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Coûts
Matériaux et équipements : 63 000 €
Main d’œuvre : 12 600 €
Le coût total s’élève à 75 600 € (soit 800 € /
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Une maison familiale faite de bois non équarri, de paille, d’argile et de chaux.

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  1. 1. 92 Une maison familiale faite de bois non équarri, de paille, d’argile et de chaux. Pentiddy fait partie intégrante du mode de vie qu’Ele et Anthony Waters ont choisi pour leur famille. Après plusieurs années vécues en mobil-home, leur foyer a été conçu et construit en cohérence avec leur activité de gestion des ressources agroforestièresenvironnantes.Aveccettemaison,ilsontvouluexpérimenter l’auto-construction mais, plus globalement, témoigner de leur attachement au respect de la nature dans laquelle ils ont prélevé les matériaux. Présentation Pentiddy Chronologie Achat du terrain en 2001. Création d’un domaine forestier de 2001 à 2003. Obtention du permis de construire en 2009. Abattage des arbres en 2010. Construction de 2011 à 2013. Truro Exeter Pensilva Façade Sud - Photo © Celia Robbins - CSBT
  2. 2. 2 Contexte Pour les maîtres d’ouvrage, Pentiddy est un projet à long terme qui leur a permis d’atteindre deux objectifs : vivre des ressources de la terre et construire une maison de famille. Ils partagent le même engagement vis-à-vis de la terre du lieu, qu’ils ont cherché à préserver et améliorer, notamment en appliquant les principes de la permaculture dans les espaces cultivés, autour de la bâtisse. Ils assurent leur subsistance grâce au travail du bois «  vert  » destiné à la construction. Mais ils ont aussi créé des ateliers de sensibilisation au développement durable et un centre pédagogique sur le bois. Leur histoire s’est déroulée entre l’année 2001, avec l’achat de 10,92 ha de terre, et la période de Noël 2013, où ils ont emménagé dans leur maison, avec leurs deux enfants. Les principes qui ont régi la conception de leur habitation ont été  : l’utilisation, autant que possible, de matériaux prélevés sur le lieu même du chantier  ; la résistance du bâtiment vis-à- vis des changements climatiques annoncés  ; l’indépendance énergétique (sans raccordement au réseau d’électricité) ; et la possibilité de réaliser les travaux en auto- construction, avec l’aide d’amis et de bénévoles. Le savoir-faire qu’Anthony a acquis professionnellement dans la mise en œuvre de bois « vert », c’est-à- dire des bois abattus récemment et non ressuyés, a aussi influencé les arbitrages sur les systèmes constructifs. Plan © Anthony Waters N
  3. 3. Collectif franco-britannique Libnam3 Système constructif Pentiddy est une maison de 95 m² en forme de « L », orientée quasiment plein sud, afin de profiter au maximum de la vue et de l’ensoleillement. Un espace de vie ouvert a été positionné au rez-de-chaussée, les trois chambres et la salle de bain étant placées à l’étage. L’aménagement des pièces est conçu pour permettre à la chaleur de circuler naturellement à partir d’un poêle à bois placé au centre de l’habitat, auquel s’ajoute un petit radiateur d’appoint. La maison dispose de dalles en granit, sur lesquelles prend appui une structure en bois, sous forme de triangulation du sol jusqu’au sommet du bâtiment. Le bois utilisé pour cette structure est d’origine locale et n’a pas été équarri (voir détail dans le focus technique). Des bottes de paille d’orge et d’avoine, de dimension 100 x 50 x 35 cm, très compactes et récoltées spécialement pour la construction, occupent l’essentiel du volume des parois extérieures. L’enduit extérieur à la chaux hydraulique a été formulé sur site, appliqué sur la paille, préalablement recouverte d’une natte de roseaux comme support d’accroche. Surrecommandationsdechercheurs universitaires, un bardage en mélèze incluant une lame d’air a été fixé sur l’étage supérieur, afin de protéger l’enduit à la chaux de la frappe de la pluie, très importante dans le climat cornouaillais. L’étage inférieur est protégé sur toute la longueur de la façade par une véranda. A l’intérieur du bâtiment, un corps d’enduit en argile a été appliqué, à base de terre extraite du chantier, recouvert d’un enduit de finition Stockage de la paille - Photo © Anthony Waters
  4. 4. www.libnam.eu 4 Focus technique : Une ossature triangulaire en bois non équarri La structure bois comporte des arbalétriers de type « full cruck », c’est-à-dire en triangulation du sol jusqu’au faîtage. Il s’agit d’un mode constructif utilisé depuis le Moyen Âge, essentiellement en Angleterre, même s’il en existe quelques vestiges dans la région française du Limousin. La structure principale est réalisée en troncs de mélèze simplement écorcés (non équarris) provenant du site de Stara Woods, près d’Upton Cross. Ces troncs sont assemblés selon la technique dite « butter pad «, qui consiste à tailler un embrèvement équarri suivant le plan d’intersection des pièces à assembler. Les fermes également en terre. La toiture est recouverte en ardoise naturelle récupérée. La pente du toit principal et de l’appentis attenant a été calculée de façon à optimiser la production solaire. Le toit et le sol sont isolés avec de la ouate de cellulose (Warmcel). La maison n’est pas reliée aux réseaux d’eau et d’électricité. La famille utilise du bois pour le chauffage, une petite éolienne (Air 403) et des panneaux solaires d’une puissance de 250 W pour ses besoins en électricité. Elle préfère adopter un mode de vie sobre en énergie plutôt que d’augmenter sa production de kilowattheures. La maison dispose de toilettes sèches à compost, à l’extérieur, afin de réduire les consommations d’eau. L’eau de pluie est récupérée dans une grange attenante avant d’être utilisée pour le lavage. Les eaux grises sont traitées par un système de phyto-épuration. Assemblage en « butter pad » - Photo © Anthony Waters
  5. 5. Collectif franco-britannique Libnam5 ainsi triangulées contreventent les portiques latéralement. Ces portiques sont ensuite reliés entre eux par lisses, sommiers et sablières, également assemblées en «butter pad». Utiliser des bois non équarris a permis d’utiliser les grumes disponibles localement : leur faible diamètre, insuffisant pour scier des sections adaptées aux contraintes subies par la structure, n’est plus rédhibitoire dès lors que la fibre du bois reste intacte car elle est bien plus résistante aux sollicitations. Cette conception de la structure principale, en portiques sur dalles de granit, est également un moyen très simple de compenser la pente naturelle, puisque les bases des arbalétriers et des poteaux d’angle forment des pilotis et surélèvent le niveau du rez-de-chaussée, avec l’avantage de permettre une excellente ventilation (en Cornouailles comme en Bretagne, ce mode constructif apporte une excellente remédiation aux problématiques des remontées capillaires et du radon). Une structure secondaire en douglas vient ensuite constituer les surfaces et lignes planes permettant de recevoir pannes et chevrons de toiture, solivages et planchers, cadres de menuiserie, liteaux de bardage et bottes de paille... Elle complète, de surcroît, le contreventement longitudinal. Le douglas est lui aussi de production locale (St Neot), livré en grumes. Il a été équarri sur site Portique en « full cruck» - Photo © Anthony Waters
  6. 6. www.libnam.eu 6 Freins et leviers Ele et Anthony considèrent leur maison comme un bâtiment expérimental. Le chantier leur a permis de comprendre l’origine de certaines difficultés techniques, d’apprendre à gérer des délais contraints et des aléas météorologiques. Ils ont privilégié l’expérience plutôt que l’intervention d’experts trop coûteux et transmettent désormais leurs savoirs et savoir-faire, à l’occasion de journées portes ouvertes. La maison est conçue pour résister au climat des Cornouailles, mais la météo a souvent impacté le déroulement des travaux. A l’automne 2011, par exemple, il a été décidé de reporter la mise en œuvre de la paille, bien que celle- ci avait déjà été livrée. Le risque de subir les intempéries à l’approche de l’hiver était trop élevé alors que l’équipe de pose n’était pas encore opérationnelle. Cela a nécessité de conserver la paille au sec plusieurs mois. La chaux ne pouvant être employée par temps froid, le report permettait aussi d’appliquer l’enduit de finition au printemps. Cependant, lorsque la pose des bottes de paille a réellement débuté, en avril 2012, une pluie d’ampleur exceptionnelle s’est abattue sur le site. Il a alors fallu protéger les stocks de paille ainsi que les ouvrages déjà réalisés, pour garantir l’intégrité du matériau. La météo est une contrainte importante dans la mise en œuvre de matériaux d’origine végétale, surtout dans les régions humides. L’une des grandes difficultés du chantier a été la gestion du calendrier, pour chacune des phases de travaux, y compris pour l’écorçage du bois, la pose des bottes de paille, l’application des enduits à la chaux et à l’argile. La disposition en forme de « L » s’est avérée réussie, mais elle a engendré des points de complexité pour la charpente et la couverture. par un scieur mobile, ce qui permet d’optimiser les sections en fonction des besoins spécifiques. Les assemblages ont été chevillés par des chevilles en chêne pour la plupart, à l’exception des sablières qui ont été assemblées et serrées au moyen de boulons de charpente. Les travaux d’élévation de la charpente ont débuté le jour du solstice de printemps, en 2011. La mise en œuvre de la charpente s’est déroulée un week-end venteux du mois de mai de la même année, avec l’aide d’une quarantaine de bénévoles. L’équipe de travail a soulevé et positionné la charpente à l’aide de chèvres et de treuils, retenus par des véhicules. Anthony et Ele ont appris à connaître ce type de construction auprès de Ben Law, un expert de la construction en bois vert, qui a rédigé plusieurs ouvrages à ce sujet.
  7. 7. Collectif franco-britannique Libnam7 L’hiver 2013-2014, de nombreuses tempêtes ont traversé la région, comme en Bretagne, sans qu’aucun sinistre n’ait été à déplorer. Le système constructif a fait preuve de stabilité. Performances globales L’obtention d’un permis de construire hors centre-ville Au Royaume-Uni, l’organisme qui délivre le permis de construire freine la construction de maisons neuves en dehors des bourgs et centre-ville. Exercer une activité en lien avec le monde agricole peut permettre de bénéficier d’une dérogation à cette réglementation. Initialement, Anthony et Ele étaient parvenus à faire valoir ce principe dérogatoire et avaient obtenu une autorisation temporaire d’occupation du terrain, valable 5 ans. A la fin de cette échéance, ils essuyèrent un refus des autorités pour la délivrance d’une autorisation permanente, ne pouvant justifier d’une activité agricole au sens conventionnel. Ils parvinrent heureusement à démontrer que leurs seuls moyens de subsistance dépendaient du travail de la terre et des bois environnants, et obtinrent gain de cause. Un projet de production de charbon de bois et des discussions sur place avec des membres de l’administration auront permis de lever les derniers obstacles. Valoriser le bois vert, avec ses formes irrégulières, a nécessité beaucoup de temps. Si c’était à refaire, Anthony remplacerait les pièces de bois brut non visibles par du bois de sciage. Maintenir les murs en bottes de paille, au-dessus des linteaux de fenêtres, a demandé des précautions particulières. De plus, il a fallu beaucoup d’essais pour définir le meilleur mélange concernant les enduits à la chaux. Pour les enduits de finition intérieurs à base d’argile, la terre du site n’était pas très adaptée, il a donc fallu se procurer de la terre auprès d’un distributeur (Clayworks). Intérieur - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  8. 8. 8 Coûts Matériaux et équipements : 63 000 € Main d’œuvre : 12 600 € Le coût total s’élève à 75 600 € (soit 800 € / m², pour 95 m²), dont environ 12 600 € qui seront récupérés par la vente de matériel, y compris la scierie mobile et les échafaudages. Sur le plan énergétique, la consommation d’électricité est minime,puisquelafamilleadapteses besoins à la disponibilité du courant produit sur place. Ses membres utilisent occasionnellement un générateur mais espèrent acquérir une turbine d’occasion et des batteries. Intervenants Conception & gestion de projet : Anthony Waters and Ele Waters Ingénieurs structure : Adams Consulting Règlementations du bâtiment : JHAI Ltd Bois : Stara Wood, Glencross Estate an Pentiddy Granit : carrière De Lank sur la lande de Bodmin Chaux : The Cornish Lime Company, Bodmin Enduits terre : Clayworks, Manaccan,The Lizard Revêtements plafonds : Mark Stanley Paille : John and James Kendall, Tencreek Farm Ardoise : Kenyon Canopy, Saltash Fenêtres : FD Hall & Sons, Liskeard Lien http://pentiddy.blogspot.co.uk/ Intérieur - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne Contact CSBT (Cornwall Sustainable Building Trust) http://csbt.org.uk/

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