UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL                            FACULTÉ DE L’ÉDUCATIONLes pratiques professionnelles de conseil...
Table des MatièresRemerciements……………………………………………………………………………………..4Liste de figures……………………………………………………………………………………..5Liste...
4.6. Éthique de la recherche………….………….……..…………………………………....…555. Analyse des résultats………...…………………….…….……………………………………56  ...
Remerciements       Il va sans dire que d’entreprendre un travail d’une telle envergure ne relève pasdes efforts d’une seu...
Liste des figuresTableau 1. Les facteurs de vulnérabilité associés aux troubles psychopathologiques de            l’enfant...
Liste des abréviations, des sigles et des acronymesC.O.    Conseiller d’orientationEHDAA   Élèves handicapés ou en difficu...
IntroductionLa réussite scolaire est une préoccupation prioritaire pour le milieu de l’éducation et pour lesinstances mini...
il faut considérer que 50% des jeunes TDAH le resteront à l’âge adulte et que leurcapacité à s’adapter à ce symptôme va dé...
scolaire qui touchait en 2008-2009, deux élèves sur cinq qui ne terminent pas leurs étudessecondaires dans le délai de cin...
en sorte que 2% seulement des jeunes TDAH ont un diagnostic et peuvent bénéficier desaménagements et accommodements possib...
1.1.1 Conséquences scolairesLes études semblent confirmer que 3 à 6% d’enfants d’âge scolaire souffriraient d’untrouble du...
exprimer leurs frustrations devant leurs échecs et leur incapacité à répondre auxexigences de performance du milieu scolai...
au fait d’être rabaissé par les commentaires de l’entourage du jeune à son égard, ce quilui reflète continuellement ses éc...
seront plus ou moins difficiles selon que le jeune aura été diagnostiqué en bas âge ou nonet s’il aura eu la possibilité d...
l’utilisation de drogues est souvent constatée. Siaud-Facchin (2008) décrit lescomportements de ces adultes souffrant du s...
Le tableau suivant élaboré par Price et Lanto (2001) démontre les facteurs devulnérabilité concernant le TDAH:            ...
que le Surgeon General des États-Unis, l’American Medical Association (AMA),l’American Psychiatric Association, l’American...
Les recherches effectuées sur la persévérance scolaire semblent aussi démontrer que lesyndrome du TDAH augmente les risque...
en: «organisant notamment des activités d’information et d’orientation scolaires etprofessionnelles qui correspondent à se...
1.2.4 Question de rechercheLes difficultés spécifiques qui caractérisent le syndrome du TDAH et leurs répercussionssur : l...
perçu par les autres comme étant causé par les élèves eux-mêmes en étant paresseux, enétant lâches et en manquant de motiv...
les années 1970, l’aspect strictement neurologique du syndrome commence à être remisen question et une distinction devient...
Enfin, dans la version du DSM-IV de 1995, les symptômes comportementaux sontaugmentés au nombre de 18, mais le seuil criti...
non, cela aura un impact significatif sur l’évolution de ce trouble (c.s.Samares, siteinternet).Le déficit de l’attention ...
réfléchir avant d’agir, de dire, de faire est hors de leur contrôle. Comme le mentionneSiaud-Facchin (2008) lorsque l’enfa...
g) Perd souvent les objets nécessaires à son travail ou ses activités                     (par exemple : jouets, cahiers d...
2.2.1. L’hyperactivité brouille les pistes de dépistageLa recension des écrits démontre qu’il existe un risque de confondr...
Il est possible de regrouper les troubles comorbides sous deux catégories distinctes soientles troubles extériorisés tels ...
d’hyperactivité se dissipait avec l’âge (Dubé, 1992). Comme mentionné plus haut, ilserait plus adéquat de parler de diminu...
assumer les coûts sociaux (mesure judiciaire, délits, incarcération, suivi lors de laréintégration sociale, etc.).2.2.4. É...
2.3 Les causesBien qu’un grand nombre de recherches aient été effectuées pour trouver la ou les causesqui seraient à la so...
démontré que les enfants hyperactifs se caractérisent par des antécédents périnataux pluslourds. Les chercheurs citent à t...
qui ne souffrent pas du syndrome, ce qui les empêcherait d’ajuster leur comportement enfonction des situations données.En ...
2.4 Les conséquencesLes conséquences sont grandes sur l’estime personnelle, sur la performance scolaire etsur la qualité d...
un monologue intérieur négatif qui va détériorer progressivement son image qu’il se faitde lui-même. L’enfant met alors en...
De plus, ces jeunes ont de la difficulté à percevoir le danger et ils seraient plus à risque dese blesser en ayant des com...
2.4.3. Sur le plan socialIl serait possible de croire que l’enfant qui souffre du syndrome TDAH soit bien vue desautres po...
2.5 L’interventionPoser un diagnostic apporte son lot de difficulté et ne peut être pris à la légère. Pourpouvoir interven...
2.5.1. MédicaleLorsqu’un diagnostic de TDAH est démontré par l’évaluation, une médication appropriéepeut soulager l’enfant...
Selon Sylvestre (2008), une approche différenciée permettra d’aider plus efficacement lesjeunes.   L’intervention multimod...
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ESSAI EN LIGNE : L'ORIENTATION AUPRÈS DES CLIENTÈLES TDA/H ... SELON MYRIAM FAUVEL

  1. 1. UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL FACULTÉ DE L’ÉDUCATIONLes pratiques professionnelles de conseillers d’orientation œuvrant àl’ordre d’enseignement secondaire régulier auprès d’élèves présentant untrouble du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H) Par Myriam Fauvel Rapport d’activité dirigée présenté à la faculté d’éducation en vue de l’obtention de la maîtrise en orientation profil : carriérologie Juin 2012 1
  2. 2. Table des MatièresRemerciements……………………………………………………………………………………..4Liste de figures……………………………………………………………………………………..5Liste des abréviations, des sigles et des acronymes………………………………………………..6Introduction………………………………………………………………………………………...71. Problématique……………………………………………………………………..…………...8 1.1. Les lourdes conséquences sociales causées par le TDAH …………………………….….10 1.1.1. Conséquences scolaires ……………………………………………………………11 1.1.2. Conséquences psychologiques……………………………………………………...12 1.1.3. Conséquences en termes de coûts sociaux …………………………………………13 1.2. Pertinence scientifique…………………………………………………………………….16 1.2.1. Les recherches scientifiques se poursuivent ……………………………………….16 1.2.2. Le milieu de l’éducation………………………………………………………...….17 1.2.3. Le milieu de l’orientation scolaire et professionnelle………………………………18 1.2.4 Question de recherche……………………………………………………………….20 2. Cadre conceptuel du syndrome du TDAH……….……………………………….………..20 2.1. Historique……………………………………………………………………………..…..21 2.2. Élément de définition conceptuelle du syndrome du TDAH……………………..............23 2.2.1. L’hyperactivité brouille les pistes de dépistage……………………………………27 2.2.2. Troubles comorbides……………………………………………………………….27 2.2.3. Évolution du syndrome à l’adolescence…………………………………………...28 2.2.4. Évolution du syndrome entre les sexes…………………………………………….30 2.3. Les causes………………………………………………………………………………...31 2.4. Les conséquences………………….……………………………………………………...34 2.4.1. Sur le plan individuel………………………………………………………………34 2.4.2. Sur le plan scolaire…………………………………………………………………36 2.4.3. Sur le plan social…………………………………………………………………...37 2.5. L’intervention…………………………………………………………………………….38 2.5.1. Médicale……………………………………………………………………………39 2.5.2. Psychothérapeutique et stratégies éducatives……………………………………...39 2.6. Rôle du conseiller d’orientation en milieu scolaire ……………..…………...…………..41 2.6.1. L’orientation : une pratique en évolution ………………………………………....42 2.6.2. L’orientation s’adapte au besoin aujourd’hui…….……………….……………....43 2.6.3. Rôle du conseiller d’orientation en milieu scolaire et le syndrome TDAH……….45 2.6.4. Intervention carriérologique………...…………………………………..………....47 2.6.5. Intervention en orientation auprès des jeunes TDAH: Une mince littérature scientifique…………………………………………………………………………483. Objectifs de la recherche………...…………….…………………………...…………..…….504. Méthodologie……….……..………………………………………….……………………….50 4.1. Approche de recherche………..…………………………………………………………..51 4.2. Population et échantillonnage…………..……………………………………………...…52 4.3. Instruments de recherche………………..……………………………………………...…53 4.4. Démarche d’entretien………….………..……………………………….……………......54 4.5. Modalité d’analyse des données….…………..………………………………………...…55 2
  3. 3. 4.6. Éthique de la recherche………….………….……..…………………………………....…555. Analyse des résultats………...…………………….…….……………………………………56 5.1. Une clientèle avec ses particularités……….………….…………………………………..57 5.1.1. Déficit d’attention………..…….…………………….………………………..……57 5.1.2. Hyperactivité…………….………..…………….……………………………..……59 5.1.3. Impulsivité……………….…………………………………………………………60 5.2. Impact du TDAH sur la réussite scolaire…………….….……………………………..….61 5.2.1. Retard scolaire….………….…………………….…………………………………62 5.2.2. Rendement scolaire en dessous des capacités…………………………………...…63 5.2.3. Décrochage scolaire…………………………………………………………..…….65 5.3. Impact du TDAH sur le projet de carrière………….….…………….………………..…..67 5.3.1. Estime de soi..….………………….……….……………………...…………….….68 5.3.2. Encadrement adapté……………………….……………………………………..…69 5.3.3. Retard de l’entrée dans un programme de formation menant au marché du travail..71 5.3.4. Perception déformée de la réalité…………………….…………………………..…73 5.3.5. Limitation du choix de carrière…………………………………………………..…75 5.4. Processus d’orientation auprès des jeunes TDAH..………….….……………………..….78 5.4.1. Évaluation des acquis scolaires………………………..……………………………78 5.4.2. Processus d’orientation…………………………..………….…………………...…79 5.4.3. Adaptation de la pratique d’orientation…………………………………..………...81 5.5. Les suggestions et recommandations des c.o……...……….….……………………...…...83 5.5.1. L’importance d’actualiser la formation………….………………………………….84 5.5.2. Manque d’intégration des c.o. au sein des équipes de professionnels…….........…..86 5.5.3. Le manque de temps…………………….………………………………..……...…87 5.5.4. Aborder l’orientation autrement……………...…………………………..………...896. Discussion………………………………...………………………………………………..…..92 6.1. Les similitudes observées………………………………………………………………....93 6.1.1. Les conséquences du TDAH sur les performances scolaires……………………….93 6.1.2. Les conséquences sociales….………………………………………………………94 6.1.3. Les conséquences psychologiques…………………..……………………………...95 6.2. Les divergences observées………………………………………………………………...957. Conclusion………………………………………………………………………..…………...97 7.1. Les apports de cette recherche……….……………………………………………………98 7.2. Les limites de cette recherche………………………………………………...…………...99 7.3. Les retombées de cette recherche…………………………………………….……………99Bibliographie…………………..……………………………………………………………….102ANNEXE 1……………………………………………………………………………………..109ANNEXE 2……………………………………………………………………………………..113 3
  4. 4. Remerciements Il va sans dire que d’entreprendre un travail d’une telle envergure ne relève pasdes efforts d’une seule personne. J’aimerais donc remercier tout particulièrement monépoux, Jean-Luc Bottreau, qui m’a soutenu durant ces longs mois d’écriture. J’aimeraisremercier aussi l’aide inestimable de Nancy Phaneuf et de Claire St-Georges pourm’avoir accordé leurs expertises. J’aimerais remercier aussi Louis Cournoyer pour cesprécieux conseils et pour le suivi qu’il m’a accordé durant l’écriture. Merci d’être sidédié à la poursuite de l’excellence et au rayonnement de la carrière en orientation.Enfin, j’aimerais remercier particulièrement les conseillères d’orientation qui ont bienvoulu participer volontairement à ma recherche. Ce fut un honneur de vous rencontrer.Un immense merci à tous et bonne lecture !Myriam Fauvel 4
  5. 5. Liste des figuresTableau 1. Les facteurs de vulnérabilité associés aux troubles psychopathologiques de l’enfant/adolescent………………………………………………………16Tableau 2. Critères diagnostiques du déficit de l’attention/hyperactivité décrits dans le DS M-IV………………………………………………….23 5
  6. 6. Liste des abréviations, des sigles et des acronymesC.O. Conseiller d’orientationEHDAA Élèves handicapés ou en difficultés d’adaptation ou d’apprentissageMELS Ministère de l’Éducation, du Loisir et du SportMEQ Ministère de l’ÉducationOCCOQ Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du QuébecTDAH Trouble du déficit d’attention et hyperactivitéCAMO Comité d’adaptation de la main-d’œuvreSEMO Service externe de main-d’œuvreTEVA Transition École-Vie Active du CAMOAQETA Association québécoise des troubles d’apprentissageTC Trouble de comportementDEP Diplôme d’études professionnellesDES Diplôme d’études secondairesECC Éducation au choix de carrière 6
  7. 7. IntroductionLa réussite scolaire est une préoccupation prioritaire pour le milieu de l’éducation et pour lesinstances ministérielles qui chapeautent cet objectif. En effet, en 2009, on observe qu’un enfantsur trois abandonne l’école. Les études effectuées en 2009 démontrent que 69% des garçons et78% des filles de moins de 20 ans étaient diplômés. Encore aujourd’hui, le Québec est loin du80% de taux de diplomation visé d’ici 2020 par le ministère de l’Éducation (site internet, Radio-Canada, 2009). En fait, il semble que 28 000 jeunes Québécois ne terminent toujours pasleurs études secondaires chaque année et on peut estimer ces coûts pour la société à prèsde 2 milliards de dollars (site internet, Radio-Canada, mars 2009). À titre d’exemple, en2010 une étude menée auprès d’une commission scolaire de Québec démontrait que 32%des jeunes ont quitté l’école avant 16 ans. De ce nombre, 71% sont des garçons contre33% de filles. Il ressort de ces études que 60% des décrocheurs étaient en adaptationscolaire et éprouvaient des difficultés scolaires (Cyberpresse, octobre 2010, site internet).Depuis l’an 2000, le ministère de l’Éducation a adopté une nouvelle politique concernantl’adaptation scolaire intitulée Une école adaptée à tous ses élèves. Cette politique viseessentiellement la mise en place de moyens afin d’intervenir le plus rapidement possiblelorsqu’il est constaté que le jeune élève éprouve des difficultés d’apprentissage. Le terme« d’élèves à risque» sera adopté par le MEQ pour désigner tout élève qui rencontrecertaines difficultés à l’école s’assurant ainsi que ces élèves peuvent bénéficier de l’aidenécessaire sans qu’il soit un élève handicapé ou en difficulté (MELS, 2007). Lesclientèles qui caractérisent les élèves à risque se regroupent sous trois catégories : lesélèves en difficulté d’adaptation, les élèves en difficultés d’apprentissage et les élèveshandicapés. Dans le cadre de cette recherche, ce sont les élèves souffrant d’un trouble dudéficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qui font partie de la catégorie desélèves en difficulté d’adaptation qui seront visés (fédération des comités de parent, 2010,site internet). Les études ont démontré qu’au moins 3 à 5% des jeunes âgés de 6 et 14 ansseraient atteints par ce trouble. Les garçons seraient trois fois plus nombreux à ensouffrir. Selon les statistiques du MELS, la fréquentation scolaire d’enfants âgés de 4 et16 ans se situe autour d’un million d’élèves au Québec (site internet, MELS, 2008). Ilsemble que chaque classe reçoive au moins un à deux enfants ayant ce trouble. À cela, 7
  8. 8. il faut considérer que 50% des jeunes TDAH le resteront à l’âge adulte et que leurcapacité à s’adapter à ce symptôme va dépendre de leur utilisation de stratégies qu’ilsauront acquises dans leur jeune âge (Sylvestre, 2008).Malheureusement, à la lueur des résultats de la recension des écrits, des donnéesstatistiques récentes exprimant la proportion d’élèves souffrant d’un syndrome de TDAHqui font partie du nombre de décrocheurs ne semblent pas encore disponible en 2011. Parcontre, les études ou les sondages semblent d’accord sur les conséquences reliées auTDAH touchant plusieurs domaines de la vie courante d’un jeune. Devant ce constat, il ya lieu de se questionner sur le rôle que pourrait jouer le conseiller d’orientation pourintervenir et soutenir particulièrement ces jeunes TDAH qui éprouvent de sérieusesdifficultés scolaires. Depuis 2009, la Loi 21 a modifié le Code des professions et donne ledroit aux conseillers d’orientation d’évaluer les élèves en difficulté d’adaptation. Onconstate que le milieu scolaire a un besoin criant de l’expertise que procure la profession.Il reste à voir comment se vit ce changement au sein du milieu scolaire, particulièrementconcernant les élèves âgés de 15 et 17 ans victimes du syndrome du TDA/H au secteurjeune en 2011 et à identifier ce qui est fait et ce qui pourrait être fait par les conseillersd’orientation pour améliorer la réussite et diminuer le décrochage scolaire de ces élèves.1. ProblématiqueLa situation des élèves présentant un trouble du déficit d’attention avec ou sanshyperactivité (TDA/H) est préoccupante. En effet, que ce soit à la maison, à l’école, danssa vie sociale, les dommages causés par le TDAH sur un individu risquent de laisser destraces indélébiles empreintes d’amertume, entre autres envers le milieu scolaire où se vit,la plupart du temps, d’immenses frustrations et incompréhensions qui risquent deprovoquer l’abandon scolaire avant l’âge obligatoire de fréquentation scolaire, soit 16ans. Il est constaté que les conséquences à long terme du manque de dépistage précocedu TDAH chez les jeunes semblent avoir des répercussions sur le décrochage. En effet,Siaud-Facchin (2008) mentionne que près de 50% des élèves éprouvant un TDAHseraient en échec scolaire. Les médias évoquaient déjà la question du décrochage 8
  9. 9. scolaire qui touchait en 2008-2009, deux élèves sur cinq qui ne terminent pas leurs étudessecondaires dans le délai de cinq ans prévu.La clientèle éprouvant des troubles d’attention et/sans hyperactivité est particulièrementciblée par les ministères de l’Éducation, Loisir et Sport, de la Santé et des Servicessociaux et celui de la Famille, Aînés et Condition féminine. En effet, en juin 2000, cesministères rendaient public leur plan d’action sur le trouble de déficit del’attention/hyperactivité (TDAH) intitulé Agir ensemble pour mieux soutenir les jeunes.Un dépliant décrivant les symptômes de ce trouble a été créé, étant destiné aux parents etintervenants qui côtoient les jeunes leur fournit ainsi des outils pour agir concrètement(MELS, 2000).Tous les milieux appelés à intervenir auprès d’un jeune souffrant du syndrome TDAHs’entendent pour dire qu’un dépistage précoce chez l’enfant est essentiel afin de mettre enplace le plus rapidement possible les interventions nécessaires à sa réussite scolaire.Encore aujourd’hui, un manque criant de personnes qualifiées, aptes à reconnaître leTDAH et à intervenir efficacement auprès des jeunes est remarqué. En effet, il estconstaté que par faute de temps et par un manque de disponibilité pour répondre à toutesles demandes, selon le MELS (2000) : « Il peut en résulter de longs délais avantd’accéder à ces ressources, ce qui peut compromettre la mise en place des mesures d’aideadaptées aux besoins de l’enfant et de ses parents (plan d’action du MELS, p.9). » Il estaussi mentionné dans le Rapport du comité conseil sur le trouble du déficit de l’attentionet hyperactivité (2000) que : « les professionnels aptes à soutenir les enseignants, tantdans la reconnaissance précoce d’un TDAH chez les jeunes que dans la mise au pointd’interventions adaptées au problème de ces jeunes, ont peu de disponibilité et les délaispour obtenir du soutien sont longs (ibid, p.14). » Par ailleurs, il semble que l’accès auxressources médicales soit aussi problématique. En effet, plusieurs médecinsmentionnent que la consultation auprès des jeunes ayant un TDAH ou en présentant dessymptômes requiert des connaissances spécifiques du trouble et nécessite beaucoup detemps et d’engagement. Ce qui donne comme résultat que peu de médecins possèdent cesconnaissances et sont disponibles pour ce type de consultation. Toutes ces embuches font 9
  10. 10. en sorte que 2% seulement des jeunes TDAH ont un diagnostic et peuvent bénéficier desaménagements et accommodements possibles dans les politiques de soutien aux élèves endifficultés.1.1 Les lourdes conséquences sociales causées par le TDAHÀ la lumière de la recension des écrits concernant le trouble du déficit d’attention avec ousans hyperactivité (TDAH), les conséquences liées au syndrome du TDAH semblentavoir des répercussions importantes sur la réussite scolaire, le décrochage scolaire et lapoursuite des études. Les conséquences se ressentent aussi d’un point de vuepsychologique puisque dans la plupart des cas, l’estime de soi est touchée. Ce qui sedégage des études de Manuzza (1998) et de Borland et Heckman (1976) qui portent unregard sur le syndrome TDAH et les adultes est que les effets du syndrome peuvent aussiavoir des conséquences sur la réussite en milieu du travail et sur la stabilité de ceux-ci.De plus en plus, les recherches ne se concentrent pas seulement sur l’évolution dusyndrome chez l’enfant, mais plusieurs s’intéressent aux adultes qui souffrent toujours dusyndrome et doivent conjuguer avec celui-ci dans leur vie quotidienne. En fin de compte,un bon nombre de jeunes ayant décroché du système scolaire se retrouvent sur le marchédu travail avec peu de formation et ayant développé peu de stratégies personnelles pourpallier aux multiples symptômes qui, pour tout au moins 50% des jeunes TDAH,poursuivent leur vie adulte avec ce syndrome. Les conséquences affecteraient entreautres la prise de décision, la capacité à bien jauger ses propres forces et faiblesses, àdévelopper sa confiance et l’estime de soi et son sens de la réflexion et d’analyse..Faire un choix de formation et de carrière devient particulièrement ardu pour cesindividus et c’est en fonction de ces limitations qu’un soutien particulier leur estnécessaire. 10
  11. 11. 1.1.1 Conséquences scolairesLes études semblent confirmer que 3 à 6% d’enfants d’âge scolaire souffriraient d’untrouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité. Cela représente près de 200 000enfants âgés de 4 à 19 ans de toutes classes sociales confondues. Il ressort de ces étudesque c’est un trouble qui affecterait trois fois plus de garçons que de filles. De ce nombred’enfants TDAH, 60 à 80% auront un trouble affectant spécifiquement l’apprentissage.Cette proportion est de 15 à 20 fois plus grande que la proportion observée dans lapopulation en générale (Site internet, Intégrascol). Ces quelques chiffres permettent deconstater l’ampleur des besoins de soutien en milieu scolaire dont peuvent avoir besoinau moins 100 000 jeunes au Québec.Les conséquences se répercutent non seulement sur le jeune, mais sur son entourageimmédiat à l’école, et à la maison. Dubé (1992) exprime bien la portée négative del’échec vécu par ces jeunes sur eux-mêmes et sur les autres. Il dira « l’expérience del’échec, la perturbation de ses relations avec son entourage, l’intolérance du milieufamilial et scolaire entravent chez l’enfant la disposition à l’apprentissage et renforcentsont sentiment d’incompétence (p.83). » Un sentiment d’impuissance et d’incapacitédevant la tâche scolaire aura des conséquences sur le comportement des jeunes en classe.Amen (2004) explique que les plus jeunes souffrent et vivent de la peur et de l’angoissedevant leur incapacité à répondre aux exigences du cursus scolaire. Cette peur et angoissese transforme avec le temps et plus l’enfant vieillit, plus il adopte des comportementsréactifs et agressifs. Les jeunes enfants TDAH devenus adolescents vont réagir autrementface à leur situation d’échec scolaire. En effet, ils vont feindre, en adoptant une attitudedésinvolte, en essayant de cacher aux autres qu’ils sont affectés émotivement. Ils vontprendre à la légère leurs résultats scolaires en fanfaronnant ou en se moquant, ils tententainsi de dissimuler leur état d’âme. D’autres vont plutôt protester, se rebeller contre lesprofesseurs ou la direction qui portent un jugement sur leurs rendements scolaires. Leséclats de colère, des conflits de personnalités et des gestes agressifs dirigés envers lesgens d’école deviennent des moyens que les adolescents TDAH vont utiliser pour 11
  12. 12. exprimer leurs frustrations devant leurs échecs et leur incapacité à répondre auxexigences de performance du milieu scolaire.Grâce à cette explication, il est possible de mieux comprendre comment le syndromeTDAH peut influencer le comportement du jeune et comment d’autres troubles associéstels que le trouble d’opposition ou la dépression peuvent s’ajouter à la problématiquedonc miner davantage les efforts effectués par les jeunes et jouer négativement sur leurmotivation à poursuivre leurs études.1.1.2 Conséquences psychologiquesLes écrits permettent de constater que ces jeunes ont une piètre image d’eux-mêmes. Ilsdiront : je suis nul, je suis un incapable, j’y arriverai jamais, je me fais tout le tempsgronder, c’est toujours moi qui est sorti de classe et la liste est longue de ces associationsnégatives qu’ils font à cause de leurs incapacités ou comportement. Tous ces maux ontune répercussion évidente sur leur estime de soi. Comme le mentionne Siaud-Facchin (2008): «On comprend combien tous ces dysfonctionnements attaquent l’imageque cet enfant a de lui, combien il perd confiance en lui, combien il souffre de sontrouble. Le trouble de l’estime de soi touche plus 25% de ces enfants et complique encoreleur intégration et leur réussite (p.177).» L’estime de soi étant touchée, l’enfant est ensouffrance. Il aura besoin d’aide pour développer des moyens pour pallier ses difficultés,d’où l’importance de diagnostiquer le plus rapidement un TDAH chez le jeune enfant. Deplus, un diagnostic en bas âge permet de limiter les répercussions négatives surl’intégration et la réussite scolaire.En ce qui concerne les troubles comorbides qui peuvent se développer en concomitanceavec le syndrome TDAH, 50% des jeunes auront développé un trouble associé tel que :trouble oppositionnel, agressivité, trouble anxieux, trouble du développement, trouble del’apprentissage et un trouble de l’humeur. Les recherches ont démontré que pour cedernier trouble, qui correspond à un état dépressif, il semble être vécu par 33% des jeunesTDAH. Cet état dépressif résulterait d’une aggravation de la perte de confiance en soi et 12
  13. 13. au fait d’être rabaissé par les commentaires de l’entourage du jeune à son égard, ce quilui reflète continuellement ses écarts de conduite.Des conséquences sont aussi vécues au sein du milieu familial. L’enfant TDAH estparfois difficile à vivre, à faire garder, à faire socialiser avec d’autres enfants. Les parentssont souvent épuisés et dépassés et ils sont victimes du jugement des autres. Les relationsentre le jeune TDAH et ses parents sont souvent tendues et il peut développer unsentiment de culpabilité et d’avoir l’impression d’être la source de tous les problèmes dela maison. Selon Dubé (1992), les enfants qui souffrent du TDAH conserveront uneimage négative de leur enfance. Ils garderont en mémoire les discordes familiales causéespar leurs propres comportements. Souvent, les enfants entretiendront le sentiment d’êtredifférents, incapables et d’avoir été l’objet de critiques continuelles.1.1.3 Conséquences en termes de coûts sociauxLes recherches sur une longue période ont permis de démontrer que le syndrome duTDAH est critique et risque d’être présent tout au long de la vie. En effet, bien quecertains symptômes perdent de leur intensité au fur et à mesure que l’individu développedes stratégies pour pallier certains comportements, il restera avec un TDAH. Il semblequ’au cours des dernières années, comme le mentionne Deblois (2005) :« les milieuxmédicaux ont graduellement reconnu que les symptômes du TDAH ne disparaissent pas àl’adolescence et à l’âge adulte comme on le croyait auparavant (p.189). » Les recherchesmédicales ont démontré le caractère « chronique » du syndrome. En effet, celui-ciperdure dans le temps. Cette découverte amène également de plus en plus d’adultes quin’avaient jamais été diagnostiqués pendant leur enfance à consulter pour des symptômesd’inattention et à utiliser une médication stimulante comme le Ritalin, par exemple.Les recherches semblent démontrer que le syndrome du TDAH est plus présent qu’il nele laissait croire par le passé. Une des raisons étant qu’on croyait que le syndrome étaitcausé par le milieu scolaire. On comprend mieux aujourd’hui que le TDAH est un étatpermanent qui perturbe les années vécues dans le milieu scolaire. Ces perturbations 13
  14. 14. seront plus ou moins difficiles selon que le jeune aura été diagnostiqué en bas âge ou nonet s’il aura eu la possibilité de développer, à l’aide du milieu scolaire, des stratégiespédagogiques pour pallier à ses faiblesses. Le caractère chronique du syndrome met enévidence la nécessité d’évaluer adéquatement le jeune afin de lui fournir les outils dont ilaura besoin dans sa vie adulte au même titre que dans sa vie d’étudiant. L’utilisation desstratégies éducatives acquises à un plus jeune âge en milieu scolaire ou dans le milieufamilial permettront de mieux fonctionner à l’âge adulte.Tel que le mentionne Pelletier (2000): «À long terme, certaines personnes qui ont undéficit de l’attention apprennent à le gérer et choisissent une carrière qui leur permet deréussir. D’autres, cependant, en sont tellement affectés que même leur intégration aumarché du travail est difficile (p.61).» La littérature sur le TDAH mentionne que 50% desjeunes atteints du syndrome subiront les symptômes dans leur vie adulte. Les garçonsétant trois fois plus affectés que les filles, beaucoup de pères se reconnaissent dans lesproblématiques vécues par leurs propres enfants. Ces pères admettent plus aisément leurimpulsivité, les conséquences négatives sur leur carrière, leur difficulté à se concentrer età trouver difficilement le calme. Compernolle (2004) dira également: «Ces parentséprouvent les mêmes difficultés que leur enfant ADHD (TDAH :ajouté au texte original)à réaliser une planification, leurs pensées sont chaotiques, ils ont du mal à se concentrersur une chose précise et ils se comportent de façon impulsive et irréfléchie (p.117). »Bosma (2000) mentionne qu’une recherche longitudinale de Magnusson et Bergmanmenée en 1990 a démontré que les garçons qui vivent un ensemble de problématiquestelles que des relations interpersonnelles pauvres, des problèmes scolaires, del’agressivité et de l’hyperactivité auraient tendance à devenir des adultes perturbés. Ilsemble, selon Kerka (2002) que pour ces jeunes dont les symptômes du TDAH persistentà l’âge adulte, une compréhension claire de leur syndrome et de ses impacts sur le choixde carrière et sur la performance en emploi soit déficiente. L’autonomie de vie prendraplus de temps et mettra de la pression sur les parents. Plusieurs jeunes entretiennent desidées irréalistes envers les milieux de travail potentiels, ils surestiment leurs capacités ouau contraire, ils font preuve de peu d’ambition. Plusieurs ont le sentiment qu’ils ont peude pouvoir sur leur vie professionnelle. La délinquance est présente dans bien des cas et 14
  15. 15. l’utilisation de drogues est souvent constatée. Siaud-Facchin (2008) décrit lescomportements de ces adultes souffrant du syndrome comme des adultes impatients,toujours affairés, occupés, exubérants et qui font plusieurs choses à la fois. Les autres ontl’impression qu’ils ne se reposent jamais. En milieu de travail et dans leurs activitésprofessionnelles, ils ont tendance à changer souvent d’avis, ils passent d’une idée àl’autre et prennent souvent des décisions hâtives. En ce qui concerne leur stabilité enemploi, ils ont tendance à changer souvent de métier ou de milieu de travail. Leurcomportement impulsif se manifeste aussi dans leur vie sentimentale et amicale. En effetils s’emportent vite et ils semblent peu tolérants envers les autres. Les adultes TDAHdiront qu’ils ont besoin de changements et qu’ils ont besoin de stimulations permanentes.De façon générale, leur vie ressemble à un tourbillon incessant et ils auraient plus dedifficultés à se stabiliser en emploi. La recension des écrits sur le syndrome du TDAH nesemble pas fournir le pourcentage de chômeurs qui souffrent du TDAH. Plusieurscomportements décrits sont à l’encontre du savoir-être recherché par les employeurs. Cestroubles associés contribuent à la précarité financière de ces individus et à leurvulnérabilité. 15
  16. 16. Le tableau suivant élaboré par Price et Lanto (2001) démontre les facteurs devulnérabilité concernant le TDAH: Tableau 1. Les facteurs de vulnérabilité associés aux troubles psychopathologiques de l’enfant/adolescent.Trouble Facteurs Facteurs affectifs Facteurs sociaux/ Facteurs cognitifs comportementaux biologiquesTrouble TDAH -Déficit du -Variabilité dans -Faibles -Métabolisme traitement et de l’humeur compétences des monoamines l’encodage de négative sociales comme irrégulières l’information -Variabilité dans les habiletés à -Déficit de -Attention à l’activation résoudre les dopamine moins de stimuli -Difficultés à problèmes -sous activation -Déficits de la traiter les indices -Difficultés à du système mémoire émotionnels moduler la d’activation communication réticulaire sociale -Difficulté de -Déficits du l’attention contrôle de soi sélective et du (impulsivité) maintien de l’attentionSource : Price, J.M., et Lento, J. (2001). The nature of child and adolescent vulnerability:History and definitions. In J.E. Ingram et J.M. Price, Vulnerability to psychopathology.Risk across the lifespan. New York: Guilford, P.322-325.1.2 Pertinence scientifiqueLes recherches scientifiques se poursuivent en ce qui concerne le TDAH et ce qui serait àla source des symptômes de celui-ci d’un point de vue médical. De plus, des recherchessont effectuées dans le but de mieux comprendre l’impact que le TDAH imprime sur lerendement scolaire et professionnel.1.2.1. Les recherches scientifiques se poursuiventLe milieu scientifique s’est concerté en 2002 afin d’établir un consensus international surla définition de ce qu’est le syndrome du TDAH. Ce consortium de 75 scientifiquesinternationaux avait pour objectif de recadrer les informations erronées et diffusées parles médias. Le consortium (2002) mentionne que plusieurs associations de chercheurs tels 16
  17. 17. que le Surgeon General des États-Unis, l’American Medical Association (AMA),l’American Psychiatric Association, l’American Academy of Child and AdolescentPsychiatry (AACAP), l’American Psychological Association et l’American Academy ofPediatrics (AAP), reconnaissent tous le TDAH comme un trouble véritable. Pour leQuébec, à cette liste se joignent le Collège des Médecins et l’Ordre des Psychologues duQuébec qui reconnaissent eux aussi le syndrome du TDAH (site internet, Barkley, 2002).Plusieurs études scientifiques, dont une étude menée par Cortese et Castellanos (2011),effectuées en neurologie ont permis de démontrer que des régions du cerveau présententdes activités neuroélectriques différentes chez la clientèle atteinte d’un TDAH. En effet,selon Barkley (2002) : « Les études en imagerie du cerveau portant sur des individusprésentant le TDAH ont aussi fait la preuve que ces régions du cerveau (le lobe frontal,ses connexions avec les noyaux gris centraux et leurs relations avec le cervelet) sontrelativement plus petites et ont une activité métabolique moindre que chez les individusdes groupes contrôles (site internet, Barkley, 2002). » Toujours selon Barkley (1981), lanécessité de poursuivre les études en neuropsychologie est essentielle afin de déterminerle lien qui prouverait la relation directe entre le trouble TDAH et une immaturité, unedysfonction ou une faiblesse exécutive liée au plan du cortex préfrontal.1.2.2. Le milieu de l’éducationSelon une étude effectuée en 2008 par le Groupe de recherche sur les environnementsscolaires de l’Université de Montréal (GRÉS), 50% des décrocheurs potentiels seraientde types inadaptés ou sous performants; deux catégories de décrocheurs potentiels danslesquelles les élèves souffrant d’un syndrome du TDAH se retrouvent généralement.Comme le mentionne Siaud-Facchin (2008): « Les conséquences sur les apprentissagessont sévères : l’échec scolaire est souvent au rendez-vous sur près de 50% (p.176).» Lesrecherches ont démontré à maintes reprises, 3 à 6% des enfants fréquentant le milieuscolaire souffrent d’un TDAH. La moitié d’entre eux éprouvent des difficultésd’apprentissage causées par des difficultés d’attention et de concentration (Béliveau,2007). 17
  18. 18. Les recherches effectuées sur la persévérance scolaire semblent aussi démontrer que lesyndrome du TDAH augmente les risques du décrochage scolaire chez les jeunes quiprésentent plusieurs troubles souvent associés au TDAH. En effet, selon Dyke (2008),une recherche financée dans le cadre du programme de recherche sur la persévérance et laréussite scolaire nous apprend que le taux de décrochage des jeunes TDAH souffrantaussi d’un trouble d’opposition ou d’un trouble de la conduite, 60% de ces jeunesdécrocheraient à 16 ans (Dyke, 2008, site internet). Selon des études épidémiologiqueslongitudinales effectuées au Canada et aux États-Unis, il semble qu’un diagnostic deTDAH pendant l’enfance permettrait de prédire des résultats scolaires inférieurs enlecture et en mathématiques dans 8 à 10% des cas. Ces études démontrent également queles risques de redoublement scolaire et de décrochage au secondaire sont plus élevés pourles enfants atteints du syndrome (Gouvernement Ontario, 2007). D’autres étudeseffectuées sur une longue période de temps démontrent que les jeunes atteints d’unTDAH, abandonneraient de 32% à 40 % plus souvent l’école que les groupes-contrôles,et seraient moins susceptibles de poursuivre des études supérieures dans une proportionde 5% à 10 % (Consortium, 2002, site internet).1.2.3. Le milieu de l’orientation scolaire et professionnelleDepuis l’adoption de la Politique de l’adaptation scolaire par le ministère de l’Éducationdu Québec en 1999, qui est : « Aider l’élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage à réussir sur les plans de l’instruction, de la socialisation et de la qualification. À cette fin, accepter que cette réussite puisse se traduire différemment selon les capacités et les besoins des élèves, se donner les moyens qui favorisent cette réussite et en assurer la reconnaissance (MELS, 1999, p.17). »Il est devenu nécessaire de fournir une aide particulière aux élèves ayant un handicap ouune difficulté afin que tous les élèves aient une chance égale de réussir sur les plansscolaire et professionnel. Tardif (2002) mentionne que l’école est responsable de trouverdes moyens pour favoriser cette réussite en accompagnant l’élève dans son cheminement 18
  19. 19. en: «organisant notamment des activités d’information et d’orientation scolaires etprofessionnelles qui correspondent à ses capacités et à ses besoins (site internet, p.2).»Bien que les objectifs du ministère soient : la réussite de tous les élèves, les rendreautonomes, sociables et a développer des compétences personnelles, il ressort que pourles élèves ayant un handicap ou une difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, le défisera plus grand à relever. Malgré ce constat, la recension des écrits ne permet pas deconstater que les conseillers d’orientation se soient attardés particulièrement auxdifficultés spécifiques que peuvent éprouver les élèves souffrant du syndrome TDAH.Pourtant, des recherches semblent démontrer que beaucoup d’adolescents devenusadultes ayant un TDAH éprouvent de grandes difficultés à trouver, à garder et àperformer en milieu de travail. En effet, selon Walker (2011), il semblerait que 4% desadultes souffriraient du syndrome, mais que 90% de ceux-ci ne savent pas qu’ils ensouffrent. Ces adultes semblent désorganisés, arrivent souvent en retard, oublientfacilement et, plus que la moyenne, incapables physiquement de rester en place. Ilsperdent plus souvent leur emploi ou ont tendance à démissionner de façon impulsive.Leur vie professionnelle est victime de ce problème neurologique (Walker, 2011, siteinternet). Il est plus profitable pour la personne TDAH de travailler dans des métiersadaptés qui sauront utiliser la créativité et l’activité de cette clientèle. Un choix judicieuxd’un métier ou d’un domaine de travail devient primordial pour répondre au caractèrespécifique du TDAH. Suite aux observations des symptômes que vivent les personnesatteintes par un TDAH, les métiers à préconiser seraient ceux qui offrent unediversification des tâches et qui évitent la routine, par exemple, en alternant les tâches detravail, par des déplacements plus fréquents et/ou changements de clientèle. Il estpréférable de privilégier les métiers qui ne requièrent pas une grande capacité às’organiser (tdah-adulte, 2011, site internet). Il est possible de se questionner surl’adéquation entre la démarche d’orientation scolaire et professionnelle et les élèvesTDAH, étant donné le manque de littérature écrite sur le rôle du conseiller d’orientationvis-à-vis la clientèle TDAH au secondaire. 19
  20. 20. 1.2.4 Question de rechercheLes difficultés spécifiques qui caractérisent le syndrome du TDAH et leurs répercussionssur : l’estime de soi, la persévérance, la réussite scolaire semblent avoir desconséquences aussi sur le développement de carrière. Étant donné que les jeunes enmilieu scolaire sont appelés à faire des choix importants concernant leur avenir, lecaractère chronique du TDAH s’impose lorsqu’il est question de choisir une formationet/ou une profession à l’adolescence. La question se pose : quelles sont les pratiquesprofessionnelles de conseillers d’orientation œuvrant à l’ordre d’enseignement secondairerégulier auprès d’élèves présentant un trouble du déficit de l’attention, avec ou sanshyperactivité (TDA/H)?Mieux comprendre les conséquences du TDAH dans la vie de tous les jours des enfantset adolescents semble impératif pour pouvoir intervenir adéquatement et répondre à leursbesoins particuliers. Les médias ont véhiculé toutes sortes d’informations sur le TDAH.La recension des écrits effectuée dans le cadre de cette recherche sur le syndrome duTDAH a permis de faire le point sur les connaissances accumulées depuis plus d’unsiècle. En saisir l’impact en milieu scolaire permettra de mieux cibler les interventionsque pourraient faire les conseillers d’orientation auprès de cette clientèle.2. Cadre conceptuel du syndrome du TDAHBien que les publications et les reportages télévisés semblent insinuer que le TDAH soitun trouble récent étant la résultante des récriminations des enseignants devant lesdifficultés grandissantes de la gestion de classe, ce syndrome est loin d’être récent etplusieurs de nos ancêtres en souffraient. Ces derniers ont reçu le sobriquet : de paresseux,de cancre, de petite peste difficile à contrôler et dans la lune. Plus d’une famille ditenormale s’est vue dans l’obligation de retirer un enfant du milieu scolaire et de l’envoyertravailler parce qu’il/elle détestait l’école et y causait du trouble. Tous ces cas ne sont pasrépertoriés dans les recherches sur le TDAH, mais dans la réalité, cela a été constaté plusd’une fois. Pelletier (2000) mentionne que souvent le problème de l’échec scolaire était 20
  21. 21. perçu par les autres comme étant causé par les élèves eux-mêmes en étant paresseux, enétant lâches et en manquant de motivation ; c’étaient bien de leur faute s’ils neréussissaient pas leurs études. Le marché du travail était la voie la plus simple et rapidepour le jeune atteint d’un TDAH.2.1 HistoriqueIl semble que ce serait un physicien allemand prénommé Heinreich Hoffmann qui seraitl’auteur des premiers écrits scientifiques portant sur ce syndrome en 1845 (Raymond,2004). L’augmentation significative de naissances observée dans les années 50 jusqu’en1975 surnommée le « Baby-boom » a provoqué une recrudescence d’élèves éprouvantdes difficultés scolaires puisque d’un coup, le nombre d’élèves a considérablementaugmenté. En effet, Au Canada, les chiffres dénotaient 20,1 naissances pour 1000personnes à la fin de la Première Guerre mondiale pour atteindre 28,5 naissances en 1958(site internet). Avec cette augmentation de naissances, le nombre d’enfants souffrantsd’un TDAH a lui aussi augmenté en proportion de l’augmentation du nombre denaissances.La notion de «réussite sociale» demande aux élèves de conquérir les hautes sphères dusavoir et de performer afin de poursuivre de longues études universitaires dans l’espoir dese tailler une place honorable sur le marché de l’emploi. En effet, l’éducation est perçuecomme le meilleur moyen de monter les échelons de la réussite sociale. Mais, une réalités’est imposée à plusieurs de ces enfants : difficultés d’apprentissage. Motivé par laréussite sociale et économique des individus dans les années 60, Dubé (1992) mentionneque : « le dépistage des enfants inaptes à se conformer aux exigences du milieu scolairedevient donc important si l’on veut leur offrir des services de rééducation et leur assurerune chance égale de réussir (p.14).» À cette époque, le terme TDAH n’existait pasencore. Dubé(1992) souligne que c’est en 1966 que S.D. Clements propose le nom dedysfonction cérébrale minime. Selon Clements, ce terme tiendrait compte de l’intensitévariable des manifestations des symptômes et de la diversité des fonctions touchées(fonctions motrices, sensorielles ou intellectuelles) par le syndrome (Dubé, 1992). Dans 21
  22. 22. les années 1970, l’aspect strictement neurologique du syndrome commence à être remisen question et une distinction devient éminente entre une dysfonction cérébrale minime etimmaturité neurologique, cette nuance est explorée par les chercheurs Wender (1971) etTouwen (1979). « La notion de dysfonction cérébrale minime a perdu de sa popularitédans les années 80 au profit de conceptions orientées davantage vers l’étude d’unensemble de caractéristiques comportementales (Dubé, 1992, p.18). » En effet, étantdifficile de définir cette dysfonction cérébrale au moyen de critères précis et valides, leschercheurs se tournent vers la considération de plusieurs facteurs autres que seulementneurologique.Ce sera la psychologue Virginia Douglas en 1972 qui fera une distinction marquée entrele déficit d’attention et l’hyperactivité. Suite à ses recherches, en 1980 le DSM IIIpropose la catégorie de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité. Dubé(1992) explique que cette nouvelle catégorie du DSM III va remplacer celle dedysfonction cérébrale minime à laquelle on reprochait son caractère à la fois trop restrictifpuisque la cause du problème relevait seulement du domaine neurologique. De plus,l’ancien terme était vague et produisait un diagnostic peu révélateur de la problématiqueet rendait l’identification du syndrome du TDAH très flou. Cette situation s’est régléeavec la révision de la définition dans le DSM. En effet, selon Pelletier (2000), le déficitd’attention serait davantage diagnostiqué cliniquement depuis la sortie du manuelDiagnostic DSM-IV en 1995.En fait, le cours de l’histoire nous permet peut-être de mieux comprendre l’augmentationdes cas de jeunes souffrant du syndrome TDAH. En effet, comme le mentionne Honorez(2002) la version DSM-III de 1980 exigeait la présence de 8 symptômes parmi 16possibles pour atteindre le seuil critique qui rendait positif un diagnostic du troubledéficitaire de l’attention avec hyperactivité. En 1987, une première révision du DSM-IIIest effectuée. Dans cette version, deux symptômes comportementaux avaient été occultéset le seuil critique pour obtenir un diagnostic positif de TDAH est ramené à 8 sur 14possibles. Par contre, il fallait que l’enfant présente encore 8 critères pour que lediagnostic soit positif. 22
  23. 23. Enfin, dans la version du DSM-IV de 1995, les symptômes comportementaux sontaugmentés au nombre de 18, mais le seuil critique pour obtenir un diagnostic positif deTDAH tombait à 6 des 18 symptômes possibles. Le seuil critique passant de 8 à 6symptômes, le diagnostic positif d’un quelconque sous-type de l’hyperactivité devenaitapparemment plus probable. On peut présumer qu’une diminution des symptômespassant de 8 à 6, soit une diminution de 25%, serait une conséquence à l’augmentation decas diagnostiqués que l’on constate depuis plus de vingt ans. C’est à travers l’évolutiondes connaissances scientifiques qu’il est maintenant possible de mieux cerner lesyndrome TDAH, de dégager les symptômes qui le définissent et qui permettent de lediagnostiquer. L’évolution des connaissances sur le sujet permettra dans le futur demieux saisir l’impact dans la vie scolaire, personnelle et sociale des jeunes et des moinsjeunes.2.2 Éléments de définition du syndrome du TDAHLa recension des écrits semble s’accorder pour dire que le trouble du déficit de l’attentionavec ou sans hyperactivité est un trouble de nature neuropsychologique spécifique qui semanifeste sous trois angles différents comme étant : l’agitation, l’impulsivité et un déficitattentionnel. Il faut faire la différence entre une difficulté d’attention qui aura uncaractère passager et un trouble d’attention qui aura des répercussions majeures dans lavie de tous les jours. En fait, lorsqu’il s’agirait d’un trouble, les atteintes au plan del’attention, l’agitation et l’impulsivité sont plus sévères et généralement chroniques. Celasignifie qu’elles peuvent altérer le fonctionnement global et qu’elles seraient, de façongénérale, présentes dans plusieurs sphères de la vie. Donc, elles demeureraientobservables toute la vie. Cependant, les manifestations du trouble se modifieront etévolueront avec l’âge. Nous savons que l’agitation motrice (être toujours en mouvement,besoin de se promener en classe, etc.) diminue à l’adolescence. Elle est donc moinsapparente à cette période et à l’âge adulte que pendant l’enfance. En fait, cettemanifestation est modifiée et remplacée par des comportements plus socialementacceptables comme bouger les jambes, les doigts, etc. Malgré le fait que l’origine d’untrouble du déficit soit généralement neurologique, il s’avère que si le trouble est traité ou 23
  24. 24. non, cela aura un impact significatif sur l’évolution de ce trouble (c.s.Samares, siteinternet).Le déficit de l’attention est la composante principale du syndrome qui touche l’aspectcognitif chez le jeune. Siaud-Facchin (2008) définit le déficit de l’attention comme étant« l’incapacité cognitive à sélectionner l’information pertinente face à une tâchecomplexe : dans sa tête, sous ses yeux, lorsqu’il écoute, l’enfant ne fait pas la distinctionentre ce qui est important et ce qui ne l’est pas (p.174). » Le jeune aura de la difficulté àne pas être confus et éparpillé. De plus, la moindre distraction lui fait perdre sonattention. Le jeune décroche facilement lorsque la tâche est trop longue.L’agitation est l’aspect du trouble qui dérange le plus en classe, mais qui dérangeégalement, de façon significative, l’environnement de l’enfant (ses pairs, sa famille, safratrie). Siaud-Faccin (2008) décrit l’agitation comme une suite sans fin de mouvements.L’agitation semble être permanente, elle est incessante, c’est épuisant à vivre pour lejeune et son entourage. L’enfant n’arrive pas à se calmer lui-même; il se lève sans raison,s’agite pour un rien, prend des risques sans évaluer les conséquences de ses actes. Deplus, l’enfant parle plus fort que la moyenne, s’excite dans ses propos, ses penséess’embrouillent et il perd facilement le fil de sa pensée. Son entourage le perçoit commeun enfant désorganisé. Son environnement est en désordre, ses travaux scolaires sontbrouillons et ses effets sont éparpillés. Il est constaté que les troubles du sommeil sontfréquents; le sommeil du jeune TDAH sera très agité et peu réparateur, ce qui n’aide pasle jeune à trouver le calme durant la journée.Enfin, le symptôme que l’on nomme l’impulsivité se définirait sous deux facettes queSiaud-Facchin (2008) nomme l’impulsivité comportementale et l’impulsivitécognitive. Ce qui définit l’impulsivité comportementale est la difficulté qu’éprouvel’enfant à attendre. Il a tendance à interrompre les autres, à couper la parole, àargumenter, à vouloir être le premier et il est facilement frustré lorsqu’il n’a pas tout desuite ce qu’il veut ou demande. En ce qui concerne l’impulsivité cognitive, lesconséquences se manifestent au niveau des tâches intellectuelles : prendre le temps de 24
  25. 25. réfléchir avant d’agir, de dire, de faire est hors de leur contrôle. Comme le mentionneSiaud-Facchin (2008) lorsque l’enfant TDAH reçoit une consigne, il aura tendance à seprécipiter et ne pas prendre le temps de réfléchir. Il ne prendra pas non plus le tempsdobserver les données ni prendre le temps pour analyser. Il aura tendance à prendre lapremière réponse qui lui passe par la tête et le temps de décision reste très court. L’enfantTDAH donne l’impression d’être poussé par l’urgence de faire les choses et il ne prendpas le temps de se préparer avant d’entreprendre une activité. Cette attitude a desconséquences directes sur son rendement scolaire puisqu’il ne prend pas le temps de serelire non plus. À peine a-t-il débuté une tâche qu’il ressent le besoin de passerrapidement à autre chose ou à entreprendre de nouveaux défis.Depuis 1994, le DSM-IV a classé le trouble déficit de l’attention/hyperactivité dans lapremière section de ses 18 Symptômes qui est réservée aux troubles spécifiques desjeunes. Honorez (2002) mentionne que ces troubles sont habituellement diagnostiquéspendant la première enfance, la deuxième enfance ou l’adolescence. Le TDAH est classécomme faisant partie des troubles dits déficit de l’attention et comportement perturbateur(APA, 1994) sous les codes 314.00 et 314.01. Tableau 2. Critères diagnostiques du déficit de l’attention/hyperactivité décrits dans le DSM-IVINATTENTION (Au moins 6 des symptômes suivants d’inattention ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement de l’enfant et se produisent avant l’âge de 7 ans) a) Prête difficilement attention aux détails, erreurs d’inattention b) À du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux c) Semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement d) Souvent ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles (cela n’est pas dû à un comportement d’opposition, ni à une incapacité à comprendre les consignes) e) A souvent du mal à organiser ses travaux ou ses activités f) Souvent évite, a en aversion ou fait à contrecœur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu (comme le travail scolaire ou les devoirs à la maison) 25
  26. 26. g) Perd souvent les objets nécessaires à son travail ou ses activités (par exemple : jouets, cahiers de devoirs, crayons, livres ou outils) h) Souvent, se laisse facilement distraire par des stimuli externes i) À des oublis fréquents dans la vie quotidienneHYPERACTIVITÉ (au moins 6 des symptômes suivants d’hyperactivité-impulsivité ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement de l’enfant et se et produisent avant l’âge de 7 ans). L’enfant : a) Remue souvent les mains ou les pieds ou se tortille sur son siège b) Se lève souvent en classe ou dans d’autres situations où il est censé rester assis c) Souvent court ou grimpe partout, dans des situations où cela est inapproprié (chez les adolescents ou les adultes, ce symptôme peut se limiter à un sentiment subjectif d’impatience motrice) d) A souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir e) Est souvent « sur la brèche » ou agit souvent comme s’il était «monté sur ressorts» f) Parle souvent tropIMPULSIVITÉ g) Laisse souvent échapper la réponse à une question qui n’est pas encore entièrement posée h) A souvent du mal à attendre son tour i) Interrompt souvent les autres ou impose sa présence (par exemple : fait irruption dans les conversations ou dans les jeux)NOTES : 1. Ne prendre le critère en considération qu’en raison de sa fréquence et intensité en regard des enfants du même âge mental 2. Les critères de comportement doivent s’observer dans 2 contextes au moins (ex : dans le milieu familial et scolaire, milieu familial et au travail)Source : Raymond, F. (2004). Le déficit de l’attention et l’hyperactivité en 32 questions.Éditions Enfants Québec. P.17 (Tableau adapté des critères diagnostiques du TDAHselon le DSM-IV) 26
  27. 27. 2.2.1. L’hyperactivité brouille les pistes de dépistageLa recension des écrits démontre qu’il existe un risque de confondre l’hyperactivité quiest de nature neuropsychologique avec des problèmes d’ordre éducationnel ou familial.Afin d’établir un diagnostic, il semble nécessaire de bien vérifier lors de l’évaluation sides difficultés familiales ou autres (violence, abus, perte d’un parent, séparation desparents, etc.) ne seraient pas à la source du syndrome comme la dépression, l’anxiété oula difficulté à se concentrer. Il semble que dans plusieurs cas où la médication apporte unsoutien pour l’hyperactivité, celle-ci ne règle pas les difficultés d’apprentissageparticulières telles que la dyslexie par exemple, qui devra être traitée à part à l’aide destratégies pédagogiques spécifiques. Les troubles d’apprentissages étant présent de 25 à50% des cas, comme le mentionne Dubé (1992) : « il devient difficile de déterminer si ledéficit d’attention et le trouble d’apprentissage relèvent d’une même faiblesse à laquellel’enfant serait prédisposé ou si le déficit d’attention est la conséquence de ce trouble oubien de l’échec scolaire (p.83). » En conséquence, on constate l’importance d’avoir undiagnostic médical afin d’éviter les pièges que pourraient engendrer une mauvaiseévaluation et une prise de médication pour un trouble autre que le TDAH qui n’auraitaucun effet sur le problème.2.2.2. Troubles comorbidesPorter un diagnostic sur le TDAH n’est pas une mince affaire puisqu’il est possible qu’ilsoit le résultat direct d’un trouble d’apprentissage, ou qu’il soit d’ordre biologique (ex :surdité ou problème de vue) ou qu’il soit induit par un état psychologique causé par desabus physique entre autres. Au syndrome du TDAH, il peut s’ajouter un ou plusieurstroubles tels que des troubles oppositionnels avec provocation dans une proportion de 30à 50%, des troubles des conduites dans 25% des cas, des troubles de l’humeur 18% dutemps, des troubles anxieux dans une proportion de 25% et finalement des troublesd’apprentissages dans 15 à 60% des cas (Raymond, 2004). À l’adolescence, il seranécessaire de vérifier si un problème de consommation (drogues, alcool, etc.) ne viendrapas s’ajouter à la problématique vécue par le jeune. 27
  28. 28. Il est possible de regrouper les troubles comorbides sous deux catégories distinctes soientles troubles extériorisés tels que le trouble d’opposition et le trouble de la conduite et lestroubles intériorisés tels que l’anxiété et la dépression. Cette distinction devientsignificative dans l’expression des comportements. Les troubles extériorisés seront plusfacilement repérables par l’environnement du jeune et se retrouvent plus souvent chez lesgarçons tandis que les troubles intériorisés, plus difficiles à repérer, mais tout aussidommageables; ceux-ci vont passer inaperçus plus longtemps et seront identifiés plussouvent à l’adolescence. Les répercussions sur l’estime de soi et l’échec scolaireprendront beaucoup plus de temps et d’intervention pour se résorber. Les recherchessemblent souligner le fait que les filles souffrent plus souvent des troubles intériorisés.De plus, des recherches semblent démontrer que la comorbidité tend à progresser avecl’âge, ainsi : « la comorbidité de l’hyperactivité par cumul des troubles intériorisés etextériorisés s’établit donc à 76,7%, soit trois quarts des sujets de 6 à14 ans. Elle croîtavec l’âge : 65,3% chez les 6 à 9 ans, 81,5% chez les 9 à 11 ans et 90,4% chez les 12 à 14ans (Honorez, 2002, p.83). » En milieu scolaire, l’impression que la problématique vécuepar les jeunes TDAH devient plus complexe à l’adolescence semble souvent se faireressentir. Les chiffres démontrent et tendent à confirmer que le trouble sera complexepour 3 élèves TDAH sur 4. Ces données statistiques font ressortir la nécessité de poser undiagnostic éclairé pour maximiser l’intervention du milieu scolaire et familial.2.2.3. Évolution du syndrome à l’adolescenceLes recherches ont démontré que le déficit de l’attention apparaîtrait autour de l’âge detrois ans. Par contre, c’est lors de son intégration en milieu scolaire que les symptômes semanifestent plus spécifiquement et que le diagnostic est rendu. Par contre, lorsque lejeune souffre d’un trouble du déficit d’attention sans hyperactivité, il est souvent dépistéencore plus tard (Béliveau, 2007). Des recherches menées par Huessy et Cohen (1976)ont démontré que les difficultés qu’éprouvent les enfants atteints du syndrome TDAHentre 6 et 12 ans, tant sur le plan du comportement que sur celui du rendement scolaire,persisteraient la plupart du temps à l’adolescence. Il semble que l’hyperactivité tend àdiminuer à l’adolescence, ce qui, dans le passé, a laissé croire que le syndrome 28
  29. 29. d’hyperactivité se dissipait avec l’âge (Dubé, 1992). Comme mentionné plus haut, ilserait plus adéquat de parler de diminution de l’intensité des symptômes. Bouvard (2002)décrit bien comment cette diminution de l’intensité se vit chez le jeune. En effet, ilsemble que l’hyperactivité motrice a tendance à diminuer ou à s’exprimer par unsentiment subjectif d’impatience motrice, mais l’impulsivité et l’inattention demeuraientstables. Les conséquences de cette hyperactivité vont influencer les résultats scolaires etprovoquent souvent des infractions aux règles familiales, scolaires ou sociales. De plus, ilest constaté qu’à l’adolescence, le problème principal de l’hyperactivité ne soit pas lessymptômes caractéristiques, mais plutôt les difficultés d’adaptation dans le domainescolaire où seulement 20% des hyperactifs ont une scolarité normale. Les difficultésd’adaptation sont aussi d’ordre éducatif et la mise en place de stratégies éducatives doitse faire à l’école et à la maison. Enfin, les difficultés d’adaptation sont aussi au niveauinterpersonnel puisqu’il y a souvent des tensions entre le jeune et les intervenants enmilieu scolaire ainsi qu’entre lui et ses parents. De plus, selon Bouvard (2002) : « lorsquel’hyperactivité est persistante, elle a des effets négatifs sur la réussite scolaire, mais ellerisque d’augmenter le développement d’un trouble des conduites, d’abus de substancestoxiques et d’une personnalité antisociale (p.43). »En ce qui concerne les effets à long terme de la comorbidité à l’adolescence et à l’âgeadulte, une recherche menée par Manuzza (1998) a démontré que le TDAH avec unecomorbidité du trouble des conduites en bas âge aurait un impact plus négatif surl’évolution du jeune adolescent et à l’âge adulte. Les résultats de la recherche auraienttendance à confirmer un lien positif entre le nombre d’arrestations d’un grouped’hyperactifs suivis de l’enfance à l’âge adulte. En effet, il existerait un risque augmentéde criminalité à l’adolescence de 46% comparativement à 11% d’adolescent nondiagnostiqués TDAH. À l’âge adulte, le taux de criminalité est significativement plusélevé à 21% chez les hyperactifs ayant présenté dès l’enfance une comorbidité de troubledes conduites comparativement à 1% de la population adulte en général. Il semble que leshyperactifs sans trouble des conduites ne présentent pas ce risque selon Bouvard (2002).Comme constatées par cette recherche, les répercussions à long terme peuvent êtreimportantes tant pour les individus souffrant d’un TDAH que pour la société qui devra 29
  30. 30. assumer les coûts sociaux (mesure judiciaire, délits, incarcération, suivi lors de laréintégration sociale, etc.).2.2.4. Évolution du syndrome entre les sexesBien que les recherches et la littérature scientifique aient mis l’accent sur la gentmasculine, les filles souffrent aussi de ce syndrome. Par contre, la différence est notoirepuisque le TDAH affecterait trois fois plus de garçons que de filles, bien que le nombrede celles-ci ne semble pas tout à fait représentatif en réalité. En effet, il semble que lesfilles souffrant du TDA avec troubles intériorisés (donc moins dérangeant) passent plussouvent sous le radar et que le dépistage se ferait plus à l’adolescence. Selon une étudemenée par James et Taylor (1990), « les filles auraient des taux plus élevés d’atteintesintellectuelles et d’anomalies du langage et leurs parents présenteraient plus de troublespsychopathologiques (Bouvard, 2002, p.45). » De plus, l’étude aurait démontré unedifférence entre le quotient intellectuel moyen des filles (QI moyen=67) et des garçonshyperactifs (QI moyen=77). Il semble que des troubles du langage soient présents dans66% des cas chez les filles comparativement à 26% chez les garçons hyperactifs.Les recherches ont démontré que les garçons auraient tendance à être plutôt du typehyperactif et impulsif tandis que les filles seraient plus nombreuses à être de typeinattentif. Il semble qu’en 2004, les données démontraient une prévalence d’environ 9%dans la population masculine et de 3% dans la population féminine (Raymond, 2004).Étant donné que les recherches concernant le trouble du déficit sans hyperactivité semultiplient, il est possible que les résultats éventuels démontrent que plus d’enfants, filleset garçons souffrent effectivement de ce trouble. En effet, selon Larose (2003), lescomportements des filles ressortent moins dans le contexte scolaire puisqu’elles souffrentplus souvent du TDA ayant un profil de conduites internalisées qui se manifesteraientplutôt à l’adolescence. Les recherches étant souvent effectuées auprès d’enfant en basâge, il est possible que plusieurs cas ne soient pas répertoriés. 30
  31. 31. 2.3 Les causesBien qu’un grand nombre de recherches aient été effectuées pour trouver la ou les causesqui seraient à la source du syndrome, les causes précises du TDAH seraient encoreinconnues et aucun lien de causalité n’a pu être confirmé avec certitude. Toutefois, lesrecherches se poursuivent depuis longtemps sur l’étude des facteurs physiologiques,neurologiques, biochimiques et environnementaux pour comprendre plus précisément cequi pourrait causer un TDAH (Sylvestre, 2008). En ce qui concerne ces facteurs, il estquestion de l’aspect héréditaire, de l’atteinte cérébrale, des complications périnatales, detoxicité, de retard de maturation et de déséquilibre biochimique. Des facteursenvironnementaux et familiaux sont aussi des acteurs importants dans le développementet au maintien des symptômes reliés au TDAH.En ce qui concerne l’aspect héréditaire, les recherches effectuées par des généticienssemblent démontrer qu’une prédisposition familiale existe chez l’enfant souffrant dusyndrome et les résultats ont établi qu’un des deux parents souffrirait aussi du syndromedans 57% des cas (Raymond 2004). Selon Dubé (1992) : « un certain nombre d’étudesont décelé une incidence accrue de déficit de l’attention accompagné d’hyperactivité chezles pères et les oncles des enfants hyperactifs (p.47). » Bien que le facteur héréditaire soità prendre en considération, il est difficile de mesurer l’impact que peut avoir l’héritagesocial dans le développement et le maintien du syndrome chez l’enfant.Pour ce qui est d’une possible atteinte cérébrale, les enfants ayant souffert d’une atteintecérébrale seraient plus sujets à l’hyperactivité, mais, il faut tenir compte que le syndromen’est pas forcément la conséquence d’une atteinte quelconque. De plus en plus dechercheurs se penchent sur les cas de blessures au cerveau causées par des commotionscérébrales et qui pourraient avoir provoqué un TDAH.En ce qui concerne le TDAH et les complications périnatales, certaines lésions cérébralespeuvent être causées par des complications survenues durant la grossesse ou lors del’accouchement. En effet, une étude effectuée par Hartsough et Lambert (1985) a 31
  32. 32. démontré que les enfants hyperactifs se caractérisent par des antécédents périnataux pluslourds. Les chercheurs citent à titre dexemple l’état de santé déficient de la mère durantla grossesse, la présence de toxémie, le jeune âge de la mère, une durée prolongée dutravail à l’accouchement, une détresse fœtale, la post maturité et des problèmescongénitaux (Dubé, 1992). Encore une fois, le lien de cause à effet n’est pas automatiqueet il faut garder à l’esprit que des conditions familiales et sociales difficiles sont peut-êtreles facteurs générateurs du syndrome chez l’enfant (Sameroff et Chandler, 1975).La toxicité lors de la grossesse, la consommation de tabac ou d’alcool (on peut sequestionner sur l’effet de la consommation de différentes drogues) est un facteur derisque pouvant mener au diagnostic du syndrome. De plus, en de rares cas observés, ilsemblerait qu’une exposition à des concentrations élevées de plomb puisse aussi être unfacteur de risque (Sylvestre, 2008).Le retard de maturation des enfants hyperactifs donne habituellement l’impression demanquer de maturité tant du point de vue neuromoteur que du point de vue affectif. Eneffet, pour certains chercheurs cette maladresse irait toujours de pair avec l’hyperactivité(Esser et Schmidt, 1982 ; Nicols et Chen, 1980). Il semblerait qu’un lien étroit existeraitentre l’incoordination motrice (dyspraxie) et l’hyperactivité. En effet, selon leursobservations, la maladresse et l’hyperactivité iraient toujours de pair. Bien quel’incoordination motrice puisse avoir une autre origine que l’hyperactivité, il sembletoutefois que l’enfant hyperactif aurait une plus grande difficulté à prévoir et à contrôlerses mouvements.Un lien semblable existerait aussi entre le TDAH et le retard de langage ; l’enfant auraittendance à s’exprimer en utilisant les gestes plutôt que les mots. Enfin, le manque dematurité affective est souvent relaté. Les gens qui côtoient l’enfant vont dire de lui qu’il aun comportement infantile et qu’il manque de maturité pour son âge. Dubé (1992)mentionnera que les enfants hyperactifs semblent avoir plus de difficulté à saisir lesmessages informels contenus implicitement dans les interactions sociales que les enfants 32
  33. 33. qui ne souffrent pas du syndrome, ce qui les empêcherait d’ajuster leur comportement enfonction des situations données.En ce qui concerne le déséquilibre neurochimique, bien que ce facteur soit assezcontroversé, il ne doit pas constituer le seul lien de cause à effet. Par contre, les succèsthérapeutiques des psychostimulants (Ritalin, Dexedrine, Concerta) semblent permettrede conclure qu’un déséquilibre ou un dysfonctionnement des neurotransmetteurs produitspar le cerveau causerait un déficit de l’attention. Il aurait été prouvé par des étudesmenées en laboratoire qu’une diminution des neurotransmetteurs telle que la sérotonine,la dopamine et la norépinéphrine chez les animaux, entraînait effectivement desproblèmes d’organisation, de l’hyperactivité et une intolérance à la frustration (Raymond,2004).Lorsque les facteurs environnementaux et familiaux sont abordés, il est nécessaire derester objectif face aux conséquences que peut produire sur les enfants un environnementfamilial difficile puisqu’on ne peut pas affirmer que tous les enfants qui vivent dans desconditions psychosociales difficiles seront atteints du syndrome TDAH. Il faut garder enperspective les facteurs héréditaires et l’apport de l’état de vulnérabilité génétique del’enfant. En effet, selon Bouvard (2002), les facteurs psychosociaux ne semblent pasjouer un rôle dans la cause à l’origine du développement du syndrome du TDAH, maisplutôt dans l’apparition d’un trouble oppositionnel ou d’un trouble des conduitescomorbides qui vont plutôt aggraver l’évolution du syndrome TDAH. Ce que l’on peutcomprendre suite à ces constatations, c’est que si l’enfant vit des évènements de viestressants, il y a un risque pour l’enfant de développer le syndrome ou de le maintenirdans le temps. Selon Dubé (1992), les recherches auraient démontré également que desrelations familiales perturbées et des interactions qui se déroulent dans un climat coercitifpourraient influencer négativement l’évolution de certains enfants hyperactifs. 33
  34. 34. 2.4 Les conséquencesLes conséquences sont grandes sur l’estime personnelle, sur la performance scolaire etsur la qualité des relations interpersonnelles et familiales. L’étape de l’adolescenceamène son lot de changement et d’adaptation pour tous les jeunes, mais c’est d’autantplus vrai pour les enfants souffrants du syndrome TDAH puisqu’ils auront à surmonterleurs difficultés personnelles créées par le syndrome. Comme l’explique Béliveau (2007),l’enfant hyperactif présente souvent des difficultés d’apprentissage scolaires de mêmeque des problèmes d’adaptation causés par son impulsivité qui le pousse à agir avant depenser. De plus, son besoin de bouger en permanence dérange beaucoup en classe etperturbe les autres enfants et ceux-ci ont tendance à rejeter et à s’isoler du jeune TDAH.De ce fait, le jeune se retrouve souvent réprimandé et puni. Les moyens mis en place parle milieu scolaire sont souvent coercitifs et négatifs qui se traduisent par la perte deprivilèges. La frustration que ces jeunes TDAH vivent se manifeste en multipliant lesaltercations avec ses compagnons et toute sa vie sociale s’en trouve affectée et il finit parse sentir incompétent et rejeté partout où il passe.2.4.1. Sur le plan individuelLe sentiment d’incapacité à se contrôler, à réussir, à avoir du succès, à écouter ce qui estdit par le parent ou l’intervenant en milieu scolaire ne prend pas de temps à minerl’estime de soi du jeune enfant qui, bien souvent, développe et garde une image négativede lui-même à travers sa croissance et souvent jusque dans le monde adulte. Comme lementionne Raymond (2004), en ce qui concerne l’enfant qui a un déficit de l’attention,c’est l’identité négative engendrée par ses nombreux insuccès qui détruit son estimepersonnelle. L’enfant TDAH risque de cristalliser une vision négative de lui-même et dese percevoir comme incompétent et ses échecs le confortent dans la piètre opinion qu’ilaura de lui-même. Quand le syndrome devient la carte identitaire aux yeux des autres, ils’en suit une profonde dévalorisation. Il aura tendance à intérioriser cette représentationnéfaste et développe un sentiment d’échec et une escalade de frustrations réprimées. Ilsemble qu’à force d’être jugé et réprimandé pour ses échecs scolaires, l’enfant entamera 34
  35. 35. un monologue intérieur négatif qui va détériorer progressivement son image qu’il se faitde lui-même. L’enfant met alors en danger ce qu’il aurait de plus précieux, c’est-à-diresa propre estime (Raymond, 2004).À l’adolescence, l’enfant aura à conjuguer avec les conséquences possibles du syndromequi ne disparaissent pas tout d’un coup, ou pour plus ou moins la moitié d’entre eux, nedisparaîtront jamais. L’adolescent aura des difficultés à s’organiser (horaire de lajournée, rangement de son matériel, prise de notes, oubli de livres, tec.), difficulté à semettre à la tâche, difficulté de comportement et utilisation de remarques inappropriées,sentiment d’impuissance face à son incapacité à produire assez d’efforts pour atteindredes objectifs et des succès personnels. En ce qui concerne la socialisation du jeuneTDAH : « il est fréquent que l’adolescent puisse vivre des difficultés sociales de l’ordredu rejet, du retrait ou être influencer par son groupe de pairs (site internet, c.s.Samares). »Étant donné que l’adolescent TDAH éprouve beaucoup de difficultés à maîtriser sonimpulsivité et son agitation, il peut devenir une proie facile aux railleries et àl’intimidation. Pour remédier à ce statut de victime, l’enfant TDAH risque également dechercher à s’associer à d’autres jeunes ayant des comportements perturbateurs.Les conséquences se vivent aussi dans le milieu familial du jeune. Il semble qu’uneaugmentation des conflits familiaux soit perceptible. En effet, les relations deviennenttendues et les parents se sentent souvent dépassés par les réactions émotives intenses deleur enfant qui sont souvent portés à agir sous le coup de l’impulsivité.Il est impossible de passer sous silence l’anxiété que ressentent ces jeunes. Lesrecherches semblent démontrer que 25% des enfants TDAH souffriraient d’anxiétécomparativement à la population générale qui est estimée entre 5 et 15% (Bouvard2002).Certains finissent par craindre les situations qui leur causent des difficultés, comme lessituations d’évaluation scolaire ou les sorties. Il arrive que cette anxiété ne soit pasverbalisée par l’enfant, mais des symptômes psychosomatiques (maux de ventre, maux detête, maux de dos) en sont le reflet et disparaissent quand la situation est évitée (siteinternet, c.s.Samares). 35
  36. 36. De plus, ces jeunes ont de la difficulté à percevoir le danger et ils seraient plus à risque dese blesser en ayant des comportements et des jeux extrêmes. En effet, ces jeunes seraientplus vulnérables aux abus d’alcool, à la consommation de drogues et aux conduitessexuelles à risque à cause de leur impulsivité et de leurs besoins de reconnaissancesociale. Ce qui est observé par le milieu scolaire c’est que, pour certains d’entre eux, laconsommation peut être une façon de s’auto médicamenter.2.4.2. Sur le plan scolaireLes conséquences du syndrome au plan scolaire sont nombreuses. Les difficultés qui sevivent le plus souvent selon Deblois (2005) surviennent lorsque le jeune doit se mettre autravail lorsque qu’une tâche lui demande une attention soutenue et à maintenir saconcentration. Il aura plus de difficultés à s’organiser, à persévérer et à maintenir uneffort envers les difficultés. Écouter les consignes et suivre les règles vont exiger uneffort supplémentaire pour le jeune TDAH. Pour toutes ces raisons, il est observé chezces élèves un rendement scolaire plus faible que celui attendu, des retraits fréquents de laclasse et de l’absentéisme scolaire. Les adolescents auront les mêmes difficultés que lesplus jeunes avec les mêmes conséquences négatives sur le rendement scolaire. Il fautajouter à cela les difficultés d’apprentissage liées à la lecture, l’écriture, lesmathématiques et les sciences ; toutes ces matières obligatoires et essentielles à ladiplomation nécessitent une bonne capacité à mémoriser, à analyser et à organiserl’information reçue. Ces jeunes ont tendance à s’investir dans les projets qui lesinterpellent et ils se désinvestissent des tâches ou projets où ils ont de la difficulté etauront du mal à rendre à terme les travaux à faire. Devant ces difficultés, ces jeunes onttendance à compenser par une attitude d’indifférence envers ces apprentissages. Ilsrisquent d’utiliser un langage inapproprié pour se faire remarquer et à être en conflit avecles autres jeunes ou avec les autorités de l’école. Ces attitudes qui mènent à desconséquences plus graves telles que la suspension ou l’expulsion scolaire (Deblois,2005). 36
  37. 37. 2.4.3. Sur le plan socialIl serait possible de croire que l’enfant qui souffre du syndrome TDAH soit bien vue desautres pour ses façons d’attirer l’attention ou ses commentaires qui font rire les autres,mais il n’en est rien en réalité. Dubé rapporte les propos émis par Milich et Loney(1979)sur les effets que le comportement des TDAH produit sur les autres jeunes. Ilsmentionnent que leurs agissements excessifs comme courir partout, crier ou bousculersont mal acceptés, ce qui à long terme devient un facteur déterminant dans leur évolution.Dubé (1992) explique que la perception négative dont les enfants hyperactifs sont l’objetde la part de leur entourage pourrait augmenter le risque d’une mésadaptation sociale àl’adolescence et à l’âge adulte.Il est remarqué que le comportement social de l’enfant hyperactif se caractérise souventpar un manque de réflexion, de conscience de soi et de sensibilité aux autres comme lerapporte Sauvé (2002). Les agissements de l’enfant TDAH laissent croire à tort qu’il estplus jeune que son âge et il n’est pas conscient de l’effet qu’il produit sur son entourage.Sylvestre (2008) explique que d’ordinaire un enfant normal tiendra compte des besoins etdes réactions de ses pairs, l’enfant TDAH, quant à lui, est assailli par une multitude destimuli et étant plutôt impulsif, ne tiendra guère compte de ses camarades sans le vouloiret cela cause beaucoup d’animosité entre lui et ses pairs. Ayant de la difficulté à seconcentrer sur une situation à la fois, il semblerait que les enfants TDAH ne prennent pasle temps d’établir un contact visuel avec leur interlocuteur et s’ils le font, ils ont de ladifficulté à le maintenir. Selon Sylvestre(2008), ce serait précisément ce contact visuelqui leur permettrait de mesurer la pertinence de ce qu’ils viennent de dire ou de faire afinde pouvoir ajuster au besoin leur comportement. Instinctivement, il est souvent demandéà un enfant TDAH de regarder son interlocuteur lorsque quelqu’un s’adresse à lui; réflexeque les parents de jeunes enfants auront tendance à faire pour s’assurer que le messageest bien compris. 37
  38. 38. 2.5 L’interventionPoser un diagnostic apporte son lot de difficulté et ne peut être pris à la légère. Pourpouvoir intervenir et aider un enfant qui souffre du syndrome TDAH, il faut procéder àune évaluation diagnostique exhaustive qui demandera la participation de l’entouragescolaire et familial de l’enfant. Par contre, comme le mentionne Dubé (1992), lesprofessionnels auxquels on s’adresse le plus souvent pour procéder à l’évaluation desenfants qui ont un problème d’hyperactivité et un déficit d’attention sontles psychologues, les orthopédagogues et les médecins. Les professionnels de la santé,dans plusieurs cas, omettent de consulter les évaluations effectuées par le milieu scolaireet par les parents. Sylvestre( 2008) souligne que les choses peuvent se compliquer, car lesyndrome du TDAH peut abriter ou cacher plusieurs autres problématiques telles que desproblèmes d’audition, de vision, des troubles d’apprentissage, des troubles du sommeil,une alimentation déficiente, de l’anxiété de performance et un état dépressif . Pourpouvoir intervenir efficacement, il faut que l’évaluation s’appuie sur un ensemble de faitsrecueillis par les gens qui côtoient l’enfant. Comme le mentionne Sylvestre (2008), il estnécessaire que le diagnostic repose sur les données d’observation recueillies auprès desparents et des enseignants; aux données s’ajoutent les résultats des entrevues menées avecles parents et l’enfant. En recueillant des données observables par l’ensemble des gensimpliqués dans l’éducation du jeune, le diagnostic sera plus précis et ainsi confirmeraque les symptômes observés chez l’enfant sont bien ceux d’un TDAH et non d’une autreproblématique.Suite au diagnostic, une médication peut être proposée. Par contre, cette intervention nedoit pas remplacer un suivi psychothérapeutique et l’implantation de stratégies éducativesadaptées au besoin de l’enfant. Comme le mentionne Bouvard (2002), en aucun cas, letraitement médicamenteux ne pourra remplacer la mise en place de mesures éducativesindispensables et l’utilisation d’autres approches thérapeutiques qui visent la rééducationet/ou le recours à la psychothérapie lorsqu’elle s’avère nécessaire. 38
  39. 39. 2.5.1. MédicaleLorsqu’un diagnostic de TDAH est démontré par l’évaluation, une médication appropriéepeut soulager l’enfant et lui permettre d’avoir accès à ses capacités qui sont voilées par lesyndrome. Bien que tous les intervenants autour de l’enfant espèrent un soulagementimmédiat et complet du syndrome, la médication a ses limites. En effet, tel que lementionne Deblois (2005), il semble que les études récentes démontrent que lamédication est efficace et sécuritaire pour diminuer les symptômes du TDAH chez prèsde 80% de la population. Malgré cette amélioration que la prise de médication produit,une différence dans les comportements des enfants avec un TDAH reste observable. Eneffet, ils rejoindraient rarement la norme et demeureraient souvent visiblement différentsdes enfants dits « normaux » même s’ils sont traités à l’aide de médicaments.Des chercheurs ont pu constater que l’utilisation d’une médication adéquate par lesjeunes souffrant effectivement du syndrome TDAH semblerait apporter un effetprotecteur contre l’usage abusif de drogues et d’alcool. Bien que d’autres recherchessoient nécessaires sur ce point, la médication ayant un effet positif sur le rendementscolaire, sur le comportement et sur les interactions sociales des jeunes, ceux-ci peuventvivre des expériences positives et seront moins portés à développer des comportementsdéviants. Tel que rapporté par Raymond (2004), bien qu’une meilleure exploitation dupotentiel intellectuel des enfants souffrant de TDAH permet dans certains casd’améliorer le rendement scolaire, il semblerait que ce soit au niveau des relationsinterpersonnelles que les effets positifs du Ritalin se perçoivent le plus. Il semble qu’ilsoit un peu plus facile pour ces jeunes de contrôler leur tendance à être entêté,confrontant et leur agressivité diminue. Tous ces petits changements les rendent plusabordables aux yeux des autres.2.5.2. Psychothérapeutique et stratégies éducativesCe qui est mentionné dans la littérature sur le sujet de la médication c’est que celle-ci nerépond que partiellement aux difficultés vécues par les jeunes atteints du syndrome. 39
  40. 40. Selon Sylvestre (2008), une approche différenciée permettra d’aider plus efficacement lesjeunes. L’intervention multimodale serait l’association de plusieurs mesures poursoutenir le jeune et son entourage. Comme il mentionne : « Si la médication procure uneatténuation temporaire de certains symptômes du TDAH, l’enseignement de stratégiescompensatoires, l’application de techniques de modification du comportement etl’adaptation de l’environnement contribuent à remédier aux manifestations et aux déficitsqui persistent (p.111). » L’objectif poursuivi par une approche multimodale est depermettre à un jeune souffrant du TDAH de pouvoir développer ses forces et d’apprendrecomment pallier à ses faiblesses en ayant recours à plusieurs moyens. Une approche dite« systémique » permet d’unir les efforts des intervenants de milieux et de servicesdifférents qui sont impliqués dans la vie de l’enfant ayant pour objectif de développer desstratégies éducatives qu’il pourra utiliser en milieu scolaire, à la maison et avec ses pairs(sylvestre, 2008).Depuis les années 70, les thérapies dites comportementales ont vu le jour et ayant eu uncertain succès auprès des élèves souffrant du syndrome TDAH, elles sont toujoursutilisées de nos jours. Cette approche utilise deux types de renforcement. Le premierétant le renforcement positif utilisé pour soutenir le jeune afin d’augmenter la fréquencedes comportements désirables. Le second est l’utilisation du renforcement négatif quiest basée sur la suppression de privilèges. Les deux approches produisent de meilleursrésultats lorsqu’elles sont utilisées simultanément.Une autre approche consiste à mettre l’accent sur le développement de stratégiesd’autocontrôle permettant à l’enfant de développer les habiletés qui lui manquent.Comme le mentionne Dubé (1992), le principal objectif poursuivi par les thérapiescognitives est de permettre à l’enfant de prendre conscience de ses comportementsproblématiques. Les intervenants et les parents cherchent à rendre l’enfant responsable etautonome en lui apprenant comment régler ses comportements, à les modifier et àdévelopper sa capacité à s’auto évaluer. L’accent est mis sur la participation et laresponsabilisation de l’enfant vis-à-vis son propre comportement et ce qu’il peut fairepour le modifier. 40

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