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  1. 1. L E S A I N T - H U B E R T - MAI/JUIN 2013>>> DOSSIER LOUP, Y ES-TU ?40Grands ongulés, leseffets indirects liés àla présence du loupFÉDÉRATIONUne étude originale conduite par la FDC de la Drôme s’est intéressée auxeffets indirects susceptibles d’agir sur la biologie et l’éthologie du chevreuilet du cerf du seul fait de la présence du loup sur un territoire.AU-DELÀDESEFFETSDIRECTSdusàlaprédation,que le plan « prédateurs/proies » devrait évalueravecplusdeprécision,ilétaitimportantdes’inter-rogersurleséventuelseffetsindirectsquelapré-sence du loup pouvait exercer sur la dynamiquedespopulationsd’onguléssauvages.C’estlàl’ob-jetd’uneétudeconduitedès2007parlafédéra-tion des chasseurs de la Drôme suite au retourconfirmé du loup dans le département en 2003.L’idée : examiner la façon dont les populations-proiesétaientsusceptiblesd’appréhenderlapré-sence du prédateur à travers des modificationsde l’occupation de l’espace, de leur comporte-ment,oumêmedesmodificationsphysiologiques.Lechoixdel’études’estconcentrésurlecerfetlechevreuil compte tenu de la prédilection du louppourcesdeuxespèces.Lepremierenseignementde cette étude a été que le chevreuil est, avec lemouflon,unedespremièresproiesduloup,lecerfn’entrant dans son régime alimentaire quelorsqu’unemeuteestconstituée !Surunplanmé-thodologique,l’étudeaportésur deuxzonesprochedu Vercors, l’une classée en ZPP (Zone de pré-sence permanente du loup) telle que définie parle réseau “Grands prédateurs” de l’ONCFS, l’au-tre sans, mais toutes deux relativement sembla-bles en termes de topographie, de végétation etde climat. Sur chaque zone, les indicateurs dechangements écologiques mis en place ont per-mis de mesurer la variation des effectifs des po-pulations-proies, la performance des individus(massecorporelle)etlapressiondelapopulationsur son milieu (indice d’abroutissement et deconsommation).40 44 Loup Drome_Mise en page 1 13/05/13 00:19 Page2
  2. 2. MAI/JUIN 2013 - L E S A I N T - H U B E R T41DesimpactsimmédiatsDans la ZPP, l’hypothèse de départ qu’il conve-nait de vérifier était de voir si, dans un premiertemps,laprédationentraînaitunebaissedespo-pulations,laquelleprovoqueraituneréductiondel’impactdugibiersurlafloreet,parvoiedeconsé-quence,uneaugmentationdupoidsdesanimauxépargnés compte tenu des disponibilités en res-sources alimentaires plus importantes. Les pre-miers résultats montrent que les populations decervidés fonctionnent différemment sur les deuxzones.Lesindicateursévoluentdemanièrerégu-lière et globalement positive dans la zone sansloup,etdemanièreirrégulièreetnégativedanslazone avec loup. Dans la ZPP, quatre types debaisses ont ainsi été constatées :•baissedupoidsdeschevrillards(2002),desfaonset des biches (2003) ;• baisse de l’impact sur la flore ;• baisse des effectifs de chevreuils ;•baissedeseffectifsdecerfs,uniquementaucœurde la zone avec loups.Danslazonesansloup,onrelèveunecertainesta-bilitédesindicateursrelatifsàlamassecorporelleetàlapressionsurlaflore.Enrevanche,onconstateune légère augmentation des effectifs, a priorisans répercussions pour le moment sur la massecorporelle.L’exempleduchevreuilComptetenudel’historiquedesdonnéesetdelaprédation avérée du loup sur cette espèce pré-sentesurlesdeuxterritoires,lesrésultatsicimen-tionnés ne concernent pas l’espèce cerf.a) Plan de chasseDanslazonedeprésenceduloup,lesattributionsduplandechasseontchutéde50%en5ansavantde se stabiliser à un seuil très bas. Dans les zonessans loup, les attributions augmentent. Par ail-leurs, l’écart entre les attributions et les réalisa-tions est plus important dans la zone avec loupsque dans la zone sans loup. A cela plusieurs rai-sons peuvent être invoquées : baisse desAppareil de mesure des pattes de chevreuil inventé par la FDC de la Drôme.Les loups s’en prennent aux grands cervidés lorsqu’ils sont en meute.uPhotosMaloryRandon/FDCDrome40 44 Loup Drome_Mise en page 1 13/05/13 00:19 Page3
  3. 3. DOSSIER LOUP, Y ES-TU ?L E S A I N T - H U B E R T - MAI/JUIN 2013>>>42upopulations évidemment mais aussi plans dechasse mal évalués et souvent trop élevés, ani-maux devenus plus méfiants.b) Les indices de pression sur la floreCes relevés sont effectués depuis 2001 sur unepartiedelaZPP(MassifduRoyansetduVercors)et,depuis2007,surundesmassifsdelazonesansloup(MassifdeSaou).Ilsmettentenévidencequeles indices d’abroutissement et de consomma-tion présentent une tendance inverse. Ils sont àla baisse dans la zone à loups et à la hausse danslazonesans.Puisquelesonguléssontmoinsnom-breux, l’abroutissement diminue.c) Poids des chevrillardsDans la zone de présence du loup, et contraire-ment à l’hypothèse de départ, toutes les valeursenregistrées après 2002 et 2003 restent infé-rieures au seuil le plus bas de l’année 2002, tan-disquelepoidsdanslazonesansloupresterela-tivement stable sur la totalité de la période.ÉTUDES ET ESSAISCette étude, financée par la FDC de la Drôme, a été conduite parMalory Randon, technicienne, dans le cadre d’une formation au sein del’École pratique des Hautes-Etudes de Montpellier, sous la directionscientifique du Dr Ricci de l’Institut méditerranéen du Patrimoinecynégétique et faunistique, et sous la direction du professeurGuillaume de l’Université de Montpellier. De son côté, Joël Mazalaigue,administrateur de la FDC de la Drôme et ancien professeur demathématiques, s’est essayé à évaluer l’évolution de la population deloups en France et ses conséquences économiques.En tenant compte du fait que les projections pour 2013-2018 ont étéétablies sur la base d’un taux de croissance résiduel moyen annuel de12,5 %, modeste par rapport au taux de croissance médian de 19 %constaté entre 1997 et 2012, il est possible d’estimer la population deloups à près de 500 individus en 2018.Avec le taux résiduel de progression de 19 %, la population serait deplus de 700 individus.Cela veut dire que, en hypothèse moyenne, les attaques de troupeauxpasseraient à plus de 3 000 par an et concerneraient plus de 12 000animaux domestiques. Le coût des indemnisations dépasserait alorsles 4 millions d’euros et celui de la protection des troupeaux bondiraità plus de 35 millions.d) StressL’absence de prise de poids des chevreuils dansla ZPP met en évidence l’impact du stress causéparlaprésenceduloup.Lesonguléssontplusin-quietsetsurladéfensivemêmeenpériodedere-cherche de nourriture. Cela engendre une pertede poids qui, si elle se prolonge, peut affecter lafécondité des chevrettes (avortement) et hypo-théquersérieusementleschancesdesurvieses-tivale et hivernale des jeunes nés de chevrettesfragilisées.Lespointsessentiels decetteétude1.Laprédationduloupadeseffetsdirectsavérés.2. La topographie et la végétation augmententles probabilités et les chances de prédation.3.Laprésencedetroupeauxdomestiquesfacilitel’installationduprédateurmais,d’unemanièregé-nérale,lescervidésconstituentlesproiesdepré-dilectionetleurprésenceenbonnedensitéestunfacteur favorisant.4. Un loup en phase de colonisation est généra-lement en présence d’une faune sauvage moinsvigilante.Laprédations’exercedoncsurtoustypesd’animauxdetaillemoyenne(jeune,adultes,vieux,mâleoufemelle,maladeouenbonnesanté)avecune consommation unique (4 à 5 kg) sans aucunretour sur la proie.5. En meute, les besoins énergétiques augmen-tant,lesproiessélectionnéesserontdetaillesplusimportantes(cerf).Lesretourssurcarcassesde-viennent plus fréquents et les proies sont entiè-rement consommées.6.Laprésencedesprédateursinduitdenombreuxeffets indirects difficilement quantifiables, maisdont la gestion future devra tenir compte. Lesproies subissent un stress chronique. Elles sontcontraintes à redoubler de vigilance et doiventchercher en permanence de nouveaux secteursdetranquillité,endépitdelaqualitédesressourcesalimentaires.7. Ces nombreux efforts ont des conséquencesnon négligeables sur leur masse corporelle, surLesonguléssontsurladéfensivemêmeenpériodederecherchedenourriture40 44 Loup Drome_Mise en page 1 13/05/13 00:19 Page4
  4. 4. MAI/JUIN 2013 - L E S A I N T - H U B E R T43PhotosMaloryRandon/FDCDromeMalory Randon, entrain d’examiner uncadavre dévoré par lesloups. Les traceslaissées dans la neigepermettent decomprendre lastratégie adoptée parles prédateurs pourattraper leur proie.leurétatphysiologiqueetleursurvie,notammenthivernale :• de la qualité et de la tranquillité du site va dé-pendre le poids des animaux,• du poids (seuil déclencheur) va dépendre l’en-trée en œstrus chez les femelles,• du poids va dépendre la survie de la mère auxdépens du jeune (avortement),•dupoidsdelamèrevadépendrelepoidsdenais-sance du jeune,• du poids de naissance du jeune va dépendre sapropre survie estivale et hivernale,•delasurviedujeunevadoncdépendrelerenou-vellement de la population.Au vu de ces résultats, il est important de pour-suivre cette étude. La FNC vient d’apporter sonsoutienfinancier.LaFDCdelaDrômevadoncpou-voirétendresesindicateursdechangementséco-logiquesàtoutledépartementdemanièreàmieuxappréhenderlestendancesévolutivesdespopu-lations d’ongulés sauvages.Alain Hurtevent,président de la FDC de la Drôme40 44 Loup Drome_Mise en page 1 13/05/13 00:19 Page5
  5. 5. DOSSIER LOUP, Y ES-TU ?L E S A I N T - H U B E R T - MAI/JUIN 2013>>>44Comment déceler la présence du loup ?SUR LE TERRAINMalory Randon, technicienne à la FDC de la Drôme, travaillesur le loup depuis 2003. Elle nous donne ici quelqueséléments pour déceler la présence du loup sur un territoire.Premierconseil :s’inscrireàlafor-mation loup proposée par le “ré-seaugrandsprédateurs”del’ONCFSpar l’intermédiaire de votre DDT.Deuxième conseil : profiter desjours de neige pour effectuer dessorties sur le terrain.1) Bien connaître ses populationsdegibierpermetdedécelertrèsra-pidement une baisse des effectifs(ou une modification du compor-tement)etdoncd’envisagerlapré-sence du loup si toutes les autres causes sontécartées (maladies et facteurs climatiques no-tamment). Cela permettra aussi d’affiner le plustôt possible les plans de chasse pour “peut être”aider les espèces d’ongulés à se rétablir plus ra-pidement.2) Cela se confirmera sur le terrain par la décou-verted’unouplusieurscadavres.Laprincipaledif-ficulté est alors de distinguer l’attaque d’un loupde celle d’un chien. L’attaque du loup est rapideet propre (rapport dépenses/énergie) en moinsde 100 mètres. On pratique une autopsie en dé-coupantlapeauauniveauducoucarc’estlàquele prédateur attrape ses proies. La morsure estnette,portantseulementdeux(quelquesfoisqua-tre) trous des crocs à la gorge, plutôt en dessousdes oreilles. C’est relativement facile à détermi-nersilecadavreestretrouvépeudetempsaprèsl’attaque.Ilfautregarderensuitecommentlaproieestouverte(peauretournéeenchaussette,pro-prementécorchée,osbrisés,panseàproximité…)etlaquantitédeviandeconsomméequidétermi-neralenombredeprédateurs.Sivousarrivezmoinsde12heuressuruncadavredebicheentièrementconsommé,ils’agittrèscertainementdel’œuvredeplusieursloups.Après48heures,l’autopsiede-vientcompliquéecard’autresprédateursontpro-fité du cadavre (renards, corvidés, sangliers…).L’attaque d’un chien est quant à elle plusbrouillonne. Il mord souvent sa proie à plusieursendroits,auxpattes,auventre,finalementaucouqui en sortira véritablement broyé, mâchouillé.3) Lorsque le loup est seul, il va prélever 5 à 10 kgsur sa proie. En meute, il n’en restera rien hormislesqueletteetlapeauretournéeenchaussettes.Généralement, la tête de l’animal est intacte (sid’autresprédateurstypecorvidésnesontpaspré-sents). Dans le cas du chien, la proie est mangéemoins proprement, peau comprise.4)Uneempreinteseulenesuffitpasàdifférencierleloupd’unchien.Lesdeuxanimauxpeuventavoirlamêmetailleauniveaudesempreintesetlemêmeempattement (distance entre trois empreintes).Un chien marchant au pied de son maître peutavoir, sur une courte distance, le même aligne-ment à la marche qu’un loup.C’est pourquoi, il faut pouvoir suivre la trace surplus de 200 m pour apprécier la trajectoire plusrectiligne d’un loup. Ce sera donc d’autant plusfacile par temps de neige.Malgré tout, lorsque les premiers effets sontconstatés, cela veut dire que le loup est déjà surle territoire depuis au moins deux ou trois ans !Contact : randon@chasseurs-drome.frMorsure propre à lagorge et tracesspécifiques dans laneige permettentd’identifier la présencedu loup.40 44 Loup Drome_Mise en page 1 13/05/13 00:19 Page6

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