Lectures

RAMSES 2014 
Les jeunes :  
vers l’explosion ?
sous la direction de  
Thierry de Montbrial et
Philippe Moreau-De...
Lectures

gènes. Parfois même, cette
jeunesse adopte des comportements « conservateurs »
semblables à ceux de ses
ainés en...
Lectures
Entretien avec Philippe Moreau-Defarges 
Co-auteur de RAMSES 2014
« Le politique peut bâtir une gouvernance plané...
 à

Lectures à

Si l’on se projette en avant, quelles tendances
pourraient nous surprendre d’ici dix ans ?  
À quelles t...
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Extraits de la Nouvelle Revue Géopolitique "La guerre des villes a déjà commencé"

1 229 vues

Publié le

Extraits de la Nouvelle Revue Géopolitique Dossier "La guerre des villes a déjà commencé"

Publié dans : Business
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
1 229
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
342
Actions
Partages
0
Téléchargements
0
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Extraits de la Nouvelle Revue Géopolitique "La guerre des villes a déjà commencé"

  1. 1. Lectures RAMSES 2014  Les jeunes :   vers l’explosion ? sous la direction de   Thierry de Montbrial et Philippe Moreau-Defarges (Dunod, 2013) C et ouvrage collectif est la 32e édition du rapport annuel de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il a pour ambition de mettre en lumière et d’analyser les dernières évolutions du monde contemporain, en présentant un vaste panorama de l’actualité internationale. L’ouvrage débute avec les « Perspectives » de Philippe Moreau-Desfarges, qui s’attèle à un difficile exercice de synthèse des nouveaux enjeux internationaux. Suivent une série d’articles documentés sur les nouvelles tendances qui se dessinent à l’échelle mondiale et dont les effets ont commencé à se faire sentir. Les auteurs se sont notamment penchés sur l’état actuel de l’économie et ses perspectives, ainsi que sur les nombreuses reconfigurations régionales qui ont marqué l’année 2012-2013. Parmi toutes les problématiques étudiées, une attention particulière est portée à la place et au rôle dévolus à la jeunesse dans le monde. La période 2012-2013 a été marquée par une focalisation des médias sur la jeunesse. Elle a été tantôt décrite comme « hyper-connectée » et mondialisée, moteur des changements mondiaux et des révoltes sociales et politiques (printemps arabes, printemps érable, frondes étudiantes au Chili et au Canada), et tantôt qualifiée de « génération perdue » ou « sacrifiée », partout exclue des processus de décision, première victime du ralentissement de l‘économie mondiale et des politiques d’ajustement structurels. Pourtant, la jeunesse mondiale est loin de se présenter comme un ensemble unifié, car les réalités quotidiennes et les aspirations des jeunes européens, chinois ou brésiliens ne sont pas homo- Les deux cartes sont extraites de :   T. de Montbrial et Ph. Moreau-Defarges (dir.), RAMSES 2014. Les jeunes : vers l’explosion ?, Paris, Ifri/Dunod, 2013. Géopolitique  Janvier-Février-Mars 2014 79
  2. 2. Lectures gènes. Parfois même, cette jeunesse adopte des comportements « conservateurs » semblables à ceux de ses ainés en matière de guerre, de mœurs ou de religion. Mais, dans de nombreuses régions, elle est affectée par un chômage massif et voit ses horizons se refermer, avec néanmoins de fortes disparités géographiques. Finalement, c’est la difficile intégration économique et politique des jeunes qui forme le caractère déstabilisateur de la jeunesse : s’il y a une explosion de la jeunesse, ce ne saurait être qu’une explosion sociale. L’année passée a également été marquée par la remise en cause de processus que l’on considérait comme inéluctables. Parmi ceux-ci, le ralentissement économique et les tensions sociales et environnementales ayant frappé les pays émergents ont montré qu’il fallait se méfier des effets de mode en matière de géopolitique. La jeunesse brésilienne s’est attaquée au symbole du football et la jeunesse turque à l’autoritarisme de l’AKP. Les tendances autoritaires de Poutine se sont renforcées en Russie, la croissance chinoise apparait de moins en moins soutenable, tandis que celle de l’Inde et de l’Afrique du Sud est atone. Par ailleurs, de nombreuses problématiques régionales ont subi des évolutions majeures pendant cette période. Le changement de leadership simultané en Chine, au Japon, en Corée du Sud et en Corée du Nord a amené un regain des tensions dans la zone, tandis que la 80 Géopolitique  Janvier-Février-Mars 2014 crise de la zone euro a mis en péril la cohésion de l’ensemble européen. L’endettement massif des étudiants américains, l’émergence d’un féminisme islamique ou les nouvelles découvertes de pétrole et de gaz en Afrique subsaharienne constituent autant de bouleversements des équilibres régionaux analysés dans ce Ramses 2014.
  3. 3. Lectures Entretien avec Philippe Moreau-Defarges  Co-auteur de RAMSES 2014 « Le politique peut bâtir une gouvernance planétaire, apprenant aux individus une nouvelle ambition : faire de la Terre une authentique maison commune » Comment ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse ? Quelles seraient les solutions politiques pour cela ? Autrefois, la guerre, portée par les passions nationales, contribuait à éliminer les excès de population. Heureusement, l’humanité prend conscience qu’il y a des voies moins destructrices, plus imaginatives de faire entrer la jeunesse dans le monde. La jeunesse (sauf les éléments extrémistes, aveuglés par des fanatismes délirants) ne se résigne plus à servir de chair à canon. Face à ce défi planétaire de la jeunesse, la priorité absolue est la création d’emplois pour cette énorme population. Sans travail, il n’y a ni insertion sociale, ni espoir d’une vie familiale normale. Le politique doit tout faire pour créer des conditions favorables à une croissance intelligente, assurant un renouvellement des métiers. Le rôle des États n’est pas de fournir des postes (les emplois publics n’étant souvent qu’une assistance cachée), mais de mettre en place un cadre favorable aux créateurs de richesses, en clair aux entrepreneurs de tous types. Les institutions internationales et les analystes anglo-saxons parlent d’un phénomène d’empowerment de l’individu, de plus en plus à même d’infléchir son destin. La montée en puissance de ce concept n’est-il pas paradoxal dans la période de mondialisation que nous traversons ? Les politiques pourraient-ils s’appuyer sur cet empowerment pour atteindre   de nouveaux objectifs ? La mondialisation et, plus largement, la modernité sont des processus d’arrachement, de déracinement. Les structures traditionnelles (famille, profession, etc.) se trouvent bousculées et broyées par un cumul de mutations tant technologiques que sociales. Les individus ne sont plus façonnés, tenus par des identités reçues, héritées : ils fabriquent, bricolent leur identité tant par le fait qu’ils sont contraints de constamment se réinventer qu’au nom de leur droit à être eux-mêmes. Rien n’est acquis, tout se fait et se défait. Une telle vague de fond emporte et submerge le politique, qui peut chercher à « surfer » sur cette déferlante. Dans l’avenir, prolifèreront des mouvements populistes planétaires, utilisant les techniques les plus sophistiquées pour, par exemple, organiser une manifestation simultanée dans les dix plus grosses agglomérations du monde. Le politique peut plus sagement bâtir une gouvernance planétaire, apprenant aux individus une nouvelle ambition  : faire de la Terre une authentique maison commune. Vous dirigez cette collection à l’Ifri depuis quelque temps. Si l’on compare la première édition que vous avez dirigée à celle d’aujourd’hui, quelles seraient les évolutions les plus marquantes à vos yeux ?   Celles qui vous ont le plus surpris ? Le fait essentiel est et restera la mondialisation, son ampleur, son accélération. Depuis les dernières décennies du xxe siècle, dans le sillage de la chute de l’univers communiste et de l’entrée dans l’âge industriel et post-industriel de continents entiers, des milliards d’hommes vivent un bouleversement de leur condition : expulsion des campagnes, entassement dans des agglomérations sans limites, accès à la consommation et à l’éducation de masse… Dans les années 1970-1980, la mondialisation paraissait devoir se déployer lentement au rythme majestueux des cycles historiques. Il n’en est rien. Elle pénètre notre vie la plus intime : produits les plus exotiques sur les marchés ; jeunes sachant qu’ils sont voués à une vie de nomade ; mariages mixtes, etc. La mondialisation n’est ni au conditionnel, ni au futur. Elle est là. Géopolitique  Janvier-Février-Mars 2014 81
  4. 4.  à Lectures à Si l’on se projette en avant, quelles tendances pourraient nous surprendre d’ici dix ans ?   À quelles tendances sommes-nous, Européens, les moins préparés ? Les Européens, et surtout les Français, ne conçoivent pas de ne pas être le centre ou la région privilégiée du monde. Notre histoire, notre culture et même notre géographie sont censées démontrer notre élection. Deux guerres mondiales ravagent l’Europe ; néanmoins, elle renaît avec les trente glorieuses (grâce, tout de même, aux interventions décisives des puissants États-Unis). Mais, en 82 Géopolitique  Janvier-Février-Mars 2014 histoire, tout est incertain. L’Europe peut devenir insignifiante si elle ne reconnaît pas que, désormais, elle est un continent parmi d’autres. Les Européens, peut-être trop habitués à la paix et à la sécurité apportée par l’Amérique, oublient – ou veulent oublier – que l’histoire est tragique. Les peuples heureux sont très vite emportés par la boue et le sang. Les plus redoutables surprises viennent de la permanence des réalités historiques, en clair du retour constant du tragique : par exemple, embrasement du Moyen-Orient, affrontement entre la Chine et la Russie à propos de la Sibérie orientale et de l’Extrême-Orient russe…

×