2010 06-18 ... la construction du projet professionnel

1 089 vues

Publié le

Colloque de l'AQISEP, Sorel-Tracy, Juin 2010

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
1 089
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
6
Actions
Partages
0
Téléchargements
0
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

2010 06-18 ... la construction du projet professionnel

  1. 1. 2010-06-23 1 La construction du projet professionnel desLa construction du projet professionnel des collégiens : le rôle des ressources professionnelles.collégiens : le rôle des ressources professionnelles. Louis Cournoyer, c.o.Louis Cournoyer, c.o. Professeur (counseling) Section Carriérologie Université du Québec à Montréal Colloque de l’AQISEP Sorel-Tracy, 18 juin 2010 Au menu ce matin …Au menu ce matin … 1. L’évolution de la construction du projet professionnel chez de jeunes adultes. 2. Le rôle des relations sociales des jeunes et celui plus spécifique du personnel enseignant et professionnel. 3. Des voies d’interventions orientantes. L’évolution de la construction du projet professionnel chez de jeunes adultes Résultats d’une recherche à portée pratique Mise en contexte Titre de la recherche  L’évolution de la construction du projet professionnel chez les collégiennes et les collégiens lors des 18 premiers mois d’études : le rôle des relations sociales. Chercheur  Louis Cournoyer, professeur (counseling) et conseiller d’orientation, Université du Québec à Montréal Objectif de recherche  Comprendre l’évolution de la construction du projet professionnel de collégiennes et de collégiens en tenant compte du rôle de leurs relations sociales. Participants  74 participants provenant de 3 cégeps.  3 entretiens individuels menés au cours des 18 premiers mois d’études collégiales.  2 heures environ par rencontre. Différentes constructions de sens ! Projet « existentiel » • Expression manifeste de ses idées, de ses pensées et de ses sentiments pour se faire reconnaître son caractère fondamental, son individualisation ainsi que son appartenance à un groupe (professionnel). Centré sur une représentation perçue ou souhaitée. Projet « d’inclusion » • Regroupement sur la base de l’appartenance à un champ d’activités, de compétences et d’intérêts communs, basés sur la formation, l’expérience et les connaissances approfondies. Centré sur l’intégration d’un corps de métier, d’un groupe, en vertu de l’acquisition préalable de savoirs spécialisés. Projet « fonctionnel » • Action externe à l’individu sur la manière d’être utilisé pour occuper un rôle selon ses caractéristiques et la distribution, l’ordre et la répartition de classes et de catégories d’actions. Centré sur la subsistance ou le statut économique, orienté sur le salaire. Projet « utilitaire » • Rôle ou utilité positionnée socialement, dans un ensemble, un marché ou un système. Dans ce contexte, le projet professionnel se réfère à l’endroit où l’individu se trouve, où il vise à faire quelque chose de non spécifiquement défini, mais répondant comme composante d’un système. Le travail est ici une nécessité, pas un choix de vie. Destination floue ou claire : quel est le problème ? • L’incapacité à formuler une destination professionnelle provoque pour plusieurs un état irritant connoté de manière fortement négative et accompagné de doute, d’hésitation, de flou et de désorientation (Gati, 1986; Forner, 2001). • Certains jeunes manifestent des aspirations trop vastes pour être opératoires alors que d’autres sont trop restrictives et limitent plus ou moins le projet professionnel à l’identification d’un métier (Beaucher et Mazalon, 2003). • Refuser de choisir, c’est se donner une perspective temporelle, favorables à d’éventuelles rencontres, d’éventuels apprentissages ou événements qui pourront mener à un meilleur éclairage pour s’impliquer, s’engager et se responsabiliser (Blesson, 2001). • L’indécision vocationnelle fait partie prenante d’un processus de développement chez les jeunes adultes (Conseil supérieur de l’éducation, 2002). • Apparaître au clair sur son projet peut n’être qu’un alibi servant à se conforterau sein d’un systèmesocial (Boutinet, 2005).
  2. 2. 2010-06-23 2 Présence ou absence de démarches : quel est le problème ? • Les périodes de transition, dont celle des études secondaires aux études collégiales se jouent sur plusieurs plans (nouvelles exigences académiques, construction d’un nouveau réseau social, adaptation à de nouveaux horaires, nouvelle autonomie au sein de l’institution, etc.), et peuvent engendrer beaucoup de stress (Tremblay et al., 2006). • L’expérience d’intégration à un nouvel établissement scolaire peut constituer initialement une épreuve conduisant les collégiennes et les collégiens à renégocier par la suite leurs choix scolaires et professionnels (Doray et al., 2003). • Le discours social prônant l’obsession d’être en projet planifié par des planification d’objectifs, des tâches, des échéances et des procédures peut influencer peut jouer sur le sens accordé à la démarche (Boutinet, 2005). Qu’est-ce qu’un projet professionnel ? Construction de sens, plus ou moins claire et articulée, issue d’interactions continues entre soi et le monde, manifestant un souci d’inscription dans un espace social, sous la forme d’une activité de production utilitaire. Évaluer la situation de la personne en projet RÉPONDRE PAR DES QUESTIONNEMENTS DE « SURFACE » Recueillir Décoder Analyser Comprendre Quel est l’état de « direction » du projet ? Direction claire ? Direction floue ?  Destination affichée ? …… Destination inexistante ?  Forme déterminée ? ……. Forme indéterminée ?  Sens exprimé ? …… Sens recherché ? Quel est l’état de « démarche » du projet ? Présence ? Absence ?  Mouvement opéré ? ……. Mouvement abstenu ?  Actualisationprésente …… actualisation passée, éventuel ?  Intentionnalité dirigée ? ……. Intention errante ? Évaluer la situation de la personne en projet Direction floue ……………… …… Direction claire Pour le moment j’sais pas ce que j’veux faire. […] j’trouve que c’est intéressant juste d’apprendre pour apprendre, sans nécessairement avoir de but, c’est bien. (Jessica-3) Destination Pour être professeur en histoire au secondaire. […] J’espère être dans une école secondaire en train d’enseigner là. (Maxime-1) …. Je – Intention - Objet La seule chose que je savais, c’est que je voulais m’en aller en sciences humaines parce que les 150 jobs que je peux penser faire c’était là-dedans. (Philippe-1) … forme indéterminée circonscrite, indéterminée vide, indéterminée surenchérie. Forme Devenir travailleuse sociale en département d’oncologie. (Annabelle- 1) … profession, secteur, domaine, milieu. Aller à l’université. […] j’ai envie d’avoir un emploi qui m’intéresse je ne paierai pas pour aller à l’université sans être certaine de qu’est-ce que je veux faire. […] une job qui te passionne, quelque chose que tu tripes tout le temps, premièrement. (Roxanne-3) Sens Bien, j’aime bien l’actualité. J’aime savoir qu’est-ce qui se passe dans le monde, autour de moi. Fait que c’est ça qui motive ce choix-là. (Cédric-1) Évaluer la situation de la personne en projet Direction absente …………………… Démarche présente J’ai en masse le temps d’y penser […] Je ne suis pas quelqu’un qui vit dans le futur. […] Pour l’instant, ça va bien, donc je ne commencerai pas à m’inventer des problèmes pour trouver des solutions dans le futur là. (Véronique-3) J’t’allée en désintox, j’t’allée en Centre d’accueil, j’ai eu des rencontres avec les travailleurs social. Fait que j’suis pas mal dans c’te monde-là depuis longtemps. J’ai quand même de l’expérience, pis j’ai vu comment ça marchait(Rosalie-1) J’savais pas en quoi m’en aller pis fallait absolument que j’aille au cégep pour pouvoir rester à la maison chez- nous. Donc, j’me suis inscrite en n’importe quoi. (Rosalie-1) Mouvement Actualisation Intentionnalité J’m’informe auprès de ma mère, vu qu’est déjà éducatrice là. Mais les profs nous en parlent tellement en technique… […] J’me suis déjà renseignée sur des programmes pour aller(Amélie-3) Le congrès du Parti (XX) […] j’ai des propositions assez intéressantes à faire passer. Une expérience grandissante. […] réussir à contribuer pour quelque chose, à la société… (Olivier-2) Mon objectif mettons c’était de découvrir le plus de volets possibles des sciences humaines, pour savoir en quoi j’voulais m’inscrire. Donc, j’ai découvert encore plus psychologie pis j’ai eu un cours de recherche, donc j’ai découvert plus la recherche. (Olivier-3) Évaluer la situation de la personne en projet … sous 2 axes.
  3. 3. 2010-06-23 3 Évaluer la situation de la personne en projet … sous 2 axes. Évaluer la situation de la personne en projet … sous 2 axes. Évaluer la situation de la personne en projet … sous 2 axes. Évaluer la situation de la personne en projet … sous 2 axes. Le rôle des relations sociales des jeunes et celui plus spécifique du personnel enseignant et professionnel. Le rôle des relations sociales Acteurs de SOUTIEN  Toujours présents, peu importe la situation.  Accessible au besoin, fiable, rapide.  Aide, soutien, encouragements, reflets et appui sans jugement.  Relations normées; convergence des ressources et des informations. Acteurs de MOBILISATION • D’abord sollicités, lorsque les liens forts ne suffisent plus. • Décisions, organisation, démarches. • Conseils, information, éclairage et stimulation de l’action. • Nouvelles perspectives, confrontation, stimulation, officialisation. Liens forts Liens faibles Proximité …………………… Crédibilité ………….............. Instrumentalité Famille proche Amis intimes Relations amoureuses Famille élargie Connaissances Personnel professionnel
  4. 4. 2010-06-23 4 Le rôle des ressources professionnelles du collège 1. Une aide à la navigation immédiate 2. Des avis d’expérience et de compétences 3. Une aide mobilisante (parfois démobilisante!) Le rôle des ressources professionnelles du collège Une aide à la navigation immédiate Fait que faut que j’aille voir mon API pour y demander là, parce que j’veux vraiment m’en aller là-dedans. (Marjolaine-2) C’est ça que l’orienteur m’a conseillé parce qu’y dit : « On va voir vraiment si tu vas aimer ça, avant de te donner des cours de biologie, pis de matières… de mathématiques avancées là ». C’est deux préalables à la psychologie. (Camille-2). Les actions portées sur la construction du projet professionnel implique une gestion dans l’immédiat: agencements d’horaire, de cours, de programmes, d’établissements de manière à maintenir dans le présent le cap d’un chemin vers un futur anticipé. Le rôle des ressources professionnelles du collège Des avis d’expériences et de compétences Il nous informe dans notre cours de toute façon de ses faits vécus, de ça. Qu’est-ce qu’il a fait lui? Lui aussi il en a fait un bac en comptabilité et un en droit. Je me suis informé un petit peu sur les conditions. Je lui en parle un petit peu. Mais je l’entendais puis j’écoutais… […] (Julien-3) Je pensais aussi aller voir l’orienteur du cégep pour voir pour le côté plus psychologique […] Mes priorités? Connaître le plus de choses possibles. Pouvoir ne pas être stressée. (Daphnée-3) Lorsque jugés crédibles aux yeux des collégiens, les professionnels des collèges sont consultés pour leur compétence au regard du contenu transmis, mais également pour leur propre expérience professionnelle. Le rôle des ressources professionnelles du collège Une aide mobilisante (parfois démobilisante) Je suis allée voir l’orientatrice […] elle me connaît quand même beaucoup, fait que ça l’aide. (Marjolaine-3) Parce que mon prof est écœurant. […] Je ne manquerai pas un cours de psycho même pour aller magasiner. Pour 550 $ qu’il m’aurait donné, je ne manquerais pas un cours de psycho. (Emmanuelle-2) Bien j’y ai été mais ça n’a pas été fructueux. […] c’est plus moi qui vas falloir qui fasse des recherches, tu sais, de mon côté là. Savoir un petit peu, m’informer les descriptions de tâches. (Maude-2) Le rôle des ressources professionnelles ne porte pas uniquement sur un service techniquement rendu, mais également sur un accompagnement personnalisé collé sur la réalité, les attentes et les besoins spécifiques des collégiens. Qu’est-ce que l’on peut faire ? Des voies d’interventions orientantes
  5. 5. 2010-06-23 5 La latence : une situation d’attente et d’espoirs. MANIFESTATION VOIES D’INTERVENTION • Un tiers des jeunes qui entrent aux études collégiales. Tend normalement à être moindre au fil des sessions d’études. • Énoncés-clés : J’attends, j’espère, je ne sais pas, je n’ai pas nécessairement à savoir ou je refuse de le savoir. • Manifestation : absence de sens, sur le plan cognitif, pour toute détermination et action portées envers la construction d’un projet professionnel. • Peut également être une rationalisation de l’inaction : vacuité volontaire. • Faciliter l’accès à une situation d’exploration ou de fixation. • Évaluer les « nœuds » possibles au plan du fonctionnement psychologique : comment fonctionne le jeune au plan cognitif, affectif, comportemental, etc. • Bilan et transfert de compétences : soi- carrière. • Développer le sentiment d’efficacité personnelle du jeune pour améliorer sa perception de lui-même et du monde. • Attention aux projections des valeurs du conseiller (ex.: il faut être en action!). L’exploration : une situation activement vagabonde. MANIFESTATION VOIES D’INTERVENTION • Situation la plus rarement identifiée. • Énoncés-clés : Je souhaite éventuellement porter une destination professionnelle claire, mais entretemps je choisi de poser des actions volontaires, progressives et concrètement dirigées sur la construction du projet professionnel". • Détermination à poser des actions concrètement dirigées sur leur projet professionnel pouvant être bénéfiques, mais également à risques (bricolages, essais-erreurs, improvisation). • Accompagner le jeune vers l’identification (la fixation) de destinations professionnelles pertinentes. • Profiter de la mobilisation cognitive et comportementale: « coacher » la personne par une aide à l’organisation, la planification et le suivi des démarches. • Appliquer des modèles classiques (cognitif- comportemental et développemental) de prise de décision en orientation (ex.: ADVP). • Assurer une présence soutenue et plus fréquente. • Attention : les meilleures activités n’assurent pas l’apprentissage ; le retour sur l’expérience est essentiel. La fixation : une situation à questionner. MANIFESTATION VOIES D’INTERVENTION • Une majorité de jeunes arrivent en situation de fixation sans avoir préalablement avoir vécu un état d’approfondissement, même parfois d’exploration. • La fixation est 5 fois plus souvent préalable à l’approfondissement que l’inverse : il faut avoir une destination professionnelle identifiée pour se mobiliser. • Énoncé-clé : Je sais où je m’en vais, j’ai fait ce qu’il y avait à faire et maintenant j’attends que le temps passe, que les choses se structurent, se mettent en place afin que je puisse réaliser mon projet professionnel. • Manifester un esprit critique face à l’apparence de projet clair et réglé. • Considérer la présence de blocages sur fond d’insouciance, de refus volontaire ou la peur à ouvrir une boîte à pandore remplie de risques liés à la confrontation d’un projet trop fragile. • Intervenir au plan de la validation du choix : test réalité, « check-list », confrontation soi- caractéristiques de la destination professionnelle envisagée. • Attention à ne pas invalider, infantiliser, faire vivre un sentiment d’incompétence. Travailler sur une perspective de « construction » vers une plus grande certitude. L’approfondissement : une situation confirmatoire. MANIFESTATION VOIES D’INTERVENTION • La contrainte temporelle (ex.: choix nombreux et rapides), ainsi que le discours social et institutionnel environnant facilite un accroissement important de jeunes en situation d’approfondissement lors de la troisième session d’études collégiales. • Énoncé-clé : Je souhaite poursuivre des actions me permettant de mieux cerner, discerner, distinguer, appréhender ou encore comprendre la destination professionnelle que, pour l’instant, j’envisage. • Encourager la poursuite de démarches plus approfondies. • Reconnaître et encourager l’affirmation de l’autonomie du jeune dans ses démarches. • Maintenir un regard critique sur des enjeux de fonctionnement psychologique liés à l’insécurité, aux exigences élevées, etc. • Travailler sur des insécurités ciblées, par de l’information personnalisées (contingentement, mythes et réalités, conditions d’admission), de stratégies d’accès aux programmes d’études ou carrières envisagées, de matrices de décisions ou encore l’approfondissement de thèmes davantage lié au fonctionnement psychologique de la personne. Un sincère merci !Un sincère merci ! Louis Cournoyer Professeur (counseling) Université du Québec à Montréal (UQAM) Pour me rejoindre : cournoyer.louis@uqam.ca (514) 987-3000, poste 3994

×