 16. 16 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 SOCIÉTÉ A ccusée de n’avoir reconstruit que six habitations en dur cinq ans après le tremble- ment de terre qui a dévasté Haïti, malgré quelque 500 millions de dollars de dons récoltés, la Croix- Rouge américaine tente de défendre son bilan, en expliquant notamment avoir surtout eu recours à des aides au logement. Le site internet d’investigation new-yorkais ProPublica et la chaîne de radio publique améri- caine NPR ont présenté cette semaine un rapport qui accuse l’organisation humanitaire d’avoir gaspillé l’argent donné par une mauvaise gestion et en ayant trop souvent fait appel à des travail- leurs humanitaires étrangers ne parlant par le français ou le créole. De son côté, la Fondation Thom- son Reuters a appris que la Croix- Rouge avait dépensé au moins 17% des fonds collectés pour Haïti en frais de fonctionnement alors que la Croix-Rouge américaine et la Croix-Rouge internationale affir- ment que pour un dollar récolté, 91 cents doivent être consacrés à la mission humanitaire. La Croix-Rouge américaine estime que les informations publiées par la presse américaine sont « inex- actes” et doivent être remises dans “leur contexte ». Elle affirme que son travail à Haïti a aidé des millions d’Haïtiens. « Malgré des conditions particu- lièrement difficiles, notamment des changements de gouverne- ment, le manque de terrain pour la construction de logements et les troubles civils, notre person- nel qui travaille dur, et qui est à 90% constitué d’Haïtiens, contin- ue à répondre aux besoins à long terme du peuple haïtien », déclare l’Organisation non gouvernemen- tale (ONG) dans un communiqué publié sur son site internet. « Et si les choses ne progressent jamais à un rythme aussi rapide que nous le souhaiterions, Haïti va mieux aujourd’hui qu’il y a cinq ans. » Le tremblement de terre du 12 jan- vier 2010 a fait plus de 220.000 morts et 1,5 million de déplacés. D’AUTRES MÉTHODES La Croix-Rouge affirme que les dons ont permis de constru- ire huit hôpitaux et cliniques, d’endiguer une épidémie de choléra, de fournir de l’eau pota- ble et des installations sanitaires, de réparer des routes et des écoles et de reloger 130.000 personnes qui avaient dû s’abriter dans des tentes et autres abris de fortune après le séisme. Les journalistes de ProPublica et de NPR soutiennent que leur travail d’enquête, qui se base sur diverses informations, dont des courriels confidentiels de hauts dirigeants, leur permet de dire que seulement six habitations en dur ont été construites à Haïti en cinq ans. La Croix-Rouge répond qu’elle a utilisé d’autres méthodes pour améliorer la vie quotidienne des sinistrés. « Quand il n’y avait pas de terrains disponibles pour de nouveaux logements, la Croix-Rouge a fourni une série de solutions en la matière, notamment des aides à la location, la réparation et la modernisation des structures existantes, tenant ainsi notre promesse de reloger des dizaines de milliers d’Haïtiens », explique l’ONG. Elle a refusé de répondre à tout autre question de la Fondation Thomson Reuters et précise dans une note accompagnant son com- muniqué que la manière la plus rapide et la plus efficace est de distribuer des aides permettant de payer les loyers. Un de ces programmes d’aide à la location (six millions de dol- lars) est géré par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant- Rouge (FISCR), basée à Genève, et cela augmente les frais généraux, explique l’ONG. Si la Croix-Rouge américaine assure que 91% des dons vont à l’aide humanitaire, la FISCR a expliqué à la fondation Thomson Reuters que quand elle gère elle- même un programme, elle facture 6,5 % supplémentaires localement pour couvrir les frais administra- tifs, de télécoms et autres coûts d’exploitation. La FISCR n’a pu fournir de préci- sions sur ce qu’elle avait facturé en plus pour gérer ce programme de subvention de six millions de dollars. Dans son rapport sur cinq ans sur l’aide à Haïti, elle dit qu’en moyenne 17 % sont dépensés en « soutien et coordination des pro- grammes ». Épinglée pour son travail à Haïti, la Croix-Rouge US se défendSources : Reuters
  17. 17. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 17 CULTURE S ouriante, chaleureuse, très honorée, avec les marques d’une hospitalité sans pareille, elle s’est approchée de nous dans sa robe blanche portée spéciale- ment pour l’occasion. « Le blanc sym- bolise la pureté », justifie-t-elle pour commencer. On aurait cru que même son âme est blanche vu la joie qu’elle a témoigné à nous recevoir sur son habitation. C’est par une génuflexion qu’elle nous a salués en nous invitant à nous asseoir. Sa rencontre avec le vaudou Son père et sa mère n’avaient aucun rapport avec le vaudou. Mais son grand-père était un « Houngan ». C’est de lui qu’elle aurait reçu probablement cet héri- tage. Née le 16 mars 1954, Marie Yoleine Gateau a grandi dans le culte du catholicisme. Elle a même fait ses études primaires à l’école Sainte-Rose de Lima et celles du secondaire au Sacré-Cœur de Turgeau. Élevée loin de toute pra- tique vaudouesque, cela n’a pas empêché que les esprits fassent appel à elle dans un songe : « C’est à travers un songe que cette déter- mination de devenir « Mambo » a vu le jour en moi », raconte-t-elle avec le sourire aux lèvres. Durant ses études à l’étranger, elle était intriguée par son souci de com- prendre le vaudou. Et déjà, ses transes incontrôlables augmen- taient ses préoccupations. C’est finalement dans les bras de son mari, un psychologue italo-améri- cain, qu’elle retrouve le moral et arrive à comprendre ce qu’est la transe. Si Marie Yoleine Gateau est « assogue » (du bénin : être choisi) dès sa naissance, ce n’est qu’en août 2014 qu’elle a finale- ment « pran ason » – équivalent de l’ordination dans la religion catholique. Conseillère péda- gogique, madame Gateau a cette capacité de ne pas confondre sa vie professionnelle avec sa vie spirituelle. Mambo : entre guide spirituel et profession La Mambo dans le vaudou est l’égale du Houngan. Elle est la maîtresse de son temple. C’est un leader qui doit gérer tous les éven- tuels conflits. Pour devenir une vraie Mambo, il faut passer par le « Kan-zo ». C’est une sorte de voyage mystique qui dure onze jours, et qui doit commencer un jeudi (qu’on appelle « monte bila »). Le « ouyon » i.e. la personne qui fait le « voyage », doit s’enfermer dans un « djèvò », lieu où l’on réalise le « voyage », après avoir quitté le « rafrechi », lieu où l’on puri- fie le « ouyon ». Durant les onze jours du Kan-zo, on apprend au « ouyon » à canaliser de l’énergie, à maitriser le feu… avec l’aide des esprits. Une fois passée l’étape du Kan-zo, le « ouyon » est devenu un « Hounsi simple » pour devenir ensuite un « Hounsi sous point ». Si le Hounsi (communément appelé « pitit kay ») décide de « pran ason », il doit se rendre à « les lieux » qui représente une sorte de tribunal, où l’on inter- roge le Hounsi pour voir s’il est digne d’être Mambo ou Houngan. « C’est la procédure pour devenir Mambo quand on est « assogue »», explique madame Gâteau. Mais les « mambos lakay », les « mambos makout » n’ont reçu aucun appel des « loas », et peuvent ainsi ignorer cette étape. D’où naît un sérieux malentendu selon Marie Yoleine Gateau : « Beaucoup de gens pensent qu’être Mambo est un métier. Cela doit s’expliquer par le fait qu’elles (Mambos) réclament parfois des frais en contrepartie des services rendus ; cela est dû à leur précarité économique, mais n’enlève rien à leur identité de guide spirituel ». Pour ainsi dire, le statut de Mambo n’est pas un titre professi- onnel. La Mambo doit être perçue comme un berger, un mentor. Elle est placée pour aider les gens à bien servir les « loas » (esprits ser- vant d’intermédiaire entre Dieu et les hommes, au même titre que les saints de l’Église catholique) et le « grand maître ». Vaudou : entre mode de vie et religion Considéré comme le culte du diable par une bonne majorité des chrétiens, le vaudou semble être tout autre chose. Marie Yole- ine Gateau développe une double conception du vaudou. Selon elle, cette pratique doit être entendue, d’un côté, comme un mode de vie, et de l’autre, comme une religion. En effet, d’une part, il n’y a pas de principes préétablis dans le vaudou pour réguler le comporte- ment des adeptes. Néanmoins, ces derniers cultivent le respect de l’autre, le sentiment de partage et d’entraide… D’autre part, dans le vaudou, il y a des divinités qu’on sert et qui chaque jour réalise des « miracles » dans la vie de ses adeptes. La gérante du temple « Asòtò » pense même que les vau- douisants pourraient écrire leur propre livre sacré. « La Bible, le livre sacré des chré- tiens, est le récit des exploits du peuple juif avec son Dieu, ajoute- t-elle. L’histoire des vaudouisants est tout aussi vaste et est dotée de grands « miracles » qu’on devrait raconter aux enfants ». Conjointe- ment à ces deux points de vue, la Mambo pense qu’un temple vaudou est « le seul endroit en Haïti où l’on peut se sentir accepté tel que l’on est ». Le vaudou ayant pour principe la tolérance. A Voyage dans le vaudou haïtien : rencontre avec Marie Yoleine Gateau Par Ritzamarum ZÉTRENNE et Romaric FILS-AIMÉ Non loin de la station de Léogane, au cœur d’une habitation dénommée « Mon p’tit village », se situe le temple « Asòtò ». Si, d’après la doxa, le décor des « péristyles » inspire la peur et génère du frisson, dans ce temple vaudou, n’étaient-ce les signatures des esprits (vèvè), les portraits de certains « loas » et autres signes propres à ce culte, l’on pourrait s’imaginer dans n’importe quel temple du christianisme. C’est donc sous le kiosque de ce vaste terrain que Marie Yoleine Gateau – la « Mambo » du « lakou » – nous a reçus avec une convivialité exemplaire. Mambo Marie Yoleine Gateau.
  18. 18. 18 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 CULTURE « Mouvman vwazinaj » est une initiative qui consiste, pour les sept jeunes porteurs de cette idée, à concevoir des projets culturels dont la mise en œuvre est laissée à des groupes organisés existant au sein des communautés appelées à recevoir le projet. Pour reprendre les propos de Kensly-Carl Olibrice, l’un des porteurs du projet, « Mouvman Vwazinaj » est une abstraction qui prend corps dans une dynamique d’action instituée par des structures culturelles locales. Nous axons notre démarche de travail sur l’approche participative. Pour l’instant nous réalisons le projet à Port-de-Paix parce que nous sommes tous de cette ville mais, dans pas longtemps, on étendra notre action sur d’autres villes du pays. ». Dans le cadre de la réalisation de « Mouvman Vwazinaj » à Port-de- Paix, des structures culturelles de la ville comme « Bonne humeur club », « l’Union des héros », « samba Zele », ajoutés aux jeunes concepteurs et porteurs du projet ont constitué un comité de coor- dination. Malheureusement, pour reprendre Carl Olibrice, aucune des insti- tutions en charge de financer la culture ou même le ministère de la Culture ne les a aidés. Ils se sont mis ensemble, ont mobilisé en konbit le peu de res- sources personnelles dont ils dis- posaient pour rendre matérielle cette idée. Au menu : formation, spectacle et projection de films à Port-de-Paix il n’existe que très peu d’infrastructures culturel- les, pour cette première vague d’activités lancées par « Mouvman Vwazinaj », les organisateurs ont dû mobiliser locaux d’écoles et de night-club pour recevoir les jeunes qui sont venus à eux. Le comédien et conteur Shelson Ermoza a été invité à animer une formation sur le conte, la lody- ans, l’expression corporelle et le déplacement scénique. Dans la nuit du samedi 7 Juin, à l’alliance Française de la ville, le public a visionné l’adaptation au cinéma du roman de Jacques Roumain titré « Gouverneurs de la rosée ». Le Dimanche 8 Juin 2015, au Classica Convention Center, avec le talent fou qui est le sien, Shel- son Ermoza a animé une bonne soirée de contes. Tous les horizons de la ville étaient venus retremper leur imaginaire dans le fleuve de l’enfance et des premières candeurs. Adresse aux grands opérateurs culturels, aux mécènes et à l’État à côté des activités artistiques - que Kensly-Carl Olibrice, Brunel Docilet, Jamesley Liberice, Mackendy Vixamar, Fleur Aimé Obenson et Fransnel Dorsainvil ont exécutées dans la logique de réalisation de leur projet « Mouv- man vwazinaj » -, ce groupe de jeunes dynamiques est également en train de planifier l’institution d’une université populaire dans la ville de Jean Rabel. Ces jeunes auront définitivement compris qu’il était de leur ressort de s’organiser et de bâtir ensemble des projets pouvant permettre à leurs pairs de s’épanouir dans un climat mettant en avant l’intellect et la culture. Souhaitons que l’État haïtien et quelques mécènes pas- sent les voir et daignent supporter cette louable initiative dans une logique de continuité. Le conteur Shelson Ermoza. « Mouvman vwazinaj » à Port-de-PaixPar Dangelo Néard Du 5 au 8 Juin 2015, la ville de Port-de-Paix a vibré au rythme du théâtre, du conte et du cinéma. De la culture à pleine main, en grande gorgée pour une ville qui ne demandait que ça. Plusieurs lieux de la principale cité du Nord-Ouest ont été reconvertis en infrastructures culturelles devant recevoir les activités organisées dans le cadre de « Mouvman vwazinaj ».
  19. 19. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 19 CULTURE L es responsables du centre culturel ARAKA ont rendu un vibrant hommage à l’auteur des Gouverneurs de la rosée, Jacques Roumain, dans l’après-midi du mercredi 3 juin 2015. Pour com- mémorer l’anniversaire de naissance de ce grand intellectuel et écrivain, une conférence débat était organ- isée au local du centre situé dans les parages du cimetière national par le professeur, écrivain et journaliste culturel, Marc Exavier. « Jacques Roumain et Jean Giono deux regards sur l’environnement et la politique » fut le thème retenu au cours de cette rencontre intellectuelle entre le panéliste et le public composé pour la plupart d’écoliers et d’universitaires. Passionné de Roumain et de Giono, Marc Exavier a retracé leur iti- néraire et leur parcours. « Ce sont deux personnalités différentes. Ils ont grandi dans deux univers politiques et économiques différents. Ã part un certain intérêt pour la nature. Roumain fut communiste. Giono, un pacifiste, refusant de parti- ciper à la seconde guerre mon- diale. Cependant ils ont mis au grand jour les ressorts les plus implacables de la tyrannie et nous livrent une leçon de vie, un exemple de combat pour élever la part d’humanité en nous. » Ensuite, Marc Exavier a parlé du rapprochement entre la Montagne ensorcelée de Jaques Roumain et Colline de Jean Giono. Comme l’a déjà démontré feu l’historien Roger Gaillard. Dans la « Montagne ensorcelée », Roumain en huit courts chapitres montre la série d’évènements dra- matiques, mais aussi la chaine col- lective de pensées irrationnelles qui mènent au meurtre de la jeune Grace et de sa mère Placinette. Victimes expiatoires de la misère et de la superstition, sacrifiées par une communauté conduite au bord de la folie, par son isole- ment, son extrême pauvreté et son obscurantisme. Ce récit sombre, à peine éclairé par l’amour de Grace et d’Aurel, est le constat sans fard de l’immense dénuement matériel et moral de ces paysans plongés dans l’angoisse de la survie quo- tidienne, puis dans l’horreur d’un meurtre collectif. Exalté dans un langage riche et puissant Giono a raconté dans « Colline » les liens profonds liant les paysans à la nature. Dédié à la mémoire de son père, le roman « Colline » débute par la venue d’un sanglier, que l’on essaie de tuer mais qui parvient à s’échapper. Plus tard, lorsque la fontaine du hameau, située dans un petit village en France qui avait alimenté les habitants depuis très longtemps, se tarit, tout commence à aller mal. Ã cette même période, l’ainé du village, Janet, paralysé et alité, commence à parler de manière peu compréhensible. Il ne faudra pas longtemps pour que les autres habitants pensent que Janet est à l’origine de tous ces malheurs. Toujours selon le conférencier, ces deux grands hommes sont d’une grande générosité. L’œuvre de Giono est beaucoup plus abondante que Roumain. Si les paysages varient d’une contrée à l’autre, les paysans partagent la même condition sociale. Ils sont démunis et pauvres. L’œuvre de ces deux auteurs mêle un human- isme naturel à une révolte vio- lente contre la société du 20e siècle traversée par la misère et l’obscurantisme. Elle dépeint l’indigence de l’homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle. Jacques Roumain et Jean Giono deux regards sur l'environnement et la politiquePar Schultz Laurent Junior Jacques Roumain. / Photo : babelio.com
  20. 20. 20 | N0 12 LUNDI 8 JUIN 2015 INSERTION DEMANDÉE
  21. 21. LUNDI 8 JUIN 2015 N0 12 | 21 INSERTION DEMANDÉE

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